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Titre :
La Caisse populaire Desjardins : organe officiel de la Fédération de Québec des Unions régionales des Caisses populaires Desjardins
Organe du chef de file du mouvement économique coopératif qui vise à informer abondamment ses acteurs sur l'expansion du mouvement et la défense de ses intérêts, sur la doctrine coopérative, sur l'évolution législative dans le domaine, et sur les meilleures méthodes de travail.
Éditeur :
  • Québec, [Québec] :Fédération de Québec des Unions régionales des Caisses populaires Desjardins,1935-1940
Contenu spécifique :
Février
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeur :
  • Revue Desjardins
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La Caisse populaire Desjardins : organe officiel de la Fédération de Québec des Unions régionales des Caisses populaires Desjardins, 1937-02, Collections de BAnQ.

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VOL.3 CAISSE POPULAIRE DESJARDINS Organe officiel de la Fédération de Québec des Unions Régionales de Caisses Populaires Desjardins (Société régie par la loi des Syndicats Coopératifs de Québec) FEVRIER 1937 NUMERO 2 6 - FEU M.J.-K.LAFLAMME Président=fondateur de la Caisse Centrale Desjardins de Lévis.M.CHARLES A.FOREST Gérant de la Caisse Populaire de Bonaventure et Directeur de la Fédération des Caisses Populaires. LA CAISSE POPULAIRE DESJARDINS Organe officiel de la Fédération de Québeo des Unions Régionales des Caisses Populaires Desjardins Société régie par la loi des Syndicats Coopératifs de Québec Revue paraissant 10 fois en 1937 — (Abonnement: $1.00 par an) (par groupe de douze abonnements: $9.00 par an) Rédaction et Administration: Bureau de la Fédération, Chambre 912, Edifice Price, Québec.Cette revue est imprimée par la Cie de Publication de Lévis, Lévis.P.Q.EDITORIAL 1—CREDIT AGRICOLE PROVINCIAL ET CAISSES POPULAIRES Si nos cultivateurs ne peuvent emprunter, ce ne sera certainement pas faute d’organismes pour le faire.Nous avons le Prêt agricole fédéral, l’Office du crédit agricole provincial du Québec et nos Caisses populaires.L’Office du crédit agricole du Québec prête à 2'/?%, plus de remboursement.C’est certaine- ment très avantageux pour l’emprunteur.Mais ce n’est pas tout: il faut que l’emprunteur soit en état de remettre le montant emprunté et, pour cela, il faut qu’à côté du prêt agricole d’Etat, il y ait un prêt agricole d’exploitation ou d’amélioration à court terme.Depuis trente-sept ans, nos Caisses populaires font du prêt agricole à court et à moyen termes, mais, à l’avenir, elles devront davantage faire un prêt d’exploitation ou d’amélioration car le prêt hypotécaire sera fait presque exclusivement par l’Etat.L’Office du prêt agricole prêtera surtout pour payer les hypothèques et libérer certains cultivateurs de leurs dettes; mais ces prêts vont-ils toujours améliorer le sort de l’emprunteur ?Oui, dans certains cas, non, dans certains autres, s’il n’y a pas à côté du prêt agricole d’Etat un organisme qui permette aux cultivateurs d’augmenter leurs revenus afin que l’emprunteur soit en état de remplir ses obligations.Le cultivateur qui, depuis trois ou quatre ans, n’a pas payé un sou d’intérêt et encore moins remboursé une tranche du capital sur sa dette sera-t-il en meilleure position demain ?Non.Ses revenus restent les mêmes.Je m’explique: un cultivateur aura besoin de dix vaches, au lieu de cinq, pour augmenter ses revenus.Pour avoir les cinq qui lui manquent, il lui faudrait un $200 ou $300.Qui peut lui faire ce prêt ?La Caisse populaire.Un autre cultivateur a une vingtaine d’arpents sur sa terre qui sont mal drainés.11 lui faudrait aussi de $200 à $300 pour faire faire les travaux nécessaires à l’irrigation de ce coin de sa terre.Cette partie de son sol qui ne lui avait jamais rien rapporté pourra demain être une source de revenus.C’est dire qu’avec le prêt d’exploitation que vont faire nos Caisses populaires et les prêts à long terme effectués par l’Office du prêt agricole provincial, nous allons rénover l’agriculture dans la province de Québec.Tout ce travail de coopération entre l’Office du prêt agricole provincial et nos Caisses populaires serait nul si nos agronomes ne voulaient pas y mettre la main et aller sur les fermes des emprunteurs pour leur enseigner d’une façon pratique comment améliorer toutes leurs cultures.Qrâce à cette coopération de ces trois organismes: Office du prêt agricole, Caisses populaires et agronomes compétents, le prêt agricole provincial sera un succès.Si, dans le passé, aucun prêt agricole d’Etat n’a réussi, c’est parce qu’on n’a jamais voulu mettre ensemble tous ces organismes qu’il était nécessaire de lier pour faire un tout parfait.Mais comment se fait-il, me direz-vous, qu’il n’y ait que dans la province de Québec où l’on tente cet essai de coopération sous cette forme qui nous paraît logique ?La raison en est bien simple.C’est qu’à la tête du prêt agricole provincial, on a mis l’homme le plus compétent et le plus coopérateur qui soit: M.le notaire Eugène Poirier, président de la Fédération des Caisses populaires de Québec, président de l’Union régionale des Caisses populaires de Montréal et président de la Caisse populaire de la paroisse Ste-Cécile de Montréal.C’est donc dire que M.le notaire Poirier a une expérience que nul autre ne pouvait avoir.Il a encore plus que cela: il est un fils du sol.Ayant vécu nombre d’années à la campagne, il y séjourne encore plusieurs mois par année puisqu’il y passe les étés.Il a gardé l’esprit du campagnard, le jugement du terrien, le bon sens de l’habitant de chez nous.Nous pouvons assurer pour notre part le président de l’Office du prêt agricole provincial de notre coopération pleine et entière et nous demandons à toutes nos Caisses populaires de travailler en coopération intime avec cet organisme afin de relever l’agriculture de chez nous, pour que dans dix ou vingt ans, on dise de la province de Québec: C’est le pays du blé qui lève dans la terre qui vit ! C.VAILLANCOURT. Volume 3 LA CAISSE POPULAIRE DESJARDINS Numéro 2 Boîte aux Lettres CONSULTATIONS Question : — Il y a cinq ans une jeune fille de notre paroisse entrait au couvent et elle transportait à une de ses nièces mineures un montant de $.Qu'elle avait, en dépôt à notre Caisse.Cette enfant est morte depuis, laissant frères et soeurs tous mineurs.Le père veut retirer le montant que nous sommes prêts à remettre mais nous voulons savoir si nous devons lui faire