Gazette de Sorel, 10 septembre 1870, samedi 10 septembre 1870
14ème Année.SOREL, (Province de Québec), Samedi matin, 10 Septembre 1870.i Numéro 9.Imwmil Y-rn G.I BARTHE, Propriétaire et Rédacteur.Feuilleton de “ La Gazette de Sorel” DU 10 SEPTEMBRE 1870.#• 305 JÊrîL 3£Ls Dj P Alt Madame Harriet Beecher Stowe ; CHAPITRE X.PRÉPARATIFS.[Suite.] L’arrivée do Tiff et le départ de Milly pour la cabauc avaient détourné Nina de ses propres pensées.Vive et légère, elle se jetait avec ardeur dans tout ce que le hasard lui présentait, et après avoir vu partir la voiture, elle se mit à déjeuner de l’humeur la glus gaie.-—Tante Nesbit, vous ne pouvez vous ïmaginer l’intérêt que m’inspire ce vieillard.Jo vais faire seller le poney après déjeuner et je me rendrai moi mOmo à la cabane.—Je croyais, Nina, que nou-a avions du monde à dîner.—Raison de plus pour y aller.Est-ce que vous croyez que jo veux faire la précieuse, souriant et min and a ut, et courant à la fendre à chaque minute pour voir si mylord un tel arrive ?Non, je ne ferai cela pour personne ; et il me prend fantaisie do faire une promenade à cheval.—Je ne trouve pas qu’il soit convcnablo pour une personne de votre condition d’al-l«r visiter les chauuiièrepjdc Ccs misérables gens.—Ma condition ?Et en quoi sera-t-elle compromise, s’il vous plaît?Ma condition dans le monde me permet de faire ce qui me plhît, et j’en profite.Et puis, vraiment, pouvais-je m’empeclicr de m’intéresser à l'affliction de ce vieux Tiff (je crois que c’est son nom), quand il m’a dit que cette femme appartenait à une bonne famille de la Virginie ?Peut-être étaitrce uuc jeune fille légère comme moi, sans souci de l’ave-nir, sans crainte de la mort ; jonc pouvais faire autrement que de la plaindre.Vous ne savez pas l’impression qucj’cn ai ressentie co matin lorsque je me promenais daua le jardiu, La matinée était si belle ; les oiseaux chantaient et la rosée brillait sur les fleurs.Vraiment, ma tante, les fleurs même semblaient animées., je croyais les entendre respirer, et leur cœur battre comme le mien.Tout à coup, le chant le plus triste se fît entendre dans les bois ; ce chaut n’élnit rien moins qu’harmonieux, mais il exprimait tant de douleur et de mélancolie : 11 Ello est morte et montée au ciel !” Bientôt je vis paraître une singulière petite voiture ; je ne sais quel nom lui donner, et ce vieux nègre avec un vieil habit, un chapeau blanc, et de grosses lunettes sur le nez.Je me suis approchée de la haie pour le voir, ot il est vcuu mo parler après m’avoir fait lo plus profond salut ; oh ! que ne l’avcz-vous vu comme moi ! Le pauvre homme m’a dit alord que sa maîtresse était morte entouréo de scs enfants, et qu’il n’y avait personne dans la maison qui pût aider eu rien.Les larmes lui en vinrent aux yeux; moi jo no pouvais m’empêcher de le plaindre-: il semblait si fier do 6a pauvre maîtresse, malgré sa misère ! —Et où demeurent ces gens ?demanda tante Nesbit.• •—Il m’a dit qu’ils demeuraient dans le bois de pins, près du marécage.—Oh ! dit tautc Nesbit, c’est, sans aucun doute, uue famille du nom do Cripps, qui s’est établie dans les bois.Ce sont de misérables gens ; tous menteurs et voleurs 1 Si j’avais su que c’étais là, jo n’aurais pas permis à Milly d’y aller.Ou ne devrait lour prêter aucun secours ; on no devrait rien faire pour eux ; au contraire, on devrait essayer do leur faire quitter lo voisinage.Ils volent tout ce qu’ils peuvent drns les habitations, ils corrompent les nègres, ils se grisent, et mènont, en un mot, une conduite déplorable | Je n’ai jamais Cfmmmera»! Aptrulc et 'ptttmiw.PUBLIE DANS LES INTERETS DU DISTRICT DE RICHELIEU.Jos.CUESEVBRT, Imprimeur.entendu dire qu’il y eût, parmi eux, la moindro ddccuce, et, ai vous étiez ma fillo, je ne vous permettrais jamais d’y aller.