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Titre :
La vie des communautés religieuses /
Revue publiée à l'intention des membres des communautés religieuses catholiques. Elle aborde amplement les questions théologiques et vocationnelles et les enjeux d'adaptation aux changements sociaux. [...]

À consulter : Site Web de la revue, incluant un index de La vie des communautés religieuses (1942-2006).

Éditeurs :
  • Montréal :RR. PP. Franciscains du Canada,1942-2006,
  • Montréal :RR.PP. Franciscains de la Province St-Joseph au Canada,
  • Montréal, Québec, Canada :La vie des communautés religieuses,
  • Nicolet, Qué., Canada :publiée par un consortium de congrégations religieuses du Québec
Contenu spécifique :
Janvier
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
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La vie des communautés religieuses /, 1947-01, Collections de BAnQ.

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Communautés Religieuses Vol.5, n.S MONTRÉAL Janvier 1947 SOMMAIRE Pages TEXTE SPIRITUEL Saint Bonaventure Lettre dite des XXV choses mémorables.145 DROIT DES RELIGIEUX Jean-Baptiste Desrosiers Droit à la réputation.157 BIBLIOGRAPHIE Fernand Porter Bibliographies commentées .161 LITURGIE Moïse Roy Le troisième cierge de l'élévation 164 COMMUNAUTÉ DE CHEZ NOUS Une religieuse de Congrégation des Soeurs de Sainte-Anne Sainte-Anne.166 CONSULTATIONS (voir au verso) COMPTES RENDUS ADMINISTRATION: C.P.1515 (PL.D'ARMES) - RÉDACTION: 3113 AVE.GUYARD MONTRÉAL LA VIE des COMMUNAUTES RELIGIEUSES Publication des RR.PP.Franciscains du Canada Paraît le 15 de chaque mois, de septembre à juin, en fascicule de 32 pages.Abonnement : $ 1.25 par année.Cette revue est imprimée en vertu du certificat No 164 de la Commission des prix et du commerce en temps de guerre.Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe, ministère des postes, Ottawa.Rédaction : 3113, avenue Guyard, Montréal.— 26 .Administration : CP.1515, Place d'Armes, Montréal.— 1 Directeur : R.P.Adrien-M.Malo, O.F.M.Conseil de direction : S.E.Mgr J.-C.CHAUMONT, vicaire délégué pour les communautés religieuses.Mgr J.-H.CHARTRAND, vicaire général.Secrétaire : R.P.jogues MASSÉ, O.F.M.Administrateur-gérant : M.J.-Charles DUMONT.Imprimeurs et expéditeurs : Les Frères des Écoles chrétiennes.Nihil obstat : Imprimatur : Hadrianus MALO, OJ.M.+ Albert VALOIS, V.G.Censor ad hoc.Marianopoli, die 2a januarii 1947 1MPR4*!£ AU CANADA BR1NTED IN CANADA Imprimerie des Frères des Écoles chrétiennes LA VI€ D€S communAUTés r€ligi€us€S Vol.5, No.5 MONTRÉAL Janvier 1947 TEXTE SPIRITUEL Lettre dites des XXV choses mémorables Cette épître contient vingt-cinq points dignes de mémoire.Écrite par saint Bcnaventure à un religieux de l’Ordre resté inconnu, elle a semblé à de bons esprits, connaissant bien le saint, livrer le secret de son âme.Plusieurs expressions d’ailleurs voilées laissent supposer qu’il aurait transcrit pour le profit d’un frère aimé ses propres résolutions.Prologue.Frère Bonaventure à son frère (Pierre) bien-aimé dans le Christ.qui s’étant déjà quelque peu dépouillé du vieil homme désire vivre pour le Christ et mourir au monde.Alors que j’étais avec toi, mon frère bien-aimé dans le Seigneur, tu m’as prié avec instances de te visiter dans la suite par quelque lettre d’exhortation.Je n’ignore pas, mon frère, qu’en me faisant cette demande, tu accumules des charbons ardents sur ta tête.Tes instances affectueuses, ton humble supplication ont triomphé de ma superbe conviction et de mes résistances, si bien que j’ai promis de satisfaire ton désir.En vérité, il eût été préférable que ce soit moi qui reçoive de ta part des lettres d’encouragement.Mais puisque tes pieuses instances ont réussi à me faire agir en cette occasion comme un insensé, j’essaierai, autant qu’il est en moi, de répondre à ta demande, sans pourtant m’astreindre à t’écrire rien de spécial, me contentant de t’envoyer les quelques pensées et résolutions simples et sans apprêt que je m’étais proposé de recueillir pour mon usage personnel ; tu les connais déjà pour la plupart.Permets-moi auparavent, mon cher frère, de m’adresser à ta charité ! Une expérience certaine nous apprend que nul ne peut servir Dieu parfaitement s’il ne se sépare totalement du monde.Il nous faut donc, si nous voulons suivre le Seigneur 146 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES notre Maître, obéir à la voix du prophète, en nous arrachant aux liens de l’iniquité, afin que, dégagés de tout ce qui est terrestre, nous suivions d’un pas alerte le Rédempteur.« Celui qui milite pour Dieu, dit l’Apôtre, ne doit pas s’embarrasser dans les affaires du siècle )).Ne laissons donc jamais notre cœur s’occuper des choses créées, si ce n’est dans la mesure où elles nous portent à l’amour de Dieu.La vérité infinie de ce qui passe, si on y arrête l’esprit, non seulement interrompt, par des distractions, le doux repos d’une âme recueillie, mais encore elle le supprime, introduisant en elle des imaginations qui l’importunent, la fatiguent et la troublent.Déposons plutôt le pesant fardeau de nos occupations terrestres, et, allégés, courons vers celui qui nous invite.En lui se trouve l’abondante réfection des âmes et (( la paix souveraine qui dépasse tout sentiment )).