Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /, 1 janvier 1957, janvier
Vol.63 Lévis — Janvier-Février-Mar» 1957 N° 697 No 1 LE BULLETIN DES Recherches Historiques O noire Histoire, écrin de perles ignorées Je baise avec amour tes pages vénérées DIRECTEUR ANTOINE ROY Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe Ministère des Postes, Ottawa.A Quand en l’an 2000, on écrira l’histoire du Canada français, il ne faudra pas omettre: F 5515 K % § J.-ALEX.THÉRIEN, c.c.i., président ^9 5?IMPRIMEURS LITHOGRAPHES STUDIO D’ART • ÉDITEURS • 8125, SAINT-LAURENT ?MONTRÉAL 11 ?DU.8-5781 RECHERCHES .REVUE D’ARCHEOLOGIE, D’HISTOIRE, DE BIOGRAPHIE, DE BIBLIOGRAPHIE, DE NUMISMATIQUE, ETC., ETC.PUBLIÉE PAR ANTOINE ROY VOLUME SOIXANTE-TROISIÈME yitS .¦iAllQ QUÈB& 195 7 943333 LE BULLETIN DES RECHERCHES HISTORIQUES Prix de l'abonnement: $3.00 par année DIRECTION ET ADMINISTRATION 2050, Saint-Cyrille Ouest, SOMMAIRE Jan vier-Fé vrier-Mars 1 95 7 I-es protestants au Canada avant 1760, par Claude De Bonnault.5 Les disparus ." .34 4 BULLETIN DES RECHERCHES HISTORIQUES Vol.63 Lévis — Janvier-Février-Mars 1957 No 1 Les protestants au Canada avant 1760 Par CLAUDE DE BONNAULT Paris Dans la grande colonie de la Nouvelle-France, il n’y a pas eu de petite colonie protestante.Des protestants sont venus au Canada; mais ils n'y sont pas restés — au Canada — ou ne le sont pas restés, protestants.Les origines du Canada sont en partie protestantes.La Nouvelle-France n'avait pas encore pris corps.Et déjà catholiques et protestants se la disputaient, se demandaient à qui elle serait, ce qu’elle serait, religieusement parlant.L’Amérique du Nord s’inscrivait avec la France, la Hollande, l'Angleterre, l’Ecosse, parmi les pays dont Calvin se réservait la direction, qu’il jugeait assignés, par décret de la Providence, à la religion de l’Evangile, qu’il estimait devoir lui appartenir un jour pour y créer le royaume de Dieu.1 Les auteurs protestants se plaisent à faire le compte de tous les Calvinistes qui ont été au Canada, à rechercher tous ceux qui auraient pu y aller.11 y en a eu, c’est certain.Historiens d’alors et pièces d’archives énumèrent des réformés de tout ordre, de tout genre qui ont été employés à Québec dans les premiers temps de la colonie ou qui d’une façon ou d’une autre ont eu part aux commencements du Canada.2 1 Henri Hausser, c.r.d'ouvrages sur Calvin dans la Revue Historique, juillet-septembre 1938, p.93.2 “Même après l’édit de Nantes, les Protestants n'avaient pas renoncer à fonder quelque part en Amérique, dans ces contrées que les Espagnols et les Portugais se prétendaient seuls en droit de détenir et de coloniser, une puissance française et protestante qui aurait assuré aux Réformés un asile et une nouvelle patrie en cas de persécutions toujours possibles." ( (I.Chinard, L‘Amérique et le rêve exotique dans la littérature française au XVllèmc et au XVIIIème siècle.Paris, 1913, p.3).5 6 On ne saurait, sans mauvaise foi, retirer aux huguenots le goût de 1 évangélisation.Ils ont été des promoteurs de l'esprit colonial.A la création d’une France nouvelle, ils se sont intéressés.3 Avant d'être catholique, le Canada a-t-il donc été protestant?Des protestants ont-ils été les ouvriers de la première heure?Les catholiques se sont-ils substitués à eux?Ont-ils profité des labeurs et des peines, bénéficié des sueurs et des périls des huguenots?La moisson qu ils ont récoltée, d’autres l’avaient-ils semée?La genèse du Canada forme-t-elle un chapitre de l’histoire du protestantisme français?Cela a été «lit; mais, à notre avis, cela ne ressort nullement des faits connus, certains, des textes contrôlés.4 M.de Monts qui, pendant plusieurs années, exploita à son profit le monopole du commerce avec le Canada, M.de Monts, lieutenant général de la Nouvelle-France de 1603 à 1612, était protestant.5 Protestants, Guillaume et Emery de Caen, l’oncle et le neveu qui, de 1()20 à 1633, dirigèrent réellement les compagnies propriétaires de la colonie.6 La Compagnie de marchands normands et malouins formée par Champlain pour le Canada en 1613-1614 n’était composée, au début, que de calvinistes (Faillon, Histoire de la colonie française, t.I, p.135) A ce moment-là néanmoins, l’exercice du culte protestant fut interdit au Canada (Garneau, Op.cit.t: I, p.80, n.30).Défense condamnée d avance à rester lettre morte.lui 1 f>15, le brère Sagard constatait avec amertume que, pour aller au Canada et rendus au Canada, les Réformés eussent tous les droits y compris celui de provoquer les catholiques: “Les principaux 3 "" e?‘ curieux de constater que les ministres de La Rochelle ne partageaient pas cette demi-indifference pour les païens qui est, au XV Dénie siècle, l'un des traits caractéristiques de la théologie de la Réforme.Cette attitude des ministres de La Rochelle peut etre rapprochée de celle du pasteur Charles Drelincourt de Uiarenton, qui, dans ses Vmies chantables et Consolations, publiées eu 1651 se montrera très préoccupé de l’idée missionnaire." (Georges Goyau, Les origines religieuses du Canada.Paris.1934, p.55 en note).origines 4 Quelle qu ait été la tonalité de l'atmosphère canadienne de la première heure, les écrivains protestants 1 ont certainement grossie dans les jugements qu’ils rüLnnr fS,*SUr «tte période ou les tableaux qu’ils en ont tracés.“La majorité des * s etait con'P°sec d huguenots ; le reste, de catholiques romains.Jusqu’en 1627 e gouvernement du pays avait ete entre les mains des protestants” (E-A Talbot Il"p "Tr ° Se’°Ur °U Ca’,ada 1818'1823' Trad’ de l’al,&lais.Paris, 1825, 2 v^L Cf.Garneau, Histoire du Canada.