La vie des communautés religieuses /, 1 février 1952, Février
Communautés Religieuses Vol.10, n.2 MONTRÉAL Février 1952 SOMMAIRE DOCUMENT PONTIFICAL Pie XII Et l'apostolat de la profession.33 SPIRITUALITÉ Bruno Hagspiel Contrôle de la Confession hebdomadaire.35 EXERCICES SPIRITUELS Georges Panneton Quoi lire.43 HISTOIRE Thomas Green woodLes Prêtres de Sainte-Marie.51 S.CONGRÉGATION CONSISTORIALE Cardinal Piazza Somme d'argent requérant permission du S.-Siège 54 DROIT DES RELIGIEUX F.C.S.P.Direction et perfection.57 COMMUNIQUÉS.:—^CONSULTATIONS — COMPTES RENDUS 2080 OUEST, RUE DORCHESTER — MONTRÉAL, 25 CANADA LA VIE des COMMUNAUTES RELIGIEUSES publiée par les RR.PP.Franciscains du Canada paraît le 15 de chaque mois, excepté juillet et août en fascicule de 32 pages.Abonnement : $ 2.00 par année Directeur : R.P.Adrien-M.Malo, O.F.M.Conseil de direction : S.E.Mgr J.-C.CHAUMONT, vicaire délégué pour les communautés religieuses.Mgr J.-H.CHARTRAND, vicaire général d'Ottawa.M.le Chanoine Cyrille LABRECQUE, directeur de la Semaine Religieuse de Québec.Secrétariat : 2080 ouest, rue Dorchester, Montréal 25, P.Q., Canada.Téléphone : Wllbank 7498, de 2h.à 5h.de l'après-midi tous les jours, excepté le samedi et les fêtes.Imprimeurs et expéditeurs : Les Frères des Écoles Chrétiennes, 959, rue Côté, Montréal 1, P.Q., Canada.e Nihil obstat : Hadrianus-M.MALO, O.F.M.censor ad hoc Imprimatur : t PAUL-ÉMILE, Archevêque de Montréal.Marianopoli die 3a Februarii 19 5 2 © Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe, Ministère des Postes Ottawa IMPRIMÉ AU CANADA FEINTED IN CANADA îta££E0s33 41 LR VIE D€S communfiUTés r€ligi€us€s Vol.10, No 2 Montréal Février 1952 DOCUMENT PONTIFICAL Pl€ XII €T L'RPOSTOLRT D€ LR PROf€SSIOn L’Osservatore Romano du 29-30 octobre porte le texte italien d'une magistrale instruction de Pie XII aux participantes du congrès de I Union catholique des sages-femmes.Ce discours contient de riches aperçus sur la mission apostolique de toute profession.Nous en reproduisons les principaux pour servir les meilleurs intérêts de nos lecteurs.N.D.L.R.Toute profession voulue par Dieu comporte une mission, celle de mettre en pratique, dans le domaine de la profession même, les pensées et les intentions du Créateur et d’aider les hommes à comprendre la justice et la sainteté du dessein de Dieu, et le bien qui découle pour eux-mêmes de son accomplissement.Pourquoi vous appelle-t-on ?Parce qu’on est convaincu que vous connaissez votre métier, que vous savez ce qui est nécessaire., comment ces dangers peuvent être évités ou surmontés.On attend de vous aide et conseil, naturellement pas d’une façon absolue, mais dans les limites du savoir et du pouvoir humain, selon le progrès et l’état actuel de la science et de la pratique dans votre spécialité.Si on attend de vous tout cela, c’est parce qu’on a confiance en vous, et cette confiance est, avant tout, une chose personnelle.Votre personne doit l’inspirer.Qu’une telle confiance ne soit pas trompée, non seulement c’est votre vif désir, mais c’est encore une exigence de votre service et de votre profession et, par suite, un devoir de votre conscience.C’est pourquoi vous devez tendre à vous élever jusqu’au sommet des connaissances spécifiques à votre profession.Mais votre habileté professionnelle est encore une exigence et une forme de votre apostolat.Quel crédit, en effet, trouverait votre parole dans les questions morales et religieuses liées à votre métier, si vous vous montriez en défaut dans vos connaissances professionnelles ?Au contraire, votre intervention dans le domaine moral et religieux sera d’un tout autre poids, si vous savez inspirer le respect par la supériorité de vos capacités professionnelles.Au jugement 34 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES favorable que vous vaudra votre mérite s’ajoutera, dans l’esprit de ceux qui recourent à vous, la persuasion bien fondée que le christianisme convaincu et fidèlement pratiqué, loin d’être un obstacle à la valeur professionnelle, y apporte un stimulant et une garantie.Ils verront clairement que, dans l’exercice de votre profession, vous avez conscience de votre responsabilité devant Dieu ; que, dans votre foi en Dieu, vous trouvez le motif le plus fort de soigner les malades avec d’autant plus de dévouement que le besoin est plus grand ; que vous puisez dans vos solides principes religieux la force d’opposer à des pratiques déraisonnables et immorales (de quelque part qu’elles viennent) un refus calme, mais intrépide et irrévocable.• Ne vous laissez pas impressionner dans la pratique de votre profession et dans votre apostolat par ce grand mot d’impossibilité, ni en ce qui regarde votre jugement intime, ni en ce qui se rapporte à votre conduite extérieure.Ne vous prêtez jamais à rien qui soit contraire à la loi de Dieu et à votre conscience chrétienne ! C’est faire tort aux hommes et aux femmes de notre temps que de les estimer incapables d’un héroïsme continu.Aujourd’hui, pour tant de motifs— peut-être sous l’étreinte de la dure nécessité ou quelquefois au service de l’injustice, — l’héroïsme s’exerce à un degré et avec une extension que dans les temps passés on aurait cru impossibles.Pourquoi donc cet héroïsme, si vraiment les circonstances l’exigent, devrait-il s’arrêter aux frontières marquées par les passions et les inclinations de la nature ?C’est bien clair : celui qui ne veut pas se dominer lui-même ne le pourra pas, et qui croit pouvoir se dominer, en comptant seulement sur ses propres forces, sans chercher sincèrement et avec persévérance le secours divin, restera misérablement déçu.• Votre profession vous ouvre un vaste champ d’apostolat aux multiples aspects, apostolat moins de parole que d’action et de direction ; apostolat que vous ne pouvez exercer utilement que si vous êtes bien conscientes du but de votre mission et des moyens pour l’atteindre, et si vous êtes douées d’une volonté ferme et résolue, appuyée sur une profonde conviction religieuse, inspirée et renforcée par la foi et la charité chrétienne.Città del Vaticano Pie XII. SPIRITUALITE Le conTROLe De votr€ confession H6BDOITIADAIR6 Tout d’abord, nous devons essayer de voir le sacrement de Pénitence dans sa vraie lumière, si nous voulons nous en approcher avec des dispositions convenables, avec empressement, et non avec angoisse et trouble.Si nous pensons aux circonstances dans lesquelles il nous a été donné, nous verrons facilement qu’il ne fut jamais destiné à être un instrument de torture, mais quelque chose de sacré, de réconfortant, de beau comme la divine miséricorde qui l’a inspiré.C’est un don pascal, un don de paix et de joie que le Christ nous fit au soir de sa résurrection.Ce fut l’apogée de la visite qui avait commencé par le souhait: Pax vobis.Alors le Christ souffla sur ses Apôtres nouvellement rachetés, et avec ce souffle leur fut communiquée la puissance de transmettre aux générations futures, jusqu’à la fin des temps, la paix du Christ et son éternelle Rédemption.C’est le sacrement de pénitence qui nous prouve que l’effrayante puissance de pécher de l’homme ne peut jamais épuiser la puissance qu’a Dieu de pardonner.Une seconde pensée de nature à nous amener à un juste point de vue, est la considération des bienfaits que ce sacrement nous apporte.En premier lieu, il remet nos péchés graves aussi bien que les véniels.Secondement, il délivre de l’éternel châtiment que le péché mortel rendrait inévitable.Troisièmement, il enlève une grande partie de la peine temporelle; nous ne pouvons savoir dans quelle mesure, puisque cela dépend de nos dispositions dans la réception du sacrement.En quatrième lieu, nos mérites passés, perdus par le péché mortel, nous sont complètement rendus.Par conséquent, il n’est pas question de frustration ni de la décourageante nécessité de recommencer avec rien à notre crédit.Tout est regagné et nous possédons encore les fruits de nos efforts passés.Le cinquième bienfait est la grâce de vivre conformément aux exemples que le Christ nous a donnés, selon notre état de vie.Pour notre part nous devons reconnaître l’importance de ne jamais omettre la confession aux temps désignés par la règle et par la loi canonique.Pour les religieux, l’Église dit: Saltern semel in hebdomada, ce qui signifie au moins une fois la semaine.Pour les prêtres séculiers, par exemple, la loi spécifie seulement: Frequenter, fréquemment, qu’on interprète comme à peu près, toutes les trois semaines.La raison pour laquelle les religieux doivent se confesser pratiquement une fois la semaine est qu’ils sont censés vivre dans l’état de perfection, et par suite cultiver une spéciale pureté de conscience.En prenant cette précaution, l’Eglise montre une sollicitude pour laquelle les religieux doivent sûrement être profondément reconnaissants.Les circonstances mêmes dans lesquelles ce sacrement qui donne 36 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES la vie peut être administré sont extraordinaires et montrent combien Notre-Seigneur était désireux d’en rendre l’accès aussi facile que possible aux pénitents.Les autres sacrements sont entourés d’une certaine cérémonie pour laquelle différentes matières sont employées: par exemple, l’eau, l’huile et le sel, dans le baptême; le saint chrême dans la confirmation; l’huile sainte dans l’extrême-onction, etc., ou des cierges, certains ornements et même des objets encore moindres servant à les administrer.Pour la confession seulement, il n’est rien requis de tout cela.Elle peut se faire n’importe où: en marchant, ou conduisant une voiture, dans l’église, à la maison, sur la rue; partout un pécheur peut recevoir le pardon de ses péchés de la part du représentant du Christ.Et pourtant, combien Notre-Seigneur aurait eu raison d’en rendre pénibles les conditions ! Il aurait pu demander la confession publique ou la confession en présence d’un certain nombre de prêtres.Il aurait pu restreindre l’administration du sacrement à quelques endroits, Rome, peut-être, ou Jérusalem.Il aurait pu arriver qu’un seul prêtre dans l’univers eût eu le pouvoir d’entendre les confessions et que les fidèles eussent dû aller loin.Au lieu de cela, la confession est simplement auriculaire, elle se fait à n’importe quel prêtre et celui-ci est tenu au plus strict secret par le sceau de la confession.Des multitudes de prêtres sont munis de pouvoirs et à notre portée.Dans le cas de religieuses, il n’y a pas même la peine d’aller à l’église et d’at- tendre en ligne.Le confesseur vient à vous dans la chapelle de votre propre couvent.L’effusion de la miséricorde divine est rendue facile.Vous n’avez aucun sujet d’angoisse.Ce qu’a obtenu Notre-Seigneur suspendu à la croix, tout sanglant, vous le recevez moyennant le seul frais de petits efforts; quelques pas, quelques moments sacrés, et tout est bien.Votre salut éternel est assuré une fois de plus.Il est vrai cependant que la confession est toujours plus ou moins humiliante, mais comme dit saint Augustin: vous avez eu Vaudace d’offenser Dieu délibérément, vous devez aussi avoir le courage de l’avouer.9 Venons-en maintenant au vrai moyen de contrôle.Nous devons commencer par une revue des actes de base et que le catéchisme nous a appris, à savoir que