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Titre :
La vie des communautés religieuses /
Revue publiée à l'intention des membres des communautés religieuses catholiques. Elle aborde amplement les questions théologiques et vocationnelles et les enjeux d'adaptation aux changements sociaux. [...]

À consulter : Site Web de la revue, incluant un index de La vie des communautés religieuses (1942-2006).

Éditeurs :
  • Montréal :RR. PP. Franciscains du Canada,1942-2006,
  • Montréal :RR.PP. Franciscains de la Province St-Joseph au Canada,
  • Montréal, Québec, Canada :La vie des communautés religieuses,
  • Nicolet, Qué., Canada :publiée par un consortium de congrégations religieuses du Québec
Contenu spécifique :
Février
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
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La vie des communautés religieuses /, 1981-02, Collections de BAnQ.

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p ^ ' F ^ ife, J février 1981 :: des communautés religieuses La vie des communautés religieuses Directeur : Laurent Boisvert, o.f.m.Comité de rédaction : René Bacon, o.f.m.René Baril, o.f.m.Pierre Bisaillon, o.f.m.Laurent Boisvert, o.f.m.Odoric Bouffard, o.f.m.Secrétariat : Rita Jacques, s.p.Bérard Charlebois, o.f.m Rédaction et administration : La vie des communautés religieuses 5750 boulevard Rosemont Montréal, Canada H1T 2H2 Tél.: 259-691 1 Courrier de la deuxième classe Enregistrement n° 0828 Composition: Graphiti Impression : L'Éclaireur Ltée La revue paraît dix fois par an Abonnement : de surface: $ 8.00 (32 FF) (205 FB) par avion: $10.00 (45 FF) (255 FB) Sommaire Vol.39 — Fév.1981 Thaddée Matura, o.f.m.Le radicalisme évangélique et la vie religieuse L'A.affirme que les exigences radicales de l'évangile s'adressent à tous les croyants en Jésus.Il rejette l'opinion d'après laquelle ce radicalisme, pris comme loi interne de l'existence, constituerait le caractère propre et distinctif de la vie religieuse.Il termine en affirmant que le radicalisme n'est pas le tout de l'évangile, qu'il est plus large que la conception courante de la vie religieuse, mais qu'il est au cœur de celle-ci.Alfred Ducharme, s.j.Le noviciat Les communautés ont fait des efforts pour renouveler la première formation à la vie religieuse.Elles ont préparé des maîtres de formation, profondément changé la maison du noviciat, modifié le contenu et la pédagogie de la formation personnelle et communautaire.Roger Ébacher, évêque Sacerdoce et vie religieuse Les prêtres sont des instruments vivants et libres par lesquels Jésus continue à bâtir son Corps qui est l'Église.Les religieux et religieuses sont des dons uniques de Dieu pour son Église, des chemins par lesquels Jésus révèle le radicalisme des béatitudes. Le radicalisme évangélique et la vie religieuse Thaddée Matura, o.f.m.* Les lecteurs du «Radicalisme évangélique» auront remarqué, dans l'introduction et la conclusion du livre, des allusions explicites à la vie religieuse1.C'est en effet un usage fréquent du terme «radicalisme évangélique» dans des réflexions se rapportant à la vie religieuse, qui m'a poussé à entreprendre la recherche exégé-tique dont ce livre est le résultat.Cela, afin de voir un peu plus clairement le contenu d'une expression souvent employée, mais rarement analysée d'une façon critique.Ainsi c'est l'intérêt pour la vie religieuse et son sens évangélique qui est à l'origine de mon enquête biblique.Pourtant bien des religieux, après avoir consenti l'effort ardu de lecture du livre, seront probablement déçus par ses conclusions.Car, en vérité, rien de ce qui leur paraît être l'enseignement commun sur la nature de la vie religieuse ne s'y retrouve.Il n'y est pas question ni de «trois conseils», ni de vœux; les perspectives radicales des évangiles ont un autre contenu, une autre ampleur et un autre équilibre que la classique triade.De plus, la distinction entre les préceptes et les conseils, comme aussi celle, entre, sinon deux états de vie chrétienne du moins deux voies de perfection, en est totalement absente.L'analyse des textes évangéliques, si elle est correcte, impose plutôt une conclusion contraire: c'est à tous les croyants en Jésus que s'adressent les interpellations radicales.* Grandbois, 84240 La Tour d‘Aigues.France.1.Thaddée Matura.Le Radicalisme évangélique (Lectio divina 97), Éd.du Cerf, Paris 1978, 210 pp.Les allusions sont aux pages 7, 8, 16, 20-21.34 Aussi la question se pose-t-elle légitimement : quel rapport y a-t-il entre le radicalisme dans son équilibre propre tel que le dégage des évangiles l'étude exégétique et la vie religieuse telle qu'elle cherche à se concevoir et à se vivre aujourd'hui?Pour les lecteurs de la revue qui sont surtout des religieux, je me propose de répondre à cette question qui pour moi aussi est capitale.Car si le livre restitue les exigences radicales à tous les chrétiens et, du coup, en enlève l'exclusivité aux religieux, cela ne veut pas dire que le radicalisme ne les concerne plus.Au contraire! Les pages qui suivent veulent souligner, par une approche d'abord historique, les liens complexes, pratiques et théoriques, qui, de tout temps, ont existé entre la vie religieuse et les exigences radicales.Après cet éclairage il sera plus facile de répondre à la question des rapports actuels entre les deux.1.Les faits et leur interprétation Considérons, en premier lieu, un certain nombre de faits: d'une part, le silence de la Bible sur une classe particulière de fidèles; d'autre part, la volonté constante de la vie religieuse de se référer, d'une façon ou d'une autre, aux textes radicaux et de se comprendre à partir d'eux.1.La Bible ne connaît pas de «vie religieuse» Ni l'Ancien ni le Nouveau Testament ne connaît l'existence d'une catégorie particulière de croyants, à qui seraient réservées des exigences éthiques spéciales.Certes, l'Ancien Testament parle de nazirs (Nb 6, 1-21), de «confréries de frères prophètes» (2 R 2, 3), de groupes de Rékabites (Jr 35,1-19) pratiquant une vie rude et s'abstenant, comme les nazirs, de boissons alcooliques.Mais ce sont alors ou des cas individuels (nazirs), ou des groupes à l'organisation lâche et spontanée (frères prophètes), ou encore des particularismes de clan (Rékabites).En aucun cas ne leur sont demandés des comportements qui les mettraient à part dans le peuple de Dieu pour en faire un groupe de «parfaits».35 Dans le judaïsme tardif non biblique (Intertestament) des tendances apparaissent vers une fidélité plus exigeante à la Loi ; le Livre des Maccabées (1M 2, 42; 2M 14, 6) parle des Assidéens (hasidim ou pieux) — Juifs attachés à la Loi — ancêtres vraisemblables des Pharisiens (les «séparés») et des Esséniens du temps de Jésus.Ces derniers, au témoignage de l'historien juif Josèphe et surtout depuis les découvertes de Qumran, présentent, en ce qui regarde l'organisation de leur vie, des traits qui les assimilent aux formes de vie religieuse chrétienne.Mais quant au fond de leur engagement, ils ne considèrent pas leur genre de vie comme le choix d'une perfection facultative; pour eux il s'agit de vivre radicalement ce que la Loi exige de tous.Si l'Ancien Testament pourrait offrir à la rigueur quelque amorce à l'idée d'un groupement particulier, les écrits du Nouveau Testament sont totalement muets sur ce point.Ni les évangiles, ni les Actes, ni les lettres apostoliques ne présentent rien de tel.Les exigences éthiques de Jésus, générales ou radicales, répercutées dans les divers textes, s'adressent indistinctement à tous les croyants chrétiens, comme je pense l'avoir montré dans l'étude qui précède.On pourrait, certes, arguer du groupe particulier des disciples à qui Jésus a demandé des décisions et un style de vie liés au fait d'être avec lui.Mais nous avons vu que ce qui a pu être exigé de quelques-uns dans une situation historique est