La voix séfarad /, 1 janvier 1985, Janvier - Février
LA VOIX SEPHARADE ¦utk tw homhré third trolélinn data cIhm ETL (centré-vtHélM't PUBLICATION DE LA COMMUNAUTÉ SÉPHARADE DU QUÉBEC 4735 Chemin de la Côte Ste-Catherine Montréal.Qué H3W 1 M1 CANADA Le Richon Letsion nous parle.Le Centre Hillel et l'humour juif Ecoutons les jeunes.- I :z\m Hlw SIN3Q is any ooz.t oaaano aa 3no3Hianaia • sest -nnn MONTREAL, JAN.-FEV.1 985,16e AN A LA DÉCOUVERTE DU JUDAÏSME Projet conjoint de LA COMMUNAUTÉ SÉPHARADE DU QUÉBEC eh collaboration avec LE PROGRAMME DES ÉTUDES JUIVES de TUniversité de Montréal Année 1984 - 1985 Les cours offerts dans le cadre de ce projet traitent d’un nombre important de thèmes essentiels touchant à divers aspects de la pensée et de la vie juive et constituent une occasion excellente pour pousser plus avant dans la découverte du judaïsme.- Cours offert pour le semestre d’hiver 1985 TORAH : ETUDE DE TEXTES CHOISIS ?Etude, analyse et discussions de morceaux choisis à partir du texte de la Torah et à travers le Midrash et les commentateurs traditionnels et modernes.L’accent sera mis sur la pérennité de ces textes et la pertinence contemporaine du message biblique.a famille en tant que lien indissoluble ; comparé à d’autres valeurs, il a prouvé qu’il était le plus important pour le maintien de l’unité et des valeurs morales.Je m’aperçois que j’ai dérogé un tant soit peu à une des caractéristiques des Alépins, la modération, mais il me faudrait des pages et des pages pour vous parler de Lev Hakkak, né à Bagdad, professeur à UCLA, écrivain et critique, Salvador Israël, de Sofia, Bulgarie, spécialiste en littérature ladino ; Edmond Jabes, né au Caire, considéré comme l’un des plus importants écrivains français contemporains, Albert Memmi qu’il m’est superflu de décrire aux lecteurs de la Voix Sépharade, et d’autres, tant d’autres que je ne peux malheureusement pas citer, n’ayant pu assister à leurs causeries.Cette conférence s’est terminée par une table ronde autour de laquelle se tenaient la plupart des écrivains participants pour répondre aux questions posées par le public.Jane Gerber et Yael Zeru-babel ont dirigé avec expertise un débat animé au cours duquel Ada Aharoni, Nairn Kattan et Amnon Shamosh se sont surpassés en éloquence et clarté.Pour moi, un fait important a dominé toute la conférence : toutes les «vedettes» ont d’abord conservé un souvenir attendri de leur pays d’origine, mais ont surtout affirmé l’importance et la valeur du monde juif sépharade.Charles MIZRAHI Nous sommes fiers d’être votre banque! 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(créé en 1927 pour aider les plus démunis du quartier Darlington) et du département francophone du «Y».Devenu branche à part entière de ce dernier en 1967, le Neighbourhood House sera exclusivement francophone en 1972.C’est aussi à cette date que notre cher ami, le regretté Jules Elalouf, en est nommé le président.Il s’agira de la première nomination d’un Sépharade à ce poste, du moins au «Y».Avec Léon Ouaknine, appelé à diriger le Centre, une deuxième étape importante est franchie par ces deux hommes lors de la fusion des deux organismes précités.Par ailleurs, une structure touchant les jeunes, les jeunes adultes et les adultes, existait déjà lors de mon arrivée à Montréal, grâce à la première vague d’immigrants marocains, groupés dans les quartiers Darlington/Goyer/Wilder-ton et réunis dans les locaux du Neighbourhood House.À ce moment, retrouvant d’anciens amis et chefs-scouts, formés par moi-même au Maroc, nous avons décidé de créer un groupe de filles, et nous avons commencé à organiser des randonnées de ski et des petits camps.A la même période, une cinquantaine de jeunes de 13 à 15 ans insistent, par l’entremise de leurs parents, pour que je m’occupe d’eux.Ce qui faisait que moins d’un an après mon arrivée au Canada, n’ayant même pas de travail à temps plein, j’avais entre les mains une centaine de jeunes d’âges très différents.C’est à cette époque que tout prit un développement extraordinaire et rapide.16 • LA VOIX SÉPHARADE, JAN.-FEV.1985 ./ • % Communautaire Juif Une partie des membres du «Conseil deschefs» en 1973.On peut reconnaître de droite à gauche : Éric Sidney Benudiz, Dave Dadoun, James Dahan, Éric Krief, Marcel Acoca, Albert Ifergan et Richard Sabbah.Je fus engagé au «Y» et un comité de parents très actif fut créé.Formé de gens remarquables et très impliqués, il nous épaula pendant près de sept ans.De plus, des chefs, formés ici et au Maroc, s’occupèrent de plus de 400jeunes de 7 à 20 ans.Ces jeunes et leurs parents, par leurs activités distinctes (bals, soirées orientales, défilés de mode, bazar, etc.) furent le noyau du Centre lors de la fusion du Neighbourhood House et du «Y» francophone en 1973.C’est aussi à cette époque que fusionnèfent les équipes professionnelles, les conseils d’administration et les comités.Il faudra donc toujours se rappeler que 1973 aura été une date très importante dans la vie et l’implantation de la Communauté Sépharade au Québec.C’est aussi à ce moment que se trouvèrent réunies trois personnes extrêmement dévouées à la cause sépharade et qui conditionnèrent, en partie en tous cas, l’avenir de la communauté.Il s’agit de Jules Elalouf, Léon Ouaknine etmoi-mème.Ce trio donna les premières orientations majeures aux services que nous connaissons aujourd’hui dans la communauté sépharade.Il inculqua peut-être aussi à d’autres la volonté de faire quelque chose.Voici, très sommairement, l’historique du Centre.V.S.: Quelles ont été les principales réalisations du Centre et quels en ont été les principaux artisans ?J.D.: La question comprend trois volets.Les volontaires, les professionnels et les réalisations elles-mêmes.Il faut tout d’abord comprendre qu’en travail communautaire quelqu’un peut entreprendre quelque chose qui sera terminé par trois ou quatre autres personnes.Disons tout d’abord que je fus nommé directeur du Centre six mois après sa fondation, à la suite de la mutation à d’autres fonctions de Léon Ouaknine.Auparavant, j’étais en charge des programmes.Je suis tellement lié au Centre que les nominations qui ont suivi (au «Y», au Saidye Bronfman et à AJCS) importent peu.Je suis persuadé que beaucoup de gens n’arrivent pas à m’identifier à autre chose qu’au Centre Communautaire Juif.C’est normal, vu le nombre d’années pendant lesquelles j’ai été impliqué dans cet organisme.Le Centre n’a, en fait, eu à sa direction, sur le plan professionnel, que quatre personnes : Léon Ouaknine, six mois, moi-même, près de neuf ans, Bob Luck, quatre ans, et depuis le mois dernier, Léon Simtob.Les volontaires, eux, furent légion à travers tous les conseils d’administration.Les présidents, quant à eux, ont été Jules Elalouf, en premier, suivi d’André Amiel, Jo Gabay, Michel Chokron (pendant quatre ans), Elie Abitbol, Albert Bendahan et, depuis le mois dernier, Dave Dadoun.Il est important de leur attribuer des réalisations précises car ce que l’un commence, l’autre peut le finir.Prenons par exemple la Quinzaine Sépharade ; elle commence avec l’ASF, continue avec la CSQ et, actuellement, elle a été rapatriée au Centre Communautaire Juif.Depuis ce temps, chaque président y a apporté sa touche personnelle, en ayant toujours pour objectif l’efficacité, la qualité et l’excellence.En ce qui a rapport aux activités, parlons des plus importantes comme, par exemple, celles des camps d’hiver qui sont passés en moins de dix ans de six camps d’une durée de trois à quatre jours à deux camps ( accueillant soixante dix à quatre vingts jeunes) chacun pour une période de neuf à dix jours.Il y a aussi comme nouveauté de l’an dernier, la Semaine Israélienne qui pourrait se répéter annuellement, et qui prend de plus en plus d’ampleur.Car il faut savoir que si l’on n’est pas capable de créer deux ou trois nouvelles activités chaque année le Centre s’étouffera très rapidement.L’an dernier, par exemple, il y a eu la Semaine Israélienne, le défilé de mode avec vente aux enchères, et PASI.Ce dernier était un nouveau programme pour le Centre, mais il a été réalisé à l’échelle de la Diaspora entière.Au cours des quinze dernières années, les programmes furent très nombreux.Pour n’en citer que quelques-uns, parlons de «Bol d’air» qui accompagne les adultes et les gens âgés sur les plages canadiennes et américaines, et qui a une dimension immense sur le plan des relations entre les gens.Il y a aussi les camps d’hiver, ceux d’été, les voyages en Israël, les Centres Aérés chaque été, etc.J’éviterai cependant de mettre un nom de président face à chaque programme, car en général, pour eux, le plus important c’est la mécanique des activités plutôt que les programmes eux-mêmes.Prenons l’exemple de Michel Chokron qui, lors d’une semaine de travail tenue en 1975 à l’École Maimonide, a donné au Centre des orientations majeures, axées plus sur les lignes philosophiques que sur les programmes eux-mêmes.Ou alors celui de Jo Gabay qui a imprimé des orientations religieuses.Ou encore Loulou Abitbol avec la Synagogue du Centre et qui cherche plus à offrir des services de qualité qu’à se préoccuper des résultats financiers.Avec Albert Bendahan, le dernier avec qui j’ai travaillé, il y a eu le réaménagement de la garderie, le «défilé de mode vente aux enchères» qui permit aux jeunes de s’auto-financer pour des camps d’été, etc.D’un autre