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Titre :
La vie des communautés religieuses /
Revue publiée à l'intention des membres des communautés religieuses catholiques. Elle aborde amplement les questions théologiques et vocationnelles et les enjeux d'adaptation aux changements sociaux. [...]

À consulter : Site Web de la revue, incluant un index de La vie des communautés religieuses (1942-2006).

Éditeurs :
  • Montréal :RR. PP. Franciscains du Canada,1942-2006,
  • Montréal :RR.PP. Franciscains de la Province St-Joseph au Canada,
  • Montréal, Québec, Canada :La vie des communautés religieuses,
  • Nicolet, Qué., Canada :publiée par un consortium de congrégations religieuses du Québec
Contenu spécifique :
Janvier
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
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La vie des communautés religieuses /, 1964-01, Collections de BAnQ.

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Rencontres JANVIER 1964 Articles S 0 M M A I R E Pages Rencontres _____________________________________ 1 Expériences oecuméniques (Equipe d’oecuménisme) ____________________________________________ 2 Le dialogue oecuménique et le séminaire (François-Xavier Laplante, O.F.M.) __________________ 5 Des frères convers se rencontrent (Pierre-Baptiste Plourde, O.F.M.) - 14 Le frère dans l’Eglise d’aujourd’hui (Léandre Poirier, O.F.M.) -20 Variétés A votre service (Alonzo-M.Hamelin, O.F.M.) — 29 Les récentes publications 31 la VIE des communautés religieuses • Revue publiée par les RR.PP.Franciscains de la Province St-Joseph au Canada; paraît le 15 de chaque mois, excepté juillet et août, en fascicule de 32 pages; • La Direction est assurée par le R.P.Alonzo-M.HAMELIN, assisté d'un groupe de professeurs au cléricat théologique de Rosemont (Montréal); • Tout ce qui concerne la Revue (envoi de manuscrits, consultations, service bibliographique, administration) doit être adressé à : La VIE des Communautés Religieuses, 5750 Boulevard Rosemont, Montréal 36 — Tél.CL.9-6911 PRIX DE L'ABONNEMENT : $2.75 (pour tout pays) Chaque auteur porte la responsabilité de ses articles Le Ministère des Postes à Ottawa, a autorisé l'affranchissement en numéraire et l'envoi comme objet de deuxième classe de la présente publication la VIE des communautés religieuses Val.22, No 1 Janvier 1964 A tous nos lecteurs nos meilleurs voeux d’une Heureuse et Sainte Année Cette première livraison de la Revue, au début de Vannée, veut se faire l’écho de deux expériences qui ont été vécues dans des communautés religieuses au cours des derniers mois.Ncnis avons pensé que leurs fruits étaient de nature à alimenter la réflexion de tous nos lecteurs.La première de ces expériences relate les rencontres de séminaristes religieux avec nos Frères séparés.Les articles qui suivent ont non seulement l’intention de reproduire les impressions qui sont restées de ces rencontres, mais aussi d’insister sur les motifs qui les ont guidées.Des expériences similaires ne pourraient-elles être vécues en d’autres milieux ?Nous le croyons.La semaine de l’Unité chrétienne, que nous allons vivre bientôt, permettra sûrement à chacun d’entre nous, sous le souffle cle l’Esprit, d’en envisager les possibilités.La seconde expérience se situe sur un plan plus particulier.Il s’agit de rencontres entre frères convers.Deux articles, publiés par la revue au cours de l’année dernière, ont suscité de l’intérêt au sujet de la vocation des frères, et indirectement invité à ces études.Nous ne doutons pas que même les religieuses seront intéressées à cet approfondissement d’une vie semblable à la leur dans le don qu’elle exige, mais différente dans ses modalités.Cernant peu à peu la nature de la profession religieuse dans sa complexité, ces quelques idées serviront peut-être un jour à formuler dans toute sa lumière la théologie de la vie religieuse.C’est notre plus grand désir. Expériences oecuméniques Une prise de conscience plus profonde du scandale de la désunion des chrétiens compte certainement parmi les grandes grâces que le Seigneur accorde à son Eglise aujourd’hui.Oui, le temps actuel est un temps de grâce et de choix.L’Esprit parle à son Eglise et partout II suscite des renouveaux, des réveils.« Ce sont vraiment des moments émouvants pour un chrétien », nous disait, dans une causerie, le Rév.John Kirby, professeur d’Ecriture Sainte au Montreal Diocesan Theological College des Anglicans.La tâche oecuménique est devenue alors une des principales préoccupations de l’heure.Cette prise de conscience, cette ouverture entre frères, n’est plus réservée aux chefs et aux spécialistes, mais l’appel à l’unité se fait entendre partout et dans toutes les églises.L’Esprit assigne à chacun un rôle dans la marche vers l’unité de tous les chrétiens.Ici à Montréal, au niveau des séminaires et des collèges théo-logiques, au niveau donc où se forment le clergé, les ministres et les pasteurs de demain, l’importance de se rencontrer, de se connaître se fait ressentir.Ce qui fut jadis un simple souhait, est devenu l’an dernier une réalité.L’initiative est venue de nos frères Anglicans.Pour la première fois à Montréal, des séminaristes catholiques et des étudiants en théologie protestants et anglicans se réunissaient lors de la Semaine de l’Unité pour participer à une liturgie de la Parole qui avait lieu au Diocesan College des Anglicans.Ceux qui y ont participé ont senti qu’ils avaient respiré un peu de l’air de renouveau de la nouvelle Pentecôte qui traverse notre temps.Un théologien presbytérien, présent à la réunion, s’exprimait ainsi : « C ’était profondément émouvant de se tenir côte à côte, avec des frères franciscains et dominicains, des théologiens du Collège des Anglicans et de l’Eglise-Unie, afin de demander pardon à Dieu pour notre part dans le péché de la séparation.C’était aussi une grande joie pour moi d’écouter la Parole de Dieu proclamée en français et en anglais par des frères chrétiens de diverses dénominations ».La même semaine, les franciscains recevaient à leur tour les étudiants en théologie du Collège Anglican et de l’Eglise-Unie et, en février, les Presbytériens.Nous avions le même sentiment de EXPÉRIENCES OECUMÉNIQUES 3 participation à quelque chose de neuf, à quelque chose qui nous dépassait.Comme l’écrivait encore un étudiant de l’Eglise-Unie : « Nous avons laissé le séminaire avec la conviction que le Saint-Esprit avait vraiment travaillé parmi nous et avec un dévouement renouvelé pour notre vocation commune ».Cette année, afin d’assurer une continuité aux initiatives de l’an dernier, des comités d’oecuménisme s’organisaient dans les collèges et les séminaires intéressés.Le but de ces comités était d’abord d’éveiller et de promouvoir dans chaque communauté une préoccupation oecuménique.On considère comme travail préliminaire et condition indispensable à toute rencontre, la préparation spirituelle : célébration de la Parole, intentions de prières, expositions, bibliographies et bulletins d’information.Au sujet des rencontres elles-mêmes, il s’est posé un problème qui n’est pas encore résolu.Dans la région de Montréal, on compte plus de mille séminaristes catholiques et une centaine d’étudiants en théologie protestants et anglicans.Comment alors s’assurer que tous puissent participer à ces rencontres et qu’un contact plus personnel se réalise.Comme le disait un Presbytérien : « La charité chrétienne s’épanouit là où peuvent se joindre non seulement les êtres mais aussi les expériences.» Dans la conscience que le travail commence d’abord chez soi, on décide d’organiser une réunion du côté catholique : Dominicains, Jésuites, Franciscains, Clercs de Sainte-Croix, manifestèrent leur intérêt.Ce contact fut établi aussi avec le P.Irénée Beau-bien, S.J., directeur du Centre d’oecuménisme.Jeudi, le 7 novembre, se réunissaient au collège de l’Eglise-Unie des représentants des Anglicans, des Presbytériens, des Jésuites, des Dominicains, des Clercs de Sainte-Croix et des Franciscains, afin de mettre en marche le travail qu’on pourrait faire ensemble à ce niveau.Les décisions immédiates de cette réunion furent les suivantes : rencontres mensuelles où les communautés concernées seraient invitées à participer à une prière commune pour l’Unité; bulletin d’information et de nouvelles sur le travail oecuménique dans les séminaires et collèges; service social réalisable en commun.Concernant la Semaine de l’Unité, une réunion de prières aura lieu au début de la semaine chez les Franciscains, et une autre, à la fin, chez les Presbytériens.Entre temps, le Rév.Paul Gibson, aumônier des universitaires 4 EXPÉRIENCES OECUMÉNIQUES anglicans de McGill, avait invité les séminaristes .catholiques à se joindre aux étudiants théologiens anglicans pour une récitation commune, à Canterbury House, de l’office de Taizé spécialement conçu en vue de l’Unité.Dominicains et Franciscains y participaient.Malgré les résultats que le Seigneur a bien voulu nous accorder, il reste que nous en sommes encore au début.Il s’agit d’orientations très générales qui ont pour but de créer une atmosphère d’accueil, de courtoisie, de bonne volonté entre les différents groupes.Nourris et inspirés par la prière, nous voulons poser des gestes concrets qui soient signes qu’une ouverture se fait aux autres chrétiens, que nous nous disposons à rencontrer l’autre et à l’écouter.Et ainsi nous apprenons à nous connaître.Que ce soit à l’occasion d’un jour du Seigneur passé ensemble, d’un repas avec la communauté, de la visite d’un collège ou d’un monastère, d’un échange d’articles, d’une partie de ballon .ou d’un contact personnel, et surtout d’une prière en commun, nous sentons que quelque chose s’est passé entre nous.Nous ne voyons pas l’autre de ja même façon après la rencontre.Nous nous rendons compte que l’idée que nous avions de lui n’était pas tout à fait exacte.La méfiance, les préjugés, les caricatures s’effacent.Nous nous apercevons que nous sommes beaucoup plus près les uns des autres que nous ne le croyons, que nous sommes frères.On apprend aussi à s’aimer.On cesse de voir les autres de l’extérieur, à travers des livres ou dans une abstraction impersonnelle.Us deviennent alors Bob, André, Brian, Wayne .On découvre la présence du Seigneur en eux.Et aussi on apprend à souffrir pour l’Unité.Telle phrase, tel geste, telle restriction, tel sujet abordé, et l’on perçoit immédiatement qu’un fossé nous sépare, qu’on est encore loin les uns des autres.Nous apprenons que l’Unité est l’oeuvre du Seigneur et non la nôtre, qu’il faut se faire petit, se faire pauvre, qu’il faut se mettre à l’écoute de l’Unique Pasteur et se laisser conduire comme des brebis aux sources d’eaux vives.Cléricat franciscain de Théologie, Rosemont — Montréal.Equipe d’oecuménisme, Gilbert Lachance, O.F.M.Engelbert de Ruijte, O.F.M, Adrian Fuchs, O.F.M.Romuald Brault, O.F.M. Le dialogue oecuménique et le séminaire Voici que je vais faire du nouveau qui déjà paraît, ne l’apercevez-vous pas ?Is 43,19.Les signes des temps ne trompent pas.En effet, jamais depuis le Xle siècle les chrétiens n’ont été si activement engagés dans la recherche des voies mystérieuses de l’Esprit vers l’unité visible de l’Eglise.Partout des énergies se réveillent, des coeurs endurcis se transforment à mesure que l’appel du Christ à l’Unité est perçu avec plus d’urgence.