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Titre :
Le Canada-français /
Revue de l'Université Laval qui traite de philosophie, de théologie, de questions sociales, de linguistique, d'arts et de littérature.
Éditeur :
  • Québec :Université Laval,1888-1946
Contenu spécifique :
Le dernier biographe de Parkman
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Parler français ,
  • Nouvelle-France
  • Successeurs :
  • Bulletin du parler français ,
  • Nouvelle-France ,
  • Revue de l'Université Laval
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Le Canada-français /, 1945-12, Collections de BAnQ.

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Mason Wade, le dernier biosraphe de Francis Parkman0 Mason Wade a publié cette volumineuse et admirable biographie de Francis Parkman, historien héroïque, en novembre 1942.Je me rappelle l’avoir lue d’affilée durant l’été de 1943.Friand de littérature d’expression anglaise, je l’ai relue avec plaisir durant l’été de 1945, pour en composer une appréciation critique le Canada français, réparant ainsi ce qui me semble être un oubli de la part de nos chercheurs et de nos historiens, distraits par la guerre ou la politique.En effet, la publication de cette biographie, pourtant magistrale, est passée inaperçue, et notre critique historique a gardé le silence autour d’elle avec un art vraiment consommé: cette recension est la première qui paraisse au Canada français.Et elle n’est pas d’un historien, mais d’un profane qui aime l’histoire.Indépendamment du fait, fort important en soi,qu’il s’agit du grand historien qui a peut-être le plus contribué à nous faire connaître, nous et notre histoire, à l’étranger et à nous-mêmes, la biographie de Mason Wade est une œuvre magistrale.Elle est évidemment bien écrite.M.Wade, quoique jeune encore, manie sa langue avec une rare maîtrise, alliant la souplesse et l’élégance avec le souci d’une stricte exactitude.La biographie doit être placée à côté des meilleures de celles de Sir George Trevelyan, d’Arthur Bryant, de John Buchan, d’Octave Aubry,de Louis Madelin et de Pierre de la Gorce.Bien écrite, elle est également fort bien imprimée et présentée; cartes géographiques, illustrations, index: tout est fait avec goût, intelligence et perfection.Bref, c’est un modèle de biographie à la fois savante et littéraire.L’ouvrage comprend, outre la Préface et l’Épilogue, quatre parties d’inégale longueur; entendez par là quatre actes, 1.Francis Parkman, Heroic Historian.By Mason Wadb.New York: Viking Press.(Toronto: Macmillan Company of Canada.) 1942.Pp.XIV, 466.vol.XXXIII, n° 4, décembre 1945. 282 LE CANADA FRANÇAIS car 1 auteur a conçu et présenté la vie de l’historien Parkman comme une véritable tragédie héroïque.Le premier acte, The Making of a Historian, 1823-45, si intéressant soit-il, paraîtra peut-être démesurément long au lecteur, puisqu’il comprend les 215 premières pages; et Parkman n’a que 23 ans à la page 215.Le deuxième acte est relativement court; il a pour titre The Oregon Trail, 1846.Le troisième acte, The Dark Valley, 1847-65, est le plus court de tous; la maladie de Parkman a atteint son paroxysme.Le quatrième, A Historian in the Study and in the Field, 1865-93, le plus m-portant, semble-t-il, puisqu’il s’agit de la période créatrice de Parkman, ne comprend pas, cependant, 80 pages.Une citation, presque toujours empruntée à Parkman lui-même, est montée en épingle, pour ainsi dire, au dessous de chaque titre de chapitre.Et les titres des chapitres sont fort expressifs: The Making of a Boston Brahmin, A Puritan in Rome, A Romantic on the Grand Tour, America through New Eyes.Il en est deux qui font penser au Pilgrim's Progress et que le puritain Parkman aurait lui-même fort aimés, ce sont: Entrance of the Enemy, the Dungeon of the Spirit.L’auteur a habilement répondu par anticipation aux critiques qu’on ne manquerait pas de faire de la composition de son livre.C’est dans la Préface (pp.VIII-IX) qu’il explique et justifie ainsi sa méthode: « A few words might well be said about the method of this book Disagreeing with the view of Farnham that Parkman’s active life was unimportant, I have tried to meet the need for a comprehensive chronological narrative, thus adopting