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Titre :
Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /
Éditeur :
  • Lévis :Pierre-Georges Roy,1895-1968
Contenu spécifique :
octobre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
quatre fois par année
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Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /, 1940-10, Collections de BAnQ.

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LE BULLETIN DES RECHERCHES HISTORIQUES VOL.XLVI LÉVIS, OCTOBRE 1940 No 10 NOTE SUR L’ÉGLISE DU BAS-CANADA DE 1831 A 1833 l'Erection civile des paroisses Dans l’histoire de la liberté de l’Eglise au Bas-Canada, l’année 1831 est une date importante.Depuis plus de cent ans il n'y avait eu aucune érection de paroisses pour fins civiles (1), et la chose n’allait pas sans inconvénients.Aussi, dans un message aux deux chambres, en 1827, Dal-housie recommandait ce sujet à l’attention des législateurs.On vota donc un « bill à l’effet de déterminer, d’établir et de confirmer d’une manière légale et régulière les subdivisions des paroisses dans diverses parties de cette province (2) ».Aux termes de ce projet, il était loisible au gouverneur de nommer trois commissaires « qui devront faire enquête et déterminer de la manière ci-après mentionnée et décrite, les limites et frontières des paroisses ou subdivisions paroissiales qui y ont été érigées ou établies par les autorités ecclésiastiques seules et qui peuvent avoir été ainsi désignées d’une manière irrégulière depuis l’arrêt de Sa Majesté très chrétienne en date du 3e jour de mars 1722 ».Ainsi, on ne mettait pas en doute l’existence des paroisses érigées jusqu’ici par la seule autorité ecclésiastique ; on la reconnaissait plutôt et on voulait lui donner le complément de perfection dont elle avait besoin dans le domaine civil.Aux yeux du Procureur-général, Stuart, le bill ne méritait pas la sanction royale.En l’approuvant, pensait-il, Sa Majesté renoncerait à une des prérogatives de la Couronne ; (1) Deux exceptions sont pourtant connues : Stc-Claire, érigée canoniquement le 14 avril 1824 et civilement par Lettres Patentes, le 13 août 1824 ; Stc-Catherine, érigée canoniquement le 20 octobre 1824 et civilement par Lettres Patentes, le 7 décembre 1824.Cf.Paonublo, Etudes.sur la libertlreligieuse, p.192, note.(2) Texte français du bill dans Documents Constitutionnels, 1819-1828, pp.342-344.Lb Bui.letin des Rbchbrchbs Historiques, Vol.XLVI, No 10, octobre 1940. — 290 — car, à elle et à elle seule appartient le droit d’ériger des paroisses tant pour fins civiles que pour fins religieuses (1).On tint compte de ses observations et le 24 octobre 1828 le Ministre des Colonies écrivait à Kempt que le bill était révoqué (2).Le sujet était d une telle importance qu’à la session suivante, avant meme de savoir que le projet avait été rejeté à Londres, la Chambre l’adopta de nouveau.C’est Kempt qui le transmettait cette fois au Ministre et en recommandait fortement la sanction (3).Le 4 juillet, il prenait la liberté de signaler à Murray que dans le désaveu de Londres, il y avait un vice de forme (4).Ces erreurs n ont aucune conséquence, répondit le Ministre (5).r En 1830, dans des circonstances qui ne nous sont pas connues, le Ministre change d’avis : le projet de loi relatif aux paroisses, écrit-il à Aylmer, comporte des difficultés soulève des objections du point de vue légal ; on aurait dû procéder autrement, confier ce problème à une commission Que faire alors ?Et c’est un bel exemple de la politique anglaise, politique souple et qui s’adapte aux circonstances du moment : il ne semble pas y avoir d’autre parti à prendre que d adopter le bill (6).r Mais il y a mieux encore.Puisque le projet est si populaire au Canada, puisque le Ministre ne peut moralement pas en retarder la sanction, pourquoi ne pas faire le geste avec une bonne grâce, capable de faire oublier les refus antérieurs > Pourquoi ne pas se donner des airs de générosité ?