La vie des communautés religieuses /, 1 août 1953, Août-Septembre
Vol.11, no.7 ENCYCLIQUE S.S.Pie XII MONTRÉAL Août-Septembre 1953 SOMMAIRE Ville centenaire de la mort de S.Bernard .194 LETTRE APOSTOLIQUE - S.S.Pie XII Vile centenaire de sainte Claire d'Assise.207 LITURGIE Moïse Roy N.-D.des Écoles.212 CONSULTATIONS — COMPTES RENDUS — INFORMATION LES LIVRES — ACCUSÉS DE RÉCEPTION Nihil obstat: Imprimatur: Hadrianus-M.Malo, O.F.M."I" Paul-Émile cardinal Léger, Montréal, 2 septembre 1953.archevêque de Montréal.959, RUE CÔTÉ — MONTRÉAL, 1 CANADA LA VIE D€S communouTés ReuGieuses Vol.11, no.7 MONTRÉAL Août-Septembre 1953 ARTICLES S.S.PIE XII Doctor mellifluus.194 S.S.PIE XII Lettre Proximo mense.207 MOÏSE ROY Notre-Dame des Écoles .2 12 INFORMATION Retraite sociale.217 Congrégation des Ursulines de l’Union Canadienne.218 Congrès national des religieux du Canada.218 Nouvelle structure du Comité National de l’Action Catholique du Canada.218 CONSULTATIONS 63.U espace entre les 2 grilles fait-il partie de la cloture papale majeure ?.219 64.Effets de la communion sur le corps.219 65.Les constitutions obligent-elles sous peine de faute ?.220 66.La cire des Agnus Dei.220 67.Objet du vœu d’obéissance: constitutions ou commandements du supérieur ?.220 68.Comment corriger une religieuse toujours mécontente de Pautorité ?.221 69.Le jeûne est-il toujours possible aux religieux ?.222 70.Une religieuse veut s'improviser psychiâtre de ses sœurs.222 71.Lever tardif des deux tiers des religieuses d’une communauté.223 72.Lettre d'une religieuse à un prêtre remise cachetée à la supérieure.223 LIVRES Israël et le Judaïsme dans l’Ancien Orient par G.Buys- schaert.206 La Sainteté de la Mère de Dieu par Téqui.206 François d’Assise, sur les traces du Poverello, par Des- clée de Brouwer.211 Saint Bernard, cahiers de la Pierre-Qui-Vire.216 Saint Bernard et Notre-Dame, par Desclée de Brouwer.2 16 Sainte Claire par Nino Salvaneschi.224 ENCYCLIQUE DOCTOR meLUfLUUS pour le oiit centenaire de la mort de S.Bernard le texte qui suit en est la traduction officielle A NOS VÉNÉRABLES FRERES LES PATRIARCHES, PRIMATS, ARCHEVÊQUES, ÉVÊQUES ET AUTRES ORDINAIRES DES LIEUX, EN PAIX ET COMMUNION AVEC LE SIEGE APOSTOLIQUE PIE XII PAPE VÉNÉRABLES FRERES, Salut et Bénédiction apostolique.Le Docteur Mellifluus, dernier des Pères mais non certes inférieur aux premiers, s’imposa par de telles qualités de l’esprit et du cœur, enrichies par Dieu de dons célestes, que, dans les conjonctures variées et le plus souvent troublées de son époque, il se détache éminemment par la sainteté, la sagesse et la souveraine prudence dont il fit preuve dans la conduite des affaires.C’est pour cela qu’aux louanges qui lui ont été attribuées par les Souverains Pontifes il n’est pas rare de voir s’adjoindre celles des hérétiques.Aussi Notre Prédécesseur Alexandre III, l’inscrivant, à la joie de tous, au catalogue des saints, écrivait-il ces mots pleins de vénération: Nous avons évoqué la vie sainte et vénérable de ce bienheureux.Nous avons dit comment, soutenu par une singulière prérogative de grâce, il a excellé par sa sainteté et sa religion et comment il a répandu dans l'Église de Dieu la lumière de sa foi et de sa doctrine.Et l’on pourrait presque dire qu’en ses confins les plus éloignés la chrétienté n'a pas ignoré les fruits qu'il a produits dans la Maison du Seigneur et par la parole et par l'exemple: répandant jusque parmi les nations étrangères et barbares les institutions de la religion et engageant une multitude de pécheurs dans la voie droite de la vie spirituelle.Il fut, ainsi que l’a écrit Baronius, un homme vraiment apostolique, bien plus un véritable apôtre envoyé de Dieu, puissant en œuvres et en paroles, illustrant partout et en tout son apostolat par des prodiges, au point qu'on pourrait le comparer aux grands apôtres et dire de lui qu’il est F ornement et la gloire de toute F Église catholique.C’est à ces témoignages hautement élogieux, auxquels on pourrait ajouter d’innombrables autres, que nous reportons Notre esprit, en ce Ville centenaire de la date où le restaurateur et le propagateur de l’Ordre de Citeaux passa de la vie mortelle, illustrée par la lumière de sa doctrine et par l’éclat de sa sainteté, à la vie du ciel.Il Nous Ville CENTENAIRE DE LA MORT DE S.BERNARD 195 plaît de repasser en esprit et de proposer par écrit ses extraordinaires mérites, pour que, non seulement les membres de son Institut, mais aussi tous ceux que charme ce qui est vrai, ce qui est beau, ce qui est saint, soient excités à suivre les exemples illustres de sa vertu.Source et orientation de sa doctrine Sa doctrine est presque entièrement tirée des saintes Lettres et des saints Pères, qu’il avait en mains nuit et jour et qu’il méditait avec sa profonde intelligence, et non pas des subtilités raisonneuses des dialecticiens et des philosophes, qu’il semble plus d’une fois avoir méprisées.Il faut cependant noter qu’il ne repoussait pas la philosophie humaine, la vraie philosophie, c’est-à-dire celle qui conduit à Dieu, à la rectitude de vie et à la sagesse chrétienne; mais il repoussait plutôt cette philosophie qui, par une vaine grandiloquence et par des jongleries subtiles et fallacieuses, prétendait arriver, avec une effronterie présomptueuse, aux choses de Dieu et prétendait en scruter les mystères.A tel point — et cela arrivait souvent à cette époque — quelle portait atteinte à l’intégrité de la foi et tombait lamentablement dans l’hérésie.Tu vois, écrit-il lui-même, comment (Iapôtre saint Paul) place le fruit et T utilité de la science dans la façon de connaître ?Qu est-ce à dire, façon de connaître ?Pas autre chose que savoir selon quel ordre, avec quel zèle et pour quelle fin il faut connaître toutes choses.Selon quel ordre ?U abord ce qui est davantage requis pour le salut.Avec quel zèle ?Avec d'autant plus de zèle que cela porte plus facilement à l'amour.Pour quelle fin ?Non pour une vaine gloire, pour la curiosité ou quelque chose de semblable, mais seulement pour ton édification et celle du prochain.En effet, il y en a qui veulent savoir uniquement pour connaître, c’est une honteuse curiosité.Il y en a qui veulent savoir pour être connus eux-mêmes et c’est une honteuse vanité.Et il y en a qui veulent savoir pour vendre leur science, par exemple pour de l’argent, pour des honneurs, et c’est un honteux commerce.Mais il en est qui veulent savoir pour édifier, et c’est charité.Et il en est qui veulent savoir pour s'édifier, et c'est prudence.La doctrine, ou plutôt la sagesse qu’il suit et qu’il aime avec force, il nous la décrit très heureusement par ces mots: If esprit de sagesse et d’intelligence est celui qui à l’égal de I abeille, qui produit la cire et le miel, possède entièrement ce qu’il faut pour produire la lumière de la science et pour infuser la saveur de la grâce.Ni celui qui comprend la vérité mais ne T aime pas, ni celui qui l’aime et ne la comprend pas, ne peuvent prétendre en recevoir le baiser.Que ferait l’érudition sans l’amour, elle enflerait; que ferait Iamour sans rérudition, il ferait fausse route.Briller seulement est vain, brûler seulement est peu, brûler et briller, est parfait. 