(( Venez à moi, dit-il, vous tous qui êtes fatigués et qui ployez sous le fardeau, et je vous soulagerai ».O Seigneur, de qui avez-vous besoin pour que vous nous appeliez de la sorte ?Qu’avez-vous de commun avec nous ?O parole toute de miséricorde : (( Venez à moi, dites-vous, et je vous soulagerai ».O admirable condescendence, charité inneffable de notre Dieu ! Qui n’a jamais réalisé de telles merveilles ?Qui n’a jamais entendu ou vu de pareilles choses ?Voici qu’il invite ses ennemis, il encourage les coupables, il attire les ingrats : (( Venez à moi, dit-il, et prenez modèle sur moi.Portez votre joug et vous trouverez le repos de vos âmes ».O paroles très douces, suaves, divines, « plus pénétrantes qu’aucune épée à deux tranchants ».Vous vous enfoncez dans le plus intime de l’âme et, la remplissant d’une abondante douceur, « vous allez jusqu’à séparer l’âme et l’esprit ».Et maintenant âme chrétienne, réveille-toi donc devant tant de bonté, au contact d’une si grande douceur, à l’odeur d’une telle suavité.Certes, celui qui y demeure insensible est malade, il a perdu le sens, il marche vers la mort ! Enflamme-toi, je t’en prie, ô mon âme, dilate-toi, enivre-toi de douceur dans la miséricorde de ton Dieu, dans la mansuétude de ton Dieu, ton Epoux dans la charité ! Que l’ardeur de ton bien-aimé t’enflamme, que son amour te dilate, que sa suavité te délecte.Que personne ne t’empêche d’entrer, de le posséder, de le goûter. LETTRE DITE DES XXV CHOSES MÉMORABLES 147 Que cherchons-nous davantage ?Qu’attendons-nous encore ?Que dirons-nous de plus ?En lui seul ne trouvons-nous pas tous les biens ?Hélas ! notre aveuglement est extraordinaire, notre misère profonde, notre lâcheté haïssable.Nous sommes appelés au repos et nous cherchons le travail.Nous sommes invités à la consolation et nous allons vers la souffrance.La joie nous est promise, et nous désirons la tristesse ! Misérable est notre faiblesse, plus misérable encore notre perversité ! Nous sommes devenus comme insensible et presque inférieurs aux idoles, puisque nous avons des yeux et nous ne voyons pas, des oreilles et nous n’entendons pas, une raison et nous ne discernons pas, « prenant ce qui est amer pour ce qui est doux, et ce qui est doux pour ce qui est amer ».O Dieu, qui corrigera de tels égarements ?D’où nous viendra la satisfaction pour une si grande faute ?Il n’est de bon en nous que ce qui vient de votre munificence.Vous seul donc pouvez nous corriger, satisfaire pour nos offenses, qui seul savez de quoi nous sommes formés, vous, notre Salut et notre Rédemption, qui n’opérez ce changement qu’en ceux qui, connaissant la profondeur de leur misère, attendent de vous seul d’en être arrachés.Elevons vers Dieu les yeux de notre âme et considérons en quel abîme nous sommes tombés, car celui qui ignore sa propre chute n’a nul souci de se relever.Du fond de l’abîme crions avec force vers le Seigneur, afin qu’il nous tende sa main miséricordieuse : elle ne sera jamais trop courte pour nous sauver.Je t’en prie, ne perdons pas une confiance qui sera si largement récompensée.Approchons-nous donc avec assurance du trône de la grâce, remportons le prix de notre foi, c’est-à-dire le salut de nos âmes.N’hésitons pas ! Déjà la vie nous appelle, le salut nous attend, la tribulation nous presse d’entrer.Que faisons-nous ?Pourquoi sommes-nous si paresseux ?Pourquoi accumuler des retards ?Hâtons-nous d’entrer dans ce repos du bonheur éternel où il y a des choses grandes qu’on ne peut sonder, des merveilles qu’on ne saurait compter.Je t’en prie, que le souvenir de Jérusalem occupe désormais notre cœur, soupirons vers notre patrie, tendons en haut, vers notre mère.Entrons dans les puissances du Seigneur.Fixons nos yeux sur notre roi très doux qui règne sur elle, et que nos cœurs se liquéfient dans ses miséricordes. 148 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES Rendons grâce de tout notre cœur à celui qui, oubliant notre ingratitude, n’a pas détourné de nous sa pitié et sa miséricorde, et nous a donné le désir de courir dans la voie de ses commandements, voie en laquelle nul ne peut courir s’il n’en a le désir.Il faut estimer à sa juste valeur ce don que le plus grand des prophètes affirme avoir souhaité : « Mon âme, dit-il, a souhaité de désirer de marcher en tout temps selon tes préceptes )).Comme notre tiédeur, notre insouciance, nos négligences finissent par exténuer ce désir, j’ai pensé de noter dans cette lettre d’exhortations quelques pensées où serait mis en relief ce qu’il faut éviter et ce qu’il faut faire.Si, tous les jours, nous les méditons avec amour et si nous nous efforçons de les mettre en pratique avec un courage nouveau, nous croîtrons sans cesse en vertus et en grâce dans la charité divine jusqu’à ce que vienne le parfait désir des collines éternelles.RÉSOLUTIONS D’ORDRE GÉNÉRAL.Il est des vertus particulièrement recommandables chez les jeunes et qui sont comme des degrés dans la voie du salut : sans aucun doute, ceux qui s’y exerceraient avec fidélité pourraient atteindre à la perfection et au sommet de la gloire.Qu’ils pratiquent une sainte modération dans toutes leurs paroles et dans tous leurs actes ! Qu’ils soient lents à parler, prompts à obéir.Qu’ils prient souvent, qu’ils fuient l’oisiveté et la dissipation, qu’ils se confessent bien et fréquemment, qu’ils aiment à rendre service et évitent les entretiens inutiles ! Ce sont là des pierres précieuses qui, par leur éclat, rendent celui qui les possède agréable à Dieu, aux anges et aux hommes.