Écoutons Goderich : « Je suis bien aise qu'il se présente une occasion de faire éclater le désir du Gouvernement de Sa Majesté de coopérer avec la Législature locale au redressement de tout grief de cette nature .Je regrette sincèrement que le bill adopte pour 1 etablissement légal des paroisses, dans le mois de mars 1829, son venu à tomber par le délai qui est survenu dans Ja transmission de sa confirmation officielle par le Roi en son conseil ; plusieurs mois se sont écoulés après son arrivée en ce royaume avant que cette formalité eût pu être Da 1 hou s ic" au Nlirus t r^ de s^.nl "°tC'- LtS obscrvatlons 4e Stuart furent transmises par chambres le 27 mai 1827 Vf R C° mcIÏJc tcmP^ ^uc ^ kill et les délibérations des deux « Kw "»¦K0 81 PP'A"h' Ù"-' (5) Rapp.sur les Arch.Pub., 1930, 173.(6) Rapp.sur les Arch.Pub., 193o| 189.Lb Bullbtin DBS Recherches H.stor.qubs, Vol.XLVI, No 10, octobre 1940. — 291 observée, et la maladie prolongée de Sa feue Majesté en a encore retardé davantage la prise en considération par le Roi en son Conseil.« Si la Législature était d’avis qu’il manque des dispositions additionnelles pour permettre aux autorités locales de régler immédiatement leurs propres affaires dans les comtés, les cités ou les paroisses, Votre Seigneurie voudra bien ne pas oublier qu’elle a le pouvoir d’approuver au nom de Sa Majesté, toute loi sage qui pourrait lui être présentée à cet effet (1).» La partie était gagnée et, le 3 mai 1832, Aylmer annonçait à Mgr Panet que le bill des paroisses avait enfin reçu la sanction royale (2).Sur l’importance de ce bill, Mgr Panet ne se méprit pas un instant.Le 13 mars 1827, il félicite Dalhousie de l'avoir introduit et il lui demande d’insister pour obtenir de Londres la sanction du projet (3).Le 21 avril et le 30 juillet, il demande à son agent de Londres, Mgr Poynter, de soutenir le bill au Ministère des Colonies (4).Même recommandation au successeur de Poynter, Mgr Bramston, le 31 mars 1828 (5).Si le projet n’est pas absolument parfait, il n’en marque pas moins un progrès et à Mgr Lartigue qui désirait une reconnaissance encore p^us explicite des droits de l’évêque il répond que « ce serait vouloir de notre côté plus qu’il n’a été exécuté en ce pays du temps des Français (6) ».En 1831, il presse nombre de ses curés de demander l'érection canonique de leurs paroisses.Par là, ils obtiendront l’érection civile avant longtemps et c’est un avantage qui n’est pas à dédaigner (7).Tant d’efforts n'étaient pas inutiles puisque ce projet de loi avait pour effet une plus grande liberté de l'Église au Canada.Pagnuelo l’a déjà remarqué : « Le fait seul de demander aux chambres une loi sur cette matière était un aveu, de la part du gouvernement, qu’il abandonnait ses prétentions passées au droit d’ériger des paroisses catholiques.C’était encore une prérogative de la Couronne, découlant de sa Souveraineté spirituelle, qui disparaissait.Remarquons (1) A Aylmer, 7 juillet 1831.Rapp.sur les Arch.Pub., 1931, 240.(2) Rapp.de l'Arch.de la Prov.de Québec, 1935-1936, 243.(3) Rapp.de l'Arch.de la Prov.de Québec, 1933-1934, 340.(4) Ibid., 344-345, 353.(5) Ibid., 385.(6) Rapp.de l'Arch.de la Prov.de Québec, 1933-1934, 420.(7) Rapp.de l'Arch.de la Prov.de Québec, 1935-1936, 11 juillet, à MM.Decoignc et Raimbault, p.184 ; à M.Painchaud, 13 octobre, p.202.Le Bulletin des Recherches Historiques, Vol.XLVI, No 10, octobre 1940. - 292 — que la législature ne s’arroge pas, ne donne pas au gouvernement le droit d’ériger des paroisses.Elle reconnaît l’acte de 1 Evêque comme suprême et inattaquable ; mais on s’en-querra seulement des limites assignées par lui, et le gouverneur confirmera 1 'érection ou la division des paroisses pour les effets civils.Si les commissaires peuvent suggérer d’autres limites le gouverneur ne peut adopter cette suggestion, mais il doit confirmer la paroisse avec les bornes que l’Évêque lui a données ou s’abstenir d’agir.