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Titre :
La Vérité
Journal d'idées, celles de son fondateur et propriétaire, Jules-Paul Tardivel, La Vérité était fidèle aux enseignements de l'Église catholique, indépendante des partis politiques et vouée à la défense du Canada français.
Éditeur :
  • Québec,1881-1923
Contenu spécifique :
samedi 27 septembre 1902
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
autre
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Références

La Vérité, 1902-09, Collections de BAnQ.

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J N (laiitonguay 1 janv 1903 002 rue Ht Jean NOTRE-DAME DE QUEBEC, SAMEDI 27 SEPTEMBRE 1002 22»me ANNEE No.4 AVIS LA VÉRITÉ ABONNEMENTS Canada d États- Un is Un an.Six mow Étranger (Union postale.) Un AM.Tovtk DEMANDE DM CHANGEMENT D’aDRESSB DOIT ÊTRE ACCOMPAGNÉ! de L’ancienne adresse.?: 12.00 $1.00 REVUE HEBDOMADAIRE " VERITAS LIBERA B IT VOS—LA VÉRITÉ VOUS RENDRA LIBRES.” Téléphone : 712 118.60 J.-P.Tardivel, Directeur-Propriétaire it j N.-D.DE QUEBEC SAMEDI 07 SEPTEMBRE 1902 L'influent de saint François d’Assise SCR LA CIVILISATION Bureaux : Chemin Sainte-Foye près Québec une force indomptable.Car accepter ainsi la souffrance, c’est se rendre éminemment libre; la liberté humaine n’étant guère entravée, saint Bonaven- ture l’expose très bien, que parla L'œuvre du saint continué par sa famille.crainte de souffrir, cette synthèse de toutes les craintes.En ramenant la famille ù vivre les vertus chrétiennes, en préparant les masses à “la pratique de l’égalité et de la fraternité évangéliques (10) ”, il régénéra la société.La lia- j plus féconde transformation sociale que le monde ait vu depuis le Calvaire, c’est le Poverello de l’Ombrie qui la réalisa.Kenan lui-même proclame “ qu’après le christianisme, le mouvement franciscain est la plus grande œuvre populaire dont l’histoire se souvienne ”.Si l’on examine avec attention les phases et les multiples conséquences rie ce mouvement, on conviendra que celui auquel ou le doit, a fait infiniment plus pour le bonheur j réel de l'humanité que tous les philan-trophes.Enfin, si l’on étudie la psychologie religieuse de ses enfants, on reconnaîtra que le saint poète fut encore éminent en cet art de former, de modeler des fîmes que saint Grégoire appelait .4r,i arlium.“ Gardez la crainte du Seigneur et la stabilité dans son amour ”, avait recommandé le saint A ses “ cher-enfants ” quand il sentit sa dernière heure venue.11 fut scrupuleusement obéi.Ses fils ont suivi son idéal avec une fidélité que les dissentiments de-XIlie et XIVe siècles n’altérèrent presque pas.Les temps étaient fort troublés quand ils commencèrent leur mission de paix, la tâche qu’ils devaient accomplir était ardue ; mais 1m charité, l’humanité et la suavité d' leur Père les animaient.A son instar, quand ils avaient prêché aux foule-, ils s’adressaient aux individus, offrant leur arbitrage aux parents désunis, amis devenus adversaires, aux Et, plus d’une fois, ils réussirent à protéger les faibles contre Poppression des forts.semblait à tous que saint François lui-même revivait en ce prédicateur infatigable (22).Très souvent, Bernardin parlait en chaire pendant quatre heures et parfois davantage ; néanmoins, il se faisait écouter.A Milan, au premier carême qu'il prêcha,nous apprend un de ses contemporains, Ma diaeus Yegius, ses sermons remuèrent si profondément les consciences que la foule des pénitents courant aux églises pour se confesser donnait l’impression d’une fourmilière en activité.“ ConcnmJjimt ad fxclcsias instar fonnicarum Au second carême, les Milanais se pressaient plus nombreux encore autour du saint.La population était comme arrachée de ses foyers, “ quasi ivulscs sedibus suis ”, dit Bernabæus Senensis.Bernardin acquit bientôt une telle influence qu’il mit fin aux discordes, au moins pour quelque temps, à Ber-game, à Brescia, à Vicence, darrs- fa Yénitie et jusqu’en Carinthie.Il obtint d’excellents résultats aussi à Crema.à-Perouse, à Rome, à Sienne, dont il calma les habitants qui voulaient marcher sur la Ville Eternelle, à Treviglio et à Caravaggio, cités qu’il empêcha de se combattre et qui s’empressèrent d’appeler '‘champ de la paix” l'espace-où il venait de les haranguer.II détruisit la passion du jeu à Bologne et ruina si bien la corruption des mœurs à Florence qu’il fit, se'on le mot de Yespasianoda Bisticci, renaître cette ville (23).En maints endroits, il substitua les associations de charité aux ligues de partis, touchant jusqu’aux cœurs “ durs comme lu pierre ” (24), car “un fleuve immortel de divine éloquence ” pour parler comme ie eamaldule Ambrogto Traversin, coulait de sa bouche infiniment douce ( 25).Aussi les autorités se virent-elles obligées moralement à seconder par des réformes,l’œuvre sociale du prédicateur (26).Pat tout enfin, il accomplit des merveilles en propag ant la dévotion au Saint nom ,1c Jésus (27).Le Père séraphique ne devait jamais cesser d’avoir dans sa famille, malgré les difficultés des temps, de dignes continuateurs.Aussi son œuvre, triomphant de tous les obstacles, s’est-elle développée sans interruption â travers les siècles.Tandis (pie des docteurs et des savants aux noms évocateurs d'admirables travaux, Alexandre de Halés, saint Bonaventure (IS), Duns Scot, le B.Jean de Parme, Roger Bacon, le R.Raymond Lulie, saint Pierre d’Alcan-tara (19), ajoutent à la haute culture, enrichissent l’esprit humain, se font écouter ouvriers d’amélioration sociale, voire | des hommes d’état, s’appliquent à spiritualiser, à pacifier, à sauvegarder les masses, à relou 1er l’erreur, à réprimer les excès.C'est d’abord saint Antoine de Pa-doue, théologien doublé d’un tribun, qui s'élève contre toutes les tyrannies, apostrophe les Eceelinos