196 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES D’où tire origine la vraie et pure doctrine et comment elle doit être jointe à la charité, il nous l’explique par ces mots: Dieu est sagesse et veut être aimé non seulement avec douceur, mais avec sagesse.Bien plus, F esprit cF erreur gâchera ton zèle si tu négliges la science.Et F ennemi trompeur na pas de moyen plus efficace pour enlever F amour du cœur de F homme que de réussir à le faire marcher dans F amour sans précaution et sans être guidé par la raison.De ces paroles il ressort à l’évidence que Bernard, par ses recherches et sa contemplation, n’a cherché qu’à diriger les rayons de vérité recueillis de partout vers la Souveraine Vérité,— agissant et poussé en cela beaucoup plus par l’amour que par la subtilité des conjectures humaines —• lui demandant la lumière pour les esprits, le feu de la charité pour les âmes, des règles droites pour modérer les mœurs.C’est là vraiment la véritable sagesse, qui transcende toutes choses humaines et qui ramène tout à sa source qui est Dieu afin de diriger vers lui les hommes.Le Docteur Mellifluus ne s’appuie pas sur la pénétration de son esprit pour avancer avec pesanteur par les défilés incertains et peu sûrs de l’esprit raisonneur; il ne s’appuie pas sur de laborieux et artificieux syllogismes dont de nombreux dialecticiens de son temps abusaient bien souvent, mais comme l’aigle qui s’efforce de fixer le soleil avec les yeux, d’un vol rapide, il tend au sommet de la vérité.En effet la charité par laquelle il était mû ne connaît pas de barrières et semble donner des ailes à l’esprit.Pour lui la science n’est pas un but dernier, mais plutôt un chemin qui conduit à Dieu; ce n’est pas une chose froide sur laquelle s’attarde vainement l’esprit, comme si jouant avec lui-même, il était saisi par des éclairs passagers, mais c’est une chose mue par l’amour, poussée et dirigée par lui.Et c’est pourquoi Bernard pénétré de cette sagesse, par la méditation, la contemplation et l’amour, est arrivé au plus haut sommet de la discipline mystique; il s’est uni à Dieu lui-même et il a presque joui même pendant sa vie mortelle de l’infinie béatitude.Son style Sa manière d’écrire, vive, brillante, coulante, nuancée par l’éclat des sentences, répand tant de suavité et de douceur quelle attire, charme et élève l’esprit du lecteur.Elle excite la piété, la nourrit et la façonne.Elle pousse l’intelligence à poursuivre non les biens caducs et passagers, mais ceux qui sont vrais, sûrs et qui demeurent.C’est pour cela que ses écrits furent toujours considérés avec grand Ville CENTENAIRE DE LA MORT DE S.BERNARD 197 respect.Et plusieurs de ces mêmes pages, au parfum céleste, d'une piété embrasée, ont conduit l’Église à s’en servir dans la sainte Liturgie.Elles semblent remplies du souffle de l’Esprit-Saint, et leur lumière est si resplendissante que le cours des siècles n’a jamais pu l’éteindre, car elle jaillit de l’âme d’un écrivain assoiffé de vérité et d’amour, désireux de nourrir les autres et de les rendre conformes à son image.Sa charité envers Dieu Il nous plaît, Vénérables Frères, d’extraire de ses livres pour l’utilité commune plusieurs des plus belles sentences de cet enseignement mystique: Nous enseignons que toute âme, même chargée de pêchés, prise au filet des vices, séduite par leurs appas, captive et exilée, prisonnière de son corps, toute âme, dis-je, ainsi reconnue coupable et désespérée, nous enseignons qu elle peut découvrir en soi ce qui lui permettra non seulement de respirer dans Fespoir du pardon, dans r espoir de la miséricorde, mais encore d'oser aspirer aux noces du Vcrbe, de ne pas craindre de contracter un lien de société avec Dieu, de n'avoir pas peur de porter avec le Roi des anges le joug suave de F amour.Que n oserait-elle en effet, en toute sécurité, près de Celui dont elle se découvre la noble image, dont elle se sait F éclatante ressemblance ?Une telle conformité marie F âme au Verbe, lorsqu'elle se montre non moins semblable par la volonté à Celui à qui elle ressemble par nature, aimant comme elle est aimée.Si donc elle aime parfaitement, elle est épouse.Quoi de plus agréable que cette conformité ?Quoi de plus désirable que la charité grâce à laquelle, ô âme, non contente d'un enseignement humain, tu approches par toi-même du Verbe, tu adhères constamment au Verbe, tu interroges familièrement le Verbe et tu le consultes au sujet de tout, devenue d'autant plus apte à comprendre que tu es plus audacieuse à désirer ?C'est là le contrat d'un vrai et saint mariage.Je dis peu, contrat: c'est une étreinte.Étreinte totale où vouloir la même chose, refuser la même chose fait un seul esprit de deux.Et il n'y a pas à craindre que la différence des personnes fasse en quelque sorte boiter F accord des Volontés, car F amour ignore la crainte révêrentielle.L'amour reçoit son nom du fait d'aimer et non de celui d’honorer.L’amour abonde pour lui-même; là où vient l'amour, il amène à soi et captive tous les sentiments.Aussi celui qui aime, aime, et ne connaît rien d'autre.Après avoir noté que Dieu désire davantage l’amour des hommes que leur crainte et leurs hommages, Bernard ajoute avec finesse et perspicacité: Cet amour suffit par lui-même, il plaît par lui-même et pour lui-même.Il est à lui-même son mérite, à lui-même sa récompense.L'amour ne cherche pas de cause en dehors de lui, pas de fruit.Son fruit, c’est sa jouissance.J'aime parce que j’aime; j'aime pour aimer.C’est une grande chose que Fa-mour pourvu qu’il recoure à son principe, qu’il revienne à son origine, qu’il 198 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES reflue à sa source, pour y puiser toujours un flot sans fin.De tous les monve-ments intimes, de toutes les impressions et affections, T amour est le seul daus lequel la créature puisse, bien qu inégalement, répondre à son Auteur ou lui rendre un sentiment de même nature.Comme il avait fait souvent lui-même dans la contemplation et la prière l'expérience de cet amour divin, par lequel nous pouvons être intimement unis à Dieu, ces paroles enflammées jaillissent de son âme: Heureuse /’âme qui a mérité d'être prévenue par la bénédiction d'une telle douceur! Heureux celui à qui il a été donné d'expérimenter une telle étreinte de bonheur ! Car il n’y a rien d'autre que l'amour saint et chaste, suave et doux; amour d’une telle sérénité et d'une telle sincérité, amour mutuel, intime et fort, qui unit deux êtres non en une seule chair, mais en un seul esprit, qui fait que deux ne sont plus deux, mais un, selon la parole de Paul: Celui qui adhère à Dieu est un seul esprit avec lui.Cette haute doctrine mystique du Docteur de Clairvaux, qui