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Titre :
Bulletin du parler français au Canada
Organe de la Société du parler français au Canada qui y publie des études de linguistique et des réflexions sur les conditions de l'évolution de la langue française au Québec et au Canada.
Éditeur :
  • Québec :Société du parler français au Canada,1902-1914
Contenu spécifique :
novembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeur :
  • Parler français
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Bulletin du parler français au Canada, 1910-11, Collections de BAnQ.

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Vol.IX HH NOVEMBRE 1910 BULLETIN DU Couronné par l’Académie française S O.M MAIRE Pages 89—Les érables (poésie).91—Langue et nationalité.97— La loi Lavergne.98— A quoi bon le latin ?(suite).105—Questions et Réponses.111—Le Comité d’étude de Montréal de la Société du Parler français au Canada.114—Lexique canadien-français (suite).123—Les Livres .:.125—Revues et Journaux.127— Sarclures.128— Anglicismes.J.Hoëllard, pire J.-E.Prince Adolphe Gahneau, ptre A.R.J.Gauvreau Le Comité du Bulletin Adjutor Rivard A.R.Le Sahcleur Le Comité du Bulletin RÉDACTION ET ADMINISTRATION LA SOCIÉTÉ DU PARLER FRANÇAIS AU CANADA UNIVERSITÉ LAVAL QUÉBEC Éditeur-dépositaire, à Paris : H.CHAMPION, libraire-éditeur, 5, Quai Malaquais. AVIS Les membres de la Société du Parler français au Canada sont priés de se rappeler que les séances de l’Assemblée générale ont lieu le quatrième lundi de chaque mois, et que tous sont invités à y assister.Cfeux qui désirent recevoir, pour chaque séance, une lettre de convocation voudront bien en avertir le secrétaire.Les membres de la Société et les abonnés du Bulletin du Parler français au Canada trouveront, sur la bande du Bulletin, la date de la prochaine échéance de leur cotisation ou de leur abonnement.Cette indication sert de quittance à ceux qui sont en règle avec l’administration et rappelle aux autres qu’ils doivent acquitter des arrérages.Cotisations et abonnements sont payables d’avance, le 1er de septembre, pour les 12 mois suivants.La liste des adresses est révisée le 10 de chaque mois.Comité du Bulletin.Le mois littéraire et pittoresque.Mensuel.Paris, rue Bayard, 5.Abonnement : 14 fr.Sommaire du N° de Novembre ; Le fils, par Philippe Henriot ; Le pape Pie VII à Savone, par Gilbert Stenger ; L Hôtel-Dieu de Beaune, par L.Roy ; Le pied, par Emile Faguet, de l'Académie française ; Poésie.Les cloches de novembre, par André Balsierre ; Après le départ de l’enfant, par Gustave Zidler ; Roman.Beau-Casque (suite), par Ernest Daudet ; Les cimetières des marins, par Alphonse de Chateaubriand ; Clunij, par A.Pierrey ; Le palais des mirages, par A.des Chaumes ; Chronique.Les rois de l'air, par Le Sénéchal ; Lanternes éteintes, par Gabriel Aubray ; Professeurs et écoliers, par Henriot; Pages oubliées.Variétés scientifiques.L’Esprit ei» France et à l’Etranger. Vol.IX, N° 3—Novembre, 1910.LES ÉRABLES I Sous les feux empourprés du couchant, à l’automne, Les grands érables roux sont beaux dans les grands bois.Les grands érables roux sont beaux comme des rois Qui devant Dieu, leur Maître, inclinent leur couronne.Sous la grise clarté qui tombe des deux froids, L hiver, lorsque la neige en dansant tourbillonne, Comme des rois déchus que l’épreuve aiguillonne Les grands érables blancs, tristes, restent bien droits_ J aime en toutes saisons, Canadiens, vos érables Si verdoyants, l’été,—l'hiver, si vénérables.Mais je les aime mieux à l’heure où tout s’endort.Lorsque l été s enfuit et que s’en vient novembre, Quel plaisir d’admirer tout là-bas, de sa chambre.Sur le fond bleu du soir, leur chevelure d’or ! 89 90 Bulletin du Parler français au Canada II Pourquoi donc ces géants dressent-ils vers la nue Une tète aussi fière et des bras aussi forts ?Pourquoi des vents rageurs brisent-ils les efforts, Lorsqu’en hurlant leur meute folle est revenue ?.Sous leur écorce grasse, à peine contenue, Dès le printemps, leur sève, au bruit de vos transports, Ruisselante emplira vos tasses éi pleins bords.Mais d'où, Canadiens, sera-t-elle venue ?.Par les nuits de combat, pourquoi sont-ils si durs ?.Dans la sérénité limpide des jours purs, Pourquoi si généreux, si tendres, si prospères ?.Ces grands érables roux, ces beaux érables blancs Puisent leur suc au sol qui but en même temps L’eau des neiges du ciel et le sang de vos pères ! J.Hoëllard, ptre Eudiste. LANGUE ET NATIONALITÉ Il semble à plus d'un esprit que l’unité de langue pour un pays est le gage absolu de son unité morale.De graves écrivains même l’ont dit : un seul pays, un seul gouvernement, une seule langue.