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Titre :
Le Canada-français /
Revue de l'Université Laval qui traite de philosophie, de théologie, de questions sociales, de linguistique, d'arts et de littérature.
Éditeur :
  • Québec :Université Laval,1888-1946
Contenu spécifique :
Les Berbères
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Parler français ,
  • Nouvelle-France
  • Successeurs :
  • Bulletin du parler français ,
  • Nouvelle-France ,
  • Revue de l'Université Laval
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Le Canada-français /, 1933-02, Collections de BAnQ.

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Ethnographie LES BERBÈRES La mise en contact d’une grande nation moderne et d’un peuple resté primitif ou simplement attardé est un fait social toujours digne d’être observé.Par les réactions et les adaptations qu’il provoque chez le colonisateur et chez le colonisé, il offre un champ d’observation d’une exceptionnelle richesse.Le Maroc, petit pays de 5 millions d’habitants, que seul pourtant un bras de mer de quelques kilomètres sépare de l’Europe, était resté jusqu’au début de ce siècle dans une sorte de moyen âge prolongé et décadent.Ouvert il y a vingt ans aux grands courants de la vie moderne, il a été l’objet d’une des transformations les plus rapides que l’histoire ait enregistrées.Par la diversité des races qui le peuplent, leur degré d’évolution, la mesure différente dans laquelle elles ont été transformées par l’influence arabe d’abord et par l’influence française ensuite, le Maroc offre à l’heure actuelle une variété de types, de formes et de phénomènes sociaux qui en fait un vivant laboratoire d’ethnographie.Les faits les moins intéressants dans cet ordre de choses ne sont certainement pas ceux qui se rapportent à cette étrange race berbère qui, restée pure, ou arabisée à des degrés divers, forme le fond de la population marocaine.La race berbère, sur l’origine de laquelle les savants se perdent en conjectures, peuple le Maroc, comme d’ailleurs une grande partie de l’Afrique du Nord, depuis très longtemps.Les Berbères sont en “ Barbarie ” ou “ Berberie ” sinon les autochtones du moins les premiers habitants connus.Les Berbères peuplent actuellement le Maroc dans la proportion de 70 à 90% de la population totale.La moitié de ceux-ci s’est plus ou moins fortement arabisée, l’autre est restée pure.Ce qui d’ailleurs est une façon de parler, car s’il n’est pas de races pures, la race berbère l’est certes moins encore que n’importe quelle autre.La variété des types est extraordinaire : dolicocéphales, brachycéphales, Lu Canada fbançaib, Québec, février 1983- 503 LES BERBÈRES bruns, blonds aux yeux bleus, se mélangent de la plus déconcertante façon.Lybiens, peuples de l’Orient méditerranéen, “ barbares ” des pays du Nord ont, dans un immense et long brassage, contribué à former cette race.Cependant le climat, le genre de vie ont avec le temps atténué les différences primitives et donné à l’ensemble les caractères communs qui distinguent aujourd’hui encore le Berbère.En général celui-ci est de taille moyenne, il a le crâne allongé, les yeux et les cheveux noirs, la peau blanche ; il ressemble étonnamment au type dominant dans l’Europe méridionale : Espagne, Italie, Corse et tout le Sud-Ouest de la France.Les Berbères du Maroc ont été en rapports avec les Phéniciens.Les Carthaginois, sous la conduite d’ Ternirai Hannon, fondèrent, au Xe siècle avant notre ère, des comptoirs sur la côte occidentale.Après la chute de Carthage, Rome occupa les plaines du Nord du Maroc.Elles formèrent avec les villes de Tingis (Tanger), Sala (Rabat-Salé), Volubilis (près de Meknès),la province de Maurétanie Tingitane.Vers le Sud, l’occupation romaine ne dépassa guère la ligne que forment actuellement Rabat, Meknès, Fez.Les Romains d’Italie n’y furent jamais nombreux.Ce sont surtout des Berbères romanisés qui peuplèrent les centres et fournirent à Rome fonctionnaires et soldats.Beaucoup obtinrent le titre de citoyens romains.Ces bourgeois improvisés s’habillaient, se logaient, vivaient à la romaine ; ils envoyaient leurs fils faire leurs études en Italie.On pouvait croire que Rome laisserait sur ce pays sa marque, qu’elle le transformerait comme elle avait transformé la Gaule ou l’Espagne.Or quelques années après la chute de l’Empire que restait-il de tout cela ?Ce qu’il en reste encore aujourd’hui : des ruines dans un champ d’orge, quelques mots latins passés dans la langue (1), des légendes attribuant aux Roumis (Romani) tout ce qui, vestiges et souvenirs, paraît extraordinaire et étranger (2).Le reste a été absorbé par l’étrange inertie de ce peuple.