Le Canada-français /, 1 mars 1925, Les livres
LES LIVRES Blanche Lamontagne-Beauregard.Un Cœur fidèle, roman, 1 vol, in-8 de 200 pages, à V Action Française, Montréal, 1924.Un Cœur fidèle.Roman.C’est bien un roman, en effet, que le dernier ouvrage publié par Mme Blanche Lamontagne-Beauregard.Jean Beaulieu et Marie Dumont sont nés de cultivateurs “ voisins Ils sont allés ensemble à l’école, à la prière du soir.Il leur est arrivé parfois de prolonger tard dans la soirée la causerie commencée au sortir de l’église.l es années que Marie a passées au couvent de Cacouna n’ont fait qu’affermir cette amitié d’enfance.Un Jour, les Beaulieu reçoivent la visite d’une cousine des États-Unis, Rose-Alma Labrie.La cousine est jolie, avenante.Il faut la bien recevoir.A la demande de sa mère, Jean “ attelle ” chaque soir et, un peu à contre-cœur, va faire un tour de voiture avec son aimable cousine.Il ne se doute pas, lui, que Marie prend ombrage de ces sorties fréquentes.Si elle savait comme les charmes de l’américaine le laissent indifférent et comme il reste tout entier à sa première affection ! Un dimanche le père Dumont revient chez lui en compagnie d’Eusèbe Landry.C’est un personnage dans la paroisse qu’Eusèbe Landry.Il est riche cultivateur, commissaire d’écoles, marguillcr, en plus, bon garçon.Il a eu le malheur de perdre sa femme il y a huit ans.Huit ans de veuvage, c’est bien assez ! Si Marie, “la belle grande fille’’ qui est là devant lui, voulait accepter sa main.En deux temps, deux mouvements, le mariage est décidé.Je.n, au désespoir, part pour les Etats-Unis.Quand il revient Marie est veuve depuis cinq ans.Il la revoit, lui raconte ses misères.“Si je repars pour les États, dit-il en terminant, on ne se reverra plus.— Non, pars pas, Jean, répond Marie ; on se mariera après la dernière récolte.” Tout va bien qui finit bien.On ne reprochera pas à Mme Blanche Lamontagne-Beauregard d’avoir conçu une intrigue trop compliquée : rien de plus simple que cette idylle champêtre.Peut-être trouvera-t-on que l'étude phychologique n’est pas suffisamment approfondie.A quoi bon retourner en tous sens des cœurs simples qui, sans pose, laissent percevoir le seul sentiment qu’ils éprouvent?Mais, dira-t-on, le emier mariage est pour le moins étrange : une jeune fille jolie, 56S Le Canada français instruite, délaisser un jeune homme qu’elle aime encore, qui l’adore, pour marier un veuf à la grosse moustache rousse, un marguiller qui doit friser la quarantaine.Oui, mais c’est la maman plus que l’auteur qu’il faut blâmer.C’est elle qtii dit oui pour sa fille ; c’est elle qui fait conclure le mariage.Peut-être aussi les jeunes filles comme Marie Dumont qui ont eu déjà des velléités de vie religieuse préfèrent-elles fonder un foyer avec un homme que les années ont rendu sérieux, dans l’espbir d’y trouver un peu de cal-mie monastique.Un Cœur fidèle n’est pas seulement un roman ; c’est aussi un tableau de mœurs canadiennes ; et c’est peut-être plus encore un tableau de mœurs canadiennes qu’un roman.Il semble bien que l’auteur, à l’exemple de Ph.Aubert de Gaspé, n’a voulu trouver dans cette intrigue amoureuse qu’un prétexte à décrire les scènes les plus caractéristiques et les plus pittoresques de la vie à la campagne.Les descriptions, en effet, occupent une place beaucoup plus large que le roman.Travail à la maison, travail dans les champs, joies de l’été, joies de l’hiver, offices religieux, noces, sépultures, tout ce qui donne à nos campagnes leur cachet distinctif forme une trame continue dans laquelle viennent s’insérer comme des fleurs délicates les diverses épisodes du roman.Quoi qu’il en soit, roman ou tableau de mœurs, ou l’un et l’autre à la fois, cet ouvrage se recommande hautement par les idées saines qu’il renferme, par la haute valeur morale des personnages qu’on y trouve et par le style à la fois simple, personnel et souvent poétique dont il est écrit.A.L.Hormisuas Magnan.La famille Magnan.1 vol.de 100 pages.Chez l’auteur, 6, rue Fraser, Québec.Ce n’est pas une sèche et froide généalogie que présente l’auteur, mais une monographie vivante, gracieuse, avec une teinte de poésie rustique.Si ce livre précieux, écrit avec amour, concerne surtout les descendants de Jacques Magnier, il peut rendre service aux gens qu’;intéressc le souvenir de leurs aïeux, de leurs travaux, de leurs luttes et de leurs traditions.L’histoire de la