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Titre :
ARQ
ARQ s'impose rapidement comme la revue de référence pour le milieu québécois de l'architecture. Elle permet de comprendre l'évolution de l'architecture québécoise contemporaine.
Éditeurs :
  • Montréal :Groupe culturel Préfontaine,1981-,
  • Québec :Cöpilia design inc.
Contenu spécifique :
Mai
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
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ARQ, 2010-05, Collections de BAnQ.

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[" ARCHITECTURE-QUEBEC MICHELDALLAIREDESIGNERINDUSTRIEL \u2014\u2022 ¦ ' :v ¦ L\u2019ingénierie au service de la nature mc FENETRE MC [nfrc] ENERGY STAR LES QUALITES PRODUIT DE DEL LE SEUL SYSTÈME COMPLET DE FENÊTRES R 5 RÉUNISSANT DURABILITÉ REMARQUABLE PERFORMANCE ÉNERGÉTIQUE INÉGALÉE GRANDE RÉSISTANCE À LA CONDENSATION PERFORMANCE STRUCTURALE ET ÉTANCHÉITÉ A L'EAU SUPÉRIEURES M NIVEAU D'ETANCHEITE A L'AIR MAXIMAL (A3) AUSSI BIEN À -30°C QU'À TEMPÉRATURE AMBIANTE M RECYCLABILITÉ NON NÉGLIGEABLE [POST-INDUSTRIEL, POST-CONSOMMATION] M ESTHÉTIQUE M I-, Profilés de portes et fenêtres Royal Là où les idées prennent forme DIVISION THEF.MOPLAST 1:8$}.3 61.9 2 61 $ www,thermoplast.com 508766 LE SOMMAIRE 5 ÉDITORIAL UNE CULTURE DE L'AMÉNAGEMENT Yves Deschamps 8 PRÉCISION ET POÉSIE, MICHEL DALLAIRE DESIGNER INDUSTRIEL Yves Deschamps 16 MICHEL DALLAIRE ET LE QUARTIER INTERNATIONAL DE MONTRÉAL Clément Demers 22 MICHEL DALLAIRE : DESIGNER DE L'UNIVERS BIXI Jonathan Cha 28 VERS L'ÈRE DALLAIRE Paul Bourassa 30 LA BEAUTÉ DES FORMES UTILES Georges Adamczyk 38 LE RÔLE DE LA CULTURE DANS LE DÉVELOPPEMENT DURABLE Philippe Madec ARCHITECTURE-QUÉBEC MAI 2010 NUMÉRO 151 Sur la page couverture : un Bixi, le nouveau système de vélo libre-service de Stationnement de Montréal.Design : Michel Dallaire design industriel inc.40 FERNAND TREMBLAY, ARCHITECTE Camille Crossman Éditeur : Pierre Boyer-Mercier.Rédacteur invité : Yves Deschamps.Membres fondateurs de la revue : Pierre Boyer-Mercier, Pierre Beaupré, Jean-Louis Robillard et Jean-H.Mercier.Comité de rédaction: Pierre Boyer-Mercier, rédacteur en chef ; Jonathan Cha, Yves Deschamps, Stéphan Kowal.Production graphique : Cûpilia design inc./ Directeur artistique : Jean-H.Mercier.Représentants publicitaires (Sales Representatives) : Sylvie Lauzon et associés.Montréal : 32, de Matagami, Blainville, Québec, J7B 1W2 / Téléphone : (514) 747-0047 /Télécopieur : (450) 434-0051 / Sans frais (Toll Free) : 1 -888-547-0047.La revue ARQ est distribuée à tous les membres et stagiaires de L'Ordre des architectes du Québec, aux membres de ('Association professionnelle des Designers d'intérieur du Québec et aux étudiants en architecture au Québec.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec et Bibliothèque nationale du Canada.ISSN : 1203-1488.© Côpilia design inc : Les articles qui paraissent dans ARQ sont publiés sous la responsabilité exclusive de leurs auteurs.Envois de publications canadiennes : contrat de vente #40037429.ARQ est publiée quatre fois l'an par Côpilia design inc.Les changements d'adresse et les demandes d'abonnement doivent être adressés à : Côpilia design inc., 21760,4e avenue, Saint-Georges, Québec, G5Y 5B8.Téléphone pour la rédaction : (514) 343-6276, pour l'administration et la production : (418) 228-2269.Abonnement au Canada (taxes comprises) : 1 an (4 numéros) : 36,12 $ et 56,44 $ pour les institutions et les gouvernements.Abonnement USA 1 an : 50,00 $.Abonnement autres pays : 60,00 $.ARQ est indexée dans «Repères». NE RETENEZ PAS VOTRE SOUFFLE 800-233-8990 \u2022 certainteed.com/membrain Certairileed SAINT-GOBAIN Voici MEMBRàIN.La solution de recha intelligente au poly de 6 mil.MemBrainMC est un pare-vapeur et pare-air novateur conçu pour permettre à l\u2019humidité de s\u2019échapper et garder les murs au sec toute l\u2019année.Cette technologie éprouvée en Europe depuis plus de dix ans a récemment été introduite au Canada (CCMC 13278-R).MemBrainMC est le seul pare-vapeur qui permet à l'excédent d\u2019humidité de s\u2019échapper.Le poly de 6 mil traditionnel n\u2019étant pas perméable, l\u2019humidité est donc emprisonnée dans les cavités murales.Lorsque le taux d\u2019humidité augmente dans ces cavités, MemBrainMC s\u2019adapte en devenant plus perméable, ce qui permet à l\u2019humidité de s\u2019échapper et réduit la moisissure et les risques qui y sont associés.MemBrain est une solution de rechange intelligente au poly.Il peut être utilisé comme pare-vapeur et comme pare-air intérieur continu.Ne vous en faites donc plus avec la moisissure.Prenez une grande inspiration, demandez MemBrainMC et certain d\u2019avoir fait le bon choix.soyez [ Sûr et Certain ] EXTERIEUR : TOITURES \u2022 PAREMENTS \u2022 FENÊTRES \u2022 CLÔTURES \u2022 RAMPES \u2022 MENUISERIE PRÉFABRIQUÉE \u2022 PATIOS \u2022 FONDATIONS TUYAUX INTÉRIEUR : ISOLATION \u2022 GYPSE \u2022 PLAFONDS T*.i IS; Panneaux architecturaux de Vicwest Une entière liberté de design N\u2019hésitez pas : mettez-nous au défi! Les panneaux et solins métalliques de Vicwest vous proposent une liberté totale de conception pour donner à tout bâtiment la finition qui le distinguera des autres.Avec des investissements considérables dans des installations clés d\u2019un bout à l\u2019autre du pays, nous pouvons vous offrir des bordures de toit, avant-toits et systèmes de gouttières dissimulés, avec rebords arrondis.Et qui plus est, dans une grande variété de matériaux et de finis.Communiquez avec l\u2019équipe de concepteurs de Vicwest ou visitez notre site vicwest.com et cliquez sur « Design ».Les possibilités de conception sont, pour le moins que l\u2019on puisse dire, illimitées.FREE Q on-line ' Sa continuing .«w EDUCATION www.aecdaily.com \"i^vicwest RBQ: 8256-5821-32 S Ç Centura est ici Céramique | Porcelaine | Vinyle | Tapis Plus de nouveautés, plus de variétés, plus de grandes idées.Notre nouvelle salle d\u2019exposition, avec mezzanine privée pour architectes et designers, est maintenant ouverte.Visite libre: lundi au samedi.Design, déco, etcentura Centura | Salle d\u2019exposition de Montréal | 5885, chemin de la Côte-de-Liesse, Ville Saint-Laurent 514 336.4311 ÉDITORIAL UNE CULTURE DE L'AMÉNAGEMENT Yves Deschamps Le cas de Michel Dallaire, à qui nous consacrons ce numéro d'ARQ, architecture-Québec est un exemple de réussite.Réussite d'un homme et de ses collaborateurs, réussite aussi, reconnais-sons-le, d'industriels, de fonctionnaires qui auront compris que nous avons, individuellement et collectivement, besoin d'objets conçus avec compétence, intelligence, sensibilité.pour mieux vendre, peut-être \u2014 encore que la laideur ne se vende pas si mal que le suggère le titre du livre célèbre de Raymond Loewy \u2014 mais surtout pour mieux vivre, pour vivre tout court.Le succès dont il est question ici n'a jamais été garanti.Les objets que je viens d'évoquer, contrairement à ce que certains voudraient croire et nous faire croire, ne naissent pas forcément d'un consensus démocratique, d'une convergence inévitable et providentielle entre l'offre et la demande.Michel Dallaire me l'a rappelé au cours de nos entretiens.Leur «dessin» exige du talent, de la culture, des connaissances et une autorité que tout le monde ne peut pas avoir.L'idéal classique de l'honnête homme, à supposer qu'il ait jamais été réalisé, n'est plus guère à la portée du quidam contemporain, noyé dans les marécages de l'information et de la consommation.À chacun son métier, à chaque métier le respect et la confiance qui lui sont dus.Le designer, quelle que soit sa spécialité, est, en principe, qualifié pour «donner forme» à notre environnement physique : rien de plus, mais rien de moins.Et le respect de ce principe par la société qui paie une partie de sa formation devrait mettre un terme aux arguties et aux bricolages «moins coûteux» qui permettent de le court-circuiter.