La voix séfarad /, 1 mars 1981, Mars - Avril
i|'-A>bj(l%/;> Mm Wl^r.j COMMUNAUTÉ SÉPHARADE DU QUÉBEC lavote 3rd class Troisième maü classa B-420 MONTREAL Port de retour garanti Bibliothèque £?afcionul’ du CaSbsa 1700 rua 1, Québec ORGANE DE LA MONTRÉAL MARS-AVRIL 1981 NISSAN-ADAR 5741 VOL 10 No 2 D€UX HOT€/ DC MARQUE l/RRCUCN/ De passage à .«LE DERNIER RIVAGE» Invité à la «Neuvième rencontre québécoise des écrivains» qui a eu lieu à Québec (voir notre page 17 Haim GOURI, poète israélien, a présenté le 11 février à la Bibliothèque Juive de Montréal «Le dernier rivage», film dont il est l’un des trois réalisateurs «Le dernier rivage» est le second film d’une trilogie — financé et produit par la Compagnie de production du Kibboutz «Lohamé hagué-taote»(Les Combattants du Ghetto).Le premier, «Il ne faut pas laisser les morts enterrer les morts» a été primé à Hollywood.Le troisième est en projet et posera la question: «Est-ce que les Juifs sont vraiment allés comme des moutons à l'abattoir?» et traitera de la résistance juive pendant la dernière guerre mondiale Serge Ouaknine— lui-même auteur et metteur en scène— et de retour à Montréal après une année d'absence, nous offre ici une analyse intelligente où l’émotion et la sensibilité se conjugent avec la pertinence de la critique d’un expert L’ambassadeur d’Israë à Paris, M.Meir Rosenne* a fait un voyage éclair à Montréal pour répondre plus spécialement à l’invitation de Pierre Nadeau, animateur d’une émission télévisée très suivie Les lundis de Pierre Nadeau”'.Le journaliste avait choisi pour thème un débat sur le problème palestinien, dont une première partie avait eu lieu, il y a quelques mois, avec la participation de M.Ibrahim Souss, représentant officiel de l’OLP à Paris.L’interview de M.Rosenne devait servir de témoignage de l’autre partie en cause, Israël.Dans un débat d’une heure, tranchant et animé, face à un public et à un animateur peu indulgents, M.Rosenne a répondu avec brio, compétence et surtout maîtrise totale du sujet, à plusieurs points litigieux dans ce conflit.Au cours de son bref séjour à Montréal, l’ambassadeur a pu consacrer quelques heures à différentes interviews de la presse parlée et écrite, ainsi qu’à une conference à la Bibliothèque Juive.Nous reprenons ci-dessous les thèmes essentiels de ses différentes allocutions.Raconter l’épopée des exodes juifs, voyages d’exil, fuite, extermination et rédemption vers la terre promise, chemin messianique ou portes forgées des larmes de la dernière chance ; ces thèmes sont comme des leitmotiv de la littérature juive, son histoire réelle et sa fiction de toujours.Raconter cela, le film et le roman s’en sont emparé, parfois sous le souffle lyrique d’une plume, parfois sous le stylet rigoureux de t’enquête, parfois sous l’enveloppe narrative d’une chronique, voire d’un témoignage vécu.Mais voici qu’il nous est donné un film constitué de documents réels, de fragments d’images, de voix et de chants non transportés par la tradition ou colportés par le livre.non, des documents réels, pris à même l’événement, une myriade de fragments dont le montage devient témoignage.Là est le défi du «dernier rivage».Ce film israélien, réalisé par Haim GOURI, Jacquot GERLICH, David BERGMAN, mérite une analyse; celle de sa forme, si nous voulons vraiment pénétrer l’émotion simple qui nous a saisi — non à cause de l’histoire mais par le mode de son récit.Le film commence un jour après la Libération, la fin des hostilités de la Seconde guerre mondiale, et s’achève un jour avant la création de l'État d’Israël.Que s’est-il passé?Le retour des survivants d’Europe, ceux qui avaient échappé à l'extermination des camps, loques humaines dont «soudain» le monde découvrait l’existence.Routes où se mêlent la cohorte des «Juifs honteux d’avoir survécu», retour sur les lieux de leurs villages, en Hongrie, en Pologne, là où il y avait des Juifs.plus rien.Ammoncèle-ment de pierres, fourmillement de femmes et de vieillards à dépierrer, à rebâtir avec la pierre de la maison juive, celle de ses écoles effacées, de ses ruelles pavées, de ses synagogues rasées.Rien.L’absence.Rien.L’immensité d’être «un autre».«Où sont les Juifs?» Tandis que là on danse, on retrouve la fièvre communautaire de la victoire, les juifs doucement s’organisent.On passe les frontières, on bricole des camions «volés» à l’armée américaine, on trouve de l’essence.Des postes frontières s’ouvrent; on passe à pieds les Alpes, mais où vont les juifs?Où aller encore sur cette terre d’absence sur son silence ?Les voix que nous entendons en hébreu racontent avec la voix du souvenir de ceux qui ont marché vers Israël, de ceux qui y vivent, par-delà la mort et «osent dire et se souvenir, et raconter.» car il fallait être «mauvais» pour avoir survécu à tant d’horreur, il fallait être l’enfer pour avoir échappé à son délire».Cette première partie du film est sans doute la plus réussie, celle où le parti pris non explicatif, non-documentaire du film, fait revivre la subjectivité à rebours, la rencontre juste entre le document visuel et sa connotation verbale, la mémoire sonore n’explique pas l’image, elle la cerne et lui donne son contour définitif.Qu’il n’y ait pas de falsification de l'histoire, pas d’interprétation autre des faits.La voix fragmentée de ces femmes et de ces hommes donne la condition émotionnelle de l’image, son épaisseur de vérité.La discrétion du ton, son naturel, comme une collection «scientifique» de témoignages sonore, raconte l’histoire sans qu’à aucun moment, aucun, ne surgisse la Voix-OFF qui explique.La voix est incorporée à l’image, celle pour toujours des vivants émergés du brouillard.C’était là le défi du film, raconter pour que ce ne soit pas une légende.mais comme une parole du livre dont l’architecture sacrée est celle de noter l’histoire, de rhistoriciser jusqu’à son hyperbole mythique où elle ne ne s’efface plus jamais.Les auteurs de ce film ont là trouvé une écriture juive de l’Exode, où l’Éternel ici était silence.Mais pas tout à fait car voici une rupture; l’histoire peu connue et souvent étouffée de l’Alya des juifs du Maroc AVANT même l’existence d'Israël.Quand des montagnes du Sud marocain les juifs descendaient à dos d’âne jusqu’aux points de rassemblement où comme en Europe, mais sous une autre forme d’alliance, le J.O.I.N.T.et l’Agence juive organisaient les passages, les départs.Il y a rupture dans le film — et pas seulement à cause du changement de bobine — car le voyage n’échappe pas à la mort.il court vers Jérusalem, la vraie vie.comme si «un couloir sous-terrain direct reliait l’Atlas à la Terre Sainte, à la Palestine bénie».Peu savent qu’il y avait des juifs marocains sur l’Exodus.Oui.Ils venaient par amour de Sion, ils étaient sionistes par la force du livre et non de l’exil ; ils n’avaient pas d’idéologie politique autre que la foi, la conscience absolue de garantir le livre comme terre messianique et réelle qu’ils «regagneraient» sans autre gain ni regard que d’y vivre.Et il y a rupture dans le film car il y a rupture dans le récit réel des hommes.Et cela est bien.Et le film se poursuit sur l’aventure d’Exodus.Documents réels, documents d’archives entre autres de la Royal Navy.Vision sublime de Haifa la nuit, images floues, grises, surexposées.Epaisseur de la nuit des hommes, de l’homme fauve, farouche.Faut-il raconter Exodus?La salle a ri.Peut-on rire d’Exodus?Oui, quand on entend le commentaire du Voir suite page 2 Le prix de la paix «Si, en 1969, les exportations israéliennes, se chiffraient à 60 millions de dollars, en 1980 Israël a exporté pour 9 milliards 500 millions de dollars,» a déclaré M.Meir Rosenne d’une conférence devant une assemblée de 100 personnes à la Jewish Public Library, la semaine du 15 février.«Ainsi, se résume mieux que par n’importe quel discours notre situation économique» a poursuivi l’ambassadeur qui tenait avant tout à démentir quelques rumeurs qui circulent à l’égard d’Israël.Il a souligné que la situation économique israélienne était «spéciale» parce que c’est une économie de guerre et de paix.Par conséquent, le budget israélien est divisé en trois parties : un tiers est consacré aux besoins de la défense, un tiers au paiement de la dette extérieure et un tiers seulement assure les besoins sociaux et éducatifs de la population.Sur le plan de l’inflation, M.Rosenne a déploré la situation pour les dirigeants qui assurent le niveau du revenu du travailleur puis-qu’lsraël a un système d’indexation automatique à 100% de tous les salaires.Bien que ce système avantage l’individu, il appauvrit le pays et Israël a pris des mesures draconiennes sur le plan budgétaire en réduisant le nombre de fonctionnaires de 10% et en encourageant les exportations.«De plus, ajoute l’ambassadeur, la note de pétrole d’Israël s’élève à 2 milliards 500 millions de dollars par an, comparativement à 800 millions.avant qu’lsraël ne remette le Sinai à l’Égypte».«Il y a des mythes à dissiper en ce qui concerne l’émigration israélienne, a poursuivi M.Rosenne.Tout pays d’immigration connaît aussi une certaine émigration et selon l’annuaire démographique des Nations Unies, par exemple, le Canada en 1975 a reçu 188,000 nouveaux venus et en a perdu 38.000.L’Australie en 1 974 a reçu 212.000 immigrants et enregistré 124.000 émigrants».Par ailleurs, l’ambassadeur a soulevé un problème supplémentaire: celui des Juifs d’Union Soviétique qui reçoivent des visas israéliens sans avoir la moindre intention de s’installer en Israël.Du point de vue statistique, leurs séjours temporaires sont enregistrés comme immigration et émigration à la fois.D’autres part, la majn-d’oeuvre hautement spécialisée (par exemple, celle qui travaille dans le domaine de la mécanique de pointe, telle que la fabrication des avions à réaction, le KFIR) est attirée par des sociétés plus développées où le salaire est supérieur au salaire israélien.Les pays Scandinaves connaissent le même phénomène.«Donc, conclut l’ambassadeur sur les problèmes internes israéliens, nous n’avons pas à rougir du domaine social ou économique et nous pouvons soutenir honorablement la comparaison avec beaucoup de pays occidentaux».En ce qui concerne la situation diplomatique et politique d’Israël, M.Rosenne a fait le commentaire suivant : «nous jouissons d’un traitement préférentiel parce qu’il faut avouer qu’il n’y a pas de précédent, dans l’histoire du monde; on n’a jamais vu un état signer un traité de paix et se voir condammer pour la signature de ce traité de paix par l’O.N.U., qui a été créée notamment pour sauvegarder la paix interna-tionnale».Effectivement, le conférencier a déploré que le Parlement Européen n’ait invité que le président Sadate, la semaine du 9 février, et aucun représentant du gouvernement israélien, «comme si l’accord de Camp David n’avait été signé que par une seule personne».«Il y a de quoi sourire, pour ne pas dire plus, que les mêmes états européens qui avaient en 1973, lors de la guerre de Yom Kippour, refusé aux avions américains de se réapprovisionner en essence pour porterdes munitions à Israël, veuillent à présent garantir nos frontières», souligne un peu amèrement M.Rosenne.L’ambassadeur s’est plu à dénoncer ce monde cruel: «nos prix sont basés sur des faits.Comment peut-on rester indifférent, après la réunion de Venise, quand on voit les dix pays du Marché Commun décider de quelle façon résoudre le problème du Moyen-Orient, sans consulter l’État d’Israël, en nous disant qu’il faut: • accorder l’autodétermination aux Palestiniens ; • inviter l’OLP à participer aux négotiations ; • diviser en deux Jérusalem».En tant que participant aux négociations de Camp David, Meir Rosenne a réaffirmé le refus d’Israël de ne jamais négocier avec une organisation terroriste dont les activités ont coûté la vie à des centaines de personnes de toutes nationalités.Par ailleurs, a poursuivi l’ambassadeur «la première règle qui s’applique à une autodétermination, c’est d’élire son mandataire ; or, les Palestiniens vivant en Cisjordanie n’ont jamais nommé l’OLP comme leur-représentant».D’autre part, il s'est montré très ferme sur la notion de territoires occupés, en rappelant les droits historiques du peuple juif sur cette terre.M.Rosenne a considéré que les territoires occupés pouvaient constituer matière à négociation.Cependant, comme le précise la charte de l’OLP, c’est tout le territoire d’Israël qui est mis en question.Aùx yeux de M.Rosenne, comme de tous les Israéliens, il n’est pas question de tolérer une telle revendication.Quant au problème palestinien, il est clair que seul Israël s’en préoccupe, puisque dans les accords de Camp David, le gouvernement a pris l’engagement de retirer une bonne partie de l’armée et de laisser les Palestiniens diriger leurs propres affaires pour une période transitoire de 5 ans, à l’exception des questions concernant la sécurité.Le conférencier s’est étendu sur les accords de sur Camp David en déclarant que «les Nations Unies ont tout fait pour saboter le traité de paix», il était en effet question d’ériger une force internationale dans la région de Charm-el-Cheikh mais les Nations Unies n’ont rien fait pour y donner suite, l’Union Soviétique ayant manifesté son opposition à la création d’une telle force.