avec une bravoure que rien n’émeut, objurgue les mauvais clercs et maintient parmi ses frères le respect de l'observance.A l'exemple de l’Assisiate, il parcourt l’Italie, prêchant la miséricorde, la mansuétude, rappelant à la foi, et pour conquérir les infidèles, il va jusqu’en Afrique.Mais sa vie est maintenant trop connue en France pour qu’il soit utile d'insister (20,.De l’autre côté des Alpes, saint Louis, fils de Charles II, comte d’Anjou et de Provence, qui avait préféré la bure des Mineurs an trône de ses ancêtres, édifie le diocèse de Toulouse parses vert par sa juvénilité gracieuse (21).Au XI Ye siècle, quand saint Bernardin de Sienne se mit à l’œuvre, des dissensions ensanglantaient de nouveau la terre italienne, il les apaisa ; des âmes tiédissaient, il les raviva.Il (Suitr.) Pur sa chevalerie religieuse, le j din de Jésus crucifié ralliait les fidèles su blithe idéal de la Pauvreté eh ré.11 rappelait qu’elle avait été le divin contact du nu i i tienne.sanctifiée par Christ.Certes, pour beaucoup, c’était une révélation ; il n'en faudrait pas déduire cependant que cette pauvreté n’avait plus de dévôts à la fin du XI le siècle.Dante lance une hyperbole d’artiste quand il s’écrie que la pauvreté était veuve depuis douze siècles (14).Le caractère du mouvement déterminé par saint Françoi-, M.Charles d’Héricault l’a très heureusement défini.Ce fut une évolution dans le mouvement transformateur que l’on doit au divin crucifié et qui, des temps apostoliques A l’aube du XIITf-> ;ècle.s’était développé sans modification importante.“ Jusque-là, presque toujours, on avait aimé la pauvreté par devoir, par esprit de pénitence, avec résignation noble et généreuse sans doute, mais héroïque et presque pénible.François, lui, c’est d’amour qu’il aime la pauvreté, avec effusion, avec passion, avec enthousiasme.11 vit que la pauvreté, outre les attraits évidents qu’elle a pour des Ames vi goureuses, possédait une beauté mysté- Jésus avait quitté la des élites ; des apôtres, des une rieuse, puisque Divinité pour la pauvreté.Ce n’est, pas IA toute son originalité.Joignant le génie de i"homme d’Etat.A l’élan du poète, il codifie cet amour et l’érige en corps solide de doctrine(lô)”-Bref, le Mendiant d'Assise créa une et !cc :i arme 11C » — encore aux antagonistes exaspérés.Partout où il v avait quelque réconciliation à tenter, un bien moral à faire, des consolations A donner, on les rencontrait.“.Portez tout le monde à la bénignité, A la concorde, à François au Guérir les blessés, consoler ceux qui pleurent, ramener les pauvres égarés, voilà votre vocation.Il en est qui paraissent être les membres du diable et qui seront un jour les disciples de Jésus-Christ ”, Partout où les querelles de parti s’envenimaient, où des désordres étaient A crniiulre, ils apportaient leur médiation avec une bonne grâce constante, "gaudentes in Domino" (17).forme nouvelle de la piété, mais celte innovation, comme toutes celles desaints, n'était qu’un moyen de plus pour rattacher le fidèle A l'Evangile.Ainsi, la Religion apparaît comme un arbre vigoureux ; sans cesser d’être elle-même, clic se renouvelle, se rajeunit incessamment ; de son tronc, toujours vivace, sortent, A l’heure marquée par la Providence, des rameaux gonflés de sève.Chaque époque voit se dessiner quelque dévotion particulière, quelque fondation pieuse, quelque interprétation inédite de l’immuable correspondant aux besoins nouveaux.En amenant scs fils A considérer la souffrance comme une joie et une gloire,saint François leur communiqua (22) Vu do • u-(fmw, semper ad Dei amarcm omnium nnimo* viciions.” (23) Il amena même les Florentines à brûler sur un bûcher, comme l’avaient fait les Bolonaises, leurs futilités et leurs instruments de coquetterie.(24) MiscelUtncafranccscana, t.v.p.88-34.(25) A m b rosi i Tra versa ri i EpistoUc et Oru-tiones, Flor., 1759, lib.n, 41.(18) Saint Bon aven tu re inspira à Raphael une figure suavement gravé.[Dispute du Saint Suer/.] et à Zurbaran quatre œuvres des mieux expressives : te saint en prier1 [mus.de Dresde], le saint montrant h Crucifix [mus.de Berlin], le saint présidant un chap, et les Funérailles du saint.[Louvre.] (19) On doit il ce saùit, aussi fameux par ses austérités que par son savoir, un Traité d'oraison que Grégoire XV regardait comme inspiré par le ciel.(20) Ce saint, qu’embrasait une si mille énergie, n’a pas encore été représenté d'une manière satisfaisante en peinture et en sculpture.L’une de ses images les moins vulgaires est celle de Ribera [Madrid, ac.de saint Fernando].l'union, leur avait dit chapitre général de 1210.(26) Voir le Veau livre de M.Thitrenu-Dangin : saint Bernardin de Sienne, p.103106 et p.127-12$.(27) La confrérie qu’il institua en l’honneur de ce saint nom devait compter plu» tard parmi ses membres les plus zélés, saint ëssS'sasg ¦ (16) Encyclique Humanum genus.(17) François, on ne l'ignore pas, proscrivait la maussaderie.“Quels» Frères évitent do jamais se montrer sombres, tristes et chargés do nuages, comme des hypocrites, fit-il afficher à l’un dos chapitres généraux ; au contraire, qu'on les trouve, en tout temps, joyeux dans le Soigneur, gais, aima-|ul blés et gracieux, ainsi qu’il convient.” I n (14) Queeta privât» del primo mari to, mille o cent' anni e più dispetta e scura, Fino a costui si stette svnza invito.Paradis, ch.xi.(15) Ch.d'Héricault, Le» mères des saint», p.148 149.sstuite du jeune évêque par Giotto. LA TÉRITf O jamais comble dans notre malheureux pay» ?Noue no voyons rien qui puisse nous ]0 “ M.Waldcck-Iîousscau vient de fake espérer.