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Titre :
La Vérité
Journal d'idées, celles de son fondateur et propriétaire, Jules-Paul Tardivel, La Vérité était fidèle aux enseignements de l'Église catholique, indépendante des partis politiques et vouée à la défense du Canada français.
Éditeur :
  • Québec,1881-1923
Contenu spécifique :
samedi 29 avril 1916
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
autre
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Références

La Vérité, 1916-04, Collections de BAnQ.

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' • r.rn i 1 No 40 36ème ANNEE abonnements NOTRE-DAME DE QUEBEC SAMEDI 29 AVRIL 1916 I AVIS RITE .JL A Tim Toute demande de ch a» oemsnt STB* l’ancienne adresse 18.00 (xinofi't (Un An) l/wfs (Un an).$2,81) J N UMtoiigmy 1 ,wl4 17 Avenue tie* Hv&l d'adresse DOI’ ACOOMPAOETÉE de # » ¥ A JL A prix spécial pour les etudiants, les instituteurs, ,et institutrice* et les mmh.» vré* fip P A.C J* ! vs+ti/uia (ÜN aM).tinJUt-Uni* ITn an).#125 iîlrnnuer ( Union postale.• v AN V'1 REVUE MEimOMADAlRE Fonder par -t.-F.Tardiwi, / Gti° 8alue tos drapeaux rusent la notion de ce qu est la veritable d&jr l'autorité religieuse, que nous ne «es sur lesquels seront bientôt inscrits civilisation et savent la mettre en pra- publions pas d'avance les programmes de les noms glorieux de nos victoires.” tique.chant et de musique qui doivent être exé- COLON Contre le luxe Après avoir banni l’alcool de la Russie le gouvernement vient de prendre une nouvelle mesure de haute et sage politique.Une loi sera présentée ayant pour effet d'interdire pendant une période de trois ans, à partir du 1er juin, l’importation, en Russie, des articles de 1 vile, sauf ceux qui représentent des matières premières nécessaires à l’industrie de la défense nationale.La Russie a la réputation d'un pays A demi civilisé.Evidemment c’est do la légende ou de l’histoire ancienne.La Russie par ses lois contre l’alcool Ca sent trop le théâtre fils Franc 29 Avril 1916 LA VERITE 307 i?.; peut être un merveilleux agent de lumière ce et appris, grâce à des experts venus d A mérique ou d’Europe, ou encore par queH ques officiers instruits dans Jes écoles militaires de Paris, de Berlin, de Washington ou de Londres.L’on parle tant de la civilisation avancée, du progrès merveilleux du Japon! Erreur de croire que le progrès, la civilisation s’annonce et se prouve par de longues cheminées, d’interminables réseaux, par l’éclair des baïonnettes, le tonnerre des canons ou le déplacement des cuira-ciers, car toute cette fumée, tout ce bruit, tout ce feu, tout ce sang ne donnent pas tine idée saine, une idée neuve, surtout, ne changent pas la vie, la conduite d’un homme, ne le convertit pas, ne le rapproche pas de Dieu.Aussi cette civilisation matérielle posée de force sur la nation japonai se, sur ce peuple habitué depuis toujours à courber l’échine sous la double épée de religieux, nos pauvres chapelles et nos quel-• ques écoles, nous sommes tentes de dire aI Apôtre Saint André: Hacc quid sunt inter tantos.C’est bien Lettre de Mgr Latulipe et de force.Aussi, ce que nous demandons, c’est qu’on en remplisse les lampes, les réservoirs des automobiles, les foyers des chaudières et qu’on ne le verse plus dans les estomacs.vcc peu pour cet immense pays où les etrangers affluent et où toutes sortes de besoins surgissent à la fois.Dcus provi-\ debit.Dieu nous aidera.Il multipliera les ressources, il enflammera le zèle et, en avons la confiance, pas sans avoir accompli notre tâche, mis à la couronne de l’Eglise un nouveau joyau, offert au Vicaire de Jésus-Christ veau diocèse.” Le progrès des nôtres • — nous nous ne mourrons J\ l'occasion de l'érection, en diocèse, i l/icafiat Apostolique du Témiscamin-MC, 5.C.Mgr Latulipc.