« La suprématie de 1 autorité ecclésiastique était donc sauvegardée.L’État pouvait refuser de reconnaître cette paroisse, pour les effets civils, mais il ne pouvait pas ériger seul une paroisse catholique, ni même toucher à celle érigée par l’Evêque (1).» & Léon Pouliot, S.J.A LA RECHERCHE D’UNE POSITION SOCIALE En parlant récemment de l’argentier Pierre Huguet-Latour nous avons mentionné son collaborateur et successeur, terre « junior ».Il est aussi un autre fils qu’on ne saurait oublier a cause de ses avatars pendant qu’il cherchait une position sociale.Ce fils prénommé Louis, était né le 26 mai 1773.Après de bonnes études au collège de Montréal (ancien château de audreuil, place Jacques-Cartier), en compagnie de Tean-Jacques Lartigue et de Thomas Barron dont il fut constamment 1 emule (2), il alla faire sa philosophie à Québec.int ensuite le moment où fl lui fallut songer à son orientation professionnelle.Ses parents avaient espéré probablement, qu’il entrerait dans le sacerdoce, mais il hésitait.Tout de même, il écrit a son pere et lui demande de lui accorder un « titre clérical » suivant la coutume du temps.Cette lettre d’un jeune homme, a un tournant diff icultueux de la vie, nous a été conservée et comme on y trouve, exprimé ingénument, un état d amè que certains ont connu, pourquoi ne pas la publier ?(0 Études historiques et légales sur la liberté religieuse en Canada.18-181 Paenuelo remarque egalement, p.182.que l'article VII de la loi, dont le but était de sauvegardes P (f)7SV m’ rprp°n2n2e8"m!lt% qUC '* ValCUr d'U"e SimP‘C f0rmUlC- J.B Bulletin des Recherches Historiques, Vol.XLV1, No 10, octobre 1940. 293 — Québec, 3 décembre 1796 Mon cher papa, J'ai été longtems, il est vrai, sans vous écrire, mais ce qui m’en a empêché, c’est que j ai été traversé de mille inquiétudes et de mille embarras toujours par rapport à ma vocation qui me presse et m’occupe aujourd’hui plus que jamais.Oh si vous saviez et connaissiez les chagrins et les afflictions d’esprit que j’ai éprouvées depuis un mois et combien il est difficile de se décider dans un choix aussi délicat que celui de l’état ecclésiastique, vous avoueriez avec moi que deux ans ne sont pas trop pour y penser sérieusement ; j’y ai pensé, il est vrai, mais tantôt je me décide pour et tantôt contre, enfin après tant de vicissitudes, je veux me décider soit pour l’un ou pour l’autre et c’est ce que je vous ferai savoir dans huit ou dix jours après que j’aurai fait la retraite annuelle que j’ai commencée avec mes condisciples, car c’est là que j’espère connaître les vues de Dieu sur moi ; je vous prie en attendant de vouloir bien m’envoyer une copie de mon titre, afin que si je me décide à cette fois-ci pour l’état ecclésiastique, je ne sois pas remis à une autre fois par défaut de titre clérical, mais peut-être me direz-vous, à quoi me servira le titre si je ne me fais pas faire sous diacre, je vous avoue bien qu’il me servirait à rien, mais ne me refusez pas encore cette faveur.Je finis en vous souhaitant une parfaite santé, aussi bien qu'à maman et toute la famille.Votre fils, Louis Huguet.Le père Huguet fit préparer le susdit titre par lequel il accordait à son fils sa vie durant une pension de 150 livres, mais comme l’hésitation était fort apparente, il recommanda au notaire de joindre la lettre ci-dessus à l’acte établissant la pension, peut-être pour ne pas être accusé d'avoir été la cause de ses atermoiements (1).Puisqu’il est question de titre clérical, appelé parfois, titre-sacerdotal, et que plusieurs actes sont ainsi intitules dans les archives notariales (2), des chercheurs ont voulu savoir fl) Greffe J.B.Dcsève, 8 décembre 1796.(2) Voir les greffes des notaires Foucher, Dcsève, Delisle, Papineau, etc.Le dernier acte que nous avons noté date de 1848.