À cela, quelqu'un m'a déjà répondu que tous les designers ne se valent pas.C'est juste.On pourrait, à ce propos, mettre en cause les institutions qui les forment et celles qui les qualifient, puis encadrent leur pratique.Quoiqu'on fasse, cependant, il restera toujours, parmi les aména-gistes, des individus diversement doués pour l'une ou l'autre des tâches qui leur sont dévolues, ou plus enclins aux compromis.L'industriel, le propriétaire foncier, l'élu ou le fonctionnaire ne sont pas, d'emblée, des experts en design, en architecture, en urbanisme.Ils doivent avoir la modestie et l'intelligence de reconnaître leurs limites et de recourir aux services des spécialistes adéquats.Cela, pourtant, ne les décharge pas d'une responsabilité : celle de choisir ledit spécialiste parmi un ensemble de professionnels de valeur inégale.Et ce choix implique, lui aussi, une compétence et une culture qui ne sont pas celles de l'expert, mais qui sont néanmoins indispensables au succès de l'opération, à la qualité de l'objet qui en sortira.Où acquiert-on cette culture et cette compétence?Qui les dispense?Plutôt que de laisser les choses au hasard, ou à un système économique dont les motivations sont d'un ordre essentiellement quantitatif, les professionnels de l'aménagement n'auraient-ils pas avantage à prendre les choses en main?Si mon boulanger fait bien son métier, cela finira par se savoir dans le quartier.Pour les amé-nagistes, c'est moins clair.Une grande partie du public, voire même des «décideurs», semble entretenir des idées sommaires et confuses en matière d'aménagement.Quels sont les vrais enjeux de la conception des objets, des bâtiments, des villes et des paysages?Qu'est-ce que cela coûte et quels en sont les bénéfices?Dans un tel contexte, la tâche des aménagistes ne se limite donc pas à «bien faire leur métier» à partir d'une commande.Ils doivent aussi travailler, en amont et, vraisemblablement, dans le cadre de leurs associations, à promouvoir une culture publique de l'aménagement, à se constituer une clientèle informée avec qui instaurer un dialogue constructif dans le respect mutuel.S'ils ne le font pas, qui le fera? Stonescape & Viera Les premiers revêtements de sol environnementaux Située à Sherbrooke, American Biltrite fabrique des revêtements de sols haut de gamme sous la bannière Amtico, pour les secteurs éducationnel, de la santé ainsi qu\u2019institutionnel.Innovatrice et à l\u2019avant-garde depuis près de 100 ans, il n\u2019est pas étonnant que nous soyons les premiers à produire les seules tuiles écologiques sans PVC et n\u2019émettant aucun COV.D\u2019ailleurs l\u2019ETS (Ecole de technologie supérieure) a opté pour le choix environnemental Stonescape.Pour plus d\u2019informations, veuillez consulter notre site Internet au: www.american-biltrite.com.Avantages et bénéfices Aucun PVC (polychlorure de vinyle) Aucune émission de COV (composé organique volatile) 45% de matières recyclées (pré consommateur) Propriétés acoustiques supérieures Empreinte résiduelle 16 fois supérieure à la tuile de vinyle Charge statique de 2000 po2 Excellente photostabilité Couleurs et motifs inspirés de la nature Facile d\u2019installation par leur flexibilité Disponibles en 12\u201d X 12\u201d et 18\u201d X 18\u201d AMTICO REVÊTEMENT DE SOL La force d'un engagement durable.American Biltrite 200, rue Bank Sherbrooke, Québec J1H 4K3 Téléphone: 819-829-3300 Télécopieur: 819-829-3360 www.american-biltrite.com INSPIRATION\"0 PAR JELD-WEN, POUR LES ARCHITECTES.Des Centres de Design et un site Internet conçus pour maximiser votre productivité.Supporter votre inspiration avec des produits et des outils développés pour innover et performer.www.jwinspiration.ca PRECISION ET POÉSIE MICHEL DALLAI RE, DESIGNER INDUSTRIEL Yves Deschamps, historien de l'architecture ORIGINES Michel Dallaire accorde une grande importance aux circonstances de sa naissance et de son enfance dans son choix de carrière et les qualités personnelles qui lui auront permis une réussite désormais évidente.Il faut reconnaître qu'elles ne furent pas banales.En effet, s'il porte le nom de son père adoptif, Jean-Philippe Dallaire (1916-1965), un peintre qui occupe une place appréciable parmi les avant-gardes québécoises des années 1950-1960 (voir encadré, page 15), c'est à un autre artiste, peintre également, qu'il doit sa naissance, à Paris, en pleine occupation allemande.Ce-dernier, Claude Dodane, était issu d'une grande famille d'industriels de Besançon (centre-est de la France) qui possédait, depuis 1857, une fabrique d'horlogerie de précision à usage militaire.Il devait, par la suite, diriger pendant 32 ans l'École régionale des Beaux-Arts de Besançon et jouer un rôle décisif dans la création d'un secteur design industriel dans cette institution.Dallaire voit là l'origine de sa passion pour la précision «à la troisième décimale».Hérédité?Qui sait?Ce qui n'est pas douteux, c'est que Michel Dallaire fut, dès sa naissance, entouré d'artistes.Jean-Philippe Dallaire et Claude Dodane avaient fréquenté ensemble les Ateliers d'art sacré de Maurice Denis et Georges Desvalliè-res1 où ils s'étaient tous deux intéressés aux arts appliqués.Par la suite, l'un et l'autre, à des titres divers, y restèrent attachés.Pour autant, l'orientation professionnelle de Michel Dallaire n'allait pas de soi, et c'est essentiellement à lui-même et à sa mère, Marie-Thérèse Ayotte, qu'il doit son choix précis du design industriel.En effet, il ne connut Dodane que relativement tard, quant à Jean Dallaire, ii en garde le souvenir complexe d'un succès artistique mêlé à un suite de malheurs et d'échecs personnels qui se répercutèrent sur toute la famille.Souvent éloigné de ses parents, déplacé (Paris, la Normandie, Québec, Ottawa, Montréal) au gré d'une bohème paternelle qui devait se terminer, en 1958 par un abandon quasi-total de la famille, Dallaire n'aura pas manqué d'occasions d'apprendre l'autonomie.C'est peut-être en réaction à cette jeunesse tumultueuse qu'il vise d'abord une profession «honorable»2 : l'archi-t tecture, mais faute d'études classiques dont l'avaient privé l'anticléricalisme et l'impécuniosité de Jean Dallaire, cette voie lui est close.Il se dirige donc vers l'Institut des arts appliqués qui venait de succéder à l'École du Meuble3.Il devait y réussir si bien que l'année suivant l'obtention de son diplôme (1965), il partait, muni d'une bourse du Conseil national du design industriel afin d'étudier à la Konstfackskolan (École supérieure des arts industriels) de Stockholm.S'il garde un excellent souvenir de ses maîtres suédois, le céramiste Stig Lindberg ou Sven Ame Gillgren, joaillier du roi Gustave-Adolphe, tous formés à la pratique des métiers d'art, Michel Dallaire dit aussi que sa principale source d'inspiration lui vient de l'émulation de ses contemporains, de l'observation de la scène contemporaine.Il voue un culte aux grands du design italien des années 1960-1970 dont il apprécie la pratique plus proprement industrielle, la sensualité et la culture artistique.Il a connu ou connaît personnellement Mario Bellini, Achille Castiglioni, Vico Magistretti.Il évoque encore Et-tore Sottsass, Philippe Starck auquel il attribue le mérite d'avoir «débarré» la géométrie héritée du Bauhaus.Michel Dallaire, en pension dans la famille Ferrard, de 1943 à 1946.Linaudet St-Siméon par Couemmes en Froulay, Normandie.ARQ, ARCHITECTURE-QUÉBEC I MAI 2010 fl,; HÉ TRAJECTOIRE De retour à Montréal en 1965, Dallaire arrive, apparemment, sous une bonne étoile.La métropole prépare l'Exposition universelle de 1967 et le design a le vent en poupe à Montréal et au Canada en général.Lejeune designer travaille d'abord chez Julien Hébert (1917-1993), qui lui avait enseigné à l'Institut des arts appliqués.C'est à Hébert, philosophe, sculpteur, puis designer et enseignant que Dallaire attribue en partie son orientation vers le design industriel dans un cadre encore marqué par les projets artisanaux de l'École du Meuble.Hébert, dit-il, avait compris très tôt les limites des beaux-arts et de l'artisanat qu'enseignait l'Institut des arts appliqués et le potentiel du design industriel.Il insistait, en particulier, sur la responsabilité du designer dans la production en série (cf.article de Paul Bourassa en page 28).Dallaire est aussi, pendant une année et demie, employé chez Jacques Guillon et associés qui avaient conçu, entre autres, les voitures et la signalisation du futur métro de Montréal.En 1967, il ouvre sa propre agence, mais le «décollage» promis par l'Exposition se révèle vite fragile.Entre 1967 et les Jeux olympiques de 1976, Montréal tombe dans l'un de ces «trous» qui caractérisent son développement en dents de scie.Bien des rêves de progrès s'y noieront et la jeune agence va le franchir avec difficulté.Dallaire met donc beaucoup d'efforts dans l'obtention detaches reliées au grand événement sportif annoncé.Associé à André Jarry, un autre de ses anciens professeurs, il travaille longtemps, pour obtenir la conception du mobilier du Village olympique.Ils parviendront à satisfaire aux exigences du maire du Village et du Comité organisateur des Jeux pour une somme inférieure au devis initial.Le cas de la torche olympique sera plus controversé : le maire de Montréal, Jean Drapeau, connu pour ses convictions esthétiques discutables, mais catégoriques, fera comprendre au designer qu'il n'approuve guère la simplicité de l'objet qui, il est vrai, fait figure d'exception dans une lignée qui a souvent frôlé le kitsch, le péplum et autres fantaisies.Malgré tout, la torche de Michel Dallaire sera adoptée.Désormais, il a un nom sur la place de Montréal.Plusieurs années durant, il va travailler en collaboration avec Jean Morin et Robert-Patrick De Vito à l'identité visuelle de Bell Canada, en particulier, à la livrée des camions de la société, un contrat payant, sans doute, mais auquel il finit par renoncer.