La Caisse populaire Desjardins : organe officiel de la Fédération de Québec des Unions régionales des Caisses populaires Desjardins, 1 mai 1939, Mai
CAISSE POPULAIRE DESJARDINS Organe officiel de la Fédération de Québec des Unions Régionales de Caisses Populaires Desjardins (Société régie par la loi des Syndicats Coopératifs de Québec) VOL.5 MAI 1939 Numéro 5 ICHMÀIPE Pages Prudence — II .Boîte aux lettres.Consultations : Changement de circonscription territoriale.Autorisation de retrait .'.Carnets perdus.C.Vaillancourt.50 L’Aviseur Légal 51 Recommandations pour les mois de juin et juillet.52 Fondations nouvelles .52 La Coopérative de crédit : Eugène Poirier, N.P.53 - 54 - 59 les Caisses Populaires Desjardins (suite-fin).Wilfrid Guérin, N.P.Bâtissons par en bas — Coopérative locale Se désendetter.Avis.Paul Bréval.55 .Louis Arneau.56 .C.V.56 Le crédit — Le bon et le mauvais.Louis Arneau.56-57 Caisses Populaires — Leurs succès.Louis Arneau.57 Vos inspecteurs étudient.Emile Tunnel, ptre.58 La Charte de nos Caisses Populaires (suite).A.Desjardins.58 Tableau : Situation des Caisses Régionales au 31 décembre 1938.60 LA CAISSE POPULAIRE DESJARDINS Organe officiel de la Fédération de Québec des Unions Régionales des Caisses Populaires Desjardins Société régie par la loi des Syndicats Coopératifs de Québec Revue à paraître 10 fois en 1939 — (Abonnement: $1.00 par an) (par groupe de douze abonnements: $9.00 par an) Rédaction et Administration: Bureau de la Fédération, Chambre 912, Edifice Price, Québec.Cette revue est imprimée par L'Imprimerie Laflamme, 34 rue Garneau, Québec, P.Q.CdUtvUcd Piiu&edtce II A la suite de notre éditorial du mois d’avril, un lecteur nous demandait le conseil suivant: “Comment diversifier le portefeuille d’une Caisse Populaire, dont l’actif est aux environs de $100,000?” Je lui conseillerais de relire tout d’abord l’éditorial de la revue des mois d’août et septembre 1938.Voici en résumé ce que nous écrivions: “Enfin, il reste les prêts ou placements sur obligations, qui font pratiquement partie de l’encaisse.On doit garder environ 357c de l’actif en argent liquide et en obligations facilement réailisables.Une Caisse de $100,000 d’actif devrait donc garder environ $35,000, dont $15,000 en dépôt à son Union régionale et $20,000 en obligations du gouvernement fédéral ou provincial, de municipalités importantes, de communautés religieuses, de syndics, etc., Il ne faut pas acheter d’une seule sorte d’obligations mais bien diversifier son portefeuille car il n’est jamais recommandable de mettre tous ses oeufs dans le même panier.” S’il faut diversifier les titres, il faut aussi diversifier les échéances, de sorte que vos obligations ne deviennent pas toutes échues dans le même temps ou à peu près.Vous vous trouveriez en possession d‘une forte somme à placer.Si, à ce moment-là, les obligations sont d’un prix élevé ou très rares, vous aurez bien des ennuis et des inquiétudes.En diversifiant vos échéances, vous pouvez organiser votre affaire de longue main et beaucoup plus sûrement.Une fois réglée la question des placements sur obligations, nous vous conseillons de prêter environ un tiers de votre actif sur reconnaissances de dette avec caution par petits prêts; l’autre tiers ou à peu près devrait être en prêts hypothécaires.Ces deux dernières catégories de prêts ne devront pas non plus échoir en même temps c’est-à-dire que pour les prêts hypothécaires comme pour les reconnaissances de dette, on devrait fixer les remboursements par remises régulières mensuelles ou trimestrielles.Les intérêts sont ordinairement payés tous les trois mois.Il s’agit de faire de nos emprunteurs les épargnants de demain en leur donnant les moyens de se libérer de leurs dettes.Nous n’arriverons à ce but qu’en employant des moyens efficaces.Pour faire de nos emprunteurs des hommes libres et indépendants, enseignons-leur la prévoyance par l’épar_,ne.C.VAILLANCOURT. Volume 5 LA CAISSE POPULAIRE DESJARDINS Numéro 5 Boite aux lettres Consultations Changement de circonscription territoriale.QUESTION: — Une caisse populaire formée sous la Loi des Syndicats Coopératifs, peut-elle changer les limites de sa circons cription territoriale par simple amendement à ses règlements?REPONSE: — L’affirmative ne me paraît pas douteuse.L’article deux de la loi comporte que les règlements doivent définir les limites de la circonscription territoriale.En l’absence de toute disposition particulière, rien n’empêche un syndicat coopératif d’amender ses règlements sous ce rapport, tant en vertu du principe général que le droit de faire des règlements comporte celui de les abroger ou modifier qu'en vertu de la disposition de l’articu.29 qui détermine de quelle façon les modifications aux règlements doivent être votées.Evidemment, il est indispensable pour que la modifica'.ion soit valable que l’on se conforme strictement aux prescriptions de cet article 29, savoir : que le règlement soit proposé à une assemblée générale des membres et que cette assemblée générale soit spécialement ajournée dans ce but à une date ultérieure, et qu’à l'ajournement la modification soit votée par les trois-quarts des sociétaires présents.Il va de soi qu’en changeant les limites de la circonscription territoriale, il faut respecter les restrictions apportées à l’article deux, savoir : ne pas dépasser, sans l'approbation du Lieutenant-Gouverneur en conseil, les limites d’une division électorale provinciale, ou les limites de la ville, si cette dernière comprend plus d’une division territoriale.Autorisation de retrait.QUESTION : — Nous avons un sociétaire de quatre-vingt-douze ans qui a un montant de $.à la caisse populai- re.Il ne sait ni lire, ni écrire.Lors de son placement à la caisse il m’a fait écrire une autorisation comme suit : “J’autorise mon fils.