La vie des communautés religieuses /, 1 avril 1948, Avril
¦ I .' _____ JMapp| A COMMUNAUTES RELIGIEUSES' Vol.6, n.8 MONTRÉAL Avril 1948 HISTOIRE— SOMMAIRE F.Cyrille Le Bx Frère Bénilde, F.E.C.225 Onésime Lamontagne Étapes de la cause du Bn Père Frédéric.231 Adrien-M.Malo Le vendredi saint à Jérusalem.233 CULTURE — Eugène L’Heureux Nouveau centre culturel.236 CATÉCHÉTIQUE — Marcel-M.Desmarais Demandez et vous recevrez.239 Irénée Lussier Pensées impures, Péché mortel expliqué aux enfants.244 LITURGIE — Clément Morin Musique à l’église.248 DOCUMENT PONTIFICAL — Jacques Leclerc Confirmation des fidèles dangereusement malades.251 CONSULTATIONS — COMPTES RENDUS — ADMINISTRATIONC.P.1515 (PL D'ARMES) RÉDACTION: 3113 AVE.GUVARD MONTRÉAL LA VIE des COMMUNAUTES RELIGIEUSES Publication des RR.PP.Franciscains du Canada Paraît le 15 de chaque mois, de septembre à juin, en fascicule de 32 pages.Abonnement : $ 2.00 par année.Cette revue est imprimée en vertu du certificat No 164 de la Commission des prix et du commerce en temps de guerre.Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe, ministère des postes, Ottawa.Rédaction : 3113, avenue Guyard, Montréal 26 Administration : C.P.1515, Piace-d'Armes, Montréal 1 Directeur : R.P.Adrien-M.Malo, O.F.M.Conseil de direction : S.E.Mgr J.-C.CHAUMONT, vicaire délégué pour les communautés religieuses.Mgr J .-H.CHARTRAND, vicaire général.Secrétaire : R.P.Jogues MASSÉ, O.F.M.Administrateur-gérant : M.J.-Charles DUMONT Imprimeurs et expéditeurs : Les Frères des Écoles chrétiennes.Nihil obstat : Imprimatur : Hadrianus MALO, O.F.M.Albert VALOIS, V.G.Censor ad hoc.Marianopoli die 8a martii 1948 Les FRÈRES des É.C 959, rue Côté.Montréal.impbimü au canada PRINTED IN CANADA LA VI6 D€$ communnuTés ReuGieuses Vol.6, No 8 Montréal Avril 1948 HISTOIRE L€ BX FR€R€ B€niLD€ Le 4 avril, dimanche de Quasimodo, dans une solennité comme seules peuvent en offrir la Basilique de St-Pierre et la présence du Pape, Sa Sainteté Pie XII plaçait sur les autels le FRÈRE BÉNILDE, des Frères des Écoles chrétiennes.Avec le Bx Frère Salomon, martyr de la Révolution française (2 septembre 1793), il fera escorte au fondateur de l’Institut, saint Jean-Baptiste de La Salle.Un nouvel astre s’ajoute donc aux innombrables feux illuminant le firmament de la sainte Eglise et de la vie religieuse, dans la constellation de (( ceux qui, ayant enseigné à beaucoup, brilleront comme des étoiles pendant l’éternité )> (Dan.XII, 3).Les non initiés se demanderont avec raison : qu’a donc fait ce Frère, de très particulier, pour obtenir les honneurs des autels ?Les lecteurs qui croiraient trouver dans la vie du Frère Bénilde du merveilleux, de l’extraordinaire, seront bien désappointés.Voyons plutôt.Pierre Romançon (le futur Frère Bénilde), était fils d’humbles paysans d’Auvergne, chrétiens mais rudes ; il est né le 13 juin 1805, à Thuret, un bourg qu’on ne trouve pas sur toutes les cartes de France.Comme la plupart des enfants de son milieu, Pierre dut très jeune quitter la classe pour les travaux des champs et la garde des troupeaux.Il en eut du chagrin, car il aimait l’étude.Suivant l’usage de l’époque, il ne fit sa première communion qu’à 12 ans.Un jour qu’il accompagnait son père à Clermont, il aperçoit des religieux conduisant des rangs d’écoliers, et il s’enquiert : « Qu’est-ce ?— Ce sont des chers Frères qui, pour l’amour de Dieu, font la classe aux enfants.)) Cette réponse et cette vision ne lui sortent plus de la tête.L’année suivante, il faut que ses parents le placent à l’école que les Frères viennent d’ouvrir à Riom, un bourg voisin.Bientôt il 226 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES veut être conduit au noviciat, mais sa petite taille le fait ajourner.A 16 ans, il revêt l’habit religieux avec une joie qui sera tôt troublée, car son père veut le faire revenir sur la ferme ancestrale, menace de le déshériter, etc.Le novice répond simplement : « La vie religieuse est bien préférable à tous les biens de la terre ; je veux me sauver )) ; et il tient bon.En novembre 1821, il est envoyé pour faire la classe aux tout petits dans l’école même qu il avait fréquentée.Plus tard il dira : (( Si mes supérieurs I avaient voulu, je serais resté toute ma vie frère de petite classe.)) II enseigne en diverses localités, fait un peu la cuisine à Limoges, puis dirige quelques petites communautés.En 1841, il allait ouvrir celle de Saugues (Haute-Loire) ; la devaient s’écouler les vingt et une dernières années de sa vie, puisqu’il mourra le 13 août 1862.Il enseigna dans l’une ou 1 autre des classes tout en dirigeant sa petite communauté et en cultivant un jardin, dont les revenus étaient indispensables a la subsistance des Frères.Le Frère Bénilde ne payait pas de mine : le jour même de son arrivée à Saugues, il entendit cette reflexion d un paysan : (( Les Frères de Clermont nous ont sûrement envoyé ce qu’ils ont de moindre )).Peu de mois après, on avait modifié ce jugement, car l’influence du saint directeur rayonnait dans tout le canton ; les élèves accoururent de partout et il fallut ouvrir une troisième puis une quatrième classe, car le Frere Bénilde ne pouvait se résoudre à refuser un élève ou à voir vagabonder des adolescents.On vit même dans sa classe, des jeunes gens de 24 ans.Chez le Frère Bénilde, point d’actions d’éclat qui attirent 1 attention des hommes.Ses connaissances, suffisantes pour la direction d’une école primaire, n’eurent rien d’exceptionnel et il n ambitionna pas de les étendre pour sa seule satisfaction personnelle.L’époque où il vécut fut exempte des persécutions qui mettent en péril la vie des prêtres et des religieux.Il ne franchit pas les frontières de son pays pour aller exercer un apostolat héroïque dans les missions ; paisible, son existence se déroula presque tout entière dans les limites d’une petite ville.Dans sa vie, nulle trace de ces faits merveilleux — miracles, extases, revelations — qui illustrent une biographie, piquent la curiosité et passent aux yeux des simples pour brevet de sainteté ; pas même une certaine originalité de caractère qui fournit l’occasion LE BX FRÈRE BENILDE, F.