Le coin du feu, 1 avril 1895, Avril
lE (oin du Feu REVUE MENSlïELLE ABONNEMENT: / j ADMINISTRATION: $2.00 PAR ANNEE.I AVRIL 1895 ( 23 RUE ST.NICOLAS.Le “ Salon” de 1895, Notes d’un Mondain, Trois Moralistes, Leurs Ames.Savoir Vivre, Hygiène, .SOMMAIRE Mme Dandurand.Muscadin, Cas/on Deschamps.¦ ¦ Gyp> La Page des Enfants—Un Cadeau.Conseils de la Mère Grognon, La Mode,.La Cuisine, .Lettres d’Ambassadrices, La Saison Artistique, f.adv Marjorie.• * « * .Jeanne.Tourne-Broche.Marie Dronsart, .Météore.Le “Salon” de Worçtreal.Commençons, voulez-vous ?par une petite statistique instructive qui répond à nos curiosités comme patriotes et comme femmes.1 .Combien d’artistes canadiens-français exposent-ils au Salon de 1895?20.Combien de femmes ?30.J’ai grande envie de poser encore cette question : Nos compatriotes s’intéressent-ils cette exposition des peintres canadiens?lit dans quelle proportion l’ont-ils visitée?Pour ne pa« vous laisser en suspens, je vais vous dire tout de suite que : La masse de notre population française en est encore, en fait de dispositions artistiques, dans la phase d'une indifférence absolue.C’est avec amertume qu’on se résigne à un aveu aussi humiliant.Sur la foule qui s’est pressée dans les salons de la galerie des Beaux Arts durant tout le cours du mois de mars, au moins les trois quarts (j’aime mieux exagérer à notre bénéfice) étaient anglais.Ces renseignements sont officiels.Dans notre société pauvre d’événements, aux plaisirs uniformes et banaux, on pourrait pourtant faire une fête mondaine et printanière de ce concours de peinture.Comme on copie les modes de Paris, on aurait pu se mettre en tête—rien que par chic—d’imiter ces pèlerinages élégants aux Salons des Champs-Elysées et du Champ-de-Mars, qui sont pour les parisiennes une occasion d’exhiber les toilettes de la saison nouvelle.En se donnant rendez-vous, par genre, dans les salles élégantes de l’Art Gallery, où l’on fait de la musique le samedi, nos mondains auraient la chance d’attraper quelques notions sur un art que le plus grand nombre ignore totalement.Leur goût peut-être se laisserait séduire, et en attendant leui œil pourrait commencer cette éducation primaire qui consiste à distinguer une peinture à 1 huile d une aquart lie ou d’un pastel, à connaître les lois essentielles du dessin, et à juger au premier coup-d’œil de la valeur d’une œuvre.Mais a quoi bon récriminer?Le “Salon” est fermé ; nous avons laissé échapper cette occasion de nous instruire ; n’en parlons plus .jusqu’il l’année prochaine au moins.A la première interrogation : — Combien de canadiens français ont-ils contribué a l’Exposition de ce printemps ?le catalogue répond : — Sur quatre-vingt dix-huit exposants, neuf.20 Combien de femmes : — Trente-cinq.— Et sur ce nombre, combien de canadiennes-françaises ?— Pas une seule. 9-S LE COIN DU FEU — Pourquoi ?— Pourquoi !.est-ce qu’on sait?je puis bien conjecturer comme vous que nos mères de famille sont, comme disent les anglais, better engaged, et que leurs mains laborieuses ont d’autres devoirs que de manier le pinceau.— Mais celles qui ont des loisirs?mais les jeunes filles ?.— Ah ! vous m’en demandez trop, à la fin.Les jeunes filles, les riches mondaines ont probablement de bonnes raisons pour négliger les arts; mais j’avoue que je ne les devine pas.à moins qu’elles ne préfèrent P utile à .Non, laissons cela .Nous chercherions en vain ! Aussi bien il est temps d’arriver au fait.Car je voulais donner un aperçu du “ Salon,” et vous parler de la place qu’y tiennent nos compatriotes.Pays au ic, Al.P kanchuiuc.je suis fière de proclamer que dans ce concours de tout ce qu’il y a de peintres dans notre pays, depuis le Pacifique jusqu’à l’Atlantique, ils se distinguent parmi les meilleurs.Le Portrait de Monsieur V.R., par M.bran-chère ; le vieux Rémouléur de M.St.Charles, et son propre portrait d’une originalité un peu gamine; un portrait ~Qu’est-ce que ceti: Amateur Club” qui a donné au mois de mars toute une semaine de représentations nés lucratives à l’Académie de Musique?Sont-ce là des artistes qui s’amusent ?Et