«Je ne comprends pas pourquoi les états européens nous imposent une date limite, notamment le 26 mai 1980, pour régler le problème palestinien en oubliant que l’entrée de l’Angleterre dans le Marché Commun a pris 9 ans de négociations et que l’amendement apporté à l’accord entre les États-Unis et le Panama pour le Statut du Canal a pris 14 ans.Il n’y a, dirait-on qu’un seul problème qui doive être réglé à la minute, c’est le problème palestinien, a déclaré l’ambassadeur avec emportement.En ce qui concerne la création d’un état palestinien, M.Rosenne a souligné qu’il n’y en avait déjà deux, la Jordanie arabe, composée de plus de 60% de Palestiniens, et l’état palestinien juif qui est l’Etat d’Israël; un troisième état n’est donc pas nécessaire.L’ambassadeur a alors cité le président Carter qui avait déclaré que tous les dirigeants arabes qu’il avait rencontrés étaient contre la création d’un état palestinien.M.Rosenne a expliqué que les états arabes modérés ne sont pas intéressés à avoir un mini-état à la solde de Moscou, où on pourra installer des fusées soviétiques sans être obligés d’envahir l’Afghanistan, comme cela a été fait.L’ambassadeur a insisté sur l’unanimité complète des Israéliens à propos de la politique extérieure : «Israël est un état souverain et personne ne nous imposera la paix ni les conditions de la paix, -même sj nous sommes un petit pays de 3,800,000 habitants.D’autre part il a rappelé que la quasitotalité des Israéliens est contre la création d’un état palestinien qui Voir suite page 2 2019 LIBRES OPINIONS Monsieur David Benssoussan Rédacteur en chef de la Voix Sépharade Monsieur le rédacteur en chef, Je reçois ce jourvotre journal, qui me laisse perplexe.Ainsi donc il y a eu élection à la CSQ et, si je ne m’abuse, monsieur Déry a été élu.Le lecteur non informé - et c’est précisément votre mission de rédacteur en chef que de l’informer - pourrait s’interroger longtemps sur l’identité de personnes non élues.Compte tenu de ce que quelque 24,000 sépharades sur 25,000 ne se sont pas déplacés pour les élections, il eût été pertinent de le faire savoir.Il faut se référer au paragraphe 3, de la colonne 10 de la page 13, pourconnaître le nom de «l’autre candidat».En page 24, colonne 2, premier paragraphe, il est dit : «Le vote s’est soldé par une victoire massive surlaseconde liste ( 1 2 élue sur 15)».Le minimum eût été que vous publiez les résultats chiffrés des élections qui eussent nuancer les claironnements de victoire: «l’autre» candidat a obtenu quelque 40 % des voix.Pas un mot à ce sujet dans toute votre feuille de propo-gande.Comment ces40 % peuvent-ils se reconnaître dans cette publication et s’identifier à la CSQ puisque la seule et simple mention de leurs votes Rosenne ne figure pas dans votre feuille de choux.Quant au programme et aux idées des «autres», voici ce qu’il en est dit(page24, colonne 1, paragraphe 3): «D’un côté une équipe de 15 personnes soutenant en bloc un candidat et dont le programme mettait l’accent sur la centralité du rabbinat dans les affaires communautaires».Ce qui est ridicule et bien pire, faux.J’ai mis l’accent, entre autre choses, pour ce qui me concerne à titre de candidat à la présidence sur la censure du journal.Votre dernière livraison est une des preuves manifestes additionnelles de cette censure dont vous ne cessez de vous défendre.Vous avez été de ceux qui, durant la campagne, ont manqué à l’éthique la plus élémentaire dont vous vous réclamez pourtant (page 2 ; votre «Mise au point»).Durant la campagne vous m’avez appelé pourque je retire l’allégation selon laquelle le journal est censuré.Vous vous êtes dit mandaté par le C.A.de la CSQ à cet effet.Ce que je veux bien croire.Et, je vous ai dit que la meilleure preuve de l’existence de censure était précisément ce que vous étiez en train de faire; à savoir des pressions pour modifier le texte de mon program- me électoral et cela au nom du Conseil* d’Administration de la CSQ.Vous n’avez pas changé de comportement depuis.Vous n’avez rien appris de cette campagne qui, comme le souligne, même le président Déry, est la première du genre.Et pour cause! C’est bien la première fois que l’on ose articuler une critique de cette CSQ.Je parie au nom des 40 % de la population qui a voté.Cette parole ne sera .pas occultée.Malgré les engagements électoraux du candidat Déry à faire «l’unité», le porte-parole que je suis de 40 % des voix n’a pas été coopté au C.A.Pour que je fusse coopté, j’aurais dû me soumettre aux directives du président tout nouvellement élu, à savoircon-tribuer à détruire l’oeuvre du Rabbinat : - fermer Kol Yaakov, - interdire au grand Rabbin l’émission Or Hahayim, - et surtout dénoncerlecentre Maghen David.¦ Si l’on me cooptait, c’était soumis et traître à la communauté.Ce n’était sûrement pas par respect pour les 40 % des voix que je représente.Il y a dans cette équipe de la CSQ une étonnante soif de silence.LecandidatDéryaditen public (Centre Hillel, le dimanche 7 décembre 1980), que selon lui, les femmes devant travailler à la CSQ le feraient mais en silence.Par absence desexisme, il vadesoiquecela s’applique aussi aux hommes.Vous contribuez, monsieur le rédacteur en chef, à bâillonner cette communauté.L’exemple vient de plus haut.Vous quittez la direction de la «Voix (occultée) Sépharade».Vous en avez fait une feuille de propagande.Voilà qui est fort regrettable pour le développement de notre communauté.Je ne doute pas quant à moi de la vitalité de cette communauté sépharade de Montréal.Elle se développera, malgré vous,, sans vous, ailleurs et vous savez bien où.Recevez, monsieur le rédacteur en chef, mes salutations distinguées.Jean-Charles Chebat, Ph.D.Professeur, Directeur du département des Sciences Administratives UQAM N.D.L.R.- Lettre adressée le 1-12-80 au président des élections, M.Guy Teboul.' Suite aux allégations tout aussi surprenantes que diffamatoires de deux candidats à la présidence envers ma propre personne (via l’information), je ne veux en toute conscience servir d’arbitre en ce qui concerne l’éthique de l’organe d’information concernant les prochaines élections.C’est pourquoi je me retire avec profond regret de cette responsabilité.Veuillez agréer mes salutations dévouée s.David BENSOUSSAN.Responsable de l’Information.Résultats des élections : Nombre de voix pour la présidence: 1071 William DEL Y 664 62 % J.-C.CHEBAT407 38 b Nombres de voix reçues par la liste élue : CHOCRON Charles 646 BENATAR Ralph 609 LASRY Jean-Claude 5 49 CASTIEL Judah 543 AMSELEM Moise 510 GABA Y Joseph 489 BENBARUK Salomon 487 BANON Roger 486 BENUDIZ Sidney 443 BENDAHAN Albert 429 BAR CHECHA T Charles 42 7 LEVY Robert 424 A TTIA S Jacod 420 DAYAN Raoul 410 LEVY Yossi 410 TOTAL 7273 Liste élue 6012 82.66 % Liste n°n elue 1261 17.34% Total des voix reçues par tous les candidats 15 320 Listel 9 444 Voix = 61.64 % Liste 2 5 382 Voix = 35.13% Indépendants 496 Voix = 3.23 % 100.00 % Suite de la pagel deviendra un danger pour l’Etat d’Israël et pour le monde entier.Enfin il est évident qu’lsraël ne négociera jamais avec une organisation terroriste.Dernier point sur lequel il y a unanimité en Israël, c’est que Jérusalem est la capitale de l’État d’Israël et qu’on n’a pas l’intention de «rétablir les barbelés».M.Rosenne a terminé son discours en faisant les trois constatations suivantes.1) «Il y a un traité de paix entre le plus grand pays arabe et l’État d’Israël; cette paix n’a pas été donnée en cadeau.En effet, Israël a renoncé aux puits de pétrole, aux bases aériennes, aux bases navales, à Charm-el-Cheikh, aux villes de Yamit et d’Ofira, et aux villages construits dans le Sinaï.C’est le prix de la paix, mais tout vaut mieux qu’une nouvelle guerre.2) Tout se passe comme si, pour mieux assurer la route du pétrole, les pays occidentaux avaient souhaité voir se maintenir les tensions entre Israël et l’Égypte, comme c’est le cas entre la Syrie et la Jordanie, la guerre entre l’Irak et, l’Iran, l’invasion de l’Afghanistan, et la disparition de la souveraineté du Liban.3) En dépit de tout, la paix entre l’Egypte et Israël constitue un progrès considérable et l’attitude de certains gouvernements qui sont assez lâches pour croire qu'en se soumettant au chantage arabe, ils pourraient obtenir du pétrole à meilleur marché ne réussira pas à en minimiser l’importance.«Le peuple juif, conclut M.Rosenne, a su surmonter des difficultés pendant des siècles où il était dispersé dans le monde entier et où tout un chacun plaignait son triste sort.Nous ne voulons plus jouer le rôle de la victime, nous en avons assez, nous ne voulons plus qu’on érige des monuments à notre mémoire.Notre monument, c’est l’État d’Israël».Wilma ELALOUF * M.Meir Rosenne, professeur de droit international, expert au ministère des Affaires étrangères d’Israël, a représenté Israël à de multiples conférences (Droits de l’Homme, Énergie Atomique).Plusieurs fois membre de la délégation d'Israël à l’O.N.U., il a participé aux négociations de Camp David ; il a été à ce titre, l’un des artisans les plus actifs du traité de paix avec l’Égypte.Il est depuis deux ans ambassadeur d’Israël à Paris.DÉTENTEUR D’UN PERMIS DU QUÉBEC CENTRE SARATOGA 4230 BouL St-Jean, suite 208 Dollard-des-Ormeaux royac)c/ rjdopurÿ Qui connaît bien conseille bien SERVICE COMPLET DE VOYAGE SANS FRAIS NOUS DELIVRONS LES BILLETS PARTOUT DANS LA VILLE ; 626-3132 Gouri Suite de la pagel Marocain qui éparpilla sur les flots déchainés une matsa de Pessah en récitant la sortie d’Égypte.et quand il dit «alors les flots se sont calmés» et du navire nous voyons la mer Méditerranée retrouver son azur.Force de la foi et force du récit pathétique.Retour à Port-de-bouc près de Marseille, retour en Allemagne— Il ! — et Chypres et encore le rivage, le dernier.Israël.Un document d’histoire «écrit» par des poètes.Un travail inoui de montage.Des centaines d’heures, d'écoute, de choix, de synchronisation.Un film en noir et blanc comme un vieux parchemin, où le sous-titrage prend tout son sens, sa valeur de traduction du «dit», car le film parle par la vertu rythmique et thématique du montage-séquence, selon un style épique, sans que l’héroïsme jamais ne supplante la trace sous-jacente de l’histoire.Ce film sera diffusé par les télévisions françaises, américaines et canadiennes.Il faut souhaiter le voir et l’entendre au Canada et partout dans le monde.Il gagnerait à être introduit, au début, d’un texte écrit qui trace l’épopée des faits, resituer le temps, pour ceux qui, méconnaissant cette page de l’histoire des hommes, puissent accéder au récit par sa seule force conductive.jusqu’au rivage ultime d’Israël.Serge Ouaknine DAHAN & ILLOUZ Comptables Agréés 7070 Chemin de la Côte des Neiges Montréal (Québec) H3R 2L9 Tél.: 731-3264 * Raphael Dahan, C.A.Raymond lllouz, B AA, C.A.i SOMMAIRE jj ï | J LIBRES OPINIONS.2 à 4 * } TETOUAN.5 + î INSTITUTIONS.5 * ?* î PESSAH.B î J MIMOUNA.^ | î CONSTITUANTES.8 a 13 î J FÉDÉRATION SÊPHARDIE.14-15 * î ENGLISH PAGE.22 î ?î J CULTURE JUIVE.16 à 19 * J JUIFS DANS LE MONDE.21 + » ’?A***** -* THE SISTERHOOD OF THE YOUNG ISRAEL OF CHOMEDEY INVITES YOU TO A ‘PASSOVER SEMINAR’ TUESDAY, APRIL 7, 1981 8:00 p.m.MODERATOR: Rabbi S.Spiro, Rabbinic Authority PANEL OF GUEST SPEAKERS : Dr.H.Biberfeld, Chemist, Vaad Hair of Montreal 'The Reason Behind the ‘Kosher for Passover Labels’ Mrs.M.(Nina) Glick ’Passover and the Child' Mrs.M.(Charlotte) Zeitz ‘The Woman, The Honvï 'he Preparation' PASSOVER SEDER ana PRODUCT DISPLAY TABLE QUESTION and ANSWER PERIOD R.S.V.P.Diane 688-7479 REFRESHMENTS SERVED Florence 688-1359 RÉS.739-5054 735-5565 (CLEMENCE) H.E.C.PARIS COMPTABILITE GENERALE - DECLARATIONS FISCALES 3320 COTE STE-CATHERINE, #22 MONTREAL, QUE.H3T 1C6 SfjftamL Responsable de l’Information par intérim Esther BENAIM-OUAKNINE Secrétaire de Rédaction: Fred ANZAROUTH Administration, lecture et rédaction : 4735 Côte Ste-Catherine MONTREAL, Qué.H3W 1M1 Tél.: 733-4998 - 733-3945 Dinah SABBAH Roger BANON Patricia RIMOK Salomon BENBARUK Josianne WANONO David BENSOUSSAN Wilma ELALOUF Joseph PEREZ Secrétaire : Esther ELKAIM La Voix Sefarad, journal de la Communauté Sepharade du Québec, est tiré à 6.000 exemplaires.Grâce à une liste d’envoi qui se veut la plus complète qui soit.La Voix Séfarad rejoint la presque totalité des Sépharades du Québec.La moitié du tirage est acheminée par voie de poste à Montréal, au Québec, dans le reste du Canada, ainsi qu’aux organismes sépharades des Etats-Unis, d’Amérique Latine, d’Europe de l’Ouest et d’Israël Notre numéro de l’Organisation Internationale de Normalisation est’ ISSN’ 0704-5352.Tout droit de reproduction est strictement interdit à moins d ’autorisation spéciale.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec, Bibliothèque nationale du Canada.Membre de l’association de la presse ethnique du Québec.Le siège de la Communauté Sépharade du Québec est situé au: 4735 Chemin de la Côte Ste-Catherine, Montréal, P.Q., CANADA, Tél: (514) 733-4990.Directeur Jules ELALOUF mmm^smmmam^mmmmmmsÊmsmsmmsdi Imprimé par REF Publishing Company Tél.: 931-4487 PAGE 2/LA VOIX SEFARAD, MARS 1981 OPINION LIBRE Mardoché LÉVY Depuis deux ans environ plane sur la Communauté Sépharade de Montréal un malaise qui s’amplifie et pèse comme un fardeau de plus en plus lourd sur les esprits Un mal qu'il est bien convenu d’appeler — par pudeur, prudence, crainte ou superstition ?