La Vérité, 1 avril 1896, samedi 25 avril 1896
lôieme AÎÎ1TB3 Quebec Stmiutil 25 Avril 18 U 6 Ho 39 LA VÉRITÉ AVIS abonnements Uanada el Elats-Unls.$8.00 $1.00 Toute demande de changement d’adresse deli cire accompagnée de l’ancienne adresse Un au Six mois Etranger (Union vostalk.) JOURNAL HEBDOMADAIRE I.13.50 (7h au Telephone : 2827 mm #••••• • • '* VBR1TAS liberabit VOS—la vérité vous rendra LIBRES.’* J, p, Tardivel, Directeur-Proprietaire Bureaux : Chemin Saiute Foye pres Quebec parfois de l'héroïsme.On peut le croire du moins, en voyant combien sont nombreux ceux qui se laissent acheter.Ce n'est pas assez pour le journaliste chrétien de se garder de l’infamie et de ne pas se vendre.Il lui faut éviter des fautes d’un autre genre,moins graves assurément,mais encore très préjudiciables à la cause de l'Eglise.Défenseur de la vérité, il devra attaquer l’erreur, même lorsqu'elle est soutenue par les puissances politiques ou les auteurs illustres que l’éclat du génie rend sacrés pour la plupart des critiques Cependant sa fermeté de principes ne dégéuèrra pas en obstination.Fils docile de l’Eglise, il saura sacrifier ses théories les plus chères, s’il les voit eu opposition avec les enseignements du Pape, on de la grande majorité des évêques.Il se souviendra que l’esprit de la religion est avant tout un esprit de charité et il tâchera, dans le feu de la lutte, de ne pas se laisser emporter par la passion et la vengeance, jusqu’à la calomnie et 1 injustice.Le public trouve, dit-on, son plaisir à ces joutes de plume ; mais la charité en soutire, et la cause de la vérité ne gagne rien à ces querelles envenimées où les personnalités blessantes tiennent souvent lieu d'arguments.Sans doute la patience des journalistes est mise à de bien rudes épreuves et la vengeance se colore parfois des plus beaux prétextes ; mais — tout eu faisant la part des exigences de la controverse — il ne faut pas oublier que les règles de la charité, exposés dans les traités de morale, regardent les journalistes aussi bien que les autres fidèles.Ils n’ont jamais reçu et ne recevront jamais de dispense sur ce point.C'est évidemment aux prêtres écrivains à donner l’exemple aux laïques eu matière de charité.Ou trouvera peut-être que nous avons placé trop haut l'idéal du ré dacteur catholique et qu'il est bien difficile de trouver réunies en nu QTJEPEO SAMEDI 25 AVRIL 18% déjà tombés qui combattent courbés à leur poste ; d’autres sir entre nous et encore, sont déjà gardons comme nos pires ennemis, sons le poids des ans et de j Voilà une croisade qui est à la portée la fatigue, et pourtant les bataillons j de tout le monde, même des femmes ennemis grossissent et la brèche s’é* — surtout des femmes, largit tous les jours (1) ! ceux que nous re- LA BONI PRESSE Ne nous lassons pas de le répéter : la grande cause de l’universel affaiblissement de l’esprit chrétien, c’est p ., .».la lecture des mauvais journaux.1 u,qu„,,dcm;md=.,.on Parf0,s.y| .Dim„ „„ des derniers * 1 appui de leur plume ?C’est bien un peu la faute des auteurs qui vont chercher le succès et le profit chez ceux qui le donnent à bon compte.Mais c’est surtout la faute des lec (Du Messager (lu Cœur de J's ns, de Toulouse.) IV (Su île) III Avons-nous assez demandé nu chevalier de la /daine ?Non.Après les qualités geons avons intellectuelles, nous exi- pour se procurer un mauvais journal.Le lendemain, à la de lui des vertus ; et nous en le droit, puisqu’il s’agit de cause sainte.Pour dé- gare, en attendant le départ du train, deux congressistes lisaient publiquement deux journaux très vieillard vénérable soutenir une fendre l’Eglise de Jésus-Christ, nous voulons des chrétiens, non seulement des hommes baptisés, mariés devant un prêtre, assistant à la messe pour leur famille, mais des Un suspects, s’avance vers eux : “ Comment, leur dit-il, achetez ces feuilles impies !” Un peu honteux, ils répondent : “ Nous voulions voir ce que disent de la uion d hier les journaux - “ Moi teurs et des abonnés.Le journalisme catholique ne rapporte /ms, dit-on.Eu effet, les catholiques ne le soutiennent pas assez, et bien des écrivains honnêtes, vous y accompagner chrétiens pratiquant tous les com mandements de Dieu et de 1 Eglise, réu- ni ils ennemis, répond le prince de Lœ- pauvres, qui seraient heureux de défendre la vérité, poussés par la faim, r„ustcill, prfaideul dn c„n„rès -mauvaise conseillère, se rapprochent • , .° de l’erreur, qui les paie bleu."V eUU lul “ T" " " “hè,e Le premier devoir dos catholiques “» (lc « f nre ; quand est -t évident, qu'on ose à peine le V ““ ^ 4« llre' ' ' 1 1 dans un ce des hommes animés de l'esprit chrétien.N’est-il pas choquant d’entendre prêcher les vérités de la religion homme qui les croit à peine, exposer les principes de par un d'entendre je vais le un un café.N'oubliez /ms que c'est qnécisément l'achat méro qui fait vivre beaucoup de journaux (2)." par un nomme que scs voisins montrent du doigt et que l'on rencontre plus souvent dans les foyers des théâtres qu'a 1 église ?Cela s’est vu quelquefois.On nous dira que dans certains journaux politiques une conviction si intime n’est point nécessaire, qu'on peut soutenir une opinion, à tant la ligne, tout en étant prêt à plaider le contraire le lendemain, comme au palais.L’Eglise exige de ses défenseurs plus de sérieux et de conviction ; elle n'admet pas certains compromis indulgents; elle est exclusive, comme la vérité.D’ailleurs c’est une œuvre surnaturelle que prétendent faire les apô très de la presse, et pour de telles œuvres le secours de Dieu est nécessaire.Jeanne il’Arc ne voulait promettre la victoire qu’à des soldats bien confesses ; nous ne réussirons dans notre croisade contre la presse irréligieuse que si nos journalistes sont de vrais et fermes chrétiens.A défaut d’autre preuve, le spectacle que nous avons sons les yeux depuis quelques années, depuis quelques mois surtout, suffirait à nous montrer que les journalistes ont besoin d’une vertu peu commune, capable de résister aux tentations de ra mentioner ; et cependant, il faut le rappeler bien haut, puisque beaucoup le méconnaissent.Ce devoir est de ne pas soutenir les publications dangereuses, de s'interdire absolument la lecture et ¦surtout Y achat des mauvais journaux.