Gazette de Sorel, 22 avril 1871, samedi 22 avril 1871
Numéro 69.14ôme.Année., SOREL, (Province de Québec), Samedi matin, 22 Avril 1871.outnal y if lui# tu PAR Jiladauio Harriet Beecher Stowe.[Suite.] CHAPITRE 0 XXIIL LE CAMP-MEETING.La religion de fraîche date du pauvre Ben no put tenir contre cette attaque im prévue, et se levant, malgré les regards suppliants de sa femme, il se retroussa les manches et provoqua son rival au combat.La foule aussitôt fît cercle autour d’eux, on riait, on pariait, on excitait les combattants par des jurements et des expressions impossibles A répéter, lorsque tout à coup le père Bonnie parut en dehors de3 spccta* tours.—Allons donc 1 dit-il, quelles Œuvres du diablo pratiquez-vous ici ?Ne savez-vous pas que o’est ici le camp du Seigneur et qu’il ne faut ni jurer, ni se battre ?Un murmure commença à expliquer au père Bonuic la cause de la dispute.—Ho, ho ! laissez le nègre s’enfuir : vous pourrez l’attraper assez vite quand les cérémonies scrout terminées ; vous ôtes venus ici pour votre salut et non pour jurer et vous battro.Allons, mes enfants, chautez un cantique avec moi.Et di- sant cela, il entonna un air fort connu : Lorsqu’Israël alla A Jéricho.Tout les assistants prirent part au cantique, les uns après les autres, et le tu* multe se calma.—Ah çà 1 dit tout bas le père Bonnie au marchand en quittant la scène du com.bat, auriez vous par hasard une bonne cuisinière parmi vos nègres ?—J’cu ai une excellente, répondit le marchand, une cuisinière de premier ordre,il n’y a pas à redire.Je l’ai achotée bon marché, et je vous la laisserai pour huit centB dollars, parce que vous êtes un ministre.—Vous croyez donc que le culte de l’Evangile est un bon métier, dit le pèro Bonnio, que vous vous figurez qu’un ministre peut payer ce prix-là 1 —Mais, dit le marchand, vous no l’avez pas vue : je vous dis, moi, que je vous la cède à vil prix.Une femmo saine, forte sans imperfections,uno ménagère prudente, soigneuso, bonne, pieuse, méthodiste.Huit cents dollars,—mais c’est pour rien ! je devrais vous en dem ndtr 'mille, mais quand je viens au prêche, je vends toujours au rabais lorsque l’acheteur est un minis, trc.—No pourriez-vous pas l’amenor ici ?dit la père Bonnio ; jo vous en donnerai pout-ôtro sept cent cinquante.— Je no pourrais pas la vendre à ce prix-là, répondit lo marchand, je ne pourrais pas vraiment, —C’est bien ; après les fetes, nous on parlerons.—Elle a un enfant do quatre ans, dit le marchand en toussant légèrement ; un bel enfant, bien portant ; il vaut cent dollars au moins.—Oh 1 cela ne me va pas, répondit le père Bonnio ; j’ai assez d’enfants comme «fc f&î babHatîçn, —Mais je vous dis, répéta lo maroliand, quo o’est un enfant qui promet beaucoup ; sa nourriture no voua coûtera presque rien ot, sans vous en apercevoir, votre habitation S« sera enriohie d'un nègre qui vaudra mille dollars.—Il suffît, dit le père Bonnie, j’y pen-perai.Sur le aoir, l’aspeot du oarop devint plus noUissant et plus pittoresque.Ceux qui ee chargent de la direction des oamp-meetings sont ordinairement des hommes qui, sans pe rendre un compte exact de leurs foncions, ont néanmoins la talent de choisir Jçp meilleurs moyens d'impressionner les masses.Une sorte do rude poésie colore leurs discours et préside à leurs arrangements.La nuit, dans toute sa merveilleuse beauté, avec son pouvoir mystérieux d’exciter les passions et do leur imprimer uu nouveau degré d’intensité, est employée par eux avec un effet qui tient de la magie.Le jour qui vouait de 6’écoulcr était un des plus beaux du mois de juin ; le ciel, d’un bleu azuré, et l’atmosphère, d’une transparence diaphane, dessinaient nettement les contours du beau paysage américain, et portaient à i’ârac un surcroîi do vie et d’émotion.Le soleil s’était couché dans un océan de lumière, et, mémo après être disparu de l’horizon, ses brillantes couleurs se reflétaient cncoro sur mille petits nuages et projetaient sur toute l’étendue du firmament une splendeur éblouissante ; ses derniers rayons traversaient en filets d’or le