notre préparation pour le sacrement de pénitence consiste en trois degrés consécutifs.Le 1er est l’examen de conscience, lequel peut se faire simplement et rapidement, si nous sommes fidèles à l’examen quotidien du midi et du soir.Un trop grand nombre parmi nous, emploient trop de temps pour l’examen, et pas assez pour la contrition et le propos de s’amender.Deux ou trois minutes devraient suffire après un soigneux examen de chaque jour.Si une faute est sérieuse, nous l’apercevons en général à l’instant.Prenez simplement les mauvaises herbes de chaque jour, faites-en un faisceau et placez-le aux pieds du confesseur. CONTROLE DE LA CONFESSION HEBDOMADAIRE 37 Saint Clément Hofbauer qui était confesseur d’une communauté religieuse à Vienne, vint un jour plus tôt qu’il n’était attendu.Les Sœurs furent mal à l’aise, tracassées, l’une demandant à l’autre d’entrer avant elle au confessionnal, parce qu’elle n’était pas préparée, et recevant cette réponse : je ne suis pas prête non plus.Et ainsi de suite.Après les confessions, saint Clément donna une instruction dans laquelle il fit allusion au malaise général résultant du fait de n’être pas préparé pour la confession quand on est pris à l’im-proviste.Il y a deux choses, dit-il> pour lesquelles nous devrions être toujours prêts: la mort et la confession.La mort n'envoie pas de cartes d'appel pour annoncer sa venue.Ainsi nous devons être à tout moment prêts pour la confession.Le 2e degré, la contrition est en elle-même la plus importante partie du sacrement de pénitence.Elle concerne le passé, mais elle contient aussi les germes de l’avenir, si elle est ce qu’elle doit être.Nous devons prendre soin d’exciter une contrition qui soit surnaturelle dans ses motifs, et tous nos efforts doivent tendre à produire un acte de contrition parfaite, une peine du péché, causée par l’amour de Dieu.Ceci n’est pas aussi difficile que nous serions inclinés à le croire.N’importe qui peut aimer.Nos cœurs ont été faits pour aimer, et personne n’est aussi aimable que Dieu: personne non plus n’a des droits aussi forts à être aimé de nous.Personne n’est aussi bon en soi, personne n’a été aussi bon pour nous, et nul n’est aussi beau.La contrition imparfaite est une chose négative et elle replie sur soi.Il n’y a en elle aucune générosité.Vous savez, naturellement, qu’un sentiment d’amour n’est pas du tout essentiel.Les émotions ou l’absence des émotions peuvent nous induire en erreur et faire dévier nos efforts aussi bien que notre jugement.La puissance de cet amour réside dans la volonté qui est une force si redoutable qu’elle peut dominer même ses propres vouloirs, et par suite ses désirs.Nous pouvons faire bien des faux pas sur notre chemin vers le parfait amour, mais aussi longtemps que nous le désirons, nous sommes sûrement tournés dans la bonne direction.Nous pouvons même dire à Dieu:désire vous aimer, vous préférer à toute créature, vous mon Père, le meilleur des pères.C’est l’acte par excellence, la sainteté de l’effort et Dieu, dans sa bonté, l’acceptera.Le 3e degré et, à mon sens, le plus important au point de vue pratique, est le propos d’amendement.Dans la plupart des cas, cette partie du sacrement ne reçoit pas l’attention qui lui est due.Cela ne veut pas dire qu’elle doive toujours être explicite, mais bien que l’idée que nous en avons est trop confuse et que l’attention que nous lui donnons est souvent négligée.Nous ne considérons pas assez concrètement chacun de nos péchés, nous ne combattons pas séparément nos défauts habituels.Même les fautes les plus graves que nous commettons rarement, ou tout au plus, occasionnellement, ne sont peut-être pas aussi dommageables à notre croissance spirituelle et ne jettent 38 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES pas un doute aussi sérieux sur la validité de nos résolutions d’amendement que les fautes habituelles que nous acceptons presque comme inévitables et par conséquent, comme une chose entendue.Plus d’une fois, des sœurs seront troublées au sujet de leurs confessions passées ou au sujet de la possible insuffisance de leur contrition.Elles devraient plutôt se demander si elles ont ou non un propos bien résolu de s’amender.Plus d’une fois j’ai entendu la plainte: Mon Père, je suis dégoutte.J'ai toujours la même litanie de péchés.Entendant cela, je me dis: Est-ce que je ne le sais pas moi ?Tout prêtre est familier avec les confessions routinières, genre cliché, et bien qu’il ne sache pas quelle est la personne, il reconnaît la voix et bientôt il reconnaîtra les mêmes anciennes fautes qu’expriment cette voix.A cette expression de mécontentement, il y a deux réponses possibles.Tout d’abord, nous n’avons peut-être pas besoin d’être surpris de la répétition des mêmes fautes: chacun de nous a son propre tempérament et vit dans des circonstances déterminées et à peu près invariables.Comme religieuses, les conditions de votre vie quotidienne demeurent en grande partie les mêmes.Vous êtes entourées des mêmes personnes et, jour par jour, vous faites le même travail.Alors il n’est pas surprenant que vos défauts et vos péchés soient les mêmes.D’un autre côté, il peut y avoir quelque chose de défectueux dans votre propos d’amendement.Vous pouvez ne pas donner l’at- tention voulue aux manquements individuels.Avez-vous une façon routinière de vous confesser ?Vos péchés sont-ils la plupart du temps habituels ?Si oui, demandez-vous si vous avez pris ou non des mesures déterminées pour les vaincre ou au moins en diminuer le nombre.Avez-vous prévu clairement la façon de les déraciner ?Avez-vous pris les moyens d’y arriver ?Si non, vous avez des raisons de douter de la sincérité de votre propos d’amendement, lequel est la pierre de touche de la sincérité de votre contrition.Un exemple concret servira à illustrer ce point.Nous prendrons, disons, une confession typique pour sujet de l’épreuve.Une sœur vient au confessionnal et dit: Depuis ma dernière confession, je n'ai pas été prompte, j'ai manqué au silence et péché contre la charité.S’il vous plaît, mon Père, la pénitence et l'absolution.Apparemment, il n’y a rien de défectueux dans cette confession.Pourquoi le prêtre en douterait-il ?Si cependant je suis bien conscient de mon devoir comme confesseur et si je reconnais cette confession comme une confession genre cliché, je deviendrai défiant.Il y a quelque chose à redresser.Si je suis le confesseur ordinaire, je dirai probablement: — Ma sœur, comme vous avez si souvent répété cette confession identique, je me demande s’il n’y a pas quelque chose de défectueux.Vous allez m’aider, je vais analyser cela et puis faire un petit diagnostic.Vous dites, semaine après semaine, que vous n’êtes pas prompte.Voulez-vous dire peut-être, que vous n’êtes CONTROLE DE LA CONFESSION HEBDOMADAIRE 39 pas prompte à aller au réfectoire ?Vous êtes devenue si détachée des besoins du corps que vous en oubliez presque l’heure des repas ?Est-ce cela ?—Oh non, mon Père, j’ai honte de moi-même, mais je ne suis pas prompte au lever.— Bien, c’est différent.Combien de temps différez-vous à vous lever ?— Quelquefois cinq ou dix minutes, quelquefois jusqu’au dernier moment.— Combien de fois la semaine dernière ?— A peu près cinq fois, mon Père.— Et la semaine précédente ?— Quatre ou cinq fois.— J’ai bien de la peine, ma sœur, mais vous avez là un égoïsme habituel.Rester au lit par paresse est un grand manque de générosité.Vous refusez de donner à Dieu les premiers fruits de la journée.C’est certainement déplorable, n’est-ce pas ?Discuter avec votre oreiller ?Laisser Dieu attendre jusqu’à ce qu’il vous plaise de lui donner une petite attention ?Cela ne peut continuer.— Je le sais, mon Père; {la voix est devenue très faible).Mais voulez-vous m’aider ?— Certainement, certainement, mais attendez un peu.Au sujet du silence ?Avez-vous parlé pendant le travail ?Avez-vous salué quelque sœur que vous n’avez pas vue peut-être depuis son retour d’une autre mission ?Dans votre exubérance, lui avez-vous crié: « Bonjour ! bonjour ! Que je suis contente de vous voir ! )) — Non, mon Père, je crains que cela ne soit plus sérieux.C’était le grand silence et je l’ai rompu de façon habituelle.— Combien souvent la semaine dernière ?— Presque chaque soir.— Et la semaine précédente ?— Cinq ou six fois.— Maintenant, ma sœur j’espère que vous ne me trouverez pas trop curieux si je vous questionne un peu davantage sur cela.Vous ne parlez pas avec vous-même, ou les murs, n’est-ce pas ?— Non, mon Père, nous étions trois.— Toujours les mêmes ?— Oui, mon Père.— Je comprends, une sorte de clique, n’est-ce pas ?— Nous sommes des amies, mais c’est peut-être une clique, mon Père.— Et combien durait cette intéressante conversation ?— Quelquefois jusqu’à dix ou onze heures, quelquefois jusqu’à minuit.Une fois jusqu’à une heure.—• Assez sérieux, n’est-ce pas ?Je suppose que vous discutez, disons, de choses concernant votre progrès spirituel ?Des moyens d’avancer dans l’amour de Dieu ?ou de devenir toujours meilleure que vous ne l’êtes envers vos consœurs ?— S’il vous plaît, mon Père, vous savez mieux.— Oui, je sais mieux.Je sais que cela ne peut continuer.Je sais aussi que vous vous malédifiez l’une l’autre et qu’en même temps vous donnez un mauvais exemple à celles qui peuvent vous avoir vues.Toutes trois vous donnez le scandale.Vous auriez 40 LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES dû être au lit à neuf heures et demie; par conséquent, vous avez manqué à la règle.De plus, vous étiez coupables de calomnie et de détraction.Vous bavardiez.Est-ce que je dis vrai ?— Oui, mon Père, je crois que vous y êtes; {la voix, cette fois, était à peine perceptible').Le confesseur continue: Si vous vous couchez tard, il est peu étonnant que vous ne puissiez vous lever promptement.Un cheval même ne peut résister, à moins d’avoir sept heures de sommeil.Vous étiez également incapable de bien prier.Vous ne pouviez recueillir vos pensées pour faire une méditation.Vous vous endormiez tout le jour et ne pouviez donner votre meilleur travail à la communauté.— Mon Père, je n’ai jamais considéré les choses de cette façon.Vraiment vous me faites réfléchir.Dites-moi, s’il vous plaît, comment je puis m’en corriger.— Ayez patience, ma sœur.Allons d’abord à votre troisième accusation.Attaquons le péché contre la charité.Avez-vous peut-être été un peu explosive ?Avez-vous dit son fait à quelqu’une ?Etait-ce cela ?— Non, mon Père, c’était plus sérieux que cela.Et la pénitente avoue que pendant une année elle s’est assise à côté d’une sœur qu’elle ne peut supporter.« Je ne peux l’endurer, mon Père; {en meme temps, la voix a augmenté de volume).Elle m’irrite constamment, même quand je ne fais que la regarder.Elle m’a blessée une fois et quand elle m’a demandé pardon, je lui ai tourné le dos et lui ai dit de s’en aller )>.