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Titre :
ARQ
ARQ s'impose rapidement comme la revue de référence pour le milieu québécois de l'architecture. Elle permet de comprendre l'évolution de l'architecture québécoise contemporaine.
Éditeurs :
  • Montréal :Groupe culturel Préfontaine,1981-,
  • Québec :Cöpilia design inc.
Contenu spécifique :
Février
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
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ARQ, 1996-02, Collections de BAnQ.

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[" ' PER LA REVUE D'ARCHITECTURE AI\t\u2022 LE METRE CARRE LES LAUREATS DU CONCOURS ARQ 1994 PRATIQUE FEVRIER 1996 \t \t \t rn; n '.ré 'M Il est de retour! .Programme de prix d\u2019excellence de bâtiments en bois 1996 Le Conseil canadien du bois lance un appel de candidatures pour le Programme de prix des bâtiments en bois 1996, le seul programme qui honore l\u2019excellence esthétique des bâtiments en bois.Un jury formé d\u2019éminents architectes étudiera les utilisations distinctives du bois qui ont su répondre aux exigences de leurs clients.Les candidatures retenues seront publiées dans les journaux et dans la revue Wood le Bois.Si vous n\u2019avez pas déjà reçu un formulaire d\u2019appel de candidature, faites-en immédiatement la demande par téléphone ou par télécopieur au CCB.Les candidatures doivent être présentées au plus tard le 10 mai 1996.Votre inscription au programme contribuera à promouvoir l\u2019utilisation du bois, le seul matériau de construction renouvelable, ainsi que l\u2019importance de l\u2019architecture dans la construction.Conseil\tCanadian canadien\tWood du bois\tCouncil 1730 boul St.Laurent Suite 350, Ottawa, Ontario, K1G 5L1 Tél.: 1-800-463-5091 Fax: (613) 247-7856 | 6 f : BATI DES LOGEMENTS FONCTION DES VITATI0N LA SCHL INVITE LES CONSTRUCTEURS, LES PROMOTEURS ET LES ORGANISMES D\u2019HABITATION SANS BUT LUCRATIF À PARTICIPER À UN CONCOURS UNIQUE Le Concours de conception Bâti-Flex a pour but d\u2019encourager et de promouvoir : \u2022\tdes logements qui s\u2019adaptent facilement à l\u2019évolution de la population canadienne et à ses habitudes de vie; \u2022\tl\u2019amélioration de la sécurité, de l\u2019accessibilité, du confort et de la facilité d\u2019occupation des habitations.RECOMPENSES \u2022\texpérience pratique sur un marché en plein essor; \u2022\tmention dans les médias locaux et nationaux; \u2022\tpossibilités de commercialisation accrues.Les candidatures doivent être reçues avant le 31 mai 1996.Pour de plus amples renseignements, communiquez avec le bureau de la SCHL de votre région ou téléphonez au Centre canadien de documentation sur l\u2019habitation, tél.: (613) 748-2367.SCHL :mhc Question halnfation, comptez sur nous Canada LA REVUE D'ARCHITECTURE 4\tUN NOUVEL ASSOCIÉ POUR UNE NOUVELLE PRATIQUE Pierre Boyer-Mercier 8\tL'ARCHITECTURE RÉSIDENTIELLE: UNE QUESTION DE STYLE Georges Adamczyk 10\tNOUVELLES TECHNOLOGIES Philippe Lupien 14\tARCHITECTURE ET SPÉCIALISATION: ATTENTE D'UNE REDÉFINITION ANNONCÉE Anne Cormier et Dominique Derome 17\tLE MÈTRE CARRÉ, LES LAURÉATS DU CONCOURS ARQ 1994 LE PREMIER PRIX: NICOLAS PEEVES 18\tLE DEUXIÈME PRIX: ANNETTE ÛIDEK ET JAMES SEAN MEUNIER 20\tLE TROISIÈME PRIX: MARC BLOUIN 21\tLE QUATRIÈME PRIX: Nil OUAO ET STÉPHANE PRATTE 22\tLe prix de l'éditeur: Ruben Galati 23\tUNE MENTION: CAROLINE DlONNE, MICHEL MOUSSETTE ET LÉIC GODBOUT 24\tUne mention: Michel Lauzon En page couverture Carte Écart Trace, de Nicolas Reeves.Le premier prix du Concours ARQ 1994: Le mètre carré\tÉditeur: PIERRE BOYER-MERCIER Membres fondateurs de la revue: PIERRE BOYER-MERCIER, PIERRE BEAUPRÉ, JEAN-LOUIS ROBILLARD ET JEAN-H.MERCIER.Membres du comité de rédaction: GEORGES ADAMCZYK, ANNE CORMIER, PHILIPPE LUPIEN, PIERRE BOYER-MERCIER.Production graphique: CÛPILIA DESIGN INC.Directeur artistique: JEAN-H.MERCIER.Représentation publicitaire / Sales Representatives: JACQUES LAUZON ET ASSOCIÉS.\tI J J I mW ¦\tBureau de Montréal,8250 boulevard Décarie, suite 205, Montréal, Québec, H4P 2P5.\tI » » l\"B Téléphone: (514) 733-0344 / télécopieur: (514) 342-9406.¦\tBureau de Toronto: 1-800-689-0344.La Revue d'architecture ARQ est distribuée à tous les membres de L'ORDRE DES architectes DU Québec Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec et Bibliothèque nationale du Canada.© ARQ MAGAZINE LTÉE: Les articles qui paraissent dans ARQ sont publiés sous la responsabilité exclusive de leurs auteurs ISSN: 1203-1488.Envois de publications canadiennes: CONTRAT DE VENTE N° 0472417.La Revue d'architecture ARQ est publiée six fois l'an par ARQ MAGAZINE LTÉE.Les changements d\u2019adresse et les demandes d'abonnement doivent être adressés à: ARQ MAGAZINE LTÉE, 1463, rue Préfontaine / Montréal, Québec / H1W 2N6 / Téléphone: (514) 523-4900.Abonnements au Canada: 1 AN (6 numéros): 41,02 $ et 68,37 $ pour les institutions et gouvernements.Abonnements USA 1 AN: (6 numéros) 60,00 $ / AUTRES PAYS: 70,00 $.Indexé dans «Repères». Le groupe de travail attend Les affaires, c est toujours un peu comme une course.Pour vous, c est bien souvent la course quand vous avez une échéance de 2 heures alors qu\u2019il vous faut 3 heures pour compléter le travail.Et c est au fil d arrivée que toute la difference se manifeste : attendre ou continuer de travailler?Et lorsqu\u2019on attend un imprimé ou l\u2019imprimé de quelqu\u2019un d\u2019autre, on n\u2019est plus dans la course.et encore moins productif! HP Printers [tit HEWLETT- PACKAar, Packard SOM fey Avec le nouveau traceur HP DesignJet 750C, le groupe de travail n\u2019attend plus.1er I i O'1 j lis Ij i! J La solution?Le tout nouveau traceur couleur HP DesignJet 750C.Le meilleur traceur couleur au monde est encore meilleur et plus rapide que jamais.Une toute nouvelle norme en matière de productivité.Désormais, tous les membres du groupe de travail peuvent produire de grandes images couleur précises, de qualité quasi-photographique, sur un vaste assortiment de supports d\u2019impression.Et pratiquement sans attente! Les imprimés sortent, et la productivité ne s\u2019en porte que mieux! Produisant une page de format D en à peine 4 minutes, le HP DesignJet 750C est le traceur grand format le plus rapide de sa catégorie.La technologie de jet d\u2019encre HP produit des imprimés monochromes à 600 p.p.p.et des traçages couleur éclatants.Grâce aux pilotes entièrement compatibles, aux langages HP et à l\u2019option de connectivité JetDirect, votre HP DesignJet se configure en un rien de temps.De plus, avec les fonctions de mise en file d\u2019attente, d\u2019emboîtage et de surveillance d\u2019état, tous les membres de votre groupe retrouvent une nouvelle liberté.La liberté d\u2019envoyer leur travail au traceur et de passer immédiatement au travail suivant.Grâce au HP DesignJet 750C, vous vous détacherez aisément du peloton.Pour en savoir davantage sur le traceur HP DesignJet 750C ou pour connaître le revendeur HP autorisé de votre région, composez le 1-800-387-3867, service 295.Traceurs couleur HP.HEWLETT® PACKARD Offert à compter de seulement 9099 $*, avec garantie de service sur place de 1 an.*Prix courant canadien pour format D.Le modèle illustré pour format E est vendu à 10 500 $. Demandez aujourd\u2019hui au doyen des praticiens au Québec, Henri Mercier qui célébrera son quatre-vingt douzième anniversaire en 1996, si la pratique de l'architecture s\u2019est transformée, il vous répondra qu\u2019il en a perdu son latin.Depuis l'époque où se transmettaient «les instructions de la journée» sur des bouts de papier improvisés jusqu\u2019aux pharaoniques dossiers de maintenant, la pratique aura entrepris un virage bureaucratique sans précédent.Depuis les exigences presque abusives et onéreuses des administrations publiques jusqu\u2019aux examens de nature contentieuse qu\u2019exercent les entrepreneurs privés, l'architecte sacrifie une bonne partie de l\u2019énergie qu\u2019il doit réserver au processus de la genèse du projet à se protéger contre les possibles pièges techniques de l'exercice professionnel.L'ère des contrôles excessifs aura transformé le concepteur, souvent au détriment du maître d\u2019ouvrage lui-même, en sous-tech-nocrate d\u2019abord préoccupé par les exercices de normalisation prescrits dans son protocole.Depuis l'époque de la «systémisation du bâtiment», jamais la création en architecture n\u2019aura été aussi contrainte, encore faut-il reconnaître les mérites de cette pratique à l\u2019époque.L'architecte, dans un effort de rationalisation des moyens, confirmait du même coup son titre de maître d'œuvre.Le mouvement, qui venait de l'intérieur de la profession, tentait de restaurer sa crédibilité face à une pratique moderniste qui s\u2019appuyait alors sur des fondements «trop abstraits».C'était le corollaire appliqué de ce que Charles Taylor dans son livre Grandeur et misère de la modernité appelle la raison instrumentale: «cette rationalité que nous utilisons lorsque nous évaluons les moyens les plus simples de parvenir à une fin donnée.L'efficacité maximale, la plus grande productivité mesurent sa réussite».Taylor attribue l\u2019élar- gissement de l\u2019empire de la raison instrumentale à la désacralisation des structures de la société.«Une fois que les créatures qui nous entourent perdent la signification que leur assignait leur place dans la chaîne des êtres», poursuit Taylor, «elles se dégradent en matières premières ou en moyens assujettis à nos fins».Pour Alain Farel, la science, qui aujourd\u2019hui est devenue «l'acteur principal dans le domaine de la connaissance», a façonné cette nouvelle conception du monde.Et cette science est «liée inséparablement à toute la praxis, à toute l\u2019activité des sociétés modernes».Pas étonnant aujourd\u2019hui que l'architecture, de plus en plus gérée par des intervenants situés à l'extérieur de la profession, s'éloigne de la démarche qui s\u2019applique à comprendre les rapports de l'homme avec la société, la nature et sa propre condition.La force de la science dans l\u2019imaginaire collectif aura transformé les rapports entre maîtres d'œuvre et maîtres d\u2019ouvrage.Le durcissement des structures institutionnelles par la valorisation du processus technique, au mépris, souvent, des conséquences sur le plan humain ou social, nous aura engagés dans un contresens architectural.Mais le sentiment d\u2019aliénation que nous ressentons (face aux institutions et à l\u2019économie de marché) est un fait de la modernité où le maître d'ouvrage aussi bien que l\u2019architecte en sont les victimes.La rigidité des structures institutionnelles nous confère un tel sentiment d\u2019impuissance qu\u2019il nous paraît tout à fait irréaliste de croire que nous pourrons en sortir.Mais il serait plus irréaliste encore d\u2019entreprendre le combat seuls, en marge de la communauté.L'architecture pourra de nouveau revendiquer son autonomie quand elle s'inscrira dans un cadre social, quand elle sera liée à la société par des projets communs et des allégeances communes dans une réelle démocratie.Siegfried Giedion UN NOUVEL ASSOCIE POUR UNE NOUVELLE PRATIQUE Pierre Boyer-Mercier, architecte Un groupe de services urbains, Henri Mercier Projet de 4e année en architecture, à l'Ecole des Beaux-Arts de Montréal, 1927.