Le Canada-français /, 1 décembre 1934, Les livres
LES LIVRES Théologie et Philosophie Adhémar D’Alès.De Deo Trino.Un volume de 316 pages.Gabriel Beauchesne et ses fils, Paris, 1934.Le Révérend Père D’Alès continue à publier ses leçons de théologie données à l’Institut Catholique de Paris.Le présent volume, le cin.quième qui paraît sous la rubrique de Prima Lineamenta Tractatus Dogmatici, traite de la Trinité.Sujet hérissé de difficultés.Mystère, sans doute, que la Trinité et le plus grand, mais qui n’est pas contraire à la raison humaine.L’éminent jésuite, comme toujours, fait montre d’une richesse d’informations puisées aux meilleures sources.On n’a qu’à parcourir les pages IX-XIX pour voir avec quel souci scrupuleusement scientifique il a présenté et résolu les problèmes qui ressortissent à ce dogme fondamental.Si tous ne partagent pas ses opinions concernant quelques points, tous du moins admettent la sérénité de son exposé et la logique de son argumentation.L’auteur n’a certes pas l’ambition de faire comprendre à ses lecteurs le grand mystère de notre sainte religion.Mais avouons sincèrement que son livre éclairera d’une façon singulière bien des intelligences et confirmera la foi encore chancelante d’un grand nombre.A.R.B.-H.Merkelbach, O.P.Summa Theologiae Moralis.T.III : De Sacramentis.Un vol.in-8 de 960 p.Desclée de Brouwer & Cie éditeurs, Paris.Le traité de théologie morale du R.P.Merkelbach se termine avec ce troisième volume consacré tout entier à l’étude des sacrements.Comme dans les tomes précédents, l’auteur y fait une large part aux questions fondamentales que la plupart des autres manuels abandonnent aux ouvrages de théologie dogmatique.On n’a d’ailleurs qu’à l’en féliciter.Sans longueurs, mais avec une grande précision, l’auteur nous donne une excellente synthèse du traité des sacrements en général.Sur la question de la causalité des sacrements, de la grâce sacramentelle ou du caractère, par exemple, on trouvera, ramassées en quelques pages, des notions très précises, parfois même beaucoup plus nettes que celles qu’on peut rencontrer dans bien des manuels de dogme.De même, la question du sacrifice de la Messe est remarquablement bien étudiée ; on pourrait difficilement trouver ailleurs un exposé plus juste et plus clair.Les applications pratiques étant ainsi étroitement reliées aux principes qui les rendent intelligibles, on a, au lieu d’un simple agence- 392 LE CANADA FRANÇAIS ment de formules, un traité d’une parfaite unité organique, où tout se tient ; et s’il y a un peu plus à lire, on comprend en revanche plus vite et l’on a moins de chances d’oublier.L’ouvrage n’en est pas moins pratique pour cela.Les solutions de cas y abondent à chaque page, et sont judicieusement choisies.Comme elles sont bien distribuées à la suite des principes qui les éclairent, il est facile de les retrouver et de les comprendre, même à l’occasion d’une consultation rapide.On ne saurait trop louer, croyons-nous, la valeur pratique et la grande clarté de cet ouvrage.On y rencontre partout de ces formules limpides et neuves qui condensent en quelques mots tout ce qu’il faut retenir.La variété des caractères typographiques et les nombreuses subdivisions du texte accentuent encore cette impression de sobriété et de clarté : rien de confus ni de trop dense, mais des pages aérées, à travers lesquelles on s’oriente sans peine.Signalons seulement deux lacunes.Dans le chapitre consacré à l’Extrême Onction, on regrette de ne rien trouver sur la question, pourtant bien pratique, de la mort apparente.On pardonnera moins facilement encore à l’auteur de n’avoir pas ajouté à son manuel un index alphabétique, d’autant plus que la division générale de l’ouvrage, d’ailleurs excellente, est nouvelle pour un grand nombre de lecteurs.Mais ces défauts disparaîtront sans doute dans une deuxième édition.Tel qu< 1, le manuel du R.P.Merkelbach nous paraît être l’un des meilleurs que nous ayons aujourd’hui.Sa belle ordonnance, sa clarté, ses solutions très pratiques et toujours précises, la science étendue et la grande expérience de son auteur, lui donnent une singulière autorité.Il a le mérite, encore trop rare, de suivre la division de la Somme théologique, et d’être en même temps très bien informé sur les questions les plus neuves, comme, par exemple, celle de la méthode Ogino-Knaus.