« Travail, ^prière, souffrance » pour l’unité chrétienne sont devenus la devise de plusieurs.Il y eut un temps où de telles initiatives venaient surtout des Eglises lion-romaines (e.g.John Keble, Lord Halifax, Charles.Brent, Nathan Soderblom, William Temple — la conférence mondiale missionnaire, le mouvement Vie et Action, la commission Foi et Constitution, le Conseil Oecuménique des Eglises).Les efforts catholiques étaient le fait de quelques pionniers comme Fernand Portai, le Cardinal Mercier, Dom Lambert Beaudoin, l’Abbé Couturier et le Père Congar.L’Eglise Romaine 11e s’était pas engagée officiellement encore et n’y était pas prête.Aujourd’hui les choses ont changé .Grâce à la figure prophétique de Jean XXIII, au travail discret du Cardinal Béa, à l’avènement de Paul YI, l’Eglise Romaine est entrée de plein pied dans le dialogue oecuménique.Des messages officiels, discours, lettres sont adressés aux frères chrétiens.Des évêques prient avec leurs confrères non-catholiques, et des théologiens de différentes Eglises se rencontrent pour discuter.Ainsi nous sommes témoins d’une nouvelle époque d’ouverture, d’accueil, d’oecuménisme.Etat de choses qui exige notre reconnaissance et notre optimisme, et qui nous incite à une plus grande attention à ce que l’Esprit veut dire à son Eglise, à toute son Eglise.Toutefois, malgré ces signes encourageants, il n’est pas certain que cet éveil oecuménique soit le fait de tout le peuple de Dieu.Les ouvriers sont encore peu nombreux et l’intérêt limité.Il ne nous appartient pas d’attribuer à qui que ce soit la responsabilité de cette lacune.Nous pouvons cependant nous deman- 6 LE DIALOGUE OECUMÉNIQUE ET LE SEMINAIRE der si cette nouvelle Pentecôte, si cet appel du Seigneur est accueilli dans la vie de nos séminaires.Il faut nous demander si la mise à jour souhaitée par Jean XXIII a influencé réellement nos esprits en ce domaine.Nous ne pouvons ignorer l’urgence de cet appel à un renouveau et à une plus grande réceptivité; car, en tant que futurs pasteurs du troupeau du Christ, il nous reviendra d’infuser ce nouvel esprit à toute la vie de l’Eglise.Nos fidèles ont le droit d’exiger de nous cette démarche.Si la formation du séminaire ignore cette dimension oecuménique, combien de nous seront préparés pour une telle mission ?Avant de poser les jalons de cette formation il convient de formuler brièvement les exigences d’un vrai dialogue chrétien.Les orientations pratiques qui en découlent pour les séminaristes feront l’objet de la seconde partie de notre travail.Qu'est-ce qu'un dialogue ?« Le dialogue authentique — parlé ou silencieux, peu importe — écrit Martin Buber, existe lorsque chacun des partenaires pense réellement à l’autre ou aux autres, dans leur vie de présence et leur façon d’être, et se tourne vers eux dans l’intention d’une mutualité vivante à s’instituer entre lui et eux » b En d’autres termes pour qu’il y ait un véritable dialogue entre personnes, un accueil réciproque et un désir de comprendre l’autre seront toujours requis.Ces attitudes toutefois ne sont pas tellement naturelles à l’homme qui cherche plutôt à dominer l’autre, à se l’assujettir.Nos pénibles expériences en ce domaine le prouvent amplement.Nous sommes facilement fermés et défiants.Et pourtant seules des relations plus adultes avec nos frères nous permettent à la fois de les aimer vraiment et de devenir vraiment nous-mêmes.Notre connaissance de « l’autre », le « tu » qui est devant nous, est nécessairement conditionnée par notre amour pour lui.Mais un tel amour est très difficile parce que, concrètement, « l’autre » est également imparfait, limité, méfiant à notre égard.Il faut y mettre du temps et même beaucoup de temps pour l’accepter tel quel.À moins d’un dépassement de ses imperfections pour atteindre son « tu » vivant, et en définitive le « Toi » de Dieu, il n’y aura jamais de véritable dialogue entre lui et nous.1.Marttn Buber, La Vie en Dialogue, Aubier, Paris, 1959, P.125. LE DIALOGUE OECUMÉNIQUE ET LE SEMINAIRE 7 Nous devons apprendre à l'aimer, à l’écouter, à l’entendre — à être influencés par ce que nous entendons — à vouloir parler aussi clairement, aussi aimablement, aussi explicitement que possible pour persévérer dans ce dialogue en dépit de tous les obstacles.Cela exigera beaucoup d’humilité de notre part et un effort, loyal de vérité dans tous nos contacts humains.Si nous pouvons atteindre effectivement cette maturité, cette unité intérieure, nos chances de réaliser le dialogue avec nos frères seront d’autant plus grandes.Le dialogue chrétien Le dialogue chrétien repose sur ces dispositions naturelles, indispensables.Aussi grandes que puissent être ces aptitudes d’accueil, de loyauté, d’ouverture, elles sont pourtant insuffisantes pour un chrétien.Celui-ci doit se dépasser et voir son frère humain dans l’éclairage d’une foi vivante, personnelle, en Dieu qui s’est révélé.Il doit pénétrer à l’intérieur de son semblable, transformé par la mort et la résurrection du Christ.Ainsi il va saisir sa nouvelle condition de fils de Dieu dans le Christ.Et à cause de cette éminente dignité commune à tous les hommes, un chrétien s’efforce toujours d’être à leur égard plus attentif et plus accueillant.Si l’humanité est ainsi une dans le Christ, quelle ne doit pas être la profondeur du lien rattachant ceux qui sont devenus membres du Corps du Christ par les eaux vivifiantes du baptême.Le Christ vit dans tous les chrétiens, les attirant à lui par un attrait irrésistible et incessant.Unis donc dans l’adoration du Dieu unique, Père, Fils et Esprit Saint, souhaitant ardemment la plénitude du salut dans le Christ au dernier jour, le peuple choisi doit porter la « bonne nouvelle » à tous les hommes, à toutes les nations.Mais, la question rebondit inévitablement et avec force dans notre esprit; comment ce peuple choisi peut-il être témoin authentique de l’unité, quand il est déchiré visiblement par les péchés de ses membres ?Une intelligence plus objective et plus éclairée de l’histoire aujourd’hui, nous montre comment tous les chrétiens partagent la responsabilité de cette terrible tragédie.Profondément conscients de cette monstrueuse réalité, les chrétiens désirent sincèrement la réunion.Mais avant qu’elle ne se réalise, tous doivent s’ouvrir davantage au Christ et à leur frères chrétiens.Tous doivent se tourner vers le Christ dans une commune prière pour être transformé et renou- 8 LE DIALOGUE OECUMÉNIQUE ET LE SEMINAIRE velés.Comme l’écrivait récemment Karl Barth : «Le chemin de l’unité de l’Eglise ne peut être que le chemin de son renouveau.Mais renouveau implique repentance.Et repentance signifie conversion, non pas la conversion des autres, mais la sienne propre » 2.Vatican II et le renouveau qu’il provoque dans toute la chrétienté crée donc, pour chaque chrétien, un besoin impérieux de se repentir, de se tourner vers le Christ; car lui seul et par les moyens qu’il choisira peut réaliser l’unité désirée.Nous devons nous laisser tourner vers lui de façon à lui être plus fidèles, à lui et au grand don qu’il nous a laissé : son Eglise.Une fois que ce retournement sera vécu en plénitude par tous, dans une adoration véritable de notre Père du ciel, alors et à ce moment seulement, pourrons-nous considérer l’unité chrétienne comme un fait acquis.De plus, nous, Catholiques Romains, malgré notre ferme conviction d’être dans l’Eglise Une et Sainte, l’Eglise du Christ, nous ne devrions pas croire que nous la possédons ou que nous vivons intégralement toute sa réalité.La communion organique que forme l’Eglise Catholique Romaine a souffert des péchés de ses membres, parce qu’elle n’a pas toujours été fidèle à l’amour de Dieu et à la vérité que l’Esprit lui a donnée en tant qu’Eglise.Conscients de cela, nous pouvons admettre que la grâce d’unité qu’elle a reçue a été affaiblie sans toutefois avoir été perdue.Nous devons également nous souvenir que la vérité de l’Esprit n’est pas notre partage exclusif car la.vérité appartient à Dieu, et Dieu est une personne, non une chose.Au contraire, le Dieu d’amour et de vérité révélé par le Christ nous possède en autant que nous sommes dociles à son inspiration et en communion avec Lui, « vivant selon la vérité et dans la charité» (Ep.4,15), dans l’humble service de nos frères.Il importe de reconnaître notre petitesse, notre pauvreté devant ce grand mystère de Dieu dans le Christ et du Christ dans nos frères chrétiens.Cette attitude nous donne une conscience plus grande et plus personnelle du travail du Christ en nous et nous fait approfondir notre foi dans l’amour.Une telle vue de foi et d’amour donne à notre dialogue un fondement sûr et fécond.De plus, un tel enracinement théologique nous fait éviter tout faux irénisme.Comme nous pouvons le voir maintenant, la voie de l’unité 2.Karl Barth, Thoughts on the Second Vatican Council, dans The Ecumenical Review, 15 (juillet 1963), 367. LE DIALOGUE OECUMÉNIQUE ET