évêque de H ai-kib'ury rient de publier une Lettre Pa$lo- tfous en détachons les passages suivants Notre espérance n’a pas etc déçue; le Atlj contiennent des notes historiques et des Pape \ient de la rcalier en créant de Dio-geignements très intéressants sur celle cese de Hailcybury et nous avons maintenant 51 prêtres, 29 paroisses avec prêtres résidants et 35 dessertes, Dc5 1686, la robe noire du missionnai- rc , une académie de garçons dirigée par iv catholique avait pénétré jusqu’ici.Le Je- des Frères, Il couvents de religieuses, 4 fuite Sylvie, aumônier d’un détachement hôpitaux et un refuge.jç Français commandé par le chevalier Notre population actuelle est de 25,000 ce Troyes, sc rendant à la baie d’Hud- âmes.En apparence elle n’a augmenté f:rii a\«ut dit la messe sur les bords du Lac que de 5,000.en réalité il faudrait au dans une petite ile située moins doubler ce nombre, vu que la population flottante et instable, occupée au dé-Cc.t probablement le 19 mai 1686, en ! but à couper le bois dans les forêts ou à .le 22.que la Sainte Hostie fut ! construire le chemin de fer.a disparu pour la première fois vers le ciel sur faire place à une population agricole qui de notre grand lac.1 out un ha- s'est fixée au sol et qui ira toujours en augmentant.Devons-nous aussi parler de nos espérances?Le Grand Tronc-Pacifique qui traverse le nouveau diocèse depuis la I tique dans la province de Québec jusqu’à Icliff dans la province d'Ontario, sur une les lacs et les forets de distance de 930 milles, vient d'ouvrir à la colonisation et à l'industrie tout un pays.Déjà, dans Québec, depuis le Rivière Mé-giskan jusqu’à la ligne intcrprovinciale — 120 milles, de nombreuses paroisses sont en formation et la forêt recule tous les jours devant le travail opiniâtre de nos entreprenants colons.Qui nous donnera un chemin de fer pour relier cette splendide région de l'Abitibi à celle déjà connue du 1 é-tholiquc el plantèrent la croix au misgaminguc?Avec ce secours si nécessaire et tant désiré, il suffirait de quelques années pour grouper partout de florissan- Une canaille punie un nou- :lc.IL Enfin, voilà une canaille anticléricale qui vient d’attraper une punition bien méritée de la part des tribunaux de France.On sait l’infâme region.campagne menée par de lâches sectaires contre les prêtres et le pa un petit séminai- pe.Le conseil militaire de Toulouse vient de condamner à trois ans de prison et mille francs d’amende le nomméM.deS.Géré, Lot, qui le 22 août dernier, avait dit devant témoins que les Allemands faisaient la guerre à la France avec l’argent des curés et des riches.M.le capitaine Mourgucs, substitut commissaire du gouvernement, a dit dans son réquisitoire: Les curés sont des Français son seigneur, ne signifie rien.Avec cette armée de terre et de mer, lerrcur des Russes comme des Américains, — terreur aussi des Japonais eux-mêmes, puisque leur pauvreté est taxée honteusement pour équiper vaisseaux et hommes et garder leur rang parmi les nations “déconcertées”, — enfin, malgré tout ce que Ton dit de beau et de bon survie japon moderne, et toujours vieillot, les conversions au catholicisme se font avec une lenteur dé- Icmiscamingue, 3 l'embouchure de la rivière de Montréal.ou US car devee peur le nvag< tatllon s’inclina devant l’autel improvisé; deux lapides chantaient de chaque côté de Vile et dans les arbres voisins sans doute.les oiseaux du printemps entonnèrent leurs plus Après comme nous ils paient l’impôt du sang dans les mêmes conditions que les autres citoyens et ils obéissent strictement à la loi.Un grand nombre d’entre eux sont même volontaires.I ous donnent l’exemple d’un courage et d’une abnégation que le commandement et les pouvoirs publics