— Vous avez fait cela, ma sœur ?Et vous demeurez dans cette malveillance à l’égard d’un membre de votre communauté ?Comment pouvez-vous agir ainsi ?Jour après jour, les mains jointes, vous allez à la sainte communion et vous vous agenouillez près de celle avec qui vous refusez de vous réconcilier, à la table de l’immortel amour de Dieu.Pensez-vous que Notre-Seigneur peut vous sourire ?Pensez-vous qu’il peut vous donner ses bénédictions, quand votre cœur est dur à l’égard d’une compagne ?Vous attendez-vous à ce qu’il croit à votre amour pour lui ?Je vous assure qu’il ne vous bénit pas, à cause de votre persistant refus de pratiquer la charité envers un membre de votre famille spirituelle.Cette Sœur est aussi bien que vous l’épouse de Jésus-Christ.Pensez-vous avoir été une bien fidèle épouse ?Cette fois, il ne vient pas de réponse- de l’autre côté de la grille.Le confesseur poursuit avec une autre question: « Etes-vous prête à pardonner et à réellement oublier ?Si non, il n’y a pas d’absolution.Je ne peux charger ma conscience d’une aussi grave responsabilité.Voulez-vous, après cette confession, aller tout de suite trouver la Sœur en question et lui dire que tout est oublié ?)) — Volontiers, mon Père.— Et la prochaine fois que vous viendrez à confesse, j’en attendrai de vous un compterendu.Maintenant, retournons aux deux autres points.Je ne vous donnerai pas comme pénitence quelques Notre Père ou des orai- CONTROLE DE LA CONFESSION HEBDOMADAIRE 41 sons jaculatoires.Cela ne vous corrigerait pas.Mais je vous demanderai, comme pénitence sacramentelle que chaque fois que vous aurez fait la paresse en restant au lit, même une minute après le temps où le signal aura été donné ou toutes les fois que vous aurez rompu le silence après la prière du soir, que vous alliez chez votre Supérieure pour le lui avouer et lui demander une pénitence.Croyez-moi, ma sœur, vous allez vous corriger.Dieu sait que par ce moyen, j’ai corrigé, non seulement des douzaines, mais des centaines de pénitents, et pas rien que dans le monde, mais aussi dans l’état religieux._ Nous devons être sérieux, aviser aux moyens précis d’éviter les péchés d’habitude et employer des mesures radicales afin de pouvoir en réduire le nombre et peut-être finalement les déraciner.Saint Clément Hof-bauer disait aux Ursulines de Vienne qu’il entendrait plutôt les confessions de tout un régiment de soldats que d’une religieuse tiède.Les soldats, tout le monde le sait, sont exposés à bien des dangers; mais quand ils viennent à confesse, ils sont sérieux et veulent réellement rompre avec le péché.Tandis qu’une religieuse y vient fréquemment et fait entendre son récit presque invariable de fautes habituelles.Le confesseur ne sait pas dans quelle mesure, grande ou petite, elle s’est inquiétée de faire une parfaite et sincère préparation.Nous devons d’abord nous confesser en esprit de foi.Le prêtre tient la place de Dieu et quand nous nous agenouillons devant lui et que les paroles de 1 absolution en la personne même du Christ sont prononcées sur nous, le pardon du Christ les accompagne et nous sommes par-donnés en vérité.Dominus no-ster.et ego auctoritate ipsus te absolvo.Deinde ego te absolvo.Deuxièmement, nous devons nous confesser en esprit d’humilité.Ne cédez jamais à la pensée que vous parlez simplement à un être humain.Ne laissez jamais un instant se loger dans votre imagination cette folle question: Qu est-ce que le prêtre va penser de moi ?Le prêtre a des choses plus importantes à faire que de se rappeler les péchés pardonnés de ses pénitents.Il sait de plus qu’il est lui-même un pécheur et que lui aussi doit confesser ses fautes.Pour lui, c’est meme plus humiliant de s’agenouiller comme pénitent devant un confrère, que ce ne l’est pour vous d’aller à confesse en la manière habituelle.Troisièmement, nous devons aller à confesse en esprit de confiance, nous rappelant la tendresse du Christ envers le pécheur repentant, son indéfectible compassion, ses impérissables paroles d’encouragement: Va en paix et ne pêche plus était son mot de renvoi et de réassurance, quand il enlevait le fardeau de sur les âmes des hommes.Ne pêche plus! C’est tout aussi bien pour vous la pierre de touche du repentir.Par conséquent, n’épargnez aucun effort.La fin en vaut bien la peine.Contrôlez durant votre retraite, contrôlez au jour de la récollection mensuelle, contrôlez sans cesse vos confessions hebdomadaires et vous gagnerez la joie, vous ex- 42 LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES périmenterez la tranquillité, vous pénétrerez plus profondément le Granby sens de la parole du Christ Va en paix et ne pèche plus.Bruno Hagspiel, S.V.D.CLERGÉ INDIGÈNE Il est clair que l’Église ne peut s’établir convenablement en de nouvelles régions à moins que les institutions et les œuvres n’y soient organisées comme il faut, à moins surtout qu’un clergé indigène à la hauteur des besoins n’y soit créé et formé.Pie XII, encyclique Evangelii praecones 21 juin 1951.INSTITUT ET ÉGLISE Le missionnaire doit avoir un grand amour pour son pays et pour son institut, mais il doit aimer encore davantage l’Église.Et qu’il se souvienne que son institut ne tirera aucun profit de ce qui s’oppose au bien de l’Église.Pie XII, encyclique Evangelii praecones 21 juin 1951.ASSISTANCE SANITAIRE Il nous plaît de recommander vivement les œuvres et les établissements qui s’emploient dans la mesure du possible auprès des malades, des infirmes, des éprouvés de tous genres : hôpitaux, léproseries, dispensaires, hospices pour vieillards, maternités, orphelinats, refuges pour nécessiteux.Ces œuvres qui nous paraissent pour ainsi dire les fleurs les plus belles du jardin où se dépensent les ouvriers de l’Évangile, font revivre sous nos yeux en quelque sorte le divin Rédempteur en personne « qui passa en faisant le bien et en guérissant les malades » Act 10, 38.Pie XII, encyclique Evangelii praecones 21 juin 1951.necROLOGie (2 Janvier 1952) R.F.Joseph Ouellet, C.S.V.— R.F.Louis-Napoléon Lussier, C.S.V.— R.S.Amélina Dion, A.S.V.— R.S.Marie-Amanda Valida Beaulne, C.N.D.— R.S.Marie-Albertine Matte, C.N.D.— R.S.Marie-Éva Belleville, C.N.D.— R.S.Marie-Donalda Laberge, C.N.D.— R.S.Élisabeth Nolin, F.C.S.P.— R.S.Marie-Georgiana Pagé, F.C.S.P.— R.S.Marie-Bernadette Dionne, F.C.S.P.— R.S.Valentine Prénoveau, F.C.S.P.— R.S.Marie-Élisa-Eulalie Forget, F.C.S.P.— R.S.Mary Ann Ryan, F.C.S.P.— R.S.Marie-Joséphine Gauthier de Varennes, F.C.S.P.— R.S.Marie-Clarisse-Albina Ger-vais, F.C.S.P.— R.S.Suzanne Robichaud, P.S.S.F.— R.S.Xavérine Perrault-Ste-Catherine, S.G.M.— R.S.Flore-Cossette-Martel, S.G.M.— R.S.Olivine Magnan, S.G.M.— R.S.Aimée Carbonneau, S.G.M.— R.S.Julia Sénécal, S.G.M.— R.S.M.-Louise Lagarde, S.G.M.— R.S.Marie-St-Onge, S.G.M.— R.S.Rosina Dupré, S.S.N.N.J.M.- R.S.Cécilia Barette, S.S.N.N.J.M.umj ^¦pwnv'HBa EXERCICES SPIRITUELS Lfl L6CTUR6 SPIRITU6LL6 II.QUOI LIRE La vie est trop courte : il ne faut lire que les livres les meilleurs.Cette maxime s’applique surtout aux personnes consacrées à Dieu, dont tous les instants sont si précieux.Mais le choix des livres spirituels, même les meilleurs, peut varier selon les personnes et les circonstances.Il faut d’abord distinguer la lecture publique et la lecture privée.La lecture -publique, faite en communauté, est un exercice de règle.Elle influe considérablement sur la mentalité de la famille religieuse ; elle comporte une sorte d’approbation implicite des autorités de la maison sur les jugements de l’auteur, d’autant qu’il n’est pas facile de rectifier, dans tous les esprits, les idées erronées qu’aurait pu y semer la lecture publique.Il importe donc que la personne chargée de choisir les lectures de communauté soit très prudente, bien informée et douée d’un jugement sûr ; qu’elle choisisse des livres de tout repos, convenant à la moyenne des personnes qui forment son auditoire (1).Pour la lecture privée, c’est moins compliqué.Chaque religieux sera guidé par sa propre expérience ; il prendra conseil du bibliothécaire, et, si nécessaire, de son supérieur ou de son directeur de conscience.Nous pouvons classer les livres de lecture spirituelle en trois grandes sections : Écriture-Sainte, Histoire de l’Église, Vie des Saints et Livres de spiritualité.1.U Écriture-Sainte.La Bible, seul livre directement inspiré, parole de Dieu authentique, dont chaque page recèle une grâce spéciale pour nous faire avancer dans la connaissance et l’amour de Dieu, et dans l’imitation de notre divin Sauveur.Ce Livre immense, universel, contient dans l’Ancien Testament 46 livres, dans le Nouveau 27, soit un total de 73 livres, qu’il faut lire en entier au moins une 1.Le directeur ou la directrice des lectures préparera toujours d’avance le chapitre qui doit être lu en communauté, et elle n’hésitera pas à marquer au crayon « passé )) les phrases qui ne conviendraient pas ou qui pourraient malédifier l’auditoire.Ce n’est pas étroitesse d’esprit, mais légitime surveillance, afin de sauvegarder l’esprit religieux de la communauté.Dans les meilleurs ouvrages, il peut se glisser des passages douteux ou dommageables aux âmes timorées. 44 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES fois dans sa vie.Nous en trouvons des tranches dans le Missel, pour le commun des chrétiens ; mais tous sont invités à lire la Bible en entier, surtout les prêtres et les religieux : ce serait une honte que les âmes consacrées délaissassent la Parole de Dieu, négligeassent l’Écriture-Sainte.Pour la lecture du Nouveau Testament, vous avez toute liberté : faites-en une lecture fréquente et bien méditée.Quant à la lecture de l’Ancien Testament, vous devriez prendre le conseil de votre directeur de conscience.Vous pouvez lire avec profit la Bible en un seul volume (2).Mais il est préférable, selon la recommandation de l’Église, de choisir, quand on le peut, une grande Bible avec commentaires détaillés en plusieurs volumes ; vous lirez les notes au bas des pages, pour éclairer les passages obscurs et pour faire l’application spirituelle (3).Sur la lecture de l’Écriture Sainte, vous trouverez d’autres conseils judicieux dans le Précis de théologie ascétique et mystique de Tanquerey (nos 574-5).Dans une lettre qu’il envoie à la vierge romaine Eustochium, saint Jérôme raconte qu’au début de sa vie religieuse, il eut un songe fort impressionnant.Il se voyait transporté au tribunal de Dieu.Celui-ci lui demande sévèrement : (( Qui es-tu ?)) Jérôme répond : «Je suis chrétien!»