LE SÉMINAIRE 9 chrétienne est difficile et exigeante.L’unité telle que le Christ la veut n ’est pas seulement d’ordre moral, et encore moins une affaire de sympathie et de pression sociale ; elle a des racines ontologiques.Elle appartient en dernière analyse à l’ordre de la grâce; n’est-elle pas en définitive le don d’une communion personnelle avec Dieu dans le Christ ?Tel est donc le défi de l’unité que l’Esprit adresse a chaque séminaire digne de ce nom, défi auquel une réponse engagée doit être donnée.Possibilités pratiques Mais comment ce défi peut-il se traduire dans le concret de la vie des séminaristes ?De réponses faciles, de recettes, il n’y en a pas ; tout cela, en définitive, est du ressort du Saint-Esprit.Les suggestions qui suivent 11e sont que provisoires et exigent une adaption plus ou moins grande selon les besoins et les possibilités de chaque séminaire.Nous croyons que les séminaires doivent être en premier lieu des maisons toujours prêtes à accueillir nos frères chrétiens; c’est-à-dire, au lieu de ce visage froid, puissant, impersonnel et institutionnel qui prédomine si souvent, ne pourraient-ils pas devenir des maisons de fraternité chrétienne ?Ces rencontres fraternelles feront tomber bien des préjugés, tout en favorisant des amitiés profondes.Exercer une telle hospitalité, loyale et accueillante, ne signifie pas qu’il faille perdre l’aspect retiré et privé, si important dans la vie du séminariste.En effet, il a besoin de solitude, de silence et de prière pour rencontrer le Seigneur.Cela ne veut pas dire non plus qu’il s’agit d’éliminer la rupture nécessaire avec le monde et la famille que chaque prêtre doit faire s’il veut être fidèle à son engagement évangélique.Au contraire, cette attitude d’accueil, cette mise en valeur de tous ces échanges et contacts que nous souhaitons favorisera un tel engagement, ne serait-ce que par les nombreuses mises en question que de telles rencontres feront surgir.Bien sûr, une formation aussi ouverte comporte pour les séminaristes le risque d’une liberté personnelle plus grande, mais un tel risque ne vaut-il pas la peine d’être couru ?N’est-il pas un signe de vie ?Et dans le renouveau actuel, une telle vitalité, un tel dynamisme, ne sont-ils pas attendus du séminariste ?Plus que cela, l’Eglise ne le désire-t-elle pas de lui ?Cependant, cette attitude d’accueil ne suffit pas pour que la 10 LE DIALOGUE OECUMÉNIQUE ET LE SÉMINAIRE dimension oecuménique pénètre en profondeur chaque séminariste.Le séminaire doit s’efforcer de faire passer cette dimension à tous les niveaux de son lourd programme d’études.Un cours spécial sur la théologie de l’oecuménisme pourrait être organisé en certains cas.Mais en général, l’intégration de cette mentalité dans les études régulières demeurera la seule solution réaliste.De la sorte les séminaristes pourront mieux voir certains sujets théologiques de très grande importance, (la primauté, l’épiscopat, l’Ecriture et la Tradition, etc.).Cela exige la présence d’un professeur qualifié dans l’oecuménisme.Il pourrait rendre d’énormes services aux séminaristes en leur faisant comprendre les difficultés inévitables dans ce domaine, difficultés à la fois personnelles et doctrinales.Une autre suggestion serait de modifier notre façon d aborder la théologie; la théologie devrait toujours être considérée comme étant au service de la foi, la foi en la parole vivante de Dieu.Il y aura toujours un mystère et il ne faudrait pas que la théologie évacue cette partie de mystère.Cela suppose la disparition graduelle d’une méthode théologique trop répandue depuis le Concile de Trente, « une théologie par thèses, la théologie de Denzinger comme l’appelle le P.Karl Rahner » 3.La Sainte Ecriture deviendrait ainsi la source et non la preuve de toutes les spéculations théologiques valables.L’Histoire de l’Eglise pourrait connaître une évolution semblable, ce qui lui ferait rendre des jugements plus positifs sur les faits historiques.(L’Histoire de l’Eglise de M.l’abbé Joseph Lortz, Petite Bibliothèque Payot, est un exemple d’une telle approche).Si quelques-unes de ces perspectives oecuméniques inspiraient les efforts intellectuels du séminariste, il est certain qu’il aurait une bonne formation théologique en ce domaine, prête à toutes les éventualités que son futur ministère lui présentera.A d’autres niveaux, également très importants parce que complémentaires de ceux mentionnés ci-dessus 4, ne faudrait-il pas que le séminariste soit tenu au courant des événements f Ne faudrait- 3.Charles Davis, Theology in Seminary Confinement, dans The Downside Review, 81 (octobre 1963), 314.Voir aussi : Le Cardinal Béa, La Responsabilité Oecuménique dans l’Enseignement de la Théologie, dans Nouvelle Revue Théologique, 84 (1962), 113-127.4.Voir sur ce point : Expérience Oecuménique, (pages documentaires, IX), par le Centre Oecuménique, Unité Chrétienne, 5, place Fourvière, Lyon — 5e, 1963, 68 pp. LE DIALOGUE OECUMÉNIQUE ET LE SEMINAIRE 11 il pas qu’il connaisse toute la vie de l’Eglise à l’extérieur du séminaire ?A ce propos, une équipe de séminaristes pourraient s’occuper de présenter des expositions sur tous les sujets relatifs à l’oecuménisme, comme aussi de suggérer des lectures aux séminaristes intéressés.On pourrait encore inviter des conférenciers d’autres Eglises pour exposer leurs diverses positions.Des équipes d’échanges, des panels, des repas pris ensemble, des sorties, des activités conjointes, sont autant de mesures aptes à promouvoir le dialogue et la découverte de l’autre.Le dialogue serait ainsi maintenu, et à juste titre, comme le but dernier de tous ces efforts d’informations.Mais, nous en sommes profondément convaincus, tous les contacts, toutes les études et toutes les discussions au monde ne donneront pas l’unité chrétienne.Chacun de ces efforts doit, s'il est vrai, provenir de la prière individuelle et communautaire, et y conduire.La valeur de la prière commune, et de la prière les uns pour les autres, est irremplaçable.Le Christianisme appartient au Christ, et Lui seul peut donner l’unité quand il voudra et comme il voudra.Notre tâche se borne à accueillir le souffle vivifiant que son Esprit donne continuellement à son Eglise.Il est urgent de nous laisser pénétrer par cet Esprit du Christ à l’égard de l’unité.Nous devrions rechercher sans cesse le Christ, coeur de l’unité chrétienne, dans un esprit de pauvreté et d’humilité, pour devenir ainsi plus unis à Lui.Des célébrations de la Parole, des messes votives, des prières interconfessionnelles, sont des possibilités qu’on peut envisager.Par la liturgie, nos humbles efforts peuvent devenir la prière du Christ lui-même, nous donnant accès aux profondeurs insoupçonnées de l’amour du Père, la source ultime de 1 unité chrétienne : « Pas comme je veux, mais comme tu veux» (Mt 26,39).* % Dans la marche vers l’unité, le séminariste doit donc avoir une attitude d’ouverture, d’accueil, d’attention.Par fidélité au Christ, il doit sortir, rencontrer, dialoguer avec ses frères chrétiens, non pas en conquérant mais en serviteur, dans une humble attitude de service, de «lavement des pieds», de don de soi jusqu’à la mort, comme le Seigneur.Si de telles dispositions animent le séminaris- 12 LE DIALOGUE OECUMÉNIQUE ET LE SÉMINAIRE te, pasteur de demain, la parole du Christ se réalisera dans toute sa plénitude beaucoup plus vite que nous le pensons : « Père.qu’il n’y ait qu’un seul troupeau et un seul Pasteur».François-Xavier Laplante, O.F.M.* 5750, Boni.Rosemont, Montréal.* Le R.Fr.Loyola Valois, O.F.M.a aussi collaboré à la rédaction de ce travail.BIBLIOGRAPHIE I.Le Mouvement Oecuménique Le Christ et Les Eglises, Bruxelles 1961.Ce livre est constitué de 14 études sur les différentes confessions chrétiennes.Il est aussi une introduction aux aspects divers de l’oeucuménisme (thëologique, spirituel, etc.).Le Mystère de l’Unité, Découverte de Voeucuménisme et l’Eglise en Plénitude, Paris 1961.Symposium de 16 auteurs, catholiques, orthodoxes et protestants.Le premier volume entend cerner l’expérience oecuménique sous les aspects international, paroissial, monastique, etc.Le deuxième tente de présenter le problème de l’unité au niveau d’une réflexion thëologique et dogmatique plus poussée.Georges Tavard, Petite Histoire cln Mouvement Oecuménique, Paris 1960.Une étude historique rapide et complète, du mouvement oecuménique aux XIXe et XXe siècles.Maurice Villain, L’Abbé Couturier, Apôtre de l’TJnité Chrétienne, Tournai 1957.Etude approfondie de la personne et de l’oeuvre de l’Abbé Cou turier.Introduction à l’histoire de l’oecuménisme spirituel.Maurice Villain, Introduction à l’Oecuménisme, Tournai, 1961.Premier ouvrage à présenter les quatre aspects de l’oecuménisme : les grandes étapes du mouvement oecuménique, la connaissance de nos frères chrétiens, l’oecuménisme spirituel et l’oecuménisme technique. BIBLIOGRAPHIE 13 II.L'Oeucuménique Spirituel Stanislaus Cwiertniak, Etapes de la Pietas Anglicana, Paris 1962.Excellente étude sur une des caractéristiques de l’Anglicanisme.On appréciera le choix des textes spirituels.P.Michalon, Oecuménisme Spirituel, Séminaire Universitaire, place Abbé Lame, Lyon, 5e.Le successeur de l’abbé Couturier parle, dans la première partie, de la prière et de l’unité, des difficultés et du sens d’une telle prière, ainsi que du “monastère invisible de l’unité”.Dans la seconde partie il traite de nos responsabilités et des exigences de notre travail en vue de l’unité.P.Michalon, Unité Chrétienne et la Prière, Le Puy 1955.Nombreux extraits d’une brochure de l’Abbé Couturier, aujourd’hui épuisée, qui servent à dégager le sens de la prière pour l’unité, en insistant sur la Prière du Christ (Jn.17), prototype de toute prière pour l’unité.Maurice Villain, La Prière de Jésus pour UUnité Chrétienne, 1960.L’auteur s’efforce de faire de cette lecture biblique la préoccupation constante de la conjoncture oecuménique de notre temps.A utiliser pendant la “Semaine de l’Unité”.Maurice Villain, Oecuménisme Spirituel : Les Ecrits de l’Abbé Couturier, 1963.Ce recueil rassemble les écrits toujours neufs d’un grand apôtre de l’unité