Bulletin du parler français au Canada, 1 décembre 1911, décembre
A'/" I \ i À Vol.X DÉCEMBRE 1911 N° 4 BULLETIN DU Couronné par l'Académie française SOMMAIRE Pages 121—Nos plus belles victoires (poésies).127—Louis Fréchette (suite et fin).137—Le concours de la Société du Parler français.238—La voie, la vérité, la vie, (poésie).144—Lexique canadien-français (suite).151—Les Livres.156—Questions et Réponses.158—Sarclures.160—Anglicismes.Gustave Zidler Camille Roy, ptre Le Bureau Pamphile Lf.May Le Comité du Bulletin \ J.-E.P.( Adjutor Rivard Le Sarcleur Lf.Comité du Bulletin REDACTION ET ADMINISTRATION LA SOCIÉTÉ DU PARLER FRANÇAIS AU CANADA UNIVERSITÉ LAVAL QUÉBEC Editeur-dépositaire, à Paris : H.CHAMPION, libraire-éditeur, 9, Quai Malaquais, AVIS Les membres de la Société du Parler français au Canada sont priés de se rappeler que les séances de l’Assemblée générale ont lieu le quatrième lundi de chaque mois, et que tous sont invités à y assister.Ceux qui désirent recevoir, pour chaque séance, une lettre de convocation voudront bien en avertir le secrétaire.Les membres de la Société et les abonnés du Bulletin du Parler français au Canada trouveront, sur la bande du Bulletin, la date de la prochaine échéance de leur cotisation ou de leur abonnement.Cette indication sert de quittance à ceux qui sont en règle avec l’administration et rappelle aux autres qu’ils doivent acquitter des arrérages.Cotisations et abonnements sont payables d’avance, le 1er de septembre, pour les 12 mois suivants.La liste des adresses est révisée le 10 de chaque mois.Comité nu Bulletin.Le mois littéraire et pittoresque.Mensuel.Paris, rue- Bayard, 5.Abonnement : 14 fr.Sommaire du No de décembre ; Nouvelle.Un mariage banal, par Philippe Régnier ; Histoire.L’émancipation des paysans russes en 1861 : le servage et le mir, Par Hubert Gautier ; Beaux-Arts.Les anges, par Abel Fabre ; Causerie.La leçon d’un repas rustique, par Henry Dupuy-Mazuel ; Poésie.Les mouches, les araignées, par Gérard Verne ; — Le tableau, par Paul Harel ; Roman.Saint-Exupère-les-Châses (fin), par Frédéric Plessis, avec 5 compositions de J.-M.Breton ; Varia.A la cour du isar, par Marc Hélys ; — Artisans d'autrefois, artistes d'aujourd’hui, par E.Grospélier ; — Les « boy scouts » du lieutenant-général Badcn-Powell, par Antoine de Tarlé ; — La Timgad tunisienne: Dougga, par Louis Ar-n0Ui,l .— /> petit Jésus de cire, conte de Noel, par Suzanne Mercey : Chronique.Deux pages de Bossuet par l’abbé E.Lévesque ;— Un écrivain humoriste anglais : William Makepeare Thackeray, par S.Peïtavi ; Pages oubliées.Exhortation au Dauphin, par Bossuet, Comment doit se faire une édition critique, par Ferdinand Brunetière ; Actualités scientifiques.La télégraphie chez soi, par Lucien Fournier ; L’Esprit en France et à l’Étranger. Vol.X, N° 4—Décembre 1911.NOS PLUS BELLES VICTOIRES (suite) CONQUÊTES FRANÇAISES I L’HÔTEL DE RAMBOUILLET La Chambre Bleue, où a l'incomparable Arihénice» Trône.Autour du haut lit de parade rangés, L’Astrèe a réuni ses plus galants bergers: Pour le tournoi badin l’esprit ouvre sa lice.Assauts, feinte, riposte, et coups droits échangés: De toutes parts jaillit l’étincelle.Délice, «Ame du rond», pimpant, pétillant de malice, « Valère» se prodigue en mille traits légers.Révérences de cour.Bel air.Grâce jolie.Parfums subtils de la «Guirlande de Julie».Rares sonnets d’un soir, dont on discourt dix ans.Soyez loués!—Ce sont vos «Précieux», Marquise, Dont le français reçoit le plus fin des présents, Sa première leçon de politesse exquise.(1) Reproduction interdite. 122 Bulletin du Parler français au Canada II MALHERBE « Les meilleurs esprits vous doivent cet hommage d’approuver ce qui vient de vous comme parfait.» (Richelieu.) On n'aime pas toujours votre sèche froideur Ni votre morgue, à vieux poète « pédagogue», a Tyrant> bourru des mots et des rimes, grondeur Hargneux comme un chardon, piquant comme une bogue! Votre férule, hostile ci tous les noms en vogue, Sifflait, et vous dictiez vos lois avec raideur.Mais qu importe à nos cœurs votre ton brusque et rogue, Si votre strophe exacte a connu la grandeur, Si votre œuvre, pénible et lente, courte et triste, Mais fière, sut forger, à gentilhomme artiste, De beaux vers immortels, aussi durs que l'airain ! Vous croyiez justement, ô François de Malherbe, A la pérennité du labeur souverain : Gloire à qui s’efforça pour la gloire du verbe! Nos PLUS BELLES VICTOIRES 123 III BALZAC « La diction de vos lettres est pure, les paroles choisies.et les périodes accomplies dej tout leur nombre ».