Parkman’s own literary method.Hence my greatest debt in writing this book is to Francis Parkman himself, for, not presuming to rewrite a great writer, I have used his own words to a considerable extent, particularly in dealing with those active early years which were so vital a preparation for the later life of the study.To an extraordinary extent, Parkman’s youth determined the course of his manhood.This fact, together with the circumstance that because of illness Parkman left little record of his later years, determined the proportions of this book.)) Mason Wade, qui a eu la bonne fortune de trouver des textes inédits de Parkman — il va bientôt publier le Journal de Parkman en plusieurs volumes — a puisé largement Le Canada Français, Québec, LB DERNIER BIOGRAPHE DE FRANCIS PARKMAN 283 dans le journal intime de son héros pour rédiger la première partie de sa biographie.C’est, en effet, Parkman lui-même qui nous fait connaître sa famille, ses études et ses voyages; les citations, nombreuses, intéressantes et bien choisies éclairent, par degrés, la riche complexité du personnage, car Mason Wade se méfie avec raison de ces brillants raccourcis à la Saint-Simon, qui prétendent ressusciter en soixante ou cent lignes la physionomie spirituelle d’une personnalité du premier ordre; le portrait de Parkman se fait, pour ainsi dire, à mesure qu’on avance dans la lecture de la biographie.Mason Wade ne vise pas seulement à ressusciter Parkman par le dedans, il cherche aussi, selon l’expression bien connue d’Albert Sorel, « à comprendre et faire comprendre ce qui a été.» Il centre la tragédie de Parkman et sa biographie sur ce thème central: Parkman, ayant atteint la maturité très tôt et n’ayant guère évolué après sa vingt-troisième année, a formé, dès l’âge de 20 ans, l’ambitieux dessein de devenir l’historien de la forêt sauvage et du Nouveau-Monde; en dépit de la cécité, dont il a souffert toute sa vie, et d’une maladie cérébrale encore inconnue, qui l’a rivé à la chambre pendant des années, en dépit de tout, Parkman a vécu en héros pour mener à bonne fin l’œuvre historique qu’il avait conçue dans sa jeunesse.C’est la jeunesse de Parkman qui éclaire et explique, en grande partie du moins, l’œuvre de sa maturité et de sa vieillesse.Tel est l’aspect nouveau qu’a voulu faire ressortir Mason Wade.Et c’est là aussi ce qui fait l’unité de son livre.Qu’on ne cherche pas, dans cette biographie, les mille et une anectodes qui traînent dans toutes les biographies romancées des grands hommes; l’auteur est trop épr.s de vérité pour se perdre en des racontars.Il est aussi sobre de portraits que d’anecdotes.Les allusions physiques, les épithètes de couleur, les détails pittoresques ne sont pas son fort.Le meilleur portrait de Parkman est peut-être encore celui que Parkman fait du Puritain (pp.20-21).Parkman a beau être un historien romantique, c’est plutôt comme un classique qu’il est présenté.La Préface (p.VII) nous apprend qu’il perdit tôt sa femme et son fils unique; il est question, presque à la fin même du volume (p.401 et p.426), de ses deux filles.Voilà tout ce qu’on sait de Parkman, père toI.XXXIII, n° 4, décembre 1945. 284 LE CANADA FRANÇAIS de famille.Ajoutez à cela qu’il garde dans son étude, à l’instar du célèbre Dr Samuel Johnson à qui il ressemble à plusieurs égards, toute une kyrielle de chats et de chattes, et vous avez pas mal épuisé les détails de sa vie privée.Parkman, homme d’actioD et historien: tel est l’homme que nous présente Mason Wade.Point de portrait en pied de l’historien.Tout au plus pourrait-on, en cousant quelques détails épars, reconstituer le portrait physique de Parkman.Contentons-nous de lire cet extrait sur la popularité de l’historien héroïque à Quéoec (p.381): In Quebec Parkman usually stayed with Judge Stuart at his beautiful old house in Ste-Ursule Street or at Russell’s Hotel in St-Louis Street.His figure soon became familiar, striding vigorously with a slight limp up and down St.Louis Street, and there must have been many in the charming old city on the rock above the St.Laurence who echoed Le Moine’s sentiment in dedicating, his U Album du Touriste to Parkman in these terms: « A qui, donc devais-je, de préférence, dédier L’Album du