—«Tu mens! Tu es disciple de Cicéron: car là où est ton trésor, là est ton cœur.» Et la voix se fait terrible : « Qu’il soit flagellé ! » A son réveil, Jérôme portait sur les épaules les marques des coups de fouets.Depuis ce temps, il laissa de côté les livres profanes : Cicéron, Virgile, Plaute, qui, auparavant, faisaient^ ses délices ; et il mit toute son ardeur à lire et à traduire la Sainte Écriture, devenue son unique livre de chevet (4).Cette leçon doit faire réfléchir certains religieux qui sont parfois portés à faire des lectures frivoles : magazines, romans, feuilletons, 2.Bibles completes en un seul volume : celles de l’abbé Crampon, des Moines de Maredsous (en 2 formats), du Cardinal Lienart (avec introductions et lexique).Pour le Nouveau Testament seul, on recommande : Weber, Lepin, Collomb, et l’édition récente des Auteurs Canadiens (nouveau Faites ça).3.Les grandes Bibles en plusieurs volumes les plus connues sont : Carrière, Glaire, d’Allioli, Corneille de Lapierre, Crampon (7 vols), Fillion (8 vols), et la plus récente Pirot-Clamer (12 vols) qui est aussi la plus recommandable.4.Cité par le P.Garrigou-Lagrange, Les Trois Ages, vol.I, p.338. QUOI LIRE 45 nouvelles mondaines des journaux populaires.Temps perdu dont on rendra compte ; danger de perdre le recueillement et l’esprit religieux.Il faut donc mortifier sa curiosité, il faut éviter ces lectures frivoles.et leur préférer la Sainte Écriture, comme fit S.Jérôme (5).2.L'Histoire de l'Église.Il faut lire la Bible : histoire émouvante du genre humain, jusqu’au Messie, puis celle du Sauveur accomplissant sa mission, et celle des Apôtres établissant l’Eglise.Mais ensuite, il est très important de connaître aussi l’histoire de cette Église, depuis les premiers Apôtres jusqu’à nos jours.Religieux et religieuses ne peuvent se désintéresser de ce développement du Corps mystique du Christ à travers dix-neuf siècles, préparant l’épanouissement du Royaume de Dieu et le triomphe du Christ-Roi à la fin des temps.En effet, il importe de connaître la préparation éloignée de l’Ancien Testament et la promulgation du Message évangélique dans le Nouveau, mais il ne faut ignorer les péripéties de sa diffusion chez tous les peuples, ainsi que l’admirable organisation de l’Église catholique, à laquelle nous nous faisons gloire d’appartenir.C’est donc avec un amour filial que vous suivrez, dans l’Histoire de l’Église, les efforts, les travaux, les combats et les victoires de nos pères dans la foi, afin d’enflammer votre zèle apostolique au récit de leurs exploits.sans oublier l'épopée mystique de l’Eglise canadienne, dont l’ignorance serait inexcusable.On peut prendre, de ces édifiantes annales, une connaissance sommaire dans les Manuels variés qui servent à enseigner l’Histoire de l’Église dans nos séminaires ; mais c’est vraiment trop peu.Il est bien recommandable, surtout pour la lecture publique en com- 5.Doit-on permettre aux Religieuses de lire les journaux ?En général, il faut répondre non, car, dit l’abbé Ehl, « cela tourne facilement à la passion, mène à la négligence des devoirs d’état et à la disparition de l’esprit religieux ; cela enlève facilement aux Religieuses cette lumière intérieure et cette simplicité surnaturelle, grâce auxquelles elles gagnent plus d’âmes, que par une grande connaissance de tous les événements mondains » (Ehl-Creusen, La direction spirituelle des Religieuses, 1936, p.111).Cependant, on admet que la Supérieure, l’Econome ou la Secrétaire, jettent un coup d’œil sur des journaux sérieux, pour les besoins de l’administration.On pourra lire à la communauté des articles importants, choisis dans les journaux catholiques par la Supérieure ou par l’Aumônier. 46 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES munauté, d’employer une de ces Histoires monumentales, en plusieurs volumes, dont nous sommes favorisés de nos jours (6).Sur l’Histoire de l’Église au Canada, nous n’avons que des notes éparses dans des monographies, une vue sommaire dans /’Épopée mystique de Georges Goyau, et les Relations des Jésuites difficiles d’accès.— Outre cette Histoire de l’Église des siècles passés, il faut suivre aussi celle du siècle présent, au jour le jour : cette histoire que nous vivons nous-mêmes, avec nos frères des autres pays, devrait nous passionner, si vraiment nous avons le sens catholique.N’est-ce pas (( notre œuvre )) au premier chef ?On devrait donc se faire un devoir de lire en communauté, ou au moins privément, les articles de revues concernant la vie de l’Eglise contemporaine (au moins les plus importants), les Encycliques des Papes, les Lettres de l’Épiscopat (7).Il est bon que chaque religieux ou religieuse constate ainsi que l’Eglise n’est pas momifiée, cristallisée dans un passé glorieux, qu’elle est plutôt une institution vivante, agissante, qui continue l’œuvre du Christ ici-bas jusqu’à la fin du monde.3.Les auteurs spirituels.Après l’Écriture Sainte et l’Histoire de l’Église, qui en est comme le prolongement, il y a une foule d’autres livres qui servent à expliquer et à appliquer la doctrine spirituelle.On peut les diviser en deux classes : les livres de spiritualité proprement dits, qui donnent la théorie, et les vies de saints, qui donnent la pratique.Il est bon d’alterner dans ces deux genres, pour rompre la monotonie des lectures et pour assurer l’avancement en perfection.6.Les grandes Histoires de F Eglise de Rorhbacher et Darras ont rendu service autrefois, mais elles sont maintenant trop incomplètes, inexactes, périmées.— Mourret (9 vols) est encore apprécié de plusieurs, mais il semble dépassé par Fliche & Martin (26 vols, dont 15 parus), pour l’information sûre et étendue, et la présentation élégante.— Dom Charles Poulet, o.s.b., présente une Histoire du Christianisme (4 gros vols in-4, pour lutrin), très recommandable pour lecture de communauté, à l’abri de tout libéralisme doctrinal (seulement quelques rares observations déplaisantes à biffer).— Daniel-Rops (8 vols in-12, dont 4 parus), ouvrage de vulgarisation, moins considérable que les précédents, mais très intéressant, surtout pour lecture privée.7.On trouvera ces documents et d’autres articles utiles dans les revues : La Vie des Communautés religieuses (Montréal), La Revue des Comm.Rel.(Louvain, Belgique), La Semaine religieuse de Québec et celle de Montréal, La Revue Eucharistique du Clergé (Montréal), L'Ami du Clergé (Langres, France), les Revues missionnaires, etc. QUOI LIRE 47 De nos jours, nous sommes bien favorisés encore sur ce point : il y a grande abondance et grande diversité de livres spirituels.Bénissons Dieu d’avoir une telle richesse de doctrine à notre disposition.Il y a aussi grand nombre de vies de saints, parmi lesquelles plusieurs sont de grande valeur spirituelle.« La moindre parole d’un saint relative aux réalités de l’au-delà, une seule de ses maximes concernant la vie spirituelle, constituent des reliques plus précieuses que des parcelles de ses vêtements ou de son corps.Celles-ci s’altèrent avec le temps ; tandis que ses paroles, fidèlement traduites en n’importe quelle langue, traversent les siècles telles quelles ; surtout, elles nous livrent quelque chose de son âme )).(R.P.Pinard de la Boullaye, S.J., dans La Revue d'ascétique et de mystique, 1946, p.76.) Devant une table abondamment servie de mets succulents, il faut savoir se nourrir avec discernement ; il faut connaître les mets, choisir ceux qui nous conviennent et éviter ceux qui pourraient nous nuire.Il en est de même pour les lectures.Dans votre monastère, vous avez une bibliothèque de communauté bien fournie d’auteurs anciens, classiques de la spiritualité.Je suppose que ses rayons s’enrichissent souvent de nouveautés, par des achats ou des cadeaux.Il importe de consulter un prêtre averti, afin de ne pas y introduire des livres dangereux (8).Ainsi, une Vie de Jésus, quel cadeau plus approprié pour un religieux ?On peut choisir celles de Ls Veuillot, du P.Berthe, de l’abbé Fouard, du Chan.Christiani, du P.Lagrange, du P.deGrand-maison, de l’abbé Willam, de Mgr Ricciotti, de Daniel-Rops, qui sont toutes excellentes.Mais il y en d’autres qu’il faut rejeter : la « Vie de Jésus )) de Renan, remplie d’hérésies et de blasphèmes contre la divinité du Christ ; celle de Papini, orthodoxe celle-là, mais écrite dans une langue trop réaliste qui pourrait malédifier une religieuse ; celle de Mauriac, écrite pour les mondains, et qui humanise trop la personne adorable de Notre-Seigneur Jésus-Christ.8.La fondatrice des Ursulines, Ste Angèle Merici, donne à ses filles ce conseil bien sage : « Quand vous entendrez dire que quelque prédicateur ou autre personne a une réputation d’hérésie et prêche des nouveautés en dehors des usages de l’Église et contre ce que nous vous avons enseigné, alors avec prudence éloignez-vous d’eux.Suivez l’ancienne voie et l’usage ordinaire de l’Eglise, ordonné et confirmé par tant de Saints, sous l’inspiration de l’Esprit divin.Les autres opinions qui surgissent ou surgiront, laissez-les tomber comme choses qui vous sont étrangères ».(Je Souvenir.) 48 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES Une vie de religieuse mystique, voilà un livre qui convient pour une religieuse.Cependant, on devrait refuser La Petite Ste Thérèse de Van der Meersch, à tendances jansénistes et qui déforme la belle figure de la Sainte de Lisieux (9) ; la vie de Sœur Marie-Marthe Chambon a fait du bien, mais la dévotion aux Stes Plaies de N.S.qu’elle recommande a été condamnée, en 1939, par le Saint-Office ; il en a été de même de la dévotion à l’Amour anéanti de N.S., recommandée par une religieuse Visitandine belge (1933-35).Son Ém.le Cardinal Villeneuve a mis en garde contre deux biographies de prétendues mystiques, assez répandues chez nous, comme étant de caractère douteux (10).Enfin, mentionnons deux anciens ouvrages de plus grande valeur, qu’il faut cependant réserver aux religieuses averties : les Révélations de Sr Catherine Emmerich sur la Vie et la Passion de N.S., récit édifiant, mais interpolé par Clément Brentano, secrétaire de la fameuse stigmatisée (11) ; La Cité Mystique (Vie de la Ste Vierge) de la Vén.Marie d’Agréda, profonde et bienfaisante, mais dont certaines erreurs historiques et inspirations puisées aux Livres apocryphes ont amené la S.Congr.de l’Index à la proscrire temporairement (1681), (12).Au sujet des Vies de Saints et autres livres remplis de merveilleux, l’abbé A.Ehl donne ce conseil judicieux : « Il est de temps en temps nécessaire de dire aux Sœurs que l’Église n’oblige pas à croire les révélations privées et les récits de toute sorte de miracles et d’apparitions ; que beaucoup de faits dans les vies des Saints méritent notre admiration, mais pas notre imitation ; et que nous devons bien plutôt pratiquer les vertus intérieures des Saints que leurs actions extérieures » (13).9.^ Cf.La Petite Ste Thérèse de M.Van der Meersch devant la critique et devant les textes, Édit.St-Paul, Paris, 1950, 562pp.; La Vie des Communautés Religieuses, 7 (1949), pp.48-50.10.Il s’agit de la Vie de Mme Brault, et celle de Rose Ferron sous le titre Couronnée d'épines : voir Semaine Relig.de Québec, 11 déc.1941, p.238.11.Sur les Révélations de Catherine Emmerich, voir: Ami du Clergé, 1948, p.572.12.Sur la Vén.Marie d’Agréda et ses écrits, voir : Ami du Clergé, 1909, p.745 et 1910, p.416.13.Cf.Abbe A.Ehl, La Direction spirituelle des Religieuses, adapté de l’allemand par le P.Creusen, s.j., Desclée, 1936, p.110.— Voir aussi la mise en garde de Mgr Ottaviani, Vrai et faux surnaturel, cf.Semaine Relig.Québec, 29 mars 1951, La Vie des Communautés Religieuses, 9 (1951), pp.90-93. QUOI LIRE 49 Quand un religieux ou une religieuse ont le moindre doute dans le choix d’un livre de lecture spirituelle, qu’ils consultent leur Directeur de conscience : c’est à lui de dire le dernier mot, car il a des connaissances théologiques et des lumières spéciales pour la direction des âmes, et seul il connaît le fond des consciences et tous les besoins spirituels des âmes qu’il dirige.Il pourra graduer vos lectures suivant votre état d’âme ; car il y a des livres qui conviennent davantage aux commençants, d’autres aux progressants, d’autres à ceux qui ont plus d’expérience dans les voies spirituelles.Cette science est graduée comme toutes les autres sciences, sauf que, parfois, le St-Esprit fait brûler les étapes à quelques âmes privilégiées : mais ceci demeure l’exception, et c’est au Directeur à en juger.Ex.pour les commençants : Rodriguez, Scaramelli, Bouchage, Saudreau, Grou, Marc, Graef, Hoornaert, Plus, Colin, etc.; pour les progressants : Surin, Lallemant, Poulin, Meynard, Tissot, Marmion, Ste Thérèse, S.Jean de la Croix, la Vén.Marie de l’Incarnation, etc.Pour faire un bon choix, il est utile de prendre une vue d’ensemble des meilleurs auteurs.A cet effet, vous pourrez consulter les listes d’auteurs, par écoles de spiritualité, établies au début de deux ouvrages de synthèse de grande valeur : Les trois Ages de la Vie intérieure, du P.Garrigou-Lagrange, o.p.