É.C.227 d’anecdotes pittoresques.Enfin, chez le Frère Bénilde, aucune de ces macérations, de ces effrayantes austérités que rapporte l’histoire de tant de saints.Récemment une revue publiait les lignes suivantes que l’on croirait écrites à son sujet : « La sainteté, de nos jours, se simplifie, s’humanise, se (( démocratise )) en quelque sorte.La petite voie a ses terribles exigences, et sur l’esprit de nos contemporains, le miracle moral a peut-être plus de puissance que le miracle physique.» La carrière du Bienheureux Bénilde s’est donc écoulée dans la monotonie d’un dévouement obscur, régulier et uniforme.Et c’est par là qu’il a conquis la sainteté que l’Eglise vient de proclamer bien authentique.C’est donc un éducateur des classes populaires, un instituteur d’élèves comme ceux qui remplissent la plupart de nos écoles paroissiales, qui est glorifié en ce jour.N’est-ce pas un puissant motif d’encouragement pour tous ceux qui se livrent à cet enseignement aussi pénible que peu brillant ?En effet, l’éducation primaire et ceux qui s’en occupent sont bien peu estimés des esprits superficiels.C’est au point que souvent les journaux ne jugent pas à propos de mentionner les premières études et les premiers maîtres des personnages qui parviennent à la célébrité.On les fait ordinairement bondir du berceau au collège classique.Et cependant .quelle est l’importance de l’enseignement des masses qui n’en peuvent recevoir que les rudiments de l’école primaire ! Le monde actuel est engagé dans des difficultés inextricables.Les meneurs sans scrupules ont beau jeu, dans ce chaos, pour attiser les haines, fomenter des troubles et accroître l’universel malaise.Serait-il exagéré d’affirmer que les millions d’hommes qui se laissent duper par leurs promesses fallacieuses auraient une tout autre attitude s’ils avaient reçu, en temps opportun, l’enseignement qui les eût préservés des pernicieuses doctrines ?s’ils avaient quitté l’école en emportant au cœur l’amour de l’ordre et de la justice, le respect des droits de leurs semblables ?Que cette béatification mette au cœur des humbles maîtres de l’école primaire un saint enthousiasme pour leur tâche ; qu’elle les persuade qu’ils travaillent au vrai bonheur de l’humanité et qu’ils comptent pour quelque chose dans la lutte aux idées subversives qui déferlent sur le monde. 228 LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES La vie du Bienheureux Bénilde nous apprend la vanité foncière des satisfactions purement naturelles.Nous savons bien que seul ce qui a valeur d’éternité mérite nos efforts, mais cette vérité salutaire, le démon s’efforce d’en atténuer la portée à bien des âmes même engagées au service de Dieu.Par exemple, tel jeune religieux sera ébloui par le prestige que confère la possession de diplômes variés ; l’appât des jouissances intellectuelles ou artistiques l’emportera sur le goût de la prière et le dévouement qu’il doit à ses élèves ou à sa communauté.Tel autre perdra de vue son rôle d’éducateur chrétien, de formateur d’âmes à l’image de Jésus-Christ, pour se préoccuper outre mesure des diplômes à faire conquérir à ses élèves et de sa propre réputation de maître.Chez tous les deux, erreur d’objectif, oubli de l’essentiel ; par suite, vie religieuse paralysée sinon totalement stérilisée, et danger de voir s’obscurcir l’idéal rêvé au jour de la première donation au Seigneur.De 1805 à 1821, le Frère Bénilde sera le contemporain de l’une des plus étonnantes figures de l’Histoire : Napoléon.Après avoir conduit pendant vingt ans ses soldats victorieux par toute l’Europe, cet homme prodigieux connut la défaite, l’humiliation, l’abandon.Cette sévère leçon dut impressionner l’adolescent de 1815, déjà capable de réflexions sérieuses.Elle confirmait la sentence évangélique : « Que sert à l’homme de gagner l’univers.» Aujourd’hui, si l’on nous priait de préciser ce qui demeure des conquêtes de l’Empereur, de ses créations, il faudrait répondre : bien peu de choses.En regard, l’humble Frère Bénilde, son contemporain, qui méprisa les vanités du siècle, recevra les honneurs du monde catholique d’aujourd’hui et des temps à venir, et sa gloire ne vieillira point.Cette béatification enseigne encore au religieux que le chemin le plus sûr et le plus rapide vers la sainteté, c'est la fidélité à sa Règle.L’on sait que la Règle donne à ceux qui l’embrassent des armes efficaces contre le mal, et leur prodigue les moyens surnaturels les mieux ordonnés à la fin poursuivie : la sainteté.Il suffit de mentionner la clôture, le silence, la garde des sens, la vie commune, l’oraison, la présence de Dieu, les exercices de piété, les œuvres de zèle et d’apostolat.Si le Frère Bénilde est béatifié, c’est parce qu’il a gardé sa Règle aussi parfaitement que le permet la faiblesse humaine.Ses inférieurs furent unanimes LE BX FRERE BENILDE, F.É.C.229 à déclarer ne l’avoir jamais vu transgresser volontairement une seule Règle.La vie du nouveau Bienheureux illustre en outre cette vérité que la sanctification personnelle est la condition de la fécondité apostolique.L’influence du Directeur de Saugues sur toute la population ne s’explique ni par un physique imposant, ni par le charme de ses manières, toujours courtoises et correctes cependant, ni par une science remarquable, ni par des talents d’artiste.Et pourtant le Décret proclamant l’héroïcité de ses vertus affirme « qu’il obtint de tels fruits dans son ministère, qu’on pourrait difficilement en désirer de plus considérables ».Ce fut, dans la paroisse, une véritable transformation des esprits et des coeurs à laquelle rendait témoignage le clergé local ; au loin, la preuve en sera dans un essaim de vocations pour le sacerdoce et la vie religieuse à nul autre comparable, peut-être.Au lendemain de sa mort, on comptait plus de deux cent soixante sujets du canton de Saugues, dans le sacerdoce ou la vie religieuse, et la plupart d’entre eux avaient eu un contact personnel avec le Frère Bénilde, au sujet de leur vocation.Mais la principale leçon — et bien encourageante cella-là — c’est que la béatification du Frère Bénilde nous apprend que la sainteté consiste à faire des choses communes d'une façon non commune.Rien de mieux à citer, comme preuve, qu’un extrait de la célèbre allocution que prononçait Sa Sainteté Pie XI, le 6 janvier 1928.