Bulletin du parler français au Canada, 1 octobre 1908, octobre
P-JOG OCTOBRE 1908 N° 2 BULLETIN DU S OMMAIR E Pages 41—Société du Parler français au Canada.—Rapport du secré- taire général et élections.49—A travers faits et livres.—Causerie philologique (suite).L’abbé K Chartier.GO—Chansons populaires du pays normand.J.E.Prince.G4— Lexique canadien-français (suite).Le Comité du Bulletin.G7—Les livres.Adjutor Rivard.71—Revues et Journaux.“ 79— Sarclures.Le Sarcleur.80— Anglicismes.Le Comité du Bulletin.'t RÉDACTION ET ADMINISTRATION LA SOCIÉTÉ DU PARLER FRANÇAIS AU CANADA UNIVERSITÉ LAVAL QUÉBEC Éditeur-dépositaire, à Paris: H.CHAMPION, libraire-éditeur, 9, Quai Voltaire. ALPHABET PHONETIQUE (Signes conventionnels pour la figuration de la prononciation) d apres MM.Gilliéron et l’abbé Rousselot Lettres françaises.Les lettres a, e, i, o, u, b, d, n, f, /, k, /, m, n, p, r, t, v, z, ont la môme valeur qu’en français.3— [/ dur (f/ateau) ; s = s dure (sa); œ = eu français (heureux); w = ou semi-voyelle (oui); y = i semi-voyelle (pied); iv — u semi-voyelle (huile); è~e féminin (je); h marque l’aspiration.Lettres nouvelles.11 = 011 français (coucou); e = c/i français (chez).Signes diacritiques.Un demi-cercle au-dessous d’une consonne indique que cetle consonne est mouillée: / (son voisin de l y, l mouillée italienne), k (son voisin de k-\-y), y (son voisin de g + y), n (gn français de agneau).—Un point au-dessous d’une consonne indique que cette consonne est prononcée la langue entre les dents : t, d (sons voisins de t-\-s, d-\-z; c’est le t et le d sifflants canadiens de: ti, du).Les voyelles sans signes de quantité ou de qualité sont indéterminées (tantôt ouvertes, tantôt fermées), ou moyennes : u (a de patte), e (e de péril), o (o de hotte), œ (eu de jeune).—Les voyelles marquées d’un accent aigu sont fermées : ci (a de pdte), é (e de chanté), 6 (o de pot), oe (eu de eux).—Les voyelles marquées d’un accent grave sont ouvertes: à (a de il part), è (e de père), à (o de encore), ce (eu de peur).—Les voyelles surmontées d’un tilde sont nasales : à (an de sans), ë (in de vin), ô (on de pont), œ (un de lundi.— Suivies d’un point supérieur, les voyelles sont brèves; a-, r, etc.; de deux points, elles sont longues: a:, etc; d’un accent, elles sont toniques: a , 1", etc.Deux lettres qui se suivent, et dont la seconde est entre crochets, représentent un son intermédiaire entre les deux sons marqués.Ainsi, ô [o] = o demi-nasal.Les petits caractères représentent des sons incomplets.Il n’y a pas de lettres muettes dans la prononciation figurée; chaque son n’est représenté que par une lettre, et chaque lettre ne représente qu’un son. Vol.VIII, N° 2—Octobre 1908.SOCIÉTÉ DU PARLER FRANÇAIS AU CANADA Rapport du secrétaire général de la Société du Parler français au Canada pour l’année 1907-1908.Présenté le 28 septembre 1908 Sans doute, il est un peu tôt pour déjà parler de l’âge de notre société.Cependant il faut bien dire que nous présentons aujourd’hui notre sixième rapport annuel, et faire donc entendre que la Société du Parler français au Canada compte six ans d’existence.Ce n’est pas encore la vieillesse, et notre Société ne prétend pas au respect qu’inspirent les institutions séculaires ; mais pour une association de ce genre, et dans notre pays, n’est-ce pas déjà l’âge mûr ?Dans tous les cas, c’est, comme disent nos gens, une belle âge, et qui mérite quelque considération.Vous savez comment notre société a vécu, prospéré et grandi ; vous savez par quels efforts elle s’est maintenue, par quels dévouements et par quels sacrifices ; vous savez ses travaux, et vous n’ignorez rien de ses projets et de ses espérances.Nous n’avons donc rien à vous apprendre, et ce rapport ne peut avoir d’autre objet que de noter, pour mémoire, ce qui offre le plus d’intérêt dans la vie de la Société pendant l’année 1907-1908.I.