« Mais lorsqu’il a plu, à celui qui t’a mis à part dès le sein de ta mère et qui t’a appelé par sa grâce, de révéler en toi l’image de son Fils en te faisant passer de la misérable servitude d’Egypte à la liberté des enfants de Dieu )), alors tu as commencé à marcher dans la voie de l’homme nouveau, ce sentier de l’humilité qui s’avance entre la crainte et l’amour.Si tu continues à le gravir, tu pourras t’exercer à de plus hautes vertus.Je vais brièvement t’en signaler quelques-unes.RÉSOLUTIONS PARTICULIÈRES.1.Si tu désires suivre les traces du Seigneur, il te faut avant tout placer en Dieu ton espérance et renoncer absolument à toutes les consolations du monde. LETTRE DITE DES XXV CHOSES MEMORABLES 149 2.Applique-toi, autant que le peut l’infirmité humaine, à te purifier de tous les vices et de tous les mauvais désirs, afin que, débarrassé du vieux ferment de toute malice et iniquité, tu marches dans une voie nouvelle, à la suite du Christ.Si tu ne brises les chaînes du mal, ton âme appesantie dans les ténèbres ne pourra s’élever vers les choses du ciel.3.Dégage-toi de toute attache extérieure afin que par l’esprit tu puisses totalement t’unir à Dieu.4.Pour l’amour du Très-Haut, supporte d’une âme égale toutes les persécutions de ce monde.Bien plus, sois prêt à les subir toutes, si c’était possible.Ne cherche de plaisir que dans les souffrances du Christ et, renonçant à toute joie temporelle, réjouis-toi dans les tribulations elles-mêmes, estimant qu’elles te sont préparées pour la satisfaction de tes péchés et le profit de ton âme.5.Puisque tu as offensé ton Créateur et l’auteur de toutes choses, n’exige d’aucune créature qu’elle se plie à tes volontés.6.Méprise-toi toi-même, et souhaite que tout le monde te méprise.Par amour de la très sainte pauvreté, prends soin que tout ce qui est à ton usage soit commun, vil et modeste, autant que cela t’est possible.Garde-toi de rien exiger des autres, mais plutôt, te réjouissant de tout ce qui peut leur être agréable, rends-leur service, mets-toi à leurs ordres, les jugeant dignes de toute consolation, à moins que (ce dont Dieu nous préserve) tu n’y voies manifestement une faute inexcusable.Dans ce cas, regrette-la de ton mieux dans l’intime de ton âme, avec compassion et crainte.7.Vivant toujours dans la crainte, fuis de tout ton pouvoir les sollicitudes de ce siècle, les honneurs, la gloire, les faveurs, le souffle de la vaine gloire, comme tu fuirais une peste mortelle.Veille continuellement sur toi, à toute heure méfie-toi de toi-même, parce que si tu remportes sur toi une complète victoire, aucun ennemi intérieur ou extérieur ne pourra te nuire.8.Pour l’amour de celui qui, étant le Maître de tout ce qui est aux cieux, sur la terre et dans les enfers, a bien voulu néanmoins prendre la forme du dernier des esclaves et s’est soumis volontairement au pouvoir des hommes, humilie-toi, considère tout homme comme ton maître, et estime-toi véritablement le serviteur de tous en toutes choses.De cette façon, tu auras une tranquillité et une paix continuelles avec tous et rien absolument ne te sera à scandale. ISO LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES 9.Demeure indifférent à tout ce qui est indifférent à ton utilité spirituelle.En aucune façon ne te soucie ni ne t’embarrasse d’une affaire, soit à l’intérieur, soit à l’extérieur, dès lors qu’elle ne peut être profitable à ton âme.Ne permets pas non plus que d’autres te mêlent à ces sortes d’affaires.Il y a là un secret merveilleux, ignoré de ceux qui n’en n’ont pas fait l’expérience.10.Veille sur ta vue, ta bouche et tous les autres sens, afin de ne voir, entendre ou toucher que ce qui est utile à ton âme.Retiens si parfaitement ta langue, que tu ne dises rien, si ce n’est interrogé ou poussé par une nécessité ou une utilité évidente.Alors, parle avec respect, crainte et douceur, brièvement et à voix basse, si tu le peux, évitant les longs discours et supprimant ce qui en serait l’occasion, dans la mesure du possible.11.Désire toujours l’aimable et sainte solitude.En tout temps considère comme précieux le travail des veilles.Emploie-les toujours à offrir à Dieu tes prières, faisant attention aux paroles que tu prononces, y apportant une grande ferveur, une profonde humilité.12.Lorsque tu dois réciter le saint Office, établis la paix au-dedans de toi, jusqu’à oublier tout ce qui est de la terre.Ton esprit pourra alors s’appliquer fixément aux mystères célestes, et tu t’acquitteras de l’Office avec autant de dévotion, de respect, de joie et de crainte que si, placé au milieu des armées des anges en la présence de Dieu, tu lui offrais avec eux des louanges.13.En tout temps, tu auras un souverain respect pour la glorieuse Reine, la Mère de Notre-Seigneur.En tous les besoins et dans tes peines, recours à elle comme au plus sûr des refuges.Prends-la pour ton avocate : avec grande dévotion et confiance, remets-lui le soin de tes affaires.N’est-elle pas la Mère de miséricorde ?Aie soin de lui offrir un témoignage tout particulier de vénération.Et pour que ta dévotion soit favorablement accueillie, pour que tes hommages lui soient agréables, conserve en toi l’éclat de sa pureté en écartant toute souillure d’esprit et de corps.Par la pratique de l’humilité et de la douceur, efforce-toi de marcher sur ses traces.14.Evite partout la compagnie des femmes et des jeunes gens hors le cas de nécessité ou d’utilité manifeste. LETTRE DITE DES XXV CHOSES MEMORABLES 151 En quelque lieu que tu te trouves, choisis-toi pour Père spirituel un homme saint, doux et pieux, instruit