à quoi destinent ils les belles recettes réalisées ?ou, ne sont-ce que des postulants à la carrière théâtrale s’exerçant au métier?Notre ignorance est complète sur tous ces points.Aussi bien sont-ils d’importance secondaire.La question artistique doit seule nous occuper ici, et c’est la valeur du spectacle offert par le “ Montreal Amateur Club ” au public que nous voulons discuter.Serait-ce la facilité de la musique et la simplicité de la mise en scène qui ont déterminé le choix d’Iolanthe de Sir Arthur Sullivan par les amateurs ?C’est pcssible, mais en tous cas le choix n’est pas heureux.A vrai dire, il n’y a qu’un mot anglais pour traduire l'impression qui se dégage du drame, de la musique, de l’interprétation de l’ensemble de la représentation : Dull.Cette musique simpliste, monotone, se bornant modestement aux notes moyennes, sans saillies ni éclat, vous fait un drôle d’effet.C’est comme si l’on avalait sans répit et pendant longtemps quelque chose de fade et d’as-séchant pour le gosier.Une soif vous vient enfin, qui grandit sans cesse.de quelque motif guilleret, d’un petit temps de valse, d’un air qui vous réveille, de n’importe quoi, enfin, ressemblant à un élan, à du brio,—toutes choses inconnues du génie anglo-saxon.C’est peut-être pour obvier à ce manque de vie que les auteurs imposent à tous leurs personnages une danse épidémique, qui, dansleur œuvre morne, représente le mouvement.Mais cette agitation musculaire ne supplée à rien,et il est plutôt grotesque de voir tout le monde, depuis le jeune premier jusqu’au dernier choriste, pris d’un sautillement contagieux.La prima donna entre en dansant, l’amoureux aussi; le lord c/iaucil/or, à perruque blanche, gambade comme un cabri ; la basse se dandine en mesure; le baryton saute à en perdre le souffle ; toute la chambre des pairs s’agite éperdument, et la sentinelle anglaise, qui veille aux portes du parlement, raide dans sa guérite, se laisse elle-même gagner par le rigodon universel.Il n’y a que la Reine des fées qui se tienne tranquille.Pour celle-là il faut faire une autre exception.Melle Burdette qui jouait le personnage de la reine a une superbe voix de contralto, qu’elle sait conduire avec un art parfait.Ce rôle à lui seul valait toute la représentation, et nous n’avons que des félicitations à adresser à celle qui le remplit.Quant à la jeune première, sa voix était, de toutes celles entendues ce soir là, la moins bonne.Le timbre est jeune et frais, mais faible et man- I3I quant de justesse.Les notes hautes surtout ne sont jamais attaquées franchement.Son jeu au reste était insupportable.J’aime les bergères moins minaudières, et sachant faire de plus jolies moues.Le jeune premier avait une voix suffisante, mais il était lui aussi du/l, comme les chœurs noyés par le bruit de l’orchestre.Il faut cependant faire compliment au directeur, M.Couture, de l’ensemble des chœurs et de la manière dont ses musiciens ont nuancé les mélodies un peu ternes du compositeur anglais.En somme,pour des amateurs, le mérite est grand et le succès très convenable.Si certains détails trahissaient cette qualité d’amateurs, comme, par exemple, les lûtes curieuses et les moitiés de personnages, aperçus dans le fond du décor ou entre les portants, comme aussi les défaillances de mémoire du Lord Chancellor—la bonne organisation et la régularité des manœuvres avaient de quoi surprendre.Les décors exécutés pour la circonstance étaient fort beaux.Très jolie aussi l’apparition des fées blanches et vaporeuses dans le paysage baigné de clair de lune.Iolanthe a fait salle comble toute la semaine.occ Le Women's Club, le Morning Musicale et le Women's Art Association sont autant de sociétés dont les séances régulières durant tout l’hiver ont été fort suivies.Ayant eu l’honneur d’êtie invité à quelques-unes de leurs séances, auxquelles on s’occupe des choses de l’art et où l’on discute avec esprit et talent les questions littéraires, ou sociales, nous en sommes revenu charmé.Toutes ses institutions sont prospères, et font honneur aux femmes intelligentes qui les composent.scLe