La semaine à Radio-Canada, 5 avril 1958, Supplément
20 années de radiophonie rurale 9S H •.¦Ir&mËl ¦ ' ti- X » "JYlZ Hû Radio-Canada 1938-1958 ilPPte swMOt, r ?!?ShÜ ¦tr i ¦ jJH if Pag* 2 RADIO-CANADA XXe anniversaire du "RÉVEIL RURAL" ¦¦ b b m .L_ ' ¦ .11^ ARMAND BÉRUBÉ, directeur du Service de la radio-télévision rurale depuis sa fondation il y a vingt ans, apparaît dans la photo du haut.Dans la photo du bas, on reconnaît, de gauche à droite, PAUL BOUTET, commentateur, HENRI BERGERON, annonceur, et Al A RC PERRON, réalisateur, préparant une émission de la série le Réveil rural, entendue à 12 h.31, du lundi au samedi, au réseau français de Radio-Canada.Bien des gens seront sans doute surpris d’apprendre que l’émission radiophonique le Réveil rural, qu’ils écoutent fidèlement du lundi au samedi, à 12 h.31, au réseau français, célébrera son vingtième anniversaire, le 11 avril prochain.Depuis deux décennies, le nombre de ses auditeurs a toujours valu au Réveil rural une place privilégiée parmi les émissions de Radio-Canada.En fait, le Réveil rural est encore plus ancien, car avant qu’il prenne place officiellement à l’horaire, le 11 avril 1938, il existait déjà en puissance dans différents programmes destinés au public agricole.Les précurseurs La toute première émission radiophonique à l’intention de l’auditoire campagnard, en Amérique du Nord, eut lieu en 1922, au poste KDKA de Pittsburgh, alors que la technique de la TSF en était encore à ses premiers balbutiements.Quelques temps plus tard, le réseau de la NBC, toujours aux Etats-Unis, emboîtait le pas et produisait un très bon programme quotidien d’une demi-heure.Parallèlement à ces essais, l’Europe se livrait à des expériences du même genre.Ainsi, un congrès de la radiophonie rurale, auquel participèrent la plupart des nations du vieux continent, se tint à Rome en 1937.Les débuts de la radiophonie rurale au réseau français Une première série d’émissions agricoles passa sur les ondes de Radio-Canada, en 1935, sous le titre de la Renaissance campagnarde.Elle était composée de conférences, de commentaires et d’interviews réalisés par un groupe d’éducateurs dont faisait partie feu M.Georges Bouchard, ancien sous-ministre adjoint de l’agriculture à Ottawa.Des causeries furent aussi présentées par l’Union catholique des cultivateurs, de 1934 à 1937."Le réveil rural" En 1937, la direction du réseau français décida d’entrer pour de bon dans ce mouvement nouvellement amorcé.Armand Bérubé fut nommé directeur du nouveau service, le 1er mars 1938, et.le 11 avril de la même année, la première de la longue lignée des émissions du Réveil rural prenait son envol sur les ondes.Ce vingtième anniversaire permet de souligner deux faits intéressants.Tout d’abord, Armand Bérubé, fidèle à son poste, est depuis le début la cheville ouvrière de la radiophonie rurale.Ensuite, le service qu’il dirige fut le pre mier organisé à Radio-Canada.Autre titre de gloire du Réveil rural: il a ouvert la voie aux émissions du même genre au réseau anglais.Ce n’est qu’en février 1939 que sa contrepartie commença en Ontario pour s’étendre aux Maritimes, puis aux Prairies dans le courant de la même année et, enfin, à la Colombie britannique, en 1940.Les temps héroïques Comme beaucoup de naissances, celle du Réveil rural ne fut pas sans douleur.Lorsque l’émission prit sa forme définitive, en avril 1940, le budget alloué se chiffrait à la somme "effarante” de $35.00 par semaine.Le directeur disposait donc de $6.00 par jour pour organiser un programme d’une demi-heure qui ne comportait pas de commentateurs attitrés.Malgré ces faibles moyens financiers, grâce à un travail assidu, la série connut immédiatement un grand succès confirmé par un courrier très abondant.Le thème de l’émission A l’image de l’émission, créée de toutes pièces, le thème fut composé spécialement pour le Réveil rural.II n’existe pas de Canadien français qui ne soit capable de fredonner la première phrase du "Chant du Réveil rural.” Les paroles sont dues au poète Alfred DesRochers et la musique à Oscar O’Brien, fondateur du Quatuor Alouette, maintenant moine bénédictin à l’abbaye de St-Be-noît-du-Lac.A la suite de nombreuses demandes, "Le Chant du Réveil rural" a été imprimé, paroles et musique et les personnes qui désirent obtenir un ou