proposé par les évangélistes comme une exigence toujours actuelle à tous les auditeurs de l'évangile2.Et s'il fallait réserver et transposer ces exigences adressées aux disciples à un groupe de la communauté chrétienne, ce ne seraient pas les religieux mais plutôt le corps de missionnaires et prédicateurs de l'évangile qui apparaîtrait normalement comme leur successeur3.S'il est vrai par ailleurs que tels éléments de la vie religieuse (célibat comme choix facultatif, renoncement aux biens, leur mise en commun, leur partage avec les pauvres, etc.) sont vraiment évangéliques, tous, à l'exception du célibat, ils visent l'ensemble des chrétiens.2.Radicalisme, pp.191-198.3.Radicalisme, p.198.36 En somme, si le Nouveau Testament interpelle tout religieux, comme il interpelle tout croyant, il n'offre nulle part des prescriptions ou des exigences qui ne s'adresseraient qu'aux religieux; en d'autres mots, le Nouveau Testament ne connaît pas une double morale : une pour les chrétiens ordinaires, l'autre pour les parfaits ; comme il ne connaît pas, le célibat excepté, la distinction entre les préceptes et les conseils.2.La vie religieuse historique et sa volonté de radicalisme Le célibat volontaire choisi «à cause du Royaume» apparaît comme un trait distinctif des communautés chrétiennes; dès l'époque apostolique, il est pratiqué en leur sein.Ce sera aussi le cas, dès le 3e siècle, de l'ascétisme individuel.Quant à la vie religieuse, d'abord sous la forme érémitique, puis parallèlement et majoritairement sous la forme cénobitique, elle s'organise dans la première moitié du 49 siècle.a) Radicalisme de fait On sait que le monachisme chrétien primitif est fortement marqué par des traits qui ne se retrouvent ni de prime abord, ni explicitement dans le Nouveau Testament et qui, en tout cas, n'y occupent pas la première place.Je veux parler de son ascétisme alimentaire, vestimentaire, hygiénique, de sa fuite du monde vers le désert, de son insistance sur des thèmes spirituels plus proches du stoïcisme d'Épictète ou du néo-platonisme que de l'évangile 4.Si ces traits le font ressembler aux autres formes «monastiques» (bouddhiques, juives, philosophiques), ce qui fait son caractère proprement chrétien est son évangélisme foncier.Quelles que soient ses performances ou ses œuvres, le moine chrétien sait que le salut vient de la pure gratuité de Dieu qui sauve le pécheur et que « le cordonnier d'Alexandrie», conscient de ce fait et en rendant grâce à Dieu, dépasse en perfection Antoine lui-même, le père des moines5.4.A.GuiHaumont, Aux origines du monachisme chrétien.Abbaye de Belle-fontaine, 1979, pp.47-66.5.Les Sentences des Pères du désert, Nouveau recueil.Abbaye Saint-Pierre de Solesmes, Apophtegmes N.490.37 Aussi est-il important de vérifier dans des textes monastiques anciens, surtout ceux qui décrivent moins la théorie que la pratique de cette vie, la part faite à l'évangile et à ses textes les plus radicaux.De fait, toutes les grandes familles religieuses sont nées dans un climat de radicalisme évangélique.Les hommes et les femmes, qui ont été à l'origine de ces mouvements, ne voulaient pour eux-mêmes et leurs compagnons qu'une seule chose : accueillir jusqu'à ses dernières conséquences l'évangile de Jésus.Leur propos fondamental était de vivre d'une façon énergique et tranchée toute la vocation chrétienne.Cette affirmation générale peut être illustrée par une analyse rapide de quelques textes fondateurs.À cet égard, la comparaison de trois règles anciennes, Basile (4e siècle), Benoît (6e siècle), François d'Assise (13e siècle), s'avère instructive6.Ce sont, certes, des textes d'allure assez différente.Les Grandes et Petites Règles de Basile sont, en quelque sorte, des commentaires de l'Écriture, appliquée à la vie d'une communauté et, de ce fait, les citations scripturaires y abondent.Benoît légifère pour le concret d'une vie bien organisée, et des textes bibliques — où le courant sapientiel (Proverbes, Ben Sirach) est bien représenté — servent d'appui ou de justification à certains choix.Dans ses deux règles successives, François entend se fonder directement sur l'évangile.Il est d'autant plus intéressant de comparer l'usage que font ces trois règles des textes radicaux présentés plus haut.Exégétiquement, on peut relever dans les évangiles synoptiques, et, accessoirement, en d'autres livres du Nouveau Testament, quelque 64 textes radicaux.Or, sur cet ensemble, Basile retient 40 textes, François 33, Benoît 11.Six textes sont communs aux trois: la parole fondamentale: «si quelqu'un veut venir après moi, qu'il se renie.» (Mt 1 6, 24); l'invitation à «chercher d'abord le Royaume de Dieu et sa justice» (Mt 6, 33); la scène du jugement : 6.Saint Basile.Les Règles monastiques (traduction L.Lèbe), Éd.de Maredsous.1969.— La Règle de Saint Benoit Éd.de Vogué.Sources chrétiennes 181-184.Paris.Cerf 1972.— Opuscula S.P.Francisci Assisiensis, Éd.C.Esser.Grotta-ferrata.1978.38 «j'avais faim » (Mt 25, 31-46) ; les béatitudes (du moins quelques-unes.); la non-résistance aux méchants (Mt 5, 39) et la porte étroite (Mt 7, 1 3).Des nuances, cependant, interviennent.Ainsi sur les six paroles de Jésus relatives au renoncement (Mc 8, 34 - 9, 1 ), François en cite 4, Basile 2, Benoît 1.De même, si Benoît ne retient qu'une béatitude (celle des persécutés, Mt 5, 10), François en a 7 et Basile 8.On peut encore relever le fait que Basile et François ont en commun 1 9 citations, que 1 2 textes sont cités par Basile seul, 7 par François seul et 2 par Benoît.Il est également intéressant de noter les omissions; ainsi le texte sur les eunuques n'est jamais rapporté; du discours de la mission (Mt 10, 5-14), jamais cité chez Benoît, Basile ne cite que «l'ouvrier mérite son salaire», alors que François en retient et applique à la lettre les consignes vestimentaires, alimentaires, ainsi que le salut de paix.Par contre, les textes sur la communauté des biens, le «cor unum et anima una» (Ac 2, 44; 4, 32), utilisés par Basile et Benoît, ne le sont pas par François.Ce qui frappe encore, c'est que les textes sur l'usage des biens matériels (la pauvreté) sont plus nombreux chez Basile que chez François (et Benoît).Par contre, François est le seul qui rappelle à l'autorité de ne pas se comporter comme «les princes des nations qui dominent et commandent» (Mt 20, 25-28) et qui invoque la consigne de Jésus: «vous êtes tous frères, n'appelez personne ni père, ni maître» (Mt 23, 8-10).Cette analyse sommaire fait voir qu'une bonne partie des consignes radicales est assumée dans les règles, et, qu'entre Basile et François, il y a une étonnante parenté au niveau de l'évangélisme ; par contre, celui-ci marque plus faiblement la règle de Benoît, du moins en ce qui concerne l'utilisation des textes.Ce serait un travail passionnant et fructueux que d'établir une telle comparaison, plus approfondie, entre d'autres règles et chartes fondamentales et les textes radicaux de l'évangile.On verrait ainsi comment ceux-ci inspirent et commandent des choix, et l'on pourrait vérifier s'il est vrai que le radicalisme y est érigé en norme de la vie religieuse et en quel sens.39 b) Interprétation La vie religieuse chrétienne est un fait massif, et son rapport à l'évangile se veut explicite.Mais si les textes fondateurs de la vie religieuse au cours des siècles, s'appuient toujours sur les exigences fortes de l'évangile, ils ne proposent jamais une théorie, une interprétation de la vie qu'ils décrivent.Les fondateurs ne cherchent pas à comparer cette vie à d'autres, ne se demandent pas si elle est réservée à une catégorie à part ou si tous y sont appelés.Pour eux, ils veulent «sous la conduite de l'évangile» (Benoît), suivre « les enseignements et les traces de Notre Seigneur Jésus-Christ» (François).Ce n'est que peu à peu, en d'autres temps et en d'autres milieux, que l'on réfléchira sur le rapport de cette vie à l'évangile et sur sa place dans l'Église.On voudra voir si elle se fonde sur l'évangile et comment; on cherchera à la situer dans l’ensemble de la vie chrétienne.Comme l'a bien montré J.