(éd.de 1920, t.I p.59-60 ,r f°n ,noUp d!1 q,uen 1604’ M.de Monts passa en Amérique avec un ministre K, AS*Bo"""'10 “ri ™2.i’*»* '« -(«ci*, z t “uUine £etit?pnéalogie de cette famille de Caen a été ajoutée par l’abbé Joseph Le Ber a la Lettre médité d une Ursuline publiée par lui à Dieppe en 1919 sous le titre: Depart pour le Canada en 1639, p.7-8.P ’ Cf.Le P.Le Jeune, Dictionnaire.du Canada, t.I, p.479-480.hmery de Caen finit du reste par se convertir. 7 de la flotte, avec la plupart des officiers, étaient de la religion prétendue réformée.Ils forçaient les catholiques eux-mêmes d’assister à leurs prières et à leurs chants de Marot, sous peine autrement de n’être point admis dans leurs vaisseaux, ni employés dans leurs ateliers.Il arriva même que, pendant qu’un de nos religieux disait la sainte messe, à la traite, les Huguenots en vinrent jusqu’à chanter leurs marottes, ce qui avait l’air d’être fait pour l’interrompre et le contrarier.” (Cité par Paillon, Op.cit.t.I, p.150).Accusations dont Guillaume de Caen nia d’ailleurs le bien-fondé.Les faits auxquels elles auraient donné lieu peuvent être situés entre 1622 et 1626 (Garneau, Op.cit.t.I, p.90, n.85 — Georges Goyau, Op.cit.p.83, 94).Des protestants à la tête font présumer des sous-ordre protestants.En 1626, les matelots d’Emery de Caen, sur le vaisseau qui portait Champlain, obtinrent de s’assembler pour faire leurs prières.7 C'est un protestant, Beauchéne, qui, en 1618, d’ordre des “marchands”, remplace Champlain à Québec dans le commandement de l’habitation ; ce sont des protestants, le commis ou intendant, le “maître garçon” qu’ils lui ont adjoints.8 Et à Tadoussac, plus encore qu’à Québec, ils sont les maîtres.9 Les protestants ont été présents à Québec, à ses débuts.Mais seuls, ils ne l’y ont jamais été.Le créateur, le véritable fondateur du Canada, qui est-il, sinon Samuel de Champlain?Oui, nul autre que Champlain.Or Champlain était catholique, un catholique fervent jusqu’au mysticisme.Louis Hébert, premier colon, premier cultivateur du Canada, était catholique lui aussi.Et les interprètes, premiers découvreurs du continent, premiers agents d’une politique impériale française, ils étaient "Champlain, Oeuvres (éd.Laverdière), t.VI, p.120-121.Cf.J.-E.Roy, Laucon, t.I, p.35." Le P.Chrestien Le Clercq, Premier cstablisscment de la foy dans la Nouvelle-France.Paris, 1691, 2 vol., t.I, p.133." En 1629 (Gabriel Gravier, La vie de Samuel Champlain.Paris, 1900, p.309).Quelques “réformés” auraient fait croire aux sauvages que le baptême catholique faisait mourir (Champlain, Voyages, p.p.H.Deschamps.Paris, 1951, p.302.Voyage de 1632).Je ne sais sur quel auteur s’est appuyé M.John Vienot pour rapporter que la fondation de Québec annonçait qu’on allait "commencer des républiques chrétiennes et françaises”.(Histoire de la Réforme française.De l'Edit, de Nantes à sa révocation.Paris, 1934, p.112).M.Salone nous paraît avoir trop abondé dans le sens de la thèse protestante : "Jusqu’en 1628,.à tous les points de vue, il apparaît que, dans la colonie, l’élément calviniste joue le rôle prépondérant au début ; la grande majorité de ceux qui, de près ou de loin, y exercent une part de l’autorité, sont huguenots.” (La colonisation de la Nouvelle-France, p.43-44).Le jugement de M.G.Hanotaux se nuance d’impartiales réserves: “Il est incontestable que les origines de la colonisation française furent, sur plus d’un point, protestantes, réformées.” (Cité par Jacques Pannier et Gustave Mondain, L’expansion française outremer et les protestants français.Paris, 1931, p.23).Au Canada et ailleurs.Mais elles ne le furent que partiellement. 8 presque tous catholiques.Dès 1615, l’évangélisation du Canada avait été amorcée par les Récollets; rejoints par les Jésuites et secondés par eux dix ans plus tard.Mais il fut un temps où l'Eglise catholique en Nouvelle-France, a dû compter avec l’influence exercée par les protestants.Ramené à ces termes, réduit à ces proportions, le fait protestant au Canada est hors de toute contestation.“L’hérétique y a encore autant d’empire que jamais”, avait la tristesse de constater en 1626 le P.Lalemant.10 Le Roi lui refusait la permission d’entretenir des missionnaires convertir les indigènes — ou l’essayer — il n’en avait pas le droit.11 Les protestants se sentaient assez forts pour pouvoir parfois, sans danger, se montrer faciles et généreux.“M.de Caen (Guillaume), quoique huguenot, estait néanmoins fort honneste homme et ne laissoit pas d avoir de la considération pour nos Pères”.Le P.Le Clercq l’a noté.12 Du même Guillaume de Caen, le frère Sagard a fait l’éloge.Il raconte que, lorsque le Père Irénée se mit en tête d’élever à Tadoussac une grande croix et d’y construire une “chapelle de rameaux d’arbres”, Guillaume de Caen lui prêta des hommes.Mieux encore: on vit, en cette circonstance, des huguenots mestne qui s’y employèrent d'affection”.12 L arrivée des Jésuites au Canada inquiéta les protestants.Si les premiers Pères de la Société, débarqués à Québec, purent s’y installer, il faut bien dire que ce fut malgré les huguenots de l’endroit.Les Jésuites avaient réussi à faire l’unanimité contre eux.Pas plus les catholiques que les protestants ne voulaient d’eux.Les Récollets leur donnèrent l’hospitalité.Emery de Caen, qui remplaçait Champlain dans le commandement du fort, avait refusé de les y recevoir.14 C était pourtant son oncle, Guillaume, qui les avait amenés là.Les protestants mêlés aux origines du Canada constituaient-ils la majorité de la population flottante de Québec ou n'y représentaient-ils qu’une minorité?Comment le savoir?En 1616, une assemblée des Français alors présents a Québec avait demandé "qu’à l’avenir les Le, P- Henri Fpuqueray, Histoire de la Compagnie de Jésus en France de mes a la suppression.t.IV.1ère partie.Paris, 1925, p.305.Kn 1600, Pierre de Chauvin avait pmmenp nlncîonrc .so.»,»,,,-.».rv.