chrétienne.Le caractère prophétique de ce message proclame à nouveau, au sein de l’Eglise vivante, un pressant appel à l’unité voulue par le Christ.Message d’autant plus actuel qu’il est en parfait accord avec l’activité du Conseil Oecuménique des Eglises et de Vatican II.III.Le Protestantisme Georges Tavard, A la Rencontre du Protestantisme, Paris 1954.Excellent petit livre où les protestants se reconnaissent exactement dans le portrait que l’on fait d’eux.Georges Tavard, Le Protestantisme, Paris 1958.Ce livre, qui tient compte des travaux les plus récents, présente aux catholiques les différentes caractéristiques du Protestantisme.L’étude est objective et nuancée, faite dans un esprit de compréhension mutuelle. Des frères convers se rencontrent Le 30 septembre 1963, an monastère des Pères Capucins de la Réparation, à Montréal, se tenait une réunion intercommunautaire des Frères convers.Cette rencontre avait pour but de souligner la canonisation récente, à Rome, de saint François-Marie de Cam-porosso.Le 10 novembre suivant, à l’occasion du Ve centenaire de la mort de saint Didace d’Alcala, patron des Frères convers franciscains, une autre réunion avait lieu à Sorel, au monastère des Pères Franciscains et groupant un bon nombre de frères de cette communauté.Ces rencontres ressemblaient, à n’en pas douter, à ce qui devait se passer au temps même de saint François, alors qu’il réunissait près de lui ses premiers frères.Tous les participants, venus des endroits les plus divers, chacun avec sa mentalité, trouvent de quoi enrichir sa propre expérience religieuse.Les plus âgés apportent leur sagesse, dépourvue d’illusions sur ses propres mérites ; les moins jeunes donnent sur le plan spirituel et humain l’apport précieux de leur maturité, concrétisée dans un service fraternel persévérant ; les jeunes, pour leur part, stimulent leurs confrères par un idéal à la dimension même de leur coeur — on sait de quel amour spontané et généreux un coeur de jeune peut être pétri ! Ces rencontres devaient prendre toute leur pleine signification au coeur même de la messe ; celle-ci doit, en effet, établir un dialogue fraternel, où chacun doit s’ouvrir aux besoins de ses frères et de l’Eglise.Seul un coeur ouvert deviendra apte à être transformé dans le coeur du Christ.L’heure du concile que nous vivons est un temps fort pour explorer toutes les richesses humano-divines de l’Eglise.L’Eglise oriente tous ses efforts vers une mise à jour de ses vraies valeurs en même temps que des moyens à prendre pour continuer sur terre l’oeuvre de son Fondateur.En revalorisant le Meat chrétien pour le situer dans son vrai rôle, que ne peuvent attendre cl’Elle les DES FRÈRES CON VERS SE RENCONTRENT 15 laïcs consacrés que sont les frères convers ?Il serait téméraire de penser qu’ils puissent demeurer à l’écart d’un tel renouveau, d’un tel rajeunissement.Nous présentons ici quelques idées exprimées au cours de ces rencontres pour le bénéfice de ceux qui se préoccupent sérieusement d’approfondir leur vie religieuse.1.La vocation de frères convers Pour trouver la grandeur de la vocation du frère convers, il faut la situer dans sa vraie dimension spirituelle que l’Eglise elle-même reconnaît et en admirer le rayonnement universel.Sans être limitée par aucun élément qui la voudrait orientée vers telles formes d’apostolat, elle doit les épouser toutes à la fois, si elle se veut fidèle au mandat de son Fondateur.Vivre le saint Evangile, le reproduire concrètement dans la vie quotidienne, voilà ce que doit être la vie d’un frère convers.Celui-ci offre au Seigneur les fruits de sa vie; bien plus, par l’émission des voeux, il lui donne l’arbre qui les porte.Ce don plénier au Seigneur, fait en connaissance de cause et spontanément, dérive d’un amour de Dieu dont les effets ont une valeur exceptionnelle.On ne peut mesurer la fécondité spirituelle d’une vie ainsi consacrée au Seigneur, en supposant toujours à sa base ce don total sans cesse renouvelé.Celui qui se voue ainsi à l’observance non seulement des préceptes mais aussi des conseils évangéliques n ’avance pas seul dans la sainteté, mais contribue à la sanctification entière de l’Eglise.La communion des saints est une réalité et il y participe étroitement dans sa dimension apostolique.Ce rôle apostolique est-il supérieur à celui du laïc dans le monde ?Nous croyons qu’il faut tenir compte ici de certaines conditions.Même s’il s’agit d’abord d’une séparation d’avec le monde, ne nous y trompons pas.Dans sa prière sacerdotale le Christ nous dit ce qu’il entend par cette séparation lorsqu’il s’adresse à son Père : « Père, je 11e te demande pas de les retirer du monde, mais de les garder du mal ».Sans cesse inquiété par cet avertissement du Seigneur, le frère, loin de considérer sa vie religieuse comme une situation de refuge, doit prendre conscience de son insertion dans un monde que, avec l’Eglise et dans le service de ses frères prêtres ou laïcs, il ramène à Dieu.Ainsi le frère ne se contentera pas seu- 16 DES FRÈRES CONVERS SE RENCONTRENT lement d’appartenir au Christ par sa consécration, mais la vivra en plénitude.Dans de telles conditions, le rôle apostolique du frère apparaît des plus efficaces pour l’Eglise, sans pour cela sous-estimer ou diminuer en quelque façon que ce soit celui du laïc.2.La formation du frère conyers Diverses expériences ont été tentées dans ce domaine.Celle de l’Ecole Didace-Pelletier, à Sorel, comme centre de recrutement pour les frères franciscains, s’avère fructueuse.Le recrutement déficient parce que non suffisamment sélectionné, amenait des problèmes difficiles sur le plan tant collectif qu’individuel.En outre, il fallait assurer aux jeunes une formation adéquate répondant aux futures exigences de leur vie religieuse.Dans cet optique, le temps consacré aux ateliers a été peu à peu diminué, pour permettre à l’élève une meilleure formation dans les matières de base qui s’affirment de plus en plus indispensables aujourd’hui.Une possibilité demeure cependant pour les élèves moins doués de ne pas avancer vers les hautes classes s’ils n’en sont pas capables.Cette conception nouvelle dans l’orientation des études a permis d’améliorer le recrutement, d’obtenir une meilleure qualité des aspirants, de rendre plus facile la discipline des élèves et de mieux préparer les futurs frères en leur offrant une plus grande variété de fonctions, où ils pourront encore mieux servir les intérêts de l’Eglise et de l’Ordre.Par ailleurs, les élèves formés à l’école, qui pour une raison ou pour une autre retournent dans le monde, se voient pourvus également de ressources essentielles pour évoluer normalement dans leur milieu.Une fois formés au collège, les aspirants s’orientent vers le postulat et le noviciat, où ils reçoivent les premiers et indispensables éléments de la vie religieuse.Il faut cependant avouer que les normes et les prescriptions de la législation ecclésiastique actuelle sont assez pauvres et, en plus d’un point, inadaptées.Elles ne semblent pas suffisamment marquer le souci d’une formation religieuse adulte pour les frères convers.Dans toute cette législation, il n’en demeure pas moins des points essentiels à toute formation; ils n’ont qu’à être exploités dans toute la mesure du possible afin que, dépassant la lettre, nous en atteignions l’esprit qui vivifie. DES FRÈRES CON VERS SE RENCONTRENT 17 Pour obtenir l’équilibre nécessaire dans la formation, un point est particulièrement important : la sympathie mutuelle qui doit régner entre frères.Les anciens qui ont eu tant de mérites et ont réalisé beaucoup malgré leur pénurie de moyens, ont droit à notre respect et à notre estime; l’affection, la prévenance, la révérence, sont des attitudes que les jeunes doivent garder envers les plus âgés.Par ailleurs les jeunes attendent beaucoup de sympathie, de compréhension, de la part de leurs devanciers.Les jeunes ont besoin d’être frappés par la vertu des anciens, ils ont besoin de palper concrètement ce qu’elle est en réalité.Il ne faut pas les décevoir en se désintéressant de leur problème ou, pis encore, par une impatience et une insatisfaction devant tout ce qui est nouveau ou ne cadre pas avec des vues personnelles.Dans le respect mutuel chacun doit travailler à se connaître et à s’aimer.La joie s’épanouira comme le fruit exquis de cette charité fraternelle, et le rayonnement extérieur s’en ressentira d’autant.3.Détails pratiques de vie religieuse Est-il évident que le frère convers est un religieux consacré avant d’être un travailleur ?En théorie, tout le monde admet que le frère est d’abord un religieux; mais, dans la pratique, des situations particulières n’ont-elles pas incliné les supérieurs à apprécier un religieux plutôt selon son rendement matériel ! Il ne faudrait pas croire, à l’opposé que la valeur du travail doit être sous-estimé.Le frère convers, comme le religieux prêtre, ne doit pas oublier que le travail, s’il est replacé dans son optique véritable, ce qui lui vaut d’être coordonné, équilibré et bien accompli, demeure un élément fondamental de la sainteté, contribue à l’épanouissement de la personnalité et de la dignité humaine, tout en le rendant profitable aux autres.L’on peut encore se demander si les frères participent assez à la prière commune : messe conventuelle, bréviaire et autres offices.D’une manière générale les frères sont en faveur d’une participation aussi étroite que possible à la prière commune.Malheureusement certaines circonstances, comme un travail trop absorbant ou un manque d’initiation, empêchent souvent les frères de participer à la prière de la communauté.Encore là, les frères ont leur part de responsabilité dans l’organisation de leur fonction, mais les ho- 18 DES FRÈRES COX VERS SE RENCOXTRENT raires conventuels gagneraient à tenir compte davantage du travail des frères avant d’être élaborés.Il est encore une autre question, en apparence plus subtile.En favorisant la formation intellectuelle des frères convers, n’y a-t-il pas danger de voir un jour les frères eux-mêmes divisés en deux catégories d’après leur culture ?Evidemment, nul n’a spécifiquement en vue cette division.Il