—Je rends grâce au ciel de ne pas être votre fille ! dit Nina, dont l’humeur s'aigrissait toujours dans sc3 discussions avec sa tante, et je ferai ce qu’il me plaira.Je ne sais pas comment des gens qui se disent pieux peuvent parler ainsi ! Jésus-Christ permettait aux pécheurs de s’approcher de lui 1 — C’est vrai, dit tante Nesbit, mais la Bible nous enseigne qu’il ne faut pas semer les perles dovant les pourceaux, et, lorsque vous aurez vécu juqu’à mon fige, vous en saurez plus qu’à présent.Personne n’ignore qu’on ne peut rien tirer de ccs gcns-là.Vous ne pouvez leur donner la Bible, ni aucun livre religieux, car ils ne savent pas lire, J’ai essayé quelquefois de les visiter et do les entretcuir, mais peine inutile.J’ai toujours pensé qu’on devrait faire une loi qui les réduisît à l’état d’esclaves, et chaigcr quelqu’un d’en prendre soin.—Je ne puis croire, dit Niua, qu’il y ait de leur faure ; ils n’ont point d’école où ils puissent envoyer leurs enfants ; s’ils désircut s’instruire, s’il veulent travailler, ils ne trouvent ni instruction, ni travail ; que leur reste-t-il donc à faire ?—Je n’en sais rien, dit tante Nesbit, de ce tou qui veut dire : que m’importe! Tout ce que je sais, c’est que je voudrais qu’ils quittassent le voisinage.Leur donner quelque cho3o, o’est comme si on le mettait dans un sac percé.En vérité, je me suis trop dérangée aujourd’hui peur leur reudre service ! S’il y a quelque chose que je déteste, c’est de changer le cours ordinaire de mes occupations ; aujourd’hui, par exemple, c'était le jour du blanchissage de fin.Par un si beau temps ! et demain il peut pleuvoir.C’est désastreux de changer scs habitudes, je leur aurais envoyé quelques hardes très-volontiers ; mais pourquoi faut-il qu’ils prennent le temps de Milly, comme si on ne pouvait avoir un eutorre-rncut sans elle ?Ces enterrements sont toujours de vraies orgies.Et puis, qui sait ?elle peut y être attaquée de la petite vérole ou de quelque autre maladie.L’on ne peut jamais savoir do quoi ccs gcns-là meurent.—Ils meurent de ce que nous mourrons, dit Nina jils ont cela de commun avec nous.—Oui, mais il ne vaut pas la pcino de risquer sa vie, surtout pour de telles gens, et quand cela ne sert à rien.—Mais, ma tante, que savez-vous contre ccs gens-là ?Avez-vous entendu dire qu’ils aicut commis quclquo mauvaise action ?—Non I je ne sais rien contre cette fa mille en particulier : mais contre la race en général.Ces squatters , je les con-uais depuis le temps où, jeune fille, j’habitais la Virginie.Tous ceux qui tieunent à quelque chose savent ce qu’ils sout ; on ne peut rien fairo pour eux, à moins, comme je disais, do les réduire à l’esclavago ; alors, seulement, on pourrait les maintenir convenablement.Libre à vous d’aller les voir si cela vous convient, mais, quant à moi, je no veux plus me déranger pour eux.Mistress Nesbit était un do ces caractères opiniâtres qui, semblables au caoutchouc, ne cèdent qu’à la force,pour reprendre leur première forme dès que cette force n’agit plus sur eux.Elle ne refusait jamais ce qu’ou lui demandait avec instance, non parce que son cœur en était touché, mais parce qu’elle n’avait pas la force do résister.Ccs concessions étaient toujours suivies de lamentations sur la nécessité qui l’avait contrainte de céder.Lo naturel de Nina était pi vif et si impérieux, lorsqu’on la contrariait, que tante Nesbit cherchait toujours à so soustrairo par des concessions à la fatigue de ses emportements ; mais elle prenait sa revanche en bc lamentant oomme nous l’ayons déjà vu.Nina se leva à la hête en voyant que l’ou amenait son poney à te porte, et, revêtuo de son anyone, ello partit l?iontôt au g a- lop à travers les bois.La journée était magnifique, le sentier qu’elle suivait au milieu des bois était couvert d’une couche é-paisse de feuilles do pin ; Harry l’accompagnait à peu de distance, et elle pouvait, selon son désir, s’entretenir avec lui.