(Richelieu.) Non moins que les beaux vers chante la belle prose.L’éloquence a son art, ses mystères sacrés, Ses vocables choisis, que l'oreille dispose En rythmes vifs ou lents, sagement mesurés.La pensée en musique, au gré du virtuose, Monte, épandant son flux sonore, par degrés; Et r ample période ouvre, comme une rose.Son cœur épanoui de pétales pourprés.C’est toi, Balzac, qui mis dans nos discours le nombre, Les jeux de la lumière alternant avec l’ombre, Des grands balancements la pompe et le décor.Mais d’où vient le secret de ta phrase vibrante?N’en as-tu pas perçu l'harmonieux accord Dans les hauts peupliers des bords de ta Charente? 124 Bulletin du Parler français au Canada IV VAUGELAS « Le plus sage écrivain de notre langue.» (Boileau.) Claude Faure, baron de Péroges, seigneur De Vaugelas, trente ans, méticuleux et sage, A la Ville, à la Cour, cueille sur son passage Dans la moisson des mots sa gerbe de glaneur.Trente ans, grave, il écoute, et trouve un grand honneur A se dire «greffier des arrêts de l’Usage».De la parole ailée il fixe le visage ; Il épure son grain au crible du vanneur.Savoisien, sur la foi d'oracles qu’il consulte, Du français le plus noble il conserve le culte.Tel l’ami de nos champs, qui des plus rares fleurs Nous compose un herbier.Tel, sous la transparence Du verre, le chasseur de papillons de France Qui du butin du ciel nous garde les couleurs. Nos PLUS BELLES VICTOIRES 125 V ^ACADÉMIE FRANÇAISE « Sa principale fonction est d’établir des règles certaines pour le langage français.» (Lettres patentes de 1635.) Le Ministre, qui songe à gouverner la Langue Comme l’Etat, étend la main, et dit : a Le Roi ((Au peuple obscur des mots doit imposer sa loi: «La langue a trop flotté comme un vaisseau qui tangue.« Aux dévots du français il ne faut qu’une foi.« Que tous, aux soins du vers comme de la harangue, « Usent du même or pur délivré de la gangue : «Je parlerai comme eux, mais eux tous comme moi.» Il dit.Pour que les mots ne forment qu’un royaume, Les Quarante, savants juges de l’idiome, Ont cité les suspects devant leur tribunal.Tout semble soumis.Plus de rebelle qui bouge!.Notre Langue a senti sur elle, 6 Cardinal, Passer superbement ta longue robe rouge!. 126 Bulletin du Parler français au Canada YI EN CANADA « Va, mon français, aussi sur de lointains rivages Dans l’enchevêtrement ténébreux des grands bois, An bord des lacs, parmi les huttes des Sauvages, Etendre et propager l’écho fier de ta voix.Ne crains pas, mon français, les rudes hivernages.Les pénibles labours et les sanglants exploits: C’est toi, dans la vertu des saints pèlerinages, Qui dois partout prêcher l'Evangile et ses lois.C’est toi.c’est vous, 6 ma Langue, qui la première Devez porter la paix et la douce lumière Par l'âpre solitude où le Christ vous attend.Là-bas, ô mon français, sans calcul et lyrique, Allez vivre et prier et combattre en chantant Dans le décor d'un beau paysage héroïque! (à suivre) Gustave Zidler. LOUIS FRÉCHETTE LE POÈTE LYRIQUE (Suite et fin) La Légende d'un Peuple est donc, de tous les ouvrages de Louis Fréchette, celui où Ton aperçoit le mieux toutes les variations et toutes les inégalités de son talent.Il y a incrusté quelques-uns de ses plus beaux vers, et il y a glissé quelques-uns des plus faibles.Il y a développé ses plus hautes pensées ; il y a risqué quelques-unes des idées qui s’accordent le plus mal avec l’inspiration accoutumée de ses poèmes.La Légende d'un Peuple résume, elle prétend résumer notre histoire ; elle représente, à coup sûr, tout l’esprit de celui qui Ta conçue.Et nous pouvons donc rapporter de la lecture de ces chants une définition de la poésie de l’auteur.L’art de Fréchette est un effort presque continu vers l’éloquence ; sa poésie veut être surtout une pensée oratoire dans un vers sonore.De la nature même d’une telle poésie, nous pouvons déduire quelques-uns des procédés de l’auteur, et, par exemple, l’exagération voulue ou inconsciente de l’idée, du mot, ou de l’image.Cette muse a presque toujours une tendance à enfler la voix.Elle s’y essaya, on s’en souvient, dans la Voix d’un exilé, et elle a souvent répété ce bruyant exercice.Il arrive cependant que cette exagération n’est que la légitime vision du rêve poétique.Dans la pièce si ample, si enthousiaste, qu’il a consacrée à Papineau, Louis Fréchette condense en deux beaux vers toute l’action patriotique de son personnage : Il fut toute une époque, et longtemps notre race N’eut que sa voix pour glaive et sou corps pour cuirasse.127 128 Bulletin du Parler français au Canada Il définit l’éloquence de ce vieillard, retiré dans sa solitude, vivant seul, laissant ses mains octogénaires, Qui