-\u2014-\tZ- - ¦ parle du retour de la conscience collective «qui fait qu\u2019une communauté est une communauté et non un rassemblement quelconque d\u2019individus».Le vrai sens du mot communauté implique un processus d\u2019humanisation qui dans nos villes, pour ne citer qu\u2019un exemple, est littéralement écrasé par la machine.Le cœur de la ville sert la machine et les rapports sociaux y sont pratiquement inexistants.En attendant le retour messianique de cette indispensable conscience collective, l'architecte doit garder, malgré tout, une attitude responsable, c'est-à-dire, ancrée dans la vie.Paradoxalement, seule la force individuelle créatrice sait résister à l'aplanissement de la raison instrumentale qui façonne nos vies et notre pratique à l\u2019heure actuelle.Evolution et reconnaissance Pour le meilleur ou pour le pire, l'enfant chéri de la modernité s\u2019appelle l\u2019individualisme: droit de parole, droit de conviction, droit de mode de vie sans trop de contraintes.Même si l'élargissement du statut personnel oblige les révisions incessantes de nos recueils de lois et crée en matière légale des précédents jadis inexistants, ce qu\u2019il faut reconnaître dans l\u2019individualisme, au delà des abus pratiqués au nom de la liberté et de ses conséquences négatives, c'est le droit à la résistance et à l\u2019affirmation.Sans vouloir entrer dans le débat des valeurs comparatives, sans non plus vouloir prendre une position dogmatique, je dirais que loin d\u2019exclure la dimension essentielle de la vie, comme le prétendent certains philosophes ou sociologues, l'individualisme permet d\u2019entretenir le sens de l\u2019idéal qui est le ferment d\u2019une vraie communauté et d\u2019une vraie démocratie.Quand un idéal n\u2019est pas imposé «d\u2019en haut», ce repliement sur soi, s'il s\u2019appuie sur des passions réelles plutôt que sur de simples joies personnelles, peut élever la société vers un imaginaire plus riche.La connotation péjorative telle que le «star system» véhiculée par le système médiatique de notre profession et appliquée à de rares architectes, a servi de réconfortant aux confrères qui ne visaient pas plus haut que la médiocrité.Individualisme et communauté ne sont pas antinomiques, bien au contraire.Lorsque l\u2019imagination créatrice de l\u2019individu devient une fonction d\u2019élévation de la collectivité, elle s'inscrit dans un système plus vrai que celui dicté par la raison instrumentale.Et ceux qui ont cette force d\u2019authentique remise en question méritent notre reconnaissance.Ceux qui par leur recherche de nouveauté, basée sur de réelles intentions (et non sur des effets stylistiques) tentent d\u2019élargir notre vision du monde, doivent être révélés comme individus.Tout en étant des LA REVUE D'ARCHITECTURE ARQ ^ formes de reconnaissance, les prix et publications qui en font état, stimulent chez les autres la quête de la perfection et le désir de transformer les choses.Les critiques, éditeurs, historiens, pédagogues, qui en bons gardiens culturels attribuent les mérites à ceux qui en sont dignes, entretiennent aussi par leur vision critique un niveau discursif vital.Et, faute de communion avec la société dans un grand projet collectif, la flamme, dans la marginalité de notre pratique, est malgré tout maintenue par ces reconnaissances individuelles.Mais l'absence d\u2019une vision commune avec la société et la glorification des créateurs rendent aussi la profession suspecte.En plus, le refus d\u2019une pensée scientifique, unificatrice, nous rend impuissants à livrer un produit tangible, c'est-à-dire, dans le langage de la modernité, parfaitement contrôlé.Et l'attitude déshumanisante de cette pensée est devenue un trait commun de la société.Combien de fois nous a-t-on demandé, après s\u2019être présentés comme architectes, dans quoi on se «spécialisait»?Notre spécialisation, c\u2019est l\u2019architecture au même titre que celle de l\u2019écrivain est l\u2019écriture! Nous sommes à la recherche du présent et à travers lui de l\u2019intemporel.Nous transformons les espaces en lieux et les vides en places.C'est là notre spécialisation.La pratique du gagne-pain Mais les plus malins ne manqueront pas de pointer le recul des divisions territoriales de la profession: moins de travail, moins de possibilités et un pauvre accroissement de praticiens.Plus flexibles, certains architectes ont exploré de nouveaux territoires.Abandonnant la voie unique du «projet», de l\u2019œuvre globale, ils se sont, eux, donné une appellation: acousticien, éclairagiste, aménagiste, modélisateur, etc.Cela demeure une question de survie ou d'intérêt personnel, ou les deux.Nous en parlons plus à l'avant dans la présente édition.Au stade du baccalauréat, les écoles proposent des cours d\u2019initiation à ces sciences complémentaires.L'initiation conscientise ou intéresse l'étudiant, sans plus.L'option se situe au niveau de la maîtrise ou du doctorat.La réalité à laquelle les universités doivent s\u2019éveiller, tout en maintenant la priorité sur la genèse du projet, est plus brutale.En apparence, de moins en moins un tout global, le geste architectural se fragmente en «couches», c'est-à-dire en superposition de techniques reliées au bâtiment.Grâce à l\u2019informatique, chaque couche est de plus en plus documentée et prend conséquemment plus d\u2019importance.La gestion de la matière et de l'information, jadis l\u2019apanage de l\u2019architecte, devient maintenant un bien public dont la gestion excite la convoitise d\u2019autres professions.Dans ce monde de spécialistes, le mur qui jadis jouait le rôle de protecteur, de frontière entre la vie publique et la vie privée, est devenu un objet performant relié à des équations qualité-prix-opération.La volonté d'une architecture durable ou de construction écologique s\u2019inscrit dans les nouveaux programmes des maîtres d\u2019ouvrage tandis que la volonté de produire une architecture symbolique voire monumentale marque le pas.Si l'on doit accepter malgré tout une certaine fragmentation de la pratique en spécialisations, dont celle de la genèse du projet, (il y a des bureaux d\u2019abord reconnus pour leur créativité), dans le but d'étendre nos champs d'interventions et se gagner de nouveaux marchés, cela fait partie de l\u2019esprit du temps.Par contre, la consolidation de notre rôle principal de maître-d\u2019œuvre-chef-d\u2019orchestre est vitale et le nouveau généraliste doit maintenant savoir répondre aux demandes formelles de la technocratie sous peine de perdre toute sa crédibilité.La récente profession de gérant de projet, attribuée à quiconque démontre un minimum de connaissances en administration de dossiers de projets, nous met inopinément sur une voie de déviation.Pour remédier à la situation, nos académiciens, pour qui la tâche de se maintenir à flot dans le tourbillon du pluralisme idéologique est assez exigeante, ont besoin de l'appui et des conseils des praticiens dans la reconstruction de leurs programmes pédagogiques.Pour éviter le pire, c'est-à-dire l'asservissement à un intermédiaire voué presque exclusivement au processus administratif du projet, un nouvel architecte doit voir le jour.Petite évolution, grande révolution Mis à part l'émergence des énormes corvées administratives de la pratique courante, que s'est-il passé à l'intérieur de la profession depuis cinquante ans?Bien peu.Depuis l'arrivée du modernisme, la dernière doctrine unificatrice de la profession, la pratique n'aura subi que quelques changements idéologiques.Les quelques mots-clés qui gouvernaient jadis la conception architecturale de toute une génération, «formes», «fonction», «espace», «lumière», «mouvement» se retrouvaient dans un cul-de-sac.L'écartement de la pensée vers des idées abstraites «qui prenant forme donnent des maisons abstraites» pour citer Daniel Pennac, commençait à miner la crédibilité de la pratique dans le grand public.Vu de l'intérieur, les contraintes de plus en plus réductrices de la sémantique moderniste, malgré l'impression initiale de liberté quelle projetait, menaient inexorablement à ce que certains ont nommé «l'épuisement de la forme».C'est à ce moment que plusieurs architectes se sont ralliés à la vague scientiste qui grandissait en prétention dans les années soixante.Mais en voulant se donner une allure scientifique, ces architectes réduisirent la fonction et la forme à de purs systèmes constructifs et ne gagnèrent de crédibilité ni de l\u2019intérieur ni de l\u2019extérieur de la profession.Le défi postmoderniste des années soixante-dix consistait donc à replacer l'architecture dans son créneau formel en réactualisant une sémantique en grande partie archivée par les modernistes.Cependant, la confusion normale engendrée par le nouveau mouvement de la pensée réduisit généralement le mouvement à des emplois stylistiques.Ses propres instigateurs reconnurent eux-mêmes ses faiblesses et ses contradictions.Philipp Johnson aura le mieux résumé la situation en décrivant ses gratte-ciels «rien de nouveau en coupe et en plan, essentiellement, j'ai enrobé l\u2019espace de l\u2019architecture moderne d\u2019un nouveau revêtement».Mais, entre un simple rappel à l'éclectisme et une véritable révolution, le postmodernisme aura d'abord et avant tout rétabli la liberté d\u2019expression formelle en nous éveillant à de nouvelles sources d'inspiration.A la fin, l'espace moderne se sera enrichi d\u2019une dimension scénographique mise de l\u2019avant aujourd'hui par la nouvelle génération d'architectes.Ce bilan un peu succinct des soixantes dernières années n'a pas de contenu révolutionnaire au sens culturel du mot.À peine quelques circonvolutions internes par mesures d'équilibrage qui ont tout de même permis de maintenir le débat.Mais les outils interactifs que nous offre déjà le monde de la cybernétique sont assurément à la base d\u2019une grande révolution.Le potentiel des nouvelles technologies reliées aux sciences de l'information est encore insoupçonné.Ce sont à la fois des outils d\u2019organisation de la pratique et des connaissances reliées à la pratique.Biens asservis, ces outils deviennent libérateurs des obligations administratives de la profession et facilitent les recherches de documentation.Mais, la sauvegarde des fondements de la profession passent par une voie qui nous est inconnue sur laquelle nous devrons nous engager sans tarder sous peine de perdre notre position prioritaire dans la maîtrise d\u2019œuvre.Ce chemin s\u2019appelle la gérance de l'information.Face à la profusion de dossiers que nous offrira la cybernétique, il est essentiel de maintenir un esprit critique, une capacité de synthèse et d'accepter dans nos pratiques ce nouvel associé que nous offre la science.Le temps d\u2019une adaptation qui peut paraître difficile, dérangeante, mais où nos objectifs humanitaires doivent être maintenus.FÉVRIER 1996 5 Schuller.Un seul fournisseur pour LES SYSTÈMES DE TOITURES COMMERCIAUX ET INDUSTRIELS, 5 V;t F Schuller peut s'appuyer sur plus d'un siècle d'expérience des toitures pour proposer une gamme complète de produits; c'est donc le fournisseur par excellence des systèmes de toiture à haut rendement.Qu'il s'agisse des toitures multicouches, des systèmes élastomères ou des toitures monocouches, nous vous offrons une solution complète.avec notamment des isolants de toiture en perlite, en fibre de verre ou en polyiso-cyanurate.Ces isolants sont proposés en panneaux biseautés pour simplifier la réalisation de toitures en pente, assurant l'évacuation des eaux.Nous vous proposons aussi une gamme complète d'attaches et accessoires, avec notamment couvre-joints de dilatation, évents, égouts de toit, couronnements et bordures.Schuller est au service du marché canadien.Ce que nous voulons, c'est offrir aux architectes les meilleurs produits et systèmes de toiture, avec le soutien technique qu'il faut.La prochaine fois que vous établissez le devis d'une toiture commerciale ou industrielle, pensez au fournisseur qui vous offre un système complet, dont tous les éléments sont coordonnés.pensez à Schuller.Pour tout renseignement, appelez Schuller International Canada Inc.au 1-800-417-8201.S|C|H|U;L|L|E|R Systèmes de toiture MËM L\u2019ARCHITECTURE RÉSIDENTIELLE : UNE QUESTION DE STYLE Georges Adamczyk HÊPLANS OjBNatjonUMdingDesion^ Magazine nord-américain «New Home Plans», hiver 1996.L'expression de la liberté de choix.Où va la pratique professionnelle de l\u2019architecture?Vers quelles nouvelles pistes s\u2019engage-t-elle aujourd\u2019hui?Comment se formalisera concrètement le lien social qui justifie son statut, sa responsabilité, ses ambitions pour l\u2019amélioration de notre cadre de vie?Le projet culturel dont elle est partie prenante ne pourra prendre racine dans un espace intellectuel rétréci, limité à quelques faits artistiques dont le mérite serait bien faible s\u2019ils concouraient à l\u2019exclusion d\u2019une implication plus large dans le chœur des métiers de l\u2019environnement construit.C\u2019est autour de ces questions que j\u2019aimerais initier une discussion abordant le thème de la maison individuelle.Figure incontournable de l\u2019évolution de nos rapports à l\u2019espace, à la société, la maison, pièce élémentaire de la fabrication de ces villes de banlieue, ces «edge-cides», ces villes de la marge, nous offre l\u2019occasion de réfléchir sur ce fait architectural.Boîtes de verre, jeux plastiques sous la lumière, plaisirs tectoniques ou bien «néo-québécoises», bungalows californiens ou encore «victoriennes», les formes de la maison se présentent sous l\u2019angle de la contradiction, exprimant clairement les règles de la distinction sociale et celles de la distribution et de la production des valeurs symboliques dans notre société marchande.D\u2019un côté, le milieu de l\u2019architecture apprécie l\u2019invention et la contribution à la discipline; de l\u2019autre, on se cantonne dans le murmure désapprobateur.Non pas que les architectes attachent peu d\u2019importance à la production de masse; à travers des concours ou des expertises particulières la profession se mobilise pour rechercher de nouveaux modèles d\u2019habitation.Mais la plupart du temps, elle