Bulletin du parler français au Canada, 1 mars 1906, mars
Vol.IV MARS 1906 N» 7 />£{ /S y BULLETIN DU Pages SOMMAIRE 241—Les formes dialectales dans la littérature canadienne.248—lie français des Anglais d’Amérique.253— Décentralisation littéraire.254— Bibliographie du Parler français au Canada.Adjutor Rivard.Antoine, .G.-A.Nantel./ James Geddes, jr.\ Adjutor Rivard.264—Façons de parler proverbiales, triviales, figurées, etc., des Canadiens au XVIlIe siècle.Le P.Potier, S.J.268—Lexique canadien-français (suite).Le Comité du Bulletin.272— Échos et Nouvelles.“ “ 273— Questions et réponses.“ “ 275—Livres et revues.A.R.279—Sarclures.Le Sarcleur.2S0—Anglicismes.Le Comité du Bulletin.RÉDACTION ET ADMINISTRATION * LA SOCIÉTÉ DU PARLER FRANÇAIS AU CANADA UNIVERSITE LAVAL QUÉBEC Editeur-dépositaire, à Paris: H.CHAMPION, libraire-éditeur, 9, Quai Voltaire. ALPHABET PHONÉTIQUE (Signes conventionnels pour la figuration de la prononciation) d'après MM.Gilliéron et iabbé Roisski.ot Lettres françaises.Les lettres a, e, i.o, u, b, d, n, f, j, k, l, ni, n, p, r, t, v, z, ont la même valeur qu’en français.g = g dur (gateau); s = s dure (sa); ce = eu français (heureux); w = ou semi-voyelle (oui); y = i semi-voyejle (pied); iv = u semi-voyelle (huile); ë = e féminin (je); h marque l’aspiration sonore.Lettres nouvelles, îi — ou français (coucou); c = c/i français (chez).Signes diacritiques.Un demi-cercle au-dessous d’une consonne indique que cette consonne est mouillée: l (son voisin de l + y, l mouillée italienne), k (son voisin de k + y), g (son voisin de g + y), g (gn français de agneau).— Un point au-dessous d’une consonne indique que cette consonne est prononcée la langue entre les dents: t, d (sons voisins de t + s, c/ + r; c’est le t et le d silflants canadiens de: ti, du).Les voyelles sans signes de quantité ou de qualité sont indéterminées (tantôt ouvertes, tantôt fermées), ou moyennes: a (a de patte), e (e de péril), o (o de hotte), œ (en de jeune).—Les voyelles marquées d'un accent aigu sont fermées: d (a de pdte), é (e de chanté), 6 (o de pot), eé (eu de eux).—Les voyelles marquées d’un accent grave sont ouvertes : à (a de il part), è (e de père), ô (o de encore), à’ (eu de peur).—Les voyelles surmontées d’un tilde sont nasales : n (an de sons), ê (in de vin), 6 (on de pont), œ (un de lundi).— Suivies d’un point supérieur, les voyelles sont brèves: a', i', etc.; de deux points, elles sont longues: a:, i:, etc.; d’un accent, elles sont toniques: a, i, etc.Deux lettres qui se suivent, et dont la seconde est entre crochets, représentent un son intermédiaire entre les deux sons marqués.Ainsi, ô[o] = o demi-nasal.Les petits caractères représentent des sons incomplets.Il n’y a pas de lettres muettes dans la prononciation figurée; chaque son n’est représenté que par une lettre, et chaque lettre ne représente qu’un son. Vol.IV, N° 7—Mars 1906 LES FORMES DIALECTALES DANS I.A LITTÉRATURE CANADIENNE (Société du Parler français, séance du 12 décembre 1905] L’an dernier, à pareille date, et ici même, un directeur de la Société du Parler français au Canada, des plus brillants parmi nos conférenciers, des plus habiles parmi nos écrivains, disait comment « il ne faut pas égarer sur des sujets étrangers, ou gâter par des procédés exotiques notre littérature canadienne», et que celle-ci, pour valoir quelque chose, doit