Étudiants en théologie et prêtres du ministère y puiseront non seulement des renseignements utiles, mais une vraie formation, et une formation thomiste.Sa division générale en surprendra peut-être encore quelques-uns ; dans quelques années, on se demandera comment on a pu si longtemps en suivre une autre.M.R.Régis J olivet, Dieu, soleil des esprits.La doctrine augustinienne de l'illumination.Un volume de 220 pages.Deselée de Brouwer et Cie, Paris, 1934.Le génie de saint Augustin domine tous les siècles.Rien d’éton-nant alors que ses doctrines continuent d’intéresser tous ceux qui étudient les graves problèmes dont notre monde est le théâtre.Comme le dit avec raison M.Jolivet dans l’avant-propos de son livre, les questions qui ont tant préoccupé le grand docteur d’Hip-pone nous préoccupent nous aussi. LES LIVRES 393 Dans ces pages on trouve, exposée d’une façon très objective, la doctrine de saint Augustin sur l’illumination.On sait toute l’exégèse à laquelle a donné et donne encore lieu cette doctrine.Il semble définitivement acquis cependant que pour connaître, d’après le grand docteur, on a besoin d’une lumière spéciale, créée, mais distincte tout à fait de la raison et qui ne se confond point avec les principes immuables qui sont comme les guides de l’intelligence humaine dans le travail de l'élaboration de ses jugements.Et puis, M.Jolivet émet différentes opinions qui attestent chez lui une parfaite maîtrise de son sujet.Comme conclusion, il fait un parallèle entre saint Augustin et saint Thomas, parallèle qui nous apprend à Candide on assiste en quelque sorte à la création de l’âme du XVIIIe siècle.Et l’étude que nous livre M.Chérel est l’histoire de cette première moitié du XVIIIe siècle, où tant d’espoirs, de rêves, d’ambitions généreuses, d’illusions, de recherches généralement sincères aboutissent soudain à la déception, à l’amertume.M.Chérel, en traçant l’histoire proprement dite des Belles-Lettres, au XVIIIe siècle, souligne fortement les thèmes qui dureront jusqu’au Romantisme, les rythmes surtout, qui, en ce temps réputé si peu poétique, caractérisent quelques vrais poètes.Il les étudie avec une curiosité suggestive, une sympathie et une maîtrise qui en renouvellent l’intérêt.Dans le chapitre sur le Lyrisme, M.Chérel nous fait connaître plusieurs paraphrases des Psaumes et l’œuvre si personnelle de Chau-lieu; dans le chapitre consacré à Montesquieu, il nous présente une étude toute neuve sur la prose lyrique du Président et sur son rythme si original. 394 LE CANADA FRANÇAIS L’histoire morale tient dans le livre une place de toute première importance.On y voit la confiance des Rationalistes, l’inquiétude de Voltaire, la hardiesse et la force croissantes des adversaires du Christianisme, la gaucherie et la faiblesse des défenseurs de 1 Eglise.Un long et substantiel chapitre sur la Cour, la Ville, la Province, le Goût et les goûts du public forme comme une toile de fond.Il paraît que M.Chérel s’est attaché à cette passionnante étude avec une particulière prédilection.Rappelons que l’historien était singulièrement préparé à traiter avec une grande compétence ce difficile sujet.La thèse de M.Chérel sur Fénelon au XVIIIe siècle, ses travaux divers d’histoire morale et religieuse, ses éditions critiques de plusieurs ouvrages de Fénelon, inédits au moins en partie, la biographie d’un aventurier religieux du XVIIIe siècle, A.-M.Ramsay, qui a été un apôtre de l’idée de tolérance, des articles sur l’abbé Fleury, et jusqu’à cette histoire de la Famille française par les textes, sont des œuvres qui attestent la compétence de l’auteur à écrire sur le XVIIIe siècle.L.