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Titre :
Le coin du feu
Première revue féminine québécoise, Le Coin du feu est en grande partie rédigé par Joséphine Marchand-Dandurand qui y aborde plusieurs sujets sous un angle mondain.
Éditeur :
  • [Montréal :s.n.],1893-1896
Contenu spécifique :
Juin
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
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Références

Le coin du feu, 1895-06, Collections de BAnQ.

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|e (c)IN DU Feu ABONNEMENT: ) $2.00 PAR ANNEE.' REVUE MENSUELLE JUIN 1895 I ADMINISTRATION:; 123 RUE ST.NICOLAS.so'miimi.a.ikie: Chronique, .Mme Dandurand.\ Notes d’un Mondain, .Muscadin.\ Un Sai.on Littéraire a New York, .* * * Une Voyante,.Paul Bourget.Un Souvenir du Siège, .George Court,-Hue.Hygiène,.* • * Savoir-Vivre,.• • La Mode, .* • La Femme rt i.a Bicyclette, .• • .Premiers Pansements,.La Cuisine,.'tourne-Broche.Le Conseil National des Femmes, .* * * Les Célibataires Conspués, .La Maison du XXme Siècle.• • « Lettres d’une Marraine a sa Filleule, .* * CHROKIQVt.A part la question du Pouvoir et un obscur instinct patriotique qui divisent en deux camps les citoyens de ce pays, les principes de politique pure ou d’économie sociale ne passionnent qu'un très petit nombre d’esprits.Celui de l’égalité civile de la femme et de l'homme rencontre, plus que tout autre, l’indifférence des canadiens.On peut dire que sur ce sujet nos compatriotes, aussi bien du côté féminin que de l’autre, n'ont pas d'opinion.Et pourtant les idées marchent, un puissant effort s’élabore dans le monde entier, des expériences concluantes se produisent, d’importantes adhésions se manifestent, tout cela dans le sens et en faveur de l’émancipation féminine.Nous ne préconisons ni l’opportunité ni l’excellence de la révolution (si l’on songeait à demander à cet égard notre avis personnel, nous nous déclarerions carrément contre l'intervention féminine directe dans les affaires publiques), mais force nous est de constater ses progrès.Nos politiques, et en général le sexe fort, sûr de l’inviolabilité de ses droits, quitteront le traditionnel sourire de dédain—leur seule réponse aux échos menaçants de par delà la frontière — en lisant l’article suivant publié par un des plus importants journaux européens.Pour prouver à ces sceptiques que les ouvriers et les avocats de la cause féminine se recrutent, non seulement au milieu des intéressées, mais aussi parmi les hommes les plus considérables, je leur citerai les paroles de Bismarck.Le chancelier de fer n’a jamais été accusé de sentimentalité ; son témoignage n’est] pas suspect d’attendrissement.A une délégation de professeurs représentant les premières écoles de Prusse, l’homme d’état a donc dit que : l’influence féminine avait été un puissant facteur dans l’avancement de la nation.“ 11 y a cinquante ans, ajouta-t-il, cet élément de force était inconnu, et j’appelle sa mise en œuvre un progrès.” Voici maintenant l’article du Temps de Paris:— “ I.E DROIT DES FEMMES.” “ En vérité, le monde marche.Est-ce toujours au progrès qu’il va ?Les changements qui s’accomplissent sans cesse sur l’un ou l’autre point de cette machine ronde ont-ils tous droit à notre admiration et à notre reconnaissance ?On aimerait à en être plus sûr qu’on ne l’est avant de proposer à l’imitation de démocraties toujours un peu trop éprises de la nouveauté en soi les préten- 170 LE COIN DU FEU dues réformes dont se glorifient les communautés d’avant-garde de la race anglo-saxonne.“Car c’est cette race qui décidément prend la tête en ce qui concerne la consécration des revendications les plus ambitieuses de ce sexe auquel l’Angleterre doit sa reine.A cette heure, il n’y a pas moins de quatre Etats où les femmes sont en possession du droit de suffrage et de l’éligibilité politique ; il convient de nommer ces hardis pionniers de ce qui sera peut-être le régime universel du vingtième siècle : ce sont la Nouvelle-Zélande et l’Australie méridionale, deux colonies britanniques, le Wyoming et le Kansas, deux Etats de la confédération américaine.“Un cinquième se prépare à s’adjoindre à cette liste, et il faut avouer que l’importance de son adhésion est telle qu’elle rejette dans l’ombre ses modestes rivaux.Il s’agit de l’Etat empire de New-York, avec ses six millions d’habitants, dont la législature est en train de voter un amendement à la Constitution en vertu duquel les femmes acquerraient le droit de vote.Le mécanisme de la revision constitutionnelle même pour les Etats particuliers est fort compliqué.Pour que cette disposition nouvelle soit introduite dans la loi suprême de New-York, il faudra qu’une nouvelle législature la vote une seconde fois, puis enfin que le corps électoral tout entier la ratifie par un plébiscite ad hoc.“Une fois cette filière traversée, c’est-à-dire au plus tôt dans quelques années, les femmes new-yorkaises seront citoyennes, ou du moins élec.trices, le télégramme qui nous est parvenu ne nous indiquant pas si elles jouiront également de l’éligibilité.Ce sera là une récompense méritée du rôle que ce sexe vient de jouer dans le grand effort par lequel la ville de New-York a balayé — pour un temps — le Tammany, ses chefs, ses pompes et ses œuvres.Des femmes, également, ont fondé dans cette immense cité une Ligue dite de la propreté publique (clean city League), qui a pour objet de procéder au nettoyage graduel des écuries d’Augias, dont l’enquête du comité Lexow a révélé une partie des immondices accumulées.“C’est, du reste, un trait intéressant, que partout où les femmes ont été appelées à la plénitude des droits civiques, ç’a été jusqu’à présent en vue d’accomplir quelque grande réforme morale ou sociale, et que les espérances ainsi conçues ont presque partout été justifiées par l’événement.“En Nouvelle-Zélande, c’est grâce à leur concours qu’un ministère sur le programme duquel figurent la tempérance par voie législative, la réforme administrative et le remaniement du système financier, l’a emporté aux dernières élections générales.Dans toute l'Amérique, ce sont des femmes qui se sont mises à la tête des croisades contre l’alcoolisme, contre l’immoralité publique, contre l’ignorance.“En Angleterre même, où la cause de l’égalité politique des sexes fait de constants progrès et où le parti conservateur voit ses principaux chefs, M.Balfour en tête, épouser cette audacieuse innovation, il est malaisé de poser des limites dès maintenant à l’activité féminine.Le nom de Mme Butler rappelle une héroïque entreprise couronnée de succès, en dépit des plus formidables obstacles, grâce surtout au dévouement absolu d’une femme.On n’a pas oublié la part prise par Mme Ormiston Chant, l’automne dernier, à la campagne du conseil de comté de Londres contre l’exploitation de la prostitution par les entrepreneurs d’amusements publics.“ Il n’est pas jusqu’à la politique où, d’une part, la ligue tory des Primevères, et, d’autre part, l’Association des femmes libérales ne se lancent à plein corps et n’exercent une grande influence.La part considérable prise par des femmes à la gestion de l’assistance publique et de l’enseignement primaire dans ces corps électifs, les comités des gardiens des pauvres et les conseils scolaires soulève assurément moins de scrupules et d’objections." En tout cas, ce qui demeure, c’est que partout où la race anglo-saxonne a étendu sa domination, l’antique suprématie du sexe fort tend à n’être plus qu’un souvenir : le règne de la femme — ou du moins son association à tous les droits restés jusqu’ici les privilèges masculins,—est en train de devenir la réalité de demain.“ Est-ce un bien?est-ce un mal?En tout état de cause, c’est un curieux symptôme chez une race qui ne passe pas précisément pour efféminée.” Mmc Dandurand. LE COIN DU FEU 171 Hôtes d ui\ /$oi\dair\.(Pensées intimes.) III.Les anglais ont une formule que je leur emprunterai pour qualifier les façons nouvelles : matter of fact.Comme tous les timides, je suis romanesque et sentimental.Une affaire de cœur,—l’antique et toujours jeune histoire de l’éternel Aimant rapprochant deux âmes éprises — m’inspire un intérêt attendri.Deux jeunesses qui s’aiment m’apparaissent avec une auréole poétique.L’a.mour est magicien ; quand il touche pour la première fois une âme vierge, le bonheur y met le reflet d’allégresse pure et sereine dont on voit rougir (si l’on se promène dans la campagne de grand matin) le front des blanches églises sous le frais baiser de l’aube.Les yeux des jeunes filles réfléchissent cette douce surprise d’une émotion inconnue.C’est aussi quand il ressent les premières atteintes du mal divin que l’écolier fruste se transforme soudain en Adonis, et que dans son regard s’allume la flamme ardente et douce qui subjugue les timides gazelles.Mais que parlé-je de timides gazelles et de languissants Adonis.Cela fut jadis.L’électricité a tout changé.On est plus pratique maintenant.Matter of fact, vous dis-je.L’air du visage d’un couple de fiancés ne diffère plus beaucoup maintenant de celui d’une paire d’époux.J’allai l’autre, jour à un concert de charité.En prenant connaissance des lieux et des circons" tances, en faisant mon inspection, j’aperçus, vers le milieu de la salle, un joyeux groupe de jeunesses bien connues, sans l’ombre d’une mère ou d’un chaperon, naturellement.Au centre se faisait remarquer la jolie petite Blanche F., racontant je ne sais quelle histoire gaie qui faisait rire toute la compagnie.Il court le bruit que George B., un jeune ingénieur d’avenir et très aimable garçon, a pour elle un fameux béguin.Ce serait assurément le plus gentil mariage possible.A la faveur de ma lorgnette de théâtre, cette indiscrète anonyme, qui permet de dévisager les gens sans qu’il y paraisse trop, j’examine le frais minois de la fillette, et, la trouvant si mignonne, je me réjouis de son bonheur.L’évocation de ce joli roman fait vibrer mon cœur sympathique ; je voudrais qu’il fut là, lui aussi, pour avoir le spectacle du gracieux tête-à-tête, pour les couvrir aussi tous les deux de ma bénédiction.Il viendra sans doute tout à l’heure.Je me le figure entrant avec précipitation, vexé d’être en retard, la cherchant tout de suite du regard, puis, l’ayant trouvée, la contemplant longuement, comme moi, à travers sa lorgnette en feignant de passer la salle en revue.Et je crois le voir au premier entr’acte, manœuvrant pour se rapprocher d’elle, saluant celle-ci, disant un mot à celle-là au passage, pour donner le change à la curiosité.Je devine sa surprise feinte à elle quand il l’aborde — car il est entendu qu’elle a tout vu sans regarder—et la montée de sang qui rose ses joues tout en trahissant le petit sursaut de son cœur.Me voilà tout intéressé dans la probable réalisation de ce naïf manège, et je guette maintenant l’entrée du soupirant sans songer à autre chose.Justement le void.Il est très calme.L’employé prend son coupon et se dirige, le précédant, tout droit vers le groupe susdit.Elle, toute à la conversation engagée avec le voisin, ne détourne la tête que quand il est à ses côtés, car il y a près de Melle F.un siège vacant (je n’avais pas vu cela), on l’a évidemment réservé au retardataire, d’un accord tacite.ou non, je ne sais plus, moi.En tous cas, il n’est pas surpris.De mon poste éloigné la salutation sommaire qu’échangent ce Daphnis et cette Chloé fin-de-siècle n’est pas perceptible.Ce que je constate c’est que le prétendant enlève son paletot en jetant sur l’auditoire un regard circulaire; qu’il ploie tranquillement son vêtement et le dépose sur le dossier de son fauteuil dans lequel il s'installe à son tour commodément, ayant soin avant de s’appuyer et d'adresser le premier mot à sa voisine, de tirer le dos de son habit afin que le col blanc ne soit pas masqué.Ah mon Dieu ! mon joli rêve de toute à l’heure ! Baptiste et sa vieille, quand ils s’installent dans LE COIN DU FEU 172 la carriole pour venir porter les œufs au marché, n’ont pas l’air plus platement insignifiants.Ce que c’était froid, terre-à-terre, conjugal, blazé, désolant, cet accueil ! J’en ressentis comme une révolte doublée d’une nostalgie de poésie, de fraîches idylles.Un écrivain du dix-septième siècle, excédé de sentimentalisme, s’écriait à propos des fabliaux de Florian : “ Ah ! que dans cette bergerie un petit loup viendrait bien ! ” Moi j’ai envie de supplier qu’on nous rende un peu les bergers, les chalumeaux, les blanches agnelles.Ces allégories virgiliennes faisaient les délices de nos aïeules poudrées, et leurs courtisans culottés de satin les leur débitaient la bouche en cœur.Le siècle des précieuses est loin, trop loin hélas ! Je rêve secrètement d’un petit retour à la fadeur.La fadeur après tout vaut bien la brutalité.Muscadin, Un Salon Littéraire a New Ÿorlç.LE SALON DE MISS LYNCH.Même aux jours de gêne, Anne-Charlotte Lynch avait le don de grouper autour d’elle les plus hautes personnalités des États-Unis et les littérateurs étrangers qui visitaient New-York.Son salon était célèbre.Il inaugurait en Amérique le salon littéraire.Jusque-là les États-Unis avaient eu les réceptions du monde officiel, les raouts du monde de l’argent.* Miss Lynch créa le salon où l’on cause.Rien de plus modeste cependant que ces réceptions.Une femme de lettres distinguée, Mme Catherine Sedgwick, nous fait pénétrer dans l’humble maison de Ninth street le samedi soir : “ Je passai dans le salon de miss Lynch.C’était son jour de réception.Une petite portière de dix à douze ans m’introduisit dans une salle faiblement éclairée, et me conduisit à une petite chambre pour y déposer mon chapeau et mon manteau.Il n’y avait ni lumière dans l’escalier, ni serviteur dressé, ni rien du faste habituel aux fêtes de la ville.“ Quand j’entrai, je trouvai deux salons de belle dimension remplis d’hôtes dans un grand état de divertissement social.Il y avait musique, danse, récitation et conversation.Il y avait des artistes de chaque genre, peinture, poésie, sculpture et musique.“ Personne n’avait moins besoin d’égide que mon aimable hôtesse.Elle avait cette sereine * lier salon, by liloor (Memoirs of Anne Botta).délicatesse et cette dignité de manières semblables en quelque sorte à la splendeur d’un ange pour exorciser le mauvais esprit qui'se serait aventuré à l’approcher.“ Il y avait là une jeune femme sans position, pour employer l’expression du cant, sans aucunes relations dans le monde fashionable, remplissant ses salons chaque semaine avec des esprits choisis qui, sans se préoccuper de frais extraordinaires de toilette, venaient jouir du plus haut plaisir intellectuel pendant deux ou trois heures, et se retiraient d’assez bonne heure pour ne produire aucun tirage dans la santé ou dans les facultés le jour suivant.”f Quel était donc le secret qui donnait à cette jeune fille sans fortune le sceptre d’une “ reine de salon ” P Pourquoi, dans les réceptions présidentielles et ministérielles, était-elle entourée “ comme une souveraine par ies hommes d’Etat ” ?J Par quelle magie attirait-elle et retenait-elle autour d’elle les hommes les plus illustres ?L’un d’eux, Willis, l’a dit en termes exquis : elle avait “ la douce puissance de vivifier et une inconsciente manière d’ouvrir les sources de tout ce qui était brillant et agréable ”.ff Elle savait faire jaillir de toutes les intelligences ce qu’elles avaient de plus lumineux, et de tous les cœurs ce qu’ils avaient de f Kate Sanborn, /.c.