—LES MEMBRES Nous comptons à peu près le même nombre de membres qu’au mois de septembre 1907 : 675.Pas de perte, mais pas de gain considérable.Quelques adhésions de plus seulement.41 42 Bulletin du Parler français au Canada Cela, sans doute, est déjà encourageant.Quand on considère que le recrutement de ces 675 membres s’est lait presque sans propagande, on se prend à croire plus fermement que l’œuvre est bonne ; et la rareté des démissions fait aussi penser que notre société ne répond pas trop mal à ce qu’on attend d’elle.Mais cela même ne montre-t-il pas qu’il devrait être facile, en faisant autour de soi un peu de propagande, de grossir nos rangs ?Sans se donner de mal, chacun de nous pourrait assurément gagner à la Société au moins un nouvel adhérent.Nous devons compter, pour le recrutement des membres, uniquement sur le zèle de nos confrères.Il leur appartient de faire progresser la société, d’assurer une meilleure et plus prompte exécution de ses travaux, d’élargir le cercle de son action et de son influence ; et c’est pourquoi nous leur demandons d’ajouter à leur active collaboration, qui déjà est la vie de notre œuvre, un sérieux travail de propagande qui augmentera le nombre de nos adhérents et le chiffre de nos ressources.Nous espérons que cet appel sera entendu de tous, titulaires et adhérents, et que chacun nous enverra bientôt au moins une adhésion nouvelle, avec la cotisation fixée, laquelle est, comme on le sait, payable d’avance.M8r Laflamme, membre titulaire et directeur de la Société du Parler français, a été élu cette année recteur de l’Université Laval.Qu’il veuille bien recevoir, avec nos félicitations, l’expression de notre gratitude pour la part qu’il a prise à nos travaux depuis le jour où il s’est inscrit sur la liste des fondateurs de la Société.Par le fait de son élection, il est devenu notre président d’honneur.Il reste donc membre du bureau ; et nous espérons que les occupations de sa charge n’empêcheront pas le nouveau recteur de prêter à notre Société son précieux concours.Mgr Mathieu, que Mgr Laflamme remplace, a été pendant six ans notre président d’honneur.Nous savons tous quels services il nous a rendus ; lui seul, dans la Société, paraît ignorer ce que nous lui devons.Il reste des nôtres, et nous sommes certains qu’il continuera à s’intéresser à notre œuvre.Mgr Paul-Eugène Roy est depuis plusieurs années membre titulaire de la Société du Parler français au Canada.Tous nos confrères se sont réjouis de son élection à l’épiscopat.Nous saisissons cette occasion de présenter nos hommages à l’évêque Rapport du Secrétaire Général 43 d’Eleuthéropolis, et nous le prions d’agréer l’assurance de notre dévouement et de nos sentiments respectueux.Notons encore que le président général de la Société Royale est, cette année, un de nos confrères, M.J.-E.Roy.II.-LE BUREAU DE DIRECTION Au mois de septembre, vous avez élu directeurs MM.Paul de Cazes et le secrétaire actuel.Après l’élection des officiers, voici comment se trouva composé le Bureau qui a dirigé la Société en 1907-1908 : Président d’honneur : Mgl' O.-E.Mathieu.Président : M.l'abbé Camille Roy.Vice-Président : M.J.-E.Prince.Archiviste : M.l’abbé S.-A.Lortie.Secrétaire : M.Adjutor Rivard.Directeurs : Mgr J.-C.K.-Laflamme, Mgr C.-O.Gagnon, l’hon.M.P.Boucher de la Bruère, M.Paul de Cazes, M.l’abbé Amédée Gosselin, M.Eugène Rouillard et M.Orner Héroux.Mgr J.-C.K.