“ recevoir un joli camouflet.I “Je ne puis assez admirer et glorifier un ; et sa homme d'avoir été à lui seul le salut 'fêtes récentes de la Saim-Jeen-Baptiste, de taut de peuples", s’écriait Maphaeus, il a incontestablement, et cela sans le Vegius en parlant de notre Uienheu- moindre prétention, ajouté considéra* reux distinction intellectuelle.Aux passage : " Fidèle à son principe de duplicité ; c'est ce que l’histoire répétera, blemeut à la imputation littéraire de “ révoltante et d’opportunisme éhciûté, notre race.L'impression que son ma* “ le ministre des cultes a jugé habite, ¦ gnifique discours a produit sur - la; " ““ momeutoù il tire» boulets rouges foule est un de ces souvenirs qui merT les ™ngr6gotions aux abois, de ;queut les moments heureux d une .t ^ évêque vie humaine.| “ La religieuse n’a rien diL Ces " Ft si l’honneur qu’il reçoit doit “ saintes filles sç dévouent et ne par*.rejaillir sur la Société Saiut-Jeaii-i “ lenïpaa.Mais i'évéquo dont la mis- Baptiste qui l’a désigné au premier “ si.°n Kt àMmüo, la responsabilité ., .°., t “ plus grave,le devoir plus impérieux, rule, il u en est pas moins \raique le «t 8'est sous l’outrage et, se succès littéraire d un événement aussi n Le mal de la presse quotidienne : sentir îî Québec aussi bien >1 • “ La fière attitude de Mgr Ch a non 1 nous reporte à l’époque, triste et • malheureuse aussi, où un autre évêque, l’évêque de Metz, Mgr Dupont des Loges, refusait l’Aigle Noir que lui envoyait le pire ennemi j1 'le son pays.est un honneur qui vaut et “ compense bien des honneurs qu’é\ > " qoer, en nos jours de deuil et de " larmes, un pareil souvenir.” ; * 141 t L ,l.x • H rk M* H IV t qu'à Montréal ! Pourquoi, demandent Semaine* religieuses, pourquoi nos naux quotidiens ne reprodui des récits édifiants ?nos deux ' • U • UN hVK-»VH FRANÇAIS DÉCORATION.RK FUSE UNE «i ( Pourouoi Parce «jlie no- journ quotidiens sont tous, non point des journaux ix : sans exception, aitholi'i'c t mais ties journaux poUti'/nci ou d'ef- 1 La lutte qui se poursuit actuelle-en France prend un caractère %>% •-» « * ! i u V i r l “ Ce oui donne # pnrticu une portée tairch., aigu.Les catholiques se sentant tous j attaqués par la loi scélérate contre les a hi protestation de Mgr Chapon, c’est qu’il était connu comme un des , 4 n i Car un journal publié et rédigé par des catholiques n’est pas néces ment une feuille catholique ; pas plu qu'une société- composée de catholiqi n’est pas, par cela même, catholique.A Montréal, il y a trois congrégations, se rallient et se grou- 1 r#‘.1 â prélats les plus conciliants, les plus ,'vk- disposés à la tolérance et à l’imlnl- 1V3 gencc eu vers les gouvernements de la une société a prétendu que sa mesure s été conçue dans un but d’hos j République.i il a pas tilité à l'Eglise, et qu’elle a pour objet, j au contraire, de protéger l’épiscopat | ect que l’on doit A la vérité, même orsqu’on est homme politique, le dé-La lettre fendait rigoureusement.Si l’occasion s’en présentait, M.Laurier ferait, sans doute, l’éloge des religieux et des religieuses que Combes et Loubet persécutent ! Toujours le fameux procédé des catholiques libéraux : tâcher de se tenir en bons termes avec Dieu et avec le diable ! nue |Kmr une : r >> 7)101 .C’est pourquoi nous ne comprenons pas la logique des journaux catholiques de France qui approuvent, réserve, le jugement du conseil de guerre de Nantes.La Croix, 7-8 septembre, par pie, déclare que " le conseil de guerre a rendu le meilleur des jugements d la plus délicate des affaires ”, Et elle continue ainsi : lèvres ! “ Si elle savait que vous êtes malade, elle viendrait ”, lui dit la Sœur.Il se retourna brusquement vers elle, la figure crispée d'un rictus amer : Ah ' vous ne la sans venir ici ! • • • lie aurait bien trop exem- connaissez pas .peur de salir scs belles robes ! Pendant qu’il parlait, une flamme rose était montée au visage de la Soeur ; ses yeux d’une limpidité extraordinaire, brillaient d’un éclat subitne; elle se pencha vers le grabat : “ Ne pleurez plus, dit-elle très bas, vous aurez une autre fille ”, et, s’inclinant dus profondément, elle a r pu va sans A • 1 * • • dégoût, mais avec un grand respect, ses lèvres pleines de fraîcheur sur le front ridé et sali du vieillard ; alors, les traits du pauvre se détendirent, un mince sourire égaya sa figure ravagée : “ Merci ”, murmura-t il, et une paix infinie descendit sur le malheureux.ans oxo ‘ La réquisition civile transmise par l’autorité militaire au colonel de Saint-Rémy était tellement révoltante que des juges, moins scrupuleux interprètes de la loi et moins irréductibles observateurs de la discipline, se seraient laissé entraîner à acquitter le soldat qui a refusé de l'exécuter.“ C’était le péril ; car un jugement d’acquittement aurait autorisé MM.Géraul (-Richard et Ilarduin A dire avec raison ce qu’ils disent faussement dans la Petite République et le Matin : “ Bonne journée pour les socialistes, “ puisque les officiera et les soldats “ peuvent discuter les ordres donnés “ ou les réquisitions transmises par “ leurs chefs.” Toujours Vanglicisme On pouvait lire dans le Soleil, de Québec, 20 septembre, deuxième page, ce qui suit : Nos manufacturiers de chaussures Font plus encouragée que jamais.Ils mUieipent une forte saison d'affaires.0X0 Déplorable On annonce la mort, à Sorel, province de Québec, de M.Raphaël-Ernest Fontaine, juge de la Cour Supérieure, pour le district de Richelieu, autrefois avocat à Saint-Hyacinthe.Le Journal, de Montréal, numéro du 22 septembre, en annonçant la mort du magistrat Fontaine, ajoute ce pénible renseignement : “ Conformément aux dernières volontés du défunt, les funérailles seront absolument .privées ; la famille seule devra y prendre gucisme.part.Le corps sera incinéré.” Cette dernière phrase est du pur anglais écrit avec des mots français.Anticiper, dans le sens de prévoir s’attendre à, n'est pas français.Le Canadien qui a écrit cette phrase du Soleil