reconnaissent par les éloges et les citations qui leur sont officiellement décernés.Ces citoyens ont un père, une mère, des frères, des soeurs que l’odieuse calomnie indigne et révolte à juste titre.Ces citoyens ont des camarades qui, revenant du front permissionnaires ou blcsés, sont émus et démoralisés par les iniques propos qu’ils entendent relativement à l’attitude des ecclésiastiques.Dans ces conditions, il faut punir sévèrement l’homme intelligent et responsable qui a entretenu la rumeur infâme.Il se peut qu’il soit un agent inconscient de l’étranger.Il n’avait qu’à combattre, au lieu de les colporter, les propos indignes qu’il ne nie courageante Ce pays a compté, il y a trois siècles, plus de 400,000 catholiques.Après avoir conservé, malgré les persécutions et malgré l’ostracisme de tout prêtre, comme de tout étranger, des milliers de catholiques, le peu pic, la classe des travailleurs, des ouvriers, des campagnards, sont encore encroûtés dans les veilles superstitions païennes, dont la moins insensée entretient la croyance en sa descendance du dieu soleil.Et l’enfant apprend encore de nos jours, dans les écoles d’instruction obligatoire de l’Etat, que sen empereur est un dieu éternel né de dieux éternels.Mais ce qu’il a, ce Japon attrayant, ce que la civilisation à outrance ne lui enlèvera jamais, espoir et désir ardent des mis-sionaires d’ici comme de là bas, c’est la propreté minutieuse, la passion des fleurs et des beaux arts.Ajoutons les belles et gentilles manières des enfants, des Japonaises si intelligentes, l’élégance de leur marche, la modestie de leur tenue.Et tous enfin ont une si grande simplicité de vie, une endurance telle au labeur, une uniformité sobre dans la nourriture à ce point qu’un évêque du Japon ne craint pas de dire qu’à ces pauvres paiens il ne manquait que l’Evangile pour être des chrétiens parfaits.Leur maisonnette sont faites pénétrantes mélodies, cette aurore les ténèbres rctonv rent épaisses sur .car nous ne retrouvons plus de ia region traces du missionnaire jusqu’à l’arrivée du fulpicicn Charles de Bcllcfcuüle cl de Îcan-Baptiste Dupuy, prêtre du diocèse •al, le 14 juillet 1836.Le 19 de Montre juillet de celte même année, les deux mis-Lonnairri envoyés par Mgr J J.Lartigue, tïïçmiei évêque de Montréal prirent officiellement possession du pays au nom Eglise ca Fort Témiscaminguc.Ic3 Oblats de Marie Immaculée venaient «’établir au Fort Témiscaminguc, du cô-tc d’Ontario.Enfin, le 29 mars, 1906.à trois heures de l'après-midi, deux humbles prêtres, cn-vovés par l’Evêque de Pembroke, arrivaient à Haüeyburv pour prendre soin des catholiques arrivés ici avec les chercheurs d'argent de Cobalt et les ouvriers du chemin de fer du gouvernement d Ontario.Ils y trouvèrent 25 familles catholiques et une petite chapelle inachevée de 40 par 34 pieds.De chaque côte de Hailey bury, il y avait à Cobalt et à Liskeard à peu près la même population catholique et les mêmes établissements religieux.Le reste, c’était la foret.De l’autre côté du lac, les Révérends Pères Oblats et un prêtre séculier étaient parvenus à fonder trois paroisses et quatre dessertes, le reste, là aussi, c’était les missions sauvages et la foret.L’année suivan te, en 1907, un terrible incendie réduisit en cendres notre modeste village, y compris la pauvre chapelle.Alors, souvient ici, ce fut un temps de détresse lempus jlendi , dit la Sainte Ecriture.Pendant de longs mois le Saint Sacrement fut garde dans une pauvre armoire de bois et le dimanche, c’était dans un hangar ou sous une tente, que les fidèles s as-fcmblaL .pour assister aux Saints Mystères et pour entendre la parole de Dieu.Ce fut l’année suivante, le 2 novembre, 1908, que la nouvelle arriva de Rome que le Vicariat Apostolique du