dépasse tous les désirs humains et peut les combler, semble à notre époque être négligée et sacrifiée ou être oubliée de beaucoup qui, écartelés par les soins et les affaires quotidiennes, ne cherchent et ne désirent rien d’autre que ce qui est utile et productif pour cette vie mortelle, et qui n’élèvent presque jamais les yeux et l’esprit vers le ciel, qui n’aspirent presque jamais aux biens supérieurs et impérissables.Mais, même si tous ne peuvent pas atteindre à ce sommet de la contemplation dont parle Bernard en des formules et des mots élevés; même si tous ne peuvent pas s’unir si intimement à Dieu qu’ils se sentent unis au Souverain Bien selon un mode caché, par les liens d’un mariage céleste; tous cependant peuvent et doivent de la même manière élever leur âme de ces réalités terrestres à celles du ciel et aimer d’une volonté très active le suprême Dispensateur de tous les dons.Nécessité de cette charité a notre époque C’est pourquoi, alors qu’aujourd’hui la charité envers Dieu décroît peu à peu de ferveur dans les âmes et que souvent elle y est complètement éteinte, nous pensons que ces pages du Docteur Melli-flue doivent être méditées d’un esprit attentif: de leurs sentences — qui d’ailleurs découlent de l’Évangile — une force nouvelle et surnaturelle peut se répandre, tant pour la vie privée de chacun que pour la société humaine, une force qui régirait les mœurs des citoyens et les rendrait conformes aux préceptes chrétiens; si bien qu’elle Ville CENTENAIRE DE LA MORT DE S.BERNARD 199 pourrait offrir des remèdes opportuns aux maux si nombreux et si grands qui troublent et affligent la société.Alors que les hommes n’aiment pas comme il le faudrait l’Auteur de qui vient tout ce qu’ils ont, de ce fait ils ne s’aiment pas non plus entre eux; bien plus — comme il arrive souvent— ils se divisent entre eux par la haine et la rivalité et ils s’opposent les uns aux autres avec âpreté.Dieu est notre Père très aimant à tous, et nous sommes frères dans le Christ, nous qu’il a rachetés lui-même en répandant son sang sacré.Chaque fois donc que nous ne répondons pas par notre amour à son amour et que nous ne reconnaissons pas avec respect sa paternité divine, les liens de l’amour fraternel se dissolvent misérablement; et — comme on le voit parfois, hélas! — les discordes, les oppositions, les inimitiés font malheureusement irruption; et elles peuvent en arriver au point de miner et de renverser les fondements de la communauté humaine.Il convient donc de restaurer dans l’âme de tous cette charité divine, dont le Docteur de Clairvaux brûla avec tant d’ardeur, si nous voulons que refleurissent les mœurs chrétiennes, que la religion catholique puisse accomplir son service fécond et que, toutes dissensions apaisées, toutes choses réglées par la justice et l’équité, une paix sans nuages brille pour le genre humain fatigué et anxieux.Qu’ils brûlent surtout de cette charité par laquelle nous devons toujours être fortement unis à Dieu, ceux qui ont embrassé l’Institut du Docteur Melliflue et aussi tous les clercs dont c’est l’office spécial d’exhorter et d’inciter les autres à raviver cet amour divin.De cet amour divin ils ont tant besoin, de notre temps plus que jamais, nous l’avons dit, les citoyens, la société domestique, toute la communauté humaine.Quand brûle cet amour et quand il pousse les esprits vers Dieu, but suprême des mortels, toutes les autres vertus sont vigoureuses; tandis qu’au contraire, quand il est rejeté ou diminué, la tranquillité, la paix, la joie et tout ce qui mérite vraiment le nom de bien diminuent peu à peu, ou même disparaissent complètement, étant choses qui découlent de Celui qui « est amour ».Le contemplatif De cette divine charité, nul peut-être n’a parlé avec autant de beauté, de profondeur, d’ardeur que Bernard: La raison d'aimer Dieu, dit-il, c'est Dieu même; la mesure, c'est de l'aimer sans mesure.Là où il y a l'amour, il n'y a plus soujfrance> mais douceur.Ce qu’il 200 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES avoue avoir déjà expérimenté lui-même, lorsqu’il écrit: O amour saint et chaste ! O douce et suave affection.d.'autant plus suave et douce que ce qui est ressenti est tout divin.Recevoir une telle impression c'est être déifié.Et ailleurs: Il m'est bon, Seigneur, de l'embrasser davantage dans la tribulation, de l'avoir avec moi dans la fournaise, plutôt que d'être sans toi,fût-ce au ciel.Lorsqu’il atteint à la charité souveraine et parfaite qui l’unit à Dieu même par un mariage intime, il jouit alors d’une joie, d’une paix qu’aucune autre ne peut surpasser: O lieu du vrai repos, où F on ne perçoit pas Dieu comme troublé par la colère, ou comme chargé de soucis; mais où l’on sent ses intentions bonnes, bienveillantes et parfaites! Cette vision ne terrifie pas, elle apaise; elle n’excite pas la curiosité inquiète, elle la calme; elle ne fatigue pas la sensibilité, elle la tranquillise.Là, on se repose vraiment, Dieu paisible apaise tout; et le voir en repos, c'est goûter le repos.Or cette quiétude parfaite n’est pas la mort de l’âme, mais la vraie vie: Un tel assoupissement, plein de vie et de lucidité, illumine plutôt le sens intérieur, et, repoussant la mort, donne la vie éternelle.Car c'est vraiment un sommeil mais qui n’assoupit pas la conscience, qui la tire hors d'elle-même.C'est aussi une mort —je le dis sans hésiter — car l’Apôtre, parlant d'hommes vivant encore de la vie du corps, s'exprime ainsi: Vous êtes morts, et votre vie est cachée en Dieu avec le Christ.Cette parfaite quiétude de l’âme, que nous goûtons en rendant à Dieu son propre amour, par laquelle nous tournons et oiientons vers lui notre être et toutes nos facultés, ne nous mène pas au relâchement, à l’indolence et à l’inertie, mais bien plutôt à un zèle infatigable, ingénieux et actif; par lui nous luttons pour obtenir, sous 1 inspiration de la grâce divine, notre salut et celui des autres.Une contemplation, une méditation sublime de ce genre, produite et excitée par l’amour divin, gouverne en effet (( les sentiments, dirige l’activité, corrige les excès, règle les mœurs, rend la vie honnête et ordonnée, et donne enfin également la connaissance des réalités divines et humaines.C’est elle qui règle ce qui est confus, domine les désirs effrénés, rassemble ce qui est dispersé, découvre les lieux cachés, recherche le vrai, critique ce qui a l’apparence du vrai, révèle ce qui est feinte et contrefaçon.C’est elle qui prévoit ce qu’il faut faire, réfléchit sur ce qui a été fait, pour que dans l’esprit ne subsiste rien de déréglé, ou d’insuffisamment réglé.C’est elle qui dans les temps heureux sent venir le malheur, dans le malheur reste comme insensible; ce qui est dans le second cas, courage, dans le premier prudence.)) Ville CENTENAIRE DE LA MORT DE S.BERNARD 201 L’homme d’action Et, de fait, bien qu’il souhaite par-dessus tout rester plongé dans la sublimité et l’extrême douceur