(( (.) Et voici qu’à l’horizon se lève comme une étoile : le Vénérable Frère Bénilde, des Frères des Ecoles chrétiennes, un humble serviteur de Dieu dont la vie fut toute de modestie et de silence, toute commune et toute quotidienne.Mais dans ce commun et dans ce quotidien, combien il y a de non-commun et de non-quotidien ! Le quotidien qui revient toujours le même, qui se compose toujours des mêmes occupations, des mêmes situations, des mêmes difficultés, des mêmes tentations, des mêmes faiblesses, des mêmes misères, a été bien nommé le TERRIBLE QUOTIDIEN.Quelle force il faut pour se défendre contre ce quotidien terrible, écrasant, monotone et suffocant ! Quelle vertu non commune est nécessaire pour accomplir non avec la commune et quotidienne inexactitude, le relâchement, la négligence et l’abandon si fréquents, mais avec attention, piété, ferveur intime d’esprit, tout un ensemble de choses communes qui remplit notre vie de chaque jour.(.) 230 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES « La vie du plus grand nombre n’est tissée que de choses communes et de faits quotidiens.C’est pour cela que l’Eglise nous apparaît si sage quand Elle nous invite à admirer et à imiter les exemples des vertus quotidiennes les plus communes et les plus humbles, vertus d’autant plus précieuses qu’elles sont plus humbles et plus communes.(.) (( Voilà donc la grande leçon que cet humble Serviteur de Dieu vient nous donner une fois de plus, à savoir que la sainteté NE CONSISTE PAS A FAIRE DES CHOSES EXTRAORDINAIRES, MAIS DES CHOSES COMMUNES ü’UNE MANIERE NON COMMUNE.(( Ce n’était pas seulement pour ses fils spirituels que le grand Fondateur des Frères des Ecoles chrétiennes, saint Jean-Baptiste de La Salle, disait que l’accomplissement humble et simple de tous les devoirs quotidiens sans négligence et sans faiblesse valait mieux que de faire des miracles.Cet enseignement n’était pas seulement pour eux, mais il était donné pour être bien compris de tous.Et c’est la même chose que le divin Maître disait dans sa comparaison préférée de la croix : (( Que celui qui veut venir après moi, prenne sa croix chaque jour et me suive ! )> Cette croix quotidienne est celle du devoir, celle du support réciproque, des peines continuelles, des douleurs de la vie, la croix des désappointements, la croix des tentations, la croix dont est plus ou moins rempli chaque jour de notre vie.(.) Us sont innombrables les types de sainteté mis sous nos yeux au cours des siècles chrétiens.Toutefois il faut reconnaître que nombre de saints sont plus admirables qu’imitables.Il serait souvent chimérique et imprudent de calquer en tout notre vie sur la leur.En béatifiant le Frère Bénilde, l’Eglise présente un modèle entièrement à notre portée ; c’est un saint pour ainsi dire taillé à notre mesure.Cet instituteur, aujourd’hui sur les autels, a vécu notre existence dans toute sa simplicité.Il n’a rien fait que nous ne puissions faire nous-mêmes.Parmi tous les saints vers lesquels se porte notre dévotion, il est difficile, en vérité, d’en trouver un plus proche de nous.Qu’il soit donc le MODÈLE comme il sera le PROTECTEUR des âmes qui veulent se sanctifier dans le TERRIBLE QUOTIDIEN, en pratiquant tout simplement, dans la vaillance et la constance, la Règle que leur a léguée leur Fondateur.Fr.Cyrille, é.c.Montréal HISTOIRE Etapes de la cause du bon Père Frédéric 4 août 1916 23 juillet 1927 Novembre 1927 28 mars 1929 9 juillet 1930 20 juin 1930 Année 1930 26 février 1931 10 mars 1931 30 mars 1931 Année 1931 24 février 1937 12 mars 1939 30 juin 1939 5 mars 1940 26 juin 1940 16 juillet 1941 16 juillet 1941 7 mars 1945 6 avril 1946 19 juin 1946 3 janvier 1948 13 janvier 1948 Février 1948 • Mort du Bon Père Frédéric - Procès Informatif aux Trois-Rivières • Perquisition des écrits • Fin du Procès Informatif des Trois-Rivières • Arrivée des écrits à Rome ¦ Ouverture du Procès des Ecrits à Rome • Procès Informatifs de France et de Palestine ¦ Enquête de Non-Culte aux Trois-Rivières ¦ Fin de TEnquête de Non-Culte des Trois- Rivières ¦ Mgr O.Comtois porte les documents à Rome Lettres Postulatoires au Pape par les Evêques et Supérieurs Décret de la Congrégation des Rites sur les écrits Ouverture du Procès de Non-Culte à Rome Observations du Promoteur de la Foi Décret d’approbation des réponses du Postulates Décret d’introduction de la Cause en Cour Romaine Approbation du Procès de Non-Culte Dispense du Procès de la Renommée de Sainteté en général Emission des Dimissoriales et Compulsoria-les Le Card.Villeneuve remet au V.-Postula-teur les Dimissoriales.Ouverture du Procès Apostolique des Vertus aux Trois-Rivières Fin du Procès Apostolique des Vertus des Trois-Rivières Reconnaissance des restes du Serviteur de Dieu aux Trois-Rivières Les Copistes commencent à transcrire le Procès des Vertus et la reconnaissance des restes du P.Frédéric. 232 LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES Restera la revision de la transcription par les Copistes pendant plusieurs session du Tribunal.Quant au Procès des Miracles, mieux vaudra en attendre de nouveaux, cela pour en faciliter la preuve.Les Procès Apostoliques de France et de Palestine seront certainement retardés par les présents conflits.Après quoi, seconde série de Lettres Postulatoires au Souverain Pontife par les Evêques et les Supérieurs Généraux.Notre part de travail prendra fin pour céder le pas à la Sacrée Congrégation des Rites.La Cause du Bon Père Frédéric comporte des complications étrangères à bien d’autres Causes : la répétition des procès à Lille et à Alexandrie, la multiplicité étonnante des écrits du Serviteur de Dieu, etc.Malgré cela et bien que de date beaucoup plus récente, elle devance les Causes de Mgr de Laval, Catherine de St-Augustin et Jeanne Mance.Les deux décades écoulées ont agréablement surpris mes prédécesseurs ; puisse l’avenir nous en réserver d’autres aussi consolantes.Trois-Rivières Onésime Lamontagne, O.F.M.vice-postulateur COMPTE RENDU Duhamel, Roger, Les Moralistes français.Coll.Humanitas.Montréal, Les Éditions Luman, 1948.194pp.20cm.