signer autre chose qu’un reçu ordinaire ou si nous devons lui donner un chèque au nom de son enfant et il devra ensuite produire à la Banque ses capacités pour l’endossement du dit chèque.Si possible, m’aviser tout de suite et ceci pour la raison qu’il nous faut remettre le montant pour le.Réponse : — J’ai bien reçu votre lettre du.En réoon- se je conseille à M.de re- fuser le paiement de la somme de en dépôt à moins qu’on lui fournisse les documents suivants : a) Un acte de tutelle établissant que le père a été nommé tuteur à ses enfants mineurs dont la soeur est décédée avant en dénôt cette somme de $ h"! TTn reçu du percepteur des droits sur Us successions établissant qu’il n’y a nas de droits à nave1, ?n” cette succession ou qu’ils ont é+é acquittes A la mort de cp+te enfant mneure, la succession s’e^t divisée nar moitié entre ses père et mère et oar moitié entre ses frères et soeurs.La Caisse pour s’éviter de naver deux U;s doit exiger et obtenir les documents ci-hauts.Question : ¦— Monsieur., l’un des directeurs de la caisse populaire de., a prêté à celle-ci tant en son nom personnel qu’au nom de sa femme née .depuis avril 19 à juillet 19 , une somme totale de $ garantie par $.d’obliga- j j tions et par une balance de $.due' à la Caisse sur une hypothèque.En plus M.est en voie d’acheter une hypothèque due à la Caisse, l’hypothèque.dont nous vous avons déjà parlé.Or, le notaire chargé par lui de la préparation de l’acte d’achat de cette hypothèque a mis en doute la légalité des opérations transigées jusqu’ici par M.avec la Cais- se, prétendant que tout directeur d’une société n’a pas le droit de faire des opérations de ce genre avec la corporation dont il est le directeur.Nous vous serions très obligés si vous vouliez bien demander l’opinion de votre aviseur légal à ce suiet et si vous vouliez bien nous la communiquer le plus tôt possible.Prière de nous fournir les références aux articles des règlements ou aux paragraphes de la loi nui nous autorisent ou nous défendent ces opérations.Auriez-vous la bonté de demander aussi dans le cas où ces opérations ne seraient pas légales.si la résignation de M.comme directeur et une résolution adoptée nar le conseil d’administration légalisant toutes les opérations faites jusou’ici entre M.et la Caisse Populaire de .seraient suffisan- tes pour les rendre inattaquables devant la loi ?Révonse : — .T’accuse réception de votre lettre du .et de la copie de consultation demandée par la Caisse Populaire de.en date du .19 En réponse à cette dernière, je dois vous dire que je suis d’opinion ou’il n’v .a rien d’illégal ou de défendu par la loi dans les transactions mentionnées.Je comprends que M.direc- teur de la Caisse, a prêté à cette dernière qui lui a fourni des garanties.J’imagine que le Conseil d’Administration en a régulièrement décidé de la sorte et que M.étant intéressé per- sonnellement n’a pas pris part aux délibérations.Il peut y avoir une question d’opportunité discutable à emprunter de la sorte mais nous ne sommes en aucune façon en position de la juger.Au point de vue légal, la loi autorise le conseil d’administration, comme vous le savez, à transiger, compromettre et statuer sur tout ce qui a trait aux intérêts de la société et .à régler les conditions particulières de tout contrat.(Section 16).Rien à notre avis dans la loi ne défend la transaction intervenue ou celle qui est projetée.-o- La richesse et le revenu des fermes en 1935.En 1935, le revenu brut total de l’agriculture canadienne est évalué à $943,081,000 contre $942,565.000.l’évaluation revisée pour 1934.L’évaluation de 1935 est préliminaire et sujette à revision, et elle ne représente qu’une augmentation de $516,000, soit moins d’un pour cent.Il y a des augmentations dans le revenu des animaux de la ferme, de la laine, des produits laitiers, des fruits et des légumes, des volailles et des oeufs, des produits d’érable, et de la filasse de lin, mais d’autre part, une diminution plus que correspondante dans le revenu des récoltes de grande culture, des animaux à fourrure, du tabac, de la graine de trèfle et de graminées fourragères et du mie!.Voici par province et par ordre de valeur le revenu agricole brut pour 1935 : Ontario 8313.077.000 Ouébec $174 758.000 Saskatchewan $154 896.fif)0 Alberta $141.093.000 Manitoba .$ 56.530,000 Colombie- Britannique $ 38.010.000 Nouvelle-Ecosse $ 27.042.000 Nouveau- Brunswick $ 25.278.000 Ile du Prince- Edouard 8 12.39".000 Le revenu agricole net pour 1935 est évalué à $609,318.000 contre $577,952,000, l’évaluation revisée pour 1934.une augmentation de $31,366,000.soit 5.4, pour cent.On trouve le revenu net en déduisant du revenu brut la valeur des produits employés pour la nourriture des Volume 3 LA CAISSE POPULAIRE DESJARDINS Numéro 2 animaux de ferme et des volailles, de la semence, des grains marchands, et des légumes produits sur les fermes pour l’emploi à la maison.La richesse totale de l’agriculture canadienne est évaluée pour 1935 à $5,797.104,000 contre $5,620,173,000 en 1934, soit une augmentation de $176,931,000 ou 3.1 pour cent.Voici cette richesse par province et par ordre de valeur : Ontario $1,638,035,000 Saskatchewan.$1,305,791,000 Québec.$1,038,947,000 Alberta $879,118.000 Manitoba.$420,186.000 Colombie- Britannique $188,641,000 Nouvelle-Ecosse $132,618,000 Nouveau- Brunswick.$126,252,000 Ile du Prince- Edouard.$67,516,000 -o- L’ELITE CATHOLIQUE Quelques modèles : XII.M.J.-K.Laflamme Note de la D.-— Nous reproduisons ci-dessous un article oublié dans “La Vie Nouvelle” en décembre 1927 sur M.,T.