être nationale.Dans cette substantielle étude, M.l’Abbé Camille Roy définit clairement ce qu’il faut entendre par notre «autonomie littéraire», et traça, dans ses grandes lignes, le programme de l’œuvre qu’à faute d’expression meilleure on appelle la nationalisation de notre littérature.Il s’appliqua surtout à démontrer—à quoi il réussit_____ que le premier soin de nos écrivains devait être de choisir des « sujets où l’esprit canadien pût s’affirmer avec plus de personnalité », de puiser leurs inspirations dans la nature, dans la vie, dans l’âme canadiennes.Mais au choix du sujet ne s’arrête pas le problème de la décentralisation littéraire, M.l'Abbé Roy le fil bien entendre.Il faut aussi considérer la forme, et spécialement le vocabulaire.Puisque nos efforts tendent à bâtir une littérature nationale, la forme de cette littérature, d’abord et essentiellement française, ne devrait-elle pas être en même temps et accidentellement canadienne ?tenant par racines au vieux sol gaulois, ne devrait-elle pas, par ses fruits, fleurer bon notre jeune terroir?C’est ce qu’il reste à dire, et cette étude n’a pas d’autre objet.241 242 Bulletin du Parler français On reconnaît chez tel ou tel poète de France des traces de provenance normande, picarde, bretonne.Pour décrire, par exemple, la Provence, «le pays de l'aveuglante lumière, la terre parlumée où chante la cigale», le poète provençal emploie des mots inconnus hier et dont s’enrichit aujourd’hui la langue classique, des mots «évocateurs de soleil, de lumière et d’exubérance».Quand un Lapaire regrette «la plaine, les près ombragés d ormeaux, les bois de chênes, les petits cours d’eau qui semblent dormir sous les saules, tout le charme accueillant du pays berriaud», il trouve dans le patois de sa patrie des expressions sans apparat, iami-lières, simples et douces, où transparaissent les humbles horizons de chez lui, «avec leurs clochetons branlants et leurs petites maisons toutes bleues sous le clair de lune ».Faut-il chanter les verts pâturages, les falaises escarpées, les landes brumeuses de la Normandie, et la personnalité très marquée de ses habitants ?Levavasseur, Glatigny, .lean Revel, Féret, Frémine, et d’autres, savent emprunter au savoureux dialecte normand des mots qui peignent au vif les mille aspects du terroir natal et font revivre « la vieille province avec ses légendes, ses coutumes, ses sentiments intimes et son tour d’esprit ».11 faudrait parler de même de tous les poètes régionaux : pour aimer mieux la grande patrie, ils chérissent la petite ; pour enrichir la langue, ils puisent à pleine plume dans les patois.Ft continuellement ils introduisent dans le français des éléments de leurs parlers maternels : mots rabelaisiens de la Saintonge, vieux mots pittoresques du Poitou, mots colorés de la Bourgogne, mots de la Bretagne et du Maine, de la Guyenne et du Rouergue, de la Flandre et de la Picardie, de la Bcauce et de l’Anjou, de la Gascogne et de l’Auvergne.Ces écrivains régionalistes, qui tirent des dialectes provinciaux les vocables dont les dictionnaires classiques ne fournissent pas les équivalents, ont vraiment le sens phonétique et le sens poétique de la langue.Au lieu d’entraver la vie des mots, ils se constituent les conservateurs de la tradition française, « les tuteurs de notr-228-231 ; janvier 1898, t.XIII, pp.14-18 ; lévrier, pp.44-49 ; avril, pp.105-112; mai, pp.