par sa propre expérience de la vertu plutôt que riche de beaux discours, qui soit capable de t’enflammer de l’amour de Dieu par ses paroles brûlantes et ses exemples, auprès duquel tu puisses recourir dans tes nécessités et chercher une consolation spirituelle.15.Avec le plus grand soin, éloigne de toi les glaces de la paresse spirituelle et la tristesse : elles recouvrent un chemin de confusion qui conduit à la mort.Intérieurement et extérieurement, demeure toujours joyeux et paisible.Ne contredis jamais personne et ne t’oppose pas à ce que les autres désirent, mais sois toujours de leur avis, à moins que la gloire de Dieu ou le salut de ton âme ne s’y opposent.16.Conforme à la volonté divine toutes tes affections et tes volontés.Qu’en ce monde tout contribue à ton édification et que rien ne te scandalise, grâce à la pureté et à l’innocence que tu as reçues de la bonté divine.Ne te trouble pas outre mesure des manquements des autres.A une faute ce serait toujours ajouter une autre faute.Tu souillerais ton âme par leurs péchés, et, rêvant de les arracher à l’abîme, tu t’y enfoncerais toi-même plus profondément.Si tu ne peux te rendre utile sans dommage pour ton âme, cache au moins la faute de ton frère charitablement, abandonnant le tout à cette Sagesse souveraine qui sait tirer le bien même des plus grands maux.De cette façon, dans le bien comme dans le mal, tu pourras trouver un profit spirituel.17.Garde ton cœur avec soin, et ne l’applique qu’aux exercices spirituels.Libre de toute image des choses visibles et de tout le créé, il pourra plus librement se donner au Créateur.18.Considérant que tous les hommes ont été crées à l’image et à la ressemblance de Dieu, aime-les tous d’une charité intérieure et prends soin de tous, mais surtout de ceux qui sont dans l’infirmité et le besoin, à la condition d’éviter la dissipation, nuisible à la vie spirituelle.Aie pour eux l’amour et les attentions qu’une mère a pour son fils unique, objet de ses prédilections.19.Tu veilleras à diriger continuellement ton esprit vers Dieu afin que tout ton travail, tous tes exercices, tant spirituels que corporels, soient une prière ; et que tu t’acquittes de toutes les occupations, surtout des plus humbles, comme si elles se rapportaient au Christ en personne.Tu peux et dois croire qu’il en 152 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES est véritablement ainsi, puisqu’il a dit lui-même dans l’Évangile : « Ce que vous avez fait au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous l’avez fait )).20.Honore et vénère tout le monde ; si ce n’est par devoir» du moins par un motif de piété.Avec autant de soin que tu en apportes pour protéger la pupille de tes yeux, préserve de toute atteinte la loi de la très sainte obéissance, dans les petites choses comme dans les grandes, et même dans ce qui est douteux.Obéis non seulement à tes supérieurs et à tes prélats, mais encore aux plus petits de tes frères, te soumettant à tous, renonçant à toi-même pour le Christ.Dans les choses bonnes et indifférentes, applique-toi à faire toujours la volonté d’autrui, tout en évitant de leur être à charge.Aimant tout le monde dans la charité du Christ, rends-toi également aimable à tous.Évite les familiarités et les amitiés particulières.Prends bien garde de n’être jamais par toi-même ou par autrui, par tes paroles ou par tes actes, une cause ou une occasion de rancune, de haine, de tumulte, d’injure, de trouble, de murmure, de détraction, de scandale, de flatteries ou d’autres choses de ce genre.21.Autant que tu le peux, tiens cachées les vertus ou grâces spirituelles que la miséiicorde divine daigne répandre en toi ou par toi, tes épreuves et tes luttes, tes saintes résolutions et toutes autres choses semblables, sauf, bien entendu, celles qui doivent être accusées en confession ou celles que tu jugerais bon de confier à un ami particulier et sûr, en vue de ton utilité spirituelle, pour recevoir de lui un conseil ou un éclaircissement.Sois attentif à glaner du temps partout, afin de pouvoir t’adonner à tes prières accoutumées et à la sainte méditation : te tenant à l’écart, tu pourras alors t’élever par Je désir jusqu’au ciel.22.Délivré de tout, ne désirant rien de ce qui est terrestre, méprisant toutes les créatures, applique-toi avec une telle vigueur d’esprit et une telle intensité de désir à la considération de ton Créateur, que tu en viennes presque à oublier les choses d’ici-bas et qu’en toutes tes actions partout où tu te trouves, dans toutes tes difficultés, de jour et de nuit, à tout moment et à toute heure, tu aies toujours Dieu présent à ta mémoire, croyant et pensant que tu es vraiment devant lui, te souvenant que partout il te regarde. LETTRE DITE DES XXV CHOSES MÉMORABLES 153 Songe à cela avec un grand respect, crainte et frayeur, et en même temps avec une souveraine discrétion et le plus ardent amour.Tantôt, prosterne-toi aux pieds de son immense majesté et, d’un cœur contrit, demande le pardon de tes fautes ; tantôt, présente-toi devant la croix du Fils de Dieu et, transpersé d’un glaive de compassion au souvenir de sa très sainte passion, blessé avec lui, pleure et gémis.Maintenant, considère tout le cours de sa vie pour en faire la norme de ta conduite.Le moment d’après, repasse en ton esprit ses innombrables et immenses bienfaits pour lui en rendre grâces.Une autre fois, blessé au vif par les traits de son amour, regarde-le dans toutes les créatures, considérant