sombre feuillage de la fo ret ; bientôt la brillante clarté des étoiles leur succéda, et le disque argenté de la lune dans son plein parut à l’horizon ; sa clarté radieuse dispensa de toute autre lumière pour le service du soir, et lorsqu’au chant du cantique l’asemblée se réunit en face de l’estrade, le cœur le plus endurci dut ôtre ému par la solennité du silence et la magnificence des œuvres de Dieu.A peine le cantique fut-il termiué.que le père Bonnie s’avança sur le devant de l’estrade, et, levant sa main vers lo ciel étincelant, il répéta d’une voix forte, et pourtant mélodieuse, les paroles du Penh misto : *• Les cieux racontent la gloire du Dieu fort, ot l’étude donne à connaître l’ouvrage de scs maius.Un jour fournit en aboc* » • dance do quoi parler à l’autre jour, et une nuit montrola acioncc à l’autre nuit.—Regardez, pécheurs, s’écria-t-il, regar* doz l’astre des nuits dans touto sa splendeur et pensez à vos jurements, à vos imprécation, à vos débauches I N’avcz-vous pas été coupables de fraude et do médisance, de disputes ot de querelles ?Que vous en Bcmble à présou t, quo la lune vousinondo de sa lumière ?No voyez-vous pas qu’elle est revêtue de la beauté du Seigneur ?Ne voyez-vous pas que les saints, vêtus do blanc, comme olle, marchent avec le Seigneur ?Quelques-uns d’entre vous ont une mère, une femmo, une sœur, dans los demeures célestes ; et là elles maroheat avec le Scigucur, oui, elles marchent avec le Seigneur dans le oiel, et vous regardent, ô pécheurs ! do môme que cet astre vous regarde I Et que voit-elle, cette femme, oette mère, ou cette sœur, qui est là-haut ?Entend-elle vos jurements ?voit-elle vos dé-bauohcs, vos querelles, votre convoitise,vos courses de chevaux, vos combats de coqs ?Allez, vous n’ôtes qu’une troupe do pécheursl Jo vous dit que le Seigneur vous regarde d’en haut ; il vous regarde en miséricorde ! Mais le jour viendra où il regardera tout autrement, et l’heure de la vengeance aura sonné pour vous, si vous ne vous repentez 1 N'avez-vous pas entendu parler du Sinaï, quand le Seigneur descendit sur la montagne, au sou retentissant des trompettes, au milieu d’une épaisse fumée, des éclairs, et du tonnerre ?Eh bien 1 ce n’était rien on comparaison du spectacle qui vous attend quelque jour 1 II n’y aura plus de lu- % • • * , i ,* ne pour voua regarder 1 plus d’étoiles j mais les cieux, enflammés soront dissous, et los éléments so fondront dans des tourbillons de feu.Avez-vous jamais été témoin d’un inoondio dans les bois ?Moi.B * j’en ai vu, et j’ai vu les prairies qq flammes, et le feu roulant commos les vagues agitées par la tempête ; los hommes, les chevaux, tous les ôtre présenta à cette catastrophe, fuyaient éperdus.J’ai enton-du les flammes rjigir et pétiller dans des bois, et dévorer les arbres les plus robustes > '• ’ : / l .¦ * comme de simples mèches de co-.on ! J’ai .• * - , vu ecb flammes dévorantes atteindre jusqu’à la cime la plus élevée des arbres de soix-ante quinio à cent pieds, qui, en moins d’une minute, ic transformaient eu colonnes de feu \ le ojè) semblait embrasé, et par- tout retentissait un rugissoment formidable, tel que celui de l’Océau battu par uno effroyable tempête.Ne scra-co pas ainsi au jour du jugement dernier ?O pécheurs I que ferez-vous quand ce jour viendra ?Vous crierez en vain : Seigneur, Scigucur I Il sera trop tard, oui, trop tard I Vous ne vouliez pas accepter la miséricorde diviuo quaud elle vous fut offerte, et maintenant le jour de la vongea’nce est venu.Où pourrez-vous fuir pour vous cacher ?Le ciel et la terre auront disparu, il n’y aura plus de mer ! Il n’y aura plus une place pour vous dans l’univers de Dieu.Ici l’auditoire témoigna son enthousiasme par des cris, des gémissements, des applaudissements, et des exelamatious de: Gloire 1 amen I Les voix de la multitude réagirent sur le prédicateur, et il continua avec un surcroît d’énergie : —Voici le moment favorable, ô pécheurs i voici le moment favorable ! Venez à l’autel et les serviteurs de Dieu prieront pour vous l c’est aujourd’hui le jour do