• 136-142.lire a part, Baltimore, 1898, in-4, 24 pp.Voir la première étude au Nu 207.Comparaison du parler de Waterville, examiné par Sheldon (N" 176) avec celui de Chéticamp et de Carleton (N" 207).Le rapprochement de ces trois parlers permet à l’auteur de montrer en quoi ils différent et que celui de Waterville, vraisemblablement d’origine acadienne, est aujourd hui plutôt canadien ; celui de Carleton s’éloigne encore davantage de I acadien, et pour déterminer le caractère de celui-ci, l’auteur a dû puiser surtout daus ses listes de Chéticamp.En terminant, et après des considérations sur la phonétique et 1 histoire de la langue française au Canada, l’auteur dresse, à 1 aide des données de Sheldon et de ses observations personnelles, deux tableaux, montrant : 1" les traits particu- liers qu’on rencontre régulièrement dans le franco-canadien, 2° les caractéristiques de l’acadien, et 3° celles du canadien-trançais.Une conclusion générale est que le fond de l'un et de l’autre parler est le français de l’Ile-de-France; mais un grand nombre des produits phonétiques qu’on remarque au Canada et qui ne sont pas attestés dans le français moderne, se rencontraient autrefois aux environs de Paris où ils avaient été apportés île diverses provinces plus éloignées ; les Canadiens les ont-ils reçus directement des provinces ou de l’Ile-de-France?Dans l’état actuelle desrecherches.il n’est pas prudent de trancher cette question.Cf.Bull.P.F., I, pp.176-180 ; Geddes, Can.-Fr., p.58, N° 305, ou KJ’tfi p.I 348.211.—Edgar-E.Brandon.4 French Colong in Michigan.Dans les Modem Language Notes, Baltimore, Md, E.-U., avril 1898, t.XIII, pp.121-124.L’auteur constate, dans le parler des Canadiens français établis dans le Michigan, une tendance à simplifier les formes verbales, à réduire à un type unique les six personnes, fait du reste caractéristique des parlers populaires.Cf.Geddes, Can.-Fr., p.56, N° 304, ou KSU2, p.I 348.278.—Le Vice-Amiral de Cuverville.Le Canada et les intérêts français.Paris (Librairie Africaine et Coloniale, Joseph André et Cie), 1898, in-12, 79 pp.V.p.13.« Ils (les Canadiens français) ne reculent d'ailleurs devant aucun sacrifice pour conserver leur religion et leur langue, et le succès couronne partout leur persévérance, » fia suite prochainement) FAÇONS DE PARLER 9 PROVERBIALES, TRIVIALES, FIGURÉES, etc.des Canadiens au XVIIIe siècle par le P.Potier, S.J.ISuiteJ 1747 Ces planches ne sont bonnes qu’à pignonner, i.e.à faire un pignon.Epeniller du tabac, i.e.l'effiler, en étendre les feuilles.* P.Bon.Coite f.de sauvagesse, i.e.la queue de cheveux.* P.Bon.Je dégotai tout ce que j’avais contre lui, i.e.je déchargeai mon cœur.* P Bon.Fausset m., i.e.petite cheville avec laquelle on bouche un trou de vrille à un baril.Dressoir m., i.e.meuble à poser la vaisselle.Coudre la peau du lion avec celle du renard i.e.joindre la force aux ruses.Touché de la dépérition de ses équipages, i.e.dépérissement avancé.Donner q.c.à.q.chiquet par chi-quet, i.e.morceau par morceau.pièce par pièce.Donnez-moy une aiguillette de ce canard, i.e.tranche de l’estomac.Goïo a marié la faim avec la soif, i.e.la pauvreté avec la misère.(Baptiste et Louise), Ces badineries tournent ordinairement en jeu de chien, i.e.on se fâche à la fin.