plusieurs exemplaires gratuitement n’ont qu’à en faire la demande.Les émissions connexes Le succès remporté par cette série incita la direction à élargir le champ des activités du Service de la radiophonie rurale.En décembre 1944, le Choc des idées vit le jour et, en mars 1946, jardins plantureux, jardins fleuris vint compléter la trilogie des émissions radiophoniques destinées tant aux cultivateurs qu’aux citadins."Les travaux et les jours" Pour suivre l’exemple des trois mousquetaires qui étaient quatre, la trilogie des émissions radiophoniques se devait de s’adjoindre un autre membre.L’avènement de la télévision lui en fournit l’occasion.La première des Travaux et les jours eut lieu le 6 novembre 1955.Ce programme s’est rapidement créé un vaste et loyal auditoire.La magie du petit écran a ajouté une nouvelle dimension aux démonstrations et aux reportages des commentateurs en joignant l’image à leurs propos.C’est un fait reconnu que l’avènement de la télévision a perturbé les pourcentages d’auditoire à la radio, dans la soirée principalement.Ce phénomène inévitable n’a toutefois rien changé aux programmes ruraux radiodiffusés.En effet, le Réveil rural, jardins plantureux, jardins fleuris et le Choc des idées passent au milieu du jour, à une heure d’écoute très favorable.La radio a, pour sa part, une souplesse d’utilisation que pourrait bien lui envier la télévision.Elle se prête admirablement à la diffusion des nouvelles et passe sans difficulté d’un sujet à l’autre.Par contre, la télévision procure une présence quasi-physique, surtout lorsqu’il s’agit de discussions et de démonstrations.L’auditoire de la télévision à la campagne est plus réduit, diront certains.C’est à la fois vrai et faux.D’une part, les trois quarts des cultivateurs possèdent maintenant des appareils, d’autre part, l’augmentation continuelle du nombre des émetteurs réduit d’autant les territoires où on ne peut pas capter les émissions.Les résultats S’il est possible de calculer le pourcentage d’un auditoire, on ne peut malheureusement pas transformer en statistiques les résultats obtenus.Malgré tout, on peut affirmer que depuis sa création, il y a vingt ans, la Radiophonie rurale a grandement contribué au développement de l’agriculture au Canada français. 11 avril 1958 Pag* 3 À LA RADIO: • "Le réveil rural" • "Jardins plantureux, jardins fleuris" • "Le choc des idées" Le Réveil rural propose à ses auditeurs des renseignements d’intérêt national et local, ainsi que de la musique propre à plaire aux auditoires les plus variés.L’émission se divise en deux parties égales.Le premier quart d'heure intéresse tout le réseau, des Maritimes aux Prairies.Il est composé de reportages sur l'actualité agricole, d’entrevues avec des cultivateurs ou des techniciens.De plus, un bulletin très détaillé de prévisions météorologiques, couvrant toutes les régions où l’émission est captée, est lu par l'annonceur.La seconde partie du programme est locale.On y fait la revue du marché agricole qui comprend les cours du jour pour les animaux, les fruits, les légumes, etc., ainsi que des conseils et des avis saisonniers qui peuvent être utiles aux cultivateurs et aux citadins.À LA TV: L’émission télévisée les Travaux et les jours (dimanche, 1 heure, au réseau français) a, sur les programmes radiophoniques, l’avantage de joindre l'image aux commentaires.Les Travaux et les jours sont divisés en deux parties.La première est surtout destinée aux cultivateurs.Depuis l’automne dernier, les responsables ont établi une routine : le premier dimanche, les téléspectateurs assistent à une discussion.La semaine suivante, un technicien fait une démonstration sur un sujet de sa spécialité.Enfin, pour clore le cycle, les deux dimanches suivants sont consacrés à un reportage, puis à l’exposition d’un problème d’intérêt féminin.La deuxième partie des Travaux et les jours s'adresse plus particulièrement aux citadins, quoique les campagnards peuvent aussi en tirer profit.Auray Blain, spécialiste de biologie végétale au Jar- Pour agrémenter cette demi-heure, un programme musical des plus intéressants est présenté tous les jours.Le lundi, Léo LeSieur exécute à l’orgue des airs de folklore canadiens et étrangers.Le mardi et le vendredi, Albert Viau et Hélène Baillargeon, de Montréal, Henri Bernier