-M.Tillard7, cet effort d'autocompréhension théologique s'orientera vers deux directions : celle qui considère la vie religieuse comme une réalisation intégrale de la vie chrétienne, proposée par l'évangile; celle qui, sous des formes diverses, recourt à la distinction entre les préceptes et les conseils.L'une et l'autre entendent se situer d'une certaine façon vis-à-vis des exigences radicales, encore que le mot radical, radicalisme, ne soit, comme on l'a déjà dit, que d'un usage fort récent.La vie religieuse s'identifie avec la vie chrétienne intégrale Cette perspective remontant à l'historien Eusèbe, à saint Jérôme et au moine de Marseille Cassien (4e s.), se retrouve tout au long du Moyen-Âge et reste, pour l'essentiel, celle du monachisme oriental orthodoxe d'aujourd'hui.Dégagée de ses éléments secondaires, elle affirme que la vie monastique c'est tout simplement la volonté de réaliser pleinement ce qui est demandé à tous les chrétiens.Être moine, veut dire prendre au sérieux et s'efforcer de 7.Devant Dieu et pour le monde, Paris 1974, pp.98-134.40 vivre, individuellement et en communauté, tout l'évangile, avec, au centre de l'existence, l'écoute de la Parole, l'attachement inconditionnel au Christ, la célébration de la prière, l'amour mutuel créateur d'une communauté d'accueil, de pardon, de partage spirituel et matériel.Dans cette optique, le monachisme, si l'on met à part le choix du célibat, ne se conçoit pas différent de l'existence chrétienne tout court; par rapport aux autres chrétiens il est un rappel radical de la vocation commune.Telle nous apparaît, aussi, la position implicite des anciennes règles religieuses.On voit à quel point l'essentiel de cette position rejoint les résultats exégétiques proposés ici : tout l'évangile, même dans ses exigences radicales, est pour tous et la communauté ecclésiale tout entière est tenue d'y répondre de son mieux.Sans que le mot y soit, ce qui s'affirme ici c’est : 10 le fait du radicalisme ; 2° son universalité et sa nécessité pour tous.Distinction entre les préceptes et les conseils L'autre ligne inaugurée, semble-t-il, par Origène et systématisée à l'époque scolastique, se retrouve, explicitement ou comme arrière-fond, dans toutes les interprétations théologiques de la vie religieuse depuis le Moyen-Âge jusqu'au Concile du Vatican II inclusivement.Le point central de cette conception est la distinction entre les préceptes et les conseils.Les premiers s'imposent à tous les chrétiens de nécessité de salut; les seconds offrent le moyen d'une perfection plus grande, une voie plus exigeante, mais en définitive plus sûre et même plus facile vers cette perfection.S'agissant de déterminer ces conseils évangéliques, les plus fréquemment cités seront le célibat (Mt 19,10-12; 1 Co 7, 25-35), le renoncement aux possessions (Mt 19, 1 6-30), la mise en commun des biens (Ac 2, 42.44; 4, 32).À quoi s'adjoindra, peu à peu, le thème de l'obéissance, pour lequel, le choix de textes évangéliques s'avérera plus délicat.Vers le 13e siècle on arrive à l'élaboration définitive qui s'impose jusqu'à nos jours.Les conseils évangéliques qui définissent la vie religieuse c'est la triade bien connue: chasteté, pauvreté, obéissance.En s'y engageant — par vœu — le religieux entre dans la voie de la perfection évangélique.Cette 41 conception suppose, dans l'enseignement évangélique lui-même, une double voie et par suite deux catégories de chrétiens.On voit qu'une telle vue ne cadre guère — c'est le moins qu'on puisse dire — avec les conclusions de notre étude.Car d'une part, elle réduit indûment le radicalisme, auquel elle se réfère, à trois pôles (chasteté, pauvreté, obéissance), dont seul le premier est exégétiquement fondé.Le second doit être repensé considérablement et le troisième manque d'appui réel dans les textes examinés.Par contre, elle laisse tomber (ce qui n'est pas le cas des règles monastiques elles-mêmes), des pans entiers de l'évangile radical : préférence absolue de Jésus, amour du prochain, communauté de partage, etc.En plus de réduire ainsi le radicalisme, elle le monopolise au profit d'une classe, celle de religieux.En effet, d'après cette conception, les conseils évangéliques, se présentent, par définition, comme une option facultative; leur choix libre constitue l'essence de la vie religieuse qui sera appelée «vie selon les conseils».Ce qui implique, malgré les nuances qu'on veut y apporter de nos jours, que ceux qui ne s'engagent pas à la pratique des conseils, suivent une voie commune, moins parfaite, moins sûre.Cette distinction entre les préceptes et les conseils et la théorie de la vie religieuse qui s'y appuie, a été certes, battue en brèche d'abord par l'étude biblique, (comme notre enquête, pensons-nous, le montre bien), et ensuite par des théologiens comme Rahner, Congar, TiHard8.Malgré cela, le schéma «classique» revient constamment, aussi bien dans les documents officiels (même ceux du Concile, avec des nuances cependant) que dans la plupart des discours sur la vie religieuse.Et cela, sinon par le biais de la distinction entre les préceptes et les conseils, du moins par celui de la triade comme structure fondamentale et propre de la vie religieuse.Une version moderne de cette fonction c'est, à mon avis, l'opinion d'après laquelle l'option pour le radicalisme constituerait le caractère propre de la vie religieuse9.8.Voir les références dans notre Célibat et communauté, Paris 1967, p.55; pour Tillard, voir l'ouvrage cité en note 7.9.Voir les citations de la p.16 de notre livre.42 Cette thèse se veut, certes, nuancée.On reconnaît que le radicalisme tel qu'on peut le déterminer exégétiquement concerne tous les chrétiens; il s'impose même à eux, en certaines situations limites: «chaque fois que la situation l'exige».Mais dans le projet de vie religieuse «on refuse de prendre ce moyen radical uniquement lorsque la situation l'exige.Librement, on choisit de vivre dans un état où une certaine attitude radicale devient la norme ».Le radicalisme devient «la loi interne de l'existence»; il est institutionnalisé 10.Il faut reconnaître à cette approche la justesse en ce qui concerne la perception historique, car de fait, la vie religieuse est incompréhensible en dehors du radicalisme.Celui-ci lui donne, au surplus, une base beaucoup plus large et plus cohérente que la théorie des trois conseils évangéliques.Mais des objections importantes demeurent.La distinction entre le radicalisme qui s'impose seulement quand la situation l'exige et le radicalisme choisi comme norme permanente, institutionnalisée, résiste difficilement à un examen sérieux.Car, de fait, la plupart des exigences radicales ne peuvent jouer que lorsque la situation l'exige; ainsi le renoncement à sa vie, le pardon des offenses, l'amour des ennemis, les ruptures familiales, la réaction devant les scandales, la non-résistance, etc.On voit mal comment on pourrait vivre ces exigences comme «norme permanente», ou en quoi elles seraient alors moins « normatives» pour les chrétiens non religieux.Seuls deux points paraissent pouvoir être fixés sous forme d'institution : le célibat et la communauté des biens.Mais le célibat, comme on l'a vu, est une possibilité laissée au libre choix du croyant.Quant aux recommandations sur le renoncement aux biens et leur partage, il est vrai que les religieux les érigent en norme, surtout sous l'aspect de «koinonia» (communauté des biens) et partage avec les pauvres.Mais ce faisant, n'accomplissent-ils pas ce que, normalement, tous les chrétiens devraient faire s'ils prenaient au sérieux les exigences de Jésus qui sont adressées à tous.Aussi, l'application de la grille du radicalisme évangélique comme signe distinctif de la vie religieuse par rapport à la vie 10.J.