“ Qui soutient la mauvaise presse?s'écriait un jour Wiudfhorst ; qui achète les mauvais livres ?Les honnêtes gens, nouveau commandement de l’Eglise * » * au nu- Outre le danger très réel de poisonner, outre le donné aux autres, il y achat — et aussi dans 1 abonnement à de semblables journaux eoursdonné à une œuvre corruptrice.Ou peut l’affirmer bien haut : si l'on retranchait à certains journaux irréligieux l’argent que leur donnent 1 catholiques, ils seraient -de sombrer.Les francs-maçons juifs et les impies de toute se gardent bien d'acheter nos publications ; pourquoi ne leur rendrions-nous pas la pareille ?Mais certains bons journaux, oh-jete t-ou sont mal informés ou ne sont pas intéressants.Ou pourrait souvent discuter sur ce point ; cependant quand même il faudrait admettre cette infériorité pour quelques feuilles de province, il serait encore aisé de répondre : 11 Si cela est vrai, c’est en partie la faute des catholiques Donnez de l’argent à ces journaux, recrutez leur des abonnés et ils poliront acheter des fils spéciaux et payer des chroniqueurs de talent.” Malheureusement il y a d’autres raisons de ces compromis coupables, et le plus souvent ce sont celles qu’indique le P.Fayollat : “Due curiosité malsaine et l’attrait du fruit défendu, le respect humain, la vanité qui fait choisir un tel journal, même dangereux, parce que le monde distingué, le high life, le reçoit ?” Soyons catholiques tout à fait et ne pactisons pas avec l’erreur et la mondanité.Interdisons-nous impitoyablement l’achat des journaux qui bafouent ce que nous honorons ; chat» sous-les de nos maisons et des maisons où nous avons accès.s em* mauvais exemple a dans cet — un se- Et il demandait un es eu danger ainsi conçu : les Mauvaises feuilles ne liras Ni brochures également.Ou a foudé une Œ ivre pour la destruction des mauvais livres.Ne pourrait-on pas faire une croisade analogue pour la destruction des mauvais journaux ?Ne craignons pas de faire la guerre à nos amis à nos employés, à nos fournisseurs, qui achètent ces feuilles venimeuses.Si nous ne pouvons l?s persuader par la douceur, faisons-leur comprendre qu’ils aient à choi- nuance seul homme tant de qualités.Nous l’avouons, notre siècle, le siècle des journalistes, n’a pas encore produit do saint à miracles dans cette profession ; cependant les modèles à imiter ne manquent point parmi les vaillants chrétiens qui se sont (1) Dans son mandement de 1896 l'intrépide évêque de Séez, Mgr Tré-garo, écrit ces belles paroles: “Notre devoir est d’encourager, de soutenir par tous les moyens à notre disposition les vaillants qui consacrent leur temps, leurs talents,leur intelligence, tonte espèce.consacrés à l’apostolat de la plume, leur dévouement à cette œuvre par Il leur faut d’abord un grand dé- Que Celui pour lequel luttent ces cdlence.Nous sommes heureux de sintéressement.Le pouvoir leur braves les fortifie, les console et les ^ Profiter de cette circonstance pour fait parfois le, offre, le.plus sédui-1 cucoumge ! Qu'il daigne leur «cor- :“qS”»?” sautes, s ils veulent bien faire ceci der un zole que rien u arrête et une iaissent pa8 décourager par les ob-ou taire cela.Puis des financiers patience que rien ne lasse ! Leur là- stades ; leur tâche est noble et les plus on moins consciencieux vieil-1 che est laborieuse et ingrate : elle honore grandement.Fonder, soutc-nent demander un concours positif les expose à des haines jalouses, à Ul?journal, destiné à éclairer les ou un silence complaisant.Fermer des rancunes furieuses, à des travaux !u,Vl * g ouces, “ ramener les esprits e .i ces propositions allechan- pénibles, payes le plus souvent par sans contredit une œuvre de premier tes, alors que la caisse du journal est d amères critiques.Que Dieu leur ordre.Les écoles libres elles mêmes peut-être vide, ou même que les dot- suscite des compagnons d’armes et n'auront leur effet que soutenues par tes criardes s'accumulent, cela sera des successeurs, car plusieurs sont bonne presse.ex - (A suivre) (2) lt.P.Fayollat, VApos'o'at de la I Presse, p.99. 1 2 LATERITE nous, parce qu’il jugeait que oetté légts- mise on demeure de réparer elle-même LA SITUATION Canada ne parvient à faire lation empiétait sur ses prérogatives.l'injustice, et elle avait péremptoirement que dea efforts désespérés pour ao hisser De fait, le gouvernement d’Ottawa a refusé de le faire.Le parlement fédéral au pouvoir par n'importe quel tno librement recours au droit de désaveu était alors en session.Une loi réparatri- a-t-il eu tort de se mettre à la merci de ce était toute prête, rédigée d'avance ses adversaires.Etant données nos dé en provision du refus de Manitoba dJa- piorables mœurs politiques il gir.Le gouvernement n'avait qu'une vait compter sur le moindre chose à faire : saisir le parlement de leur part.Au contraire, plus il avait be.son projet de loi immédiatement et le soin, pour faire triompher sa politique' taire voter le plus tôt possible, avant d’un coup de main de l'opposition, plus que l'opposition libérale et les sectaires il était certain de voir cette tories eussent le temps d’ourdir de nouveaux complots.M.Laurier c'avait pas encore imposé à sou parti sa fameuse politique d’enquête ; les libéraux français auraient été obligés, en quelque sorte, d'appuyer une loi réparatrice ; MM.McCarthy et Wallace n’avaient pas alors conclu l'alliance qui existe Ou a d’abord attaqué la constitution- entre eux aujourd’hui.Eu un mot, c’é-ualité des lois mauitobaiues devant les tait le temps tribunaux.Cette tentative a échoué de- une lui remédiatrice.autre chose Le moment est venu denvisager froidement la situation politique qui nous -est faite par les derniers événements.Où en sommes-nous, et où allons-nous î Voilà la première question qu’il faut se poser.Que faut-il faire ?Tel est le problème que nous tâcherons de résoudre ensuite.Nous, Canadiens-français, nous sommes dans le pétrin, pour