côté, malgré tous les programmes réalisés par le Centre, le public en a une très mauvaise perception.Ceci, je pense, est dû à une paresse naturelle des gens à lire les documents que nous leur envoyons et à se concentrer uniquement sur les activités qui les intéressent personnellement : par exemple un bal, une conférence ou un séminaire.Ils ne cherchent pas à savoir ce que le Centre a à offrir sur le plan de toute la collectivité.Pour résumer, disons que chaque président a eu, en plus du souci de la qualité de la programmation, l’intelligence de répondre aux besoins de la communauté sépharade toute entière.V.S.: Quel est le pourcentage de jeunes qui fréquentent le Centre et comment peut-on intéresser ceux qui ne participent pas ?J.D.: D’après les dernières statistiques que nous avons, on parle de 23,400 Sépharades pour Montréal et les alentours.Portons notre attention sur le quartier Snowdon-Côte-des-Neiges où vivent environ 12,000 personnes.Sur ce nombre, la tranche des moins de 30 ans est de 55%, soit donc 6,300 personnes.Rappelons que les moins de 5 ans sont desservis par une garderie de cent dix enfants comptant parmi une des dix meilleures du Québec.Donc 6,300 personnes parmi lesquelles environ mille fréquentent plus ou moins régulièrement le Centre.Pour les cinq mille autres, la réponse n’est pas facile.Plusieurs possibilités s’offrent comme réponse : par exemple «les gens ne sont pas intéressés à ce qui se passe au Centre», ou «je n’étais pas au courant qu’il existait ce service».Ça peut arriver, mais c’est rare.D’après moi, c’est tout simplement le manque d’intérêt.Qu’un jeune de vingt et un ans, ayant fini ses études depuis un ou deux ans, fréquente d’autres personnes que celles de sa communauté (Italiens, Grecs, Québécois) est une chose beaucoup plus courante qu’on ne le pense.Les surprises-parties de quartier ne les intéressent pas.Les défilés de mode, ils ne savent pas ce que ça veut vraiment dire.Un camp, encore moins.Un voyage pourrait peut-être les intéresser, s’ils le savent suffisamment à l’avance.Disons simplement que beaucoup de gens ne sont pas intéressés directement au Centre, et à la limite ne cherchent pas à savoir ce qui s’y passe, parce qu’ils n’ont pas d’intérêt direct.Le jour où ils en auront, ils viendront.Comment contacter ces jeunes ?Le «mailing» ?je n’y crois pas.Les gens sont inondés de publicité et ils ne prennent, des fois, même pas la peine de la lire.Je crois plutôt qu’une approche personnelle serait la solution.Une dizaine de volontaires sérieux qui contacteraient directement trente à quarante personnes, pour les gros évènements, seraient plus efficaces.Ce serait plus motivant et plus humain.Ceci étant l’aspect technique de l’approche, il reste qu’il faudrait leur offrir un style d’activités qui leur plaise.Et je suis persuadé qu’ils viendront à ce genre d’évènements.C’est sur ce problème que devraient se pencher les professionnels sépharades.Je crois qu’il faut trouver l’idée, le nouveau concept susceptible de les intéresser.V.S.: Est-ce que tu penses que le Centre Communautaire Juif devrait nommer une équipe de recherche sur la question ?J.D.: Oui, ce serait merveilleux.Mais le CCJ en fait déjà beaucoup.Les constituantes devraient aussi prendre une part des responsabilités.Le Centre a organisé un projet d’envergure, «PASI», qui fait prendre à des 21-35 ans des responsabilités sociales, culturelles et sportives qui devraient être imitées.Ces jeunes travaillent ensemble toute une année pour coordonner, financer et monter le projet.Cela est une expérience unique, mais malgré tout limitée à une petite clientèle.Je pense qu’il devrait y avoir un effort de la part de tous les responsables communautaires, sous le leadership du Centre c’est certain, pour aller chercher l’idée, le concept nouveau qui nous fera sortir de là.V.S.: Merci beaucoup, James.Interview réalisée par Paul Giami LA VOIX SEPHARADE, JAN.-FEV.1985 • 17 JUDAÏSME Chabath, mila et téphilines Le 3 novembre dernier, Dan Gabay a célébré sa Bar-Mitzvah : comme tous les Bar-Mitzvah, il a prononcé le discours traditionnel.Contrairement à l’habitude qui veut que l’on fasse des «promesses», Dan nous a magistralement expliqué les raisons de certaines pratiques religieuses.Le cheminement de la pensée, les termes et le langage utilisés, font de ce Darouch un petit chef-d’oeuvre de littérature religieuse pour lequel nous le félicitons chaleureusement et que nous nous faisons un plaisir de publier ci-dessous.Nous souhaitons que d’autres Bar-Mitzvah suivent son exemple: envoyez-nous votre texte et un comité spécial l’étudiera en vue de sa publication.Moraï verabotaï Nous commencerons par nous demander pourquoi, aujourd’hui comme tous les chabatoth, nous ne portons pas les Téphilines?Nous savons qu’il existe trois mitsvoth, trois commandements qui portent le nom particulier de Ototh, des signes.Ces trois mitsvoth sont: LeCHABATH, la MILA et les TÉPHILINES.En effet, à propos du Chabath, nous lisons dans le kidouche de samedi matin : «Béni oubène béné Israël oth hi Léolam» : entre moi et les enfants d’Israël, ce sera un signe éternel.Pour la MILA, nous lirons dans la paracha de cette semaine - la paracha «Lekh lekha» - «Vehaya Leoth Bérite»: elle sera un signe d’alliance; et enfin, dans le chéma, nous lisons tous les jours «Oukchartame Léoth Al Yadékha» : tu les attacheras comme un signe sur ta main.Chaque jour, le Juif doit témoigner de sa volonté d'appartenance au judaïsme et de son attachement aux mitsvoth, et comme nous le savons, pour qu’un témoignage soit valable, il faut deux témoins: un témoignage doit être fait «al pichenaïm édime».Or le Juif possède en lui un signe témoin, c’est pourquoi les jours de semaine il porte les téphilines qui viennent compléter son témoignage.Par contre, le Chabath, lui-même associé à la Mila, est suffisant pour produire le second témoignage requis.En résumé : les jours de semaine, la Mila et les Téphilines sont les Edimes, les témoins de mon appartenance au judaïsme, tandis que chabath (et les jours de fête appelés chabath) la Mila et la pratique du chabath attestent de mon adhésion au judaïsme.?Nous allons essayer maintenant de trouver une autre réponse à la question de savoir pourquoi nous n’avons pas à porter les téphilines le jour du chabath.Il existe, comme nous le savons, trois fautes fondamentales, à cause desquelles le temple a été détruit.Ces fautes sont: Avoda Zara: l’idolâtrie; Chfikhoute Damine : le meurtre, et Guilouï Arayote : la débauche.Pourquoi est-ce que ces fautes sont si importantes que le Talmud enseigne «Yeharegue bal yaavor», il vaut mieux se laisser tuer plutôt que d’y succomber?C’est que l’idolâtrie représente la négation de la relation verticale, négation du rapport Ben Adame Lamakome, tandisque le meurtre incarne la négation du rapport avec autrui ; la négation de la relation Ben Adame Lahavero, destruction du rapport horizontal, et que la débauche constitue la négation du rapport de l’Homme avec lui-même, la négation de la relation Ben Adame Leatsmo, la négation de la relation ponctuelle.Essayons maintenant de mettre en parallèle les trois Ototes, les trois signes, avec les trois Averoth, les trois fautes fondamentales.Il est évident que la Mila est une prévention de Guilouï Araïoth.On dira que la Mila est la Tikoune - la remise en ordre - de la faute de débauche.Quant à Chabath, il est le Tikoune, à la fois la remise en ordre et la protection contre la tendance à la suppression d’autrui.Pendant chabath, le rapport de l’homme à son prochain est un rapport privilégié.En effet, la Michna du traité chabath s’ouvre sur le cas du maître de maison qui est chez lui, et d’un pauvre qui est en dehors de la maison.Le Baal Habaït (le maître de maison) et le An ni (le pauvre) s’échangent des objets, de l’intérieur vers l’extérieur et vice-versa.L’étude de la Michna établit clairement que chabath est transgressé lorsque l’un des deux hommes force la volonté de l’autre.Prenons un autre exemple.Si un jour de semaine vous êtes invités à prendre le repas de midi chez quelqu’un, il serait malvenu de vous attarder après manger.En effet, votre hôte doit se rendre à son travail et.n’attendez pas qu’il vous mette à la porte.Par contre, si chabath vous allez manger- la dafina par exemple - chez un ami, il serait incorrect de partir après le repas! Chabath, l’homme doit être disponible à son prochain.Ces deux exemples illustrent bien que la mitsva du chabath est le Tikoune de Chfikhoute Damine, le meurtre.Enfin, montrons comment la mitsva des Tefilines représente le Tikoune de Avoda Zara, de l’idolâtrie.En effet, lorsque nous travaillons, nous utilisons nos bras et nos mains, mais nous ne voulons pas que le travail accompli soit un travail étranger à l’esprit de la Thora qui enseigne «chéchète yamime taassé melakh/téka», pendant six jours tu accompliras ton travail.Nous ne voulons pas que notre travail soit une Avoda Zara, littéralement, un «travail étranger», aussi nous apposons sur notre bras le signe des téphilines pour bien démontrer notre intention d’accomplir un travail qui aille dans le sens de l’édification du monde tel que prescrit par la Thora.Nous comprenons maintenant pourquoi le chabath, pendant lequel tout travail est interrompu, nous n’avons pas à porter les téphilines.Le respect du chabath lui-même est une protection contre Avoda Zara, contre