— la «crise communautaire» sans la cerner: les uns parlent de «crise d’identité», d’autres de «conflit entre religieux et laïcs», certains avancent qu’un groupe mal intentionné se plaît à créer une communauté parallèle; et les rumeurs courent, et les faux-bruits se répandent et les antagonismes s’accentuent.Peu savent la définir — rares sont ceux qui la nomment de son nom.Mardoché LÉVY publie ici son point de vue.LE RABBINAT AU CENTRE DE LA CRISE COMMUNAUTAIRE ' V \ La C.S.Q.souffre de paralysie Tous ceux qui ont assisté aux sessions du Conseil d’Administration de la Communauté Sépharade du Québec ces deux dernières années savent que ce corps qui réunit un grand nombre des meilleurs éléments de la communauté et ses vétérans les plus capables et les plus dévoués, souffre de paralysie.Le Conseil d’Administration se réunit périodiquement et ces réunions ont lieu jusque bien tard dans la nuit.Il n’en sort malheureusement pas grand chose.Si bien que ces réunions et tout ce qui se passe à la Communauté Sépharade du Québec aussi bien, sont devenus une source de frustration continuelle pour tous ceux qui ont à coeur le bien réel de cette communauté et qui souffrent de la voirsta-gner ainsi et épuiser ses ressources les meilleures dans des discussions futiles au lieu d’aller résolument de l’avant.Je ne vous Apprendrai rien en vous disant que la Communauté Sépharade du Québec souffre d’un mal qui la consume depuis deux ans à petit feu, et qui a pour nom le Rabbinat.Il parait que tous les administrateurs nouvellement élus, forts d’un mandat on ne saurait plus clair, seraient décidés à mettre fin à cet état de chose.Qui vivra verra.Après tout ce que nous avons vécu ces deux dernières années, je suis devenu très sceptique.La création du Rabbinat: un geste lourd de conséquences C’est tout de même assez étrange que la création du Rabbinat en qui nous placions tant d’espoirs pour notre communauté se soit ainsi a-vérée, à l’usage, un geste si lourd de conséquences.Je dois avouer que j’avais été moi-même, il y a quatre ans bien enthousiaste, au moment où il avait été question de doter la communauté d’un Grand Rabbin.J’étais à l’époque le responsable de la commission religieuse à la Communauté Sépharade du Québec et, à ce titre, il m’avait été donné de jouer un rôle important dans le choix du Grand Rabbin et la signature de son contrat.L’honnêteté me force à reconnaître maintenant que le titre de Grand Rabbin que nous avions à l’époque accepté est quelque peu pompeux et ne correspond pas exactèment à la réalité.Traditionnellement, en effet, il y a Grand Rabbin quand il y a un collège de rabbins oui élisent l’un d’entre eux en qui ils reconnaissent une autorité religieuse spirituelle et morale.Qu’avions-nous, profanes, à nous mêler de ces opérations et à décider d’avance pour eux?Apparamment, rien ne nous avait semblé trop beau ni trop cher pour celui qui devait assurer le leadership spirituel de notre communauté et nous aider à tous à pénétrer plus avant dans la voie de notre Torah et de nos belles traditions sépharades.Nous autres Sépharades nourrissons un grand amour et beaucoup de respect pour nos hahamim.En règle générale, au Maroc en tout cas, ils nous le rendent bien aussi.Rabbi Chalom Messas: un régal de sépharade La visite récente à Montréal de Rabbi Chalom Messas, pendant longtemps Grand Rabbin du Maroc et maintenant Grand Rabbin Sépharade de Jérusalem l’a encore montré avec éclat.Avec lui nous avons tous retrouvé le sourire et la joie de vivre.Enfin un rabbin bien de chez nous: ouvert, accueillant, chaleureux, plein de finesse, d’humour et aussi fier de chacun de nous que nous l’étions tous de lui.Un régal de sépharade. Montréal, hélas, nous n’avons pas eu la main heureuse jusque là en matière de Grand Rabbin : une communauté aussi belle, aussi pleine de promesse surtout, et dont la réputation à l’extérieur est celle d’une entité solide avec des dirigeants qui savent ce que parler veut dire, méritait assurément mieux que les chefs spirituels dont on a essayé de la doter à ce jour.L’histoire de nos échecs en la matière est bien trop connue pour queje doive m’yattarder.Cequeje voudrais plutôt ici dire aux lecteurs de la Voix Sefarad, c’est notre déception cruelle à tous.Et si je prends la liberté d'exprimer franchement mon opinion sur un sujet rendu tabou, c’est que j’ai eu à en payer de ma personne.C’est chez moi, à la maison, que le contrat du Grand Rabbin a été signé et ma position, depuis le début, a été de ne rien marchander, ni le titre ni les clauses monétaires, ni l’autorité, ni le pouvoir, à celui dont on voulait faire notre chef spirituel.Grands naïfs que nous sommes.Notre congrégation Maghen David, a beaucoup contribué, matériellement et moralement, à la venue du Grand Rabbin et son installation.Le poste du Grand Rabbin et tout ce que j’en attendais Personnellement, j’attendais beaucoup de ce poste.Dans mon esprit le Grand Rabbin de la Communauté Sépharade de Montréal, celui que nous allions mettre à notre tête, allait être un véritable maître spirituel ; un maître à penser d’un rayonnement et d’un ascendant certains, et qui allait transmetre le judaïsme dans toute sa splendeur aux divers segments de cette Communauté.Il allait, dans le cadre des institutions communautaires existantes, mettre sur pied un réseau de programmes et de contacts lui permettant de toucher, lui-même ou par personnes interposées, les étudiants de Hillel, ceux du programme d'études juives à l’université, les cadres du Centre Communautaire Juif à tous les niveaux, les professeurs de Maimonide, les fidèles dans les synagogues.Il allait travailler en pleine harmonie avec nos dirigeants communautaires, se laisser guider par eux et arriver à les inspirer aussi bien, à s’intégrer dans le milieu et devenir peu à peu un membre influent de l’équipe.Vous direz que je rêve en couleurs, mais pourquoi rêverais-je donc?Est-ce tellement rare et introuvable un Grand Rabbin qui soit un vrai Talmid-Hakham paré de toutes les vertus que la vraie Torah confère?Dans mon rêve, notre Grand Rabbin donnait de nous et de notre judaïsme, à la société québécoise qui nous entoure, à nous juifs francophones, d’une curiosité bienveillante, une image autrement plus flatteuse que celle que projettent les sinistres émissions dites Or Hahaym.Comment une communauté telle que la nôtre, avec un seuil de sophistication tout de même assez élevé, a-t-elle pu tolérer que de telle inepties soient télévisées jour après jour en son nom, sous l’emblème de son Rabbinat?Nous sommes devenus la risée de tous Heureusement que dans ce pays béni le ridicule ne tue pas.Nous sommes quand même la risée des autres communautés sépharades à cause de cette farce qui n’a que trop duré.Nos amis du Maroc, de France et d’Israël qui suivent ces histoires d’assez près en rient bien ; ce en quoi ils ont raison ; sauf que c’est une histoire bien triste et avec laquelle il va falloir continuer à se dépêtrer, nul ne sait pour combien de temps encore.Et dire que certains y trouvent leur compte.Je ne demande qu’à voir.Quant à moi, hélas, en fait de bilan à l’actif du Rabbinat, je vois davantage de temps passé à créer de faux problèmes et à nourrir des cabales, qu’à apporter une contribution concrète au renouveau spirituel pour lequel cette communauté est tellement prête.Tout ce que nous voyons, en guise de renouveau spirituel, c’est une équipe déterminée à traire la vache communautaire pour en extraire le maximum de sous.Le tout au nom de la bonne cause, bien entendu.Que faît-on des sommes collectées par le Rabbinat?À y regarder un peu, ces collectes de fonds auxquelles on se livre allègrement au Rabbinat sont, à elles seules, un scandale sans nom.Vous avez d’abord le gala annuel avec tout le cinéma qui l’accompagne.Viennent ensuite, à différents moments de l’année, trois hilloulot pas une de moins; suivent le mahatsit hachekel à Purim, l’argent des kap-parot à Kippur, des mezouzot quand Rabbi Ben Tov est de passage, le tout assaisonné ici et là d’appels de fonds, en saison et hors de saison.Ça fait beaucoup d’argent tout ça, ne pensez-vous pas?Je ne vous donnerai pas de chiffres pour ne pas vous effrayer mais il sont bien gros, croyez-le.Le brave peuple croit faire de la tsédaka et des misvot.Ils achètent des bougies, des tableaux de peintres médiocres, une pierre angulaire, un musée sépharade, un mikvé, des étagères du Colel.Tout le bric-à-brac de la gloire sépharade passée et à venir y passe, à la portée de toutes les bourses.Ce que le brave peuple se refuse à voir — par peur d’un herem peut-être— c’est que le plus gros de ces sommes n’a rien à voir avec la tse-daka puisqu’il s’envole en salaires.Le C.A.du Rabbinat et le bon vouloir du prince La supercherie dans tout cela c’est que le Rabbinat a soi-disant un conseil d’administration chargé de veiller au grain.Ce qu’on sait peut-être moins, ce qui est inacceptable, c’est que les membres de ce Conseil sont là par le seul bon vouloir du prince qui les fait souverainement acclamer lors du gala et leur fait l’honneur de les garder tant et aussi longtemps qu’ils restent fidèles.Chacun est libre de s’amuser comme il l’entend, au Rabbinat comme ailleurs.Qu’on nous dise seulement comment on dispose de nos deniers et que la population en soit informée.Dans l’état actuel des choses il n’y a pas de contrôle communautaire sur ces fonds ni de vérification ouverte, objective et totale, quant à l’usage qu’on en fait.Quelque part, il y a certainement abus.Proba-• blement pas voulu et délibéré, peut-être innocent, peut-être même bien intentionné, mais abus quand même.Et le respect que nos gens ont pour tout ce qui touche à la religion arrive à couvrir bien des choses qui devraient au contraire être ouvertement discutées.Le projet du «Centre Rabbini-que» Maghen David, rue Victoria, mériterait à lui tout seul un long développement.Comment la synagogue Maghen David de Darlington et son Président ayant été à l’origine du projet et ayant réussi à y amener bien des forces vives de la Communauté ont ensuite été peu à peu écartés pour permettre à un groupe du Rabbinat de mener la danse à leur musique, sans égard aucun pour les chiffres et les réalités, voilà un gros chapitre à reprendre et qui sera, hélas, repris en cour.Tout le bien que le Bureau du Grand Rabbin aurait pu faire pour la communauté À côté de cela, des domaines entiers de l’action communautaire sont complètement ignorés par le Rabbinat.C’est sans doute parce que, dans ces domaines, il s’agit d’implication ordonnée et exigen-te, de dévouement véritable quoique bénévole, à la cause, et de compétences solides.Pourquoi par exemple, le bureau du Grand Rabbin n’a-t-il pas solidement pris en mains une campagne de recrutement qui aurait amené cent à deux cents enfants de plus à l’École Maimonide ?Y a-t-il mitsvah plus grande et bienfait religieux et culturel plus immédiat pour la communauté?Le prestige du Bureau du Grand Rabbin aurait alors été utilisé pour ramener nos enfants à nous, se donnant une chance de les gagner à jamais au judaïsme.Au lieu de quoi on a préféré torpiller en mars 1980, le projet du Conseil de l’Éducation Juive de confier à l’École Maimonide, l’École Sépharade de Ville Saint-Laurent.Scandale sans pareil et triste histoire que le rôle joué par le Rabbi-• nat dans cet épisode-là.Et plus triste encore, que le Conseil d’Administration de la Communauté Sépharade du Québec n’ait pas même débattu de l’affaire.En parlant du secteur de l’éducation, nous passerons également sous silence l’histoire du lycée Yeshiva.Tabou et sacré.La Communauté Sépharade du Québec en a quand même débattu, merci.Pour dix minutes.Les représentants du Rabbinat ont aussitôt assuré le Conseil d’Administration que, contrairement aux rumeurs perfides, tout allait bien et qu’on ferait mieux de passeï à l’ordre du jour, ce que l’on fit.Dociles et bien élevés, nos administrateurs.- Dieu les bénisse-On les comprend d’ailleurs.Qui irait risquer de s’attraper un herem ou même un petit niddouï par les temps froids qui courent?Se tenir à carreaux et ne pas risquer de scandale, n’est-ce pas plus prudent?Que ne ferait-on au nom du chalom et de l’unité.Chalom et unité qui n’ont pas fini de nous étrangler.Jusqu’à quand la prudence et la patience?C’est de leadership et d’administrateurs qui savent assumer leurs responsabilités avec courage et détermination dont la Communauté a aujourd’hui besoin.Les aura-t-on?Mardoché LÉVY LA VOIX SEFARAD, MARS 1981/PAGE 3 LIBRES OPINIONS A la suite de la diffusion d’un tract diffamatoire contre le Grand-Rabbin, un conseil extraordinaire a été convoqué par le Rabbinat: des invitations ont été adressées aux Présidents des Synagogues et des Constituantes de la C.S Q.Ce conseil a été tenu dans la Synagogue Beth Rambam dans une atmosphère très tendue.M.Elias LEVY, accompagné de deux étudiants.du Colel, présidaient dans la Tevah.Ils étaient tous trois revêtus de Talit et avaient l’air bien sombre.