semble même admis que l’étude bien comprise soit de nature à favoriser l’union fraternelle, si le souci du Royaume de Dieu et le service des autres sont sauvegardés.En ce qui concerne le problème des loisirs, tous souhaitent actuellement que les lectures occupent une place plus importante.En conséquence il serait souhaitable de faciliter le choix des livres et l’accès aux salles de lecture communes.Egalement pourrait-on favoriser, dans le même sens, l’assistance à des manifestations culturelles susceptibles d’enrichir.Grâce à Dieu, une évolution vers une prise de conscience réciproque s’amorce; mais elle doit se prolonger dans un esprit de suite Une commission centrale permanente de frères convers ne pourrait-elle pas, à sa façon, prolonger et intensifier les démarches amorcées lors de ces deux premières rencontres ?Pour apprécier les chases ordinaires, il faut en connaître les éléments de base, voir ce qui les constitue, afin de saisir ainsi le secret de leur utilité pour tous.Pareillement pour les frères, un tel travail de recherche est exigé pour une connaissance mutuelle.Autrement, ils risquent de demeurer superficiels dans leur compréhension des autres, étroits dans leur manière de voir et de juger, moins charitables dans leurs jugements parce que trop limités à leur petit univers qui les empêche de voir leurs frères et le monde dans une vision plus juste et réelle.Limitées habituellement à un petit nombre de participants, ces rencontres plus fréquentes permettraient avec le temps aux frères de se révéler les uns aux autres et de s’assouplir dans ce travail préalable d’ouverture et de recherche.* * Même en face des changements exigés par les conditions actuelles, la vocation des frères offre des éléments permanents qu’il faut mentionner en terminant.D’abord les frères ont un rôle primor- DES FRÈRES CON VERS SE RENCONTRENT 19 dial à jouer dans nos maisons religieuses : à eux revient d’y créer et maintenir une atmosphère familiale.Il est possible cpie leur action échappe à l’attention de plusieurs; d’autres pourtant apprécient cette forme d’apostolat fraternel.Deuxièmement, en toute vocation, il faut considérer la grâce de Dieu qui conditionne l’acceptation de la volonté de Dieu par amour.C’est dans cette perspective que l’évolution doit prendre son vrai sens et son action.Il s’agit d’intensifier la disponibilité de chacun.Le motif de cet idéal, si sublime qu’il puisse nous paraître, doit pouvoir s’harmoniser aux contingences concrètes et quotidiennes de la vie.La vie de tous les jours a son fardeau ; on ne peut échapper à ses rigueurs, parfois crucifiantes, sous quelque prétexte que ce soit.Sur le plan spirituel aussi bien qu’humain, les uns peuvent être appelés, par la grâce de Dieu, à un dépassement particulier.On ne peut en faire une règle générale pour tous.Chacun doit s’efforcer au moins de réaliser tout ce qui est en son pouvoir en maintenant une forme normale de vie, où l’exagération maladive n’a pas sa place.S’appliquer à un effort moyen de rendement, mais à un effort soutenu, sera plus utile bien souvent que les ardeurs passagères d’un zèle mal éclairé.Tant qu’elle rayonne l’Evangile, sa vie porte valeur de témoignage.Que le Seigneur soit remercié pour de telles réunions ; elles rendent nos frères présents les uns aux autres dans un élan de charité et de compréhension mutuelle qui ne peut que plaire à Dieu.Pierre-Baptiste Plourde, O.F.M.Infirmier.5750, Boni.Rosemont, M ontréal. Le Frère dans l’Eglise d’aujourd’hui Parmi les travaux présentés au cours des rencontres, dont il est question dans l’article précédent, il en est un qui nous semble devoir intéresser particulièrement nos Lecteurs.Avec l’aimable autorisation du Père Conférencier, nous sommes heureux de leur en offrir ici la substance.Par le Concile Vatican II, l’Eglise cherche à se présenter au monde moderne avec un visage rajeuni pour rester fidèle au mandat du Christ qu’elle prolonge.Notre petit concile d’aujourd’hui, afin d’être plus qu’une simple réunion joyeuse pour célébrer saint Didace l’espagnol, doit s’arrêter sur les problèmes actuels du frère convers.1.Problème Le problème se pose de plusieurs côtés à la fois.Dans l’Eglise en général, on s’inquiète du nombre déficient des vocations de frères.Cela peut signifier que cette vocation n’attire plus autant qu’auparavant.Et cela engendre un premier danger : celui d’abaisser les exigences de cette vocation pour favoriser le nombre.Il se présentera comme candidats des jeunes gens qui ne réussissent pas dans le monde et, consciemment ou non, se cherchent une situation, une sécurité financière et psychologique.D’autre part, les supérieurs cherchant du service sont heureux de trouver ces sujets.Mauvais calcul qui mènera tôt ou tard à un échec.Autre danger : l’absence de frères oblige à louer les services des séculiers avec les inconvénients que cela comporte — tous le savent.Par ailleurs, du côté de l’Ordre, pour que la propagande ne soit pas mensongère, il faut offrir aux jeunes gens des valeurs authentiques dans le domaine humain et spirituel.Un sujet ne restera pas, si la formation spirituelle est trop rapide ou élémentaire, si l’aspect humain est peu considéré.Le jeune homme d’aujourd’hui veut savoir où il va; la lutte pour la vie est trop serrée pour risquer un engagement qui tournerait trop court. LE FRÈRE DANS L’ÉGLISE D’AUJOURD’HUI 21 Ce problème de recrutement est grave; mais il ne doit pas être déterminant.Autrement dit, on n’attend pas, pour réfléchir au sujet d’une maison, qu’elle menace ruine .Un récent article d’un Clerc de Ste-Croix américain, paru en traduction dans La Vie des Communautés Religieuses (oct.1963, pp.258-263) offre de quoi réfléchir.Donc le problème est senti, des ébauches de solutions s’amorcent ici et là; c’est déjà beaucoup.Seulement, ce n’est pas facile.Le problème se pose finalement à partir de la rencontre entre le monde actuel d’où viennent les recrues et notre idéal.L’importance accrue des responsabilités du laïcat dans l’Eglise aura ses répercussions à l’intérieur de la communauté pour ces laïcs consacrés que sont les frères.D’abord une remarque : trop longtemps on n’a pas compris l’originalité du frère convers, et on l’a assimilé aux coadjuteurs ou aux auxiliaires de certaines communautés.Quand la majorité d’un groupe religieux est composé de prêtres et est orienté par le travail apostolique de ses prêtres, les frères sont considérés comme subordonnés, à leur service.Us libèrent le religieux prêtre des occupations manuelles d’entretien, assurent les besognes matérielles et coopèrent ainsi indirectement à l’apostolat de la communauté .Telle n’est pas la vraie vocation du frère convers.Evidemment avec le temps, l’organisation des études théologiques pour les futurs prêtres, les orientations doctrinales de la prédication, ont obligé à confier l’entretien de vastes maisons aux frères qui en assurent le service.Sans doute, la mission est grande, et bien des saints l’ont admirablement compris.Encore aujourd’hui, ce sont les frères, plus souvent au couvent que les prêtres du ministère, qui gardent le couvent, l’embellissent, créent l’atmosphère familiale et sont par leur simple dévouement un rappel constant de l’idéal de fidélité à la consécration religieuse.Sans nos frères, nos maisons risquent de revenir de simples centres d’action, des quartiers généraux où se replient dans le silence et la prière professeurs et prédicateurs.Sans doute la régularité a son rôle à jouer dans nos couvents, mais bien plus encore la fraternité, cet aspect « foyer » ou «nid familial» que personne d’autre ne peut entretenir sinon des égaux, des religieux à part entière, des frères « évangéliques », puisque c’est dans l’Evangile, dans la communauté apostolique, que les Fondateurs sont allés chercher leur idéal. 22 LE FRÈRE DANS L’ÉGLISE D’AUJOURD’HUI 2.Attitudes .Qualifions d’abord l’attitude des frères eux-mêmes en deux temps : souci du Royaume de Dieu et service fraternel.Leur premier souci ne sera pas le bien-être personnel, « mes avantages », ni l’ambition d’accéder à un niveau supérieur de vie ou de travail, mais l’effort de prendre sa place providentielle.Pas une place qui peut se dire première ou dernière ou moyenne — on sait ce que reprochait Jésus à ses Apôtres querelleurs — mais la place correspondante au plan de Dieu manifesté par les talents naturels, par les grâces particulières et, de façon immédiatement pratique, par la volonté des Supérieurs à laquelle on s’est lié par obéissance.Il faut être assez franc et détaché, franc pour les autres et détaché de soi, pour accepter en pratique le principe fondamental que le bien commun passe avant le bien particulier.Si on pense mieux servir le Royaume en se dégageant d’un groupe, c’est qu’on n’est pas fait pour la vie communautaire; ce n’est pas un crime, mais c’est une absence de vocation .Malheureusement il arrive que ce sont ceux qui parlent le plus d’esprit communautaire qui agissent ensuite le plus en indépendants.Sous prétexte de progrès, on n’a pas le droit de se distinguer de la communauté sans l’autorisation expresse du Supérieur qui est justement responsable pour cette part du Royaume de Dieu.La tentation est grande pour l’un ou l’autre de se croire investi d’une mission pour l’entourage, de croire que sa manière personnelle devrait être celle des autres, de se glorifier d’être un leader d’avant-garde .La seconde attitude découle de la première : la priorité du Royaume de Dieu engendre le service fraternel.Avec ces deux règles de conduite —• abstraction faite des cas où la volonté du Supérieur est claire — impossible de se tromper, de tomber dans les abus de l’orgueil.Vous vous rappelez sans doute ce que dit saint François aux supérieurs : ne pas estimer leur charge autrement que si c ’était celle de laver les pieds de leurs frères.Cette humilité n’est pas à réserver aux supérieurs; elle doit être le lot de celui qui se dit et veut être au plein sens du mot, un frère.Pas besoin alors d’ajouter couver s, pour marquer qu’il a décidé un jour de se convertir, c’est-à-dire de se détourner du monde pour se tourner vers Dieu ; pas besoin