met l\u2019accent sur la construction et le confort, la planimétrie et la densité, l\u2019environnement intérieur et les systèmes d\u2019information, les principes d\u2019exécution et l\u2019économie du produit, etc.autant d\u2019aspects qui, tout en étant pertinents, n\u2019en font pas moins l\u2019impasse sur la représentation et l\u2019esthétique de la maison, laissant aux experts de la communication et du marché, qui sévissent aujourd\u2019hui jusque dans les musées, le soin de déterminer l\u2019apparence de la maison.Dans leur ouvrage paru en 1974, «The place of houses», Charles Moore et ses collègues insistaient sur les trois Ordres de la maison: «The Order of rooms, the Order of machines, the Order of dreams» (1).Ils écrivaient: «Still the easiest and most prevalent means for expressing the Order of dreams is display of the memorabilia of other times and places».Ainsi apparaît l\u2019importance du caractère iconique, communicatif et significatif de la maison, que l\u2019on peut voir comme une sorte de dispositif narratif autoréférentiel favorisant à la fois l\u2019identité de ses occupants et leurs liens avec la communauté culturelle en tant qu\u2019individus habitant une construction dont on ne dévoile que la surface.Ces élé- ments, évocatoires d\u2019autres temps et d\u2019autres lieux, vont puiser dans des répertoires de formes historiques et ré-gionalistes et génèrent une floraison de signes et d\u2019aberrations à la source de tous ces styles de maison qui traduiraient des styles de vie.Dit autrement, la maison comme mythe, au sens de Barthes comme «idée-en-forme» (Je suis une maison! C\u2019est ma maison!)) volerait littéralement la culture architecturale conçue comme un réservoir de signifiants dont on ne retiendrait que les formes vidées de leur sens pour produire une sorte d\u2019alibi, de couverture, où derrière le consentement volontaire chacun peut mener la vie qu\u2019il veut.Déchiffrer cette stratégie sémiotique qui unit le producteur et le consommateur ouvre à la reconnaissance de sa nécessité et d\u2019un jeu constant entre le vrai et le faux où il n\u2019est pas interdit d\u2019apporter l\u2019éclairage d\u2019un savoir-faire qui serait tout entier orienté vers la reconstruction de rêves communs et singuliers.On discute abondamment de la situation inquiétante où serait placée aujourd\u2019hui la pratique professionnelle de l\u2019architecture.En effet, on peut constater autour de nous, au Québec, que s\u2019installe un certain malaise face à l\u2019émiettement progressif de la commande qui frappe les firmes les plus établies et face aux réalités statistiques qui nous indiquent que près de 18% des nouveaux diplômés ne trouvent pas d\u2019emploi et, quand ils en trouvent, la plupart de ces jeunes gens doivent accepter une sorte de prolétarisation de leur fonction.D\u2019une part, on parlera d\u2019une crise économique et d\u2019un rythme de croissance frôlant le degré zéro; de l\u2019autre, d\u2019une sérieuse inadaptation des compétences développées par les étudiants dans les écoles.Un examen plus approfondi fait habituellement ressortir une relation dialectique entre la création et la production subsumée, voire déterminée, par celle qui unit la production et la consommation.Cette vision élargie introduit dans le débat des facteurs aussi variés que la bureaucratisation, la réglementation, la globalisation des marchés, l\u2019informatisation du métier, la déterritorialisation des tâches, la monétarisation des ressources spatiales et des valeurs esthétiques.Bref, rien déplaise aux nostalgiques, une conception unitaire, intègre et sociale de la pratique ne serait plus possible (le fut-elle jamais?) et l\u2019architecte doit renoncer à servir de grands desseins tels que ceux qui ont conduit l\u2019architecture moderne vers un style international, un style qu\u2019on crût un moment être l\u2019égal de ceux des mondes grec et romain.Tout ceci appartient à l\u2019histoire, cette histoire dont on nous dit quelle touche à sa fin.Depuis trois décades, nous sommes devant un grand trou noir, une panne de lumière qui fait disparaître les possibles; un éclatement et un éparpillement de la raison qui incitent au repli tragique ou à l\u2019aventure téméraire et joyeuse dans l\u2019univers des «contradictions et des ambiguïtés».En fait, durant cette période, nous devons bien admettre que les architectes ont navigué à vue, s\u2019accoutumant à un avenir imprévisible.Jouant au jeu des illusions avec leur papier et leur crayon, ce petit monde s\u2019est mis hors du monde, célébrant à sa manière l\u2019ère post-moderne.La liberté s\u2019est substituée à l\u2019idée d\u2019un style nouveau qui aurait modifié l\u2019aspect total de la vie tel que souhaité par les avant-gardes; tous les styles sont maintenant permis.Mais de quels styles parlons-nous?Ce mot même n\u2019est-il pas encore suspect?On voit poindre ici la mode, le goût, la culture de masse, tous ces thèmes qui sont rarement abordés, jamais étudiés, qui sont le plus souvent ignorés car ils ne sont ni la voie royale de l\u2019invention personnelle, ni l\u2019expression d\u2019une tradition de la distinction.Il est vrai que rien riest plus étranger au projet que la question des styles tant qu\u2019on la considère comme le retour à Xacadémisme ou comme une déviation vers le kitsch.Ne peut-on voir les choses autrement et puiser dans cet aspect de la culture architecturale une nouvelle vitalité fondée sur un savoir-faire plus inclusif et donc plus adapté à la réalité de la demande sociale?C\u2019est autour de ces interrogations que, coincé dans ses enclaves privilégiées, le haut-savoir architectural génère de multiples discussions.On oppose continuité et nouveauté, empirisme et idéalisme, néo-réalisme et minimalisme, populisme (ironique) et régionalisme (critique), purisme et ornement, etc.Mais finalement quelque chose est irritant dans toutes ces confrontations.Il en ressort presque toujours l\u2019exemple d\u2019une œuvre promue par le «star-system», au caractère exclusif, dont la vertu critique repose le plus souvent sur les seuls critères de l\u2019originalité et de la singularité.La discipline, prise au piège de ses prémisses d\u2019arrière-garde, à savoir: le projet et sa valeur d\u2019intervention technique et organisationnelle, doit se rabattre sur la banalité esthétique pour survivre; l\u2019exploit étant toujours réservé à de rares exceptions pour de rares clients.Mais ce qui est encore plus irritant, c\u2019est la question de la responsabilité sociale face à l\u2019habitat.Comment aborder cette dimension de la culture bâtie.À l\u2019origine de l\u2019architecture, il y a la cabane primitive.Cette cabane fut construite par son habitant.Avant d\u2019édifier un palais, il fallut bien que ce palais soit issu de la maison.Transformée en logis, sous la poussée des migrations vers la ville, cette maison pouvait disparaître «théoriquement» dans la question du logement collectif et celui-ci se résoudre dans l\u2019efficacité muette de la technique ou dans sa métamorphose en monument.Devenue symbole de la sphère privée, objet bourgeois, produit pour la classe moyenne, marginalisée à la périphérie, la maison n\u2019entre pas dans le haut-savoir de l\u2019architecte FÉVRIER 1996 7 «I am a monument», dessin tiré de «Learning from Las Vegas», Robert Venturi, Denise Scott Brown, Steven Izenour, The M.I.T.Press, Cambridge, 1977.autrement que comme dérision ou sujet occasionnel de l\u2019expression de la richesse d\u2019un particulier.Penser l\u2019espace construit n\u2019est pas possible si l\u2019on persiste à faire de la maison familière un acte manqué, à y voir un lapsus dans les belles constructions mentales de l\u2019architecture contemporaine.La disjonction inaugurale, constitutive à tout désir de nouveauté, nous offre tout un choix de prototypes éblouissants, maisons sur pilotis, maisons de verre, maisons à surprises, mais du même coup cette séparation de l\u2019environnement fait que ces canards comme l\u2019écrit Fredric Jameson (2), reprenant ici le terme utilisé par Robert Venturi, finissent simplement par se désigner et se signifier, célébrant leur propre déconnexion comme un message en soi.On ne cesse, sur ce continent, de bâtir des maisons et si l\u2019on persiste à l\u2019ignorer, le divorce entre l\u2019architecture et l\u2019habitation pour le plus grand nombre finira par venir à bout de la légitimité des architectes.Comme le rappelle encore Fredric Jameson, le débat sur l\u2019architecture contemporaine tend à se cristalliser autour d\u2019une remise en cause de la relation dialectique entre l\u2019intérieur et l\u2019extérieur et le retour de la question de l\u2019ornement ou de la décoration.Il écrit: «Pour Le Corbusier, comme on le sait, «le plan procède de l\u2019intérieur vers l\u2019extérieur» de telle sorte que l\u2019extérieur de l\u2019édifice exprime son intérieur et que l'homogénéité stylistique s\u2019obtient donc par l\u2019unification de ces deux contraires, ou mieux en assimilant l\u2019un d\u2019entre eux - l\u2019extérieur - à l\u2019autre.Quant à l\u2019ornement, cette «contradiction» avec la réalité du mur est surmontée par l'exclusion aseptisante du terme même».Une fixation sur la structure et sur l\u2019espace comme environnement banalise l\u2019enveloppe de l\u2019édifice, pousse à en surdéterminer les qualités par les seules valeurs constructives disposant ainsi, sans l\u2019approfondir, du problème décoratif.Il est vrai que les mots d\u2019ordre d\u2019un style nouveau continue de hanter le haut-savoir architectural.Moïsséi Guinzbourg, en 1924, en parlait comme une chose qui adviendrait car, disait-il , «l\u2019architecte ne se sentira plus le décorateur de la vie, mais bien son organisateur» (3).Plus près de nous, Vittorio Gregotti (4) citait Frank Lloyd Wright: «Choisissons-nous notre style?Pas du tout: le style est ce qui adviendra et il sera ce que nous sommes dans tout ce processus».Pourtant Adolf Loos (5) qui fut, sur ce point, le plus extrême en proclamant que l\u2019ornement était un crime, ne rappelait-il pas que «le revêtement est plus ancien que la construction» et qu\u2019il trouve l\u2019origine de son principe dans les premiers vêtements dont s\u2019est couvert et paré l\u2019homme primitif.N\u2019est-ce pas Loos encore, lui qui plaidait pour la disparition de l\u2019ornement (non son exclusion) comme expression du gaspillage et de l\u2019inculture dans un contexte moderne, qui convenait que «ce n\u2019est que là où l\u2019action du temps le fait disparaître qu\u2019il n\u2019est pas possible de le faire renaître.En tant que fin pratique, l\u2019ornement dépend de l\u2019usager (consommateur) aussi bien que du fabricant (producteur), mais le consommateur vient en premier, le producteur en second».Voici une position trop souvent sous-estimée ou mal interprétée et qui, fort heureusement, redevient d\u2019actualité.Il ne s\u2019agit pas ici de décorer ce qui ne l\u2019est plus.Ainsi, tous ces jeux de signes de l\u2019architecture tertiaire et industrielle ne sont que des contresens historiques.Il ne s\u2019agit pas non plus d\u2019y voir la voie unique de l\u2019arbitraire artistique comme seul salut.Ce sur quoi nous désirons insister ici, nous interrogeant sur de nouvelles pratiques de l\u2019architecture, c\u2019est sur la nécessité de l\u2019ornement dans l\u2019habitation, comme apparence, comme expression et message.L\u2019ornement, le décoratif, est indissociable de la façon dont les individus conçoivent, occupent et s\u2019approprient leur habitation.Il est évident que le haut-savoir architectural a tendance à considérer cette réalité comme une sorte de fatalité.L\u2019organisation de l\u2019espace de la maison apparaît là comme un problème mineur dans la mesure où il est réglé par les rituels de la vie et les standards de l\u2019industrie.En fait, l\u2019architecte est exclu d\u2019emblée, se sent comme un intrus, observe avec dédain ceux qui se commettent dans ce processus - ils sont d\u2019ailleurs rares et le plus souvent peu armés pour maîtriser de façon critique les impératifs des producteurs - et ils voient tout cela comme une situation intolérable pour l\u2019intégrité intellectuelle et morale de la discipline.Edgar Morin, au début des années soixante, nous mettait déjà en garde contre ces jugements trop hâtifs sur la culture de masse.Il est vrai qu\u2019il abordait la question des industries culturelles.Mais n\u2019est-ce pas de cette manière qu\u2019il convient de comprendre la production de l\u2019habitation aujourd\u2019hui.Il nous invitait à ne pas confondre la critique des intellectuels avec la critique intellectuelle.