(1) Les dialectes berbères ont conservé un certain nombre de mots latins, les noms des mois du calendrier julien : Innair, Brâir, Mars, lbrir, Mayo etc, et particulièrement des mots se rapportant à l’agriculture : iger, champ (ager), urtu, jardin (hortus), asnus, ânon (asinus), ayugu, paire de bœufs (jugum), etc.(2) Les “ Roumis ”, gens de Rome d’abord, puis, par extension, chrétiens, tiennent une grande place dans le Folkore et dans la toponymie berbères, (cf : Henri Basset : Essai sur la littérature des Berbères.Alger.1920.) Lk Canada fbançais, Québec, février 1933. LES BERBÈRES 507 Le Berbère s’adapte rapidement mais, semble-t-il, d’une façon toute superficielle et sans que sa nature profonde en soit transformée.Il imite mécaniquement, sans se préoccuper de comprendre, sans même en éprouver le besoin.Il imite peu par le goût de la nouveauté, mais plutôt par amour du gain et pour ne pas rester trop inférieur à l’étranger.L’étranger, il le craint ; c’est, pour lui, une sorte d’être contre nature, car il ne vit ni ne pense de la seule façon dont on puisse raisonnablement vivre et penser et qui est celle des gens de son village.Quand les Arabes firent la conquête de l’Afrique du Nord au nom de la loi du Prophète, les Berbères comprirent vite que la résistance était vaine.Ils s’empressèrent de se rallier à l’Islam ; puis, l’orage passé, ils se firent un Islam à eux et au nom de cet Islam s’efforcèrent de reconquérir leur indépendance.Ils embrassèrent avec enthousiasme l’hérésie Kharedjite, puis celle des Berghouata qui leur permettait, tout en se disant musulmans, d’échapper au pouvoir des califes d’Orient.Trois siècles plus tard, l’hérésie vaincue, et sur le point de retomber sous le joug, ils se feront à leur tour les champions de la plus stricte orthodoxie et en son nom reprendront leur indépendance.Les dynasties berbères des Almoravides et des Almochades au Xle et Xlle siècles, fondées l’une par une tribu du désert et la seconde par une de l’Atlas menées par d’enthousiastes réformateurs, marqueront l’apogée de la puissance berbère au Maroc.Sa domination s’étendra même un instant sur l’Afrique du Nord tout entière et jusque sur l’Espagne La suprématie berbère fut ruinée par la lente et funeste invasion des Arabes Hilal et Soleim du Xlle au XlVe siècle.Au Maroc la conquête arabe du Vile siècle n’avait été qu’une succession de raids audacieux de troupes syriennes nombreuses mais résolues, encadrant des Berbères nouvellement convertis et attirés par l’espoir du butin.La conquête n’avait guère amené d’Arabes.Dans les années qui suivirent, des savants, des missionnaires, des artistes venus d’Orient s’installèrent au Maghreb.Leur influence fut parfois grande, mais ils ne formaient qu’une infime minorité, le pays restant essentiellement berbère.Les sultans de la dynastie Almohade, ayant besoin de troupes, introduisirent au Maroc des tribus entières d’Arabes Hilal et Soleim.Partis du Hed-jaz en quête d’un pays plus riche où s’installer, ces nomades L* Canada français, Québec, février 1933 LES BEBBÈEES 508 erraient depuis des années en Afrique du Nord, craints comme la peste et les sauterelles, rejetés d’un pays sur l’autre par les princes rivaux dont ils ne servaient que trop bien les desseins destructeurs.Jusque là les princes berbères avaient gouverné par le moyen de leur tribu d’origine ; tribu forte qui pour établir sa suprématie les avait imposés comme chefs aux tribus voisines.Désormais ils s’appuieront sur ces tribus arabes et tireront de leur sein fonctionnaires et soldats.Ils les installèrent dans les plaines, spécialement