famille Magnan, depuis son établissement à Charlesbourg en 1665 jusqu’à nos jours, n’est-elle pas celle de beaucoup de nos familles, qui doivent à un travail opiniâtre et à la pratique des vertus chrétiennes une noblesse de pensées et de sentiments que ne peuvent conférer les parchemins ?Veut-on savoir ce que vaut un colon vers 1670?quelle dot Les livres 569 apporte une fiancée?comment se font les noces?pourquoi le Roi en 1\669, envoie au Canada 150 jeunes filles?de quelle étoffe la Seigneuresse de Giffard double ses manches?quelles épreuves nos communautés ont subies pendant le siège de Québec?Qu’on lise le nouvel ouvrage de M.Magnan.le bel exemple donné par le distingué publiciste mérite d’avoir beaucoup d’imitateurs, qui pourront répéter à leur tour les vers de Zidler : “ Les morts ne dorment plus dans l’oubli méprisant.Car du passé j’ai fait un éternel présent.” M.Magnan, par son information sûre, parson souci d’exactitude, par son sQle sobre et précis, nous fait désirer la publication prochaine de son “ Dictionnaire 1 istorique et géographique des paroisses, dessertes et municipalités de la Province de Québec ”, M.L.Huard et Simard.Manuel des sciences usuelles, 6e édition, conforme aux derniers programmes.1 vol.de 490 pages.Imprimerie de la Cie de Y Evénement, Québec, 1924.Six éditions successives.voilà qui est tout en faveur de ce Manuel.Les auteurs, parce que compétents et maîtres en leur matière, ont su donner un résumé clair, intelligent, à la portée de tous, des sciences usuelles dont les difficultés sont innombrables.Et c’est pourquoi cet ouvrage, si facile d'accès, a été le bienvenu dans toutes les écoles où l’on se prépare aux diplômes d’enseignement.Zoologie, Botanique, Minéralogie, Physique, Cosmographie et Industrie, tels sont les sujets traités dans ces pages marquées au coin d’une sobre élégance et d’une concision bien scientifique.La simplicité voulue par MM.Huard et Simard s’allie fort à propos chez eux à une connaissance approfondie et à jour des découvertes les plus récentes.Seulement, pour atteindre les différentes catégories de candidats aux brevets, ils se sont ingéniés à adapter à leur niveau la solution des problèmes toujours ardus que ne cessent de poser les sciences, même usuelles.Il fallait toute leur valeur et toute leur expérience pour arriver à ce succès que tout le monde se plait à reconnaître.C’est dire que cette nouvelle édition du Manuel sera vite épuisée.A la bonne heure, des livres de ce genre ne sont jamais trop répandus chez nous.A.R. 570 Le Canada français Abbé Maynard.Vertus et Doctrine spirituelle de Saint Vincent de Paul.1 vol.in 8 de 432 pages, chez Téqui à Paris, 1924.Voici quelque chose qui ressemble à un plaidoyer de canonisation.L’abbé Maynard démontre comment saint Vincent de Paul possédait les vertus théologales et cardinales et leurs annexes, et comment il les enseignait aux autres.Le plan suivi est celui-là même de l’Eglise dans ses procès de canonisation.Et ce sera le mérite de ce livre de montrer aux catholiques ces deux choses : vertus de saint Vincent de Paul et ce que l’Église demande à ses meilleurs serviteurs avant de les couronner.Mais nous conseillons aux lecteurs d’en omettre la préface ; elle n’ajoute rien à la valeur du livre.L'auteur oubliait en la rédigeant que la louange qu’on s’adrese à soi-même ne vaut pas celle qu’on reçoit des autres.F.G.Henri Perreyve.Méditations sur les Saints Ordres.1 vol.in 16, 200 pages, chez Téqui, Paris, 1924.Ëhrhard.Le phénomène de la Conversion.1 vol.in 16 262 pages, chez Aubanel, Avignon, 1924.Le salut assuré par la Dévotion à Marie, exemples et faits, 1 vol.in 16, 180 pages, chez Téqui, à Paris, 1924.Dix jours en l'honneur de la Petite Sœur Thérèse de l'Enfant Jésus.I.Le journal de retraite et réflexions personnelles de l’abbé Perreyve.Le livre sous son petit format servirait bien aux sémina-triste comme recueil de Méditations au temps des vacances.II.Les Saints et les Saintes, les Pères de l’Église et les Docteurs, aussi bien que les faits proclament en ces petites pages que celui qui a de la dévotion pour Marie ne périra jamais.Et les pages ne sont pas signées.Le compilateur exprime n’avoir point voulu faire un livre mais faire entendre un appel pour une dévotion qu’il aimait.Utile aux prédicaterus.III.Ce livre s’adresse aux incroyants pour les éclairer, aux prêtres pour augmenter leurs lumières, aux fidèles pour affermir leurs convictions.Ce n’est pas un livre pour le peuple : supposant beaucoup de données philosophiques, il ne peut être lu que par les esprits cultivés.L’excellente division qu’on y trouve en fera pour l’apôtre psychologue une source de consultations appréciées.F.G. Lfs Livres 571 Monseigneur Grente, évêque du Mans.Aux parents.