• Le Buu.btin des Recherches Historiques, Vol.XJLV1, No 10, octobre 1940. — 294 — à quand remonte ce genre de pension viagère et quel en était le but.Ce qui éveillait la curiosité, c’est qu’on relève ces actes, à Montréal, plutôt sous le régime anglais, alors qu’on ne sait trop quelle sera 1 attitude des nouveaux dirigeants envers le clergé catholique romain.Afin de fournir une réponse formelle, nous référons à l’un des meilleurs recueils de jurisprudence d’autrefois.* Titre clérical ou sacerdotal.— C’est le fonds qui doit être assuré pour la subsistance d'un ecclésiastique avant qu’il soit promu aux ordres sacres.Anciennement on n’ordonnoit aucun clerc sans lui donner un titre, c’est-à-dire, sans l’attacher au service de quelque église, dont il recevoit de quoi subsister honnêtement.Mais la dévotion et la nécessité contraipt de faire plus de prêtres qu’il n’y avoit de bénéfices .il a fallu y apporter un remède, qui est de faire un titre .au défaut du bénéfice, en assurant un revenu temporel pour la subsistance de l'ecclésiastique, et c’est ce qu on appelle Titre clérical.Les conciles de Nicée, de Calcédoine, de Latran, de Trente et plusieurs autres en ont fait un reglement précis .la quotité du titre clérical a varié selon les tems & les lieux.L’Ordonnance d’Orléans n’exigeoit que cinquante livres de rente ; mais les dépenses ayant augmente, il a fallu augmenter à proportion le titre clérical.{ aus et ^ans Plusieurs autres diocèses, il doit présentement être au moins de cent cinquante livres de revenu (1).La constitution de ce titre ne peut être altérée par une convention secrete.On ordonne pourtant, sous le titre de reliùon, les religieux des monastères fondés et les religieux mendians sous le titre de pauvreté.Quelquefois aussi les Évêques ordonnent, sous ce même titre, des clercs séculiers mais il faut, en ce cas qu ils leur confèrent au plus tôt un bénéfice suffisant pour leur subsistance » (2) L etudiant Huguet-Latour n’ayant pu se décider à «prendre la soutane », à la fin de l’année scolaire (juillet 797;, il choisit une autre voie.Se croyant destiné au barreau i devint clerc du jeune avocat Joseph Bédard.Mais bientôt il est desabuse, 1 avocasserie ne le satisfait pas, il passe au S^,décJai;c «négociant» lorsqu'il épouse, le 5 juillet 1802, Claire Trudeau, fille mineure d’un savonnier marquant.0) Il en fut de même à Montréal Le Bulle-hn DBS Rbcherchbs Historiques, Vol.XLVI, No 10, octobre 1940. — 295 A Ja cérémonie sont présents : son père, ses deux frères, Pierre et Théodore, le notaire Thomas Barron, l’avocat Joseph Bédard, Ignace Dorval et Joseph Amable Berthelot.Tout en commerçant, l’instable Louis Huguet songe à une nouvelle profession, et le 31 juillet 1804, il pénètre dans le notariat.Cette fois, ce fut définitif, il rédigea des actes pendant trente-et-un ans.Au mois de novembre 1835, il tombe malade et cesse de pratiquer.11 était sous les soins du docteur Daniel Arnoldi quand il mourut le 22 mars 1837(1).Si maintenant l’on veut savoir quels étaient les apprêts d’une sépulture il y a un siècle, l’écrit suivant renseignera.C’est une sorte de procès verbal dressé et signé par deux proches parents du défunt.On note tout ce que l’on met dans le cercueil, sur et à côté du cadavre pour le préserver de tout maléfice et pour assurer son identification.Nous en devons le texte au R.P.Paul Desjardins, S> J., archiviste du collège Sainte-Marie.De cet écrit nous ne détacherons que l’essentiel.