employer une expression populaire.Nos ennemis les plus acharnés sont dans la jubilation et triomphent sur nous, il serait puéril de le nier.Nous avons été battus, archi-battus, roulés et bafoués.A quoi bon le nier ! A quoi bon ne pas l’avouer t Depuis six ans nous essayons de faire rendre justice à nos coreligionnaires de Manitoba ; et à l’heure qu'il est ces coreligionnaires sont, pratiquement, dans la position où ils étaient il y a six ans.Théoriquement, leur position s’est améliorée, puisqu’ils ont eu leur faveur le jugement du Conseil privé qui déclare leurs griefs fondés et demande que le pouvoir fédéral y apporte un remède efficace.Mais, dans la pratique, les catholiques mauitobains sont privés de leurs droits constitutionnels, leurs écoles séparées n’ont pas été rétablies, et ils sont obligés de contribuer au maintien d'écoles dont ils ne peuvent pas, en pour se protéger lui-mômo contre les législatures, ruais il ue veut pas l'employer pour protéger les minorités catholiques contre ces mêmes législatures.Pourtant, il est certain que les fondateurs de la Confédération avaient principalement eu vue la protection des minorités en donnant au gouvernement central le droit de désaveu.Ou a préféré une autre procédure qu'on prétendait meilleure parce que, disait-ou, elle exciterait moins les passions et les préjugés que “ la politique brutale du désaveu ” : la procédure judiciaire.UC pou.appui de opposition s'acharner contre lui.Certes, pas ainsi que les choses devraient se passer, mais c’est ainsi qu’elles se sent, invariablement ; ce n’est pas- et eu négligeant d'en tenir compte, en se mettant à la merci de l’opposition, en ne saisissant la chambre de la législation réparatrice qu’au moment où lo parlement allait expirer et où il était si facile de faire efficacement de l’obstruction, vernement a commis une sottise,ce qui en politique, se pardonne ou jamais de faire voter le gou- vant le Conseil privé.Puis est venue l’interveutiou du pouvoir fédéral par une loi rétablissant la minorité manitobaine dans la jouissance de ses droits foulés aux pieds par la législation provinciale de 1S90.Il nous a toujours semblé que cetie intervention du pouvoir fédéral,par voie législative, pour corriger une législation provinciale, devait nécessairement causer, pour le moins, autant d‘irritation que l’anuulatiou pure et simple de cette même législation, au moyeu du désaveu.Et sur ce point ce que nous avions prévu est arrivé.Le désaveu aurait soulevé une tempête, disaient les conservateurs.Et la tentative que l’on a faite de redresser les griefs de la minorité au moyen d'une loi fédérale, qu’est-ce qu'elle a soulevé, elle ?Non, du moment qu’on voulait arracher la minorité manitobaine d'entre les griffes de la secte maçonnique, il fallait s’attendre à une tempête, quelque procédure qu’on adoptât.Donc, nous prétendons que l’histoire dira que le gouvernement fédéral a commis une première erreur, et uue erreur très grave, en n'appliquant pas aux lois de persécution le fer chaud du désaveu.Mais voyons quelle a été la conduite du gouvernement fédéral, la question du désaveu étant mise de côté.D’une manière générale, on peut dire que jusqu’au mois de juillet, 1395, le gouvernement n’a pas manqué à son devoir, du moment que l’ou admet que s’était la voie judiciaire qu’il fallait suivre.Les différents procès, la consultation du Conseil privé pour savoir si le gouvernement fédéral avait le droit d’intervenir, la mise en demeure du gouvernement manitobain de réparer lui-même l’injustice commise à de la minorité, mise en demeure absolument nécessaire pour donner juridiction dans l’esoèce au pouvoir fédéral cela devait prendre beaucoup de temps; Au lieu de marcher hardiment avant, le gouvernement se mit à hésiter et à trembler.Il renvoya la législation remédiatrice au mois de janvier et entra de nouveau en négociations avec le gouvernement Greenway.Cette politique était tellement louche, indiquait un tel manque de sincérité ou de prévoyance que la Minerve elle-même, dans sou numéro du 11 juillet, ne put s’empêcher de dire : ces circonstances, il ne leur restait (aux ministres français) qu'une chose à faire, résigner, et c’est ce qu'ils firent tous les trois.” moins facile- en meut qu’une faute.De plus, on peut dire que le gouvernement, en ne présentant son projet de loi qu'à la fin du parlement, blement tenté l'opposition do faire ce qu’elle a fait a venta- En parlant ainsi nous supposons chez les membres du gouvernement véritable de remplir leurs promesses, de faire voter la loi réparatrice.un désir Dans Beaucoup de personnes, qui n’ont rien de commun avec le parti libéral, sieurs des ministres ont joué une ira- croient que plu- conscience, se servir.Le mandat de notre Souveraine, ordonnant de remettre la minorité cal ho lique de Manitoba dans la jouissance de ses droits constitutionnels, n’a pas été mis à exécution.Ou s’en est moqué, on s’eu moque encore.Et Von s’en moque parce qu’il s’agit d’une minorité catholique et en grande partie française.S'il se fût agi de la minorité protestante et anglaise de la province de Québec, en supposant, par impossible, que l’intervention de l’Angleterre eût été nécessaire pour la protéger, l’ordre du gouvernement impérial eût été exécuté imrné diatement, à la lettre.Et pour le mettre à exécution, on n’eût pas reculé devant l’emploi de la force militaire, si le gouvernement de Québec eût fait preuve d’un quart de l’audace que le gouvernement de Winnipeg a impunément étalée aux yeux de l’univers.Après six ans de lutte, les catholiques du Canada, qui constituent au moins le tiers de la population de ce pays, n’ont pas réussi à faire rendre justice à un groupe de leurs coreligionnaires qu’ils avaient entrepris de défendre.Voilà le fait brutal.Il est humiliant pour nous, assurément, et il devrait nous faire faire de sérieuses réflexions.Etablissons, encore une fois, les responsabilités.D’abord, nous maintiendrons toujours que le vrai remède à appliquer au mal, c’était le désaveu, par le gouvernement fédéral, de la législation persécutrice de