À cette tâche essentiellement graphique et répétitive, il préfère le renouvellement constant auquel oblige la diversité des produits et des problèmes industriels.Dans les années 1980, Dallaire atteint sa «vitesse de croisière» avec une série d'objets qui définissent une signature, une personnalité.Mobiliers, mais surtout objets reliés au monde du sport et des loisirs : manettes de freins de bicyclette, vélo stationnaire, voiturette de golf, ustensiles pour barbecue, luge, motoneige, etc.À partir de 1982, la qualité de ces réalisations est reconnue par une série de prix décernés par Design Canada, Design Québec et d'autres distinctions locales ou étrangères (États-Unis, France).Les années 1990 amènent une diversification conforme aux désirs du designer et d'autres prix nationaux et internationaux.Dès 1978, Michel Dallaire est élu membre de l'Académie royale des arts du Canada.En 1991, il voit l'ensemble de son œuvre consacrée par le Prix Paul-Émile Borduas4, puis, en 1994, par la médaille de l'Ordre national du Québec.En 1999, il de- 1.\tExerciseur résidentiel CCM, Procycle Canada inc.,1985.Photo: François Brunelle 2.\tTorche officielle des jeux de la XXI olympiade, comité organisateur des Jeux olympiques de 1976.Photo: François Brunelle 3.\tÉtude de carrosserie motoneige Ski-Doo™, série Formula, Bombardier inc.1988.Photo: François Brunelle ?\u2022\u2022wasa 4M CH MICHELDALLAIREDESIGNERINDUSTRIEL n fliSSPSjffl lm *M£tSS «SJ 5 J» - MICHELDALLAI RE DESIGNER INDUSTRIEL ARQ, ARCHITECTURE-QUÉBEC I MAI 2010 =*\u2018F IWf1 e g/m -Tsÿ| $ msw* Wwfmmrn t WËÊÊÊË.& fpfp m'f 5 4 2 999979999994 vient membre de l'Ordre du Canada.Ces honneurs consacrent aussi un engagement au service des arts et des enseignements divers au Canada et en Europe.Dans les années 2000, enfin, le travail de Michel Dallaire atteint un niveau de visibilité encore plus grand grâce à une série d'interventions remarquées dans l'espace public.Celle-ci commence discrètement en 2001 avec la signalisation du Vieux-Port de Montréal5 pour s'affirmer avec le mobilier urbain de l'Avenue Honoré-Mercier (Dufferin), dans la ville de Québec (2002), puis du Quartier International de Montréal (2003) (cf.article de Clément Demers, p.16).La même année, il conçoit l'ameublement des salles de lecture de la Grande Bibliothèque du Québec.Ces contributions au paysage quotidien des Québécois viennent d'être couronnées, en 2008, par le design du système de vélos en libre service désormais connu sous le nom de Bixi, et qui comprend, outre les bicyclettes dessinées spécialement pour cet usage, les postes permettant de les stationner et de gérer leur utilisation (cf.article de Jonathan Cha, p.22).LA «MÉTHODE DALLAIRE» Michel Dallaire dit n'avoir jamais planifié le déroulement de sa carrière.On peut le croire si planifier veut dire se fixer des objectifs, de ambitions et des délais de réalisation précis, soigner ses relations publiques, son image.Pourtant, nous l'avons vu, sa trajectoire ne manque pas de cohérence ni de choix délibérés, à commencer par celui d'une pratique encore mal connue au Québec et volontiers sous-évaluée dans un univers industriel réticent, peu éveillé aux avantages concurrentiels d'un bon design.Dallaire aime à se comparer à l'Allemand Richard Sapper qu'il décrit comme «un designer à cravate, qui a l'air d'un homme d'affaires plus que d'un artiste.celui qui me ressemble le plus».J'ignore si cette description de Sapper est exacte, mais, plutôt que la personnalité ou l'apparence de Michel Dallaire, me semble que la ressemblance suggérée reflète certains caractères et qualités dont il souhaite doter les objets qu'il dessine.À plusieurs reprises, au cours de nos rencontres, il dit viser une certaine discrétion.Ses souvenirs de l'accueil fait à la torche olympique de 1976 soulignent le combat qu'il a dû parfois mener contre des commanditaires ou une certaine opinion déçue par la simplicité de ses productions, et qui espérait quelque chose de plus explicite, de plus évocateur.Pourtant, Dallaire n'est pas insensible \u2014 nous l'avons dit \u2014 au potentiel émotif ou sensuel de l'objet qu'ont su mettre en relief les designers italiens.À l'occasion, lorsque le contexte s'y prête, il ne dédaigne pas l'évocation directe, ou la citation humoristique.La cafetière volante pour Air Canada ou le petit ange Angel-care illustrent cet aspect de sa création.Mais en général, il est plus indirect, plus subtil.L'évocation est plus voilée, comme à Québec, dans l'aménagement du Boulevard Honoré-Mercier qui «cite» les canons des remparts et le gréement du navire, emblème de la ville.Parfois, l'usage de l'objet suggère une analogie.Ainsi, la composante principale du Bixi évoque le boomerang (le vélo revient à la borne après chaque usage), et le designer l'a souligné par la couleur grise qui le détache de l'ensemble.Dans certains cas, l'inspiration, la petite émotion supplémentaire est encore plus personnelle et secrète : pour dessiner le porte-documents Snapcase?, il se souvient d'un geste de sa grand-mère ouvrant sa bourse.Puriste, minimaliste, Michel Dallaire insiste néanmoins sur l'importance de l'émotion, de l'instinct, de l'intuition.Il explique ainsi l'essentielle originalité de ses travaux.Il affirme volontiers n'être pas théoricien.Tenu à l'écart des collèges classiques par un père anticlérical, il regrette d'avoir été privé des bases philosophiques qui lui auraient permis d'asseoir une réflexion structurée sur son activité, voire d'accéder à l'architecture, son premier choix.Dallaire n'est pas une star.Comme le révèle son allusion à Richard Sapper, il tient à son profil de professionnel sérieux et discret, mais l'artiste qu'il est aussi ne s'efface pas pour autant.Il tient à «signer» ses travaux et n'apprécie guère l'attitude de certaines grandes sociétés qui s'attribuent le design des ob- Mobilier des salles de lecture de la Grande Bibliothèque du Québec, Montréal, 2003.Prix de l'Institut de Design Montréal, 2003.Photos : Bernard Fougères.11 MICHELDALLAIREDESIGNERINDUSTRIEL jets qu'elles produisent et refusent de nommer les designers qui leur ont donné forme.Pour lui, priver le designer de son identité, c\u2019est le priver de créativité.L'anonymat, bien sûr, a des avantages, il protège en cas d'échec.À cette sécurité qu'on lui a parfois proposée, Dallaire a préféré une visibilité qui le motive et préserve son désir de réaliser et de se réaliser.Comme il le dit : «J'ai choisi de me construire.» Tous ceux qui connaissent l'œuvre du peintre Jean Dallaire témoignent de son habileté naturelle, en particulier pour le dessin.Est-ce l'origine d'une des idées de son fils?Michel Dallaire, lui, dit qu'il «dessine seulement pour communiquer».À ses yeux, le «beau» dessin, si apprécié dans les écoles d'art, est une espèce de malédiction, en ce sens qu'il peut devenir une fin en soi.Il me donne en exemple Magistretti qui, dit-il, «dessinait mal mais créait bien».Ses dessins à lui, il les décrit comme de simples «barbouillages», mais, alors que le «beau» dessin est séducteur, le barbouillage est un outil de dialogue honnête et efficace.Le design de Michel Dallaire évolue avec le temps.Parti du vocabulaire de base du Mouvement moderne (mobilier, faculté de l'aménagement), il s'est orienté vers le «geste» dans ses dessins des dernières années, comme en témoigne son mobilier pour le Quartier international de Montréal (cf.article de Clément Demers).Tout comme il dit n'avoir jamais eu de «plan de carrière», Michel Dallaire insiste sur le caractère aléatoire du processus de design comme il le pratique : pas de méthode, pas de procédé.Peut-on déchiffrer une partie de l'énigme dans cette anecdote qu'il me confie : «Au cours de l'élaboration d'une pièce du Bixi, le designer discute avec l'un des responsables de sa fabrication.Il s'inquiète de l'emplacement des nourrices qui injecteront le métal en fusion dans le moule.