-K.Laflamme le président-fondateur de la Caisse Centrale Desjardins de Lévis.Nous tenons à publier cette biographie dans notre petite revue pour faire connaître ce qu’a fait pour nous, ce grand et noble disparu.La plupart des grands catholiques dont “La Vie Nouvelle” nous a fait admirer cette année les nobles existences appartenaient à une autre génération.Celui que je veux présenter ce mois-ci est un contemporain.Hier encore, il était au milieu de nous dans la force de l’âge, en pleine santé physique et intellectuelle, vivant pleinement sa foi et se livrant généreusement aux oeuvres.Dieu, dans ses desseins mystérieux, l’a rappelé soudain à lui.La perte est immense, car c’est un apôtre, comme il s’en rencontre peu, qui vient de disparaître.Inclinons- nous sous la volonté divine et efforçons-nous de profiter des exemples que nous a laissés ce grand catholique.Né le 28 mars 1884, à Sainte-Hénédine, comté de Dorchester, Joseph-Kemner Laflamme n’avait que quelques mois lorsque son père vint s’établir à Lévis.Après ses études classiques au collège de cette ville, il se prépara à la carrière d’ingénieur civil dans laquelle il débuta au service du Transcontinental.Ses talents et sa droiture furent vite appréciés par ses chefs qui le nommaient bientôt ingénieur de division.Trois ans plus tard, il quitte sa position pour entreprendre, à son propre compte, la construction d’un chemin de fer.Il construisit, avec un associé, une quinzaine de milles de voie ferrée pour l’“Algoma Central” et l’“Hudson Bay Railway”.Désireux d’acquérir de nouvelles connaissances, M.Laflamme fait en 1911 un voyage en Europe.Il visite l’Italie, la Hollande, la Belgique, la France, l’Allemagne, l’Autriche et l’Angleterre, pour étudier dans ces pays les grands travaux de génie civil.De retour au Canada, il entre au service de la Compagnie de Pulpe de Chicoutimi.En 1914, il est nommé ingénieur-résident à Lauzon, pour la construction de la cale-sèche “Champlain”.Plus tard, il est transféré au département des Travaux Publics du Canada, à Québec, comme ingénieur de district, position qu’il occupait lors de sa mort tragique.M.Laflamme revenait de faire une inspection de travaux oublies sur la côte nord lorsqu’il périt dans le naufrage du “Guide”, le vendredi soir, 15 octobre 1926, à l’âge de quarante-deux ans M.Laflamme fut élu échevin de la ville de Lévis en 1919, puis maire en 1921.Il remplit aussi les charges suivantes : grand Chevalier de Colomb de Lévis, premier président de la Société Saint-Jean-Bantiste de Lévis, président de l’Union régionale des Caisses populaires Desjardins du district de Qué- bec, membre du bureau de direction de la Caisse populaire de Lévis, président-fondateur de la Caisse centrale Desjardins de Lévis.Il fallait avoir la volonté et l’énergie de cet homme de bien pour entreprendre et mener à bonne fin l’organisation qu’est la Caisse centrale Desjardins.Les obstacles à surmonter furent grands, mais M.Laflamme, avec son énergie indomptable, sa lucidité d’esprit et sa claire vision des choses, sut y faire face victorieusement.Aussi lorsque son remplaçant prit sa succession la tâche lui fut facile, car toutes les difficultés avaient été aplanies et le succès était assuré.Ceux qui ont connu M.Laflamme ont apprécié la loyauté et la droiture de son grand coeur.C’était l’homme honnête et franc par excellence; l’homme aussi de devoir, remplissant consciencieusement chacune de ses obligations, religieuses, familiales, professionnelles, sociales, ne reculant jamais devant l’attitude qui s’imposait.Catholique convaincu, il vivait sa foi et la faisait passer pour ainsi dire dans chacun de ses actes qu’il accomplissait avec gravité, comme s’il en voyait toutes les conséquences possibles.Où puisait-il sa remarquable énergie, son rare esprit surnaturel ?Dans une vie intérieure, sans doute, très profonde, si nous en jugeons d’après ses habitudes de piété et son recueillement ordinaire.Mais cette vie intérieure, quelle en était la source ?Ici, aucune hésitation possible.Tous les' amis de M.Laflamme connaissaient son estime pour les retraites fermées et qu’en elles se trouvait le secret de sa force.Il n’y vint pas du premier coup, ni sans quelque effort.Comme pour tant d’autres, l’oeuvre, parce qu’il ne la connaissait pas, l’attirait peu, et, peut-être même l’effrayait.Mais un ami l’entraîna.Et il fut aussitôt conquis.Son seul regret était d’avoir tant tardé à bé- — 16 — Volume 3 LA CAISSE POPULAIRE DESJARDINS Numéro 2 ita] = t Ji-iif i!t df 1s !' it lté l" bien ili'-ai I ait I I I devant I Catifr 1 sa loi I t ai® I ; aftfi I ;r;\vi'! 1 tes te I -a#’ urnat'r érientf-lit.à U :• flifiite erre vie | tait |j I ;rî»,i: it ^ :0îf K iftate; I ,r' néficier de cette admirable méthode de sanctification.Mais il voulut reprendre le temps perdu.Chaque année il revint à la Villa Manrèse.Comme il profitait de ces jours de recueillement, de prière et de réflexion ! Comme il serait entrer en lui-même, passer les douze mois écoulés au crible d’un sérieux examen, s’imposer un programme de vie plus austère, implorer de Dieu les grâces dont il avait besoin pour le remplir.Il fit davantage.Incapable, dans sa générosité native, de garder pour lui seul le trésor qu’il venait de découvrir, il résolut d’en faire bénéficier ses amis.Il se constitua donc le propagandiste ardent, le recruteur habile et inlassable de l’oeuvre.Il réserva une fin de semaine pour les Chevaliers de Colomb de Lévis et se mit à organiser leur retraite.Le bon Dieu bénit ses efforts.Jusqu’à sa mort, chaque année, il conduisit à Manrèse un bon groupe de retraitants.Hélà ! un triste accident devait venir interrompre brusquement cette belle carrière d’apôtre.Cet événement lui fournit du moins une nouvelle occasion d’exercer son zèle et de laisser voir son noble caractère.Edifions-nous en assistant à ses derniers moments.C’est d’un témoin oculaire que nous tenons ce récit.Lorsque le “Guide”, en tournant sur lui-même, précipitait à la mer tous ses passagers, M.Laflamme et trois autres corp-pagnons de voyage nagèrent vers une chaloupe renversée qui flottait à la dérive.Chacun s’agrippa comme il put à cette frêle embarcation.Malheureusement il leur fut impossible de mettre la chaloupe dans sa position normale.Le sauvetage se trouvait par le fait même plus difficile.Au lieu de se désespérer et de gémir inutilement, M.Laflamme avec son sang-froid ordinaire doublé de son grand esprit de foi, dit tranquillement à ses compagnons : “Nous pommes en danger de périr, il faut donc nous préparer à la mort.Tout de même, ne perdons pas encore complètement espoir, peut-être la goélette que nous avons passée tout à l’heure nous apercevra-t-elle et viendra-t-elle à notre secours ; mais en attendant préparons-nous à paraître devant notre Juge.Que chacun de nous dise son acte de contrition.” Et, de sa voix forte et grave, il commença lui-même à le réciter tout haut.Puis il ajouta : “Maintenant nous allons dire notre chapelet.” Ce qu’il fit aussitôt.Voilà qui dépeint mieux qu’aucune parole, qu’aucun article, l’âmë énergique de ce grand chrétien.Au milieu de cette mer démontée, en face de la mort, il a vu, comme un bon pilote, le phare lumineux qui le conduirait en lieu sûr, et c’est après avoir demandé pardon à Dieu et en priant l’Etoile de la Mer, la Vierge tout-puissante, qu’il disparut, laissant à ses concitoyens l’exemple d’un homme d’une probité parfaite qui ’sait mourir en héros.On aurait