î Grace Greenwood, A loving tribute (ibid).tt Cité par Mme Kate Sanborn, ibid. LE COIN DU FEU 173 meilleur.C’était “ presque une puissance créatrice de force et de pensée qu’elle insufflait à ses hôtes ”, devait dire d’elle un jour Mme Leonowens.la célèbre voyageuse.* .Auprès d’Anne Lynch on était spirituel—mieux encore, on était bon.Sous la baguette de l’aimable fée,—bien différente de la baguette de Circé,— ses hôtes se transfiguraient, et semblaient ne plus vivre que dans les régions les plus élevées de la beauté morale.Son sourire seul leur semblait “ un rayon'de soleil "ce soleil de l’âme qui éclaire doucement et ne brûle jamais.Il biillait, ce rayon, dans ses yeux comme sur ses lèvres, et concourait puissamment à cette beauté d’expr ession qui, plus attrayante que la be uité des lignes, attache à la fois le regard et le cœur.On ne la quittait que mieux armé pour les luttes du bien.Son action était surtout considérable sur la jeunesse.Avec son intuition merveilleuse, elle excellait à découvrir les talents naissants, à les mettre en lumière, à aplanir pour eux les difficultés du début.Dans-la première période de sa vie, elle reçut, à côté d’un orateur comme Henry Clay, des poètes tels que Willis, qui a si bien décrit son influence ; Edgar Poe, qui subissait lui-même près d’elle une impression de paix, mais qui aurait bien dû s’en inspirer pour régler sa vie, rasséréner et éclairer son horizon intellectuel.Du moins, il sut admirer emMiss Lynch une nature “chevaleresque”, se sacrifiant généreusement elle-même, égale à la bonne comme à la mauvaise fortune, “ capable même du martyre en tout ce qui lui semblait une sainte cause.”—“ Elle a un dada, ajoutait-il, et c’est l’idée du devoir .”f Ce fut chez elle qu’il lut, dit-on, avant de le faire paraître, son poème du Corbeau, ce poème étrange, lugubre, où l’oiseau, de mort qui vient s’abattre dans le logis du poète n’a qu’une réponse aux appels qui évoquent la bien-aimée disparue, aux espérances qui font luire l’image de la réunion : Nevermore, jamais plus ! Et cette réponse est aussi celle que le sinistre messager laisse à l’homme qui veut l’éloigner : Nevermore, jamais plus ! *A tribute (ibid)- Mme Leonowens est bien connue des lecteurs du Correspondant, par l'excellente étude de Mme Dronsart sur les Grandes voyageuses.t Mrs.Ewer, Biographicalnotes (Memoirs).Quelle impression cette poésie désespérée devait « produire sur la jeune femme qui, elle, était bien une incarnation de l’éternelle espérance ! Cependant, pour apprécier le poète, elle essaye de se tenir dans les régions d’une esthétique tolé' rante.Mais elle laisse aisément voir, avec l’admiration que lui inspire le talent de l’ëciivain, le malaise que lui cause l’atmosphère morale où vit le poète, le conteur.Willis, poète et conteur, lui aussi, mais dans une note bien différente de celle que fait résonner comme un glas le chantre du Corbeau, Willis rencontrait une entière sympathie dans les sentiments aussi bien que dans le goût littéraire de miss Lynch.Morris, Griswold, Horace Greely, Bayard Taylor, Gaylord Clarke sont nommés aussi parmi les hôtes de la première heure, ainsi que le groupe de ces femmes de lettres dont Anne Lynch, supérieure aux jalousies mesquines, aimait à s’entourer et à proclamer le talent.Son Manuel en cite plusieurs qui “ possèdent un véritable génie poétique et ouïssent d’une haute réputation locale,” ou dont les noms sont bien connus et honorés : Elizabeth Ellet, Mary Hewitt, Alice et Phebe Cary, Elisa Leslie, Elizabeth Oakes Smith, dont elle loue un poème “ mélodieux et imagé, avec bien des passages d’un sens profond”.Catherine Sedgwick, qui a si bien fait connaître le salon de Ninth street, et qui, avec des souvenirs de voyage, a écrit “ les nouvelles les plus agréables et les plus exactes de la vie dans la Nouvelle-Angleterre ”j enfin, Fanny Osgood, l’amie dévouée d’Edgar Poe, et chez qui Anne Lynch relevait la vive et gaie fantaisie d’imagination,la facilité qui en faisait presque une improvisatrice et, dans ses derniers poèmes,“une grande intensité de sentiment et la puissance de l’expression”, ^transformation dont il faut peut-être chercher la cause dans la tragique destinée d’Edgar Poe.Mais, de toutes les femmes de lettres, nulle ne parlait plus au cœur de Mme Botta que cette noble fille de la Suède, Frederika Bremer.“ Une authoress, surtout, apparut, dit-elle, qui devait créer une nouvelle ère dans le roman suédois et mettre en connexion plus intime le nom littéraire et les intérêts de la Suède avec tout le monde civilisé.” * Handbook, p.p.538, 540, 54 t. 174 LE COIN DU FEU Comme Frederika Bremer, Mme Botta savait que le meilleur moyen d’être heureux, c’est de ré.pandre le bonheur autour de soi, et nous savons A quel degré elle y réussissait et quelle était sa “ gracieuse attention aux sentiments des autres Comme Frederika Bremer, Mme Botta avait une foi profonde, et unissait au culte du foyer la poursuite de l’émancipation féminine : anomalie étrange qui se retrouve chez les Anglo-Saxons et les races du nord de l’Europe.IV Le mariage d’Anne Lynch.— Le J commandeur Botta.— Union intellectuelle des époux.—La maison de West thirty seventh street —Les amis de Mme Botta.—William Bryant.—Emerson.— Longfellow.— Lowell.— Etrangers célèbres : MacCarthy, Laboulaye, Henri Martin, Bartholdi, Carlyle.— Femme célèbre : Mme Beecher Stowe.—Sentiment de Mme Botta sur l’esclavage,—sur la ques tion sociale,—sur l’émancipation politique des femmes.Un heureux et brillant mariage étendit encore la sphère où se déployait l’action littéraire et so.ciale d’Anne Lynch.En 1855, elle épousait M.Botta, ancien professeur de philosophie dans le^ collèges royaux de l’université de Turin, ancien membre du parlement cisalpin en 1849.Chargé de rapports officiels sur l’instruction publique, en Allemagne d’abord, puis aux Etats-Unis, ce fut pendant cette dernière mission qu’il épousa miss Lynch.Mme Botta trouvait dans ce mariage, non seulement l’amour, mais l’union intellectuelle.“ Pendant trente-six ans, m’écrit une parente de cette noble femme, M.et Mme Botta jouirent d’une vie conjugale idéalement heureuse.Absolument doués des mêmes aspirations, ils étaient unis dans un culte sincère de tout ce qui est vrai, bon et beau ”.f Mme Botta était reconnaissante à son mari de lui avoir révélé “ le charme merveilleux de cette forme de l’amour, la plus haute et la plus pure de toutes,—la création d’un Italien, l’immortel Dante ”.J Le mariage d’Anne Lynch transférait le modeste salon de Ninth street dans la belle demeure de West + Lettre de Mme Lynch, August 26th, 92.t Mme Leonowens, A tribute- thirty seventh street.Les tableaux de maîtres qui décoraient les murs ; les mosaïques, les bronzes, les statuettes, les glaces de Venise, poses sur les riches cabinets qui renfermaient les trésors de la pensée humaine, donnaient à la reine de la maison un cadre digne d’elle.Aux hôtes de la première période se joignaient ou succédaient dans ce salon d’autres personnalités éminentes.Poètes célèbres, hommes d’Etat, diplomates, y affluaient de toutes parts.C’est William Bryant, en qui Mme Botta reconnaît “ le meilleur représentant de la poésie américaine ”.Elle relève en lui ces deux amours, bien naturels chez le citoyen des Etats-Unis, chez l’habitant du nouveau monde aux vastes espaces : l’amour de la liberté, l’amour de la nature.Voici encore dans ce salon Ralph Waldo Emerson, qui “ possède à un remarquable degré, dit-elle, les facultés d’un poète avec la puissance spéculative d’un métaphysicien.Il est piquant, subtil et analytique dans la pensée, humain dans le sentiment, et il a une certaine combinaison de traits qui l’a placé à la tête d’une école ”.Voici encore Georges Curtis, qui allie “ ù de belles facultés d’observation et de satire la délicatesse du goût et le raffinement du sentiment John Whittier, dont la poésie “ est caractérisée par la hardiesse, l'énergie et la simplicité, souvent unies à la tendresse et à la grâce Mais de tous les poètes qu’elle recevait, nuis ne durent mieux parler à son cœur que Longfellow et Lowell, ces deux chantres du sentiment moral, l’un qui, dans 1 e Psaume de/a vie, sonne la charge du devoir, ou qui, dans f Excelsior, nous mène de hauteur en hauteur au sommet où l'âme seule peut monter ;— l’autre qui, en sa Vision de sir Launfall, nous montre le vrai Saint-Graal, non dans sa coupe qui a servi à la sainte Cène, et que cherchent au loin les chevaliers du moyen âge, mais dans la gourde que la charité remplit pour soulager la pauvreté.Pour le commandeur Botta et sa femme, Longfellow était un vieil1 ami.Us allaient le visiter dans cette résidence historique, où la gloire littéraire succédait i la double gloire militaire et civique, et où Washington avait précédé Longfellow.“ Les poèmes de Longfellow, dit Mme Botta, sont surtout méditatifs et souvent comprennent et démontrent de fortes vérités.Ils donnent peu de preuves d’une puissance de passions souveraines, mais ils sont pénétrés d’une chaleur et d’une beauté de sentiment exprimées dans une forme achevée et artistique qui, à la fois, séduit l’oreille et frappe la mémoire et le cœur .”f * Handbook, p.p.540, 542.î Handbook p.p.539. LE COIN DU FEU US Une Voyante.Mon guide à cette maison devait être M.H., un Australien particulièrement intéressé par cet ordre de questions, et qui, lui, croit absolument à la bonne foi de Mrs.P*** Nous avions rendez-vous, par un froid matin d’hiver, à la porte d’une des gares de Boston.Rien de plus Américain, de plus opposé aussi au caractère de notre expédition, que le bar où nous entrâmes pour nous réchauffer d’un cordial avant de partir,— avec ses soupes qui bouillaient sur des réchauds, ses grandes assiettes d’huîtres frites, et, dans une atmosphère de tabac, sa population de fumeurs et de chiqueurs en train de s’intoxiquer de cocktails, dès huit heures du matin.L’aspect du wagon où nous montâmes ensuite n’était pas beaucoup plus capable de nous préparer à la spiritualité.Des gens de toute condition le remplissaient, qui étaient tous venus prendre à Boston des commandes de travail.Ils portaient de ces vêtements comme on n’en voit qu’ici, où il est impossible de deviner le rang social de l'homme.Assis devant de petites tables mobiles, ils jouaient tous aux cartes, “ pour rire”, me dit M.H***, “ pour le plaisir d’user le temps ”.Trente parties de whist fonctionnaient ainsi dans ce train qui traversait un délicat paysage de neige, tout hlanc et tout semé de ces petites maisons de bois, â balcon couvert, charme de la New-England.Cette innocente salle de jeu roulait doucement, et elle donnait l’idée d’un peuple qui a du temps, beaucoup de temps.Les faces des joueurs avaient une expression tout ensemble libre, fatiguée et vigoureuse.A de pareils instants, trop rares en Amérique, l’étranger sent de la durée, de la lenteur sous la fièvre apparente.Il y en a toujours, de cette durée lente, derrière toute.activité.Mais pour s’en apercevoir, il faut soi-même être au diapason.Paris, quand on arrive de province, apparaît comme une ville affolée de mouvement.Pour qui vient de Londres, la place de la Concorde et les boulevards sont, au contraire, comme empreints d’une délicieuse paresse à demi méridionale.Puis, allant de Londres à New-York, la vieille cité anglaise semble à son tour si peu remuante, si paisible,—j’allais dire si arriérée.Ces impressions correspondent à une réalité, moins intense cependant que le sursaut de nos nerfs ne se l’imagine.L’homme ne sent plus ce qu’il sent toujours, voilà ce que l’on sait très bien, et que l’on oublie.Une fois tendu à un certain degré d’énergie, il s’y maintient sans efforts.Cela lui permet, comme à ces voyageurs du matin, de se divertir entre deux crises de hard work, aussi paisiblement qu’un rentier français de petite ville attablé, pour toute l’après-midi, entre deux paresses, devant un tapis vert et une partie de piquet voleur.Nous descendons, M.H*** et moi, à une des stations dans la campagne.De petites collines tout en neige ferment l’horizon autour de la bicoque qui sert de gare.Un traîneau ouvert nous attend, attelé d’un cheval velu que conduit un vieil homme accompagné d’un grand chien.C’est le véhicule que la voyante—je ne sais de quel autre nom l’appeler — envoie à ses clients.Il n’y a là aucune mise en scène, lien qui sente le humbug t1 la réclame.C’est un métier pour elle que de donner ces séances, et elle l’exerce avec une simplicité bourgeoise où je retrouve cette absence d’étonnement qui demeure pour moi un des caractères les plus frappants de l’Américain.Quelle que soit la bizarrerie de son sort, il l’accepte, sans en paraître plus surpris que du vôtre.Nous voilà donc lancés sur ce traîneau, le long d’une pente, puis d’une autre.Nous glissons sur la neige entre les petits cottages de bois, à peine éveillés, pour arriver à une dernière maison séparée de la rue par un chemin de bitume, qui creuse sa noire crevasse entre les blancheurs de la neige.Des traces de pas attestent à l’abord que plus d’une personne a dû, ces jours-ci, aller frapper à la porte de cette sorcière moderne chez laquelle nous venons à notre tour.La séance est coûteuse cependant: — dix dollars.Mais, de toutes les passions, celle qui dispute le moins, c’est celle du surnaturel, et il faut croire que cette passion-là est dans le sang de cette race, puisque nous sommes à deux pas de Salem, de cette petite ville de mer, le théâtre, voici juste deux cents ans, d’un épou^ vantable procès de magie, où vingt personnes 176 LE COIN DU FEU ment condamnées à mort.Grâce à Dieu, les mœurs contemporaines sont plus doucis, et le paisible intérieur de Mrs.P*** ne risque pas d’être troublé par un inquisiteur pareil aux terribles ministres protestants de i(x)2.G ne petite tille nous reçoit, toute rieuse, qui nous introduit dans le salon, en nous disant que sa mère a eu beaucoup de séances ces jours-ci et qu’elle est bien fatiguée.L’ameublement de cette pièce ressemble â des centaines d’autres que j’ai pu froir déjà dans des maisons de cette classe.Sur le mur l’image d’un Christ chargé de sa croix, sur la table une Bible, témoignent des sentiments religieux delà voyante.Des volumes de vers, la “Princesse ”, de Tennyson, le “ Lai du dernier Ménestrel ”, de Scott, la “ Lalla Rookh ”, de Moore, attestent le classicisme de son goût littéraire.Elle-même arrive.C’est une femme qui peut avoir trente-cinq ans.Les traits de son visage sont comme élastiques, sans doute à cause d’une extraordinaire souplesse des muscles de la face.Son teint de blonde anémique, un teint exsangue, d’une pâleur épuisée, est animé par deux yeux clairs, si étrangement clairs et fixes, que d’en rencontrer le petit point central, tout brillant et sombre, vous inflige une gêne inexprimable.Elle est cependant bien simple, et, quand elle parle, c'est d’une voix douce et lassée- Elle nous raconte qu’elle ne peut plus suffire aux demandes, que ces crises la fatiguent trop, et aussi qu’elle a donné beaucoup de mauvaises séances, tant elle souffre de ses nerfs.Et vraiment, à la voir entrer dans sa crise, dans sa “trance”, comme elle dit elle-même, on devine ce qu’un organisme doit dépenser de vitalité dans une secousse pareille.Les volets fermés, touteJumière éteinte, sauf une bougie sous la table, elle défait ses cheveux, met son buste à l’aise dans une camisole, puis elle prend les mains d’un de nous.Quelques minutes de silence et d’attente, — elle commence à gémir, gémir, à tordre ses doigts, qui échappent à l’étreinte, et s’égarent dans ses cheveux.Des soupirs, de grands, de profonds soupirs qui semblent partir du plus intime de son être, une flexion de plus en plus marquée de sa tête qui tombe, des contorsions de tout son torse, comme si elle se débattait contre un envahissement, —puis, une rémission.Elle dort.Ses mains ouvertes s’étendent pour palper le visage, les épaules, les bras de la personne en face d’elle, et elle commence de parler d'une voix changée, avec un accent Irlandais.Son “ moi” véritable a disparu, pour céder la place à un autre.Elle a cessé d’être la Mrs.P***, établie près de Boston, dans la campagne.Elle est devenue un certain docteur français, mort à Lyon.