-M.Tillard, Devant Dieu., p.157.43 chrétienne tout court, est-elle à manier avec beaucoup de discrétion.Car en définitive, elle monopolise, d'une façon détournée, le radicalisme comme norme permanente au profit d'une classe de chrétiens, dispensant, du coup, l'autre, de sa mise en pratique, qui elle aussi devrait être permanente.2.Le lien entre le radicalisme évangélique et la vie religieuse Ce qui précède a pu dégager au moins deux points : d'une part, la référence pratique permanente de la vie religieuse aux exigences radicales; d'autre part, l'oscillation dans la présentation théologique de cette vie, entre un radicalisme réduit à deux ou trois exigences et présenté comme propre à cette vie, et un radicalisme reconnu comme visant tous les chrétiens et pratiqué par les religieux en réponse à cette exigence générale.À présent, au vu du résultat de notre travail exégétique sur le radicalisme, que pouvons-nous dire, quel lien pouvons-nous établir entre les données évangéliques d'une part, la pratique et la théorie de la vie religieuse d'autre part?I.Le radicalisme n'est pas le tout de l'évangile Nous l'avons dit11, si le radicalisme évangélique présente l'aspect dur, tranchant des exigences de Jésus, il doit être situé sur le fond général de son message, qui est d'abord don, grâce, bienveillance divine, vie nouvelle.C'est parce que Jésus apporte la bonne nouvelle du salut, parce qu'il inaugure ce salut par sa Mort-Résurrection, parce que cette situation nouvelle est un trésor, une perle précieuse, que des choix absolus et des renoncements inouïs s'imposent et deviennent possibles.Par ailleurs, si les exigences radicales sont comme une arête tranchante du message, elles sont portées par des exigences encore plus fortes: la metanoia, la foi en Jésus, l'écoute de la II.Radicalisme, pp.181-183.44 Parole, la vigilance incessante, l'amour de Dieu et du prochain.Ce qui veut dire que le chrétien (et le religieux) hypnotisé par ces exigences et oubliant ce qui les présuppose : amour miséricordieux de Dieu pour tout homme, salut par grâce seule, don de vie nouvelle dans l'Esprit, serait comme celui qui filtre le moucheron et laisse passer le chameau.2.Le radicalisme est plus large que la conception courante de la vie religieuse La conception qui voit l'originalité de la vie religieuse dans le vœu de chasteté, de pauvreté et d'obéissance, apparaît singulièrement étriquée si on la compare au champ très large qu'embrasse le radicalisme évangélique.Non seulement parce que la triade — le célibat mis à part — ne s'y retrouve pas telle quelle, mais surtout parce que le radicalisme est bien plus vaste et que des exigences bien plus fondamentales que celles des trois vœux s'y expriment.Aussi une réflexion sur le radicalisme et la mise en rapport de celui-ci avec la vie religieuse, invitent-elles à une révision profonde de la théologie de cette vie, de ses fondements, de son équilibre évangélique.Cet équilibre est bien plus robuste, bien plus proche de l'évangile dans les grands textes fondateurs (règles de Basile, Augustin, Benoît, François, Ignace, etc.) que dans les synthèses spéculatives sur la vie religieuse, comme je l'ai déjà souligné.Cela ne veut pas dire que la triade doive être éliminée ; elle doit seulement être située autrement.Ce n'est pas elle, en effet, qui peut structurer comme élément principal, un genre de vie chrétienne dont l'axe ne peut être jamais autre que la foi en Jésus et l'amour du frère.La recherche de Dieu, la prière, la communauté avec ses exigences d'amour mutuel, le service du prochain l'emportent infiniment sur la chasteté et l'obéissance.Et cette dernière, comme l'a montré une excellente étude exégétique de S.Légasse 12, à défaut d'un fondement scripturaire direct, doit passer par le 12.L'obéissance d'après le Nouveau Testament, dans La Vie des Communautés religieuses (Montréal, Canada) juin 1976, pp.162-175.45 concept de la communauté et par ses structures, pour trouver sa justification évangélique.Par contre, les paroles si fortes de l'évangile sur l'autorité comme service, sur l'exclusion du pouvoir, des titres des préséances13, rarement utilisées dans la réflexion sur l'obéissance, gagneraient à être mieux connues et mieux appliquées.Quant à l'exigence non seulement de mise en commun des biens mais aussi de leur partage avec les pauvres, la plupart des groupes religieux n'ont-ils pas à se poser des questions graves à ce sujet, par fidélité à l'évangile?Bref, une vue plus précise du radicalisme pousse à dépasser un cadre où la vie religieuse s'est moulée depuis le Moyen-Âge, où elle est vraiment trop à l'étroit, où elle risque de déplacer et de déséquilibrer les priorités chrétiennes.Et s'il est vrai, comme le démontre abondamment son histoire, que la vie religieuse, même sans en utiliser le vocabulaire, s'est toujours voulue radicale, il reste que ce radicalisme ne peut en aucune façon lui être réservé.Dire qu'elle prend le radicalisme (et tout l'évangile !) comme norme est sûrement vrai, mais qui oserait soutenir que l'évangile n'est pas la norme obligatoire pour tout chrétien digne de ce nom.3.Le radicalisme est au cœur de la vie religieuse Les pages qui précèdent nous ont permis de dégager un certain nombre de conclusions.Conclusion exégétique d'abord : le radicalisme n'est pas le tout de l'évangile; il a besoin d'être situé et enraciné dans un ensemble plus vaste.Des conclusions historiques, ensuite.Le radicalisme a toujours été le moteur principal des grands mouvements de fondation et de renouveau de la vie religieuse.Cependant, lorsqu'il s'est agi de systématiser théologiquement le fait de la vie religieuse, un rétrécissement s'est opéré : la grille de trois conseils (et de trois vœux) a réduit en effet, indûment, la richesse du radicalisme à des points à certains égards secondaires et, par ailleurs, exégétiquement mal fondés.La tentative récente de faire du radicalisme, élargi et mieux compris, le propre de la vie religieuse, a été une réaction saine et juste, mais ambiguë.13.Radicalisme, pp.43-48.46 Ces remarques critiques étant faites, il nous est maintenant possible de mettre en rapport d'une façon positive le radicalisme et la vie religieuse.J'utiliserai pour cela la grille de quatre pôles du radicalisme présentée dans la conclusion de mon étude14.Le radicalisme fondamental est celui de la marche à la suite de Jésus : en d'autres termes, c'est la primauté absolue que doit avoir la personne de Jésus dans les choix et la vie de son disciple.C'est le lien de foi et d'amour qui s'établit entre Jésus et le croyant qui permet et justifie toutes les exigences: Jésus sera préféré absolument à tout: biens matériels, relations familiales, vie physique elle-même, parce qu'il l'emporte sur tout cela.C'est bien là que se situe le centre de la vie chrétienne et donc de la vie religieuse; là est la racine absolue, unique de tous les autres engagements et de tous les styles de vie.Cela peut paraître aller de soi, mais est-il certain que la vie religieuse considère toujours que son centre est là?Les arbres de ses choix distinctifs ne l'empêchent-ils pas souvent de voir la forêt?Le radicalisme de Y amour du frère est un autre pôle important.Le religieux ne fait pas le vœu de croire au Christ et de l'aimer; il n'en fait pas non plus d'aimer le prochain comme soi-même.Et pourtant l'amour patient, miséricordieux, excluant le jugement, pratiquant le pardon toujours recommencé, supportant la violence, allant jusqu'à aimer les ennemis, est bien la marque distinctive du disciple de Jésus.Les exigences de communauté, de partage, d'autorité comme humble service d'amour s'originent là et trouvent là leur sens.Le célibat lui-même comme liberté, disponibilité, possibilité de partage n'a de signification plénière