tan rôt sa puissance, tantôt sa sagesse, tantôt sa bonté et sa clémence, afin de le louer et de l’exalter en toutes ses œuvres.Ou bien, sollicité par le désir de la patrie céleste, aspire vers lui par des soupirs et des gémissements.Ou encore, te souvenant de son inestimable charité, abandonne-toi à une admiration pleine d’allégresse qui te fasse sortir de toi et te perdre en lui de cœur et d’esprit.Souviens-toi aussi du temps où tu quittais et délaissais Dieu alors qu’il te retenait, te soulevait, t’attirait à lui ; considère qu’en toute occasion, tu te montre ingrat et que, néanmoins, le sein ineffable de la miséricorde divine est toujours prêt à ce recevoir, et, avec le plus ardent amour, jette-toi en lui, t’abandonnant tout entier aux larmes.D’autres fois, fixe ton attention sur les décrets de sa justice souverainement cachés, profonds, admirable, mystérieux et extrêmement effrayants, les révérant tous avec grand amour, mais aussi avec crainte et tremblement, dans la fidélité et la constance, discret et humblement suppliant.Par-dessus tout, entretiens dans ton âme et dans ton corps un continuel et vif souvenir de sa Passion.23.Veille et tiens-toi sur tes gardes.Avec le plus grand soin, mets-toi en tout temps à l’abri des ruses de l’ancien ennemi, qui souvent « se change en ange de lumière )) pour tendre des pièges et des embûches sur toutes nos voies, et s’emparer de nos âmes.Evite-les comme le passereau évite ceux des chasseurs.Garde-toi pur et fais-toi si petit à ses yeux, que ses fillets les pius fins ne puissent te retenir.Tu leur échapperas et seras sain et sauf, si, devenu un nouvel Israël, les yeux de ton esprit sont continuelle- 154 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES ment tournés vers Dieu, car, (( il ne se laissera aller ni a 1 assoupissement ni au sommeil, celui qui te garde )).24.Demeurant inébranlable en tes saintes résolutions, enflammé de l’ardeur des désirs célestes, conservant sans tache la beauté d’une âme et d’un corps chastes, la pureté de l’innocence et la délicatesse de ta conscience, prends bien garde de ne jamais t’affadir en te laissant aller à la tiédeur.Pour t’en préserver avec plus de soin et d’exactitude, examine ta vie sept fois le jour, c’est-à-dire avant ou immédiatement après chaque heure canonique, considérant et recherchant avec la plus grande attention si d’une heure à l’autre tu as marche sans faute devant Dieu, dans le sentier de la justice.Personne ne respecte la discipline et la justice au point de n’avoir absolument aucune négligence ou omission a se reprocher.Il t’est donc nécessaire de recourir très souvent au bain de la Pénitence pour t’y laver avec douleur et gémissements.Dans cet aveu ou confession, tu déclareras au prêtre comme à Dieu même tous tes manquements, les faisant connaître intégralement selon la vérité et par des paroles pures, sans les voiler par des excuses, sans les cacher ni les atténuer.Afin de procéder avec ordre, tu diras d’abord les manquements dans tes devoirs envers Dieu, principalement dans la prière tant mentale que vocale.Tu passeras ensuite aux manquements envers le prochain, et, en dernier lieu, aux fautes que tu as commises en surveillant mal tes sens, tes affections sensibles et tes pensées.La contrition et la satisfaction doivent toujours accompagner cette confession.Tu regretteras donc tes fautes, non seulement les grandes, mais aussi les petites.Au regret tu ajouteras l’attention : afin de ne pas tomber dans le même péché, tu auras toujours soin d’en supprimer les causes et les occasions si chères qu’elles te soient.Selon la parole du Sauveur, il faut arracher l’œil qui nous scandalise, c’est-à-dire les occasions de pécher qui nous paraissent aimables, même lorsque leur effet nous déplaît extrêmement.Dans cette guerre, le combat est très dur.Il faut que le serviteur de Dieu soit aveugle, sourd, muet, insensible à tout ce qui ne peut être profitable à son âme.Afin de t’appliquer avec plus de soin et plus d’ardeur à l’observance des commandements de Dieu et de sa loi dans les points qui viennent d’être rappelés et dans tous les autres, fais en sorte, LETTRE DITE DES XXV CHOSES MEMORABLES 155 autant que tu vivras, de considérer longuement, ou moins une fois le jour ou la nuit, combien la mort est incertaine, quelles récompenses sont préparées aux justes, quels châtiments attendent les pécheurs, afin de ne pas servir Dieu sans crainte et de ne pas te réjouir sans trembler.25.Lorsque, avec le secours de la grâce, tu auras bien fait toutes choses, reconnaissant que tu es un serviteur inutile et un pécheur, estime-toi indigne de recevoir un bienfait de Dieu.Conserve néanmoins une foi très robuste, sois rempli de l’amour de Dieu et espère avec une grande confiance que le Père très miséricordieux t’ouvrira le sein de sa miséricorde.En agissant ainsi, tu jetteras courageusement les fondements de la foi rendus inébranlables par la profondeur de ton humilité.Sur ces fondements, tu élèveras les murs resplendissants d’une charité continuelle et intense, ornés de l’éclat de toutes les vertus.Le toit de la bienheureuse espérance recouvrira glorieusement ces murs.Et lorsque l’édifice sera achevé, celui qui habite dans les cieux, l’hôte bienveillant des âmes fidèles (( dont les délices sont d’être avec les enfants des hommes )), condescendra à habiter en toi par sa grâce durant cet exil ; jusqu’à ce que, ayant achevé cette vie, tu mérites de contempler dans la joie, avec