% 1.00.L’A., professeur à la Faculté des Lettres de l’Université de Montréal, présente dix moralistes français : Montaigne, François de Sales, Pascal, La Rochefoucauld, La Bruyère, Vauvenargues, Chamfort, Antoine de Rivarol, Joseph de Maistre, Joubert.Un bref commentaire situe le personnage dans son époque ; des textes choisis .permettent de relire l’essentiel d’un message ; les gloses, volontairement schématiques, le commentent.Écho d’ un enseignement apprécié, ce volume enrichit la collection Humanitas et se présente comme le bréviaire des honnêtes gens.Montréal Adrien-M.Malo, O.F.M.néCROLOGI€ RR.FF.Jean-Marie, Ernest, Bernardin, S.C.— RR.SS.Marie-Françoise, Marie-Floribert et Marie-Bertilia, SS.NN.J.-M.— RR.SS.Marie-Sainte-Hélène, Marie-des-Séraphins et Marie-Philomène, P.M.— RR.SS.Aurore Blain, Marie-Louise-Chénier et Rosa Bruckmann, S.G.M.— R.S.Saint-Marcel, S.G.S.-H.— R.S.Saint-Anselme, S.S.C.M.— R.S.Sainte-Justine, A.S.V. HISTOIRE L€ VenDR€DI SflinT fl J€RUSAL€m Le vendredi saint a été créé à Jérusalem ; en devenant mondial, il n’a pas cessé d’être la propriété de la Ville Sainte ; elle en prend un soin jaloux et en marque l’anniversaire par des célébrations bien caractéristiques.Dès le matin, la foule se presse sur le parvis de la basilique du saint Sépulcre.A l’arrivée du Patriarche et du Custode de Terre Sainte, les portes s’ouvrent, la foule entre, tourne à droite et gravit les dix-huit marches du Calvaire.Quand la semaine sainte des Latins ne coïncide pas avec elle des Orthodoxes, les Latins peuvent commodément célébrer leurs offices.Ce matin-là, c’est au Calvaire qu’a lieu l’office des présanctifiés ; deux moments sont soulignés.Le premier, c’est celui de la dernière parole du Christ mourant.Le prêtre qui, dans le chant de la passion, personnifie le Christ s’ouvre un chemin dans la foule, se dirige vers l’autel des Grecs, se place devant l’ouverture du roc où fut plantée la croix et chante le CONSUMMATUM EST, tout est consommé ! La voix lente, basse, empreinte d’une poignante émotion, fait pénétrer dans les cœurs ces mots inspirés.Le deuxième, c’est le départ du cortège.La foule et les ministres sont descendus à l’édicule du saint Sépulcre, transformé en reposoir depuis la messe du jeudi saint.Les cierges s’allument, les volutes d’encens montent vers la coupole, le célébrant portant l’hostie consacrée se tourne vers les fidèles, le signal du départ est donné, le cortège s’ébranle au chant de l’hymne VEXILLA REGIS.Le temps bien marqué de la mélodie à cinq voix, conçue par Augustin Lama, organiste au S.Sépulcre, crée une atmosphère de triomphe et de majesté ; « c’est vraiment le roi qui s’avance », ne peuvent s’empêcher de dire les personnes présentes.A onze heures de la matinée, la foule est de nouveau réunie dans la cour d’une garnison musulmane ; c’est l’endroit du prétoire de Pilate, de la condamnation de Jésus et de la première station.A la suite du consul de France, en grande tenue, les fidèles commencent le chemin de la croix, qu’ils continuent dans les ruelles de Jérusalem et terminent dans la basilique du saint Sépulcre.Chacune des quatorze stations est aujourd’hui commentée en français, par un fils de la nation jadis protectrice des Lieux Saints. 234 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES Au soleil couchant, tout Jérusalem remplit la basilique du saint Sépulcre : c’est la cérémonie des funérailles du Christ.De la sacristie des Latins, sise au nord-ouest, défile un cortège imposant : Le Christ en croix, les enfants de chœur, la chorale composée d’une cinquantaine d’enfants et d’une quarantaine d’hommes, les religieux franciscains, Joseph d’Arimathie et Nicodème, les ministres sacrés.La procession fait une première halte devant la colonne de la flagellation et écoute un sermon en italien.Elle s’engage sous les Arceaux de la Vierge et dans le déambulatoire pour s’arrêter à la chapelle de la division des vêtements et à celle du Couronnement, où est prononcé un sermon en polonais et en allemand.De là, par le déambulatoire, elle se rend au Calvaire ; entre les stations, la chorale exécute des compositions des grands maîtres : Palestrina, Vittoria, Casimiri.Au Calvaire, la quatrième station se tient à l’autel du crucifiement, qu’explique un sermon anglais.La cinquième station est de toutes la plus émouvantes ; elle a lieu à l’autel de la mort.Après le sermon français, le Christ est décloué.Des coups de marteau qui résonnent lugubrement ébranlent le clou de la main droite ; tiré délicatement, le clou est baisé religieusement, montré longuement à la foule silencieuse et mis dans un long plat d’argent ; puis le bras rigide est descendu lentement le long du cadavre.Debout, figée dans une attitude de muette contemplation et de sympathie contenue, la foule tient les yeux rivés sur la croix et suit les moindres gestes de Joseph et de Nicodème.Puis, c’est le tour de la main gauche et des pieds.Ainsi détaché, le corps est descendu avec précaution de la croix et soigneusement étendu dans un linceul très propre et très fin.Aux chants de la chorale, aux bruits des encensoirs, escorté par la foule recueillie, il est descendu processionnellement par Nicodème et Joseph d’Arimathie à la pierre de l’onction ; là, il est lavé avec des eaux de senteur, oint, copieusement parfumé et embaumé.Immédiatement après cette touchante cérémonie, est prononcé le sermon arabe.Enfin le cortège se dirige vers le saint Sépulcre, dans lequel Joseph et Nicodème déposent le corps du Christ ; un sermon espagnol et des chants liturgiques marquent la fin de la cérémonie.Médiévale dans son inspiration, chrétienne dans son intention qui est de faire revivre la LE VENDREDI SAINT A JERUSALEM 235 sépulture du Christ, catholique dans sa prédication en sept langues variées, elle a duré près de cinq heures et a tenu dans l’esprit du vendredi saint une foule considérable de musulmans, d’orthodoxes, de chrétiens et de catholiques.Peu à peu, c’est, dans la basilique, le silence du repos en attendant l’éclatant réveil de la résurrection.Le vendredi saint, le nom de Jérusalem est chanté dans le monde entier ; 117 millions d’orthodoxes, 235 millions de protestants, et 350 millions de catholiques, tous fils spirituels du Calvaire, tournent leurs regards vers elle ; en spectacle à Dieu et aux hommes, elle tient à donner une expression digne, convenable et émue au deuil de l’humanité.Montréal Adrien-M.Malo, O.F.M.COMPTE RENDU Le très révérend Père Moreau d’après ses écrits, ses correspondants et les documents de l'époque (1799-1835) I.Pro manuscripto, New-York, 1945.333pp.23cm.