que vécu à l'intérieur de cet espace.Le radicalisme du partage lui-même se rattache davantage au commandement d'amour qu'à l'exigence d'un détachement ascétique : le mot «donner», « distribuer» est plus important que celui de «renoncer»; la visée essentielle étant, en définitive, l'égalité de tous et la parfaite communauté.La poursuite de la richesse et son 14.Radicalisme, pp.177-179.47 usage égoïste, apparaissent, par contre, comme un mal et un danger permanent dont le disciple de Jésus doit se méfier.Le point capital pour notre propos est ce que j'ai appelé le «radicalisme de la non-prétention».Pour le religieux, ce type de radicalisme et les paroles de Jésus qui s'y réfèrent : les béatitudes, les paroles sur la difficulté de l'entreprise, etc., doivent devenir un aiguillon qui pousse en avant et empêche de s'installer.Car d'une part rien n'est gagné d'avance, tout reste encore à faire, la tâche est inépuisable.D'autre part, même s'il avait tout fait — et qui pourrait jamais y prétendre — il reste «serviteur inutile», sans autre droit ou autre titre que la seule bonté miséricordieuse du maître.Aussi sont exclues à jamais toute prétention et toute emprise sur Dieu: le salut par les oeuvres.Ainsi donc, même si les religieux n'ont pas l'exclusivité du radicalisme, ils ont intérêt à s'y référer et à relire leur vie à sa lumière.Cette lecture bouleversera quelques conceptions aussi courantes que mal fondées, et ce sera pour le plus grand bénéfice de leur vie religieuse.Car à partir de cette lumière d'autres perspectives et d'autres équilibres, plus justes, plus proches de l'évangile pourront être perçus.Plus proches non seulement de l'évangile mais encore des intentions des grands fondateurs dont l'objectif premier, au-delà de toutes les systématisations discutables, a été précisément de vivre, en sa totalité et selon sa structure propre, le saint évangile de Jésus-Christ.De cet évangile le radicalisme est la pointe exigeante.48 Le noviciat Alfred Ducharme, s.j.* Pendant plusieurs années les noviciats ont vécu surtout d'espérance.Mais depuis deux ou trois ans, ils commencent à se repeupler.Les communautés ont fait des efforts pour renouveler la première formation à la vie religieuse.Quelques-unes ont préparé des maîtres de formation, établi de nouveaux noviciats et revu le contenu des programmes de formation.Tout cela est heureux.Pourtant, il faut éviter de paralyser ces efforts de rajeunissement par un légalisme étroit.Les maîtres de formation Le premier effort a porté sur la préparation des maîtres de formation.Dans l'ensemble, les communautés ont engagé dans cette tâche des personnes jeunes, dynamiques et ouvertes.Leur préparation comprend un minimum de psychologie et de sociologie, de solides études théologiques et bibliques et enfin une préparation à l'accompagnement spirituel.Tout cela est un acquis important.Malheureusement, quelques communautés ont improvisé des formateurs.Manque de prévoyance?manque d'espérance?Qui sait! Généreusement des formateurs moins préparés acceptent par solidarité communautaire de remplir un poste pour lequel ils ne se sentent pas prêts.Mais ils font ce sacrifice pour permettre à d'autres de se préparer.Les supérieurs doivent répondre à leur attente.Il faut choisir des formateurs et prévoir leurs successeurs qui, tous, se préparent avant d'entrer en fonction.Il serait heureux qu'un organisme — la Conférence Religieuse Canadienne, peut-être, — mette sur pied un programme assez élaboré de préparation * Université de Sudbury, Sudbury, Ont.P3E 2C6.49 des maîtres de formation.L'avenir de la vie religieuse en serait affermi.Le noviciat La maison du noviciat a aussi subi de profonds changements.Autrefois, «la séparation des communautés» isolait le noviciat.Quel que soit son lieu d'implantation, il formait une communauté autonome, isolée, coupée de toute influence externe.Souvent ce noviciat était situé dans la maison-mère.On a tout d'abord sorti le noviciat de la maison-mère pour l'insérer dans une communauté d'accueil à dimensions humaines et de plein vent.C'est heureux.Après expérience personne ne songe à revenir en arrière.Faire vivre des jeunes de vingt ans au milieu de bonnes religieuses dont l'âge moyen se situe entre 60 et 70 ans est une anomalie.Aucun jeune ne nourrira son dynamisme et n'épanouira son idéal dans un tel milieu, même s'il est très sympathique.Seule une sentimentalité irréaliste peut le prétendre.De plus, seule une communauté de plein-vent, exposée à la vie concrète, permet les audaces créatrices qui renouvelleront les communautés.Pourtant la communauté d'accueil connaît parfois certains problèmes.Pour les éviter, il importe au départ de choisir les membres de cette communauté.Laisser les novices avec le seul maître de formation est malheureux.Tout homme a ses limites, ses qualités et ses défauts.Il a aussi une certaine perception de sa congrégation.Bref, il est une réalisation, entre autres, de l'idéal communautaire et une réalisation qui a un champ de rayonnement limité.Il faut plusieurs «modèles» pour vivre avec les novices.Il est donc nécessaire que la communauté comprenne un certain nombre de profès.Pas trop nombreux cependant, trois, quatre, cinq tout au plus.Évidemment, il n'y aura parmi eux aucun caractériel.Il ne faut pas en faire une communauté idéale, parfaite.Il faut des personnes «comme on en trouve dans toutes les communautés», avec leurs 50 défauts et leurs qualités, avec leur bonne volonté apostolique.Des personnes engagées apostoliquement.Pas trop de retraités.Par contre, il est essentiel que cette communauté soit apte à atteindre le but poursuivi.Elle sera une communauté qui vit dans l'harmonie, composée de personnes en communion intime, qui dépassent dans la charité les problèmes inévitables.Des personnes donc ouvertes au partage, qui s'expriment librement.Que l'une ou l'autre soit plus «écoutante» que « parfaite» importe peu si cela ne paralyse pas le dialogue.Un danger pourtant ! C'est qu'un profès, à personnalité forte, impose ses idées et ses attitudes aux autres profès.La communauté retrouve alors tous les désavantages d'une communauté de novices sous la coupe du seul maître de formation.Les novices identifient alors la congrégation à une personne.Cela est malsain.Tous les profès seront, en un sens, compromis pour leur vie religieuse.Non «installés», dans une vie spirituelle routinière.Il faut des gens ouverts au progrès — du moins la majorité d'entre eux — et qui portent avec une conscience responsable leurs engagements religieux.Il s'agit de former des religieux «pour demain», non «pour hier».Une telle communauté n'existera jamais à moins que le maître de formation n'ait son mot à dire dans le choix des membres.Sans cette consultation, la communauté ne connaîtra pas l'harmonie nécessaire.Pourtant c'est dans son sein que les novices découvrent et apprennent la vie communautaire.Mais alors — et cela est important — tous les profès doivent comprendre leur rôle et l'accepter.Ils ne sont pas « maîtres de novices».Ils ne sont pas non plus désintéressés au point d'isoler le maître de formation.Ils constituent une communauté d'accueil pour les novices et de soutien pour le maître de formation.C'est dire qu'ils doivent comprendre les exigences de formation des jeunes de CEGEP et le contexte social de leur vie.Ils doivent aussi connaître et accepter les perspectives du maître de formation.51 Un problème se pose.Celui du supérieur.Le droit canon demande avec raison que le maître des novices soit « responsable» des novices.De plus, il insiste pour qu'un supérieur n'exerce pas ses fonctions plus de six ans auprès de la même communauté.Ces deux normes appliquées à la lettre font que certains noviciats sont devenus des monstres au point de vue de l'administration.Ils sont des communautés bicéphales.Une seule communauté, un horaire, un programme de