MM.Martin et Green way.Le pouvoir de désavouer toute législation provinciale que la loi organique de 1867 confie au pouvoir fédéral est certes une arme redoutable.Mais c’est une arme dont le gouvernement d’Otta- rnense comédie, qu'ils n’out jamais eu Malheureusement, un seul des nôtres l'intention de nous donner une loi resta ferme au poste de l’honneur, deux autres, peut-être avec de bonnes reine- Les diatrice, et que tous ces retards étaient troidement voulus pour rendre impossible l'adoption finale du bill.On peut soutenir cette manière de voir sans intentions, commirent la faute impardonnable de retourner dans le cabinet, sous prétexte de sauver quelque chose du naufrage.Ils n’ont rien ils ne pouvaient rien sauver, et leur rentrée dans le cabinet divisa porter un jugement téméraire ; mais, enfin, nous voulons l'écarter, pour le moment, et ne voir que du l’incapacité et de l'imprévoyance là où tant de sauver encore une fois les Canadiens-français que la crise avait momentanément réunis dans la résistance.nos amis voient malice et duplicité.Quoi qu’il en soit, la faute du vernement est énorme ; et comme nous le disions la semaine dernière, lui qui est surtout responsable de ce gou- La politique inaugurée en juillet devait être fatale à l’adoption d’une loi remédiatrice pendant le présent parlement.Renvoyer la question au tnoiàde janvier, c'était donner ü l’opposition le temps de se fortifier, c'était fournir aux éléments haineux et sectaires l'occasion de s’agiter.Puis, nous avons quée au commencement de la session c’est qui arrive.Ce mot surtout a déplu à quelques-uns de nos lecteurs.une préférence donnée à M.Laurier et au parti libéral.M, Laurier est coupable, mais le gouvernement l'est davau-eu la crise provo- tage, donc il faut soutenir M.contre le gouvernement, voilà l'on a cru être notre raisonnement.Ceux qui nous ont prêté de telles idées sont dans une étrange erreur.Pendant des mois nous avons déclaré que si la loi réparatrice n'était pas votée avant les élections générales rions forcément opposé au gouvernement, parce que nous voyions le gouvernement adopter une politique qui devait fatalement aboutir à un désastre ; nous avons toujours ajouté que nous serions également opposé nu chef mettre de côté l’esprit de parti.Se sou- de l’opposition ; et certes la conduite do et tout cela parait avoir marché aussi!venant qu’ils étaient catholiques avant M.Laurier dans ces derniers temps promptement que, dans notre pays; les d’etre membres de l’opposition, ils au n’est pas faite pour nous engager à lui affaires de ce genre marchent ordinaire- raient dû prêter main forte aux minis- donner le moindre appui.Ils ont cru y voir Laurier ce que de janvier, probablement avec l’arrière-pensée de faire manquer la législation réparatrice ; le retard inexpliquable apporté au dépôt du projet de loi ; enfin la fameuse conférence avec le gouverne-Tout cela était la ment manitobam.continuation de la politique inaugurée eu juillet et devait aboutir au désastre nous si“- l'égard que nous voyous.Sans aucun doute, M.Laurier et les libéraux français, au embarras du gouvernement, auraient dû lieujde profiter des mais tout ment, très, les aider à faire voter la loi, à l’a- En disant que lu gouvernement est Aussi avons-uou; appuyé le gouver- méliorer.surtout responsable de l’échec peut-être nement jusqu au mois de juillet 1895, En Angleterre, où il y a de véritables fatal que subit la politique réparatrice, tout en le b Amant de n avoir pas eu hommes d’Etat à l’esprit large, on a vu * nous ne faisons que formuler une vérité recours au désaveu, et tout en redou- ; l’opposition jouer ce rôle vraiment pa-1 constitutionnelle et historique ; nous ne tant que la politique dite judiciaire n’a- triotique.Mais ici tout est petit dans donnons et ne voulons donner aucune-boutît finalement à un désastre.! notre monde politique ; M.Laurier et ' mont & entendre qu’il faille porter le Maii au mois de juillet, le gouverne- ' ses principaux lieutenants sont particu-1 chef de l’opposition ment, encore, il désavouait une loi ma- ment fédéral a commis une nouvelle librement rabougris, nitobaine qui imposait une taxe sur erreur, absolument fatale, cette fois, certaines institutions de crédit, croyons» tant qu'il l’aura, doit se servir avec Ce n’est [as un argument de wa sagesse.dire qu.’il ne doit pas s’en servir parce qu’il pourrait en abuser.D'ailleurs, il s’en sert.Tout dernière» ' , au pouvoir.Dieu nous garde de tomber dans un tel éga- : Aussi le gouvernement, qui savait à remeut 1 La législature manitobaine avait été merveille que jamais l’opposition au Dans toute cette affaire des écoles, M. ••'*1 LA VEttITE 3 Laurier a joué le plus triste, le plus vi-rôle que jamais homme politique canadicn-français et catholique ait joué.Pendant longtemps il a relusé do se prononcer sur la question débattue, savoir : les catholiques manitobains ont n'ont-ils pas droit aux écoles invisibles à l'œil,avaient traversé un livre et avait agi sur une plaque sensibilisée.Do là Vidée de photographier à travers les chairs, le bois, etc.On ignore entièrement la nature doccs le ministère actuel qui nous a si cruellement trompés, soit par malice, soit par incapacité, peu importe.Il nous fera sans doute de nouvelle?promesses, mais les tiendra-t-il plus qu'il n'a tenu ses promesses antérieures ?Peu de nos amis LES RATONS Z A L’UNIVERSITE LAVAL lain Mardi soir, quelque* personne* avaient runi- morvoillcuses ex • rayons ; voilà pourquoi on leur a donné le nom ds l’inconnu en algèbre : X.Travaillant sur cette découverte, Editeur de la Vérité était au nombre du cos f*on vient d inventer le skiascope qui est.tout simplement une boîte en carton noir au fond de laquelle il y a un papier imprégné de tungstate de calcium.A la lumière ordinaire, vous ne voyez absolu-* ment rien dans cette boîte.C’est comme si l’insigne privilège d'assister, à vorsité Laval, aux périencos dos fameux rayons X.Le direc- voudront s'exposer à être de nouveau les dupes d'hommes qui se mettent délibérément dans l'impossibilité de remplir ils ou éparées.Il