tous les saints, revêtu du vêtement glorieux d’immortalité, le resplendissement de son visage, dans la patrie bienheureuse du ciel.Là sera le bonheur parfait, l’éternelle béatitude, la fin et la réalisation de tous tes désirs.Sache bien toutefois, mon frère très cher, que si tu ne renonce pas parfaitement à toi-même, tu ne pourras pas marcher sur les traces de ton Sauveur et tu n’obtiendras sa grâce qu’avec une inquiétude continuelle et avec peine.Si tu ne frappes à sa porte avec persévérance, tu ne pourras parvenir à la paix intérieure.Si tu ne te maintiens pas dans la crainte de Dieu, bientôt ton édifice spirituel s’écroulera.Si, avec fidélité et constance, tu mets en pratique les conseils que je viens de te donner, j’espère que, par la miséricorde du Sauveur, tu seras digne de recevoir sa grâce ici-bas, et que tu jouiras avec lui de sa gloire dans le ciel.Amen.CONCLUSION.Je ne t’ai pas écrit tout cela, mon cher frère, parce que j’estimais que tu en avais besoin, mais parce que, l’ayant noté pour 156 LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES moi-même et remarquant mon peu de constance, j’ai résolu de te l’envoyer comme à un ami fidèle.Par ton courage et ta ferveur toujours en éveil, tu répareras ce que j’omets par manque d’énergie, négligence ou tiédeur.Je t’écris d’autant plus volontiers que je sais que tu partages presque toujours ma manière de voir et que, malgré leur simplicité, mes résolutions de vie spirituelle te plaisent beaucoup.C’est pourquoi, mon bien-aimé dans le Christ, je te prie de les recevoir avec la charité et l’aftection que je sais avoir eues en te les envoyant.« Leur mise en pratique paraît sur l’heure un sujet de tristesse et non de joie )).Applique-toi néanmoins à y être fidèle afin qu’elles portent un jour (( un fruit de paix et de justice )) et que, dès la vie présente, ton âme soit remplie et dilatée par le goût de la dévotion, au doux souvenir de celui que nous attendons, le Christ Jésus, Notre-Seigneur.Recommande-moi à lui dans tes ferventes prières, moi aride de cœur et riche de paroles plus que de dévotion.A lui honneur et gloire, louange et puissance dans les siècles des siècles.Amen.nécROLOGie Mgr Ulric Perron, Conseiller de la V.C.R.; vicaire délégué pour les communautés religieuses du diocèse de Québec.Rme P.Valentin Schaaf, O.M.F.— R.P.Louis Bourque, O.P.— R.P.Eugène Gousie, S.J.— R.F.Ludovic Ledoux, O.F.M.— R.F.Didier-Marie, F.I.C.— RR.SS.Marie-Claire Verreau, Jeanne-de-Jésus et Onésime, F.C.S.P.— RR.SS.Mary Mulryan et Anny Fleurent, A.P.S.— RR.SS.Sainte-Martine, Sainte-Eugénie et Sainte-Christine, P.S.S.F.— RR.SS.M.-Louise-Joséphine Monet, M.-Eugénie Bachand et M.Alexina Dion, C.N.D.— RR.SS.Gabrielle Neault et Octavie Béliveau, A.S.V.— R.S.Madeleine Lortie, R.H.— R.S.Maria Matte, S.G.M.— R.S.Anastasie-Marie-de-Saint-Jean de la Croix, O.C.— R.S.Marie-de-Sainte-Anne d’Auray, B.P.— R.S.Marie-Denise Le Cavelier, R.S.C.— R.S.Marie-Alice, R.P.M.-R.S.Marie-Joseph-de-Léonisse, S.S.A.— R.S.Marie-de-Sainte-Rosaline, C.S.C.R.I.P. DROITS DES RELIGIEUX DROIT À LA R€PUTATIOn Une religieuse est appelée par sa supérieure qui lui transmet une accusation portée contre elle.Dans son for intérieur, elle reconnaît la justesse de l'accusation ; mais prévoyant les conséquences désastreuses qui vont résulter d'un aveu de culpabilité, elle répond qu'elle ne se reconnaît pas coupable de la faute en question.Elle demande si elle a mal agi.De plus, elle voudrait savoir ce que les supérieures auraient droit de lui infliger si elles découvraient qu'elle n'a pas dit la vérité.I —EXPOSÉ DES PRINCIPES A—Accusé d'un délit, on a le droit de nier sa culpabilité.Les auteurs anciens soutenaient qu’accusé d’un délit, le coupable ne peut, sans péché mortel, nier la vérité devant les tribunaux civils ou ecclésiastiques, même si l’aveu devait entraîner sa condamnation.C’est que l’ancienne discipline civile et ecclésiastique conférait au juge le droit d’imposer aux coupables l’aveu de sa faute.Cette discipline est heureusement changée.Les juges n’ont plus le droit d’ordonner à l’accusé de déclarer lui-même sa faute.Aujourd’hui, devant les tribunaux civils de tous les pays, l’accusé peut, dans une cause criminelle, plaider non coupable et.se défendre par tout moyen licite, même s’il a conscience d’être coupable.L’Eglise admet ce droit même devant les tribunaux ecclésiastiques.(( Au juge qui interroge légitimement, lit-on, au canon 1743 § 1, les parties sont tenues d’avouer la vérité, à moins qu’il ne s’agisse d’un délit commis par elles ».Un accusé peut donc, selon la discipline actuelle, nier une faute qu’il a réellement commise.En plaidant non coupable, il ne commet pas de mensonge.Non coupable en effet, il l’est au for externe.Certains théologiens soutiennent qu’en agissant ainsi il fait appel à une restriction mentale : « extérieurement, quant au for externe, peut-il se dire, je suis innocent »*.Pour prévenir tout équivoque et laisser à l’accusé pleine liberté, on ne l’assermente jamais, ni devant les tribunaux civils, ni devant les tribunaux ecclésiastiques1 2.1.Noldin, De praeceptis, n.732, cité par Prummer : De virtute justitae, n.163.2.Can.1744. 158 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES D’ailleurs toute personne a le droit naturel de conserver sa réputation.