des forums jadis remuaient les tonnerres, Vieillir en cultivant les fleurs ! Sa voix, sa grande voix aux sublimes colères, Sa voix qui déchaînait sur les flots populaires Tant de sarcasme amer et d’éclats triomphants, Sa voix qui, des tyrans déconcertant l’audace, Quarante ans proclama les droits de notre race, Enseignait les petits enfants ! Puis, suggestionné par les mots, il découpe dans la lumière du soir la taille du tribun populaire : Souvent, lorsque le soir de ses lueurs mourantes Dorait de l’Ottawa les vagues murmurantes, Au-dessus des flots noirs, sur le coteau penchant, Où l’aigle canadien avait plié son aile, On voyait se dresser sa taille solennelle En face du soleil couchant.Il en fait maintenant une sorte de héros splendide et surhumain.Il le situe en des attitudes olympiques.Un soir qu’il se sent mourir, Papineau — astre fatigué qui descend à l’horizon — veut regarder encore le soleil couchant ; il s’assied à sa fenêtre et plonge sa tête dans la lumière : Et dans un nimbe d’or, clarté mystérieuse, On eût dit que déjà sa tête glorieuse Rayonnait d’immortalité ! Longtemps il contempla la lumière expirante, Et ceux qui purent voir sa figure mourante, Que le reflet vermeil de l’Occident baignait, Crurent — dernier verset d’un immortel poème — Voir ce soleil couchant dire un adieu suprême A cet astre qui s’éteignait ! (1) Mais c’est une autre exagération — énorme cette fois — que ce compliment que l’auteur de Pêle-Mêle adresse à un peintre de ses amis qui, après seize ans de séjour en Italie, revient au Canada : Peintre, tu nous reviens, ainsi que l’aigle immense Qui, faisant trêve un jour à son sublime essor, Avant que dans les cieux sa course recommence, Se repose un instant pour disparaître encore.(1) Légende d'un Peuple.Papineau, passim. Louis Fréchette 129 Arrivé tout à coup des sphères immortelles, Où sans craindre leurs feux tes pieds se sont posés, Tu resplendis encore, et l’on voit sur tes ailes La poudre des soleils que ton vol a rasés.(1) Cette naïve emphase n’a d’égale que celle des strophes fameuses que Louis Fréchette adressait à Sarah Bernardt.C’est elle ! c’est Sarah la grande !.Frissons des lyres, chœurs sacrés, harpes d'Éole, Bruits de gloire tonnant dans des gerbes d’éclairs : C’est elle ! regardez flamber son auréole Sur l’azur chatoyant des beaux horizons clairs ! Il ne restait plus au poète idolâtre, pour pousser à bout la piété, que d’écrire — et il l’a écrit : Elle vient, saluez ! Foules, baisez sa trace ! (2) De l’exagération oratoire au galimatias, il n’y a qu’un pas, et Fréchette l’a quelquefois franchi.Il emploie alors des mots qui débordent l’idée à ce point qu’ils la font inintelligible.Il écrira du Mississipi : Et ton onde répète aux tièdes océans L'épithalame étrange et les concerts géants Des glaciers où tu prends ta source.(3) Il dira de l’Amérique : L'Amérique, c’est la soupape des Titans, Le balancier qui vibre entre les mains du Temps : Double objet qui, donnant au vieux monde un sol libre, Prévint l'explosion et sauva l'équilibre.(4) C’est le cas de dire de Louis Fréchette, égaré dans le nuage des métaphores grandiloquentes, ce que Guizot, je crois, disait un jour de Lacordaire : et, dans la vallée du Richelieu : « Si mouman voulait, La guedille, la guedille, Si mouman voulait, La guedille volerait.Mais poupa veut pas, etc.» Gadousier (gàduzyé) s.m.1° || Mauvais plaisant.2° || Vaurien, va-nu-pieds.Gadron (gàdrô) s.m.|| Goudron.Fr.-can.V.Godron.Gadronner (gàdroné) v.tr.|| Goudronner.Gâgné (ga:r}é) s.m.|| Épargne, économie.Ex.: Vivre sur le vieux gâgné.—Manger le vieux gâgné.Galafre (galàfr) s.m.et adj.|| Glouton.Fr.Cf.gouliafre, goulafre, pop.= m.s.144 Lexique canadien-feancais 145 Galafrée (à la) (a la galàfré) loc.adv.|| Gloutonnement.Ex.: Manger à la galafrée.Galeteau (gàltô) s.m.|| Fenil.Ex.: J’ai mis tout mon foin sur le galeteau.Fr.Cf.galetas.Galette (gàlèt) s.f.|| Terre noire.(Missisquoi.) Galimafrée (à la) (a la galimàfré) loc.adv.|| Manger à la galimafrée= prendre une bouchée ici et là, hors de la table.Fr.Galimafrée= restes de viandes en ragoût ; mets qui présente un mélange peu appétissant, Dahm.Galot (galô) s.m.|| Motte de terre gelée (dans les chemins).Ex.: Les chevaux se font mal aux pattes sur les galots.Gangné (gànê) s.m.|| Épargne, économie.Fr.-can.Y.gâgné.Garrot (gàrô) s.m.|| Homme, animal maigre, mal bâti.Géane (jéàn) s.f.|| Géante.Dial.Id., Normandie, Moisy.Geargaud (jàrgô) s.m et adj.|| Espiègle, enfant éveillé.Ex.: Il est geargaud, c’est un vrai petit lutin.Geargaude (jargô:d) s.f.1° || (Syn.de gergaude.) 