À propos de la maison, il écrivait: «La maison, redevenue siège d\u2019énormes investissements psycho-affectifs et de la micro-économie personnelle, est le lieu où l\u2019individu moderne veut prendre racine: il aspire à en devenir le propriétaire, non seulement pour des raisons strictement économiques, mais pour y aménager sa querencia inaliénable.Il la dote de robots électroménagers; il doit en faire un petit paradis de confort, de bien-être, de «standing», bellement décoré et aménagé.Ainsi, la maison, la télévision, la voiture constituent la nouvelle triade qui aménage la micro-utopie concrète, assurent à la fois son mm IBMBg FRENCH RURAL 915-1940 EARLY NEW ENGLAND COLONIAL 1640-1715 1 Études stylistiques, tirées de «American House Styles, a Concise Guide», John Milnes Baker, W.W.Norton, New York, 1994.8 LA REVUE D'ARCHITECTURE ARQ autarcie et ses communications.C\u2019est sur cette triade, sur ce micro-univers que se concentrent désormais les énergies concrètes de la culture de masse» (6).Dans cette triade la maison, comme produit, n\u2019entretient pas les mêmes rapports dialectiques qu\u2019assument aujourd\u2019hui les designers et les créateurs d\u2019images, d\u2019objets et de vêtements ainsi que les compositeurs.La question de l\u2019invention et des standards y est débattue publiquement.Le problème de la différence qui réunit est accepté comme une réalité de la vie moderne.La typologie des genres y est raffinée et les intellectuels se confrontent régulièrement à ces contradictions, parfois douloureusement, parfois avec succès.Ne serait-ce pas que derrière la question de l\u2019ornement ou du décoratif, ce soit le problème du style, mot tabou s\u2019il en fut, qui se profile et qui fait ici obstacle à une poussée de l\u2019architecture dans le champ de la production élargie de l\u2019habitation?Les travaux des chercheurs structuralistes portant sur la maison sont nombreux et malheureusement trop vite écartés par les architectes au moment du projet.Certains de ces chercheurs se sont penchés sur la production résidentielle dans la société contemporaine et plus spécifiquement sur le problème du style.Dans «Le néo-style régional» (6), S.Ostrowestsky et J.S.Bordreuil s\u2019intéressent à la reproduction d\u2019une architecture pavillonnaire.Dans la mesure où, par analogie, on pourrait considérer l\u2019architecture comme «une manifestation parlée», s\u2019inspirant des travaux du linguiste Troubeskoÿ, ils distinguent trois plans: expressif, appellatifet représentatif.Le premier est un «symptôme du sujet parlant», le second, un «moyen de provoquer chez l\u2019auditeur des sentiments variés» et le dernier, «une représentation de l\u2019état des choses».L\u2019expression appelle une convention sociale, l\u2019appellation doit déclencher l\u2019émotion et la représentation qui repose sur les règles des deux premiers plans, agit comme fonction référentielle.Le style serait alors «un choix que toute réalisation architecturale doit opérer parmi un certain nombre de possibilités offertes par le savoir constructif pris comme ensemble de références (réservoir de formes possibles)».A priori, il semble que dans le cas de la maison, l\u2019architecte devrait connaître ces possibilités, moins pour les manipuler, que pour les appliquer, avec toute la distance critique nécessaire.Comme les auteurs de l\u2019ouvrage le constatent, deux pistes sont ouvertes: soit on considère que le procès du sens est d\u2019une certaine manière dépendant de règles générales.Celles-ci font de la maison un cas particulier des forces économiques et idéologiques englobantes, agissant hors du champ de l\u2019architecture qui en est prisonnière; dans ce cas, on abordera la question en terme d\u2019oppositions insurmontables telle que l\u2019opposition entre culture savante et culture populaire, architecture d\u2019auteur et architecture commerciale ou encore entre bon goût et mauvais goût.On renvoie alors la discussion à quelque idéal éducatif ou révolutionnaire qui ferait éclore la possibilité d\u2019un partage harmonieux des valeurs culturelles, quelles soient unitaires ou multiples, pourvu qu\u2019elles accordent aux auteurs en herbe le droit de perturber les conventions sociales sans courir le risque d\u2019être incompris.Soit on considère le style comme un code qui, bien que «secondaire», peut faire l\u2019objet d\u2019une étude en soi comme manifestation relativement autonome et sémiotique.Cette manifestation de «surface» ne constitue pas le chemin qui mène à une connaissance de l\u2019architecture qui de toute façon ne peut se confondre avec la seule question du style.Il s\u2019agit plutôt d\u2019une reconnaissance nécessitant préalablement une connaissance élargie (dans le temps historique et dans l\u2019espace géographique, dans les faits matériels, dans les mentalités et les représentations) de l\u2019architecture comme langage, ou plus précisément comme métalangage de la construction conçue comme célébration de l\u2019habiter.Plus cette connaissance aura de profondeur, plus elle pourra en quelque sorte mieux saisir cette surface et le sens quelle manifeste.À l\u2019heure où tant de concepteurs s\u2019engagent vers toutes sortes de néo-styles, nous pourrions saisir cette conjoncture éclectique pour dépasser ces tendances personnelles et prendre plutôt appui sur ce constat pour nous engager plus totalement à rendre ce monde habitable.Ce monde qui, comme le décrit Michel Freitag, est «livré à la consommation débridée des individus nomadiques,.ces calculateurs impulsifs de la maximalisation de leurs «plaisirs»: bungalow - jardin -piscine - garage - auto - centres commerciaux - parkings - Holliday Inns - motels (waterbeds and adults movies) -granges presbytériennes (visitors welcome) - hamburgers, frites, pizzas all-dressed - mobiles homes et caravan-cars avec buggies, bateaux, motos, vélos et névroses attachées à la remorque.» (7).Pour sortir de cette indifférence qui repose sur la liberté de choix, la question du style dans la production de l\u2019architecture résidentielle s\u2019offre comme une médiation vers le projet culturel.Cela est possible à condition que l\u2019architecte accepte de voir le monde comme il se montre, seule façon d\u2019accéder à ce qui ne se voit pas.Notes 1.\tMOORE, Charles, ALLEN, Gerald, LYNDON, Donlyn, «The place of houses», Holt, Rinehart and Winston, New York, 1974.2.\tJAMESON, Fredric, «Architecture et critique de l\u2019idéologie», in Territoires 3, Paris, 1983.3.\tGUINZBOURG, Moïsséi, «Le style et l\u2019époque», Pierre Mardaga, Bruxelles, 1981.4.\tGREGOTTI, Vittorio, «Le territoire de l\u2019architecture», L\u2019Equerre, Paris, 1982.5- LOOS, Adolf, «Paroles dans le vide», Champ libre, Paris, 1979.6.\tMORIN, Edgar, «L\u2019esprit du temps», Grasset, Paris, 1962.7.\tOSTROWETSKY, S., BORDREUIL, J.S., «Le néo-style régional», Dunod, Paris, 1980.8.\tFREITAG, Michel, «Architecture et société», Saint-Martin, Montréal, 1992.9 PREMIÈRE COALESCENCE GESTATION TERMINÉE RENCONTRES SECONDE COALESCENCE NOUVELLES TECHNOLOGIES INSTRUMENTATIONS Philippe Lu pi en 1.\tTectonacelle 5-ctante.Architectone engendré par automate cellulaire simple.Nicolas Reeves, architecte.2.\tSéquence du projet GESTATIO 0(SLUM/OPERA) de Nicolas Reeves, montrant les transformations successives du projet à travers des altérations automatiques.Métissages Nouvelles technologies: l\u2019expression est insidieuse, car non seulement constitue-t-elle un anglicisme, mais sous sa forme plurielle, elle laisse planer l\u2019impression que l\u2019homme entretient avec ce qu\u2019il crée des rapports multiples et non reliés entre eux; alors qu\u2019en essence la technologie est un phénomène singulier ', unificateur et associé dans l\u2019histoire moderne à la notion de progrès, elle est une théorie générale des techniques qui, elles, sont multiples.De quelle façon concerne donc-t-elle la pratique de l\u2019architecture, elle-même une composante de cette technologie au sens propre?Il y a de nombreux exemples de réalisations contemporaines dont la construction relève du véritable défi technique, d\u2019autres ont affiché par les matériaux ou les assemblages une esthétique machiniste, mais dans les deux cas, rien de cela n\u2019implique que la pratique de ces architectes ait été autre chose que traditionnelle.Il serait donc plus pertinent d\u2019aborder la question sous l\u2019aspect de l\u2019instrumentalité, c\u2019est-à-dire des nouveaux instruments, des outils nouvellement rendus accessibles aux architectes.Par ailleurs, ce à quoi nous assistons n\u2019est pas tant l\u2019émergence de nouvelles technologies que l\u2019intégration croissante de ses instruments.Les logiciels de modélisation, l\u2019Internet, la numérisation d\u2019images, les fibres optiques et même les casques de réalité virtuelle sont le produit de recherches qui ont vu le jour dans les années soixante.Ce qui a changé et de façon exponentielle, c\u2019est la sophistication des plate-formes et leur accessibilité, la fiabilité des réseaux de communication et la baisse des coûts de mémoire 2.Soumises à la loi de Moore qui veut que la puissance de l\u2019informatique double tous les 18 mois 3 , toutes ces composantes ont maintenant atteint un niveau où l\u2019hybridité entre celles-ci devient possible et donc inévitable.Technopbiles 4 et technophobes Les dernières années ont vu des changements sociaux et économiques profonds affecter la pratique dite traditionnelle de l\u2019architecture5.De plus, les exigences grandissantes en terme de normalisation et de critères de performance venant du secteur public entraînent des dépenses que bien des praticiens ne peuvent présentement envisager.Au même moment, l\u2019informatique qui domine dans tous les aspects du quotidien avec son armée de microprocesseurs dont l\u2019omniprésence jusque dans les objets inertes les plus banals et, maintenant, dans le monde sacré de la chair nous fait cruellement remarquer son absence dans la pratique.Pourtant, le paysage architec- tural en a été grandement modifié.Ainsi dans une publication de l\u2019IRAC, Ruth Cawker 2 relève la transformation fondamentale que l\u2019avènement du guichet automatique a fait subir à la typologie bancaire et la pertinence de sa représentation sociale devant la fragmentation et la dispersion urbaine de ses opérations.Cette clientèle «traditionnelle» du bureau d\u2019architecte ainsi équipée, n\u2019est-elle pas en devoir d\u2019attendre du professionnel à qui elle confie la maîtrise d\u2019oeuvre de ses projets une aptitude à comprendre ses mutations technologiques?Marianne McKenna 8 de la firme Kuwabara Payne McKenna Blumberg architects, soulève cette contre-offensive: «Nous redéfinissons tous la façon dont nous travaillons en relation aux changements technologiques.(en partie pour faire face ) au fait que selon la perception du client, c\u2019est notre habileté à travailler avec l\u2019ordinateur qui seule démontre nos vraies compétences».Est-ce dire que la résistance face au risque technique et l\u2019anachronisme quelle engendre sont les traits caractéristiques de cette profession?Celle-ci est-elle depuis trop longtemps soumise à la terreur qu\u2019une poursuite légale soit le destin de toute incursion technologique?Plutôt, la bienveillante nonchalance que l'architecte affiche face à la technologie n\u2019est-elle pas la preuve que de bien plus grandes choses le préoccupent?Pour le peu qu\u2019il s\u2019y attarde, l\u2019architecte ne devrait toutefois pas renoncer entièrement à s\u2019investir dans la marche de la technologie.Si, comme le disait Walter Benjamin 9 «La technologie n\u2019est pas la maîtrise de la nature mais la maîtrise de la relation entre l\u2019homme et la nature», par extension, il nous faudrait considérer que la question technologique ne concerne pas uniquement les moyens destinés à une fin, mais plutôt la façon dont les moyens sont destinés a cette fin.Que le cheminement de la technologie rende un jour caduques les instruments de la profession d\u2019architecte ne fait nul doute.Mais le remplacement même de l\u2019activité de l\u2019architecte en tant que technologie pourrait toutefois en découler.Pour reconnaître les instruments dont il peut avoir le contrôle, l\u2019architecte doit re-connaître ce en quoi sa discipline est elle-même une technologie c\u2019est-à-dire un dévoilement, une façon de mettre au jour.Si les instruments traditionnels dont il fait présentement usage deviennent, par la force du contexte, obsolètes, ils seront remplacés par d\u2019autres plus performants.Mais ceux-ci auront été conçus par d\u2019Autres et pour d\u2019Autres.L\u2019outil comme extension, comme prothèse de l\u2019homme souffre de l\u2019intention de l\u2019altérité aussi bonne soit-elle car l\u2019outil n\u2019est pas neutre, il