l’idolâtrie.Et on voit très bien que les deux réponses données à la question de savoir pourquoi on ne porte pas les téphilines chabath se rejoignent : la pratique du chabath est un témoignage, d’une part, de mon appartenance au judaïsme et de la reconnaissance de ses principes fondamentaux, et d’autre part, du rejet de l’idolâtrie sous toutes ses formes.?Nous lirons tout à l’heure dans la Paracha, qu’Abraham, notre ancêtre, a combattu les trois fautes fondamentales.En effet, il a accepté le Lekh Lekha, affirmant par là même son rejet de l’idolâtrie.Par la suite, au péril de sa vie, il va sauver Loth s’élevant ainsi contre le meurtre, contre Chefikhoute Damine, et enfin il accepte pour lui et sa famille la Mila, rejetant ainsi Guilouï Arayote, la débauche.C’est en ce sens qu’Abraham est le premier des Aboth, des pères, puisqu’il a accepté au niveau individuel les mitsvoth et les principes fondamentaux de la Thora, avant que celle-ci ne soit donnée à la collectivité d’Israël au pied du Mont Sinaï.?Je voudrais pour conclure remercier ici l’École Maïmonide ainsi que ses professeurs, sans qui mon éducation juive n’aurait pas été ce qu’elle est.Je voudrais aussi remercier mes parents et ma famille qui m’ont si minutieusement préparé depuis treize ans à mes nouvelles responsabilités et à mes joies de Bar Mitsva.Enfin, je voudrais vous remercier, cher Kahal, chers amis, d’être présents aujourd’hui pour contribuer, participer et partager cette Simha.Chabath chalom, Dan GABAY 18 • LA VOIX SEPHARADE, JAN.-FEV.1985 FEDERATION SEPHARDIE CANADIENNE V ¦ ¦ • ; H 8 - m mm forêts dont peu nombreuses sont celles qui ont survécu.Pays typiquement méditerranéen mais qui a subi un surpaturage épuisant et érodant.Mais ce ne sont pas seulement de riches vallées, dont certaines avaient été envahies de marécages mortels où régnaient la malaria et le trachome.Aujourd’hui il est question de préserver une nature superbe, de rendre à la vie les collines et les monts dénudés et de remettre en valeur une histoire passée, glorieuse, de tout temps glorieuse.Le sud d’Israël Ce que tu vas voir n’est qu’une petite partie d’un ensemble qui va se transformer toujours davantage, c’est le monde du désert.Ben Gourion disait : «Ou c’est nous qui vaincrons le désert, ou bien alors c’est le désert qui nous vaincra».Dans le temps on pensait tout transformer en champs verts et en forêts.Puis le désert nous a séduit par sa grandeur et par la qualité de sa solitude.Aujourd’hui c’est la synthèse qui est à l’oeuvre.Il y aura les deux, des Programmes en français Shalom ! La Fédération Séphardie Canadienne et le Département de la Jeunesse et du Hechalutz en collaboration avec le Centre Communautaire Juif, le Centre Hillel et l’Ontario Sephardic Association cherchent à offrir à chaque jeune Juif l’occasion de séjourner en Israël, dans le cadre d’un programme pédagogique, afin qu’il puisse connaître le pays.Ces programmes offrent à leurs participants l’occasion de prendre leur premier contact réel avec Israël et avec tout ce que le pays symbolise.Israël offre de nombreux aspects à ses visiteurs ; nulle part ailleurs, lescontrastes ne sont aussi tranchés, les récompenses aussi bonnes, les satisfactions aussi profondes.Parce qu’lsraël est le pays de la Bible - le pays qui possède l’attraction touristique la plus puissante de la région.Israël est aujourd’hui un jeune État, mais en fait, il a l’âge de notre civilisation, car il champs et des forêts, mais aussi des réserves où le désert sera préservé dans sa solennelle beauté.Découverte du Néguev Les jours au rythme d’une vie de désert, saturé d’échos et de récits.L’on se réveille tôt, très tôt pour devancer le soleil et l’on se perd dans la lumière et le sable.Partout, le désert exige persévérance, et en échange, il offre la fraîcheur de ses oasis.Le soir, tu t’emballes dans un sac de couchage et tu te laisses bercer par le silence - porteur d’une certaine inspiration.Tel-Aviv-Yafo Tel-Aviv, la plus grande ville d’Israël, est le coeur de la vie sociale et commerciale Le groupe à la vieille ville de Acco.est né avec elle.Son Histoire est consignée dans la Bible, qui relate sa genèse, son développement et son apogée.C’est la Bible qui vous racontera l’Israël de l’Antiquité, mais aujourd’hui, lorsque vous voyez par vous-même l’ancien voisiner avec le moderne, vous avez l’impression que les Écritures revivent sous vos yeux ; et vous vous rendez compte que ces lieux dont on vous a tellement parlé dans votre enfance, existent réellement.Le nord d’Israël Le nord d’Israël, Carmel, monts de Basse et de Haute Galilée que traversent d’imposantes vallées et avant tout la plaine de Jezréel.Pays riche en eau ; il ne l’est d’ailleurs pas partout.Pays d’anciennes du pays.La Vieille ville (Jaffa), qui était déjà un port méditerranéen à l’époque du Roi Salomon, est habitée par une colonie d’artistes; avec Tel-Aviv, c’est la capitale des distractions en Israël.Ses théâtres, discothèques et nightclubs offrent au visiteur un choix aussi riche que varié de distractions nocturnes.Jérusalem La cité éternelle, la ville que les Juifs du monde entierpendant des millénaires évoquaient plusieurs fois par jour dans leurs prières, la cité de David, de Salomon et des prophètes, siège du Temple, cité tant de fois disputée par tant d’armées, telle est Jérusalem.Cette cité au destin unique est particulière pour sa spiritualité, et pour l’influence décisive qu’elle a apportée au monde, puisque c’est en elle qu’est né le christianisme et c’est pour les musulmans la troisième cité sainte.Jérusalem est cependant aussi la capitale de notre pays, centre de l’administration, mais aussi centre intellectuel et même commercial et industriel.Concilier les besoins matériels avec la haute spiritualité et la sainteté de la ville, c’est l’affaire de tous les jours.Telle est Jérusalem comme nous allons la voir.Ville aux cent visages, aux contrastes étonnants, ville antique, ville nouvelle, ville aux collines et aux montagnes, aux vallées et aux pers-pectiveschangeantes.Une ville donton ne se lasse pas, même sans tenir compte du message juif unique qu’elle comporte.Les programmes suivants sont proposés pour 1985 : • Programme excursions : Centre Communautaire Juif- 3 semaines de visites, 1 semaine au Gadna, Jeunes 15-18 ans 8 juillet-5 août, 1985 • Programme excursions : Centre Hillel 2 semaines Kibbutz- Travail volontariat 2 1/2 semaines de visites, 3 jours libres, Étudiants 18-23 ans 8 juillet-14 août 1985 • Programme excursions : Ontario Sephardic Association 1 semaine au moshav- Travail volontariat 3 semaines de visites, Jeunes 15-18 ans 8 juillet-5 août 1 985 • Projet Bar Mitzvah : Fédération Séphardie Canadienne Centre Communautaire Juif, École Maimonide 1 2 août : Bar Mitzvah au Kotel 7 jours de programme spécial, 4 jours libres 31 juillet-1 2 août 1985.Pour plus d’information contacter : M.David Abisror, tél.: 934-0804.LA VOIX SEPHARADE, JAN.-FEV.1985 • 19 WW#»** ECOLE MAIMONIDE Spectacle du pré-scolaire Les petits de la pré-maternelle et de la maternelle de Maïmonide de Côte St-Luc ont offert une représentation de danses.À l’affiche il y avait des saynètes, des chants en français, en anglais et surtout en hébreu, sur le thème de la fête de «Ha-nouccah».Je tiens à exprimer toute la fierté que j’ai ressentie en voyant nos petits se produire en public avec autant de facilité et de présence sur scène.Tout le spectacle concordait à rendre le tout vivant et très bien orchestré: les chants, les costumes, les présentations et surtout les danses elles-mêmes.Il va de soi qu’une telle production demande des heures et des heures de préparation et de travail assidu.Le dévouement des enseignantes du pré-scolaire mérite plus que des éloges.En terminant, je remercie M.Castiel, directeur de l’école, ainsi que les enseignantes d’avoir invité les parents et j’offre les félicitations les plus sincères à tous les élèves du pré-scolaire pour leur excellence.Enfin je souhaiterais personnellement que d’autres parents puissent, de temps à autres, exprimer sur ces pages, leur appréciation du travail fait autour de leurs enfants.Mme F.Benchaya Une parente d’élève m \zmsi -xcëËï» ÿtnpertatbHA Xtèe ACCESSOIRES TÉL.: 288-8873 Bijouterie de Fantaisie Accessoires de mode Briquets Lunettes TED LAPIDUS BALANCIAGA CEINTURES Serpent - Cuir Suède - Vernis 4200 BOUL.ST-LAURENT, SUITE 403-405, MONTREAL, QUEBEC H2W 2R2 C.G.R.E.Tél.721-7884 CENTRE GÉNÉRAL DE RÉPARATION ÉLECTRONIQUE Nous réparons, sans vous ruiner pour autant, tous vos appareils électroniques : radio, T.V., radio d'auto, convertisseur, jouets électroniques, vidéo, etc.Travail impeccable et garanti.Téléphonez à GABRIEL SOLJSSANA ou venez le rencontrer dans son nouvel atelier, moderne et bien situé : 2711 Everett (au coin de la 8e Avenue) VILLE ST-MICHEL, Qué.H2A3C9 f""' ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ «lA ËI ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ UU Cjferjance - liai Li U^resliye i JOËL CADEAUX JOËL CADEAUX 734 Ste-Catherine O.Carrefour Laval Montréal, H3B 1B9 Laval, H7T 1C8 ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ Tél.: 879-1305 Tel.: 331-5216 s JOËL CADEAUX Promenade St-Bruno JOEL CADEAUX St-Bruno, J3V 5K3 7481 Galeries d’Anjou Tél.: 653-5999 ¦ ¦ ¦ Anjou, HIM 1W6 Tel.: 354-7750 i ¦ ¦ ¦ ¦ Les plus beaux articles r ¦ ¦ ¦ cadeaux venus du monde ¦ ¦ ¦ g entier à 30% d'escompte ¦ ¦ ¦ ¦ sur présentation ¦ ¦ ¦ g de ce coupon ¦ ¦ ¦ ¦ 1 I Le lui qu lai te as îo se en taii lié de.ai cia dis fils 20 • LA VOIX SÉPHARADE, JAN.