__“Un étrange homme que ce docteur”, me disait quelqu’un qui a suivi plusieurs séances de cette pythonisse yankee ; “ vous le connaissez.Il vous connaît.Il est serviable au dernier degré, complaisant, toujours à votre disposition.C est un parasite qui semble vouloir s'excuser de vivre aux dépens d’un autre, et un peu mystificateur avec cela." le n’ai jamais pu savoir si l’ami qui me parlait de la sorte était lui-même sérieux ou s’il plaisantait.J’imagine que l’Américain qui s intéresse à ces phénomènes de double vue ne le sait pas lui-même.Ce qui l’attire dans des expériences semblables, c’est d’abord ce besoin d’excitation qui le poursuit à travers tous les assouvissements de la fortune, aussi intense qu’au premier jour.C est ensuite un certain déséquilibre nerveux dont tant de personnes souffrent ici.C est une léaction contre l’habituel excès de positivisme du monde ambiant.C’est, enfin, c’est surtout l’immortel instinct du cœur de l’homme, plus vivant dans ces natures plus intactes et plus intenses, de percer ce voile de mystère dont est enveloppée la vie humaine.Par une espèce de compensation, ou un philosophe reconnaîtrait la grande loi du balancement des organes, ce sens du mystère se fait plus aigu dans ce pays où tout est trop lucide, tiop dessiné, trop voulu.C’est un trait frappant de la psychologie des hommes d’action, que la présence en eux d’une faculté superstitieuse, d’autant plus exaspérée qu’ils sont plus résolus et plus réfléchis.Napoléon en aura fourni un exemple bien saisissant.Etant l'homme d'énergie qu il est, et à un tel degré de tension, l'Américain ne pouvait manquer d’avoir, lui aussi, son coin d illuminisme, et pourquoi n’avouerai-je pas qu au cours de séances comme celle que nous donna Mrs.P” * *, ce jour-là et encore un autre, il est impossible de ne pas admettre que certains phénomènes de divination demeurent, en effet, absolument inexplicables au point de vue strictement naturel ? LE COIN DU FEU ¦77 Un journal de voyage n’est certes pas la place convenable pour y discuter des problèmes d’un ordre aussi complexe que celui-ci.Est-il possible à une pensée de communiquer avec une autre pensée sans l’intermédiaire d’un signe ?.Mrs.P*** me tenait les mains, et elle touchait en même temps une toute petite pendule de voyage ayant appartenu à quelqu’un qu’elle ne pouvait pas avoir connu,— un peintre qui s’est tué dans des circonstances particulièment tiistes de folie momentanée.Comment arriva-t-elle à me dire et cette profession de l’ancien propriétaire de la pendule et sa folie, et le genre même de son suicide ?Y avait-il une communication entre mon esprit et son esprit à elle, dédoublé dans cette mystérieuse personnalité du docteur Lyonnais?Mes mains, qu'elle tenait entre les siennes, lui révélaient-elles, par des frémisse ments perceptibles^ l’hyperacuité de ses nerfs, mes impressions sous chacun de ses mots, et avait-elle conservé, dans son sommeil, un pouvoir de se laisser guider par ces minuscules jalons ?Ou bien, — car il faut toujours téserver une place au scepticisme, —était-elle une comédienne incomparable, et qui devinait nus penséesjiu ton seul de mes questions et de mes réponses?.Mais non.Elle était sincère.Les physiologistes qui l’ont observée dans ses crises ont trop souvent reconnu le caractère | magnétique de son sommeil à des indices mécaniques qui ne trompent pas.Tout ce îjue je peux conclure des détails réellement extraoidi-naires quelle me donna, à moi, un étranger de passage, sur un disparu, et dont je n’avais parlé à personne^dans son entourage, c’est que l’esprit a des procédés de connaître, non soupçonnés par notre analyse.Et je me souviens d’un des bouddhistes Américains rencontrés ici, qui me disait: “ En Europe et en Occident vous avez donné une importance énorme, démesurée, unique à la démonstration, laquelle n’est pourtant que la vie des sens organisée.Il y a autie chose .” Nous étions, comme il me parlait de la sorte, assis à la table d’un club, sur la fin d’un repas prolongé par la causerie entre vingt convives.Autour de nous, les bouteilles d’Apollinaris et de wiskey, la menthe versée dans des verres sur de la glace pilée, des boîtes de cigares symbolisaient ce qu il y a de moins idéale, de moins mystérieux dans 1 existence civilisée, et cet homme étrange continuait de me parler sur l’Extiême Orient, sur ses religions toutes baignées de songe, sur la sagesse de ces peuples et leur passivité.Qui sait, me disais-je en l’écoutant, si certains pouvoirs de mysticisme, aujourd’hui presque abolis dans le monde moderne, ne se réveilleront pas, si des facultés de l’âme, momentanément paralysées, ne recommenceront pas de travailler, si notre humanité ne reverra pas une période analogue à celle des Alexandrins et des Gnostiques, ou plus justement des Brahmes?Ce serait une grande ironie de la nature, si ce futur réveil des sciences dites occultes devait avoir un de ses points de départ en Amérique.A coup sûr, nulle part, les recherches de la psychologie morbide ne sont poussées plus avant qu’ici, et à ce titre seul, cette visite à l’ermitage de Mrs.P*** valait d’être racontée.Quand elle se réveilla de son sommeil, elle nous saLît, mon compagnon et moi, chacun par le bras, d'un geste tragique.Visiblement, elle resta quelques secondes sans nous reconnaître, l'uis une espèce de pâle sourire revint sur sa face lassée.La voyante céda la place à la bourgeoise de New-Kngland, qui nous offrit du thé, avec sa voix redevenue douce, et elle semblait avoir complètement oublié, elle avail complètement oublié le fantastique docteur à l’accent Irlandais, retiré dans quelle contrée loin de la nôtre ?Evanoui, mais où?.Chimère de son imagination?Invention de sa ruse ?Réalité supra-sensible?Qui saura le mot de cette énigme ?Faut Bourget. i;3 LE COIN DU FEU \Jij Souvenir du Siege.ÉPISODE DE LA GUERRE FRANCO-PRUSSIENNE, 1870.I Ce fut le ig janvier qu’eut lieu l’affaire de Puzenval, me dit mon vieil ami Robert Désandré.A cinq heures du matin le branlebas commença, en pleine nuit autant dire.J’habitais alors rue Lafayette, à l’angle de la rue Montholon, une vaste chambre sous les toits, dont le balcon débordait au-dessus du trottoir, d’un bon mètre.Un clairon qui s’en vint sonner la générale devant la grille même du square m’éveilla et me mit sur pied.Je iis de la lumière, je me vêtis en hâte, puis, l’épaule engagée dans la bretelle de l’arme, j’allai rejoindre mon bataillon, le 218e de marche, au lieu de réu* nion habituel : la cour Est de la gare du Nord, tu sais, la cour des arrivées.Tout était caserne en ce temps-là.Dehors il faisait une nuit d’encre.Il y avait beau temps, à vrai dire, qu’on avait oublié la couleur du gaz, et, le pétrole devenant rare à son tour, l’éteigneur passait maintenant à des heures invraisemblables.Mais je connaissais le chemin.Je pris ma course ; le froid me mordait à pleine face.et scus les talons de mes bottes le sol gelé sonnait comme du métal.En trois minutes je fus rendu.Une trentaine de gardes nationaux déjà massés dans un coin de la cour piétinaient pour se réchauffer en échangeant des renseignements.Celui-ci assurait ceci, cet autre supposait cela.La vérité était que l’on ne savait rien, et que Mouche, notre commandant, questionné sur les événements de la matinée, répondit par un geste vague et par un haussement d'épaules.Est-ce que jamais on avait su quelque chose !.Il attendait des instructions, voilà tout.Tout de même, ce jour-là, ça sentait le sérieux, le fini de rire, le coup de torchon décisif, et aussi bien fallait-il qu’on se décidât.Depuis longtemps, la garde nationale s’agitait, manifestant tous les deux jours, allant sous les croisées de l’Hôtel-de-Ville réclamer la sortie en masse, et crier : “ Nous sommes trahis! ” Chez nous, au 218c, on hurlait aux munitions, car si nous avions des fusils, — et quels fusils, mon ami ! de vieux llingots à percussion transformés en tabatières dont nous connaissions à peine le maniement, — nous n’avions rien à mettre dedans, en revanche.Mon Dieu non, pas une once de poudre, ce qu’en eût seulement contenu le creux de la main.Ious les matins on s’attendait à une distribution de cartouches, mais ouitche ! je t’en souhaite ! rien du tout ! c’était toujours pour le lendemain, et comme ça depuis le commencement du siège.Nous eussions mordu, à la fin, tant l’attente sans cesse déçue fouettait nos nerfs exaspérés.Aux environs de sept heures l'aube pointa ; les maisons du faubourg Saint-Denis commencèrent à se détacher en noir cru sur la pâleur du jour levant; un jour lugubre, abominable, qui, jusqu’au soir, devait rester couleur d’ocre, en sorte que l’on pût vaguement s’apercevoir les tins les autres.Et c’était un joli spectacle, toutes ces têtes baves d’hommes éveillés trop tôt, enfouies dans les collets haut dressés des capotes, et que d’épais passe-montagnes dévoraient jusqu’aux pommettes.Dans l’ancienne salle aux bagages, quatre ballons à l’essayage étaient accroupis côte à côte, immobiles, pareils à d’énormes poussahs.De la toiture vitrée du hall une clarté louche tombait, rampait sur leurs robes gonflées d’air et que la pression du filet quadrillait comme de la galette.Huit heures sonnèrent, puis neui heures.A dix heures, Mouche, qui faisait les cent pas sans rien dire, les doigts plongés en son écharpe rouge, d’dù ressortait les crosses luisantes de deux pistolets, perdit brusquement patience : Il cria : — On se moque du monde, de nous laisser geler ici.Allez, c’est bon, rentrez chez vous, mais ne vous déshabillez pas ; tenez-vous prêts, en cas d’appel.Sur quoi l'on rompit ' les faisceaux, et chacun regagna son chez-soi.Les rues regorgeaient, emplies d’un extraordinaire mouvement de troupes.Au pas de route, derrière les tambours, des bataillons se succédaient presque sans interruption, des capotes noires, bleues, ardoisées, la bure sombré du capucin alter* LE COIN DU FEU 179 nant avec le vert-vif des draps de billard.Des lignards et de jeunes moblots accouplés allongeaient à la fois leurs jambes disparates, culottées de gris ou de garance.Où ces gens allaient?Mystère ! On voyait se perdre en l’éloignement l'étincellement de leur baïonnettes et les lourds sacs de cuir bouclés à leurs épaules, et vingt minutes plus tard, on demeurait saisi, à les voir revenir sur leurs pas, reconnaître leurs moustaches et leurs nez rougis par le froid.A chaque carrefour, un clairon congestionné appelait aux retardataires.Par les trottoirs, barrés de leur coude élargis, d’inlassables tambours allaient, se marquaient le pas à eux-mêmes, emplissaient du tapage assourdissant des caisses les échos des portes-cochères.Et tout cela était ensemble triste et fou, fleurait d’une lieue la débâcle, le grand désarroi de la fin, les suprêmes sursauts de l’agonie.II Lorsque j’eus déjeuné, — un de ces déjeuners de siège qui démolirent tant d’estomacs-— l’idée me prit de grimper sur mon toit.J’y pouvais accéder par une trappe mobile pratiquée au-dessus de l’escalier, juste dans l’axe de la cage.De là-haut, les temps clairs d’été, j’embrassais des lieues de paysage, un panorama admirable, qu’un instant seulement, au Nord, masquait le renflement subit de la Butte.Que de fois, le soir, en pantoufles, j’y étais venu fumer des cigarettes, et regarder les braises du couchant s’éteindre derrière Saint-Cloud ! Mais je ne vis rien, ce jour-là, que l’immense étendue de toits ensevelis sous la neige durcie.C était une blancheur aveuglante, rayonnant à Perte de vue autour de moi et qu’au loin eût rattrapée le ciel sans la lueur de feu qui ceinturait Paris.A droite, à gauche, devant, derrière, on se battait! on se battait partout ! de Meudon jusqu’à la Courneuve dont je distinguais dans la brume le clocher en torme d’éteignôir.Au-dessus d’un horizon rose — reflet peut-être du sang auguste qui coulait là-b.is, à pleines veines, pour la défense des libertés cent lois chères !—la’ fumée de forêts incendiées s’élevait en panaches sombres ; sur les flancs du mont Valérien de frêles touffes se formaient, qui se dissipaient lentement, puis se reformaient à nouveau.Et le canon tonnait sans relâche, tel, en les lourdes chaleurs d’août, le grondement continu d'un orage sans éclairs.Or, comme je contemplais ces choses le cœur serré, sentant se révolter en moi la fougue de mes dix-septans, voici que notre clairon, Roux, rappela au 218e.En deux temps je dégringolai de mon perchoir.Mais quelque hate que je misse à aller retrouver mes gens, j’arrivai juste pour les voir partir, je me faufilai dans le rang.— Nous allons ?A Aubervilliers, médit l’homme qui marchait près de moi.— Ah ! Nous montâmes dans la rue de Flandre et nous franchîmes la barrière par le pont-levis que l’on baissa pour nous.Note que nous étions toujours aussi avancés, dans l’ignorance complète des résultats atteints ! à cela près de quelques bulletins officiels affichés le matin aux mairies, et qui par.laient en termes vagues d’un engagement sérieux sous les murs de Paris, de pertes mutuelles et considérables, sans spécifier autrement.C’était à en devenir enragé, je te dis.Arrivés devant la redoute d’Aubervilliers, d’un gros de troupe que nous voyions s’agiter confusément dans la brouillasseiie lointaine, un cavalier se détacha, qui fondit sur nous ventre à terre.C’était un de ces généraux au petit bonheur qu’improvisent les nécessités urgentes de la guerre.Je le vois encore comme si j’y étais, tout jeune, la moustache au vent, l’air pas commode, ma foi.Il ne portait pas de manteau, malgré l’extrême rigueur du froid, et il était chaussé de longues bottes de chasse, de ces bottes blondes (pii escaladent les genoux et que compriment sur les jarrets de minces languettes de cuir.Il demanda : — Qui êtes-vous?Qu'est-ce que vous venez faire ici?Mouche nous fit connaître.11 reprit : — Vous avez des munitions?— Non, mon général, dit Mouche.Alors cet homme s’emporta.Il demanda à quoi diable nous étions bons, dit que nous gênions LE COIN DU FEU iSo ses mouvements, et que nous avions le droit d’aller prendre la garde aux boucheries.Mouche allégua un ordre de la Place ; l’officier envoya coucher la Place et Mouche ; des pourparlers s’engagèrent, Mouche très humble risquant des représentations, l’autre exaspéré, le feu aux joues, s égosillant à répéter; “Quoi?Quoi?Mais enfin quoi, nom de nom ! Qu’est-ce que vous voulez que je fasse de vous?" d’une voix qui sonnait dans la sécheresse de l’air.A la fin nous fîmes demi-tour et nous rentrâmes dans Paris, lout de suite on se débanda; les uns tirèrent à droite, les autres tirèrent à gauche, ou s’en furent chez les marchands de vin, se dégourdir le nez à la vapeur des punchs.Mouche, stupéfait, s’exclamait : — Eh bien, où vont-ils?où vont-ils ?Je n’ai pas donné ordre de rompre.On l’écoutait autant que s’il n’eût rien dit.Ce que voyant, je mis te fusil en bretelle et je îentrai chez moi par le plus court.11 pouvait être quatre heures et demie.Le beau temps venait avec la nuit : la lune, peu à peu, naissait dans le crépuscule, en lueur blême qu’on voyait, de minute en minute, descendre du faîte des cheminées, gagner les toits, puis les mansardes, et couler lentement le long des murs.C’est ce même jour, 19 janvier, que nous fîmes connaissance pour la première fois avec l’horrible pain du Siège, ce pain extraordinaire fait on ne sait de quoi, de son et de graine de lin, qui s’allongeait interminablement, pareil à de la pâte de guimauve, et qui, dix ans après, — tu entends bien, dix ans !