est destiné.Il en résulte une aliénation.L\u2019outil, dont l\u2019homme ne contrôle pas entièrement la destinée est aliénant.10 LA REVUE D'ARCHITECTURE ARQ La théorie de l\u2019unification Dans Mécanisation au pouvoir , Siegfried Giedion soutient que l\u2019objetivisation du monde qui tient son origine de la Renaissance, permit aux sciences physiques de décomposer le monde en forces vectorielles.L\u2019activité humaine ainsi décrite dans ses moindres unités put être répertoriée sous l\u2019oeil vigilant de la science et réorganisée, harnachée sous celui intéressé de l\u2019industrie.Cette vision nous instruit face à l\u2019état actuel des systèmes informatiques proposés aux architectes.Souvent conçus par des programmeurs mandatés pour composer des sous-routines pointues qui n\u2019ont pas l\u2019avantage d\u2019un regard unique sur la pratique, ces systèmes sont confinés à analyser quantitativement et séparément les gestes qu\u2019ils veulent faciliter.En résulte une séquence d\u2019actions erratiques qui souvent se superposent.Une récente étude de la faculté d\u2019Aménagement de l\u2019université de Montréal pertinemment nommée Projet Léonardo a été menée dans les bureaux d\u2019architectes et de designers dans le but de proposer la composition d\u2019un poste unifié et accessible à court terme.L\u2019intervention du groupe vise une intégration des logiciels existants et des interfaces où l\u2019information est introduite à l\u2019étape correspondante et transmise aux étapes subséquentes à travers tous les logiciels spécifiques rencontrés au passage: à partir de l\u2019offre de services jusqu\u2019au certificat de fin de travaux.Pour ces chercheurs, il est avantageux à court terme de construire son outil informatique sur mesure à partir de l\u2019existant et selon la configuration qui définit le mieux la spécificité de la pratique.Cette méthodologie implique toutefois que la pratique soit conçue comme une succession d\u2019activités délimitées, qu\u2019il suffit, comme pour la chaîne de montage, d\u2019unifier.La tour de Babel La grande facilité à reproduire et transmettre des documents qu\u2019a engendrée l\u2019avènement du traitement de texte, du télécopieur et du modem est à la source de la présente multiplication des communications.On a vu la malédiction s\u2019abattre sur les chantiers de Babel qui ne savaient gérer le tumulte du papier.Si bien que la désormais essentielle tâche d\u2019en assurer la saine administration, attribue souvent au gérant de projet une «aura» de maî-tre-d\u2019oeuvre.De cette situation de crise (non point seulement attribuable au projet architectural) émerge une approche développée aux Etats-Unis par l\u2019industrie aéronautique 10, l\u2019armoire à plans informatisée.L\u2019architecte Dominique Dubuc et sa firme ArchiDATA mettent présentement sur pied un tel dispositif, grâce à une con- tribution du CÉRACQ (Centre d'études et de recherches pour l\u2019avancement de la construction au Québec), pour le projet du marché Bonsecours à Montréal.«Il ne s\u2019agit pas vraiment d\u2019une nouvelle technologie» affirme Daniel Forgues, de la SIMPA «mais la sophistication actuelle des plate-formes informatiques rend maintenant le processus accessible ».L\u2019armoire à plans informatisée est, comme son nom l\u2019indique, un serveur auquel sont reliés tous les intervenants d\u2019un projet et à travers lequel circulent toutes les communications d\u2019un projet.Elles y sont entreposées, leur distribution est effectuée automatiquement et sont enregistrées les dates d\u2019émission et de réception de chaque document selon les protocoles établis.L\u2019armoire à plans traduit même les documents de l\u2019émetteur au langage informatique du récepteur ou dans sa langue d\u2019usage par le logiciel DXL distribué par l'AAPPQ.Pour le donneur d\u2019ouvrage, cela signifie un contrôle en temps réel du contenu et, à la fin du processus, un outil de gestion de l\u2019entretien pouvant même être associé à un réseau de «senseurs» permanents contrôlant les conditions du construit.Pour l\u2019architecte, savoir que le contrôle des communications est assuré par une firme extérieure, cela veut-il dire la dissolution de la notion de maîtrise d\u2019oeuvre?«Non», répond Roberpierre Monnier, responsable du développement du projet au PARI, (Programme d\u2019aide à la recherche industrielle): «au contraire, cette technologie élimine les communications qui court-circuitent l\u2019architecte, elle rend toute l\u2019infomation dûment formatée soumise à l\u2019approbation de l\u2019architecte décideur, les fichiers y sont inaltérables et donc légaux, tous savent qui a lu quoi et à quel moment.» En résulterait, semble-t-il, une économie importante de temps et de frais légaux ; seulement dans le second cas, au Québec, 10% des frais légaux qui affligent les projets pourraient être potentiellement éliminés.Par contre, le contrôle cyclique des documents d\u2019architecte par le donneur d\u2019ouvrage serait ici soumis à la possibilité pour lui de contrôler l\u2019évolution du projet en temps réel.Cet harnachement qui sous-entend que le processus du travail de l\u2019architecte est linéaire et cumulatif pourrait bien impliquer que l\u2019architecte doive produire un échéancier détaillé complet avec cheminement critique et s\u2019y conformer.Les plus astucieux stratèges développeront des procédés de dissimulation.Tectonique vs scénographique 11 «Le flou du processus créatif est mal desservi par les outils de CAO actuels».Le professeur Len Warshaw à la faculté d\u2019Aménagement de l\u2019Université de Montréal et co-auteur L'Église Saint-Eustache, Paris.Cette séquence montre un aspect constructif de la logique paracinétique du projet du groupe GRCAO à l'Université de Montréal.FÉVRIER 1996 11 La* rèQltmtnt* «Turtunltm*: Plusieurs paramètres peuvent être décrits.Ici, l'exemple de la règlementation urbaine est représenté.du rapport Leonardo met un bémol sur l\u2019utilisation des logiciels disponibles.La précision numérique exigée par les environnements CAO dans l\u2019établissement des paramètres spatiaux et la très grande facilité de leur attribuer des textures et éclairages d\u2019un réalisme photographique donne au projet en phase de conception un aspect finalisé.Elle entraîne chez le client une sensation d\u2019aliénation face au produit fini dans lequel son intervention n\u2019est plus possible, une image provenant d\u2019un futur prédestiné, un futur antérieur dont la mise en forme lui a échappée.Manon Guité, co-auteure du rapport, a aussi observé: «Plusieurs architectes vont jusqu\u2019à surimposer un flou artificiel sur le résultat avant de le présenter».Ainsi, l\u2019outil dans sa configuration peut entraîner le déplacement du geste poétique non dans la représentation, la simulation, ce qui ne serait pas nouveau, mais dans la façon de dissimuler cette représentation, dans l\u2019occultation.Pour Claude Parisel, professeur à la faculté d\u2019Aménagement de l\u2019université de Montréal, «tout cela est dû à la structure même de l\u2019outil de CAO que nous utilisons et qui fut développé par des ingénieurs et des programmeurs en fonction de ce qu\u2019ils considéraient être nos besoins.Une certaine façon d\u2019encadrer le processus de création tel qu\u2019il leur apparaît.D\u2019ailleurs, c\u2019est notre faute.Combien d\u2019architectes utilisant Autocad, connaissent la façon dont y sont emmagasinées les informations?» Provoquer de nouvelles morphologies propres à la structure numérique des bases de données est précisément à la source des recherches de Nicolas Reeves, professeur en design de l\u2019environnement à l\u2019Université du Québec à Montréal.12 Physicien et architecte de formation, il puise dans les sphères de la recherche en mathématiques ses outils de création morphologique.C\u2019est par sa fascination pour les médinas et autres établissements humains évolutifs que Nicolas Reeves en est venu à cette recherche: «Les médinas.se constituent sur la base de règles locales d\u2019assemblage, sans qu\u2019aucun contrôle global n\u2019intervienne; après un certain temps, une structure d\u2019ensemble apparaît, caractéristique des règles utilisées, mais impossible à prédire par ses règles».Dans son travail, ces règles d\u2019assemblage sont simulées à l\u2019aide de méthodes informatiques diverses et peuvent être transmutées par toute intervention mathématique (une pièce musicale, par exemple peut être convertie en base de données algébrique et, par son interaction, altérer le déroulement des opérations d\u2019assemblage ).L\u2019énumération de ces méthodes est saisissante: fractals, attracteurs étranges, systèmes itératifs, automates cellulaires pour n\u2019en nommer que quelques-uns.«Et le potentiel d\u2019ex- ploration quelles offrent aux concepteurs est très vaste.» Pour Témy Tidafi, étudiant au doctorat à la faculté d\u2019Aménagement de l\u2019Université de Montréal, et membre du groupe de recherche de Claude Parisel (le GRCAO) 13, les logiciels de modélisation conventionnels sont des transpositions directes de l\u2019utilisation du papier calque.Le défi que s\u2019est donné le groupe est de développer de nouvelles méthodes de travail.Le projet Desargues utilise un logiciel logique et paramétrique qui a dû faire l\u2019objet d\u2019un développement spécifique.Il associe aux formes tous les paramètres souhaités et permet de les lier, d\u2019en établir les relations.Afin d\u2019arriver à reproduire le geste conceptuel de l\u2019architecte, les chercheurs ont procédé par analogie à la culture hellénistique.Dans le devis grec, tous les éléments sont dimensionnés par rapport à un module de base, souvent le diamètre de la colonne, et leur interdépendance est décrite verbalement.Lors de la conception, certains paramètres deviennent des a priori, qu\u2019ils soient règlements de zonage, surfaces de plancher, codes en vigueur, etc.Là où une règle prime, le logiciel s\u2019exécute.L\u2019exemple de l\u2019escalier est, disons-le, édifiant.À partir du moment où un escalier est requis en un point précis, dans la conception d\u2019un édifice, le logiciel connaissant les paramètres d\u2019un escalier \u2014hauteur de contremarche, profondeur de marche, dimension des limons, hauteur de balustre, largeur de l\u2019escalier, nombre maximal de marches avant le palier\u2014 tout paramètre utile est mis en forme.Si au hasard de la conception, la hauteur entre étages est augmentée ou diminuée, les paramètres de l\u2019escalier et surtout la relation qu\u2019ils entretiennent entre eux doivent s\u2019y conformer automatiquement.En associant un logiciel de traitement géométrique et non linéaire avec un système expert, le groupe de M.Parisel obtient un outil plus malléable et d\u2019une structure moins lourde.Par voie de conséquence, un tel outil peut attribuer aux objets une densité d\u2019où une notion d\u2019hétérogénéité.Il y a plus, soutient M.Parisel: «nous travaillons présentement à lier aux objets le savoir-faire qui dirige leur mise en oeuvre.Le logiciel une fois informé du travail du maçon, par exemple, peut ainsi simuler son travail, évaluer les largeurs de joint, les coupures de briques et tenir le compte des quantités de matériaux et de temps de réalisation, une étape incontournable vers la robotisation de la construction.» Outil d\u2019analyse et de conception puissant, il n\u2019est toutefois pas, dans sa forme actuelle, conçu pour s\u2019inscrire dans le rituel habituel des plans cotés et devis techniques pour soumissions.Son usage implique une approche différente face à la notion de mise en oeuvre qu\u2019il faudra aborder.LA REVUE D'ARCHITECTURE ARQ Cyberpoeisis 14 Il y a déjà cinq ans, dans les pages de cette revue, Paul Virilio déclarait: «Les mythes ne sont pas liés à une substance, ils sont liés à une interprétation par un individu, par une société.L\u2019escalier qui a été la réponse de l\u2019Antiquité à l\u2019ascension comme action et signification sera demain remplacé par d\u2019autres objets qu\u2019il nous faut inventer, nous architectes».