«Ne t'en fais pas, lui répond l'autre, je vais m'asseoir avec la pièce et c'est elle qui va me le dire.» Est-ce aussi la «méthode Dallaire»?S'asseoir avec un problème, réfléchir, barbouiller, guetter la petite émotion, le «frisson» qui va donner un sens à la recherche, «dire» au chercheur qu'il a trouvé.ou plutôt quand arrêter de chercher, car au bout du compte (Dallaire cite Valéry) «Il n'y a pas d'œuvre achevée, il n'y a que des œuvres abandonnées.» Michel Dallaire accorde une grande importance à la surprise : la sienne d'abord, puis celle du public.Elle est la condition ARQ, ARCHITECTURE-QUÉBECI MAI 2010 t du succès, commercial, sans doute, mais aussi esthétique.Il sait qu'en design, il n'existe pas de «vérité», pas de solution unique et même, qu'un minimum de controverse est parfois nécessaire, l'objet qui plaît à tout le monde étant, vraisemblablement, sans intérêt et sans surprise.Il ne croit pas à un design «démocratique».Certes, le designer doit dialoguer avec une foule de gens : commanditaires, techniciens, industriels, mais c'est à lui de décider au bout du compte, d'imposer une conclusion.Il se ite jlréjouit, par exemple, d'avoir pu contrôler de bout en bout la ; conception du vélo en libre service de Montréal et de son bollard, et d'avoir ainsi produit un système esthétiquement cohérent alors que ceux d'autres villes reflètent une diversité d'interventions désordonnées par leur complexité formelle.Dallaire aime avoir autour de lui des exemples du travail de collègues illustres ou inconnus.Les uns classiques, d'autres moins.Certains carrément laids, mais toujours stimulants, audacieux, ingénieux, imaginatifs.«Je m'entoure, dit-il, d'objets que je voudrais avoir imaginés.» Sentant ma réticence devant l'un d'entre eux, il insiste : «Ce sont souvent ceux-là qui me font avancer.» i 8b Il évoque Aldo Rossi pour souligner l'importance de la simple présence «silencieuse» de l'objet à nos côtés, peu importe son utilité pratique, présence qui contribue au simple bonheur d'être là.Ses objets à lui, il les veut calmes, intemporels, cohérents entre eux et avec leur milieu d'usage (le Bixi et sa borne).Il avoue aussi un attachement «religieux» à la simplicité, au minimalisme qui «impose la rectitude et exclut l'erreur esthétique».Son usage de la couleur suit la même discipline.Sa palette accepte les teintes naturelles des matériaux, toutes les nuances comprises entre le blanc et le noir, et quelques taches discrètes de couleurs primaires (rouge surtout).Michel Dallaire se réjouit que les designers d'aujourd'hui aient rompu avec une trop longue fidélité au Bauhaus et «débarré la géométrie», mais on ne peut s'empêcher de remarquer que lui-même n'a pas tout à fait renoncé à une morale des formes très fidèle à la grande école allemande, voire à ses formes tout court.et de s'en réjouir à son tour.£3 | r Service classe affaires pour Air Canada, 2003.Image de synthèse : MDDI.Moniteurs de son et de mouvement Angelcare, 5e génération.Image de synthèse : Insta Design.Grand prix du 27e Salon International des Inventions, des Techniques et Produits Nouveaux, Genève (Suisse) et Médaille d'or, avec félicitations du jury, 1999.Prix spécial en recherche de l'Institut de Design Montréal, 2000.Prix du meilleur desian dans la catégorie Design Industriel du Osaka Design Center, Osaka, Japon, 2000.3.Signalisation piétonnière du Vieux-port de Montréal, en collaboration avec Claude Cormier, 2001.Image de synthèse : MDDI.2 13 Jacques-Cartier UN DESIGNER DANS LA CITÉ J'interroge Michel Dailaire sur le Québec contemporain.Il hésite un peu.À ses yeux, les communications faciles abolissent les frontières du design.Il lui est donc difficile de parler d'un design québécois.Il pense pourtant que le pays compte plusieurs architectes et designers de talent, mais trop peu de promoteurs sensibles et conscients qui acceptent de payer le juste prix.Ses premiers travaux (torche olympique et mobilier du village olympique) indiquent un intérêt pour le service public qui semble avoir été reconnu par les dernières commandes.Entre temps, cependant, Dailaire aura dû assurer la survie de son agence en répondant à des programmes plus limités, moins universellement visibles et appréciés.Il ne s'en plaint pas : cela aussi fait partie de la mission du designer, mais il constate : «découvert plus tôt, j'aurais pu faire davantage».En effet.le Québec a bien reconnu la valeur du travail de Michel Dailaire en lui décernant le Prix Paul-Émile Borduas et l'Ordre national du Québec, mais il aura mis bien du temps à concrétiser cette reconnaissance en mettant son talent au service de la collectivité.Il faut donc se réjouir d'une évolution qui consacre non seulement la qualité de son travail, mais, de façon plus large, le fait que la ville, le pays, la société humaine dans son ensemble ont besoin non seulement de quantités, mais aussi de qualités comme celles que produit le design.De la torche olympique au Bixi, le design de Michel Dailaire a accompagné la vie publique de Montréal et du Québec.Il a donné à notre identité collective quelques-unes des formes qui la définissent.À vrai dire, elles la définissent très au-dessus de la réalité moyenne des productions locales, mais n'est-ce pas le rôle des bons designers, des bons architectes, des pionniers en toute chose, que de créer l'illusion mobilisatrice et créatrice d'une qualité qui représente ce que, collectivement, nous voudrions être, mais ne sommes pas encore tout à fait?NOTES 1.\tLes Ateliers d'art sacré (1919-1947), institution à la fois artistique et mystique, s'étaient donnés pour mission la renaissance de l'art sacré catholique dans la foulée des Arts & Crafts et de l'Art Nouveau.Leur influence se fit sentir au Québec, en particulier par l'intermédiaire du Dominicain Marie-Alain Couturier.2.\tL'adjectif est de Michel Dailaire.3.\tL'École du Meuble, fondée en 1935 par Jean-Marie Gauvreau, et orientée, comme son nom l'indique, vers le mobilier et l'ébénisterie, devint, en 1957, l'Institut des Arts Appliqués.4.\tLe prix Paul-Émile Borduas est la plus haute distinction accordée par le gouvernement du Québec dans le domaine des arts visuels.5.\tLe projet dans le Vieux-Port de Montréal a été réalisé en collaboration avec Claude Cormier, architecte de paysage.Porte Document «Snapcase», Plasticase Inc.,1993.Image: MDD! Molette «l'Attaché» Plasticase Inc.,1985.Photo: François Brunelle Aménagement et mobilier urbain du boulevard Honoré-Mercier (autoroute Dufferin), Ville de Québec, 2002.Prix d'excellence de l'AAPC-CSLA, 2005.Image de synthèse : MDDI.Mobilier des ateliers de la Faculté de l'aménagement, Université de Montréal, (Hommage à Mondrian), 2000.Image de synthèse : MDDI.ARQ, ARCHITECTURE-QUÉBEC I MAI 2010 14 MICHELDALLAIREDESIGNERINDUSTRIEL JEAN-PHILIPPE DALLAIRE, PEINTRE Hull, Québec, 1916 \u2014 lfence, Alpes maritimes, France, 1965 Le père adoptif de Michel Dallaire, fut reconnu très tôt comme un peintre de très grand talent.Établi à Paris en 1938 avec son épouse, Marie-Thérèse Ayotte, il s'y trouva pris dans le chaos de l'invasion allemande et fut interné pendant quatre ans en tant que sujet britannique, ressortissant d'une nation ennemie de l'Allemagne.C'est pendant cet internement que naquit Michel Dallaire.Revenu au Canada en 1946, il enseigna d'abord à l'École des Beaux-Arts de Québec, puis travailla aux films d'animation à l'Office national du film à Ottawa puis à Montréal.En 1958, il quittait de nouveau le Canada et sa famille pour la France où il devait mourir en solitaire sept ans plus tard.Profondément francophile, Jean Dallaire a laissé une œuvre picturale marquée par la peinture française de l'entre-deux-guerres et parfois proche des arts décoratifs (tapisserie, murale).Toujours en évolution, la peinture de Jean Dallaire, figurative, mais souvent onirique est inclassable dans l'une ou l'autre des grandes écoles de son temps.Elle est unique.Femme Assise (1955), Galerie Nationale du Canada.Photo : SODRAC ¦ I 1 ¦flÜ PISS MICHEL DALLAIRE ET LE QUARTER INTERNATIONAL DE MONTREAL Clément Demers, ARCHITECTE, URBANISTE ET GESTIONNAIRE DE PROJETS / DIRECTEUR GÉNÉRAL, QUARTIER INTERNATIONAL DE MONTRÉAL Pour comprendre l'intervention de Michel Dallaire dans le Quartier international de Montréal (QIM), il faut la situer dans la démarche conceptuelle du projet dans son ensemble et dans l'importance donnée au geste culturel qu'est l'aménagement pour ceux qui ont lancé et développé cette ambitieuse opération de requalification d'un secteur autrefois complètement délaissé.