(vol.I, pp.XIX-XXXIV), et le Precis de Théologie ascétique et mystique de l’abbé Tanquerey (pp.XXVII-XLVIII) ou son édition abrégée sous le titre Pour ma Vie intérieure.Evidemment, il faudra compléter ces listes par celle des auteurs canadiens, que fournissent nos librairies.Un dernier conseil : ne méprisez pas les auteurs anciens, car, en général, ils demeurent encore les meilleurs.Les modernes n’inventent guère en spiritualité ; ils ont une forme plus élégante, un style plus rapide, une présentation mieux ordonnée.Mais ils n’approfondissent pas autant que les anciens, et ils sont souvent trop secs et peu surnaturels.Par exemple, les Vies de Saints modernes encourent souvent le grave reproche de manquer de discrétion, de mal apprécier les vertus et les états mystiques, de présenter les saints comme des héros humains, vidés de l’esprit surnaturel et soustraits à l’influence du Saint-Esprit.Autrefois, on trouvait que les Vies des Saints étaient trop extraordinaires et peu imitables ; on les a rabaissées pour les sentir plus près de nous.Alors, comment voulez-vous qu’elles nous élèvent vers les hauteurs de la sainteté ?De nos jours, on rencontre nombre de Vies de Saints écrites par des mon- 50 LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES dains et pour des mondains : celles-là ne conviennent pas aux religieux et religieuses, qui peuvent trouver mieux (14).En général, habituez-vous à goûter les auteurs anciens que l’Église recommande davantage : les Pères, les Docteurs, surtout S.Thomas d’Aquin, S.Bonaventure, S.Antoine de Padoue, S.Jean de la Croix, S.Alphonse de Liguori, S.François de Sales, et les grandes mystiques Ste Thérèse d’Avila, Ste Thérèse de Lisieux, Ste Catherine de Sienne, Ste Gertrude, etc.Sur ce sujet, vous pourrez lire une belle page de Dom Guéranger {Année liturgique, dernier vol., 15 nov., p.351), dont voici la conclusion : (( Au reste, les voies sont diverses, et tout chemin qui mène l'homme à Dieu par la réforme de soi-même est un heureux chemin.Nous n’avons voulu dire qu’une chose, c’est que celui qui se livrera à la conduite d’un Saint de la vieille école ne perdra pas son temps, et que s’il est exposé à rencontrer moins de philosophie, moins de psychologie sur son chemin, il a chance d’être séduit par la simplicité et l’autorité du langage, d’être ébranlé et bientôt réduit par le sentiment du contraste qui existe entre lui et la sainteté de son guide ».Voilà, mes Frères et mes Sœurs, un vaste champ rempli de fleurs variées, que vous pouvez cueillir à loisir dans vos lectures spirituelles.Une vie n’y saurait suffire ; vous terminerez cette moisson au ciel, où le Saint-Esprit se fera lui-même votre docteur, dans la lumière de gloire.Trois-Rivières G.Panneton, prêtre.Devant l’écroulement de tant d’institutions terrestres, la faillite de tant de programmes caducs, l’Esprit de Dieu soutient son Épouse, l’Église, la comble d’une plénitude de vie, dans la vigueur d’une jeunesse qui se renouvelle incessamment et dont les manifestations toujours plus lumineuses révèlent le caractère surnaturel.Ineffable réconfort pour tout croyant, indéchiffrable énigme pour les ennemis de la foi ! Pie XII, radio-message de Noël 1951.14.Parmi les Vies de Saints écrites par des laïques, nous recommandons celles de Henri Ghéon : le S.Curé d’Ars, S.Jean Bosco, S.Vincent Ferrier, Ste Thérèse de Lisieux. HISTOIRE j L€S PRÉTR6S D€ SAinT€-mflRI€ Importante par son apostolat et ses œuvres, la petite famille religieuse des Prêtres de Sainte-Marie célèbre cette année le centenaire de sa fondation.La petite ville de Tinchebray, qui se blottit dans le pittoresque Bocage normand, est le berceau de cet Institut d’éducateurs et de missionnaires.Aussi elle vient d’être le théâtre de manifestations religieuses grandioses à l’occasion du centenaire.Messes solennelles, cortèges à travers les rues de la ville, réceptions officielles, tous les aspects de la célébration eurent un immense succès, grâce à la participation enthousiaste de toute la population, avec ses autorités municipales et religieuses en tête.Et pour présider à cette fête de famille aux répercussions sensibles pour l’Église Universelle, le Souverain Pontife a bien voulu déléguer Son Éminence le Cardinal Tisserant, pour rehausser de sa présence active les solennités du centenaire.Toute cette région de la Normandie est bien connue des soldats canadiens qui ont participé à la libération de la France au cours de la dernière guerre mondiale.Les villes martyres de Fiers, de Falaise, de Vire et surtout de Caen, sont dans les environs immédiats de Tinchebray.A côté de soldats de France, d’Angleterre et d’Amérique, nos frères canadiens reposent en paix dans ce coin charmant de la Suisse normande: ils étaient ainsi les témoins silencieux des fêtes de l’Institut des Prêtres de Sainte-Marie, qui eux aussi ont leurs missionnaires et leurs morts au Canada, où ils travaillent avec notre clergé au maintien et à l’expansion de la foi chrétienne.Les catholiques du Canada s’associent avec joie à ces manifestations.Car les Prêtres de Sainte-Marie ont aussi leur part dans l’évangélisation du Canada même.On sait que ces vaillants éducateurs et missionnaires sont venus dans l’ouest canadien en 1904, après que les lois anti-religieuses en France chassèrent de ce pays les congrégations qui avaient tant fait pour elle.Alors que le Pape Pie X leur ouvrait ses bras à Rome, le Canada les invitait à ouvrir des paroisses et des missions dans l’ouest.En 1904 ce fut donc la fondation de la paroisse de Notre-Dame des Sept Douleurs et de la Bonne Mort dans l’Alberta.En 1908, les Prêtres de Sainte-Marie pénétraient à Saint-Front dans l’archidiocèse de Régina.En 1924, ils arrivèrent au diocèse de Prince-Albert, où ils fondèrent des maisons peu à peu à Hudson Bay Junction, à Saint-Brieux et à Tisdale, dans le nord du Saskatchewan.Enfin en 1929, ils se virent confier la paroisse de Charlemagne, juste au-delà de la pointe de l’île de Montréal, où ils organisèrent un postulat et un noviciat.Depuis lors, les Prêtres de Sainte-Marie travaillent courageusement au maintien et au développement de leurs œuvres au Canada, contribuant ainsi à la propagation de l’esprit chrétien dans nos populations. 52 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES Depuis sa fondation à Tin-chebray en 1851 par le Père Duguey avec les encouragements de Mgr Rousselet, évêque de Séez, l’Institut des Prêtres de Sainte-Marie s’affirme dans la vie religieuse et intellectuelle de la région comme un centre de haute spiritualité et comme l’animateur d’un des meilleurs collèges de la Normandie.Un groupe d’anciens qui ont participé aux fêtes récentes de Tinchebray, ont pu en faire foi et en rendre témoignage.Cette action académique des Prêtres de Sainte-Marie fut interrompue par les lois anti-religieuses de 1904.Mais la flamme missionnaire de l’Institut se manifeste pleinement à nouveau depuis qu’ils ont pu reprendre pied en France.Bien que leurs effectifs et leurs moyens matériels fussent affaiblis par la persécution, ils ont repris courageusement leur rang dans les phalanges avancées de l’apostolat catholique.C’est le 4 juillet 1939 qu’ils reçurent du Saint-Père les décrets définitifs de leur Constitution canonique.Ainsi les Prêtres de Sainte-Marie revinrent s’installer dans leur maison-mère à Tinchebray dans l’Orne, pour recommencer leur recrutement, leur noviciat et leurs œuvres.A l’ombre de leur belle église à deux tours en flèche, la modeste demeure des Pères vit de ses souvenirs tout en étant une véritable ruche d’action catholique.Là, ils sont chez eux; et la population leur garde une loyauté sympathique.Ne sont-ce pas les Pères d’ailleurs, qui sauvèrent Tinchebray de la destruction au cours de la dernière guerre ?Les troupes alliées avançaient vers la ville avec précaution, et comptaient la détruire par les obus, en pensant qu’elle abritait des allemands en retraite.Un vieux Prêtre de Sainte-Marie se porta à leur rencontre à travers la ligne de feu pour plaider la cause de Tinchebray qui fut ainsi épargnée grâce à son courage.Quand les Prêtres de Sainte-Marie revinrent en France, les meilleures paroisses parisiennes étaient déjà prises par des confrères.Bravement, ils acceptèrent alors deux paroisses des plus difficiles: celles d’Ivry et de Vitry, dans la banlieue rouge.Il fallait de l’héroïsme pour commencer à Ivry un travail d’apostolat avec un vieux garage comme chapelle, au milieu d’une population hostile travaillée sans cesse par les communistes, et faire face parfois à des manifestations pénibles comme cette fois-là où les rouges voulurent chasser les Pères et empêcher la procession de Notre-Dame-de-Boulogne dans leur quartier.De tels incidents ont un caractère épique, qui marque bien les dangers d’une lutte ouverte contre le communisme.Le jeune organisateur des paroisses de Vitry et d’Ivry est celui qui devait être nommé peu après le Supérieur Général des Prêtres de Sainte-Marie, et qui à ce titre a établi et réalisé le vaste programme des fêtes du centenaire.C’est le Très Révérend Père Fauvel, dont l’ardeur religieuse et le sens social profond furent hautement appréciés par le public canadien en 1947, lors de la visite canonique du Père Général dans notre pays. LES PRETRES DE SAINTE-MARIE 53 A cette occasion, le T.R.P.Fau-vel donna des conférences sur la Mission de Paris et sur le dur travail d’apostolat dans les arrondissements communistes de la capitale.Il s’attira aussi le respect de tous par ses brillantes causeries sur les aventures de religieux engagés comme lui dans la résistance.De nombreux prisonniers canadiens ont pu s’échapper grâce à lui, du camp d’internement de Saint-Denis et d’ailleurs.Les exploits homériques du Père Fauvel habillé en civil, inventant mille tours pour empêcher la surveillance des Allemands, et voyant sa tête mise à prix, font une profonde impression sur un auditoire, surtout comme ils sont racontés par lui-même.Et dans toutes ces aventures, le sens d’apostolat, de charité, de service désintéressé, de sacrifice Montréal même, ajoute une marque de haute spiritualité aux actes du Père Fauvel, grand patriote et pieux religieux.La famille de prêtres et de novices qu’il conserve et qu’il guide est petite par le nombre, mais grande par le sens apostolique.Dans un monde affaibli par les tensions internationales et le relâchement des valeurs, grande est la tâche de recrutement sacerdotal et l’enrôlement de bonnes volontés pour alléger les soucis matériels d’une petite organisation religieuse.Mais le T.R.P.Fauvel est tout à sa noble tâche.Aussi les catholiques canadiens s’empressent de lui offrir leurs prières sincères et leurs souhaits émus de succès apostolique pour la belle œuvre qui fête en ce moment son centenaire.Thomas Greenwood, Professeur à V Université de Montréal.0 COMPTE RENDU Épiscopat de France, Directoire pour la pastorale des sacrements à l'usage du clergé.Paris, Bonne Presse, 1951, 80pp.Les prêtres et les étudiants en théologie sauront gré à la Maison de la Bonne Presse de leur offrir un directoire approuvé par l’Épiscopat de France le 3 avril 1951.Les annexes qui accompagnent cette publication et le rapport qui lui sert d’introduction ajoutent à sa grande valeur pratique.Mgr Guerry, le rapporteur à l’Assemblée plénière de l’Épiscopat, donne la portée historique, pastorale, doctrinale et spirituelle de ce document qui fera époque.Un tel geste de l’Épiscopat français s’insinue harmonieusement dans le puissant mouvement théologique et liturgique suscité par les encycliques mémorables de Pie XII Mystici Corporis et Mediator Dei.Encouragement, mise au point, exhortation, voilà ce que veut être ce directoire.La communauté chrétienne recevra certainement de ses pasteurs une heureuse orientation vers une vie plus catholique et apostolique, grâce à ce grand mouvement d’évangélisation sacramentelle.Les pasteurs eux-mêmes profiteront de cette technique nouvelle où les sacrements seront occasion d’enseignement et d’éducation des consciences.Montréal Fernand Porter, O.F.M. S.CONGRÉGATION CONSISTORIALE somme D’flRGerrr ReouéRflnT peRmission DU S.