2° || Faconde.Avoir de la geargaude= avoir la parole facile, être fort en gueule.Geargeau (jàrjô) s.m.|| (Voir jargeau) Ex.: Le foin sera pas pesant, c’te année ; il y a trop de geargaud dedans.—Ça marche mal dans le champ : on a toujours les pieds accrochés dans le geargeau. 146 Bulletin du Parler français au Canada Geint ( jê ) s.m.11 Plainte, gémissement.Ex.: Pousser des geints.Gelasser ( jèlasê ) v.intr.|| Geler légèrement.Ex.: Ça gelasse, ce soir.Dial.Id., Anjou, Verrier.Gelauder ( jlô:dé ) v.tr., et impers.11 Geler légèrement.Ex.: La couverte est gelaudée.—Il commence à gelauder.Fr.-pop.Gelotter.Fr.-can.Syn.de entregelasser.Genouillé (jnuyê) adj.|| Bien genouillé= aux jarrets solides.Genre ( jà:r) s.m.|| Gendre.Gentil ( jàti ) adj.|| Loyal, droit.Vx fr.Gentil= noble, généreux, Darm.Gentilhommerie (jàtiyomri) s.f.|| Loyauté, droiture.Fr.Qualité de celui qui est gentilhomme, Darm.Gentillesse ( jàtiyès ) s.f.|| Loyauté, droiture.Vx fr.Noblesse.Gearçure ( jàrsu:r ) s.f.|| Gerçure.Vx fr.Voir gearcer.Dial.Id., Centre, Jaubert ; Saintonge, Eveillé.Gearme ( jàrm ) s, m.1 ° || Germe.Dial.Id., Centre, Jaubert ; Anjou, Verrier.Fr.-can.Le germe étant un rudiment de l’embryon destiné à reproduire une plante, on appelle germe ou gearme chacun des morceaux d’une patate qu’on met en terre : « J’ai semé 10 minots de gearmes.» 2° || Bourbillon.(V.germe.) Lexique canadien-français 147 Gear mer (jàrmé) v.intr.1 ° || Germer.2 ° 11 Gearmer des patates = les couper en deux ou trois morceaux destinés à être mis en terre.(Cf.Egearmer= enlever les germes (des patates) et aussi couper les patates, etc).Dial.Id., Centre, Jaubert ; Anjou, Verrier.Gearmain, -ne ( jàrmê, jàrvièn ), gearmine ( jàrmin ) adj.|| Germain, germaine.Dial.Id., Centre, Jaubert.Gégier ( jéjyé ) s.m.|| Gésier.Dial.Id., Centre, Jaubert.Gelassage ( jélàsà:j ) s.m.|| Gelée légère.Gelasser ( jêlàsé) v.intr.et imp.|| Geler légèrement.Gelasseux (jêlàsé) adj.|| Se dit du temps, quand il gèle légèrement.Ex.: Le temps est gelasseux.Gelassure (jélàsu:r) s.f.|| Gelée légère.Gelotter ( jélbté ) v.imp.|| Geler légèrement.Gisier (jizyê) s.m.|| Gésier.Vx fr.Gisier est une forme ancienne, Darm.« Bien des gens à Paris prononcent gisier » dit Ménage (p.424).Gisier est aussi relevé par Richelet.(Voir Cotgrave, et de Wey, Gram., p.903.) Dial.Gisier= m.s., Normandie, DuBois, Moisy et A.N.; Bas-Maine, Dottin.Gigier ( jijyé) s.m || Gésier.Dial.Id., Centre, Jaubert. 148 Bulletin du Parler français au Canada Gemme ( jèm ) s.f.| Poix dont se servent les cordonniers.Fr.Gemme= résine que l’on produit en gemmant les pins, Guérin.Dial.Gemme= poix de cordonnier, Poitou, Favre ; Anjou, Verrier ; Centre, Jaubert ; Poitou, Favre ; Maine, Dottin, Montesson ; Normandie, Moisy et A.N.Gendre ( jâ:dr ) s.m.|| Genre.Généreusité ( jénérâzité) s.f.|| Générosité.Gens ( jà, jâs ) s.m.et f.|| Parents, personnes de la famille.Ex.: Son homme lui a fait tant de misère, qu’elle est retournée chez ses gens= chez ses parents.— Aller retrouver ses gens= ses parents, sa famille.Fr.-can.Le sens canadien est très rapproché du français : « une catégorie de personnes, ceux qui sont sous les ordres de quelqu’un.» Mais il est spécial.On dira aussi nos gens, pour désigner la famille au sens le plus large, la gens des Latins, toutes les personnes de la maison, de la ferme.Mais plus spécialement, les gens sont le père et la mère ; aller chez ses gens, c’est aller à la maison paternelle.Les bonnes gens, ce sont le grand-père et la grand’mère, ou bien le père et la mère devenus vieux : « Les bonnes gens vivent encore.» Dial.Gens est pris dans ce sens dans la Normandie, Moisy, Robin, Maze, Dubois ; dans le Bas-Maine, Dottin (le premier exemple cité plus haut est emprunté à Dottin) ; dans la Picardie, H aigneré ; dans le Centre, Jaubert ; dans plusieurs localités de l’Anjou et dans toute la Vendée, Verrier ; dans la Lorraine et la Franche-Comté.Gentie ( jâti) adj.f.|| Gentille.Ex.: Une gentie fille.Dial.Id., Centre, Jaubert.Gents furnishing, ang.|| Nouveautés, objets de toilette pour hommes ; magasin où l’on vend ces nouveautés. Lexique canadien-français 149 Géole ( jéol ) s.f.1° || Geôle, prison.2° || Cage (pour oiseaux) ; spécialement : espèce de cage en forme de pyramide tronquée, avec laquelle on prend les oiseaux.Fr.Geôle, au sens 2e, est vieux, Besch., Darm., Littré, Lar.3° || Logis étroit et misérable ; masure.Fr.-can.Syn.: giole.Georgette ( jorjèt ) s.f.11 Fille nonchalante et négligée.Gérémiôme ( jérémyô:m ) s.m.|| Géranium.(Cf.B.P.P., Vol.VII, No 1.Sept.1908, p.9).Gérer ( géré ) v.intr, || Gérer (v.tr.).Ex.: Gérer à ses affaires = gérer ses affaires.Gergaud ( jèrgô) s.m.