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Titre :
Le Canada-français /
Revue de l'Université Laval qui traite de philosophie, de théologie, de questions sociales, de linguistique, d'arts et de littérature.
Éditeur :
  • Québec :Université Laval,1888-1946
Contenu spécifique :
Nos héros de romans
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Parler français ,
  • Nouvelle-France
  • Successeurs :
  • Bulletin du parler français ,
  • Nouvelle-France ,
  • Revue de l'Université Laval
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Le Canada-français /, 1945-09, Collections de BAnQ.

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Nos héros de romans « Le mur était solide, et droit comme un héros ».C’est Victor Hugo qui parle, mais Victor Hugo vécut sous l’Empire et en des temps aristocratiques, et il ne parlait pas des héros de romans.Nous vivons, hélas ! des jours byzantins, c’est-à-dire de médiocrité, c’est-à-dire, comme on l’a écrit si souvent, « de nivellement par en bas », à tel point que le « héros » de notre roman contemporain est moins admirable que l'homme moyen, l'homme que la guerre a souvent fait voir dans sa grandeur et ses justes proportions.Voilà pourquoi il faut écrire le mot entre guillemets, et considérer l’homme qu’il représente avec plus de pitié que d’admiration.Il faut certainement écrire « héros » entre guillemets.Si vous en doutez, voyez la belle définition du mot héros, dans un Larousse petit ou grand, dans Bescherelle, ou encore dans le grand Littré: « 1° Nom donné dans Homère aux hommes d’un courage et d’un mérite supérieur.2 Ceux qui se distinguent par une valeur extraordinaire ou des succès éclatants à la guerre.3° Tout homme qui se distingue par la force du caractère, la grandeur d’âme, une haute vertu.» Rien de tel dans notre littérature actuelle.Michel Stro-goff n’est pas à nous.Voyons maintenant plus modestement quelques vertus morales caractéristiques de l’homme intégral: assurance, audace, clairvoyance, droiture, enthousiasme, équilibre» fierté, gaieté, libéralité, patriotisme, persévérance, joie, sérénité, vigueur, volonté.Trouvons-nous ces qualités chez notre « héros » de roman ?Trouvons-nous même chez lui un minimum de ces qualités ?Ainsi donc, pour les fins de cette étude et à défaut de preux authentiques, nous appellerons « héros » le personnage central de l’œuvre, ou le moins nocif, ou encore celui qui ressemble davantage à un jeune premier.vol.XXXIII, n° 1, septembre 1945. 44 LE CANADA FBANÇAIS François de Bienville, Jacques Hébert (de Jacques et Marie) et le sympathique Archie des Anciens Canadiens entrent dans ma thèse puisqu’ils étaient sujets de monarque.Après eux, il est bien difficile de repérer un mâle bâtisseur, sonore, optimiste, éclatant et beau.Voyez plutôt: le « héros » est craintif dans La Terre, truculent dans Les Riband, insaisissable dans Château de Cartes, inopérant dans Angéline de Montbrun, protéiforme dans Les Habits Rouges, piteux dans L’Homme tombé et La Maison Vide, hargneux dans La Ferme des Pins, anodin dans Au Diable Vert, méprisable dans Mon Jacques, aboulique dans L’Erreur de Pierre Girroir, halluciné dans Restons Chez Nous, épisodique dans Plus qu’elle-même et Angéline Guillou, dolent dans Le Cœur est le Maître, défaitiste dans La Terre Vivante, virevoltant dans Les Voies de l’Amour, plaintif et soumis dans Dans les Ombres.Il est placide dans La Filleule des Germain, puéril dans Dolorés, quiétiste dans Moment de Vertige, rudimentaire dans A la Hache, accablé dans La Blessure, incomplet dans Le Spectre menaçant.Celui de Charles Guérin est aux trois-quarts écervelé; et celui qui s’agite dans Le Membre est un félon.L’Amour ne meurt pas nous présente un pleurant Artamène.Avançons