grâce ! Venez, venez, vous qui avez un père ou uno mère au ciel I Vcuez, père, venez, mère, venez, frère ! Venez, jeune homme, nous vous conjurons de venir ! mais j’aperçois là—bas un pécheur eudurci ! je le reconnais à Bon air hautain.Venez, venez, venoz aussi, riches pécheurs ! Vous serez assez pauvres au jour du Seigneur 1 Approohcz, jeunes femmes 1 approohez filles de Siou avec toutes vos parures.Et vous, saints du Seigneur 1 joignez vos prières aux miennes.Eutonnez un cantique, mes frères, entonnez uu cantique ! Et mille voix commencèrent le cantique : Arrête-toi, pécheur ; arrête-toi, et pense Avant d’aller plus luiu I Pendant oe chœur, les ministres et les anciens circulaient parmi les assistants, les sollicitant do venir s’agenouiller devant l’estrade ; des multitudes se précipitèrent, des gémissements, des sanglots se firent entendre de toutes parts, et le prédicateur continua avec une ardeur toujours croissante.A Continuer IIIRIOIRBI Les Catholiques du Canada cl le Couvernc-ment Anglais.Le Truc IVilness public la dépêche suivante du Secrétaire d’Etat pour les Colonies que M.P.Ryan, M.P., a reçue du Bureau du Gouverneur-Général, eu réponse au Mémoire que les catholiques anglais et irlandais ont présenté à Sa Majesté la Beinc Victoria pour protester contre l’invasion des Etats de l’Eglise par les Piét montais, et contre l’annexion forcéo de Rome et du Patrimoiuc de St.Pierre au Piémout.Downing Street, 16 fév.1871.Excellence, J’ai l'honneur d’accuser réception de votre note, du 23 janvier, qui renferme un mémoire à la Reine des catholiques Romains de Montréal, demandant que des mesures soient prises pour rendre au Pape l’entière possession du Patrimoine do l’Eglise.Ce mémoire a été présenté à la Reine qui l’a reçu très-gracieusement.Le gouvernement de Sa Majesté n’a point intervenu dans les affaires civiles des Etats Romains à l’occasion des derniors évènements qui ont eu lieu sous le règne du papo actuel, ni il ne peut maintenant intervenir ; mais lo profond intérêt quo plusieurs millions de sujets do Sa Majesté en union avec les pétitionnaires portent à la position du Papo, rond tout co qui concerne sa dignité et son indépeadauco personnelle ot la liberté d’exercer ses fonctions spirituelles, des sujets dignes de l’attention de son gouvernement, et il n’a pas mauqué de prendre telles mesures qui soul on son pouvoir pour donner au Pape les moyens de sécurité en cas do besoin.- * '• •' Sa Majesté désire quo je vous annonce que ço sujet cobtjnuç de recevoir l’atten- tion séricuso de sou gouvernement, et qu’cllo a vu avec beaucoup de satisfaction les déclarations du gouvernement italien que la liberté et l’iudépcudaucc du Pape seront fiüùlemcut maintenues,et qu’il pourvoira au soutien de sa dignité.(Signé) Kimberley.Nouvelles de Atome.On écrit de liomc au Nouveau-Monde ce qui suit : La pénurie d’argent se fait sentir d’une façou tout à fait vexatoire pour le public.Je ue veux pas mentionner que nous ne voyons jamais de pièces d’argent à l’clligic de Vietor-Eunuauucl ; nous sommes loin de nous en plaindre.Si, du moins, en nous épargnant l’aspect de cette figure vulgaire et antipathique, nos bienfaiteurs du 20 septembre ne nous avaient pas apporté, à la place de la monnaie pontificale, ces hor riblcs chiffons de papier tout crasseux et déchirés ! Ah ! qu’ils sont loin de nous ces jours heureux où M.Buffet, de facétieuse mémoire, décrétait l’expulsion de France de la wounaic à l’efligic de Pic IX ! où l’argent du Pape était impitoyablement rc fusé aux buffets des gares d’Italie et do Franco ! Alors nous regorgions d’argent ici ; à Rome,nous uo savions pas oc qu’était une lira en papier, le numéraire circulait eu si grande quantité, que l’agio sur les billets do banquo avait disparu.Aujourd’hui la Frauce accepterait volontiers les francs pontificaux au pair pour solder les arriérés de Napoléon III, de Gambetta et do Garibaldi.Aujourd’hui la monnaie pontificale étant abolie, tout l’argent a émigré do l’Italie.De crainte de nous salir les doigts, nous en sommes réduits à mettre des