-SlèG€ Le Code de Droit Canonique au canon 1532 § 1, n.2 exige qu’avant de passer un contrat aliénant des biens pour une somme dépassant 30,000 lires ou francs, on obtienne la permission du Saint-Siège ; si cette permission n’est pas obtenue, le même canon déclare invalide le contrat.Le canon 534 § 1 applique ces prescriptions aux Communautés religieuses, et ajoute aux aliénations les emprunts dépassant la même somme.A peine quelques années après la parution du Code, les fluctuations des valeurs monétaires imposèrent la question de savoir comment estimer concrètement ces 30,000 francs.S’inspirant de la pensée du législateur et du besoin d’une certaine stabilité, les canonistes commentèrent qu’il s’agissait des francs d’avant-guerre, sans tenir compte des fluctuations survenues dans la suite.Les fluctuations continuent et font naître des difficultés d’interprétation.Pour parer aux inconvénients qui pourraient résulter de tels changements, le Saint-Siège vient de se prononcer officiellement sur la manière de compter ces 30,000 francs ou lires.Voici la teneur de ce décret et sa traduction française.DECRETUM circa praescripta canonum 534 § 1 et 1532 § 1 ».2 C.J.C.Cum mutata nummorum vis pecuniaeque nutatio alicubi peculiares difficultates induxerit in applicandis praescriptis Canonum 534 § 1 et 1532 § 1 n.2 codicis juris canonici, expostulatum est a Sancta Sede ut apta norma ediceretur.Quapropter Ssmus Dominus Noster Pius Divina Providentia Pp.XII, re mature perpensa, hoc Sacrae Congregationis Consistorialis Decreto, benigne decernere dignatus est ut, perdurantibus praesentibus adjunctis et ad nutum S.Sedis, ad eamdem Sedem Apostolicam sit recurrendum quotiescumque agatur de pecuniae summa quae decem millia francorum seu libellarum aureorum excedat.Datum Romae, ex Aedibus S.Congregationis Consistorialis, die 13 Julii 1951.f Fr.A.I.Card.Piazza, Ep.Sabinen.et Mandelen., a Secretis L.f S.Josephus Ferretto, Adsessor. SOMME D’ARGENT REQUERANT PERMISSION DU S.-SIEGE 55 DÉCRET au sujet des prescriptions des canons 534 f 1 et 1532 f 1, n.2 du Code de Droit Canonique Les changements de la valeur de l’argent et les fluctuations de la monnaie ayant fait naître, en certains endroits, des difficultés spéciales au sujet de l’application des prescriptions des canons 534 § 1, et 1532, § 1, n.2 du Code de Droit Canonique, on a demandé au Saint-Siège de dicter une règle de conduite appropriée.C’est pourquoi Sa Sainteté Pie XII, pape par la divine Providence, ayant mûrement examiné la question, a bienveillamment daigné décider par décret de la Sacrée Congrégation Consistoriale, que, tant que dureront les circonstances présentes, et ad nutum S.Sedis, on devra recourir au Siège apostolique chaque fois qu’il s’agira d’une somme qui dépasse 10 000 francs ou lires or.Fait à Rome, au palais de la Sacrée Congrégation Consistoriale, le 13 juillet 1951.tFR.A.-J.cardinal Piazza, évêque de Sabine et Poggio Mirteto, secrétaire, J.Ferretto, assesseur.Daté du 13 juillet 1951, ce décret n’a été publié que le 18 septembre suivant dans les Acta Apostolicae Sedis 43 (1951), pp.602—603 ; il entre donc en vigueur le 18 décembre 1951.Il déclare que les 30,000 francs ou lires doivent s’entendre de francs ou lires or ; ainsi il confirme l’interprétation proposée par les canonistes.Il réduit à 10,000 la somme de 30,000 francs ou lires dont parlent les canons 1532 § 1, n.2 et 534 § 1.C’est un changement notable.En supposant que dans la pratique courante de chez nous on ait adopté $10,000.00 canadiens comme équivalent des 30,000 francs ou lires du Code, à partir du 18 décembre 1951 il faudra réduire proportionnellement au tiers cette somme de $10,000.00 canadiens.Montréal La Rédaction.Si l’on veut vraiment empêcher la guerre, on doit avant tout chercher à remédier à l’anémie spirituelle des peuples, à l’inconscience de leur responsabilité devant Dieu et devant les hommes, parce que manque l’ordre chrétien, seul capable d’assurer la paix.Voilà vers quoi sont actuellement tournés les efforts de l’Église.Pie XII, radio-message de Noël 1951. S.CONGRÉGATION DES RITES PORT DU CRUCIFIX €T DU SURPLIS .Les Acta Jpostolicae Sedis 43 (1951), p.217 publient une déclaration de la S.Congrégation des Rites qui fut donnée le 28 janvier 1948.; elle s adresse a la Congregation des Missionnaires du très précieux Sang.Elle decide que quand les missionnaires parlent au peuple des choses divines devant le très saint Sacrement solennellement expose a la veneration publique, ils doivent porter le surplis, et, en dehors de Rome, l’étole.Par conséquent dans ce cas, le crucifix doit etre porte sous le surplis.Voici le texte de cette déclaration.Utrum missionarii, dum orationem de rebus divinis habent ad populum coram SS.mo Sacramento, solemniter exposito publicae venerationi, gesture possint sanctissimum crucifixum absque superpelliceo ad Non ?Et Sacra Rituum Congrégation audito quoque Commissionis Specialis coto, proposito dubio, omnibus mature perpensis, respondendum censuit : Adhibendum esse superpelli-ceum atque extra Urbem etiam stolam.Ideoque in casu sanctissimum crucifixum deferen-dum esse subter superpelliceum.Atque ita rescripsit atque declaravit et servari mandavit.Contrariis non obstantibus quibuscumque.Die î&ajanuarii 1948.i"A.Carinci, Archiep.Seleucien., Secretarius Henri eus Dante, Substitutes.COMPTE RENDU Levack, David, C.Ss.R., Matt Talbot, T alcoolique devenu serviteur de Dieu.Montréal Fides, 1951, 32pp.L un des grands apôtres de l’abstinence totale présente une courte brochure qui fera du bien.Cet ouvrage raconte d’abord la vie de Matt Talbot dont la cause de béatification a été introduite à Rome en 1946.L’ordonnance du récit est simple et progressive : Matt Talbot esclave de l’alcool, serviteur de Dieu, modèle de lutte contre l’alcoolisme.A la suite de cette vie édifiante apparaît un bref exposé de l’œuvre des cercles Lacordaire et Jeanne d’Arc : histoire, mystique, technique.Tous ceux qui ont à cœur la lutte antialcoolique demandée par l’Épiscopat de notre province se feront un devoir de diffuser à profusion cette brochure.L’histoire de Matt Talbot dit à quelles conditions est possible la guérison d’alcooliques invétérés.L intense vie intérieure de l’humble ouvrier irlandais apportera lumière et stimulant même aux âmes religieuses.Montréal Fernand Porter, O.F.M, DROIT DES RELIGIEUX DIR€CTIOn €T P6RF6CTIOn Réponse de notre Soeur Jean-Baptiste à une religieuse qui Pavait consultée au sujet de la direction spirituelle Ma chère Amie et petite Sœur, Je vous attendais avec votre question.Vous me citez là-dessus ce mot presqu’outrancier de Dom Marmion : « Je suis l’ennemi mortel de ce qu’on nomme DIRECTION.» Et d’abord, cette phrase décisive, comme toutes celles qu’on sépare de leur contexte, ne prouve rien contre l’usage de la direction spirituelle, puisque Dom Marmion lui-même était un maître directeur de consciences et qu’on a publié récemment un recueil de ses lettres de direction.Il dirigeait beaucoup d’âmes, verbalement comme par écrit.Si donc il a osé affirmer ce qui précède, n’en concluons pas, a priori, que la direction spirituelle soit dangereuse, ou inutile.Disons plutôt qu’elle est bonne en soi, mais qu’on peut en faire un mauvais usage.C’est là, en effet, le danger.Voyons un peu en quoi consiste l’usage mauvais de cette chose bonne.l°.-On peut pécher par excès, en se croyant tenu à faire au directeur de son âme des communications fréquentes et détaillées, dont le moindre mal serait de lui faire perdre son temps, de l’importuner pour des riens, alors que l’on pourrait très bien, en consultant sans parti pris, sa règle ou son devoir d’état, décider soi-même ce qu’il faut faire.2°.-On peut s’habituer à une passivité qui enlève à l’âme sa vigueur propre et cette décision personnelle dont elle a besoin pour agir avec indépendance, dans les cas où un recours au directeur est impossible.Vouloir qu’un autre décide toujours pour soi, afin de ne répondre en rien de ses actes propres, c’est un péril.On cesse alors de vouloir par soi-même, et on ne marche que sur une pression extérieure qui, même pour être bonne, devrait laisser à l’âme plus d’initiative et de liberté.Les bons directeurs le savent bien, et ils emploient rarement la formule impérative, se bornant à conseiller, à guider l’âme dans ses élans généreux, à observer les opérations de la grâce en elle, non pas tant pour en accélérer le rythme, que pour en authentiquer la marque et mettre en garde contre les écueils possibles. 58 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES 3°.-On peut attacher à ce moyen d’avancement spirituel une importance exagérée, et croire que tout progrès est impossible s’il fait défaut ; c’est une erreur grossière.La direction, comme tout ce qui est moyen de conseil, n’est pas indispensable à la sanctification de l’âme.N’oublions jamais que le premier directeur, c’est l’Esprit-Saint.Lui seul est indispensable.Et quand même tous les autres feraient défaut on est assuré du plein succès dans l’entreprise de sa sanctification, pourvu qu’on soit fidèle et généreuse à suivre ses inspirations.Il y a vraiment trop d’âmes qui sont dans l’illusion sur ce point.Il semble que l’absence ou la privation d’un directeur les arrête net dans leur ascension vers Dieu.Si les événements providentiels leur enlèvent un père spirituel qui, à leur avis, les faisait marcher à grands pas dans la perfection, elles croient que tout est perdu.Le meilleur directeur, c’est celui qui apprend à l’âme à se diriger seule dans le cours ordinaire des choses.Que peut donc avoir gagné une âme dans l’esprit de sacrifice, dans la soumission à la volonté de Dieu, vrai critère de la solide vertu, si elle n’a pas le courage de se détacher de tel directeur dont, manifestement, le Seigneur veut la priver ?En vérité, elles sont à plaindre ces personnes qui attribuent aux créatures la puissance de sanctification dont l’Esprit-Saint est l’unique dépositaire.4°.