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Titre :
Le Canada-français /
Revue de l'Université Laval qui traite de philosophie, de théologie, de questions sociales, de linguistique, d'arts et de littérature.
Éditeur :
  • Québec :Université Laval,1888-1946
Contenu spécifique :
Chronique de l'Université Laval
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Parler français ,
  • Nouvelle-France
  • Successeurs :
  • Bulletin du parler français ,
  • Nouvelle-France ,
  • Revue de l'Université Laval
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Références

Le Canada-français /, 1933-10, Collections de BAnQ.

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CHRONIQUE DE L'UNIVERSITE LAVAL Le travail de vacances Il me plairait assez de parler d’abord des vacances.Certains penseront que les vacances c’est le “ grand silence blanc”.Combien, en effet, s’imaginent que la collation des diplômes, faite cette année le 31 mai, marque le ferme début des grandes vacances d’été! Eh bien, c’est une imagination qui s’égare ! En réalité, le travail continue.Mettons au premier rang le travail.forcé, celui des candidats malheureux aux examens du printemps, qui devront faire lentement mûrir leur science au soleil de l’été, escomptant bonne moisson pour la rentrée de septembre.D’autres étudiants aussi travaillent l’été.En Médecine ce sont les internes et les externes qui font le service quotidien des hôpitaux, aides bénévoles, qui ont la passion de la médecine.En Chimie, ce sont les fervents qui s’attardent à leur laboratoire, font des recherches, préparent des thèses ; parmi eux se distinguent les laborieux de la Station de biologie marine des Trois-Pistoles.D’autres, étudiants en géologie, en arpentage, en génie forestier, participent à des expéditions qui les occupent pendant trois mois.On en voit, aussi, qui cherchent de petits Pérous dans les hôtels, les restaurants, les navires de touristes, les travaux publics, etc.Ils amassent des sous pour payer leurs études.D’autres, enfin, travaillent au.tennis, au golf, à l’aviron.Ce sont les heureux de ce monde.Les professeurs sont aussi de ceux pour qui les vacances sont un mythe.ad usum Delphini.La clientèle conserve ses exigences même l’été.Et il y a les médecins esclaves de leurs laboratoires dans les divers hôpitaux ; les malades ne chôment pas, même l’été, et les analyses non plus, ni les autopsies. CHRONIQUE DE L’UNIVERSITÉ 159 A la Faculté de médecine l’été fut bien employé.Le département de Biologie, Histologie et Embryologie, sous la direction de M.le Docteur R.Potvin, n’a pas cessé son labeur.L’Anatomie, département en charge de M.le Docteur Paul Garneau, a vu la préparation de pièces de dissection, le dessin d’un bon nombre de tableaux fort bien exécutés à la peinture, l’achèvement des laboratoires.La section que dirige M.le Docteur Arthur Vallée a été plus active que jamais.M.le Dr Berger était en Europe, mais les Docteurs E.Morin, M.Giroux et R.Gingras ont eu fort à faire pour l’étude des pièces anatomiques ; les pièces de ce genre viennent de tous les coins de la province de Québec et même des provinces maritimes.On en a compté environ 900 pour la période allant du 1er juin au 15 septembre.Le département de Physiologie que préside le Dr R.Blan-chet, s’est intéressé à la préparation des travaux pratiques de la nouvelle année académique.Avec le Dr Blanchet travaillait M.le Dr R.Gingras.Ajoutons que le Séminaire de Québec a commencé, cet été, à l’édifice de la Faculté de médecine, les travaux de rafraîchissement qu’il terminera l’été prochain en vue du grand congrès des médecins de langue française.La bibliothèque de la Faculté de médecine a vu se continuer le travail de classement et de fiches, qui est maintenant assez avancé pour faciliter les recherches.L’un des coins les plus actifs fut le secrétariat général.Le bureau a été tenu ouvert tous les jours sauf le dimanche, et cela pendant sept heures chaque jour.Outre le secrétaire, quatre assistants ont réuni leurs efforts quotidiens pour mieux servir le public.Le secrétariat a préparé la composition et la publication de Y Annuaire général et de six annuaires spéciaux, dont l’un est entièrement nouveau : il s’agit de l’annuaire du cours secondaire classique pour jeunes gens et