* P.Bon.11 faut donner un boult au castor & pour lui oter son mauvais gout, i.e.faire bouillir dans une eau, faire jeter un bouillon.* P.Bon.Les Abénakis n’ont pas (iamais) branlé dans le manche, i.e.ont toujours été fidèles aux Français.C’est la trompette du régiment, i.e.un indiscret qui dit tout ce qu’il sçait.La lre gobe sera mise aujourd’hui, i.e.couche de plâtre, mortier & gober.* P.Bon.La souris gruge le papier, i.e.ronge.Le baril peut s’ébarouir et le vin couler, i.e.les planches se retirer par la chaleur.* P.Bon.Les Anglois feront cette année un coup d'or, ils enlèveront toutes les pelleteries, i.e.un grand coup.* M.de Contrecœur.Claude Pierre Pécaudy de Contrecœur, commandant au fort Niagara en 1747 et à la Belle-Rivière en 1758, 264 Bulletin du Parler français 265 J’ai été retapé, i.e.trompé dans un marché.Avoir la faille basse, i.e.faim.les crocs.Baccara.il n’y a plus rien à espérer pour vous.Mon p.a galvaudé les tourtes, i.e.tiré dessus, effarouché.* L'Esp.Herminette f., i.e.espèce de tille à creuser des canaux de bois.1748 Il y a là 3 ou 4 bouillées d'herbes, i.e.grosses taies d'herbes.Dard m., i.e.morceau de fer à vis qu’on fourre dans un anneau de la chaine avec la clé pour enchainer un un canot.goupille f.P.Bon.La bride d’un chausson, i.e.le dessus du coup de pied.M.de Muisseeu.Parc m., i.e.endroit à faire parquer les animaux.Cachet-volant m., i.e.qi n’est point attaché.L’intérêt à 8 du cent est le taù (pron.to) du marchand, i.e.la taxe.M.La Pérade graisse ses bottes, fait ses préparatifs (Longueil).Chose faite à demeure, i.e.solidement.Chose faite en attendant.Je ne sais pas ce qui me remman-Cha, i.e.me dit.SaëskSoin prit son élan pour sauter, i.e.essor.Raguenelle f., i.e.anagramme d’un mot propre qu’on tourne au ridicule.Le P.N.en levant la gigue fit un pet en disant au P.Salton : voilà la raguenelle de votre nom.Sal ton, sonus putidus.Le coq, i.e.c’est sur un vaisseau le cuisinier des matelots, il se fit coq à bord d’un vaisseau.M.de Verchères a un gros bon sens qu’on couperait aisément avec le couteau.P.Dujaunai, P¦ Pierre Dujaunay, arrivé en 1734 on avant; on le Irouv à la rivière Saint-Joseph des Illinois en 1738, -42, -45, -52 ; mort à Québec le 16 juillet 1780.On a bien de la peine à refouler le courant, i.e.à aller contre.Séparation de vilain, i, e.se quitter sans boire.Cet habit ne sera pas de défaite, i.e.débit.M.de Longueil prend déjà ses arrangements pour tailler notre église après la récolte (La Nandière).Probablement le même que plus haut Chs Tarieu de la Nouguère.Citrouillée f., i.e.soupe de lait et de citrouille.Pétoncle, i.e.espèce de moule ronde.Flasquer le linge, i, e.le plier.La poule fait le cajou, i.e.le hou-hou.Avoir les yeux en sautoir, i.e.être louche.Etes-vous soupier, i.e.aimez-vous la soupe.Les François fouaillèrent sur les Anglais en Acadie &, i.e.frappèrent.Goailler, a.et n., i.e.se moquer, dire quolibet.M.de Longueil a fait ou dit les gros jurons que cela était faux, i.e.protesté.P.Bon.Chou de Normandie (ou) chou pan-caillé, i.e.frisé.P.Bon. 266 Façons de parler, proverbiales, triviales, etc.Courge f., i.e.citrouille en forme de calebasse.Potiron m., i.e.grossissime citrouille.Piment ni.ou poivre d’Espagne.Fève illinoise (ou) des têtes plattes, i.e.petites fèves presq.rondes avec une tache noire au germe.Une petite pluve ferait bien pour guereter notre champ, i.e.faire les guérets.Les habitants des Illinois sont jaunes comme des coings, i.e.du safran.Tirer au poignet, i.e.jeu de main ( Longueil ), Pissou m., i.e.petit oiseau gris-brun.Pivart m., i.e.oiseau pivelé de noir et de jaune.1749 Donner du fil à retorde à q., i.e.l’embarrasser.Toutes ces mimuités, i.e.minuties.Patine a trouvé la fève au gateau, i.e.a deviné le motif de &.Goupille f.