— Vous connaissez le vieux Tiff, Harry?— Oh ! oui, très-bien.C’est une bonne créature, sous bien des rapports, ot fojt supérieure à son maître.— Il dit ([tic sa maîtresse appartient à une bonne famille.— C’est vraisemblable, dit Harry, car elle avait un air do délicatesse fort différent de celui des gens de sa condition en général.Les enfants aussi sont très-jolis et de bonne conduite.C’est vraiment dommage qu’on ne puisse les instruire assez pour les empêcher de devenir comme ccs misérables blancs.— Pourquoi uc leur enseigne-t-on rien ?demanda Nina.— Vous savez bien, miss Nina, que tout le monde ici doit s’occuper seul de ses propres affaires ; il n’y a pas d’écoles où Ica enfants puissent aller pour appreudre quelque chose, il n’y a pas de travail à leur donner ; on dirait qu’il n’y a aucune place pour eux dans la société ! Les garçons n’apprennent qu’à boire et à jurer ! Quant aux jeunes filles, clics ne sout bonucs à rien ; et cela sc perpétue ainsi de génération en génération.— C’est étrange ! quelle différence avec les Etats du Nord ! Là.tous les enfants vont aux écoles, mémo les plus pauvres ; quelques-uns des hommes les plus distingués ufétaient que les enfants de parents fort pauvres.Pourquoi uc peut-on pas faire de même ici ?—Oh ! parce que l’on vit à une si grande distance les uns des autres, qu’il est impossible d’avoir des écoles ; toutes les bonnes terres sont comprises dans les grandes habitations.Quant à ces pauvres gens, personne ne s’occupe d’en prendre soin ; ils grandissent sans s’inquiéter de quelle manière ils vivent, comme s’ils étaient de trop dans ce monde.J’en ai va qui seraient heureux de trouver du travail, mais les propriétaires n’ou veulent pas sur leurs habitations ; ils préfèrent se servir de leurs propres nègres.Veulent-ils apprendre un métier, ils ne trouvent aucun encourage-ment, puisque la plupart des habitations ont leur charpentier et leur forgeron.Quelle ressource leur reste-t-il ?Faire la chasse aux nègres fugitifs, ou bien ouvrir ccs misérables boutiques où ils vendent le wiskey eu trafiquant sur les objets volés dans les habitations.Ils sont quelquefois dans un tel dénuement, qu’ils vendent leurs eufants pour du pain ! —Oh ! les malheureuses créatures! mais croyez-vous qu’il soit possible qu’une femme qui a appartenu à une famille respectable ait pu épouser un tel homme ?—Jo ne sais pas, miss Nina, mais cela pourrait bien être.Les meilleures familles peuvent dégénérer, et, quand elles deviennent trop pauvres pour envoyer leurs enfants àunc écolo lointaine, ou pour avoir des maîtres qui les instruisent, elles tombent bien vite dans l’avilissement.Cet homme u’est pas mal, et, s’il avait eu des chances de succès, il aurait pu êtro un homme habile, et prendre soin de sa famille ; il n’est pas surpronent que, dans sa jeunesse, il ait plu àunc jcuue fille qui n’avait jamais mis le pied hors de l’habitation j il n’était, sans doute, pas inférieur à scs propres frères.Vous lo voyez, miss Niua.daus co pays, lorsqu’on n’a plus d’argent, on u’a plus rien, et, si une famille n’est pas assoz riche pour puiser chez ello toutes scs ressources, elle déchoit rapidement.