\\ Compte-rendu de la réunion des représentants des Institutions Sépharades de Montréal, tenue le mardi \ ' 27 janvier, au siège du Rabbinat.Présents : Rév.Élias Lévy, Rabbi David Cohen, Rabbi Abraham Bensimhon, Rabbi Chalom Elharrar, Rév.Salomon Amzallag.David Abitbol (Hevra Kadisha), David Abitbol (Communauté Sépharade de Laval), Simon Amar (Hevra Kadisha), Moïse Amselem, Salomon Azoulay (Adath Israel), Salomon Benbaruk(Hevra Kadisha), Albert et Samuel Bendahan(Beth Yossef), Marcel Bendavid, Albert et Gabriel Benizri (Beth Menouha Rebbi Yehis Revah), Messod Benizri, Rémy Benoualid (Adath Israel), Nessim Bensimon, Jacques Benyayer, Albert Bohbot, Amram Cohen (Ville Saint-Laurent), Joseph Cohen, Maurice Cohen (Ville Saint-Laurent), Mr.Dahan, Sion Delouya, Elie Elbaz (Ville Saint-Laurent), Mosès Elbaz (Beth Rambam), Henri Ellak(Ohel Yaacov), Isaac S.Ezagui (Merkaz Sépharade), Joseph Haziza (Beth Rambam), Jacobi Israel, Daniel et Mardochée Lévy(Maghen David).Robert Lévy(Beth Rambam), René Lévy-Soussan(VilleSaint-Laurent), AndréLibrati, Judah Locub, Samuel Loubaton (Beth Rambam), Abraham Mensès, Albert Moyal, Dan Muyal, Joseph Ohayon (Ville St-Laurent), Naphtalie Ohayon, Prosper Ouaknine, Simtob Rimok (Em Habanim), Moshé Suissa, Jacob Sultan (Beth Rambam), Claude Tapiéro, Joseph Timsit (Ville St-Laurent), 1 illisible.Secrétaires: Me Michèle Cohen, Esther Elkaim.Au nom du Rabbinat on explique à ce Conseil extraordinaire que la diffusion d’un tel tract frappait de Herem toute la communauté.Pour s’en laver, les membres présents en leur nom personnel et au nom des institutions qu’ils représentent se devaient donc de signer un texte protestant contre le tract et exprimant «humblement au Rabbin.» Institutions absentes : Centre Communautaire Juif, Ecole Maimonide, Chouva Israei, Ür hana-yim, Fédération Séphardie Canadienne, Congrégation Sépharade de Langue Française, Communauté Sépharade du Québec.Sur une convocation de M.Elias Lévy, les représentants des institutions communautaires sépharades de Montréal ont été convoqués dans le but de dénoncer énergiquement la diffusion d’un tract diffamatoire à l’endroit du Grand Rabbin, le 18 janvier 1981.Lecture est faite de la lettre de William Déry, adressée au Grand Rabbin au nom de la Communauté Sépharade du Québec, dénonçant cet acte.Lettre de la Communauté Sépharade du Québec à Me Henri Simon pour réclamer des poursuites judiciaires.Lettre de M.Haim Hazan.De telles façons de faire, qui n’ont jamais véritablement été à l’honneur dans le judaïsme, Sépharade en particulier, ont soulevé la colère et l’indignation de plusieurs responsables communautaires Nous donnons ci-après le compte rendu de cette convocation et la réponse de l’un des non-signataires Les trois Rabbins siégeant ont expliqué à l’assistance la gravité de diffamer la personne d'un Rabbin.Cet acte, s’il n’est pas dénoncé, pourrait entraîner, selon le Choulhan Aroukh, de graves sanctions aux inspirateurs et aux réalisateurs, aux distributeurs du tract diffamatoire, ainsi qu’à toute personne qui, d’une manière ou d’une autre, détient une information susceptible de faire découvrir le ou les coupables.Après une période de questions, les Rabbins proposent la déclaration suivante.Cette déclaration met hors des sanctions prévues par le code, toutes les personnes qui l’ont signée.Une demande est faite par un membre de l’assemblée à l’effet que chaque responsable communautaire se charge de faire signer la déclaration par ses membres.DECLARATION : Je soussigné, déclare par la présente désapprouver totalement l’acte irresponsable et diffamatoire posé envers la personne du Grand Rabbin, Dr David Sabbah.Je tiens ici à communiquer humblement au Grand Rabbin tout le respect que je lui dois.Je déclare solennellement ne pas savoir qui sont les auteurs de cet acte, ni les rédacteurs, ni les distributeurs, ni les instigateurs.Je déclare également avoir communiqué devant cette assemblée tout ce que je sais et tout ce qui a été porté à ma connaissance.Ont signé cette déclaration, le soir même, toutes les personnes présentes sauf Henri Ellak et Mardoché Lévy.y Signe: Reverend Elias LEVY Cher Monsieur, Après avoir lu votre compte rendu du 27-1-81, sur la soirée du HEREM que vous avez organisé, suite au mandat que vous a accordé le C.A d’après la lettre du 22-1-81, que vous m’avez fait parvenir, f aimerais vous dire ce que je pense de cette farce dont vous avez été l'artisan principal Vous dites que le C.A du Rabbinnat vous a chargé de prendre toutes les mesures nécessaires pour découvrir les auteurs du TRACT Mais, qui dans ce conseil est habilité de vous mandater pour une telle responsabilité ?- Y-a-t-il quelqu’un parmi ces membres qui est en mesure de lire un texte HALAHITE?Les Rabbins dont vous parlez, depuis quand sont-ils Rabbins, possèdent-ils une sémiha d’une école reconnue ?Savez-vous que le HEREM n’a plus cours aujourd’hui, parce que justement des Pseudo-Rabbins, en ont fait un usage abusif?Savez-vous que les grands Rabbins et les grands Hassidims dignes de ce nom se vantaient de n’avoir jamais eu recours à un HEREM ?Savez-vous que ceux qui prononcent un HEREM, deviennent eux-mêmes des diffamateurs, et en conséquence passibles de poursuites judiciaires ?Ne savez-vous pas qu’en Israël, ceux qui prononcent un Herem contre un individu et pire encore contre une communauté, sont.passibles de 2 ans d'emprisonnement ?Et le Rabbin dont il est question dans le tract, que dit-il lui-même ?J'aimerais bien qu'il se prononce par écrit plutôt que de charger des gens incompétents dans la matière.Cher Révérend, avec le respect que je vous dois, vous avez été vous même victime de certains fanatiques qui cherchent à exploiter l’innocence des gens en brandissant le Croque-Mitaine HEREM.Si c’est ça le C.A.du Rabbinnat, j’en ai honte et en suis dégoûté.Mardoché LÉVY DEUXIEME CONGRES MONDIAL DES HOMMES D’AFFAIRES Du 8 au 15 Mars 1981 s’est tenu en Israël sous l’égide de l’Union mondiale des Originaires d’Afrique du Nord le deuxième Congrès des Hommes d’Affaires.Le dynamique président de l’UMOAN, Shaul Bensimhon se dépense sans compter depuis plus de dix ans pour promouvoir l’amélioration des conditions de vie des Nords-Africains en Israël.Et c’est avec raison que, mettant surtout l’accent sur la dimension économique, il organise ces Congrès qui regroupent des hommes d’affaires qui ont démontré leurs talents et peuvent en investissant en Israël, contribuer à améliorer l’image sépharade.Qu’est, ce que L'UMOAN (l'Union Mondiale des Juifs d'Afrique du Nord), fondée en 1972, vise à regrouper tous les Juifs originaires d'Afrique du Nord, à travers le monde, en vue d'at -teindre les objectifs suivants : * Développer notre patrimoine culturel ; exprimer la spécificité du judaisme maghrébin.Lutter contre les préjugés ; améliorer les conditions sociales.que entre les participants.B.Encourager et stimuler les activités commerciales, industrielles et financiers en fonction des possibilités que peut offrir Israël (par l’intermédiaire de la «SODIRE» et du groupe «KOORAJ»), C.Créer un «Club d’Hommes d’Affaires» qui sera dirigé par l’une des trois grandes banques d’Israël ou par les trois banques.D.Encourager les participants à acquérir une résidence secondaire en Israël.************************************************** * Encourager l’entraide entre les communautés maghrébines dans le monde.* Resserrer les liens entre les Juifs d'Afrique du Nord et Israel.Faire participer plus activement nos cadres aux réalisations et au développement de l'Etat d'Israël et des Institutions juives mondiales.* Engager un dialogue permanent avec les autres communautés.* Mobiliser des fonds pour accorder des bourses aux élèves et aux étudiants de familles défavorisées et développer nos activités sociales et culturelles.* Contribuer à développer le Centre de Recherches sur les Juifs d'Afrique du Nord.* Elire et soutenir des représentants qualifiés pour réaliser les objectifs de l'UMOAN.L'UMOAN, c'est la contribution du judaisme nord africain à la société israélienne.Elle s'élève contre les préjugés et ne cesse de rappeler la part active prise par les Juifs d'Afrique du Nord au développement de l'Etat d'Israël.Elle se refuse cependant à pratiquer une ségrégation entre les ressortissants des diverses communautés, et c'est pourquoi, tant les animateurs (bénévoles) que les bénéficiaires de notre action sociale et culturelle, appartiennent sans distinction à toutes les communautés d'origine du peuple juif et israélien., L'UMOAN est dirigée par un bureau israélien, élu au Second Congrès mondial (composé de dix membres) et par ses membres associés à la direction, ainsi que par des membres actifs et des commissions de travail,'en Israel et dans la Diaspora.L'UMOAN a des antennes dans de nombreux pays, surtout en France, en Espagne, aux Etats-Unis, au Canada, au Vénézuéla, au Brésil, en Argentine, en Suisse .Chaque représentation nationale possède ses responsables et ses commissions de travail.Enfin l'UMOAN entretient des relations avec des organisations juives en Israel et dans la Diaspora, telles le C.J.M.(Congrès Juif Mondial), l'O.S.M.(Organisation Sioniste Mondiale), le JOINT, etc .L'UMOAN a créé trois cercles indépendants, responsables chacun d'un domaine bien précis : politique, économique et culturel : * Le cercle politique : Composé d'originaires d'Afrique du Nord qui occupent des postes de responsabilité politique : membres du Parlement, maires, secrétaires de conseils-ouvriers locaux, membres du comité d'action de la Histadrout, représentants de fractions politiques.Ce cercle constitue un groupe de pression auprès des autorités afin de réduire les écarts sociaux et d'activer le processus d'intégration des Juifs d'Afrique du Nord en Israel, dans le domaine politique, social et économique.Il a ainsi mené une action, couronnée de succès pour la gratuité dans les deux dernières classes du secondaire.Il a fait campagne pour l'élection de Itshak Navon à la Présidence, pour l'élection de Juifs d'Afrique du Nord au Parlement, etc .Il lutte contre le chômage et pour la sauvegarde des allocations familiales et des allocations aux vieillards, handicapés, orphelins et malades.Lors du tournage d'une série télévisée de prestige, sur l'Histoire du Sionisme («La Colonne de Feu», diffusion prévue fin 1980), il a alerté l'Office de Radiodiffusion sur les graves lacunes concernant l'épopée du sionisme nord-africain.Un expert a été nommé, le scénario a été complété, et la série comptera donc 17 épisodes au lieu de 13, accordant au judaisme d'Afrique du Nord la place qui lui revient.* Le cercle universitaire : réunit des universitaires et des membres des professions libérales originaires d'Afrique du Nord.Constitué en groupes de réflexion, il propose des solutions à la direction de l'UMOAN.Il souhaite jouer le rôle d'un groupe de pression morale sur le public israélien en général, et les Juifs d'Afrique du Nord en particulier, afin de les sensibiliser aux problèmes sociaux-économiques et socio-politiques.Il organise des journées d’études, des commissions de travail.Il doit contribuer à la préparation du Premier Congrès Mondial d'intellectuels juifs originaires d'Afrique du Nord.* Le cercle économique : Son but : encourager les hommes d'affaires originaires d'Afrique du Nord à créer une solidarité entre eux, et les aider à prospérer.Il espère ainsi attirer d'autres hommes d'affaires à s'installer en Israel.C'est à l'initiative de ce cercle qu'a été organisé le Premier Congrès mondial des hommes d'affaires juifs originaires d'Afrique du Nord.PAGE 4/LA VOiX SEFARAD, MARS 1981 SARAH LEIBOVICI Au siècle dernier Tétouan : une communauté éclatée Extraits des «Nouveaux Cahiers» No 59 revue publiée sous les auspices de F Alliance Israélite Universelle.Suite de notre No 1, Vol.10, de janvier 1981 L'AVENIR SE FORGE A L'ETRANGER A l'Espagne près — mais l'Espagne, en l'occurrence, n est pas importante au plan de l'émigration — l'avenir des Tetouanais se forge dans les pays neufs, conquis de, fraîche date ou qui viennent d'accéder à l'indépendance : les colonies espagnoles d'Amérique se sont libérées de la métropole à partir de 1810, et le Brésil s est séparé du Portugal en 1822.Terres immenses, encore à exploiter et qui ont besoin de bras.En Algérie, particulièrement à Oran et son département, la communauté juive — en grande partie tétoua-naise — se porte bien.Ils sont commerçants, employés de bureau et petits fonctionnaires, puisque français depuis le décret Crémieux.La pose, de la première pierre de la grande synagogue d'Oran s'accompagne d'une cérémonie solennelle, le 11 mai 1880.dont rend compte le journal I Atlas (dans son supplément au numéro 1203 paru le 30).Tout, jusqu'à la soirée chez M.Kanoui, président du Consistoire, sent la réussite et la francisation.