-FEV.1985 Visite du Richon Letsion À l’occasion de la visite du Richon Letsion, l’École Maimonide a eu l’opportunité de montrer à l’illustre visiteur ainsi qu’aux responsables communautaires, l’importance qu’elle accorde aux études juives, composante essentielle de l’héritage sépharade.La visite a permis de constater concrètement le rôle de Maimonide à l’intérieur de la communauté.L’institutionalisation du shahrit au cours duquel 190 élèves du secondaire mettent leurs tefilines et conduisent la prière.La ferveur et le sérieux des élèves n’a pas manqué d’impressionner fortement les responsables communautaires qui y assistaient.Classe «Yeroushalaïm» (sec.I) dont la responsable est Mme Mathilde Ohana.\ .* -f JL-" i Classe Yeroushalaïm Classe de Hazanout lilll® Classe Akiva Le Grand Rabbin a assisté à un cours de Torah dont les lectures et commentaires se faisaient alternativement en hébreu et en français.Ce qui a frappé le plus l’assistance, ce fut l’aisance des élèves en hébreu, et leurs discussions approfondies des textes.Deux commentaires à signaler : M.Ohana a tenu à préciser que les élèves de cette classe proviennent dans leurgrande majorité du primaire de l’école Maimonide, et le fils du Richon Letsion, Rav Shmouël Eliya-hou, a porté un jugement hautement flatteur sur la classe, la comparant à une classe en Israël.La coïncidence entre la visite et la fête de Hanouccah, symbole de lutte contre l’assimilation, a été évoquée par le Richon Letsion qui a exhorté les élèves à être tous porteurs de cette flamme et il a félicité l’école et la communauté pour avoir repris ce combat essentiel à la préservation de l’identité juive.Classe «Akiva» (sec.III).Lors de la visite, M.Benahou et ses élèves discutaient sur un texte ayant rap- port à Moïse et à l’injustice faite au peuple juif.Encore une fois, se dégagea des nombreux échanges le haut niveau philosophique des études juives telles que comprises à l’école.Et là, plus que jamais, participation, intelligence et affection se confondaient dans le coeur et l’esprit des jeunes élèves, courroie de transmission d’un message aussi profond qu’attendu par leurs propres parents.Cet enthousiasme et ce sérieux ne pouvaient qu’émouvoir les responsables communautaires, eux qui, pour la première fois, pouvaient constater de visu ce qui se faisait à l’École Maïmonide.Le Richon Letsion fut un témoin heureux de cette joie et de cette émotion partagées.Classe de Hazanout: réservée aux élèves ayant le goût et les aptitudes adéquats à cette classe dans le cadre de projets spéciaux, s’adonne à la pratique de chants liturgiques, partie intégrante de l’héritage sépharade.Cette affirmation n’est point gratuite et l’émotion de l’assistance à l’écoute prenait une valeur de symbole.3 ^ iKtrn jnxvuf hi LA VOIX SEPHARADE, JAN.-FEV.1985 • 21 COMMUNAUTE SEPHARADE DE LAVAL Rishon Letsion à «Or Sefarad» De festivités en festivités, puissions-nous être toujours dans la joie ! La visite du «Premier de Sion» a mis notre Centre en fête.Des personnalités des trois paliers de gouvernement, et les présidents de diverses institutions communautaires sépha-rades et ashkénazes, nous honorèrent de leur présence lors de la visite à Laval du Grand Rabbin d’Israël.Dans une synagogue remplie à capacité, femmes et hommes attendaient depuis quelques temps lorsque le Rishon Letsion fit son entrée à «Or Sefarad» avec les personnes de sa suite.Qualifié par les uns de rayon de lumière, par les autres de note vivifiante, le passage du Rabbi Mordekhaï Eliyahou dans nos synagogues aura, de l’avis de tous, semé les germes de renouveau, de ré-union dans le coeur des Sépharades du Canada.M.Sam Serfaty, président, dans son discours de bienvenue, retrace pour le bénéfice des visiteurs, les étapes de l’édification de la communauté, et demande l’appui de Richon Letsion pour l’obtention d’un rabbin-résident.«Je suis fier de vous dire que la Communauté Sépharade de Laval a toujours été à la pointe du développement des Sépharadims au Québec et c’est dans ce sens que nous avons choisi le nom de notre synagogue «OR SEFARAD».Et d’ajouter: «Nous sommes convaincus que votre présence ici sera l’éclat d’une source de joie et de lumière, et que vous instituerez le chalom entre les différentes institutions communautaires».Les salutations, les discours en hébreu, en français, se suivirent sans se ressembler.Nous nous souviendrons longtemps de l’allocution de Rabbi David Shlush, Grand Rabbin de Natania, que tout le monde suivit avec une attention piquée d’admiration, d’amusement et de tendresse.Il est certain que l’attente du moment essentiel ne fit qu’augmenter la fascination que tous les présents ressentaient envers notre éminent visiteur, Rabbi Mordekhaï Eliyahou.Lorsque le Rishon Letsion prit enfin la parole, ses mots furent «bus» par l’entière congrégation.Une présence physique dominante, une voix pénétrante, auxquelles s’ajoutait l’art du discours religieux, donnaient à ses phrases l’allure d’autant de commandements.À mesure que les propos du Grand Rabbin devenaient plus élaborés, le regret grandissait chez les personnes non versées en hébreu.L’invitation de «monterà Sion», les louanges, les bénédictions que le Rishon Letsion nous adressa à la fin de son allocution furent, elles, parfaitement comprises.Elles resteront avec nous pour toujours, renouvelant notre espoir communautaire et renforçant notre idéal d’union.Tel était son message et comme tel nous le suivrons! Coty Benchetrit Le Richon Letsion signant le livre d’or de la synagogue.Le Richon Letsion à «Or Sefarad».À droite, Sam Serfaty, président de la Communauté Sépharade de Laval.22 • LA VOIX SEPHARADE, JAN.-FEV.1985 CENTRE COMMUNAUTAIRE JUIF PROGRAMME I.CLUBS - 2e PÉRIODE BALLET-JAZZ (DÉBUTANTS) Les Mercredis de 17 h 30 à 19 h DÉBUTE : le 1 6 JANVIER 1 985 INSTRUCTRICE : Arielle GODDARS PRIX : $54 ($36 Membres du Y) 10 sessions.BALLET-JAZZ (INTERMÉDIAIRES) Les Mardis de 17 h 30 à 19 h DÉBUTE : le 1 5 JANVIER 1 985 INSTRUCTRICE : Gladys NEZRY PRIX : $54 ($36 Membres du Y) 10 sessions.KARATÉ(DÉBUTANTS) Les Mardis de 17 h 00 à 18 h 00 INSTRUCTEUR : Sacha GUREVICH DÉBUTE : le 1 5 JANVIER 1 985 PRIX : $36 ($24 Membres du Y) 10 sessions.KARATÉ (INTERMÉDIAIRES) Les Mardis de18h15à19h15 INSTRUCTEUR : Sacha GUREVICH DÉBUTE : le 1 5 JANVIER 1 985 PRIX: $36 ($24 Membres du Y) 10 sessions.DEVOIRS SURVEILLÉS: Les Mardis & Mercredis de 16 h à 17 h 15 DÉBUTE : le 1 5 JANVIER 1 985 PRIX : GRATUIT POUR LES ENFANTS FRÉQUENTANT LES CLUBS.ACTIVITÉS DU DIMANCHE : TOUS LES DIMANCHES VOTRE ENFANT A LA POSSIBILITÉ DE PARTICIPER À DES ACTIVITÉS DE SPORTS SORTIES TRAVAUX MANUELS ETC.ET DE RENCONTRER DES AMIS DANS UNE ATMOSPHÈRE SAINE.Renseignements : DANIEL au 735-5565.CHELEG «TRAVELLING» 10 Dimanches consécutifs à compter du DIMANCHE 13 JANVIER 1985 de 8h30 à 17h.Cours de 1 h30 par dimanche, sous la supervision de moniteurs spécialisés.PENTES: MANOIR DU LAC LUCERNE, MONT-BLANC, MONT-GABRIEL, MONT-AVILA, MONT-HABITANT.Pour les enfants de 8 ans à 13 ans de niveau : intermédiaires, avancés, experts, pré-compétition et compétition.PRIX : $310 (Membres du Y : $250) comprenant: Transport, remonte-pentes et leçons.Plusieurs points de ramassage en ville.Renseignements: DANIEL au 735-5665.Places limitées - Frère ou Soeur additionnel : 10% de réduction.ÉQUIPE DE COMPÉTITION EN NATATION : Prépare et présente des enfants sachant déjà nager, aux compétitions de natation locales, provinciales et internationales.PRIX: $50 Les MARDIS & JEUDIS de 17 h 45 à 18 h 30 & les DIMANCHES de 1 6 h 00 à 1 7 h 00.ÉCOLE DE SKI CHELEG 10 Dimanches consécutifs à compter du DIMANCHE 13 JANVIER 1985 de 8 h 30 à 17 h 00 3 heures de cours par dimanche, sous la supervision de moniteurs spécialisés du MANOIR DU LAC LUCERNE.Pour les enfants de 5 ans à 13 ans de niveaux: débutants, intermédiaires, pré-compétition et compétition.PRIX : $310 ($250 Membres du Y) comprenant: Transport, remonte-pentes et leçons.Plusieurs points de ramassage en ville.Renseignements : DANIEL au 735-5565.Places limitées Frère ou Soeur additionnelle : 10% de réduction.DISTRICT: 14-20 ans Dans le cadre de Centri-Sports : tous les dimanches de 18 h à 21 h.Clubs de FLOOR HOCKEY - SOCCER BASKET BALL - VOLLEY BALL RACKET BALL I 9 janvier: SKI DE NUIT 25 janvier, 26 et 27 : WEEK-END DE SKI Du 8 au 17 février: STAND D’INTERPRÉTATION au Vélodrome Olympique, dans le cadre du «SALON JEUNESSE 1985» 10 février: DÉFILE DE MODE Vêtements de modèles exclusifs présentés par les jeunes mannequins du District 16 février: SOIRÉE ST-VALENTIN à l’Auditorium Samuel-Grover du Y.Garderie JARDIN “AT D ENFANTS 5500 West bury Ave.SNOWDON NURSERY 737-6551 Director: Barbara *** GARDERIE C.C.J.DAYCARE CENTRE COMMUNAUTAIRE JUIF 5480 Avenue Westbury 735-5565 Directrice: Dora Benedik IM D‘ENFANTS DAVIS NURSERY 44%$ 5700 Kellert Avenue 482-0730 Director: Eva Shizgal D‘ENFANTS LAVAL NURSERY **?755 Du Sablon, Chomedey 688-8961 Director: Sylvia Miller mam LA VOIX SEPHARADE, JAN.