-Laflamme el M.Eugène Rouillard sortent de charge cette année, et l’élection du mois de septembre courant a pour objet de leur nommer des remplaçants.Les candidats, choisis par le Bureau, en vertu des règlements, sont : les deux directeurs sortant, M.l’abbé François Pelletier, et M.J.-N.Gastonguay.C’est après l’impression et l’envoi des bulletins de vote, que Mgr Laflamme a été nommé recteur de l’Université et est devenu notre président d’honneur.D’après une décision du Bureau, les votes donnés en faveur de Mgr Laflamme devront être écartés, et les deux autres candidats qui réuniront le plus de voix seront déclarés élus.Les membres éligibles du Bureau sortiront dans l’ordre suivant : En 1909 : Mgr C.-O.Gagnon et I’hon.M.B.de la Bruère.En 1910 : M.1 abbé C.Roy et M.1 abbé A.Gosselin.En 1911 : M.J.-E.Prince et M.Orner Héroux.En 1912 : M.Paul de Cazes et M.Adj.Rivard.En 1913 : (Les deux directeurs élus cette année.) 44 Bulletin du Parler français au canada III.—LE COMITE D’ETUDE ET L’ASSEMBLEE GENERALE Le Comité d’étude a soumis à l’Assemblée générale cinq rapports, contenant au delà de 700 articles lexicographiques.Ces rapports ont été examinés, modifiés quand il le fallait, et adoptés.Deux autres rapports sont prêts à être soumis à l’examen de l’Assemblée.Nous sommes maintenant rendus aux mots populaires cana-diens-français commençant par la lettre G.Les rapports adoptés depuis la fondation de la Société fourniraient déjà la matière de deux volumes ; quand nous disposerons des moyens nécessaires, nous pourrons donc commencer la publication de notre Glossaire.En attendant, il importe de poursuivre activement nos travaux, et de les exécuter avec plus de soin encore.Il a fallu revoir et compléter les premières lettres du Lexique, ce qui a retardé la rédaction définitive d’un grand nombre d'articles ; ce travail de révision pourrait être réduit à quelques corrections et additions faciles, si un plus grand nombre d’observations étaient présentées d’abord au Comité et à l’Assemblée.Pour arriver à ce résultat, il faudrait que les réunions du Comité d’étude et de l’Assemblée générale fussent plus nombreuses.Une vingtaine de membres y assistent fidèlement, et leur zèle infatigable assure la continuation de nos travaux ; mais nous souhaitons qu'un plus grand nombre s’intéressent aux travaux du Comité, et surtout de 1 Assemblée.Nous vous rappelons que le Comité d’étude siège tous les lundis soirs, à 7.30 heures, sans convocation, et que l'Assemblée se réunit, à 8 heures du soir, le quatrième lundi de chaque mois.Tous les membres, titulaires et adhérents, sont instamment priés d’y assister aussi souvent qu’il leur sera possible.Nos confrères qui demeurent en dehors de la ville, peuvent nous prêter aussi un précieux concours en se rendant à nos salles de réunion, quand ils se trouvent à Québec le lundi soir.En assistant à ces séances, on ne s’engage à rien, mais on travaille efficacement à l’œuvre entreprise, et l’on passe, vous diront les habitués, une soirée utile et qui ne laisse pas d’être agréable.Il nous faut ici mentionner une autre réforme désirable.Il est utile que les rapports du Comité d’étude soient mis entre les mains des membres qui assistent aux Assemblées Rapport du Secrétaire Général 45 générales et sont chargés de les examiner.C’est ce qui a pu être fait jusqu’ici, grâce au dévouement de Mgr Laflamme.Quand un rapport était rédigé, le secrétaire en remettait le projet à notre président d’honneur, qui s’imposait la tâche ingrate de le transcrire et d’en faire une vingtaine d’exemplaires.La Société lui doit pour ce travail la plus vive reconnnaissance.Mais elle ne saurait permettre que le Recteur de l’Université Laval s’emploie à pareille besogne ; d’ailleurs, la nouvelle charge de Mgr Laflamme ne lui en laisserait pas le loisir.Il faut donc aviser à quelque autre moyen