Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /, 1 mai 1939, mai
LE BULLETIN DES , t J kl VOL.XLV LÉVIS, MAI 1939 No 5 LE PÈRE JOSEPH LECLERC DU TREMBLAY, CAPUCIN, ET LES MISSIONS DE LA NOUVELLE-FRANCE L activité missionnaire du Père Joseph vraiment remarquable, fait époque dans l'apc en France et à l’étranger.ipostolat capucin Cette activité se manifesta de bonne heure ; maître des novices, au sortir de ses études théologiques, le Père Joseph fuiTT^Ï SOn uC C fP°stollqu^ à ses jeunes recrues ; lui-même devint bientôt un ardent prédicateur, et son activité missionnaire s exerça non seulement en faveur des catholiques mais encore des protestants, pour la conversion desquels il dirigea et anima jusqu'à la fin de sa vie un genre u apostolat qu il avait inauguré à la Noël de 1617.Sous l'impulsion de cette activité, les Capucins français se livrèrent de plus en plus au ministère de la parole ils tentèrent même, en 1618, d'y joindre celui de la confession auquel ils ne devaient vaquer, d'après leurs constitution generales, qu exceptionnellement (2) ; ils ne purent y par- p,r aPProPr S emprunte le texte de ces lettres au Père de Rochemonteix, of.et., TésuitèPde n.lnZ '•Te 01 la date dc cctte P,è«.ni «lie de sa remise au Supérieur des Jésuites de Dieppe , mais il cite, a cette occasion, une lettre du Père Ch.Lalcmant du 1er mai 1632 par inadvertance, le Père Candide a pris cette date pour celle de la remise des î , îf nP c",CS ’ Ctu a PiS,pr,'o gard,c au falt 1UC le Supérieur desjésuites dc Dieppe le Pcre Le Jeune, s était embarqué le 18 avril pour Québec PP^ (34) Ces lettres patentes, publiées par le Père Félix Martin dans : K,U,ion abri,', du du u Z\ Z ' 5 ’ r W5’ S°nt SiRnéCS Richdieu' Mattîn «datées — 139 Son désistement, nullement spontané, ne peut pas faire oublier que, le 20 janvier 1632, le Père Joseph avait obtenu pour ses freres en religion un poste missionnaire sur lequel les RecoJlets avaient des droits incontestables, où ils avaient un couvent avec terres défrichées par leurs soins, où ils avaient dépense plus de ouatante mille livres (35), ouvert l'ère de apostolat et rudement travaillé pendant quatorze ans.C est pourquoi, le Père Joseph paraît encourir le jugement prononcé par le Père Candide lui-même quand, au sujet de la mission acadienne, il écrit : « Si les Récollets avaient eu, en Acadie, des couvents, des cultures, de fortes dépenses engagées, une mission régulière en plein exercice, le Père Joseph aurait agi brutalement en les dépossédant au profit d autrui.» (36) Lorsque le Père Joseph tourna son activité missionnaire vers la Nouvelle-France, songea-t-il à confier aux Capucins les missions de Québec et de l’Acadie, ou ne pensa-t-il leur donner la seconde qu après avoir vu la première lui échapper ?La dernière hypothèse paraît être la plus probable et la plus vraisemblable.Nous verrons le Père Joseph se faire attribuer, toujours par ICcheheu, la mission acadienne le 27 mars 1632, avant veille du jour où l'acte garantissant la restitution de la Nouvelle-France allait être signé.(37) A cette date du 27 mars, le projet du Père Joseph sur la mission de Québec était, pour le moins, très compromis.En mars, Jésuites et Récollets, connaissant l'heureuse issue et la fin toute prochaine des pourparlers entre Paris et Londres, durent manifester, à qui, sinon à Richelieu, leur intention de retourner au Canada.Cette démarche les mit, à leur insu, très vraisemblablement, en conflit avec le Père Joseph , mais leurs droits ne tardèrent pas à s'imposer, puisque les Jésuites, destines a Quebec, furent désignés au cours de mars et prévenus vers la fin de ce mois de se préparer au départ.(38) Voyant le poste de Québec lui échapper, le Pere Joseph se tourna vers l'Acadie, car il désirait ardemment confier aux Capucins une mission en Nouvelle-France.(35) Mémoire Je 1637, déjà cité (36) Op.cit., p.111.(37) 29 mars 1632.(38) Cf.P.DE RlXHBMONTBIX, Op cit., I, p 186. 140 — Ce désir, en soi très louable et parfaitement légitime, ne saurait être dit simplement « vraisemblable », les faits le proclament évident ; il ne prit pas corps « surtout depuis que Razilly eut reçu sa commission » (39)- Cette commission ne peut être que celle du 27 mars 1632 le chargeant d’aller reprendre possession de Port-Royal en Acadie.(40) Or, dès le 20 janvier précédent, le Père Joseph avait déjà non seulement désiré mais encore obtenu de Richelieu pour les Capucins la mission de Québec.Richelieu chargea Isaac de Razilly, son cousin (41), commandeur, depuis quelques mois, de l’Ordre de Malte, d'aller reprendre possession de Port-Royal ; ce choix dût être inspiré par le Père Joseph dont Razilly était le protégé depuis qu il avait obtenu, en 1623, par son intervention, la « commission (d'ambassadeur) qu’il sollicitait pour se rendre avec ses trois vaisseaux sur les côtes marocaines.Le Père Joseph intervint (alors) d’autant plus volontiers que rien ne pouvait mieux favoriser ses intentions apostoliques sur le Maroc.» (42) Remplaçons Maroc par Acadie et nous saurons assez bien pourquoi de Razilly fut fait chef de l’expédition devant réoccuper Port-Royal au nom de la France.Le 27 mars 1632, des convention, réglant certains détails de cette expédition, furent arrêtées, par acte notarié, à Saint Germain-en-Laye, entre Richelieu, au nom de la Compagnie de la Nouvelle-France, et Razilly ; on y lit : « Mon dit Seigneur Cardinal fera délivrer au dit Sieur de Razilly, dans le vingtième du mois d'avril prochain, au port de Morbihan, le vaisseau Espérance en Dieu, prêt à recevoir sa charge., et la somme de dix mille livres comptant, au moyen de quoi., le dit Sieur de Razilly mettra en possession du dit Port-Royal la Compagnie de la Nouvelle-France, équipera avec le dit vaisseau une patache il (39) P.Candide.Op.cil., p.112 40) Nous en reparlerons bientôt 41) P.Candide, op.cil., p.90.