pensait, non en français, mais en anglais : They anticipate.Habituez vous à penser en français, confrère, si vous ne voulez pas commettre d’an- 0X0 Mgr Augusto Guidi C'est le nom du nouveau délégué apostolique aux Philippines qui est chargé de l’importante tâche de dis cuter, à Manille même, avec les représentants du gouvernement de Washington, l’importante question du rappel des religieux et de leur placement par des prêtres séculiers pour le service paroissial.Mgr Guidi appartient à une famille noble de Rome, et c’est en cette ville, A Jnns-bruck et à Paris qu’il fit ses études.Il a été secrétaire de la noncintun à Madrid, secrétaire de l'ambassade qui représenta le Pape au couronnent-!., du czar, ensuite attaché à la nota i ' turc de Lisbonne jusqu’en 1887 , il a été promu au grade d’auditeur de la nonciature à Munich, pour devenir bientôt après secrétaire de la Congrégation des affaires ecclésiastiqi extraordinaires.Il y a dix ans il fut envoyé en mission spéciale A la république de l'Equateur.Depuis 1890, ii habite au Vatican.“ La meilleure preuve que la journée n’est pas bonne pour les socialistes se reucontre dans les cris de colère do leurs organes.“ Elle 0X0 M.Fontaine est le premier Canadien français, croyons nous, qui passe par l’horrible four crématoire.Puisse-t-il être le dernier ! Colonisation n’ost pas bonne pour les socialistes et les révolutionnaires, que le Conseil do guerre a prononcé la condamnation que le colonel de Saint Rémy, esclave de la discipline militaire comme de sa conscience de catholique, aurait prononcée s'il eût été son propre juge ; le Conseil de guerre a prononcé la sentence qu’attendait le colonel de Saint-Rémy dans l’intérêt de la discipline militaire et qu’il était prêt à subir sans une plainte pour la satisfaction de sa conscience de catholique.“ J’ai été pris entre mon “ devoir militaire et ma conscience : “ ma conscience a été la plus forte.Je " savais que je viendrais devant “ vous.” “ Le colonel n'a pas désobéi A son général.Il a été acquitté sur ce chef d'accusation.Le fait ayant été établi, il ne pouvait être condamné.“ Mais il a refusé d’exécuter la réquisition civile transmise par son général, et, quelque odieuse que fût lu réquisition, le Conseil de guerre a condamné le colonel.S’il n'a pus cru quo son devoir lui permît de voir l’odieux de lu réquisition pour lu condamnation, son droit incontestable était d’en tenir compte pour l’application do lu peine, et il en a tenu largement compte." Sa sen te use est donc irréprocha- rem- parce Les colons de Suint-Lénndre, comté de Mata ne, nous ont prié d’annoncer que la bénédiction de leur chapelle aura lieu vers le 30 du mois.La date précise sera annoncée plus tard dans : : ;iÜÜ gSii sure qu’il y a encore des terres A prendre dans cette région qui attendent des hommes de boune volonté.o.xo Prêtre député OXO ICS A propos de la source de Lourdes Nous avons vu clans quelques journaux du Canada l’assertion d’un certain Probs que l’eau de Lourdes n’est pas de l’eau de source, mais vient du Gave voisin, au moyen de tuyaux.En d’autres termes, la source miraculeuse serait une fraude pratiquée par les religieux du Sanctuaire de Notre-Dame de Lourdes.Nous avons A peine besoin de dire que le P.Supérieur de Lourdes a promptement mis l’accusateur au défi de prouver son accusation, par une démonstration publique faite à Lourdes même.Si cette démonstra-lion établit l’accusation, le Père supérieur s’engage à l’annoncer dans les différentes publications de Lourdes et A l’afficher auprès de la Grotte.Si M.Probe ne réussit pas à établir son affir motion il est invité à publier une 0X0 En Belgique La reine Marie-Henriette de Belgique vient de mourir.Elle était archiduchesse d’Autriche, fille de feu l'archiduc Joseph Antoine Jean, palatin de Hongrie, et naquit le 23 août 1836.De son mariage avec Léopold II, le 22 août 1853, la reine des Belges eut quatre enfants, dont un fils qui rut en I860.Les trois filles vivantes sont la princesse Louise, duchesse de Saxe-Cobourg-Gotha ; la princesse S té phanie, qui a épousé le 10 mai 1881 le prince impérial d’Autriche, l’archiduc Rodolphe,mort misérablement, qt la princesse Clémentine.0X0- La navigation du Saint-Laurent 11 se tient, â Québec, une enquête sur la navigation du fleuve Saint-Laurent.L’autre jour, le commandant Slaytor, du navire de guerre anglais Ariadne, a rendu devant la commis sion un témoignage très favorable à la navigation de notre grand fleuve en bas de Québec ; il la trouve très sûre.Par contre il a dit que l’amirauté glaise a décidé de ne plus permettre à ses vaisseaux de remonter le fleuve jusqu’à Montréal.mou- an- ble : " Observation stricto de la loi ; " Maintien rigoureux de la discipline militaire ; " Respect des droits de la conscience.” * LA VÉRITÉ 7 Tour nous, c'est hX un étrange rai.C'est ainsi que tout le monde le sonnement qui nous paraît basé faux principe, le principe moderne qui veut que le mal ait des droit* qu'il faut respecter, des droits égaux ou presque égaux û ceux du bien.Sans doute, les socialistes auraient invoqué un acquittement du colonel de Suint-ltémy comme une reconnais-de leur prétention que soldats et i rance, nous laisserions aux francs-maçons allemande et italiens le soin de fraterniser avec le gouvernement franc-maçon que préside le renégat Combes.comprend.Quelle sanction la discipline militaire peut-elle trouver dans un jugement qui,virtuellement, déclare que l'accusé a bien fuit de violer cette dis.rail pas la protection ordinaire qu’offre la loi.De plus, on fit clairement entendre que si le Vatican ne faisait pas droit aux demandes des Etats-Unis l’Oncle Sam lui-même pourrait bien expulser les moines des îles.Ce que le gouvernement donnait à entendre, les chaires protestantes le proclamèrent hautement, et les journaux favorables à l’administration, d’un bout â l’autre du pays, contenaient tous les jours des articles ayant des titres comme ceux-ci : “ Les moines doivent s’en aller ”.