à retirer de la caisse populaire de.l’argent qui me restera après ma mort.” Le fils a signé pour son père, de plus un témoin.J’ai gardé copie de cette autorisation Veuillez donc me dire si cette autorisation est valable ou s’il y a d'autres formalités à remplir?REPONSE : — Il faut répondre non, sans hésitation.La Loi des Droits sur les Successions défend de ne payer aucun montant sans qu’un certificat d’acquittement ou d’exemption de droit n'ait été émis par le Percepteur du Revenu concernant le dépôt qu’il s’agit de retirer, et cette exigence s’impose quels que soient les arrangements ou les documents qu’on a pu faire.Quant à l'autorisation elle-même, elle est nulle à moins qu’elle ne soit rédigée dans les conditions voulues pour valoir comme testament.D'après les renseignement qui nous sont donnés, elle ne peut pas être valable comme testament parce qu’il n’y aurait qu’un seul témoin.Carnets perdus.QUESTION: — Un sociétaire se présente à la caisse pour retirer tout son argent : parts-so-c'ales et dépôt à l’épargne.Il déclare au gérant qu’il a perdu son carnet de sociétaire ; le gérant doit-il lui faire un carnet en duplicata ?REPONSE : — Il ne nous parait pas nécessaire que le gérant procède au remplacement du carnet perdu selon l’article 27 des règlements.Il pourra suffire dans les circonstances de faire signer une quittance par le sociétaire, quittance qui pourra être rédigée comme suit : — “Je soussigné .sociétaire de la caisse populaire de.reconnais avoir reçu ce jour du gérant de la dite Caisse la somme de.en paiement de., et en conséquence je donne quittance finale de toute réclamation et de tout intérêt.Te déclare avoir perdu mon carnet de sociétaire et être pour cette raison dans l’impossibilité de le remettre.(Date) .” Disons que: Pourquoi, à chaque assemblée de divers conseils, des conseillers de surveillance surtout, M.le gérant ne lirait-il pas en les commentant, une couple de chapitres des statuts des caisses populaires ?Ca ferait du bien à ses officiers ; peut-être bien aussi que ça lui ferait du bien à lui même.Notre pauvre mémoire oublie si vite !.Disons que: Il est parfaitement inutile à moins de raisons spéciales d’écrire une lettre au gérant de votre Caisse Centrale, pour l’avertir que vous lui envoyez un dépôt.Vous perdez votre temps, en faisant cela, vous gaspillez du papier et de l’encre, et.vous faites perdre du temps à vos employés.Vos chèques et vos bordereaux numérotés, disent très haut que.vous faites un dépôt.— — 51 Volume 5 LA CAISSE POPULAIRE DESJARDINS Numéro 5 Recommandations pour Juin et Juillet Assemblée générale: L’assemblée générale doit être bien préparée pour attirer tous les sociétaires.Pourquoi ne pa; y inviter tous les gens de la paroisse?Les assemblées qui ont lieu immédiatement après la grand'messe paroissiale semblem peu pratiques et sans résultat.Il est préférable d’y ajouter une soirée récréative avec pièce dramatique, chant et musique, etc .Plus une assemblée coûte d’et forts, plus elle est fructueuse.Le président et le gérant pourront s’inspirer en lisant les pages bu.21, 22 et 23 de la brochure: “La Revue Annuelle dans la Caisse Populaire Desjardins”.Vous pouvez vous en procurer une copie gratuitement en vous adressant a La Fédération des Caisses Populaires, 65, rue Ste-Anne, Québec.Rapport annuel au Bureau des Statistiques : Clôture de l’année sociale et fermeture des comptes: Voir la même revue à la page dix.Nous recommandons à mon sieur le gérant de lire attentivement toute cette revue.Elle a été préparée surtout pour l’aider dans son travail de la fin de l’année.Abonnements à la revue “La Caisse Populaire Desjardins’ Il reste un montant dans le partage des bénéfices qui est ve.sé au compte de surplus.Prenez une partie de ce surplus pout payer des abonnements à la revue “La Caisse Populaire Desjardins”.C’est un bulletin que tous les officiers doivent lire mais surtout le gérant.Toutes les caisses doivent avoir au moins quati^ abonnements : une copie pour !t gérant, une autre pour les directeurs, les commissaires de crédit et le comité de surveillance.Nous les mois de demandons à monsieur le gérant d’insister auprès des directeurs pour obtenir au moins le paiement de ces quatre abonnements.Ce serait encore mieux d’y abonner tous les officiers de la caisse.Un prix de faveur est accordé aux •caisses qui payent douze abonnements.Disons que: Bien des doutes n’existeraient jamais, si seulement les membres des divers conseils se donnaient la peine de lire souvent, voire d’étudier soigneusement las statuts de leur Caisse.Mais voilà ! Certains croient.à la science infuse.Ils ont entendu lire ces statuts lors de la fondation de leur caisse, et ils s’imaginent les avoir compris, pour.jusqu’à la fin des temps.Non, vos statuts de caisse existent.Un trop grand nombre d’of-ficiers semblant l’ignorer.Il faut les étudier.Pour rédiger ce rapport, il s’agit de copier fidèlement les deux colonnes ‘ ‘ Annuel et Cumulatif ’ ’ avec la SITUATION dm dernier mois de l’année sociale.Ce rapport doit être assermenté par le gérant devant un juge de paix avant d’être envoyé en triplicata au bureau de La Fédération des Caisses Populaires.Voir la “Revue Annuelle dans la Caisse Populaire Desjardins”, page six, pour le tableau des prêts.Fartage des bénéfices : Voir la même revue à la page r*'uf.Il y a cependant une erreur nue vous voudrez bien corriger.Dans l’exemple donné le boni est ¦le boni qui y est donné est de de $19.09 et non pas de $19.69, f€ N DÀTICNI Pendant les mois de mars et avril 1939 Mars 1939 Comtés Ste-Thérèse de Drummond.Drummond.Lac au Saumon, Matapédia.Ste-Flavie Rimouski.L’Office du Crédit Agricole Québec.St-Frédéric, Drummond.Les Employés Civils Pro- vinciaux de Québec, Québec.St-Mathieu d’Harricana, Abitibi.Grande-Rivière, Gaspé-Sud.St-Yves, Rimouski.Avril 1939 Ste-Cécile des T.R., Trois-Rivières.Val d’Or, Abitibi.Ste-Angèle, Rimouski.St-Elzéar, Laval.Chateau-Richer, Montmorency.St-Thomas, Joliette.Ste-Cécile de Masham, Gatineau. Volume 5 LA CAISSE POPULAIRE DESJARDINS Numéro 5 "Jla Go&pàtedive.Ae x^iéAU: Àei.GcUMeA pxMudai/i&L rr Cours professé à la Semaine Sociale de Saint-Hyacinthe (1937) par le notaire EUGENE POIRIER, président-général, en collaboration avec le notaire WILFRID GUERIN, directeur de la Fédération des Caisses Populaires Desjardins.(suite) Les opérations de la caisse Desjardins, strictement confidentielles, se réduisent à recevoir des dépôts et à faire des prêts.C’er.à la fois une caisse mutuelle d'épargne et une coopérative de crédit, à personnel et à capital variables et à responsabilité limitée.