^42 - Chanoine Louis Dedouvrks.Le Pin Joseph Je P,iris, capucin.Paris-Angers, 1932, p.73 Ce biographe dit encore : « De Razilly connaissait les Capucins de longue date pour les avoir vu a l (nivredans l'expédition de Maragnon, où en 1612 et 1613, ils avaient rendu des sernees signales De Razilly professait, de plus, paraît-il, une dévotion particulière au Calvaire, dont le Pere Joseph était le fondateur.En de pareilles conditions, les Capucins avaient leur place toute préparée dans 1 expédition de Maroc.» Ibid., p.73-74.On peut en dire autant de 1 expedition acadienne ; c'est ce qu'a fait Célestin Moreau : « Le Père Joseph, d.t-.l, crut que I expedition de Razilly était une excellente occasion d'v introduire (en Acadie) les Capucins.» Hntotre de l Acadie Françoise.Paris, 1873, p.114. 141 — du port au moins de cent tonneaux, armée à ses frais, et fera aussi à ses frais toute la dépense tant de la solde que victuailles des hommes de 1 équipage des dits vaisseaux sur lesquels il passera trois Capucins.» (43) L envoi de ces religieux en Acadie fut agréé par Louis XIII, ainsi qu'en témoigne la lettre du nonce en date du 16 avril 1632 : « Parce qu il veut la propagation de la religion, le roi fait passer (en Nouvelle-France) quelques Capucins, Jésuites et Récollcts, destinant les premiers à la région dite Acadie et les autres à Québec.» (44) Avant d’enregistrer la réponse de la Propagande, demandons-nous si la mission acadienne, en 1632, était à prendre ou déjà prise.Alors que, depuis 1629, celle de Québec, toujours occupée en droit par les Récollets de la Province de Saint-Denys et par les Jésuites, était privée de la présence de ces missionnaires, la mission acadienne restaurée en 1619 (45) par les Récollcts d Aquitaine, interrompue de nouveau en 1628 par les Anglais, avait été réoccupée en 1630 par les mêmes Récollets.En 1628, les établissements français de l'Acadie et de la grande baie ou golfe Saint-Laurent eurent grandement à souffrir des Anglais.Ceux-ci s’emparèrent notamment de Port-Royal et de Miscou (46), deux postes missionnaires des Récollets Aquitains, dont l’apostolat fut interrompu soit par la déportation, soit par la privation des moyens de subsister.Les Anglais n avaient pas cependant expulsé de l’Acadie tous les Français ; quelques-uns de ces derniers, sous la conduite de Charles de la Tour, faisaient encore flotter le drapeau de la France sur un point de la terre acadienne, non loin de Cap-Sable.Ils furent ravitaillés en 1630 par la Compagnie de la Nouvelle-France, et les Récollets d'Aquitaine profitèrent de cette occasion pour retourner en Acadie.Grande fut leur joie « de se voir, raconte Champlain, au lieu qu’ils avaient (43) Collect ton de documents relatifs à la Nouvelle-France.Québec, 1883, I, p.86.(44) # Per che vi si propagni la religionc, fa (il Re) conduire alcum Capuccini, Gcsuitt c Osservanti, assignando a primi la parte chiamata Cadea et a gli altri Quebec.» Cité par le Pcrc Candidb, op.cil., p.107.(45) Auparavant des essais d'apostolat avaient été tentés par des prêtres séculiers, puis par des Jésuites.(46) Mémoires dit Commissaires du Rot et de ceux de Sa Majesté Britannique.Paris, 1755, I, p.42. 142 souhaité, tant pour remettre les Français au droit chemin de la crainte de Dieu.que pour l’espérance qu’ils se promettaient de faire quelque progrès envers la conversion des pauvres sauvages infidèles qui sont errants le long des côtes.» (47) En 1631, d’autres Récollcts passèrent encore en Acadie sur un navire chargé de munitions que la Compagnie de la Nouvelle-France envoyait à Charles de la Tour avec des lettres de Richelieu et de Louis XIII le nommant « lieutenant général de Sa Majesté au dit pays de l’Acadie ».(48) En 1632, alors que le Père Joseph songeait à créer une mission capucine en Acadie, les Récollets y continuaient leur apostolat et n’attendaient, sans aucun doute, que l’éloignement des Anglais, pour réoccuper tous leurs anciens postes, notamment Port-Royal.Leur présence en Acadie préoccupa-t-elle l'Éminence grise ?En tout cas, l'historien doit en tenir compte pour apprécier le projet acadien du Père Joseph.C’est ce que nous allons faire avec le Père Candide, d’après lequel la mission des Récollets fut de peu d’importance à raison de son but, de son manque de continuité et de sa douteuse légitimité.Son but tout d abord : « En 1619, dit cet historien, les Récollets d’Aquitaine furent demandés comme aumôniers par des marchands de Bordeaux.» Il ajoute aussitôt en citant Le Clercq : « Il n'y eut rien de considérable.» (49) De ce rôle exclusif d aumôniers, il n’est question nulle part ; et ce n'est pas à la mission des Récollets, mais à des compagnies marchandes, que se rapporte l'emprunt fait à Le Clercq.Écoutons celui-ci : Les Récollcts d Aquitaine désiraient « prendre part aux travaux apostoliques des Récollets de la Province de Paris.Ils en trouvèrent une occasion assez favorable par les associations qui furent faites a Bordeaux en 1619,1 une pour la peche sédentaire, et 1 autre pour le commerce des pelle« Il n est pas de mon sujet d ajouter ici toutes les circonstances de ces deux petites compagnies qui furent formées à (47) 0,uvr„.Édit.Lavcrdicre.Québec, 1870, p.1299 (pagination au bas du texte) U texte de ces lettres a été publié par l’abbé A.Couillaro-Desi.