—“ Les moines doivent se retirer ” — “ Pas de compromis avec le Vatican—“ Les moines espagnols doivent quitter les Philippines ” — “ Le Vatican doit fixer une date pour le rappel des moines ”.Ce fut au milieu de cette campagne destinée à terroriser le Vatican que le gouverneur Ta ft arriva à Rome.Maintenant, cette question se présente.Le secrétaire Root s’imaginait-il réellement que par de tels procédés il réussirait à intimider le Vatican, ou agissait-il seulement pour la galerie aux Etats-Unis ?En d’autres termes sur un cipline ?Aucune, cela va de soi.Dès lors, la conviction s'impose à notre esprit que le conseil de guerre de Nantes n'a pas rendu " le meilleur des jugements ”, loin de IA.Au point de vue pratique, la discipline militaire n’aurait pas plus souffert d’un acquittement pur et simple.Elle aurait vraiment moins souffert d'un renvoi franc et net que de cet acquittement mal déguisé, nous pourrions dire hypocrite.Et en renvoyant carrément indemne le colonel de Saint-Rémy le conseil de Do ce qu’un officier catholique soit guerre de Nantes, au lieu de prétendre, théoriquement, qu'il faut frapper l'innocent pour sauvegarder la discipline militaire, aurait proclamé le grand principe chrétien que contre le Droit il n’y a pas de droits.Il nous semble qu’en ce moment la l'Etat son aide pour la suppression France u plus besoin de principes d’une émeute, pour maintenir l’ordre,jchrétiens que de discipline militaire, pour protéger le droit de propriété, le droit au travail, etc.M.l’abbé Louis-Aimé Rétu, décédé hier, à l’Assomption, était membre de la société d’une messe, section provin-cia le.sanco officiers peuvent librement discuter les ordres des supérieurs et y désobéir si cela leur convient.Déjà ils invoquent quasi-acquittement dans Car un jour de prison n’est pas une sanction efficace aux lois de la disci-pliue militaire, et ne fera hésiter per-à désobéir à un ordre considéré C.-A.Cor.uiT, pire., secrétaire./ Archevêché do Québec, 1.18 septembre 1902.ce sens.son Rome, Washington et les Philippines sonne comme injuste.justifiable de refuser de prêter main-forte il la franc-maçonnerie dans l'exécution de ses projets scélérats contre lïimo des enfants, il ne s'en suit nullement qu'un officier non catholique socialiste ait le droit do refuser il Sous ce titre, The Renne, de Saint-Louis, numéro du 11 septembre, reproduit du Casket l’article suivant en disant que c’est 14 un excellent résumé de la mission Taft C’est cette recommandation de notre confrère de Saint-Louis qui nous a engagé A traduire l’article du Oisbt afin que nos lecteurs soient exactement renseignés sur la! question tant débattue des ordres religieux j aux Philippines.*’ ou ! cherchait-il à calmer l’excitation des predicants en leur disant que si un représentant du gouvernement de Washington se rendait à Rome, c’était pour En d’autres termes, le bien a des J droits, mois le mal n’eu a pas ! i VoilA, ce nous semble, le vrai principe sur lequel il fallait s’appuyer.La discipline militaire est une excellente chose, pourvu qu’elle ne' dépasse pas certaines limites, pourvu qu'on ne l’érige pas en idole, pourvu qu'on ne lui reconnaisse pas de droits contre le Droit.Som mes-nous vrai meut troublés ?Les négociations que le gouverneur Ta ft et ses collègues étaient autorisés, ! engueuler le Pape chez lui et lui mou-pur M.Root, secrétaire pour la Guerre i à entamer avec le Vatican I trer combien était enfantine sa manière ! de faire les choses comparée à celle de i l’Oncle Sam.et l’acquisition de leurs terres par le! ^!'Cu Probable que M.Root article gouvernement des Etats-Unis, sonth1^ u!U P0VAÜ*V intimider le Pape au Bourbon, suspendues pour le moment.Le gou-lP°'nt 1 engager a rappeler les reli- verneur Taft est parti pour Manille, et §'eux cia*inc (lue ^ gouvernement ne les expulsât.En vertu du neuvième , article du Traité île Paris, (hispano-américain).non seulement les religieux ont la faculté de rester aux Philippines et de garder leurs propriétés, mais ils peuvent le faire sans renoncer à leur qualité de sujets espagnols.Sans violer le traité.l'Oncle Sam ne pouvait expulser un seul des moines ni confisquer un seul pouce de leurs terres ; et l’on ne devait pas s’attendre à ce que le Vatican crût les Etats-Unis déjà disposés à commettre une aussi fla» grantc violation des obligations que lui imposait son traité avec l’Espagne.Néanmoins, les instructions officielles du gouverneur Taft donnaient à en» tendre, et les predicants protestants ainsi que les organes de l’administration proclamaient hautement que l’Oncle Sam était prêt à commettre cet acte de déshonneur national.Les diplomates du Vatican gardèrent leur sang-froid, sachant bien que l’Oncle Sam voulait seulement leur faire retirer du feu quelques marrons que lui-même ne pouvait pas atteindre, que la vantardise et le ta page est la forme que revêt la diplomatie américaine, et enfin que la nation qui n’avait jamais persécuté une minorité catho.lique chez elle n’irait probablement pas persécuter une majorité catholique dans les possessions qu’elle venait d’acquérir au loin (3).Les négociations commencèrent.Dans la Semaine religieuse, de Mont- 1 en vue le retrait des moines des îles date du 1er septembre, M.(î obtenir j ré al en i # l’abbé Alfred Archambault, chanoine, la publié, sous sa signature, un intitulé : La France au Palais Y'st clh vraiment représentée / En voici les deux premiers paragraphes : Les droits sont subordonnés au Droit ; et en face «lu Droit absolu, qui a directement Dieu pour auteur, les droits particuliers des hommes n’ont J droit, de ce qui se passe actuellement en plus de force obligatoire.Fr:mw- Lc* reliSicux et lcs roIi9icilses -v .