# s # La caisse Desjardins ne sollicite aucunement les fonds de capitalistes.Chaque sociétaire doit souscrire au moins une part sociale.Ces parts sont de cinq dollars chacune et sont payables en un seul ou plusieurs versements même de dix sous par semaine dans un délai d’un an.Une taxe d’entrée, versée au fonds de réserve de la caisse, est payable sur chaque part souscrite.Cette taxe, fixée par le conseil d’administration de la caisse, est de dix sous lors de la fondation.Elle augmente chaque année, sur décision des administrateurs, proportionnellement à l’importance de l’avoir propre de la société et du boni ou de l’intérêt payé aux parts sociales.Un sociétaire ne peut souscrire ou posséder plus de parts sociales que le nombre fixé annuellement par l’assemblée générale des sociétaires.Le montant maximum est d’habitude de cent parts sociales.Au 31 décembre 1938, les 85,801 sociétaires des 418 caisses Desjardins ayant fait rapport possédaient 441,000 parts sociales, soit moins de six parts sociales par sociétaire.(1) La responsabilité relative aux opérations sociales de la caisse est limitée au nombre de parts que possède chaque sociétaire, soit une moyenne de plus de vingt-cinq dollars par sociétaire en 1938.La mise de chaque sociétaire au capital social des caisses Des jardins est donc des plus modestes.Tout sociétaire peut se retirei en tout temps de la caisse Desjardins, en donnant Lavis réglementaire, pourvu qu’il ne lui doive rien comme emprunteur et qu’il ne soit pas caution d’un prêt.La société lui rembourse alors ses parts.Le sociétaire démissionnaire ne peut prétendre à aucune proportion de l’avoir propre ou patrimoine inaliénable.Ce caractère variable du capr-tal social de la caisse Desjardins, provenant de' l’entrée constante de nouveaux sociétaires sans autre limite que le territoire de recrutement, et provenant de la libre sortie de tout sociétaire non engagé envers la société avec remboursement de ses parts sociales, a provoqué des inquiétudes dan^ le monde financier, lors de l’établissement de ce système nouveau au pays.D’après les statistiques fournies par .180 caisses Desjardins à l’Office provincial de la statistique de Québec, pour les années 1915 à 1934, soit une période des plus troublées, où se rencontrent k Grande Guerre, l’après-guerre, et cinq années de crise universelle, la plus forte diminution globale de parts sociales fut de $68,000 en un an, donnant une moyenne de deux dollars par sociétaire et de moins de $425 par caisse.Desjardins eut un trait de génie en établissant le caractère variable du fonds social par l’apport incessant de nouvelles parts sociales et la sortie contrôlée de parts acquittées.Il facilita ainsi la diminution du service des intérêts à payer par la société.Lors- que les dépôts à l’épargne diminuent en général, pour des causes de crise financière ou de gêne économique plus grande, la diminution du nombre des parts sociales participant à la distribution du boni assure un équilibre indispensable des charges financières de la caisse.Combien de grandes entreprises aujourd’hui surcapitalisées envieraient à bon droit cette soupape de sûreté ! * * * La caisse Desjardins reçoit en dépôt les épargnes de ses membres.Afin de stimuler les vertus de prévoyance et d’économie, de pei-sévérance et de solidarité, surtout chez les enfants, elle accepte même des mises de cinq sous.Un procédé ingénieux de timbres d’épargne scolaire facilite chez l’enfance le plaisir de travailler pour l’avenir en économisant.L’un des principaux buts sociaux de la caisse Desjardins esc de conserver l’épargne dans le milieu où elle s’est formée et de l’appliquer prudemment aux besoins de ce milieu.* * ¦* Au début de son existence, des adversaires sourdement hostiles lui nièrent en paroles le droit d’emprunter des fonds de ses sociétaires-épargnants sous forme de dépôts remboursables à demande ou sur préavis.Le droit pour une corporation de recevoir des dépôts relevant, disait-on, uniquement de la juridiction fédérale en matière de banque, cette phase des opérations des caisses Desjardins était inconstitutionnelle.Bien que la loi très généreuse de 1906, votée à la Législature de Québec, ne mentionne nulle part le pou7 voir spécifique de recevoir des dépôts, cette forme d’empruni auprès de ses sociétaires ne lui a (1) Chiffres corrigés au 31 décembre 1938. Volume 5 LA CAISSE POPULAIRE DESJARDINS Numéro 5 jamais été contestée judiciaire-ment; pas plus d’ailleurs qu’aux sociétés de fidéi-commis de création purement provinciale.Et trente ans après notre loi de 1906, les provinces canadiennes du littoral maritime, la Nouvelle-Ecosse, le Nouveau-Brunswick et l’Ile du Prince-Edouard, viennent d’adopter chacune une loi sur le?Credit Union Societies, où se trouve mentionné explicitement en tête des pouvoirs de la société, celui de “recevoir les épargnes de ses membres exclusivement, sous forme d’actions ou de dépôts’’.L’objection n’a donc aucune valeur juridique.* * * Au 31 décembre 1938, la moyenne des économies de 85,801 sociétaires-épargnants, distribuées en 418 caisses Desjardins, était de 205 dollars par déposant.Chaque caisse avait une moyenne de $30,107 dollars de dépôts d’épar gne.(1) | Cent quatre-vingts millions de dollars de dépôts d’épargne confiés aux caisses Desjardins en vingt ans (1915-1934) représentent bien modestement une économie cumulative de quinze dollars en moyenne par année par sociétaire.Cette épargne mutualisée a pourtant permis à 180 caisses de prêter durant cette période, en 280,000 opérations de prêts coopératifs, 65 millions et demi de dollars à plus de vingt mille sociétaires emprunteurs, soit une moyenne de deux cent trente dollars par prêt.Pour la même période, 58 millions de dollars furent remboursés sur ces emprunts.Au 31 décembre 1938, dix-huit mille emprunteurs environ devaient à 418 caisses Desjardins 8 millions de dollars environ, soit une moyenne de 440 dollars par coopérateur de crédit.(1) * * * Tout sociétaire moralement recommandable, membre de la caisse Desjùrdins depuis au moins trois mois, peut demander un emprunt, pour un objet communiqué confidentiellement au gérant et approuvé après enquête par les I commissaires de crédit, confoi-! mément à l’esprit de l’institution.| Cet esprit coopératif est de ne a.