dans la galerie: le « héros » de La Pension Leblanc est tout content d’être le hochet d’une coquette perverse.Il est un monstre de vanité blessée dans Jules Faubert et Attitudes.Le très débonnaire Pierre de Saint-Luc, de Une de Perdue, ne sait pas au juste qui il aime .Et coincé entre Les Dames Lemarchand, le falot Michel endosse la soutane pour plaire à sa maman, et l’enlève quand sa grand-mère voltairienne en meurt de rage .Outre que Jean-Paul est vantard, paresseux, ombrageux, il a grand besoin d’appui: « Moi, soupire ce terne gringalet j’ai besoin de quelqu’un à mes côtés qui m’encourage, me relève et me soutienne.» C’est évident, (( il ne possédait pas une âme de soldat et la vie militante dans laquelle il yeuait d’entrer lui pesait au point de l’écraser .» Pour qu’il devienne quelqu’un, il faudra que sa pauvre mère lui sacrifie sa vie.L’un de ses professeurs se penche vers lui et on espère que c’est pour le corriger.« L’éducation peut tout puisqu’elle fait danser les ours.» Mais le renversant Lb Canada Français, Québec, NOS HÉROS DE ROMANS 45 professeur trouve Jean-Paul très, très bien, tel quel.Il prend ce zéro pour un héros.Le héros de L’Appel de la Race est suspect.Transfuge au repentir violent, il brise son foyer et broie sa femme précisément parce qu’elle reste ce qu’il a adoré pendant vingt ans: une Anglaise hère de l’être.Encore un qui croit qu’une petite fille suffit au bonheur d’un homme, répéterait Dingley, l’illustre écrivain des frères Tharaud, s’il rencontrait Claude Paysan, qui aime Fernande aux longs cheveux et va se noyer parce qu’elle meurt.Dans La Terre, Yves de Beaumont fuit et s’enrôle.Il veut absolument se faire tuer parce qu’il a entendu dire que celle qu’il aime de loin est peut-être fiancée.Il revient de la guerre un peu plus courageux, mais il faut néanmoins que trois personnes réunies demandent pour lui et lui fassent accepter la petite main adorée de Jacqueline Duvert.Le soupirant de Nicolette Auclair n’est ni conquérant ni fièrement cambré: quand madame Auclair fait danser Nicolette avec un autre, « Armand Chambrier presse de la main sa tête vide et lourde.La vision de la jeune fille au bras du ravisseur ( ! ) vient de lui rappeler qu’entre une enfant adorable et une mère intrigante, un cœur d’homme peut se briser bien des fois.Désarmé, sans défense contre les manèges habiles de cette femme qui lui marchera sur le cœur, il se laisse choir derrière le fouillis de vigne qui le dérobe à la vue.» Il ne fait aucun pas vers Nicolette.Après un an, il faut qu’elle se trahisse en rougissant devant lui pour que leurs regards se croisent, « lourds de tendresse inexprimée ».Le Gustin de Berthe et Rosette est passif et vite découragé.C’est son copain, le premier comique du livre, qui réussit leur évasion du camp allemand.On ne peut reprocher au Français d’être tout d’une pièce: tantôt il est disert et plein de ressources, tantôt il est gauche, timide et muet.Il pleure parce qu'il n’a pas été invité à une « corvée ».Il manque d’assurance: « Ma personnalité est peu intéressante, je l’avoue .Je suis si peu de chose, moi qui n’ai pour tout bien que mes deux bras ».Car « il faut bien le reconnaître, Léon Lambert était bien le garçon le plus timide en amour, le plus empêtré .le moins vol.XXXIII, n° 1, septembre 1845. LB CANADA THANÇAIS 46 capable de se tirer par ses seules forces des pas difficiles où il avait laissé tomber son cœur.» (Pas si difficiles, puisque Marguerite Morel l’aime).Il se laissera donc courtiser, puis épouser, après s’être retiré « discrètement » devant le rival qu’il exècre.Quand Marguerite lui raconte que le père Morel le prend pour un coureur de dot, il ne dit pas: « Je ne travaillerai plus juste pour mon entretien.Je gagnerai