dit que M.Laflamme avait eu un pressentiment du genre de mort qui l’attendait.A la fin de sa retraite, en février 1925, lorsque tous les retraitants étaient réunis pour une dernière conférence dans la grande salle de la Villa Manrèse, M.Laflamme, invité à donner ses impressions, raconta l’allégorie suivante : “Durant la guerre, un de mes amis, chef ingénieur à bord d’un transatlantique, s’était embarqué le 1er décembre et ne parvint à destination que le 24 décembre au soir.Durant les derniers jours de la traversée le bateau essuya une violente tempête.Un soir, le capitaine appela à sa chambre mon ami, chef ingénieur, et lui dit: “Voyez-vous cette lumière au loin, elle indique que nous approchons des côtes d’Irlande.Depuis quelques jours je ne puis contrôler mon bateau et, infailliblement, nous serons tous engloutis demain matin si la tempête ne cesse, car notre bateau va s’éventrer sur les récifs situés à sept ou huit milles d’ici.” Le capitaine renvoya mon ami à son devoir en lui demandant de ne rien dire.Après une couple d’heures, le chef ingénieur reçut un second appel téléphonique du capitaine lui disant : “Nous sommes sauvés.A mesure que nous approchons des côtes la, mer devient moins forte et j’ai pu reprendre le contrôle de mon bateau.” Et le lendemain, veille de Noël, tous les matelots débarquaient en lieu sûr.“N’est-ce pas là une belle image de la vie, continue M.Laflamme.“Après avoir passé vingt, trente, quarante ans dans le monde en butte à toutes les tentations, aux occasions nombreuses du mal, attiré par les appâts du plaisir qui se multiplient si souvent de nos jours, et peut-être aussi après des chutes malheureuses à travers les écueils de la vie, on en vient parfois à se dire : “La résistance est inutile, nous ne pouvons jamais lutter victorieusement et mener notre navire spirituel à bon port.” Il arrive aussi souvent que l’on se désespère et que l’on se laisse entraîner au gré des vents mauvais comme ce navire en face du cap qui le menace et qu’il semble ne pouvoir éviter.“Eh bien, c’est dans cette sainte maison qu’un grand nombre de retraitants ont pu trouver la force, le courage et l’énergie nécessaires pour donner le coup de barre décisif et orienter leur vie dans une voie nouvelle, la voie du bien, la vraie voie d’un chrétien.Pendant notre séjour ici nous avons évité le cap qui nous menaçait et, depuis hier, nous voguons sur une mer tranquille.Après la fervente communion de ce matin nous avons retrouvé le calme et la paix du coeur.Mais il ne faut pas s’endormir, car si la tempête reprenait, — et elle reprendra si nous ne gardons pas notre esprit et notre coeur à l’abri des atteintes du mal et si nous n’allons pas régulièrement nous ré- — 17 — Volume LA CAISSE POPULAIRE DESJARDINS Numéro 2 conforter à la Table sainte de Jésus-Christ, — cette tempête deviendra violente.“Si ce malheur nous arrivait, il est sûr que nous ne pourrions pas lutter victorieusement que nous toucherions plusieurs récifs et que des voies d’eau se feraient dans notre navire.Alors, il ne faudra pas attendre que le navire sombre car Manrèse sera toujours là pour nous aider à donner le coup de barre décisif que ramènera toujours le calme et la paix dans nos coeurs.“Ce sont là mes sentiments et impressions et je suis sûr que mes confrères ont éprouvé les mêmes plaisirs que moi.Je profite de la circonstance pour remercier les Pères de cette maison pour leur bonne hospitalité et pour les grands avantages qu’ils nous ont procurés.” Dans cette note biographique nous avons voulu surtout démontrer les grands bienfaits d’une retraite fermée, et comment sait mourir un ancien retraitant.Cyrille Vaillancourt -0- Le Crédit populaire SES BASES Nous l’avons dit : le régime coopératif repose sur des principes propres.sans allusion méchante.En matière de crédit p.e.il a pour base, la petite épargne.Lord Grey marque ce fait dans la partie de son témoignage que nous citons aujourd’hui.“Lorsqu’on me fit part que je pourrais aider à votre comité, dit-il, je visitai Québec, tout spécialement, dans le but d’examiner le fonctionnement de la Caisse Populaire de Lévis que M.Alphonse Desjardins a fondée dans cette ville.“Je me rendis au bureau de la banque que M.Desjardins a fondée, avec un esprit d’initiative qui lui fait grand honneur.“Après examen minutieux et attentif des résultats du fonctionnement.de la Caisse Populaire de Lévis, je me suis con- vaincu que cette association avait été d’un grand secours à un bon nombre et qu elle a, à mon sens, cette caractéristique toute particulière, à savoir : Qu’elle a fait beaucoup de bien sam produire aucun mal.Règle générale, le plus que l’on puisse dire des institutions, même les meilleures, c’est que le bien qu’elles font contrebalance au-delà le mal qu’elles produisent.“Dans ce cas-ci, l’influence qui ravonne de cette création semble ' absolument bienfaisante.” “ Permettez - moi d’indiquer quelques-uns des avantages qui, suivant moi, résultent de son fonctionnement, pour la population de Lévis.Elle fournit aux personnes bien connues de ceux au milieu desquels elles vivent, comme étant honorables, économes et intègres, l’avantage ^ de s’entr’aider de façon à accroître encore ccs qualités qui provoquent la confiance mutuelle et l’aide réciproque, qualités essentielles et indispensables à l’excellent citoyen.” En d’autres termes, la Caisse prête à des travailleurs, à des économes, oui ont pratiqué et pratiquent la petite épargne.Et Lord Grey continue : “J’ai soigneusement examiné les livres de comptabilité de cette association et je me suis convaincu oue cette banque était administrée conformément à des règles d’affaires, offrant une parfaite sécurité.“J’ai suivi les diverses opérations faites à cette banque populaire par des individus dont j’ai choisi les noms au hasard, en me servant de la liste des sociétaires.“Je me suis assuré que, le premier versement fait au fonds de la banque était de dix sous ; puis, suivaient dans beaucoup de cas, de minimes versements de vingt-cinq sous environ à la fois jusqu’à ce que la somme de $5.fut inscrite au crédit du souscripteur.