(Au demeurant, cette synagogue communale vient combler une lacune ; elle était réclamée à cor et à cri par tous ceux qui s élevaient contre les nombreux petits temples privés, dont plusieurs appartenaient à des Té-touanais.) Une correspondance du Consulat d'Espagne, en date du 17 juin 1889, au sujet d'un crime passionnel commis par Saul Ben Soussan à l'encontre de Maria Molina, est intéressante par le fait qu'elle révèle la crainte des compatriotes de la victime » que l'extraordinaire influence des /uifs de cette colonie ne fasse pencher en faveur du coupable la balance de la Justice » (traduit par nous).EN AMERIQUE Reprenons où nous les avons laissées nos informations sur l'émigration au Brésil : rappelons qu'après Rio, les Tétouanais ont tenté leur chance à Para (aujourd'hui Belem), au nord du pays, à Bahia (factuel Salvador) et à Manaos (en pleine Amazonie, sur le fleuve même).A ce jour, les archives consultées sont encore muettes à cet endroit, à l'exception d'une lettre datée du 11 mars 1878 et signée d'Abraham Benyamin, signalant qu à Bahia se fait sentir le besoin d'« un consulat pour le Maroc », car « la police oppose de grands obstacles aux sujets de cette nationalité pour obtenir des passeports » (les nouveaux immigrants ne devenaient donc pas automatiquement brésiliens et, par ailleurs, ils voyageaient I).Nous savons aussi que « la colonie isra-élite de Bahia est peu nombreuse et peu fortunée », toutes origines confondues (Kann, 18 janvier 1878).Quel est le panorama général dans ce vaste pays que Pierre II a gouverné en souverain éclairé jusqu'en 1889 (il avait aboli l'esclavage en 1888) et qui devient République en.1891 ?En 1892, l'immigration des juifs russes poserait de nombreux problèmes, dit un correspondant, en raison d'une situation généralement difficile : fièvre jaune et autres épidémies, crise politique et écçnomique, révoltes et vie chère.La vie est dure dans le nord (Para), en Amazonie (Manaos), région dont les ressources (caoutchouc., sucre, café, cacao) sont exploitées par ^Anglais et Américains.On ne pourra plus dire, écrit David Yahia : » Il est allé faire fortune en Amérique » ! Les provinces d'avenir, ajoute-t-il, sont Rio Grande do Sul et Sao Paolo (qui compte alors 140.000 habitants) Parmi les listes consultées du comité local des Amis de l'Alliance — de 1876 à 1893 —, aucun nom de juif tetouanais parmi les souscripteurs de Rio (et beaucoup de noms d’Alsace).PEROU Nous voici maintenant au Pérou, à Iquitos, sur l'Amazone, ville et région d'émigration tétouanaise.Si aucune correspondance de Tétouan ne cite même ce nom comme lieu de destination prévu, c'est pour cette raison très simple que le point de départ vers Iquitos a été le Brésil, très probablement Manaos : il n’est que de regarder la carte, de se laisser glisser sur le fleuve.Par un récit — postérieur de vingt ans, il est vrai — nous savons que ces Marocains intrépides sont passés maitres dans la navigation fluviale, pour les besoins du commerce : « A Iquitos vivent (.) plus de deux cents de nos anciens élèves de l'A.I.U.au Maroc A l'arrivée, on pourrait se croire dans une ville juive.Sur les enseignes des magasins, on lit les noms Cohen, Tolédano, Benmergui, Delmar, Serfaty, Benassayag, Elaluf, Pinto.! A Iquitos, il y a plus de trois cents juifs, y compris les Ashkénazim, originaires d'Alsace.Mais je ne parlerai, que des Marocains.Une centaine d'entre eux sont de Tanger, une cinquantaine de Tétouan, les autres de la côte, de Rabat et Casablanca (.).Les premières années sont terribles, mais ils ont du courage et de l'ambition (.).Ils commercent avec tout ce qui est imaginable (.).Ils voyagent sur le fleuve (;.) et échangent leurs marchandises contre du caoutchouc.C’est une vie dure.Souvent ils doivent vivre des mois entiers dans leurs canoës, s'alimenter uniquement de riz et de bananes, lutter contre les caïmans et attendre que l'Indien vienne leur acheter leurs marchandises (.).Tous les deux ou trois ans, ils partent pour l'Europe faire leurs achats et ils reviennent.Nos coreligionnaires sont quasiment les uniques importateurs à Iquitos (.).Ils sont aussi les uniques exportateurs de caoutchouc (.).La plupart d'entre eux vivent avec des femmes indigènes, et ils ont des enfants magnifiques qu'ils élèvent dans la religion juive (.).- Je préfère le juif à l'Européen et au Chinois », dit l'Indien.Quand nos coreligionnaires ont acquis une petite fortune, ils retournent au pays de leur naissance.Peu d'entre eux se sont établis définitivement dans le pays.Ils se marient au Maroc, y fondent une famille, mais sans oublier celle qu'ils ont laissée à Iquitos.» (M.Pisa, 1910 - Enciclopçdia Judaica Castel-lana ; traduit par nous).Encore un détail pittoresque rapporté par Robert Ricard, qui cite Up de Graff : » Il raconte — dit le premier — qu'à Iquitos, vers 1895, les habitants, désireux de se défaire d'un gouverneur dont ils étaient mécontents, organisèrent une Légion étrangère sous le commandement de « Salomon Cazes, un juif marocain, éx-sous-officier de l'armée anglaise, devenu un négociant important, qui se révéla un chef admirable.» (Revue de géographie marocaine, tome VII, fasc.8, 2" et 3' trim.1928).Ce Cazes-là, à n'en pas douter, était de Tétouan-Gibraltar ! VENEZUELA Passons au Vénézuéla, pays vers lequel l'émigration s'est faite sur une grande échelle.Comme ailleurs, la communauté juive y est d'abord d'une autre origine que marocaine et tétouanaise (un bon nombre de juifs d'Alsace).En 1863 elle compte déjà, à La Gauyra, 93 adhérents à l'Alliance, mais c'est seulement en 1883 qu'on trouve, pour la première fois, des noms de Tétouanais sur la liste des souscripteurs de Caracas : les frères Bendélac (Elias A.et Samuel A.).D'un exercice à l'autre, le nombre s'accroît, pour constituer la majorité dès 1893.Ce seul fait apparait déjà comme le signe d'une prospérité sans cesse grandissante.En 1889, soixante-cinq donateurs, de Caracas répondent à l'appel qui leur a été fait de Tétouan en vue d'alimenter une caisse d'aide aux élèves nécessiteux.Et la quête, nous dit-on, n'en est qu'à ses débuts I Déjà 960 francs ! Ce document est intéressant à divers'titres : patronymes, degrés de fortune.Au Vénézuéla comme dans d'autres pays d'accueil, l'instinct grégaire a joué : ils sont tous commerçants, tous marchands de nouveautés ou merciers, les anciens offrant, du travail aux nouveaux ou les aidant à s'installer dans leur même branche d'activité.Cela diminua les chances de réussite.D'où les tentatives de queiques-uns pour sortir des sentiers battus : pourquoi ne s'essaieraient-ils pas à l'agriculture, à la plantation du cacao, à la restauration ?Mais ces essais furent malheureux, nous dit-on, et ils retrouvèrent avec profit le chemin du commerce (Mair Lévy, 1891).Sur Curaçao, la plus grande des Antilles néerlandaises, au large du Vénézuéla, il faudrait aussi porter ses regards.L'île comptait déjà, depuis le XVII' siècle, une communauté séfarade en provenance d'Amsterdam (les premiers immigrants s'y installèrent en 1634).Des Tetouanais y arrivèrent, mais quand exactement?Une correspondance en anglais, de mars 1897, nous précise que les « Morocco contributers » ne sont pas prospères .cette année-là ! (Suite et fin dans notre prochain numéro.) Monsieur le Directeur, Je vous remercie d’avoir publié, en partie, un de mes articles sur «Tétouan : Une communauté éclatée».Il me faut, toutefois, m’étonner, sur les points suivants : 1 - Tout d'abord,, l’article a paru sans la référence: Les Nouveaux Cahiers, No 59, seule condition qu’avait mise cette revue à la publication dans vos colonnes, comme je l’avais bien précisé à M.et Mme Daniel Lévy de Montréal, ce qu’ils vous ont, sans aucun doute, communiqué ! 2 - Si je comprends fort bien qu ’un texte trop long ne puisse être publié in extenso, je suis très surprise que vous n ’ayez pas mentionné les coupures (par des crochets, paren- thèses et points de suspension, comme il est coutume de le faire.) Et que votre dernier paragraphe se termine par un point final, quand l’aventure ne faisait que commencer, rend incompréhensible le titre ! Je vous prie donc, au moins par égards pour Les Nouveaux Cahiers, d’apporter les rectifications nécessaires dans votre prochain numéro.Veuillez agréer, Monsieur le Directeur, l’expression de mes sentiments distingués.SARAH LEIBOVICI ****?**?*?*?**?**?+?*?**?*?**?*?*?*?*?*?*?**?*+******************¦*?¦*¦* Les institutions Israelites au Maroc (vers 1930) Commentaires de : SALOMON BENBARUK Par PAUL MARTY - Extraits de la Revue des Études Islamiques publiée en-1930 par la Librairie Orientaliste, Paris.Nous continuons ici notre publication et nos commentaires sur les chapitres 111 à V de la revue ci-dessus.Cette fois-ci, nous donnerons le texte avant de vous faire part de nos réflexions.IIL - LES TRIBUNAUX RABBINIQUES.Compétence et composition.- Il est institué dans les villes de l’Empire chérifien, désignés par arrêtés viziriels, des' tribunaux rabbiniques, compétents pour toutes les affaires intéressant les statuts personnel et successoral des israélites marocains.Leur compétence esf en somme analogue à celle des cadis vis-à-vis des musulmans marocains, avec cette différence que les cadis ont, en plus, la compétence immobilière.Les tribunaux rabbiniques jugent conformément au droit mosaïque local (rite safardite).L’étendue de leurs circonscriptions est déterminée par arrêté viziriel.Le tribunal rabbinique (Beth-din) est composé régulièrement de trois juges (Dayan, pl.dayanim), à savoir: Un rabbin, président, Deux rabbins, juges, auxquels il faut ajouter un greffier (sofer, pl.soffrim), tous nommés par arrêté viziriel, et un huissiers.Dans les villes où l’importance de l’élément israèlite ne comporte pas la présence d’un tribunal rabbinique, un rabbin est spécialement délégué à l’exercice de la juridiction gracieuse et à la surveillance de la confection des actes notariés.Il arbitre les différends qui lui sont soumis volontairement par les parties, et sa décision, véritable sentence arbitrale, n’est susceptible d’aucun re- cours.Sur ce point encore, il y a analogie avec les sentences arbitrales des cadis.Les plaideurs conservent d’ailleurs toujours la faculté de déférer leurs litiges devant le tribunal rabbinique de la circonscription, s’ils ne veulent pas en saisir le rabbin-délégué.Procédure.- La procédure est généralement inspirée dans ses grandes lignes de la procédure en usage devant les autres tribunaux du Protectorat L’instance est introduite par requête écrite sur papier timbré et adressée au président du tribunal, qui ordonne l’enrôlement de l’affaire, cite les parties à comparaître pour une prochaine audience et procède à toutes mesures d’instruction qu’il juge utile.Les citations sont adressées aux parties sous pli recommandé par les soins du greffier du tribunal.' Les parties peuvent comparaître devant les juridictions rabbiniques en personne ou par ministère d’un pouvoir régulier.La comparution personnelle du défenseur pourra être ordonnée.Les audiences sont publiques.Elles se tiennent dans le prétoire aux ours et heures fixés.Si la publicité est dangereuse pour l’ordre public ou les moeurs, le président peut ordonner le huis clos.Mention de cette mesure est faite au jugement, qui, dans tous les cas, est rendu publiquement Tout jugement doit contenir : 1° Les noms, qualité et demeure des parties ; 27 Le point de fait ; 1° Les noms, qualité et demeure des parties ; 2° Le point de fait ; 3° Les dires des parties et témoins ; 4° Les motifs en fait et en droit ; 5° Le dispositif ; 6° La date à laquelle il a été rendu, exprimée d’après le calendrier israèlite et le calendrier grégorien.Les jugements du tribunal rabbinique sont rendus en langue hébraïque.Ils doivent être, dans les vingt-quatre heures de leur prononcé, inscrits sur un régistre avec un numéro d’ordre sans blanc, surcharges, ni interligne.Ils doivent être signé par les trois juges qui les ont rendus.Les renvois et les mots rayés nuis sont dûment approuvés et paraphés par eux.Le jugement peut être rendu par défaut, lorsque la partie, touchée par deux citations successives, séparées par un intervalle de quinze jours, s’est abstenue, sans fournir d’excuse valable, de comparaître ou de conclure.Toute personne qui a été partie dans une instance peut obtenir une copie des jugements qui s’y rapportent Cette copie ou expédition est la reproduction intégrale de la minute, établie en vertu des articles 7 et 8 du dahir, et est accompagnée d’une traduction française.Elle est certifiée conforme par le greffier, visée par le président et revêtue du sceau du tribunal.Cette expédition fait foi comme acte authentique, mais n’a aucune valeur exécutoire.Un état des jugements rendus est dressé à la fin de chaque mois par le greffier et envoyé par le président du tribunal au Grand Vizir.Récusation.