|| Personne étourdie, écervelée, sans jugement.Ex.: C’est un vrai gergaud.Gergaude ( jèrgô.d ) s.f.|| Fille délurée, qui s’amuse avec les garçons, garçonnière ; personne écervelée.Dial.Gergaud, s.m.=m.s., Normandie, Dubois.:—Gergauder = folâtrer avec les garçons, ibid., Id.Fr.-can.—Employé adj.: Elle est pas mal gergaude.Germe ( jèrrn ) s.m.|| Bourbillon (corps blanchâtre et filamenteux qu’on trouve au centre d’un furoncle, Acad.).Fr.-can.V.gearme.Germine ( jèrmin ) adj.f.|| Germaine.Ex.: Cousine germine.Fr.-can.Syn.: gearmine.Gerrymander (djerémàndè.r) s.m.|| Redistribution des collèges électoraux, reconstruction topographique des collèges électoraux (faite au profit d’un parti politique).Gesse ( jès ) s.m.et f.|| Geste (s.m.).Dial.Gesse, s.m.= geste, Centre, Jaubert.Fr.-can.V.geste, dans tous ses sens. 150 Bulletin du Parler français au Canada Geste ( jèst) s.f.1° || Geste (s.m.).Ex.: Un orateur qui a de belles gestes.Vx fr.Geste a été f.dans tous ses sens, La Curne, Darm.Dial.Geste est f.dans l’Anjou, Verrier ; à Guernesey, Moisy.Fr.-can.Geste est aussi employé au m.2° || Mouvement de la main, qui marque chez un enfant la bonne humeur, la joie.Ex.: Fais une petite geste.3° || (Aupl.).Faux semblants, prétentions ridicules, caprices ; manière d’agie, langage, mouvements, gestes artificiels, affectés ; simagrées ; cérémonies excessives.Ex.: Elle est toqte en gestes = en grimaces, en simagrées.—Ces larmes-là, c’est des gestes = des larmes de crocodile.—Ne fais pas de gestes, viens dîner avec nous = ne fais pas de façons, de cérémonies.Si tu fais des gestes, tu viendras pas te promener avec nous = si tu ne te conduis pas convenablement, etc.—Faire de la geste = faire le malade.Fr.C’est le sens de gestes dans cette phrase : « Sa mère haussant les épaules, prétendait que tout cela était des gestes.)) (Madame Bovary, II, 387.)—Gestes est f., dans la locution : « les faits et gestes de qq’n », qui s’emploie en mauvaise part pour dire : « toute sa conduite )), Darm.Dial.Gestes= m.s., Normandie, Moisy, Delboulle ;—façon d’agir ridicule (tu fais de belles gestes), Anjou, Verrier.Fr.-can.Au sens de simagrées, cérémonies, on dit aussi figures : (( Ne faites donc pas dz figures.» 4° || Écart, mouvement brusque (d’un cheval).Ex.: Son cheval a fait une geste, qui l’a jeté par terre.—Prends garde à mon cheval, il fait des gestes.—Il n’y a pas de danger, mon cheval fait des gestes, mais il ne prend pas l’épouvante.Fr.-can.On voit par le dernier exemple que ce sens peut se rattacher au 3e.—Se dit, par ext., d’une machine, d’un appareil, qui fonctionne mal : «Voilà le dynamo qui fait des gestes ; la grande scie s’est mise à faire des gestes, il a fallu arrêter le moulin.» Gesteux, euse (jèstoê, jèstoè:z) adj.1° || Capricieux, dont la volonté soudaine et changeante n’est pas justifiée.2° || Maniéré, cérémonieux.3° j| Ombrageux (en parlant d’un cheval.Le Comité du Bulletin, LES LIVRES Gustave Zidler.Pour retrouver l'Enfant.Paris (Editions de la Revue des Poètes), 1911, in-8°, 133 pages.C’est la dernière production littéraire d’un auteur qui en a déjà beaucoup à son crédit, entres autres, « la Terre divine » et « les Deux Frances, )) ce dernier livre paru en France et à Québec, au moment du Troisième Centenaire.Jusqu’ici, cependant, M.Gustave Zidler nous avait donné des chants sur un mode bien différent de celui qui domine dans le présent volume.En effet, ces derniers vers aujourd’hui nous arrivent, tout imprégnés de douleur et de larmes.Ah ! c’est qu’un deuil cruel a traversé la vie du poète : la perte soudaine d’un enfant, son unique petit garçon de sept ans, en qui s’incarnaient avec toutes les grâces de l’âge les espérances du plus aimant des pères.Il hériterait de son nom : par lui les souvenirs de famille seraient perpétués.Quelques jours à peine suffirent pour briser tous ces rêves.Une telle perte ne pouvait manquer d’ébranler profondément l’âme de celui qui exhale sa peine en des vers si touchants.Inconsolable et ne pouvant autrement distraire sa pensée, il va faire revivre l’enfant adoré qui lui a été ravi.Il évoquera son souvenir en rappelant ses jeux, les promenades qu’ils faisaient ensemble.Les scènes les plus ordinaires de la vie seront autant de thèmes à faire vibrer l’élégie.Il s’entretiendra avec son enfant, il le suppliera, le recherchera partout ; de là le titre : (( Pour retrouver l'Enfant.» Par quelle incantation magique ne nous montre-t-il pas l’image du petit être adoré devenu « un grand ange )) ! Comme il nous associera doucement à son rêve ! Les qualités poétiques et qui caractérisent l’auteur mises à part, l’on aime à retourver dans ce volume la note sincèrement chrétienne, et, dès les premiers vers, une résignation parfaite à la volonté divine.Aussi est-ce à bon droit qu’il fermera le livre par des chants où l’espérance du chrétien se ranime et que notre ami peut désigner véritablement encore sous ce titre consolant : « L'âme apaisée.» 