d’une telle méditation, d’une telle contemplation, nourrie par l’Esprit divin, le Docteur de Clair-vaux ne reste pas enfermé dans les murs de sa cellule qui est douce, quand on y demeure, mais partout où la cause de Dieu et de l’Eglise est en jeu, il accourt en hâte avec sa sagesse, sa parole et son activité.C’était son principe que chacun ne doit pas vivre pour soi, mais pour tous.Et il écrivait même de lui et des siens: Ainsi, à nos frères, parmi lesquels nous vivons, nous devons, de par le droit de la fraternité et de la société humaine, conseil et assistance.Lorsqu’il voyait, d’un cœur attristé, la sainte religion mise en péril ou agitée par des troubles, il n’épargnait ni ses peines, ni ses démarches, ni ses soins pour la défendre vigoureusement et l’aider de toutes ses forces: Je considère, disait-il, que rien de ce qui concerne Dieu ne m'est étranger.Et, à Louis, roi de France, il écrivait avec passion: Nous, fils de l'Église, ne pouvons vraiment pas cacher les insultes adressées à notre Mère, le mépris et T avilissement où on la tient.Aussi nous nous lèverons, et nous combattrons pour notre Mère, s'il le faut jusqu’à la mort, avec les armes qui conviennent; pas avec le bouclier et l'épée, mais par la prière et T imploration de Dieu.A Pierre, Abbé de Cluny, il disait: Et je me glorifie de mes tribulations, si j’ai été jugé digne d'en subir pour f Eglise.Ce qui est vraiment ma gloire et me fait redresser le front, c'est le triomphe de T Église.Car si nous avons été les compagnons de ses peines, nous le serons de sa consolation.Il fallait peiner avec notre Mère et souffrir avec elle.Alors que le corps mystique du Christ était troublé par un schisme redoutable, faisant flotter de-ci de-là l’âme même des meilleurs, il se donne entièrement à l’apaisement des discordes et au rétablissement heureux de l’unité des cœurs.Alors que les princes, par soif de domination, étaient divisés par de graves querelles, d’où pouvaient naître de grands malheurs pour les peuples, il se présenta comme médiateur de paix et arbitre d’union.Enfin, alors que la terre sainte de Palestine, que le divin Rédempteur sanctifia de son sang, était en grand danger, accablée par des armées ennemies, il entraîna, sur l’ordre du Souverain Pontife, par sa voix sublime, et sa charité plus sublime encore, les princes chrétiens et leurs peuples à entreprendre une nouvelle expédition sous l’insigne de la Croisade; si elle aboutit à un échec, on ne doit sûrement pas le mettre à son compte. 202 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES Et alors que les œuvres d’Arnauld de Brescia, de Gilbert de la Porrée, et surtout d’Abélard, mettaient en grave danger l’intégrité de la foi et des mœurs catholiques, transmises depuis les anciens temps comme un dépôt sacré, il mit tout en œuvre, par des écrits, pleins de science, des voyages pénibles, soutenu qu’il était par la grâce divine, pour écarter et faire condamner les erreurs, et ramener, autant qu’il le pouvait, les égarés à la voie droite et au bien.Le DÉFENSEUR DE L*AUTORITÉ PONTIFICALE Dans ces questions, sachant bien que l’autorité du Pontife romain a autrement de force que la sagesse des docteurs, il prit soin de faire intervenir cette autorité, qu’il reconnaissait souveraine pour trancher ces débats, et incapable de se tromper.Et il écrivait à Notre Prédécesseur de bienheureuse mémoire Eugène III, qui avait été autrefois formé à son école, ces mots, où l’on sent la charité et le respect débordants qu’il avait pour lui, unis à cette liberté de l’esprit qui convient aux saints: L'amour ne connaît pas de maître, il reconnaît son fils meme sous les ornements pontificaux.Je l'avertirai donc non comme un maître, mais comme une mere; vraiment comme quelqu'un qui t'aime.Puis il l’appelle par ces mots ardents: Qui es-tu ?Le grand prêtre, le Souverain Pontife.Tu es le prince des évêques, F hériter des apôtres.Pierre par le pouvoir, Christ par F onction.Tu es celui à qui les clés ont été remises, à qui les brebis sont confiées.Il y a bien d'autres portiers du ciel, d'autres pasteurs de troupeaux; mais toi, tu as hérité d'un nom d'autant plus glorieux qu'il diffère des autres et les dépasse.Ceux-là ont des troupeaux désignés, chacun a le sien: à toi tous sont confiés, F unique troupeau à l'unique Pasteur.Car tu es F unique Pasteur, non seulement de toutes les brebis, mais de tous les pasteurs.Et encore: Il lui faudrait quitter la terre, celui qui voudrait découvrir ce qui n appartient pas à ta charge.Il reconnaît nettement et clairement le magistère infaillible du Pontife romain dans ce qui touche à la foi et aux mœurs.Notant les erreurs d’Abélard, non seulement il dissèque ses illusions et ses artifices subtils, tortillés et trompeurs, les balaye et les réfute, mais il écrit, sur ce sujet grave, à notre Prédécesseur d’immortelle mémoire Innocent II: Il convient d’en référer à votre charge apostolique de tous les dangers, mais surtout de ceux qui touchent à la foi.Car je pense que les atteintes portées à la foi doivent être réparées là précisément où la foi ne peut être en défaut.C’est là la prérogative de ce Siège.C’est le moment, Père très cher, de prendre conscience de votre primauté.Vous serez vraiment le Vicaire de Pierre, dont vous occupez la chaire, en raffermissant par votre avertissement les cœurs hésitants dans leur foi, en écrasant de votre autorité ceux qui corrompent la foi. Ville CENTENAIRE DE LA MORT DE S.BERNARD 203 Force et humilité D’où cet humble moine, qui n’avait presque pas d’appuis humains à sa disposition, a-t-il pu tirer la force nécessaire pour surmonter les difficultés les plus rudes, résoudre les questions les plus compliquées, trancher les différends les plus insolubles ?On ne peut le comprendre qu’en considérant la haute sainteté de vie qui brillait en lui, unie à son effort pour connaître la vérité.Surtout, il brûlait d’une ardente charité, comme nous l’avons dit, envers Dieu, envers le prochain, et cela, vous le savez, Vénérables Frères, est le précepte essentiel et comme le résumé de l’Evangile; de là vient qu’il n’était pas seulement uni au Père céleste par un lien mystique et durable, mais qu’il ne désirait rien plus vivement que de gagner des hommes au Christ, de protéger les droits sacrés de l’Église et de défendre l’intégrité de la foi catholique avec un courage indomptable.Quoique jouissant de tant de crédit et d’estime auprès des Souverains Pontifes, auprès des princes et auprès des masses, il ne s’en prévalait pas, il ne recherchait pas la gloire humaine passagère et vaine, mais toujours il rayonnait de l’humilité chrétienne, qui accueille les autres vertus., conserve celles qu'elle a accueillies., perfectionne celles qu'elle conserve, au point que sans elle, elles ne paraissent même plus des vertus.C’est pourquoi l'honneur qui lui était offert ne troubla jamais son âme et il ne fit pas un pas pour se porter vers la gloire; la tiare ou l'anneau ne l'attiraient pas plus que la serpe ou le sarcloir.Et alors qu’il endurait tant de si grandes fatigues pour la gloire de Dieu et au profit de la cause du christianisme, il se déclarait inutile serviteur de Dieu, vil vermisseau, arbre stérile, pécheur, cendre.C’est la contemplation assidue des réalités célestes qui nourrissait cette humilité chrétienne et les autres vertus; elles étaient nourries par des prières enflammées adressées à Dieu, qui attiraient la faveur d’en haut sur lui, sur ses entreprises, sur ses travaux.Son amour pour Jésus Son amour tout spécial pour Jésus-Christ, le divin Rédempteur, l’entraînait avec tant de véhémence, que, touché et stimulé par lui, il a écrit des pages d’une grande-élévation et d’une grande beauté, que tout le monde admire encore et qui enflamment la piété de tous ceux qui les lisent.Qu est-ce qui fortifie l'esprit de celui qui pense, renforce les vertus,donne de la vigueur aux bonnes et honnêtes habitudes, favorise les sentiments purs ? 