À l'image de l'approche du Bauhaus qui consistait à considérer que dans un bâtiment toutes les disciplines du design devaient être également valorisées et encadrées par l'architecture, l'art suprême de la conception, celle du projet du Quartier international visait aussi à s'assurer que l'agence responsable de l'architecture urbaine, Daoust Lestage1, assurerait la direction conceptuelle et artistique de toutes les composantes du projet.Cette vision était essentielle à la capacité de réaliser un projet d'aménagement qui allait viser l'excellence dans tous les domaines du design et constituer en soi une vitrine de notre savoir faire, tout en offrant une cohérence exceptionnelle de l'ensemble.Daoust Lestage dont l'approche consiste à encadrer et même s'approprier la conception «de la ville à l'objet» avait la capacité de tout réaliser en matière de design.Les discussions concernant le mobilier urbain nous ont amenés cependant à partager la conception de ce dernier entre un designer industriel et l'agence responsable du projet.Ainsi les abribus et la colonnade de la rue Université allait être conçus par Daoust Lestage alors que le mobilier générique formé des lampadaires, bancs, poubelles et supports à bicyclette notamment, serait conçu par un designer indépendant.Le choix de ce concepteur indépendant était crucial car il devait s'insérer dans la démarche déjà entamée qui avait défini le mobilier comme un mécano fabriqué de matériaux locaux et tout particulièrement d'aluminium.Au terme d'un processus de sélection rigoureux, le choix de Michel Dallaire s'est rapidement imposé pour deux raisons fondamentales, même si celui-ci n'avait pas auparavant conçu de famille de mobilier urbain.D'abord la capacité de Michel Dallaire de concevoirdes objets originaux, performants et intemporels s'inscrivait aussi ¦ dans notre volonté de faire du projet QIM un exemple de développement durable basé sur quatre principes fondamentaux soit la pérennité des concepts, la qualité des matériaux et de la réalisation et la facilité d'entretien.Ensuite la vision de l'aménagement considérée comme un des gestes culturels les plus importants d'une société en raison de son omniprésence et de son caractère incontournable imposait le choix d'un concepteur doté d'une très grande sensibilité artistique.La commande donnée à Michel Dallaire était à la fois claire, précise mais ouverte.En étroite collaboration avec Daoust Lestage qui assurait la direction artistique de l'ensemble du projet, Michel Dallaire devait concevoir une famille de mobilier urbain innovateur et modulaire faisant appel principalement à de l'aluminium.Lors de la conception du lampadaire principal et de ses deux déclinaisons, Michel Dallaire s'est inspiré de l'image graphique du projet QIM dont la courbe représentait à la fois l'enjambée d'un personnage faisant le saut entre Montréal et le monde, l'arc d'une partie de cadrant de la terre ou encore le lU\" .lit.ARQ, ARCHITECTURE-QUEBEC I MAI 2010 ¦¦¦¦ Quartier international « 'XBÿSsx \\\\\\\\\\\\m\\\\\\\\v ^nünmûumu Mobilier du Quartier international de Montréal, 2004.Photos de Alain Laforest aw jggj&ULJ ¦Jà-iÆ jd v; '¦ ' *» \u2022 ¦; v £«\u2022= ; v .«V' V, \u2022V.* S \u2022 .7 :*&\u2022 \u2022 r+\\ r.* ___: Q;- ¦-\t'xi 'M&m \u2022 -V«*o .,v.* m ri - Square Vi Quartier international profil du mont Royal.C'est ainsi que les potences pour l'éclairage de la rue et celui des trottoirs s'inscrivent en continuité l'une de l'autre de part et d'autre d'un fut lui-même ovale.La fluidité de cette forme arrondie est à la fois élégante et moderne et donne du mouvement à un objet considéré normalement comme statique.Cette même courbe se retrouve aussi dans les bancs de parc dont le profil est un défi au principe de la gravité, leur donnant ainsi un caractère audacieux à la hauteur des ambitions du projet d'aménagement lui-même.Structuralement, le lampadaire est constitué d'un fût en acier galvanisé qui en assure la solidité auquel s'accroche une série d'ancrages destinés à recevoir principalement la signalisation, les plaques toponymiques et les feux de circulation.Le fût et le système d'accrochage est recouvert d'une peau faite d'une extrusion en d'aluminium peint gris en section d'un ou de deux mètres de long.Le grand avantage de cet assemblage est la simplicité de l'ensemble tant sur le plan visuel que pratique.Les possibilités de modifications sont pratiquement sans limite et le résultat est toujours très épuré.C'est sans doute le premier lampadaire qui réussit à combiner à la fois une image toujours soignée et une très grande fonctionnalité.Cette fonctionnalité se traduit par une grande adaptation aux différentes situations et par une facilité de réparation en cas de bris car ce sont généralement les panneaux d'aluminium inférieurs qui sont à changer en cas de collision lors du déneigement l'hiver.Le travail de Michel Dallaire dans le quartier international de Montréal est le reflet à la fois de son sens artistique, de sa profonde connaissance des procédés de fabrication et de sa très grande compréhension des enjeux de durabilité et d'identification d'un territoire puisqu'en effet le mobilier urbain du QIM constitue l'une de ses meilleures représentations.NOTE 1.Le projet du QIM a été réalisé en consortium avec la firme PROVENCHER ROY + ASSOCIÉS. Si vous cherchez un système d\u2019isolation/pare-air, optez pour la performance WALLTITE ECO, la mousse isolante mauve de BASF, le chef de file mondial de l\u2019industrie chimique.WALLTITE ECO SÉMk -v\\ mais K 81 SKI m mm ' TOUJOURS PLUS PERFORMANT WALLTITE ECO est un système d\u2019isolation/pare-air de polyuréthane moyenne densité conçu pour améliorer l\u2019efficacité énergétique de tous les types de bâtiments.La performance exceptionnelle de WALLTITE ECO maximise l\u2019efficacité de l\u2019enveloppe de bâtiment, ce qui se traduit par de > substantielles économies d\u2019énergie.WALLTITE ECO répond aux critères d\u2019homologation du programme GREENGUARDSM et du programme Enfants et écoles GREENGUARDSM, ce qui garantit le confort et la sécurité des bâtiments.WALLTITE ECO est le premier isolant de polyuréthane pulvérisé à alvéoles fermées à avoir obtenu l\u2019ÉcoLogo\u201c, le symbole de certification environnementale le plus reconnu en Amérique du Nord.Sa formule intègre des plastiques recyclés, des matières renouvelables et un agent gonflant qui n\u2019appauvrit pas la couche d\u2019ozone.La performance de WALLTITEECO a été optimisée par l\u2019outil d\u2019analyse d\u2019éco-efficacité de BASF, un outil primé qui permet d\u2019évaluer un procédé de fabrication ou le cycle de vie complet d\u2019un produit selon six critères clés : la consommation de matières ; la consommation d\u2019énergie ; les émissions dans l\u2019atmosphère, le sol et l\u2019eau ; les risques potentiels en cas de mauvais usage ; les impacts potentiels sur la santé et l\u2019emploi des terres.Pour de plus amples renseignements : 1-866-474-3538 I walltite.com I foammasters.ca I walltiteeco.com foam masters\t?¦ BASF The Chemical Company Enfin» et écoles JREENGUARD Qualité de fair des locaux certifiée Le mot ECO représente l'équilibre entre écologie et économie lorsqu'on obtient la performance WALLTITEECO alimentaire mondiale.WALLTITE ECO , foammasters et Toujours plus performant*® sont des marques de commerce de BASF Canada.