et Raymonde Pelletier, de Québec, interprètent des chansons populaires.Le mercredi, Orner Dumas et ses Ménestrels font entendre cette musique entraînante qui a fait leur réputation au Canada français depuis de nombreuses années.Le jeudi et le vendredi sont consacrés à des enregistrements.C’est Henri Bergeron qui tient en général le rôle d’annonceur au Réveil ru- • "Les din botanique de Montréal y tient une chronique horticole.Ainsi, l'émission les Travaux et les jours suit la même politique que le Réveil rural : atteindre l’auditoire campagnard sans pour autant rebuter celui de la ville.Raymond Laplante est l’annonceur attitré de la série.Paul Boutet et Germain Lefebvre se partagent les commentaires et la réalisation est confiée à Georges-Noël Fortin.Les sources d'information Le Service de la radio-télévision rurale n’a pas pour but immédiat l’orientation de la politique agricole du pays.Mais, étant donné qu’une grande partie de ses renseignements lui sont fournis par différents organismes fédéraux et provinciaux, il participe aux campagnes que ces organisations entreprennent.ral.Il est parfois remplacé par Raymond Charette ou Jacques Fauteux.Pour les amateurs de petite histoire, notons que Paul Dupuis fut le premier speaker de l’émission.Le Réveil rural est, depuis 12 ans, réalisé par Marc Perron, avec le concours d’Henriette Tremblay.L’émission Jardins plantureux, jardins fleuris (12 h.30, dimanche, réseau français) s’adresse à l’auditoire plus spécialisé des horticulteurs professionnels et amateurs.Cette série hebdomadaire de causeries fait entendre entre autres les voix de Stéphane Vincent, Achille Verschingel et Jean-Paul Gariépy.Paul Boutet et Germain Lefebvre sont les commentateurs de cette émission réalisée par Henriette Tremblay.Le Choc des idées présente chaque hiver, depuis 1946, des séries de discussions préparées en collaboration avec des groupes d’éducateurs.Ce programme traite de problèmes propres à l’agriculture et aux pêcheries.Le sujet à l’étude est d’abord présenté sous la forme d’un exposé théorique suivi d’un court sketch qui l’illustre à nouveau d’une manière plus accessible à la moyenne des auditeurs.Puis, deux spécialistes sont interrogés à tour de rôle.Enfin, les cinq dernières minutes de l’émission sont consacrées au programme de la semaine précédente.On y fait connaître les réactions du public.Le Choc des idées, dont la saison 57-58 s’est terminée le 23 mars, est réalisée par Marc Perron.Henri Bergeron en est l’annonceur régulier.travaux et les jours" ¦¦¦¦¦¦-.ir: Le Service de la radio télévision rurale présente, aux réseaux français de Radio-Canada, quatre séries d’émissions destinées aux cultivateurs et aux citadins : le Réveil rural (12 h.31 p.m., du lundi au samedi), Jardins plantureux, jardins fleuris (12 h.30 p.m., dimanche), le Choc des idées (série terminée pour cette saison), ainsi que les Travaux et les jours (télévision, 1 heure p.m., le dimanche), une réalisation de Georges-Noël Fortin que nous voyons ci-haut (à droite) en compagnie du commentateur Germain Lefebvre. Page 4 RADIO-CANADA :-‘A %¦ RAYMOND LAPLANTE, à droite dans la photo, s’intéresse aux explications que lui fournit AURAY BLAIN.Les horticulteurs amateurs peuvent aussi profiter des conseils pratiques que cet expert du jardin botanique de Montréal dispense à l'émission les Travaux et les jours, qui passe au réseau français de télévision de Radio-Canada, tous les dimanches après-midi, à 1 heure.Raymond Laplante est l'animateur de ce programme.HENRIETTE TREMBLAY, réalisatrice de l’émission radiophonique Jardins plantureux, jardins fleuris, donne, dans cette photo, une indication à Stéphane Vincent, commentateur souvent entendu à ce programme.Comme son titre l’indique, cette émission, qui passe au réseau français de Radio-Canada le dimanche après-midi, à 12 h.30, s'adresse aux horticulteurs professionnels et amateurs.Henriette Tremblay collabore aussi au Réveil rural.L'équipe de la radio-télévision rurale Huit personnes composent l'effectif du Service de la radio-télévision rurale dirigé, ainsi que nous l'avons déjà souligné, par Armand Bérubé qui est né en 1906, à St-Philippe de Néri, comté de Kamouraska.M.Bérubé a étudié au Collège de Rimouski, à l'Ecole normale de l’Université Laval puis à l'Université Cornell, aux