-, sont l'objet d'une persécution ouverte.Sans Dans le cas qui nous occupe il v ; , 1 1 .; i-gard aux services inappréciables que les avait, d’un côté, lo Droit naturel qui défend de faire le mal ; de l’autre, le i T education et aux œuvres de la charité, sans c’est là que les négociations ultérieures seront conduites lorsque le Délégué apostolique sera arrivé aux Philippines (1).Lorsque la nouvelle de la nomina lion de la commission Taft transpira, les prédicants des Etats Unis jetèrent de si hauts cris que le Secrétaire pour la Guerre s'empressa de nier qu’une telle commission eût été nommée.Puis Le monde catholique s’est ému, A bon un> et les autres rendent à la cause de militaire qui aucun souci de leurs droits reconnus par les plus hauts tribunaux de l’Etat, le gouvernement français les pourchasse, viole odieusement leurs propriétés, et oblige les plus dévoués des enfants de la France à exercer sur la terre étrangère leur activité et leur zèle incomparable.H En présence d'une législation aussi brutale, de faits aussi inouïs, on se demande si la France n’a pas brisé avec ses nobles et glorieuses traditions séculaires, on interroge l’avenir avec anxiété.Au Canada surtout, dans ce pays resté fidèle, quand même, A son affectueuse admiration pour l’ancienne droit de la discipline ordonne t\ l'inférieur d’obéir ù son supérieur hiérarchique.Mais il n'y avait pas.à proprement parler, confié : de droits.11 y avait absorption du , droit inférieur — le droit militaire — le Droit i seul devait être obéi.tard, lorsqu’il devint inutile de le nier, on fit savoir que le gouverneur Taft ne ferait que s’arrêter à Rome, en allant aux Philippines, et profiterait de l'occasion pour dire au Pape ce que le gouvernement lui demandait de faire.Pour rendre cette version plus vraisemblable, les instructions officielles données par Root à Taft, et publiées dans la presse des Etats-Unis, furent rédigées dans un langage fort péremptoire qui aurait sans doute gravement offensé le Vatican si les diplomates romains n’eussent eu de bonnes I causes les plus sacrées et les plus nobles : raisons de croire que ce langage était Droit naturel le On In verrait avec tant de regret devenir dggürm uniquement à calmer le fana- colonel do Saint-Rémy n’a donc réel, '“digne de son passé, indigne de .on beau ^ - s’a]aruiajt & |a seule pensée lement pas désobéi nu droit de la dis Clltll0jj u0 ».que lOncle Sam pourrait entrer en rela- cipline militaire, lequel droit avait, tiens diplomatiques avec l’Homme de momentanément, perdu toute force Qu’on nous permette une observa- Pêché (2).obligatoire, étant annulé par le Droit tion.Tous les Canadiens français ne On devait dire au Pape que le gou- aupéricur.On ne pouvait donc pas lui doivent pas être troubles oi honteux à.la veruementdes Etats-Unis désirait qu’il infliger la plus légère punition sans vue des exploits sataniques du gou.retirât immédiatement de l’archipel commettre une injustice.| reniement sectaire français ; autre- tous les religieux augustins, domini- Si l’argument, qu’il faut maintenir ment, ils s’abstiendraient, ce nous cains, franciscains et récollets, et que, la discipline militaire même en punis- semble, d’honorer les envoyés de ce s’ils n’étaient pas retirés, le gouverne* aeut un innocent, vaut quelque chose— gouvernement, scs représentants offi* ment des Philippines ne leur accorde- ^ ^ y „ ,m peu d’optimUme, ce non, ce que nous ne pouvons admettre— ciels, de leur adresser des compliments, - semble.Lu manière dont les gouvernements il fallait maintenir cette discipline de leur offrir des diners, etc.Surtout, (l) On lésait, c’est Mgr Guidi qui a été des différents Etats traitent la minorité d’une façon efficace Or très certaine- ils ne recevraient pas directement do nommé délégué apostolique aux Philippines catholique en matière scolaire, et la façon ment, un jour de prison" n’est pas une co gouvernement porteur des ho, sanction efficace lorsqu'il s’agit d’uue neurs et des décorations.^ Vérité.sauvages sont une véritable persécution désobéissance grave.Pratiquement, loi Si nous étions réellement (roubles et (2) Nom biblique que les protestants fana- légale, puisqu’elles constituent un flagrant colonel de Saint-Rémy a été acquitté, honteux en voyant ce qui'se passe en tiques donnent au Pape.— Note de la Vérité, jdéni do justice.—Note de ta Vérité.par le droit supérieur — naturel — qui Il en est toujours ainsi lorsque deux droits inégaux viennent soi-disant en confia : le supérieur absorbe, annule l'inférieur.S'il n’en était pas ainsi, l’homme pourrait être obligé, morale-1 Mère-Patrie, on est inquiet, troublé, bon- ment, il poser deux «des diamétrale- m«mc' °” >' *,“ u"‘ ,,r ment opposés - comme dans le cas que lui ont ^uré, dans le monde religieux du colonel de Sûint-Rémv ; — ce qui | et socin]i quinze siècles de dévouement aux est une absurdité.En obéissant au LA VÉRITÉ 8 .» * -—* Mais là Tribune, de Chicago, journal u L'archevêque, au cours de 5oll qui appuie l'administration, comme le discoure, paria avec les plus grands fait l'archevêque lui-même, commente ^ ^gieix" .u‘“tt amsi cette partie du sermon en que, particulièrement des efforts couronné tion : de succès qu’avaient faits, en faveur de l'œuvre de l'éducation, à Manille les RR.PP.Jésuites et Domini’ cains.” les organes de l’administration avaient l’ordre de reproduire.C’était dans un de ces organes, non dans le New Century, que nous l’avons vue et elle occupait près de deux colonnes.Les Philippins sont catholiques, dit M.Root, et l'on ne saurait faire d'eux autre chose ; le gouvernement désire gouverner les îles selon les vœux des Philippins catholiques; et