151 J.-E.P. 152 Bulletin du Parler français au Canada Le Croisé, Bulletin d’Action Sociale catholique.Québec (Secrétariat des œuvres de l'Action Sociale Catholique, 101, rue Ste-Anne), 1911, in 8°, 22 c.x 15c., 264 pages.Ce vaillant bulletin, organe de l’Action Sociale Catholique et de la Société de la Croix Noire, est entré dans sa deuxième année.Le premier volume, maintenant complet, et qui comprend les fascicules parus de septembre 1910 à octobre 1911, forme un recueil de lectures utiles et variées.Les abonnés qui ont eu le bon esprit de conserver les numéros parus aimeront à les relire ; ils y trouveront plaisir et profit.Thomas Chapais, Le Marquis de Montcalm.Québec (J.-P.Garneau 47, rue Buade), 1911, in-8°, 23c.5 X 16c., XII X 695 pages.L’un de nos collaborateurs, plus autorisé que nous, devra nous donner un compte rendu de cet important ouvrage.Mais nous ne pouvons tarder davantage à le signaler dans le Bulletin.M.Chapais applique, dans ses ouvrages, les méthodes de la grande école historique qui veut à la fois voir et savoir.Il ne borne pas sa tâche à la recherche et à la discussion des faits.« La recherche et la discussion des faits, disait Thierry, sans autre dessein que l’exactitude n’est qu’une des faces du problème historique.» M.Chapais présente de plus les faits dans le cadre où ils se sont passés, il les interprète, il les peint, il donne « aux événements leur signification, leur caractère, la vie enfin qui ne doit jamais manquer au spectacle des choses humaines )).Il semble s’être établi, par la pensée, au temps de Montcalm, et avoir vécu de sa vie.Écrire de la sorte, c’est faire oeuvre de véritable historien, c’est mettre au service de l’histoire et la science et l’art.Les meilleures pages d'Augustin Thierry.Tourcoing (J.Duvivier), 1911, in-12, 358 pages.Nous avons déjà dit tout le bien qu’il faut penser de cette excellente collection publiée chez Duvivier, et nous nous sommes réjouis de voir les premiers volumes en vente dans nos librairies.L’introduction de ce nouveau recueil est écrite par M.Françis Vincent.Belle et claire étude sur la vie et les œuvres du grand historien.Les extraits qui composent le volume sont remarquablement bien choisis, et donnent une idee juste de la maniéré de 1 auteur, de sa méthode, et de ses doctrines. Les Livres 153 R.P.Huqolin, O.F.M.L'Établissement des Récollets à Montréal, 1692.Montréal, 1911, 24c.X 16c., 56 pages.Avec une scrupuleuse exactitude dans le récit des faits, et appuyé sur un appareil critique très sûr, le R.P.Hugolin dit comment s’est effectué l’établissement des Récollets à Montréal, et raconte les faits groupés autour de cette fondation.Histoire complète et loyale, écrite en un style élégant et facile.R.P.Hugolin, O.F.M.Biographie des ouvrages concernant la Tempérance, imprimés à Québec et à Lévis.Québec (YEvénement), 1911, in-8°, 21c.X 16c., 165 pages.Catalogue très soigné, et fait pour plaire également aux amis de la tempérance et aux bibliographes.Ce relevé comprend la nomenclature et l'inventaire, souvent analytique, des livres, brochures, revues, journaux, feuilles, cartes, etc., imprimés à Québec et à Lévis depuis l’établissement de l’imprimerie (1764) jusqu’à 1910.Cet ouvrage a été préparé et publié à l’occasion du 1er congrès de tempérance du diocèse de Québec.Henri D’Arles.Esquisses orientales.S.1.n.d., 28c X 20c., 17 pages.Suite de tableaux, peints au cours d’un voyage.Parfois on dirait des notes jetées à la hâte, sans prétention, sur le papier.et tout à coup la phrase prend une autre allure, toutes les couleurs du prisme s’y précipitent, et tous les mots sont ciselés.Le styliste a repris la plume.Et cela est évidemment voulu.Variété curieuse, et qui déconcerte un peu, mais qui ne laisse pas d’être agréable.André Gide.Charles-Louis Philippe.Paris (Figuière), 1911, in-12, 40 pages.Conférence prononcée au salon d’automne le 5 novembre 1910.M.Gide admire tout dans Charles-Louis Philippe.Pour nous, nous n’aimons ni la philosophie humanitaire et antimilitariste de l’auteur de Bubu, ni la grande liberté de ses peintures. 