« Louis Huguet-Latour, notaire, meurt mercredi le 22 mars 1837 à 3 h.55 minutes de l’après-midi .Inhumé le 27 mars .dans le cimetière de la paroisse (2) dans la portion de terrain achetée par son père pour la famille et située .presque vis-à-vis de la chapelle dudit cimetière.Outre la ÿhiole qui renferme ce papier, un morceau de plomb applati et brute dans lequel les initiales L.H.L.sont grossièrement découpées à jour, est attaché à son poignet gauche avec du fil de laiton jaune .Il lui est mis aussi sur la poitrine, un crucifix de plomb et une médaille miraculeuse de cuivre.Ces deux objets lui sont attachés au cou avec du fil de laiton jauhe ».On avait en plus ajouté ce détail : « Sa canne est placée dans le cercueil au côté gauche », mais cette phrase a été raturée.Réflexion faite, on avait enlevé au notaire trépassé sa canne fidèle.Celui qui avait pris place au champ du repos laissa un fils, l’archéologue Huguet-Latour qui, lui aussi, eut quelque peine à atteindre la position sociale en laquelle il s’illustra (3).E.-Z.Massicotte.(1) D'origine allemande, il épousa Elisabeth Franchcrc et logea angle des rues S.-Jacques Bc Place d'Armcs.Attaché au service des prisons, les patriotes de 1837-38 l’ont bien connu.(2) De nos jours, ce cimetière est le square Dominion.(3) Voir B.R.H.1940, p.30.Le Bulletin des Rechbrchbs Historiques, Vol.XLVI, No 10, octobre 1940. — 296 — UN MAGASIN GÉNÉRAL EN 1793 L'expression est peut-être impropre mais nous l'employons pour être compris car elle est encore en usage dans presque toutes nos paroisses.Un magasin général c'est un magasin où on a un assortiment de tous les objets nécessaires à un ménage, à partir du chapeau de paille à aller jusqu’aux broquettes, en passant par tout ce qui intéresse la nourriture et le vêtement.un Voulez-vous avoir une idée de ce que contenait magasin général en 1793 ?Le 10 novembre 1793, un grand incendie dévastait le Sault-au-Matelot, à la basse ville de Québec.Le magasin general de M.Sauvageau fut au nombre des établissements partiellement détruits.Comme c'était l'habitude alors le magasin de M.Sauvageau fut pillé avant d'être attaqué par les flammes.Le 19 décembre 1793, M.Sauvageau publiait dans la Galette de Québec la liste des effets qu'on lui avait vo es.Cette liste donne une idée de l’assortiment d’un magasin general a cette époque.Voyons : fîonets drapées doubles, 1 piece de drap de traite, 96 livres de fil a saumon, 16 pieces de Bord de soie, 10 douz de Boutons de metal blanc pour habit, 72 douz.de boutons ditto pour veste, 39 douz.de Bat-feux, 2 couvertes de 3 points, 72 chapeaux de diverses qualités, 33 chemises garnies a homme, 60 paires de cizeaux, 8 douz.de couteaux à manche argente, 3 douz.2 ditto manche en cuivre, 3 douz ditto boucheron a manche en corne, 12 cornes à poudres finies, 40 douz.de calumets 50 livres cordage blanc, 1 fusil neuf, 6 livres fil d Hollande, 69 fourchettes d'acier, 7 livres de Grena, 12 grattes a castor, 1 cruche d'Huile d'Olive de 3 Gallons 5 lignes de banc, 4 douz.de Mouchoirs de soie des Indes, 27 mouchoirs de Baptiste avec une bordure rouge ou leue, 63 mouchoirs de cotton ou romal, 6y2 douz.peignes 3 ni0,-™'; d°UZ- dnt0 de Buis’13 Pieces de rukans assortis 3 pieces petite tavelle étroite, 2 pieces de morlaix, 5 pains 150SàC200bfnC 10 k 11 ,h";-.chaqUe’ 12 douz’ de Aboute, 5 a 200 livres tabac de Virginie en feuilles, 900 livres ou environ tabac de Virginie filé, 150 livres tabac Canadien, romage de chemre de 29 livres, 1 ditto Glocester 12 li ’ IV.Lb Bulletin des Recherches H.storiques, Vol.XLVI, No 10, octobre 1940 — 297 15 coeffe de femme garnies en dentelles, 4 fourchettes et 1 cullere d’argent, 1 tabatière d’argent en coquille, 1 paire de boucles d’argent à noeud d’amour, des napes ouvrées, des chemises d’hommes et de femmes, &c., &c., Souliers de caribous tannés en jeaune et quelque paires de blancs, un baril de Rum des Iles de dix Gallons.Quiconque est en possession de quelques uns des effets ci-dessus est prié de les remettre à Mr.Peter Stuart à la Basse-Ville ou à Mr.Michel Sauvageau, à la Haute-Ville, qui récompenseront honnêtement.PIERRE DE LARUE, ABBÉ DE L'ILE-DIEU Pierre de Larue, abbé de l'Ile-Dieu (1), demeurait à Paris, et y exerça durant près d’un demi siècle les fonctions de vicaire général des évêques de Québec.Il était leur agent auprès du saint-siège et de la cour de France.C’est lui qui recevait