à sus en France des ; ;- * j t-cuuum et Gustave Mondain, Op.at., p.23-24).1J En 1622, Chrestien Le Clercq, Op.cit., t.I, p 221 1{ Gabriel Gravier, Op.cit., p.242-243. 9 huguenots en fussent exclus de la traite." On leur reprochait d’avoir “la meilleure part au commerce”.15 En 1621, nouvelle réunion et nouvelles doléances.L’“Assemblée générale de tous les Français habitants de ce pays de la Nouvelle-France” dénonce “les menées et entreprises de ceux de La Rochelle qui tous les ans apportent armes et munitions aux sauvages, les animant à couper la gorge aux François et ruyner leur habitation.” Elle réclame pour les seuls catholiques le droit de demeurer dans la colonie.Elle s'adresse au Roi : “Que défences soient faictes à tous subjets de Votre Majesté faisant profession de la R.P.R.d’y habiter ou entretenir aucunes personnes de quelque nation que ce soit de la R.P.R.”16 De plus d’un de ces expatriés, les convictions religieuses devaient pourtant être incertaines, indécises, précaires.Des circonstances dépendait leur religion, de leur intérêt, de l’opportunité qu’ils apercevaient à professer telle ou telle opinion.17 Les Jésuites prirent l’affaire en main.Ou plutôt le P.Charles Lalemant, supérieur de la Mission du Canada.A peine le P.Noyrot a-t-il débarqué que, par le même bateau qui l'a amené de France, il l’y renvoie.L.e P.Noyrot arrive en France avec une mission définie, des instructions précises.Il lui faut persuader le gouvernement, faire passer dans l’esprit des hommes qui le composent la ferme croyance des Jésuites: pas d’avenir pour le Canada tant que les protestants auront part à son administration.Il faut de l’éloquence.Le P.Noyrot n’en a pas.II en aura.Il voit le Roi, il voit le vice-roi du Canada, il voit les grands de la Cour.Mais c’était Richelieu qui était tout-puissant.Le P.Noyrot va le trouver.Et la cause est gagnée.Le cardinal-ministre a écouté le missionnaire; il s’est rendu à ses arguments.Contre les protestants, l’exclusive sera prononcée.La raison de Richelieu les a condamnés.18 En 1627, dans la charte de la Compagnie des Cent Associés, le cardinal fait insérer cette clause qu’il sera “loisible auxdits associés.peupler ladite colonie de naturels François catholiques”, mais qui interdit aux fidèles de la religion prétendue réformée l’accès de l’Amérique ls Le Clercq, Op.cit., t.I, p.97-98.1,1 Sagard, Histoire du Canada .Paris, 1865, 4 vol., t.I, p.90-94.Le P.S.Le Tac, Histoire chronologique de la Nouvelle-France.(15041652), Paris, 1886, p.115, 176-178.17 Nicolas Marsolet et Pierre Raye, transfuge aux Anglais, en 1629, étaient, d’après Charlevoix “de la même secte" que les ennemis t Histoire de la Nouvelle-France, t.1, p.169).Or Pierre Raye, en 1621, avait signé la requête des habitants de Québec réclamant l’exclusion des protestants.Quant à Marsolet.on ne voit pas que la question se soit jamais posée pour lui d'abjurer (Pierre-Georges Roy, La famille Marsolet de Saint-Aignan dans le B.R.H., 1934, p.385-391).18 Le P.de Rochemonteix, Op.cit., t.I.p.160-163. 10 française ou plus exactement leur défend d’y avoir feu et lieu.18 Disposition dont Richelieu n’a pas eu l’initiative.Décision dont ni le cardinal, ni les conseillers qu'on lui a prêtés, le P.Xoyrot, le duc de Venta-dour-'" ne doivent porter l’entière responsabilité.I n 1621, on ne saurait l’oublier, les Français, habitants de Québec, avaient rédigé le cahier de leurs doléances.Ils avaient demandé au Roi que la religion c ' ' e fut maintenue dans le pays et “que les prétendus réformées n'y puissent demeurer.”21 La première manifestation de la nation canadienne a été une motion d intransigeance religieuse, une préoccupation spirituelle, une reaction de défense catholique.Lu 1632, quand la France eut repris possession du Canada, l’interdiction lut maintenue.22 Entre 1627 et 1632, des évènements étaient survenus, qui justifiaient, cette mesure, et faisaient apparoir de sa nécessité.Lorsqu en 1629 les Anglais s’étaient présentés à Québec, qui donc Fs conduisait?Les frères Kirke.Et qu’étaient-ce que les Kirke?I es huguenots d ascendance anglaise ou écossaise, mais nés à Dieppe et y ayant longtemps vécu.Et sur place ils avaient tout de suite trouvé des complices.Les huguenots de Québec s’étaient immédiatement raliés aux envahisseurs.Quelques Français catholiques de l’habitation — tel Marsolet-Ies avaient bien imités ou devancés, mais ce détail, on I oublia.Ces transfuges un peu plus tard rentrèrent en grâce.23 A 1 egard des protestants, la défiance persista, accrue.Les Français de 1 ancien régime, quand ils étaient catholiques, avaient peine à admettre qu un protestant français ne fût pas protestant avant d’être français.Ils ont toujours cru que la communauté de religion créait un 60 P|11S rirt que la communauté de nation.Et toujours ils ont soun-çonne les huguenots de regarder moins du côté de Paris qu’en direction de 1 Angleterre ou de la Hollande.Au Canada, les hommes qui avaient mlmt'Tiol/t.lp!“ reh,ilS à rhiS,0irC dC 'a NdM\)C,,S ^ /Vrr‘’ * Calvet- I>ar J -J Lefebvre dans lé R.A.Q.nr(,te4ntes°îlUî1dn('asaC trois familles Zrlle har m t' \ 7ue Y*ut.c?Jemo'gnage de Masère (Considérations Urrégfer Us ^ ti ikSm.