204 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES Tout aliment de F âme est sec, si on n’y verse pas de cette huile; insipide, si on ne Fassaisonne pas de ce sel.Lorsque tu écris, je n’y prends pas goût, si je n'y lis pas Jésus; lorsque tu discutes, ou que tu discoures, je n’y trouve aucun intérêt, si je n’y entends Jésus! Jésus, c'est du miel pour ma bouche, une mélodie pour mes oreilles, une jubilation pour mon cœur.Mais c’est aussi un remède.L'un de vous est-il triste ?Que Jésus vienne à son cœur et de là à ses livres; et voici que lorsque parait ce nom lumineux, tout nuage disparait, la sérénité revient.Quelqu'un tombe-t-il dans le crime ?Se précipite-t-il alors, désespéré, vers la corde qui doit lui donner la mort ?S’il invoque ce nom de vie, ne va-t-il pas aussitôt revenir à la vie ?La force de ce nom, invoqué par celui qui s’agite et tremble dans les dangers, à qui ne rend-il pas aussitôt la confiance et n ôte-t-il pas la crainte ?Rien mieux que ce nom ne comprime F emportement de la colère, n'apaise F enflure de F orgueil, ne guérit la blessure de F envie.Et à cette charité ardente envers Jésus-Christ, Bernard joignait une piété très tendre et très douce envers Celle qui lui donna la vie, qu’il vénérait comme une Mère très aimante et qu’il honorait avec passion.Il avait une telle confiance en sa très puissante protection qu’il n’a pas hésité à écrire: Dieu a voulu que nous n'ayons rien qui ne passât par les mains de Marie.Et aussi : Telle est sa volonté que nous ayons tout par Marie.La LOUANGE DE LA MÈRE DE DlEU Et il nous plaît ici, Vénérables Frères, de proposer à la méditation de tous cette page, en comparaison de laquelle il n’existe pas de louange plus belle de la Vierge Mère de Dieu, il n’en est pas de plus vigoureuse, il n’en est pas de plus capable d’exciter notre amour envers elle, ni de plus utile pour réchauffer la piété et nous inciter à suivre les exemples de ses vertus: On F appelle Étoile de la mer et cela s’adapte de façon tris convenable à la Vierge-Mire.Car c’est tris justement qu'on la compare à un astre: en effet, de même que F astre émet son rayon sans se corrompre, de même c'est sans être lésée que la Vierge met au monde son Fils.Le rayon ne diminue pas la clarté de F astre et le Fils ne diminue pas l’intégrité de la Vierge.Car elle est cette noble Étoile sortie de Jacob, dont le rayon illumine le monde entier, dont la splendeur brille dans les deux et pénétré les enfers.Elle est, dis-je, une splendide et admirable Étoile placée par nécessité au-dessus de cette grande et vaste mer, resplendissante de mérites, éclairante par ses exemples.O vous tous qui vous rendez compte que, loin d'avancer sur la terre ferme, vous flottez sur le fleuve de ce monde au milieu des orages et des tempêtes, ne détournez pas les yeux de la lumière éclatante de cet astre, si vous ne voulez pas être engloutis par les tempêtes.Si les vents de la tentation s’élèvent contre vous, si vous êtes poussés sur les écueils des tribulations, regardez F Étoile, invoquez Marie.Si vous êtes assaillis par les flots de F orgueil, les flots de F ambition, les flots de la médisance, les flots de F envie, regardez F Étoile, appelez Marie.Si la colère, ou l'avarice, Ville CENTENAIRE DE LA MORT DE S.BERNARD 205 ou les tentations de la chair attaquent la nacelle de votre esprit, regardez vers Marie.Si, troublés par la grandeur de votre crime, confus de la laideur de votre conscience, terrifiés par /’horreur du jugement, vous commencez à être entraînés dans les gouffres de la tristesse, dans F abîme du désespoir, pensez à Marie.Bans les dangers, dans les angoisses, dans les perplexités, pensez à Marie, invoquez Marie.Qu elle ne s'éloigne pas de vos lèvres, qu elle ne s'éloigne pas de votre cœur; et pour obtenir l'appui de sa prière, ne cessez pas d'imiter l'exemple de sa vie.En la suivant, vous ne vous égarez point; en la priant, vous ne désespérez point; en pensant à elle, vous ne vous trompez point; si elle vous tient, vous ne tombez point; si elle vous protège, vous ne craignez point; si elle vous conduit, vous ne vous fatiguez point; si elle vous est propice, vous arrivez au port.* Nous ne pouvons pas mieux conclure cette Lettre encyclique qu’en invitant chacun par les paroles du Docteur Melliflue à accroître chaque jour davantage sa piété envers la Vénérable Mère de Dieu et aussi à imiter ses sublimes vertus avec plus d’énergie, chacun selon son état de vie particulier.Si au cours du Xlle siècle, de graves dangers menaçaient l’Église et la société humaine, les crises qui pèsent sur notre époque ne sont certes pas moindres.Il n’est pas rare que la foi catholique, source des suprêmes consolations pour les hommes, soit languissante dans les âmes et même que, dans certaines régions et nations, elle soit publiquement attaquée, avec âpreté.Or, lorsque le culte chrétien est négligé ou expulsé comme un ennemi, on voit, hélas! les mœurs publiques et privées dévier du droit chemin et parfois même, par les failles des erreurs, tomber lamentablement dans le vice.Au lieu de la charité qui est le lien de la perfection, de la concorde et de la paix, on substitue les haines, les rivalités et les discordes.Quelque chose d’inquiet, d’anxieux et de trépidant pénètre les esprits humains; en effet, il est à craindre, si la lumière de l’Évangile peu à peu diminue et faiblit dans les âmes ou, ce qui est pire, si elle en est entièrement rejetée, que les bases mêmes de la société civile et domestique ne s’écroulent, à tel point que surviennent des temps pires encore et plus malheureux.De même, donc, que le Docteur de Clairvaux a demandé et obtenu le secours de la Vierge Marie, Mère de Dieu, pour son époque très troublée, nous tous, de même, avec la même ardente piété, et par notre prière supplions notre divine Mère d’obtenir de Dieu les remèdes opportuns à ces maux qui déjà grossissent ou menacent; qu’elle nous donne, grâce à Dieu, dans sa