-J.T.Léon Bariselle.Les Mystères de la Création.Poème épique.Chez l’auteur.Arvida, 1934.Voici un vaste poème épique en trente-huit chants.Le sujet des Mystères de la Création n’est pas neuf.Il a déjà été exploité par maints poètes épiques ; et il était un peu dangereux de se mettre à la remorque de Klopstock et de Milton, ou des aèdes qui ont chanté l’un ou l’autre des Mystères de la Création.Il restait à le renouveler, ce sujet.M.Bariselle est venu à bout de cette tâche avec des prodiges d’imagination, mais avec aussi un succès qui n’est pas toujours égal.Les personnages humains ne sont pas mal compris.Les divins n’ont pas l’envergure (si l’on peut ainsi parler) qu on leur souhaiterait.Le Dieu de notre « épique épopée » est un peu bonhomme bavard, raisonneur.L’anthropomorphisme l’a un peu diminué.Il n’a pas la bonté sereine, majestueuse de Javeh, ni ses colères terribles : c’est une sorte de Zeus familier.Les diables, sont peu peu comiques.Leur enfer est de tôle : ils s’y promènent en ricanant, en sortant à la cachette, comme des enfants qui ont peur de la férule.L’action est longue : trente-huit chants ! La langue ne nous paraît pas toujours à la hauteur du sujet.Elle se lit difficilement, à cause de la boiterie de beaucoup de vers, à cause des tirets innombrables, multipliés sans raison, qu’on a coutume de réserver au dialogue, quand on veut indiquer un changement d’interlocuteur.Il y a, pour sauver l’ensemble, de beaux épisodes, des pages très belles — d’un fort souffle chrétien.Je ne veux rien citer pour ne pas paraître vouloir imposer mes goûts.U y a aussi 1 inspiration LBS LIVRES 395 toujours très élevée qui donne à tout le poème le ton qu’il faut à une épopée dont Dieu est le centre, la Vierge et les saints les comparses, et les démons, les batailleurs de l’opposition.J.-E.B.Edward Larocque TInker.Bibliography of the French Newspapers and Periodicals of Louisiana.1 vol.de 126 pages.American Antiquarian Society, Worcester, Massachussets, U.S.A.1933.Bibliographie instructive des journaux et périodiques français publiés en Louisiane au XIXe siècle.Si l’on se donne la peine de feuilleter avec attention ce volume, on demeure d’abord stupéfait devant la vitalité extraordinaire de la Pensée française sur cet « îlot latin » perdu dans l’immensité du continent américain au siècle dernier.Mais lorsque l’on songe que ces publications de toute nuance : politique, religieuse, littéraire, où s’exprimait le vouloir-vivre collectif d’une population obstinément française dans sa langue, ses coutumes et ses institutions, sont disparues toutes, on ne peut se défendre d’un sentiment de mélancolie profonde.A quoi devons-nous attribuer cette déchéance inattendue, progressive et — j’ajouterai — irrémédiable de l’Idée française en ce coin de pays qui fut jadis partie intégrante de notre Nouvelle-France ?A l’influence du milieu ?A l’inertie des intéressés ?A mon humble avis, ces deux facteurs ont largement contribué à rompre les attaches secrètes qui reliaient les Français de Louisiane à leurs chers cousins de la « Doulce France ».En guise de prologue à ce recueil bibliographique, M.Larocque Tinker nous esquisse en une trentaine de pages l’histoire émouvante du journalisme de langue française en Louisiane au XIXe siècle.Mais pourquoi faut-il ceci dit sans malice aucune — que ce livre consacré à une œuvre essentiellement française soit écrit dans la langue de Shakespeare ?P.L.oon'"^’ ^>OMECQ- La Littérature française au XXe siècle.280 pages.Marcel Cattier, éditeur, Tours.1934.Un volume de Ce tome est le sixième d’une série composée par M.Domecq et intitulée : Memento des Classiques français et de la Littérature française.Il contient une courte étude historique et critique d’environ 160 auteurs contemporains, la revue de leurs œuvres principales, des appréciations personnelles, des témoignages nombreux de critiques en vue, un beau choix de textes caractéristiques.Il est en plus, un guide très sûr de lecture.« Mon but, écrit l’auteur dans a Préface, n était pas seulement de faire une œuvre de curiosité littéraire, un répertoire abstrait, plus ou moins savant, mais une œuvre de formation, à la fois intellectuelle et morale, en signalant la valeur des auteurs et des œuvres.)