154 Bulletin du Parler français au Canada J.Geddes, Je.Canadian-French, 1908.Tiré à part de VAnnuaire critique di 'philologie romane, 63 pages.C’est la continuation des relevés bibliographiques que notre ami M.Geddes publie dans la revue de M.Vollmoller, et dont nous avons souvent parlé.On retrouve dans ce fascicule, consacré aux ouvrages canadiens français parus en 1908, le soin d’exactitude dans l’analyse, et de précision dans les indications bibliographiques, la connaissance de notre production littéraire, et le jugement sûr, que nous avions déjà remarqués dans les études précédentes.Œuvre des deux monuments à Montcalm.Québec (le Soleil), 1911, 24c.X 17c., 60 pages.Plaquette contenant le compte rendu des fêtes célébrées à l’occasion de l’inauguration à Vestric-Candiac et à Québec d’un monument à Montcalm (1910-1911).Notes, discours, poésies, illustrations.R.P.J.-P.Archambault, S.J.L'Organisation ouvrière catholique en Hollande.Montréal, 1911, 19c.5 X 13c., 29 pages.Premier tract publié par l’École Sociale Populaire (1075, rue Rachel, Montréal).Chaque mois, l’E.S.P.fait paraître une brochure de même format, sur un sujet d’action sociale catholique.(10 sous le numéro ; abonnement annuel, $1.00.) Alphonse de Chatf.aubriant.M.des Lourdines.Paris (Grasset), in-18 jésus, 289 pages.Il est impossible d’analyser ce roman très simple et pourtant poignant, sans action presque et dont cependant l'intérêt ne se ralentit pas un instant.L’histoire de M.des Lourdines, gentilhomme campagnard, amant des bois et des champs, est attachante, et loin de la trouver trop longue, on regrette presque que l’auteur en ait si discrètement voilé le dénouement.Bon et beau roman, d’une écriture élégante et facile. Les Livres 155 Domininuue Durandy.La Mare ensoleillée.Paris (Grasset), in-18 jéüus.291 pages.Une élection, en France, avec les passions, les audaces des politiciens, la piperie des mots, l’encanaillement systématisé du suffrage universel, la lassitude découragée des braves gens, le triomphe des cabotins, — voilà le sujet de ce livre, qui se présente sous la forme d’un roman, mais où l’auteur affirme que tout est vrai, « affreusement vrai » .La prière d’insérer dit qu’il y a là « de quoi dérider les plus moroses Il est vrai que c’est une publication originale, écrite dans un style alerte et clair ; mais si vraiment tout cela est vrai, ce n’est pas une publication amusante ; la Mare ensoleillée (la politique), avec ses pestilences et ses émanations putrides, ferait plutôt pleurer les plus gais.Pourtant, il faut bien avouer qu’ail-leurs aussi on est témoin de choses à peu près pareilles ; seulement, elles sont ici présentées tellement qu’on est à tout jamais dégoûté de la politique.Et c’est là ce qu’on peut reprocher à l’auteur : il montre si bien les grimaces et les appétits qui se cachent derrière les masques de parade, que les honnêtes gens n’oseront jamais plus entrer dans la Mare ensoleillée, et qu’il n’y restera que « des hommes de lutte, les dents longues et les ongles crochus ».Son héros lui-même se retire sous sa tente, découragé.Tout cela est vrai, soit ! et il fallait le dire pour fustiger « l’industrialisation du système politique » ; l’immoralité politique doit être dévoilée, et les masques doivent tomber.Cependant n’au-rait-il pas mieux valu mettre en scène, non seulement un honnête homme, mais un apôtre de convictions plus élevées, et qui serait resté quand même sur la brèche ?n’aurait-il pas été bon de laisser un peu d’espérance à ceux qui ont le désir et la volonté de faire encore des gestes de santé ?.Peut-être cela n’aurait-il pas été aussi vrai ; en tout cas le lecteur aurait fermé le livre avec une impression meilleure.Adjutor Rivard. QUESTIONS ET REPONSES Répondant à un correspondant, nous avions traduit l’anglais peanut par « pistache de terre ».C’est le terme employé dans le langage ordinaire.Notre ami fait là-dessus des remarques qui pourront intéresser nos lecteurs.Il avait déjà suggéré arachide, et dit avoir de bons auteurs pour garants.Vous me permettrez, nous écrit-il, de maintenir à l’encontre de pistache, le mot arachide, que je tiens d’un fruitier français.Je crois que l’étude de divers dictionnaires que j’ai consultés, en outre de l’encyclopédie (XIXe S.) vous met dans le tort, avec plusieurs autres, et tend à démontrer que le terme propre à désigner en français ce produit végétal de la zone torride, qu’est le pea-nut, n’est pas autre qu’arachide ou cacahuète.En preuve, l’Universal English Dictionary (in-folio à plusieurs tômes.New-York, 1899.) Vis-à-vis pea-nut, il juxtapose arachys hypogaea.Le Nouveau Larousse illustré, à l’article cacahuète (arachys hypogaea), donne le mot arachide.Il est vrai que le mot pea-nut répond, par circonlocution, au terme vulgaire pistache de terre.Il n’est pas moins démontré, par les deux