- Le droit de demander la récusation des juges existe au profit de tous les justiciables des juridictions rabbiniques.Tout juge d’un tribunal rabbinique de premier ressort ou du Haut Tribunal rabbinique peut être récusé : ' 1° Quand il a ou quand sa femme a un intérêt personnel dans la contestation ; 2° Quand il y a parenté ou alliance entre lui, ou sa femme et l’une des parties ou l’un des avocats des parties, jusqu’au degré de cousin germain ; 3° Quand il y a procès entre l’une des parties, d’une part, et le juge, ou sa femme ou leurs ascendants et descendants, d’autre part ; 4° Quand le juge est créancier, débiteur, héritier, présomptif, donataire ou représentant légal de l’une des parties, ou en a reçu des présents : 5° Quand il a précédemment donné son avis ou son témoignage dans le litige ou en a connu en premier ressort La demande en récusation est formée suivant les règles établies pour les requêtes introductives d’instance, par le dahir du 22 mai 1918 (11 Chaabane 1336).Elle doit être introduite dès l’ouverture de la première audience.Il est statué sans recours sur la récusation, par le tribunal complété, comme il est indiqué ci-après.Lorsque la récusation porte sur un membre d’un tribunal rabbinique, le magistrat récusé est remplacé par un rabbin délégué du ressort, désigné par le Grand Vizir.Lorsque la récusation porte sur un membre du Haut Tribunal rabbinique.le magistrat récusé est remplacé par un président de tribunal rabbinique, désigné par le Grand Vizir.Le demandeur en récusation qui succombe dans sa demande est condamné à une amende qui ne peut excéder 500 francs.Tout juge qui connaît l’existence, entre l’une des parties et lui, d’une des causes de récusation énumérées ci-dessus, doit le déclarer aux autres membres du tribunal siégeant avec lui, lesquels décident s’il doit s’abstenir ou non.Exécution.- Toute partie au profit de laquelle un jugement a été rendu a le droit d’en obtenir une copie en forme exécutoire.La copie en forme exécutoire d’un jugement est accompagnée de sa traduction en langue française.La traduction est faite par le greffier sous sa responsabilité.Les jugements contradictoires sont notifiés à l’audience même par le président du tribunal aux parties.Les jugements par défaut sont signifiés par le greffier à la partie condamnée dans les huits jours de leur prononcé.L’exécution du jugement est assurée à la requête du bénéficiaire, conformément à la loi rabbinique et aux règles en vigueur.Voies de recours.- Deux voies de recours ont été instituées : l’opposition, créée de toutes pièces, et l’appel qui existait jadis à vrai dire, mais qui a été réglementé et rendu conforme aux exigences et modalités du droit moderne.Les jugements rendus par défaut, tant par les tribunaux rabbiniques que par le Haut Tribunal rabbinique, peuvent être frappés d’opposition, dans un délai de huit jours, à dater de leur notification.L’opposant qui fait une seconde fois défaut n’ est pas admis à former une nouvelle opposition.Voir suite page 20 LA VOIX SEFARAD, MARS 1981/PAGE 5 ****** « PESSflH PESSflH PESSAH PESSAH * Ame parlante, souffle vivant, voix-parole, parole exprimée, libération de { la parole, et dond d’Égypte, sont les éléments essentiels de cette étude * que Jo Gabay propose à notre méditation en cette veille de Pessah.J La libération de la parole par Jo GABAŸ LE VIVANT-PARLANT L’Étemel-Dieu façonna l'homme, poussière de la terre Il insuffla dans ses narines un souffle de vie.Et l’homme devint une àme vivante.Genèse II-7.Rachi: L’animal domestique et celui des champs sont aussi appelés àme vivante.Mais l’âme de l’homme est la plus vivante car elle possède, en sus, la connaissance et LA PAROLE.Seul lui, Pharaon, parle, dicte et décrète.L’homme étant défini par la capacité de la Parole, l’aliénation fondamentale se produit lorsque l’homme ne peut pas s’exprimer.Lorsque la civilisation bloque la parole.Lorsque l’homme évolue dans une civilisation totalitaire, l’Egypte en étant le modèle parfait: «Une terre qui n’est jsas la leur» se rapporte aussi aux Egyptiens qui étaient dépossédés de leurs terres depuis la grande famine.Et à la tète de la civilisation du temps : PHARAON.En hébreu, ce nom peut être dérivé de la racine PARAA : destruction, ruine, qui rappelle l’asphyxie de la Parole.En En Égypte effet, le mot PHARAON est composé du mot RA : mal, mauvais, méchant, encadré par les lettres du mot PE : la bouche.Ainsi, le nom même, du monarque égyptien, le définit comme, ayant une «mauvaise bouche», celle qui ne permet pas le dépassement de l’instinct, le dépassement du niveau animal, séquelle de la poussière non encore sublimée par l’âme.La consistance de cette lecture de l’identité de Pharaon est renforcée par la permutation des lettres qui transforment PHARAON en HEAFAR: LA POUSSIÈRE.N’est-il pas celui qui n’a jamais tenu parole, dont les paroles ressemblent à de la poussière qui s’envole dans les airs ?Onkelos : Traduit NEFECHHA YA (àme vivante)par SOUFFLE PARLANT.POURQUOI LE MOT VAYYITSER (IL FAÇONNA) EST-IL ÉCRIT AVEC DEUX YOD ?Rabbi Shimon ben Pazi enseigne : (C’est l’homme qui se plaint et dit) : Malheur à moi du côté de mon Créateur et Malheur à moi du côté de mon instinct.La classification des espèces, minérale, végétale, animale et humaine, est reprise par la terminologie hébraïque qui, dans sa consistance, rend compte de la spécificité humaine : la capacité du parler.Er.effet, elle oppose le minéral DOME-ME : le muet à HAY HAMADA-BER : le vivant parlant, celui pour qui le monde a été créé.Le Talmud enseigne: «Par dix PAROLES le monde été créé».La première de ces Paroles définit l’état du monde : la dualité représentée par Beth, la première lettre de BERECHIT.C’est aussi par la Parole que la formule de résorption de cette dualité est révélée : on se souviendra que l’énoncé des ASSERETE HADI-BEROTE (les dix commandements ou plus littéralement les 10 Paroles) commence par la lettre Aleph de ANOHI.La Révélation de la loi Morale, par la PAROLE DU CRÉATEUR, a pour fonction la remise en ordre, le TIKOUNE, du chaos originel.Ainsi nous'apprenons que tant le TOHU-BOHU de l’état du monde, que la tension bien-mal constitutive de l’homme, trouvent leur résorption dans le respect de la PAROLÉ.On comprend alors que cette PAROLE ne peut être délivrée qu’à l’être dont la voix est à même de véhiculer le contenu de la voix, et dont le savoir-faire est conforme à la voie d’un monde créé par DIX PAROLES.Cet être collectif est nommé ISRAËL, parce que descendant de JACOB qui, déjà, s’était mérité au niveau individuel le nom d’Israël après que son père ait identifié que «LA VOIX EST LA VOIX DE JACOB».L’homme est en perpétuelle tension entre son YETSER TOV et son YETSE R RA, entre sa conscience et son instinct, entre le vertical et l’horizontal.Lorsque l’homme est mis dans l’impossibilité de parler, c’est son instinct, la composante horizontale, qui prend le dessus, il s’identifie ainsi à l’animal dont la parole n’est qu’unsignal.C’est ce que nous avons défini comme étant le PE RA.La révélation a pour but de fournir à l’homme une stratégie qui va faire coïncider son instinct et sa conscience.L’instinct devra être sublimé et rendu conforme à la finalité collective dont la conscience porte la nostalgie.Nous retrouvons ce thème des Talmud Beradot : 61-a deux tendances dans le mot MITS-RAIM, dont la forme grammaticale est un duel.On y trouve le mot YETSER encadré par un MEM ouvert et un fermé.En effet, dans un premier temps, l’Égypte est le creuset de la formation (YETSIRA) du peuple juif.Mais par la suite, toutes les servitudes ont amené l’aliénation de la Parole et seules les forces biologiques, la composante horizontale, restaient opérantes.L’Asservissement essentiel confine le HAY HAMEDABER (le vivant parlant) au rang d’animal.Èn% MITZRAIM, c’est la tendance qui nous vient de la poussière, qui règne.De la voix à la parole FAIS-MOI ENTENDRE TA VOIX CAR TA VOIX EST SUAVE, TON APPARENCE SPLENDIDE.La libération ET TU RACONTERAS À TON FILS CE JOUR-LÀ, EN DISANT.Exode XIII-8 Cantique des Cantiques : II-4 Les élèves ont demandé à Rabbi DOST AI fils de Rabbi Yannai: «Pourquoi la voix de la femme est-elle suave, et celle de l’homme ne Test pas ?» Il leur a répondu : «Elle de l’endroit d’où elle a été créée (de l’homme), et lui de l’endroit où il a été créé (de la terre) ».La première étape du programme est accomplie.La terre muette a donné naissance à l’être porteur de voix.Mais d’une voix qui n’est pas encore au point, une voix dont l’expression n’est pas suave.Une voix d’homme.C’est cette voix d’homme qui doit être dépassée par la voix du prophète.Au-delà du vivant-parlant, la tradition ajoute la dimension du NAVI, Prophète, dont la voix véhicule la PAROLE DE VÉRITÉ rattachée au souffle premier.Mais voilà que le premier prophète, MOÏSE, semble refuser l’ordre de Dieu, «VA, PARLE AUX EN- Talmud : NIDA 31-b FANTS D’ISRAËL», en protestant: «JE NE SUIS PAS L’HOMME DES PAROLES, J’AI LA BOUCHE PESANTE ET LA LANGUE EMBARRASSÉE», ou encore «JE SUIS INCIRCONCIS DES LÈVRES».Il reste remarquable que, sitôt la sortie d’Égypte opérée, Moïse retrouve la capacité de la PAROLE dont la profusion est libre de toute réticence ou malformation.' Tout se passe comme si, avant la sortie d’Égypte, la PAROLE aussi était enchaînée et qu’elle a été libérée en même temps qu’Israël.La parole prisonnière Il descendit en Egypte, CONTRAINT PAR LA PAROLE.Haggadah sur Deutéronome XXVI-5 La descente en Égypte est déjà annoncée à Abraham.Ainsi la lecture habituelle de notre verset explique que la descente de Jacob était prévue.Il était (déjà) contraint de descendre, à cause de la PAROLE qui a annoncé «Savoir tu sauras que ta descendance sera étrangère dans une terre qui n’est pas la leur».Le Gaon de Vilna suggère néanmoins de lire DIBOUR.la Parole, comme étant celle de Joseph, qui rassure ses frères en leur faisant remarquer que c’est sa bouche qui leur parle.Et Rachi d’expliquer que Joseph, bien qu’en Égypte, parlait à ses frères en Hébreu.Nous lisons donc notre verset littéralement : JACOB EST DESCENDU EN ÉGYPTE, CONTRAINT À CAUSE DE LA PAROLE.De même que la liturgie de Hanoucah est basée sur la vue (voir les bougies), de même que la liturgie de Pourim est basée sur fouie ( écouter la Mèguila), toute la liturgie de Pessah est centrée sur la «sanctification par la bouche».Il nous faut manger de la Matsa, boire les coupes de la délivrance, raconter à son fils.PESSAH: littéralement: enjambement «PASS-OVER».Sauver les premiers-nés des Hébreux condamnés par le premier des Égyptiens.Juger les premiers-nés — les prêtres — de la civilisation qui détenait captive la Parole.Pour utiliser l’image de la tradition : faire le tri entre la fine fleur de farine SOLETTE et les écorces, le son, PESOLETE, la distinction entre les deux termes se résumant à la lettre PE : la bouche.Un second sens : PESSAH se décompose en PE SAH, la bouche qui parle, qui dit, qui raconte, qui transmet PE EL PE, la bouche qui dit ce que la Bouche a dit.Et c’est cette même bouche qui mange et boit, qui va raconter sa mémoire historique, va préparer au devenir ultime.Cette même bouche peut à la fois sublimer l’instinct en l’associant à l’àme, et exprimer, sans bégaiement, sans entraves, la Parole, afin de l’assumer et la transmettre.D’Égypte «Si le Tout-Puissant n’avait pas fait sortir nos pères d’Égypte, nous serions encore, nous, nos enfants et petits- enfants, asservis à Pourquoi cette répétition ?Asservis à Pharaon ou simplement asservis en Égypte.Il fallait libérer la parole, passer de PE RAA à PE SAH afin que la Parole de la Révélation soit délivrée! Il fallait briser cette première prison, l’Égypte, afin qu’Israël puisse parler au monde.Ce passage s’est ojséré.La Parole muette et stérile en Égypte a pu être articulée par les Hébreux.Mais cette libération s’est effectuée à la hâte, car l’intensité de l’aliénation risquait d’amener un niveau irréversible.PHARAON en Egypte».Haggada de Pessah Nous avons été libérés, mais les Égyptiens ont péri, seul Pharaon a été sauvé.L’Égypte comme civilisation dominante a disparu.Mais Pharaon semble avoir légué sa mauvaise bouche aux impérialismes successifs qui ont tour à tour relégué la Parole dans des exils plus ou moins avoués, dans des cachots plus ou moins sombres, dans des autodafés plus ou moins sanglants.Nous ne sommes plus asservis à l’Égypte antique.Nous restons encore asservis aux Pharaons, aux «ismes» multiples.Parce que la Parole y était prisonnière.Parce que seul Jacob qui est capable de Parole est à même de la délivrer.Parce que seul Jacob qui se distingue déjà par la qualité de la Voix peut engendrer le libérateur de la Parole.De Pharaon «Et Pharaon dit : «QUI EST L’ÉTERNEL POUR QUE J’ÉCOUTE SA VOIX».Exode V-2 Nous connaissons le Pharaon, nous le présente d’emblée comme Roi-Dieu de l’Égypte.La Thora celui qui n’écoute aucune parole.Un modèle de libération définitive En vérité des jours viendront, dit l’Éternel, où on ne dira plus l’Éternel est vivant, qui a fait monter les enfants d’Israël du pays d’Égypte, mais l’Étemel est vivant, quia fait monter, qui a ramené les descendants de la maison d’Israël, du pays du Nord et de toutes les contrées où je les avais relégués, afin qu’ils demeurent dorénavant dans leur patrie.Jérémie XXIII - 8,8 PESSAH Si la sortie d’Égypte occupe la place privilègiée que nous lui connaissons, dans notre liturgie, c’est que l’expérience de Pessah montre d’une part la possibilité et l’intensité des aliénations à tous les niveaux, mais d’autre part, elle affirme que quel que soit le degré d’asservissement, la libération reste possible.En d’autres termes, si les Hébreux sont sortis d’Égypte, rien n’est impossible.