—cédait encore sous le doigt, n’ayant pas achevé de sécher ! Pour moi, je ci us moi dre en de la boue; le désespoir me prit, et une rage soudaine.Je le lançai de toutes mes forces au plafond, où il demeura collé, aplati comme un cataplasme.J’étais brisé de fatigue et d énervement ; je pris le parti de me mettre au lit, bien qu’il fût neuf heures à peine.A ce moment, au coin de la rue : “ Tarata ! Taratata ! ’’ avec le refrain d’appel du 218e.— Encore?Au diable ! J’étais en caleçon, tout prêt à me glisser dans mes draps.Ah ! je fus pris, je t’en réponds, d’une jolie envie de faire le mort ! A la réflexion, une inquiétude me vint : la pensée que peut-être des choses graves se passaient.J’eus la vision d’une catastrophe couronnant tragiquement les affres de cette infernale journée.Du coup je n’hésitai plus, et, ayant enveloppé d’un double torlis de paille mes pieds devenus pareils en cet accoutrement à deux flacons de vieux vin, je me rebottai par là-dessus, et partis.Le calme des rues me rassura.De fait, à la gare du Nord, nous nous trouvâmes tout de suite sept: Roux, le charbonnier Vidalinc, le pharmacien caporal Marescot, un épicier de la rue Bleue, un notaire de la rue Baudin, et l’agès, le marchand de couleurs.Les autres avaient lâché, en ayant à leur suffisance, apparemment.Quand nous eûmes moisi là une vingtaine de minutes, le pharmacien-caporal dit que c’était une affaire réglée, qu’il ne viendrait plus personne, et qu’on allait aller aux informations.Il commanda: — Arme sur l’épaule ! En avant ! Et nous partîmes.Si je regrettais de n’avoir pas cédé à mes premières idées de paresse, tu penses ! Rue deChâ-teau-Landon, nous fîmes halte devant une manière d'échoppe qui servait de poste à ma compagnie : un boyau large comme une brouette, et dont formait le fond un lit de camp en pente douce.Je m’y allai étendre aussitôt, tandis que Vidalinc, qui ne perdait pas la carte, s’étant fait adjuger au 218e la fourniture du combustible, bourrait de coke le poêle, à pleines pelletées.Déjà Pagès, l’épicier et le notaire tiraient les places pour un whist, à la clarté jaune d’un quinquet qu’ils avaient décroché du mur et posé entre eux, sur la table.Un lourd sommeil s’empara de moi.Je tombais au néant de la mort.Brusquement une main me secoua : — Debout ! c’est votre tour de faction ! fe me dressai; je suais de sommeil à grosses gouttes.— Hein ?quoi ?— Mettez-vous en armes, dit Marescot.J’obéis sans comprendre, promenant autour de moi mes yeux hébétés et gonflés.Mouche, tombé là sans que je susse comment ni depuis quand, allait et venait par le poste, la tête basse, les mains au dos.Et à chaque fois, à la même place, il faisait le même écart léger, crainte de brûler sa capote aux flancs rougis .1 LE COIN DU FEU blanc du poêle.Les trois whisteurs, acharnés, continuaient d’abattre leurs cartes en silence.— Nous y sommes ?dit Marescot ; eh bien, en roule.Nous sortîmes.Le froid teirible du dehors réussit à me réveiller.J’appris que j’allais être proposé à la surveillance d’un chantier de bois situé à quelque mille mètres de ià, et que des maraudeurs dévastaient chaque nuit.Je relevai de garde Vidalinc.Celui-ci me passa la consigne, et aussi la peau de mouton qui lui protégeait les épaules.— Bonne promenade, dit-il, et bien de l’agrément.— Merci, répondis-je en riant jaune.Marescot ajouta : — Et puis méfiez-vous.— Ah bah ! Oui, fit-il, il y a du pet.Dans la nuit de lundi à mardi, on a égorgé le factionnaire.III Cette révélation me combla de joie.Surtout que j étais sans défense, moi, avec ce grand niais de fusil, bon tout juste à me geler les doigts à travers l'épaisseur tricotée de mes gants.Autant m'eût servi un plumeau.Pourtant, il fallut bien que je restasse là, et j'y demeurai en effet, tout seul, devant cet immense terrain enclos de murs comme un cimetière, et qu; fuyait, fuyait interminablement, sous la clarté bleue de la lune.Des rangs de madriers disposés en bûcher s’y succédaient de front, encore, toujours, sans cesse, coupés de ruelles étroites et bourrées de ténèbres, à ce point que des régiments entiers y auraient défilé, le colonel en tête, du diable si j’en eusse soupçonné les pompons ! C’était gai ; ça l’allait devenir plus encore.I) aboid tout alla au mieux.Une heure environ s’écoula sans que le moindre bruit suspect, la moindre vision passagère et fuyante me fût venue mettre en éveil.Même, à la fin, je tirai mon tabac de ma poche, et j’allais, au mépris de tous les règlements, confectionner une cigarette, quand soudain je levai la tête.Quelqu un, là, avait marché.Oui, on avait marché, pour sûr ! Où ?c’est ce 18 x que je n’aurais su dire, préciser exactement, mais enfin on avait marché ; j’en aurais répondu comme de ma propre vie.J’écoutai.Tout s’était tu.Maintenant, à mon oreille tendue, c’était le bourdonnement du silence, le calme infini des nuits sereines.Simplement, une horloge voisine sonna le quart après trois heures, et cette vie tombant dans cette mort me tranquillisa tout à coup, à l’égal d’une voie amie.— Je me serai trompé, pensai-je ; et c’était l’écho de mes pas.Explication en somme plausible, et dont je me fusse volontiers contenté.Le malheur fut qu’à cet instant, — au loin, très loin, dans la ligne indécise et pâle qui noyait la lisière extrême du chantier — une plancheé chappa à des mains maladroites et s’écroula bruyamment sur le sol.II n’y avait plus à douter.Je me dis : — Celle-là n’est pas tombée toute seule.Alors, la main roulée en cornet sur la bouche je criai : — Qui vive ?Qui va là ?Silence.— Qui vive ?Pas de réponse.— Qui vive, donc ?Même résultat ; avec cette différence, pourtant, que je crus percevoir un rauquement étrange, quelque chose comme l’effort de gorge d’une personne qui se fût retenue de tousser.Je devins perplexe.Que faire ?je te le demande.Quitter la place ?courir avertir le poste?c’était l’oubli du plus élémentaire devoir.Appeler?ce n’était pas sérieux ; tout aussi bien, à cette distance, eussé-je pu caresser l’espoir de mettre Grenelle en émoi ! Alors quoi ?Dans ces conditions, je n’avais plus qu’à payer d’audace.C’est ce que je fis.— Pour la dernière fois, hurlai-je, qui va là ?Répondez de suite, ou je tire.En même temps, je fis jouer la batterie de mon fusil qui grinça dans la nuit, comme une vieille serrure.Puis, e restai là, l’arme en joue, répétant : LE COIN DU FEU 182 — Je fais feu ! je fais feu ! Je fais feu ! Une, deux, trois, c’est bien vu, n’est-ce pas?bien compris ?Hé bien, ça y est, je fais feu ! attention ! C’était grotesque ; je ne songeais même plus au péril, tant je me sentais ridicule.Je n’insistai donc pas davantage, et prudemment j’allai me rélugiei en un angle obscur de muraille, ma silhouette, découpée en noir dans le bain de la lune qui m i-nondait, ayant pu taire de moi une cible facile.Ah ! je passai là trois quarts d’heure singulièrement agréables ! Mes maraudeurs avaient cessé de se gêner, ils agissaient désormais avec la même tranquillité que s’ils eussent été en famille : c était des allées, des venues, de lourdes galopades sur la terre durcie, un remue-ménage de solives tripotées, déplacées, puis lâchées, puis reprises.De temps en temps l’homme à la bronchite toussait.Enfin Marescot reparut, signalé de loin à mon impatience par l’étincelle balancée de son lalot.Près de lui, l’épicier de la rue Bleue dandinait sa vaste bedaine.11 demanda : — Rien de nouveau ?— Pas grand' chose, dis-je, négligemment ; ils ne sont guère là-bas qu’une demi-douzaine qui déménagent le chantier.C’est a les croire chez eux, tellement ils se gênent.Le pharmacien s’ébahit : — Où ça donc ?Il écoutait très attentif.Mais aussitôt : — C’est pardieu vrai ! Ah les chameaux ! En chasse, vous autres, hardi, là ! Lui-même s’élança.Nous le suivîmes, donnant de l’avant au hasard, fouillant l’ombre, des pointes aiguës de nos baïonnettes.Marescot grognait sourdement, enragé de ne rien découvrir ; l’épicier, lui, inquiet de ne plus rien entendre,—car les gaillards, à notre approche, s’étaient tus, — surveillait ses côtés, avançait à pas lents, mâchonnant un éloge outré de la prudence.1 Et: tout à coup nous eûmes un recul d’effarement.devant l’apparition sinistre, véritablement fantastique, qui se présentait à nos yeux : une grande carcasse de cheval, haut à n’en plus finir, et maigre, mais maigre, .d’une maigreur dont rien ne peut donner une idée ! Entre les saillies de ses côtes on eût logé des cordes à puits, tandis que les os de ses rotules, passés à travers son cuir, luisaient, vernis d’une couche de gelée, sous le cou]) de lumière du falot.Mais la chose affreuse entre toutes, c’était sa croupe misérable, ses fesses que le sang épais de la dysenterie avait revêtues d’un placage d’acajou, ses cuisses que battait une queue engluée, tout chargée de cailloux pesants.Il nous regarda un instant, immobile, fixant sur nous ses gros yeux ronds de bête familière et confiante; puis il fit un pas en avant, et tranquillement, du bout de ses longues dents jaunes, il se mit à racler le sapin d’une planche qui débordait.Comment ce cheval se trouvait-il là?quel miracle l’y avait amené ?Voilà la question.Le même miracle, peut-être, qui le faisait se tenir encore sur ses jambes plus frêles que des bras d’enfant, et que portaient quatre sabots énormes, quatre socles disproportionnés ! Le plus probable était qu’enfui des abattoirs, il s’était venu réfugier là, affolé, à la grâce de Dieu ; le certain c’est que nous restions bouleversés, sentant déborder de nos coeurs le flot d’une indicible et fraternelle pitié, au vu d’une infortune si grande.Ah ! misère horrible des bêtes 1 misère discrèle et silencieuse ! Cent ans, je vivrais cent ans, que toujours j’aurais ce mourant sous les yeux, cet agonisant aux plaies vives, cautérisées de glace, hélas ! et qui trompait avec du bois l’appel impérieux de ses entrailles.Que dirais-je?nous crevions la faim, nous aussi, et c’était pourtant là de la chair toute trouvée.N’importe, à pas un de nous trois l’idée ne vint d’un coup de couteau crevant ce ventre douloureux.— Bah 1 dit le pharmacien Marescot : dans trois jours nous mangerons à notre appétit.Je tressaillis : — Il y a du neuf?— Oui, on a le bilan de la journée.— Et alors ?Calme, il répondit : — Nous sommes f., Perpétue.Je n’en demandai pas davantage.Je goûtai l’atroce soulagement qui accueille le dernier soupir longtemps attendu et redouté, reçu enfin en pleine figure, de l’être aimé plus que tout le monde.Et comme à ce moment, à travers mes pleurs muets, la lugubre silhouette du cheval m’apparaissait extraordinairement agrandie et trouble, je me penchai, j’arrachai la paille de mes bottes, et je l’offris à ce pauvre animal qui la dévora goulûment.Le thermomètre, cette nuit-là, descendit à treize degrés.George Courtelinc. LE COIN DU FEU 183 HVGI CMC LES SACHETS.On prépare les sachets très facilement.Il n'y a qua saupoudrer plus ou moins abondamment des carrés de ouate avec la poudre parfumée choisie.On coud ces carrés entre deux morceaux de flo-rence, et on garnit de dentelles.Ou on introduit la poudre dans de petits sacs de percaline ou de soie mince, on noue gentiment ces petits sacs avec des rubans assortis.Les sachets à gants, à dentelles, à mouchoirs, à bas de soie, se confectionnent aussi facilement que les petits sachets qu’on place dans les tiroirs, les armoires et les coffrets.Il n’y a qu’à tailler en grand, à ornementer avec tout l’art dont on est capable.Ces grands carrés de soie ouatée se plient en deux, tout bonnement, on les ferme avec des rubans.Beaucoup de femmes élégantes font garnir le fond de leurs tiroirs et les tablettes de leurs armoires d’un matelas mince, en satin, de nuance tendre, bourré de ouate odorante et capitonné de roses de ruban.C’est, en réalité, un immense sachet.Toute la bonneterie de soie, de fil ou de coton et le linge leposent ainsi sur des lits de satin paifumé.Les dentelles, les mouchoirs, les gants sont enfermés dans des sachets aux tendres senteurs.Les cartons à chapeaux sont imprégnés de douces fragances.Dans les armoires et les cabinets à robes, les costumes, les jupes, les manteaux sont pendus au milieu de sacs qui répandent une odeur délicieuse.Dans les ourlets des robes, dans les plis des manches (au coude), dans les corsets, partout le parfum favori, unique, est introduit.La femme en est tout enveloppée.Quand elle approche, on la devine avant de l’avoir vue.Avant d’avoir reconnu son écriture, à la senteur qu’exhale son papier, on sait de qui est la lettre.Prête-t-elle un livre, le parfum dont il est imprégné rappelle qu’il faut le lui rendre.ou vous poursuit comme un remords.COLD CREAM, Cold-cream : Huile d’amandes douces.Cire blanche.Blanc de baleine.Composez un mélange parfait de tances.A joutez : Eau de roses.Teinture de benjoin .Teinture d’ambre.50 grammes.10 — 10 — vos trois subs- 20 grammes.5 — Il faut peut-être dire que la cire et le blanc doivent fondre au bain-marie, pour être incorporés avec l’huile.POMMADE DE CONCOMURE.Pommade de concombre : Découpez en petits morceaux une livre de concombre pelé, et dont vous avez extrait les pépins.Ajoutez autant de chair de melon, dans les mêmes conditions.Puis une livre de graisse de porc bien préparée et le quart d’un litre de lait.Faites chauffer au bain-marie pendant dix heures, sans jamais aller jusqu’à l’ébullition.Passez alors vos substances à travers un torchon que vous pressez bien au-dessus d un tamis.Laissez égoutter et figer.Lavez ensuite votre pommade, jusqu’à ce que la dernière eau soit sans couleur.Tordez bien dans un linge.Conservez en petits pots.Autre recette : A xonge.500 grammes Jus de concombre.r.500 Mêlez 500 grammes de jus avec tout l’axonge.Malaxez fortement avec ce jus l’axonge, qui a été p.