“Alors, il devient membre ou sociétaire de la banque pour ce montant.” De ce témoignage, il ressort nettement que : Le crédit populaire est une oeuvre sociale.Qu’il est basé sur l’effort individuel, la petite épargne et.l’honnêteté.A notre honte, avouons franchement que, du haut en bas de l’échelle sociale, l’honnêteté publique et privée a subi .d’effarantes baisses.Il est temps de réagir fortement.L’oeuvre des Caisses Populaires Desjardins, société d’épargne et de prêts, est un moyen de réformer notre mentalité sur ce point.Prenons-le résolument.En attendant qu’elle ait accumulé des capitaux pour donner aux cultivateurs le crédit agricole, que les gouvernants organisent un crédit d’urgence à leur choix.Il s’impose.D.JARDINS ENCORE L’INFLATION Le “Messager Raiffeisen” de m,ars 1935 publie sur cette auestion brûlante les .réflexions dont la sagesse mérite d’être soulignée.Le sujet est partout à l’ordre du jour.L’inflation présente un côté fort séduisant, parce qu’elle favorise la politique du moindre effort et de réalisation immédiate.Au commencement, aucun sacrifice n’est demandé à nui que ce soit.La situation des fonctionnaires, des retraités demeure sans changement.Les tenants de l’inflation ont donc la certitude de plaire à tous ceux dont le sort est.lié au budget de l’Etat et de séduire nombre d’agriculteurs, de commerçants à qui la crise économique est.dure.se rappelant avec regret la période de prospérité de 1922 à 1928.Tl importe donc de rappeler quels seraient les effets funestes d’une inflation.Quand on est sur la pente d’une inflation, on ne sait jamais où l’on — 18 — Volume 3 LA CAISSE POPULAIRE DESJARDINS Numéro 2 pourra s’arrêter.De plus, l’inflation est un facteur de destruction du crédit.Et c’est sous cet aspect que nous l’étudierons.C’est- un procédé bien commode pour un Etat que d’exiger des avances de la Banque nationale et d’obliger ainsi la Banque centrale d’émettre des billets, non pas toujours immédiatement, mais nécessairement, car les bénéficiaires de chèques ou de crédits en banque ne tardent pas à réclamer de la monnaie de papier pour certains paiements.Augmenter les crédits dans les comptes des banques seulement, c’est accroître le pouvoir d’achat de la masse et pousser à la hausse des prix.La hausse une fois établie, la conversion de ces crédits en monnaie réelle exige une émission correspondante de billets.Ainsi,' l’inflation monétaire, aux yeux des profanes, apparaît comme une conséquence du renchérissement, alors qu’elle en est la cause.Quand l’inflation porte sur le papier-monnaie ou sur la monnaie-virement, elle est toujours une inflation de crédit puisque ces moyens d’échange reposent sur le crédit.L’INFLATION EST UNE EX» PRO PRIAT ION, UNE DES FOR- j MES LES PLUS CRUELLES ET | LES PLUS ARBITRAIRES DE L’INJUSTICE.La somme de monnaie ‘péniblement épargnée demeure nominalement sans changement, mais son pouvoir d’achat diminue parce que les prix augmentent.L’agriculteur, l’ouvrier qui a mis 10,000 francs de côté pour ses vieux jours, voit le coût de la vie monter sous l’influence de la-multiplication des moyens de paiement, et son capital, toujours égal à 10,000 francs, ne représente plus que les neuf-dixièmes, les deux tiers, la moitié peut-être de ce qu’il permettait d’acheter autrefois.De même, le prêteur assiste, impuissant, à la réduction progressive de sa créance et plus la durée du crédit est longue, mieux il est sacrifié.Aussi les opérations à long terme ten- dent-elles à se raréfier et à disparaître totalement.Pourquoi confier ses capitaux à un individu, à une banque, qui, en les remboursant, n’en rend qu’une fraction d’autant plus faible que la date de remboursement est plus lointaine ?Les principales victimes de l’inflation sont les créanciers hypothécaires, les déposants à long terme, les détenteurs de revenus fixes, les fonctionnaires, en un mot les épargnants qui sont purement et simplement expropriés.Les fonctionnaires et les ouvriers organisés peuvent, il est vrai, obtenir des compensations et des relèvements de traitement, ce qui provoque un nivellement inquiétant des revenus.L’inflation, aggravée de la sorte, est responsable de la ruine des classes moyennes qui ne savent ni se plaindre, ni menacer.Le principal bénéficiaire de l’inflation est l’Etat : sa dette se contracte automatiquement.L’Etat français n’aurait pas pu payer les intérêts de ses emprunts si l’inflation n’avait diminué sa dette, des quatre cinquièmes, cela grâce aux sacrifices exigés des épargnants.Mais si l’inflation permet à l’Etat de déguiser sa banqueroute, elle provoque aussi des expropriations ou des vols légaux en faveur d’intérêts privés.Tous les emprunteurs, en effet, bénéficient, comme l’Etat, d’une réduction de dette, qu’ils se trouvent gênés,ou non.Le législateur peut à la rigueur tenir compte des conséquences scandaleuses de l’inflation et les atténuer quelque peu, mais il ne faut pas oublier qu’il existe une certaine mystique qui fait du débiteur une sorte de victime, même s’il n’a emprunté que pour gaspiller, et, du créancier une sorte de bourreau, même s’il est un honnête travailleur.La France nous offre de nombreux exemples de ces injustices.Ainsi, les propriétaires fonciers qui avaient passé des baux ruraux à long terme, conformément aux conseils des économistes pour permettre aux fermiers de profiter des améliorations apportées par eux aux domaines ont été cruellement punis par l’inflation.Le bailleur qui a consenti à un prix de 10,000 francs un bail de 10 ans, ne touche plus que l’équivalent de 2,000 francs et comme il doit continuer de payer les impôts, les assurances et les réparations, dont la charge a quadruplé, quintuplé et même, dans le cas de certaines mains d’oeuvre rurale, décuplé, il est ruiné par son propre bien.En résumé, l’inflation déplace la richesse et ceux qui comprennent son mécanisme peuvent en profiter.Il suffit pour s’enrichir de vivre à crédit.Là est le secret de la fortune des grands profiteurs de guerre.La plupart d’ailleurs ne savent pas s’arrêter à temps et sont ruinés par la crise qui ne manque pas de suivre une inflation prolongée.Car un tel état de choses ne peut pas se maintenir éternellement.Quand l’inflation dépasse une certaine limite, la crainte devient si grande que les acheteurs se précipitent pour acquérir les richesses, quelles qu’elles soient, dans le seul but de se débarrasser d’une' monnaie dont la valeur diminue de jour en jour.La monnaie nationale abandonnée est à l’agonie.Comme dans la fable, elle enfle si bien qu’elle crève.Alors le crédit renaît, mais avec prudence; il demeure longtemps sous l’influence du désastre.L’inflation génératrice de ruines et de misères ne serait pour ceux qui en attendent des avantages qu’un simple ballon d’oxygène d’où ils tireraient un répit illusoire et précaire.Pour parfaire notre conviction, allons demander aux paysans français ce qu’ils pensent de ce stupéfiant ! Pour tous ceux qui envisagent froidement le problème avec le seul souci du bien général, la situation financière ne comporte qu’une solution possible : la réduction des dépenses de l’Etat comme de celles des particuliers.