$ On ne jouit pas d’une personnalité telle que celle du Père Moreau, on ne fonde pas une communauté comme celle des Pères Sainte-Croix, on ne se mêle pas intimement aux événements de son époque sans remuer bien des choses.Si les documents ne sont pas publiés, il arrive assez facilement que les historiens portent sur les faits des jugements incomplets, parfois même erronés.C’est pour obvier à ce possible égarement que le T.R.P.Albert Cousineau, supérieur général de la Congrégation Sainte-Croix, a imposé au R.P.Philéas Vanier, archiviste, de recueillir tous les documents possibles sur la Congrégation Sainte-Croix en vue d’en faire la publication privée, sous la responsabilité du Supérieur général.Le volume que nous présentons est le premier d’une série qui paraîtra assez régulièrement et qui apportera les documents indispensables à la connaissance de la vraie histoire du P.Moreau.Je félicite le Supérieur général de cette entreprise, le R.P.Philéas Vanier de son travail ; au nom des historiens je les remercie cordialement.La Cité de Londres.129pp.18cm.S.1.n.d.Cette élégante brochure présente un aperçu sur l’histoire de Londres.Elle se divise en treize chapitres : Historique, gouvernement municipal, corporations, ponts, clochers, bourses, marchés, armes, développement bancaire, assurances, commerce, relations avec le monde moderne, époque actuelle.Elle est ornée de nombreuses illustrations bien choisies, très intéressantes et très bien reproduites.Montréal Adrien-M.Malo, O.F.M. CULTURE nOUV€flU ŒriTRÊ CULTUR6L Chez les Franciscains de Québec, tout récemment, avait lieu l’inauguration officielle de la Bibliothèque Antonienne.En ce moment où la question des bibliothèques publiques et privées devient un sujet de conversation dans tous les milieux où l’on comprend la nécessité d’une culture plus généralisée, plus profonde et plus assainissante, l’apparition d’une bibliothèque nouvelle n’est pas un fait banal.Et la Bibliothèque Antonienne possède un cachet de haute intellectualité qui la classe parmi les principaux centres de lecture, même si elle ne contient pas les millions de volumes qui ornent les rayons de telle et telle grandes bibliothèques nationales.En ouvrant au public cette bibliothèque montée au cours des années avec une patience méritoire, les Franciscains de Québec maintiennent la vieille tradition des moines qui, au cours de l’ère chrétienne, ont bâti l’Europe, en procurant aux peuples barbares une nourriture et une discipline civilisatrices.Ils ont aussi rendu au centuple l’aumône de leurs bienfaiteurs, car la charité intellectuelle dépasse en noblesse la charité corporelle.?* ?Les liseurs de romans et de livres légers ne trouveront pas à la Bibliothèque Antonienne de quoi les satisfaire indéfiniment, car les fondateurs de cette œuvre ont voulu en faire surtout un centre de haute culture et de recherche.Par contre, les esprits désireux de se renseigner en histoire, en sciences sacrées, en biblographie ou en quelque science profane trouveront là cent mille volumes où cueillir une documentation abondante, sérieuse et vivante.La Bibliothèque Antonienne, partie du Centre Antonien de Québec, est l’une de ces institutions, trop rares en notre jeune pays, où peuvent s’alimenter les esprits assoiffés de connaissances précises.Tous ceux qui préparent quelque étude approfondie ont chance de trouver au Centre Antonien des livres qui leur fourniront toute l’érudition nécessaire à la démonstration de leurs thèses ou à l’enrichissement de leurs dissertations. NOUVEAU CENTRE CULTUREL 237 Voilà un grand avantage pour une population dont l’élite intellectuelle a besoin de se livrer constamment aux études pratiques et spéculatives.Gardons-nous bien de mépriser les études spéculatives : celles qui ne semblent rien donner à la société, mais qui lui rendent pourtant l’inappréciable service d’élever constamment le niveau des préoccupations de l’esprit et, par conséquent, d’élargir sans cesse la marge de différenciation entre l’homme et le reste du règne animal.Obsédé par le matériel, notre siècle a grand besoin de ces îlots où l’esprit prévaut contre la chair et d’où rayonnent des idées susceptibles de tonifier une humanité toujours plus ou moins débile.?* Qu’il s’agisse d’études savantes ou de modestes essais, on trouvera toujours profit à consulter les précieuses collections de la Bibliothèque Antonienne.Puis on éprouve une vive satisfaction à parcourir quelques centaines de livres très anciens, que les RR.PP.Franciscains possèdent plus ou moins en exclusivité et qu’ils mettent généreusement à la disposition du public, avec la compétence bibliographique de plusieurs intellectuels, entre autres les RR.PP.Robert, directeur de la Bibliothèque Antonienne, et Gonzalve Poulin, directeur des études à la Faculté des Sciences sociales de l’Université Laval.Une salle de lecture au goût sobre, mais fort élégant, facilite le recueillement des liseurs et des chercheurs.Un intellectuel ne peut souhaiter des conditions de travail plus favorables.En offrant ces trésors de culture et de civilisation au public, les RR.PP.Franciscains acquièrent un nouveau titre à la sympathie et à la reconnaissance de notre peuple.Puis ils donnent le branle à un mouvement qui devrait s’inaugurer chez nous pour une politique de bibliothèques publiques, ainsi que le préconisait récemment, avec beaucoup d’à propos, un membre de l’Assemblée législative.Eugene L’Heureux.Ottawa 238 LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES Richesse de la bibliothèque Sur les rayons d'acier, s'alignent quelque 100,000 ouvrages choisis.Il y a une imposante collection d'incunables, c’est-à-dire des ouvrages antérieurs à l'an 1500.L'importance de cette collection ressort du fait que sur un total de 71 incunables, 17 représentent l'unique copie qu'il y ait de ces éditions dans toute IAmérique du Nord, et 34 sont l'unique copie de tout le Canada.La Bibliothèque Antonienne possède plusieurs incunables canadiens et autres Canadiana précieux, de même que de nombreux post-incunables, soit des éditions datant de la première moitié du XVIe siècle, et des livres qui se recommandent spécialement par leur rareté et leur valeur documentaire.On y trouve aussi toute les revues scientifiques et littéraires, les œuvres des grands scolastiques et de tous les Pères de l'Eglise.COMPTE RENDU Six ans après, Rédigé en collaboration.Montréal, Les Éditions Unitas, 1947.212pp.19cm.