Gazette de Sorel, 1 février 1871, mercredi 1 février 1871
14ème.Année.1 SOREL, (Province de Québec), Mercredi malin, 1er Février 1871.Numéro 47, .'T i- ubdomiulairc politique, trial Agricole et ^itterairr.G.I BARTIIE, Propriétaire et Rédacteur.rntLIE HANS LES interets du district de richelieu.•watarmssa Jox.t’JlKMiVERT, Imprimeur, AGRICULTURE.Travaux du Mois de Février.Février ressemble bccucoup au mois précédent, et les travaux qui doivent y avoir lieu sont à peu prés les mêmes que ceux que nous avons vus cq Janvier.Revue des fourrages.—Il cet encore bon pendant ee mois de faire la revue des fourrages.Le foin acquiert à cette époque un prix très-élevé, mais,à moins d’en avoir une provision considérable, on uc doit pas so laisser tenter par ce prix.Si la saison rigoureuse se prolongeait et retardait la croissance de l’herbe, on se repentirait des ventes de fourrages faites sans prévoyance.Dans uno ferme bien conduite, ou devrait avoir des racines jusqu’en avril et meme jusqu’en mai.Quant au foin, si l’on tient à conserver ses animaux en bonne santé, on doit eu avoir uno provision suffisante pour ne pas être obligé de toucher au foin nouveau avant la fin do novembre.Battage des grains.—C’est vers la fin de ce mois que doivent se terminer tous les battages ; mais, en ce qui concerne les grains destinés aux ensemencements le printemps prochain, lors mémo que l’on pourrait les battre avant cette époque, on ne devrait pas le faire à moins de circonstances particulières, parce que les graius se conservent mieux dans l’épi qui* dans les greniers, sans compter que la paille est meilleure pour la nourriture du bétail immédiatement après le battage.C’est aussi le moment où l’on se rend Compte exactement du rendement des grains et des profits qu’on a faits dans leur culture-—J.1>.S.ordinairement à l’épreuve du feu, et les ciments qui sont à l’éprouve du feu, ne le sont pas pour l’oau.Le suivaut est tout à la fois à l’épreuve de l’eau et du feu.Mêlez ensemble deux onces de lait et deux onces de vinaigre ; ce mélange caillera.Enlevez le caillé et mCdcz-le parfaitement avec ic blanc d’un Œuf, puis ajoutez de la chaux fraîchement déteinte en quantité suffisante pour en faire une p&te épaisse.Hctiiiomic rgarnit; et clonies- tique.Moy'n pour cmpi'chtr les chancres de sc produire sur les pommiers.Four cmpGchcr les chancres de sc* produire sur les arbres fruitiers, ainsi que sur les rejetons qui poussent nu pied des arbres, il faut autant que possiblo étudier, dès la pépiuière, le tempérament des su’ jets et leur adapter une greffe analogue, c’cstà-dirc, si la sève est hfitive, une grcfFc lidtiVc ; si elle est tardive, une greffe tardive.Par ce moyen on prévient les bourrelets ou engorgemetr s qui sc forment au collet et qui donuent presquo toujours nais-sanco à des gourmands, ti des pousses sauvages, et se terminent souvent par des chancres.Lorsque les deux sèves sont analogues, c’est-à-dire toutes deux lifitivcs ou toutes deux tardives, leur marche est uniforme,leur circulation s’établit parfaitement et du memo pas; elles u’éprouvent point dans certaines parties du végétal de ces retards qui, en détruisant la régularité de leur marche, sont la cause de la formation de ccs bosses, do ces nœuds qu’on remarque souvent le long du tronc des arbres, et qui, plus tard, deviennent le siège des chancres.La poudre de charbon pour la conservation des plantes.Les oignons sont d’une culture difficile dans les torrains bas et humides, enj ils sont le pfys souvent détruis çar une os-pôco do moisissure qui s’attache à leurs racines; la tigo prend alors la couleur d’un vert sale, qui passo au jaune, et les feuilles so flétrissent.La poudro do charbon do bois est employée aveo succès pour guérir co mal.On étend sur le terraiu destiué à la culture dos oiguons une couche d’un demi-pouce à un pouoo do cefcto poudre avant do semer la graine, mais après ayoir préparé avec les soins ordinaires la terro, dont on remue ensuite légèrement la surfar.90, afin d’y mêler lo charbon.