Fcmiscamin-gue venait d’être érigé.Ce Vicariat c’était tout un pays où il H y avait que dix-huit prêtres,cinq églises avec prêtres résidants, vingt dessertes, trois couvents de religieuses, un hôpital et un repopulation de 20,000 â-composcc en grande partie de peurs de bois dans la forêt ou de manoeuvres sur le chemin de fer en construction.En face de la tâche à accomplir, nous vous écrivions alors: “Il est vrai que nous sommes dépourvus de tous les moyen# hq*.mains.Ln considérant nos établissements de Ie- Le 12 mai.1863.tes paroisses.Du côté d'Ontario, toujours sur le Transcontinental, le travail se fait plus lentement, paralysé qu’il est par nos troubles scolaires, mais il avance pourtant et là aussi comme dans Québec, de chaque côté du chemin de fer, sur une distance de plusieurs centaines de milles, le sol fertile n’attend que l’abatis et le défrichement devenir une des régions les plus pro- pas avoir tenus.L’opinion d’un missionnaire sur le Japon pour ductives du Canada.A Hearst, 129 milles à l'ouest de Cochrane, l’Algoma Central venant du Sault Sainte Marie opère sa jonction avec le Grand 1 ronc-Pacifi-quc.F.n descendant par cette ligne vers le sud, on traverse le Grand Nord a Oba, puis le Pacifique à Franc à 1 ouest de Cha plcau.Nous n’avons pas pu encore visiter cette région.On la dit très importante au point de l'industrie et de l'agriculture.Nous ne parlons pas des terres qui avoisinent depuis le lac 1 émagami jusqu à Cochrane.C'est encore au delà de 160 milles de pays traverse par un chemin de fer.Sur cette distance, il y a cent milles de terrain fertile, le reste recèle les mines peut-être les plus riches du monde.C’est donc pour des centaines de paroisses qu'il y a place dans le nouveau diocèse de Hailcybury, tout en laissant une très large place pour nos frètes sépares.Nos très chers.Frères, vous êtes les premiers arrives dans ce nouveau pays.C est à vous qu'incombe la glorieuse mission de fonder ici des paroisses catholiques.Voulez-vous que votre oeuvre soit durable?Voulez-vous que le Seigneur ne se répente jamais d'avoir remplacé les bêtes sauvages de la forêt par des hommes créés à son image?Mettez Dieu et sa religion sainte à la base de votre travail.pour am- si dire, de bambou et de minces planches; les planchers sont en nattes de paille et les portes et cloisons de papier.Les meubles ne brillent que par leur absence, puisqu'on n'y trouve pas une chaise pour s’asseoir, pas un fauteuil ou un canapé, pas de lit.pas de tables comme les nôtres, si ce n'est que de quelques pouces de hauteur.Alors, le missionnaire, dans sa visite des chrétiens n'a qu'à vivre à la japonaise, s'asseoir sur ses talons jusqu'à se broyer P'.eds et genoux, manger du riz ou son poisson.cru ou cuit, avec deux bâtonnets, comme s'il tenait deux manches de plume dans sa main droite, entre le pouce, l'index et le majeur, se chauffer le bout des doigts ou du nez près d’une petite boite de trois pouces carrés, qui contient quelques morceaux de charbon de bois, seul système de chauffage, hiver et été; le soir se coucher sur un mince édredon étendu sur le plan-chercouvert d'un peu de paille et avec un plus gros édredon par dessus en guise de couverture.Et combien d'autres détails qui sont absolument à rebours des usages d'Amérique et d’Europe.Le Japon comprend quatre diocèses: Tokio, avec un archevêque; Kyoto.Nau-gasaki et Hakodate, avec un évêque.Depuis un mois, le nord est confié aux Franciscains et est constitué en piéfecture apostolique.Il y a quinze à vingt missions desservies par ces religieux, dont un Canadien le Rev.Père Caiixte Gélinas.