-FEV.1 985 e 23 OrTamid (Age d’Or) en marche.En 1983, le Centre Communautaire Juif a bénéficié de la plus importante subvention qui ait été accordée à l’Àge d’Or du Centre, ce qui a permis, entre autres acquisitions, l’équipement et le lancement de 2 ateliers: Bijouterie et Reliure.Cette dernière technique a été particulièrement bénéfique au département Cultuel pour lequel bon nombre de livres de prières ont été reliés.Mr.Jacob Cohen-Scali qui avait présidé lecomité OrTamid pendant deuxans, avec beaucoup d’intérêt, a été remplacé cette année, par Mme Rachel Elbaz, bien connue du groupe Fraternité de l’Àge d’Or de la Communauté.Entreprenante et dynamique, Mme Elbaz amène au Centre les participants aux groupes Âge d’Or déjà existants.C’est ainsi qu’après avoir réalisé conférences et films, elle a organisé une Partie de Hanouka qui a réuni 150 personnes à la salle Sinai du C.C.J.le mercredi 19 décembre.C’est autour d’un succulent couscous préparé sur place par un groupe de bénévoles dirigé par Mme Elbaz, que Hanouka a été célébré.Un orchestre et des animateurs qualifiés, ont donné une note entraînante pendant et après le repas.Nos invités parmi lesquels plusieurs anglophones, étaient ravis de l’accueil qui leur a été réservé, du délicieux repas, de la distribution de petits cadeaux et surtout de l’ambiance, ambiance de détente, de fête et de lumière.Ainsi OR TAMID est parti pour de belles réalisations.Tous les mardis et mercredis, nos foyers se remplissent de gaiété, de bonne humeur et surtout de retrouvailles.Souvent nos participants rejoignent le groupe Amitié animé par Dory Edhéry et ensemble, jeunes et moins jeunes s’adon- nent à une partie de Bingo ou de réalisations techniques telles que recettes de pâtisserie, tricot, fabrication de chocolats.Par beau temps ou mauvais temps, une fois par mois, ensemble nous partons vers Plattsburg ou d’autres sites pourdécouvrir ou simplement nous promener.Ces services sont offerts à tous et à toutes, sans conditions particulières.La plupart de ces activités sont gratuites ou pour une participation symbolique aux frais.Si vous êtes intéressés et désirez recevoir programme et informations concernant OR TAMID ou le groupe Amitié, appelez Ralph Sultan au 735-5565 ou passez simplement le rencontrer au Centre Communautaire Juif, 5480 Avenue Westbury, Montréal.Clémence LEVY Ralph SULTAN "'V*S r a LA CORPORATION MAGHEN ABRAHAM des Égyptiens et Libanais annonce son GRAND BAL DE POURIM 1985 qui aura lieu le Samedi 9 Mars au Salon LAWI de la Synagogue Spanish & Portuguese, 4894 rue St-Kévin.Pour tous renseignements, appelez : Fred Anzarouth : 733-4998.v_________________________________y " FRANK STUDIO Armand Bouadana Photographe Mariages - Bar Mitzvah - Portraits Passeports - Commercial & vidéo 3600 Barclay, coin Côte-des-Neiges Montréal, Tél.: 737-8868 Toutes les photos du passage du Richon Letsion prises au Rabbinat, à Petah Tikvah, à Hekhal Shalom, à Maïmonide, à Laval, etc.sont disponibles chez Frank Studio Armand Bouadana - Tél.: 737-8868 V__________________________________/ 24 • LA VOIX SÉPHARADE, JAN.-FEV.1985 Hü VILLE SAINT-LAURENT Visite du Richon Letsion De droite à gauche : René Lévy-Soussan, Maurice Elmaleh, Haïm Hazan, Le Richon Letsion, David Avayou, Henri Afilalo.Le 4 décembre 1984, la Communauté Sépharade de Ville St-Laurent et l’Association Sépharade de la Banlieue Ouest de Montréal (ASBOM), ont conjointement eu l’honneur d’être les premières à accueil lira Petah Tikva le Richon Letsion, Rabbi Mor-dekhaï Eliyahou, venu d’Israël pour rendre visite aux Juifs de la Diaspora établis au Canada conformément à une tradition maintenant établie.Son arrivée, si longtemps attendue, afait frémir les six cents fidèles qui emplissaient une salle au comble de l’émotion, un kahal suspendu à chacun de ses gestes et de ses mots, une congrégation qui ne demandait qu’à voir se réaliser les promesses de bonheur, de paix, de sérénité et d’amour enfin partagé, que le Richon Letsion, accompagné du Rabbin de Nataniah et du Rabbin David Sabbah, a bien voulu lui faire.Au cours de son allocution de bienvenue, René Lévy-Soussan, président de la Communauté de Ville St-Laurent, s’est adressé à son auguste invité en ces termes : «Nous sommes convaincus que votre présence, Monsieur le Grand Rabbin, sera pour nous une source de joie et de lumière, tant par les conseils éclairés que vous ne manquerez pas de nous donner que par les enseignements que vous voudrez bien nous prodiguer, nous transmettre et nous communiquer, tout au long de vos contacts avec nos différentes institutions communautaires».Et il a conclu sur cette note d’espoir : «De Sion sort la Torah et de Jérusalem la parole du Seigneur».le Richon Letzion, René Lévy-Soussan, le Rabbin Schlouch de Nataniah.Halafta, le Saint Béni soit-il ne trouva de meilleur récipient pour contenir la bénédiction réservée à Israël que la Paix».«Si la paix en soi n’est pas la bénédiction, elle demeure un moyen indispensable pour y parvenir».«Quand on aura concilié les exigences de l’individu avec celles de la collectivité, la Thora avec ses porte-paroles, le citoyen avec la nation, alors, et alors seulement, nous jouirons des fruits de la paix bénie».Ont assisté à cette soirée mémorable entre toutes: M.Marcel Laurin, Maire de Ville St-Laurent, M.Jerry Weiner, Député Fédéral de Dollard des Ormeaux, M.Germain Leduc, Député Provincial du Comité de Ville St-Laurent, M.Ed Janiszewiski, Maire de Dollard des Ormeaux, M.Maurice Cohen, Conseiller municipal de Ville St-Laurent, M.Aviad, Consul général d’Israël, M.David Avayou, directeur de la Fédération Sépharade d’Israël, M.Henri Elbaz, président de la Communauté Sépharade du Québec, M.Bernard Finestone, président du Congrès Juif Canadien, M.Mardoché Lévy, président du Conseil des Synagogues, les présidents et représentants de toutes les synagogues de Montréal et les leaders de la communauté.Aujourd’hui, le Richon Letzion s’en est allé, mais espérons qu’il aura laissé sur son passage et derrière lui suffisamment de bonnes paroles et d’inspiration pour qu’au seuil de cette nouvelle année chacun se reconsidère et trouve enfin le chemin de la sérénité et de l’amour.• M.Maurice Elmaleh, président de l’ASBOM.apportant les voeux de sa communauté au Richon Letsion, l’assura que sa visite était un encouragement dans les efforts prodigués pour la sauvegarde de l’identité sépharade.«Il est tout à fait remarquable que vous arriviez dans les temps de Hanouccah, fête qui symbolise précisément la sauvegarde de cette identité, et permettez-moi de considérer votre arrivée ici comme ia lumière de Hanouccah».À son tour, Haïm Hazan, ancien président et fondateur de Petah Tikva, prononça un discours en hébreu dont le ton dominant était la paix tels qu’en témoignent les extraits suivants : «Selon Rabbi Shimon Ben LA VOIX SÉPHARADE, JAN.-FEV.1985 • 25 mm mm pip Venissage de Lucien Chelly Lucien Chelly, peintre tunisien, membre ! du Conseil des Artistes-Peintres du Québec, a exposé quelques-unes de ses oeuvres à la synagogue Petah Tikvah de Ville St-Laurent.Au cours de ce vernissage, il a surpris un public venu nombreux pour découvrir et admirer son style et ses couleurs qui, dit-il, «traduisent une certaine mélancolie» de cet Orient qu’il a dû quitter.D’un fond obscur et mystérieux surgissent des ors scintillants, des rouges carmins, des bleus nuit.Sous l’influence de la magie des couleurs, les sujets semblent imprégnés d’un sentiment de chaleur et de passion.De l’abîme émane une lumière («une vraie, pas comme celle-ci» me dit-il en me montrant les néons et les spots qui nous éclairent), qui irradie ses personnages à la peau de porcelaine, et nous laisse apercevoir les élans intérieurs de leur être, la profondeur de leur âme.Ses femmes, à la fois romantiques et contemporaines, réussissent à créer une ambiance de mysticisme et de profondeur qui caractérise chacune des oeuvres de ce peintre.Pour célébrer cette période de fêtes ainsi que sa fierté et sa joie devant la magnifique réalisation que représente «Petah Tikvah», il a offert à sa congrégation un chef-d’oeuvre qui a fait frissonner toutes les personnes présentes.Une explosion de lumière, d’émotions, d’attente, d’espoir, de peur.Un momentde rêveaussi devant ce Sefer qui nous est montré sous cet éclairage venu «d’ailleurs», devant ces personnages absorbés dans leurs prières.Mais Lucien Chelly n’en est pas à son premier vernissage.Nous l’avons déjà rencontré en 1979, lors de son exposition au Vieux Port de Montréal, en 1980 à la Place Bonaventure, en 1981 à la Troisième Internationale de l’Art Visuel à Montréal.En 1 982 et 1 983, il a exposé ses oeuvresà la Galerie Matus et en 1984, pour le Salon du Printemps, c’est au Centre d’exposition Brancusi que nous avons pu l’admirer.Une excellente lancée pour ce peintre de «chez nous».À nous maintenant de lui rendre l’hommage qui lui revient et de faire taire ce proverbe qui dit que «nul n'est prophète en son pays».Sylvia AMAR Hanoucca à «Petah Tikva» Cette année, l’École Maimonide et la Communauté Sépharade de Ville St-Lau-rent Petah Tikva, ont joint leurs ressources, leurs efforts et leurs talents pour célébrer la victoire des Maccabées et le miracle de cette petite fiole d’huile qui a su durer huit longs jours.Les enfants ont mis sur pied un spectacle de danses et de chants traditionnels qui a su émouvoir chacune des personnes présentes et lui montrer combien notre héritage est entre de bonnes mains! Pas de Hanoucca sans beignets ! Ils ont donc été chaleureusement accueillis et dégustés, et la journée s’estterminée dans les rires, la joie et une miraculeuse harmonie.On allume la Hanoucca.26 • LA VOIX SEPHARADE, JAN.