^ Cet appel aux architectes québécois fut-il entendu?Le cyberespace est-il terre d\u2019accueil pour l\u2019architecte du temps réel aux prises avec le chômage réel ou sera-t-il confiné à concevoir les abris physiques des internautes mobiles?Et d\u2019abord, qu\u2019est-ce que le cyberespace?D\u2019après William Gibson, écrivain à l\u2019origine du néologisme, le cyberespace est une «représentation graphique d\u2019information extraite des banques de données de tous les ordinateurs du système humain ».I() Peter Anders 17 nous offre une autre vision, plus architecturale cette fois, il nous propose d\u2019imaginer une bibliothèque virtuelle contenant une collection de livres.En s\u2019y déplaçant à l\u2019écran ou à l\u2019aide d\u2019une interface de simulation tridimensionnelle, l\u2019utilisateur circule entre les étagères, choisit un livre et l\u2019ouvre (peut-être s\u2019en dégage-t-il même une odeur de moisi).Le texte s\u2019y trouve ainsi que des photos.Sélectionnant une photo, l\u2019utilisateur plonge dans un monde simulé lui correspondant.Il peut y accéder seul ou choisir de pouvoir interagir avec d\u2019autres utilisateurs.L\u2019auteur demande «Parallèlement à cette bibliothèque virtuelle, la construction réelle d\u2019une telle bibliothèque ne serait-elle pas redondante?» Le remplacement de certaines typologies construites par leur simulation virtuelle constitue un premier champ d\u2019intervention où l\u2019architecte devra considérer que l\u2019outil de conception soumis à l\u2019analyse de ce qui fait l\u2019essence d\u2019un type et le produit final ne font qu\u2019un.Un monde simulé dont les repères feront l\u2019objet de choix: avec ou sans densité, avec ou sans gravité, signaux ou symboles.Un second champ d\u2019intervention s\u2019inscrit dans le fait que jusqu\u2019ici les univers immersifs ont été principalement l\u2019affaire d\u2019infographes ou d\u2019équipes multi-displinaires comprenant aussi des graphistes et des programmeurs.Leur champ de représentation a été surtout bidimensionnel.Récemment, la complexité des interfaces d\u2019information a atteint un seuil critique et la capacité des utilisateurs à s'y repérer en souffre proportionnellement.La simulation de la troisième dimension et l\u2019utilisation des systèmes de repérage quelle engendre devient alors salutaire.Ac- couplée à des systèmes de production de formes géométriques, c\u2019est la capacité d\u2019organisation spatiale de l\u2019architecte qui deviendrait ici le produit final.Let\u2019s scan moonlight! En 1943, Giedion remarquait que l\u2019automobile est une matérialisation du déplacement urbain analysé et amplifié et quelle appartient par le fait même, à l\u2019ordre du domestique.Cette extension de l\u2019ordre domestique aurait par son extraordinaire mobilité, entraîné une profonde mutation des cités: un peu plus d\u2019un demi-siècle plus tard, une autre extension de l\u2019ordre domestique celle que Paul Virilio appelle le véhicule statique.L\u2019interface de la téléaction serait sur le point d\u2019engendrer de plus fondamentales mutations sur l\u2019espace réel.D\u2019ailleurs, comme le fait remarquer Peter Anders 18 la malléabilité des espaces virtuels aura peut être un effet d\u2019entraînement sur l\u2019environnement réel face à l\u2019impatience croissante des usagers.Une culture virtuelle de la fragmentation, de l\u2019archivisme et de la reproduction engendrera-t-elle une architecture réelle recombinatoire où les notions de copie et d\u2019original seront confondues?Voila pourquoi l\u2019appel aux architectes de Virilio se fait pressant: «il nous faut inventer ».Ce à quoi il faut ajouter, sinon quelqu\u2019un d\u2019Autre le fera.Que le cyberespace tout visuel et kinesthésique qu\u2019il soit ne remplace jamais le monde réel semble pour l\u2019instant faire consensus.Qu\u2019il soit toutefois, par son interaction avec celui-ci, moteur de sa mutation, semble probable.Le téléphone en usage depuis plus d\u2019un siècle a fait mentir les alarmistes.Son utilisation n\u2019a pas éliminé les contacts entre humains.Il les a certes multipliés et altérés de plusieurs façons, mais pas éliminés.Quels seront par exemple les rapports du domaine public et du domaine privé?Ce dernier est-il encore possible?La surveillance par l\u2019espace intime du domaine public sera-t-elle réversible?Quelle seront les protocoles de représentation publique, seront-ils analogues à ceux de l\u2019architecture?.Le cyberespace, de par sa sémantique, amène l\u2019architecte au centre du débat.Il le fait aussi parce que son instrumentalité et celle de l\u2019architecte convergent.Ni salvatrice, ni démoniaque, sa technologie n\u2019en est toutefois pas moins mystérieuse et il appartient aux architectes appelés à y être arraisonnés de tenter d\u2019en saisir l\u2019essence Q Notes 1.\tLa nature de ce qu\u2019est la technologie à été abondée pat Heiddeger dans Martin Heidegger, La question de la technique, Essais et conférences, nrf Gallimard, 1954, pp.10-48.Où l\u2019auteur propose que l\u2019essence de la technique moderne soit dans l'ar-misomiement de la nature c\u2019est-à-dire dans le fait de commettre celle-ci à une réserve qu\u2019il appelle le fond.La technique moderne ainsi diffère de son origine ethymologique grecque technétn ce que celle-ci relève de la pro-duction là où la technique moderne relève de la pro-vocation.2.\tEn 1983, l\u2019unité de mémoire qu\u2019est le mégaoctet se vendait 300.00SUS, l\u2019an dernier, en 1995 celui-ci avait chuté à 0.21 $US.in Bill Gates, La route du futur, ed Robert Laffont, 1995, p.53.3.\tibid, p.50.Cette loi qui tient depuis 40 ans avait originalement prévu que le facteur agirait sur une durée de 24 mois.4.\tÀ la définidon de technophile, le petit Robert offre un paradigme intéressant: s\u2019appliquant à des espèces animales, il cite Sciences et Vie, juil.1973: «On a parlé, pour les mouettes, d\u2019espèces technophiles.Si tant est, la technophilie assure l\u2019avenir des espèces qui en sont douées, à moins que l\u2019homme n\u2019intervienne.» 5.\tLire à cet égard: Urne reader, per, Why work?, juillet-août 1988, no 28.6.\tL\u2019insertion sous-cutanée de micro-processeurs permet maintenent au propriétaire d\u2019animaux domestiques d\u2019identifier ou de retrouver un animal perdu grâce à la technologie de triangulation par satellite.7.\tA short history of the authority of the architect, p.10, L\u2019article est une transcription da la conférence donnée par Ruth Cawker au festival de l\u2019architecture de l\u2019IRAC en 1994 intitulée «Reclaiming the city / Reinventing pracdce».8.\tPropos tirés de sa conférence au même festival.9.\tCité dans One way street and other writngs, London, 1979 in Rethinking technologies, Verena Andermatt Conley, U.of Minnesota press, Minneapolis, 1993.10.\tL\u2019armoire à plans informatisée origine du projet de conception et de réalisation du nouveau Boeing 777.11.\tCe titre réfère à une citation de Kenneth Frampton transcrite ici dans sa forme originale «To stress tectonic rather than scénographie values in the constitution of architectural form is evidendy a strategy by wich to stiffen the resistance of the field to its further dissolution through the instrumental maximisation of international capital» K.Frampton In search of ground - the invisible in architecture ed Bouman Ole and Roemer Van Toorn, London, 1994 p.190.12.\tNicolas Reeves, Pas d\u2019amers champs numériques, in ARQno85, juin 1995, pp.16 à 19.13.\tPour en savoir plus: HTTP://Mistral.ERE.UMontreal.ca-Parisel ou lire Temy T\\às!\\Moyens de communication en architecture (1996 à venir) thèse de doctorat, faculté d\u2019aménagement, U de M.14.\tSelon Heidegger poeisis est utilisé en philosophie chez les Grecs comme dévoilement pro-ducteur in Martin Heidegger, La question de la technique dans Essais et conférences, nrf Gallimard, 1954, pp.10-48.15.\tPaul Virilio, De nouveaux défs pour les architectes, ARQ 57,p.29.16.\tWilliam Gibson, Neuromancer, New-York, Ace, 1984.17.\tLire à ce propos l\u2019article de Peter Anders paru dans Progressive Architecture: The Architecture of cyberspace, oct.1994, pp 78-106.18.\tibid.19 Toujours selon Heidegger «L\u2019être de la technique menace le dévoilement, il menace de la possibilité que tout dévoilement se limite au commettre et que tout se présente dans la non-occultation du fond.»p.45.Comme le propre de la physique est de découvrir l\u2019exact et que celui-ci fait obstacle au vrai, alors le vrai peut demeurer dissimulé dans la non-occultation du fond qui est la réserve du dévoilé dans l\u2019arraisonnement (essence de la technique).FEVRIER 1996 13 ARCHITECTURE ET SPECIALISATION: ATTENTE D'UNE REDEFINITION ANNONCEE Anne Cormier et Dominique Derome Plusieurs diplômés en architecture ou architectes, mettant à profit l\u2019expérience de l\u2019apprentissage de l\u2019architecture, ont donné un biais à leur profession, à leur pratique et se sont spécialisés.Le choc d\u2019un premier contact avec le marché, ou encore un intérêt marqué pour une facette particulière de la conception ou de la gestion, ont forcé l\u2019émergence de spécialisations liées de près ou de loin à l\u2019architecture.Reflet de notre appartenance à une Amérique du Nord efficace et rationnelle, ces spécialisations sont souvent d\u2019ordre plus administratif ou technique que culturel.La performance technique du construit se vend bien, les ingénieurs Font compris, et, au cours des trente dernières années, se sont véritablement imposés dans tous les domaines de la construction.Dans cette amorce de la redéfinition du rôle de l\u2019architecte, un autre élément entre en jeu: la révolution de la gestion de l\u2019information qu\u2019entraîne l\u2019informatique et qui transforme lentement mais inexorablement une profession qui ne se renouvelle pas aisément.A travers la série bien partielle d\u2019opinions et de portraits qui suit, se dessine une profession qui est loin d\u2019être homogène.Jacques Benmussa, Arch, dplg 1979 Tout en demeurant généraliste, l\u2019architecte devrait développer une expertise pointue dans un domaine technique de son choix.Les architectes ne devraient pas hésiter à se consulter entre eux.Les étudiants devraient prendre conscience de l\u2019importance de la qualité du détail pour la pérennité de [\u2019«oeuvre».Spécialiste de l\u2019enveloppe du bâtiment, Jacques Benmussa conseille tant les architectes que les propriétaires en élaborant des correctifs efficaces appliqués aux enveloppes atteintes de vieillissement prématuré ou de vices de construction.Il a d\u2019abord acquis son expertise alors qu\u2019il était à l\u2019emploi d\u2019un important manufacturier de mur-rideaux, puis en corrigeant les divers problèmes qui lui sont soumis.Claude Boisvert, B.Arch.1978, M.B.A.H.E.C.Pour répondre aux conditions du marché et au vieillissement des immeubles, les étudiants devraient, à partir de la deuxième année, se spécialiser.L\u2019étude du vieillissement des matériaux et des systèmes, l\u2019intervention sur le bâti existant pourraient devenir des champs de spécialisation.Directeur à la Société Immobilière Trans Québec, Claude Boisvert administre trois immeubles au centre-ville de Montréal.Il traite de la négociation des baux, du réaménagement des locaux, de la gestion et de l\u2019entretient des bâtiments.Avant d\u2019accéder à ce poste, il a complété un M.B.A., été chargé de projet pour une im- portante firme d\u2019architectes, puis président de BOMA, une association de propriétaires et gestionnaires d\u2019immeubles.Gabriel Chiniara, B.Arch.Laval 1971, M.Arch.Laval 1976 Le domaine de la construction est devenu de plus en plus compliqué et exigeant, surtout dans le contexte socio-économique nord-américain.Les attentes du client sont très élevées, les budgets et les échéanciers, serrés.L\u2019architecte ne peut maîtriser à la fois toutes les connaissances relatives à l\u2019architecture et toutes les connaissances complémentaires (programmation, estimation, gestion, etc.) nécessaires à la réalisation complète d\u2019un projet.Par contre, l\u2019architecte, généraliste par définition, est un candidat idéal aux postes de gestionnaire de projet ou de gérant de construction.Gabriel Chiniara est président de la firme Decarel inc.qu\u2019il a fondée en 1981.Cette firme se spécialise en gestion de projet et en gérance de construction, une expertise que Gabriel Chiniara a développée en pratiquant pour le compte de firmes d\u2019architecture.Decarel inc.a contribué au cours des dernières années à la réalisation de projets tels le Centre de Commerce Mondial de Montréal et le Musée international de l\u2019Humour.Dominique Dubuc, B.Arch.Laval 1982, M.Arch.McGill 1994 L\u2019école d\u2019architecture est un lieu propice à l\u2019introduction d\u2019idées novatrices et c\u2019est pourquoi les programmes d\u2019architecture devraient permettre l\u2019émergence de pratiques parallèles.L\u2019avenir des architectes est lié à l\u2019émergence d\u2019un travail en collaboration, au regroupement ponctuel de petits bureaux (qui ne pourront plus par eux-mème répondre aux exigences des maîtres d\u2019ouvrage locaux ) et à l\u2019exportation du savoir-faire québécois à l\u2019étranger.Ces formes de pratiques existent déjà mais seront transformées par l\u2019avènement de l\u2019inforoute et du télé-travail.Initié à la conception assistée par ordinateur