pour jeunes filles.Le service des diplômes doit pourvoir à l’impression d’environ 1700 diplômes pendant les mois d’été, et à la confection d’un grand nombre de certificats et recommandations complétant les diplômes.La classification de tous les documents du secrétariat a exigé beaucoup de temps.En juillet 1931, on avait adopté un classement provisoire qui était devenu insuffisant.Cet été, on a choisi un système décimal assez élastique pour 160 LE CANADA FRANÇAIS embrasser l’ensemble de toutes les opérations qui, de près ou de loin, relèvent du secrétariat ; des classeurs métalliques, des fiches de détail, un tableau d’ensemble synoptique, un cahier à feuillets mobiles rendent maintenant les recherches faciles et rapides.Le service des examens s’est trouvé fort occupé au règlement des examens de reprise ou des examens en retard.Le service des chambres et pensions a marché à plein rendement.Environ 200 maîtresses de maison, restaurateurs, etc., ont rempli les formules exigées ; on en a ensuite dressé la liste de façon à renseigner promptement les étudiants au moment de la rentrée de septembre.Le bon fonctionnement de ce service a d’ailleurs déclanché une baisse notable des prix, ce qui constitue un avantage considérable pour les étudiants.Le service des inscriptions n’a pas connu de chômage depuis le premier juillet.Chaque cas exige une documentation strictement contrôlée.Ce service centralise de plus en plus les inscriptions, ce qui du reste est normal et conforme à la pratique des grandes universités.L’été prochain toutes les inscriptions passeront par ce service spécial.Le moment est opportun pour dire que l’Université Laval attire de plus en plus les étrangers, et particulièrement la jeunesse de langue anglaise soit du Canada, soit des Etats-Unis ; on remarque particulièrement les demandes d’admission au College of Arts.Jusqu’ici l’Université n’a admis les étudiants qu’aux deux dernières années de ce cours, celles de Philosophie et de Sciences; quant aux deux autres années, Belles-Lettres et Rhétorique les élèves qui y sont inscrits doivent être ou pensionnaires ou externes dans l’un des collèges affiliés à l’Université.Le jour n’est pas loin où l’Université pourra admettre des étudiants même dans ces deux années de lettres.Il convenait aussi de s’occuper des anciens élèves de Laval.Il a été convenu qu’on ferait pour chacun d’entre eux une fiche documentaire.Ce travail, commencé l’été dernier, a été poussé très activement cet été, assez pour qu’il soit possible de mettre sur pied dès maintenant, une association des anciens élèves de Laval.Nous savons que les anciens accueillent ce projet avec la plus grande faveur.Un autre service qui a requis beaucoup de temps, d’efforts et de correspondance, c’est celui du placement des nouveaux CHRONIQUE DE L’UNIVERSITÉ 161 diplômés.Le succès a été marqué en ce qui concerne les nouveaux médecins ; pour les autres il reste beaucoup à faire, malheureusement.D’autres questions ont, à leur tour, réclamé l’attention du secrétariat.D’abord ce fut une délégation de l’Université St-Dunstan, de Charlottetown.On sait que cette Université a demandé et obtenu son agrégation à la Faculté des arts en 1892.Depuis cette époque les élèves de St-Dunstan subissent avec les élèves de nos Séminaires et Collèges affiliés les examens du baccalauréat ès arts.Ces élèves, de langue anglaise, restent très attachés à leur Alma Mater française.Cette année il est venu à Québec une délégation de St-Duns-tan, qui comprenait Son Excellence l’évêque de Charlottetown, le recteur de St-Dunstan, le directeur des études et quelques autres ecclésiastiques, professeurs de cette institution.Les délégués ont représenté les besoins particuliers que leur imposent leur situation géographique et la nécessité de continuer leurs études supérieures dans des universités anglaises ou américaines ; ils demandaient, en conséquence, des modifications de programmes et d’examens et le classement comme collège annexé au lieu de collège agrégé.Le Conseil de l’Université réglera prochainement cette affaire.Ensuite, ce fut la question des études des gardes-malades.M.le Dr Calixte Dagneau, qui dirige les études des gardes à l’Hôpital du St-Sacrement, désirait pour les gardes-malades des études plus avancées.Ses