(ou) dard à enchaîner le canot.M.de la Nigaudière, i.e.nigaud.P.Démuisseau.Les laboureurs feront aujourd’hui une bon attelée, i.e.dételée.L'équipement du P.Potier, i.e.ses provisions pour le rivage.* M.de Beauharnois.Gouverneur du Canada de 1726 à 1757.Piquenique m., i.e.repas où chacun fournit sa quote part.faire un piquenique.Viande savetée, i.e.sur laquelle il a plù.C’est un berlousia, i.e.un éventé.Il s’en alla au piloutre, i.e.bien loin.Degotter, i.e.dire bien des choses.Elle en a dégoté bien sur le compte de.Mandrin m., i.e.morceau de fer à redresser un fusil Chabé m., i.e.entendre le cliabé, le numéro, être au fait.Subrecot m., i.e.ce qui est au-dessus de l’écot.On se sert de mérin pour les futailles, i.e.espèce de bois.Tirer au court baton avec q., i.e.se comparer à lui, vouloir lui disputer &.Il eut les étrivières du côté de la boucle, i.e.fut bien battu.Sa maison était toute débiscarriée, i.e.délabrée.Tirer au coup de point, i.e.s’y battre.Il fut déquillé, i.e.débouté, chassé.C’est un grand tranchemontagne, i.e.vanteur.Le balan de la porte, i.e.le mouvement.Le P.C.m embaublina pour avoir mon cochon (Marsac inquit P.), i.e.m’cnjaula.Marsac : il ij avait une famille de ce nom au Détroit en 17U5 et après.(Tang.).Pierroter les entre deux des pièces, i.e.j’ fourrer des pierres.Roumellement du chat. Bulletin du Parler français 267 Les sauvages vont loger chez leurs accoursiers, i.e.créditeurs.Ameuter un chien contre q., i.e.l’animer, l’exciter, le pousser & le choubler, le houiller.Tout bien comme il faut, i.e.façon de parler de M.Sabrevois qu’il répète à tout propos.Il a manigancé, i.e.tramé (Lamothe).Bondi a été 9 ans cadet, n’étant point avancé, il quitta la cadeterie, i.e.son emploi de cadet.L'état de charge d’un canot, i.e.écrit de ce qui y est contenu.Notre cour est une vasière, i.e.pleine de boue, rapin.Piroguer la pierre, i.e.la conduire en pirogue.On titroit à Paris un sauvage de prince de Mississipica, i.e.traitoit, qualifioit.Le P.Bon.aime à pinçoter, i.e.pincer.1752 Vadrouiller le four, i.e.en oter les braises avec la vadrouille.Tout Canadien est pétri d’orgueil et de vanité.P.Lozon étoit le toutou du grab, i.e.(aimé).Le frère boudailloit, i.e.boudait.De la petoire ou petatoire, i.e.de l’eau-de-vie à l’anis.Un lettlilon, i.e.petite lettre (P.Dujaunai).Prendre marte pour renard, i.c.se tromper.Chevrillon, i.e.petit chevreuil.Expiscer les nouvelles, i.e.les demander.La niagara et sa grouée, i.e.son enfant.Emblai m., i.e.hart tortillé en rond.Gourgouser, i.e.gourder entre les dents.Garrocher q., i.e.lui jeter des pierres.Mouillasser, i.e.une petite pluie fine tomber.Negeoter, i.e.un peu de liège tomber.Refoulemens de glaçons, i.e.tas de glaçons.Varia P.Pagot n’aime qu’à ver-nailler, i.e.à tracasser, bredasser.(Mailloux).La cheville est trop à plein pour le chasser dehors, i.e.trop serrée.(Mailloux).Boulinier m., i.e.morteau de bois qui sert dans l’entourage d’un champ, d’une grange.Traine à sommier, i.e.