°&;-i5?i7T7ol c't;?Z29)he Cons,i,u,iu"al hü,ory 17 L habitude constante, invariable, des rois de France a été de ne jamais demander aux braves, chargés d’assurer leur gloire, quel était leur avis sur le Pape ou sur la messe.Une seule religion, il importait qu ils eussent : 1 esprit de corps et qu’ils fussent disposés à donner leur vie pour l’honneur du Roi Très Chrétien.46 Les Canadiens n étaient pas fanatiques.Leurs évêques se sont parfois chargés de l’être pour eux.Mgr de Laval assure, en 1670, quits (les protestants) tiennent plusieurs discours séduisants, qu’ils prêtent des livres et que quelques fois même ils se sont assemblés entre Autres protestants, Canadiens depuis peu, ayant accepté de devenir sujets anglais: Jean Marteilhe et l'rançois Mounier, tous deux négociants à Québec.Sur le premier, nous avons les éléments d’une bonne biographie.Il appartenait à la vieille famille, connue depuis le XVème siècle, des Marteilhe, de Bergerac, dont était le fameux Jean Marteilhe, auteur des Mémoires d’un protestant condamne aux galères de France pour cause de religion .Rotterdam, 1757.Passé au Canada, il y fit du commerce.Ayant fait faillite, il fut nommé, en 1767, juge à paix pour le district de Québec et, en 1775, gardien de la paix et commissaire, pour le district de Montréal.Mais c'est à Québec (|ue Tohn Marteilhe —il avait anglicisé son prénom — mourut en 1779, sa femme Dorothy en 1787.La meilleure partie de ces renseignements est due à M.Louis Desvergnes, de Bergerac.On en trouvera d'autres chez P.-G.Roy, L'Iwnorablc René-Ovide Hertcl de Rouville dans le II.R.H.1906, p.134 — E.-Z.Massicotte, Les tribunaux de police de Montreal dans le H.R.H.1920, p.181-82 — E.-Z.Massicotte, Nouvelles notes sur la foi et hommage, dans ibidem, p.301 — P.-G.Roy, Inventaire des concessions en fief et seigneurie.t.I, p.170, 220, et IV, p.278-79.Les protestants français au début du régime anglais se trouvèrent en posture singulièrement avantageuse.Les Anglais avaient besoin de fonctionnaires parlant français et l’obligation de prêter le serment du test éloignait les Canadiens catholiques de toutes les fonctions publiques.Ainsi, en 1763, François Mounier, cité plus haut, fut choisi pour faire partie du Conseil Exécutif (Garneau, Op.cil., t.II, p.303).4# Les compagnies marchandes, dans le recrutement de leurs soldats, ne s’étaient pas montrées plus exigeantes.Les Jésuites convertissaient ceux qui le voulaient bien, mais ne forçaient personne (E.Salone, Op.cil., p.44, 107).En 1646.le jour de l’Immaculée-Conception, fit abjuration "un soldat nommé de Champigny, natif de Fontainebleau’’.(Journal des Jésuites dans Thwaites, Op.cil., t 28 p.248).Les abjurations de protestants, surtout celles que suscita la Révocation de l’Edit de Nantes, ont provoqué de la part de M.de La Rogerie cette mise au point: “On doit dire abjurations et non conversions; car, suivant le mot d'un contemporain, dans tout le royaume, les abjurations furent innombrables, mais les conversions véritables furent très rares." (H.Bourde de La Rogerie, Les fugitifs protestants aux îles Chausey, 10115-1701, t.à p.du Pays de Grandville.Mortain, 1939, p.71.Nous pouvons espérer, nous avons lieu de supposer que les conversions du Canada étaient bon teint.Abel Olivier, Gilles Strouds, Anglais, convertis au XVIIIème siècle, tinrent, avant de mourir, à protester de la sincérité de leurs nouvelles convictions par des fondations pieuses.Mais il y a I.ydius.Lydius avait abjuré en 1727.Pendant les trois ans qu’il vécut encore à Montréal, il ne donna “aucune marque de catholicité".Il redevint plus tard protestant.11 n’avait jamais cessé de l'être. 18 eux."* * * 4' Ce que l'évêque appréhendait, c’était de voir l’indulgence mutuelle en matière religieuse faire des progrès parmi les Canadiens.Car ce saint homme faisait de l’intolérance une vertu.Il avait “connois-sance que plusieurs personnes en parlent honorablement (des huguenots de Québec ) et ne se peuvent persuader qu’ils soient dans l’erreur.”48 Faut-il le croire ou faut-il croire, un peu plus tard, un autre témoin: En 1753, la Mère Marie-Andrée du Plessis de Sainte-Hélène, supérieure de 1 Hôtel-Dieu de Québec, si empressée quelle fût à montrer “toutes les pompes du démon.étalées” au Canada, estimait de\oir à la vérité cet aveu: "Il n’y a qu’une sorte de peine que, grâce a Dieu, nous n éprouvons pas, c’est la guerre contre la religion.On ne parle point ici de cette nouvelle doctrine.S’il y a quelques huguenots, on les abhorre et on ne leur permet pas de dogmatiser.M.Monier est de ce nombre et un des plus entêtés de sa secte.C’est bien dommage, car il est très honnête homme.”40 S’il était honnête homme, la Mère de Sainte-Hélène devait le savoir mieux que personne.Car elle l’avait charge, de préférence à un négociant c, ' " .e, du soin de ravitailler -on couvent en marchandises de France.50 Assurément, c’était bien dommage qu’il ne voulût pas se convertir.Mgr de Laval voyait autant d’inconvénients pour l’Etat que pour la religion dans la porte ouverte aux huguenots.“Tout le monde sait que les protestants en général ne sont pas si attachés à Sa Majesté que les catholiques”.Et tout de suite perce son angoisse de Français de la Nouvelle-h rance: “Québec n’est pas bien loin de Boston et autres villes angloises : multiplier les protestants dans le Canada, ce serait donner occasion pour la suite à des révolutions”.Mgr de Laval interrogeait les figures.La physionomie des protestants le renseignait sur leurs dispositions intérieures et ceux dont le visage ne manifestait pas de bons sentiments, il les dénonçait: “Ceux qui y sont (protestants au Canada) n’ont pas paru prendre une part particulière au succès des armes de Sa Majesté; on les a vu répandre avec un certain empressement tous les petits contretemps arrivés.” 51 .V M*mo,rc l'évêque de Québec sur les protestants.1670, dans la Collection des documents relal,js a l’Imtotre de la Nouvelle-France t I n >04 Le detail de livres prêtés, d’infiltration protestante par lé véhicule des livres ersnde'aUff • aS,,CCt d" m°"de.c?