> L’ouvrage porte Y Imprimatur.Faisons-lui bon accueil.A.L. 396 LE CANADA FRANÇAIS Anne-Marie Herpin.Le Livre couleur du Temps.Un recueil de poèmes de 88 pages.Aux Éditions poésia, Brest, 1934.Le Livre couleur du Temps m’a causé beaucoup de plaisir.En le lisant, je revoyais, à 13 ans d’intervalle, Saint-Malo resserré dans ses murs, avec ses rues étroites, ses toits pointus et la forêt de ses cheminées ; je revoyais la mer et, derrière le môle, tous ces bateaux, grands et petits, qui se reposent entre deux courses à l’aventure ; je retrouvais l’âme bretonne qu'une grande puissance d’imagination, une très vive sensibilité, un attachement profond aux principes religieux rendent si captivante ; je retrouvais enfin une collaboratrice généreuse, dont les petits poèmes en prose égayent depuis trois ans nos pages parfois austères.Saint-Malo, la mer, l’âme bretonne, l’âme de l’auteur, voilà, si je ne me trompe, toute la substance du recueil.A l’exemple de beaucoup de poètes contemporains, Mlle Herpin s’est affranchie de la métrique traditionnelle.Son vers ne connaît ni la rime, ni la césure, ni la mesure.Il connaît encore le nombre musical, l’image évocatrice, le sentiment profond et vrai, — qualités qui constituent l’essence même de la beauté poétique, — et il reste un beau vers.Pour que personne n’en doute, je voudrais citer tout au long le poème intitulé : « Je rêve de beaux dimanches.» - A.L.Romans et nouvelles Marcel Hamon.La Nuit de Midi.Edgar Malfère, éditeur, 12, rue Hautefeuille, Paris, 1933.La nuit de midi, c’est l’obscurité profonde qui s’empara de toute la terre, quand Jésus mourut sur sa croix.C’est encore l’ambiance mal éclairée où se débat Malchus, la nuit qui règne dans le cœur du soldat, jusqu’à l’heure où s’achève pour lui, dans la paix, une merveilleuse idylle.Le rôle de Malchus dans la nuit du Vendredi saint n’appartient pas à l’Évangile.Il s’encadre bien dans l’ensemble, avec la délicatesse qu’il fallait ; mais le lecteur sent trop vite ici l’unique jeu de la fiction et le danger qu’on peut courir à dire plus que les textes sacrés.M.Hamon a su parer sa Nuit de Midi de pages exquises, émouvantes, fortement colorées.Le récit prend un peu de temps à décoller ; mais on finit par se retrouver dans le grouillement des personnages et de leurs menues aventures.Et l'attention conquise suit volontiers Mal chus, jusqu’au soir de la Rédemption.- J.-E.B.Guglielmo Ferrero.Les Deux Vérités.1 volume de 394 pages.Chez Rieder.Paris, 1933.15 fr.Dans cet ouvrage Guglielmo Ferrero s’est appliqué à démontrer l’existence de deux vérités : la véritable et la légale.La première LES LIVRES 397 se présente souvent sous des dehors invraisemblables.La seconde résulte de l'interprétation de tous les témoignages rendus au cours d’un procès : interprétation individuelle.Une erreur judiciaire : Suzanne Cavalieri injustement accusée de l’empoisonnement de son mari, voilà le thème central du roman de Ferrero.Là-dessus se nouent et se dénouent toute une kyrielle d’intrigues politique, familiales, scientifiques, individuelles et même domestiques concourant à faire condamner une innocente d’une manière légale.Roman très captivant, très nouveau, très audacieux aussi pour l’époque, puisque, au témoignage de l’auteur, « en Italie où abonde la littérature des mœurs paysannes, le roman des classes dirigeantes fait presque complètement défaut ».Non seulement par ses descriptions tantôt poétiques tantôt réalistes, mais encore par sa peinture sans complaisance de la vie des « puissants », Ferrero évoque de façon saisissante la Rome de la fin du XIXe siècle, la Rome de Crispi et des guerres d’Abyssinie, la capitale du nouveau royaume d’Italie encore attachée à ses traditions pontificales.P.L.Selma Lagerloe.L'Exilé.Roman suédois.Traduction de L.Perl.Société française d’éditions littéraires et techniques, 12, rue Haute-feuille, Paris.