bonté et sa puissance, 206 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES de voir une paix sincère, solide et fructueuse, briller enfin pour l’Église, pour les peuples et pour les nations.Que ce soient les fruits abondants et salutaires qu’apportent sous l’auspice de saint Bernard les solennités centenaires de l’anniversaire de sa pieuse mort; que tous s’unissent â Nous dans ces prières suppliantes, tout en cherchant, par la considération et la méditation des exemples du Docteur Melliflue, à suivre ses saintes traces avec zèle et enthousiasme.Que ces fruits salutaires vous soient obtenus par la Bénédiction Apostolique que Nous vous accordons de tout cœur, Vénérables Frères, aux troupeaux confiés à chacun d’entre vous, particulièrement à ceux qui ont adopté le mode de vie de saint Bernard.Donné à Rome, près Saint-Pierre, en la fête de .a Pentecôte, le 24 mai de fannée 1953, de Notre Pontificat la quinzième.Pie XII, Pape.m Buysschaert, G., Isratl et le Judaïsme dans T ancien Orient.Bruges, Beyaert, coll.Renaissance et Tradition, 1953, 22 cm.390 pp.2 cartes, 165 francs belges.Cet ouvrage est partagé en 2 livres.Le premier traite d’Israël depuis ses origines jusqu’à la captivité de Babylone.Le deuxième est consacré au judaïsme post-exilien jusqu’à l’avènement du christianisme.Chaque livre se subdivise normalement en 2 sections: le cadre historique, et, dans ce cadre, l’exposé respectif d’Israël et du judaïsme.L’A.un spécialiste des questions bibliques, présente dans un ouvrage accessible l’Ancien Testament, replacé dans son cadre historique, géographique, culturel et religieux.A cette fin, il se sert de tout ce qui est présentement connu grâce aux fouilles et aux découvertes modernes.Il en résulte un livre vivant apte à donner une connaissance profonde de la Bible.Nous recommandons cet ouvrage aux religieux et aux religieuses, spécialement à ceux et celles qui doivent enseigner l’Ancien Testament.Montréal Adrien-M.Malo, O.F.M.La Sainteté de la Mère de Dieu.Paris, Téqui, coll.Présence du Catholicisme, 1951, 18.5 cm.119 pp.360 francs.La sainteté de Marie est étudiée dans les sources de la révélation: Bible, Pères et liturgie, en relation avec le mystère central de Marie: vierge et mère, dans son rapport avec l’Esprit Saint, dans son développement historique et sa consommation, dans ses propriétés et ses manifestations.Ces 12 leçons, professées dans un cours public de mariologie sous l’égide du Centre d’Études et de Recherches Mariales d’Angers, visent moins à l’originalité qu’à l’exactitude et â la précision.Elles profiteront à tous ceux et celles qui veulent établir leur dévotion à la Vierge sur les fondements solides de la révélation.Montréal Adriek-M.Malo, O.F.M. HISTOIRE L€ttr€ PROXimo mense pour le VII centenaire de sainte Claire Le 25 mai 1953, Pie XII adressa une lettre apostolique à S.E.Mgr Joseph-Placide Nicolini, évêque d’Assise, sur le Vile centenaire de la mort de sainte Claire d'Assise.Le texte en est publié dans les Acta Apostolicae Sedis (1953), 395-398.En voici notre fidèle traduction.Le mois d’août prochain marquera le septième centenaire du pieux départ de cette terre d’exil et de l’entrée au ciel de Claire, la première petite plante des pauvres sœurs de Saint-Damien d'Assise, la principale émule de saint François pour la conservation de la perfection évangélique (1).Cette occasion rappelle les convenances qui imposent la célébration de la mémoire d’une si grande vierge à la ville d’Assise dont l’éclat dû au patriarche séraphique est mis en relief par le nom et la vertu de Claire, à la très nombreuse famille franciscaine dont elle est une célébrité.C’est ce qu’à un titre encore supérieur désire l’Église catholique qui en Claire contemple avec joie un très remarquable exemple de la sainteté virginale.Quand nous repassons en notre esprit la vie de cette sainte et que avec vénération nous nous rappelons ce qu’à la faveur de la divine grâce elle a fait, ce qu’ont accompli la religion fondée par elle et les autres instituts qui en sont nés — ils furent innombrables au cours des siècles — nous n’hésitons pas à soutenir que l’Eglise et l’État doivent beaucoup à cette vierge.En même temps nous ne pouvons nous empêcher d’admirer le plan très sage de Dieu qui, alors que des ennemis plus violents se lèvent contre le christianisme, suscite dans son Église des héros et des héroïnes à la hauteur des besoins de l’époque, capables de défendre avec zèle et empressement les intérêts catholiques.Parmi celles-ci se dresse la sublime Claire, clarté par sa vertu et son nom, émergeant de ces temps enténébrés où, en vue de les éclairer et de les corriger, saint François d’Assise est providentiellement apparu.Dans cette entreprise, cette vierge donnée par Dieu comme principale collaboratrice et dispensatrice des célestes miséricordes s’est, avec le séraphique Père, illustrée d’une très pure lumière.1.Speculum perfection is c.108. 208 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES Née de la noblesse d’Assise, douée par la nature de dons encore plus nobles, à peine a-t-elle entendu les nouveaux messages de paix chrétienne et de pénitence apportés par le héraut séraphique, qu’elle s’éprend de la forme de vie évangélique proposée par François.Sans délai elle décide de la reproduire en elle-même.De ce projet ni la fragilité de l’âge, ni l’opposition des parents, ni les rigoureuses austérités du nouveau genre de vie ne purent la détourner.Bien plus, à l’invitation du très bienheureux père François, une nuit quittant en secret la maison paternelle, elle s’enfuit à Sainte-Marie de la Por-tioncule; là renonçant très librement aux pompes du siècle, elle revêtit une tunique rude et pauvre, décida de prendre la pauvreté pour associée et compagne de toute sa vie, et se consacra totalement à Dieu.Après avoir triomphé dans ce premier combat, elle est reçue dans l’étroite enceinte de Saint-Damien afin de pouvoir s’y adonner à la contemplation.Là, cachée avec le Christ en Dieu (2) pendant 42 ans, elle n’eut rien de plus cher, ni ne rechercha rien autant que de reproduire très parfaitement en elle-même l’idéal de François et d’y conformer les autres dans la mesure de ses forces.La lumière très brillante dont rayonnait cette retraite solitaire et pauvre ne put pas rester longtemps cachée: venant de la noblesse et du peuple, de nombreuses vierges y accourent.