prières ou de partage, une vie à relations interpersonnelles accrues et.deux supérieurs.Le maître des novices est supérieur («responsable») des novices et un autre religieux, supérieur des profès.Au point de vue administration c'est un non-sens.Ce qui est plus grave, c'est que pratiquement — dans les communautés féminines surtout — c'est un tue-monde.Lors d'un récent congrès des maîtres de formation, celles qui avaient vécu cette situation avouaient que cela engendre des tensions, des divisions et crée de multiples problèmes.Nous avons la responsabilité devant Dieu d'utiliser nos énergies au service du Christ et non en luttes stériles et inutiles.Mais le droit canon?Une vertu, l'épichie, nous invite à appliquer une loi en supposant que le législateur cherche le bien des hommes et de la communauté.Une loi ne doit pas être prise à la lettre.Dans le cas du noviciat où une part de la communauté change par la force des choses, l'application devrait être souple.Il serait heureux que les supérieures générales demandent par l'intermédiaire de leur association, que la Sacrée Congrégation des Religieux et des Instituts séculiers revoie ces normes.Si cela est nécessaire.Le maître de formation devrait être le supérieur unique de la communauté unique.L'objection d'une surcharge possible pour le maître de formation est parfois évoquée.Mais, grand Dieu, allégez sa tâche au besoin.Un bon assistant ou une équipe de formation qui l'appuie peuvent aider.De plus, parmi les multiples responsabilités qui incombent au supérieur beaucoup peuvent être déchargées 52 sur l'un ou l'autre religieux.Le supérieur n'a pas à être hôte, acheteur, administrateur, arbitre des conflits, comptable, etc.Le supérieur peut déléguer une part de ses compétences à d'autres individus.Ce qui est important alors c'est de définir clairement au départ les divers champs de responsabilité.Toutes ces questions devraient être décidées en consultant le maître de formation et en lui faisant confiance.Le contenu Autrefois, on préparait le novice pour une tâche et un style de vie précis.Maintenant, on comprend qu'il faut l'aider à devenir vraiment libre et à s'engager avec créativité dans un cheminement spirituel personnel conduit par l'Esprit.Personne ne connaît les tâches et le style de vie qui l'attendent.Je considérerai deux aspects différents même s'ils se rejoignent sous certains angles.La formation personnelle et la formation communautaire.Au niveau personnel, il importe de créer un climat communautaire qui permette l'éclosion d'une liberté vraie et l'exercice de cette liberté.Les sessions PRH ou autres, l'utilisation de techniques psychologiques, l'aide occasionnelle d'un psychologue ou d'un psychothérapeute assureront une libération suffisante.Je n’insiste pas car le travail est ordinairement bien engagé à ce niveau.L'amorce d'une expérience spirituelle authentique et le respect de son cheminement relèvent de l'accompagnement et d'une saine pédagogie.Aucune pédagogie n'est exclusive.Je signale l'utilisation qui se répand de plus en plus des Exercices de saint Ignace poursuivis dans la vie quotidienne comme pédagogie de formation.L'excellent article de Françoise Paquet dans les Cahiers de spiritualité ignatienne est éclairant à ce sujet1.De toute façon il faut se donner des objectifs précis et adopter une pédagogie qui permette de les atteindre.1.Françoise Paquet s.c.s.l.: Exercices dans la vie courante et accompagnement des jeunes en formation religieuse dans Cahiers de spiritualité ignatienne, Vol.Il noi, oct.-déc.1978, pages 223-231.53 Un mot sur l'identité religieuse.Actuellement, la soif de vie spirituelle s'abreuve à plusieurs sources.Exercice dans la vie courante, mouvement de prières, partages inter-communautaires, liturgie paroissiale.Tout cela est heureux.Mais tout cela ouvre à une spiritualité «ecclésiale», large.Les Exercices de saint Ignace sont sans doute un héritage d'Église, et non une propriété exclusivement jésuite.Mais ces Exercices disposent à une mystique d'action.Chaque congrégation pourtant, à l'intérieur de cette spiritualité, universelle en un sens, a son identité spirituelle propre.Chaque congrégation assimile le donné objectif de la révélation, mais l'Esprit a voulu qu'elle le fasse en mettant l'accent sur tel ou tel aspect.Les noeuds qui nouent le réseau des valeurs vécues, le pôle qui les intègre ne sont pas les mêmes pour les différentes congrégations.Il est alors indispensable d'inclure dans la démarche pédagogique des partages communautaires ainsi que l'étude de l'histoire et des grands spirituels de la congrégation.L'apport des profès dans ces partages est important à ce titre.La dimension communautaire Si le contenu et la pédagogie de la formation personnelle au noviciat se précisent, ceux de la formation proprement communautaire ne sont pas encore déterminés.Il faudra dix ou quinze ans d'expérience et de tâtonnements avant qu'ils ne le soient.Chacun est bien conscient que la communauté locale jouera un rôle important dans l'animation et le ressourcement de la vie spirituelle.Mais on ignore encore quelles seront les fonctions précises de la communauté locale dans la vie des religieux.Pas étonnant alors que le noviciat ne puisse préciser ses objectifs à ce niveau.Il faudra de la recherche.Je me risque pourtant à ouvrir quelques pistes.La communauté locale de demain devra remplir trois fonctions importantes.Elle nourrira la foi par le partage et la prière.Elle jouera un rôle critique à l'égard de la vie et des engagements apostoliques.Elle permettra enfin l'approfondissement théologique.54 La première fonction me semble acquise.L'animation issue du généralat et du provincialat reste nécessairement globale.Elle ouvre aux grandes orientations.Mais c'est au niveau de la vie quotidienne que la foi doit se ressourcer.Les partages, les liturgies et les prières communautaires y pourvoient.La foi est essentiellement sociale, traditionnelle.Notre Dieu est le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jésus-Christ.Le Père Rahner écrit que la foi « suppose ou crée» la communauté.La fonction critique de la communauté n'est pas encore un acquis.Quelques communautés locales cependant s'y ouvrent peu à peu.La vie des religieux au fil des jours et leur engagement apostolique se déroulent dans tous les milieux et dans tous les secteurs d'activité.Le danger que la vie professionnelle mange la vie religieuse est réel.Le danger que la pression sociale étouffe les valeurs de foi ou les corrode dans le déroulement de la vie est partout.La communauté doit pouvoir offrir à ses membres une critique constructive face à ces glissements possibles.Elle doit pouvoir demander à ses membres comment leur vie concrète et leur engagement quotidien rejoignent les valeurs communes que tous veulent vivre ensemble.Cela, non pas dans un but négatif, mais pour mieux aider à réaliser l'idéal qui a présidé à l'engagement communautaire.Une dernière fonction deviendra importante.Dans une société scientifique où la culture et l'intelligence imposent leurs exigences, le religieux doit approfondir sa pensée théologique.La théologie est l'intelligence de sa foi éclairée par la révélation.Le religieux doit expliciter dans sa pensée le lien entre la foi qu'il vit dans tous les secteurs, toutes les dimensions de son être, et le donné objectif du projet de création et de rédemption.Certes, les théologiens « patentés» font ce travail.Pourtant la foi qu'il faut repenser, c'est la foi vécue, plantée dans l'humus québécois, la foi portée au cœur des problèmes quotidiens.Les seuls théologiens ne peuvent s'attaquer à cette tâche.Il faut des groupes interdisciplinaires et des personnes engagées dans la vie.L'élaboration de cette pensée théologique sera essentielle pour le progrès du Règne.C'est la communauté locale qui sera le foyer d'où jailliront les premières étincelles 55 