dès son stage chez Hydro-Québec, Dominique Dubuc dirige aujourd\u2019hui la société ArchiDATA inc et élabore présentement un système de travail sur l\u2019inforoute, l\u2019Armoire à Plans Informatisée, à travers lequel il développe, entre autres, des normes de travail qui tiennent compte de l\u2019adaptation d\u2019une pratique traditionnelle aux nouveaux outils informatiques.Ce système de travail favorise également le regroupement virtuel de professionnels, le jumelage à l\u2019échelle internationale, la création de firmes virtuelles.Gordon Edward, B.Arch.McGill 1954 Dans le domaine de l\u2019éclairage, du moins, les architectes devraient étendre leurs compétences et maîtriser cet élé- ment fondamental de l\u2019architecture qui est presque devenu une spécialité.La compréhension de l\u2019éclairage (naturel et artificiel) devrait faire intégralement partie de la formation des architectes: la lumière et son usage vont bien au-delà des calculs techniques et du choix de luminaires.Architecte, Gordon Edwards s\u2019associe, en 1976, à l\u2019expert américain M.C.Lam de Cambridge pour offrir des services de consultant en éclairage au Canada.Il développe ses connaissances de l\u2019éclairage artificiel et naturel par le biais de cette association, puis, en 1981, poursuit ce travail de consultant en son nom propre.Il demeure cependant convaincu que cette «expertise» devrait être maîtrisée par tous les architectes.Claude Frégeau, B.Arch.U.de Montréal 1974 Le champs de l\u2019architecture est trop vaste pour qu\u2019il n\u2019y ait qu\u2019une discipline.En demeurant généralistes, les architectes voient des spécialités leur échapper au profit des ingénieurs.L\u2019avenir appartient aux spécialistes qui se regrouperont en créant, par projet et via Internet, des bureaux virtuels.Spécialiste de l\u2019enveloppe du bâtiment, Claude Frégeau diagnostique plus particulièrement les vices de construction des toitures et effectue des expertises légales.L\u2019orientation très scientifique qu\u2019il a donné à sa pratique en y intégrant rapidement des instruments techniques de pointe l\u2019a convaincu de la nécessité de la spécialisation de l\u2019architecte.Michèle Giroux, B.Arch.U.de Montréal 1981, M.Sc.Aménagement, U.de Montréal 1990 La spécialisation est nécessaire, car elle permet à la fois de bien posséder un champ d\u2019application particulier de l\u2019architecture et de travailler selon ses aptitudes.À l\u2019emploi de la Ville de Montréal après avoir oeuvré au sein de plusieurs municipalités, Michèle Giroux contribue à l\u2019application , au développement et à la modification du règlement d\u2019urbanisme de la Ville de Montréal qui gère le cadre bâti et l\u2019usage qui en est fait.Elle forme les fonctionnaires impliqués dans l\u2019émission des permis et explique la portée du règlement auprès des divers groupes d\u2019usagers, tels que l\u2019APCHQ, la CUM.Anne LaBrecque, B.Arch.Laval 1987 Si sa formation de généraliste constitue la force même de l\u2019architecte, lui permettant de comprendre un projet dans son ensemble, le rôle de maître d\u2019oeuvre et d\u2019expert en construction de bâtiment lui échappe rapidement.Les architectes s\u2019attardent trop à la forme et trop peu à la technique.14 LA REVUE D'ARCHITECTURE ARQ Expert conseil pour l\u2019assurance des toitures et des bâtiments, Anne LaBrecque travaille à l\u2019implantation de normes de qualités de conception et d\u2019exécution des toitures et au contrôle des coûts.Son travail est principalement la promotion, l\u2019analyse et la gestion.Elle a acquis son expertise au travail et sur le chantier, en participant à des cours de formation et des séminaires.René Lagacé, B.Arch.Laval 1969 L'architecte, avant tout, organise l\u2019espace et pour ce faire doit maîtriser plusieurs aspects du bâti.Cependant ce travail de généraliste est souvent moins bien compris par les maîtres d\u2019ouvrage (clients) que celui, plus aisément quantifiable, des ingénieurs.Dans ces conditions, les architectes devraient faire des ingénieurs leurs alliés et les inciter à exploiter leurs compétences.Architecte et avocat, René Lagacé pratique l\u2019architecture et le droit.Sa double profession et une formation complétée à l\u2019Institut de l\u2019arbitrage du Québec et au Centre d\u2019arbitrage national et international du Québec ont partiellement orienté sa pratique vers l\u2019arbitrage légal et professionnel.Jean-François Major, B.Design graph.UQAM 1982, B.Arch.U.de Montréal 1982-87 La spécialisation répond aux lois actuelles du marché.L\u2019architecte doit conserver et entretenir ses facultés d'adaptation et demeurer attentif au développement futur du marché de l\u2019emploi, aux exigences de la clientèle, ainsi qu\u2019aux changements qui pourraient intervenir dans la pratique de la profession.Diplômé en design graphique avant d\u2019entreprendre ses études en architecture, Jean-François Major réussit à conjuguer architecture et communication à travers la réalisation d\u2019expositions.Il est aujourd\u2019hui muséographe auprès de la firme Design + Communication Inc.où il développe des approches de communication, définit des concepts d\u2019exposition, élabore des outils de communication allant du langage graphique aux jeux interactifs, aménage des espaces d\u2019exposition et conçoit décors et mobilier, ceci tant au plan national qu\u2019international.Michel Morin, B.Arch.U.de Montréal, 1978 La plupart des bureaux d'architectes de pratique traditionnelle sont en quelques sortes spécialisés.Lis connaissent les critères de design et les exigences propres à certains types de projets et y concentrent leur expertise.La tendance est d\u2019ores et déjà à la spécialisation des architectes.Pour éviter de la subir, ilfaut s\u2019y préparer et y faire face.Un intérêt particulier pour l\u2019architecture, la musique et la physique appliquée ont rapidement orienté Michel Morin vers l\u2019acoustique.Il a consolidé ses connaissances acquises à l\u2019université en travaillant à Vancouver au sein de la firme Baron & Associates Consulting Acoustical Engineers et a, par la suite, fondé MJM, conseillers en acoustique inc.Des cellules d\u2019essai pour moteur d\u2019avion à des projets de salles de spectacle, cette firme se penche à travers l\u2019étude de toutes les composantes du bâtiment, sur un aspect très particulier de la qualité du cadre bâti, l\u2019acoustique et le contrôle du bruit.Bruno Nantel, B.Arch.U.de Montréal 1975, M.B.A.H.E.C.L\u2019enseignement de l\u2019architecture devraitpermettre aux étudiants d\u2019élargir leur vision du rôle de l\u2019architecte.Les capacités d\u2019analyse et de synthèse que développent les architectes, leurs aptitudes à concevoir en trois dimensions, à schématiser peuvent se redéployer dans d\u2019autres domaines que celui de la réalisation de bâtiments.Diplômé des HEC en gestion des affaires et ancien directeur général de l\u2019OAQ, Bruno Nantel est aujourd\u2019hui directeur général du programme de garanties à l\u2019APCHQ.Architecte et gestionnaire, il dirige une équipe qui traite de gestion financière, de mise en marché, de services d\u2019inspection technique, d\u2019évaluation des entrepreneurs, de l\u2019enregistrement des maisons, de réclamations, de conciliations, etc.Dominique Robitaille, B.Arch.Laval 1978 L'une des grandes forces des architectes réside dans leur formation de généralistes qui leur permet de comprendre un bâtiment dans son ensemble.Aucune autre profession ne possède les moyens ou la formation pour y parvenir.Par ailleurs, la pratique privée traditionnelle risque de disparaître à plus ou moins long terme, et les architectes, surtout les jeunes, doivent apprendre à se réapproprier les différents domaines de la planification et de la réalisation du bâti, de sa gestion et de son évolution.Par exemple, un architecte peut très bien gérer un parc immobilier.Directrice du service des projets d\u2019aménagement de l\u2019UQAM, Dominique Robitaille administre le service qui gère l\u2019aménagement de l\u2019ensemble des bâtiments occupés par l\u2019UQAM.Ce service agit tant au niveau du réaménagement des espaces que de la réfection des parements et de l\u2019amélioration des systèmes des bâtiments.Architecte avant tout, elle a principalement acquis son expérience en travaillant à son compte en pratique privée, puis à l\u2019UQAM et par le biais de cours d\u2019appoint en gestion et en planification.À travers ces portraits émergent peu de pratiques véritablement nouvelles.Ils mettent plutôt en relief des individus qui contribuent au marché en marge d\u2019une pratique dite traditionnelle.On pourrait d\u2019ailleurs ajouter à la liste des pédagogues, historiens, urbanistes, éditeurs, programmateurs, etc.Les architectes doivent-ils se spécialiser?Le consensus ne se fait pas et le débat sur la formation des architectes est loin d\u2019être clos, non pas que la formation actuelle soit fondamentalement inadéquate, mais parce quelle est brève et quelle exige des compléments que la plupart des «spécialistes» et que plusieurs «généralistes» n\u2019hésitent d\u2019ailleurs pas à se donner.Ils composent alors cette formation complémentaire selon leurs besoins et leurs intérêts.Un constat cependant: que ce soit en développant des connaissances techniques de pointe dans un domaine précis, en lançant de nouvelles entreprises, en exploitant l\u2019apport culturel qu\u2019ils peuvent ajouter au cadre bâti (l\u2019architecte Yves Bélanger, par exemple, fut responsable à la fin de sa carrière de l\u2019esthétique des ponts et tunnels auprès de la firme d\u2019ingénieurs Lalonde et Valois), ou encore en intervenant dans l\u2019élaboration d\u2019espaces virtuels (B, les architectes doivent élargir la façon dont ils entrevoient la pratique, faire valoir leur expertise technique et culturelle et s\u2019imposer dans des domaines où existent des budgets appréciables.D\u2019autre part, reconnaissant l\u2019éventail d\u2019expertises nécessaires à la réalisation d\u2019un bâtiment dès qu\u2019il atteint un certain niveau de complexité et reconnaissant également l'impact profond qu\u2019entraîne inexorablement l\u2019usage de nouveaux outils informatiques, il semble critique de considérer la pratique dans une perspective de maîtrise d\u2019oeuvre; la qualité globale du bâti, si elle est tributaire de l\u2019expertise de chaque professionnel qui y contribue, exige une maîtrise d\u2019oeuvre (l\u2019exige-t-elle encore?les architectes en sont sans doute convaincus, mais qu\u2019en est-il du reste de la société?) qui va au-delà de la coordination entre ces professionnels, au-delà de la gestion de l\u2019information que chacun d\u2019eux transmet.Le contrôle de ce travail de gestion et de coordination demeure toutefois un élément clé de la planification et de la réalisation du cadre bâti et les nouveaux outils informatiques le transforment complètement.De plus, l\u2019émergence de ces outils - qu\u2019ils deviennent source de collaboration, de recherche, d\u2019analyse, d\u2019une meilleure coordination entre les «spécialistes du bâtiment», ou encore instrument de normalisation impitoyable - entraîne l\u2019apparition de spécialistes de l\u2019informatique qui reçoivent, gèrent et recomposent l\u2019ensemble de l\u2019information dont dispose le maître d\u2019ouvrage.Dans ces conditions, alors que se profile une nouvelle spécialisation d\u2019ingénieurs de l\u2019information, les architectes, si encore ils demeurent maîtres d\u2019oeuvre, ne pourront l\u2019être qu\u2019en contrôlant la gestion de l\u2019information.L\u2019architecture deviendrait le jeu savant, correct, magnifique et numérisé des volumes assemblés sous la lumière.Note 1.Voir l\u2019article de Philippe Lupien dans le même numéro.FEVRIER 1 996 15 LES LAUREATS DU CONCOURS ARQ 1994 Le cadre général du concours Sur la notion d\u2019échelle.Pour l\u2019architecte ou le designer, l\u2019échelle, comme instrument, est faite d\u2019une ligne graduée, divisée en parties égales qui indiquent le rapport des dimensions marquées sur un plan avec les dimensions de la réalité.Les petites échelles nous permettent de représenter de grandes surfaces de terrain sur des petites surfaces de papier et les grandes échelles nous permettent de rapprocher le rapport de la représentation à la réalité.Ainsi un objet présenté à l\u2019échelle 1/10 paraît moins abstrait à l\u2019être humain qu\u2019un objet présenté à l\u2019échelle 1/1 000 puisqu\u2019il se rapproche de sa base absolue de référence, l\u2019échelle un unième (1/1), que l\u2019on nomme «vraie grandeur».Nous définissons donc l\u2019échelle 1/1 comme étant la représentation exacte de la réalité telle quelle nous apparaît.Le jeu de l\u2019échelle l/la donné heu, au cours de l\u2019histoire, à la fameuse carte de Borgès dont parle Philippe Boudon dans son livre «De l\u2019architecture à l\u2019épistémologie: la question de l'échelle» (p.9).D\u2019autres auteurs célèbres, dont Umberto Eco dans «Pastiches et Postiches», ont discouru sur l\u2019impossibilité d\u2019établir une carte de l\u2019empire à l\u2019échelle 1/1.La tâche semble insurmontable pour toutes les raisons que l\u2019on imagine!!! Les objectifs du concours S\u2019il est impensable de tenter de dessiner le plan d\u2019une ville à l\u2019échelle un unième en raison de la somme de travail et de la quantité de matière requise pour le faire, il n\u2019est cependant pas impossible d\u2019en dessiner une partie.La tâche s\u2019allège déjà, et voilà que l\u2019intrigue prend forme.La mission consiste à prendre le relevé exact, à l\u2019échelle 1/1, d\u2019une partie de la ville qui vous semble la plus représentative.Celle qui, par son plan, révèle le plus son imaginaire, son caractère ou sa culture.Les membres du Jury ¦\tPhyllis Lambert, architecte, directeur du Centre Canadien d\u2019architecture.