™dien.Les Canadiens lisaient beaucoup sans faire S ande difference entre ce qui était permis et ce qui pouvait ne pas l’être "L ’ hui Ln°’Z ! HPa'V^etACOmre CS •*«“'«• aurait de chambre en chambée dan le ElT,dCl Aucune douane intellectuelle ne fonctionnait à l'entrée du Ca ' ': j,de,nr,el'S étaient d08 “Del- manufacturés, de provenance étran gere Nulle liste noire ne condamnait à rester dehors des productions de l’elorh ,885 p 83.' '' J- 1 ,a,K|U,S' /-" réV°Calip" * Védit * ^ntesTRouel R K Lettres de Mère Marie-Andrée Duplessis de Sainte-Hélène nar \ I Leymarie, dans Nova Francia, vol.IV, 1929 p 51-52 ,ar '¦ _eo 50 Loc.cil., p.44, 54.’ ' 51 Mémoire cité, p.204-205.6834 19 La crainte du péril protestant l'avait toujours hanté.Avant même de partir pour rejoindre son siège, il avait presque fait un cas de conscience au Roi de ne supporter aucune infraction à la loi qui défendait aux huguenots l'accès de la colonie.82 Pas plus sur ce terrain que sur d’autres, Colbert ne s’était montré enclin a suivre l’autorité religieuse.Il pensait qu’on pouvait être à la fois bon sujet du Roi et prier Dieu à sa guise.l'.n 1677, M.Dudouyt, agent à Paris de M.de Laval, obtint à Sceaux une audience de Colbert.Sur divers points où l’autorité ecclésiastique se voyait obligée de tenir compte du pouvoir du Roi, son évêque 1 avait chargé de chercher un compromis avec le ministre.Quand il en vint au chapitre des huguenots, l'abbé trouva en face de lui un homme peu disposé a dévoiler sa pensée véritable.Mais M.Dudouyt devina que Colbert ne suivrait pas volontiers M.de Laval sur ce terrain, qu’il ne l’approuvait en général que pour mieux le contrebattre en détail.L'abbé avait commencé par mettre en avant tous les arguments dont l’évêque étayait habituellement sa thèse.Il avait dit “qu il étoit important que les huguenots ne s’établissent et n’hivernassent pas en Canada, dautant que nous sommes posés entre trois __ 82 “Nous ne souffrirons ici aucune secte hérétique, peut écrire au Pape François de Laval; c'est ce que le Roi m’a accordé pieusement sur la demande que je lui ai faite avant de quitter la France.” s.d.(Abbé Lionel Groulx, François de Laval, dans Le Monde nouveau, ler-15 août 1923, p.118).En 1682, l'évêque de Québec .mandait au Roi : "Il est important de ne point porter atteinte à ledit qui défend aux huguenots de s’établir au Canada et surtout de ne les point souffrir en Acadie." L'année suivante, le Roi lui répondait (3 août 1683) : “Je maintiendrai toujours les défenses que j’ai faites aux huguenots de passer à l’Acadie et au Canada.” (Rapport sur les archives canadiennes, 1899, supplément, p.257.Cf.le R.P.Duclos, Les huguenots au Canada dans la Révocation de l’édit de Nantes.Montréal, 1885, p.87).Mais Mgr de Laval doit être déchargé de l’accusation d’avoir livré au bras séculier un huguenot qui, pour blasphème, aurait été fusillé.Un passage du Journal des Jésuites, que l’on n’avait pas pris la peine declairer par d’autres documents.est à l’origine de cette erreur.On y lit, au mois de février 1661 : "Grande brouillerie entre les puissances : on en pensa venir aux extrémités au sujet d’une sentence portée par Mgr l’évêque contre Daniel Voil, prisonnier, hérétique, relaps, blasphémateur et profanateur des sacrements.Cujus crimina utrumque forum sibi vindicabit.” (Thwaites, Op.cit.t.46, p.164).Daniel Voil ayant été arquebusé, plusieurs historiens en ont rendu l’évêque responsable.M.G.Lanctôt vient de rétablir la vérité.”11 faut admettre que, dans tout cet épisode, il ne se trouve que ceci d’absolument authentique.Un huguenot, Daniel Voil, abjura le protestantisme et participa aux sacrements à Québec; puis, en février 1661, il revint à la religion réformée et tint des propos blasphématoires.En conséquence, il fut arrêté et jeté en prison.La cour royale et la cour ecclésiastique se disputèrent alors la juridiction de la cause.Là-dessus Mgr de Laval rendit une sentence déclarant le prisonnier "hérétique, relaps, blasphémateur et profanateur des sacrements".Après sa sortie de prison, Voil fut subséquemment arrêté pour avoir vendu de l’eau-de-vie aux Indiens et, pour cette infraction aux ordonnances, il fut arquebusé à Québec le 7 octobre 1661.” (G.Lanctôt, Une accusation contre Mgr de Laval dans le Rapport 1944-45.Société canadienne d'histoire de l’Eglise catholique (s.l.n.d.), p.11-25. 20 colonies d’Anglois et que, s'il arrivoit quelque guerre, les huguenots ne manqueraient pas de se ranger de leur parti, qu'il netoit pas à propos de faire un mélange de huguenots avec les catholiques, dans un lieu si éloigné.’ D'ailleurs, avait-il jugé bon de rappeler, “l’édit du Roi portoit qu’ils ne s’y établiraient point.” Là-dessus, Colbert se hâta de répondre "qu’on n’y avoit pas encore donné atteinte, qu’on ne le ferait pas.M.Dudouyt le crut ou ne le crut pas.Ses moyens particuliers d information lui avaient appris que le ministre “étoit résolu de permettre aux marchands d hiverner .Il osa lui demander que s il arrivoit que quelque marchand fut contraint par quelque nécessité pressante d’hiverner en Canada, qu'il fût obligé de représenter ses raisons a l'Intendant qui les examinerait, lequel, s’il les trouvoit justes, lui permettrait pour une année seulement et sans conséquence”.M.Colbert témoigna approuver .En somme, au sujet des huguenots comme pour la vente de l’eau-de-vie aux sauvages, M.Dudouyt n’avait rien obtenu.M Mais Colbert mourut ; mais l'édit de Nantes fut révoqué.Peut-être l’intervention de Mgr de Laval eut-elle pour effet un ordre adressé au marquis de Denonville, gouverneur général, d’étendre au Canada les mesures qu avait entraînées en France la révocation de 1 édit de Nantes." En 1686, le Roi lui mandait donc de “travailler" à la conversion des “hérétiques qui peuvent être en Canada.Si, dans ce nombre, il s’en rencontrait quelques-uns d'opiniâtres qui refusaient de s instruire, il peut se servir de soldats pour mettre garnison chez eux et les faire mettre en prison en joignant à cette rigueur le soin nécessaire pour leur instruction.” Au demeurant, le Roi exprimait l’espoir que l'exemple des protestants de France déterminerait ceux du Canada à les imiter et à se bien conduire.55 Rudouyt a Mgr «le Laval dans le Rapport sur les archives canadienneJ pour 1 no.', j).l.L'abbé Paillon a connu et employé cette lettre, niais en l’antidatant; suivant lui, elle aurait ete de 1667 (0/>.rit., t.Ill, p.409).