- Enfin, l’écueil le plus ordinaire des directions longues, fréquentes et détaillées, c’est la subtile recherche de soi-même.On aime étaler ses affaires aux yeux d’un père spirituel qui porte intérêt, qu’on sait bienveillant, et même .tendre.La femme est habile à mettre une pointe de coquetterie jusque dans ses parures d’âme.Elle trouve souvent une secrète complaisance à fixer sur elle l’attention d’un homme de Dieu.Occuper de soi tel ou tel prêtre, ou religieux, réputé saint et savant, cela donne une certaine importance dans le monde de la spiritualité.Qui ne sourirait de ces petitesses ?Hélas ! Je n’ai jamais pu en sourire ; j’ai toujours trouvé cela déplorable.Hé ! quoi, se servir des moyens de sanctification donnés par l’Église de Dieu pour alimenter sa vanité, pour satisfaire (j’ai honte de l’écrire) son cœur pauvre qui cherche des affections sensibles ?C’est indigne ! C’est une sorte de sacrilège à mon avis: Si l’on veut s’amuser et amuser les autres, de grâce que ce soit autrement, et qu’on laisse aux moyens spirituels leur rôle véritable ! DIRECTION ET PERFECTION 59 Que d’âmes gaspillent leur temps, leurs énergies, leurs grâces dans des conversations oiseuses et inutiles, dans de prétendues directions qui ne sont qu’une pâture donnée à leur amour-propre, pour ne pas dire plus ! C’est parce que le cas est fréquent que l’on voit aujourd’hui LA DIRECTION SPIRITUELLE, pourtant excellente en soi, discréditée à jamais, en certains milieux, et auprès de certaines personnes qui n’en parlent qu’avec mépris.Ces personnes ont tort.Elles jugent de la chose bonne par Y usage mauvais qu’on en fait sous leurs yeux.Mais je viens, ma chère Amie, de vous livrer à fond ma pensée, sans vous parler du conseil pratique que vous me demandez.Voilà donc qu’à mon tour, je m’érige en directeur ?Non pas.Voici fraternellement mon conseil : Si vous êtes dans un milieu où un bon directeur spirituel est à votre portée, usez-en, mais n’en n’abusez pas ! Consultez-le dans les grandes lignes ; et en choses ordinaires, habituez-vous à décider par vous-même, afin de ne pas atrophier votre vouloir et votre conscience.Ecoutez ces sages avis de Mgr Gay : « Une cause redoutable d’illusions est l’abus de direction.C’est pour l’âme une pente fatale à la trop grande préoccupation de soi, un aliment à l’égoïsme et à la vanité, un grand péril de faire fausse route dans la vertu, de soulever entre Dieu et soi plus que de la poussière, enfin, de le perdre de vue et de s’éloigner de lui, ce qui est le mal suprême ».(( Donc, si vous voulez marcher droit dans la vérité, et ne pas affaiblir en vous la grâce, soyez sobre, très sobre, en fait de direction ».Par conséquent, cela veut dire, semble-t-il, qu’en fait de direction, l’abus est un mal plus grand, énormément plus grand, que la privation.Cela veut dire en outre, que si vous ne pouvez pas avoir de directeur attitré à qui recourir facilement dans vos besoins réels, vous pouvez toujours, sans singularité, vous adresser à quelque saint prêtre rencontré occasionnellement, et bénéficier de ses conseils.Dans ce domaine, comme en tout autre, la religieuse soucieuse de perfection prend ce qui passe.Elle en profite, elle en jouit avec action de grâces, et ne s’attache à rien, ni à personne.Rappelons-nous, ma chère Soeur, ces lumineuses et consolantes paroles de saint Vincent de Paul : « La direction spirituelle est grandement utile, mais savez-vous bien que là où les hommes manquent, là commence le secours de Dieu ?C’est lui qui nous instruit, qui nous fortifie, 60 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES qui nous est tout et nous mène à lui par LUI-MEME.S’il ne permet pas que vous ayez un père spirituel à qui vous puissiez recourir en toutes rencontres, pensez-vous que ce soit pour vous priver du bénéfice de la direction d’un tel père ?Point du tout ; au contraire, c’est Notre-Seigneur qui prend sa place et qui a la bonté de vous diriger ».Et, ma chère Amie, n’est-ce pas rassurant ?Trouvez-vous qu’il puisse y avoir à perdre au change ?Les petites âmes, en général, parce qu’elles sont simples et droites, ont moins besoin que les « grandes âmes » (1) d’une direction suivie.Et si en outre, elles sont généreuses, détachées de leur volonté propre, abandonnées filialement à Jésus, elles n’ont presque pas besoin de direction, surtout lorsqu’elles vivent en communauté.Leurs Règles et les directives des supérieures leur tracent une voie sûre pour aller à Dieu.Tout ceci nous amène à conclure que la direction spirituelle est excellente en soi, et qu’il ne faut pas en faire fi, lorsque les circonstances la rendent possible.Mais, pour qu’elle soit vraiment utile à l’âme, il est indispensable que celle-ci garde une entière liberté intérieure, qu’elle reste détachée à fond, qu’elle use de ce moyen comme de tout autre, sans lui prêter une importance qu’il n’a pas et, qu’elle soit bien persuadée qu’à défaut de directeur ou de direction compréhensive et surnaturelle, Jésus lui-même, par son divin Esprit, peut la guider plus efficacement et plus sûrement que personne, jusqu’aux plus hauts sommets de la montagne de l’Amour.Montréal F.C.S.P.1.Les lecteurs de La V.des C.R.n’ignorent pas, je suppose, que dans le langage de Sœur Jean-Baptiste, une « petite âme » est une âme qui suit la voie d’enfance spirituelle enseignée par Notre-Seigneur lui-même, et pratiquée par Sainte Thérèse de Lisieux.C’est sa « Petite Voie » qui, disons-le, n'est pas du tout petite et encore moins facile, puisqu’elle demande le don parfait de soi, l’abandon absolu à la divine Volonté, la pratique de toutes les vertus de l’enfance surtout la simplicité, la charité, l’humilité.Par « Grandes Ames » il semble que notre chère Sœur voulait parler des âmes que le bon Dieu mène par des voies extraordinaires.F.C.S.P.© ŒUVRE DE PRESSE On sait assez l’influence des journaux, revues, tracts, pour exposer la vérité et le bien, pour en imprégner les esprits, pour démasquer les erreurs camouflées, réfuter les mensonges qui attaquent la religion ou déforment au détriment des âmes les questions sociales vivement agitées.Nous louons donc les pasteurs soucieux de répandre par la presse le plus possible des écrits de ce genre, solides et soignés dans leur présentation.Pie XII, encyclique Evangelii praecones 21 juin 1951. COnSULTATIOnS 11.Une conseillère -peut-elle être démise de sa charge?Pour répondre d’une manière générale à une question aussi générale, disons oui.Pour orienter votre conduite, il convient d’ajouter des distinctions.Si cette conseillère a été nommée ad nutum de la supérieure majeure, celle-ci peut la démettre sans formalité.Si elle a été élue avec un certain droit à une période de temps déterminé, les constitutions de votre religion indiquent sans doute les raisons pour lesquelles et la manière selon laquelle une conseillère peut être démise.A défaut de ces indications, voici quelques précisions.Tout d’abord, il faut une raison grave, comme serait une sérieuse indiscrétion ou une irrégularité notoire.Puis la question devrait être soumise au conseil en vue d’en obtenir le consentement.La conseillère en cause devrait être avertie et avoir la possibilité de reconnaître ses torts et de se corriger ; si ces avertissements ne produisent aucun résultat, vous pouvez procéder.Le mieux serait de faire comprendre à la conseillère intéressée que pour son propre intérêt et celui de sa communauté elle devrait présenter sa démission.12.Une religieuse a des raisons sérieuses de croire que lors des prochaines obédiences, elle sera nommée supérieure.Elle est profondément convaincue qu elle ne peut accepter cette nomination parce que physiquement elle ne peut remplir la charge de supérieure * accepter serait compromettre gravement sa santé et surtout nuire réellement à sa communauté.Elle fait valoir sa santé précaire et une sensibilité excessive accrue par des souffrances morales insoupçonnées ; malgré la conscience qu'elle a de faire tout son possible, elle reconnaît qu'elle suffit à peine à la tâche ordinaire.Si elle doit en plus s'exposer aux ennuis et aux contradictions multiples qui se rencontrent dans le gouvernement des communautés, elle redoute « de sombrer à tout jamais )).Elle demande ce qu elle doit faire.Ce texte résume une longue consultation où les détails et les précisions abondent.Le cas est sérieux et ne doit pas être traité à la légère.La religieuse en question doit communiquer les informations insérées dans sa lettre à la supérieure qui assigne les obédiences, afin que, s’il est réellement question d’une nomination, la supérieure puisse comprendre qu’elle ne peut pas imposer dans le cas la charge de supérieure.Si la supérieure accepte ces renseignements et renonce à son projet de nomination, tant mieux ! Il peut se faire aussi que la supérieure ne consente pas à renoncer à son projet de nomination : elle mettra au compte de la modestie, de l’inexpérience ou d’une timidité excessive les appréhensions de sa religieuse.Dans ce cas, celle-ci consultera un directeur expérimenté et reviendra à la charge auprès de sa supérieure, en alléguant qu’elle a soumis son cas à un directeur expérimenté, qu’il admet l’objectivité des faits et qu’il approuve la démarche.Normalement cela suffira pour amener la supérieure à renoncer à son projet.Il peut arriver que tous ces efforts n’obtiennent aucun résultat et que la nomination soit faite.Alors il ne reste que la possibilité d’accepter et de faire un essai loyal.L’intérêt porté au bien commun de la communauté, le détachement des honneurs et des avantages apportés par le supériorat, la soumission à l’autorité légitime mériteront peut-être des grâces rendant capable de remplir le mandat confié.Si au contraire la supérieure constate de plus en plus son incapacité et se rend compte que malheureusement ses craintes vont se réaliser, elle devra présenter sa démission. 