de mettre entre les mains des membres les rapports du Comité d’étude.Il serait même désirable qu’on puisse envoyer ces rapports aux membres plusieurs jours d’avance et les soumettre à l’examen préalable d’un plus grand nombre.Pour cela, il faudrait sans doute les faire imprimer, ce qui entraînerait des frais assez considérables.Plusieurs pensent néanmoins que nous devrions adopter ce procédé et que les résultats plus satisfaisants de la révision des rapports justifieraient la dépense d’impression.Le Rureau devra prendre là-dessus une décision.Le 21 janvier 1908, notre Société donnait à l’Université Laval sa quatrième séance publique annuelle, avec le concours de la .Société Symphonique de Québec.Des travaux furent lus par M.l’abbé Camille Roy, M.l’abbé S.-A.Lortie, M.Paul de Cazes, le Rév.P.Théophile Hudon, S.J., et M.J.-E.Roy.IV.-L’ENQUÊTE Nous n’avons pu, cette année, distribuer de Bulletin d’observations.Un questionnaire, contenant un supplément à la lettre C, est cependant en préparation ; il sera complété et envoyé prochainement à nos correspondants, et nous le ferons suivre aussitôt que possible d’un Bulletin sur les mots en D.Le Comité d’enquête, pendant l’année 1907-1908, s’est employé à dépouiller les réponses reçues, à classer les matériaux recueillis, à les enregistrer sur des fiches, et à les incorporer aux articles du Glossaire.Nous pouvons annoncer aujourd’hui que ce travail sera bientôt à jour.«Le Comité, disions-nous dans notre dernier rapport, est débordé par l’ouvrage ; il ne suffit plus à la besogne, malgré la meilleure volonté du monde.Il lui faudrait recevoir une aide de l’extérieur, et pouvoir rémunérer, si légèrement que ce soit, un travail additionnel devenu nécessaire.» 46 Bulletin du Parler français au Canada Dans l’espérance que le gouvernement de la Province, reconnaissant l’utilité de notre œuvre, nous ferait une part des deniers qu’il distribue chaque année pour l’encouragement des lettres et des sciences, le Bureau autorisa le trésorier à dépenser une certaine somme pour faire fonctionner le service d’enquête.C’est ce qui a été fait.Nous avons confié à des élèves de l’Université le dépouillement, la compilation, le classement et l’enregistrement des matériaux accumulés depuis deux ans.Ils s’y sont employés, sous la direction de notre archiviste, avec zèle et intelligence, et nous n’avons qu’à nous féliciter des résultats obtenus.Le rapport du trésorier vous apprendra aussi que les espérances du Bureau se sont réalisées, et que nous avons reçu du Gouvernement un octroi de $500.00.En reconnaissant la générosité à laquelle nous devons d’avoir pu continuer à mettre à profit le concours de nos correspondants, marquons aussi notre espérance que cet octroi ne sera pas le dernier.Pour poursuivre efficacement notre œuvre, il faudrait pouvoir disposer chaque année au moins d’une somme pareille, en outre de nos ressources ordinaires.Car il reste encore beaucoup d’ouvrage à faire, et le plan qui a été tracé comporte des œuvres auxquelles nous n’avons pu encore travailler.Nous allons donc poursuivre notre enquête et continuer les travaux qu’elle demande.Puis, il faudra songer à entreprendre autre chose, à donner à notre œuvre un développement plus considérable, conforme au plan d’abord tracé.Nos ressources nous le permettront, si, comme nous l’espérons bien, la générosité des «Mécènes officiels» veut bien se manifester encore, et si, de votre côté, messieurs, vous répondez à notre appel touchant l’enrôlement de nouveaux membres.V.