«ks.Chari,, J, damt-t tienne Je la Tour.Archabaska, 1930, p.191-193, (49) Op.cit., p.111. — 143 — Bordeaux, d autant plus qu’il n'y eut rien de considérable.Nos reres d Aquitaine ne négligèrent pas les occasions qui se présentaient : ces messieurs (les marchands) demandaient trois I eres et un Frère, avec promesse de les entretenir autant de temps que durerait leur société.Ils (les Récollets) y allèrent donc (en Acadie) et s'y établirent par manière de mission sédentaire.» (30) Fr.Odoric-M.Jouve, o.f.m.(La fin dans lu prochaine livraison) (50) Of.cil., I, p.240-241.CELUI QUI POUVAIT PAVER LA RUE CRAIG AVEC DES TRENTE SOUS SUR LE CAN (1) On a demandé si le « millionnaire » F.-X.Beaudry ne descendait pas du taillandier Urbain Beaudry dit Lamarche, établi aux Trois-Rivières en 1647.Ces enquêteurs basaient eur hypothèse sur une tradition qui se transmettait dans leurs ramilles depuis deux ou trois générations.La question ne nous prit pas au dépourvu, elle a été posée plusieurs fois et comme nous avions les renseignements necessaires sur 1 ancêtre du prétendu Crésus, il nous fut possible de substituer la vérité à la légende.Il y a cinquante ans et plus tous les Montréalais connaissaient F.-X.Beaudry, le « plus grand propriétaire d'immeubles de la métropole ».Le fait est que dans les almanachs des adresses Lovell, son nom était suivi de cette phrase qui surprenait : BEAUDRY, F.-X.proprietor of 200 houses.(2) Payait-il cette réclame ?Il n'était pourtant pas dans scs habitudes de se permettre des dépenses inutiles et celle-là en aurait été une.Ce n’est pas de lui qu’on aurait pu dire • U*"* IC1’ veut ^lrc Ie contraire de J p!at.Ce canadianisme d'origine normande s orthographie aussi cant, mais alors on est porté à le prononcer à l’anglaise, comme le mot saxon qui signifie affectation.(2) Le chiffre (200) fut plus tard dépassé de beaucoup par un autre compatriote. 144 — « La plus grande jouissance du riche consiste à montrer sa richesse »., • • Au nombre des immeubles qu'il possédait il y avait une maison à trois égages, sise en un quartier alors très affairé, et F.-X.Beaudry avait la grande satisfaction d'être le locateur du charitable Jos.Beef dont la « canteen », rue de la Commune, était un endroit qui attirait les touristes, les matelots, les chemineaux ainsi que les malheureux qui cherchaient à gagner quelques sous au déchargement des navires., Mais abordons la généalogie du personnage, c’est l’objet de cet article._ I — Toussaint Beaudry, originaire du Poitou, épousait à Montréal, le 24 novembre 1670, Barbe Barbier, fille d un ami de M.de Maisonneuve.II — Louis Beaudry, marié le 12 janvier 1700, à Françoise Langlois dite Lachapelle.III — André-Joseph Beaudry, marié le 26 novembre 1731, à Catherine Desautels.IV — Jacques Beaudry, marié à Françoise Baudouin.V — Pierre Beaudry, de la Longue Pointe, épouse le 13 avril 1799, Marie-Angélique, fille de Antoine Malard, savonnier et de Catherine Hurtault.Lors de son mariage, Pierre était cultivateur, mais il abandonna bientôt l’industrie de son père pour celle plus lucrative de son beau-père.Graduellement, il devint fabricant de potasse, de savon, de chandelles, puis marchand, et lors de la naissance de son quinzième rejeton en 1819, il était bourgeois et jouissait d’une belle aisance.Dame Pierre Beaudry décéda le 22 septembre i836.VI — François-Xavier Beaudry, né le 10 mars 1810, était mineur quand il épousa, en premières noces, le 23 novembre 1829, Agnès-Tharsille Voyer, également mineure.En 1877, F.-X.Beaudry, convola avec une américaine, Mary Wade, (non Walsh comme on croyait).* * * Le 24 mars 1885, une nouvelle alerta le public et les journalistes : F.-X.Beaudry était décédé, âgé de 75 ans, dans sa modeste maison, rue St-Charles-Borromée, (aujourd’hui Clarke).Pour bien des gens le défunt était un excen- 145 trique et il se racontait les choses les plus fantaisistes sur sa fortune « inouïe ».On prétendait même qu il aurait pu paver la rue Craig avec des 30 sous sur le can.Imaginez ce qu'il en aurait fallu de monnaies posées verticalement, côte à côte.Travailleur acharné, anxieux d’acquérir la richesse, il thésaurisa pour le plaisir, tout comme fait le collectionneur de médailles, de tableaux ou de timbres, tout comme ce grand industriel, « vrai » millionnaire, celui-là, dont le bureau d'affaire était minuscule, et qui ne vendit jamais qu au comptant quel que fût le chiffre de la vente, quelle que fût la notoriété ou l'opulence de l'acheteur.* * * Le service funèbre du défunt Beaudry, fut chanté à Notre-Dame, le 27 mars et voici ce qu’en disait un journal.« Rarement l'on a vu une aussi grande foule que celle qui se pressait ce matin, à l'église Notre-Dame, pour assister au service funèbre du sieur Beaudry.« La nef et les jubés étaient remplis et on estime que plusieurs milliers de personnes furent présentes.Le cortège était exceptionnellement nombreux, le corbillard était traîné par quatre chevaux caparaçonnés de deuil.Les porteurs étaient l'honorable juge L.-À.Jetté, l’honorable juge Michel Mathieu, le financier L.-A.Sénécal, l’avocat Joseph Duhamel, le notaire J.-E.-O.Labadie et le notaire C.Papineau.« Officiaient au service, M.le curé Scntenne, 1 abbé Bordua et l’abbé M.Désaulniers.Un chœur de cent voix chanta la messe sous la direction de M.Charles Labelle.» * * * Lorsque se lit l’inventaire des biens du défunt, on constata, dit-on, que son trésor n’était pas aussi considérable qu’on l’avait pensé.Le nombre des maisons qu il avait possédées était sans doute considérable, mais plusieurs étaient en bois, à un étage et cil assez mauvais état.On disait aussi qu il avait des immeubles aux États-Unis, meme des actions dans certaines compagnies « d’utilité publique », mais que le tout ne formait pas le million. — 146 - Quoiqu il en soit le défunt laissait des héritiers en ligne directe, un testament fort bien rédigé et des exécuteurs testamentaires, conséquemment on a tort de croire que ses biens tombèrent en déshérence.E.