se contentait de répéter que si les écoles dites nationales de Manitoba étaient protestantes, c'était une | leurs plus solennels engagements, injustice ; donnant h entendre que si ces D'un autre côté, nous ne saurions écoles étaient neutres ou sécularisées, donner notre appui à un parti qui, non les catholiques devraient les accepter.seulement ne nous promet rien, mais Puis il a trouvé la fameuse échappa- qui s'est déclaré carrément contre l’in- s privilégiés ; nvii* il est bon d’aj >«it ;r, ira médiutemont, qu’il n'y a pas été invité en sa qualité de journaliste.Mgr Laflumrno n’avait pas réuni ces quelques spectateurs dans un but do réclame, et c’est par hasard qu'un j nirna-liste h’est trouvé parmi eux.Lo recteur du T Université Laval est vous regardiez dans un four.Mais éteignez les lampes, faites'entrer un courant é ectriquo do la bobine Iîuhmkorff dans un tube de Crookes, placez vous devant ce tube et regardez de nouveau dans votre skiascope, et vous serez émerveillé.Le fond, qui était noir tout à l’heure, est maintenant fluorescent.Placez votre main entre le skiascope et le tube, aussitôt vous apercevez l’ombre des os.Mettez .un bloc du bois entre votre main et le tube, les rayons, traversant le bois, vous, montrent toujours le squelette.Le tube de Crookes a la forme d’une toiro de l’enquête.Avant de rien faire il voulait une enquête sur une question qui avait été discutée et débattue, pendant cinq ans, et que le Conseil privé avait finalement tranchée en faveur de la minorité.En dernier lieu, il a proposé le ren- trrvention fédérale en faveur de la minorité ; qui veut régler la question par un compromis dans le genre de l’offre de MM.Sifton et Cameron : la sécularisation complète des écoles publiques, avec une demi-heure de catéchisme après les heures de classe.aussi modeste que savant, et ses travaux ont pour unique objet l’avancement de la science au Canada.Ce n’est pas lui qui voudrait faire du bruit dans les journaux pour attirer l’attention du public sur lui-même et sur son institution.Et si nous nous permettons de parler de cette séance tout intime, ce n’est pus pour flatter Mgi La fl am me, mai* afin que l’on sache quo notre Université catholique et française de Québec c>t à la hauteur de ea mission voi pur et simple du bill remédiateur, Voilà comment la question se réglera sans rien offrir à la place de ce projet, infailliblement si M.Laurier arrive au Pour tout dire, en un mot, M.Laurier pouvoir.Ce serait un désastre, a joué véritablement le rôle d’un traus- Il est inutile, cependant, de se le ca-fugt\ puisque, depuis cinq ans, au lieu cher : le sentiment de profonde exaspé-de combattre du côté des catholiques et ration qui existe contre les ministres des Canadiens français, nous l’avons j actuels tournera au profit de M.Laurier vu du côté de nos ennemis.Il et le portera probablement au pouvoir, n’a fait d'efforts qu’en faveur du gou- si l’on force les électeurs à choisir entre vernement Greenway, il n'a eu de le gouvernement qui nous a tiompés et sympathies que pour les oppresseurs l’opposition qui nous a combattus, do la minorité.Il s’est élevé bien des Nous osons espérer que les honorables MM.Angers, de Boucherville, J.-J.Boss, Landry, parmi les sénateurs ; MM.Dupont, Frémont, Angers, Beausoleil, Delisle, etc, parmi les députés, et d’autres hommes patriotiques en dehors du parlement, jetteront, sans délai, les bases d’un Centre indépendant et du gouvernement et de l’opposition.Le chef de ce Centre est tout indiqué : c’est l’homme prévoyant qui ne s’est pas trompé sur les conséquences de la politique inaugurée en juillet, dernier; c’est l’homme courageux et désintéressé qui est sorti du cabinet pour ne pas accepter la responsabilité de cette politique désastreuse.poire très allongée, et mesure huit ou dix pouces.Ce tube est hermétiquement fermé, et l’on n’y a laisséqu’un millionnièrne d’air.Le courant électrique y produit une sorte de fumée et suit pas à pas les progrès de la science moderne.Elle peut avoir des émules qui font plus de bruit qu’elle, mais elle n’a pus do supérieure sur ce continent.Depuis quelques mois, nos lecteurs le toujours d’une belle ou vapeur nuance verte, qui est projetée du côté op- savent, on photographie les os à travers les chairs, dos pièces de monnaie placées | P0?^ ^ ^ cathode ou pôle négatif, portefeuille, des objets renfermés dégagement sensible de chaleur.lumière verte éclaire très peu; mais de ce foyer sortent des rayons invisibles qui., avec Cette dans un dans une boîte en bois.Mgr Enflamme a obtenu de très belles photographies de ce genre qui sont exposées chez M.Liver ‘ noi*.La photographie au moyen des | rayons X est déjà de l’histoire ancienne.Mais ce qui est plus récent et moins connu du public, c’est l’appareil appelé skiascope—de deux mots grecs, skia, ombre.et scopeicn, regarder—au moyen duquel, giàce aux mystérieux rayons X, on voit à travers la chair, le bois, les vêtements, le cuir et autres substances réputées opaques et qui sont, en effet, absolument réfractaires aux rayons lumineux ordinaires.Oui, au moyen du skiascope, appelé aussi fluoro.-cope, on voit les os do la main, du bras ; on voit une plaque do métal à travers une planche, etc.Ou plutôt, pour parler exactement, on voit Y ombre des os, du métal, etc ; car les rayons X traversent la chair, les vêtements, le bois, etc, et sont interceptés par les os et les métaux.Si vous regardez votre bras, vous ne voyez ni l’étoffe de votre habit, ni la chair, mais l'ombre des os, l’ombre du bouton de votre manchette, indignation contre ce qu’il appelait la politique brutale du gouvernement fédéral à l’égard du gouvernement manitobain, et jamais il n’a eu un mouvement de légitime colère contre ce gouvernement Green way, persécuteur, disons pas des siens, mais des fois avec comme nous l’avons dit, pénètrent un grand nombre de substances.Ils produisent sur le papier sensibilisé qui se trouve au fond du skiascope une belle fluorescence ; et cette fluorescence agit sur la rétine de l'œil, comme la lumière ordi- nous ne nôtres.naire, et nous permet