Etats-Unis, où il s'est spécialisé en sociologie rurale.Ses études achevées, il entra au Département de l'instruction publique en qualité d'organisateur de cours postscolaires.Il laissa cet emploi pour celui de publiciste du Service d’enseignement agricole du Ministère de l'agriculture de la province de Québec.Concurremment, il tint la chronique des conférences au journal "Le Soleil".C'est en 1938 qu’Armand Bérubé entra à Radio-Canada pour fonder le service qu'il dirige présentement.En 1950, il fit un voyage d'études de quatre mois qui le mena en Scandinavie, en Allemagne, en France, en Italie et en Angleterre, à l’occasion du Congrès de la fédération internationale des producteurs agricoles tenu à Stockholm, en Suède.Deux commentateurs réguliers sont attachés au Service de la radio-télévision rurale.Paul Boutet, qui est également chargé de l’organisation des émissions, est né à Ste-Anne de la Pocatière, en Will a obtenu son baccalauréat ès arts au collège de cette même ville, une licence en philosophie à l’Université d'Ottawa puis son B.S.A.à l’Ecole supérieure d'agriculture de Ste-Anne de la Pocatière.Paul Boutet entra au service des Chemins de fer nationaux en 1937.Jusqu'en 1942 il fut agent de colonisation à Montréal.De 1942 à 1949, il occupa le même poste à Amos, en Abitibi, pour l’ouest québécois et le nord ontarien.Enfin, de 1949 à 1955, il fut agent d'émigration pour le C.N.R.dans la métropole.Son travail l’amena à parcourir le pays.Il connaît parfaitement l’est et l'ouest du Canada, ce qui lui est fort utile maintenant puisque ses fonctions le conduisent tous les deux ans dans les régions desservies par le réseau français de radio.Dès 1937, Paul Boutet eut l’occasion de collaborer à des émissions radiophoniques.Il fait partie de l'Association forestière québécoise en plus d'être membre fondateur de la section ouest québécoise de la Corporation des agrono- mes, dont il a été président de 1943 à 1945.L'autre commentateur du Service de la radio-télévision rurale, Germain Lefebvre, est né à Montréal en 1921.Il a étudié au Collège Ste-Marie et à l'Institut agricole d’Oka.De 1946 à 1955, il a été voyageur propagandiste pour le compte de la division de chimie agricole d'une compagnie bien connue.Il est employé à Radio-Canada depuis 1955.Germain Lefebvre est membre de la Corporation des agronomes de la province de Québec.En 1948, il fut élu président de la section montréalaise de cette association.Marc Perron est le réalisateur des émissions radiophoniques le Réveil rural et le Choc des idées depuis 1946.Natif de Ste-Hénédine, comté de Dorchester, il a fait ses études secondaires au Collège de Ste-Anne de la Pocatière.Après avoir obtenu une licence ès lettres à l’Université Laval, il a enseigné le français pendant deux ans au St.Dunstans College à Charlottetown, durant deux autres années au Collège des Eudistes à Limoilou, et enfin pendant un an au St.Mary’s College de Port-of-Spain, Trinidad.Marc Perron est aussi diplômé de l’Ecole de musique de l’Université Laval (lauréat avec très grande distinction).En 1955, il a publié un livre intitulé Un Grand éducateur agricole: Ed.-A.Barnard, sujet de sa thèse de doctorat ès lettres.• Henriette Tremblay, originaire de Montmagny, est entrée au Service de la radiophonie rurale en 1939, en qualité de secrétaire.Par la suite elle a été promue assistante, puis réalisatrice adjointe.Elle collabore au Réveil rural en plus d’être réalisatrice de l'émission Jardins plantureux, jardins fleuris.• La réalisation du programme les Travaux et les jours, à la télévision, est assumée par Georges-Noël Fortin.Né à Ste-Anne de la Pocatière en 1918, M.Fortin a étudié au Collège et à l'Ecole supérieure d'agriculture de sa ville natale, ainsi qu’au Collège McDonald de Ste-Anne de Bellevue.De 1943 à 1946, il fit un stage à la ferme expérimentale de Normandin, au Lac St-Jean.De 1946 à 1955, il a rempli le poste de rédacteur agricole au journal "La Terre de chez nous.” Il laissa cet emploi pour celui de réalisateur de l'émission les Travaux et les jours, au réseau français de télévision de Radio-Canada.Enfin, Huguette Pélissier, secrétaire d'Armand Bérubé, et Yvette Bourgeois complètent le personnel du Service de la radio-télévision rurale.
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.