62 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES 13.Pour venir en aide à nos missions, tous les ans, avec la permission de S.E.Mgr FÉvêque qui préside F ouverture, nous organisons une grande vente de charité.Il y a de tout : bibelots envoyés par nos sœurs en mission, articles donnés par les amis de nos missions ou fabriqués par nos religieuses, objets achetés à bon marché et mis en vente dans le but de fournir aux personnes présentes F occasion de faire la charité.Nos amis viennent très nombreux.Pour un très grand nombre de catholiques, c'est une occasion très favorable, pour ne pas dire unique, de faire quelque chose en faveur des missions catholiques.Comme l'organisation se présente sous forme de vente, nous aimerions savoir si elle viole la défense de faire du commerce ou du négoce.Puisque vous avez l’autorisation de votre Ordinaire, que l’organisation ne se répète qu’une fois l’an, que tout en prenant la forme d’une vente elle reste surtout un appel à la charité des fidèles en faveur de vos missions, votre organisation annuelle n’entre pas en confit avec le décret du 22 mars 1950 interdisant commerce et négoce, publié dans T .a V.C.R.8 (1950), pp.201-203.14.Dans notre chapelle nous avons une statue de saint Pascal Baylon ; le saint présente au peuple l’ostensoir qu'il tient dans ses mains.Un supérieur me dit de changer cette statue ; saint Pascal n’étant que frère convers n’a pas le droit de porter le saint Sacrement dans F ostensoir.Est-ce juste ?Il est juste que saint Pascal Baylon ne fut pas prêtre.Il est juste aussi que, simple frère convers d’Espagne, il n’eut pas, de son vivant, le droit de porter le saint Sacrement dans les circonstances ordinaires.Il est juste enfin que si la statue en représentant le saint dans cette attitude veut affirmer ce droit, elle devient fausse et doit être mise de côté.Mais est-ce bien là l’idée exprimée par la statue ?Personne n’oserait l’affirmer.Saint Pascal Baylon a été nommé par le pape Léon XIII patron spécial des congrès eucharistiques et de toutes les sociétés eucharistiques qui ont été fondées dans le passé ou qui seront fondées dans l’avenir ; ce choix du grand Pape s’appuie sur une ardente dévotion du saint envers le saint Sacrement.C’est pour exprimer et cette dévotion et l’ardeur du saint à recruter des adorateurs du saint Sacrement que l’artiste le représente avec un ostensoir dans les mains.Peut-on soutenir que cette attitude # n’est pas conforme à l’usage approuvé dans l’Église » comme s’exprime le canon 1279 § 2 ?Dans toute l’Église on accepte la statue de sainte Claire qui porte dans ses mains le saint Sacrement ; personne ne s’y méprend.En définitive, il appartient à l’Ordinaire du lieu d’approuver les statues et si vous croyez avoir raison de lui soumettre le cas, je vous invite à mentionner les faits qui précèdent.15.Notre chapelle servira provisoirement de chapelle de paroisse.A Noël, il y aura après la messe de minuit une autre messe.Nous avons F habitude de réciter pendant cette deuxième messe F office des laudes.Pour permettre à la chorale paroissiale de chanter les noth populaires pendant cette deuxième messe, on nous suggère de psalmodier les matines et les laudes avant la messe de minuit.La liturgie nous permet-elle d’accepter cette suggestion ?Non, la liturgie ne permet pas en la nuit de Noël de réciter laudes avant la première des trois messes conventuelles qui doit être célébrée à minuit.Comme il a été dit dans la consultation no 9 de cette année, la fête de Noël a 3 messes conventuelles.La première doit être célébrée après les matines, à minuit.D’ailleurs la récitation des CONSULTATIONS 63 laudes ne peut raisonnablement occuper qu’une partie de la 2e messe, en sorte qu’après les laudes la chorale paroissiale aura le temps d’exécuter quelques noëls populaires.16.Un religieux cédant T administration de ses biens dépose son argent à la banque à son propre nom.Régulièrement il reçoit les intérêts et voit à les transmettre à des personnes déterminées pour des buts précis.Cette manière de faire ne concorde pas avec la pratique commune des autres religieux et crée des embarras à la procure.Nous voudrions savoir si cette pratique est conforme aux prescriptions canoniques.Le canon 569 § 1 décrète ceci : « Avant la profession des vœux simples soit temporaires soit perpétuels, le novice doit, pour tout le temps où il sera lié par les vœux simples, céder l’administration de ses biens à qui il lui plaira, et, à moins que les constitutions ne portent autre chose, disposer librement de leur usage et de leur usufruit ».A première vue, il semble bien que le religieux dont vous soumettez le cas n’a pas cédé l’administration de ses biens : placer ses biens à la banque, à son nom propre, garder le livret de dépôt par devers soi, exercer un contrôle nécessaire., tout cela sent bien l’administration des biens.Il faut donc que ce religieux rectifie cet acte de cession mal compris et mal exécuté.En rigueur de termes, il ne s’agit pas là d’un changement tel que le canon 580 § 3 le décrit et pour lequel, à moins de concessions faites par les constitutions, une permission du supérieur général est requise.Il ne s’agit pas davantage des actes de cession permis même après la profession simple par le canon 569 § 2.Il s’agit bien de refaire une cession qu’on avait sans doute l’intention de bien faire et qu’en fait on a mal faite.Parce que le cas n’est pas prévu par le code et aussi parce qu’une déclaration de l’autorité générale en la matière pourrait heureusement prévenir la répétition de semblables déviations, il serait souhaitable de soumettre le cas au supérieur général.17.Est-ce exact d'enseigner que pendant la sainte messe les fidèles se frappent la poitrine à trois reprises à /’Agnus Dei, au Domine non sum dignus de la communion du célébrant, au Domine non sum dignus de la communion des fidèles ?Pour présenter une réponse exacte, il faut distinguer la messe solennelle et la messe basse.A la messe solennelle, les rubriques demandent au clergé qui forme le chœur de se frapper la poitrine au mot nobis de VAgnus Dei ; voir Stercky, p.614.De plus le décret 3535 ad 3, a déclaré que seul le célébrant se frappe la poitrine au Domine non sum dignus qui précède la communion du célébrant ; voir Stercky, p.646.C’est tout pour la messe solennelle.A la messe basse, l’ensemble des auteurs de liturgie enseigne que le servant de messe se frappe la poitrine au mot nobis de \Agnus Dei, voir Stercky, p.596.Pour les fidèles qui entendent la sainte messe, il ne se trouve qu’une seule rubrique générale : ils restent à genoux du commencement de la messe jusqu’à la fin, excepté pendant la lecture des 2 évangiles ; voir Stercky, p.606.Cette rubrique ne serait que de conseil.C’est tout pour la messe basse.Avant de tirer les conclusions, il faut rappeler deux rubriques générales.La première, c’est que les coutumes légitimes introduites à certains endroits peuvent être suivies ; c’est ainsi que dans beaucoup d’endroits les fidèles debout pour la lecture du premier évangile s’asseoient depuis l’offertoire jusqu’au sanctus.La deuxième, c’est que les fidèles en général imitent le clergé pour s’asseoir, se lever, rester debout ; voir Stercky, p.138, n.141 note. 64 LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES C’est tout ce que j’ai pu trouver sur cette consultation dans le Manuel de Liturgie et Cérémonial par les PP.Le Va vasseur et Haegy, 16e édition par le P.Louis Stercky.Si nous faisons l’application de ces données à la consultation, nous obtenons les conclusions suivantes : .les fidèles ne se frappent pas la poitrine au Domine non sum dignus de la commu-munion du célébrant ; .les fidèles ne sont obligés par aucun manuel de liturgie à se frapper la poitrine au Domine non sum dignus de la communion des fidèles ; si mes lecteurs connaissaient quelque auteur qui fît cette demande, je serais très heureux de le savoir ; .les fidèles ne sont pas censés même à la messe solennelle se frapper la poitrine au nobis de 1’ Agnus Dei ; .il reste que si des coutumes légitimes demandent le contraire, les fidèles peuvent les suivre.Montréal La Rédaction.© COMPTE RENDU Wu, Jean Ching Hsiang, La Science de T amour, étude sur le message de Thérèse de Lisieux.Montréal, Procure des Missions de Chine (Jésuites Canadiens), 1951, x-57pp.Une très intéressante introduction du R.P.Jean-Paul Dallaire, jésuite, présente le milieu chinois moderne et l’auteur de cette étude, le Dr Wu, lettré chinois, une autorité en droit international, un humaniste distingué.Me Wu, converti par la lecture de la vie de sainte Thérèse de Lisieux, décrit en 13 évocations suggestives, un aspect du rayonnement mystérieux de sainte Thérèse dans le monde des âmes.La lecture de la science de l’amour fera mieux comprendre la parole de Pie XI sur la petite sainte de Lisieux : (( Parole de Dieu pour notre monde moderne ».Elle suscitera également une sympathie plus éclairée et plus agissante pour les missionnaires de Chine.Enfin l’exemple du Dr Wu et la fidélité admirable des catholiques chinois devant la persécution éveilleront chez les catholiques des églises qui vivent dans la paix un désir d’amélioration chrétienne.Montréal Fernand Porter, O.F.M.© Un profond sens chrétien manque par trop dans le monde d’aujourd’hui ; les vrais et parfaits chrétiens sont trop rares.N’est-ce pas une sorte de matérialisme pratique, de sentimentalisme superficiel, que de considérer dans le problème de la paix uniquement ou principalement l’existence et la menace de telles armes, alors qu’on ne fait aucun cas de l’absence de l’ordre chrétien, qui est le vrai garant de la paix ?Pie XII, radio-message de Noël 1951. CONSULTATIONS 11.Démission d’une conseillère.61 12.Comment prévenir qu’on n’accepterait pas d’être supérieur.61 13.Vente de charité et interdiction du commerce.62 14.Saint Pascal Baylon et l’ostensoir.62 15.Les laudes de Noël récitées avant la messe de minuit.62 16.Qu’est-ce que la cession de l’administration des biens ?.63 17.Les fidèles ont-ils à se frapper la poitrine pendant la messe ?.63 L6S LIVR6S ACCUSÉ DE RÉCEPTION — LES LIVRES Atti del Congresso Assunzionistico Orientale organhzato dalla Custodia di Terra Santa, Gerusalemme 8-1 l-XII-1950.24cm.267pp.Bousquet, Jean, O.P., Lacordaire.Montréal, Éd.du Lévrier, 1951, 19cm.144pp.Croire et Savoir, Centre Catholique des Intellectuels Canadiens.Montréal 1951, 21cm.24pp.Good (The) Work oj Holy Land.Ottawa 1952, 22cm.32pp.Hiral, Mgr Ange-Marie, O.F.M., Allons à Jérusalem.Montréal, Ed.Franciscaines, 1951, 18cm.213pp.ill.Hunermann, G., Fleur des Marais Maria Goretti.Mulhouse, éd.Salvator, 1952, 18.5cm.168pp.Jean-Baptiste, Soeur, F.C.S.P., Abandon Filial.Montréal 1951, 19.5cm.256pp.LeFrois, R.-B,, S.V.D., What they ask about our blessed Mother.Techny, 111., 1951, 16cm.64pp.£0.10.Marie-Ignace-de-Jésus, Mère, et son institut, les Sœurs Franciscaines Missionnaires de rImmaculée-Conception.S.1.n.d.19.5cm.134pp.Laçasse, Carmel, Terre d'Attente.Montréal, Fides, 1951, 20cm.226pp.£1.75.Marmion, dom Columba, Le Christ idéal du prêtre.Les Éd.de Maredsous, 1951, 20cm.392pp.Nadeau, Eugène, O.M.I., Un homme sortit pour semer.Montréal, Fides, 1952, 20cm.197pp.£1.50.O’Brien, Isidore, O.F.M., The Meaning oj Christmas.Paterson, N.-J., 1951, 15cm.24pp.Pomerleau, René, D.Sc., Champignons de I est du Canada et des Etats-Unis.Montréal, 1951, 25.5cm.302pp.ill.Robert, Patrice, O.F.M., Le problème de la philosophie bonaventurienne II.Québec 1951, 25cm.58pp.Robichaud, Mgr Norbert, Sainteté Laïque.Moncton, 1951, 18.5cm.163pp.£0.75.Sœur de Sainte-Anne, Une, Méthode oraison examen particulier.Lachine, 1951, 13cm.128pp.£0.50.Tardif, R.P.Hilaire, O.F.M., Religion et Religions.Montréal, 14cm.32pp.Vie (La), franco-américaine 1950.Manchester 1951, 23.5cm.408pp. La Vie des Communautés Religieuses recommande L’ABANDON FILIAL par Sœur Jean-Baptiste, F.C.S.P.Montréal, Providence Maison Mère, 255pp.© DIRECTOIRE CANONIQUE à lusage des Cong.à V.Simples par Dom Pierre Bastien Montréal, FIDES, % 8.25 LE CHRIST IDÉAL DU PRÊTRE par Dom Columba Marmion Les Éd.de Maredsous, 392pp.© ALLONS A JÉRUSALEM par Mgr Ange-Marie Hiral, O.F.M.Montréal, les Éd.Franciscaines, 213pp.FLEUR DES MARAIS MARIA GORETTI Mulhouse, par G.Hunermann Éd.Salvator, 168pp.— 300 francs
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