ÉcoLogo\u201d est une marque déposée d'Environnement Canada.Le programme de certification GREENGUARD \" et le programme de certification Enfants et écoles GREENGUARD\" sont des marques de commerce du GREENGUARD Environmental Institute. MICHEL DALLAI RE : DESIGNER DE LUNIVERS BIXI , i Jonathan Ch a, architecte paysagiste et doctorant en études urbaines (uqam-inrs-paris xii) L'ARRIVÉE DU BIXI À MONTRÉAL À l'été 2009, la révolution Bixi a envahi les rues de Montréal1.La «Biximanie»2 ou le «Bixi boom»3 témoignent de l'engouement des Montréalais pour le nouveau système de vélo libre-service4.Le principe de ce système est d'offrir le vélo comme mode de transport urbain collectif.Les vélos en libre-service sont conçus pour les déplacements de courte durée, peuvent être empruntés et rapportés à n'importe quelle station du réseau et leur location s'effectue sans intermédiaire.Le mot-valise «Bixi» est une dénomination originale issue de la fusion des vocables bicyclette et t, axi.Même si tout semble déjà avoir été dit sur le sujet, comme le constatait Pierre Foglia : «Je sais : 18 756 articles ont déjà été écrits sur le Bixi»5, il apparaît incontournable de parler du Bixi, la plus récente manifestation de l'aptitude remarquable de Michel Dallaire à réunir l'art et la technique dans un objet usuel.Gagnant du concours l'opposant aux firmes Alto design, Michel Swift design, Morelli et Cie et Tak Design, Michel Dallaire Design industriel Inc.a conçu le design des vélos, des stations, des points d'ancrage, des bornes transactionnelles et des pavés techniques.Le Bixi représente en fait la quatrième génération de l'idée du vélo en libre service lancée en Europe il y a une quarantaine d'années et implantée, selon des modalités diverses à Barcelone, Copenhague, Dijon, Helsinki, Lyon, Milan et Stockholm.Il s'inspire, en particulier, du Vélib' disponible à Paris depuis 2007, Structure partielle de la cassette d'ancrage.Image de synthèse : MDD! mais il améliore singulièrement le concept parisien.Il est en effet : ¦\talimenté à l'énergie solaire; ¦\tconçu entièrement et spécialement afin de répondre aux exigences d'un réseau public de vélo en libre-service voué à un usage intensif, voire abusif; ¦\tsuffisamment robuste pour résister aux rigueurs climatiques; ¦\tdoté de stations portables qui ne requièrent aucune infrastructure permanente ou excavation; ¦\téquipé d'un logiciel éprouvé de contrôle des opérations; ¦\tmis en réseau par la technologie sans fil6.Le processus de création du Bixi, lancé à Montréal en 2007, s'est déroulé en deux phases de neuf mois chacune, 1- élaboration de 45 prototypes, 2- optimisation des prototypes et la production des vélos.Au cours de sa première saison d'utilisation, le système montréalais aura rejoint plus de 10 000 abonnés et plus de 100 000 utilisateurs occasionnels.Il comprenait 400 stations et 5 000 vélos répartis dans huit arrondissements de Montréal (Côte-des-Neiges\u2014Notre-Dame-de-Grâce, Mercier\u2014 Hochelaga-Maisonneuve, Outremont, Plateau-Mont-Royal, Rosemont\u2014La Petite-Patrie, Sud-Ouest, Ville-Marie, Villeray\u2014 Saint-Michel\u2014Parc-Extension).LA STATION DU BIXI La station modulaire du Bixi se distingue par sa flexibité, son i autonomie et sa mobilité.Elle est formée des vélos, de leurs points d'ancrage ainsi que d'une borne transactionnelle.Ces trois composantes, aux lignes épurées et harmonieuses, sont liées entre elles par un pavé technique.Une station simple est composée de deux modules, soit sept bollards coniques et un terminal implantés sur deux pavés techniques occupant l'espace d'une place de stationnement.Les bollards ou points d'ancrage contiennent la serrure, le système de contrôle et de communication, ainsi que des capteurs.Servant de base et de port électronique et ne nécessitant aucune construction ni excavation, le pavé technique est un module uniformisé de type «Plug and Play» ou prêt à l'emploi, à l'instar des bollards et des bornes transactionnelles.Le pavé s'implante en diverses situations urbaines en acceptant une amplitude de dénivellation de deux à trois degrés.Selon l'achalandage, plusieurs unités portables «Drop and Go» peuvent s'imbriquer les unes dans les autres agrandissant par conséquent la station.Avec un poids atteignant les 1 000 livres avec les bollards, les pavés technique ne possèdent aucun ancrage dans le sol, le poids de l'acier leur conférant l'assise requise.L'innovation de la station réside à la fois dans son architecture modulaire et sa simplicité.L'ensemble de la station fonctionne à l'aide d'un courant électrique généré par des panneaux solaires.Quant à l'emplacement des stations, il est déterminé selon plusieurs paramètres tels que la sécurité, le respect des réglementations, la densité de la population et la proximité de lieux générateurs de clientèle.LE CONCEPT ET L'ESTHÉTIQUE Dallaire désirait créer un ensemble d'objets cohérents et homogènes sur le plan esthétique en développant un vocabulaire visuel distinctif.Pour Dallaire, la géométrie, les formes et les proportions sont des composantes essentielles de la beauté.Selon lui, pour qu'un projet de design soit réussi, il doit com- ARQ, ARCHITECTURE-QUÉBEC I MAI 2010 Munlrci ' -\u2019¦ïi-Sï \u2022fcsJÿ* £§*538 j» i« M Av dream 11 icevouf 'J;:-?I set la pif ütilisaifi tarés S enait 401 «ts* .Merder-lont-Royai Villeray- porter une petite dose de controverse sans quoi il n'y a pas de surprise.Sans surprise il n'y a pas de séduction et sans séduction il n'y a pas d'intérêt ni de vente.Les prémisses de départ de Dallaire étaient de créer une famille d'objets issue d'un même vocabulaire visuel; le design du vélo, les points d'ancrage, les bornes de paiement et l'ensemble des stations devaient être conçus avec le même traitement et le même esprit esthétique.À la manière d'une mosaïque, la tesselle ou petite pièce détachée doit appartenir à l'image globale.Comme tout bon mobilier urbain, l'œuvre se devait d'être parfaitement sécuritaire, solide et robuste tout en affichant beauté, élégance et originalité.Robustesse perceptuelle et légèreté visuelle guidaient donc l'élaboration du design dans le dessein d'atteindre l'équilibre parfait entre le côté fonctionnel et l'aspect esthétique.Objet de séduction, le Bixi aspirait à provoquer un sentiment de fiabilité, de qualité et de robustesse, mais aussi à donner un plaisir esthétique.Par cela, le design du vélo Bixi et de ses stations augmente la valeur perçue de l'ensemble sans pour autant donner l'illusion d'un objet de luxe : une approche démocratique! Le Bixi est en effet conçu pour donner un sentiment d'appartenance à l'ensemble de la population.Le projet Bixi se distingue par un design d'approche minimaliste, une sobriété graphique et une absence d'ornement tout en ayant une personnalité singulière et distinctive le rendant reconnaissable au premier regard.Le cadre du vélo en alliage d'aluminium est fabriqué par procédé d'hydroformage lui conférant une forme sculptée dans les trois dimensions qui lift®1 Photos : SVLS -MontrW© Montréal© ARQ, ARCHITECTURE-QUÉBEC I MAI 2010 , ' Montréal § it, .liYsfl rsà! \u2022 T À le rend plus élégant.La forme générale du cadre évoque celle d'un boomerang, une forme expressive de la thématique de l'objet qui revient.La couleur caméléon grise métallique a été retenue pour sa facilité d'entretien et d'intégration à l'environnement visuel construit.Afin de faire ressortir la forme du boomerang, le reste du cadre et de la fourche est peint en noir.Le couvre guidon noir cache et protège pour sa part les fils électriques et les câbles gainés.La forme sculptée du guidon peut faire référence au panache de la faune du Québec.Le traitement esthétique du vélo et de ses accessoires vise à lui donner un caractère «institutionnel».Le design de l'ensemble du système de vélo en libre-service s'est développé autour de critères de fiabilité, de facilité d'entretien et de sécurité.LE QUÉBEC AU TRAVAIL La mise en oeuvre du Bixi a été rendue possible grâce à La société en commandite Stationnement de Montréal et à ses principaux gestionnaires, Roger Plamondon, président du Conseil d'administration de Stationnement de Montréal, Alain Ayotte, président de Bixi et Michel Philibert, directeur des communications et du marketing de Stationnement de Montréal7.Outre l'équipe de Michel Dallaire, une série de partenaires et d'entreprises québécoises ont participé à la réalisation de ce projet tels que le fabricant de vélos Cycles Devinci, 8D Technologies et le commanditaire Rio Tinto Alcan8.Le Bixi est un projet entièrement conçu et fabriqué au Québec.De plus, la Société de vélo libre-service a choisi d'accorder le mandat d'entretien des vélos Bixi à une entreprise d'économie sociale, Cyclochrome, créée pour le projet en collaboration avec le regroupement des CDEC de Montréal et en partenariat avec l'école secondaire Père-Marquette.L'objectif social derrière ce choix est d'offrir à des jeunes âgés entre 15 et 18 ans en danger de décrochage un milieu de stage qui les prépare à l'insertion au marché du travail, tout en suscitant leur envie de terminer leurs études.LES PRINCIPAUX CONCEPTEURS, DESIGNERS ET FABRIQUANTS DU BIXI Stationnement de Montréal, Montréal, conception et développement du Bixi Michel Dallaire Design Industriel Inc., Montréal, design industriel du système 8D Technologies, Montréal, plateforme technologique, logicielle et matérielle Cycles Devinci Inc., Saguenay, développement et fabrication des vélos Morrow Communication, Montréal, publicité, communications et stratégie Internet Artmetco, Montréal, fabrication de la borne B3CG Interconnect, Saint-Eustache, assemblage des composantes électroniques CIF Métal Inc., Thetford Mines, moulage des bollards Fonderie Lemoltech Inc., Princeville, moulage des cassettes d'ancrage Les Industries Fournier Inc., Thetford Mines, fabrication des pavés techniques Kamek Outils de précision Inc., Baie d'Urfé, fabrication des composantes plastiques Revêtement sur métaux Inc.