à Asahiga-wa, Howwaido.Un missionnaire Franciscain canadien qui a passé cinq ans dans les missions du Japon, a founi quelques noies très instructives à notre confrère de l'“Echo” de New Bedford : La population du Japon est de 665 millions, dont 65 mille catholiques.Le climat: Au nord, il ressemble au climat du Canada.Cinq mois de neige.Le froid est plutôt humide, parce que ce sont des iles.Dans une nuit le cuir des chaussures devient tout couvert de mousse.Du sud au nord, les plantes du Canada et des pays chauds croissent les unes près des autres: pin, sapin, cèdre, bambou, palmier, crysanthème, azalés, glycine, roses, pivoines, mandarines, (espèce d'orage) , khaki, (fruit du plaqueminierj, poires, cerises de France, variété infinie pour tous les gouts, pour tous les charmes, pommes, longues pommes de terre sucrées, longues raves, et le riz dont la culture est quasi exclusive; c'est le blé du Japonais.Bouilli.cuit à la vapeur, sans assaisonnement, il se mange dans de minuscules assiettes, profondes comme la moitié de nos tasses, a vec des bâtonnets de bois laqués ou d’ivoire en guise de couteau, fourchette ou cuillère, objets à peine connus au Japon, même maintenant.Sans doute, il y a des manufactures, des usines, des chemins de fer, des navires de commerce et de guerre, des soldats enfin.Mais à l'origine, c'est à-dire, il y a à peine cinquante ans, tout et tous ont commen- nous on s en luge, mes, avec une cou- A SA PLACE L'ALCOOL ! C’est Casimir Perrier, ancien Président de la république française qui disait : il convient, l'alcool Employé comme «mon 308 ikx « v KA VERITE Samedi a» Avril in.» 1 Non, dit-il, je n'ai pas peur.J’en ai ai tant vu mourir autour de moi que je ne tiens CAiiC» In ttnVenîlla plus a la vic* * Seulement.c'est SOUS Ifl muraille nîcre.Si je pars elle ne voudra pas picndre, et ma blessure en aura tue deux.Peu à peu, dans la salle aux reflets les soupirs, les plaintes ont cessé.Dans le silen- Il s’arrêta un peu pour boire.Je pensai lui-même oubliait qu’il souffrait que l’effort accompli dans l’évocation ter- rêter longuement sa pensée sur* dont I absolution avait rassuré scs h - Repose-toi, mon.petit.tu me racon- de crainte et consolé divinement °Urei feras le reste demain.se.*°n an8°'» Les soutanes Pour ar- riblc l'avait épuisé.pour ma com- blais lui ne m’écoutait pas.Tout à l’heure, c'était l’homme qui me parlait, et, soudain, le soldat s’éveillait, l'amoureux de la patrie, magnifique suiveur idéal, le troupier de France aux yeux fascinés par la beauté du panache, fût-il inondé de y d'un î&Vt l'Ttml la-bas, n I ambulance, dans où les obus ont défoncé I nuit, mon Dieu!.du sang partout! Je lui donnai à boire; il baisa ses médaillés.la plus grande surtout, le legs pré ceux du mourant, puis il s’endormit sans songer, le brave enfant, qu’il venait de me conter, simplement, une page sublime d epopee.LE RÉCIT DU BLESSÉ T impressionnant traversé de rêves affreux il n v a plus que des mots solennels de lui à ______ | moi.I out le reste s’absorbe dans la tre de deux êtres qui sont, à cette heure.C'est la nuit, et j'écoute sonner les heu- plus que des hommes: le soldat et le prêtre res; les heures de garde qui seraient Ion- : à qui la France a confié la garde de gués si.près de moi, je n’avais, présente et frontières et le trésor de son déal.gémissante, la douleur qu'il faut consoler.Alors, sachant de quels sursauts la na- Quinze jours sont passés à les attendre, turc est capable, et confiant dans la vi- ccux qui occupent maintenant toutes nos gueur du sang de la race, j'ose lui assurer sollicitudes et attireront nos meilleures pi- qu'il n'est pas blessé à mort : tiés.— Non, mon petit, non, tu ne mourras Ils sont là.étendus dans ce vaste dortoir : pas.On ne meurt pas à ton âge.de collège, devenu l'hôpitai militaire, où L'n sourire d'ironie arrête la formule ba- nous avons rejoint notre poste de guerre.Ils nale d’impuissante consolation.souffrent en silence une grange murs.Quelle • et comme il rencon y avait sang.