Évidemment, pour garder un tel trésor, mieux vaut ne jamais commettre de délit.Mais celui qui a eu le malheur d’en commettre, n’est pas tenu de se diffamer.Il conserve le droit strict à sa bonne renommée tant qu’il n’aura pas été convaincu de culpabilité par des moyens légaux1.Peut-on agir ainsi devant le supérieur ou la supérieure d’une institution religieuse qui fait enquête au sujet d’un délit commis par un de ses subordonnés ?Oui ! car, même si dans ce cas le supérieur n’est pas ni véritable juge, son enquête relève du for externe.Tout supérieur devrait avertir ses sujets qu’avouer eux-mêmes leurs fautes est un acte de vertu ; et il devrait être bien entendu que celui qui a le courage de le faire sera traité avec une paternelle bienveillance.Mais un supérieur ou une supérieure qui imposerait à ses sujets l’obligation de s’accuser eux-mêmes et les y obligerait en vertu de l’obéissance qu’ils lui doivent, s’écarterait certainement et gravement de la discipline actuelle de l’Eglise ; il outrepasserait ses droits et de tels ordres seraient ultra-vires.L’Eglise a impitoyablement fait disparaître des constitutions de chaque communauté religieuse tout article imposant aux religieux d’accuser leurs fautes aux supérieurs, et selon le canon 530 § 1, il est strictement défendu à tout supérieur d’induire de quelque façon que ce soit ses sujets à lui dévoiler sa conscience.B — Personne ne doit être puni pour avoir nié sa faute.C’est donc un droit de nier sa faute devant un supérieur faisant enquête, comme devant les tribunaux civils ou ecclésiastiques.Or personne ne peut être puni pour avoir usé de son droit.Car agir ainsi n’est pas une faute.Donc jamais, au grand jamais, l’autorité compétente ne doit punir comme ayant manqué de franchise, à plus forte raison, pour avoir osé mentir effrontément, un sujet qui n’a pas avoué sa culpabilité avant d’être convaincu par des preuves certaines et irrécusables.Qu’on n’invoque pas le canon déjà cité, 1743 § 3 : « La partie qui doit répondre, si elle a illégitimement refusé de répondre, ou 1.Nous avons déjà traité de ce droit dans Soyons justes Vol.I, Ire Partie, ch.3, art.5. DROIT A LA RÉPUTATION 159 si après avoir répondu, est convaincue de mensonge, doit être punie.» Sans doute, elle doit être punie pour la faute dont elle est convaincue.Mais elle ne doit pas l’être pour avoir légitimement refusé de répondre.Or interrogée sur un délit par elle commis, son refus de répondre est légitime.On ne peut non plus l’accuser d’avoir menti, car, nous l’avons démontré, ce n’est pas mentir que de nier sa faute au for externe, tant qu’elle n’a pas été prouvée.Le R.P.Noval commente ainsi les mots de ce canon : « légitimement » et ((avouer la vérité».(( Légitimement, soit de la part du sujet, ou du juge lui-même qui doit être compétent, soit de la part de l’objet, c’est-à-dire que l’interrogatoire doit porter sur un fait relatif à la question et connu de la personne interrogée ; il faut en outre que ce fait puisse être révélé et ne soit pas soustrait à l’obligation de le révéler ; soit enfin en raison du mode, c’est-à-dire que l’interrogatoire ne doit être ni frauduleux, ni captieux, ni suggestif.Avouer la vérité, en tout, à moins qu’il ne s’agisse d’un délit par eux commis.Par ces derniers mots, se trouve terminée une question très épineuse i)1.II — SOLUTION DU CAS A — Il eut été plus vertueux d’avouer sa faute.Cependant, en ne l’avouant pas, cette religieuse n’a pas mal agi.Ce qui l’excuse encore d’avantage, c’est qu’elle prévoyait les ennuis peut-être considérables que lui eut attirés son aveu.Car dans certaines communautés, on ne tarit pas de tracasseries contre un religieux ou une religieuse qui avoue sa faute.C’est une espèce de dégradation qui le poursuivra jusqu’à la tombe inclusivement.Ce fait est des plus regrettables, pour plusieurs raisons très sérieuses.Tout d’abord, il n’est pas conforme à la charité qui impose aux supérieurs, comme aux autres, de ne pas faire à autrui ce qu’on ne voudrait pas qu’on fit à soi-même.Ensuite, il est loin de favoriser la confiance des subordonnés envers leurs supérieurs et la franchise cordiale qui doit régner dans une sainte communauté.Cette manière n’est pas plus juste que charitable.Car un sujet qui se reconnaît devrait être traité avec une paternelle bienveillance.Reconnaître sa faute n’est-ce pas la désavouer ?Et 1.De Judiciis, I n.434. 160 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES l’accuser avec franchise et humilité, n’est-ce pas déjà l’expier en partie ?B — S’il fallait que ses supérieures découvrent la vérité, cette religieuse serait punie selon la gravité de sa faute ; car elle n’aurait plus pour la recommander à la clémence son aveu candide.Mais si ses supérieures sont justes, et sans doute elles le sont, elle ne doit pas craindre d’être punie pour n’avoir pas dévoilé la vérité, ni d’être traitée de dupe, de menteuse et d’hypocrite.Elle n’a été ni dupe, ni menteuse, ni hypocrite en défendant sa réputation au for externe.Et par le fait même, elle n’a pas commis de faute passible d’une punition spéciale et qui doive aggraver le châtiment dû au délit dont elle est convaincue.Montréal Jean-Baptiste Desrosiers, P.S.S.Levasseur, Georges-A., Petit essai pédagogique, Catéchisme et catéchiste.Québec, Editions du Forum, 1946.91pp.22cm.