$ 1.00.Le présent volume se présente comme un vade-mecum indispensable de tout homme qui est tant soit peu mêlé aux œuvres sociales.Après une prétentation et une préface, il expose longuement les mouvements spécialisés, sa coordination et aussi les œuvres auxiliaires.L’Action Catholique joue un rôle de plus en plus important ; aussi est-il impossible de prendre part aux œuvres, encore moins de les diriger, sans connaître l’Action Catholique.A ce point de vue, ce volume répond à un besoin réel.Il ne manque pas d’intérêt de constater comment la lettre pastorale de S.E.Mgr Joseph Charbonneau sur l’Action Catholique a suscité des organisations bien réelles, bien actives et joliment conquérantes.Nous sommes tellement habitués à nous contenter de mots et de résolutions ! Ceux qui connaissent Mgr Albert Valois et qui le savent chargé d’exécuter les directives de S.E.Mgr Charbonneau en matière d’Action Catholique ne s’attendaient pas à moins.Le Comité diocésain d’Action Catholique de Montréal et leurs présidents Me Eugène Simard et Mme Francine-Willie Major ont droit aux plus chaleureuses félicitations et aux plus sincères encouragements.Dans les temps difficiles que nous vivons, une telle Action Catholique est prometteuse de succès et de conquêtes.Montréal Adrien-M.Malo, O.F.M.CONSULTATION 46.Est-ce que le chapelet ou dizainier scout est indulgenciê?Si le dizainier scout comporte un petit crucifix avec Christ en argent en relief, il est possible de lui appliquer les indulgences apostoliques (Béringer, les indulgences, t.1, n.852, 853), les indulgences à l’article de la mort (Ibid, n.860, 863), les indulgences du chemin de la croix, aux conditions ordinaires (Ibid, n.868, 878).(Voir : L’Ami du Clergé, couverture, 1933, p.323).Montréal Jacques Leclerc, O.F.M. CATÉCHÉTIQUE D€mfinD€Z €T VOUS R€C€VR€Z Dieu exauce-t-il toujours nos prières ?Oui, répond le petit catéchisme.Oui, Dieu exauce toujours nos prières quand elles sont bien faites, mais II les exauce de la manière qu’il juge le plus utile à notre salut.Si vous examinez attentivement chacune des parties de cette réponse de votre petit catéchisme, vous y trouverez la solution à la plupart de vos problèmes concernant la prière.Veuillez d’abord considérer cette partie de la réponse : (( quand elles sont bien faites )).En effet, il serait ridicule de s’attendre que toutes nos prières, même celles qui sont mal faites, puissent être exaucées.C’est pour cela qu’une foule de gens ne doivent pas s’attendre de recevoir du bon Dieu les faveurs qu’ils lui demandent, parce que véritablement leur prière n’est pas une prière.Ainsi tous les gens qui s’adressent au bon Dieu comme s’il était leur serviteur.Vous en connaissez de ces gens qui parlent au bon Dieu un peu comme ils parlent à leur bonne ou à leur chauffeur, et qui lui commandent du beau temps pour le dimanche et de la pluie pour le lundi.Il y a encore tous ceux qui considèrent le bon Dieu comme un pur marchand et qui lui font des propositions d’affaires, qui lui disent par exemple : si vous m’accordez telle faveur, mon Dieu, si par exemple vous permettez que je réussisse tel marché, je vous donnerai $5.00, je ferai chanter cinq messes.Il y en a qui poussent cette mentalité-là bien loin.Ainsi le cas de cette tenancière de mauvaise maison dont on me parlait récemment, qui, paraît-il, fait brûler des lampions pour que son commerce marche bien.C’est là vraiment se moquer du bon Dieu.Il y a enfin ceux qui s’adressent à Dieu comme à une puissance mystérieuse dont la prière déclancherait mécaniquement l’activité.Ils pensent que le bon Dieu ressemble à une de ces machines automatiques que l’on trouve dans les restaurants.Il suffit d’introduire une pièce de monnaie, de tourner une manivelle pour avoir aussitôt ou bien une tablette de chocolat ou bien un paquet de cigarettes.Eh, bien ! non, Dieu n’est pas une machine, Il n’est pas un marchand, Il n’est pas notre serviteur.Et tous ceux qui le considèrent comme cela, même s’ils lui font des prières ardentes, ne doivent pas s’attendre d’être exaucés, car nous dit le petit catéchisme : nos prières sont 240 LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES exaucées quand elles sont bien faites et quand vraiment ce sont des prières.Vous m’arrêtez ici pour me dire : (( Il me semble, mon père, que mes prières à moi, sans être extrêmement belles, n’en sont pas moins de vraies prières.Et pourtant, j’ai bien l’impression de ne pas être exaucé souvent )).A cette objection, je répondrai ceci : Souvent le bon Dieu, quand il nous exauce, le fait à sa manière et c’est tant mieux, car parfois nous serions bien attrapés s’il nous accordait exactement ce que nous Lui demandons.Je songe particulièrement à cette petite fille qui était bien malade et qui entendait les gens autour d’elle répéter : (( Elle a 104 de fièvre, elle est bien malade )).Et cette petite fille demanda au bon Dieu sa guérison en précisant : « Mon Dieu faites que j’aie zéro de fièvre ».Chère petite fille, le bon Dieu l’a exaucée en lui donnant non pas zéro de fièvre, mais 98,%.Je songe également à cette jeune fille qui, il y a quelques années, avait un ami qu’elle aimait beaucoup, mais qui, à son gré, demeurait trop indifférent vis-à-vis d’elle.Alors cette jeune fille commença une neuvaine où elle mit toute la ferveur dont son cœur était capable.Mais voilà que, à mesure que la neuvaine avançait, dans la même mesure apparemment, l’amour de l’ami se refroidissait, si bien qu’au neuvième jour au lieu de la belle flamme que la jeune fille espérait, ce fut la rupture définitive.Alors, elle fut bien tentée de récriminer contre le bon Dieu et de dire : « Puisqu’il en est ainsi, ça ne vaut vraiment pas la peine de se mettre en frais de prier, on n’est jamais exaucé ».En disant cela, elle était injuste vis-à-vis de Dieu.Elle s’en aperçut quelques années plus tard, lorsqu’elle vit que son ancien ami, devenu