-Z.Massicotte.LA FAMILLE BREHAUT Originaire de l’île de Guernesey, Peter Brehaut arriva a Québec un peu avant 1788.Il ne possédait pas de fortune mais il avau appris le métier de tonnelier, qui était assez lucratif dans le temps.Jeune, travailleur, dégourdi et plein d ambition, il entra aussitôt à l'emploi de Louis Dunière, qui était un des gros négociants de Québec.En 1790, Brehaut eut une petite aventure qui dût le guérir pour longtemps des excursions nocturnes.Avec un arm de son âge, il s’était rendu à Saint-Roch où les maisons ue plaisir pullulaient.Son casque lui fut subtilisé, et le )eune homme pour excuser sa mésaventure dit un peu partout qu il avait été attaqué par trois soldats du 24" Régiment, en garnison à Québec.Le lieutenant-colonel England’, commandant du régiment, fit une petite enquête et le résultat rut désastreux pour M.Brehaut.Le 27 janvier 1790, il faisait insérer la rétractation suivante dans la Quebec Galette : « I Peter Brehaut, publickly acknowledge to have wickedly and falsely reported, that I was assaulted and robbed of my Fur Cap and mitten by three soldiers of the -4th Regt.on Thursday Evening the 21st instant on that Hill opposite Frank s Tavern.The blows and Scars which unfortunately for myself I received ; were given to me at a House at St.Rocks, where I went with a young man an acquaintance of mine, and in order to screen mvself from the displeasure of my Employer, I framed a scandalous and villanous story, for which 1 am concerned and most humbly 6cg pardon of Lieutenant colonel England and the 24th — 147 Regt.for presuming to accuse the Soldiers of it, of being guilty of such an offence.This being the only Apology I can make to the Lieut.Colonel and the Regt.for propagating falsehoods of the Men belonging to it, trust to their generosity to pardon me, promising faithfully never again to be guilty of such an offence.Peter Brehaut L.Dunière, witness.Le lieutenant-colonel England accompagna la lettre de Brehaut de l’explication suivante : « Some charges of assaults, and robbery having been made to mç since Christmas against the Soldiers of the 24th Regiment under my command, which after paying the attention to, that is due to complaints of that nature, were to my perfect satisfaction clearly proved to be as groundless as that made by Peter Brehaut, Cooper, in Mr Duniere’s employ, on the 22d instant, and which I discovered on that day to be fabricated for the purpose set forth in his acknowledgement that accompanies this letter, and which I am to desire you will publish in your next Gazette, as well, to remove any apprehensions the inhabitants may be under, in consequence of those Reports being credited, as to do Justice to the Character of a Corps hitherto unfullicd.« Should the Soldiers at any time so far forget their discipline as to give cause for real complaints, I will be ever happy to receive them and thankfull to those who bring them forward, but I hope the Inhabitants will not easily credit Reports that are fabricated, and propagated too often to the prejudice of the Innocent Soldier, I am,— Sir,— your obedt.Servt.Red.England, Lieut.Col.24th Regt.# To the Editor of the Quebec Gazette.La mésanventure de Brehaut fut vite oubliée.On , pardonnait alors beaucoup plus à la jeunesse que de nos jours.Quelques années plus tard, Brehaut entrait dans les affaires à son propre compte, et il ne tarda pas à faire un — 148 — commerce plus considérable que son ancien patron, M.Dunière.Peter Brehaut établit à Près-de-ville une brasserie qui prit le nom de Cape Diamond Brewery.Joseph Bouchette dans son ouvrage Description Topographique de la province du Bas-Canada, publie en 1815, disait de cette brasserie : « Au quai de Dunn se trouvent les grands et précieux bâtiments appelés la Brasserie du Cap Diamant, où il se fait des affaires considérables, non seulement pour la consommation intérieure, mais aussi en bière forte et en ale pour l’exportation.» r Peter Brehaut, riche et en relations d affaires avec tous les marchands de Québec et des environs, jouissait d une certaine influence.En 1814, on le pria d'entrer dans la politique et il fut candidat dans le comté de Québec.Le 7 avril 1814, il s adressait aux « libres et indépendants électeurs du comté de Québec » : « Je prends la liberté de vous offrir mes services comme un de vos représentants dans la Chambre d’Assemblée, et je sollicite vos voix et vos suffrages à la prochaine élection.» .ht proclamé élu le 14 mai 1814, et siégea à la Chambre d Assemblée une couple de sessions, mais il n'y brilla pas.était plutôt fait pour le commerce que pour la politique.La carrière de M.Brehaut se termina à l'âge de 53 ans par un accident tragique.En faisant la visite de ses propriétés dans la soirée du 2 mai 1817, il tomba dans le Saint-Laurent et se noya.L'accident est raconté dans la Gazette de Quebec du 8 mai 1817 : « Mourut vendredi dernier au soir, âgé de 53 ans, Peter orenaut, Ecuyer, ancien Marchand respectable de cette Ville.Apres avoir passé la soirée avec sa famille, il partit de sa maison, ainsi qu'il avait coutume de faire, pour visiter ses angars et Bâtisses sur son Quai près de sa maison : en passant le coin de son grand Hangar, où le Quai forme avec celui de la Brasserie un angle rentrant, il passa par mégarde par cet angle et tomba parmi les glaces, où son corps fut retrouve samedi a cinq heures du matin.En lui sa famille a a déplorer la perte d un bon mari et un bon père, ses voisins et connaissances un ami constant, et la Société un membre honnete, actif et industrieux, qui dans les différentes améliorations qu il a faites sur ses