*"J682."les dépêches «le la Cour déclaraient que les huguenots ne pouvaient être admis en Canada ou en Acadie et que meme il était question de les eu ôter s'il y eu avait deja.Et encore, en 1684, le Roi promet au nouvel évêque de Québec «léh-ose" Stunt-\ allier, non pas qu il edictera, mais qu'il maintiendra la même 9 juïn 1934^ * d'US Gcdeon dc Cataio9nc dans La Patrie «le Montréal, 1>ar !»«,.'«“re du 3 août 1683, le Roi avait avisé l’évêque de Québec qu'il renouvelait inteulict'on pour les Huguenots de passer au Canada et en Acadie (K.Le niant, /listonc de la Nouvelle-France, t.I, p.118).54 Le 2 février 1686, l'intendant Duchesneau avait cru devoir renouveler le reglement — mal observe sans doute ou pas du tout — du 11 mai 1676 oui dé fendait aux protestants d'hiverner sans permission et iuterdisai! tout exercice public de leur culte (Gan.eau, Op.at., t.I, p.590, appendices).' M31 mai 1686.Arch, des Colonies.B 12.fol.26 v°.jgg*"" de documents relatifs à l'histoire de la Nouvelle-France, t.I, F.Salone, Op.cit., p.292-293. 21 Denonville répondit que dans toute l’étendue de son gouvernement, grâce à Dieu, il n’avait pas trouvé un seul habitant hérétique.Trois ou quatre soldats l'étaient encore.Il promettait de veiller à les faire abjurer.68 Denonville était un homme fort pieux, trop pieux, au goût de certains.Mais il ne partageait pas l’intransigeance de l’évéque.Lui avait-il pardonné, en 1686, la mesure à laquelle, l’année précédente, l’avait obligé le zèle ou l’excès de zèle du prélat?11 avait dû lui céder quand Mgr de Laval avait exigé le départ de Gabriel Bernon, sans aucun égard pour sa situation, sans considérer cpi’il avait "des affaires importantes” à régler sur place et qu'on lui devait "beaucoup d'argent".M.de Denonville avait été ému: "C'est une pitié qu’il ne puisse pas estre converti.” Fresque tout le commerce qui se faisait au Canada passait par les mains de Gabriel Bernon ou de la famille Bernon.Car “ils sont plusieurs frères, habitans de La Rochelle .Ils ont rendu de grands services à ce pays icy par leur négoce.” Banquiers, armateurs, négociants, et de plus gentilshommes.D’une famille qui existait déjà au temps des Croisades, de ces Bernon de La Rochelle qui avaient eu un maire en 1357.En 1688, Gabriel arrivait à Boston et s'établissait, en seigneur féodal, dans une vaste concession que lui avait faite la province de Massachusetts.57 5,1 "11 n’y a, grâces à Dieu, aucun hérétique habitant dans le Canada, si ce n’est quelque soldat.11 y en a plusieurs qui, dès l'hiver dernier, ont fait abjuration pour lesquels j’aurois fort souhaité que le Roi eut eu la bonté de leur faire quelque gratification, entre autres un nommé Floridor qui s’est marié ici et qui se met dans le commerce et vit sagement.S'il en reste quelques-uns, on prendra soin de les faire changer et on ne les souffrira pas dans l'exercice de leur religion.Le nombre ne va pas à plus de 10 ou 12, dont il y en a 7 ou 8 qui ont fait abjuration.Les Pères Jésuites font tous les jours mission dans les navires venus de France pour les nouveaux convertis." ( Denonville au ministre, 10 novembre 1686.Arch, des Colonies Cil A 8, fol.132).Ch.W.Baird, Op.cit.p.90-91).Le Roi n’insista pas.Son mémoire du 30 mars 1687 à Denonville et Chani-pigny le montre, acceptant les dires du gouverneur et rangé à son avis : “Sa Majesté a esté bien aise d'apprendre qu'il n'y ait aucun religionuaire en Canada et que la majeure partie des soldats qui estoit de la RPR ayt fait abjuration et elle leur recommande d’avoir un très grand soin de faire abjurer ceux qui sont encore de la dite religion" (Arch, des Colonies, R 13, fol.156).Le Floridor dont il est question plus haut était réellement un Hugues Cochrane, marié à Québec en 1684 (Tanguay, Op.cil., t.1, p.134).En 1688, se mariait, à la Point-aux-Trembles de Montréal, François Le Neveu de Lémon, soldat de la compagnie de du Méry.Il avait été baptisé au Temple de Saint-Lô en 1666.( E.Vaillancourt.Op.cil., p.171 i.•’’"Denonville au ministre, 13 novembre 1685 (Arch, des Colonies, Cil A 7, fol.100 v°).Gilbert Chinard, Les réfugiés huguenots en .Imérique, Paris, 1925, p.84-99.B.Suite, Gabriel Bernon, dans le B.R.H.1916, p.19-21.La Hontan, Nouveaux voyages .La Haye, 1715, 2 vol., t.Il, p.65.Dès 1318, 1339, un Raoul Bernon, de la même famille, servait militairement dans les guerres de Bretagne; il fut sénéchal de La Roche-Derrien (Beauch.et-Filleau, Dictionnaire.des familles du Poitou, F.-l.Poitier, 1891, p.480-484).Un sieur Bernon, cadet, était en 1735, à bord du Héros (Arch, des Colonies, F® 34.Passages du Canada en France). 22 Quelques années plus tard, les sévérités de la loi s’émoussaient.Plusieurs fois, au cours du XVIIIème siècle, les évêques ont es>a_\e d attirer les rigueurs du gouvernement sur les têtes des protestants reçus au Canada.Peine perdue.Leurs actes d’accusation, gouverneurs et intendants les démentaient.Le Roi finissait par conseiller a moderation a l’égard de ceux de ses sujets qui voulaient assurer leur salut d une autre manière que lui-même.Les ministres disputés entre les dénonciations ecclésiastiques et les plaidoyers des administrateurs, étaient bien forcés de convenir que c’étaient les plus indulgents qui étaient aussi les plus éclairés.Le “parti prêtre’’ ne recevait que des satisfactions de pure forme.La Cour n’a jamais voulu que la persecution religieuse s’acclimatât au Canada."En 1741, on en compte neuf (huguenots) à Québec.Ce sont (s commis ou les associés d’importantes maisons de Rouen, de La Rochelle, de Montauban.Cette présence des hérétiques soulève des protestations de la part du clergé catholique.Mais Beauharnais et naires "^Se •'¦,« d, N.r„, dan, 1, p-4 nJL* « ment de Paris, il y fut condamné t morT'flfiMi 6r“'’ 1 radul.t deva,lt le Parle-communée en celle des galères “Galérien |, t, rr™ fntel>du, cette peine fut mai 1693".