éalablement ramolli.Quand vous avez bien battu ensemble les deux substances pendant deux heures, laissez reposer jusqu’au lendemain.Le lendemain, faites écouler le jus, et remettez-en 500 grammes de nouveau dans votre saindoux.Même opération que la veille.Elle se renouvelle une troisième fois, pour épuiser ce qui reste de jus.faites fondre alors la pommade au bain-mai ie surun feu doux, pendant cinq ou six heures, pour faire évaporer l’eau que contient encore la giaisse.Il faut tourner fréquemment pour obtenir LE COIN DU FEU 1S4 ce résultat.On bat de nouveau la pommade pour l’avoir légère, onctueuse, et, enfin, on la coule en pots.LA GLYCÉRINE.Toutes les peaux, avons-nous dit, ne supportent pas avantageusement l’usage de la glycérine.On se rend facilement compte de ses résultats.L’épiderme rougit-il, il faut en cesser 1 emploi.Du reste, alors même que la glycérine sciait favorable, on ne s’en servirait pas à l’état pur.Elle ne doit jamais être admise seule, par la raison qu’ayant la propriété d'absorber l’eau, elle boit la moiteur nécessaire à la peau.C’est pour cela que celle-ci rougit et s’irrite, dans certains cas, surtout.La glycérine sera donc diluée et même additionnée de fine eau de Cologne : glycérine, eau douce, eau de Cologne, parties égales.LES SAVONS.Si on se savonne le visage de temps en temps, il faut au moins avoir soin de se le rincer à deux et trois eaux claires et tièdes ; n’employer que du savon blanc, très pur.Les fines senteurs données au savon sont souvent destinées à masquer l’odeur que lui communique une fabrication imparfaite.Les couleurs dont on teint le savon (les roses et les vertes, surtout) sont dangereuses pour le teint et la santé.Le savon, qu’on ne l'oublie pas, a une tendance à dessécher la peau, à en bouclier les pores.Si on pouvait préparer son savon soi-même, il serait bien moins nuisible à la peau.Ce n est pas difficile de l’améliorer, du moins.On découpe une livre de savon blanc dans un pot de tel re, on ajoute un peu d’eau et on met devant le feu.Quand le savon devient mou, on le mélange avec de la farine d’avoine, jusqu'à consistance de pâte épaisse.On le fait se liquéfier de nouveau, et l’on met en moules, ou, avant qu’il soit tout à fait Iroid, on en forme des boules ou des carrés.On peut ^utiliser de cette façon tous les petits morceaux de savon qui restent inemployés, par la raison qu’un débris de savon trop réduit se dissout en mousse difficilement pour les lavages et débarbouillages.Ils serviront encore à nettoyer les mains, à la cuisine, si on procède comme précédemment.On fait dissoudre une demi-tasse de débris de savon dans une tasse d’eau, et on suit la recette ci-dessus.11 est bon de graisser les moules où l’on coule le savon.LA POUDRE DE RIZ.La poudre de riz du commerce est souvent dangereuse pour la peau.Si on pouvait la préparer soi-même, elle serait non seulement sans inconvénient, mais encore d’un usage excellent, en plus d’un cas où, nous l’avons indiqué, il est utile de se poudrer le visage.La préparation est d’ailleurs facile.On emplit de six pintes d’eau et de deux livres de riz un pot de terre tout neuf.On laisse tremper pendant vingt-quatre heures, puis on décante.Pendant trois jours de suite, on remet six litres d’eau nouvelle sur le même kilogramme de riz.Après les trois immersions,— de vingt-quatie heures chacune,— on fait égoutter le riz sur un tamis de crin neuf et qui ne servira plus qu’à cet usage.Puis on l’expose à l’air, à 1 abri des ordures, sur une serviette blanchie a la lessive.Dès qu’il est sec, on le pile très finement dans un mortier de marbre, bien propre et couvert.Enfin, on le tamise à travers un linge fin et blanc, au-dessus du pot destiné à le contenir.On attache le linge autour des bords au moyen d’un ruban, et on fait un creux au milieu de la serviette, pour 11e pas perdre de poudre.Le pot qui a reçu la poudre doit être pourvu d’un couvercle fermant bien.11 vaut mieux ne pas parfumer cette poudre.Les jours où l’on viendrait à manquer de poudre fabriquée à la maison, il faudrait la remplacer par de la farine de gruau, dont on prendrait, sur la houppe, une très petite quantité.Si l’on continuait à acheter de la poudre de riz; on aurait soin de ne pas choisir celle que l’on parfume à la racine d’iris, dans le cas où la peau serait affectée ou même seulement irritable.On ne doit jamais laisser iraîner ses houppes.Elles seront enfermées chacune, séparément, dans des boîtes de faïence ou de porcelaine très propres. LE COIN DU FEU 185 MOYEN DE PARFUMEE LFS SAVONS.On peut parfumer les savons dont nous avons donné la formule au moyen d’essences fines.Au moment où l'on retire la préparation du feu, avant de mettre en moules, on verse l’essence dans le mélange en remuant bien.Un savon tout à fait délicieux serait celui qu’on parfumerait au jus de framboises.Pour le savon au jasmin, on fait liquéfier, en même temps que le savon de la pommade au parfum de cette fleur délicieuse.L’essence de roses est très bonne pour cet usage.En Angleterre, la vogue est au savon parfumé au jus de poire.Le fruit aurait des effets excellents sur la peau.SAVOIR VlVRe.CELUI QUI REÇOIT L’HOSPITALITÉ.L’hospitalité impose de très sérieux devoirs à celui qui l’exerce ; celui qui la reçoit n’en est pas exempt.Il doit arriver en dispositions gaies, agréables et bienveillantes.Si on apportait à son hôte un visage morose, une humeur acerbe ou dénigrante, le rôle de celui qui reçoit serait, en vérité, bien pénible.L’invité n’est pas obligé à faire montre d’une gaieté folle, mais il lui faut être aimable et souriant.Il n’est pas tenu d’entasser louange sur éloge, mais il ne doit pas être désobligeant.Sa discrétion sera extrême.Il peut user de toutes choses, lapins élémentaire délicatesse lui défend d’abuser, et cela quelles que soient les circonstances.Il 11e réclame des serviteurs que le nécessaire, et il les traite très poliment.Sa réserve serait encore plus grande s’il recevait l’hospitalité dans une maison où il n’y aurait pas de domestiques, Avant d’accepter une voiture, un cheval, il tâche de savoir si son plaisir n’imposera pas une privation, une gêne, aux gens de la maison.S’il est capable de rendre un service quelconque aux maîtres du logis, il y met un empressement sincère, heureux.Sans mentir, sans flatter bassement, il découvre tous les côtés agréables de la maison où il est reçu, et en fait des compliments à ses hôtes.Ces choses aimables, sans exagération, sont toujours écoutées avec plaisir, si modestes que soient ceux auxquels on les adresse.Il arrive que les habitants d’un pays le voient â travers un prisme qui l’embellit singulièrement.a leurs yeux.On ne peut pas toujours partager leur admiration ; sans se laisser aller à louer avec la même exagération.qui ne serait pas de bonne foi, on dissimule poliment son sentiment d’étonnement.Rien n’annonce un caractère grossier, un naturel désagréable, comme l’air de mépris avec lequel on accueille trop souvent l’expression de ce naïf orgueil, peu motivé si vous voulez, mais touchant, parce qu’il a le caractère du patriotisme, un peu plus étroit, voilà tout.On se gardera donc de blesser son hôte, en manifestant un dédain supérieur pour ce qui fait sa joie ou sa fierté.Est-il nécessaire de dire qu’en plus d’un cas l’invité ne doit avoir ni yeux ni oreilles?Il y a des choses qu’il ne faut ni voir ni entendre.Non seulement on les garde pour soi, mais encore on fait tout ce qu’on peut pour les oublier.Il est aussi inutile, sans doute, de recommander à l’invité de quitter immédiatement la maison de son hôte, s’il y survient un trouble quelconque et que sa présence puisse devenir une gène.Dans le cas, au contraire, où il pourrait être de la moindre utilité, il reste, et 11e marchande ni ses peines ni son temps pour le service de ceux qui l’avaient reçu sous leur toit.Tout aussi superflu encore, cet appel à une réserve extrême dans le langage et les manières, s’il y a des femmes dans labnaison.L’invité doit encore se montrer aussi gai que son caractère le lui permet; il tâche de réprimer toute susceptibilité mal placée; —en général, les gens bien élevés ne sont pas susceptibles, par la bonne raison que, n’ayant jamais l’intention de blesser personne, ils ne croient pas qu’on veuille leur être désagréable.Enfin l’invité se pliera à tous les usages, à toutes les habitudes de la maison.Il y a de vieilles cou- LE COIN DU FEU 186 tûmes qu'on ne doit pas railler, parussent-elles absurdes il est de vieux amis ennuyeux de l’hôte qu’il faut traiter avec politesse et bienveillance.L’invité enregistre soigneusement dans sa mémoire l’heure de tous les repas ; il ne se laisse pas entraîner à prolonger une promenade qui pourrait retarder le dîner de son hôte.Il s’arrange pour laisser un peu de liberté à celui-ci, pour ne pas l’accabler de sa présence, mais il ne montre pas non plus un trop grand esprit d’indépendance, — qui serait une forme de l’égois-me: il fait jouir les gens de sa conversation, ou il écoute la leur.Il est toujours prêt pour servir de partenaire au jeu , il n’éloigne pas les enfants ; il daigne parler aux personnes plus jeunes que lui : s’il est emmené dans une excursion un peu lointaine, et qu’il en résulte pour lui une fatigue à laquelle il n’e-t pas accoutumé, il ne se plaindra pas amèrement d’avoir été èrtinti, et si on s’excuse de ne pas l’avoir ménagé, il répondra gaiement : — Que voulez-vous, c’est la faute de mes jambes, du manque d’habitude, etc.Il est très indélicat de prolonger sa visite au-delà du terme fixé.Si on vous a dit : “ Venez passer huit jours, une quinzaine, un mois avec nous,” partez dés que ce temps sera expiré.Ne cédez pas aux instances qu’on fait pour vous retenir, elles peuvent être dictées par la simple politesse, par la bienveillance, on cherche peut être à vous être agréable plus qu’à soi-même, et il vaut beaucoup mieux se faire regretter que de lasser les gens.On sera donc bien éloigné d’amener son hôte à demander la prolongation d’un séjour chez lui.Dans les huit jours qui suivent son départ, celui qui a reçu l’hospitalité écrit à celui qui la lui a donnée, et le remercie encore des soins dont il a été l’objet.Il lui avait déjà exprimé sa gratitude en le quittant.Encore quelques légers détails.L’invité est astreint à une tenue très soignée pendant toute la durée de sa visite, et il doit s’arranger pour ne pas bouleverser, mais au contraire pour maintenir tout en bon ordre et en état de propreté dans l’appartement qui lui est affecté.N’oublions pas non plus de recommander à l’hôte de pourvoir l’invité de quelques provisions au départ, surtout s’il s’agit d’une femme.Quelques gâteaux, des sandwiches ; un flacon de sirop étendu ou d’eau rougie ; un peu d’eau de fleur d’oranger, etc.C’est le dernier mot de l’hospitalité.11 y a des maîtresses de maison qui se font un plaisir de préparer des paniers de voyage très confortables, très complets.DIVERS EN VOYAGE.—AUX EAUX.Parmi ceux qui nous font l’honneur de nous lire, beaucoup vont au bord de la mer ou dans une ville d’eaux pour cause de santé ou pour y dépenser leurs vacances.Il nous semble donc utile de traiter le chapitre des voyages.Avant toute chose, il nous faut prendre le train, et recommander aux hommes jeunes et aux jeunes femmes de toujours céder et même offrir la meilleure place, le coin, aux personnes âgées, si inconnues que leur soient celles-ci.On n’est, bien entendu, tenu à pareille déférence qu’à l’égard des vieillards.Cela s’applique également au transport par omnibus, bateau ou diligence,— il y en a encore.Il arrive parfois que toutes les places de ces véhicules publics soient prises, et qu’une femme âgée, un vieil homme tremblotant soient debout sur la plate-forme ou le pont, balancés par les cahots ou par le roulis, exposés au froid, etc.J’estime qu'il est du devoir des jeunes gens de leur céder la place confortable qu’ils occupent à l’intérieur, et j’ajouterai qu’un homme qui n’est pas septuagénaire doit offrir sa place à toute femme, fût-ce une fillette, qu’il voit debout.Un homme se découvre partout où il entre.Tant pis__pour ceux qui sont assez grossiers pour ne pas toucher leur couvre chef, en réciprocité de sa politesse.11 demande pardon aux femmes doni il froisse la robe, dont il effleure le pied, en gagnant la place à occuper.Il est certains soins qu’un voyageur peut, doit rendre à une voyageuse.Ouvrir une portière, passer un paquet, l’aider à descendre, etc., etc.La voyageuse remercie poliment, et même gracieusement.Mais en wagon ou tout autre lieu public, les gens bien élevés n’engagent jamais de conversa- LE FACTEUR H.EMUFF.B.DAYTON.2.Per - son - no 3.Sous lo Vont ou l’o- i-&-, fS___P____P___ I-0-0— -a—i &ci en #—a a—a L’ex - cel - lent sor - vi- Tout un clia-cun r.c - cos - to jj’uf - fro la bien - vo - nue • • Tou-jours plein de cou - ru - go Et voi • ci le fnc-teur Qui d’un air cn-cliun-to L'In - ver com-ine l’é - tô pos - to fnc - tour sou-liai- 4-1— -a—g—g- -O— f- •'n—~é—& .1» tous il a son mot tond un bil - lot doux tous ceux du quar - tier gnon - no - raît bien ton - dro i-0— i-O— —~o Sloicer.¦r-0— Cri - ant do bas en haut : la por - to lo li - ro cun ai - mo Loin dos re-gards ja - loux.ca-cliet-to Whistle. CnOR US.Valu time.za La • lu - miè Re - bec - - ca Nick - for - stein, -p ¦9—9 cub Klein, tie Ja -0—1 W—&— I - van Yar - so Mill - ley, Jean Pa - quet - te, ro - ni ' .- '• .3.7-, pi L’INSTITUT KEELEY -POUR IjA CiUÉRlSON RADICALE DE- i! La Morphine, dç l'Opiürn.ET DES -**69 KITE OSBORNE#* àJffîk« ¦¦ TEL, 4544 -, .« * îk « * «tes»***# OUS attirons spécialement l’attention des Dames sur cette grave question, qui a causé plus de malheurs chez les familles que toute autre maladie.Nous les mettons aussi en garde contre les charlatans, qui, sous forme de prétendues améliorations au traitement dü Dr.KEELEY, font toutes espèces d’offres plus alléchantes les unes que les autres.,' T /itT ' Le .seul Institut au monde recommandé par la Profession Médicale.* ;p’" * ! 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LE COIN DU FEU tion avecdes inconnus.On peut demander ou donner un renseignement, et cela d’un ton poli, aimable, avec une vraie bonne grâce ; mais ensuite on fait bien d’ouvrir un livre, un journal pour ne pas continuer l’entretien.La prudence, toujours 'entièrement d’accord avec le bon goût, exige qu’on ne parle pas de ses affairi s intimes, aux parents, aux amis qui voyagent avec nous, en présence d’inconnus.On ne sait jamais devant qui l’on s’épanche, et cet abandon peut avoir de graves conséquences.Cette réserve n’abandonnera pas le voyageur dans le lieu qu’il a choisi pour se soigner ou pour s’amuser.On peut bien échanger quelques banalités polies avec les gens qu’on rencontre chaque jour au bain, .à la table d'hôte, etc., etc.; mais leur accorder immédiatement sa confiance, sc lier avec eux, c’est une spontanéité que l’on doit blâmer.J1 ne faut pas que ces personnes rencontrées, et dont on ignore le passé et même le présent, puissent, plus tard, venir à vous avec des allures d’amis et vous faire rougir, — cela arrive, hélas! — rougir de les connaître.Il est entendu qu’il n’y a lieu de rougir que si les gens connus aux eaux manquent d’honorabilité.On peut tendre la main à tout honnête homme, si mince (pie soit sa fortune et si humble sa position sociale.Craignez de former des relations à la légère, comme il arrive si souvent dans les villes d’eauxet à la mer.On doit prendre des informations exactes sur la situation et le passé des gens, avant de les admettre dans sa maison.“ Quand on s’entoure de connaissances d’une considération douteuse, dit je ne sais plus qui, on risque fort (si l’on n’est pas de leur espèce) d’être couvert de calomnies injustes lorsqu’on vient â les expulser de chez soi, lassé de leur vice.Mais, dans ce cas, on n’est sali par la boue que pour s'êtie exposé à ses maculatures.” C’est pour avoir été mises en garde contre une trop grande facilité d’accueil, ou pour avoir subi d’amères déconvenus, que tant de personnes, d’ailleurs aimables, laissent si malaisément forcer leur intimité.11 est de bon goût d’attendre un peu avant de se jeter dans les bras des gens.On n’a jamais à se repentir de s’être montré circonspect et réservé.D’autre part, il n’est pas défendu d’être bienveillant et affable pour tous ; mais toute autre 187 chose est d’ouvrir son cœur et sa maison au premier venu.Aux eaux, pas plus que dans la ville que vous habitez, ne vous permettez pas un laisser-aller qui nuit toujours aux yeux des gens corrects.Ne croyez pas, non plus, devoir arborer des toilettes excentriques et tirant l’œil.Un homme ne se fait pas remarquer par le débraillé ou le pittoresque de son costume, quand il a reçu une bonne éducation ; une femme n’a vraiment de charme que si, par sa toilette et ses manières, elle cherche â passer inaperçue.