«Il ^1 II pas prêter au hasard à tout te monde, même sur bonnes garanties, et de .surveiller la distribution de crédits rationnels, qui contribueront à la prospérité matérielle de ses membres et non â leur endettement infructueux.“Le crédit à la consommation, terrible et dangereux à la fois pour le prêteur et pour l’emprunteur (car il ne se fonde sur aucun motif de confiance, sur aucune perspective de fructification), doit demeurer exceptionnel.” Le crédit à la production est ‘une épargne anticipée”.Il ne crée pas la richesse mais il permet de “la saisir plus vite”.Il n'a donc rien de honteux pour l’emprunteur ni de troublant pour le prêteur.La caisse Des jardins exige avant tout des sociétaires-emprunteur des garanties morales de premier ordre.Tout emprunteur peut se libérer en tout temps avant échéance et sans avis, en totalité ou en partie.La caisse Desjardins combat l’usure sous toutes ses formes, par des avances faciles à rembourser, au moyen de petites remises partielles sur le capital prêté, et d’un intérêt relativement très bas.Aucun emprunteur de la caisse ne doit payer à qui que ce soit de commission ou d’autre somme pour toucher ses fonds; sauf les frais légaux pour hypothèque, quand il y a lieu.* * # La caisse Desjardins, on l’a vu, avec des capitaux modestes, assure par la coopération de crédit des résultats économiques imposants.Si elle groupe des capitaux, elle unit surtout des hommes.Elle revendique, suivant le mot de Léon XIII, “l’éminente dignité de la personne humaine”.Elle condamne péremptoirement le régime économique où le premier rang est donné à l’argent et le dernier au travail humain.“La valeur de l’or et de l’argent est soumise à des fluctuations, suivant l’admirable pensée d’un homme d’Etat autrichien ; seules sont immuables le9 valeurs que constituent les forces morales, la probité.le caractère.” “Les qualités suivantes sont — 54 — exigées du sociétaire, lit-on en tête des règlements de la caisse Desjardins : être honnête, bon payeur, sobre, rangé dans ses habitudes, industrieux et bon travailleur.De plus, le sociétaire s’engage à observer les statuts et les règlements de la société, et à respecter la Religion, la Famille et la Propriété.” Le vote unique par sociétaire et l’interdiction au sociétaire individuel du vote par procuration assure à l’élément personnel la suprématie même économique sur l’élément matériel.L’assemblée générale des sociétaires représente l’universalité des membres.Elle détient le pouvoir souverain en toutes matières où il faut délibérer et statuer sur les intérêts de la société.Outre la réunion annuelle pour approbation des rapports sur la marche des affaires sociales et pour élection du personnel dirigeant, la requête de dix sociétaires suffit à la convocation d’une assemblée extraordinaire.Le grand mérite de la coopéra tion appliquée au crédit est de faire ainsi de ses sociétaires, en même temps que des aides, “des sentinelles postées en cercle pour se surveiller l’une l’autre”.* # # Les caisses Desjardins sont administrées par trois comités : le conseil d’administration, composé d’au moins cinq membres, mais plus souvent de neuf ; qui est chargé de la direction générale de la société, et notamment d’admettre ou de refuser les demandes d’entrée des sociétaires et de décider des questions de démission volontaire et d’exclusion; la commission de crédit, formée de trois membres, auxquels peut s’adjoindre le président de la société; dont la mission est d’examiner, d’admettre ou de., rejeter les demandes d’emprunt par les sociétaires, en réservant toujours la préférence aux prêts les plus petits, lorsque la garantie morale offerte est proportionnellement égale ; le conseil de surveillance, constitué de trois membres, qui sui-(suite à la page 59) (1) Chiffres corrigés au 31 décembre 1938, Volume 5 LA CAISSE POPULAIRE DESJARDINS Numéro 5 EATIJXCNS PAC EN EAf Coopérative locale Notre paroisse canadienne forme une entité religieuse très homogène.Chacune — ou presque — a une mentalité particulière, “son esprit”.Là, nos gens se connaissent bien.Ils s’y condoient journellement ; s’entr’aident et parfois.se chicanent.Sans même s’en apercevoir ils ont l’esprit de clocher.Du point de vue coopératif, c'est un facteur, un acquit national dont on a jusqu’ici, assez mal usé.L’erreur des trop pressés en coopération — il faut être charitable — ce fut de vouloir bâtir par en haut ; des coopératives centrales appuyés sur du capital et sur des personnes non groupés.En d’autres termes, on s’est a-charné à construire une maison sans salage, un toit sans murs ni chevrons.Aussi, avons-nous sur les bras un mastodonte coopératif, un bâtard dont personne ne veut pim reconnaître la paternité.Ces réflexions nous viennent en tête, en lisant cet article de M.Savoie de “La Coopérative Canadienne du bétail.” Nous le republions, à cause de sa portée coopérative et de son actualité.“C’est sur la coopérative locale, plus ou moins grande, écrit-il, plus ou moins forte, que s’édifie toute la puissance d’un mouvement coopératif dans un pays.On a, chez nous, diversement apprécié la coopérative locale.On ¦rien a pas, non plus, tiré tout le parti qu’il eut fallu.Ce n’est que dernièrement que l’on semble se mieux rendre compte de la valeur réelle de la coopérative locale et du rôle très important qu’on doit chercher à lui faire jouer dans la saine organisation de la coopération.Le travail que présentait M.Raynald Ferron, du Ministère Provincial de l’Agriculture, au congrès de la Société d’industrie Laitière à Joliette est de ceux qu’il faut lire et étudier.Il a fait là un magnifique exposé du problème de la coopérative locale et il contribuera énormément à nous faire mieux comprendre, ce qu’est et ce que doit être une coopérative locale.M.Ferron a traité là un sujet qui n’était certes pas nouveau, mais il l’a fait de manière si nouvelle, si intéressante et instructive, que je n’ai encore rien entendu ou lu d’aussi bien sur cette question.Nous avons souvent des manières d’envisager les choses qui nous induisent à croire que notre mentalité est bizarrement agencée.Le milieu où nous avons vécu est sans nul doute la cause déterminante de cette tournure spéciale que nous donnons à beaucoup trop de nos activités.Ne semble-t-il pas parfois que nous n’aimions pas à commencer à bâtir par la base.Cette