autour des villes ou au voisinage des tribus turbulentes.Paresseux, pillards invétérés, incapables de faire autre chose que de détruire, méprisant les gens du pays, mais tout dévoués au maître à qui ils devaient le droit de vivre sur eux, ces étrangers se rendirent odieux, et avec eux, le gouvernement qui les employait.Au XVIe siècle l’avènement des dynasties chérifiennes marque le triomphe des Arabes (1).Dès lors les Berbères cessèrent d’être chez eux au Maghreb.De plus en plus ceux des montagnes qui ne s’étaient pas mêlés aux Arabes furent des étrangers vis-à-vis du Makhzen (2).Ils ne tardèrent pas à en devenir les pires ennemis.La “ dissidence ” existe au Maroc depuis toujours.Elle semble être un besoin essentiel du particularisme berbère.Rome déjà s’était heurtée à ces blocs de tribus montagnardes qui profitent de leur situation géographique pour se dispenser de participer à la vie commune, et deviennent agressives si on tente de les pénétrer.Mais la dissidence sous sa forme actuelle d’opposition au Makhzen arabe date de cette époque.Les sultans tentèrent à maintes reprises de la réduire : ils ne firent que la renforcer.Contre le groupe Sanhadja du Moyen-Atlas et du Haut-Atlas oriental, ils usèrent leur force.Ils se heurtaient là au groupe le plus farouche et le plus entreprenant.Ces tribus, mêmes vaincues, les narguaient encore du haut de leurs inaccessibles retraites.Pauvres, nombreuses, à l’étroit dans leurs montagnes, elles obéissaient d’ailleurs à une loi plus forte que toutes les armées (1) Les Chorfa (singulier : Chérif) sont ou prétendent être les descendants de Mahomet et forment une sorte de noblesse religieuse.Ils sont très nombreux et respectés au Maroc où des gens qui sont manifestement d’origine berbère n’hésitent pas à se parer de ce titre.(2) De l’arabe khazana : ranger.Le mot Makhzen désigne au Maroc le gouvernement et tout ce qui s’y rattache.Lu CiaiDA français, Québec, février 1933. LES BERBÈRES 509 du monde : l’attirance de la plaine.C’est ainsi que depuis le XVIIe siècle se produisit une longue poussée du Sud Est vers le Nord Ouest.Se bousculant les unes sur les autres, les tribus Sanhadja passèrent tour à tour des pentes bridées du versant saharien dans les hautes vallées du Grand Atlas, puis de là sur les pentes Nord du Moyen Atlas pour s’établir enfin sur les plateaux et presque dans la plaine.Au milieu du XVIIe siècle, sous la conduite des marabouts (1) de la Zaouïa de Dila (2), ils descendirent même jusqu’à Meknès et Fez.Pendant plusieurs mois les Berbères firent la loi à ces fières capitales et la uprématie des Arabes au Maghreb fut sérieusement menacée.Dès qu’ils purent être refoulés, un sultan énergique, Moulay Ismael (1645-1727), entreprit de les enfermer chez eux.Il bâtit au pied du Moyen-Atlas un cordon de Kasbabs munies de fortes garnisons de troupes noires, et installa dans leur voisinage des tribus Guich (3).Cette garde devait interdire aux montagnards l’accès de la plaine et, par des expéditions de représailles, mater ceux que les historiens arabes appellent “ les démons berbères ”.Le résultat le plus clair du blocus des Berbères Sanhadja fut de renforcer leur particularisme et leur xénophobie.Dès la mort de Moulay Ismael ils recommencèrent à s’agiter.Et moins d’un siècle après, en 1819, ils se soulevaient sous la conduite du marabout Sidi Bou Berk Amhaouch “ contre tout ce qui parlait arabe au Maghreb ”.Au début de ce siècle, au milieu de l’anarchie où se débattait l’Empire chérifien, ils étaient de nouveau les plus forts.Les villes impériales, Fez, Meknès, Rabat, tremblaient sous leur menace, et l’on peut se demander ce que serait devenue la dynastie actuellement régnante sans l’intervention de la France.(1) Personnages religieux qui furent, en particulier aux XVe et XVIe siècles, très nombreux et très influents au Maroc.Ils présentent une grande variété de types, depuis le saint authentique jusqu’au faiseur de tours qui abuse de la crédulité populaire.Le mot, par extension, désigne aussi tout ce qui se rapporte à eux et participe de leur caractère sacré.