Touriste, sinon au Touriste aimé, qui, chaque printemps, nous revient avec les hirondelles; au brillant et sympathique historien, qui a su entourer d’une auréole notre vieux Québec ?» Mason Wade, marchant sur les pas de son maître, a vécu, lui aussi, plusieurs printemps, que dis-je, plusieurs années à Québec, où il compte de nombreux amis.L’auteur insiste avec raison sur la bonté et la serviabilité de Parkman, qui était presque légendaire (p.434).Il fait ressortir également ici et là son sens de l’humour (pp.24-26, p.93, p.103, pp.384-5), mais peut-être pas autant que le lecteur aurait aimé, car, son biographe le sait mieux que personne, Parkman était fort bien doué à cet égard.Voici un court passage (pp.25-26) qui nous révèle le sens de l humour de l’historien héroïque: His zeal was flagging like Slade’s, for the road had become most disgustingly hilly and dreary )).With frequent stops to bathe in some stream, for bread and milk at some hospitable farmhouse, or merely to rest in a patch of shady woods, they finally reached Meredith Bridge, where they collapsed in the tavern parlor.From an easy chair Saddle said: « Last time you catch me walking this time of day », and Parkman replied: « Amen.We will set out before sunrise to-morrow » — which must have completed Slade’s collapse.Le Canada Français, Québec, LE DERNIER BIOGRAPHE DE FRANCIS PARKMAN 285 On le voit, l’auteur lui-même ne manque pas d’humour.Il est un passage que je ne puis résister au plaisir de citer, d’autant plus qu’il nous donne une excellente idée du talent de Mason Wade.In the early spring of 1866 Parkman received a letter from the Abbé Henri-Raymond Casgrain of Laval University in Quebec, which was the forerunner of one of the most interesting historical correspondences on record.Parkman was acquainted with the abbé by reputation, for he had reviewed the latter’s edition of the Jesuit Relations.Since the Relations were one of the greatest sources for his history — he incorporated many passages from them directly into his text — and the series had long been out of print, except for a few modern reprints of individual narratives, Parkman was under a great debt to the two Canadians who had made the whole work readi y available once more in three volume.His new correspondent told Parkman that he had come across the latter’s Pontiac by chance, in the Parliamentary Library, and had been struck by the vivacity, brilliant imagination, and the breadth of view shown in it.He spoke flatteringly of the author’s erudition, « aussi rare que sûr », and offered his services if Parkman should find them of use.Parkman had sent in his subscription to a new magazine, Le Foyer Canadien, over which Casgrain presided, and the latter sent in return copies of all its publications.Parkman had been coached by John Gilmary Shea in the correct manner of approaching French men of letters, and he wrote a rather flowery reply in which he thanked the abbé for his compliments and for his gift, « both for thier own sake, and as the gift of an eminent Canadian author.» Casgrain replied with the present of a signed photograph, and the news that the second volume of the late abbé Ferland’s Histoire du Canada was being put through the press by his friends.Parkman sent his photograph in return, as requested, though seemingly amused by this method of beginning a correspondence.(pp.384-5.) Conformément à la conception de la biographie moderne, l’auteur s’abstient de faire de la critique littéraire; il se contente de montrer, d’exposer, disparaissant ou se promenant derrière son héros.Il arrive, cependant, à Mason Wade de faire de la critique littéraire, et celle-ci est excellente.C’est bien dommage, qu’il n’ait point apprécié chacun des ouvrages de Parkman avec autant de pénétration et de finesse, comme il l’a fait pour The Conspiracy of Pontiac (pp.303-305) et pour The Pioneers of Old France (pp.372-3).Par contraste, le résumé de l’œuvre de Parkman (p.344) est vol.XXXIII, n" 4, décembre 1945. 