gants pour prendre entre l’index ot le pouce oes ignobles loquc3 qui représentent les francs italiens.J’avais dernièrement à toucher l'intérêt de quelques coupons ot j’ai dù passer par toutes sortes de formalités jusqu’à présent incounues aux Romaius.D’abord, des soldats vous ordonnent brusquemeut de vous placer à la file les uns des autres ; puis vous êtes introduit auprès d’un premier employé qui demande vos nom,prénoms et domicile.Vous lui répondez : 11 Mais je ne suis pas obligé de vous les dire, ce sont des billots au porteur que je vous présente.” Lo fonctionnaire réplique d’un ton rogue : “ N’importe, répondez.” Ensuite, examen soigneux des coupons.De là vous ôtes renvoyé auprès d'uu autre butor qui confirme ou non l’avis du premier.Enfiu, vous pouvez vous adresser au caissier, si l’on vous munit d’une recommandation ad hoc.Vous espérez donc toucher votre argent ; hélas I le caissier n’est pas là, il est sorti, il faut revenir le lendemain et si, après plusieurs tentatives infructueuses, vous parvenez enfiu à ren.contrer cet introuvable caissier, vous recevez le sale papier en question.Je conseille à tout le monde do s’armer de patience et de sc munir de pincettes.La ville fourmillo de Garibaldiens, de retour de Dijon.Ils font les fiers à-bras sur le Corso et débitent dans les cafés le récit de leurs prouesses.Il a, ma foi, de quoi fairo pâlir les Roland et les Olivier.Un ou doux d’entre eux ont exercé leurs tendances annexionnistes sur les couverts ot autres menus objets do magasin j par mi-raclo ils out été arrêtés.L’autorité commence à avoir peur de oes héros dontle jour do gloire est arrivé clic a fuit faire une perquisition dans les maisons du oemto Tolamée, ancien officier garibaldien, et y a fait saisir des papiers qu’on dit compromettants.Le cerolo romain vient d’onvoycr dos télégrammes à Mazzini ot à Garibaldi pour les engager à venir à Rome.A propos de Garibaldi, avez-vous su que co grand littérateur, répoudaot à M.Barrili, qui lui avait souhaité U bonne fêto, exprime l’espoir que le St.Joteph de* prctrçs sera remplacé dans le calendrier italien par le le gouvernement avait uorumé trois médo-Vault f Vraiment il y a do quoi faire l0ma; MM.loa Prs.I,aol,nine, Taschereau tressaillir dans leur sépulcre de Uavonue et Moutizainbert, qui, do concert avec 1 es ossements du grand poète chrétien 1 Jtr.Vou Ifland, le surintendant de In qna-Ou plutôt, c’est la génération vivante qui run laine, ont réussi à prévenir I'introduc-a lieu de rougir de tant d'ineptie nccou- lion du redoutable fléau dans notre pays, pldc iV tant d’iuipiété.lie gouvernement avait ordonné avec benu- La Capitule, du 27 mars, publie uno Ion- coup de sagesse l'inspection à la quarantaine guo excitation i la liaine populaire contre do tous vaisseaux pontés venant d'outre-ie» écrivains catholiques qui combattent la mer et des provinces d’en bas, excepté les révolution, ot notamment contre les rédao- paquebots océaniques transportant les leurs de VOsscrmtorc romano, do la Fnu- malles, lesquels recevaient à la Poinlc-aux-ta et de 1 ImparziuU et les correspondants lércs M.10 Dr.Taschereau.qui en luisait des journaux catholiques étrangers (pii sévèrement l'inspection.Dette mesure osent dire la vérité sur Home.Ou ne 1 avait le bon effet de n’apporter inutilement veut pas qu’on sache, à l’étranger, ce que aucun retard dans lo transport dos malles d ailleurs les différents journaux libéraux La meilleure preuve de la sagesse des no se gênent pas de proclamer eux-môuies.mesures prises ou 1866 est la protoeti ou Ainsi par exemple, noua ne «aurions ja- complète do nos populations.C’est ici l'oc.mais écraser la Junte autant uuc la Cam- \ • » ir .7 , r .^ 1 casion do témoigner hautement de ces Serine lo lait tous les soirs.° n r • vices rendus au pays avec beaucoup de do- Ou a fini par renvoyer de l’hôpital du 1 St-Esprit les Soeurs de SainfVinee.it- ™UOmc,'t l>!ir laâ mt,,lecins »°'»més plus de Paul.Outre la raison majeure que les l,aul;~Ije mCmo s?3lùlue lIü luü3urc3 F
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