ordinairement leur correspondance, écrivait en leur nom à la propagande ou aù ministère de la Marine, pressait le règlement de leurs affaires, et leur transmettait les réponses à leurs demandes.On s’adressait à lui « des différentes colonies du diocèse de Québec », comme on disait alors : de l’Acadie, de la Louisiane, des Tamerois, du Détroit, de Montréal, de Québec ; il faisait des extraits des lettres qui lui étaient adressées, notait avec ordre les demandes et les raisons qui les appuyaient, puis soumettait le tout au Ministre.Celui-ci mettait ordinairement en apostille sa réponse ou sa décision, que l'abbé de l’Isle-Dieu se hâtait de faire connaître à ses correspondants.Ses fonctions de vicaire général de Québec datent de 1730, sous M*r Dosquet, qui n’étai't encore que coadjuteur de M'îr de Mornay ; et il les exerça sans interruption jusqu'en 1777.Il fut alors remplacé par M.de Villars, qui reçut de (1) Abbaye de l’Isle-Dieu, Insula Dci.Abbaye de l'ordre des Prémontrés, diocèse de Rouen, à 4 lieues de la ville, dans une lie de la rivière d'Andclc.Elle était fille de l'abbavc de Silly et fut fondée par Réginald, seigneur de Pouilly, et Gilbert de Vacueil, châtelain de Beauvais.La fondation remonte à 1187.Pierre de Larue, abbé commendatairc de l'Isle-Dieu fut nommé en 1722 : il était le trente-sixième abbé.Les revenus de l'abbaye, au XVIIe siècle, se mentaient à 3.5CO francs.L'abbaye était sous le patronage de la sainte Vierge.Nous st n mes ebligé à M.l'abbé Vcrreau peur ces renseignements.Lu Eulletin des Recherches Historiques, Vol.XLVI, No 10, octobre 1940 — 298 — MKr Briand des lettres de vicaire général et s’occupa à son tour de la correspondance de Québec.M.de Villars écrivait au cardinal Castelli, prefet de la propagande, le 9 novembre 1778: « M.l’abbé de l’Isle-Dieu n’est plus en état de pouvoir suivre cette correspondance à cause de ses infirmités et de son grand âge, qui est de près de 91 ans.» Parlant ensuite de lui-même : « J’ai passé, disait-il, douze années révolues dans le séminaire des Missions étrangères de Québec (1), et depuis plus de vingt ans je suis chargé du soin de ses affaires en France.I] y a un an que MKr de Québec m’a confié les siennes (2).» On aura une idee du desintéressement de ces hommes apostoliques et de la reconnaissance que leur doit l’Église du Canada, lorsqu on saura qu’ils exerçaient gratuitement toutes ces fonctions, et qu ils prenaient même la plupart du temps à leur charge les trais de port de la correspondance, qui étaient pourtant considerables.Ml.de Villars écrivait un jour au cardinal préfet de la propagande : «Je supplie Votre Eminence, dit-il, de me faire passer ses réponses sous I enveloppe de le Nonce ; je tais la guerre à mes dépens depuis six ans que je suis chargé des affaires de M*r de Québec, et les seuls ports de lettres sont un objet (3).» L abbé de 1 Isle-Dieu ne vint jamais au Canada.Nous voyons, cependant, par sa correspondance, spécialement par ses lettres à M.Rouillé et au duc de Choiseul (4), qu’il connaissait parfaitement et dans toutes ses parties l’immense diocèse de Québec, ses communautés, ses principales missions.II s intéressait vivement a tout ce qui pouvait procurer le bien de 1 église du Canada.Voyons, par exemple, comme il souhaite, avec MKr de Pontbriand, que l’Hôpital général de Montréal passe définitivement à Mmc d’Youville, et 1 intérêt qu il porte à la communauté naissante des soeurs grises : «Je rendrai compte ci-après, écrit-il à M.Rouillé, des propositions que fait la dame Veuve Youville, qui est actuellement à la tête du gouvernement de l'Hôpital-Général (1) M.de Villars fut supérieur du séminaire de Québec, de 1750 à 1756.(2) Archives de la propagande.(3) Archives de la propagande, Lettre de M.de Villars au card.Castelli, 12 août 1783.nue Din,rCav|.VrCMdCRNI M-abbf VICrr?U' M v'g".Correspondance inédite de l'abbé de I.lc Dieu avec M Rouille et le duc de Choiseul sur les affaires du diocèse de Québec.M.