(2) Zaouïa : couvent, centre religieux.Vers 1630, la Zaouïa de Dila dans le Moyen-Atlas groupait sous son influence toutes les tribus berbères Sanhadja du Maroc Central, formant un véritable état à l’intérieur de l’Empire chérifien.Sans les efforts d’une famille de Cherfa du Tafllalet, rivale des Dilaïtes et qui a donné naissance à la dynastie Alaouite actuellement régnante, le Maroc redevenait un royaume berbère.(3) Tribus astreintes au service des armes et qui, en échange, ne payaient pas d’impôts.Le sultan les déplaçait selon les nécessités de sa politique, et les établissait sur des terres prises aux tribus rebelles dont il se réservait la propriété et ne leur donnait que la jouissance.La CiliDA fbançais, Québec, février 1933. 510 LBS BERBÈRES Ce même bloc d’irréductibles, la France, après avoir pacifié le Maroc des plaines, le trouva en face d’elle.Gens étranges vraiment.Non pas absolument primitifs, mais que leur isolement, leur incroyable force d’inertie, leur haine du nouveau et de l’étranger, leur goût pour la simplicité de la vie, leur manque total de dispositions pour les arts appliqués, et aussi la pauvreté de leur pays, ont gardés dans l’état où ils se trouvaient au moment de leur premier contact avec les “ Rounds ”, il y a vingt siècles.Vêtus aujourd’hui d’une pièce de laine agrafée aux épaules et retenue à la taille comme les cavaliers numides de la colonne trajane, labourant avec l’araire qui retournait déjà la terre des latifundia, moissonnant et battant le blé comme on le voit faire aux Égyptiens d’il y a trois mille ans sur les peintures murales des pyramides ; vénérant, en même temps que le Dieu unique de l’Islam, des arbres, des pierres, des sources ; vivant dans une sorte d’anarchie tempérée par des mœurs patriarcales, le respect des anciens, l’autorité d’igouramen comparables aux devins de Grèce ou aux druides de la Gaule, “ hommes libres ” au demeurant et se fiant par dessus tout à la force de leurs bras, ces gens qui sont loin d’être des “ sauvages ”, qui ont une langue à eux, des poètes, un droit, nous présentent le curieux exemple d’un peuple attardé dans l’antiquité.Ils nous font comprendre ce que pouvait être la vie alors que la “ Cité antique ” n’était encore qu’un village.La France apprivoise, pénètre, soumet, pacifie ces gens-là.Leur premier geste est de recul.Ils ne veulent pas chez eux d’étrangers, d’infidèles, qui viennent gouverner, administrer alors qu’on vit libre, et gouverner au nom d’un Makhzen qui n’a su, depuis cinq siècles que se faire exécrer.D’ailleurs quel bouleversement de toutes choses, quel subit et funeste affolement de la vie peut, si l’on n’y prend garde, produire ce contact soudain d’un peuple antique avec la civilisation du XXe siècle P Ils le sentent eux-mêmes et le craignent obscurément.Cette œuvre de pacification, d’apprivoisement,d’adaptation est délicate et longue.Commencée en 1914, la pacification des Berbères Sanhadja ne sera vraisemblablement pas terminée avant un an ou deux encore.11 ne fallait rien brusquer.Vouloir trop vite pénétrer chez eux et les soumettre uniquement par la force, c’eût été, (1) Les Berbères Sanhadja se donnent le nom de Imaziren, “hommes libres ”.L* Canada fbançais, Québec, février 19SS. LES BERBÈRES 511 à la manière de certains sultans, entreprendre de les exterminer.La soumission de la montagne ne peut se faire que lentement et morceau par morceau.Chaque avance militaire est précédée d’un long travail politique, mené par les officiers spécialisés du Service des Affaires Indigènes.Nouer des relations avec les notables, vaincre les préjugés, promettre, montrer l’exemple des tribus voisines déjà soumises et qui jouissent de l’aisance, de la justice et de la paix, tout cela est beaucoup, mais c’est insuffisant.Ces gens sont trop loin de nous pour comprendre le bonheur à notre façon.De prime abord les avantages de la soumission et de l’ordre les tentent peu.Il est donc nécessaire, quand la préparation politique a ébranlé l’obstination d’une tribu, rectifié certaines idées, précisé les intentions, de brusquer les choses et de la forcer à une soumission dont elle reconnaîtra plus tard les bienfaits.Une opération