*—Hans tous les cas, dit Niua.je plains ccs pauvres gens, et jo suis loin de les mépriser comme fait ma tante Nesbit.Ici Nina, s’apercevant que le sentier s’étendait à quoique distance, sans interruption, sous la voûte des pins, mit son cheval 0 au petit galop, et ils continuèrent pendant quelque temps leur route en silence ; ils arrivèrent bientôt à un petit ruisseau qui serpentait dans les bois.Ce ruisseau coulait à travers les pins comme un ruban à paillettes, dent les nœuds circulaient autour des îles de verdure.Une de ces peti" tes îles s’offrit aux yeux de Nina et de son compagnon ; clic n’avait pas plus d’un quart d’arpent d’étendue, et le ruisseau la contournait en entier, sauf un petit, espace d’environ quatre pieds de largeur, qui l’unissait au reste des terres.Cctto portion, complètement défrinhéo et disposéo en jardin, annonçait une culture soignée.La cabane qu’on y voyait était formée de troncs d’arbres, et ne portait pas ccs traces de misère à laquelle Nina s’était attendue ; clic apparaissait sous une masse de verdure et comme drapée de vignes vierges et do jasmins dorés.Deux plates-bandes, de chaque côté de la maison, étaient couvertes de fleurs, les pins formaient un demi-cercle autour de l’île, et lo ruisseau allait se perdre dans lo vaste marécage qui ceint les côtes de la Caroline.L’aspect Iran* quille et gracieux de ce site était si attrayant, que Niua ne put s’empêcher de s’écrier : —Oh 1 la charmante perspective ! avec une si belle végétation, ccs gens ne peuvent être aussi misérables qu’on le suppose 1 — Ali 1 cela, c’est l’ouvrage do Tiff; c’est lui qui prend soin de tout, au dehors et au dedans (le la maison, tandis que son maître s’en va on ne sait où.Vous seriez étonnée do voir la manière dont cette bonne créature arrange toutes choses ! 11 coud, il tricote, il travaille dans le jardin, il fait le ménage et iî instruit les enfants.C’est vrai! vous remarquez qu’il ont une prononciation et des manières tout à fait différentes de celles de ces enfants blancs qui sont à demi sauvages, et cela est dû à la sollicitude, à la vigilance de Tiff; co vieux serviteur ne songe pas à lui: il n’a qu’un intérêt en vue, celui de sa maîtresse et de ses eufants.Ici ’J'iff, qui les avait aperçus, sortit pour les aider à descendre.— Que le Seigneur tous bénisse, miss Gordon, pour être venu voir ma maîtresse ! Elle repose là aussi belle que le jour d« son mariage ; la beauté de scs jeunes années lui est revenue, et Milly l’a si bien arrangée! Je désirais tant que quelqu’un vînt la voir, car elle est d’une bonne famille malgré sa pauvreté.Elle n’est pas comme ccs blancs, allez, miss Nina.Entrez, entrez, et regardez-la.(A continuer.') de toutes sortes et frappaient même les français qui no leur donnaient pas assez d’eau-de-vie à leur gré.8ix d’entre eux, déjà ivres, maltraitèrent Mme.L., qu» leur refusait uue plus grande quantité d’eau-de-vie ; son mari rentra sur ces entrefaites et prit l’un des U lussions à la gorge; ses camarades furieux, se ruèrent sur Je vieillard, le dépouillèrent de ses vêtements, et après l’avoir garrotté sur un banc du jardin, le.firent perir nous la schhfjuc.A la lin de ce supplice barbare, lo dernier cri du mourant fut : Vengeance ! C« mot s’imprima en caractères in effaça* blés dans le eŒur du dernier fils de la victime.Ses frères étaient morts à Waterloo.11 n’avait (pie dix ans ! Il se jeta dans le* bras desamère, qui sanglotait.Devant le cadavre tout sanglant do son père, et en présence des féroces uhlans qui ricanaient après avoir accompli leur acte de cruauté, il jura une haine à mort à la nation prussienne.Il a tenu parole, il a vengé son père! Il s’était engagé dans l’armée autrichienne ou 1800, et il est mort en héros à Sadowa.Les quatre