« Un troublant roman de Selma Lagerlof ; Prix Nobel », dit la bande entourant le volume.Le lecteur y suit les aventures du jeune pêcheur suédois Sven Elversson, accusé d’avoir mangé de la chair humaine alors qu’il était perdu dans les glaces du pôle avec ses compagnons, et voué pour cela au mépris de ses compatriotes « dont le cœur est si plein de croyances et de justice qu’il n’y a plus de place pour la pitié » ; il fait ensuite connaissance avec le pasteur du village, « qui a des ogres parmi ses ancêtres », avec sa femme et la voyante Lotte Iledmann ; et il se demande souvent s’il rêve ou s’il veille.Roman trouble, sur lequel s’étend, comme sur les paysages du Nord, un brouillard qui déforme les gens et les choses.- M.-L.R, Waclav Sieroszewsfi.L’Amour du Samouraï.1 volume de 283 pages.Chez Malfère, Paris, 1933.15 fr.Un jeune noble japonais au service de l’empereur tue son adversaire à la suite d’une querelle.Pour éviter le châtiment, il s’enfuit et devient « sonine ».C’est là une condition de vie spéciale aux nobles Japonais momentanément déchus de leurs privilèges, d’où, par leur bonne conduite et leurs actes héroïques, ils peuvent être réintégrés dans leur primitif état.Ce noble sauve une jeune fille enlevée par des brigands et se fiance à elle.Puis l’ayant perdue il désespère de pouvoir jamais la racheter de son maître.Devenu voleur et assassin à cause de son amour pour la jeune fille, enfin il est capturé et exécuté.La fiancée fidèle se tue sur sa tombe. 398 LE CANADA FRANÇAIS Voilà un roman de mœurs japonaises du XlIIe siècle qui ne manque pas de vraisemblance.L’intrigue est conduite d’une façon très habile.Les caractères sont fortement dessinés.Les descriptions des paysages enchanteurs du mystérieux pays du « Soleil Levant )) sont d’un pittoresque achevé.Bref, un livre débordant de couleur et de vie.Toutefois certaines scènes de mœurs un peu vives en interdisent la lecture à la jeunesse.en formation.- P.L.André GmÉnv.Pierre Le Moi et ses Éléphants.Un volume de 276 pages.Éditions Spes.Pierre est le fils d’un colonial qui habite l’Indo-Chine depuis une quinzaine d’années.Il est né et a grandi dans la ville de Saïgon.Son éducation a été très soignée par son père, qui voulait en faire un homme.Dès son enfauce, il a été assoupli à tous les sports.Travailleur assidu, liseur enragé, il a des connaissances qu’on ne rencontre pas toujours chez les enfants de son âge.C’est déjà un colonial dans toute l’acception du mot.Il faut bien des qualités à notre Pierre, car figurez-vous qu’à l’âge de 13 ans il va être précipité dans la plus étonnante aventure qui se puisse imaginer.Enlevé par une troupe de pachydermes, Pierre va excursionner dans la forêt d’Annam.Étrange compagnie pour cet enfant ! Je m’arrête et vous laisse le plaisir de connaître la suite en lisant ce beau livre.Outre l’aventure, les jeunes — pour qui l’ouvrage est fait — connaîtront la flore et la faune de l’Annam et un héros dont ils voudront imiter les belles qualités physiques et morales.A.S.Voyages C.-J.Magnan.Sur les routes de France.Un volume d'e 238 pages, avec illustrations.Éditions Beauchemin, Montréal, 1934.Monsieur Magnan raconte, en ces pages, le voyage qu’il fit en France, — mai 1933, — « à l’occasion du centenaire de la fondation à Paris par Frédéric Ozanam de la première conférence de Saint-Vincent de Paul ».Ce sont les impressions d’un témoin qui a des yeux pour voir et des oreilles pour entendre, et beaucoup de sympathie à l’égard des hommes et des choses avec lesquels il vient en contact.Disposition qui avise sa plume, la fait vibrante et enthousiaste._ .Rien de bien neuf en cet ouvrage.Mais nous aimons cette sincérité prenante, cet optimisme jamais pris au dépourvu qui nous montre dans la France d'aujourd’hui, malgré ses torts et ses fautes, le pays des ancêtres toujours aimé.Le volume est élégamment édité.IJn beau prix a donner a la clôture de l’année scolaire, et dont les élèves de nos écoles, de nos collèges et de nos couvents feront certainement leurs délices. LES LIVRES 399 Louis-Philippe Côté.Visions du Labrador.Un vol.de 175 pages.Editions Albert Lévesque, Montréal, 1934.Comme la plupart de mes compatriotes, je n’ai jamais visité le Labrador.Et je le regrette, après avoir lu l’ouvrage de M.Louis-Philippe Côté.Nous cherchons du pittoresque ; nous en avons à nos portes qui dépasse