— C'était si triste, mais c'était si beau ! La guerre .ça vous tue, mais ça vous grise; quand meme, on riait.Je ne sais pas ce qui fait rire dans ces moments-là.Quelque chose de très grand et de splendide vous passe devant les yeux.il y a le danger et il y a la fête.et c'est la fête et de les qui nous attire.Le capitaine était debout.et nous couchés.De temps en temps, il nous disait : "—Ca va bien, mes enfants.Nous faisons de la casse chez les Boches.Entendez-vous le 75 qui chante?" Ah! Il chantait bien! Si bien que, là-bas.les casques tombaient comme des noix qu'on gaule quand elles sont mûres.Sa voix faisait trembler la terre et le ciel et chacun de ses cris nous répondait dans !c coeur et le faisait sauter de joie! Alors, on se levait pour bondir en avant, et puis on s'aplatisait dans le champ avec, au-dessus, le sifflet des balles qui passaient par mille et par mille.A ce moment, le blessé m'étreignit la main comme pour mieux affirmer la vérité de son récit : —Ca.voyez-vous, c'est beau malgré tout, même quand ça vous couche.Moi.ça m'est arrivé vers six heures, juste au moment où le capitaine venait de tomber en criant: "En avant les gars, à la baïonnette!" On s'est redressé pour l'assaut.En face, on ne voyait plus que la flamme des canons et nos oreilles étaient remplies du miaulement de obus.J'ai fait dix pas.On marchait dans le feu.Il y avait partout du rouge, du rouge à n'en plus finir.I out à coup, un tonnerre éclate au milieu de nous.je suis tombe près d'un camarade abattu en même temps que moi.C'était le curé" de la section, un réserviste de vingt-huit ans, qui se met à me crier en riant: : "— I u en as à la patte, mon vieux; moi c’est à l'épaule.II était trempe dans un banc de sang.Eh bien, il plaisantait encore ! Seulement, aussitôt, sa voix devint grave et il se mit à nous parler comme un prêtre parle aux mourants.Nous étions cinq ou six tout près de lui.“—Allons mes petits.rien ne prouve que l'on ne va pas mourir.Dites l’acte de contrition.S'il faut faire faire le demi tour, tâchons de le faire par principes.Répétez de tout votre coeur : "Mon Dieu, je regrette mes péchés: pardonnez-moi! Je le vois encore, à moitié soulevé ; sa main valide qui tremblait était tendue ver# nous, et le pauvre ami nous bénissait tous, tandis que chacun priait le bon Dieu d’avoir pitié de ceux qui ne se relèveraient pas.ses Ils étaient là.vingt-quatre comme lui voir, maintenant affaissés, vain’ eus par la douleur et silcnccux.je disais que le plus humble d’entre eux.le p|Us illettré des paysans avait son reflet de gloire et que tous portaient au front l’auréole qui transfigure.Et pourtant, dans cette première soi réc de garde, je me sentais encore p|U; haut que leur courage et plus utile leur bravoure féconde.Là-bas, ils avaient trouvé deter leur fier orgueil de Français: ,e petits héros pourraient épanouir leurs Ame< Sur le front,ils avaient vu la F te.Dans cet hôpital peut-être, ils treraient Dieu oublié, méconnu, abandonné- Dieu qui se montre si bonnement a ceux qui tombent dans le sacrifice des batailles.# • — Et les autres qui sont restés là-bas.Encore un silence ! Mon Dieu! qu’il est donc difficile de bien consoler! Et cependant moi-même je ne veux pas croire que cette existence meurtrie soit condamnée.Le médecin-chef, un clairvoyant dont le premier coup d’oeil dissèque une plaie et scrute l'organisme, a déclaré tout à l'heure qu'il le sauverait.J'ai confiance, et je crois en sa parole.Je te dis, moi, que tu guériras.Le blessé me regarde, et cette fois, ma conviction ardente a pénétré dans son coeur.Il se redresse un peu, dégage sa main, fait le signe de la criox et, sentant bien que maintenant