méthode de procéder ne prendrait-elle pas son origine chez nos voisins du sud qui ont la manie de toujours faire gros et grand, et qui ne isont jamais contents s’ils ne peuvent opposer ces deux qualificatifs, au superlatif naturellement, à tout ce qu’ils entreprennent.Aussi n’est-ce pas surprenant si nous sommes portés à croire que notre petit travail de tous las jours ne mérite pas les efforts que nous devrions faire pour le faire convenablement.Rien d’étonnant non plus à ce que nous soyons amenés à penser que si notre coopérative locale ne fait pas pour des centaines et des centaines de mille piastres d’affaires elle ne mérite pas qu’on s’y intéresse.Je me rappelle avoir entendu une personne faire la remarque que la petite coopérative de chez lui était trop peu importante é-tant donnée qu’elle n’avait fait que pour quelque trente mille piastres d’affaires en une année.Mais il ne tenait pas compte du fait que dès sa première année d’opération elle avait réduit lt coût de fabrication du beurre de trois quarts de sou la livre et que la deuxième année cette réduction avait encore été augmentée tout en permettant au bureau de direction de faire une ristourne appréciable à chacun de ses membres.Je souhaiterais de tout coeur que tous ceux qui s’intéressent au problème de la coopération lisent et méditent un peu le travail de M.Raynald Ferron.Je suis convaincu que chacun y trouverait son profit et que la coopération elle-même bénéficierait énormément de ce que ce problème soit mieux compris de tous.” Nous faisons le même souhait que M.Savoie, et nous sommes convaincus comme lui que M.Ferron a cent fois raison.— Mais, au vrai, est-ce que ce n’est pas cette doctrine de saine coopération, que depuis 1910, de prétendus cerveaux brûlés prêchent constamment ?Et, n’est-ce pas de cette saine doctrine coopérative dont se sont moqués les ;sage?du temps, et dont on se moque encore aujourd’hui avec un si admiraale sans-gêne ?.Le jour où chacun voudra faire de la vraie coopération, l’accord si fera partout et en un clin d’oeil.Paul BREVAL, Disons que: Quelle que .soit la confiance et l’amour d’une femme pour son mari, elle ne peut ni ne doit lu» faire ou laisser endosser un chèque fait à son nom et à son ordre.Ainsi, un chèque fait au nom de Madame Lucie Lemieux-Lepire ne peut être endossé par Monsieur Lepire, mais par Madame Lucie Lemieux-Lepire.Que toutes les dames et leuis maris mettent ce conseil en pratique.C’est la loi.55 — Volume 5 Se désendetter Notre vingtième siècle abuse étrangement du crédit.Il en a vécu : il en vit encore.Gouvernements, villes, conseils municipaux, individus vivent à crédit.Or, vivre avec des dettes, sans travailler à les payer, c’est vivre aux dépens des autres, c’est mettre sur les épaules de la génération de demain, des obligations qu’elles n’ont pas acceptées, di-sons-le franchement, c’est être.•malhonnête.Et.cette génération de demain, consentira-t-elle à payer nos dettes?Ne les reniera-t-elle pas un de ces jours?Pour éviter au pays semblable désastre, il est temps que les corps publics tout comme les individus restreignent leurs dépen ses, serrent la ceinture pour se mettre à amortir des dettes imprudemment contractées aux jours de prospérité.Et, qu’est-ce au juste qu’amortir une dette?C’est travailler à l’éteindre en payant chaque mois ou chaque année, les intérêts et une partie déterminé du capital.•Comme l’a écrit le Messager Raiffeisen “c’est là un principe naturel — et de justice — une mesure de prévoyance Aux bonnes années succèdent toujours les mauvaises; aux “vaches grasses’’ les “vaches mai-gres.” C’est une loi naturelle.Seul, celui qui pratique une politique économique et prévoyante durant les bonnes années, traversera sans difficulté et sans secours extérieur les mauvaises.Or, le principe le plus élémentaire de prévoyance, ne réclame-t-il pas le remboursement successif, partiel des dettes contractées?Celui qui contracte des dettes, que ce soit l’Etat, la municipalité ou l’individu doit, au moment de l’emprunt, déjà songer au remboursement et prévoir un plan d’amortissement approprié auquel il s’adaptera.Pour n’avoir pas mis en pratique le principe de bon-sens — LA CAISSE POPULAIRE DESJARDINS des remboursements annuels — des milliers de cultivateurs québécois ont été acculés à la banqueroute ont dû quitter leurs ferme-, Qu’aurait-été, pour notre province la catastrophe agricole, s: l'Office du Prêt Agricole provincial n’avait pas été institué?.Y songer fait trembler.Cet office a adopté Je système d’amortissement bi-annuels prêché et pratiqué par les Caisses Desjardins, depuis leur fondation.Pour se désendetter, il n’y p pas d’autre moyen.LOUIS ARN B AU.Disons que: En morale, agir dans le doute, c'est mal.La même chose dans l'administration d’une caisse.La Fédération des caisses populaires existe pour vous aider pour éclaircir et dissiper tous les doutes possibles.MM.les gérants et autres officiers seraient donc imprudents, au dernier point, s’ils allaient se hasarder dans des questions ou opérations dont ils ne sont pas absolument sûrs.Consultons! Con sultons ! ! Consultons ! ! ! AVI f Nous recevons de la Commission Municipale de Québec, une lettre nous avisant que l’article 165 du Code municipal est modifié en y ajoutant l’alinéa suivant: “Tous chèques émis et billets consentis par la corporation doivent être signés conjointement par le maire et le secrétaire-trésorier ou en cas d’absence ou d’incapacité du maire ou de vacance dans tu charge de maire, par tout membre du conseil préalablement autorisé et par le secrétaire-trésorier.” Les gérants des caisses populaires voudront bien en prendre note et n’accepter que des chèques ou des billets des corporations municipales régies par le Code municipal qu’en autant que les dits chèques ou billets sont signés conjointement par le maire et par le secrétaire-trésorier.C.V.Numéro 5 Le Crédit Le Bon et le Mauvais Qu’est-ce que le crédit?La meilleure des choses et la plus mauvaise, selon qu’on en use ou abuse : tout comme la langue humaine .Le crédit est la meilleure des choses quand celui qui s’en sert, le fait pour des fins productives, pour des entreprises — achat de ferme, de bétails, etc.