* * * Il existait en Égypte un message qui voulait être libéré.Ce message n’a pu être délivré que dans le désert, en Hébreu.Le Désert MIDBAR peut aussi se lire MEDA BeR, parlant Le Désert, ce no man’s land encore intact, sans contact avec les bouches aliénantes, Le Désert qui, une fois traversé, conduit à là terre où coulent le lait et le miel.De nos jours, si les Pharaons sont nombreux, la multiplicité des impérialismes renforce l’optimisme en ce que l’échec particulier ne conduit pas nécessairement à la disqualification universelle.La puissance des Pharaons contemporains les incite à la prudence.Le monde anxieux de la précarité de son existence demande à Israël le secret de sa survie à travers les temps, ce qui explique la profusion des «ouvrages juifs» dans les trois dernières décades.Israël parle au monde.Les Conciles et les prises de conscience se multiplient Le Désert se peuple, on y parle la langue sacrée.La Traversée du désert des nations a été longue, mais la nuit touche à sa fin.À l’instar des Rabbins de la Haggada, nous avons raconté pendant toute la Nuit de nos Exils, les périples de la sortie d’Égypte.Le temps de la lecture du Chema du matin ne saurait tarder.Jo GABAY Docteur William Déry, B.Sc., D.M.D.MEDECINE DENTAIRE 3535 QUEEN MARY ROAD, SUITE 317 MONTREAL H3V 1H8 TELEPHONE 341-4488 COURTOIS, ZIRI, MALKA et associés COMPTABLES AGRÉÉS 397 ouest, Laurier Montréal, Qué.H2K 2K3 Téléphone : 273-1535 Pierre Courtois, B.Corn., C.A., Joseph ZIRI, M.Com.,GA., U Emile Malka, B.Corn., C.A.PAGE 6/LA VOIX SEFARAD, MARS 1981 N’oubliez pas ! MIMOUNA BCVAHAD I La Mimouna est fetèe le 8e jour de la Pâque.C’est une fête gaie qui n’a pas à proprement parler de racines religieuses, c’est un mélange de traditions culinaires, de folklore : à l’instar d’autres fêtes, la Mimouna célèbre le cycle de la nature : c’est l’entrée du printemps, le renouveau de la terre : les arbres qui refleurissent et le blé en herbe, la douceur de J l’air qui augurent de bonnes récol-i tes.En effet, sur la table, la maîtresse de maison dispose les symboles de la fertilité - quelques épis de blé, un plat de farine où l’on dresse quelques feves fraîches dans leur cosse, celui de la chancè: un poisson fraîchement péché, celui de la richesse : quelques pièces d’or, et une profusion de gâteaux et de douceurs pour I saluer la fin des restrictions de Pes-Isah.I L’origine du mot Mimouna est | multiple : c’est la fête de la Emouna ,(la foi, en hébreu), il est dit dans le I Talmud que le peuple sera libéré ois de Nissan, mois de mois de l’espoir pour le peuple hébreu.Ce soir là est également de l’anniversaire de la mort de Maimon, il est de tradition d’annoncer les fiançailles de la jeune fille ou du jeune homme de la famille, car de surcroît, 'si on se rappelle que Mimoun, en , Arabe signifie «chance», «Mazal» en hébreu, l’on comprend pourquoi chaque convive franchit le seuil en disant «Mazal Tov» ( bonne chance).'pendant le ir Ta Mimouna, Cette année, le 26 avril, jour de la Mimouna va coïncider avec la célébration des 30 ans d’alyah des Juifs du Nord d’Afrique.À cette occasion les Rabbins donneront leur bénédiction dans toutes les synagogues d’Israël, autour de la table traditionnelle, et 100 000 foyers originaires d’Afrique du Nord ouvriront leur porte aux visiteurs la veille de la fête.Le jour même de la Mimouna, jour des sorties et des pique-niques en famille, à la campagne et au bord de la mer, de grandes festivités se dérouleront à Jérusalem en particulier au Parc Saker, en présence du Président de l’État d’Israël Mr.I.Navon, du Président de la Fédération Sépha-rade Mondiale, des ministres, des membres du corps diplomatique, et des personnalités du monde culturel et artistique.Un spectacle «son et lumière» sera présenté au public : l’Épopée du Judaïsme Nord-Avricain, des expositions de peinture, de livres, de photographies et des spectacles de folklore de 25 communautés différentes viendront témoigner de l’intense activité de cette fraction de la population israélienne, et de la place qu’elle occupe sur tous les plans, dans la vie d’Israël.Enfin s’ouvrira à cette occasion la foire des Moshavim et des villes de développement, qui ont souvent été l’oeuvre des Sépha-rades d’Algérie, du Maroc, et de la Tunisie.Par Eliezer HOD (Ensemble) Mouvement des Originaires d’Afrique du Nord Près de deux cent cinquante originaires d’Afrique du Nord vivant en Israël, appartenant tant aux milieux universitaires qu’aux professions libérales, ont décidé de se grouper en un mouvement, non affilié à un parti politique quelconque, ayant pour nom «BEYAHAD» (Ensemble).Ce groupe s’est fixé comme première tâche de se développer en tant que mouvement idéologique et culturel, dont le but est d’oeuvrer à la recherche de solutions constructives aux problèmes sociaux, économiques et culturels auxquels se trouvent confrontés les Juifs originaires d’Afrique du Nord.BEYAHAD s’emploiera à réhabiliter l’image négative— à tort— des Juifs d’Afrique du Nord, tant à leurs propres yeux qu’aux yeux de leurs concitoyens, en mettant l’accent sur les valeurs de leur tradition et " sur leur contribution au renouveau d’Israël.BEYAHAD fait une distinction entre les couches considérées comme économiquement faibles ef les couches qui se considèrent comme telles de façon imaginaire.Chers amis, Cette année le comité d’organisation de la Mimouna a, avec le concours de Beyahad et le soutien de la Fédération Sépharade Mondiale, placé cette fête sous le signe des 30 années d’Alyah d’Afrique du Nord.Le comité d’organisation veut mettre l’accent sur la contribution importante des 600.000juifs originaires d’Afrique du Nord, à la création et au développement de l’Etat d’Israël dans tous les domaines: La Mimouna, Jète traditionnelle, a pris une place importante dans le patrimoine spirituel de la Communauté d’Israël.Le Mouvement Beyahad s’est donné pour tâche prioritaire d’encourager le maintien et la préservation de toute cette richesse culturelle, afin de pouvoir la transmettre aux jeunes et aux futures générations, et son intégration au sein du pratrimoine culturel commun à toutes les communautés d’Israël.Vous aussi, chers amis, participez à cette oeuvre magnifique tout en retrouvant l’ambiance chaleureuse d’antan des fêtes de la Mimouna.L'édifice que nous voulons construire ne peut se réaliser qu’avec la participation de tous ! Vous aussi votre droit et votre devoir, c’est d’être parmi nous ! Nous vous disons Lehitraot à Jérusalem, pour la fête de la liberté et de la paix, Pessah et la Mimouna.bENCHETRIT Président Quant aux véritables nécessiteux, Beyahad préconise qu’ils prennent une part active à leur réhabilitation, en coopération avec Beyahad qui assistera et catalysera les organismes gouvernementaux et publics pour l’établissement d’une instance coordinatrice des moyens destinés au progrès social de ces familles.Quant aux nécessiteux subjectifs, Beyahad lance un appel aux originaires d’Afrique du Nord déjà intégrés en Israël de se rapprocher de ces familles nécessiteuses afin que, par rayonnement mutuel, elles puissent partager leur expérience et les promouvoir.G’est dans cet esprit que notre mouvement a adopté comme devi-_se le verset biblique rappelant la parabole contenue dans le verset 5 chapitre 23 du livre de l’Exode ; Tu ne lui apportera ton aide que s’il est prêt à s’aider lui-même.Festivités de la Mimouna 1981 PROGRAMME Mardi 21 Avril.À 11.00, a Kiriat Gat se déroulera un concours entre élèves de lycée, le thèmi principal sera: «Contribution du judaïsme Nord Africain à la création et ai développement d’Israël».À 19.30 à Ashkelon concert avec la participation de la municipalité d’Ashkelon du théâtre de Haifa et du conservatoire d’Ashkelon.Mercredi 22 Avril.À 10.00, au théâtre de Jérusalem, journée d’études.Dialogue entre Olin clandestins et membres des réseaux de résistance.A 20.30 au théâtre de Jérusalem, soirée folklorique de chants et danse; traditionnels.Samedi 25 Avril.Opération «portes ouvertes».100 000 foyers nord-africains accueilleront le; ¦ citoyens Israéliens et les délégations de l’étranger.Le soir, Bénédiction du grand Rabbin d’Israël à 20.30 à Jérusalem et dans le; autres villes d’Israël.Dimanche 26 Avril.Journée de la mimouna, au «Gan Saker» à Jérusalem.• Spectacle son et lumière : «L’épopée du Judaïsme nord-Africain».• Programme artistique.• Exposition de peintures, livres, photographies, costumes.• Présentation du folklore et des traditions de 25 communautés différente: (Yémen, Kurdistan, Afganistan, URSS, Géorgie, Éthiopie, Inde.) • Projection permanente de films documentaires sur l’Alyah Nord-Africaine e son installation en Eretz Israël.• Inauguration de la «FOIRE DES MOSHAVIM et des Villes de Développe J ment par M.Nissim G AON, président de la Fédération Sépharade Mondiale.Lundi 27 Avril.À l’Université Hébraïque de Jérusalem se déroulera un débat avec la partipatioi d’invités venant de tous les pays.Le thème sera: «Relations entre Juifs Nord Africains en Israël et en Diaspora.» Le soir : Dinner de clôturation des festivités à l’hôtel Hilton à Jérusalem.I Pour tous renseignements complémentaires de I voyage pour la Mimouna, s’adresser à : I LES VOYAGES ELOF-AIR I Tel : 731-8827, 731-0511 I I BEYAHAD s’attachera à mettre en valeur la culture et la tradition, tant passée que présente, des originaires d’Afrique du Nord.De même, elle les encouragera à se consacrer à la recherche dans les domaines culturels, artistiques et scientifiques, afin de retrouver et de préserver les traditions pour les générations futures et pour leur intégration au sein du patrimoine culturel commun à toutes les communautés d’Israël, dans le but d’assurer à ces traditions la place qui leur revient de droit dans la culture nationale qui prend forme en Israël.BEYAHAD met l’accent sur la contribution importante des Juifs originaires d’Afrique du Nord tant à la Défense d'Israël qu’,au peuplement des zones de développement et à la reconstruction d’Israël.BEYAHAD n’épargnera aucun effort pour établir des liens entre les Juifs originaires d’Afrique du Nord, d’Israël etceuxvivantdans la Dispora, et cela sur une base de réciprocité, d’échanges et d’assistance mutuelle.BEYAHAD saisit cette occasion pour faire appel à nos frères originaires d’Afrique du Nord de réaliser l’alya et de s’établir en Israël afin de participer au développement du pays tout en réalisant leurs aspirations.Cette année c’est PESSAH DE DOS PANES Cette année, le premier jour de Pessah tombe un dimanche (le 19 avril).La veille de Pessah, jour où on brûle le hamez, tombe un chabbat; d’où la difficulté.On procédera donc de la manière suivante : 1 ) On fera bedigat hamez jeudi soir avec la bénédiction et les dix petits morceaux de pains comme tous les ans.2) Vendredi on fera le biur hamez comme d’habitude, tôt le matin (limite : 10h46).On ne laissera que la nourriture nécessaire, en hamez, pour la journée du vendredi, pour les repas du vendredi soir et samedi matin.Plutôt moins que plus, de sorte que samedi matin à 9h38 au plus tard, tout le hamez laissé aura été consommé.3) Chabbat matin on fera la prière très tôt, on prendra le repas de chabbat (la dafina) très tôt de sorte qu’à9h38 au plus tard, tout soit complètement fini.Manger hamez n’est plus permis après 9h38 le matin.Commencer la prière du matin à 6h.4) Ce chabbat ne rien mettre de hamez dans la dafina et s’arranger à ce qu’il ne reste pas de nourriture hamez dans la maison après 9h38 au plus tard.wairw P1K5VSK X3ÎÎRV2'» d «K call m*»* u> lyiWKlK:* 0>kdv "in vv - i,/ Z y 00- > Un don de fertilité à tout Israël.mm ' * ’- “"“LE FONDS l ?* z “XIX- ÆÆ M ?NATIONAL JUIF * Planter un arbre en Israël en toute occasion j est devenu une tradition pour bien des juifs, j Pourquoi?ne pas en faire la vôtre?C’est une façon productive d’offrir vos souhaits J pour un évènement heureux (naissance, J bar-mitzvah, mariage, etc.), ou en une cir- * constance tragique.Commandez un arbre * au Fonds National Juif, et vous recevrez J aussitôt l’un des jolis certificats illustrés ci- J contre.J Prix : $5.00 chacun * J Pour tous renseignements, s’adresser au : * Fonds National Juif, ï 1980 0.rue Sherbrooke, Suite 300 l Montréal, Québec - H3H 2M7 Tél.: 934-0313 341-5815 BOUCHERIE 342-0087 LE SHALOM informe son aimable clientèle que toutes ses viandes sont cachérisées sous contrôle du Rabbinat sans aucune augmentaton du prix.Venez voir la différence.Service aimable et courtois.LE SHALOM toujours à votre disposition 4693 Van Home, MONTRÉAL LA VOIX SEFARAD, MARS 1981/PAGE 7 ST-LAURENT Une Communauté en marche Tout récemment, la Communauté de ville St.Laurent a pris la vedette en s’affiliant officiellement à la C.S.Q.Nous en profitons pour vous présenter ici constituante qui depuis ses origines, a fait la preuve de son dynamisme.Beit Sefarad Depuis 1973 existait à St.Laurent un groupe de bonne volonté qui s’était donné pour nom «Beth Sepharade» et qui avait pourobjec-tif d’organiser les offices des fêtes de Roch Hachana et de Kippour, .puis par la suite, ceux du Chabbat.Ceux-ci avaient lieu dans la syna-'gogue mère, achkénaze, de Beth Ora.Les fidèles ne s’y sentaient pas à leur aise et avaient le sentiment de ne pas être chez eux.D’autre part, ce groupe qui s’était constitué spontanément n’avait jamais été élu, ce qui fit surgir, après quelques séances de travail, certains conflits de personnalité qui ont finalement eu raison de l’existence de ce groupe.L’occasion était ainsi donnée de passer en quelque sorte du stade artisanal au stade professionnel; quelque fût le mérite de ces bénévoles pionniers, il apparaissait nécessaire - et surtout pour mettre fin aux conflits personnels - de procéder à des élections et de structurer ce groupe à l’image des autres existants.Aussi, il y a deux ans, il fut proposé de constituer une commission qui établirait les statuts, et qui organiserait les élections afin de rendre le groupe plus représentatif.Au bout d’un mois de travail, avec l’aide de quelques membres de la Communauté, des statuts furent obtenus et un scrutin mis sur pied : Monsieur H.HAZAN, qui joua le rôle de médiateur et de conseiller, fut proposé candidat, remporta les élections et depuis se consacra activement à l’épanouissement de ce qui allait devenir la Communauté Sépharade de Ville St.Laurent.En mai 1979, une copie des sta-tuts envoyée à toutes les familles -fait unique dans la Communauté -fut suivie d’une convocation à une Assemblée générale.Le 20 Mai, se tenaient pour la première fois des élections générales à Ville St.Laurent l’équipe de H.Hazan fut élue par acclamations.Immédiatement après, cette équipe se mit à la tâche et tenta de réaliser quelques uns des objectifs fixés.Logés d’abord dans un petit local situé au centre d’achats St.Louis, ils réussirent à obtenir par la suite trois classes de l’École Sépharade qui furent aménagées en synagogue pour organiser les premiers offices des fêtes de Tichri.