— Au casino, les femmes gardent leur chapeau pour danser.LA TIMIDITÉ ET L’AISANCE.Vous vous désolez d’être timide, vous sentez que le manque d’aplomb vous rend gauche et contraint.vous retire toute l’élégance native dont vous êtes doué, et dont on ne s’aperçoit que dans le sanctuaire de la famille.Consolez-vous, cela passera, surtout si vous ne vous préoccupez pas outre mesure du jugement que l’on peut porter de vos manières, si vous pouvez vous persuader que beaucoup de maladresses passent inaperçues, parce que l’attention des autres 11’est pas constamment fixée sur vous.Continuez à aller dans le monde, peu à peu vous vous sentirez moins gêné, moins intimidé.Vous êtes dans la situation d’un jeune soldat qui va au feu.Une balle siffle â son oreille, il se jette en arrière ou de côté; un obus éclate.loin de lui, il courbe la tête.A la seconde bataille, il frissonne un peu moins fort.A la troisième, il tressaille a peine.Puis le voilà qui s aguerrit, au point de plaisanter les boulets, en leur ôtant son képi, et de narguer la Mort qui fauche auprès de lui.Il est ci âne, il est gai, l’habitude en a fait un vrai troupier.Il en sera ainsi du jeune homme, de la jeune fille qui affrontent les feux des salons.La timidité.qui n’est pas sans charme chez les personnes jeunes, se change vite en aisance gracieuse, par l’usage du monde.comme on dit si justement.Les gens sympathiques ne se font jamais remarquer par Xaplomb — qui a toujours quelque chose de désagréable et d’insolent pour les autres.Mais ils ont de l’aisance, ce que les êtres modestes et timides finissent par acquérir en se raisonnant un peu et par la fréquentation ininterrompue des gens du monde. I SS LE COIN U U FEU Chronique de la Mode Paris, ier juiN.' Que dire des toilettes vues et notées au vernissage des deux Salons ?Qu’elles étaient éblouissantes.aveuglantes même! On abuse du groseille agrémenté de pistache ou de crème, ce qui fait involontairement penser aux glaces panachées.Le bleu bluet est non moins éclatant quand la dentelle bise le rehausse de ses réseaux de guipure.Nous sommes aux couleurs éclatantes, alors que, il y a peu d’années, le vieux bleu, le vieux rose, le vieux rouge apparaissaient dans les tons flétris où le temps met sa patine.Le crêpelé, d’origine orientale, est en grande vogue, malgré le peu de durée qu’on doit attendre de celte étoffe: on en trouve en soie de deux teintes,en ramie, en laine, en coton.Les tissus brodés se fabriquent maintenant à la machine, et les batistes ajourées à l’anglaise sur batiste écrite, rose, veit pomme, feront d’adorables robes d’été; il y en a de brodées bleues surnansoukblanc toutàfait coquettes.Le piqué redevient en faveur, ainsi que le nankin.Puisse ce succès consoler la Chine ! Les mousselines, jaconas, foulards, lainages genre Palmyre font prime.Serait-ce un acheminement vers le châle, si longtemps délaissé?Pour garnitures de robes d’elé nous avons la dentelle cuir (de la guipure écru très foncé), des paillettes et des girandoles de perles coupées d’entre-deux de passementerie ou de tulle.Quelques toilettes entrevues au Champ-de-Mars ou aux Champs-Elysées donneront à mes lectrices une idée très nette des nouveautés définitivement adoptées par nos Parisiennes.Voici d’abord la jolie Mme F.en robe de crépon bleu bluet ; la robe très ample et doublée de soie est soutenue par un jupon non moins volumineux Je parierais presque qu'il a des cerceaux d’acier.Le corsage, froncé à la Vierge sous un col de guipure de Venise, est serré à la taille par un ruban de satin.Les manches sont toujours volumineuses, hélas ! .serrées au coude par un élastique où montent de longs gants en peau de Suède.Un collet assez court, en peau de soie, ornementé de jais et de mousseline de soie, Hotte sur les épaules et laisse entrevoir le corsage et le col fait tout en pétales de pivoines roses ! Le chapeau est monumental, en paille de soie bluet, couvert de bluets nuancés et d'énormes nœuds en satin bleu également.Un voile d’application d’Angleterre jette des réseaux de neige sur le plus joli visage.La petite comtesse de M.a une toilette en pé-kiné noir et blanc : son corsage, voilé de mousseline de soie blanche plissée bijou, et d’entre-deux de Chantilly placés en travers, se termine par une ceinture en ruban de satin noir No.20 à envers de satin blanc, gants blancs, capolte en paille blé bordée d’hortensias nuancés, et où émerge un nœud fait en roseau.Melle de L.très remarquée pour sa robe deche-viotte mastic avec corsage Trianon, un figaro à revers arrondis devant et a; ant dans le dos une légère échancrure bordée de petits boutons dorés; chapeau Trianon en paille de soie blanche doublée de paille rose: dentelle et tulle blanc que rehausse une aigrette colonelle tiès fournie et des têtes de plumes blanches.Quelques dames avaient des cols plastrons formés de longues feuilles aquatiques en velours nuancé.C’était original, mais cela ressemblait trop à la corolle d'une marguerite des prés, et 1 on eût dit plutôt un déguisement qu’une mode nouvelle.Une jolie Américaine avait une robe de foulard pompadour ; le corsage, ouvert sur un plissé de mousseline de soie, était attaché par des rubans placés en croisillons qui laçaient le devant du corsage : chapeau très grand en grosse paille verte fleurie de muguets et de roseaux.Grand succès pour les redingotes en soie changeante, très larges de jupe, ayant un fichu croisé bordé de dentelles et d’un volant tuyauté.Sous ces fichus Marie-Antoinette on diminue les manches.Si cela pouvait amener les manches à leur état normal ! Car enfin, avouez, Mesdames, que les outres pleines de vent que nous portons de chaque côté de notre gracieuse personne sont fort peu seyantes ?.Puisse le vent qui fait tourner la girouette du caprice féminin 11e plus souffler dans nos manches pour les gontler, mais souffler dessus pour les diminuer ! LK COIN DU FEU 111, * ,vs V, fil iîfA •»'' «g ix '.X x> x\*| »iK;| t i\a ¦* i-x •‘jyftksV« v ! § ;w ms &&m );Y' ' ' N' mmtm* Éte; -?slàVS,VM »4*j\ XssK «km twmm pM lÉlÉt 'imSËSm iÜMÉi >>v WJ5S 9MP& : ïmÉM v®,': S®; mm Ml mÈàst A'^VV' No.1544, 25 cents. LE COIN DU FEU 190 Les modes que l’on porte aux Courses consistent toujours : ou dans un joli complet tailleur, ou dans une robe de crêpure ou de soie changeante.Pour les soirées on porte des jupes de damas avec corsage voilées de vraie dentelle.Je citerai pour modèle une très jolie robe portée par Mme Gallet, la cantatrice mondaine : jupe de soie pervenche, corsage blouse et manches de soie couvertes de points d’Angleterre sur mousseline de soie mauve; ceinture en ruban de satin mauve.De superbes solitaires semés dans les cheveux.Une autre robe, portée par Mme |., était en soie pompadour fond blanc, corsage drapé de mousseline de soie rose avec quatre longs pans de velours rose tombant sur la jupe.Pour les concerts d'été, on porte des chemisettes idéales en mousseline de soie bordées de dentelles sur des jupes de damas noir: les capotes sont toutes en tlcurs.Manches courtes et cou dégagé : les tours de cou en fleurs protègent les frileuses.Les jupes se font un peu traînantes derrière.J’ai déjà prévenu mes lectrices que le 1830 rétrogradait vers le 1785, c’est-à-dire le Louis XVI avec les jupes amples et froncées, les manches dessinant ie bras, les tailles allongées, les chapeaux énormes.Les ombrelles se ressentent de notre gofit pour la frivolité et les falbalas., elles ont toutes des draperies de tulle et des volants de mousseline ; les jeunes filles seules ont le privilège des parasols en soie change mte, ce qui ajoute un reflet rosé à leurs joues fraîches.La robe trotteuse, la robe parisienne par excellence, a une jupe de 5 m.80 à 6 mètres de tour, rasant terre sans la frôler, doublée de soie avec volant intérieur, jupe qui se relève en un tour de main sur un jupon de soie claire, bien ample, lui aussi, festonné de volants de dentelles, avec quelques volants doublés de gaze caoutchouc formant tournure — ah ! un rien — pour soutenir la basque du corsage seulement.Le corsage a des revers, — comme la fortune ;— ces revers sont carrés, allongés, en triangle plus ou moins pointus ou arrondis, ceux-ci ondulés, ceux-là très raides, les uns couverts de moire, les autres soutachés, le col rabattu découvrant un gilet ravissant.Ce corsage à petites-basques a des manches ballon en- flées par de la mousseline caoutchouc.Quant au gilet, c’est une merveille.Tantôt il est en peau de Suède, boutonné jusqu’au col, brodé à la machine de ganses soyeuses, tantôt il est en satin nacré voilé par une cascade de dentelles.Certains affectent le genre Pompadour, en peau de soie, constellés de perles et de paillettes.Les jeunes filles ont bravement adopté la chemisette de taffetas à petits carreaux, écossaise ou de fantaisie, serrée à la taille par une ceinture pareille se nouant de côté ou derrière, et tombant en deux longs pans sur une jupe de laine unie.En cas d’averse, on jette sur ses épaules un car-rick de drap soutaché ou ajouré, de nuance mastic, beige, bleu marin ou grenat.Les beaux jours vont nous montrer des bicyclistes, — je ne parle que des dames ! — Le sport favori de ces messieurs a gagné le camp féminin, grâce à cette clau'e du code : “ une femme doit suivre un mari.” Il y a deux façons de porter le costume cycliste : La pantalon plissé accordéon en drap chiné avec guêtres de drap assorti, le smoking à manches tailleur— c’est-à-dire de coupe masculine — (beaucoup plus seyantes pour pédaler que les manches à gigot), gilet de laine blanc tricoté, chapeau mou en feutre et voilette de gaze.Ou bien le jupon de serge plissé sur un pantalon collant pareil, attaché au genou par trois boutons nacre ; bas de laine écossais : jaquette avec ou sans basque boutonée sur un gilet de piqué blanc ! col cassé et cravate ; chapeau marin en paille jarreté d'un ruban de soie.Pour pédaler, détail intime, la chemise arlequine formant pantalon s’attachant par des boutons de nacre, se fait en nansouk ou en soie.Sur le devant de la bicyclette le manteau de caoutchouc est roulé, bravant ondées et soirées fraîches.Souliers ail hoc à semelles de caoutchouc, sans talons, découvrant le pied.Les “ garden parties ” et les pique-niques champêtres vont aller leurtrain.Un “ train ” tout à fait select je vous prie de le croire.C’est si bon de quitter la ville quelques heures.ne serait-ce que pour la retrouver après avec plus de plaisir! Les chapeaux jouent un grand rôle à ce tournois.Nous avons remarqué à l’une de ces fêtes la toque en paillede soie noire de la Comtesse de L** ! Une O#/ ®1 MK l^Vjî 1W, «\\ \ \x M :'«S «I 192 LE COIN DU FEU touffe de roses de soie se groupait autour de nœuds de rubans de soie rubis, placés en fusées,— Le joli chapeau de Mlle C.P** canotier de paille marron fleurie de roses blanches et de roses thé avec des coques de rubans changeant placées en éventail sur le fond du chapeau 1 L’exquise ca|rote de la princesse de S"', 1 rois bouquets: de violettes de Parme rehaussés d’un nœud japonais en crêpe changeant ! Et l’exquise capeline Trianon de la baronne M"*, paille mousse enembée de bluets et de ruban de gaze ! Puis encore des pailles violettes, roses, blé et réséda, couvertes de roses merveilleuses, d’hoitensias bleus, d’œillets et de narcisses, toutes avant ce “ je ne sais qi oi qu’on ne peut acquérir qu’avec de l’c.\| éiience et du goût.Le complet anglais, en tissu gris poussière, sera de mise pour les excursions à la campagne : sa correction irréprochable fera place à la plus haute élégance, lorsque pour bastoner sur l’herbe on aura jeté sa jaquette sur les coussins du mail et qu’on paraîtra en chemisette de taffetas pompadour avec empiècement de dentelle, la jupe relevée sur un jupon de soie claire.Il y a même de ces “robes transformation” qu’un grand couturier a innovées tout récemment : la jupe en chiné gris, par exemple, et boutonnée le long des lés, devant, par des boutons d’acier ou de nacre, est doublée de soie changeante rose violacée; elle s’ouvre à volonté sur un jupon de même soie garni de volants de dentelle rousse, et se boutonne en découvrant ainsi deux revers de soie.La chemisette est assortie au jupon de dessous.Voilà une excellente idée dont nos lectrices pourront profiler, car je leur en donne la primeur.Robe de voyage et robe d’élégante villégiature, voilà qui sera du goût de nos Parisiennes.Quoi de plus raffiné que les mondaines ! N’ont-1 llis pas imaginé, pour les matinées dansantes et les derniers bals de la saison, des toilettes “ arc-en-ciel ” ! Ah ! Peau d'Ane est bien surannée avec ses robes de couleur de lune et de soleil.Que dirait elle, la pauvrette, si elle voyait les dernières nouveautés créées pour une jeune et adorable duchesse ?Robe rayée rose et blanc, entièrement voilée de mousseline de soie vert pâle, au bas de laquelle on a peint des buissons de roses trémières.i.e corsage pékiné est également couvert de mousseline Nil avec une berthe oû brident des roses trémières épanouies.Beaucoup de robes, à l’ex ernple des abat-jour, se peignent de fleurs adorables.On veut venir en aide, grâce à cette garniture, aux femmes qui n’ont que leur talent pour vivre.Généreuse idée que celle-là ! elle mérite d'être copiée par toutes les reines de la mode.N ’est-ce pas faire pardonner le luxe quelle le faire servir au bien-être des travailleurs ?N°.853, 311 cents. LE COIN DU FEU 193 t .'Mmk No.5711, 30 cents. 194 LE COIN' DU FEU ¦ Xc.1549 cents.Xo.1550, No.1546, No.1545 5 cents, 2?cents.tmm mm mé warn LE COIN DU FEU LL.Xo.S o cents.Costume de fillette.No.413 cents.tiWA in LE COIN DU FEU 196 "Cl® ai®!®! pifiÿ / ,1,y ?nu» ,— : * V '«Il ahis Jaquette d’été. ¦97 Le Corçseil Watiorçal des Ferrjnjes.La convention annuelle du Conseil National des Femmes du Canada a eu lieu à la fin de mai à Toronto.On peut dire sans trop de vanité que Montréal y a fait bonne figure.La présidente de notre Conseil Local.Mme George Drummond, a pris part à toutes les discussions importantes.Sa parole élégante et facile, la justesse et la modération de son jugement ont été universellement admirés.Mme Stevenson, l’une des déléguées montréalaises,a prononcé un discours très applaudi sur le besoin d'introduire renseignement des arts domestiques dans l'instruction de la jeunesse.Mme Macnaugiiton lut un savant travail sur le status actuel de l’éducation sous le rapport des arts techniques au Canada.Les Torontoniens, paraît-il, furent fort surpris d’y entendre prouver par statistiques l’infériorité de notre éducation comparée celle des pays d’Europe.L'auteur de cette remarquable étude, qui est douée d'un esprit fin et ironique, contribua par sa verve à animer les débats.Mme Keid, présidente du Clubfimi-viin de Montréal, dans une adresse énergique, proposa de prier le gouvernement de rétablir la taxe sur l’opium importé dans ce pays par les Chinois de la Colombie Anglaise.L’intoxication par l’opium est un vice terrible qui fait des progrès tous les jours ; il est donc urgent de doubler les difficultés pour se procurer le dangereux narcotique au lieu de les aplanir.Que l’on ne croit pas que l'intervention du Conseil des Femmes dans les questions de cet ordre est stérile.Toute jeune qu’est l’Association, elle peut déjà se vanter d’avoir contrib.ié à des réformes importantes concernant l’éducation, l’hygiène et la moralité.Le seul conseil local de Hamilton a vu trois de ses suggestions adoptées par le gouvernement d Ontario.La déléguée qui nous apprit ce lait constate que le meilleur moyen de se faire écouter par les autorités officielles, c’est de seaborner modestement aux suggestions.Le procédé en réalité n’est pas nouveau.Il constitue le principe de toute diplomatie féminine un peu avisée.Une séance du soir fut tenue le 29 mai dans la salle de concert appelée le Pavillon, à laquelle environ deux mille personnes se rendirent.Les Conseils Nationaux de France, d’Angleterre, des Etats-Unis, d’Allemagne, de Suède, et même les femmes indiennes du Nord-Ouest, étaient représentés par M.Klec/.kowski, consul général de France ; Mme Gordon Duff de Hatton Castle, Ecosse; Mme Dickenson, de Washington; M.Nordheimer, consul d’Allemagne ; Melle Wetter-mann, de Suède ; et Melle Pauline Johnson, la belle indienne, écrivain et fille d’un chef puissant.Quelques-uns des discours annoncés pour la séance régulière de l'après-midi avaient été remis pour être lus à cette réunion.Un travail de Lady Tilley de St.Jean, Nouveau Brunswick, sur l'Emploi de ses Loisirs, et une critique de Mme Dandurand sur la presse et la littérature canadienne, figuraient au programme.En somme, cette seconde Convention de l’Association Philanthropique établie au Canada par lady Aberdeen atteste de grands progrès accomplis depuis le Congrès d'Ottawa l’année dernière.Malgré une chaleur tropicale tout.