Le Canada-français /, 1 juin 1940, Les réunions de London
LES RÉUNIONS DE LONDON Nous voulons ici faire une brève relation du voyage qui nous a permis d’assister aux séances de la Société Royale du Canada, en qualité d’auditeur, et, cette fois comme représentant de l’Université Laval, à celle de Société d’Histoire du Canada.C’est ainsi qu’elle s’appelle, en français, sur la première page du programme de la réunion annuelle.En anglais, c’est la Canadian Historical Society.La réunion s’est tenue, cette année, à London (Ontario), immédiatement après celle de la Société Royale du Canada, et en même temps que celle de la Canadian Political Science Association.L’Université Western Ontario, l’édifice London Life et l’Hôtel de Ville ont fourni les locaux.Il convient d’accorder, sans réserves, des compliments aux gens de London pour leur hospitalité.Leur ville est vraiment belle et c’est avec raison qu’on l’appelle la « ville-forêt », tant les arbres y sont et beaux et nombreux.Les édifices de l’Université et celui du St.Peters Seminary — où l’hospitalité est aussi très cordiale — sont des œuvres de fort bon goût, situées sur de magnifiques « campus » ; à ce moment-ci de l’année, c’est une véritable enchantement.La section française de la Société Royale a présenté une production variée : en histoire, la famille des Meurons, par M.le juge L.-A.Prud’homme ; les préliminaires diplomatiques de la Guerre de Sept ans, par M.l’abbé Georges Robi-taille ; les origines de Ste-Thérèse de Blainville et de son Séminaire, par M.l’abbé Elie-J.Auclair ; en biographie, le peintre Georges Delfosse, par Mgr Olivier Maurault ; l’abbé Verreau, par M.l’abbé Armand Yon ; Adam Thom, par M.Francis-J.Audet ; en littérature, la Gazette de Montréal, berceau de la critique littéraire au Canada français, par M.Séraphin Marion ; en poésie, la Guirlande du Songe, par M.Albert Ferland ; le Cycle de Don Juan, par M.Le Canada Français, Québec, Vol.XXVII, No 10, juin 1940 1036 LE CANADA FRANÇAIS Maurice Hébert ; Poèmes, par Magnanarelle ; en Beaux-Arts, notre ancienne architecture, par M.Marius Barbeau.La production française a paru aussi dans deux sections anglaises.Ainsi, dans la section II (littérature, histoire anglaises) M.Marius Barbeau a présenté deux études.Maple Sugar, et Indian Trade Silver ; M.le juge E.Fabre-Surveyer a donné un mémoire sur la famille Arnoldi ; notons, dans la même section, un mémoire de M.James F.Kenney sur les archives publiques de l’ancienne province de Québec (1763-1791).Dans la section des sciences mathématiques, chimiques et physiques on relève le nom de M.Roger Potvin, ancien élève de Laval, de M.Paul-E.Gagnon, professeur de la Faculté des Sciences, de MM.L.-P.Charette, R.Gaudry, R.Martineau, Léo Marion.Dans la section IV, réservée aux sciences géologiques, M.J.-D.-H.Donnay, M.l’abbé W.Laverdière (avec M.L.-E.Morin), tous deux professeurs à la Faculté des Sciences, ont offert deux mémoires.Il y a lieu d’espérer que nos chercheurs canadiens-français s’appliqueront à présenter, à l’avenir, un plus grand nombre de travaux et dans la section française et dans les sections anglaises.Sur 191 travaux inscrits au programme il s’en trouve 23 seulement dûs, en tout ou en collaboration, à des Canadiens français, soit environ le quart.Puisque nos amis anglais nous accueillent bien, donnons-nous la peine de bien figurer : c’est notre prestige qui est en jeu.La Société Royale a pris une décision qui intéresse forte* ment notre groupe français : elle a résolu qu’à l’avenir elle aura deux secrétaires et elle a désigné MM.Stacey et Marion, qui se partageront la correspondance.Désormais, donc, nous pourrons communiquer en français avec la Société Royale.Les deux nouveaux officiers de la section française sont Monsieur C.