de voir les os et autres corps réellement opaques quo les rayons X ne traversent pas.Nous ne sommes qu’au commencement des merveilles des rayons X qui peuvent nous mener loin.Soyons certains que notre Université se tiendra au courant des développements de cette découverte extraordinaire.Non, nous considérons que M.Laurier et ceux qui l’ont aveuglément suivi se sont rendus à jamais indignes des suffrages des catholiques et des Canadiens-français ; et le gouvernement fût-il cent fois plus coupable qu’il ne l’est, fût-il coupable de l'affreuse duplicité dont plusieurs le soupçonnent, qu’il ne saurait être question, pour nous, de nous tourner du côté de M.Laurier et des bien simple : le triomphe de la cause des écoles catholiques à Manitoba.Il ne devrait pas se proposer de dé-Ce serait une véritable folie pour les truire le gouvernement actuel Le programme de ce Centre serait Au Parlement Federal Que cela soit bien entendu, une siens.Comme nous l’avions prévu, le gouvernement fédéral, constatant l’impossibilité de faire voter le bill re médiateur, l’a virtuellement abandonné,jeudi de la semaine dernière.Il aurait voulu faire voter au moins une partie des subsides ; mais l’opposition, naturellement, tenant le gouvernement dans l’impasse où il s’est déli-béiémont placé, ne veut pas plus accorder les subsides qu’elle n’a voulu voter la loi remédiatrice.C’est tout au plus si quelques crédits, absolument indispensables, seront votés.Los élections générales devront avoir lieu bientôt et le parlement devra se réunir immédiatement après, pour voter le budget de l’exercice do 9G-97 qui commence au 1er juillet.La session qui se termine cette semaine par Inspiration constitutionnelle du parlement, aura été la session la plus inutile, la plus vide que nous ayons jamais eue au Canada.Convoquée expressément pour régler la question des écoles, elle prend fin sans que ce règlement soit efluctué.Elle no pourra pas mémo nous donner le budget pour le prochain exercice, et il faudra dépenser encore un demi million pour l’avoir.Beau régime que le régime parlement, taire 1 Il faut espérer que nos hommes politiques profite:ont de la leçon et qm jamais or.ne verra un gouvernement attendre & la fin d’un parlement pour essayer do régler une question importante.fois pour toutes.ou aucun amis de la cause des écoles catholiques gouvernement ; mais de forcer tout gou-do compter sur des hommes qui se sont! vernemeut à rendre pleine et entière jus-toujours montrés les ennemis acharnés de cette cause.lice à la minorité mauitobaiue.etc.Si, comme quelques conservateurs le prétendent, le gouvernement actuel est sincère, si réellement il veut rétablir les Ces rayons X sont tellement pénétrants que Mgr Laflammo a pu nous faire voir à travers de» blocs de bois ayant une épaisseur de quinze ou seize pouces ! C’est vraiment incroyable, et cependant rien n’est plus vrai.Nous avons vu, de nos yeux vu, ce qu’on appelle vu.” C’est à l’Université Laval, croyons-nous, que revient l'honneur d’avoir été le théâtre de la première expérience de ce genre au Canada.Pour la médecine chirurgicale, la découverte des rayons X et l'invention du skiascope sont vraiment piécicuses.Le procédé par lequel on prenait une photographie des os et des corps étrangers à travers les chairs était déjà merveilleux ; mais l’instrument bi simple qui permet au médecin d’examiner à loisir la charpente osseuse d’un homme plein de vie, est bien plus étonnant encore.C’est, sans conteste, la découverte la plus extraordinaire de notre siècle.On le sait, c’est io professeur Rœntgen, de Wurtzbourg, qui a découvert les ray , Ils les a découverts par hasard.I Voulant améliorer la lampe électrique 1 incandescente, il faisait des expériences i avec le tube de Crookes.Un jour il s’aper çoit que des i ayons partant de ce ’ tube recouvert do papier noir, et Nous voilà donc entre deux maux ;et de ces maux M.Laurier et son parti ne sont certainement pas le moindre.Car s’il est vrai que c'est surtout le gouvernement qui doit être tenu responsable ce Centre sur l’appui duquel il pour.de 1 échec quo subit la cause de la jus- ; rajt compter si, rachetant ses fautes pas-tice, il faut ajouter que c’est le parti ’ libéral qui s’est montré le plus acharné contre cette cause.Un certain nombre de conservateurs ont voté et travaillé contre le bill, mais le gros du parti l’a appuyé, du moins ostensiblement ; tandis que sept libéraux seulement se sont détachés de leur chef pour voter en faveur du principe de l’intervention fédérale.Il est donc impossible do dire qu'en cette circonstance le parti do M.Laurier doit être considéré comme le moindre mal.Loin de là, au point do vue de la question des écoles, ce parti est le mal absolu.écoles séparées à Manitoba, il ne devrait pas voir d’un mauvais œil la formation séea, il se déci lait enfin à faire son devoir.S’il combat ce mouvement, s’il nous refuse cette garantie de sa bonne foi, s’il exige qu’on croie aveuglément à sus promesses, s’il ne veut, dans le nouveau parlement, que dos adversaires acharnés ou des partisans quand même, alors on pourra dire qu’il n’est pas sincère.Nous sommes convaincu qu'un mouvement de ce genre, inauguré et dirigé par les hommes que nous avons indiqués, sauverait la situation.Nous sommes non moins persuadé que, si les électeurs de la province de Québec sont invités à choisir entre les candidats de MM.Caron et Ouimet, d’un côté, et j ons X.ceux de M.Laurier, de l’autre, nous courons à un désastre, c’est-à-dire au triomphe du chef do l'opposition.Ceci nous amène à examiner la deuxième question que nous nous sommes posée au commencement do cet article : Que faut-il faire ?Il no saurait être question pour les hommes que n'aveugle pas l’esprit de parti d'avoir la moindre confiance dans j LA VERITE 4 noirs, luisants, haut cintrés.L'œil " même ton net et décidé, il arrivera est d'un bleu tirant un peu sur le “ quelque chose comme cela.La vert pâle, très brillant, le regard fixe] “ Franco doit être châtiée ; elle bien en face.