fils de celui-ci ont faille même .serment ([tic lui.C’est une haine 6uus pitié, sans merci ! Ils vengeront, l’assassinat de leur grand-père, ils vengeront leur patrie envahie en 1815, par la mort do tous les prussiens qu'ils pourront atteindre avec les balles de leurs cliasscpots ou transpercer à coups de baïonnette I ils ont juré tous les quatro de ne pas faire de prisonniers, et ils ticudront parole.S’ils succombent, leurs (ils vengeront leur mort; car la haine de la Crusse sera héréditaire dans cette famille.Et voilà pourquoi l’armée française compte quatre braves volontaires de plus.tier de la Couronne d’Angleterre, à «eut, vingt mille louis par an à peu près.Marlborough House,qui est.la propriété do la Couronne, est entretenue aux dépens du public.Idtiflu il est rumeur, paraît il, quclegou vcniemcnt est sur le point de demander aux Chambres, un octroi additionnel en fa.venir du l’rince.Le budget personnel de S.M.Napoléon 111, Empereur des Français, était, de cinq millions de piastres par an, et celui du président Grant, est de $25,000.ILS'! C1B'L\ B3B&.-1 fi.WBMMJBB 51.-o- VEXOKA.B΀E.Quatre frères, dont deux ont déjà servi sous les drapeaux, viennent de signer leur engagement volontaire pour la durée de la guerre contre la Prusse.Trois sont mariés et pères de famille; le quatrième n’abaiîdonnc pas, comme ses frères, femme et enfants pour courir à la défense do la patrie, mais son sacrifice est presque aussi grand : il laisse une fiancée qu’il devait épouser à la fin du mois, et qui a eu le courage de l’approuver dans la résolution qu’il avait prise de s’engager immédiatement, sans attendra la célébra, tiou de leur mariage.Quel est donc le mobile qui a poussé ces quatre jeunes gens à tout sacrifier aux intérêts de la France ?Nos lcotcurs le com.prendront ou lisant l’anecdote suivante : En 1815; les alliés ravagaient la Champagne.Plus barbares quo les autres, les Prussions pillaient nos maisons, ils incen* diaient nos villagos ; ils levaient des con.fcributions forcées sur des paysans déjà ruinés par les horreurs de la guerre ; ils outrageaient les femmes et les filles do ceux qui étaiont morts pour la défeuse do leur pays.Dans une potitc ville du départoinent do l’Aube, un millier de Prussiens logés chez [leshabitnuts, sc livraient à dos vexations O-* Les avantages Je la gramlim La reine Victoria devrait être très-riche à l’heure qu’il est.Le Parlement, lui alloue chaque année la jolie somme de trois cent soixante et cinq mille louis (£305,000), et.le palais, sauf ceux qui sont sa propriété personnelle, sont entr^euus aux frais du trésor public.Et comme depuis la moiq du prince Consort, Sa majesté mène une vie très-retirée, il est à croire qu’elle a fait dos épargnes considérables.Sa Majesté possède encore une autre source de revenus.II y a à peu près quinze ans, un vieillard du nom de Ncal, qui n’avait, point d’héritier, lui légua en mourant la somme do 500,000 louis.A son avènement au trône, la reine Vie-taria n’a pas hérité d’un seul denier.Son père lui avait laissé, pour tout héritage, une dette assez lourde que la Reine a acquittée en entier.Et bien que sa liste civile soit moindre que celle de son grand-père et de ses oncles, elle s’est toujours distinguée par la promptitudo de ses paie, monts ; ce qui no l’a pas empêchée d’acqud-iirdcs propriétés d’une très-grande valeur comme sont celles de Osborne et de Balmoral.De plus, pendant quo Georges III recevait du Parlement des milliers de louis chaque année pour subvenir aux dépenses de ses jeunes fils, la Reine Victoria n’n rien demandé avant que ses fils lussent des hom* mes, et encore défraio-fc-cllc même Ica dépenses du