À Kippour, un appel de fonds suscita une très généreuse réponse de la part des fidèles; ainsi l’équipement nécessaire à une synagogue fut acquis.Détail truculent: on acheta des bancs de l’Oratoire St-Joseph.téba, rideaux et hekhal furent offerts par des membres de la congrégation.Et dès Soucot, fut inaugurée la première synagogue francophone de Ville St-Laurent, qui reçut le nom très symbolique de Petah Tikvah, la porte de l’espérance.Puis les choses suivirent leur cours normalement: aujourd’hui Petah Tikva possède cinq sépha- I rim (le premier a été acheté avec les deniers des membres du comité; un deuxième a été importé du ! Maroc et trois autres offerts en i dépôt par des amis du président), et tout un équipement varié qui permet d’organiser dans ses locaux, mariages, réunions sociales, activités culturelles et communautaires.Petit poisson deviendra grand.Désormais le tournant était pris : de synagogue qu’elle était, Ville St-Laurent est devenue une communauté.Ayant changéles statuts, le groupe laure-ntien se proclama «Communauté» et s’octroya des projets plus ambitieux (sa charte communautaire lui permet - au-delà des activités religieuses -d’organiser des manifestations sociales, éducatives, culturelles, etc.).Il devenait impératif, après cette reconnaissance légale, de développer le «membership»: une cotisation de 100$ par membre (il y en a aujourd’hui 150), permet de renflouer les caisses et donc d’offrir à la population l’occasion de se rencontrer autour de manifestations spécifiques: ainsi, par exemple, dans une atmosphère solennelle, le premier sépher fit son entrée «officielle» à la synagogue de Petah Tikvah, octroyant ainsi à St-Laurent un sentiment defierté bien mérité.Citons pour mémoire les diverses réalisations de ce petit groupe, et pour lesquelles le conseil d’administration et son président ont reçu la confiance et l’amitié de tous leurs amis: Activités religieuses : Les offices du Chabbat, des dimanches, lundis et jeudis matins, sont assurés régulièrement; ainsi que les mariages, bar mitsvot et célébrations des fêtes mineures comme Hanouca, Pourim ou Tou Bishvat; et mêrçe une Hilloula.au cours des offices, de causeries-et des «Leçons» (Commentaires bibliques ou talmudiques) sont offertes, notamment par le président lui-même qui se trouve être de formation rabbinique.Les nourritures I spirituelles ne privent pas le public [ nombreux de se délecter d’autres nourritures telles que beignets et autres petites sucreries.Activités culturelles; Un cycle de conférences a amené à Ville St-Laurent des personnalités gouvernementales (MM.Forget, Desmarais, Goldbloom), consulaires(Con-sul d’Israël, notamment) qui ont animé des débats passionnants.Un bal annuel, un bulletin local et diverses activités sociales ponctuelles (pièces de théâtre) continuent d'attirer les membres.À Kippour dernier, une bonne nouvelle fut annoncée au réjouissement de toute la communauté: un terrair de 50,000 P2 a été acheté (grâce au bon fonctionnement d’un budget de trente cinq mille dollars et aux dons des membres confiants dans leurs administrateurs).Sur ce terrain sera bâti un complexe comprenant une synagogue, des salles de fêtes et, éventuellement, une école ; des négociations sont en cours en vue de l’ouverture d’un campus à Ville St-Laurent.Les travaux commenceront en avril 1981 avec la participation de la Municipalité et le premier coup de pioche est prévu pour bientôt.Ainsi, dès septembre prochain, une salle sera sans doute prête pour accueillir la nouvelle année et les nouveaux fidèles.Rappelons que cette communauté de St-Laurent fit très tôt sa demande d’affiliation à la C.S.Q.; des réticences inexpliquées et inexplicables de la part du Rabbi-nat ont retardé cette affiliation; mais aujourd’hui, c’est chose faite - Ville St-Laurent est une constituante officiellement reconnue et si la C.S.Q.révise ses contrats d’affiliation, St-Laurent est prête à s’y conformer.En attendant, elle a créé un Conseil de laCommunauté, (différent du C.A.qui, lui, est élu) nommé par le C.A.qui a une fonction consultative; formé de cin- ?*?**?**?***?*?*?*?*?**?*?**?*?**?*?****?**?*?*?**?*?*********************** Dollard des Ormeaux Mes amis, Comme toute notre communauté, j’ai lu avec plaisir cet article si agréable à parcourir, si bien illustré par ses photos, à tel point, j’en suis certaine, qu’un étranger aurait pu sentir toutes les atmosphères qui régnaient dans les différents pôles de ce merveilleux 14 décembre 1980.Toutefois, je dois ajouter, à mon grand déplaisir, la frustration qui m’a envahie en arrivant à la fin de l’article.Et DOLLARD DES ORMEAUX?J’habite à Dollard des Ormeaux, petite banlieue bien tranquille, si jolie, si gaie, été comme hiver, mais je dois l’avouer, maintenant, ignorée et inconnue du reste de notre communauté.En effet, dans tout cet article, PAS UN MOT n’a été dit sur Dollard.Pas un mot sur un pôle serein, sympathique, plein d’éclats de rire.Imaginez : Joe Ziri, Esther Elkaim et sa fille Michèle, David Gozlan, Marcel Bendavid et Peggy Elmaleh.Je dois ajouter que deux observateurs, de deux listes différentes bien sûr, ont avoué eux-mêmes qu’ils avaient enfin eu le plaisir de se parler et d’essayer de se connaître, de se comprendre.Personne n’a parlé des péripéties de l’isoloir.En effet, il n’y en avait pas et il a fallu s’arranger avec les moyens du bord: filière, échelle, rideaux, corde, équilibre très précaire et de tous les instants, mais on l’a eu ! Par ailleurs, ce bureau-là était situé dans une petite salle de conférences mise à notre disposition par la Direction de l’Ecole HEBREW FOUNDATION SCHOOL.Café et boissons fraîches nous ont été offerts, et je remercie personnellement Mme BLAN SHAY, présidente de l’école.Mais le plus important, et c’est à cause de cela que j’écris cette lettre, c’est que notre communauté dollardienne s’est intéressée à ces élections.Cette communauté d’environ 120 familles (il en arrive régulièrement), s’est déplacée malgré le froid, la neige, la difficulté ; la communauté sépharade la plus silencieuse de la Banlieue Ouest de Montréal a eu plus de votants qu’une autre communauté aussi éloignée de Montréal.Je profite d’ailleurs de cette occasion pour vous parler de notre petite ville, et surtout de sa vie sépharade.Il y a sept ans, un homme encouragé par un autre homme, a décidé d’organiser, de son propre chef, en assumant toutes les responsabilités, des offices sépharades à Dollard des Ormeaux pour les fêtes de Rosh Hachana et Yom Kippour.L’année d’après, un autre homme s’est joint à lui, puis un autre, et en peu de temps, très peu de temps, nous avons signé et déposé une CHARTE.L’A.S.B.O.M.est créée et elle existe.«L’ASSOCIATION SÉPHARADE DE LA BANLIEUE OUEST DE MONTRÉAL».Membres fondateurs: Maurice EU MALEY, Charles AYACHE, Raphaël SERFATY.Je passerai sur tous les problèmes causés au début et en particulier sur ces trois familles totalement impliquées.Mais heureusement, d’autres gens se sont intéressés à l’ASBOM.Aujourd’hui, nous avons un groupe de responsables, concernés par l’avenir de leurs enfants, nos offices de Rosh Hachana et Yom Kippour se déroulent merveilleusement, dans le calme et la sérénité.Chez nous, Casablancais, Fassis, Meknassis, Marrakchis, Tangèrois, même des Algériens et, l’année dernière, des Iraniens sont arrivés à prier dans l’harmonie, grâce surtout à leur bonne volonté.Nous avons commencé comme tout le monde, dans une salle de classe étouffante, qui s’est vite révélée trop petite, mais l’année dernière, nous avons eu tout un sous-sol, neuf, grand, vaste, aéré et surtout où tout le monde avait sa chaise.Cette organisation fantastique est due à notre responsable-trésorier, Armand LÉVY.Une grande nouvelle, l’année prochaine, nous aurons un service de garderie, etje l’espère, un garde de sécurité.A ce moment-là, tout sera parfait.Je me sens un peu responsable de ne pas nommer tout le monde, mais je les connais, ils me connaissent, et j’espère qu’ils ne m’en voudront pas.J’espère aussi que «le» ou «la» journaliste C.S.Q.ne m’én veut pas.Cette mise au point était nécessaire.Pourrais-je terminer en écrivant que : «Même si nous sommes silencieux, à Dollard, nous existons».Peggy ELMALEH La Rédaction, honteuse et confuse, se D.D.O.jure de ne plus oublier cette Communauté Dollard, par votre contribution, retrou-silencieuse, si jolie et si active.merci de vera dans nos colonnes la place qui lui nous en faire le portrait.Désormais, revient.quante personnes, il permet aux individus d’y apporter leurs griefs, leurs remarques, leurs propositions, ce qui permet de savoir en dehors des réunions officielles, quels sont les ajustements à apporter, les suggestions à corriger et les points de vue nouveaux à inclure.Joli modèle de démocratie.En guise de conclusion, disons qu’une structure a été donnée à cette collectivité qui s’identifie pleinement à son conseil, et à son personnel professionnel; qu’elle possède un état financier sain (avec deux comptes: un budget d’opération et un autre réservé à l’achat et à la construction du futur bâtiment) dont la quasi totalité des fonds proviennent des membres de la communauté de St-Laurent.Cette communauté de450 familles est donc en pleine mutation ; souhaitons lui de poursuivre son petit bonhomme de chemin avec la même sérénité.À moins que des esprits fâcheux ne se plaisent à la détourner de son destin prometteur.;?**?***?+***?*?***•* CONGRÉGATION SÉPHARADE ADATH ISRAEL D’OUTREMONT La Congrégation Sépharade Adath Israel d’Outremont et le ADATH Israel MEN’S CLUB, 1500 Avenue Ducharme, Outremont, nous prient d’annoncer que dans le cadre des causeries-Breakfast données régulièrement dans leurs locaux M.William DERY, Prés-sident de la C.S.Q.sera l’invité du Club pour la Séance du Dimanche 1 2 Avril 1981, immédiatement après le service de Chahrit, quicommenceraà8h30et le petit déjeùner à 9h30.M.Déry fera un exposé des relations Sépharades - Ashkénazes.Les membres et amis sont cordialement invités.M.Yana, président de cette Congrégation Sépharade a effectué une visite à la Voix Sefarad et nous a retracé l’historique de ce groupe dont la fondation remonte à 1959 et qui fut, sous le nom d’Association Juive Nord-Africaine, à l’origine des Organisations Communautaires qui suivirent.M.Yana nous a parlé avec nostalgie de cette époque héroïque, riche en événements, pauvre en moyens, du dévouement des membres des premiers comités; il a rendu hommage à Adath Israel et à son école Hebrew Academy dont la patience et la compréhension n’ont jamais fait défaut au cours des années.Il nous manque malheureusement l’espace nécessaire pour vous décrire cette période et ses hom-.mes et ses femmes.Une visite chez M.Guy Teboul, un des initiateurs, nous a fait entrevoir l'intense activité de ces pionniers du Judaïsme Sépharade au Québec.Nous ne désespérons pas de vous en raconter l’histoire dans un proche avenir et vous y prendrez, nous en sommes sûrs, un plaisir extrême.LA MAISON DU COUSCOUS Dans un cadre intime et sympathique, uous trouverez au Restaurant «n 3 « N AT AN IA » Nouvelle direction Nos spécialités orientales : Couscous royal Méchoui Pizza STRICTEMENT KOSHER SOUS CONTRÔLE DU VAAD HAIR Pour vos banquets, consultez nos prix Traiteur d’expérience.2 grandes salles à votre disposition.Poisson à l’orientale LICENCE COMPLETE 4699 VAN HORNE - MONTRÉAL - 341-4483 GARAGE BOHBOT INC.Mécanique générale Pneus Michelin 738-4137 738-2977 3722 Jean-Talon Ouest Coin Côte des Neiges Montréal, P.Q.1 111 S » II?i 1 III 1 i 1 III J lî‘.1 ü S I § î f m : 1 PAGE 8/LA VOIX SEFARAD, MARS 1981 "¦¦¦• A " L : marwamu :HAnMt 'ARMAND * 486 5965 $ 487 5028 Î ï CHARLY J 7318827 * 7319937 DiSCO — MOBILE (J'*4
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