— 19 — Volume 3 LA CAISSE POPULAIRE DESJARDINS Numéro 2 Les Caisses Populaires et le Crédit agricole.Les Caisses Populaires compléteront le système de crédit agricole de deux façons : elles fourniront aux cultivateurs le crédit à court terme dont ils auront certainement besoin un jour ou l’autre, en l’espace de 30 ou 40 ans-; elles offriront aux emprunteurs l’occasion d’épargner, les y inciteront même, leur facilitant ainsi le remboursement de leurs annuités, le paiement de leurs intérêts.Voilà une phase difficile à digérer ?.Donnons-nous la pei- ne de la mastiquer, de la mâcher ! Pour les prêts à court terme L’Office du Crédit Agricole provincial prête à long terme.L’emprunteur a plusieurs années pour rembourser.Le système provincial accorde une période de 30 ans ou 39 1-2 ans.Au cours de ces longues années, il arrivera certainement des circonstances où les débiteurs de l’Office provincial auront besoin d’argent, soit pour financer des achats importants, soit pour se relever d’une épreuve : maladie, mortalité, incendie, etc.L’organisation par excellence qui permettra aux agriculteurs de faire face à une situation difficile passagère, c’est la Caisse Populaire.Elle prêtera à un taux d’intérêt très accessible et de plus, ce qui est très important, elle aidera l’emprunteur de ses conseils et de ses facilités de remboursement dans la mesure où on lui fera confiance.Où le crédit est mérité par l’épargne Mais la Caisse Populaire est une coopérative.Pour profiter de ses bienfaits, il faut en être membre, il faut être sociétaire.Pour en obtenir du crédit, il faut avoir mérité sa confiance par son aptitude à l’épargne régulière.Comme on le voit, il s’agit d’une oeuvre vraiment sociale, d’une oeuvre dont la portée est à la fois économique et morale.Les emprunteurs de l’Office du Crédit agricole provincial doivent ne jamais oublier qu’il leur faudra rencontrer périodiquement leurs intérêts et leurs “amortissements”.S’il est facile parfois de s’arranger avec un voisin, il est plus difficile d’éviter une échéance due à une organisation publique, dont l’administration est nécessairement plus rigide.Les agricultuers qui ont obtenu ou qui obtiendront des prêts devront donc suivre leurs affaires attentivement, économiser tout le temps et épargner pour les mauvais jours.Or, la Caisse Populaire invite à l’épargne ; elle exige du renoncement; elle demande un acte de volonté.Et par les bienfaits qu’elle promet en retour, elle rend plus attrayant ce renoncement et plus facile cet acte de volonté.Voilà pourquoi S.E.le Cardinal Villeneuve a pu dire des Caisses Populaires qu’elles constituent une oeuvre de “rédemption sociale”.• Une “prouesse incroyable” Pour mieux convaincre nos lecteurs de l’importance, de l’efficacité, de l’opportunité des Caisses Populaires, rappelons en deux mots ce qu’elles ont fait.Elles ont accompli ce que le notaire Wilfrid Guérin appelle “cette prouesse incroyable de l’épargne mutualisée : une économie cumulative de quinze dollars par personne par année a permis à 251 caisses dans la province de prêter, en 20 ans, plus de 65 millions à 20,000 sociétaires-emprunteurs environ, à une moyenne de $200 par prêt.Ces modestes emprunteurs ont su de la sorte capitaliser à leur profit légitime la confiance qu’une pratique régulière de l’épargne leur a assurée.” Voilà de l’argent des nôtres recueilli par les nôtres et prêté aux nôtres.Voilà de l’argent qui a profité aux déposants sans au-| cun risque et qui a été d’un grand secours peu onéreux pour les emprunteurs, voilà des sommes considérables qui ont été administrées avec 35 ou 40 sous par cent dollars.A la veille d’un retour de la prospérité, au déclin d’une crise qui a englouti tant d’épargnes péniblement amassées, comprendrons-nous enfin la nécessité de confier à des institutions de chez nous, pour qu’elles en fassent bénéficier les nôtres, les économies que nous réaliserons?On parle de refaire notre régime économique.Il n’y a qu’un moyen de le rebâtir de façon solide : l’appuyer sur l’épargne des sous, ce qui exige un acte de volonté.Fonder une Caisse Populaire dans une paroisse, c’est enseigner à tous l’économie, c’est donner à beaucoup le moyen d’épargner, c’est offrir aux épargnants un placement de tout repos, c’est mettre à la disposition des emprunteurs de l’argent qui ne coûte pas cher, c’est prêcher et pratiquer la véritable coopération, la vraie solidarité, le patriotisme le plus né-nécessaire.Louis-Philippe ROY L’Action Catholique, 25 février 1937.-o- “Questions actuelles de Crédit Agricole” Conférence de M.J.Piller, Conseiller d’Etat, Fribourg.Au milieu de nos préoccupations actuelles, la question du crédit agricole est une question de premier plan.La crise, quoique l’on pense, n’est pas la cause profonde de la situation difficile de l’agriculture.La crise n’empêche pas de semer ni de moissonner.Ce n’est pas la crise qui met l’agriculteur dans une situation difficile, c’est l’endettement.S’il n’y avait pas eu abus de crédit, en d’autres termes, inflation de crédit, l’agriculture suisse ne serait pas dans la situation tragique dans laquelle une Volume 3 LA CAISSE POPULAIRE DESJARDINS Numéro ^ partie des paysans se débattent actuellement.Cet abus de crédit s’est produit au moment ou le crédit était abondant.L’abondance de crédit à bon marché, voilà la cause profonde de la crise agricole actuelle.Toute erreur se paye.On a cru à une prospérité toujours plus grande, on a oublié le rythme des saisons, — qu’après l’été et l’automne venait l’hiver, — la parabole des sept vaches grasses et des sept vaches maigres.On a cru que l’on pourrait toujours continuer à produire toujours davantage, à des prix toujours plus rénumérateurs.Je ne veux pas entrer dans des détails; je ne prétends pas non plus apporter des remèdes.Je veux simplement soumettre quelques idées à vos réflexions.Tout à l’heure, M.le conseiller fédéral Musy vous a parlé de l’inflation comme d’un mauvais remède, d’un remède auquel il ne faut pas recourir pour sortir de l’étreinte dans laquelle se trouvent les paysans obérés.Je ne veux pas reprendre cette partie de sa démonstration, je veux simplement faire remarquer que fatalement, si l’inflation a comme conséqunece de faire baisser le franc, la monnaie.et par conséquent par voie