(RSM), Jonquière, peinture des vélos Série-Act Peinture, Thetford Mines, peinture des bollards Caoutchoucs et Plastiques Falpaco, Granby, gardes-boue et protection des câbles et des guidons Cyclochrome, Montréal, réparation et entretien des vélos RioTinto Alcan, Montréal, commanditaire et fournisseur principal d'aluminium 0737 * # * * Mont real DE MONTRÉAL À L'INTERNATIONAL : SUCCÈS ET RETOMBÉES Le Bixi a connu une popularité surprenante et un intérêt à l'échelle internationale13.Possédant désormais sa page Wi-kipédia et sujet de reportages sur les réseaux Radio-Canada (émission Découverte) et CNN (émission Edge of Discovery), le Bixi a été nommé «objet de l'année 2009»14 et «Montreal's biggest success in the past few years»'5.Le système de vélo en libre-service montréalais, véritable objet d'innovation comptant pas moins de sept brevets, a été récompensé par plusieurs prix et distinctions dont le Prix Or de Leadership de l'Institut d'administration publique du Canada, le Prix Or de Leadership dans le secteur public Canadien, le «Gold Edison Award» dans la catégorie «Énergie et développement durable», un Internatio- NOTES 1.\tJe tiens à remercier Michel Dallaire et Bérengère Thériault pour m'avoir témoigné de leur expérience «Bixi» et m'avoir permis d'accéder aux informations pertinentes à la rédaction de cet article.2.\t(2009), «C'est la Biximanie», Canoë, 19 juin.3.\tOlivier Bourque (2009), «Un Bixi boom dans les rues de Montréal», Canoë, 3 juin.4.\tJeanne Corriveau (2009), «Les Montréalais raffolent de Bixi», Le Devoir, 4 juillet.5.\tPierre Foglia (2009), «La leçon de Bixi», La Presse, 16 mai.6.\tCes données proviennent de : http:// www.bixisysteme.com/systeme_bixi/ presentation.7.\tBixi est exploité par la Société de vélo en libre-service, une société créée par Stationnement de Montréal, elle-même filiale de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.8.\tDominique Fromen (2009), «Le Bixi n'est pas que Montréalais», Les affaires, 21 août.9.\tFabien Deglise (2009), «Les objets de 2009 \u2014 Le Bixi», Le Devoir, 30 décembre.10.\tAnne Pélouas (2009), «Le Bixi enthousiasme les Montréalais», Le Monde, 19 octobre.11.\tDeglise, loc.cit.12.\tVille de Montréal (2010), «Bixi roule maintenant sur trois continents», Communiqué de presse, 3 février.13.\tJennifer Guthrie (2009), «Bixi : Une première année couronnée de succès », Métro Montréal, 18 novembre.14.\tAndré Duchesne (2009), «Le Bixi, l'objet de 2009 pour 38% des Montréalais», La Presse, 31 décembre.15.\tLysiane Gagnon (2009), «Montreal's Wheels of Fortune», The Globe and Mail, 27 novembre.lô.Nathalie Collard (2009), «Avez-vous adopté BIXI?», Cyberpresse, 30 novembre.17.\tJérôme Delgado (2009), «L'âme de Bixiland», Le Devoir, 8 septembre.18.\tCatherine Handheld (2009), «Personnalité de la semaine, Michel Dallaire», La Presse, 24 août.19.\tVille de Montréal, loc.cit.20.\tRobert Rivard (2009), «For me, BIXI Stole The Show», San Antonio Express News, 16 septembre.21.\tRoman Deininger (2009), «Looking North for City Biking Inspiration», The Philadelphia Inquirer, 23 septembre.rial Design Excellence Awards (IDEA) \u2014 Bronze dans la catégorie transport, pour le design du vélo Bixi et s'est classé au 19e rang des 50 meilleures inventions de 2008 selon le magazine Time.Ce «beau succès montréalais16 a valu à Michel Dallaire, «l'âme de Bixiland»17, d'être nommé «Personnalité de la semaine» par La Presse et Radio-Canada en août 200918.Les promoteurs du projet Bixi désiraient produire un tout nouveau système pour les Montréalais tout en livrant un projet clé en main pouvant s'exporter à l'étranger.Les villes de Boston (2500 vélos), Londres (6000 vélos), Melbourne (610 vélos) et Minneapolis (1000 vélos) ont rapidement acheté et importé le concept montréalais.Le Bixi roule maintenant sur trois continents.Comme le mentionnait le maire de Montréal, Gérald Tremblay, ce constat confirme que «Bixi est devenu un des symboles internationaux les plus forts de Montréal.Bixi représente le génie et la créativité de nos gens.Ceux d'ici, de Montréal et aussi ceux de tous les partenaires, partout au Québec, qui ont travaillé à concevoir et fabriquer Bixi,9.» Montréal et le Bixi se sont attiré les éloges de plusieurs quotidiens dont le San Antonio Express News20, The Philadelphia inquirer2' et l'Ottawa Citizen.Selon le quotidien ottavien, le Bixi «[is] enhancing Montreal's reputation as a green, hip and design-conscious city [and] is arguably Canada's most visible green-technology export these days».Le Bixi est sans contredit l'œuvre la plus médiatisée de Michel Dallaire.Objet largement apprécié, le Bixi est un legs de premier plan aux citoyens et à la Ville de Montréal.UN PROJET DURABLE ET COLLECTIF Le Bixi répond avant tout à des besoins de transport plutôt que de loisir5.Cependant, plus qu'objet utilitaire, le Bixi est devenu un mode de vie urbain, un engagement vert, un objet de conscientisation et un appel à l'action en matière de transport en commun9.Son développement s'inscrit dans la foulée du Plan de transport de Montréal.Depuis deux ans, la Ville de Montréal a ajouté 140 kilomètres de pistes cyclables à son réseau qui en compte maintenant 552.À l'instar de Com-munauto, l'objectif premier du Bixi est d'«inciter les Montréalais à délaisser la voiture individuelle pour adopter des modes de transport plus écologiques, en complément du métro et du bus.Leur succès dépasse les espérances»10 comme en fait foi sa «multiplication épidémique dans tous les quartiers de la ville11».Figure de proue du «transport actif» à Montréal, le Bixi est le premier réseau de vélos en libre-service en Amérique du Nord.Pour Roger Plamondon, «Bixi, c'est plus qu'un vélo et un moyen de transport; c'est une [dynamique] communaut[aire] de gens qui veulent changer leur ville12.» Pour de plus amples informations sur le Bixi, visitez les sites officiels suivants : http://montreal.bixi.com http://www.bixisysteme.com rnïm * - 1 - : 1 PORTES ET FENÊTRES ARCHITECTURALES MARVIN CONÇUES POUR DURER Peu importe ce que vous imaginez pour vos fenêtres, MARVIN a une solution pour vous.Chez MARVIN, vous trouverez un service hors pair, un grand choix d\u2019options et des produits de qualité comme notre incomparable fenêtre guillotine «Ultimate» tout en bois ou recouverte d\u2019aluminium extrudé.Visitez notre salle de montre, nos représentants vous aideront à choisir des produits qui correspondent à vos goûts.MARVIN Ci.Portes et Fenêtres Architecturales 8138, BOUL DECARIE 514 735-7500 \u2022 1 800 361-5858 www.marvin.com 21.05.10- 06.09.10 EXPOSITION INTERNATIONALE REGROUPANT DIX ARTISTES CONTEMPORAINS QUI REVISITENT L\u2019ARCHITECTURE ET LE DESIGN MODERNISTES: NAIRY BAGHRAMIAN, ARNI HARALDSSON, INIGO MANGLANO-OVALLE, DORIT MARGREITER, JOHN MASSEY, TOBY PATERSON, PAULETTE PHILLIPS, TOBIAS PUTRIH,\tSIMON\tSTARLING\tET\tDAVID\tTOMAS.INSTALLATION LE BAISER/THE KISS.2000.PHOTO: JEREMY RIFFLE.AVEC L'AIMABLE PERMISSION DE L'ARTISTE ET DE LA GALERIE MAX PROTETCH.NEW YORK.Conseil des Arts du Canada Canada Council for the Arts 185.RUE SAINTE-CATHERINE OUEST.514-847-6226 MÉTRO PLACE-DES-ARTS\tWWW.MACM.ORG MUSÉE D'ART CONTEMPORAIN DE MONTRÉAL Québec ss VERS EERE DALLAI RE.Paul Bourassa, conservateur, musée national