% —!— % .* Ciment à l'épreuve de Veau et à Vépreuvc du feu.Los ciments à l’éprouve de l’eau pour raccommoder la faïcaco cassée, ne sont pas De» qualité.* laeeesuaire* au cultivateur.On a vu des hommes, nés et élevés dans les villes, rompre soudainement avec les habitudes de toute leur vie, aller aux champs s’essayer aux rudes travaux do la ferme, et deveuir, à la longue, de très-habiles cultivateurs.Nous connaissons de ces hommes-là, mais nous sommes forcé d’avouer qu’ils sont bien rares.Le nombre des citadins qui envient l’existence champêtre est assurément considérable, nous le comprenons.Chez eux, pour la plupart du moins, ils manquent d’air, de soleil et d’espace ; et puis, quelle que soit leur position, ils subissent toutes sortes de sujétions désagréables.Ils ne s’appartiennent pa9 : ils appartiennent à une clientèle quelconque, clientèle de malades pour le médecin, de plaideurs pour l’avocat et l’avoué, d’acheteurs pour le comme ; clientèle qu’il convient do ménager.vi, caresser.Les i.; .«.rats ne s’appartiennent pas dav.• ils ont des devoirs à remplir à jours et 1.cures fixes.Or, cela étant, il est bien naturel qu’ils exaltent la condition du cultivateur, de celui, bien entendu, qui n’est le vassal de personne, pas mOmc du consommateur ; de celui qui n’a pas d’ordres à recevoir, pas d’heures marquées, pas de sourire à s’imposer, pas de fausses gentillesses à grimacer, pas de redevances eu retard au profit dû maître ou du prêteur.Celui-là a scs coudées franches, ses nuits pleines, le grand air en tout temps, le chant de l’alouette au réveil, les beaux paysages et les larges espaces.Voilà le côté poétique de la situation, le seul qui frappe le regard et remue l’imagination des citadins.Il est séduisant sans doute, mais il est trompeur aussi, et il peut y avoir de l’inconvénient à laisser les gens sous le charme et sous le rêve.Toute médaille a son revers, et la vie champêtre, si douée et si fleurie aux yeux de l'inexpérience, a son revers aussi.Face à face du prestige qui passionne et égare, il convient d’exposer la réalité qui calme et donne à réfléchir.Nous ne pouvons pas, nous ne devons pas voir la campagne derrière un verre grossissant, à la manière de ccs braves gens qui s’échappent de la ville une fois par semaine, pour veuir y chercher le gazon vert, l’ombre sous les feuilles, los papillous bleus sur les fleurs, et les perdrix dans les étculcs.Nous devons et voulons la voir en paysan, hiver comme été, vivante et morte, joyeuse et triste, douce et pénible, tranquille et tourmentée, rayonnante do promesses et écrasante de déceptions ; nous voulons la voir sous scs deux faces, c’cst-àrdirc complètement et sérieusement.Et.tout compte fait, nous disons que la vie des champs, m£me un peu déflorée, conservera encore assez d’attraits et continuera de Pemppor-tor sur oeHo des villes.Avec un citadin on.pout ijaire do loin un cxcellont cultivateur d’arbres fruitiers, un fleuriste hors ligne, un légumiste de premier ordre, un habile éleveur d'abeilles, do volailles et do lapins, conditions et industrie fort honorables, après tout, qui ont l,eurs agréments et leurs profits; mais il devient presque toujours difficile do faire de ce oitadin un homme do la grande oui-turc, un fermier dans la rigueur du mot.Nous n’aocordons pas le titro de cultivateur aux hommes qui oocupcnt, dans les journaux et los livres, la place de leurs chofs de culture, de leurs jardiniors, otqui produisent plus souvent à perte qu’à béné- fice ; nous n’entendons parler que de ceux qui saveut diriger une exploitation, ou mettre leurs serviteurs à l’œuvre sans donner procuration à un lieutenant quelconque.Il faut à ces hommes plus que le goût des champs, plus que le feu sacré ; il leur faut avec cela nombre de qualités que les gens du monde ne soupçonnent qu’en partie, et que le vulgaire ne réunit point.Si vous n’avez pas une bonne santé, allez à la campagne pour y chercher le icpos.I air pur et le laid chaud, non pour ÿ chercher le travail.Un cultivateur (pii n’est pas un peu solidement, constitué 11c dure guère; les jarrets, les bras et les poumons sont mis à de rudes épreuves ; on ne va pas en terre labourée comme sur un chemin bien entretenu ; on n’a pas ses aises par les journées bridantes de l’été, et par les matinées froides de l’autouiue.Four un orage qui menace ou une averse qui tombe, on né quitte pas la besogne, on la continue comme si do rien n’était.On reçoit le soleil, on reçoit la pluie, on reçoit le grésil ou la grêle, et aussi longtemps (pie l’attaque sc prolonge, il n’y a pas à reculer.La chemise tient à la peau, la blouse tient à la chemise ; c’est égal, il 11’y a pas lieu de sc plaindre : nécessité fait loi.La profession de cultivateur exige une grande activité.Au dire des maîtres, le temps est de l’argent ; il convient donc de n’en point perdre.Il faut que le chef de la unison soit le premier debout et le der nier endormi.Le cultivateur qui ne fait pua tout par lui-même a nécessairement (les serviteurs à ses ordres.Or, les hommes qui travaillent pour lo compte d’autrui se ménagent autant qu’ils peuvent, et ne font pas les choses comme s’ils y étaient intéressés directement.Avec eux, par conséquent, la surveillance est de rigueur.Le cultivateur doit avoir de l’ordre dans les idées et dans les travaux.Avant de prendre une exploitation, il doit savoir ce que vaut la terre, ce qu’elle produira et par où s’en iront les produits.Dans les opérations de fantaisie, on ne relève que de son goût particulier ; mais dans les opérations sérieuses, on cherche le bénéfico net, et si telle culture qui ne nous plaît guère, nous donne plus de profit que telle autre culture qui nous plaît beaucoup, nous devons sacrifier la seconde à la première.— Longtemps d’avance, l’assolement sera combiné et arrêté ; la veille au soir, les opérations du lendemain seront réglées de telle sorte que les cas d'empêchement soient prévus, et qu’à défaut d’un travail projeté, on puisse de suite sc rejeter sur un autre.Les opérations faites sans ordre, sans prévoyance, au jour le jour, amènent l’hésitation, les fausses mauœuvres et les pertes de temps.Il faut so rendre un compte exact des dépenses et des recettes de chaque jour,les marquer sur un registre, les additionner tous les mois ou tous les quinze jours.1^ faut aussi, au fur et à mesure de la rentréo des récoltes, sc rendre compte, au moins très-approximativeulent, du poids des denrées, et savoir combien on a de gerbes au gorbicr, de milliers de foin au fenil ou en meules, de miuo.ts do racines eu cave, au cellier ou en silos.Il n’y a que ce moyen d’éclairer la situation.Avous-nous bosoin d'ajouter qu’il, est important de rationner les bêtes do la ferme, selon qu’elles fcra-, vaillent ou no travaillent point, et afin de savoir si la masse d^es provisions répondra aux exigences de la consommation, s’il y a lieu d’en distrairounc partie, s’il y a lieu de garder le tout, et mémo d’en acheter en temps opportun pour compléter l’approvisionnement.Le cultivateur aime Bouvontla terre plus que de raison, tantôt pour elle-même, comme l’avaro aimo les éous, tantôt pour satisfaire sa vanité et acquérir cofcto* considération do village qui so mesure aux biens que chacun po&sôdp.sousle soleil, Oncacljc l’argent, parce qu’on a pour dos voleurs, mais n’était oetto peur, on lo montrerait, on le compterait devant tout lo môndo, afin de.