— Les vices actuels de l’éducation familiale.1 vol.216 p., chez Gabriel Beauchesne, 117, rue de Rennes, Paris, 1924.Il a été beaucoup écrit en matière d'éducation ; et cependant le livre de Mgr Grente apparaît comme quelque chose de nouveau, parce qu’il est réellement actuel.L’auteur se garde bien de vouloir dresser une encyclopédie de tous les défauts de l’éducation familiale, qu’il ramène à cinq principaux : l’oublie de Dieu — le fléchissement de l’Autorité — la primauté de l’argent — la passion du plaisir — la déformation de la conscience.Avec quelle perspicacité il a saisi les débordements de ces vices ! Et avec quelle précision il sait les dépeindre ! Les chapitres sur la primauté de l’argent et li passion du plaisir sont particulièrement suggestifs et remarqua, blement étudiés.Si l’on se souvient que l’Académie Française décernait, cette année 1924, le prix Vitet à l’Evêque du Mans, pour l’ensemble de ses œuvres, on ne sera pas surpris de retrouver, dans le style de ce nouveau travail, cette distinction et ce charme qui rendent si agréable la lecture de la Mission dans le Levant et des autres œuvres oratoires ou pastorales de Monseigneur Grente.Après avoir révélé les manifestations de chacun des vices actuels de l'éducation familiale, l’auteur en recherche les causes, établit le judicieux diagnostic du mal auquel, enfin, il oppose les remèdes appropriés.Le plan est simple et convient aux parents auxquels il s’adresse.Puisse cette voix d’un évêque être' entendue de tous ! Il serait désirable, en effet, que cet ouvrage fût entre les mains de toutes les mères de famille, non moins que de tous les éducateurs.Les uns et les autres puiseraient, notamment dans le chapitre sur le fléchissement de l’autorité, de précieux conseils, qui les aideraient dans l’art si difficile de commander aux enfants.G.Le G.A.-S.Eddington.Vues générales sur la théorie de la relatirité.Traduction de T.Greenwood.Paris, Gauthier Villars, 1924.“ .T’avais toujours le sentiment, annonce Eddington, dans l’avant-propos de cet opuscule, que mes écrits ne peuvent pas être facilement transposés dans une langue étrangère.Mais j’ai pu me rendre compte que M.Greenwood, dans son excellente traduction, a réussi à rendre toutes les nuances de ma pensée.” Après ce témoignage de l'auteur il n'y a pas à s’étonner que la lecture de cette série d'articles et de discours, soit aussi captivante. Oi 1 Le Canada français On suit avec intérêt l’évolution des idées d'Eddington qui, dans son grand ouvrage Space, Timeand Gravitation, nous ayant convaincus de la nlausibilitê de la théorie de la relativité, vient maintenant déclarer, avec une pointe de scepticisme qui nous laisse un peu songeurs, que cette même théorie ne “ doit pas dépasser le domaine naturel de la physique ”, C’est donc que la relativité s’attache à la structure et non pas à la substance des choses.Qui sait si ces conceptions ne contribueront pas à abattre l’opposition de plusieurs anti relativistes.?A.P.J.Millot.Tonte grâce par Marie.1 vol., in-8 de 320 pages, chez Téqui, à Paris, 1924.A la liste des publications de Monsieur le chanoine Millot s’ajoute ce dernier volume.Sujets d instructions et de predication, sujets de retraites et de piété mariale, sujets de recrutement sacerdotal, bénéficient tour à tour de la fécondité de sa plume et de son esprit.Toute grâce par Marie doit constituer dans la pensée de son auteur un livre de chevet, aux âmes chrétiennes, pour le mois de Marie.Elles y trouveront dans une lecture quotidienne 1 exposition du dogme de la Co-Récemption de la Vierge et les sentiments de l’Église à ce sujet ; elles y prendront connaissance du rôle de Marie dans la Providence à l’égard des pécheurs, des affligés, des malades, des nécessiteux, des mourants, des âmes souffrantes et des sociétés.Ce livre constituera donc une lecture pieuse, instructive, réconfortante, et des plus vivifiantes pour les vertus de foi et d’espérance.F.G.Directeur gérant: M.l’abbé Arthur ROBERT.Imprimerie
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.