-FEV.1985 Réception du Richon Letsion organisée conjointement par la Communauté sépharade du Québec et la Fédération Séphardie canadienne.Au cours de cette réception qui s’est déroulée à la Spanish & Portuguese, pour saluer l’éminent visiteur à la veille de son retour en Israël, des représentants de plusieurs institutions ont prononcé des discours dont nous vous livrons ci-dessous quelques extraits.Henri Elbaz Président de la Communauté Sépharade du Québec Le Rishon Letsion a eu l'occasion de visiter nos institutions sépharades et de rencontrer quelques-uns de nos leaders.Partout, son message était clair : il nous a encouragés à préserver notre identité juive, nos valeurs juives, à lutter contre l’assimilation, à promouvoir l’éducation juive et religieuse, à préserver notre héritage sépharade, et à maintenir et-renforcer les liens avec Israël.J’aimerais dire au Rishon Letsion que son message constitue la raison d’être même de notre communauté.C’est pour concrétiser ce message que la Communauté a été créée, et tous les programmes et activités sont imprégnés de ce message, et c’est dans une occasion si belle, en présence du Rishon Letsion, que j’aimerais rendre un hommage à tous nos bénévoles communautaires qui ont contribué à l’édification de notre communauté, au prix de grands sacrifices personnels, léchem chamaïm.Ralph Benatar Président de la Fédération Séphardie Canadienne Nous sommes réunis ici aujourd’hui pour exprimer au Rishon Letsion nos remerciements les plus profonds et lui dire combien nous avons été sensibles à tous les messages qu’il a bien voulu adresser durant sa visite ; cette visite qui vient rappeler aussi à chacun d’entre nous le lien indéfectible que nous avons avec Israël, lien qui s’inspire de la prophétie d’Isaïe : «De Sion sortira la Torah et la parole divine de Jérusalem».Nous sommes liés à Israël par l’espérance que notre société met en lui et en la promesse qu’il contient.Nous sommes liés à Israël parce que nous savons qu’lsraël incarne le summum de l’existence juive et sert aux Juifs de la Diaspora de miroir et de guide.Israël demeurera notre espérance, celle de démontrer le rêve de justice et de liberté.Michel Chokron Je voudrais, au nom de la Congrégation et au nom du président, remercier le Rishon Letsion, le Grand Rabbin de Natania, qui nous ont vraiment illuminés, éclairés par leurs belles paroles de Torah et qui ont laissé un message inoubliable pour notre congrégation.Je leur souhaite un très bon retour.Leur visite aura certainement marqué nos institutions, aura marqué nos leaders communautaires, mais ce qui est très important, je pense aussi qu’eux, les deux, ont appris à nous connaître de beaucoup plus près pour ce que nous sommes, et à apprécier à leur juste valeur les efforts de nos responsables communautaires, et tout ce qu’ils ont fait pour bâtir cette communauté et pour en faire une des plus belles communautés sépharades dans le monde, dans la réalité et, encore beaucoup plus, dans le potentielqu’elleaet les promesses qu’elle offre.À nous tous je dis: continuons à bâtir cette communauté pour le bien du judaïsme et pour le bien du séphardisme dans le monde, et à maintenir nos liens chers, chaleureux et vibrants avec l’État d’Israël.Tsetkhem Leshalom.Dr.Moïse Ohana .Ce découragement s’empare aussi des responsables communautaires à qui on reproche de ne pas assez faire d’hébreu, de ne pas assez faire de Judaïsme, de trop en faire, de faire à côté, de ne pas savoir quoi faire, ou d’être trop dirigistes.Dans cette atmosphère pleine de découragement auquel il ne faut pas ceder, arrive la visite du Rishon Letsion à l’École Maïmonide.Et nous avons eu la joie d’assister à des scènes dont je pourrais faire une mauvaise description.Mais quand on a vu le Rishon Letsion bénir sous le Taleth les enfants des garderies et des maternelles qui lui chantaient des piyyoutims sépharades dans la vieille tradition centenaire de nos ancêtres ; quand on a vu les enfants de première année du Secondaire répondre du tac au tac à des questions non préparées du Rishon Letsion sur le Judaïsme et sur Rachi, et sur les commentaires bibliques; quand on a vu ces mêmes enfants faire les piyyoutims, et pouvoir maintenant conduire des offices sans assistance de personne; alors certains des responsables communautaires, certains des professeurs et certains des enfants en ont été émus à en pleurer.i' "I '•¦'îSçsM .Cadeau offert par Henri Elbaz, Président de la CSQ.Cadeau offert par Ralph Benatar, Président 1______________de la Fédération Séphardie Canadienne.LA VOIX SEPHARADE, JAN.-FEV.1985 • 27 Rétrospective du séjour du Richon Letsion Du 10 au 24 décembre dernier, les communautés sépharades du Québec et de l’Ontario ont été honorées par la visite du Grand Rabbin d’Israël, le Richon Letsion, Rabbi Mordekhai Eliyaou.Sa visite au Québec aura laissé en nous le souvenir inoubliable d’un Grand sage intéressé tout particulièrement à l’avenir de notre jeunesse, à l’enseignement du judaïsme dans nos écoles et à la propagation des valeurs juives dans nos foyers.Accompagné du Grand Rabbin de Neta-nia Rabbi David Schlouch, il a visité nos institutions communautaires et a été agréablement surpris de voir tout le chemin parcouru par notre communauté.Le programme des visites que la Communauté sépharade du Québec avait organisé comprenait : • Une réception donnée en son honneur par les communautés de Ville Saint-Laurent et Dollard-des-Ormeaux à la synagogue Petah Tikva, dès le premiersoir de son arrivée.Plus de 500 personnes ont assisté à cette soirée où on comptait parmi les présents le maire de Ville Saint-Laurent, M.Laurin, le président du Congrès Juif Canadien M.Finestone, et d’autres invités de marque.• Une visite de l’École Maimonide pendant laquelle notre visiteur a pu assister à des cours, poser des questions aux élèves et suivre avec intérêt une démonstration de leursavoiren liturgie sépharade (piyou-tim, Haftarot.).Cette visite a mérité aux leaders communautaires un maximum d’éloges et de souhaits de bonne continuation de la part du Richon Letsion.La plus belle réalisation communautaire pour préserver le judaïsme et l’héritage sépharade ! • Un brunch offert par la Communauté de Côte-Saint-Luc à la synagogue Or Hahayim précédé d’un Shahrit Special en présence de plus de 250 unités.• Une conférence à la Bibliothèque Publique Juive sur le thème «La jeunesse sépharade» organisée par le Centre Communautaire Juif et le Centre Hillel francophone.• Une visite du Centre Communautaire Juif et des installations du YM-YWHA suivie d’une collation en présence de la présidente de PA.J.C.S., Madame Hepner.• Une réception donnée par la Communauté sépharade de Laval à la synagogue Or Sefarad précédée d’un Arbit Spécial où nos paitanim s’en sont donnés à coeur joie en présence de 400 invités.• Une réception donnée par la Fédération Séphardie Canadienne, la Communauté sépharade du Québec et toutes les organisations sépharades du Québec à la Spanish & Portuguese en présence de nombreux invités de marque, des présidents de tous les organismes sépharades du Québec, de Monsieur Léon Oziel, président de l’Ontario Sephardic Association.• De son côté, le Rabbinat a organisé un programme qui comprenait l’inauguration de la synagogue Centre rabinnique Maghen David, la visite d’écoles ashkénazes, du Collège rabbinique achkénaze, du Vaad Hair, une soirée à la Place des Arts avec Samy Elmaghribi et un gala de clôture.• Le CongrèsJuif Canadien aorganisé des visites à Ottawa, Québec et la Mairie de Montréal.L’Ontario Sephardic Association a pris en charge la visite de trois jours à Toronto qui comprenait une soirée de gala, une visite de l’école sépharade Or Haemet, une rencontre avec le Premier ministre William Davis et un shabbat mémorable, nous dit-on, à Maghen David et à Petah-Tikva Anshé Castilla.Nous tenons à remercier M.Ralph Bena-tar, président de la Fédération Séphardie canadienne qui a veillé à ce que la visite soit organisée conjointement par la Fédération Séphardie canadienne, les communautés sépharades du Québec, de l’Ontario, et le Rabbinat.Nos remerciements vont également à M.David Avayou, chef du Département sépharade de l’Agence Juive qui s’est déplacé de Jérusalem pourveiller àce que le programme de la visite organisée d’une manière indépendante par la Communauté sépharade du Québec, et approuvé au préalable par le Richon Letsion, soit respecté intégralement.Nos remerciements vont également aux présidents et aux bénévoles des différents organismes sépharades qui ont participé avec nous à cette visite mémorable : René Lévy-Soussan de Saint-Laurent, Maurice Elmaleh de Dollard, Claude Chriqui de l’École Maimonide, Simon Busbib de Or Hahayim, Dave Dadoun du Centre Communautaire Juif, Samuel Serfaty de Laval, le Rabbin H.Joseph de la Spanish, le Centre Hillel et les communautés iranienne et libano-égyptienne.En conclusion, une visité mémorable, un message éloquent sur l’importance de l’éducation juive de nos enfants, des souhaits d’une meilleure harmonie communautaire et un «couronnement» qui n’a pas eu lieu malgré les rumeurs intentionnellement propagées à cet effet.Nous espérons que cette visite du Richon Letsion saura insuffler un regain d’intérêt pour notre religion et pour les valeurs fondamentales du judaïsme.Le comité organisateur de la visite it>A- -.