— L’axiome était trop beau pour ne pas Hatter le pouvoir, et l’on sait de reste comme souvent il s’en est inspiré.Rien pourtant n’est moins fondé en fait ou en principe que cette maxime en apparence si sage.Foui- disposer seulement du fait, il suffirait d’ouvrir l’histoire.Aucun pays de quelque importance et ayant joué un rôle dans la civilisation n’a jamais encore réalisé ce desiratum—un seul pays, un seul gouvernement, une seule langue.Du principe que laut-il penser?Un Etat ne peut-il vraiment jouir de l’unité morale qui assure le bonheur et la prospérité, sans l’unité de langue ?Sans doute, et la raison en est simple.L’union, la solidarité entre citoyens d’un même pays dépendent d’intérêts particuliers au-dessus desquels plane la sphère de l’État.L’Etat s’occupe des intérêts généraux de la nation.Il protège les droits, vient au secours des intérêts, mais sans entrer en conflit avec les libertés.Il est même tenu, en vertu de ses fonctions, d’assurer le libre jeu ries langues, qui découle du droit naturel.Mais supposé cette unité infiniment désirable, la question qui se présente est de savoir par quels moyens il convient d’y tendre, s’il est permis d’intervenir dans les faits d’évolution du langage et, au besoin, d’user de la contrainte.Car, c’est jusque là que vont les prétentions.La question est de savoir s’il est permis de refuser à un individu ou à un groupe, à une nationalité, l’usage de sa langue.L’on veut que, chez nous, non seulement, le pays soit anglais, ce dont pourtant il est difficile de douter, mais que tout le monde y parle une seule langue, à savoir l’anglais.L’on sait combien merveilleusement bonnes sont les intentions puisqu’on 91 92 Bulletin du Parler français au Canada invoque jusqu’à la théologie elle-même pour justilier une telle entreprise.(1) Mais ce qui rend le problème complexe, ce n’est pas pour le moment la pluralité de langues ou d’idiomes.Les habitants arrivés d'hier dans les vastes plaines de l’Ouest sont aujourd’hui trop peu nombreux et trop peu influents pour faire brèche à ce que j’appellerai les deux grandes langues officielles, le français et l’anglais.Cependant, le temps ne saurait être long avant que ces vingt-cinq à trente groupes qui habitent déjà l’Ouest ne se soient accrus dans une proportion notable.Admettant que le flot continue ainsi qu’il est parti— 160,000 immigrants dans les six mois expirant au 30 juin (Voir Gazette du Travail, N° de septembre, p.373), qu’adviendra-t-il un jour de tous ces éléments ?Laissant de côté l’exemple des États-Unis, dont la situation passée ou présente n’est pas la même que la nôtre, où, d’ailleurs, depuis quelque trente ans, elle a amené des résultats qui font réfléchir, de deux choses l’une : ou le cadre qui renferme chaque groupe ethnique aura reçu des renforts tels qu’il se sera élevé au rang de nationalité, ou de toutes ces races répandues sur la surface du territoire surgira un peuple n’ayant plus qu’un même sentiment, un même esprit, des aspirations communes s’exprimant dans une même langue.Combien laborieuse une telle évolution pourra être, on le devine.L’histoire nous montre les étapes tourmentées par lesquelles les peuples ont passé pour arriver à fixer leur caractère ethnique.La plupart de ceux qui en dehors de quelques penseurs devisent chez nous de ces problèmes, commettent une erreur incompréhensible.Ils confondent l’effet et la cause.La langue est l’expression d’une société, le produit de sa civilisation.Elle n’en est pas la cause, quoique par réaction sur la culture au moyen des sciences et des lettres elle concourt au progrès général.Elle n’est pas autre chose qu’une conséquence, un effet.La langue est un moyen de communiquer avec nos semblables.C’est donc un produit, un effet beaucoup plus qu’une cause.Il semble qu’une pareille vérité n’a pas besoin d’être démontrée.Redisons-le donc, c’est chez tous les peuples la civilisation, l’instinct de société, le (1) Instructions de Mgr Fallon à son clergé, en 1910. Langue et Nationalité 93 besoin de relations entre les hommes qui créent la langue et non la langue qui crée ces choses.« L’individu en tant qu’individu, dit un auteur, n’a pas de langue; la langue est le produit et l’instrument d’une société, il en représente les fortunes diverses, il obéit à ses lois, il participe à ses progrès.» (1> La langue, de plus, est faite par le peuple, non par les faiseurs d’abstractions, encore moins si possible, par les politiciens.On ne fait pas de langue a priori, pas plus qu’on ne fait une constitution politique.« Le langage, dit Albert Dauzat, n’est pas un formulaire algébrique de savants : il est essentiellement imagé, expressif, fait par le peuple et pour le peuple.» Et il ajoute : « On n’a pas à le regretter.»
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