jamais, pour un seul instant, il n’a songé i\ expul ser les moines.Il n’est pas difficile d’expliquer ce changement de ton chez le secrétaire pour la Guerre.La non réussite des négociations à Rome l’explique en partie, mais non entièrement L’action vigoureuse des catholiques des Etats Unis, au moyen de la presse et des sociétés, a manifestement produit une profonde impression sur le gouverne ment.Le Evening Post, de New York, l'un des journaux les plus sensés du pays, a exprimé cette manière de voir dans les termes suivants : Pendant quelque» jours, les correspondants spéciaux de la presse profane câblaient que tout allait comme sur des roulettes; que le Vatican accordait au gouverneur Taft tout ce que celui-ci demandait.Puis, ils changèrent de ton : Le Vatican restait inflexible sur la question du rappel des moines.En d’autres termes Taft n'avait obtenu rien de ce qu’il demandait.Ils essayèrent de nouveau à faire de l'intimidation, mais le souille leur manqua ; au lieu de faire des menaces, iis se mirent à plaindre l’Eglise qui avait perdu une si belle occasion de faire des affaires avec les Etats-Unis.Les catho liques de ce côté-ci de l’océan n’étaient pas surpris de constater que les uégo dations étaient arrêtées.Avec une assurance colossale, M.Root avait demandé au Vatican de rappeler les religieux pour lu raison que lesdits religieux étaient mal vus de la majorité des habitants des Philippines.Le Vatican refusa poliment de croire à cette accusation contre les moines sur l’affirmation non appuyée de M.le secrétaire Root, ou même sur les témoignages détaillés réunis par la commission Taft.La commission avait parcouru les îles proclamant partout que les Etats Unis allaient se débarrasser des religieux et demandant des témoignages contre eux.Assez naturelle ment, la commission eut des témoi gnagc-s contre les moines ; mais de tels témoignages sont sans valeur et ne prouvent rien si ce n’est contre ceux qui les avaient sollicités.Soumis au Vatican, ces témoignages furent tranquillement mis de coté.La question de savoir si les religieux devaient partir ou rester devait être décidée d'après d'autres et de meilleurs témoignages, et le Vatican attendrait que ces autres témoignages fussent produits.Dans tous les cas, les religieux seraient probablement rappelés, non subitement, mais peu à peu.Les négociations étant ainsi suspendues, on aurait pu s’attendre à ouïr l’aigle américain jeter de hauts cris.Au lieu de cela, M.le secrétaire Root t accorde une longue interview au ,Y< ,r Cent un/, de Washington, et de la façon la plus suave possible cherche à exonérer le gouvernement du soupçon de vouloir violer le traité de Paris.Son ton est très différent de celui qu'il avait adopté pour écrire au gouverne n Tait.Même le fait seul qu’il une interview A un journaliste catho lique dénote chez lui une disposition d’esprit semblable A celle du coon de Davy Crockett lorsqu’il s’écria : ‘ So tirez pas,colonel,je vais descendre (41”.Ordinairement, le reporter d'un j nal catholique, lorsqu’on daigne lui permettre de voir les grands hommes, est congédié, poliment ou rudement, au bout de deux minutes.En cette occasion nous pouvons raisonnablement supposer que le secrétaire Root fit mander le représentant du New Century pour lui dicter Yinlervicw que “ Probablement l’archevêque est trop nerveux.Les Américains sont plus sages et plus calmes qu’ils ne l’étaient à l'époque où fleurissaient le Kuow-Nothingisme et les préjugés aveugles contre les catholiques (7) ”.L’archevêque dit que les catholiques des Etats-Unis doivent être loyaux et patriotes.Mais assurément un homme peut être patriote et cependant ne pas vouloir que sa religion soit insultée.Les magasins de bric-à-brac de San Francisco, de Denver et d’autres villes étaient remplis de vêtements sacerdotaux, d’ornements d’église volés par les soldats américains, et les catholiques du pays ne firent entendre qu’une faible protestation.La commission envoyée aux Philippines se mit en frais d’établir que le clergé des îles était profondément corrompu — (bien qu’elle déclare maintenant que la mo ralité n'a rien à voir A la question ; alors pourquoi le “ comité des fini reurs” (smelling committee) a-t-il fait s.i sale besogne ?), et les catholiques des Etats-Unis n’ont pas dit un mot.A la fin, vint la nouvelle que des fonctionnaires du gouvernement ne Wash ington faisaient des efforts systématiques pour pervertir les Philippins au protestantisme.Alors les catholiques des Etats-Unis, au nombre de dix millions, se levèrent comme un seul homme et crièrent d’une voix de ton nerre : “ Cela ne doit pas se faire ’’.Et le gouvernement de Washington répondit : “ Cela ne se fera pas.” Le parti du Centre, au Reichstag allemand, a dû traiter avec beaucoup plus de rigueur le gouvernement de l'empire.Cependant sa loyauté n'a jamais été mise en question.Les catholiques américains feront bien de modeler leur conduite sur celle du Centre.Règle générale, comme le dit Par-tide du Casket, la position catholiques des Etats-Unis ont prise sujet de la question religieuse Philippines a été ce qu'elle devait être.Il y a eu des exceptions.Le Casket signale une.Parmi les journaux et les revues catholiques de la république voisine quelques-uns ont fait aussi ceptiou t\ la règle.Tandis que la presque totalitéjJe nos échanges catholiques des Etats-Unis refusent, exemple, de croire A la culpabilité des religieux, nous voyons que le f.dtholiv Citizen, Je Milwaukee, hésite et semble troublé.Nous voyons par le Lhthni;,-Universe, de Cleveland que les an aux en ex- par “ On ne saurait troubler le Vatican par nos procédés genre cyclone.La calme habileté avec laquelle il a reçu les demandes impétueuses de M.Root devait lui taire comprendre, ainsi qu’au président, qu’ils