-ü mmsiss: I 'ùiï$ 'f t' t L’autographe.> j "w- I Un tapis offert par les Iraniens.28 • LA VOIX SEPHARADE, JAN.-FEV.1985 MORDECHAl ELIAHU 1 n n *7 K '31" RJCHON LEZION CHIEF RABBI OF ISRAEL ^ N 1 ü ^ ® K 1 PI Sin T1 ^ 3T ^ H ® * ItJ/' ~.,n"a ' .?_?.’~L - jV‘?V sV< ?'?n’ *1 r oi’f ->t if ^ ,o Jp ft V ; 0 ?r (t *• 174 ?l r r ,-j.i ,1 f ' k> COMMUNAUTÉ SEPHARADE DU QUÉBEC AVIS DE CONVOCATION A U ASSEMBLEE GENERALE SPECIALE qui sera tenue le jeudi 28 février 1985 à 20 h précises à la Salle SINAÏ du Centre Communautaire Juif 5080, avenue Westbury ORDRE DU JOUR: • Budget et présentation des programmes pour Tannée 1985-86 • Approbation des statuts Lettre du Richon Letsion au président de la CSQ A notre très cher et aimable président de la Communauté sépharade du Québec, M.Henri Elbaz, qui travaille de manière active et convaincue, avec droiture et sagesse, pour le bien de la communauté.Vous avez ma bénédiction et ma reconnaissance pour tout ce que vous avez fait lors de notre séjour à Montréal.Que le Tout-Puissant vous bénisse en vous accordant longue vie, prospérité et santé ; vous et tous ceux qui vous accompagnent.Bonheur, richesse et réussite tant sur le plan spirituel que sur le plan matériel.(Traduction) MAZALTOV ® TRAITEUR R.HAZAN POUR VOS BANQUETS ET RÉCEPTIONS MARIAGES ET BAR-MITZVAH PÂTISSERIES DU SOIR ET TOUS GENRES DE GÂTEAUX ASSORTIS STRICTEMENT CASHER SUPERVISÉ PAR LE VAAD HAÏR TÊL.739-0200 2888 COVER ET DARLINGTON LA VOIX SÉPHARADE, JAN.-FEV.1985 • 29 i ' i *» étudiants en fête LE CENTRE HILLEL Pourquoi Hillel?Dans toutes les grandes villes d’Amérique du Nord (et quelques capitales européennes), sur presque tous les campus des universités et des collèges d’importance il existe des centres HILLEL, branches de la FONDATION B’NAI BRITH HILLEL.Leur mission est essentielle pour les étudiants juifs qu’ils servent et pour la continuité des communautés juives auxquelles ils appartiennent.Pour ces jeunes qui poursuivent leurs études, les centres HILLEL tiennent lieu de foyer, de points de rencontres, et de ressourcement, et maintiennent présentes, dans un milieu d’où elles seraient aisément évacuées, les valeurs et les traditions juives.Leurs programmes, imprégnés de cette allégeance, ont pour but de répondre aux besoins culturels, sociaux, religieux, personnels et communautaires de ces jeunes.Pour eux, HILLEL est un lien permanent avec leur communauté, mais, leur permet aussi, sur les campus où il y a souvent méconnaissance, indifférence, et parfois hostilité et antisémitisme, d’affirmer leur identité et leur appartenance juive.En effet, à l’âge où ils fréquentent les collèges et les universités, soit entre 17 et 27 ans environ, les jeunes sont particulièrement vulnérables parce qu’ils vivent une période «critique» de leur développement personnel.C’est là qu’ils s’orientent, font des choix, prennent des décisions qui auront des conséquences déterminantes sur toute leur vie.Graduellement ou brutalement selon les cas, ils prennent aussi des distances par rapport à leur milieu familial ou traditionnel pour entreprendre une vie plus indépendante, et deviennent alors plus perméables aux influences extérieures.Leurs idées se modulent, leur conception de la vie se forge en fonction des rencontres, des lieux qu’ils fréquentent.Et pourtant, c’est à ce moment là qu’ils sont psychologiquement, et souvent aussi géographiquement, le plus isolés de leur famille et de la population juive.Les centres HILLEL constituent donc une réponse adéquate à cette situation puisqu’ils «diffusent» auprès des étudiants et des jeunes adultes juifs que cela intéresse, une présence juive, chaleureuse, attentive et ouverte, qui leur permet d’exprimer, d’articuler et de combler leurs besoins spécifiques.Hillel à Montréal C’est en 1943, à l’Université McGill, que la FONDATION B’NAI BRITH HILLEL de MONTRÉAL a été créée.Depuis, la province et la communauté juive ont connu de profonds changements d’ordre social, culturel, politique et démographique.Le nombre croissant de jeunes juifs poursuivant des études post-secondaires, la création des Cegep ainsi que l’expansion du réseau des Universités ont stimulé l’essor de l’agence et rendu nécessaire l’extension de ses services.En 1945, Hillel House est établie, et la Fondation Hillel s’installe ensuite, au fil du temps et des besoins dans d’autres Universités et Cegep.Aujourd’hui elle dessert les étudiants des institutions suivantes : les Universités McGill, Concordia (Campus Loyola et Sir George), de Montréal (U.de M.), du Québec à Montréal (UQAM), les Cegep Vanier (Campus Snowdon et Ste-Croix), Dawson (les campus), Marianopolis, St-Laurent, et d’autres Cegep francophones.Le centre Hillel En 1972, la création du CENTRE HILLEL, à la demande d’un groupe d’étudiants juifs Rencontre de Herbert Pagani avec les étudiants.francophones de l’Université de Montréal, témoignait d’une nouvelle présence culturelle et démographique au sein de la Communauté juive de Montréal.En offrant des services aux étudiants francophones majoritairement sépharades, Hillel reconnaissait la pluralité tant linguistique que culturelle de la communauté, et par là même, la spécificité des besoins de ses membres.Car le Centre Hillel est unique en son genre.Dans tout le réseau des Hillel d’Amérique du Nord et du monde, il constitue, en effet, la seule branche sépharade.Il a l’honneur et l’immense plaisir de vous présenter ci-après le programme de sa quinzaine de la culture juive, suivi d’un aperçu sur quelques-unes des manifestations qui y figurent.30 • LA VOIX SEPHARADE, JAN.-FEV.1985 QUINZAINE DE LA CULTURE JUIVE L’humour juif L’Humour comme témoignage de l’expérience, de l’histoire, ou de la culture d’un peuple.C’est ce que prépose la 4ième «QUINZAINE DE LA CULTURE JUIVE» organisée du 28 janvier au 9 février 1985, par le CENTRE H ILLE L, sur les campus de l’UNIVERSITÉ DEMONTRÉAL et de l’UNIVER-SITÉ DU QUÉBEC à Montréal.Son thème, cette année: L’HUMOUR JUIF.D’excellents spectacles à voir absolument.Programme Une exposition : «CHAMPS D’HUMOUR JUIF.* TSROCK’N DRÔLE.» Quelques aspects de l’humour juif avec : à l’honneur, en première à Montréal, grâce à lacollabo-ration de la GALERIE SAPHIR de Paris, 37 oeuvres du célèbre caricaturiste TIM, exposées l’hiver dernier au Musée des Arts Décoratifs de Paris, complétées d’une vingtaine de reproductions photographiques qracieusement prêtées par le Musée de la Caricature, oeuvres d’artistes juifs, de dessins humoristiques, d’affiches, de livres, d’objets, de montages sonores et vidéo.Une exposition multi-média, ouverte au public dès le 29 janvier à 1 7 h res, et qui se poursuivra jusqu’au 8 février.Elle est organisée en collaboration avec le programme d’études juives de l’université de Montréal.Heures d’ouverture: du lundi au vendredi, de 11 hres à 18 hres; entrée libre.Au musée d’Anthropologie de l’Université de Montréal, Salle 3061, 3150 rue Jean Brillant.Deux films : 1) «NEXT STOP GREENWICH VILLAGE» de Paul Mazursky, présenté le lundi 28 janvier à 20 hres, au Centre d’Essai de PUNIVERSITÉ de MONTRÉAL, 2332 Édouard Montpetit.2) «ZELIG» de Woody Allen, le jeudi 31 janvier, à 20 hres, à l’Amphithéâtre B-2305, 3200 Jean Brillant, à l’UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL.Deux rencontres-débats sur l’humour juif : 1) Avec JUDITH STORA-SANDOR (Sorbonne, Paris), auteur de «l’humour juif dans la littérature de Job à Woody Allen (PUF)» Elle est organisée en collaboration avec le programme d’études juives de l’Université de Montréal.Le mercredi 30 janvier à 20 h 30 à l’Amphithéâtre E0325, 3200 Jean Brillant.2) Avec JOSEPH TOLEDANO (Israël) auteur de «Le temps du Mellah» et «La Saga des familles».En collaboration avec le département culturel du Centre Communautaire Juif.Il parlera de «l’humour juif Sépharade» et illustrera ensuite son propos en jouant quelques sketches, le jeudi 7 février à 20 h 30, dans la salle J-2020 de l’UQUAM (Pavillon Judith-Jasmin (boul.St-Denis et DeMaisonneuve).Quatre spectacles: Présentés en première à Montréal.1) «MÉTAMORPHOSES D’UNE MÉLODIE» d’après un conte de I.L.PERETZ, adapté en spectacle théâtral et musical par Laurent Berman et Anne Quesemand, comédiens, et maîtres d’oeuvre du «THÉÂTRE À BRETELLES» de Paris.Mise en scène de Jean-Claude Vernier.Samedi 2 février à 19 hres et à 22 hres.Studio Théâtre Alfred Laliberté, Université du Québec à Montréal.Entrée $8.00 et $5.00 étudiants.Billets en vente au Centre Hillel, 5325 Gatineau (tél.: 738-2655 ou 2280) ou sur les lieux de l’Exposition.2) «TCHOUFA» une pièce de théâtre écrite et mise en scène par Attica Guedj (PARIS) avec Attica Guedj et Betty Bear, évocation drôle et émouvante de la culture des juifs d’Afrique du Nord.Dimanche 3 février à 17 hres et à 21 hres.Studio Théâtre Alfred Laliberté UQUAM.Entrée : $8.00 et $5.00 étudiants.Billets en vente au Centre Hillel, 5325 Gatineau (tél.: 738-2655 ou 2280) ou sur les lieux de l’exposition.3) «ALEXIS NOUSS», conteur consacré par le Festival du Marais de Paris, dansses «CONTES DE LA LUMIÈRE PERDUE» et autres contes.Lundi 4 février à 20 h 30.Studio Théâtre Alfred Laliberté, UQUAM.Entrée : $8.00 et $5.00 étudiants.Billets en vente au Centre Hillel, 5325 Gajineau (tél.: 738-2655 ou 2280) ou sur les lieux de l’Exposition.4) ZWI KANAR, dans une performance de mime «MIME ET HUMOUR JUIF».