•• • I * • t se faire valoir.Avec la terre, il n’y a pas do crainte à concevoir ; ça se montre, parce qu il ne saurait venir à la pensée de personne de mettre un champ dans sa poche ou de l’emporter sur ses épaules.On achète des champs, un peu pour les faire voir, et établir ee que l’on vaut; on en achète jusqu’à son dernier sou, même plus qu’on ne peut en payer argent sur table, et l’on s’arrange quelquefois encore de façon à donner à supposer qu’il reste à la maison, au fond de l’armoire, ou dans quelque coin bien secret, dœ &acs de vieux louis en réserve.Sous la blouse, comme dans toutes les conditions sociales, il existe un besoin de pué.rile distinction très-marqué.Le villageois qui a de la gêne appartient à la catégorie des petites gens, tandis que les villageois les plus riches en biens-fonds, ou qui paraissent l’être, sont les person urges de l’cu-droit.—Défiez-vous do cette vanité de grands entants, car elle est grosse de mauvaises conséquences.Four attirer l’attention la considération, on entreprend plus de besogne qu’on n’en peut conduire ; onnegar' de pas do fonds de roulement ; on manero ee qu’on a, en achetant à crédit de quoi s’arrondir ; on dépense plus qu’on ne peut, afin de paraître sottement plus qu’on est ; on emprunte pour masquer les embarras au lieu de vendre de quoi s’en dégager ; et de peur de s’amoindrir aux yeux du préjugé, on ne sc dessaisit de rien pour aider ses enfants.ïL*>m AB 1*.JJn membre de la Groix-ltougc qui a secouru les blessés français après les combats sur la Loire, donne dans le Times, de Londres, des détails navrants sur les scènes auxquelles il a assisté : “ A Villorceaux, la première maison que j’atteignis était un pensionnat de jeunes filles.Je ne crois pas que les horrours de la guerre décrites par Eclmann-Chatrian aient jamais égalé le spectacle qu’offrait ccttc maison.Toutes les chambres (et il y en avait beaucoup), depuis la cave jusqu nu grenier, étaient encombrées de mort; et de blessés mourants de fai ut, tellement entassés qu’il était impossible de sc mouvoir parmi eux.Quelques-uns se trouvaient là depuis mardi soir, d’autres de puis mercredi.C'était un samedi, et pas uu aliment, pas une goutte d’eau n’avaient humecté leurs lèvres.“ Plusieurs avaient d'horribles blessures, mais viraient encore.Parmi eux sc trouvaient plusieurs officiers, dont l’un tendrement.soigné par un sergent do son régi ment qui l’avait recouvert de sa propre redingote.Tous les carreaux (le vitre de la maison étaient brisés, il n’y avait pas un meuble, et pondant ccs jours et ces nuits d’uu froid glacial, ces malheureux étaient restés sur la terre nue, sans que leurs blessures eussent été pausées.Lu puanteur était effroyable.Chaque maison était dans le même état.“ Dans plusieurs chambres sc trouvaient douze ou quatorze malheureux, quelques-uns déjà à l’état^de cadavres.Dans une autre chambre un pauvro garçon gisait tout seul, la cuisse fracassée.Le froid, la faim, depuis trois jours, en avaient fait l’être le plus pitoyablo que j’aie jamais vu.t( Son exclamation : “ Quel bonheur !” quand il vit apparaître un être humain, no .sera jamais oubliée do ceux qui l’ont eu tendue.Le soir même, un bon chirurgien (les uhlans offrit de pansor quelques, unes des plus terribles blessures, afin que les hommes pussent être transportés, mais il n’avait sur lui qu’une paire de ciseaux et quelques épingles l tous les deuils dont U guerre a atsorabri b, commune." fONTlltSTi;, Ï1 sc publie dans la Puissance du Canada 44G journaux et revues périodiques.Hé bien, pendant que la province
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