dans ce domaine.Heureusement, beaucoup de religieux et religieuses se sont donné une solide formation théologique et biblique qui les habilite à ce travail.Le noviciat doit évidemment former le novice à remplir la première tâche, celle de nourrir la foi.Dans l'ensemble, il le fait bien.Un frère à qui je parlais de ces questions me répondait que les deux dernières fonctions lui semblaient indispensables, qu'elles ouvraient à des perspectives prophétiques mais qu'elles étaient à peine amorcées.Des consultations subséquentes auprès des religieuses confirment ce dire.Il faudra beaucoup d'expérimentation avant que ces fonctions ne se précisent.Les communautés actuelles sont peu sensibilisées à ces fonctions et peu équipées pour les remplir.C'est pourquoi, la responsabilité des maîtres de formation dans ce domaine me semble réelle.Ceux-ci doivent sensibiliser les novices à ces deux fonctions; ils doivent, dans la mesure du possible, les y préparer.Ce sont en effet ces novices, devenus profès, qui devront demain porter plus avant l'expérimentation dans ces domaines.Les vocations Le maître de formation a une responsabilité qui ne lui permet pas de partir à la quête des vocations.C'est le travail de toutes les communautés et de tous les religieux.Certains diocèses ont formé des équipes mixtes pour animer la pastorale vocationnelle au sens très large du terme, vocation à la vie religieuse, au mariage, au sacerdoce, etc.C'est heureux.Il y a aussi une animation plus immédiate, axée sur la vocation à sa communauté.Le travail de ces équipes et des responsables devra être approfondi.L'expérimentation, le partage, la recherche permettront de préciser le rôle de ces organismes et des responsables ainsi que le type de relations à établir avec les maîtres de formation.56 Conclusion Pour la relance de la vie religieuse, la période du noviciat est extrêmement importante.Les supérieurs l'ont compris et ont désigné des personnes de qualité comme maîtres de formation.Mais il faut plus.Il faut appuyer leur travail et leur donner des conditions qui leur permettent de conduire leur travail à terme.Il faut leur faire pleine confiance.Si l'Esprit veut bien susciter des vocations, Dieu s'attend à un effort loyal et total de la part des communautés pour accueillir ce don.Si nous refusons de répondre, par la force des événements, les largesses de Dieu resteront sans lendemain.La tâche de maître de formation est très importante pour l'avenir des communautés, le service de l'Église.Elle intéresse aussi le Règne du Christ sur la terre.57 Sacerdoce et vie religieuse* Roger Ébacher, évêque** Nous sommes rassemblés pour célébrer les dons que Jésus ressuscité octroie aujourd'hui à son Église de la Côte-Nord.Jésus a vaincu la mort.Il est vivant.Et par la puissance de l'Esprit, il comble son Corps de dons variés et complémentaires.Chacun, chacune d'entre nous est un don unique et magnifique de Jésus-Christ à son Église.Nous sommes des signes vivants de l'amour actuel de Jésus se préoccupant de la croissance de son Corps, jusqu'à ce que nous parvenions tous ensemble « à l'état d'adultes, à la taille du Christ dans sa plénitude».Et nous voulons aujourd’hui particulièrement fêter les dons du presbytérat et de la vie consacrée.Prêtres Chers prêtres, vous êtes des instruments vivants et libres par lesquels Jésus-Christ, Chef et Pasteur, continue à bâtir son Corps qui est l'Église.Tel est notre mystère dans l'ordre épiscopal et presbytéral.Il est bon de nous rappeler ce que nous sommes: serviteurs du Christ Jésus, prophète, prêtre et roi, au service de son Peuple.Par nous, Jésus-Christ continue à être prophète pour dire de façon ferme, claire et attirante la Bonne Nouvelle qui peu à peu recrée l'humanité.Jésus-Christ, par nous, continue à être prêtre et à combler son Peuple de la vie du Père.Chers collaborateurs, ayez un profond respect des sacrements que vous administrez.Ayez le souci de former et d'entraîner à une prière intense, profonde et consciente.Par nous, Jésus-Christ continue d'être le bon Pasteur.* Homélie prononcée à l'occasion de l'anniversaire de prêtrise et de profession religieuse, à la cathédrale de Hauterive, le 23 mai 1980.** Évêché de Hauterive, 639, rue de Bretagne.C.P.10.Hauterive, Qué.G5C 2S8.58 Dieu lui-même nous dit que le bon pasteur a du souci pour chacune de ses brebis.Il la cherche si elle est perdue.Il la soigne si elle est malade.Il la prend près de lui pour la réchauffer.Si elle a faim, il la conduit vers les gras pâturages.Si elle est blessée, il la porte sur ses épaules.Dans l'évangile, Jésus nous demande : « M'aimes-tu ?» À notre ordination, Jésus-Christ a versé en abondance dans notre cœur la charité pastorale du Père pour son Peuple.C'est un feu au cœur de notre vie.Ce feu, Jésus-Christ veut ce soir le tisonner de sorte que son Peuple n'ait pas froid.Cette charité pastorale, qui brûle notre cœur et hante notre ministère est, en nous, vie et sainteté de Jésus.Frères et amis, tel est notre mystère profond.Que l'Esprit, en cette fête, le murmure au fond de notre cœur.Religieux et religieuses Et vous religieux et religieuses, vous êtes aussi des dons uniques de Dieu pour son Église.Vous êtes des chemins par lesquels Jésus-Christ veut révéler les exigences radicales des béatitudes.Que cette célébration réveille en vous votre propre mystère! Qu'à travers vous, Jésus révèle à tout son Peuple ce mystère d'alliance et de fraternité qui constitue le cœur de sa mission dans le monde.Frères et Sœurs en Jésus-Christ, vous êtes consacrés, mis à part et appartenant d'une façon unique à Jésus.Vous avez voulu n'avoir dans votre vie qu'un Époux, qu'un Seigneur: Jésus-Christ.Et par les vœux de chasteté, de pauvreté et d'obéissance, l'Esprit-Saint lui-même a scellé, comme un précieux trésor, les forces les plus vives de votre être.Par le vœu de chasteté, il a scellé pour Jésus-Christ toutes les forces vives de votre affectivité, de votre cœur, et de votre corps comme un don magnifique offert généreusement pour la fécondité de l'Église.Par le vœu de pauvreté, l'Esprit-Saint a scellé votre désir et votre goût de la possession et de la richesse afin que là où est votre trésor, là soit vraiment votre cœur.Et il a fait que votre unique trésor soit Jésus-Christ et son 59 Église.Par le vœu d'obéissance, l'Esprit-Saint a lui-même scellé votre liberté, votre volonté et l'a offerte comme un agréable encens à Dieu.Frères et Sœurs, votre vie appartient à Jésus-Christ.Vous êtes consacrés et, par le fait même, vous êtes envoyés ! Vous partagez, avec toute l'Église, la mission de Jésus-Christ.Vous aussi, vous devez être prophètes.Dites clairement par votre vie, par votre parole, la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ.Je tiens à rendre un hommage tout particulier à ceux et celles qui pendant des années ont été engagés dans l'œuvre catéchétique.Notre peuple a plus que jamais besoin de catéchètes engagés, courageux.Et le pape Jean-Paul II nous a rappelé que l'œuvre de la catéchèse a toujours besoin d'ouvriers.Que l'exhortation apostolique sur la catéchèse dans le monde de ce temps, soit pour vous tous un stimulant à retrouver la radicalité de votre engagement au service de la Parole de Jésus-Christ.Notre peuple a soif de la Parole.Soyez des éducateurs qui ouvrent au Peuple de Dieu les sources fécondes de la Bible et l'accompagnent dans l'humble cheminement vers cette fontaine.Avec toute l'Église et dans l'Église, vous êtes aussi chargés de la mission sacerdotale de Jésus-Christ.Et je rends hommage à tous ces religieux et religieuses qui, dans nos paroisses, font que nos célébrations eucharistiques soient plus belles, plus animées.Je rends hommage à tous ces religieux et religieuses qui, en équipe avec des laïcs, permettent qu'un plus grand nombre de chrétiens se préparent de façon sérieuse aux divers sacrements, essentiels à la vie et