désirs rencontraient parfaitement ceux de l’Université et ceux de l’Association des Hôpitaux catholiques de Québec.On peut dire que le cours de trois années suivi depuis dix ans dans nos écoles de gardes-malades est du degré moyen.Il convient de le porter, tout au moins, au degré secondaire.Les communautés hospitalières s’intéressent beaucoup à ce projet.De nombreux pourparlers ont été échangés à ce sujet et nous croyons que le Conseil de l’Université se prononcera bientôt.C’est une mesure de haute importance.Une forme d’activité qu’il faut signaler, c’est celle de l’Association générale des étudiants.Jusqu’ici les élections se faisaient en septembre et parfois même en octobre, ce qui retardait énormément la mise en marche des diverses organisations des étudiants.3 162 LE CANADA FRANÇAIS Mais cette fois les élections de l’Association générale et celles des diverses Facultés ou Écoles se sont faites au mois de mai ; on n’a réservé pour la rentrée que les élections qui reviennent aux étudiants de première année.En juin l’Exécutif a nommé les membres des commissions.Cette façon de procéder a eu les plus heureux effets.Dès l’été on a pu dresser le programme des manifestations de la prochaine année.On a aussi affectué des réparations à l’immeuble des étudiants, rue Couillard.L’étage supérieur a été agrandi et forme maintenant une grande pièce qui peut contenir quatre billards.Une gallerie vitrée fera un petit solarium.Le service du déjeuner a été amélioré : une bouilloire à café, une rôtisseuse électrique automatique permettront un service très rapide.Le magasin a été agrandi et occupe un endroit d’accès facile.Le plancher du salon a été refait en bois dur.Bref, le cercle se trouve rajeuni et très attrayant.C’était l’ambition des étudiants d’amener au cercle des professionnels ; pour réaliser cette ambition il fallait assurer à cette classe de membres une maison propre et un bon service.C’est fait.Aussi bien les étudiants ont nommé une commission spéciale pour recruter des membres et déjà cette commission a accompli du bon travail.Pour assurer le succès du cercle il manquait un élément, à savoir une permanence, un esprit de suite.L’Exécutif des étudiants se renouvelle entièrement chaque année, ce qui rend assez problématique l’exécution suivie des longs desseins.Les étudiants l’ont compris et ils ont pourvu à la composition d’un organisme qui se chargera des questions financières principales, assurera l’élaboration et l’exécution d’un plan d’ensemble pour la construction, les réparations et l’ameublement du cercle.Il convient de les féliciter de ce bon coup de barre.Nous avons essayé de donner une idée du travail accompli pendant les vacances.C’est un tableau incomplet, forcément incomplet ; tel quel cependant, il pourra renverser quelques préjugés.La rentrée La rentrée de septembre a été plus forte que les précédentes.Il fallait s’y attendre : nous recevons à l’Université les élèves qui sont entrés dans les collèges classiques en CHRONIQUE DE l’üNIVERSITÉ 163 pleine prospérité.Il y a lieu de croire que les rentrées de 1934 et de 1935 seront encore plus fortes.La messe d’ouverture des cours a eu lieu avec le cérémonial accoutumé.Notons, avec plaisir, que dès ce moment la chorale des étudiants, sous la direction de M.le Notaire Raymond Cossette, était à son poste, avec un programme de choix.Mgr le Recteur a pris la parole.Nous reproduisons ailleurs le texte de son allocution.La séance de rentrée Pour la première fois l’Université a tenu une séance spéciale d’ouverture de l’année académique.L’éclat en a été rehaussé par la présence de Son Éminence le Cardinal Rodrigue Villeneuve, de Son Excellence le Lieutenent-Gouverneur, l’Honorable H.-G.Carroll, et de Madame Carroll, de membres du Sénat, du Conseil Législatif, de la députation, de la magistrature ; les professeurs et les étudiants, les femmes des professeurs, le Grand Séminaire, les élèves du Petit Séminaire de Québec formaient la majeure partie de l’auditoire.Nos Seigneurs les Évêques J.-S.-H.Brunault, évêque de Nicolet, F.