Élève de Decroux et Marceau, Z.KANAR enseigne actuellement à New York le théâtre et la pantomime et fait régulièrement des tournées dans toutes les capitales Européennes et Nord-Américaines.Mardi 5 février à 20 h 30.Studio Théâtre Alfred Laliberté, UQUAM.Entrée : $8.00 et $5.00 étudiants.Billets en vente au Centre Hillel, 5325 Gatineau (tél.: 738-2655 ou 2280) ou sur les lieux de l’exposition.UNE QUINZAINE DE LA CULTURE JUIVEqui, parle rire, restitue la mémoire et l’esprit d’un peuple !.LA VOIX SEPHARADE, JAN.-FEV.1 985 • 31 ktiiil > ' < > * x 4 > * < X * >• > •> •> ôc-Xv: wX»»- Dans un décor réduit à un vieux tapis, un coussin tressé avec la ficelle pour la descente et l’argent dans la pince à linge pour les commissions (je t’en prie ma fille!), et quelques fichus à carreaux, elles sont «tous les âges de leur passé et toutes les femmes de leur mémoire», petites pestes délurées, adolescentes en émoi sur les musiques des Platters, de Bill Haley et de Dalida, mères épuisées, vieillescommères jalouses, grand-mères vénérées.Sur un rythme d’à bout de souffle, elles racontent ces années ’50, avec les vieux métiers, les bistrots et la T.S.F., l’école, les surprises-parties, les images de joie, les moqueries et les fou-rires.Tous ces morceaux de vie d’un temps disparu renaissent sans nostalgie, mais avec enthousiasme, dérision, charme et émotion.Sur une bande-son très élaborée, de rumeurs de rue, de musique, de cris et de paroles, elles content et racontent ces images du passé qui peuplent leur présent, dans une langue aux sonorités Sabir et Pataouète d’où s’envolent et éclatent musicalité arabe, emprunts italiens, espagnols.Sans tristesse ni outrances caricaturales, le ton est à la drôlerie tonique, la simplicité, la délicatesse, l’exubérance, et la folie tendre.La séparation et l’exil ont effacé les différences où les problèmes, les retrouvailles se jettent à coeur perdu dans la mémoire du «meilleur» moment.Et nous, dans le miroir des mots, des gestes et des musiques, on naît au bleu de la lumière d’été, à la chaleurdes accents intimes ; on respire l’odeur du «boubli» et des galettes au vin et à l’orange.TCHOUFA oses d’une mélodie En 1900, en Pologne, Isaac Leib Peretz écrivait un conte en Yiddish : l’histoire d’un air de musique né dans un «shtetl» polonais, sous lesdoigtsd’un rabbin violoniste, un jourde noces.Mélodie métamorphosée par ceux qui l’aimaient en chant de rue, air d’opéra, musique sacrée.Laurent Berman eXAnne Quesemand, les interprètes ont imaginé une suite : tout au long d'unsiècleettoutautourdu monde, la mélodie deviendra menuet, blues, jazz, ballade, rock, rumba, samba, musette, tango.Partis de Pologne, les personnages du conte se marieront, auront des enfants qui auront des enfants, se quitteront, vivront plein d’aventures, dispersés, errant tous, de Kiev à New-York, de Paris à Buenos Aires, de Tunis en Californie, de Trinidad à Dakar.L’air de musique disparaît et ressurgit, se transforme et se transmet de savant en acrobate, de polisseurde verre en jazzman noir., sa trame toujours vivante, à la manière d’une tradition.Et bien sûr, ce voyage musical est aussi, à travers le vaste monde, celui de tout un peuple, et de son aventure, dure et légère, emportant dans ses valises les mélodies de sa mémoire, pour les mélanger à celles de toutes les cultures qu’il rencontre.«Métamorphose d’une mélodie», c'est un peu la Diaspora en musique; mais c’est surtout une création magique et totale, présentée, écrite, peinte, jouée par les comédiens du Théâtre à Bretelles, et à laquelle ont participé près de 50 artistes, et 12 groupes de musiciens qui ont écrit les différentes métamorphoses de la musique: «Cuaterto Cedron», «Zupfgeigen-hausel» un groupe Yiddish Allemand, le Quatuor, Wano Peylet, Daniel Barda.Avec une machinerie grandiose et précise, les toiles peintes, calligraphiées, bande-dessinées, presque-animées de Laurent Berman, les images projetées d’une Lanterne magique, les éclairages féériques, le récit mélodramatique, tragi-comique, d’Anne Quesemand, la mise en scène élaborée de Jean-Claude Vernier, et la musique surtout ; tout cela qui contribue I à un puzzle - voyage du merveilleux, de l l’humour, de la tendresse = de la vie, quoi.En Arabe, TCHOUFA veutdire : regarder, mais aussi: un «bide»; faire TCHOUFA, c’est faire faillite.Les Juifs d’Afrique du Nord sont arrivés en France depuis plus de vingt ans.Peu à peu, l’expression du témoignage de leur vie passée, a traversé l’activité culturelle française, et atteint successivement le roman, le cinéma, le théâtre et le café-théâtre.Le langage de l’art, des images et des mots s’est chargé de tous les souvenirs inscrits au plus profond d’eux-mêmes, de ces «juifs-arabes» qui ont vécu en Tunisie, en Algérie et au Maroc, en pays arabe colonisé, baignant dans une culture à la fois arabe, française et juive.Après l’indépendance de ces pays, les juifs ont dû partir, s’exiler, le plus souvent en France ou dans des pays d’expression française.Ils ont transporté avec eux cet héritage mélangé, de tradition religieuse juive, de langues judéo-arabes, de musiques orientales, de danses, de contes et d’histoires, de parfums et de mets; toutes ces coutumes séculaires vivantes et précieuses, ce mode de vie spécial à mi-chemin entre l’Orient et l’Occident sont restés enfouis dans leur imaginaire, idéalisés dans leur souvenir, pelotonnés au creux de leurs émotions secrètes.Et voici qu’ils les rencontrent dans ies livres: d’Albert Cohen, Albert Memmi, Guy Sitbon, Jean Daniel, Jacques Zibi, Claude Kayat, Marco Koskas, Gil Ben Aych, Nine Moatti, Katia Rubinstein, Lucien Elia, Jean-Luc Allouche, .dans les films: de Serge Moatti, Simone Bitton, Alexandre Arcady.et sur la scène avec Michel Bou-jenah, Jo Kakon, Catherine Zarcate, et maintenant Attica Guedj dans Tchoufa.Attica Guedj a mis en scène Tchoufa, qu’elle joue ici avec Betty Beer.Josepha Ben Chimchoun et Lilou Pietro-paolo, l’une juive l’autre pas, l’une de milieu modeste l’autre de famille bourgeoise, l’une mariée l’autre pas, ont été dans l'Algérie des années ’50, enfants puis adov lescentes, des amies inséparables.Après la guerre d’Algérie, «les événements» comme on disait, elles sont parties, se sont perdues de vue.Elles se rencontrent aujourd’hui à Paris, et revivent pour nous, sur leur natte, les mille et une histoires de leur mémoire commune.32 • LA VOIX SEPHARADE, JAN.-FEV.1985 ALEXIS NOUSS Depuis les Temps Bibliques, la tradition juive est double: écrite et orale; et la pensée juive, outre qu’elle ait toujours eu besoin de la parole pour transmettre son message, contient matière à profondeur, sagesse, spiritualité et philosophie, mais aussi à ironie et humour.Les Juifs d’Europe de l’Est, de langue Yiddish, ont toujours eu de grandes traditions populaires orales, autour des cérémonies religieuses : par exemple au 19ème siècle dans les mariages, le rabbin et le hazzan s’occupaient de la cérémonie religieuse tandis que le «conteur de plaisanteries», religieux, expert en Thora, en Talmud et en histoire, chantait et racontait des histoires drôles et moralisatrices, devant les familles et les invités.; /./ • -¦ : ¦ ; Z, 'i La culture Yiddish et ses innombrables légendes ont développé une grande richesse dans le théâtre, la littérature, la poé sie, mais toujours accompagnée d’une «littérature parlée» infiniment variée, importante et vivante.Alexis Nouss est écrivain, traducteur, journaliste, et surtout conteur : «Un Juif qui pense à haute voix».Il renoue avec la tradition des conteurs juifs en racontant sur scène les belles histoires de la littérature populaire Yiddish.Les «Contes de la Lumière Perdue» ; «Au premier jour, Dieu créa le jour et l’appela lumière.Mais le soleil, la lune et les étoiles ne furent créés qu’au quatrième jour.Où est la lumière du premier jour, la Lumière Perdue ?».C’est cette histoire que raconte Alexis Nouss, et aussi celles de Herchel Ostropolier: «Le bouffon d’Europe Centrale qui se moquait de tout le monde et dont l’astuce lui fit gagner plus d’un repas» ; et des «Contes à la carte», légendes, midra-chim et histoires originales sur tout sujet de l’histoire juive, improvisées à la demande du public ! «Les Contes de Franz» d’après Kafka; et enfin, les célèbres «Contes de Chelm» : Alexis Nouss transporte son auditoire dans le monde de Chelm, ville polonaise réelle et mythique à la fois, peuplée (dans les contes) d’innocents, «d’idiots» et de sages.«Les histoires de Chelm tiennent leursaveurdes principesde raisonnement proches du Talmud, des données morales et philosophiques sans lesquelles un Juif ne saurait être un Juif».Nous voyagerons sur les Collines de Chelm, au milieu des histoires fol les de ses habitants «philosophes»; Reb Gronam et sa chaussure en or, Pinie le Penseur, Vladek le Veilleur, Tsilé en larmes.et nous saurons qu’à la question : «Qui de la lune ou du soleil est le plus important?» il faudra répondre: «La lune, bien sûr! Elle brille la nuit, tandis que le soleil est inutile puisqu’il brille le jour I».Au détour de l’humour des aphorismes, surgiront des éclairs surréalistes, des rêveries poétiques, qui tireront cet humour juif d’Europe Centrale vers des accents de profondeur, de tendresse et d’humanité, universels.Comme le dit Alexis Nouss : «Attention ! Si Chelm résonne en vous, c’est qu’en vous, sans doute, il y a un Chelm qui raisonne»./ V.BIJOUTERIE Joël (jfe
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