d’ajouter auxiliaire ou coadjuteur ou coopê- LE FRÈRE DANS L’ÉGLISE D’AUJOURD’HUI 23 ratcur, pour marquer qu’on a un jour décidé de renoncer à sa volonté pour se mette dans le grand courant spirituel d’un Ordre apostolique .Je passe aux attitudes ceux que la coutume, et souvent la législation, appellent Pères à cause de leur sacerdoce, mais qui sont d’abord dans l’Ordre frères des autres.Oui, nous sommes tous des partenaires égaux.En sorte que toute différence, même par le sacerdoce, loin d’engendrer des divisions, doit s’atténuer par l’intégration cordiale.Evidemment, les intérêts d’occupations différentes (travaux, études, relations), vont déterminer des groupes naturels qu’il serait illusoire d’empêcher.Mais on vise à ne pas accentuer les séparations des catégories.Autrement dit, la catégorie, loin de dégénérer en coterie, rivalité et jalousie, doit constamment se purifier par l’esprit fraternel.Il n’est pas nécessaire pour cela de créer un état violent pour toujours parler ensemble, jouer ensemble, voyager ensemble, pères et frères, clercs et laïcs; mais on ne perdra aucune occasion de s’estimer mutuellement comme religieux à part entière et égale, de se réjouir, de prier ensemble .Dans ce dernier cas, sans vouloir imposer aux frères la récitation des heures canoniales (au moins dans l’état actuel), rien m’empêche qu’ils participent davantage aux moments privilégiés et plus faciles de Laudes, Prime, Vêpres et Complies.Loin de s’en offusquer, les Pères se réjouiront de cette union quand elle est possible, surtout dans le cas du chant en commun, élément invincible d’union.Si les prières en français se multiplient, tous s’en réjouiront; de même pour toute lecture qui devrait servir à l’édification commune : Ste Ecriture, Ste Règle, liturgie de la parole à la messe.Cet effort d’intégration doit viser à supprimer — prudemment, selon les cas et toujours dans l’obéissance — les facteurs sociaux qui ont pu jouer avec raison dans le passé, mais 11e servent plus au bien commun.Car encore ici, c’est le bien commun et le service fraternel qui offre des principes sûrs pour commander 110s attitudes.Dernier exemple : la distinction des catégories qui joue son rôle dans un grand couvent 11’a plus de raison d’être dans une petite résidence, une mission.Au niveau de la formation, je mettrais une restriction aux propos du P.Hogan sur le noviciat.Tout en sauvegardant les besoins particuliers d’un groupe qui reçoit 24 LE FRÈRE DANS L’ÉGLISE d’AUJOURD’HUI une instruction appropriée, s’il y a un endroit où la fraternité doit s’apprendre au concret, c’est bien au noviciat, où ne joue pas encore la séparation des études et du ministère.Dans le domaine du travail, je propose la formule : complémentarité plutôt que dépendance; ce qui veut dire que chacun se sent complémentaire du voisin dans l’accomplissement de sa tâche et que, chacun, tour à tour, peut être principal ou secondaire.Un frère profès solennel est un religieux pleinement adulte qui doit être considéré, comme tel; il prend ses responsabilités, il organise son travail professionnel, il est consulté dans le domaine de sa compétence, il est respecté et aimé avant tout comme religieux.Professionnel, technicien ou fac-totum, il a droit à une distribution raisonnée du travail que l’obéissance demande, toujours évidemment dans l’optique du service ecclésial et fraternel.Religieux dans l’Eglise, frère dans l’Ordre, travailleur dans le monde : sous ces trois aspects il agit et réagit, en adulte.Comme un adulte, il peut avoir ses opinions dans les choses libres, choisir les loisirs qui l’épanouiront davantage.Ce n’est pas parce qu’il n’est pas prêtre qu’il ne pourra pas avoir ses jours de congé, choisir ses amis, fermer sa porte à elé, avoir l’avantage d’une montre, organiser ses loisirs comme son travail, se cultiver enfin par la lecture, la musique ou tout autre art.Une vocation, pour paraître parfois d’humilité, n’est pas une vocation d’humilié.Pourquoi, par exemple, un frère profès solennel doit-il faire sa coulpe devant un simple novice clerc ?Pour pousser la chose au pire : le frère n’est pas dans une communauté la solution facile d’une main-d’œuvre à bon marché grâce à des garçons sans maturité et incapables de prendre des responsabilités.Remarquez bien que je ne dis pas de fermer la porte à de bons coeurs que la vie n’a pas avantagés et qui resteront de bons enfants toute leur vie — encore qu’il faille être très exigeant sur le jugement et l’équilibre humain; mais parce que l’un ou l’autre de ces cas se présente, personne n’a le droit de conclure qu’on est toujours assez intelligent pour devenir un frère.Vocation de frère : non vocation de retrait, de fuite, de pis-aller, mais appel à un épanouissement humain et surnaturel, au milieu de tâches diverses, souvent plus cachées parce que non sacerdotales — on est au pied de l’autel, non sur l’autel — mais LE FRÈRE DANS L’ÉGLISE D’AUJOURD’HUI 25 tâches complémentaires dans un témoignage diversifié de Tunique vie religieuse, tâches extrêmement efficaces par leur laïcité même, où le souci du Royaume de Dieu a justement remplacé l’ambition humaine, où le service fraternel a pris toute sa dimension, celle de l’Evangile.Je viens de dire le mot important : tâches laïques, parce que non sacerdotales.Et voilà justement où la réflexion ne me semble pas mûre.Elle ne Test pas au niveau des laïcs chrétiens dans le.monde; elle ne Test pas davantage au niveau des laïcs consacrés que sont les frères.Je me contenterai d’esquisser ici trois directions importantes, simples amorces que j’invite à développer ; elles concernent les attitudes vis-à-vis du monde et de ses valeurs, en particulier du monde technique où le travail du frère sera confiné, quoique pas exclusivement.Le monde perdra son influence pernicieuse sur un frère dans la mesure où ce monde lui parlera du Christ, le lui manifestera (chris-tophanie), dans la mesure où il voudra rapprocher ce monde du Christ (christocentrisme), dans la mesure ou il verra dans ce monde une valeur à évangéliser (christologisme).En d’autres termes pour un frère convers, tout doit révéler le Christ, tout doit se rapporter au Christ, tout doit recevoir valeur par le Christ.Dans le cas du prêtre, cela se comprend plus facilement.Mais pour un laïc, le travail ne consiste pas à expliquer l’Evangile, à donner les sacrements, etc., mais à voir l’Evangile partout, à tout traiter dans le monde comme un sacrement du Christ, Laïcité ne veut pas dire laïcisme; il faut évangéliser les techniques les plus matérielles.Les hommes du monde ont besoin de voir chez un frère — et le prêtre, son frère en sera le premier bénéficiaire -— de voir, dis-je, un homme qui sait dépasser les apparences, retrouver partout le Christ, objet de son amour, découvrir sous les plus humbles réalités une amorce du Royaume chrétien et s’en servir pour rejoindre cet amour à la manière d’une parabole vivante de l’Evangile.3.Tâches urgentes Les tâches urgentes qui découlent des considérations précédentes, peuvent être ramenées à trois : devoirs de formation; politique d’emplois et conditions d’apostolat. 26 I,E FRÈRE DAX S E’ÉGLISE O’AUJOURD’HUI Trois aspects sont à considérer : instruction, personnalité et santé.Dans ces trois domaines, il faut des cours pratiques, avec exercices, plutôt à l’intérieur du couvent.Par exemple, il est bien certain que nos frères qui, pour la plupart auront un jour affaire au public ont besoin non seulement de connaître la politesse, au sens de courtoisie, mais aussi au sens de savoir-faire, de délicatesse, de distinction dans le langage et les manières : tout ce qui fait qu’un homme a de la personnalité, qu’il devient interlocuteur intéressant et représentatif.Ce n’est pas la même chose que l’instruction; vous le savez comme moi, certains de nos frères savent à peine écrire, tout en étant des as dans le contact humain et surnaturel.Si eux ont développé leur personnalité grâce à des circonstances heureuses d’éducation familiale, de jugement naturel et d’application, il reste que, chez d’autres, de véritables cours suppléeront à ce qui a pu manquer dans leur formation familiale et scolaire.Ce développement de la personnalité est important surtout de nos jours comme facteur d’équilibre humain, alors que tant de sujets, à cause de leur éducation antérieure, souffrent d’insécurité affective, ont développé une répugnance à toute loi et discipline, et tendent à une recherche exagérée de leurs aises.Pour plusieurs, ce sera une expérience absolument nouvelle que de vivre habituellement avec d’autres, de se sentir considérés personnellement ; en sorte qu ’il leur faudra être suivis par un directeur patient et fort attentif à les faire grandir en maturité.Il ne suffit pas qu’un père puisse donner de bonnes conférences ou avoir reçu le charisme d’une grande piété pour donner une bonne orientation psychologique.Sur le plan professionnel, les efforts actuels, même en faveur des profès, montrent assez l’intérêt que prennent les supérieurs dans l’habileté technique de leurs sujets.D’ailleurs la réussite matérielle n’est pas le seul but envisagé, on vise à l’équilibre humain.On travaille avec goût, quand on sait travailler, qu’on domine une situation, qu’on crée quelque chose de personnel.Cette maîtrise, source d’épanouissement, ne doit pas faire peur, comme l’amorce d’une tentation de retourner au siècle.Justement il faut « lutter à mort » contre cette conception : « on se fait frère quand on ne peut pas faire autre chose».D’ailleurs un «malhabile» développera vite un complexe d’infériorité, que peu ont la vertu de transformer en valeur de rédemption pour l’amour de Dieu. LE FRÈRE DANS l’ÉGLLSE D’AUJOURD’HUI 27 De plus, si, dans les perspectives à venir, il n’est pas impensable que nos frères travaillent à l’extérieur pour porter le témoignage évangélique au sein même de leur profession dans le monde, il faudra qu’ils ne soient en rien inférieurs à leurs collèguas d’enseignement ou de travail.J ’arrive à la formation spirituelle qu’on n’a pas toujours considérée dans toute son ampleur.D’abord, l’aspect religieux, le seul habituellement, considéré : conférences