à trainer des perches.Tortillon de tabac.Robe du tabac, i.e.feuille qui couvre le tortillon.Bille 1.de bois, i.e.morceau, fendre une bille.Biller le bois, i.e.le couper par bille.1758 Qui ne mange point moure (meurt).Toquer, i.e.toucher & Un glaçon disait M.de Cruzafie (Godefroi).qui en toque un autre, FIN LEXIQUP] CANADIEN-FRANÇAIS (Suite) Close (klo:z) s.f.|| Cloture (fin d’un congrès, d’une retraite).Clôture (à pleine) (a plèn klôtu.r).|| En grande quantité.Ex.: Il y a du foin à pleine clôture = en grande quantité.(Ne s’emploie qu’en parlant du foin, des grains sur pied, et de la neige.) Clôture (être sur la) (e:t su la klôtu.r).|| Etre hésitant, indécis entre deux partis, spécialement entre deux partis politiques.Ex.: 11 y a trois mois qu’il est sur la clôture = il y a trois mois qu’il hésite à prendre un parti.(Se dit plutôt en mauvaise part.) Clos à bois (klô a bwà).|| Chantier, enceinte où l’on empile le bois à brûler, le bois de charpente, etc.Clos (klô) s.m.|| Pacage, pâturage.Ex.: Les vaches sont au clos - les vaches sont au pacage.Fr.Clos: terrain cultivé clos de murs ou de haies, Darm.Fr.-can.Aussi employé dans le sens français.Clou (klv) s.m.jj Quantité de boisson alcoolique que l’on met dans une boisson non ou peu spiritueuse.Ex.: Mettre un clou dans un verre de bière, d’eau gazeuse = mettre un peu de boisson alcoolique dans.Clouéson (klivezô) s.f.| Cloison.Dial.Couézon — cloison, dans le Bas-Maine, Dottin.C’mandement (kmâdmâ) s.m.|| Commandement.Dial.Syncope commune aux parlers du Centre de la France, Jaubert; du Bas-Maine, Dottin; de la Savoie, Fenouillet.268 Bulletin du Parler français 269 C mander (kmâdé) v.tr.| Commander.Dial.« On dit poliment: Faites cela, sans vous c’mander », Jaubert.Voir c mandement.C'mencement (kmàsmâ) s.m.|i Commencement.Dial.V.C’mandement.C’mencer (kmâsé) v.tr.|| Commencer.C’ment (kmâ) adv.|| Comment.C’mode (kmod) adj.| Commode.C'modité (kmodité) s.f.Dial.C’mode, c’modité, syncope que l’on trouve dans le Centre de la France, Jaubert, dans le Bas-Maine, Dottin, dans la Savoie, Fenouillet, dans le parler du Bournois, Boussey.Gocasser (kokàsé) v.intr.| Dire des choses plaisantes, cocasses.Dial.Cocasser = m.s., dans le Bas-Maine, Dottin.Coche mal taillée (koc mal tâ.yé) s.f.|| Bourde, une bévue.Fr.Faire une cote mal taillée : un compromis, un règlement de compte approximatif, Darm.Cochonnerie (kocônri) s.f.1° || Grain de poussière, saleté.Ex.: J’ai une cochonnerie dans l’œil = j’ai un grain de poussière, une saleté dans l’œil.Dial.Cochonnerie, m.s.en Savoie, Fenouillet, en Picardie, Haigneré.2° || Une grande quantité.Ex.: Une cochonnerie de monde-une grande quantité de personnes.—Des fruits, il y en avait une cochonnerie = une quantité considérable.Coq-l’œil (kôklœy) s.m.et f.adj.|| Borgne.Coco (kokà) s.m.1° || Espèce de chapeau de feutre dur.2° || Homme stupide, sot.Ex.: Tu n’es qu’un coco, dira-t-on à quelqu’un qui nous a mal servi = tu n’es qu’un sot. 270 Lexique canadien-français Cocombre (kokôbr) s.m.1° || Concombre.Dial.Cocombre se dit dans le centre de la France, Jaubert.2° || Syn.de coco 2.Cocotier (kàkôtijé) s.m.|| Coquetier.Fr.Cocotier — g ran il arbre de la famille des palmiers;— coquetier^godet creux, à pied, fait pour tenir l’œuf pendant qu’on le mange, Darm.Dial.Cocotier se dit pour coquetier en Normandie, Moisy, Du Bois, Maze.Cœur de jour (à) (a kœ:r dé jn:r) loc.adv.