“ Dans la conversation, Mlle Cou-|“ glcterrc aussi sera cruellement esnon se montre de bonne humeur, “ frappée : sa population décimée, simple, ne cherchant pas la mise eu |“ son orgueil abattue, sa richesse scène.“ C'est le 5 août 1804, nous dit- U CURIOSITE DC JOE “ jeune fille qui, depuis sept mois, de " dix heures du matin à onze heures “ du soir, répond en vers à qui Vin-“ terroge, sans éprouver la moindre " fatigue.” “ Bref, les choses ont pris une tournure et font une rumeur qui nécessitera vraisemblablement et sous peu l’intervention de l’autorité religieuse.” A la date du 1er avril, la Vérité a reproduit ce qui suit du Temps : “ Une jeune fille, appartenant à une honorable famille de la bourgeoisie parisienne, se trouve, depuis sept mois environ, dans un état physiologique des plus curieux.Mlle Couesnon habite rue de Paradis, avec I » ses parents ; son père a appartenu au .* barreau ; sa situation de fortune est | -« aisée, sa sauté excellente, lïieu, jusqu’à l’année 1894, n'avait pu faire soupçonner qu elle eût des disposi-1 -lions à l’illuminisme.aura “ à subir de terribles malheurs.!,’An- Sous ce titre nous lisons dans la Vérité de Paris, à la date du 21 mars, un premier article sur la prétendue voyante dont nous avons parlé, d’après une dépêche du câble, dans notre avant-dernier numéro.Le télégraphe, on le remarquera, avait mal orthographié le nom de la soi disant prophétesse : “ anéantie.” " Après cette peu rassurante " elle, que pour la première fois, je I phétie, Mlle Couesnou “ fus sujette à une extase qui dura|yeux et nous prenons congé d’elle," “ plusieurs heures et me surprit, pro- rouvre les La Vérité reproduit aussi la coucliv “ vers onze heures du matin, nu>no-j8i0» d’un article sur le même sujet “ meut du déjeuner, en présence do | écrit par M.Chincholle,dans ïclïgaro: “ mes parents et de plusieurs amis de " la famille.Je restai sans parler, les I quelles sont les personnes “ yeux fermés, pendant tout ce temps jusqu’à ce jour reçues.“ et, lorsque je revins à moi, je ne| » _ Ah ! les plus diverses, pus eu aucune façon me rendre compte de ce qui s’était passé.Mes parents, un peu inquiets, consultèrent un médecin ; 'mais, aucun Depuis quelque temps, certains journaux parlent plus ou moins longuement et ouvertement d'une vov* ante ou visionnaire, qui exciterait vivement la curiosité d’un nombre presque incalculable de visiteurs.“ 11 s’agit d’une demoiselle Couv-nou, habitant avec sou père et sa mère, au quatrième étage du no 40 de la rue Paradis, et qui, dans de fréquentes “ extases ", donne à ceux qui l’interrogent des réponses qu’elle dit lui être suggérées par l’archange Gabriel.Ces réponses, aussi variées que la fantaisie des interrogateurs, se rapportent dans l'ensemble à un changement de gouvernement de-vaut amener prochainement la restauration de la rovauté, à la réforme " Je demande à Mlle Couesuon qu’elle a Des “ prêtres, des députés, beaucoup de “ femmes jalouses, de nombreux “ médecins.Il y a des gens auxquels “ l’auge ne veut pas du tout répou" dre.Alors s’opère eu moi un “ bat atroce.Je voudrais parler “ ri eu ne vient.Je me rends bien " compte que l'ange se tait quand “ des paroles pourraient troubler des “ trouble u'ûtnut résulté pour ma saule de ce tait, ou u'y pensa bien-“ tôt plus autour de moi.“ U u an après, juste jour pour jour, " le ô août 1895, à la même heure, “ l'extase me reprit, et cette3fois je restai trois jours dans cet état.Ce " n’est que le 8 août que l’augeJGa-“ briel se révéla à mot, m’expliquant " quelle serait ma mission, sur la-¦ quelle je ne puis encore m'expli-" quer dans tous les détails.“ Depuis lors l’ange Gabriel parle " par ma bouche à ceux qui viennent le questionner.A l’approche de sou esprit, mes yeux se ferment, ' je perds absolument connaissance, et c’est l'ange lui-même qui répond en se servant de ma voix.Il tutoie les corn- et " Tout à coup elle se trouva eu proie à des visions mystiques et su prétendit inspirée par l'ange Gabriel, qui doit se servir d’elle pour annoncer à ses contemporains les événe ménages, compromettre des gens J’ai vu ici, à cette place, des gens “ tomber à genoux, me supplier d’ob-“ tenir que l'on leur dise le nom d'un “ amant, d’une maîtresse.Avant-“ hier, c'est un prêtre qui est venu, “ avec un grand crucifix qu’il m’a “ fait embrasser.Il a voulu in’exor- meuts les plus graves et les ramener, par la prédiction de catastrophes ter- du clergé, à des châtiments effrayants qui menacent Paris, la France et le ribles à l'amour de leur créateur et à monde, et qui seront le prélude d'une la pratique de la religion." La renommée de cette prophé-tesse s est bientôt répandue dans le Paris moderne, épris de surnaturel et habitué depuis quelques années a s'occuper de sciences occultes, de ère de paix.11 Chose à noter • Ces réponses sont faites sur le mode rythmique, eu forme de contons eu vers, ou mieux.“ ciser.Il me croyait la proie du dé-“ mon 1 Ce que j'ai ri “ proie du démon L.Mais, sans " bigote, je communie chaque “ mai ne ! “ — Et quand vous lui avez parle “ de ce qui se passe ici, votre dire- -“ teur vous donne l’absolution ?“ — Mais je n’ai pas à lui en par-“ 1er.Je ne fais rien de mal.J'évite " la peine au contraire ! J’obéis a " l’auge.Je reçois dix heures par jour “ et je ne veux même pas qu’on “ donne dix sons à ma bonne.Je “ n’ai pas à inc confesser de faire ce “ que le Ciel veut que je fasse." “ Et je crois que je dois finir sur ces mots.Beaucoup de médecins se rendent chaque jour rue de Paradis.“ Il eu est même qui ont demandé à Mlle Couesnun de se prêter à une consultation.Elle leur a obéi.Elle les reçoit ensemble deux soirées par semaine.S’ils ont quelque chose à ne dire, qu’ils le disent ! Moi, je dois me contenter de dresser un sec procès-verbal.Je reste “ Peut-être ai je une idée de " derrière la tête ".On me permettra de la garder jusqu’au jour où— si cette va vous histoire vous intéresse—j’en parlerai à l’ange Gabriel lui-même.A la dernière heure, on nous apprend que l’archevêque de Paris on va interdire aux ecclésiastiques la fréquentation du salon de Mlle Couesnon." ; i Moi, la • •• ê t T c de bouts-rimés.se- “ M.Oscar Havard, qui en parle .