Ébranlées par la réputation de sainteté de Claire, elles préfèrent aux charmes du monde le chaste amour du divin époux et désirent se soumettre à sa règle.Aussi bien bâtissant son nid dans le creux du rocher, la colombe d'argent enfanta un collège de vierges du Christ et fonda l'ordre des Pauvres Dames (3).Depuis ce jour, comme un arbre qui croît avec vigueur, nourrie et fécondée par la rosée de la divine grâce, la famille de saint François se partage en deux rameaux: l’un appartient surtout à l’action de la vie apostolique, l’autre comprend ces vierges consacrées à Dieu, qui dans l’enceinte du cloître sacré s’adonnent surtout à la contemplation et à l’expiation de leurs fautes et de celles des autres par la prière et la pénitence.S’il est assez facile de se représenter avec quel zèle Claire s’est employée par l’exercice des vertus très parfaites à servir les plans de la divine miséricorde, il est très difficile de le décrire.En fait, le plus qu’elle put elle s'efforça de ressembler au crucifié par une pau- 2.Col 3, 3.3.Légende de la merge sainte Claire, n.10. éM WM Retraite c (’Association Patronale des S 4-8 JL Mal o Le M prédicat Ad ne eur Cette ph ph de la de vertu justice otogi rep res Mg M Roy ete nvi par aurice uamsee par kvices Hospitaliers du Quebec N 1953 sacré les instructions à l’éxposé des richesses vivantes te 118 religieuse de 27 communautés différentes.)ert Côté, S.V.à prononcer l’allocution de clôture. Vile CENTENAIRE DE SAINTE CLAIRE D’ASSISE 209 vreté très parfaite (4).Bien qu’elle eût conservé l’intégrité de son innocence, elle immolait son corps virginal par les jeûnes et le mettait à la torture par de violents cilices.Méditant avec assiduité les souffrances du divin Rédempteur, rendant sans compter amour pour amour à ce divin amant, elle répandait des larmes abondantes.De plus pour le sacrement de l’Eucharistie elle ressentait une très vive ardeur; elle le considéra non seulement comme l’appui et la joie de sa vie mais aussi comme la base et la protection de son institut.C’est surtout la divine charité qui conduisait et stimulait son âme; de l’amour qui l’embrasait pour Dieu elle aimait tous les hommes et spécialement les filles confiées à ses soins.Celle qui traitait durement et avec sévérité son corps, ne lui accordant ni consolation ni repos, rayonnait de délicieuse douceur et d’exubérante miséricorde quand, dans les dernières années de sa vie, torturée par la violence des maladies, il s’agissait des angoisses, des misères et des infirmités des autres.Tous savent à quel point, grâce à sa prière suppliante et à son viril courage, elle fut pour ses concitoyens menacés de graves dangers une remarquable protectrice de la concorde, la porte-étendard de la paix, la pourchasseuse jamais vaincue des ennemis.De plus, il est incroyable combien largement et copieusement cette femme qui s’était dépouillée des biens humains reçut les dons de la divine sagesse.Non seulement la foule désireuse de l’entendre accourait vers elle, mais aussi les évêques, les cardinaux et même les pontifes romains avaient recours à ses conseils.Le séraphique Père lui-même avait la coutume de s’adresser à Claire dans les circonstances les plus difficiles de son ordre.C’est ce qu’il fit lorsque se posa l’angoissante question de savoir s’il devait lui-même imposer à ses religieux seulement la contemplation ou en plus les œuvres sacrées de l’apostolat; alors afin de connaître plus sûrement la volonté de Dieu, il alla trouver Claire et reçut sa réponse comme un oracle.Comblée des ressources de tant de vertus, Claire mérita que François lui manifestât un amour de préférence et vît en elle un puissant secours pour conserver sa règle religieuse et promouvoir son institut.Plus d’une fois les événements ont heureusement justifiée cette confiance.La fleur d’une si pure beauté répandit largement sur la terre son parfum; les vierges clarisses, rejeton très beau et toujours verdoyant des vertus de la mère législatrice, en ont conservé jusqu’au- 4.Ibid., n.14. 210 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES jourd’hui la très suave odeur.Grâce à leurs œuvres, les exemples et les commandements de Claire, comme un fleuve d’eau vive arrosant le champ de l’Église, ont traversé la suite des siècles avec tant de profit pour le salut du peuple de Dieu qu’aujourd’hui encore conservent toute leur vérité les nobles paroles prononcées par notre prédécesseur d’heureuse mémoire, Alexandre IV : Elle fut un candélabre de haute sainteté grandement resplendissant dans le tabernacle du Seigneur; à son immense splendeur de très nombreuses vierges ont accouru et accourent pour allumer leurs lampes à sa lumière.Elle a certainement planté et cultivé dans le champ de la foi la vigne de la pauvreté dont on cueille des fruits de salut riches et abondants.Elle fut la princesse des pauvres, la duchesse des humbles, la maîtresse des continents , Vabbesse des pénitents (5).Aussi personne ne s’étonnera qu’après un si long intervalle de temps écoulé depuis son départ, l’admiration et la dévotion des catholiques loin de s’affaiblir s’enflamment d’une nouvelle ardeur.C’est ce que démontrent suffisamment les solennités civiles et religieuses organisées en plusieurs endroits et surtout dans la ville que sa présence vivante a ennoblie de la lumière de sa sainteté et de la gloire de ses miracles.Volontiers nous louons et recommandons toutes ces célébrations, totalement confiant qu’il en résultera des fruits de salut pour le profit des individus et de la société civile.En effet notre époque peut trouver chez cette vierge abondante matière à imitation: elle ne diffère pas tellement de celle où Claire a vécu.Comme tous peuvent le voir, des dangers aussi grands menacent la société chrétienne, l’affaiblissement de la morale n’est pas moins grande.A cause du triste refroidissement de la charité, les luttes, les haines, la recherche effrénée des biens passagers troublent l’âme d’un grand nombre et tendent à renverser les fondements de l’ordre familial et civil.Qu’au cours de ces fêtes centenaires, tous les catholiques remplis de vénération tournent leurs regards vers cette sainte et se sentent entraînés à la générosité de la vertu.Surtout qu’ils apprennent d’elle le détachement du cœur des biens de la terre réduits à leur juste valeur, la maîtrise des passions par la mortification volontaire, l’extension à tous les hommes de la charité fraternelle; que ce siècle amolli comprenne combien il est estimable et heureux de suivre le Christ dans l’humilité et d’embrasser courageusement sa croix.Avec ces résul- 5.Lettre apostolique Clara clans, Anagni, 1255. Vile CENTENAIRE DE SAINTE CLAIRE D’ASSISE 211 tats, il serait permis d’attendre le renouvellement des mœurs chrétiennes et le retour à l’ordre, désirés depuis longtemps par tous les gens de bien.Maintenant nous sommes réconfortés par le doux espoir que l’illustre Claire obtiendra ces faveurs du Dieu tout-puissant.Dans une prière suppliante nous lui demandons instamment de protéger l’Église catholique de son très puissant patronage et de toujours regarder avec bienveillance le peuple d’Assise qui lui reste très attaché.Qu’elle assiste toute la famille franciscaine, en particulier les vierges clarisses, et qu’elle fasse surtout que par elle l’esprit franciscain devienne chaque jour de plus en plus florissant.Si jadis cet esprit a relevé la société troublée et presque ruinée et l’a ramenée à des mœurs plus chrétiennes, sans aucun doute il pourra aussi guérir