— dont les succès sont toujours assurés, ou presque.Il est la plus mauvaise, quand celui qui en use, s’en sert au petit bonheur, pour des fins plus ou moins utiles, pour des entreprises dont les chances de succès sont si incertaines que, dans la plupart des cas, elles mènent à la ruine.Tout le monde s’entend sur la situation angoissante d’une foule de cultivateurs du Québec, mais peu de gens se sont appliqués q rechercher les causes profondes de cette pénible situation.Quelles sont-elles ?Le crédit, le crédit inconsidéré, fait au hasard des circonstances, sans réflexion suffisante, sans lumières nécessaires pour poseï un acte de volonté éclairée.Voyons plutôt comment se fait encore le crédit à long terme.Voici un père de famille qur •¦"-fait vieux, il se décide de donner sa ferme à son fils, mais il ta grève de dettes.Pour conserver le bien paternel, le fils accepte sans songer que l’exploitation de sa ferme est compi omise .avant de la commencer.Autre cas : un père veut garder son fils dans sa paroisse natale.Il lui faut donc acheter une terre.Il y en a une à vendre dans le voisinage.De crainte qu’un autre ne lui joue le tour, il va l’acheter, à la cachette, en pleine nuit, sans consulter personne.Il la paie trop cher.Il endette son fils qui ne sortira jamais de l’impasse financière ou l’amour paternel l’a plongé.Ces cas sont légion.Deux jeunes cultivateurs qui passent de- Volume 5 LA CAISSE POPULAIRE DESJARDINS Numéro 5 CAISSES POPULAIRES LEURS SUCCES vant moi les incarnent.Demain, ils seront des ruinés.Ces braves gens ont perdu la bataille, avant de la commencer.Ils sont trop endettés.* * * Comme peuple agricole, avons-nous les moyens de continuer ce petit jeu-là?Nous ne le croyons pas.Nos officiers de caisses paroissiales se doivent d’entreprendre une campagne d’éducation contre le mauvais crédit.C’est l'un des buts principaux des Caisses Desjardins.En effet à la page 2 de leurs règlements, article 2, paragraphe 7, j’y lis ceci :.“de répandre parmi ses membres la connaissance pratique des principes élémentaires de la science économique.” Et, n’est-ce pas un principe élémentaire de science économique que de ne pas grèver nos fermes de dettes humainement impayables ?.Louis ARNEAU.Disons que: Un peu de cuisine pour la régie interne d’une caisse est de mise, de temps en temps.Une petite fournée de détails pour aujourd’hui : Mettez, sous enveloppe, vos chèques dans l’ordre qu’ils sont sur vos bordereaux.Ce sera au tant de minutes sauvées aux proposés aux écritures de votre Caisse Centrale.Ayez de grandes enveloppes pour envoyer vos chèques, sans les plier ou les enrouler.Ce sont là des détails qui ont leur importance.Ne les omettons pas.La Caisses Centrale Desjardins de Lévis, Chambre, 912 Edifice Price, Québec, vend de bonnes et grandes enveloppes à très bon marché.Commandez-en quelques douzaines.Ayez soin de mettre de l’encre pour que tous vos documents chèques et autres, soient parfaitement étampés —- et lisibles.Ne faites pas de petits chèques • cinquante sous, une piastre, etc Envoyez ces argents par “Bons postaux”.Il existe des Caisses Populaires dans notre province depuis 1900.Le véritable mouvement de fondation qui s’était alors dessiné a commencé surtout vers 1906.Chaque caisse est absolument indépendante de sa voisine, comma conseil municipal l’est à l’égard du conseil municipal de la paroisse voisine.Au 31 décembre 1938, il existait dans notre province 435 caisses populaires.En groupant tous les actifs des caisses populaires de la province de Québec, on arrive à l’actif global de $18,713,661.62.Ces caisses qui ont débuté sans un sou ont aujourd’hui un avoir-propre en argent de $1,578,756.86.Cela signifie que la communauté de notre province est plus riche de $1,578,756.86.Le nombre des sociétaires est de 85,801.Ce qu’ont coûté les Caisses Populaires.Rien en argent, ni de la part des sociétaires, ni de la part des institutions publiques.Elles ont coûté le dévouement et l’abnégation des officiers et des administrateurs.Depuis sept ans, elles coûtent quelque chose à la province parce que nos législateurs exigent une grande surveillance.Cette surveillance coûtera moins cher cependant que celle qui est exigée des compagnies d’assurances, de fiducie ou de tout autre organisation financière privée.Elles rapporteront au centup'H parce qu’elles créeront dans tous les foyers la source de la petite épargne, l’assistance privée qui dispensera de l’assistance publique.Les banques Les Caisses Populaires ne sont ni des rivales, ni des concurrentes pour les banques.Leur -constitution, leur but, le genre de leurs opérations, la limite de leur territoire en font une société essentiellement coopérative et totalement ' différente de nos institutions bancaires.Elles sont plutôt un élément précieux d’alimentation et de solidité pour nos banques.Organisation générale Les Caisses Populaires sont groupées en Unions Régionales : lo.—Union Régionale de Québec, de Montréal, des Trois-Rivières, de Gaspé, de Sherbrooke, de Rimouski avec des Caisses Centrales pour les unions.2o.—Ces unions forment la “Fédération”, organisme central de surveillance et de propagande et de défense.C’est la décentralisation de l’argent par les unions de district et activée par la Fédération.Et, les caisses qui ont mal tourné, qu’en dites-vous?Je dis qu’elles n’ont pas suivi les règlements, que l’inspection obligatoire n’était pas encore oi ganisée, quand elles ont gelé ou.fermé définitivement ; que les sommes globales qu’elles ont fait perdre s’élèvent à peine à un huitième de un pour cent (1/8 de 1%) Quelle institution, quel particulier a fait mieux depuis la crise?Inspection et surveillance Des inspecteurs vérifient régulièrement la comptabilité des Caisses Populaires et un rapport esr adressé au secrétaire de la province par le gérant de la Caisse tous les ans.L’avenir L’avenir appartiendra à ceux qui puiseront au sein des Caisses Populaires la conviction que le travail est la base réelle de la propriété, l’esprit d'économie la source la plus pure de la richesse, et la coopération le facteur du succès.“S’aider .soi-même en s’aidant les uns les autres”.Louis ARNEAU.