auteurs cités, que pea-nut, correspondant à l'arachyç hypogaea, est l’identique d'arachide, répondant de même que pea-nut, au terme arachys hypogaea.Le terme usité pour désigner l'arachide, en Algérie et en Espagne, est cacahuète.Il me semble que ce terme est assez crâne pour casser la tête de cet intrus pea-nut, qui ne se gêne pas de venir ici déparer et troubler l’harmonie de la belle langue française.Les naturalistes pourront décider cette question ; elle est sans doute plus de leur ressort que du nôtre.Cependant, pour les besoins du langage courant, nous croyons encore que pistache, ou pistache de terre, a plus de chance que « cacahuète » de supplanter peanut.La pistache est le fruit de l’arachide ; et n’est-ce pas le fruit, plutôt que la plante, qu’on appelle peanut ?Du reste, les dictionnaires les plus récents et les meilleurs ne nous contredisent pas tant que notre correspondant paraît le croire.Au mot peanut, Y International French-English and English-French Dictionary de Paul Passy et George Hempl dit : « Pistache de terre, arachide ; » et le French and English Word Book d’Edgren et Burnet traduit 11 Clairer dix pour cent.Clairer des marchandises à la douane.Clairer un navire.Se clairer d’une obligation, d’une besogne.Se clairer d’un accident, d’un malheur, d’une poursuite.Se clairer d’une maladie.Il s’en est clairê à bon marché.Se clairer un chemin.Le temps se claire.Congé, décharge, acquittement, quittance, acquit de paiement, défrichement.Donner son congé à un domestique.L’accusé a eu sa décharge, son acquittement.Signer l’acquit de sa dette, lui donner quittance.Acquit de paiement d’un vaisseau, de marchandises.Il y avait un défrichement.Débarrasser la chambre.Faire place nette, s'en aller.Déblayer la voie, ouvrir la route, faire ranger la foule.Gare ! Desservir la table, desservir.Disperser la foule.Vider 1 a maison.Défricher un terrain.Enlever la neige.Faire plat net.Elargir un prisonnier, le faire sortir de prison.Faire un profit de dix pour cent.Acquitter les droits sur.Donner, obtenir un acquit de paiement, un congé de navigation.Se libérer d’une obligation, se décharger d'une besogne.Echapper à un accident, à un malheur, à une poursuite.Echapper à une maladie, (aussi) guérir, échapper d’une maladie.Il s’en est tiré à bon marché.Se frayer un chemin, un passage.Le temps s’éclaircit.Le Comité du Bulletin.160 Atlas linguistique de la France, publié par MM.Gilliéron et Edmont,—M H.Champion, libraire, 9, Quai Voltaire, à Paris.—Le fascicule, 25 francs.* * * Polybiblion.Revue bibliographique universelle, publiée sous les ausipces de la Société bibliographique.Paris, rue Sant-Simon, 5.Partie litt., 16 fr.; Partie echn., 11 fr ; les deux parties réunies, 22 fr.* * * Le Courrier de la Presse.Bureau de coupures de journaux.Dir., M.Gallois, Paris, boulevard Montmartre, 21.Fournit à ses clients les articles de journaux et de revues, les concernant personnellement, ou sur un sujet quelconque auquel ils s intéressent.Par coupure de journal ou de revue, 0 fr.30 ; tarif réduit pour 100 coupures.—Catalogue de 13,000 journaux et revues: 3 fr.50. BULLETIN ¦ DU PARLER FRANÇAIS AU CANADA » Le Bulletin, organe de la Société du Parler français au Canada, est dirigé par un comité nommé par le Bureau de direction.Il paraît une fois par mois, sauf en juillet et août.Les abonnements partent de septembre.Conditions d’abonnement : Canada et Etats-Unis, $1.00; Union postale, 8 francs ; réduction de moitié aux élèves des collèges et des couvents du Canada.On peut devenir membre de la Société et recevoir, à ce titre, le Bulletin, en envoyant au Secrétaire une demande d’inscription et le montant de la cotisation annuelle ($10.00 pour les membres bienfaiteurs ; $2.00 pour les membres titulaires ; $1.00 [Etranger .8 francs] pour les membres adhérents).Les cotisations sont dues au 1er septembre ; mais on peut s’inscrire en tout temps durant l’année, en payant les arrérages.Les membres adhérents et les abonnés, qui s’inscrivent après le 1er février, doivent, pour recevoir les numéros du Bulletin parus depuis septembre, verser un supplément de 50 sous.Les neuf premiers volumes du Bulletin sont en vente.Prix, chaque volume : $2.50 ; le premier et le troisième volume ne se vendent que dans la série complète des .neuf années du Bulletin, dont le prix est de $25.00.Pour tout ce qui concerne la Société et le Bulletin, s’adresser A MONSIEUR le SECRÉTAIRE de la Société du Parler français au Ca/nada Université Laval (Casier, N° 236) Québec Imprimerie et Reliure, L'Action Sociale (limitée), Québec.
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