je sais son âme, il mur mure, avec le recueillement des minutes ou se plaignent à grands cris, jetés au milieu du cauchemar, et que la torture des membres mutilés arrache à leur courage qui n'en peut plus.Je m'approche d'un lit sur lequel la lueur douce et atténuée de la lampe me montre une malheureuse figure de vingt et un ans, convulsée par la secousse violente d'un mal aux terribles réveils.Celui-là, je l’ai vu tout à l’heure sur un brancard, affaissé comme une pauvre loque, les yeux agran-dispar la fatigue d’un affreux voyage.Et surtout, terrassé par l’horreur, continuée hors de danger, de ses heures vécues au milieu de la mort, dans le fracas des tempêtes de fer et de feu.Quelles visions atroces j’avais lues dans ces yeux.7 oute l’horreur de la guerre me semblait alors présente.En l’interrogeant, les larmes me coupaient la voix.Il était si jeune, celui-là, et il semblait si fragile! Sur son brancard où la blessure l'immobilisait, il avait l’air d’un cadavre aux yeux ma! fermes, indifférent à tout.Et puis, quand nous l’avions soulevé—avec précautions, pourtant!—il s'était mis à hurler.L médecin avait dû lui faire sur place le pansement qui n'avait pas été renouvelé depuis quatre jours.Sa pauvre jambe broyée retrouvait tout à coup la sensibilité endormie, et toute sa chair, tous ses os, frémissaient d'une longue, immense douleur qui lui tordait les muscles et agitait son corps martyrisé.Parmi tous les autres,aussi mutilés, trans percés et pantelants, je l'avais remarqué, ce petit Marseillais au visage d’enfant et il me semble, du premier coup que sa souffrance à lui était encore plus digne de pi- que rance vivan-i rciicon- Oui, c’était bien vrai que la Providence nous avait voulus marchant côte à côte faisons un plaisir de porter mutissancc du public.est joli, ce geste des élèves je «VAvthabaska qui sacrifient iuo monnaie, qui se privent de âgées et de leurs brioches, pour luttent persécuteurs chose, sans doute parce î-.ils ne peuvent pas grand ee qu'ils peu-lu est mngnifi-riumimement et sans gloriole, ela était tout naturel.\U rc- ?- H '* > contre le* Ils font peu «b* que pet chose.Mais ils font tout l n |U est bien, o vont, aue * comme "i c noncetit à leurs plaisirs des jours de congé, vî >v solidarisent, avec les petits Canadien^ français de là-bas, ceux qui souffrent, qui luttent, qui défendent leur civilisation contre les demi-ci vili-è?dt Toronto.de son sang, notre personnalité ethnique est, sur le continent américain.un prolongement de la sienne.Le génie de la France le prestige de la France, la puissance de la France, tout cela fait partie de notre patrimoine national.Et si notre ancienne mère patrie devait être broyée fois définitivement— sous le talon prussien, si elle devait tomber au rang des Etats de cinquième ordre, et cesser d’être un facteur appréciable dans les affaires du monde, nous en subirions incontestablement un amoindrissement fatal .Le coup qui la frapperait au coeur nous infligerait à nous-mêmes une blessure mortelle.Son effondrement, sa décadence, sa chute dans l'impuissance et le discrédit, seraient pour tous les groupes français une cause de faiblesse et d’humiliation.On ne se ferait pas faute de nous considérer comme les représentants d'une race déchue.Nous serions victimes du phénomène qui se produit en vertu de la loi des vases communiquants, et l’abaissement du niveau des énergies françaises au vaste réservoir d’où elles s’épanchaient sur le monde entraînerait un abaissement proportionnel du niveau de notre influence au milieu des races qui nous entourent.Ah! pour toutes ces considérations, pour ce qu’elle a été, pour ce qu’elle signifie, et pour ce qu’elle défend, pour elle et pour A ion*
de

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