militaire est préparée dans le plus grand secret.Au moment qui semble convenir le mieux, des colonnes légères occupent par surprise les sommets et les cols qui commandent le territoire de la tribu visée.Les points ont été judicieusement choisis, une résistance serait vaine, la tribu demande à “ parler ”, et ne tarde pas à se soumettre.C’est, selon la formule du maréchal Lyautey “ montrer la force pour en éviter l’emploi”.Cette méthode exige une sérieuse connaissance du pays, de la hardiesse et des troupes bien entraînées.Appliquée par un de ceux qui l’ont mise au point, elle vient récemment d’aboutir à la soumission des tribus les plus farouches et les plus primitives du bloc Sanhadja, qui s’étaient groupées autour du descendant direct de Sidi Bou Bekr Amhaouch : Sidi El Mekki Amhaouch.La soumission de ce personnage marque une étape dans l’histoire des Berbères Sanhadja.La famille des Amhaouch incarnait pour eux l’esprit de résistance à l’étranger.C’était elle, selon une prophétie très répandue, qui devait produire le “ Doudjal”, homme prédestiné qui rendrait aux Berbères la suprématie.La France laisse aux Berbères leurs institutions, du moins en ce qu’elles ont de compatible avec la vie moderne.Us gardent leur langue, leur droit, très différent du “ Chrâa ” (1), leurs assemblées de notables et leurs tribunaux coutumiers.On évite ainsi une arabisation peu désirable de ces (1) Droit musulman tiré du Coran.La Caiada français, Québec, février 1933. ô 12 LES BEBBÈKE8 gens qui, par leur caractère et leurs coutumes, sont de purs occidentaux.D’autre part le territoire des tribus nouvellement soumises est pendant plusieurs années zone dite “ d’insécurité Les étrangers ne peuvent y circuler et y résider que sous certaines conditions et sous le contrôle étroit des autorités administratives locales.Les transactions immobilières, en particulier, leur sont interdites.Au point de vue administratif, d’ailleurs, cette zone, qui est placée sous le contrôle d’officiers du Service des Affaires Indigènes, jouit d’un régime assez souple où les considérations politiques tiennent la première place.La transition est ainsi menagee.On évite les troubles qu’amènerait dans la vie de ces “ Anciens ” une introduction trop brutale des mœurs économiques et des formes sociales du monde moderne.Ce peuple à vie statique évoluera-t-il, se transformera-t-il vraiment ?Il a de solides qualités de franchise, d’amour du travail, d’endurance et d’économie, qui permettent d’attendre beaucoup de lui.Les Français sont les premiers de ses maîtres qui se soient penchés vers lui avec désintéressement et sympathie ; ils semblent devoir réussir là où Romains et Arabes ont échoué.Les progrès de la technique, qui marquent plus brutalement les différences, en réalité les rapprochent d’eux.Grâce aux routes hardiment tracées, grâce aux moyens de communication rapides, la montagne berbère, jadis impénétrable, s’ouvre aujourd’hui aux courants de la vie moderne.Déjà certains groupes du Sud n’attendent même plus que ces courants s’établissent chez eux ; ils viennent au devant.La grande poussée des tribus du Sud vers le Nord s’est ainsi transformée en un pacifique afflux de travailleurs des régions déshéritées du Sous-Atlas et de l’AntiAtlas vers les fermes de la plaine et les chantiers des villes.Des audacieux vont même jusqu’en France et ils sont nombreux dans les centres industriels de la région parisienne.Dans le Maroc nouveau, les notables de ces tribus tiennent déjà leur place.L’un d’eux fondait récemment à Rabat une société commerciale au capital de 6 millions ; un autre grand “ seigneur de l’Atlas ” a fait bâtir les plus beaux immeubles de Casablanca et confie l’éducation de son fils à un lycée parisien.L® Canada f-bakçais.Québec, février 19SS. LES BEBBÈRES 513 Transformation passionnante à suivre.Elle se concrétise, elle saute aux yeux à chaque instant et laisse rêveur l’observateur le moins averti : le paysan berbère vêtu comme au temps de Scipion l’Africain vient en autocar au marché de la ville.Jean Dabtois.Le Canada fbançaïs, Québec, février 1933.
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