propriétés a procuré du pain et de 1 emploi a plus de cinquante ouvriers et journaliers — 149 pendant plus d’une année avant son décès.Ses restes furent inhumés mardi dernier après midi, accompagnés d'un grand concours des citoyens de cette ville.» Peter Brehaut avait épousé à Québec le 13 janvier 1792, Thérèse Bellenoy.Madame Brehaut se remaria à Québec, le 21 septembre 1818, à William Grant Sheppard, marchand, associé de son défunt mari.Ce mariage ne plut pas aux amis de M.Brehaut et le soir même on fit un charivari des mieux conditionnés à M.et Mme Sheppard.Du mariage Brehaut-Bcllenoy étaient nés trois enfants : 1° Catherine Esther Brehaut née à Québec le.Elle devint, le 1er juin 1830, l’épouse d’Edmund William Romer Antrobus, grand-voyer du district de Québec.M.Antrobus fit d'abord partie du régiment des Canadian Fencibles.Il passa ensuite dans un régiment de ligne avec lequel il servit en Espagne et en Portugal.De retour au pays, il succéda à son père comme grand-voyer du district des Trois-Rivières.En 1826, il était promu grand-voyer du district de Québec.Un peu plus tard, il joignait à sa charge de grand-voyer celles d’aide de camp du gouverneur et d'assistant adjudant-général des milices.M.Antrobus décéda à Quebec le 31 octobre 1852, laissant à sa veuve douze enfants et pas un sou.Lord Elgin vint en aide à la veuve Antrobus par une pension de 200 louis qui lui fut payée chaque année jusqu'à sa mort arrivée aux Trois-Rivières le 18 janvier 1880.2° Peter Perceval Brehaut né à Québec le 14 février 1803.Comme il avait des goûts militaires, son père lui acheta une commission d’officier dans l'armée anglaise.Nous trouvons le décès de Peter Perceval Brehaut dans le Quebec Mercury du 6 novembre 1830 : « Lately, in England, Captain Peter Brehaut, of the 26th foot, eldest son of the late Peter Brehaut, Esq.of this city, and son of Mrs W.C.Sheppard.» 3° William Henry Brehaut né à Québec le 24 novembre 1811.Il fut admis au barreau le 8 septembre 1834.Protégé en hauts lieux, M.Brehaut fut nommé, le 25 mai 1838, greffier de la paix du district de Montréal, conjointement avec M.Alexandre-Maurice Delisle.Il garda cette belle position jusqu'à sa mort, soit pendant quarante-deux ans.M.Brehaut décéda subitement aux Trois-Rivières, chez son ami J.K.Ogdcn, directeur de la poste, le 21 janvier 1880. — 150 — IJ s était rendu aux Trois-Rivières pour assister aux funérailles de sa sœur, Mme Edmund Antrobus, décédée le 18 janvier.Le frère et la sœur moururent donc à trois jours d’intervalle.M.William Henry Brehaut avait épousé, le 1er février 1849, Esther Eliza Taylor et il en eut quatre filles : 1° Edith Mary Brehaut née à Montréal le 23 mai 1850 Mariée à Montréal, le 13 octobre 1875, à Robert Sainte-Barbe Young, avocat.2° Jessie Maria Mortimer Brehaut née à Montréal le 22 juillet 1852.3° Kate Frances Elisa Brehaut née à Montréal le 27 juillet 1854.4° Anny Julia Percival Brehaut née à Montréal le 23 juillet 1857.P.-G.R.MADAME RICHARD MURRAY, NÉE JOSETTE TURPIN Dans le numéro de janvier 1939, du Bulletin des Recherches Historiques, M.Pierre-Georges Roy nous donne trois lettres de dame Josette Turpin, mariée à Richard Murray, neveu du général James Murray, premier gouverneur du Canada sous le régime anglais.M.Roy dit que Madame Murray alla résider en Angleterre après la mort de son mari qui décéda a Québec, le 4 avril 1772.Nous croyons que c'est à cette dame que fait allusion M.Le Héricy, prêtre des Missions Étrangères de Paris, réfugié a Londres et un des correspondants de M«r Plessis.’ Il écrit à 1 évêque de Québec, en date du 6 février 1805 : « M1"- Murray a été très sensible à votre souvenir et elle mettra beaucoup d'ardeur à vous procurer du ruban pour deux ceintures.Je lui ai porté une ceinture de nos évêques pour lui servir de modèle, tant pour la grandeur que pour le tissu et la couleur.Enfin, j'espère que vous aurez une soutane pour cet ete, car on la fabrique maintenant.» Ivanhoë Caron, ptre. — 151 — UN CONSEIL DE GUERRE A DÉTROIT, EN 1707 Jugement rendu par le conseil de guerre contre Bertel- LEMY PiCHON, SOLDAT DE LA COMP* DE CoURTEMANCHE, DE LA GARNISON DU FORT PoNTCHARTRAIN (7e nObt* 1707) Ce jourd huy, septième du mois de novembre mil sept Cent sep, Le Sr de rané ayant été Comendé avec Cinquante-hommes pour faire prendre Le Sr De bourgmont si devant officier des troupe de Taché en Ce fort, dou il a dezerté avec le nomé Jolicœur, de la Compagnie du verier, et sest jouent dans Le Lac errié au nomé La Roze, autre dezerteur de La Compagnie de Cortemanche, et de prendre pareillement La femme du nomé Tichenet estant avec Ledit Sr de bourgmont et autres dezerteur Laquele menne une vie secandaleuse depuis Longtem avec Ledit Sieur de bourgmont quil La débauché, se qui est de la Connoissance publique et de faire prendre ausi Ledit La Roze, dezerteur depuis Le mois de février dernier.Le Sieur de Rané ayant amené Les sudis trois prisoniers dans La prison de Ce fort, moy Jascque Lu Cas, Sergent de la Compagnie de Cortemanche, fezant Les fonction de major en Labsencc de nions', du figuier, et autre messieurs Les officiers, et fait Le raport si dessus à mr de la mothe Cadillac, Comendant dudit fort ponchartrain, Lequel ma ordonné de faire venir au Conseil de guerre Chez Luy asemblé a neuf heure avant midy Ledit Larose, Soldat déserteur de la Compagnie de Courtemanche, pour estre jugé par Ledit Conseil de guerre, Lequel jay remis dans Laditte Salle requérant quil Soit jugé Suivant La Rigeur des ordonance Jacques Lucas (dit Lepine des Trois Rivieres).Ce dit jour a neuf heure du matin est Conparu Bartel-lcmy pichon de la ville de Bourdeau, paroisse de S‘ pierre, fils de jean pichon, et de jeanne