286 LE CANADA FRANÇAIS un peu sec et se lit comme un pensum.Cependant, l’Épilogue, qui est fort bien écrit, renferme une appréciation générale de l’œuvre de Parkman; Mason Wade y définit et établit la position de Parkman parmi les historiens.Ici et là l’auteur intervient et développe une idée générale, mais seulement après avoir reconstitué les faits ou situé Parkman dans sa réalité tout objective.Ainsi Mason Wade, qui est un catholique, fait la réflexion suivante à propos du puritain Parkman en voyage en Italie: It is only just to add, as Parkman did, that civility is almost universal among the Italians, and also, though Parkman did not consciously observe it, that the Latin attitude toward death is greatly different from the Puritan.In those lands death is festive, almost gay, and greeted with public pomp and circumstances, for it sets the soul free from the perils of a sorrowful world; in New-England, where a more inhuman theology reigns and the e'ect are few and the world deemed good, it is greeted with sour face and fear, clutched heart and unnatural gift.» (p.156) Mason Wade signale en passant, avec raison, l’influence de Fenimore Cooper sur Parkman.Il y aurait lieu aussi d’étudier l’influence des historiens romantiques français, et tout particulièrement, de Michelet sur Parkman, comme il serait fort intéressant d’analyser l’influence de l’œuvre historique de Parkman sur les romanciers historiques américains et même anglo-canadiens, car l’influence de Parkman est encore vivante chez nous, comme on peut le voir aisément dans la floraison actuelle des romans historiques anglo-canadiens.Mason Wade termine sa biographie par des remarques fort judicieuses sur l’histoire et les qualités de l’histoire.AU the research in the world, no matter how conscientious and scholarly, is of little value unless its results can be conveyed to the reader.The inability of the majority of modern historians to combine the roles of researcher and writer has brought about a vast decline in the reading of history.History, like the physical sciences, has largely become the preserve of specialists: the layman is barred by his unfamiliarity with the professional jargon and by the specialist’s inability or unwillingness to make his conclusions readily available to the general reader.Perhaps this condition has something to do with the increased popularity of biography, Lb Canada Fbançau, Québec, Le dernier biographe de francis par km ah 287 which humanizes the past in the way that the old history used to do.To a very great extent, biography has supplanted history, of which it used to be the raw imaterial and the ally, in the favor of the general reader, (p.449) Il ne suffit pas à l’historien d’être tenace dans la collection de ses documents, de se montrer industrieux dans l’usage qu’il en fait, de faire preuve de perspicacité, de jugement, d’intégrité, de courage, d’imagination et d’humanité; il ne lui suffit pas non plus d’être indépendant de fortune, même s’il est reconnu que le métier d’historien coûte fort cher; l’historien se doit aussi d’être un écrivain.Tel est Parkman.Tel est aussi son plus récent et son plus intelligent biographe.Si Parkman revenait, il ne manquerait pas, naturellement, d’être fier de la biographie que vient de lui consacrer son compatriote de la Nouvelle Angleterre, qui est, par surcroît, un écrivain catholique de race et un ami du Canada français.Maurice Lebel, Professeur à V Université Laval.Les livres Raymonde Vincent.Campagne.Un volume in-I2 de 308 pages, l’exemplaire $1.25, par la poste $1.35.Éditions Beauchemin, 430, rue St-Gabriel, Montréal.Raymonde Vincent, comme Marguerite Audoux, est venue presque sans transition, de son passé campagnard au monde de la culture et ce monde l’a façonnée à l’image des siens.Son aspect, son parler sont d’une jeune intellectuelle pleinement consciente de ses moyens.On croit d’abord se trouver en face d’une étudiante vivo et désinvolte, et l’on n’est pas surpris de trouver dans sa bouche le vocabulaire des initiés.Et pourtant, avec quelle richesse elle détaille le monde de la nature dans lequel elle a vécu.Elle raconte comme un enfant qui aurait fait de longs voyages et qui peut nous dire aussi vite qu’elle a vu.Bercée dans les prés et les bois du Berry, cœur de la France, elle exprime dans ses ouvrages ce que toute sa jeunesse berçait d'imagination dans le cadre de la campagne.P.P.vol.XXXIII, n° 4, décembre 1945.
de

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