$ 1.00, % 75.00 pour cent brochures.Cette brochurette s’adresse à tous les éducateurs.Elle leur rendra des services précieux.Dans une lettre à l’auteur, S.E.Mgr Georges Courchesne, archevêque de Rimouski écrit : « J’ai lu d’un trait votre ouvrage CATÉCHISME ET CATÉCHISTE.Je vous félicite de tout ce que cet exposé vous aura demandé d’études et de réflexions au cours même de votre enseignement.Vos remarques sur nos insuffisances éveilleront de nouveau l’attention.La synthèse que vous proposez aux maîtres comme le fil conducteur du travail de formation religieuse des enfants, me paraît tout à fait évangélique et devrait être un sujet de méditation pour tous les instituteurs ».Ceux-ci trouveront dans cette publication un moyen de donner aux jeunes une formation personnelle et durable et de réaliser l’école active, devenue si nécessaire pour assurer le succès de l’enseignement religieux ou profane.Je la recommande à tout le monde religieux.Montréal Adrien-M.Malo, O.F.M.Avant la vêture et la profession.2e éd.Paris, Pierre Téqui, 1930, 89pp.19cm.Les postulantes et les novices trouveront dans ces pages des méditations et des réflexions très pratiques sur le bonheur de la vie religieuse, le dépouillement qu’elle requiert, la nature des vœux, la croix et l’amour.L’idéal proposé n’est autre que Notre-Seigneur qui est l’auteur et le modèle de la vie religieuse.Bourchany, Mgr, Entretiens sur la vie religieuse, Conférences données à la maison-mère de la Congrégation des Sœurs de Saint-Joseph de Lyon, 1914-1926.3e éd.Paris, Pierre Téqui, 1928.216pp.19cm.A l’occasion de la retraite du mois, les religieuses qui n’ont pas le bonheur d’avoir des conférences spirituelles pourront lire avec avantage ces instructions sur la vie religieuse.L’auteur y traite surtout de la grandeur et des devoirs de la vie religieuse.Montréal Jogues Massé, O.F.M. BIBLIOGRAPHIE BIBLIOGRAPHES COmm€nT€€S Le chanoine Jean Vieujean, que plusieurs de nos maîtres et élèves connaissent sous le pseudonyme de Jean le Presbytre, présente aux laïcs cultivés qui désirent s’instruire des choses de l’Eglise, une Bibliographie commentéeK Voici le plan très simple de ces suggestions bibliographiques : la première partie est une vue d’ensemble très vaste et sommaire sur tout ce qui touche la religion chrétienne.La deuxième partie conduit à une connaissance plus profonde de l’enseignement de l’Eglise sur ce qu’il faut savoir de Dieu et de la conduite humaine : exposés théoriques qui doivent provoquer une certaine façon d’agir.La troisième partie veut encourager à mener une vie plus pénétrée d’intimité avec Dieu.La quatrième partie montre les divers champs d’apostolat où le zèle des chrétiens d’élite peut se donner carrière.Une cinquième, offre, en appendice, nombre de renseignements utiles sur les goûts et la profession d’un chacun.Cette bibliographie, au souffle chrétien très marqué, vient s’ajouter à nombre d’autres qui rendent déjà de très appréciés services aux responsables de la formation intellectuelle et spirituelle de notre jeunesse.Citons entr’autres : V.Honnay, S.J.Humanisme et livres de choix, Desclée de Brouwer, 1937 ; J.E.C.F., Les livres que vous aimerez, Bloud et Gay, 1933 ; Frédéric Duval, Les livres qui s’imposent, Beauchesne ; Paul Doncœur, S.J., Livres essentiels sur le christianisme, Paris, 1938 ; Leleu, A., Pour la vie spirituelle des Jeunes, Amiens ; 1939, 24pp ; Paul-A.Martin, Éditions et lectures, Montréal, Fides, 1943, 1944, 1945, 1946 ; Conseil de la Faculté des Arts, Notes du Comité Permanent sur l’Enseignement secondaire, Montréal, 1937 ; Lectures et Bibliothèques, Fides, Montréal, 1944 ; Fides-Magdelene-Hurley, Reading for a Better World (selected list for Catholic Schools, Doubleday, Doran, 1945 ; St.Meinrad Historical Essays, Seminarian’s Reading list, St.Meinrad, Indiana, 1945; Aloysius J.Miller, S.J., An Annotated Spiritual Reading list, The Catholic Library World, vol.17, n.5, Feb., 1946.1.Pour connaître le christianisme, Bibliographie commentée.Préface de M.le chanoine Jean Vieujean.Collection : « Présence de l’Église ».Cahiers de vie religieuse, deuxième série.Liège, Centre d’Etudes religieuses, Editions Pax, 12, Place Saint-Jacques, 1942, 98pp. 162 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES Déjà, en 1932, Paul Hazard donnait Les livres, les enfants et les hommes, Paris, Flammarion, 1932, qui renferme des considérations générales s’adressant aux lecteurs de tous les âges.S’adressent particulièrement aux jeunes filles avec Les livres que vous aimerez, déjà cité, les deux ouvrages de la sympathique écrivain belge Jeanne Cappe, Un choix de livres -pour jeunes filles, « Clartés sur.» les livres destinés à la jeunesse, édités tous deux chez Casterman, Paris ; l’œuvre également de Madeleine Daniélou, U éducation selon l'esprit, collection (( Présences )), Paris, Plon, 1939, 225pp.; l’appendice pp.217-223, est intitulé Bibliothèque de choix pour une adolescente.Casterman publiait en 1939 un ouvrage intitulé Bibliothèques, 190 pp.Parmi les dernières nouveautés que nous signalent les revues d’Europe, énumérons les ouvrages suivants de bibliographies commentées ou de direction des lectures : Massaloux-Gadaffre-Ducruy-Dumacedier, Bibliothèques des Jeunes, Paris, Edit, du Seuil, 1945, 108pp.; de Parvillez-A., S.J., Le livre au service du Christ, Paris, Spes, 1940, 232pp.un groupe de Professeurs, Ronde des livres, Bruxelles, Editions universelle, 1944, 120pp.; J.Stevens, S.J., Antennes, Les plus beaux livres du jeune homme, Bruxelles, Gœmaere, 1943, 56pp.; Warlomont, P., La littérature religieuse à l'usage des laïques, Collection « Clartés sur.», Paris, Casterman, 1944, 135pp.; Louis Chaigne, les livres du chrétien, Coll.
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