|| Tout le jour, sans relâche.Ex.: Travailler à cœur de jour = travailler du malin au soir.Fr.Littré enregistre: à cœur de journée = sans relâche.« Murci avait un jeune valet qui se moquait de lui à cœur de journée.» (Saint-Simon, cité dans Littré.) Dial.Cette locution a le même sens en Normandie, Travers, Du Bois, Moisy, Delboulle, Maze.Cœur jeun (à) (a kde.r jœ) loc.adv.|| A jeun, sans avoir mangé de la journée.Fr.Celte locution est française, mais elle vieillit, Littré.Vx fr.« Le comte d’Osterban alla veoir Sainct Thomas, à cœur jeun, et y fit offrande belle et riche », Froissard, IV, p.92.Dial.Cette locution est d’usage journalier en Normandie, Moisy, Du Bois.Cœur malade (avoir le) (cwwer èl kde.r màlàd).|| Avoir mal au cœur.Fr.Avoir le cœur malade s’entend de toute maladie du cœur; avoir mal au cœur, c’est avoir l'estomac malade.Cœur (se dégraisser le) (s dégresé l kde.r).|| Manger d’un mets qui ravigote après en avoir mangé d’un trop gras.Dial.La même expression s’emploie dans le centre de la France, Jaubert.Cœureux (kœ.roe) adj.1° || Qui a du cœur, qui est affectueux.Ex.: C’est une personne cœureuse — aflectueuse. 271 Bulletin du Parler français Dial.Cœuru = m.s.en Normandie, Moisy, Robin, Travers, Maze.2° || Courageux, plein d’ardeur.Coëffe (kiuè:f) s.f.|j Coiffe.Yx fr.Coëffe, I)u Canoe.Coffrer (kofré) v.intr.1° || Gondoler, se déjeter, travailler (en parlant du bois).Fr.Gondoler = se bomber.2° || Etre bien coffré, étanche.Ex.: Ma chaloupe coffre, elle ne fait pas d’eau = ma chaloupe est bien coffrée, elle ne fait pas d’eau.Fr.Coffré, part.pass, du verbe coffrer, s’emploie adj.: (Mar.) navire bien coffré — bien fermé, Bksch.Cogner des clous, des piquets (kàijé dé khi, dé pikèl).|| Sommeiller en faisant avec la tête des mouvements de haut en bas et de bas en haut.(Se dit d'une personne assise qui dort).Col (kol) s.m.1° || Faux-col.2° [| Manteau.Colas-fillette (kolà fiyèt), colin-fillette (kôléfiyèt) s.m.1° || Petit garçon qui s’amuse aux jeux des petites filles.Dial.Colin-flanelle — petit garçon qui aime les jouets de petite fille, Maine, Montesson, Dottin.2° || Homme qui s’occupe de travaux de femmes.Dial.Colin-fumelle a aussi ce sens dans le Maine, Dottin, Montesson; Colin-femelle, colin-femmetle, m.s.en Normandie, Travers.Coller (kàlé) v.tr.|| Tromper, attraper.Ex.: Tu t’es fait coller tie la belle manière = tu t’es fait attraper.Dial.Coller ni.s.dans le Bas-Maine, Dottin.Le Comité du Bulletin ÉCHOS ET NOUVELLES Le mot « chic ».—A l’occasion de la mort du Cardinal Perraud, M.Faguet raconte dans le Gaulois l’anecdote suivante.A 1 Académie, le cardinal était assidu à la manière dont doit l’être un évêque qui réside.Il y venait les jours d’élection, très exactement, presque toujours, et se croyant obligé de s’excuser avec précision et avec détail quand ses fonctions épiscopales l’empêchaient absolument de se déplacer.Et, pendant les trois semaines environ qu’il passait chaque année à Paris pour le bien général de l’Eglise, il ne manquait pas une séance, s’intéressant au Dictionnaire, aux ouvrages adressés à l’Académie, aux prix à décerner et à tout le petit ménage de la Compagnie.Ce qui prouve que ce grand mélancolique savait sourire, chose peu connue, c’est précisément une petite anecdote académique, très secondaire, où « le cardinal » se révéla comme humoriste et que je ne puis, maintenant, me tenir de faire connaître.On discutait sur l’admission d'un mot sur lequel on ne s’attendait point du tout que « le cardinal » donnât ses lumières, sur le mot chic. Æ irfî t- ¦ %s fi \'À | r-.; 4.1 F ~ s y : .