des beaux-arts du quêbec D'emblée, lorsqu'on parle de design au Québec, un nom surgit inévitablement : celui de Michel Dallaire.Il est au centre des projets les plus médiatisés; il est de toutes les tribunes.Côté design, Michel Dallaire est aussi connu que Paul-Émile Borduas, le peintre qui a laissé son nom au prix le plus prestigieux remis annuellement par le Gouvernement du Québec pour honorer la carrière d'un artiste majeur, prix que Michel Dallaire s'est évidemment mérité en 1991.Comment expliquer cette reconnaissance?Pour répondre à cette question, il faut peut-être le situer dans cette histoire du design québécois qui s'écrit et s'édifie tranquillement en marge d'une autre, canadienne, qui prend de plus en plus une saveur torontoise.Aux lendemains de la Seconde Guerre mondiale, le Canada voit avec le design une opportunité de créer de nouvelles industries et de revitaliser l'économie.Les efforts canadiens pour la promotion du design se sont traduits au cours des années par différents événements et moyens de mise en valeur, dont l'exposition Design in Industry en 1946, l'établissement du Design Index, la fondation de centres de design à Ottawa, Toronto et Montréal et la mise sur pied de Design Canada qui fermera finalement ses portes en 1985.Sur ce fond canadien, le design québécois se développe avec les Henry Finkel, Jacques Guillon, architectes de formation, et Julien Hébert, formé aux beaux-arts et d'abord connu comme sculpteur.Si Finkel sera de la fondation de l'Association des designers industriels du Canada (ACID), en 1948, Hébert et Guillon, quant à eux, joueront un rôle important auprès de Michel Dallaire.Le premier a été son professeur à l'Institut des arts appliqués, de 1959 à 1963.Formé aux Beaux-Arts, Hébert avait également étudié la philosophie à l'Université de Montréal.En tant que jeune sculpteur, il s'intéresse à cette nouvelle discipline qui offre une voie de démocratisation de l'art, un art au service de la communauté.Comme d'autres artistes de sa génération (Jacques de Tonnancour, par exemple, sera du nombre), il participe en 1951 au premier concours de design industriel tenu au Canada et se mérite un prix pour une chaise de jardin en tubulure d'aluminium1.Ce sera l'étincelle d'une nouvelle carrière.Mais, comme il le disait lui-même, «j'ai pratiqué le design pour mieux l'enseigner2».Hébert a su transmettre à Dallaire sa «philosophie» du design, un design où l'esthétique de l'objet s'adresse à l'intelligence humaine, plaçant l'usager non pas uniquement au terme d'un cycle de consommation, mais au centre d'un processus de création.Pour Hébert, le designer a une responsabilité sociale, il doit toujours concevoir des produits qui répondent aux aspirations et aux besoins humains.«Si vous faites un objet qui est reproduit à des milliers d'exemplaires, il deviendra soit une ruine, soit une pièce de collection», disait-il au jeune Michel Dallaire3.Hébert a été un maître et un mentor.Au retour d'une formation de deux ans à la Konstfackskolan, l'école supérieure des arts industriels de Stockholm en Suède, c'est d'ailleurs dans le bureau de Julien Hébert que Dallaire fait ses débuts.Puis il rejoindra l'équipe de Jacques Guillon.Ce dernier est alors à la tête d'un des plus importants bureaux de design au Canada.En 1967, avec ses associés, Morley L.Smith, Roger Labastrou et Laurent Marquart, il dirige une véritable structure multidisciplinaire qui œuvre dans les domaines du design industriel, du transport (ils ont été les maîtres d'œuvre des wagons du Métro de Montréal et planchent sur le projet du train LRC) de l'aménagement intérieur et du graphisme.1967, c'est aussi évidemment l'année de l'Expo qui a été qualifié de véritable «laboratoire de design» par la revue Print, puisqu'il s'agissait d'un concept entièrement neuf qui intégrait l'archi-j tecture, l'urbanisme, le transport, la signalisation et les différentes formes d'aménagement.Jacques Guillon et les membres de son bureau y jouent un rôle important.Guillon et Norman Hay sont responsables de tout le volet design au sein de la Commission canadienne de l'exposition universelle.On attribue également à Guillon le design d'exposition du pavillon «L'Homme et la vie» qui comprend, entre autres, des représentations tridimensionnelles animées d'un cerveau humain, de neurones et d'une cellule grossie un million de fois.Ce projet fut confié à Michel Dallaire et au docteur Jules Hardy, neurochirurgien.Au même moment, Julien Hébert, lui, collabore au design intérieur du pavillon canadien, particulièrement pour l'exposition industrielle, section énergie, et l'exposition de l'Interdépendance, sous la pyramide inversée «Katimavik».Il y réalise également un orgue en collaboration avec la maison Casavant, de même que la vaisselle et le mobilier pour la cafétéria «Le Buffet».Auparavant, il avait été le concepteur du controversé, puis célébré et encore aujourd'hui très apprécié, symbole de l'Expo4.Michel Dallaire, quant à lui, travaillera particulièrement à la conception du mobilier pour une des suites d'Habitat 67, le projet architectural de Moshe Safdie.Rappelons qu'au-delà de la thèse architecturale, Habitat est considéré dans le contexte d'Expo 67 comme un «pavillon thématique» ouvert au public.Sa réalisation s'inscrit dans le cadre du thème «L'Homme dans la cité», une vision de l'habitation urbaine développée dans un pavillon avoisinant.Habitat devient en quelque sorte la démonstration concrète d'une vision d'avenir que l'Exposition veut projeter.Au terme de nombreuses tractations où Jacques Guillon a joué un rôle important, quelques unités sont finalement réservées pour être aménagées par des designers canadiens, dont cinq de Toronto (Jerry Adamson, Alison Hy-mas, David Bodrug, Robert Kaiser et Hugh Spencer) et trois de Montréal : Sigrun Bülow-Hube, Christen Sorensen et Jacques Guillon5.L'unité «Guillon» est confiée au jeune Michel Dallaire.Son collègue Jacques Coutu collabore également au mobilier de la chambre d'enfant5.La firme de Guillon étudie d'abord les espaces unitaires afin de planifier la disposition et les dimensions du mobilier pour les différentes pièces7.Pour la salle à manger, les chaises tripodes en contreplaqué moulé recouvert d'une laque rouge avec assise en cuir noir offrent une solution peu encombrante aux espaces plus restreints des appartements du type d'Habitat 67.Ce mobilier est de plus démontable, pour en faciliter le transport8.Pour le salon, une table, un sofa, un fauteuil et un ottoman sont conçus avec une structure carrée en chêne massif dont la rigidité est assurée par les angles aux joints laminés.Les coussins rebondis, recouverts de tissu, de cuir ou de suède, reposent sur des courroies alors que l'angle entre l'assise et le dossier peut être légèrement modifié en ajustant oit* b is,Modi jeune sdomaina iitresd®* ta lep jraphisme «.puisqul la tension des sangles qui relient la traverse flottante à une des entretoises arrière de la structure9.Ce mobilier, distribué pendant une quinzaine d'années par Paul Arno, était encore visible jusqu'à récemment dans certains halls d'hôtel.L'élaboration d'un modèle simple permettant l'étude des angles amène la firme à concevoir, outre le fauteuil proprement dit, une chaise de jardin pour la terrasse d'Habitat 67'°.La structure de cette chaise est composée de deux éléments identiques en tubulure d'aluminium formant un rectangle aux juitii'iv «angles arrondis.Jacques Guillon en fait breveter le design en septembre 1968.En 1974, la chaise est commercialisée à plus grande échelle par la firme Karema Furniture.Offerte en tubulure d'aluminium avec enduit d'époxy de différentes couleurs ou de chrome et dotée de deux coussins recouverts de toile aux teintes variées ou de cuir, la chaise «Jacque$ Guillon De-ïommea | signers Chair», comme on la baptise alors, est livrée dans une mallette en carton11.Elle est parmi les six produits retenus lors d'un article sur le design canadien paru dans la prestigieuse re- lirai Hay Mot» atimtrt leuroneset littoÉI i vue italienne Domus'2.urgien Mais si Expo 67 «a fourni l'occasion d'une catharsis, consti-îaudesiçi | tutive de l'identité québécoise» et «s'est affichée comme un wurieif» | parangon du design13», elle a aussi créé un vacuum où se sont ieUnterdf j engouffrés la plupart des créateurs modernistes précédents jyiéalM mCasavït jfétéria
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