Prince Arthur.Cependant, lo public en Angleterre croit devoir se plaindre, parce qu’uno faible partie seulement do la somme allouée chaque année pour les fonctions représentatives, est dépensée pour cet objet.Quant au Prince de Galles, il est considéré eu Angleterre comme un pauvre homme pour sa position.Lo Duché de Corn Wall lui donno à peu près soixante-dix mil.le louis (£70,000) de revenu annuel, et le Parlement lui alloue £40,000 par nnnéo et £10,000 à la Princesse de Galles.Ce qu[ porte le chiffre des revenus du futur liéri- Cet homme étant appelé à jouer un rôle considérable, nous donnons ci-dessous sa biographie.Le général Troohu est un caraetèro comme Bourbaki est un type.C’est un mérite transcendant, comme Mae Mahon est, une pure gloire.Capitaine, orateur et écrivain, il mania la plume comme l’épée, la parole comme la plume.—Trochu, disait le maréchal Bugoaml, en parlant, do son cher aide de camp, a lo triple talent d’écrire,de parler et de se battre Son portrait, le voici : Plutôt, petit, que grand, mais bien pris dans sa liê-rc et élégante taille.Un visage aimable et spirit uel rayonnant, d'intelligence et do hardiesse.Des façons vives presque ardentes, de l’importance ot un peu de recherche dans le maintien.On dit 31.Troelni presque aussi volontiers que lo général Trochu.Cela vient, sans doute, de ce qu'il est autre chose qu’un militaire.Dos traits réguliers et mâles.Chauve avant 1’;îgo, avec un vaste front moulé su-por bernent.La ligure ronde et franche avec une teinte de raillerie.Le bas du visage est vivant et comme disposé à l’attaque.La physionomie sc concentre et éclato dans le regard; do petits yeux, étrangement vils et, clairs, pétillants de finesse, de malignité et de courage ; tour à tour brillants et humides—deux étincelles ou deux miroirs.La main est délicate, toute nerveuse, la jambe bien faite, posée en avant.Le mollet gauche est absent, emporté qu’il fut par un boulot de canon à l’assaut de Sébastopol, mais il n’y paraît pas.Le corps est do granit, droit et dur comme un menhir, animé d’une énergie bretonne.Troohu est du Morbihan : c’est, dans toute sa pureté, le typo annonçai u, loyal et ferme.Ennemi do toute routine, avide de réforme et do progrès, il a tiré son critiques élevées et ses conseils prtriotiques à dix éditions, non pour se faire remarquer mais pour être utile.C’est un esprit entier parce qu’il est consciencieux et très-personnel parce qu’il est très-supérieur.Son patriotisme n’est pas seulement un patriotisme de soldat.S'il est ardent comme son finie, il est aussi élevé et éclairé, comme son esprit.Gomment il a froissé do grandes susceptibilités et créé des rivalités jalouses, ce n’est point l’heure de le raconter et l’on doit s’en soucier peu aujourd’hui.Disons seulement que son haut, mérito est incoutesté, trop évident peut-être.Plusieurs fois il a été question d’appeler Trochu au ministère ot le lendemain le si-lcnco sc faisait autour de son nom.Il y a des renommées plus étendues ot plus brillantes que la sienne.Mais les esprits éclairés, les jugements considérables lui ont fait en quelque sorte, à part, un0 popularité d'élite.G’est uuc figure faite do rayons et d’ombres; clic so dresse, éclairée d’un côté par le soleil d’Afrique, et de l’autre voilée par je ne sais qsoi, qui n’estr précisément paa la faycur. Samedi matin; \ .Jkmm LA GAZETTE DE SOREL.10 Septembre 1870, Et c'est ainsi que colle ligure se trouve complétée et grandie.Les débuts de Trochu Purent heureux, scs succès rapides ; il se distingua dès le flommcuccmcut de Ba carrière, et l’on peut diro que son Mérite écluta plutôt qu’il ne kc lit jour.Entré à l'école à Suint-Oyr en 1835, il cet, en 1843, capitaine au combat do Siili Yuscf où il a sou uniforme pcrcé^ de qua.