— 57 — Volume 5 LA CAISSE POPULAIRE DESJARDINS Numéro 5 LA CHARTE DE NOS CAISSES POPULAIRES Exposé général par M.le Commandeur Alphonse Desjardins (suite) Vos inspecteurs étudient Dans le numéro du mois de mars de notre revue, vous appreniez que vos inspecteurs s'étaient réunis durant deux jours pour étudier les moyens de rendre leur travail plus efficace et plus utile, si possible.Le lendemain de leur réunion les inspecteurs m’ont déclaré : “Monsieur l’abbé je suis plus fatigué que si j’avais fait l'inspection d une caisse.” Je suis content de cette remarque, elle prouve que nous avons bien travaillé.Je suis certain que de.-, gérants pourraient dire la même chose au départ de l’inspecteui, après la vérification de leurs livres.Pour qui ce travail et cette fatigue?pour les autres, pour les sociétaires et pour les administrateurs.Tous travaillent et font de leur mieux.En retour que demandent-ils?Un peu de confiance.J’ai assuré — en vos noms, gérants et administrateurs — votre confiance à vo.s inspecteurs D’ailleurs, les lettres que nous recevons le témoignent.Vos inspecteurs sont partis contents.L’inspection des caisses populaires de la ville de Montréal est faite ; celle de la ville de Québec sera complétée à la fin de ce mois.Sous peu, ils commenceront la campagne.En attendant, MM.les administrateurs, étudiez d’avance la situation de votre caisse ; les commissaires de crédit, repassez tous vos prêts pour être en -mesure de répondre à votre inspecteur ; les commissaires de surveillance, faites votre part, vos gérants dévoués comme ils le sont, feront la leur.Etudiez d’abord vos règlements.Les règlements des caisses populaires ne doivent pas avoir de secrets -pour vous, il faut éviter la routine.Lisez attentivement tous les mois la revue “LA CAISSE POPULAIRE DESJARDINS”.elle sera pour vous une ‘‘conseillère”.Emile Tunnel, ptre.Comme on l’a déjà dit, les banques coopératives, étant avant tout des institutions crées pour l’avaii-tage des clients et non des propriétaires, le premier point dont il importe de se préoccuper, lorsqu’on les organise, est de voir cela va de soi, à ce que les intérêts de la clientèle soient ef Eicace-ment protégés en leur assurant l’influence prépondérante.On ne saurait donc songer d’avoir un bureau de direction tenant le gouvernail et jouissant d’une indépendance plus ou moins complète vis-à-vis dies membres, et dont l’action n’est limitée que par une responsabilité fort douteuse.Le pouvoir suprême quant à ce qui regarde le gouvernement de la société et le droit absolu d’intervenir dans tous les cas qui peuvent se présenter, doivent être absolument réservés à l'assemblée générale des sociétaires, laquelle do't toujours être en état de tenir les officiers responsables de tout et de se prononcer à nouveau sur toutes les questions décidées par eux.Plus ce principe démocratique est mis en pratique, plus le fait que le banque est la chose des sociétaires, laquelle doit être administrée dans leur avantage et virtuellement par eux-mêmes, est mis en pleine évidence par tout -ce qui est fait, plus aussi l'institution prospérera d’une façon certaine.On ne saurait trouver un meilleur moyen de protéger la banque et de garantir les valeurs qu’elle administre contre tout péril, qu’en provoquant toujours chez ses sociétaires un vif intérêt, des sentiments de .solidarité et de responsabilité bien comprises, chaque sociétaire devant être, si possible, un gardien vigilant qui a toujours l’oeil ouvert sur les intrêts sociaux.Rien n’est de nature à éveiller davantage ce que l’on appelle “l’esprit coopératif”, rien ne peut mieux assurer la réalisation du but ultérieur de la banque, que si l’air même qu’ils respirent, l’ambiance dont ils sont baignés suggèrent aux sociétaires la pensée de se servir de la coopération pour d’autres buts, de s’entraider les uns les autres en mettant en commun l’influence et les ressources dont chacun dispose, et d’utiliser ces forces morales dans toutes les affaires de la vie où l'association est applicable et peut ajouter une énergie nouvelle par la puissance de l’action collective.” (Les Banques Coopératives de Crédit, p.38).Celte intervention constante de l’assemblée générale est rendue possible et praticable par la petite circonscription territoriale assignée à l’association, ce qui facilite beaucoup la convocation d’une réunion chaque fois que la chose paraît nécessaire ou opportune.“Il est évident que les officiers ne peuvent, d’après leur mandat, que suivre les instructions qui leur sont données par l’assemblée générale des sociétaires, comme il est également de leur devoir de soumettre à l’approbation de cette même assemblée toutes les mesures qu’ils croient être dans les meilleurs intérêts de la société.” Les Commissaires de crédit sont exclus du droit d’emprunter.Afin de mieux protéger l’assu dation contre tout abus il doit être expressément déclaré dans les règlements, sinon dans la loi elle-même, que ceux qui sont appelés à accorder ou refuser des prêts, ou dont la mission sera de surveiller toutes les opérations de crédit, ne devraient pas avoir le droit d’emprunter eux-mêmes.(à suivre) La Caisse Populaire est une oeuvre moralisatrice, capable de protéger, de sauvegarder le peuple.Léon XIII. Volume 5 LA CAISSE POPULAIRE DESJARDINS Numéro 5 La Coopérative de Crédit (suite de la page 54) veillent toutes les opérations de la société, examinant les comptes, les vérifient et s’assurent de la valeur des prêts et des garanties exigées.Ces trois groupes de sociétaires dirigeants sont nommés pour trois ans.Ils sont renouvelables par tiers chaque année.Les deux premières années, le sort et l’ancienneté désignent ceux qui soi-tent de charge chaque année, plus un la première année, si le nombre total n’est pas divisible par trois.Tous sont rééligibles pour de nouveaux termes.Dans la province de Québec, quatre mille huit cents dirigeants des quatre cent trente-cinq caisses Desjardins existant au 31 décembre 1938 consacrent gratuitement environ douze cents heures par an de travail de direction à l’oeuvre sociale de la coopération de crédit, sous leur responsabilité solidaire illimitée quant au respect des lois qui régissent l’institution.Sans tapage publicitaire, mais non sans édification pour les observateurs même incroyants, cette manifestation de catholicisme social fournit un argument apologétique dont nous n’avons pas encore mesuré toute l'importance antirévolutionnaire.