le mari d’une autre, était un époux infidèle, ivrogne, jaloux, en somme un mari dont elle-même aurait été fort embarrassée pour la vie.Le bon Dieu avait exaucé cette jeune fille, mais il l’avait exaucée à sa manière à lui, d’une manière divine et sage.C’est pour cela que, d’une manière générale, nous devons nous redire ceci : Lorsque le bon Dieu ne nous accorde pas exactement ce que nous lui demandons, il nous accorde quand même quelque chose et souvent une chose bien meilleure.Par exemple, on lui demandait la guérison.Voilà que le bon Dieu nous donne DEMANDEZ ET VOUS RECEVREZ 241 mieux que cela, il nous donne la grâce de comprendre la valeur rédemptrice de la souffrance.Nous lui demandions le gain d’un procès : le bon Dieu nous donne mieux que cela, il nous accorde la grâce de pardonner les injures dans un esprit chrétien.Nous lui demandions d’être éloigné d’une personne énervante, fatigante ; le bon Dieu nous donne mieux que cela, il nous accorde la grâce de la patience.Nous lui demandions la richesse ; le bon Dieu nous donne mieux que cela, il nous accorde la grâce d’avoir une confiance inébranlable dans sa Providence.C’est la garantie que nous rappelle la réponse du petit catéchisme : « Dieu exauce toujours nos prières, mais il les exauce de la manière qu’il juge le plus utile à notre salut ».En effet, le bon Dieu songe d’abord et avant tout à notre salut éternel.Il sait bien, Lui, le bon Dieu, que les plaisirs que nous avons sur cette terre sont des plaisirs passagers, incomparablement inférieurs au bonheur qui nous attend dans le ciel, si nous sommes fidèles.Et par conséquent, le bon Dieu n’hésite pas à nous refuser ces hochets, ces biens éphémères, chaque fois qu’il voit que nous nous en servirions mal, que notre âme en serait endommagée et notre éternité compromise.Ou, tout simplement lorsqu’il voit, lui, le bon Dieu, que cette privation des biens terrestres nous aidera à lever nos regards vers lui, à nous détacher de cette terre, où nous ne sommes que des voyageurs passagers.Nous avons de la difficulté à comprendre cette conduite du bon Dieu à notre égard, car tous tant que nous sommes, nous ressemblons à des écoliers qui voudraient toujours faire l’école buissonnière et qui désirent manger seulement des friandises et des bonbons.Mais leurs parents, s’ils sont sages, n’écoutent pas leurs enfants capricieux et ils les obligent à aller à l’école et à se nourrir d’aliments substantiels.Pourquoi?Parce que eux, les parents, savent bien que normalement leur enfant doit devenir un homme et que, une fois adulte, il se réjouira d’avoir fait les sacrifices nécessaires pour aller à l’école et se bien nourrir.De même le bon Dieu sait qu’une fois rendus au ciel, nous le remercierons d’avoir exaucé nos prières, en ne nous donnant pas les biens fragiles que nous lui demandions, mais en nous donnant des biens surnaturels qui nous auront aidés dans notre marche vers lui.Ici encore vous m’arrêtez et vous me dites : « Je comprends parfaitement bien que le bon Dieu, quand nous lui demandons 242 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES des faveurs temporelles, nous les refuse assez souvent et préfère nous donner quelque chose de meilleur.Mais comment se fait-il que lorsque nous lui demandons directement ses grâces spirituelles, il ne nous les accorde pas toujours ?Par exemple, je demande d’être plus pieux, plus mortifié, plus charitable, et voilà que je demeure aussi imparfait qu’auparavant )>.Malgré cette objection, je continue à vous répéter : vos prières sont toujours exaucées, vos prières bien faites, bien entendu.Tout simplement, ne vous attendez pas à voir des résultats instantanés.Non ! Dans l’ordre surnaturel, la croissance se fait progressivement, comme dans l’ordre naturel.Quand, par exemple, vous semez un grain de blé, vous ne vous attendez pas que, du jour au lendemain, un bel épi mûri apparaisse.Non ! Même si la graine est bonne, même si la semence est excellente, la récolte ne viendra qu’au bout d’un certain temps.Il faudra que la semence germe, qu’elle pousse une tige, qu’elle forme un épi et qu’ensuite le soleil mûrisse cet épi-là.Il en va souvent de même quand nous demandons des faveurs pour nos progrès dans la vertu.Notre croissance surnaturelle prend du temps peut-etre, mais elle se realise d’une façon certaine.Je comprends parfaitement qu’à certains jours nous soyons portés à nous décourager.Dans l’ordre surnaturel, nous demeurons tous, plus ou moins, des enfants, avec des réactions d’enfants.Vous souvenez-vous du jour où vous avez célébré votre sixième anniversaire de naissance ?Il est probable que comme bien d’autres, vous avez été tout étonné de n’avoir pas grandi la nuit précédente, d’un ou deux pouces.Vous vous disiez : « Hier j’avais cinq ans, aujourd’hui j’ai six ans, comment se fait-il que je n’aie pas grandi davantage au cours des dernières vingt-quatre heures ?)) Vos parents vous ont alors sans doute dit : non, non, il faut manger vraiment beaucoup plus de soupe que cela avant de devenir un homme.De même, il faut vraiment prier beaucoup et recevoir beaucoup de grâces avant de devenir un saint, un élu prêt à entrer dans le ciel.Le danger serait de nous décourager, de perdre patience et de tout jeter par-dessus bord, d abandonner nos pratiques de piété, sous prétexte que nos prières ne sont pas exaucées instantanément.Non, il faut garder notre confiance et notre espérance.Le bon Dieu lui-même ne nous a-t-il pas engagés à être persévérants.Il nous a donné DEMANDEZ ET VOUS RECEVREZ 243 une leçon bien facile à comprendre dans la touchante parabole des trois pains.Un jour, ou plutôt une nuit, quelqu’un se rendit chez son voisin pour lui demander trois pains.Il frappa à la porte et cria : « Aurais-tu la bonté de me prêter trois pains ?)) Mais l’autre arraché à son sommeil, lui répondit : avec la recherche ou l’approbation du plaisir charnel, de l’émotion sexuelle que produisent ou peuvent produire ces représentations mentales.— Il est donc clair que la représentation par elle-même n’est pas un péché.