au renouvellement de notre Église.Frères et Sœurs, votre mission sacerdotale est indispensable à notre Peuple.Soyez des témoins de la prière.Soyez des éducateurs de la prière comme vous l'êtes pour la foi.Ouvrez à notre peuple la riche tradition qui est nôtre et que, hélas, il ignore tellement! Ouvrez ces sources, de sorte que notre peuple cesse de mourir de soif ! Et vous qui vieillissez, qui êtes malades, vous êtes d'une façon spéciale appelés à révéler à notre peuple qu'il doit offrir toute sa vie, même sa passivité et sa souffrance, en union avec Jésus 60 comme une offrande agréable au Père.Que toute votre vie soit une oblation ! Frères et Soeurs, avec toute notre Église, vous êtes encore responsables de la charité dans ce Corps du Christ que nous formons.Je vous en supplie, par le Sang de Jésus-Christ, laissez l'Esprit-Saint réveiller votre imagination.Ouvrez des voies neuves.Soyez là partout où il y a de la souffrance, de la peur, de la solitude.Consacrés et envoyés, vous êtes également là pour nous révéler le sens de la communauté.Soyez fiers de votre vie communautaire et conscients qu'elle est un trésor précieux qu'il ne faut pas perdre.Retrouvez le dynamisme de votre vie communautaire, de votre vie fraternelle, et reconnafssez en même temps que vous avez la responsabilité de la révéler à toute l'Église.Vous portez le nom de frères et de soeurs : n'en ayez pas honte ! Il est la révélation de ce que nous sommes et devons être en Église.Comme la charité pastorale a été versée en abondance dans le cœur des prêtres, ainsi, de par votre consécration et vos vœux, la charité fraternelle a été versée en abondance dans vos cœurs.Elle est là pour vous rendre capables de dépasser les conflits, les oppositions, les incompréhensions et pour vous conduire à la sainteté.En même temps, elle révèle à l'Église qu'elle est capable de devenir une communauté où tous n’ont qu'un seul cœur et une seule âme.Collaborateurs Chers collaborateurs, prêtres, religieux, religieuses, c'est en Église que nous célébrons ces anniversaires.Aussi, ce soir, j'ai le goût de remettre entre vos mains mon projet d'Église.Il doit être notre projet! Je l'ai résumé dans ma devise épiscopale: «Par Lui, en Église, pour le monde».Accueillez la lumière de Jésus-Christ.Permettez-lui de vous révéler qui est Dieu et comment il s'appelle pour vrai : Papa.En même temps, permettez à Jésus-Christ de vous révéler qui est l'homme, ce qu'il y a dans le cœur de l'homme, où est sa vraie dignité, et quelles sont les conditions de sa croissance.Jésus-Christ nous demande de vivre en Église, une Église aux 61 membres diversifiés et aux richesses incalculables.Chaque baptisé, chaque confirmé reçoit, de par son baptême et sa confirmation, une dignité et une mission uniques.Collaborateurs, Frères et Sœurs, respectez toujours cette dignité et cette mission de tout baptisé, de tout laïc.Faites-leur de la place.Ouvrez-leur des chemins dans l'Église.Permettez-lui de devenir des adultes responsables dans la foi.Faites tout pour débloquer les énergies semées en abondance dans notre Église par l'Esprit-Saint.Telle est notre responsabilité : débloquer les énergies, permettre à ce qui est semé dans le champ de Dieu de croître et de porter du fruit en abondance.Par Jésus-Christ, nous formons Église, pour le monde, ce monde de la Côte-Nord aux besoins variés.Frères et Sœurs, collaborateurs dans le presbytérat, aidez-moi à mieux écouter les besoins de notre Église d'ici afin d'y apporter les meilleures solutions.À la veille de la Pentecôte, Marie était là avec les disciples, dans l'attente et la prière.Marie a su écouter la Parole de Dieu.Son cœur était imbibé d'une foi éclairée par l'Écriture.Elle savait lire à travers tout événement de sa vie une Parole actuelle de Dieu pour elle.Elle nous indique ainsi le chemin de la sanctification et de l'apostolat.Ce qui fera l'unité de notre vie, c'est la recherche quotidienne de la volonté du Père, de son attente amoureuse sur nous.Que Marie ait une large place parmi nous.Elle fera grandir Jésus en nous.Et Jésus, vivant en nous, continuera aujourd'hui à chercher le bon plaisir du Père.Laïcs Et vous laïcs, je vous remercie d'être là.Cette fête est aussi la vôtre.Sans vous, il n'y aurait pas de prêtres, de religieux, de religieuses.Le presbytérat, la vie consacrée sont là pour cet immense peuple que vous formez.Soyez fiers d'accueillir à nouveau ce soir ces dons de Jésus-Christ.Et en même temps dites-vous : «Je suis responsable d'en faire grandir d'autres».Dans notre Église, nous avons besoin de prêtres, de personnes consacrées.Ce ne sont pas là des chemins dépassés et insignifiants aujourd'hui ! 62 Faites résonner autour de vous cet appel.Puisse le Seigneur Jésus, dans sa tendresse, continuer à combler cette Église de la Côte-Nord de tous les dons dont elle a besoin pour devenir pleinement adulte dans la foi, l'espérance et l'amour.Amen.Exemplaires disponibles Si vous désirez poursuivre individuellement ou en groupe votre réflexion sur les thèmes du présent numéro ou des numéros antérieurs, vous pouvez vous procurer un ou plusieurs exemplaires de la revue à l'adresse et aux prix suivants: 5750 boulevard Rosemont, Montréal Tél.: 259-6911 $0.80 l'exemplaire $0.50 pour 10 exemplaires et plus 63 Les livres Gouvernaire, Jean, S.J., Quand Dieu entre à /'improviste.L'énigme igna-tienne de la « consolation sans cause ».Coll.«Christus», Desclée de Brouwer-Bellarmin, 1980, 177 pp.Beaucoup de voix s'entrecroisent en chacun de nous.Comme on dit: ça parle.Comment identifier en ce concert intérieur, qui vire souvent à la cacophonie, la voix et la présence de Dieu?C'est ainsi qu'un grave problème de foi et de théologie, hérité d'un questionnement athée déjà ancien, prend aujourd'hui toute son acuité dans et par l'acquis de la psychanalyse.Déjà on soupçonnait les paroles de Dieu de n'être que des projections de l'homme ; on sait maintenant que nous sommes habités, en de complexes mécanismes, par les étranges propos de notre inconscient.Pour débrouiller cette confusion, la rigueur d'Ignace de Loyola nous vient en aide.Un texte extrêmement dense des Exercices spirituels propose un critère précis: une action immédiate de Dieu est reconnaissable au mouvement qui, à un instant inattendu, nous emporte en son amour, alors que rien de notre part n'avait préparé ou suscité un tel élan, une telle joie.Ce critère de la «consolation sans cause», est-il encore valable?vraiment profitable?Il vaut la peine d'interroger ce texte par une lecture rigoureuse, mais aussi en le confrontant à l'expérience intime d'Ignace, telle que nous la rapportent son Autobiographie et son Journal spirituel.Tout cela tient-il encore sous l'impact de la psychanalyse?Cette réflexion, qui a donné lieu à quelques articles ou brochures, conduit en notre volume à la pointe du discernement ignatien.64 Retraites intercommunautaires 1981 (Religieux - Religieuses) Maison Reine-des-Cœurs (Pères Montfortains - Drummondville).Semaine Sainte: 1981.13 avril (lundi saint) 20 h au 18 avril (samedi saint après la veillée pascale de 20h).Deuxième semaine d'août: 1981.9 août (dimanche) 20 h au 14 août (vendredi) 1 5 h.Animation: Une équipe de Montfortains de Drummondville.Coût: $85 (dont $20 à faire parvenir avec l'inscription).Maison Reine-des-Cœurs R.R.3 Drummondville (Rive-Nord) Qué.J2B 7T5 Tél.: (819) 472-5449 Retraite intercommunautaire Thème: La docilité à l'Esprit-Saint par les Exercices spirituels de 30 jours de saint Ignace de Loyola.Animateur : Père Jean-Marie Rocheleau, s.j.Date: 22 mai au 22 juin 1981 Inscription et renseignements : S.Gertrude Lortie, a.m.j.Tél.: (418) 228-6668 Monastère des Augustines 1500, 18e Rue St-Georges-Ouest (Beauce) Qué.G5Y 4T8 la vie des communautés religieuses 5750, boulevard Rosemont Montréal, Québec, Canada H1T 2H2
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