durand, Lequel interrogé de son age, a dit avoir vingte-trois ou vingte-quatre ans, étant dans Le service du Roy depuis Six ans, et interrogé doù vient quil a dezerté de Ce fort a dit quil avoit été débauché par Le 152 - nome LeveiJle, de la Compagnie de debergere, et par bascus de la Compagnie de Longeüil ; Interrogé ou il voulet aller en dezertant a dit que son dessaint et Seluy de ses Camarade ctoit de passer La nuit devant Le montreal devant quebeq et aller vers Lille persé pour se maitre dans Les vesseau pescheur pour retourner en france mes qil luy a Longtems quil seroit de retour dans se fort sans Le Sieur de Bourgmont quil Lcnna empeché Luy fesant esperer sa grace, Interrogé qui esqui a fait dezerter Le nomé jolicœur a dit que sest Le sieur de bourgmont qui la débauché et quil na pas voulus Lamener isci Lavant Laissé avec montour frere de Laditte Tichenet Interrogé Sil set quel estoit Le dessaint du sieur de bourgmont et de ladite Tichenet il dit que oüy et quils de-\ oient aller en englois avec Ladite Tichenet pour i rester absolument et que ledit montour devoit y aller ausi cet êtté Interrogé si Le sieur de bourgmont et La Tichenet nonpoint du Castor dans La grande riviere du lac errier a dit quil ont une quinzenne de paquest de Castor ou autre pelleteries qui est sur une i 1 le a trois Lieu de lautre de la riviere Interrogé se que sont devenu ses autre Camarade, deser-tcur a dit que le nomé sonderot seroit nayé, que bacus avoir cte Tué par Lcveille, du Coup de fusil, et quil Le mangère quand suite que lcveille se naya, et que S' Jean Layant voulus tuer a Cause de la fin quils souferoit quil Le tua Luy mernee et aisaya et eu envie den manger mes quil ne put et que dans Cet entie tems il arriva a luy un Canot de francois appellé Châle, chatellcreau et tienel, Lcsquele Luy dire voila apara-ment un tuiar nous Le sommes ausi Interogé sil na pas Connoissance que Le Sieur de bourgmont soit revenu vers La Longue pointe audevan de ladite nchenet a dit que m de bourgmont avoir Laissé Ledit lolicœur en Chemain pour atendre Ladite Tichenet et Lamener pour Le joindre a la grande Riviere, et que ledit lolicœur sennuiant de la tendre senbarqua dans un Canot pour senrevenir au détroit mes que ayant ren Contré en che-mam Ladite Tichenet elle Le ht retourner et Le ramena avec elle joindre Le sieur de bourgmont avec qui elle vivoit cecan-daicusement Ce jourdhuv septième de novembre mil sept Cent sept Le Conseil de guerre a trouvé Le nomé bertellemy pichon dit 153 Larose de la Compagnie de Cortcmanchc duement ateint et Conveneu du Crime de desertion et meme domicidc et La Condamnée et Condanc a avoir La teste Cassée jusque a se que mort sensuive par huit fusiliiers étant au préalable dégradé des armes ne pouvant passer a une punission plus forte ni mediocre a Cause de Leloignemcnt du Lieus fait au fort ponchartrain Le jour et ans que dessus Lamothe Cadillac de rané Dargenteuil Guignolet francœur (d'ailleboust) Les sieurs La fleurdor et brindamour sergens des Compagnies de laforest et La Chassagnc ont deClaré ne savoir signer de rané Dargenteuil Lamothe Cadillac Guignolet francocur Grandmesnil sccreterre (1) (1) Archives Judiciaires de Québec NAVIRES D'AUTREFOIS Au nombre des navires marchands qui visitèrent notre grand fleuve nous en avons remarqué une sorte au nom de consonnance étrangère et sur laquelle certains auteurs se sont trompés.Nous voulons parler du flibot.A.Jal, dans ses Documents inédits sur /'Histoire de lu Murine un XVle siècle commente un mémoire du capitaine Antonie de Conflans à 1 article Zélande (Pays-Bas) à propos de bateaux nommés « Volluns » de soixante tonneaux.Il dit : « Il n’y a pas de voilant dans les anciens vocabulaires maritimes.Voilant est certainement la traduction d'un nom de navire hollandais ; ce nom doit être Vlie-boot (angl.fly-boat), bateau qui vole.Vliegen, holl.courir rapidement, voler.» 154 — Dire d un bateau qu'il vole, c’est peut-être un peu forcé.Au premier fascicule de ses Tableaux Synoptiques de l'Histone du Canada e P.Le jeune O.M.I., p.‘ 8, s'exprime ainsi a I egard du Volant et du Flibot.Flouin: (angl.Flowing —le Volant des Dieppois) embarcation a voile et à rame; les rameurs, sans bancs, voguaient debout sur le pont.h Fhbot : (angl.fly-boat, bateau-mouche), petit bateau à deux mats et a fond plat, contenant 100 tonneaux, servant a la course.Nous avons relevé dans un ouvrage sur la construction maritime ancienne, imprimé à Bruxelles, un peu avant la J r f g,Ue"c/.^ ^ Fhbot était d'origine Hollandaise et ce 1 île de Vhe.Ils étaient appelés Vli-boat! Les Anglais et les français ont tourné ce nom à leur façon.L île de Vhe est au nord du Zuider-Zee.Régis Roy.LA FRATERNITÉ DES DIX B RMH Makhelosse a bien voulu, dans la livraison du M R: H de.fevner 1939, p.47, faire savoir que si M Victor Monn avait renseigné ses lecteurs sur plusieurs groupes de Dix qui ont surgi ici et là, il avait, cependant, négligé de parler de 1 Ordre des Dix de New York.88 Bien que la chose soit hors cadre ainsi que nous le disons grouDe°de ÎT lT"1 ***** dï « q»’ü Y eut un g UPC dc D[x, des naissance de Ville-Marie et que ce groupe avait etc assemblée par le célèbre fondateur de Mont- Dix V/vTuVhïh ^ ^ baSCS dc Ja Société quelle des et lè mot F, fh, fIOn SUf lc,nom qu on devait lui donner SoriétT w fUt Pr°P0Se Cn même temPs que celui de acte Apres sagace et courtois débat ce dernier mot obunt U ma’onté des suffrages.Personne n'invoqua que groupe à nambr?V™" ,aUtrcfoiS été adopté par le premier groupe a nombre decimal qui ait existé à Montréal. — 155 — Dans son étude, M.Victor Morin n était pas obligé de parler du susdit groupe, puisqu il se limitait volontairement a ne