¦\tGeorges Adamczyk, professeur UQAM.¦\tMichel Gallienne, architecte, associé chez Belzile, Gallienne, Martin, architectes.Le Concours ARQ 1994 a été réalisé grâce à la généreuse contribution de la Briqueterie St-Laurent et des Produits Isolants Celfortec, deux divisions des produits Jannock. LE PREMIER PRIX CARTE ÉCART TRACE Nicolas Reeves, architecte (.) L\u2019échelle 1/1 forçait le cartographe à changer d\u2019échelle de temps.La carte recense des événements permanents, mais la permanence (.) est liée à l\u2019échelle: l\u2019éphémère du millionième devient la permanence du unième.La carte esr un catalogue des contingences: un événement sur un mètre carré évolue lors du passage au mètre carré suivant, et aura peut-être disparu lorsque la carte sera complétée.Un mètre carré étalon, tramé au centimètre pour déterminer précisément les coordonnées exactes de tous les événements était successivement apposé sur tous les mètres carrés de la ville (.).Le problème survint lorsque le cartographe arriva au mètre carré sur lequel il établissait la carte de l\u2019empire (.) qui le confronta avec un infini bien plus redoutable que celui de la carte: sa méthode imposait qu\u2019il codât l\u2019événement en cours sur ce mètre carré, à savoir l\u2019acte même de coder ce mètre carré; et qu\u2019il codât l\u2019acte de coder l\u2019acte de coder, et ainsi infiniment.(.) Il avait rencontré la singularité du système, là où le codage doit se coder lui-même; cette singularité agissait comme un attracteur, un puits insondable où finissent tous ceux qui entreprennent une telle cartographie, quel que soit l\u2019empire (.).Mais Montréal possède la puissance de rendre cette singularité singulière: parallèle aux murs de l\u2019institut cartographique, la carte s\u2019orientait selon l\u2019ancienne trame agraire.Le nord étant dirigé vers le haut sur le cadre, chaque carte était désaxée par rapport à la précédente de 36°5: l\u2019écart entre les différents nords montréalais et géographiques.L'amplitude de cet angle, singularité du lieu, était tout ce qui, dans l\u2019attracteur sans fond où s\u2019était engouffré le système, subsistait de la cille.FÉVRIER 1996 LE DEUXIÈME PRIX ROTATING BEACON / PLACE Annette Dudek, James Sean Meunier On the notion of scale - lim 1 :x = Exact representation of Reality x->l We define this limit condition as an asymptotic drawing.A plan taken at ras du sol is an asymptotic drawing to the sol.The sol is Montreal, either natural or constructed, is artificial as it is a function of time and use.A survey taken at a time, tj, does not correspond to the same survey taken at time t2.The ras du sol of the square meter here in question is both horizontal (horizon) and the ms or limit distance within which the survey of the city inverts onto itself continuously.This inversion occurs when incidence and refraction \u2014>¦ zero {zero, horizon-tal, plan).The square meter rotates at 2 revolutions/minute mapping Montreal twice every minute.The square meter is one of four identical units which are arrayed into a cruciform system.At any moment in time, 4 directions, perpendicular to each other, are marked.At the centre of the four is a crossing which remains unmapped.The square meter in question is problematic.To construct a \u2018real\u2019 drawing where the variable of time is included, the drawing as ras du sol of the horizon-tal plan becomes a drawing set, D={dtj, dt2,.dn}.As A t between drawings \u2014> zero, mapping of Montreal -> oc.VILLE LA REVUE D'ARCHITECTURE ARQ '/A.\t* A V ¦¦ E prochain projet de construction.jj|gnent un matériau facile à installer qui n'exige pratiquement aucun entretien.Explorez de nou^eliréa possibilités de conception très intéressantes.Pour de plus amples renseignements jM'e-.d'acier prépeinte, communiquez avec l'institut canadien de la tôle d'acier pour le bâtiment (CSSBI) ou encore avec votre membre local du CSSBI.Pr/vwEH HJ* * \u2022\tSouplesse de conception \u2022\tDurabilité supérieure \u2022\tVaste choix de couleurs \u2022\tÉconomie VV\"- M INSTITUT CANADIEN l)K la TÔLE D\u2019ACIER jçtabJ pouri.ebâtiment g-\t\u2014 77^ 652 Bishop St.N.Unit 2A, Cambridge, Ontario N3H 4V6 .Tel: (519) 650-1285 Fax: (519) 650-8081 Mefnbres de l'institut canadien de la tôle d'acier pour le bâtiment , Agway Metals Inc.\tCaradon Metal Building Products (Indal Metals) Bail ^Meta), Products Behlen Industries/ Westman Steel Industries CanadiàffTHetal^Rolling Mills Canfer Rolling Mills Ltd.Caradon Metal Building Products\tMercury Metals Ltd.(Indal Metals) Robertson Building! Systems Crona Steel Products Inc.\tSteelway Building Systems .CSM Canadian Steel Manufacturing Inc.Les industries Tolbec Inc.Duchesne & Fils Ltée.\tTrebor Building Products Ltd.Ideal Roofing Co.Ltd.\tVicWest Steel 1 il 1\tmu suj \tHWJ \t \t \t PP*8*- SPECS \t\t\t \tgps®® ¦pH\tTOLE D'ACIER PREPEINTE LA SOUPLESSE DE VOTRE IMAGINATION.ET LA DURABILITÉ DE L'ACIER La tôle d'acier prépeinte est un produit durable, attrayant, économique et tellement souple que ses possibilités ne sont limitées que par votre imagination.Elle est offerte dans de nombreux coloris contemporains faisant d'elle une option esthétique et pratique pour votre LE TROISIEME PRIX GRANDEUR ET MISÈRE DE LA MÉTROPOLE Marc Blown Force de la nature, porteur de la mémoire de Me volca nique et de l\u2019ère glaciaire.Noyau de résistance, capable de défier les planificateurs et le génie municipal Jamais cartography, il s\u2019inscrit malgré tout dans l\u2019histoire de la ville rebelle, mouvante et éclectique.U ¦i - jffjf* f '\t3*, * **¦: 20 LA REVUE D'ARCHITECTURE ARQ iTi .MBSSfêftfs \u2022 1111 g^MÉÉÉ wéééüi^ feyrf LE QUATRIÈME PRIX DEUXIÈME PLATE-FORME / CROIX DU MONT-ROYAL Nu Qu AO, Stéphane Pratte FEVRIER 1996 i Malgré tout la croix chaque soir s\u2019illumine, l\u2019enchevêtrement des barres métalliques disparaît et mille ampoules s\u2019allument et simulent une croix, une autre croix, épurée, en fait l\u2019illusion d\u2019une croix qui dit autre chose.La nuit, la croix, comme la ville, se dématérialise, elle se transforme en lignes de lumière.La croix regarde la ville qui la regarde, cette ville qui, la nuit, oublie un peu qu\u2019elle se meurt et soudain reprend toute sa splendeur.Les fils de lumières des boulevards s\u2019entrecroisent, les rues s\u2019animent.Ce petit carré de structure d\u2019un mètre par un mètre prend tout son sens lorsqu\u2019il disparaît.Il n\u2019existe que pour disparaître.Montréal, la nuit, prend vie.La plate-forme d\u2019une structure qui mène vers la croix, la croix du Mont-Royal.On ne peut monter plus haut: la passage est bloqué par une grille.Tout autour, on voit la ville qui défile à nos pieds.Ici seulement, on devine Îl\u2019île.On est l\u2019épicentre, le centre d\u2019un volcan éteint depuis longtemps, d\u2019une ville qui décrépit lentement.Ici se dresse une croix désuète, symbole déchu d\u2019une ville qui a rejeté aujourd\u2019hui l\u2019emprise des voix catégoriques des chaires, d\u2019une ville que l\u2019on surnommait jadis «la ville aux mille clochers».Un petit carré de structure condamné à soutenir un symbole inutile. weft .¦ ! I «fLT.'ti Mi ARRE MONTREAi LE PRIX DE L'EDITEUR POTHOLES Ruben Galati «Potholes?That\u2019s pretty pessimistic isn\u2019t it?» Not really; just factual.Well, let\u2019s see.Montreal is famous for (among other things) smoked meats, cheese cake, the Orange Julep,.(hold on, we\u2019re not talking about food here).How about the Olympic Stadium?(Let\u2019s not talk about that.) But we are dealing about Montreal\u2019s ground.One of the major elements of Montreal\u2019s ground (as with all other cities) is its roads.Indeed, roads (or streets) are one of the major aspects which differentiate a city from the wilderness.A city is often identified on a map by the form of its street grid.Now 1 have travelled around the world and I have been to many cities and I have never seen potholes like the ones in Montreal.They give Montreal's streets a caracter all their own.They also express Montreal\u2019s climate.Just across the Quebec/Ontario border; I\u2019m sure you will feel the difference.You know some pessimists (who me?) would argue that potholes are symbolic of the attitude of the power\u2019s that be (the government) in Montreal when it comes to solving problems.That attitude being short term solutions; you fix something and then a short time later the problem is think about it as you drive home.LA REVUE D'ARCHITECTURE ARQ v V.ax LSfc~J «1 w FEVRIER 1996 ECH.1:1 Québec, capitale de la neige.Avec tous les avantages et les inconvénients que cela peut comporter.Le chasse-neige a été inventé pour contenir les assauts répétés de l\u2019hiver.Notre sujet porte d\u2019ailleurs les stigmates de cet éternel combat contre les troupes fraîches qui débarquent chaque hiver en nos contrées.Si les saignées de «slutch» et dépôts de sel sont le prix à payer pour nos victoires temporaires contre la nature, ces petits pas nous rappellent que l\u2019on peut vivre en harmonie avec la saison froide.ECH.1:10 Québec, la vieille capitale.Vieille en façade surtout, car sitôt un seuil de porte franchi, on n\u2019essaie même plus de simuler.Grâce à la technologie, on contient l\u2019hiver hors de nos maisons.ECH.1:100 Québec, ville fortifiée.Les murs de Québec ont été construits pour contenir les attaques d\u2019un éventuel ennemi.De nos jours, ils repoussent hors de leur territoire toute possibilité de laisser des traces dans la neige fraîche et répandent derrière eux un calcium agressif qui fait fondre les idées nouvelles.ECH.1:1000 Québec, ville du patrimoine mondial.À suivre.UNE MENT UN CHASSE-NEIGE / STATION DE SERVICE PETRÜ-CANADA Caroline Dionne, Michel Moussette, Lêic Godbout .»* i-jr sgga 5f?T5SsS! mésLm UNE MENTION TOMBE DE CURÉ, ÉGLISE SAINTE-BRIGIDE Michel Lauzon L\u2019Ho ni m e-échelle Échelle Concept qui traite du sentiment primordial concernant la façon dont une chose est constituée, par rapport à elle-même, à son environnement et à ceux qui la perçoivent.Outil qui permet à l\u2019Homme d\u2019appréhender et de relativiser de façon objective les différentes composantes de sa réalité physique, de la marquer de ses traits et d\u2019occuper l\u2019espace.Homme Étalon originel: «(.) le corps humain, avec sa hauteur, avec les dimensions de ses membres, l\u2019écart de son pas et ses possibilités de mouvement, constitue la mesure extérieure selon laquelle est perçu tout l\u2019objet et surtout l\u2019oeuvre architecturale, puisque, en tant qu\u2019ouvragé répondant à un besoin, elle a pour but primordial de servir l\u2019Homme.» '.Fantôme qui marque l\u2019échelle de sa présence (foulée, coudée, pied, pouce,.).Ville (Montréal) Concrétion de l\u2019outil et macrocosme de son créateur, elle exhale les hommes qui Font bâtie, vécue, habitée.Les notions d\u2019échelle et de ville s\u2019interpénétrent; l\u2019Homme peut alors être exhumé de son oeuvre.Mètre Quarante millionième du méridien teriestre.Unité décimale, infinie, neutre, laïque, abstraite, insaisissable car «indifférente» à la structure humaine puisqu\u2019il n\u2019existe aucun homme d\u2019un metre ou de deux mètres.» S vu J >>\u2022: >.VICAIRE^ À St LIN 1833 ' r\tV .¦\t¦ v»%\\ *\u2022\t.;\t\u2022\t*\t-\t,*\u2022\t- \"Vf \u2022 '«4Ï -i mm.¦\tmmm ]-V : v voyages\t.; T > A ROME' 1895, EN EUROPE, .\tLL », \\n»-' :¦ \\ :rn ' AFRIQUE ET TERRE-SAINTE 1900 MM \u2019 »\u2022 v .*\t, * jr- N-» J\",*.\u2022\u2022 AÏS!- ;\u2022 , Ç r-\\> V' * ) vT ¦ STE-fdARGUERITE c J LAC MASSON 1904,7?' U ; Qst-PIERRL AUX LIENS 1907 & T V
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