-J.Magnan, comme président, et M.Daviault, comme secrétaire.La Société d’Histoire du Canada a réuni un bon groupe de membres, venus de presque toutes les provinces du Dominion, même de la lointaine Colombie.Les Canadiens français sont en très petit nombre dans cette organisation.Cependant le groupe anglais se montre très chic à leur Le Canada Français, Québec, Vol.XXVII, No 10, juin 1940 LES RÉUNIONS DE LONDON 1037 endroit ; ainsi c’est M.Gustave Lanctôt qui devient le président ; M.Séraphin Marion est secrétaire français ; Mgr O.Maurault est membre du conseil et la même faveur a été faite au signataire de cet article.Le président sortant de charge, M.J.-B.Brebner, a conduit les délibérations avec brio ; il a, surtout, prononcé un discours fort remarquable sur l’histoire canadienne.Les travaux ont porté 1.sur le problème du transport, par chemin de fer et par voie fluviale, en particulier sur le fleuve St-Laurent comme voie commerciale ; 2.sur les questions économiques, par exemple, l’accroissement des rouages gouvernementaux de 1914 à 1921 ; la finance de guerre et l’économie nationale de 1914 à 1921 ; les sanctions contre l’Italie dans la guerre contre l’Ethiopie ; 3.sur la mentalité de frontière, soit aux États-Unis (contacts des espagnols avec les anglo-saxons), soit dans l’Ouest canadien, soit dans la Nouvelle-France ; 4.sur diverses questions, comme la politique au Manitoba après la Confédération, Sir John MacDonald dans la caricature, les Nouveaux Canadiens.Nous aurons l’occasion, à l’automne, de revenir sur certains de ces travaux, notamment sur ceux de Monsieur A.-L.Burt, The Frontier in the History of New France, et de M.Watson Kirk Connell, The European-Canadians, qui tous deux sont de grande importance pour nous.Le Conseil de la Société s’est occupé tout particulièrement d’un problème, celui des « archives de guerre ».Il s’agit de recueillir et de conserver tout document, journaux, revues, affiches, réclames, etc., se rapportant à la guerre actuelle.L’expérience de la dernière guerre a démontré qu’on commence toujours trop tard à faire cette cueillette.La Société compte, naturellement, sur les sociétés historiques régionales pour constituer ces « archives de guerre ».Nous invitons les officiers de ces sociétés régionales à donner dès maintenant leur attention à ce travail.Sans doute les services fédéraux s’occupent de l’affaire ; mais ils ne peuvent être partout et des quantités de documents leur échapperont.Nous, de la province de Québec, nous avons un très grand intérêt à colliger les « papiers de guerre », afin que l’opinion canadienne-française pèse pour Le Canada Français, Québec, Vol.XXVII, No 10, juin 1940 1038 LE CANADA FRANÇAIS quelque chose dans l’histoire de la présente guerre.Nous croyons donc qu’il serait superflu d’insister, sauf sur un aspect de la question : il est assez évident que l'attention du publie doit être excitée et tenue en alerte ; nous mettons donc les plus pressantes et les plus respectueuses instances pour prier les rédacteurs de journaux et de revues de vouloir bien rappeler, de temps à autres, à leurs lecteurs l’importance de recueillir, de réunir les « documents de guerre », de les confier à une Société historique régionale, ou, si telle société n’existe pas, de les envoyer de un dépôt d’archives soit à Québec, soit à Montréal, soit à Ottawa.Les livres et les brochures, les feuillets et tracts, entrent évidemment dans la catégorie des documents à conserver.Comme le Conseil de la Société d’Histoire du Canada nous a fait l’honneur de représenter la province de Québec dans le Comité des relations avec les Sociétés historiques, nous accepterons volontiers de recevoir et de garder en lieu sûr les documents de guerre qu’on voudra bien nous envoyer.Arthur Maheux.Le Canada Français, Québec, Vo).XXVII, No 10, juiD 1940
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