de spiritualité, catéchisme des voeux, explication des observances, étude des vertus, etc.Même cela a pu parfois être négligé, malgré les textes du Droit canonique et des Constitutions ; comme le disait un groupe de frères à l’arrivée d’un nouveau gardien après un chapitre : « De grâce, donnez-nous la parole de Dieu ! » Le difficulté est évidente pour les petits couvents, où les occupations multiples et le petit nombre des pères et des frères rend difficile une rencontre spirituelle en fréquence et en profondeur suffisantes.Puis, il y a l’autre aspect que j’appellerais catéchétique, ou, comme on dit aujourd’hui, de doctrine religieuse, incluant la Bible, la liturgie, une théologie adaptée, ainsi que certaines branches d’actualité : histoire, sociologie, oecuménisme.Les laïques d’aujourd’hui ont soif de ce perfectionnement doctrinal ; à plus forte raison nos frères ont droit d’être satisfaits.Le problème en est surtout un d’organisation, le rythme de ces leçons variant d’une place à l’autre.Rien n’empêche qu’on organise des sessions intensives de trois jours, l’été, dans le cadre d’un camp.Ce chapitre des tâches de formation pourra sembler ne viser que les supérieurs responsables, qui doivent réagir contre la tentation du rendement immédiat; il s’adresse à tous les frères, aux jeunes surtout qui ont encore besoin de maîtres, à tous ceux qui ont besoin de développer leur curiosité dans le domaine religieux comme dans le reste.Un frère qui s’attarde à lire les journaux quotidiens ou Paris-Match devrait trouver du temps pour des revues comme Bible et Terre Sainte, Bible et Vie Chrétienne, Informations Catholiques, La Vie des Communautés Beligieuses.Encore faut-il qu ’il les trouve dans un local approprié .Le frère est un spécialiste non seulement de la consécration à Dieu, mais de l’information sur Dieu ; avec cette nuance que son information devra justement être « informée » non par la curiosité naturelle mais par 28 LE FRÈRE DANS L’ÉGLISE D’AUJOURD’HUI le souci du Royaume de Dieu qu’il doit porter daus ses loisirs comme dans ses prières, son travail et ses conversations.Dans le domaine des emplois et de l’apostolat, il m’est difficile d’ajouter des précisions aux attitudes déjà décrites.Si les Supérieurs ne doivent pas « faire exprès » pour embêter un frère en le chargeant de besognes pour lesquelles il n’est point fait, il doit, d’autre part, exister chez le frère une part de bonne volonté et d’abnégation pour accepter que les décisions du supérieur contribuent à purifier ses intentions.Pas plus que les pères, il n’a le droit de choisir ses emplois.Et j’en profite pour signaler que certains prêtres donnent aux frères des exemples d’abnégation et de dévouement qui devraient faire réfléchir ceux qui se contentent de leur petite routine et n’acceptent pas d’être dérangés.pour le bien commun.Le Concile peut nous réserver des surprises pour l’apostolat des frères.Je songe, par exemple, au profit qu’il y aurait en mission pour un frère missionnaire d’être diacre pour porter la communion.Mais quelles que soient les modalités de l’avenir, le frère doit être prêt à porter au dehors une âme unifiée et pacifiante.On pourrait s’attrister de le voir malhabile, malgré sa bonne volonté ; on ne lui pardonnera pas de ne pas donner du bonheur, comme un instrument choisi de la paix du Seigneur.Et c’est mon dernier mot : Ce qu’est le frère non prêtre dans l’Eglise d’aujourd’hui ?ce qu’ont été ses devanciers : dévoués, habiles, priants, heureux d’avoir des prêtres comme frères sous le même toit, âmes claires, habituellement simples, extrêmement souples, créatrices de joie .Léandre Poirier, O.F.M.Professeur 5750, Bout.Rosemont, Montréal, 36. A votre service Plusieurs lettres nous ont été adressées, réclamant des précisions au sujet de lectures.Nous émettons bien fraternellement ici notre point de vue sur les volumes ou les revues mentionnés.* * * Les Informations catholiques internationales constituent une excellente revue.Elle offre les nouvelles religieuses du monde entier sélectionnées dans la presse et les bulletins d’agence de tous les pays.Son Dossier de la quinzaine ouvre également des horizons sur plusieurs problèmes susceptibles d’intéresser les catholiques et, par le fait même, les religieux et les religieuses.Certaines nouvelles manquent peut-être parfois d’objectivité; mais c’est le lot de toute revue du genre de n’avoir pas toujours à temps une information complète.Ce sont là pourtant des lacunes mineures et elles ne devraient pas empêcher les maisons religieuses de s’abonner à une telle revue.Voilà pourquoi nous la conseillons à tous.* * * Le volume de Dom Massabki, La rencontre de deux amours, a été l’objet de critiques sévères.On a trouvé que “ses positions étaient quelque peu entachées d’erreurs’’.Nous nous permettons d’abord une appréciation générale positive.La rencontre de deux amours constitue une somme théologique assez complète où le dogme, la morale et les sacrements sont exposés sous l’angle de l’amour.Dans un volume aussi considérable il ne fallait certes pas nous attendre à la présentation d’exposés totalement et uniformément orginaux; comme on l’a déjà signalé, “ses positions sont habituellement thomistes ou très proches du thomisme’’.C’est déjà un indice de sécurité.On aurait même la tentation de reprocher à l’auteur de n’être pas suffisamment augustinien, et particulièrement affectif, si l’on ne découvrait par ailleurs le désir constant d’accentuer le rôle de l’amour en Dieu et dans l’homme.Et à ce point de vue, malgré leur longueur, ces pages sont toujours réconfortantes et souvent instructives.Plusieurs lecteurs sont donc susceptibles de profiter de cette lecture, et nous n’hésitons pas à la leur conseiller.Toutefois, dans un exposé de quelque 150 pages, on ne peut s’étonner de rencontrer des opinions discutables et discutées, souvent présentées comme des vérités à accepter; on lit aussi avec quelque malaise certaines doctrines peu sûres.Dans une première édition, nul ne songeait à le reprocher à son auteur; si ces opinions étaient signalées, c’était dans l’espoir de les voir corrigées.Malheureusement, la seconde édition ne tient pratiquement aucun compte des remarques qu’on lui a faites, et les mêmes imprécisions se rencontrent dans la nouvelle présentation de son oeuvre. 30 A VOTRE SERVICE Nous ne croyons pas pour autant que le volume de Massabki puisse réellement faire du tort; au contraire."L’essentiel est que l’ensemble de la doctrine soit sûre”, disait-on de la première édition.La remarque vaut encore et les religieux, avertis de ces imprécisions de langage, trouveront de quoi approfondir leurs connaissances chrétiennes.* * * Parlant de lecture, nous aimons attirer votre attention sur un article du P.Jean-Marie R.Tillard, O.P., La vie religieuse dans le Mystère de l’Eglise, publié dans la revue Sciences Ecclésiastiques de janvier 1962, pp.89-107.L’article n’a encore rien perdu de son actualité, même si sa publication remontre à près de deux ans.L’Eglise, telle que fondée par le Christ Jésus, vit dans une situation de tension.Elle se construit non seulement en s’agrégeant des membres nouveaux, mais aussi en faisant rentrer ses membres actuels de jour en jour davantage en possession du don initial qui leur a été fait.La vie religieuse se situe au coeur même de cette tension.D'une part, la vie religieuse s’insère dans la vie de l’Eglise par la profession des voeux.C’est par la médiation de l’Eglise, qui accepte la profession, la détermine en quelque sorte, que le Christ fournit à chaque religieux les moyens qui le conduiront à une plus intense communion de vie avec le Père et les frères en Jésus le Seigneur.La médiation de l’Eglise s’accomplit encore et d’une façon plus complète dans sa vie sacramentaire.Or la vie religieuse s’insère dans cette vie sacramentaire de l’Eglise, non à côté d’elle; les voeux sont comme les moyens privilégiés lui permettant de trouver son achèvement dans le fidèle.La vie religieuse enfin a valeur prophétique.‘‘Elle annonce aux hommes par tout ce qu’elle est le mystère du Royaume de Dieu, Royaume de frères vivant pour Dieu, pour la gloire du Père, parce que incorporés à Jésus Seigneur; et recevant du Père en Jésus partage des biens divins.Elle ne se contente donc pas de conduire à la perfection; mais, dans la foi toujours, elle démontre déjà le terme et par là nourrit l’espérance des hommes”.La vie religieuse a donc son importance dans la vie de l’Eglise.Une plus grande pénétration de sa nature théologique permettra aussi une action plus convaincue et, partant, aidera l’Eglise à réaliser son mystère de salut, car la vie religieuse “est d’une part toute entière dépendante de l’Eglise, moyen de salut, puisqu’elle trouve son point d’appui et sa raison d’être dans la grâce sacramentelle; elle représente d’autre part le moment privilégié de l’Eglise communion de vie.” “La joie et l’espérance de la vie religieuse sont celles de l’Eglise” Alonzo Hamblin, O.F.M.Directeur.Rosemont, Montréal Les récentes publications Hostie, Raymond, S.J., L’entretien pastoral.Bibliothèque d’Etudes Psycho-religieuses.Edit.Desclée de Brouwer 1963.258pp.22cm.Le but de cet ouvrage est nettement défini.Il ne prétend pas rendre compte des nombreux cas où le prêtre prend la parole en tant que directeur spirituel, pasteur d’une communauté ou d’un groupe, ou à l’occasion de l’administration des sacrements, voire même dans le simple cadre des relations humaines.Tout au contraire, il ne considère l’entretien pastoral qu’en tant que relation inter-personnelle provoquée par la démarche d un interlocuteur soucieux de parler avec un prêtre de son trouble en vue d’y remédier.Partant donc d’une situation concrète qu’il analyse et qu’il décrit, l’A.définit les caractères propres à la fonction de conseiller, puis étudie l’un après l’autre les différents moments de l’entretien.Glorieux, P., Nature et mission de l’Eglise.Un guide pour l’étude de l’Eglise.Edit.Desclée et Cie, Tournai 1963.272pp.20cm.L’Eglise, fondée jadis par Jésus-Christ et répandue aujourd’hui parmi toutes les nations du monde, est une réalité mystérieuse.Comment s’étonner que vue du dehors, elle soit souvent incomprise et combattue, quand les chrétiens qui en sont les membres ont eux-mêmes quelque peine à prendre pleinement conscience de sa vraie nature et de sa vraie mission dans le monde?Ce livre vient à propos nous inviter à réfléchir et à faire cette découverte.Il a le mérite d’étudier l’Eglise sous tous ses aspects et de faire apparaître ainsi l’immense richesse spirituelle qu’elle représente et qu’elle répand parmi les hommes.Mais il ne s’en tient pas là.Il se présente comme un guide engageant qui s’offre à nous conduire tout au long de cet exposé doctrinal pour nous révéler ce que c’est que d’être membres de l’Eglise et à quoi cela nous engage.A cet égard, les « Notes de lec- ture et de travail » qui illustrent chacun des chapitres de l’ouvrage seront extrêmement précieuses au lecteur.Au moment où, réunie en Concile, l’Eglise s’interroge sur elle-même et sur l’oeuvre qu’elle doit accomplir, afin de se conformer plus parfaitement aux exigences de sa nature et de sa mission, l’A.trace la route que nous devons suivre pour mieux la comprendre et pour devenir ses membres conscients et agissants.