+ *" • & ''*-•£ * s?£r - - .it , fr- / 4 Les membres de la Société du Parler français au Canada sont priés de se rappeler que les séances de l’Assemblée générale ont lieu le quatrième jeudi de chaque mois, et que tous sont invités à y assister.Ceux qui désirent recevoir, pour chaque séance, une lettre de convocation voudront bien en avertir le secrétaire.Nous prions tous lés lecteurs qui seraient disposés à faire pour le compte de la Société une petite enquête locale et qui n’ont pas reçu notre Bulletin d’observations No 2, de nous l’écrire; nous leur enverrons immédiatement un exemplaire de ce Bulletin.Nos correspondants voudront bien nous faire parvenir leurs réponses aussitôt que possible ; car nous attendons la rentrée des observations sur les mots en B pour publier le questionnaire sur les mots en C Les Contemporains.(5, rue Bayard, Paris).Hebdomadaire; un an, 6 fi-, 4 février: François II, roi des Deux-Siciles ; 11 février: André Dupin; 1.S fevaier: Auguste Comte ; 25 février : Maréchal Kelterman.Le Mois littéraire et pittoresque.Mensuel.Paris, rue Bayard, 5.Abonnement : 14fr.Sommaire du N° de janvier: Le rayon du phare, nouvelle, par Bené GaetI ; La France il y a cent ans (1806), par Geoffroy de Grandmaison; Nouveaux monuments historiques: A:ay-le-Rideau et 1er; Le Parfait Explorateur, causerie, par Maurice Gandolphe; Guillaume au Court-Nez, poésie, par Georges Gourdon ; Au temps de l’Empereur, roman, par Ernest Daudet; Chez nos Frères séparés : religieuses et moines anglicans, par Alfred Bernard ; Les Martigues, par Raymond ; Les Bouquets d’amateur : L'art de les composer, par Albert Maumené ; Causerie littéraire : José-Maria de Heredia, par Louis Nozier : Pages oubliées, Portraits, Actualités scientifiques.Annexes et suppléments. BULLETIN du -\ PARLER FRANÇAIS AU CANADA Le Bulletin, organe de la Société du Parler français au Canada, est dirigé par un comité nommé par le Bureau de direction.Il paraît une fois par mois, sauf en juillet et août.Les abonnements partent de septembre.Conditions d’abonnement: Canada et Etats-Unis, $1.00; Union postale, 8 francs ; réduction de moitié aux élèves des collèges et des couvents du Canada.On peut devenir membre de la Société et recevoir, à ce titre, le Bulletin, en envoyant au Secrétaire une demande d’inscription et le montant de la cotisation annuelle ($2.00 pour les membres actifs ; $1.00 [Étranger : 8 francs] pour les membres adhérents).Les cotisations sont dues au 1er septembre; mais on peut s’inscrire en tout temps durant l’année, en payant les arrérages.Les membres adhérents et les abonnés, qui s’inscrivent après le 1er février, doivent, pour recevoir les numéros du Bulletin parus depuis septembre, verseï un supplément de 50 sous.Les trois premières années du Bulletin sont en vente.Prix, chaque volume : $3.00; pour les “nouveaux membres et les nouveaux abonnés : $2.00.Pour tout ce qui concerne la Société et le Bulletin, s’adresser A MONSIEUR le SECRÉTAIRE de la Société du Parler français au Canada Université Laval (Bureau de Poste, casier 221) Québec Québec.Édouard Marcotte, Imprimeur
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