beaucoup d’argent et lui paierai gros prix, sa terre.» Non.Il sanglote humblement: « Si vous et votre père croyez qu’à mon amour se mêle de l’intérêt, je suis prêt à m’en aller, à ne plus jamais vous revoir; mais je ne pourrais vous promettre de vous oublier.» Le héros de .4m Cap Blomidon a un accent plus fier, en pareille occurrence: « Lucienne, vous savez qu’à ces mains (trop) fines il y a deux bras vaillants et que, plus loin que ces bras, il y a un cœur d’homme, un vrai, qui n’a jamais boudé la peine ni l’ouvrage.Je réussirai, Lucienne .» Les Sacrifiés encadrent un Daniel Lussier qui manque de confiance et d’enthousiasme.Timide à l’excès, il n’ose pas remercier Hélène de lui avoir envoyé une photographie: « Il évita son regard.Il n’eut pas le courage de lui parler de la photo .» Il a des idées, cependant, et quelque initiative.Il groupe des talents, fonde une revue littéraire, puis il se décourage: « Daniel voyait dans ces ennuis des présages de mort .Il entrevoit des heures difficiles à passer.Son énergie l’abandonne.» La revue meurt et le cénacle se désagrège.Il aurait pu se réunir encore, durer longtemps.Indubitablement, ses membres n’avaient pas la patience d’un Flaubert, travaillant quinze années à mettre dans le style d’un seul livre le plus de grâce et d’harmonie.Comme le Jérôme de Dilettante, Daniel Lussier souffre de la maladie du siècle, « la peur du ridicule »: quand son patron, M.Maudoin, le gouaille au sujet de la Revue, Daniel se dépite et jette sa position par-dessus bord, quitte à demander à sa maman d’en avertir sa grand’maman.Entre parenthèses, si Jules Maudoin et Camille Leduc avaient été du même acabit, ils ne seraient jamais devenus des magnats du commerce; ils seraient restés petits commis.Daniel s’échouera dans une épicerie dans la médiocrité complète.M.Maudoin se serait échauffé de cette épicerie; on sent bien que Daniel y moisira.Le Canada Français, Québeo, NOS HÉBOB DE ROM AN 8 47 Ni reconnaissance, ni raison chez le Jérôme de Dilettante.L’unique jeune fille qui l’aime est la perfection même.Irascible, Jérôme lui reproche cependant un jour d’avoir été trop aimable pour le dilettante Renaud Beaudry, et d’une façon si déraisonnable qu’Andrée lui dit: « Va-t’en ! » Alors la colère et l’orgueil de Jérôme deviennent plus forts que son amour: « Comme il la haissait en ce moment ! Il ne songeait qu’à cet orgueil qui avait résisté au sien, si agaçant chez elle précisément parce que lui-même en était saturé.Il aurait voulu qu’Andrée avouât humblement la justesse de ses reproches.Elle lui avait tenu tête, et il le lui pardonnait bien moins facilement que son flirt avec Renaud.» Les mois passent.« Depuis longtemps Jérôme était certain qu’Andrée n’avait jamais donné son cœur à Renaud, mais il ne voulait pas faire les premiers pas vers elle .Et pourtant, c’était sa seule planche de salut, dans l’océan de lassitude, de désespérance où il se débattait.» Un ami les mit en présence et « Jérôme se renfrogna de plus en plus.» Est-il intelligent, et Andrée aurait-elle été heureuse avec ce gandin aux sentiments petits ?Le « héros » de Nord-Sud, dont l’âme inemployée « aboyait à la lune », vacille, flotte, hésite comme la vieille Athalie.La préface du livre révélé que Vincent Douaire « triomphe par la fuite » — vers une vie sans but et sans noblesse, malgré le désespoir des siens, malgré la délicate et fervente tendresse de Josephte.Curieux triomphe ! Lorsque Jo-sephte lui rappelle que la vie errante dont il est nostalgique ne mène à rien, Vincent Douaire répond sans héroïsme: « C’est vrai.J’y ai souvent pensé.Mais que faire ?» Il sait bien lui-même, d’ailleurs, qu’il est faible: « Il aurait voulu empoigner la hache et la scie pour détruire cette âme impressionnable dont il avait le dégoût; à grands coups, il l’aurait rebâtie d'une autre façon, stable, reposée, capable de bonheur et de tranquillité.Il se serait délivré de ces mouvements subits et violents, de ces grandes nappes d’émotion soulevées au-dedans de lui-même, au moindre prétexte, et qui le ballottaient.» Pas fier, le héros de La Chair décevante.Sachant combien elle courra encore la prétentaine, il épouse la frénétique, Toi.XXXIII, n° 1, septembre 1945. 