—Société de S.Jean l’Evau-que, d’aliénée, de possédée, voire de leur “ pot-au-feu ” ou viennent géliste, à Tournai, même de trompeuse sont prononcés poser des questiousj’passionnelles j Plusieurs de ceux qui sont appe-de tous côtés Mon ami Gaston Méry alors que “ l’influence” a nettement lés à réciter le Tetit Office de la a parlé de ma visite, et comme je suis caractérisé sa raison d’être : assailli de demandes de tous côtés à par conséquent très '.satisfaisante à notre appel.On semait chez le sujet une préoccupation très vive de l’auditoire devant qui il parlait.“ Cette préoccupation s’est d’ailleurs traduite, l’archange, par un refus formel, de la part de la jeune fille, de^se prêter à de nouvelles après le (départ de expériences.Sainte Vierge ne comprennent pas “ lo Donner des preuves de sa lu- la langue, et parmi ceux-là même ce sujet, je suis heureux de répondre' cidité et de son origine extra-physi- qui connaissent cette langue, l'iutel- que en révélant aux',consultants des ligeuce complète des psaumes ne tout intimes de leur vie peut être commune.Dans ces conditions, un Com men-“ 2o Ces preuves données, annou- taire propre à faire mieux compren-notre France les “ clichés ” dre et mieux goûter le texte liturgi- “ Ici .nous a-t elle dit, je vois bien “ fine les esprits ne sont pas bien “ disposés à entendre les révélations “ de l’ange.C’est pourquoi je ne re-“ viendrai pas." par la voie du Gaulois, “ Je prendrai hardiment la défense détails de l’accusée et, autant comme doc- passée ; leur en médecine que comme étudiant l’hystérie et l’occultisme je cer à “ Aucune discussion n’a eu lieu, bien entendu, eu présence de Mlle 6 LA VERITE lemand et augmenté par le R.P.Janssens,mérite une recommandation spéciale.L’explication qui y est donnée no laisse rien dans l'obscurité, Depuis YAptri jusqu'au Sdcrosdncte, il n’est pas un verset qui no soit mis dans son plein jour.Les psaumes qui font la partie la plus importante du Petit Office ont double commentaire : le premier expose le sens littéral, le second en fait l'application à Marie.geure, et nous le regrettons presque, dans la littérature, n’échapnora à Cette perspective merveilleuse séduit éclaboussures." n 1 l’imagination, car elle ne manque pas de grandeur.C'est par là que le livre est beau.Il Vest aussi par le souille de foi naïve et robuste, d’enthousiasme religieux et patriotique qui l’anime d’un bout à l'autre.L'auteur a mis dans hères beaucoup de son cœur, de son esprit, de son Ame, vivant, très actuel.ses discours et ses prières la bonne marque de maint article de la Vérité.” Le 3 décembre 1895, la bonne Minerve, tout en faisant la grimace à l’auteur, déclara de nouveau que le livre de M.Tardivvl était beau et bon.ses paroles * “ Quelle que peu sympathique que soit l’individualité pointue de.M.Tardivel, nous avons dit que son livre était un bon livre, nous avons môme imprimé que c'était un beau livre, et ce qui est écrit reste récrit.Quand M.Royal aura du temps de reste il voudra bien nous dire comment un livre qui “ tente d'imprimer une flétrissure ignominieuse au front de la grande majorité des Canadiens-français” peut être un beau livre, un bon livre, un livre qu'anime d’un bout à l'autre un souille d’enthousiasme patriotique ?80S MINISTERIELLE Cotte prétention do la Mineri no fait pas do discussion vraiment risible, avant celto déclaration.* qu’ollo person nolle c8t En effet, doix i Nous recevons d'Ottawa l’information , jours c eat-à-diro lo 13 avril, elle avait publié les lig vantes : qu'il est question d’une réorganisation complète (a thorough reconstruction) du cabinet, sous la direction de sir Charles Tupper, père.Nous avouons que notre confiance en la loyauté de sir Charles Tupper père est extrêmement limitée, parce que, pendant la fameuse crise du mois de janvier, il était manifestement l'homme sur lequel les sept bolters comptaient dans leur honteuse tentative d’assassiner politiquement sir Mackenzie Bowell.On pourrait môme supposer qu’il était, au fond, l’instigateur de cette tentative inqualifiable, car la grève s’est déclarée peu de temps après son arrivée au Canada.Toutefois, pour être juste, il faut dire que, relativement à la question des écoles, sir Charles Tupper ne mérite pas les memes reproches qu’on doit formai contre les autres ministres.Par exemple, il ne saurait être tenu personnellement responsable de la néfaste politique inaugurée en juillet dernier, puisqu’il cette époque il était h*ut commissaire à Loti son ;no8 suj- ce qui le rend très On reconnaît dans propriétaire do la Vérité, ainsi : “ —Si M.Tardivel était prêtre, il voudrait être le seul à dire la messe Etant «implo laïque, il prétend avoir le mono pole du la défense du Bien contrôle Mal CW là, croyez-moi, tout le secret dv ficè Violences malsaines contre les écrivains catholiques.Pour un peu, il régente,ail le pouvoir ecclésiastique comme il ri.gente lo pouvoir civil.— Mais ce n’est r qu’un pareil sentiment, reprit une autre personne, c'est un immense ot ridicule orgueil qu'il faudrait dire.“ — C est peut-être les doux à h, f0js ajouta une troisième personne." 1 La Min erre eux 'exprimait Questions sociales : Restez cuez vous,par Pierre l’Ermite, 1 vol.in* 1S de 420 pages.Prix : 2 1rs.— Maiîon de la bonne Presse, à Paris.La Quinzaine écrit : Un singulier titre, n’est ce pa< ?Quoique temps avant d’ouvrir le volume, je me suis arreté à considérer la gracieuse aquarelle de la couverture: un gai clocher rustique émergeant d’un fouillis de verdure et que regagnent a titro-d’aile des oiseaux.Déjà j’avais compris la pensée dominante du livre : l’amour du vieux clocher provincial.L’auteur, un jeune qui se cache depuis plusieurs années sous le pseudonyme de " Pierre l’Ermite ", n’en est pas à >cs débuts dans le monde littéraire et dans celui de la presse.Nous ignorons ce que l'avenir lui réserve, mais nous doutons l’inspiration le serve jamais mieux, a rnis dans cet ouvrage le meilleur de son cœur Voici do la jalousie pus no fait pus de
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