-X.Ross, évêque de Gaspé, Chs Lamarche, évêque de Chicoutimi, membres du Conseil supérieur de vigilance, avaient pris place sur l’estrade, auprès de Son Éminence le Chancelier, de Mgr le Recteur, de MM.les Doyens.Ce fut une brillante séance.Nous donnons ci-après le texte des allocutions et des rapports.RAPPORT DE LA FACULTÉ DE THÉOLOGIE M.l’abbé Cyrille Gagnon professeur à la Faculté L’année 1932-33 a marqué une étape fort importante dans l’histoire de notre Faculté de Théologie.Avec l’ouverture de l’année académique, en septembre 1932, entraient en vigueur les nouvelles prescriptions émanées de Rome, et promulguées par la Constitution Apostolique Deus Scientiarum Dominus, le 24 mai 1931.On se rappelle sans doute avec quel empressement l’Université Laval a accueilli et accepté ces directions 164 LE CANADA FRANÇAIS romaines, destinées à relever le niveau des études théologiques et philosophiques, et à donner une plus grande valeur aux diplômes décernés par les universités catholiques.Dès l’apparition du document pontifical, un comité avait été formé pour adapter nos règlements universitaires aux prescriptions de la nouvelle constitution.Ce comité était composé, pour la Faculté de Théologie, du Doyen de la faculté, Mgr L.-A.Paquet, P.A., du secrétaire de la même faculté, M.l’abbé F.Vandry, et du secrétaire général de l’Université, M.l’abbé A.Maheux.Il nous suffira de signaler ici les principaux changements qui résultent de cette revision.La première concerne le cycle des études et la collation des grades académiques qui les couronnent.Le cycle des études théologiques, pour ceux qui aspirent au doctorat, est porté de quatre à cinq ans.La licence en théologie, qui auparavant était accordée à la fin de la 3e année, ne l’est plus qu’à la fin de la quatrième, et le doctorat après une année supplémentaire, c’est-à-dire, au bout de 5 ans d’études.C’est dire que le jeune prêtre qui sort du Grand Séminaire après quatre années de formation ne peut plus emporter, en sortant, le diplôme de docteur en théologie, mais qu’il lui faut revenir à l’Université et y suivre, encore une année entière, les cours spéciaux déterminés par la Constitution apostolique.Le deuxième changement regarde les matières enseignées.Pour fortifier les études théologiques et ajouter à la valeur des grades académiques, la Constitution Deus Scientiarum Dominus détermine soigneusement les matières qui doivent être enseignées dans toutes les Facultés qui veulent conférer les diplômes de licence et de doctorat.Elle divise d’abord ces matières en trois catégories : les matières principales, auxiliaires et spéciales.Les matières principales sont : la théologie fondamentale, la théologie dogmatique, la théologie morale, l’Écriture sainte (l’introduction et l’exégèse de l’Ancien et du Nouveau Testament), l’histoire ecclésiastique, la patrologie, l’archéologie chrétienne et les institutions de droit canonique.Les matières auxiliaires sont : la langue hébraïque et gréco-biblique, les institutions de liturgie systématico-historique, l’ascétique chrétienne et les questions relatives aux églises orientales (R.a.27).Les matières spéciales (ou cours particuliers) sont, entre autres : l’histoire sacrée de l’Ancien et du Nouveau Testament, la théologie biblique, l’interprétation des textes des saints Pères et de saint Thomas, la Marialogie, la théologie pastorale, la théologie mystique, l’éloquence sacrée, l’histoire des conciles, des dogmes, des missions, etc.Voilà certes, Mesdames, Messieurs, de quoi occuper nos étudiants et leur assurer une solide formation théologique.Quant aux grades académiques qui couronnent les efforts de nos élèves, la Constitution apostolique déclare formellement (a.35) qu’ils sont conférés au nom du Souverain Pontife lui-même, et elle détermine les conditions à remplir pour avoir droit aux diplômes de la licence et du doctorat. CHRONIQUE DE L’UNIVERSITE 165 Pour indiquer d’un mot le changement amené dans nos programmes par suite de ces conditions nouvelles, nous dirons que l’ancien programme d’examen du doctorat devient en substance le programme d’examen de la licence, et que pour obtenir le doctorat il est nécessaire de publier une thèse, comme la chose se faisait déjà pour le doctorat en droit, en philosophie, en sciences ou en lettres.Les candidats à la licence sont tenus de passer un premier examen écrit “ attestant qu’ils sont aptes au travail scientifique ” (R.a.37), puis un deuxième “ sur une au moins des matières principales ” (a.39), et surtout un examen oral “ attestant qu’ils possèdent entièrement les matières essentielles de la faculté ”, et portant par conséquent “ sur toute la théologie sacrée ” (a.38).Pour le doctorat le candidat doit, après avoir subi tous les examens préparatoires et accompli les travaux prescrits par la Faculté, présenter une thèse écrite montrant qu’il est apte aux recherches scientifiques, et qu’il peut contribuer au progrès des sciences (théologiques) ; puis défendre publiquement cette thèse devant les autorités académiques et les professeurs de la faculté ; enfin subir un deuxième examen oral sur certaines matières, selon les règlements de la faculté (v.C.A.46).Ajoutons que la thèse elle-même doit être envoyée à la S.Cong.des Séminaires et Universités, ainsi qu’aux Universités catholiques du Canada (R.a.43).Jugez par là, Mesdames et Messieurs, de l’importance que Rome attache aux études théologiques et du soin qu’elle prend de former toujours mieux les aspirants aux grades académiques.Par suite de ces modifications, il a fallu remanier et réadapter le programme et l’horaire des cours à la Faculté.Le plus important changement concerne le Droit canonique et l’Ecriture sainte.Auparavant le Droit canonique n’était enseigné que pendant une année, et quatre heures par semaine ; depuis septembre 1932 l’enseignement est réparti sur quatre années, à raison de deux heures par semaines, ce qui fait en chiffres ronds 240 cours au lieu de 120.A l’Ecriture sainte, le nouveau programme consacre 420 heures, dont 60 pour l’introduction générale, en 1ère année, et 360 pour l'introduction spéciale et l’exégèse, au cours des années subséquentes.Pour donner ainsi plus de place à l’Écriture sainte et au Droit canonique nous avons retranché quelques cours de théologie dogmatique.Par contre, certaines questions de dogme sont développées davantage et traitées plus à fond devant les candidats aux grades académiques, auxquels on impose également divers exercices propres à accentuer chez eux l’esprit de travail personnel.Ajoutez à cela.Messieurs, les cours de liturgie, de patrologie, d’archéologie, de grec biblique, d’hébreu, d’orientalisme, et vous aurez une idée assez juste de la formation théologique que reçoivent les élèves de notre Faculté.Cette formation exige d’eux, à la vérité, un travail ardu, mais ils n’hésitent pas à donner l’effort requis, et ils y mettent un entrain 166 LE CANADA FRANÇAIS que nous nous plaisons à reconnaître et dont nous voulons, au nom des professeurs, les féliciter cordialement.Avec un aussi bel esprit de coopération entre maîtres et élèves, la Faculté de Théologie ne peut que progresser dans la voie qui s’ouvre devant elle.RAPPORT DE LA FACULTÉ DE DROIT M.le juge Ferdinand Roy doyen de la Faculté La réouverture des cours, en septembre 1932, nous réservait, à la Faculté de Droit, une surprise : le nombre accoutumé, normal, de nouveaux élèves se trouvait, non pas tout à fait doublé, mais, des environs de trente, il s’élevait à la cinquantaine.Ce fort surcroît d’étudiants, avides de suivre nos leçons, aurait pu avoir, peut-être, quelque chose de flatteur, mais nous y avons vu plutôt le symptôme d’un mal qui s’aggrave.Sans doute, notre modestie s’accommodera longtemps du choix que, toujours plus nombreux, font ainsi les étudiants, qui, aux deux autres facultés de droit de la province, préfèrent la nôtre.Il ne faudrait même pas nous pousser très fort pour les féliciter, quant à s’engager dans la voie du droit, de prendre le chemin de Québec plutôt que celui de Montréal.Notre inquiétude vient de ce que, à Montréal et à Québec, pour se presser devant nos chaires, ils sont trop ! Us ne seraient peut-être pas trop, si, comme dans les universités d’Europe, plusieurs de ces jeunes gens n’étudiaient le droit que pour compléter leur culture générale.Mais, sauf un cas, un seul cas d’exception (car un jeune professeur de théologie, déjà docteur en droit canon prépare chez nous sa licence en droit), toute cette foule qui veut s’initier à la science de la justice, court simplement à la conquête d’un diplôme de notaire ou d’avocat.Bacheliers frais sortis de collèges où ils sentent peut-être confusément, selon la boutade, qu’“ on leur a enseigné tout ce qu’il faut pour ne pas gagner leur vie ”, ce qu’ils cherchent dans notre enseignement, c’est leur futur gagne-pain.Or, ce qui nous afflige, c’est que, de ce pain-là, il n’y en aura pas pour tant de monde.L’expérience est faite.Le miracle ne se renouvelle plus.Et l’on n’a pas même eu à attendre la détresse de la crise, pour s’apercevoir que, dans ces professions déjà encombrées, pour un très grand nombre, les moyens honnêtes de vivre ne suffisent pas.Ceux-là tout de même, veulent vivre.Il s’en suit cet affaissement de la moralité professionnelle, qui devient l’un des plus actifs ferments de la dissolution sociale.Car non seulement le prestige de la profession se trouve compromis par l’avilissement de quelques-uns de ses membres, mais la réussite des petites habiletés sans scrupules stérilise, chez les autres, la vertu de l’effort vers la vraie supériorité, naguère seule source CHRONIQUE DE L’UNIVERSITÉ LAVAL 167 féconde du grand succès.Dans une classe qui devrait être l’élite, c’est l’élite des esprits qui est touchée ; les louches manoeuvres des pires ont ainsi pour victimes, non seulement le client dont la confiance s’est fourvoyée, mais aussi les meilleurs, chez qui la probité intellectuelle, le souci de s’instruire tendent insidieusement à prendre forme de superflu gênant, de luxe encombrant.Vous devinez bien que des réflexions de cette sorte, tirées de faits que l’expérience quotidienne multiplie, sont un piètre stimulant d’enthousiasme pour des maîtres improvisés, dont le labeur se dépense ainsi à la besogne ingrate d’accroître, pour le barreau et le notariat, le chiffre de leurs chômeurs dangereux.Il n’y aurait pourtant que plaisir et joie à pousser de l’avant ces jeunes bonnes volontés, ces intelligences vives et fraîches ! Il nous est bien pénible d’avoir l’esprit distrait par ce problème troublant, de chercher le moyen d’enrayer cette autre “ course folle aux armements ” professionnels.Tout de même, nous n’avons pas cru devoir désarmer les premiers.C’est que, parmi les 110 élèves qui remplissent nos salles de cours, il y a tout le groupe de ceux qui y sont à leur place, qui vont là où vraiment leurs aptitudes intellectuelles et morales les appellent.Ceux-là ne doivent pas souffrir de la grande pitié que les autres inspirent.Notre enseignement, d’un droit qui ne change guère, est donc resté le même, pénétré du même zèle à se perfectionner.Nous savons depuis longtemps ce qui le tient encore si loin de l’idéal ; la critique de nos censeurs ne nous a rien révélé d’un mal que nous déplorions ; elle ne nous a pas malheureusement non plus dévoilé le secret de faire tenir dans un contenant de trois années de cours le contenu des cinq ans qu’y logent les universités européennes.Nos leçons, pour atteindre leur objet : former des hommes de métier, doivent se borner à l’exposé clair des principes ; le commentaire ne peut guère dépasser l’explication ordonnée des textes.Et les exigences des programmes prescrits par la loi,—celle du Barreau et celle du Notariat,— ont jusqu’ici forcé les professeurs des grandes matières à ne donner, faute de temps, que des cours-conférences, qui laissent à l’élève seulement une sorte de rôle passif.Mais, ici du moins, le progrès rêvé s’annonce prochain, grâce à 1 aide précieuse que nous apporteront trois nouveaux professeurs agrégés, aux talents très divers, mais animés de la même ferveur intellectuelle, MM.Antonio Langlais, Fernand Choquette et Antoine Rivard ; grâce aussi au secours matériel qu’on nous prépare.Dans notre nouveau logis — dont on a fait, semble-t-il, tout l’éloge mérité en disant qu’il est neuf et où la Faculté de droit, selon la tradition, continue à ne pas être tout à fait chez elle — une bibliothèque est en train de se former ; on voit poindre le jour où, pour compléter la leçon trop distante tombée de la chaire, une salle de travail, bien outillée, réunira élèves et professeurs pour les utiles controverses, où s’établiront les contacts propices aux œuvres de recherche, à la direction méthodique des efforts individuels. 168 LE CANADA FRANÇAIS En attendant, comme nous croyons savoir l'importance des initiatives personnelles, nous avons commencé d’en favoriser l’essor.Et c est ainsi qu’est plus actif que jamais ce jeune cercle
de

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