mentionner que les Dix à « tendance » scientifique, littéraire ou historique.Or celui dont nous rappelons 1 existence avait surtout pour objet la dévotion et l aide mutuelle, de la le rancart.Tout de même, résumons ce que 1 annaliste de 1 Hôtel-Dieu a consigné : « Monsieur de Chomedey qui ne cherchait qua glorifier Dieu et travailler à sa propre sanctification et à celle des personnes que Dieu luy avoit (uni) dans son cœur, s'appliqua à establir plusieurs petites pratiques de vertu et dévotion, simples et humbles, à quoy il fesoit tout aboutir ; il composa une fraternité de citui frères et de cinq saurs.Il se mit le premier des frères avec Lambert Closse, sergent major, Léonard Lucault dit Barbeau, Gilbert Barbier dit le Minime, charpentier, et Louis Prudhomme, brasseur.Les sœurs estois madame d’Ailleboust, madame de la Peltrie, mademoiselle Jeanne Mance, mademoiselle de Boulongne et mademoiselle Charlotte Barré.Ils ne s appelois que frères et sœurs s'estudois à se déférer en tout, à servir tous les autres quand ils auroient besoin d eux.Ils firent quantité de neuvaines et pèlerinages à la montagne, à pied et dans le risque de leur vie.» Tel est, rapporté substantiellement sinon textuellement, ce que notre premier écrivain canadien-français, (Sœur Morin) a cru devoir noter dans les mémoires qu'elle rédigea sur la fin de sa vie.Combien de temps dura cette exemplaire et édifiante fraternité ?Nous pouvons le présumer non le certifier, donc à d'autres de l’exprimer.E.-Z.Massicotte.LE FAUSSAIRE LAMIRANDE Le sieur Lamirande était un voyageur peu intéressant.Cependant, les journaux de tout le pays en entretinrent leurs lecteurs pendant plusieurs semaines en 1866. — 156 — Lamirande, modeste commis de la succursale de la banque de France à Poitiers, avait trouvé le moyen, en imitant habilement certaines signatures, de voler près d’un million de francs à la puissante institution.Sur le point d'être arrêté, il réussit à s'embarquer dans un paquebot qui partait pour les États-Unis.Un détective français mis à sa poursuite le répera dans la république voisine.Lamirande lui échappa en se sauvant au Canada.Quelques semaines plus tard, Lamirande était arrêté à Laprairie.Le détective français demanda son extradition, mais Joseph Doutre, avocat du fugitif, soumit un bref d'habeas corpus en sa faveur à un juge de Montréal.La France et l’Angleterre étaient alors en excellents termes.Le gouverneur Monck, pour être agréable au gouvernement français, donna ordre de remettre Lamirande entre les mains du policier français avant même d’attendre le jugement sur le bref d'habeas corpus demandé par M.Doutre.L agent de police français, fier d avoir mis le grappin sur le voleur, nolisa un train spécial du Grand-Tronc et arriva à Québec le 24 août 1866 avec son prisonnier.Un steamer partait pour l'Europe justement ce jour-là.Le détective ne permit pas meme à Lamirande de jeter un coup d'œil sur les beautés naturelles de la capitale.Les menottes aux mains, il fut embarqué sur le steamer qui prenait la mer.M.Doutre, qui était une des lumières du barreau, ne trouva pas de son goût le procédé du gouverneur Monck a 1 égard de son client.11 se plaignit très énergiquement au gouvernement impérial.En Angleterre, on a des idées très sevères sur 1 habeas corpus.On donna raison à l’avocat canadien-français et la révocation de lord Monck ne fut pas étrangère à l’affaire Lamirande.Toutefois, Lamirande ne fut pas remis aux autorités canadiennes.Au Canada, il avait choisi, pour le défendre, probablement le meilleur avocat du pays, Joseph Doutre! Des son retour en France, il confia son sort au grand Lachaud, alors a 1 apogée de ses succès comme avocat criminaliste! Le procès de Lamirande se déroula aux assises de la Vienne, en octobre 1866.Malgré toute son éloquence et ses moyens, Lachaud ne réussit pasà sauver son client de la punition qu'il avait si richement méritée et il fut condamné à dix ans de prison p_r R 157 L HONORABLE GEORGE ALLSOPF George Allsopp détestait-il les Canadiens-français ?Garneau le laisse entendre dans son Histoire du Canada.Anglais de naissance, convaincu que la langue et les lois anglaises étaient les meilleures au monde, Allsopp a pu croire qu il serait avantageux de les introduire dans la colonie sans pour cela avoir d antipathie pour les Canadiens-français.Nous serions plutôt porté à croire après les centaines de lettres d Allsopp que nous avons eues sous les yeux qu il était sans haine et sans préjugé.Il parlait et écrivait très convenablement notre langue et entretenait des rapports d amitié et d affaires avec nombre de Canadiens-français.Arrivé ici en 1761 pour s'occuper de commerce, Allsopp fut nommé en 1764 substitut du secrétaire de la Province Henry Ellis, qui résidait à Londres.Le gouverneur Murray qui n'aimait pas Allsopp refusa de le recevoir à cet office.Mais Allsopp se remua beaucoup, fit agir ses amis et, deux ans plus tard, Carleton, qui avait remplacé Murray, recevait ordre de l'admettre à son office.Il cumula en outre les charges déconseiller législatif et de commissaire général des magasins et provisions du Roi.En 1784, il devint membre du Conseil exécutif, mais Haldimand, qui le trouvait trop remuant, réussir à l’en faire sortir.Allsopp avait acheté, en 1773, les fiefs Jacques-Cartier et d’Autcuil et il fit dès lors sa résidence au Cap-Santé.11 décéda dans son manoir, en avril 1806.Curieuse revanche de la Providence.Allsopp, au dire de plusieurs de nos historiens, fut toute sa vie un champion de la langue et des lois anglaises.Ses descendants portent encore son nom mais presque tous sont de langue française et catholiques.P.