concert de Mme Heinberg, avec le concours de l'Association Artistique, le iSelece mois, a été un véritable succès et une fête pour les dilettanti.Melles Dugas, les meilleures élèves de cet excellent professeur, qui ont pris part au concert, font honneur à sa méthode.;c La première audition delà Société Chorale Stc Cécile, quia eu lieu le 17, nous a paru très intéressante.Il y a parmi les sociétaires des voix charmantes et des talents de premier ordre qui ne demandent qu’une étude sérieuse.M.Saucier, le directeur,pour commencer possède une voix admirable, qu’il manie avec un goût parfait.Ce qui manque à quelques-uns des jeunes artistes si bien doués, je le repète, ce n’est que la méthode, la science, qui donnera à leur talent toute son envergure.La Société Ste Cécile s’est assuré le concours de Melle Cartier comme pianiste.Voilà encore un élément de succès.1 fétéore. LE COIN DU FEU 132 » LA COMPAGNIE DE PIANOS PRATTE ” La Compagnie de Pianos Pratte au capital de $200,000, ayant son siège social à Montréal, vient d’être constituée officiellement par lettres patentes.La nouvelle compagnie absorbe les intérêts de la maison L.E.N.Pratte, et continue les opérations de cette maison en même temps qu’elle apporte un appoint considérable de capital qui permettra de placer un plus grand nombre d’instruments de musique sur le marché.La compagnie compte deux noms de la haute finance parmi les directeurs, MM.Alph.Desjardins, sénateur, et Joël Leduc.M.L.E.N.Pratte en est le directeur gérant.Le surintendant de la section de fabrication des pianos est M.Antonio Pratte, qui a attaché son nom à plusieurs améliorations très importantes dans le mécanisme des pianos.En outre de son établissement du No.1676 rue Notre-Dame, à Montréal, que tout le public canadien connaît depuis nombre d’années, la Compagnie de Pianos Pratte possède deux autres établissements : le premier à Huntingdon, où elle va maintenant manufacturer ses instruments avecle concours d’ouvriers du premier ordre; le second, à St Faustin, où se fait la coupe des bois destinés à sa manufacture.C’est un progrès qu’il fait bon de constater et qui est tout à l’honneur de l’industrie nationale; il a été provoqué par la demande sans cesse croissante du piano “ Pratte ” et par la nécessité d’y faire face.Aujourd’hui, avec des moyens plus grands a sa disposition, et un personnel sur lequel il a raison de compter, le directeur gérant de la compagnie peut mieux et plus promptement fournir au public les excellents instruments qui portent sa marque.Le piano “ Pratte” est devenu le favori des artistes et des premières familles du pays, où l’on s’occupe de bonne musique, et est destiné à occuper la première place parmi les meilleurs pianos importés.A part des pianos “ Pratte ”, la compagnie se propose aussi de garder un assortiment plus considérable encore que par le passé de pianos d’autres manufactures ainsi que d’orgues de salon et d’église.Nous sommes heureux de constater les progrès de cette industrie canadienne, et nous lui souhai-«ons tout le succès qu’elle mérite.Sirop de Terebenthinç °u Or.baviolettç Guérit très vite les Rhumes, Toux, Croup, Coqueluche.Toujours sans danger et agréable au goût.En vente partout.Propriétaire : J.G.LAVIOLETTE, M.D., 232 et 234 Rue St-Paul, - MON TREAL.l'KOI-'KSStiUK 1)1'.a.'jhctnde Magdoli gc, (du i ta ce, ^ ^ Bag.jo et Bagdola.325 RUE DORCHESTER.CURE D’EAU.Comme purgatif ou laxatif prenez les Pilules Kneipp dont l’action est efficace et hygiénique, 5 0C la boîte.Dépôt général à la Pharmacie Lanctdt, 299 '/2 rue St.Laurent.Une tasse de cafe obtenue en n instant gjj y LE.CAFE LYMAN est un délicieux breuvage.Pour les soirées, rien 11’est plus désirable, il est a la fois excellent et économique.En un seul instant, on peut en faire en grande ou en petite quantité.Sa préparation, des plus simples, ne requiert pas l’emploi d’une cafetière.Pas de marc au tond de la tasse.nélicieux odoriférant.Mesdames, einployez-le, et sauvez-vous des peines inutiles.Demandez-en un échantillon à votre épicier.
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