(1> * * * Les coopérateurs individuels s’unissent en coopérations locales.Les caisses locales se groupent en unions régionales pour l’étude et la défense de leurs intérêts communs.Elles forment des caisses centrales pour régulariser les alternances de surplus ou de pénuries de fonds de caisse à caisse et de région à région.Depuis 1932.les six unions régionales de Caisses populaires Des jardins couvrant foute la province de Québec se sont organisées en une fédération qui fait fonction d’Office national de la coopération de crédit canadienne-françai-se.Cet organe d’orientation et de contrôle moral fournit aux Caisses Desjardins l’assistance tech- nique et judiciaire; elle centralise les services d’inspection, à laquelle se soumettent annuellement les caisses affiliées et à laquelle peut être soumise toute caisse non affiliée (à l’heure actuelle, il n’en existe plus que trois) ; elle prend la défense du mouvement coopératif de crédit devant les autorités et en toutes occasions.Dès sa fondation, la Fédération des Caisses populaires Desjardins fut dotée d’un octroi pour fins d’inspections et de propagande par le gouvernement de Québec.Cet octroi vient d’être augmenté par l’administration actuelle, devant l’ampleur des besoins des classes laborieuses.Ces octrois ont été accordés, non sans lutte au début, au nom du principe de la liberté subsidiée des oeuvres sociales, tel que revendiqué par la sociologie catholique.On peut affirmer aujourd’hui que la coopération de crédit reçoit l’encouragement de l’autorité politique en dehors de îa pression des passions partisanes, sans y mêler cette manie étatiste qui caractérise si fréquemment l’oeuvre de certains législateurs européens.L’Etat ici intervient pour encourager, favoriser, aider même financièrement le mouvement coopératif, mais il n’entend ni le guider, ni surtout l’annexer.# * * Cette attitude est bien l’aveu public que, en luttant par l’entr’ai-de contre l’usure dans l’intérêt commun, les Caisses Desjardins travaillent dans l’intérêt de l’Etat.Ne travaillent-elles pas aussi dans l’intérêt supérieur de nos principes sociaux et religieux, à nous, catholiques canadiens français ?“Les exposés les plus éloquents de nos thèses, à dit l’abbé Thel-lier de Poncheville, ne seront jamais aussi persuasifs que le sera l'exposé triomphal de nos bienfaits.’’ Outre la pratique moralisatrice de l’épargne, stimulée chez le peuple, outre les économies ainsi facilitées et placées de façon rémunératrice, au point qu’on a pu affirmer que nos Caisses Desjardins ont épargné deux millions et demi de dollars aux nôtres depuis leur existence; outre la pratique du crédit populaire simplifiée et rendue facile et moins onéreuse ; la fortune collective des classes laborieuses des villes et des campagnes adhérentes aux Caisses Desjardins dépasse actuellement un million quatre cent mille dollars.Les praticiens du catholicisme social en matière de coopération de crédit au Canada français s’enorgueillissent de pouvoir rappeler à ce sujet les paroles du grand sociologue italien Toniolo, dans ce discours célèbre auquel référait le R.P.Archambault lors de sa leçon d’ouverture de la présente Semaine sociale; “Ce fut certainement le grand mérite de l'esprit chrétien au moyen âge de créer et de multiplier, entre les propriétés privées et le domaine de l’Etat, les propriétés collectives mobilières et immobilières qui n’appartenaient à personne et qui devaient servir au bien public.“L’esprit moderne a détruit ces propriétés et ces institutions sociales qui servaient de trait d’union entre la propriété privée et la propriété de l’Etat, et qui profitaient à toutes les classes, mais de préférence aux humbles et aux petits.“De même que la corporation, sous quelque forme que ce soit, est destinée à faire revivre les personnes collectives de jadis, de même la coopérative semble avoir pour rôle de préparer, sous une forme modernisée, la propriété collective de demain.En face de l’atomisme actuel, voilà le grand rôle social de la coopération de l’avenir.” Ce patrimoine social indivisible et inaliénable de nos Caisses populaires Desjardins, destiné en dernier ressort aux oeuvres confessionnelles de notre race, fournit une réfutation victorieuse aux théoriciens pervers du collectivisme athée, en montrant que la propriété collective chrétienne, même en dehors des communautés religieuses, est possible et bienfaisante sans aller choir dans les erreurs et les horreurs du communisme bolcheviste.F I N (1) Chiffres corrigés au 31 décembre 1938. SITUATION DES CAISSES REGIONALES AU 31 DECEMBRE 1938 ACTIF Placements .Prêts .Inventaire.Divers.Caisse.ACTIF Dépenses .Intérêts payés sur épargne.Bonis payés.TOTAL Trois-Rivières Gaspé Québec Sherbrooke Montréal Rimouski Total $ 346,217.27 $ 8,000.00 $ 962,724.97 $ 108,133.04 $ 122,023.24 $ 500.00 $1,547,598.52 21,035.55 87,464.34 1 16,568.08 30,468.35 10,505.00 13,553.56 279,594.88 1,088.25 500.00 857.34 171.80 2,617.39 1,389.10 1,389.10 59,700.57 23,259.59 157,019.65 8,247.85 26,288.66 35,991.33 310,507.65 $ 428,041.64 $ 1 18,723.93 $1,236,812.70 $ 149,095.68 $ 158,988.70 $ 50,044.89 $2,141,707.54 817.47 1 10.91 3,439.52 1,626.74 44.44 43.53 6,082.61 390.19 1,509.68 10,501.22 1,155.26 803.78 14,360.13 25.58 25.58 $ 429,249.30 $ 120,344.52 $1,250,753.44 $ 151,877.68 $ 159,033.14 $ 50,917.78 $2,162,175.86 PASSIF Capital social Epargne Emprunt 4,755.00 406,952.73 1,650.00 109,383.92 % 150,020.00 1,013,068.08 21,752.62 1 16,507.62 10,000.00 22,169.06 134,551.25 1,450.00 48,432.43 201,796.68 1,828,896.03 10,000.00 PASSIF $ 411,707.73 $ 11 1,033.92 $1,163,088.08 $ 148,260.24 $ 156,720.31 $ 49,882.43 $2,040,692.71 Bénéfices 4,448.45 2,430.85 19,362.49 2,054.60 1,434.13 1,035.35 30,765.87 Taxe d'entrée 7.50 196.95 495.00 699.45 Avoir-propre 13,085.62 6,682.80 67,807.87 1,562.84 878.70 90,017.83 TOTAL .y .—.43 Sociétaires $ 429,249.30 $ 120,344.52 $1,250,753.44 $ 151,877.68 $ 159,033.14 $ 50,917.78 $2,162,175.86 82 33 181 45 85 28 454 Déposants 81 32 171 51 78 26 439 Emprunteurs 6 16 28 13 2 6 71 Date de fondation 15 déc.1920 3 déc.1923 8 mai 1924 14 mai 1934 17 mai' 1936 29 juillet 1937 Velume 5 LA CAISSE POPULAIRE DESJARDINS Numéro 5
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