-à-fait inusitée à Toronto, les séances du Conseil National furent assidûment suivies par une foule nombreuse.Les déléguées d’ailleurs gagnent de l’assurance, les débats prennent une allure plus libre, et les séances de ce tpie des malins ont appelé : le parlement féminin, ne ressemble pas mal à l’autre, au vrai.Je crois qu’il sera bientôt démontré que le nouveau peut devenir pour le moins aussi utile que l'ancien.Les déléguées de Montréal ont invité le Conseil à tenir sa prochaine Convention dans leur ville.L’invitation a été acceptée.En secondant la motion de Mme Drummond, à l’effet de réunir toutes les délégations à Montréal l’année prochaine, Mme Dandurand a rappelé que la métropole de la province de Québec étant aux trois-quarts française,on s’attendrait à ce que les représentantes étrangères adressent la parole en français à l’assemblée.“J’ai montré l’exemple, a-t-elle dit, de l’audace sous ce rapport; je me sentirais à l’aise et pardonnéesi l’on m’imitait.” Nos collègues anglaises assurément n’avaient pas besoin de cet avertissement.Celles d’entre elles qui parleront français à 110s réunions, retourneront la politesse à deux vice-présidentes françaises qui ont parlé anglais à Ottawa et à Toronto. 198 LE COIN DU FEU Les Célibataires Conspues.La tranquillité déjà si précaire des pauvres célibataires est gravement menacée.De sinistres rumeurs arrivent de toutes parts, augurant une ère de persécution pour ces proscrits du bonheur.Dans le duché de Bade on leur enlève leurs droits civiques, ailleurs on leur impose de lourdes taxes, et dans la capitale de l’Illinois un chevaleresque député a soumis au parlement le projet de loi suivant: “ Il est résolu que, tout homme de trente-deux ans ou plus, qui a négligé de se mettre en règle avec la loi naturelle et morale lui enjoignant, comme à tous ses semblables, de fonder une famille, paye un impôt annuel.Quand la somme résultant de la perception de cet impôt aura atteint cinquante mille dollars, qu’on l’utilise pour la fondation d’un asile ou home pour les vieilles filles.” Il faut savoir combien élégants et confortables sont ces homes américains pour comprendre quelle éclatante vengeance le sympathique législateur rêve en faveur de ses protégées.Les coupables [passibles de l’amende seront jugés par un jury composé de femmes de soixante ans révolus.Tout inculpé qui, devant ce comité inquisitorial, ne pourra justifier de trois démarches sérieuses auprès du beau sexe, dans le but de légitime mariage, passera sous Its fourches caudines de la taxe.On a oublié de statuer que les demoiselles ayant rebuté les aspirants, et responsables par conséquent de leur malheur, ne pourront prétendre à aucune compensation, et qu’elles seront exclues du Refit-gium Virginia»/.Comme troisième amendement, on devrait autoriser les sujets libérés par le jury des matrones, c’est-à-dire les célibataires sans le vouloir, à s’aller distraire parmi la congrégation des filles délaissées.Mais au fait, il y a ici une objection ; C’est que par un retour ironique des choses, le mariage se mette à décimer les rangs des vénérables pensionnaires, enlevées une à une par les vieux garçons pénétrés de ferme propos, et que le Refuge Je /a Consolation se voie forcé de fermer ses -portes.Et alors le somptueux édifice, qui promettait de perpétuer le nom de son fondateur, en abritant dans la suite des âges la plus imméritée des infor tunes, restera vacant et inutile I .Ah, mais non ! J’ai une idée : qu’on y enferme alors ensemble les célibataires de consentement et les vieilles filles ré-fractôres à l’hyménée.L’Etat de l’Illinois pourra au moins se vanter de posséder une succursale de l’Enfer du Dante, et l’on viendra de loin pour voir le plus intéressant des musées d’antiquités.La /^aisorç du XXe siecle.Nous trouvons dans le Génie l’intéressante tan-taisie suivante, sous la signature de M.G.Christie, architecte.Il est curieux de constater que le rêve de l’architecte français est déjà réalisé depuis quelques années dans nos maisons américaines.C’était par une de ces longues soirées hivernales dont la tardive saison que nous venons de traverser nous gratifiait.Nous venions de bûcher ferme sur des cahiers des charges où, en une aride besogne, il nous fallait, pour un maximum de solidité et de confort, trouver le minimum de dépense.Ne faut-il pas cela pour faire face aux exigences du capital à engager ?L’atmosphère s’était échauffée dans notre pièce bien close, et, la fatigue cérébrale aidant, nous nous abandonnâmes à la molle paresse du corps pour laisser toute liberté à l’intellect.Combien alors l’horizon s’élargit quand on quitte le terre-à-terre qui, par ces temps de finance, doit être la base de toute opération de construction ! Reportons nos pensées au loin, bien loin, dans la nuit des temps ; ce sont nos confrères tout à leur art et aux conceptions qu’il engendre.Avec leurs moyens primitifs, ils élèvent des temples et des basiliques dont la superstition des hommes fait tous les frais ; puis aux rois, leurs chefs reconnus ou imposés, ils édifient de somptueux palais. LE COIN DU FEU 199 Que de science, de travail, représentent ces monuments qui font aujourd'hui notre admiration! Mais à quoi bon se reporter à ces souvenirs qui sont la gloire des générations passées ?Le Progrès s’est affirmé, et il faut que nous marchions dans son sillage et préparions les sentiers pour 1900.En un mirage charmant, il nous sembla que nous étions l'heureux habitant d’une maison où tout le confort que peut donner la science acquise pour le xxe siècle s’était donné rendez-vous.Ami lecteur, voici ce que nous avons vu, en rêve, hélas I Arrivé devant la porte d’entré de notre maison, nous fîmes usage d’une clef passe partout, s’adaptant par combinaisons à toutes nos serrures, soit banales, soit de sûreté.A l’introduction de cette clef unique, la porte s’ouvrit comme par enchantement, sans attendre la bonne volonté de Monsieur le concierge.En même temps que nous franchissions le seuil, la lumière électrique nous inondait de ses rayons, et dissipait l’ombre qui régnait avant notre entrée dans l’huis.Un carillon joyeux correspondant à notre numéro de location, familier à nos oreilles et connu du cerbère, disait notre droit de pénétrer dans ces lieux.Notre nom sortait en lettres lumineuses sur un tableau ad hoc, et affirmait notre personnalité.Après avoir traversé un premier vestibule for.niant tambour pour l’isolement de l’air extérieur, nous pénétrâmes dans une sorte de jardin-salon où les fleurs exotiques, les parfums les plus doux, égayaient la vue et charmaient l’odorat.Au jour, le soleil y chatoie ; à la nuit, la lumière électrique, tamisée par des cristaux, y jette ses plus beaux effets.Dans cette pièce nous voyons en un examen rapide : Deux salons spéciaux, un pour dames, un pour messieurs; adjacents aux dits, des cabines pour privés et toilettes, avec tous accessoires de propreté, y compris brosses mécaniques pour la chaussure, et groom pour enlever les maculatures des vêtements.A côté, une pièce réservée au téléphone pour communiquer avec les locataires de la maison.Enfin, une cabine élégante où nous prenons place pour nous rendre à notre appartement.En,; fermant la porte de ladite, et avant de quitter le salon du départ, elle s'éclaire pour nous déposer, par arrêt automatique, sur le palier de notre local.Et, puissance de la clef qui fait notre “ Sésame, ouvre-toi”, devant nous s’ouvre une serre formant antichambre de l’appartement.Il y règne une chaleur douce, due au chauffage commun de la maison.En été, il suffit de tourner un robinet pour avoir de l’air froid, encore même que l’on puisse y entretenir une bonne fraîcheur par le murmure d’une cascade minuscule ou la vaporisation d'un jeu d’eau perdu dans le feuillage.Au sortir de cette pièce, nous pénétrons dans une galerie-antichambre, largement éclairée, sur laquelle se dégagent toutes les pièces de réception, les couloirs desservant les pièces secondaires et les services.Partout l’air et la lumière circulent en de hautes envolées de plafond.Les baies sont larges, garanties, pour l’hiver, de doubles cloisons vitrées : pour l’été, de) volets en fer et de stores.Les murs qui nous séparent de l’extérieur sont creux, et la ventilation, chaude l’hiver, froide l’été, assure à nos intérieurs la tem pérature qui convient à nos tempéraments.Siale jeu de simples boutons, la lumière lègue dans toutes les pièces ; dans chacune d’elles, un téléphone avec sonnerie d’appel permet de converser de l’une à l’autre et donner ses ordres sans dérangement.J)ans les cabinets de toilette, les salles de bains» les privés, l’eau est largement distribuée et son écoulement assuré à volonté ; on obtient eau chaude ou eau froide, et l’hydrothérapie, enfin en pleine faveur, y trouve toutes ses applications.A la cuisine, le chauffage, soit par le gaz, soit par la vapeur, se distribue au gré du locataire, et plus n’est besoin de l’encombrant charbonnier. 200 LE COIN DU FEU L’électricité domestique y tourne la broche ou y moud le café.Le monte-charge, combiné avec le téléphone) dépose dans les offices toutes les provisions, sans qu’il soit nécessaire de recevoir tous les commis de commerçants du voisinage.Les lettres, les journaux, les paquets de petites dimensions vieil" nent par une voie analogue, et sont directement mis en cage par l’apporteur ; reçus dans une boite sous fermeture, ils sont à l’abri des indiscrétions des concierges et des domestiques.Près des cuisines, des garde-manger frigorifiques [jour les boissons et les aliments.Sous la môme clef que les maîtres, les domestiques, non plus relégués à l'étage des combles, mais séparés seulement par une porte de service avec sonneries d’appel.En sous-sol, b.anderie commune à tous les locataires avec repasserie, salle de bains pour les domestiques.Et puis, mille choses encore.Et bien les générations futures ne seront pas à plaindre ! Qu’en pensez-vous ?La Fenqnqe et la Bicyclette.Le sport de la bicyclette, si en vogue déjà en Angleterre, en France et dans les grandes villes américaines parmi les femmes, force l’entrée de notre pays si lent à adopter les innovations.On voit dans nos belles avenues et dans les allées du Parc Royal les amazones de la mécanique.Il n’y a pas de doute qu’un amusement aussi agréable ne s’acclimate ici.Mais les parents, avant de céder aux sollicitations de leurs filles et de les pourvoir de la fameuse coursière mécanique, voudront s’assurer que la pratique en est au moins inoffensive.L’usage de la bicyclette est-il favorable à la femme?Le docteur Championnière, de l’Académie de Médecine, répond : oui.dans la Nouvelle Revue.Nous citons : Chez un sujet très jeune, chez une fillette, l’observation peut être imparfaite, parce cpie son éducation lui permet d’ordinaire d’autres exercices musculaires ; et l’on ne peut guère constater régulièrement que ce fait, à savoir, que l’usage de la bicyclette contribue à son accroissement régulier, ne la déforme pas, comme on l'a dit, et, sagement dirigé et mesuré, doit favoriser l’accroissement musculaire d’une façon très heureuse pour l’ensemble de son développement.Déjà, on peut observer des fillettes qui ont assez travaillé l’instrument pour être arrivées à un développement musculaire sensiblement plus complet que leurs contemporaines moins familiarisées avec l’exercice.Mais là où l’action de l’instrument est tiès curieuse à suivre, c’est chez la femme faite.Ici les observations ne manquent pas chez des femmes encore jeunes, mais ayant cependant de beaucoup dépassé l’âge où l’on voit d’habitude se faire le développement musculaire.Il serait peut-être très intéressant aussi de savoir quel résultat matériel a été obtenu chez les femmes beaucoup plus âgées qui ont usé de l’instrument, mais ici les observations précises bien suivies ont manqué, et force nous est de nous contenter des premières» qui sont, au reste, de beaucoup les plus nombreuses.Ici je ferai remarquer que nous nous trouvons en présence d’un fait auparavant inconnu dans l’histoire physiologique de la femme.Si l’on a vu de rares femmes continuer certains exercices du corps qu’elles avaient travaillés dans leur enfance, on n’avait jamais vu une femme, de vingt cinq à trente ans, et plus, n’ayant jamais fait aucun exercice, se mettre brusquement à un travail musculaire aussi continu.Cependant, c'est là le fait, et c’est bien là l’âge vers lequel on a vu surtout adopter la bicyclette, et cela dans toutes les proportions.Nous trouvons, en effet, tous les degrés depuis la femme qui fait quelques kilomètres de promenade quotidienne, jusqu’à la professionnelle dont les performances se rapprochent de celles des hommes au point de lui permettre de lutter avec quelques-uns des très bons coureurs.Le terme moyen, celui des femmes qui se sont assez adonnées à l’instrument pour y acquérir une véritable habileté, une moyenne endurance, donne le cas le plus intéressant.Chez ces femmes, la musculature de tout le corps se modifie profondément.Les saillies musculaires, qui chez elles n LE COIN DU FEU 201 se marquaient guère, celles delà partie supérieure du corps, celles des bras et des épaules, se marquent d’une façon qui est loin d’être choquante.Sans doute, ici, la musculature n’est pas comparable à celle de l’homme ; mais elle s’est profondément modifiée.Je pense même cpie cette modification est d’autant plus sensible que les muscles avaient antérieurement moins de valeur.Aussi chez la femme qui s’adonne à la bicyclette, les résultats du développement musculaire sont bien plus frappants que chez un homme qui a fait un exercice, même plus violent, pendant la même période, parce cpie celui-ci partait d’un développement musculaire déjà acquis.Dans une autre publication, j’ai montré comment j’avais observé sur les muscles des épaules, sur ceux de la naissance des bras, ces transfor- mations.J’avais montré comment elles amenaient les dames à l’obligation de changer toutes les entournures de leurs robes.La modification d’ensemble du corps ainsi obtenue est certainement d’un effet plastique très avantageux.Il modifie certainement le type féminin en lui enlevant le caractère de monotonie que lui donne trop souvent l’empâtement des formes par la graisse.Cela se fait sans l’exagération que l’on observe chez certaines virtuoses, de l’acrobatisme, qui se rapprochent un peu trop du type masculin.Je dirai plus loin comment ce développement musculaire