-G.R.LE TÉLÉPHONE A QUÉBEC Nous lisons dans le Canadien du 16 octobre 1877 : « Rapportons ici comment s'est fait à Québec la dernière expérience téléphonique.Un bout du téléphone avait été placé dans la salle de récréation du Séminaire et l'autre bout 158 dans le magasin de M.La vigne, rue Saint-Jean.La distance est d’environ quatre arpents.Dans la salle du Séminaire se trouvaient NN.SS.Taschereau, Laflèche, Fabre, Duhamel, les abbés Cazeau, Hamel, Paquet, etc., etc.Chez M.Lavi-gne, on remarquait le comte de Premio-Réal, consul d’Espagne, M.Chevalier, consul de France à Cuba, M.Lefebvre, consul de France à Québec, etc.Au signal convenu, l’opération commença, Madame Cauldwell chanta, au magasin de M.La vigne, les romances : « Thou art so near and yet so far » et « Last rose of summer ».Plusieurs autres morceaux furent chantée par madame Cauldwell et par M.Lefebvre, accompagnés sur l’harmonium et le piano par MM.Adolphe Hamel et Watson.De leur côté, quelques messieurs de l’auditoire rassemblé dans la salle du Séminaire chantèrent en choeur quelques morceaux.Dans les deux salles, le son était bon et transmis avec une sonorité, une précision et une clarté vraiment étonnante.M.Mohr a reçu les félicitations des hauts personnages qui formaient partie de son auditoire.Ce monsieur dit qu’il a des expériences encore plus étonnantes à faire.» Le 6 décembre suivant, le Canadien annonçait que M.Cyrille Duquet avait installé un téléphone permanent entre son magasin de la haute-ville et sa succursale de Saint-Roch.C’est au printemps de 1878 que le téléphone commercial, c'est-à-dire public, fut introduit à Québec par M.E.-P.Mohr, sous la direction de M.Edwin Pope, surintendant de la Great North Western Co.Enfin, en octobre 1879, la Dominion Telegraph Company installait à Québec le téléphone Bell.Les bureaux de la Cie étaient alors au no 86, rue Saint-Pierre.La première année on comptait exactement 25 souscripteurs.Le 21 novembre 1882, on réussissait à établir des communications téléphoniques entre Québec et Lévis.Le cable fut submergé vis-à-vis l’anse Victoria.La ligne Québec-Montréal fut ouverte au cours de 1890.Cécile Ganondaris (vol.XLV, p.127).— Voyez le chapitre IX de la Relation des Jésuites de 1668-1669, édition Thwaites, t.52, 244 et ss.: « De la sainte mort de Cécile Gannendâris, Huronne.» L.P., S.J. — 159 — LE DUC DE NEWCASTLE A QUÉBEC Lors de son voyage au Canada en 1860, Je prince de Galles avait 19 ans.Le jeune prince était intelligent, habile et d une très grande surete de jugement, mais ces qualités ne donnent pas 1 expérience politique et il en fallait pour passer à travers toutes les difficultés d une randonnée dans un pays comme le notre, habitée par deux grandes races différentes de religion et de mentalité.Le gouvernement anglais chargea le duc de Newcastle d'accompagner le prince de Galles en qualité de mentor ou de conseiller.Le noble lord s acquitta de sa tâche avec un grand succès.C'est lui qui eut assez d autorité pour décider le prince de Galles à ne pas recevoir 1 adresse que les Orangiste voulaient lui présenter.Le duc de Newcastle, pendant les quelques jours qu’il passa à Québec, ne perdit aucune occasion d’être agréable aux catholiques et aux Canadiens-français.Son sens politique lui disait que la Confédération dont il était alors question ne pourrait s accomplir sans la participation des Canadiens-français.Le duc de Newcastle décéda en Angleterre, en 1864, quatre ans après son passage à Québec.Henry Pelham, cinquième duc de Newcastle, était né le 22 mai 1811, et était entré à la Chambre des Communes dès 1832, sous le nom de comte de Lincoln.Ministre quelques mois plus tard, il se distingua par sa grande énergie dans maintes circonstances difficiles.11 abandonna en 1855 le ministère des colonies pour prendre celui de la guerre.Il avait brillé comme ministre des colonies.Ministre de la guerre, il eut à supporter tout le fardeau de l'expédition de Sébastopol.Le duc de Newcastle fut alors beaucoup critiqué.La faute était plutôt au système suranné de l'armée anglaise.Une armée ne s’organise pas en quelques mois.En 1859, le duc de Newcastle reprit son ancien ministère des colonies et le garda jusqu’à ce que la maladie le força à abandonner la scène politique, quelques mois avant sa mort.Honnête dans sa vie privée comme dans sa vie publique, le duc de Newcastle eut à souffrir de chagrins domestiques qui, dit-on, abrégèrent ses jours.Il avait épousé, en 1832, lady Hamilton Douglas dont il divorça en 1850. 160 — Lors de la mort du duc de Newcastle, un de ses lils, lord Clinton, était officier dans le régiment des carabiniers du prince Albert, en garnison à Montréal.DANS LES REGISTRES DE SAINT-EUSTACHE Le 10 septembre 1783, par nous prêtre soussigné, curé de Sainte-Geneviève, à la réquisition de Messire Charles-François Perreault, a été déposé dans l’église deSaint-Eustache le corps de Messire Eustache-Lambert Dumont père, Seigneur de la dite paroisse.Furent présents Mrs Curateau,’ Deguire, Perreault qui ont signé avec nous.Curatteau, ptre Besson, ptre.Deguire, ptre.Perreault, ptre.Le trente novembre mil sept cent quatre vingt neuf, par nous prêtre soussigné, a été inhumé dans l’église de Saint-Eustache le corps du Seigneur Sieur Jacques-Marie Nolan de la Marque décédé d'hier, muni des sacrements de l'église âgé de soixante ans, furent présents messieurs Besson, La Maire curé de Saint-Martin, Gallet curé de Sainte-Rose,’ du Mouchclle curé de S.Joachim, Hébert Curé de Ste Thérèse et de plusieurs autres particuliers qui ont signé avec nous.Besson, ptre Lamaire, ptre dumouchelle, ptre P.Gallet, ptre, J.Fr.Hébert, ptre.J.Lacroix Hertel Chambly, J.N.Turgeon Perreault, ptre.
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.