en intérêt tout ce que peuvent nous offrir les pays étrangers.Vous en doutez ?Lisez les chapitres que M.Côté consacre aux bêtes et aux hommes du Labrador.Vous vous croirez transporté à 1000 lieues de chez vous et vous éprouverez des émotions très vives.A.L.Monseigneur Le Ror.A 5,000 mètres d'altitude en Afrique.Collection « Les Bonnes Lectures », Flammarion, 26, rue Racine, Paris.Trois missionnaires français, dont Mgr de Courmont et l’auteur, partis pour fonder une mission en Afrique Orientale, ne craignent pas de gravir les montagnes, de grimper sur les cimes glacées, aux confins du désert, pour aller porter à de pauvres âmes la lumière.Monter à 5,000 mètres d’altitude ne se fait pas en un jour.L’ascension est un véritable voyage ; la randonnée est pénible, périlleuse même.Mais la foi qui transporte les montagnes, vient à bout des pires difficultés, et cela, dans la joie : hilarem datorem.Mgr Le Roy nous laisse de ses courses en Afrique un récit plein de verve et d'esprit, très riche en anecdotes amusantes, curieuses et instructives.Les témoins du spirituel ne connaissent pas d’obstacle à leur apostolat.Et l’ardeur qu’ils mettent à faire connaître Jésus-Christ doit nous encourager à devenir tous, selon nos moyens, les hérauts de l’Amour qui sauva le monde et qui s’est déclaré lui-même encore une fois plus fort que la mort.J.-E.B.H- L' Hue, prêtre de la Mission.Une invraisemblable traversée de la Chine.Un volume in-16 avec couverture et de nombreuses planches hors-texte en héliogravure.Collection (( Les Bonnes Lectures », Ernest Flammarion, Editeur.3 fr.95.Invraisemblable, pour sûr, cette traversée de la Chine, de l’ouest à l’est, par deux missionnaires français, au milieu du siècle dernier.Poussés par l’esprit apostolique, mais aussi par le goût des explorations, ils avaient pénétré, au prix de mille difficultés, dans la capitale de 1 inviolable Thibet.Mis, peu après, au ban de cette contrée, comme des êtres dangereux, ils furent reconduits jusqu’à Canton, sous la surveillance et le patronage de l’autorité impériale chinoise.C est une partie de ce voyage plein d’aventures originales qui nous est racontée.On y admire le triomphe de la foi, de la verve et du courage français, sur l’astuce et les prétentions de la plus authentique civilisation orientale.La saveur et la vivacité que respirent les notes de voyage du P.Hue n’ont d’égale que leur délicieuse simplicité.H.P. 400 LB CANADA FRANÇAIS Questions sociales et économiques J.-A.Saint-André.La Technocratie far la Démocratie Industrielle.1 vol.de 201 pages.Aux Éditions Albert Lévesque, Montréal.1933.$1.00.Le système de réorganisation sociale que préconise M.Saint-André, dans ce volume incohérent, écrit en un style « incolore, inodore, sans saveur )), équivaut tout simplement à la socialisation de tous les moyens de production, de distribution et de répartition des richesses, par la mainmise de la collectivité ouvrière sur toutes les entreprises publiques et privées.Avec l’aide des techniciens, les travailleurs assumeraient le contrôle exclusif de l'industrie désormais assujettie de gré ou de force au « Service Social ».Nous nageons ici en pleine utopie.Particulièrement en XJ.R.S.S., le système de la « Socialisation des Richesses » a fait ses preuves, et quelles preuves ! ! ! A la tyrannie des « boyards » s’est substituée l’autocratie des Soviets autrement désastreuse pour la Russie, des régimes politiques peuvent changer.Toujours les valets demeurent valets.Qu’il y ait des abus —et de graves abus — dans le régime économique actuel, je ne le conteste pas.Cependant je demeure convaincu qu’il vaut infiniment mieux suivre les directives sages et éclairée de Quadragesimo Anno, si nous voulons tenter une réforme sociale, que de tâter du « plan Saint-André ».Directeur-gérant : M.l’abbé Aimé LABRIE 75 Dts êtetiert dt L'Action SocUle Lté», CWi«c.N.B.— Conformément à la tradition et dans l’intérêt d’une juste liberté, il est entendu que les articles de la Revue sont publiés sous la responsabilité de leurs auteurs.
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