-TRAVAUX PARTICULIERS Nous ne pouvons mentionner tous les travaux particuliers auxquels nos confrères se sont livrés pendant l’année.Le Bulletin du Parler français, les Mémoires de la Société Royale, le Rapport de la XVIe session du Congrès international des Américanistes, et les principales revues du Canada français, contiennent un grand nombre d’articles écrits par des membres de notre Société. Rapport du Secrétaire Général 47 Nous ne ferons que mentionner les livres, publiés en 1907-1908 par des membres de la Société, et qui nous ont été envoyés.M.l’abbé Camille Roy, notre président, a publié un volume d’Essais sur la littérature canadienne, le meilleur ouvrage de critique paru au Canada, un livre qui fera date dans 1 histoire de notre littérature.L’auteur des Nouvelles Études de littérature canadienne-française, M.Ab der Halden, est aussi membre de notre Société.Son ouvrage a été l’objet de quelque polémique, mais il n’en a pas moins de valeur.M.N.-E.Dionne à donné le troisième volume de son Inventaire chronologique, ouvrage considérable, qu’il doit terminer en 1909.Le R.P.Louis Lalande, S.J., a publié, sous le titre Entre amis, des lettres écrites à son ami Prévost, dont on ne saurait dire trop de bien.L’infatigable chercheur qu’est M.P.-G.Roy, a lait paraître trois ouvrages sur les familles canadiennes : La Famille Aubert de Gaspé, la b a mille Renaud d'Avène des Méloizes et la Famille Boisseau.A cause des Mémoires de Nicolas Roisseau qui s’y trouvent, le dernier volume est particulièrement intéressant pour nous.M.J.-E.Roy a trouvé le temps d’écrire, au milieu de ses études historiques, les Souvenirs d'une classe au Séminaire de Québec.Le premier volume est tel que tout le monde attend avec impatience le deuxième, qui devra paraître bientôt.L’Essai sur Charlevoix, tiré des Mémoires de la Société Royale, a paru en brochure séparée.Deux plaquettes publiées à la suite de la convention forestière canadienne tenue à Montréal les 11 et 12 mars 1908, renferment des études par Mgr Latlamme sur la Parcelle de forêt du cultivateur et sur la Colonisation et la Forêt.M.l'abbé Henri Cimon a publié, sous le titre Aux vieux Pays, ses impressions et souvenirs de voyages.Nous avons encore, de M.Eugène Rouillard, un volume de renseignements inédits et curieux sur la Côte Nord du St-Laurent ; de M.Georges Rellerive, une compilation des discours et conférences des Orateurs canadiens-français aux Etats-Unis ; de M.H.-A.Dubuque, un discours sur Champlain.Enfin l’auteur des Deux Frances, le poète français du Canada, M.Gustave Zidler, est l’un de nos membres correspondants. 48 Bulletin du Parler français au Canada VI.-LE BULLETIN Notre Bulletin du Parler français au Canada a paru régulièrement chaque mois.Il iorme un volume de 400 pages, d’un format qui correspond à l'in-S0 jésus.Il a été reçu par environ 1000 membres et abonnés.Nous comptons comme abonnés un grand nombre d’élèves des maisons d’éducation, à qui nous accordons une réduction de moitié sur le prix de l’abonnement.Le Bulletin coûte plus que 50 sous par année ; mais nous pensons faire oeuvre bonne en le donnant aux étudiants à ce prix de faveur et nous comptons sur les cotisations (à $2) des membres titulaires pour combler le déficit.25,000 feuilles détachées d’Anglicismes corrigés ont été distribuées dans les collèges et les couvents du Canada.La collection du Bulletin comprend maintenant six volumes.Prix de chaque volume, $2.50; mais le troisième volume ne se vend que dans la série complète des six années, dont le prix est de $15.00.Le Secrétaire général, Adjutor Rivard.Approuvé par le Bureau de direction, Québec 28 septembre 1908.Le Président, Camille Roy, Pl,e ELECTIONS Le rapport du Secrétaire général et le rapport du Trésorier ont été approuvés par l’Assemblée.Le Bureau de direction a ensuite procédé au dépouillement du scrutin.M.Eugène Rouillard et M.l’abbé François Pelletier ont été élus directeurs.L’élection des officiers pour l’année 1908-1909 a donné le résultat suivant : Président : M! J.