• très balles.A la bataille dTaly, sa bravoure est remarquée du maréchal Bugeaud qui le prend pour aide de camp.Eli 1853, il est colonel et premier aide de camp de Saint-Arnaud.En 1855, sa belle conduite à l’assaut (le Sébastopol lui vaut la croix de commandeur et il est nommé général de division en 1859—à quarautc-quutrc ans.Après la guerre, il emprunte la plume de Mar mont et écrit l'Armèc française en 1807 ; ce livre eut un retentissement énorme velours cordé noir et Les plus nouvelles et les plus variées.^.^cul (abHobluu‘nt nou- Le choix supérieur, le lias prix dos cl- Velveteens noir et brun, .’ets qui composent son assortiment, et le L leurs françaises et autres, fait qu’il achète pour argent comptant, lo Rubans de toutes sortes, mctlcut en état de défier toute concurrence.I Soies Patins noirs et dt couleur, — aussi : — Chapeaux garnis et formes de 400 HABILLEMENTS ! ctS^ en deuuiic, ON A BESOIN Immédiatement dans uuc famille de deux bonnes servantes.De bons gages seront accordés.S’adresser à co bureau.Sorel, 30 Août 1870,—4ins.Perdu ou Volé.Un chien brun et blanc [épagneul], ré- Un jeune homme sachant l’anglais et le français et ayant de l’expérience I Uu cIllcn bruu cL blanc [épagneul], ré-dans lo commerce Li’ouvera do l'on.- P0Ii(bmt au nom do Carlo, Celui qui ploi au susdit magasin.Sorel, 31 Août 1870.—dm SENECAL & FRERE.Magasin do Provisions, Liqueurs, &c.Pue Augusta, Près du Marché,—Sorol.Actes des Faillites 1864-65-09, pourra fournir des renseignements amenant la découverte du voleur ou du chien sera généreusement récompensé.—S’adresser au bureau do La Gazelle.Sorel, 30 Août 1870.—lm.Actes (les Faites 1864-65-69.)A, ) Quebec, >-lichclicu.j CANADA, PltOVINCEDE District de Pii Daus la Cour Supérieure.En l’affaire do RALPH FISII.Failli, k.G.I.BARTIIE, Syndic.CANADA, Province de Quebec, District de Richelieu.Dans la Cour Supérieure* Eu l’affaire de THOMAS LUSIGNAN Failli, k jG.I.BARTIIE, Syndic.Drap water-proof, Casimirs à chemises, noire, et blanche, Witucys, Etoffes à robes de toutes Colleta en toile et en papier, sorters, j Cols eu soie de toutes aortes, Mérinos français noir et de Chemises eu casimir, IFaulonme et tPHivcr, A BON MARCHÉ.Uuo visite est respectueusement sollicitée.WM.KELLY.Sorel, 27 Août 1870.— @E3A@®Elj30S DE SOIIEL.Los propriétaires de cet établissement s’étant à grands frais procuré les services de M.DAWSON, Bmsseur et Collets et poignets eu dentelles, en broderies et en crepe, couleur, Plaids Ecossais, Winceys, Flanelles do toutes sortes, Indiennes, Colons, Shirtings, Corsets, Criuoliues, Waterfalls, Gracinu-beuds, Drap noir et do couleur, Cusiuiirs, Tweeds Corps et caleçons on laine, Vestes en laine tricotées, llardcs, etc., etc.Assortiment complet de couvertes et couvre-pieds, Cotons à drap, Coutils, Toile à nappo, EsBuic-mainc, Nappes en toile ouvrée, Tapis do table, 1) anms.Mal tour de plus do 30 années d’expé- nnp,, "urnÏÏuZir % mvn' rience, étayant fait faire do grandes ?^ 0 p SL11LMBLL, à CINQ réparations et comptant sur l’cncoura- ' lL‘urcs 1 • canadiens et écossais.'Rideaux eu deutcllu, Et une foulo d'autres marchandises tout nouvellement importées.Ni’QiSUEZ BAS L'EÜIitGNli TEtï©Q(kQRîEe RUE DU ROI, VIS-A-VIS CHEZ FRS.LABELLE, ENTRE LES MAGASINS rtc Win, ÜHUNAX et «1e K.Bï.ICD'O’.St»^.Sorel, 7 Septembre 1870.^ Ecole NoraiÉ_Jacpes-Carfier.La rentrée des Elèves aura lieu JEU- gement public, ont le plaisir d’annoncer qu’ils auront toujours à la disposition de leurs pratiques une grande quantité do ET DE Les élèves doivent : lo.Payer le premier quartier d’avance ; 2o.Produire l’acte de leur baptême ; 3o.Avoir le costume de l’école.Montréal, 3 Sept.1870.