— Très clair.Le seul fait de penser à certaines parties du corps, à certaines actions, n’est pas un péché pour la raison bien simple que ces parties du corps ou ces actions ne sont pas en elles-mêmes mauvaises.Il y a toutefois du danger à se les représenter, surtout sans raison ; c’est pourquoi il faut s’imposer de penser à autre chose quand ces images mentales, quand ces idées viennent, sans raison suffisante, à notre esprit.— Alors il est clair qu’avec la représentation, il faut une intention mauvaise pour qu’il y ait faute ?— Oui, très clair.Pour être coupable d’une pensée impure il faut que je me représente un tableau dangereux ou scabreux en recherchant une satisfaction, un plaisir qui m’est défendu par la chasteté ou encore pour renouveler ou éprouver une satisfaction malhonnête déjà obtenue.— Que penser des personnes qui se disent continuellement assaillies par des mauvaises pensées ?— Je crois que dans la majorité des cas ce sont des personnes malades qui ont besoin des conseils et des soins d’un spécialiste. 246 LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES — Quelle différence faites-vous entre une pensée impure et un désir impur ?— Les mots le disent : un désir impur ajoute à la pensée l’intention si l’occasion s’en présente, si la chose devient possible, de faire l’action mauvaise que l’on regarde dans sa tête, l’action à laquelle on pense.II —LE PÉCHÉ MORTEL EXPLIQUÉ AUX ENFANTS — Une maman nous demande comment expliquer le péché mortel à un enfant qui se prépare à la première communion ?— Qu’on lui parle donc plutôt de l’amour du bon Dieu.— Cela est très bien, mais ce n’est pas suffisant ; il faut éclairer la conscience de cet enfant.Jeune, il peut quand même avoir déjà fait certaines actions qui en elles-mêmes sont de gros péchés.S’il n’en parle pas à confesse, il en résultera des troubles de conscience ou tout de suite ou plus tard.— Vous avez raison.La tâche à entreprendre est cependant difficile et périlleuse.L’enfant n’est pas de taille à comprendre les mots (( mortel )) et (( véniel )).Les mots gros péchés et petits péchés risquent de dire autre chose que ce que l’on veut leur faire dire ; par exemple, l’enfant peut penser que c’est un gros péché que de voler une grosse boîte de carton et un petit péché de voler une bague de prix.Le mieux est d’associer l’idée de l’enfer à certaines actions en donnant des exemples que l’enfant peut comprendre sans qu’ils soient pris dans sa vie ; exemples : le crime de Caïn, le vol d’une automobile, l’omission volontaire de la messe le dimanche.— Tout cela est juste.Mais je crois que l’on manque le point délicat auquel la lettre doit vouloir faire allusion : les péchés contre la pureté.— Cela est vrai.Il faut aborder délicatement ce sujet avec le petit, tout en parlant clairement.Je suggérerais des formules comme les suivantes : il y a des petits enfants qui se déshabillent devant les autres, par exprès, pour faire leur méchant ; il y en a qui regardent les autres, quand ils ne sont pas habillés, ils les regardent par exprès et pour faire leur méchant ; il y a des enfants qui touchent aux autres, en bas, par exprès pour faire leur méchant.Un petit enfant qui a fait cela, le petit Jésus lui pardonne, s’il promet de ne plus recommencer.On le dit PENSÉES IMPURES, PECHE MORTEL EXPLIQUE AUX ENFANTS 247 comme ceci à confesse : « Mon père, je m’accuse d’avoir fait des choses laides )).On notera que dans nos formules nous ne parlons ni de péché mortel, ni de péché véniel à propos de ces actions.— Et pourquoi ?— Parce qu’il est très rare que de petits enfants de 5 ou 6 ans fassent des fautes graves en cette matière.Il manque ou la connaissance suffisante ou le plein consentement ou même la gravité de la matière, car il s’agit plus souvent qu’autrement de petites folies faites par légèreté, sans passion ni vrai méchanceté.— Il faut pourtant éduquer les enfants à la pureté.Serait-ce un bon moyen de leur faire peur en leur disant que ces actions sont des péchés graves ?— Qu’on les éduque, très bien.Qu’on leur fasse peur de la façon que vous dites, je n’en suis pas.En effet, l’on risque de fausser la conscience si, comme je viens de le dire, il est très rare que toutes les conditions requises pour une faute grave existent chez de touts petits enfants.Que l’éducation à la pureté se fasse par le motif de l’amour du bon Dieu et en inculquant aux enfants, par amour pour le bon Dieu, une peur très grande du péché véniel.Montréal Irenée Lussier.COMPTE RENDU Koller, Ange, O.F.M., Essai sur l'esprit du Berbère marocain.Fribourg, Suisse, 1946.410pp.32pp.d’illustrations.Fr.s.10.Connaissant la langue berbère, l’A.a séjourné douze ans dans des milieux différents et variés.Sa documentation est riche et directe.Son étude s’attache à la langue, la littérature, l’art, la psychologie, les lois, la religion, les idées sociales, familiales, morales et politiques de cette race.Son but est d’étudier sérieusement et consciencieusement, dans l’ensemble et dans les moindres détails, l’esprit, l’âme d’une race pour se faire tout à tous et les gagner au Christ.Dans sa conclusion l’A.synthétise lucidement l’esprit du Berbère marocain.Ce livre est donc indispensable au missionnaire marocain.Il est aussi indispensable à tout missionnaire sérieux parce qu’il est un modèle d’apostolat, d’études préliminaires nécessaires pour comprendre la mentalité de la nationalité en question et pour bâtir ainsi sur le roc solide de ses qualités naturelles.Ajoutez à cela les nombreux clichés, instantanés splendides, qui documentent agréablement et illustrent admirablement.Montréal Jacques Leclerc, O.F.M. LITURGIE mUSIQUe fl L’€GLIS€ I — Il était d’usage, autrefois, en certaines églises qui pouvaient se permettre un tel luxe, de chanter des messes solennelles accompagnées par un petit orchestre.Quelqu’un se plaint de la disparition des violons, à la tribune de l’orgue — un violoniste, sans doute — qui soutient son point de vue avec l’argument que voici : (( Aucun commandement de Dieu ou de l’Eglise ne défend de jouer à l’église d’autres instruments que l’orgue )).Que faut-il lui répondre ?— Aucun commandement de Dieu ?d’accord.Aucun commandement de l’Eglise ?c’est une autre affaire.La législation de l’Eglise, en matière de musique religieuse, a été résumée et mise au point par un pape musicien, Pie X, dans son « Motu Proprio )) qu’il intitule :
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