-E.Prince.Vice-Président : Mgr C.-O.Gagnon.Secrétaire : M.Adjutor Rivard.Le Comité reprendra ses travaux interrompus par les vacances.Le Comité d’étude siégera tous les lundis, à 7.30 du soir, et l’Assemblée générale, le quatrième lundi de chaque mois, à 8 heures.Les membres sont invités à assister à ces réunions. A TRAVERS FAITS ET LIVRES CAUSERIE PHILOLOGIQUE (Suite! Par ces dernières observations nous avons presque abordé les pièges syntaxiques où nous choppons à qui mieux mieux.Ce serait demi-mal que le pronom fût «l’écueil des écoliers» (J.de Maistre) seulement.Le fait est que nous semblons tous rivaliser de zèle avec eux pour buter sur l’obstacle.A l’un, c’est le pronom personnel qui cause des ennuis.Il dit : « II veut leur faire croire à l’éternité » pour : « les faire croire ».La difficulté se complique, lorsque ce même pronom ouvre deux membres de phrases coordonnés ou subordonnés.On substitue alors, dans l’un des membres, l’indéfini on et l’on obtient des atrocités comme celles-ci : « On se bat pour ce qui nous manque, sachons où l’on va, on se demande ce que sera notre destinée, allons se chaufïer, on résolut de fonder notre académie, » etc.Le pronom conjonctif devient lui aussi une pierre d'achoppement.Ainsi, le qui de la coordination remplace à tort le que de la subordination: «Ce pur diamant qui est (=qu’est) la mémoire de Mgr Bourget » ou inversement le que supplante qui: «Je commis qu il vous manque «(fait défaut).Ce même que se substitue quelquefois à dont : « Appartements qu’on a restauré toutes les tapisseries», quand ce n’est pas le contraire qui se produit : « Les chambres dont nous venons de traverser».,2> Cette confusion entre les pronoms occasionne parfois sur nos lèvres ou sous notre plume les méprises les plus étranges.Un (1) La Vérité, Québec, 1er février 1908, p.230, col.4.—Cf.Paul Bourget (Nouveaux essais de psychologie contemporaine, p.92) : « Cette végétation gui est la littérature».(2) J'ai recueilli ces deux dernières phrases sur les lèvres du gardien qui me promenait, le 24 avril 1907, à travers le palais de Fontainebleau.Mais combien de fois il m’a été donné de les entendre chez nous ! 50 Bulletin du Parler français au Canada tel écrit, en se livrant à une inversion fantastique: «Le garçon qu Lu gène était ouec».Un autre oublie le second sujet introduit par le conjonctif et il commet la phrase suivante: «L’espace qu’y occupe les notes bibliographiques».(i' Un troisième brouille tout: « Conventums dont les journaux nous ont donné le compte rendu de quelques-uns » ,->(=de quelques-uns desquels les journaux ont fourni le compte rendu), pendant qu’un dernier ânonne : N ous nous livrez à ceux que qui) trois siècles de guerres ont jeté dans le cœur une semence de haine», ou encore : «Votez pour celui que vous voulez (=pour lequel vous voulez) voter.» D’autres méprises se rattachent à la question des cas , mais surtout à celle des temps ou des modes.Nous ne savons pas, par exemple, quelle syntaxe autorise un grand journal de Paris à écrire: « Il est possible.qu'ils passeront l’hiver.»(i) 2 * 4 5 6 7 8, quelle syntaxe aussi permet à un des nôtres de prétendre qu’ «il en faudra encore gros avant que l’Eglise uoit beau jeu ».,5> Et l'on n’est guère mieux venu à dire: «Je ne doute pas qu’on doit cuire à Paris», «pourvu que vous lui en dites assez», «les parts il les a mise à vingt piastres».Puisque nous parlons de syntaxe, c’est le lieu de remarquer que, s’il existe une stylistique littéraire en français , comme en grec d’ailleurs
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