nouveau s’accompagne, nécessairement, d’une modification dans l’allure, qui sera certainement très favorable à l’ensemble de la perfection apparente des formes.Premiers Paqsenqeqts.On peut avoir à intervenir dans le cas de plaies par instruments tranchants, piquants ou contondants, ou par arrachement, te fractures, d'entorses, de brûlures à divers degrés.Avant l’arrivée du médecin, il faut soulager le malade, et ne pas compromettre la guérison par l’application de topiques mal choisis.Dans toute plaie il faut éviter l’introduction îles germes, souvent apportés par les mains de celui qui panse.Donc, première régie : Avant de faire le moindre pansement, se laver Us mains et se nettoyer les ongles au savon et à la brosse (savon antiseptique de Vigier).Ensuite appliquer un topique qui ne contienne pas de microbes.Le plus simple, celui qui est à la portée de tous, est Veau bouillie.Il faudra donc nettoyer la plaie pour enlever les impuretés avec de l’eau bouillie et un morceau de linge ayant bouilli dans l’eau.Puis appliquer une large compresse bouillie, qu’on re nouvellera jusqu’à l’arrivée du chirurgien, en laissant le blessé dans le repos le plus complet possible, local et général.On peut ajouterà l’eau bouilj lie diverses substances dites antiseptiques, parce qu’elles ont la propriété de faire mourir les germes ou quelques-uns d’entre eux.L’acide borique (30 gr.pour 1 litre), ttés bon dans la chirurgie des enfants, estle moins irritântde tous pour la peau.L’acide plie-nique (2 ]f> p.100).Le coaltar saponinè Le Jieuf, la eréoline, le lysol — ou simplement l’alcool.On peut de même se servir, si l’on en a, de tampons de ouate hydrophile aseptique pour le lavage.Si la plaie est de peu de gravité, on peut faire le pansement soi-même.Après avoir nettoyé et lavé la plaie, appliquer une petite compresse de plusieurs épaisseurs de gaze antiseptique à l’acide phénique, au salol, à l’acide salicylique, à l’iodo-forme, au lint boriqué.Puis une couche un peu épaisse et débordante de coton hydrophile main- tenue par une bande (tarlatane).Un bon panse' ment n’a pas besoin d’être fréquemment renou" vêlé.S’il y a hémorragie — ou bien elle est de peu d’importance et s’arrêtera avec des applications d’eau froide, ou bien un vaisseau est coupé et il faut faire une ligature serrée entre la plaie et le cœur si une artère est touchée, entre les extrémités et la plaie si c’est une veine —mais, mieux, laire dans la plaie la compression directe avec un tampon bouilli, qu’on serrera fortement jusqu’à l’arrivée du chirurgien.Si l’on se trouve en présence d’une fracture, il faudra d’abord, si elle siège aux membres inférieurs, relever le blessé.Pour cela, le concours de plusieurs personnes est nécessaire.Il faut que l’une s’occupe settlement du membre fracturé, et qu’il y ait unisson de mouvements.Couper les vêtements et les chaussures doucement, puis placer le membre immobile et dans une bonne position.Un procédé pratique et efficace est de le placer dans un oreiller replié lié avec 2 serviettes.S’il y a plaie, la traiter comme il est dit plus haut, avec tout le soin possible.\lentorse nécessite les mêmes soins.On se trouve souvent bien de mettre l’articulation malade dans un bain glacé pendant un temps assez long, et de faire ensuite du massage.Les brûlures sont plus ou moins profondes.Si elles n’ont produit qu’une rougeur de la peau, appliquer du liniment oléocalcaire oti même de l’huile à salade.S’il y a des ampoules, les crever à la partie déclive avec une aiguille flambée à l’alcool, en laissant la petite peau.Saupoudrer très largement de sous-nitrate de bismuth et entourer de ouate hydrophile, qu’on laissera jusqu’à guérison.Si la brûlure est plus profonde, la traiter comme une plaie : les compresses de tarlatane imbibées de la solution phéni-quée faible ont une action très efficace. 202 LE COIN DU FEU cviswe.ENTREMETS ET DESSERTS AUX FRAISES.Un pudding excellent est celui qu’on fait ainsi : Faites tremper toute la nuit une tasse de tapioca dans cinq tasses d’eau froide.Versez ce mélange dans une casserole émaillée, et laissez mijoter sur le feu jusqu’à ce qu’il devienne transparent (à peu près une demi-heure) ; ajoutez, en remuant avec une cuiller, une tasse de sucre et une petite cuillerée de sel, puis une pinte de fraises fraîches.Mettez dans un four de chaleur modérée pendant une heure.Ce dessert est aussi bon froid que chaud, et doit être servi avec de la ctême fraîche.MOUSSE DE FRAISES.Laissez mijoter une pinte de fraises pendant vingt minutes dans une petite tasse d’eau.Passez au tamis et laissez refroidir le jus.Faites dissoudre deux onces de gélatine dans deux tasses d’eau froide, puis mêlez les au jus avec deux tasses de sucre blanc.Remettez sur le feu dans une casserole émaillée, et retirez dès que se produit l’ébullition.Coulez et laissez refroidir.Quand cette eelée est à moitié prise, incorporez-y les blancs battus en neige de trois œufs, et fouettez le tout pour en faire une mousse légère.Ce met orne bien si l’on en fait de petits moules entourés de crème jaune entremêlée de mousse blanche.CHARLOTTE AUX FRAISES.Faites dissoudre une once de gélatine dans deux tasses d’eau froide, puis ajoutez une tasse d’eau bouillante et une tasse de sucre.Fouettez une chopine de crème, mélez-y la gélatine refroidie, et battez encore bien ensemble.Mettez à la fin une chopine de petites fraises bien sucrées.Les grosses fraises doivent être coupées en petits morceaux.Moulez comme la Charlotte-russe.SIROP DE FRAISES.Le jus de la fraise bouillie perd sa saveur délicate.A défaut des procédés chimiques qui per-mettentde conserver ce jus frais sans l’ébullition, on peut en préparer tous les matins pour les besoins de la journée.Il suffit de presser les fruits et de mêler au jus un sirop refroidi.On enferme dans une bouteille conservée sur la glace.Un doigt de cela avec du plain soda frappé est un nectar hygiénique.Lettres d’utje ftarrait\e a sa Filleule.Ce n’est point au mouvement plus ou moins précipité qu’il faut demander les teintes éclatantes ou douces, la ponctuation d’un morceau de musique, mais seulement à l’intensité plus ou moins forte du son, dont il faut s’appliquer à éteindre ou seulement à diminuer la puissance ; enfin, selon le caractère de la phrase musicale, on donne au son toute la vigueur nécessaire, en évitant de mettre en péril la solidité de l’instrument : car ce n’est pas seulement au piano qu’on ne frappe pas toujours juste en frappant fort.Ajoutons que le degié de force du son dépend, non pas de la vigueur des doigts qui le produisent, mais uniquement de la manière dont on attaque la note.Voilà eue longue digression pratique sur l’étude du piano; Aline ne me reprochera pas cette fois de l’avoir négligée.J’espère, du reste, n’avoir oublié aucun des sujets sur lesquels vous m’avez interrogée.Récapitulons.Je me suis occupée de votre petite Marie, puis de l’éducation des jeunes filles, puis de l’étude de la musique.— Non, vraiment, je n’ai rien oublié.Votre mari seul aurait le droit de réclamer ; mais s’il s’en avisait, j’espère que vous sauriez le réduire au silence en lui rappelant que m’étant occupée de sa fille, de sa femme par conséquent, et de sa sœur, c’est absolument comme si je lui avais consacré cette lettre tout entière.XII.Ce ne sont pas seulement des avis que je vais vous adresser aujourd’hui, ma chère enfant ; ma lettre contiendra quelques reproches, et je me verrai peut-être conduite, par la force des choses, à composer un sermon qui traitera de certaines exigences, non-seulement injustes (la justice importe peu à la passion), mais éminemment impoli- LE COIN DU FEU 203 tiques.J’essayerai cependant de vous épargner la forme dogmatique du sermon proprement dit, et de traiter avec vous au point de vue féminin le sujet qui vous occupe ; nous allons en parler comme peuvent le faire deux personnes qui s’aiment d’une affection réelle, et qui sont disposées, par conséquent, l’une à ne railler aucune souffrance, même imaginaire, l’autre à écouter avec attention et à convenir de ses torts avec bonne foi.Vous écarterez les suggestions de l’amour-propre, ma chère enfant, et lorsque vous aurez lu mon appréciation sur les faits que vous me communiquez, vous avouerez avec sincérité que vos récriminations sont injustes, et qu’en tout ceci la vanité est plus lésée que l’affection.M.de Guy mont a désiré vous installer à la campagne dans l’intérêt de votre santé ; il a loué à Chatenay un joli pavillon que vous occupez avec Aline et Marie ; les occupations de votre mari exigent qu’il vous quitte tous les matins ; il revient près de vous chaque soir à l’heure du dîner.Ces séparations, qui sont inévitables quand le chef de la famille est occupé, me semblent l’une des meilleures conditions pour assurer le bonheur d’un ménage.Les hommes ont une certaine dose d’activité qu’ils doivent employer à des travaux utiles, sous peine de la dépenser en tracasseries mesquines.Un homme oisif est le pire de tous les fléaux ; il assiste au jeu des rouages qui font fonctionner son existence, et s’en mêle à tout propos et mal à propos, car ses aptitudes sont et doivent être en opposition avec les soins minutieux qu’entraîne le gouvernement d’un ménage ; ses goûts doivent être consultés pour l’ensemble de l’existence, mais son intervention dans les détails entrave l’action qui doit être exercée seulement par la femme, mieux faite pour en peser la valeur et l’opportunité.Vous vous plaignez de voir moins longtemps votre mari ; employez les moments qu’il passe loin de vous à embellir votre maison, à la rendre toujours plus agréable, à cultiver votre intelligence et vos talents : ce temps vous semblera moins long, et votre mari, qui jouira du résultat, sans avoir assisté aux travaux et aux efforts nécessaires pour atteindre ce résultat, en sera plus heureux, plus reconnaissant, plus empressé à venir jouir près de vous de ses heures de repos, que vous pourrez partager avec lui, puisque vous aurez pris en son absence tous les soins indispensables pour préparer ces heures de quiétude et de contentement.Ce premier point de mon sermon, que vous connaissez déjà, car je vous ai souvent entretenue de ces conditions qui contribuent si puissamment à la somme de bonheur que l’on peut espérer ici bas, ce premier [joint, dis-je, n’est pas le plus important à mes yeux.Dans vos récits,— dirai-je dans vos plaintes?— j’aperçois un autre point qui est encore imperceptible, mais qui me semble préparer des orages, si vous 11e prenez soin de l’écarter de vous.La propriétaire du pavillon que vous occupez s’est réservé un corps de logis principal, où elle habite dans votre voisinage immédiat.Vous me dites qu’elle est intelligente.et que M.de Guy-mont trouve beaucoup de plaisir dans les relations de voisinage qui se sont établies entre elle et vous .Ce p.aisir n’est pas vif en ce qui vous concerne, si j’en juge par les phrases empreintes d’aigreur que vous consacrez à cette dame, et par les paroles pleines d’amertume avec lesquelles vous me dépeignez l’amabilité que M.de Guy-mont déploie pour sa voisine.Je sais, ma chère enfant, que beaucoup d’événements douloureux peuvent surgir de relations semblables ; mais, dans le cas présent, les incidents dont vous me parlez n’auront pas d'autre gravité que celle qui leur serait prêtée par vous.Et à ce sujet permettez-moi de rectifier quelques erreurs qui ne vous sont pas particulières, du reste, car elles sont toujours le partage de l’extrême jeunesse.A votre âge, Hélène, on ne se rend pas encore un compte bien exact de la marche du temps, lente, sourde, mais continue; on ne s’aperçoit pas que les jours, en s’écoulant, modifient insensiblement, mais inévitablement, les pensées, les goûts, et jusqu’aux sentiments ; on croit pouvoir arrêter l’existence à un certain point; on pense y avoir réussi en ne changeant pas soi-même, et lorsqu'on s’aperçoit que ces efforts ont été vains, que le temps a entraîné les autres, tandis qu’on restait stationnaire soi-même, on se lamente,— comme vous le faites,— on formule des reproches, des accusations,— comme vous le faites.(A suivre.) Messieurs Walter Baker & Co., les plus grands manufacturiers de cocos et chocolats sur tout le continent, ont pensé qu’il était nécessaire de publier un avis spécial pour prémunir les con.sommateurs contre les récentes tentatives qui ont été faites pour substituer des marchandises inférieures aux leurs, portant des étiquettes, et empaquetées de la même manière que celles de leur manufacture.La plus sûre garantie est que le nom de place de Walter Baker &Co., “ Dorchester, Mass,” est sur chaque paquet. V 204 LE COIN L’ORGANISTE DE LA CATHEDRALE ANGLAISE.Monsieur J.II.Norton, 1 organiste de la Cathédrale Anglaise, vient de faire l’acquisition d’un piano Prattc, pour son usage personnel.AVIS SPÉCIAL.La demande croissante du piano “ Pratte ” en particulier, a exigé l’augmentation des opérations de ma manufacture.En conséquence, une association de capitalistes a été formée, d’après lettres patentes sous le nom social de “ La Compagnie de Piano Pratte,” avec son siège d’affaires à Montréal.La nouvelle société absorbe les intérêts de la maison L.E.N.Pratte, et continue la fabrication et la vente des pianos, orgues et autres instruments de musique.|e profite de la circonstance pour remercier mes amis, les artistes musiciens et mes clients pour l’encouragement qu’ils ont bien voulu me donner jusqu’à ce jour, et pour leur demander la continuation de leur patronage.Je puis assurer que la “ Compagnie de Pianos Pratte,” tant que j’en aurai l’administration, continuera la même ligne de conduite envers le public, afin de mériter, comme par le passé, son estime et sa confiance.Quant à la qualité des pianos, sa devise sera toujours “ En avant," et nous sommes en mesure de promettre encore sous peu des améliorations importantes dans nos pianos Pratie.L.E.N.PRATTE, Directeur- Gerant de i.a “ Compagnie de Pianos Pratte,” No 1676, rue Notre-Dame, Montréal Institut Kneipp DE MONTREAL.2082 rue Ste-Catherine (pri*B tie la rue Bleury) Consultation du Médecin : do 10 h.à midi et de 2 h.à 4 h.Allusions, Douches, ISaiiis, Salles île Réaction, Compresses à Heur de foin et antres Kmmalllottements.Chambres et Pen-sion à la Kneipp.PRODUITS ALIMENTAIRES Livres relatifs à la méthode.Maladies Traitées avec Succès : Anémie, Névrose, Rhumatisme, Goutte, A flections de T Estomac, 'les Intestins, des Reins et il»; la Vessie, Diabète, Albuminurie, Bronchite, Tuberculose à son début, etc.DU FEU Sirop de Terebenthinç °u Or.baviolettç Guérit très vite les Rhumes, Toux, Croup, Coqueluche.Toujours sans danger et agréable au goût.E11 vente partout.Propriétaire : J.G.LAVIOLETTE, M.D., 232 et 234 Rue St-Paul, - MON 1 REAL.cLohanae PROFESSEUR DE Maridolige, (Suitaue, BaQ.jo et J3aQdola.325 RUE DORCHESTER.CURE D’EAU.Comme purgatif ou laxatif prenez les Pj|u-leS Kneipp d°nt l'action est efficace et hygiénique, 50C la boite.Dépôt général à la Pharmacie Lanctôt, 299^ rue St.Laurent.LE CAFE LYMAN est un délicieux breuvage.Pour les soirées, rien 11'est pins désirable, il est à la lois excellent et économique.En un seul instant, on peut en faire en grande ou en petite quantité.Sa préparation, des plus simples, 11e requiert pas l’emploi d’une cafetière.Pas de marc au tond de la tasse.nélicieux odoriférant.Mesdames, employez-le, et sauvez-vous des peines inutiles.Demandez-en un échantillon à votre épicier.Une te île cafc obtenue en un inslant X Lynjai) V Telephone Bell 3*108.
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