48 LE CANADA FHANÇAI8 l’impénitenteDidiLantagne et son enfant.C’est d’ailleurs un passif doux et résigné.Jacques Ménard, lui, évolue élégamment D’un Océan à l'autre, en dilettante inoffensif.Un héros n’a pas le droit d’être aussi inoffensif.On nous dit qu’il est méridional, et cependant il reste froid au contact de l’éblouissante Aline Guilbaut.Il faut donc qu’Aline demande au Père Lacombe de bénir leur mariage, après que l’oncle Ménard a plus ou moins fiancé les jeunes gens.A tout prendre, c’est peut-être l’oncle Ménard qui est le héros de ce livre ?C’est lui qui sauve Aline du péril.Dans Un Cœur fidèle, un instinct très sûr pousse Marie Dumont à confier son bonheur à Eusèbe Landry, sans une arrière-pensée vers Jean Beaulieu, son gentil compagnon d’enfance.Elle a l’intuition nette que Jean n’est qu’un bambin, en somme, un bambin très sympathique, mais pas un homme.Ce n’est pas lui qui apporterait à Marie 1a.sécurité morale ou l’aisance matérielle: « Il croyait que près d’elle il lui serait possible de vivre uniquement des parfums de l’air et du vent qui passe.» Et puis, Eusèbe aussi avait un cœur fidèle.Marcel Faure est supérieurement doué.Beau, très intelligent, hardi comme ses ancêtres saxons aux vues larges, riche à millions, « son âme naturellement compatissante s’ouvre à toutes les pitiés .» Il a pitié du peuple canadien, « étendu parmi les foins parfumés, qui brouta l'herbe stupéfiante, puis, repu, se figea dans le souvenir de sa merveilleuse chevauchée ».Il fonde Valmont, une ville où la race pourra se développer, grandir en beauté, et cette entreprise réussira grâce aux « exceptionnelles qualités de Marcel : volonté, endurance au travail, sérénité, méthode, esprit d’ordre, sûreté de jugement, fidélité de mémoire, talent inné des affaires, idéalisme, équilibre ».Malheureusement, il sacrifierait à la première Dalila parfumée qui l’aguiche et son entreprise et toute la population qui en dépend.Non seulement il capitule, mais il félicite cette fille soudoyée d’avoir « des pensées blanches comme des ailes de colombe » ! Sa « sûreté de jugement » l’a complètement abandonné.Bientôt, il mettra toutes les femmes au niveau de celle qui l’a subjugué: « Ce sont de petites bêtes égoïstes, menteuses et dissolues », rugit-il, amer et haineux.Le Canada Français, Québec, NOS HÉROS DE ROMANS 49 On ne peut s’empêcher de remarquer dans Restons chez nous l'extrême enfantillage du pauvre Paul Pelletier, qui a tout pour être heureux chez lui et qui va s’échouer à New-York.On pourrait se demander pourquoi il s'engage sur un transatlantique, au lieu de se diriger vers le Québec qu’il pleure, si on ne se rappelait la puérilité de sa pensée.A sa place, un jeune Écossais eût dit: « A pied puisqu’il le faut, je retourne chez mon père .» Le Noël Lefranc de Moment de Vertige est-il sagace et ardent ?Il adore Marthe de Choiseul, une descendante de preux.