—di AUX ANNONCEURS.Vendredi, lo septièmo jour d’Octobrc v , i prochain, le soussigné demandera à la dite cd îcc i, e septième jour d Octobre Cour sa décharge en vertu des dits actes.BILLS JPBiV£S.Les personnes qui se proposent do s’adresser à la LEGISLATURE de la Province do Québec pour obtenir la passation de BILLS PRIVES ou LOCAUX, portant concession de privilèges exclusifs ou de pouvoirs de Corporation pour les fius commerciales ou autres, ou ayaut pour but de régler des arpentages ou délinir des limites, ou do faire toute chose qui aurait l’effet de compromettre les droits d’autres prochain, lo soussigné demandera à la dite Cour sa déchurgo eu vertu des dits actes.RALPH FISII, Failli, Par Mousseau a Demers, Scs procureurs ad litem.Lo môme jour et par la môme requête, le soussigné demandera à la dite Cour sa déchargo comme syudio à la dite faillite.G.I.BARTIIE, Par Mousseau a Demers, Scs procureurs ad litem.Sorel, 29 Août 1870.—lm.Actes (les Faillites 11104-65-69.CANADA -) PnoviNoE de Québec, [ District de Richelieu, j !» Sttpértetwe.i T ______.,• .X» — Eu l’affaire do ZOEL BEAULIEU, Failli, k.G.I.BARTIIE, Syndic.* Vendredi le septième jour d’Oofobre prochain, lo soussigné demandera à la dite Coursa décharge eu vertu des dits actes.ZOEL BEAULIEU, Failli, Par Mousseau & Demers, Ses prooureirs ad litem.P « .w-______________ l’Assemblée Législative respectivemcnt(les- quellcs règles sout publiées au long dans la Gazette Officielle de Québec), elles sout requises d’en donner DEUX MOIS D’A-VIS [spécifiant clairement et distinctement la nature et l’objet de la dite demaudo], dans la Gazette Officielle de Québco, eu anglais ofc en français, ofc aussi dans un journal anglais et dans un journal français publiés dans lo district concerné, et do remplir lejs formalités qui y sont mention nées.Le premier et le dernier do tels avis devant, ûlrc envoyés au Bureau des Bills Privés do chaque Chambro.Toutes pétitions poor Bills Privés doivent fctro présentées dans los “ trois premières semaines” do la session.BOUCHER de BOUCHE R VILLE, Greffier du Con, Lég.G.M.MUIR, .Greffiorde T Ass, Lég Québec, 6 Juillet 1870,.Lo môme jour et par la meme requête, lo soussigné demandera k la dito cour si déohargo commo syndic à ladite faillite, G.I.BARTHE, Syndic, Par Mousseau k Demers, • Ses procureurs ad litem.1 Sorel, 29 Août 1879.—lm.THOMAS LUSIGNAN, Failli, Par Mousseau & Demers, Scs procureurs ad litem.Lo môme jour et par la môme requête, lo soussigné demandera à la dite Cour sa décharge comme syndic à la dito faillite.G.I.BARTHE, Syndic, Par Mousseau & Demers, Scs procureurs ad litem.Sorel, 29 Août 1870.—lm.Actes des Faillites 1864-68-697 CANADA, Province de Quebec, District de Richelieu, Dans In Cour Supérieure, ^ ¦ En l’affairo de ONESIME BOISVERT, Failli, k G.I.BARTHE, Syndic.Veudredi, le septième joui d’Octobro prochain, lo soussigné demandera à la dito Cour sa déchargo en vertu des dits actes.ONESIME BOISVERT, Failli, Par Mousseau & Demers, Scs procureurs ad litem.Le môme jour et par la mémo requête, le soussigné demandera à la dite Cour sa déohargo comme syndic à la dito faillite.G.I.BARTHE, • Syndic, Par Mousseau a Demers, Ses procureurs ad litem.Sorel, 29 Août 1870.—lm.de première qualité, en tonnes, ou en i *7 .• , ,, .barils da 00-30-20-15-10-5 gallons, cl .*°'re clJeu :lll,ou ,vf MI,'LB ,ct en bouteilles, ainsi que toutes espèces °r,CEl #*U,8I1?! - l,chc 'c„T, de suons tels eme : cst Ie l?!us ;ur^dl,,c- 1.,)0U abo,‘- (le sirops tels que : Sirop de
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