de répercussion de faire hausser le prix des produits, l’inflation a comme suite — que l’Etat ne peut pas empêcher — une augmentation du taux de l’intérêt, de sorte oue tout calcul oui repose sur une augmentation de prix est dérouté par l’augmentation de la charge des intérêts, à cette différence près, cependant, qu’on fait disparaître, sans profit pour personne, une partie de l’épargne publique.Ceci peut suffire en ce qui concerne l’inflation.On pourrait examiner quelles répercussions aurait, pour l’industrie, oui doit acheter à l’étranger les matières premières, une diminution du pouvoir d’achat du franc suisse, — examiner, quelles conséquences aurait pour le particulier, pour les communes, les cantons, la Confédération, une augmentation inévitable du taux des intérêts de leurs dettes.Et si l’on songe que la Confédération, avec les chemins de fer fédéraux, a une dette de 4 milliards, il faut se demander quelle conséquence aurait une augmentation d’un seul pour cent.La charge des intérêts serait augmentée de 40 millions.En somme, l’inflation est un remède qui est pire que le mal.Je pose comme principe que la crise n’est pas la cause du malaise agricole.La chute des prix n’a fait que découvrir le surendettement.Le remède, quel est-il ?Le remède, à mon avis, consiste pour l’avenir dans une limitation du crédit dans de justes limites.Le remède, c’est une orientation nouvelle dans la politique agricole.Il faut cesser de faire de l’agriculture une branche commerciale ou industrielle ; il faut revenir à une agriculture qui n’exige pas trop de fonds et de frais, revenir à une autre organisation du crédit foncier, à une certaine répartition des tâches et des obligations.Tl me semble que les prêts sur hypothèques, qui doivent toujours être à très long terme, devraient entrer dans le champ d’affaires, d’institution's spéciales pour le crédit foncier rural, et les autres crédits dans le cadre des organisations bancaires rurales qui existent déjà, notamment les Caisses Raiffeisen.L’endettement provient de ce que les agriculteurs n’ont pas su compter.Il faut donc revenir à une organisation qui met à côté de l’agriculteur l’homme qui sait calculer.Si le débiteur ne le sait pas, il faut que son créditeur sache calculer pour lui.Il faut amortir continuellement tous les actifs improductifs.Il est complètement faux de vouloir hypothéquer les actifs improductifs parce que, en somme, c’est hypothéquer une charge et non pas un actif.Les bâtiments ruraux devraient être amortis le plus vite possible.Des crédits ne devraient être consentis que sur la base des actifs productifs, à l’exclusion des immeubles qui servent à l’exploitation et en se basant sur une moyenne de productivité de plusieurs années.Le véritable problème qui se pose et qui doit être résolu si l’on ne veut pas que l’agriculteur suisse aille à la catastrophe, c’est celui de l’intérêt.Si, lorsque j’emprunte de l’argent, je dois payer un intérêt qui dépasse ce que cet argent peut produire, en semences, en bétail, etc., si je dois payer un intérêt qui dépasse le rendement, je vais à la ruine.Il faut adapter le taux de l’intérêt aux possibilités du rendement.Les créanciers doivent tenir compte de la sécurité du placement.Pour orienter le crédit dans cette direction, il faudra des exonérations fiscales partielles ou totales pour les hypothèques en premier rang.Et parce que le crédit est une affaire de confiance, il faut également que le créancier puisse avoir une confiance absolue dans celui qui lui demande du crédit.Il faut mettre un frein efficace à l’abus du crédit et, parce que le créancier doit être orienté sur la situation réelle du débiteur, ce dernier ne devra s’adresser en principe qu’à un seul créancier.Quels abus n’a-t-on pas commis dans ce domaine ! Si un débiteur demande un crédit de fr.20,000.— avec 3 ou 4 cautions, on ne lui offre que fr.5,000.— et on exige d’autres cautions pour un montant plus élevé.Le débiteur s’adresse de suite à d’autres banques, pour parfaire la somme de fr.20,000.Les débiteurs dissimulent leurs engagements ; la mauvaise foi devient trop générale.Le crédit, suppose la confiance réciproque non seulement dans les relations entre débiteur et créancier, mais aussi dans les relations entre débiteur et caution.Il faut se demander : à quel but le crédit est-il affecté et sera-t-il productif ?(A suivre) Volume 3 LA CAISSE POPULAIRE DESJARDINS Numéro 2 LA CHARTE DE NOS CAISSES POPULAIRES Exposé général par M.le Commandeur Alphonse Desjardins (suite) A Paris même, les quatre cinquièmes des emprunteurs appartiennent à la catégorie des commerçants, des ouvriers, des employés.Le mont-de-pitié est l’unique établissement de prêt accessible aux classes travailleuses à une époque qui, à juste titre, se vante d’avoir réalisé d’importants progrès dans l’art du crédit.“Ces établissements ne sont plus de nos jours, et il n’est que temps de leur opposer de vigoureuses coopératives qui, faisant le crédit à l’homme et à ses qualités, constitueront les monts de la rédemption morale et économique du peuple.” M.Alphonse Courtois, secrétaire perpétuel de la “Société d’Economie Politique de Paris”, et membre du Jury, Section de l’Economie Sociale de l’Exposition Universelle de Paris, de 1889, parlant de la nécessité de créer ce genre de crédit au bénéfice des classes les nlus Dauvres.s’exprime comme suite à la page 2 de son admirable ouvrage intitulé “Banques Populaires”, des sociétés coopératives de crédit, publié en 1890 : “Inutiles les banques populaires, dira-t-on peut-être, les autres banques rendant les services auxquels elles répondent.” “Cependant, les pays dont nous venons de parler sont, aussi bien nue nous, mieux que nous, peut-être, pourvus de banques ordinaires faisant face, souvent sur une plus grande échelle que chez nous, aux services nue rendent nos banques.“Tl faut donc croire que les banques ponulaires ont une raison d’être spéciale à lanuelle ne répondent nas nos institutions françaises de crédit.“Avant d’aller plus loin, quelques explications préliminaires au sujet des mots populaire et coopératif.