(Remarquons bien le terme « descendance » et qu’il n’implique pas du tout « ressemblance ».) Marthe gémit parce qu’elle est obligée de gagner sa vie, parce que son patron est rude, parce que ses compagnes de bureau ne sont pas élégantes, cultivées, délicates et prévenantes, parce qu’elle doit vivre avec frugalité.Elle entretient pendant 184 pages l’idée d’épouser un flasque divorcé qui la fascine avec des promesses de luxe raffiné.Au moment de faire une chute définitive, elle se justifie en marmonnant: « Les circonstances m’ont poussée .» Noël l’adore et pourtant il ne se fait nullement valoir, il ne la dispute aucunement au richissime futur bigame.S’il sauve Marthe au moment critique, c’est qu’elle lui a tendu les bras par voie du télégraphe.On ne peut se défendre d’une certaine amitié pour Noël, d’un certain désir de mieux connaître sa psychologie intime.Ainsi, comment réagit-il devant les splendeurs et les folies de la Ville-Lumière ?A quoi s’occupait-il pendant les mois et les mois où il ne disait pas son amour à Marthe ?N’empêche que Marthe doit aller le cueillir dans ses prés, tel une humble violette.Son système à lui, c’est la force d’inertie.On n’est guère mieux servi si on veut prendre Pierre Saint-Georges comme « héros » de ce roman.Inculpé de vol, il se cache au fond de l’Ouest jusqu’à ce que les circonstances l’aient exonéré.Ni vaillance ni valeur chez le personnage central de La Campagne Canadienne.Au sortir de l’université, François Barré n’a pas le courage de se tailler une situation au Canada.Il fuit aux États-Unis et, oubliant joyeusement sa petite fiancée lointaine, il épouse une ambitieuse et une mondaine.« Il n’aperçut que les charmes extérieurs de la jeune Améri- vol.XXXIII, n° 1, septembre 1945. 50 LE CANADA FRANÇAIS caine et les avantages matériels que son père lui assurait.» Il évite de se qualifier légalement pour la pratique aux États-Unis en acceptant une position subalterne dans le sanatorium d'un médecin huppé.Il est donc fort désemparé à la mort de ce médecin et il songe à s’établir au Canada.Cependant, € il n’avait jamais dit à ses parents que sa femme ne pratiquait guère sa religion, que lui-même avait été bien négligent, que ses enfants avaient été élevés presque dans l’athéisme ».Ces enfants l’inquiètent, de temps en temps.Il soupçonne qu’ils seront plutôt Américains que Canadiens.Il n’en est pas sûr —- comme s’ils avaient surgi à la façon des champignons.Bien entendu, il ne leur a rien inculqué.« François n’avait pas le temps de s’occuper d’eux d’une façon suivie.De fait, il ne les voyait qu’à table, le soir, et encore pas tous les jours.» Esprit borné, il croit avoir acquitté tous ses devoirs envers ses enfants quand il a soldé leurs frais d’entretien et d’école.Ce ménage américain tombe donc chez l’honnête famille Barré, un peu scandalisée, et François retrouve avec satisfaction l’atmosphère de son enfance — pendant que sa femme s’« embête » à en mourir.A la porte de l’église, le dimanche, François répondait aux anciennes connaissances « avec un empressement qui n’oubliait pas les distances.Un habitant de Québec, après tout, n’est pas un docteur américain.» Voyez-vous cela ?Dans son étroit cerveau, il met la valeur: cours universitaire (dû aux sacrifices d’autrui, jamais acquittés) au-dessus les valeurs réelles du courage et de la vaillance native.Piètre fils, faible époux, mauvais père, mauvais chrétien, et piètre patriote, le pseudo Frank Barry * n’oubliait pas les distances » ! La morgue vient facilement à certains types pas des meilleurs .Une situation toute faite lui est offerte à Trois-Rivières et François le flémard tressaille d’allégresse; mais sa Fanny veut retourner aux États-Unis.François la suivra à sa courte honte — puisqu’il a vainement tenté d’affirmer une autorité de chef — en s’accrochant à l’appui moral qu’il trouvera chez sa fillette Gladys.Rien de bien glorieux chez tous ces personnages.Mais nous n’avons pas terminé la revue: une étude au prochain mois continuera notre édification, (à suivre) Charles Maurel.Le Canada Fbançaip, Québec,
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