( Haag et B«KV rf/ t VI^l azT m°UrUt 3 11,ôpital e" -S Bon.aeaa, condamné ,.ar ,'inwdan, II.tunc mention n’en e.t C dato T,“ A“r“>“ • verrois toujours roi généreux et triomnhim l C votfe amoureuse, je vous “éme édition, t.I, ^ “)*’ « Haag.Op.ci,., Henri IT.Paris, 1911, p 138 _ nL;,,L f-Pltsc ’’‘'fonnee de Paris sousf Paris, 1936, col.708-710).' 7 11'mimait, de biographie française .t.11, pensionnaires, unt^Damoürs Cli^aîi'cotnt'^'-'"’^^!11^ eQüébeC ont cu' Parmi leurs 1700-1739, Les 27 a 1663 : son grand-père avait embrassé le protestantisme.72 Ainsi chez le 1 .Le Jeune, supérieur des Jésuites de Québec eu 1632-1649: là, le calvinisme était encore plus proche, puisque ç'avait été la religion de ses parents.73 Pierre de Saint-Ours, capitaine dans Carignan, établi au Canada, en 1665, était fils d une mère protestante, et, par elle, appartenait à un milieu où les idées de la Réforme, épousées avec enthousiasme, s’étaient maintenues avec ferveur.'4 Cette mère.Jeanne de Calignon, était nièce ou petite-nièce de Soffrey de Calignon, chancelier de Navarre.73 Jamais elle ne voulut se convertir.En 1685, elle avait encore son banc au Temple de Grenoble.76 Combien de familles moins importantes que nous savons, devinons ou pouvons présumer n’avoir pas toujours été catholiques!77 72 Haag, Of.cil., t.1.p.601-604.Dans son projet d’établissement d'un empire français en Amérique, il n'en attirait pas moins l’attention du Roi sur cet avantage que "les hérétiques n'y demeureront qu'autant qu’il lui plaira".Mémoire cité par l'abbé Ferland, Of.cit.t.I,_p.408).* 73 G.Goyau, Of.cil., p.107.Zacharie Dupuis, major de Montréal, un des héros les plus populaires de Villemarie, le soldat catholique par excellence (mort en 1676), était né à Saverdun vers 1608 (Le P.Le Jeune, Of.cil., t.I, p.558-559).Or à Saverdun — en 1598, le ministre protestant était un Dupuy (C.Barriére-Flavy, Histoire de la ville cl tic la châtellenie de Saverdun dans l'ancien comté de Faix .Toulouse, Paris, 1890, p.238).|4A- Prudhomme, Inventaire Sommaire des Archives communales de Grenoble, 4ème partie.Grenoble, 1924, p.40.75 Comte Douglas, Vie et poèmes de Soffrey de Calignon.Grenoble, 1874 (Documents historiques inédits four .tenir à l'histoire du Uaufhinc, t.I).70 P.Saint-Olive, Les Datifhinois au Canada.Extrait du Bulletin de l’Académie delphinoise.Grenoble.1935, p.47.77 Catherine Goujet, qui se maria à Québec en 1640, était “fille de Léonard, bourgeois de Thury-Harcourt”, lequel “devait être protestant car on enregistre sa profession de foi à Thury, le 27 mars 1651" (Berneval, Le continuent de filles de 1(>3V dans le B.R.H.1939, p.9).Aucune hésitation pour le grand-père de Catherine Fol qui vint en 1673 chercher et trouver un époux à Québec.Cet Abraham Fol, en 1562, avait été baptisé à Tournus, selon le rite calviniste.(J.Martin et G.jeanton, Réfertoire des familles nobles de Tournus Maçon, 1911, p.121, 152, 200, 285.Int.par M.J.Maur-goi de Tupigny.Certaines branches des familles du Lignon et I.criget demeuraient protestantes au XVlIème siècle (Abbé J,-Fl.Chevalier, Gounillc et sa famille.Ruffec, 1927, p.84).Les du Lignon de la Mirande, les Lérigct de la Plante, que l’on a connus au Canada, l’avaient sans doute été.Des traces de calvinisme peuvent être élevées chez les Boulduc.Charles Dre-lincourt, pasteur à Paris, se maria en ou avant 1623 avec la fille d’un marchand parisien qui semble avoir été une assez riche héritière : Marguerite Bosleduc” (Jacques Pannier, L'Eglise réformée de Taris sous Louis XIII (1610-1621) .Strasbourg, 1922, p.517).Marguerite Bolduc, veuve du pasteur Drelincourt, vivait encore, mais à Genève, en 1669 (Arch, de l’Etat de Genève, Répertoire des actes notariés) Gabriel du Prat.établi à Québec en 1686, était né catholique, mais neveu d'un protestant, François du Prat, qui avait attendu 1685 et la Révocation de l’Edit de Nantes pour abjurer (Raffarts inédits du lieutenant de folice René d’Argenson, 1697-1715, par Paul Cottin.Paris, 1891, p.119-121). 28 Ln Denis de Sevre se maria, à Québec, en 1692 (Tanguay, Op.cit., t.I, I>.18/1.II venait du diocese de La Rochelle, mais était surnommé Poitevin.Une tamille protestante de ce nom vivait en Bas-Poitou aux XVIétne et XVlIème siècles ( Beauchet-Filleau, Op.cil., t.III, p.75-78).Il est intéressant d’observer que plusieurs noms de familles canadiennes se retrouvent sur des listes de familles huguenotes.A Rouen, parmi les protestants persecutes en 1685 et années suivantes figurent des Godefroy, des Gosselin (I.Bianquis, Op.cil., p.37-38) Entre 1560 et 1572, l’état civil protestant de Caen fournit les noms suivants: Pouterel, Philippe, Scelles, Marguérie, Le Marchant, Gossehn Godefroy, A vi ce.Bourdon, Poullain, Testard, Morin.Maheust ( C.E.Lart, //ir registers of the protestant church at Caen, t.I.Vannes, 1907, passim.) ».fMi 1-73?fV-1 T^rré ‘la"s Ie cill,etière de l'église Saint-Etienne, François Le age de dix-huit mois, enfant de “religionnaires”.-wHi Prent0Ut a établi f|uc "s?us FranÇois II et Charles IX la Normandie” ‘ prov'ncc?ou, se 'Lessees le plus grand nombre d’églises calvi- "f‘e* J.1 11 a mon!r* quen Normandie la physionomie de la Réforme, bien plus que pohfque ou sociale, a etc religieuse.Mouvement intellectuel né à l'Université 1 Par C r,erKe (He"r: Prentout< La Mi ""«e en Normandie cl les 1913, p 28Ï m i05)a m'erS,te Ji"‘S la Rnw décembre ««MU1?f0!