(Préface).Achille, Card.Liénart Dut h illeu l, P.L’évangélisation des slaves, Cyrille et Méthode, Bibliothèque de Théologie.Edit.Desclée et Cie, Tournai 1963.201 pp.23 cm.Le volume de Duthilleul se présente comme un travail historique de première valeur.Il retrace la vie et le travail apostolique des deux grands évangélisateurs des slaves, frères dans le sang comme dans la foi, les saints Cyrille et Méthode; il rapporte la merveilleuse expansion de la chrétienté chez les Slovènes, les Croates, les Serbes, les Bulgares, les Tchèques.Tous ces récits sont empreints de la plus pure authenticité grâce aux sources étudiées avec soin.De fait, peu de documents valables nous sont parvenus.La vie de Cyrille et de Méthode n’est connue que par les légendes hagiographiques.L’histoire de ces deux saints dépend donc en grande partie de la confiance accordée à ces légendes.Heureusement sur certains points importants, elles sont appuyés sur des documents sérieux, que TA.prend bien soin d’analyser.Nous sommes certains que ce volume constitue un apport précieux pour l'histoire de l’Eglise et de la théologie.A.-M.Hamelin, O.F.M.Gagné, Jean-Eudes, C.Ss.R., Expulsion des religieux dans les cas ur- 32 DES FRÈRES CON VERS SE RENCONTRENT gents.Pontiflcum Athenaeum Internationale Angelicum.Rome 1961.110 pp.23 cm.Il s’agit ici d’une thèse présentée à l’université « Angelicum » de Rome pour l’obtention du doctorat en Droit Canonique.L’auteur commente les canons 653 et 668 d’une façon judicieuse et exhaustive, et son travail x-endra d immenses services à ceux qui, dans le concret, ont à appliquer ces canons.Nous le recommandons aux supérieurs pour leur instruction, tout en souhaitant qu’ils n’aient jamais à s’en servir.Aubin, L.X.C.Ss.R., Ste-Marie Bertilla.Apostolat des Editions, Montréal 1963, 142 pp.18 cm.La biographie que l’auteur présente d’une jeune sainte canonisée il n’y a que deux ans et morte il y a quarante-deux ans à peine, illustre magnifiquement cette vérité que chacun joue son rôle dans le divin organisme qu’est le Corps Mystique du Christ.Godin, A., S.J., La relation humaine dans le dialogue pastoral.Bibliothèque d’études psycho-religieuses.Desclée de Brouwer 1963.196pp.22cm.Nous assistons actuellement, dans l’Eglise, à une revalorisation du dialogue pastoral, sous la double influence d’une possession plus mûre de la Parole de Dieu et d’un intérêt grandissant pour les aspects psychologiques du travail pastoral.Cette nouvelle rencontre entre théologie et psychologie préoccupe légitimement non seulement le clergé, mais aussi certains laïcs que leur profession engage plus spécialement dans les relations humaines : enseignants, psychologues, thérapeutes, assistants sociaux.Dans chacun des chapitres de ce livre, l’auteur analyse les conditions théoriques et pratiques des consultations pastorales.Puisant dans son expérience des groupes et sessions de perfectionnement pastoral, en Belgique, en France et aux Etats-Unis, le P.Godin étudie chacune des questions à partir de situations concrètes et d’extraits de dialogues qu’il com- mente systématiquement.Une bibliographie critique et un plan de recherches scientifiques terminent ce volume, « premier instrument de travail » où l’expérience psychologique, l’information scientifique et la visée religieuse s’unissent pour servir aux progrès des attitudes pratiques dans l’entretien pastoral.Nash, Robert, S.J., La religieuse à sou prie-Dieu.Edit.Salvator, Mulhouse 1963.328pp.20cm.L’oraison est l’âme de la vie religieuse.Sans elle, âmes consacrées, nous sommes inaptes à la tâche que le Seigneur nous confie.« L’essentiel en se remémorant telle page de 1 Evangile, c’est de voir comment moi, vu mes dispositions, mes richesses, mes déficits, mes besoins, tout le lot incommensurable d’infiniment petits qui constituent ma mentalité particulière, je suis touché, je déchiffre l’énigme, je découvre l’aspect particulier destiné à me faire du bien •».Ce livre de méditations excelle à nous faciliter cette « trouvaille » à la lumière du Nouveau Testament.L’évêque dans l’Eglise du Christ.Travaux du Symposium de l’Ar-bresle 1960, recueillis et présentés par H.Bouësse et A.Mandouze.Coll.Textes et Etudes théologiques.Edit.Desclée de Brouwer 1963.376pp.20cm.Au moment où l’Eglise est saisie de la théologie de l’Episcopat, il est heureux qu’un dossier très riche traitant de ce problème soit entre les mains de tous ceux qui suivent les travaux du Concile.Mais il y a un autre mérite à cet ouvrage, c’est la manière dont les participants au Symposium de l’Arbresle ont étudié et discuté des différends de la théologie de l’Evêque.On voit l’exégèse, l’histoire, la théologie s’unir dans cette recherche ecclésiastique.Et rien n’est plus vivifiant que cette commune recherche de la vérité dans un esprit évangélique.Les travaux sont suivis de discussions et chaque aspect a donné lieu à la fois à des mises au point et aussi à de nouvelles questions qui exigeront de nouvelles réponses. Disques Paul vi nous parle de la Sainte Vierge.Coll.En temps de Concile.Edit.RM NDC 376323, 7 po.$1.50.Les Editions RM à Notre-Dame-du-Cap viennent de publier, avec la collaboration de Radio-Vatican, un disque documentaire d’intérêt particulier.Il s’agit d’une allocution intégrale de Paul VI sur la Sainte Vierge.Le Pape s’adressait aux représentants des Congrégations Mariales réunis à Rome, dans l’église Saint Ignace, à l’occasion de leur congrès international.Mercure, Don Georges, O.S.B, Messe pour la nef.L’abbé Claude Thompson dirige les voix.A l’Orgue: Noëlla Genest, O.MM.I.Edit.RM NDC 376324.Cette Messe pour la Nef, est écrite pour la foule.Elle est fonctionnelle, c’est-à-dire qu’elle est écrite pour être chantée par tous ceux qui participent à 1 action liturgique.L’interprétation qu’en fait M.l’abbé Thompson donne à la messe cette impression de force et de grandeur propre au chant de foule.Nécrologie Les Frères des Ecoles Chrétiennes : Pr Adolphe (Joseph-Félix Huard).Les Soeurs de la Charité de Québec : Sr Ste-Margarita (M.Anna Bernier), Sr Ste-Ernestine (M.Olive Gauvin), Sr Ste-Sévérine (M.Anna Martin), Sr Ste-Eucharistie (M.Célestine Cliche), Sr M.de la Garde (M.Florida Poirier), Sr St-Pamphile (M.Evêline Allard), Sr Ste-Anna M.(Anne M.Pleau).Les Soeurs de la Charité de l’Hôp.Gén.de Montréal : Sr Isaïe (Elisabeth Cardinal), Sr Juliette Gamache, Sr Corinne Grégoire, Sr Simone Chauvet.Les Soeurs de Ste-Anne : Sr M.Marcien (Yvonne Perreault), Sr M.Valère (Rose Rourassa), Sr M.Eulalie de Mérida (Esther Dessureault).Les Soeurs de la Charité de VHôtel-Dieu de S.Hyacinthe : Sr Geor-gianna Larochelle, Sr S.Edouard (Corona Clément), Sr Rose Alba (Délia St-Jean).Les Petites Soeurs de la Ste Famille : Sr S.Diodore (Catherine Arsenault), Sr Ste-Victoria (Sara Leblanc).Les Chanoinesses Hospitalières de S.Augustin : Sr M.Léona (Dorilda Turgeon).Les Soeurs de S.Joseph de S.Valider : Sr Joseph de la Croix.Les Religieuses Hospitalières de S.Joseph : Sr Theodora Fortier.Les Servantes du Coeur Immaculé de M.: Sr M.de Bethléem (M.Elzire Brie).Les Soeurs de l’Assomption : Sr Franqoise Thérèse (Berthe Béliveau).Les Soeurs Ste Jeanne d’Arc : Sr Damase du S.C.Les Soeurs de la Providence : Sr M.Edouard (Laura Elisabeth Morin).Les Soeurs des SS.NN.de Jésus et de Marie : Sr M.Catherine d’Alexandrie (Madeleine Beaubien). SA SAINTETE PAUL VI BÉNIT LA JEUNESSE ÉTUDIANTE CATHOLIQUE DU CANADA A l’occasion de la fête de Notre-Dame-des-Ecoles, la jeunesse étudiante canadienne avait présenté une offrande spirituelle à S.S.Paul VI, par l’entremise de Son Eminence le Cardinal Léger.Voici la réponse de Sa Sainteté à Son Eminence.Secretaria Di Stato Dal Vaticano, 29 novembre 1963 Di Sua Santita N.11117 Eminentissime Seigneur, Dans une filiale adresse au Saint-Père, Votre Eminence se faisait récemment l’interprète des étudiants catholiques du Canada, et présentait en leur nom une « Gerbe Spirituelle » de soixante millions d’Ave et de dix millions d’actes de charité, offerts a l’intention du Concile oecuménique et de l’unité des chrétiens.Sa Sainteté a été proforidément touchée de la générosité de tous ces jeunes et charge Votre Eminence de les féliciter et de les remercier de Sa part.Qu’ils continuent à faire monter vers Dieu leurs supplications ! Le Père Commun les y exhorte paternellement, en même temps qu’il invoque sur eux la spéciale protection de leur céleste Patronne, « Notre-Dame des Ecoles ».A tous ceux qui ont pris part à ce Trésor spirituel, et à leur très digne interprète en tout premier lieu, le Saint-Père accorde de tout coeur une large Bénédiction Apostolique.Daignez agréer, Eminentissime Seigneur, l’expression des sentiments de vénération avec lesquels, en baisant vos mains, je suis heureux de me redire de Votre Eminence Révérendissime le très humble, très dévoué et très obéissant Serviteur en N.S.Signée: A.C.CARDINAL CICOGNANI Son Eminence Révérendissime le Cardinal P.E.Léger Archevêque de Montréal.
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