*£'*“M'H”'"" »¦ ™ ‘°* ‘°™- Le Bulletin des Recherches Historiques, Vol.XLVI, No 10, octobre 1940. — 299 — de Montréal.Voici les termes dont m'en parle M.l'Évêque de Québec : « C’est, dit ce Prélat, une de ces personnes » d’un rare mérite, et je pense que cet hôpital sera bien entre ses mains.» L’abbé de l’Isle-Dieu ajoute : « La dame d’Youville me fait envisager que si la cour voulait lui accorder des Lettres patentes pour la petite communauté de Filles de Piété qu’elle a formées au service des pauvres et au soulagement des malades, elle est sûre de rassembler 8,000 francs qu’elle m’enverra bientôt pour acquitter les dettes de l’hôpital .Elle ajoutera l’instruction au soulagement des pauvres, le soin des femmes à celui des hommes, par conséquent le soulagement des deux sexes.Cette nouvelle petite communauté se consacrerait non seulement à l’instruction des filles, mais à retirer du libertinage les personnes de mauvaise vie, sans que le temps et les soins qu’elles y donneraient fissent aucun tort au soulagement des pauvres malades .» Ailleurs, il s’occupe des ursulines de la Nouvelle-Orléans : « Elles me demandent, dit-il encore, à M.Rouillé, de leur faire l’emplette de livres pour leurs écoles, comme des alphabets, des psaumes, des livres français pour apprendre à lire à leurs pensionnaires, externes et négresses (1), quelques livres de piété et surtout des heures, dont elles prétendent qu’aucun marchand ne porte dans la colonie : aussi prétendent-elles qu’il ne s’en trouve plus et que tout le monde en manque.Elles n’y ont pas, non plus, de catéchismes pour l’instruction des enfants : ainsi il est difficile qu’elle soit uniforme.«J’avais eu le dessein de leur en faire ou d’en adopter un tout fait en France, en prenant la précaution de faire imprimer en tête un mandement par forme d’instruction propre à la colonie, et que je n’aurais fait partir qu'après vous l’avoir communiqué pour le faire examiner par qui vous auriez jugé à propos, monsieur ; mais les circonstances de la guerre ont dérangé ce projet, que mes mauvais yeux auraient présentement (1746) peine à exécuter.« A l’égard des livres que demande la supérieure des Ursulines de la Nouvelle-Orléans, je les crois très nécessaires, et je voudrais de tout mon coeur pouvoir en faire un présent à la colonie ; mais l’état actuel de mes affaires ne me le (O L'esclavage était alors généralement admis dans le sud de l'Amérique du Nord : « Les ursulines de la Nouvelle-Orléans ont été obligées d'acheter 24 testes de Nègres pour le prix de 30,000 francs.» (Lettre de l'abbé de l'Islc-Dicu à M.Rouillé, 1746.) Le Bulletin des Recherches Historiques, Vol.XLVI, No 10, octobre 1940. — 300 — permet pas.Je leur en avais fait en 1746 une petite pacotille, qui montait à 150 fr".Le tout a été perdu avec mes lettres.Si j'avais actuellement une vingtaine de pistol.es, dont la cour voulût bien gratifier cette maison, je recommencerais sur nouveaux frais, en y ajoutant ce que je pourrais quêter d ailleurs ; mais les temps et les circonstances m'empêchent de rien demander .» Et puis, après la capitulation de Louisbourg, en 1758, et la cession a 1 Angleterre des possessions françaises dans le golfe Saint-Laurent, quel intérêt ne montre-t-il pas aux pauvres missionnaires qui desservaient cette contrée ! 11 envoie au duc de Choiseul un « Tableau sommaire des missionnaires séculiers qui étaient à l’île Royale et à Louisbourg, sa capitale, à 1 île Saint-Jean et au port Lajoye, son fort, à l’Acadie française et anglaise et à la rivière Saint-Jean », il lui expose « ce qu ils sont devenus », et le supplie de leur faire tenir « ce qui peut leur être actuellement dû des pensions que la cour leur faisait à chacun dans leurs postes ».Il s’intéresse spécialement aux pauvres religieuses de la congrégation de ÏÏSm j “5 Vl Jt* n
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