*":- Caen et’ t-',ut l,rès de la Normandie.Saint-Malo, avaient ac-cuelh le protestantisme avec laveur (Ch.André Julien, Les débuts de l’expansion il (U la colonisation françaises.Pans, 1947, p.226).Caen a fourni de bonne heure des colons au Canada.Or Caen en 1563 était hu,guen.ott"i.e"- C'est à la quasi unanimité que'la population le la ville s était donnée a la Réforme ( J.-A.Galland, Essai sur l’histoire du Pro- 1598 1791': Paris,flT898! p'xXVLXXVn.IôS* ^ ^ * 'U ffjSr rfett'rrttnari saî 1st fe Doher Gosscdm.Testant, Ba Uergeau, Cressé, Frémont.riervaise Gode r y j, «w*s sa,* sme,5t!,r,tietlC^f.des ®aiHergeau qu’on voit à Boston à la fin du XVIlènvo I-égaré (Ch.W.'Balrd, OA"n/.,‘p.306 446-448) ’ BaSSet’ Chabot' de Blo's.nsas?sris - *• -* Certains prénonis'TiihliqueX'au mîlieu^u XVIIème^îècïe'^8' t f ’ - ci™ si- Dk’vL cïïS,1 '?¦ >«¦ iKT.3TBKÎ rà™> °»** » »* i Saint-Vallier (T*,.ifgj" ïïrsiel'“t tf TeSriiréiis' “tj.?, s 29 Qu'il y ait eu quelque infiltration en Nouvelle-France de théologie calviniste, on peut donc l'admettre, mais à condition de souligner immédiatement le peu d’importance de ces influences.Les Canadiens n'ont jamais été un peuple de théologiens.Ils ne se sont jamais préoccupés de savoir s’il y avait plusieurs manières d’aimer Dieu ou de faire son salut.Les préceptes de l’Evangile leur suffisaient ; ils les ont suivis sans les discuter.Iis ont pratiqué les oeuvres jugées par leur clergé ou par eux-mêmes méritoires sans s’inquiéter du reste.Parfois le vieil homme n’était pas mort tout à fait, il ressuscitait ; sous le nouveau catholique réapparaissait l’ancien protestant.En 1721, Jean Durant était aumônier du fort Frontenac.11 était récollet, mais il était aussi de famille huguenote, il se fait espion des Anglais; finalement il déserte pour Albany.Sans doute y est-il redevenu protestant/* Les Huguenots s'étaient formé une conception sérieuse de la vie.Ils avaient du courage et l’amour du travail.Aujourd’hui encore, ils forcent l’admiration par l'intime fusion qu’ils ont su réaliser des qualités militaires et des vertus laborieuses.Nietzsche les a loués d’avoir donné au monde l’exemple très rare et que jamais jusque-là on n’avait vu au même degré de deux types d’honunes, généralement opposés l’un à l'autre; le soldat et l’ouvrier.Les “nouveaux catholiques" n'étaient plus protestants, mais ils l'avaient été.Suivre un catéchisme plutôt qu’un autre modifia-t-il le tempérament qu’ils devaient à des habitudes très caractéristiques de penser et d’agir?Les Huguenots avaient une originalité très fortement accusée.A l’égard d’une espèce de huguenots aurait été explicable une surveillance étroite.Mais on n’eut jamais à s'en plaindre.Nous voulons parler des religionnaires qui, expulsés de France, avaient cherché un refuge et trouvé une patrie dans une des deux Angleterres, la vieille ou la Nouvelle.™ Par ce détour, quelques-uns vinrent finalement échouer au Canada, à Montréal, d’ordinaire.La généalogie des Hertel comporte un Zacharie-François Hertel de_ La Fré-nière, lieutenant réformé, mort eu 1752 (Tanguay, Of.cil., t.I.p.305 P.-G.Roy, La famille Godefroy de Tonnancour, Lévis, 1904, p.21 ).Le plus illustre des Liénard de Beaujeu, l’homme de la Monongahéla, était prénommé Daniel-Hyacinthe-Marie.__ .F.H Severance, An old frontier of France.The Xiagara region.New-York, 1917, 2 vol., t.I, p.216-217.Les Français, après la révocation de l’Edit de Nantes, avaient forme des colonies importantes en Nouvelle-Angleterre.D'après un mémoire anonyme adressé à Frontenac en 1692, à Boston, les protestants réfugiés de France formaient une “religion” séparée, ils paraissent avoir eu un temple à eux._ A Manhatte, ils constituaient également une petite église (B.R.H.1932, p.558, 560).Un historien de la Nouvelle-Angleterre “estime à 150 le nombre des familles huguenottes qui s’établirent dans le Massachusetts.dans les années' qui suivirent immédiatement la Révocation.” (Gilbert Chinard, Of.cil., p.83).En 1686, on savait à Plaisance que plusieurs des forbans qui écumaient les côtes de Terre-Neuve étaient “des Huguenots sortis de France et réfugiés à la 30 Kn 1699.François Frété s’établit à Montréal avec sa femme et ses enfants.h" 1 les protestants qui se convertirent, des protestants poitevins, de La Mothe Sainte- Héraye.Leur filiation y est suivie depuis F>33.Plusieurs Frété (ou Fretté), marchands ou bourgeois de La .lothe.se virent, en 1700, à cause et comme rançon de leur honorabilité, imposer des armoiries.81 Les Poupart, les Poitiers si connus sous le nom de Pommeroy, ont hésité entre Nouvelle-France et Nouvelle-Angleterre avant de pré-ferer la première à la seconde.82 Frété.Poitiers.Poupart, n’ont pas été les seuls Français que la Nouvelle-Angleterre ait rendus au Canada.83 p’Xs)1686 *- h hausse \TNouvel ",issionnaire ™ Canada, définissait ainsi les for- \ IVN aU,11 se-a,t e?agéré de soutenir, avec M.Wrong, que sous louis p.6L '^MonZtréal“?18,te * ^ R°y’ Arm°rial d" Canada *«*«*• série, 81 Beauchet-Filleau, Op.cil t III p 599 SJ.Sur les Poupart, v.Ibidem, t.VI p 434.4^5 ie «ôftK 1698 «' » A?IgjW».,I1IM «.y reçut le tap-d avait passé plusieurs années (BiW Nat u-à^fr' OT 3 v'““vellc-Angleterre où mots des registres paroissial de Montréal) ’ 1>art,e’ P’ 18(M81- boy (ivril^é^i'nlann'nîLMh'p^ir ^ fl™an.d ™ 17°*.venait d’Am-(Manhatte) en 1683 ( Ibidem ‘t I ,! 339 493)U‘ avalt ete baI,tlsée à La Menade Klaise amenée par lui ( TanguayV'iV^p fu)**’ S3ns cb)ute une An- aussfde^’ÆJSSt^^^^r"^'^^^1’ E"e "rivait Nat., loc.cil., p.375)."K'elerrc- clle Ua" hlIe
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