marchent sur des charbons ardents lorsqu’ils tentent de régler la question religieuse aux Philippins haut la main.Sans doute, l’impérialisme prétend ignorer la religion ; c’est à peine s’il peut endurer la moralité la plus élémentaire ; cepen dant, en traitant cette question des catholiques aux Philippines, il peut facilement soulever des préjugés religieux en ce pays qui seraient, politiquement, plus redoutables pour nos gouvernants impérialistes qu’une armée avec des bannières." un courageux défenseur des religieux, que 1‘/>/.astical llcviav et le Pilot prennent la même attitude défaillante- Le Citholic World, aussi, nous apprend le même confrère, verse du même côté.Cela no nous surprend pas.Mais, en somme, '•aLhoV" encore une fois, la presse c des Etats-Unis a pris, lion, une attitude digne.Au lieu de dire, comme VEcclesiastical lleciew qu’il ne faut pas essayer do “blanchir des ruines” ; que " les matériaux pourris doivent être rejetée de l’Eglise ”, elle proclame qu'il faut tenir les religieux des Philippines pour des hommes de bien jusqu’à ce qu’il soit prouvé, clairement et solidement prou vé, qu’ils ne le sont pas.Or jusqu'ici aucune preuve sérieuse n’a été iqUC sur cette ques- Dans le passé, les catholiques des Etats-Unis se sont montrés très indifférents au sujet des grands intérêts de l’Eglise ; va it craindre qu’ils ne devinssent aussi apathiques que leurs frères de France.Mais leur conduite dans la présente circonstance fait espérer une meilleure attitude à l’avenir.Que les nouvelle.-d on nées au sujet des tentatives de faire du prosélytisme protestant fusse»' exagérées ou non, il y avait certainement du danger qu’on ne tentât, ei avec succès, de pervertir la jeunesse des ües.Les chances de succès sont bien moindres depuis que les journaux et les sociétés catholiques ont fait ente» dre leurs protestations.C’est pourquoi bien que nous admirions beaucoup M Ireland, nous estimons qu’il trompé en critiquant ces journaux et ccs sociétés (5).Sans doute, il agit de-bonne foi, et craint réellement, comme il l’a déclaré dans un récent sermon, que la conduite suivie par les catholi ques des Etats-Unis ne soulève tempête de fanatisme semblable à celle qui a passé sur la républiqu caine aux jours des Know-Nothings(G).produite pour établir qu’ils ne sont pas dignes de tout notre respect, avons d’abord le fait historique indiscutable, savoir qu'ils ont converti christianisme et merveilleusement ci- c’est au point que l'on pou• Nous an vilisé des millions d'indigènes qui constituent aujourd’hui l'élite des populations de ces îles.A ce propos il est bon de citer, en faveur des religieux des Philippines, le témoignage suivant : Le 15 avril dernier, l’association des anciens élèves du collège de l'immaculée Conception, dirigé par les RR.PP.Jésuites, A la Nouvelle Orléans, donnait une réception il Son Excel lenco Mgr Chapelle, archevêque de lu Nouvelle Orléans, justement de retour des Philippines où il était allé en qualité de délégué apostolique.Un journaliste présent à la réunion a écrit ce qui suit : Il est vrai qu’il se trouve aux Philippines un certain nombre d'autres indigènes qui disent beaucoup de mal des religieux.Mais ces dénonciateurs des moines se recrutent nu sein d’une société secrète et maçonnique appelée Katipunan.Cette société se compose de sectaires haineux, do révolutionnaires impies que les moines ont dû combattre pour défendre la Foi, les mœurs et le bon ordre social.Naturellement, les membres de cette secte disent tout le mal possible des religieux.C’est leur témoignage, surtout, que la commission américaine a recueilli.Qu’une telle enquête ait suffi pour convaincre les predicants fanatiques de la république voisine, cela se comprend ; mais qu'elle ait pu ébranler des journalistes catholiques sérieux, cela se comprend moins.Tous les catholiques, particulièrement les journalistes catholiques, de* vraient savoir que les sectes maçonniques, filles de Satan,qui est le Père du mensonge, mentent comme lui.£1 ÜCCordé zr s’est ou r ment le réveiller.L'Eglise une réellement librf chez condition de se faire bien petite, de n’ûtrc pa# militante et de se confondre avec les sectes.C’est précisément la thèse que le directeur de la Virile a soutenu dans livre: Im situation religieuse aux Etait-UnU.—Note de la Vérité.(7) S’il y a aux Etats-Unis préjugés contre les catholiques aujourd'hui qu’il y en avait jadis, c’est peut-être parce que le peuple américain est moins américain maintenant qu'il ne l’était autrefois.L’immigration, si nombreuse, venue de toute» les parties de l’Europe, depuis 00 an-, adû modifier sensiblement l'esprit de la nation Cependant le vieux levain de fanatisme américain pur existe encore, et a pénétré sous la cendre.Une action un peu énergique plue ou moiue toute la de la part des catholiques pourrait facile- Tinté.n’est done nos voisins qu’à la % améri- 80 n (5) Allusion à une sortie récente de Mgr Varchevêque de Saint-Paul contre les journaux et les sociétés catholiques des Etats-Unis qui avaient cru devoir vivement contre la manière dont les autorités de Washington agissaient aux Philip-pines.—Note de la Vérité.moins de protester (4) Coon est une corruption du motraçcoon ou rackoon, nom d’une sorte de blaireau particulier aux Etats-Unis.Le coon grimpe dans les arbres.Coon hunting — la chasse aux coon*—est un sport très en vogue dans certaines parties des Etatt-Unis.Il se fait d9ordinaire au clair de la lune.Nous ignorons l’histoire de chasse à laquelle fait allusion le Quket.—Note de la Vérité* (6) Donc, d’après Mgr Ireland lui-même, le vieux fanatisme anticatholique aux Etats-Unis n’est réellement pas mort, comme on le prétend parfois, mais couve seulement masse.— Note de la
de

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