“Ne nous arrêtons pas trop longtemps à cette considération que si, dans une démocratie, tout le monde fait partie du peuple, ’ depuis les plus élevés par leur position sociale, leur talent ou leur fortune, jusqu’au plus humble, l’usage, cependant est d’affecter l’adjectif populaire aux choses qui intéressent particulièrement le plus grand nombre surtout les moins favorisés de la fortune; que c’est ainsi que l’on dit: théâtre populaire, réunion populaire.Mais expliquons-nous moins sommairement sur la portée des mots : Pourquoi banque populaire?association coopérative ?Pourquoi pas banque, association tout' court ?Y a-t-il des principes différents selon qu’il s’agit de l’un ou de l’autre?Prétendriez-vous, sera-t-on porté à nous demander, qu’il y a une économie politique à l’usace des ouvriers et une autre à l’usage des bourgeois ?Non.Les lois économiques sont universelles dans le temps et dans l’espace.Elles ne varient ni avec la couleur de la peau, ni en raison des crovances religieuses.ni à cause des récimes politiques, ni même, n’en déplaise à la mémoire de Montesquieu, par suite des climats.Elles sont unes, comme leurs soeurs les lois physiques.Mais si les principes ne varient jamais.' les modes d’application peuvent différer et diffèrent, en effet, selon 1p« milieux dans lesquels ils fonctionnent.C’est ainsi que les justices de paix ces tribunaux populaires, créés pour les petites causes et les petites gens, évitant les frais, et ce oui est souvent plus important, des dérangements et pertes de temps, n’en jugent pas moins comme les autres juridictions, en se référant à des codes communs en appliquant les mêmes lois.La forme seule change.“Du mot passons à la chose.“Une société coopérative est une association dont chaque membre de situation modeste d’ailleurs, est en même temps, client et commanditaire.Elle est mutuelle, chacun donnant et recevant, en droit si ce n’est constamment en fait.Son but n’est pas la bienfaisance, mais la consommation, avec compensation préalable, de services déterminés par les status.”.Et plus loin, aux pages 4 et 5: “Le crédit a pour objet de faire circuler utilement le capital, le faisant passer dans les mains les plus expérimentées.Je ne puis, je suppose, faire rapporter à mon capital que 4 pour cent, mon voisin qui n’en possède pas, pourrait, à risque égal, (condition sine qua non) lui faire rapporter 6 pour cent étant plus habile que moi.Je lui prête, il m’en sert 5 pour cent.Chacun de nous y gagne 1 pour cent et la société dans son ensemble.gao-ne 2 pour cent du dit capital.” “Le crédit sert donc à mieux classer le capital: d ne fait nas plus, mais il ne fait n^s moins, et s’il est libre, il contribue largement à accroître la prospérité publique.Il ne doit, d’ailleurs, seconder nue la production.Tout crédit de consommation improductive est fatal, puisqu’il anticipe, sans compensation, sur l’avenir et aide la société à s’appauvrir.“Mais la pitié, la commisération.qu’en faites-vous ?Voilà un bon ouvrier oui a femme, enfants et un excellent passé: Il n’a pas d’ouvrage, et ses ressources sont épuisées.Il frappe à la porte de la banque populaire lui demandant une avance sur l’avenir, pour donner du pain aux siens et à lui.en attendant qu’il retrouve du travail.Repousserez-vous sa requête ?Eh.mon Dieu ! oui.en tant que banque populaire, dussions-nous passer pour des gens sans entrailles.(A suivre) SITUATION DES CAISSES POPULAIRES DESJARDINS AU 31 DECEMBRE 1936 o> Cm uaspé Montréal Québec sherbrooke i’.= Rivières ; Non Aïf.D.et Prév.Total C.Ré*.Total ACTIF Placements $ 45,663.75 $ 492,735.45 $ 2,668,302.41 $ 31,509.62 $ 485,475.79 $ 38,987.85 $ 63,558.21 $ 3,826,233.08 $ 930,537.91 $ 4,756,770.99 Prêts aux sociétaires 387,083.29 1,208,811.55 2,892,450.40 168,626.90 1,093,630.28 132,730.68 13,790.09 5,962,123.19 196,509.88 6,158,633.07 Inventaire - 2,087.09 11,853.57 7,183.63 885.01 1,074.67 100.00 80.50 23,864.47 1,185.60 25,050.07 69,006.23 58,221.44 29.22 71,300.00 198,616.89 492.04 199,108.93 139,776.85 275,465.16 1,009,971.72 124,165.41 492,975.10 8,424.26 11,478.14 2,062,255.64 314,705.48 2,376,961.12 ACTIF $ 575,209.98 $ 2,117,931.96 $ 6,636,129.60 $ 325,216.16 $ 2, 144,455.84 $ 180,242.79 $ 93,906.94 $ 12,073,093.27 $ 1,443,430.91 $ 13,516,524.18 Dépenses $ 5,932.38 $ 13,899.65 $ 25,176.27 $ 3,142.51 $ 11,261.53 $ 238.12 $ 385.79 $ 60,036.25 $ 2,391.94 $ 62,428.19 Intérêt sur épargne 797.07 10,246.49 9,510.14 3,265.78 2,522.07 2.18 549.45 26,893.18 9,262.06 36,155.24 Boni 34.75 157.95 6,496.07 145.28 2,815.02 — 785.34 10,434.41 — 10,434.41 TOTAL $ 581,974.18 $ 2,142,236.05 $ 6,677,312.08 $ 331,769.73 $ 2.161,054.46 $ 180,483.09 $ 95,627.52 $ 12,170,457.11 $ 1,455,084.91 $ 13,625,542.02 PASSIF Capital Social $ G4,850.68 $ 280,771.93 $ 1,138,759.11 $ 23,847.00 $ 161,640.37 $ 28,951.90 $ 50,106.28 $ 1,748,833.27 $ 84,465.00 $ 1,833,298.27 Epargne 422,137.03 1,611,046.59 4,586,264.74 287,650.46 1,754,753.21 102,768 .60 35,437.54 8,800,058.17 1,297,131.80 10,097,189.97 300.00 26,738.00 52,393.26 2,650.00 19,500.00 7,500.00 109,081.26 21.22 109,102.48 713.76 863.89 5,202.70’ 50.19 3,150.96 313.89 4,408.25 14,703.64 14,703.64 Boni - 943.24 966.41 7,008.79 62.61 3,784.48 189.60 12,955.13 — 12,955.13 PASSIF $ 488,950.71 $ 1,920,386.82 $ 5,789,628.60 $ 314,260.26 $ 1, 942,729.02 $ 139,723.99 $ 89,952.07 $ 10,685,631.47 $ 1,381,618.02 $ 12,067,249.49 Bénéfices $ 8,328.28 $ 40,351.22 $ 78,129.76 $ 6,930.12 ?24,165.29 \ $ 629.26 § 2,145.90 $ 160,679.93 $ 19,901.17 $ 180,581.10 Taxe d’entrée 258.78 680.85 2,294.10 .203.55 485.60 1.50 1.26 3,925.64 261.25 4,186.89 Avoir-propre 84,430.41 180,340.21 S07,259.62 10,375.80 193,674.55 40,128.34 3,528.29 1,319,743.22 53,304.47 1,373,047.69 476.95 476.95 476.95 TOTAL $ 581,974.18 $ 2,142,236.05 $ 6,677,312.08 $ 331,769.73 $ 2, 161,054.46 $ 180,483.09 $ 95,627.52 $ 12,170,457.11 $ 1,455,084.91 $ 13,625,542.02 Sociétaires.- 3,851 8,953 26,650 2,864 0,937 459 2,123 54,847 252 55,099 Déposants 2,813 9,858 25,258 2,237 8,287 690 49,143 218 49,361 Emprunteurs 1,540 • 2,059 6,529 961 2,678 177 13,944 50 13,994 Caisses ayant tait rapport— 24 47 l 107 30 63 3 l 10 284 5 289 LA CAISSE POPULAIRE DESJARDINS Enfin nous l’avons ! .LE DELICIEUX SIROP DURABLE DE QUEBEC Vous pouvez en tout temps obtenir ce sirop d’excellente qualité provenant directement des érablières du vieux Québec.Soyez certains d’obtenir le produit authentique “LE CITADELLE” le sirop préparé avec la sève la plus pure des érables du Québec.Chaque once de cette sève est recueillie, purifiée et embouteillée sous la surveillance directe d’experts.Si vous désirez du sirop ayant cette véritable saveur de l’érable, demandez le “Citadelle” c’est le meilleur que vous puissiez acheter.Il est 100% pur.LES PRODUCTEURS DE SUCRE D’ERABLE DE QUEBEC Bureau, 5, Avenue Bégin, Lévis, P.Q.Entrepot, Plessisville, Co.Mégantic.
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