opportunément les grands maux de notre siècle et en réparer heureusement les dommages.Fortifié par ce très doux espoir, nous vous accordons avec effusion de cœur, à vous vénérable frère, à toute la famille de saint François et de sainte Claire, à tout le peuple d’Assise, la bénédiction apostolique, gage des célestes faveurs.Donné à Rome, près Saint-Pierre, le 25 du mois de mai 1953, la 15e année de notre pontificat.Adrien-M.Malo, O.F.M., traducteur Pie XII.François d’assise, sur les traces du Poverello.Paris, Desclée de Brouwer, 1952, 24 cm.322 p.Les volumes sur François d’Assise ne manquent pas; il semblerait à première vue qu’il n’y ait plus rien à dire de lui.Chaque année, pourtant, nous apporte de nouveaux travaux qui nous le font mieux connaître et aimer.Le présent livre n’est pas à proprement parler une nouvelle biographie: il est plutôt, selon le mot de l’éditeur, un livre d’images.Mais quelle splendeur dans cette riche collection de photographies qui nous transporte, tout étonnés, sous les ciels d’Italie, dans les paysages de la Toscane! En feuilletant ce film merveilleux, nous pouvons suivre le Poverello sur les routes qu'il a parcourues, pénétrer dans les églises et les couvents qu’il a fréquentés, prier avec lui dans ces montagnes ou ces grottes solitaires où savaient se retirer les premiers franciscains.Et dans ce décor même qu’il a tellement aimé, François nous fait redécouvrir avec toute sa chaleur primitive ce message de fraternité, de pauvreté et de joie que nous enseigne la création et qu’il avait su si bien comprendre.A tous les religieux et religieuses amis de saint François et qui vivent de sa spiritualité, ce volume sera un précieux auxiliaire.Il les aidera à pénétrer plus concrètement dans son esprit et déposera dans leur cœur et sur leurs lèvres quelque chose de Pintime suavité du Cantique du Soleil.Montréal Claver Bisaillon, O.F.M. LITURGIE n.-D.D6S €COL€S I.— Aperçu historique.L’histoire de la dévotion à Notre-Dame des Ecoles ne dépasse guère un demi-siècle.Ce titre nouveau fut donné la première fois à la Ste Vierge par M.l’abbé A.Guyot, curé de Laroche, dans le département de l’Yonne (France) vers la fin du siècle dernier.Il l’introduisit d’abord dans ses écoles et, avec la bénédiction de S.S.Léon XIII, il parvint à fonder en 1894 la pieuse association de Notre-Dame des Écoles, enrichie de faveurs spirituelles par la S.Congrégation des Indulgences, le 24 août 1897.Malheureusement l’œuvre ne survécut pas à son fondateur, emporté par les persécutions du ministère Combes.Un autre titre prit aussi naissance vers la même époque, celui de Notre-Dame des Bonnes Etudes, dont l’invocation fut même enrichie de quelques indulgences, les 16 et 22 mai 1906, Cf.Acta S.Sedis, 39, 243.Mais ce vocable ne s’est guère répandu.Pendant ce temps, la dévotion à Notre-Dame des Écoles franchissait l’océan.Dès 1895, les Religieuses de la Congrégation de Notre-Dame, à Montréal, s’en firent les ardentes propagatrices.En 1903, lors de la bénédiction de la première bannière de Notre-Dame des Écoles, à l’École Normale, elles furent heureuses d’entendre M.Pierre Boucher de la Bruère, surintendant de l’Instruction publique à Québec, émettre le vœu que cette dévotion soit adoptée par toutes les écoles de la Province.Deux ans plus tard, S.S.Pie X approuva une image de Notre-Dame des Écoles par une bénédiction signée de sa main et, le 12 juillet 1911, il permit à S.Exc.Mgr Paul Bruchési de dédier la chapelle même de l’Ecole Normale sous ce vocable.Plus tard, en 1915, les Sœurs de la Congrégation de Notre-Dame firent placer au-dessus du maître-autel de cette chapelle une magnifique statue de Notre-Dame des Écoles, due au ciseau habile d’un sculpteur de la Maison Balduci et Giacomini, à Rome.L’image de Notre-Dame des Écoles, répandue partout aujourd’hui, n’est autre que la reproduction de cette statue.A la veille du Congrès Marial d’Ottawa, l’idée d’établir une fête particulière de Notre-Dame des Écoles et de placer la jeunesse étudiante sous ce vocable s’affirma plus fortement dans l’esprit de celles qui depuis cinquante ans en propageaient la dévotion dans toutes leurs maisons d’enseignement.Elles obtinrent tout d’abord, le 8 janvier 1947, que la fête du titulaire de la chapelle de leur École NOTRE-DAME DES ECOLES 213 Normale fut fixée officiellement par le Saint-Siège au troisième samedi d’octobre avec, en plus, la permission de faire célébrer une messe de la sainte Vierge4 ce même jour, dans toutes les maisons de leur Institut.Dès lors, tous les autres instituts enseignants, suivis bientôt par la Corporation générale des Instituteurs et des Institutrices catholiques de la Province de Québec, firent parvenir, au printemps de 1947, des requêtes au Conseil de l’Instruction publique, demandant que Notre-Dame des Écoles fût proclamée officiellement Patronne des Ecoles Catholiques et de la jeunesse étudiante du Québec.Accédant à leur désir, les Evêques du Comité catholique du Conseil de l’Instruction publique approuvèrent unanimement leurs requêtes, le 7 mai 1947, et confièrent à S.Exc.Mgr Charbonneau la mission de présenter la supplique au Saint-Siège.Le 24 octobre suivant, un Rescrit de la S.Congrégation des Rites (No-M.61-947) proclamait solennellement Notre-Dame des Écoles, Patronne de toutes les écoles et de la jeunesse étudiante de la Province de Québec, avec la faveur d’en célébrer la fête le troisième samedi d’octobre ou l’un des huit jours suivants.Le mouvement ne devait pas s’arrêter là.Aussitôt l’archidio-cèse d’Ottawa et la plupart des autres diocèses canadiens, notamment dans l’Ontario, les provinces de l’Ouest, le Nouveau-Brunswick et même la nouvelle province de Terre-Neuve, se mirent en branle pour répandre la dévotion à Notre-Dame des Écoles.Pendant qu’on célébrait, chaque année, avec grande ferveur dans tout le Québec la nouvelle fête au mois d’octobre et que cette dévotion y conquérait la gent écolièie, des demandes de statues, d’images, d’insignes, etc., provenaient de toutes les parties du Canada et même de l’étranger pour répandre le culte de Notre-Dame des Écoles et l’établir dans tous les centres d’enseignement.Au début de 1952, le mouvement avait pris une telle ampleur qu’une pétition fut présentée à la réunion plénière des Archevêques et Évêques du Canada, tenue au sein de la Conférence Catholique Canadienne, les 7, 8 et 9 octobre 1952, et acceptée unanimement par tous les Ordinaires, suppliant le Souverain Pontife d’étendre le Patronage de Notre-Dame des Écoles à toutes les écoles et à toute la jeunesse étudiante du Canada entier.La demande fut présentée par Son Exc.Mgr Paul-Émile Léger, lors du voyage qu’il fit à Rome avant de recevoir le chapeau cardinalice. 214 LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES Le 12 novembre 1952, la S.Congrégation des Rites agréait la requête des Évêques canadiens et constituait
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