Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /, 1 septembre 1938, septembre
LE BULLETIN DES RECHERCHES HISTORIQUES VOL.XUV LÉVIS, SEPTEMBRE 1938 No 9 LES TITULAIRES DES DEUX PREMIÈRES ÉGLISES DE QUÉBEC Sitôt arrivés à Québec, au début de juin 1615, Champlain et le Père Dolbeau, Récollet, firent édifier une chapelle devant servir d’église paroissiale.Quel fut le titulaire de cette première chapelle deQuébec?L Immaculée-Conception, a répondu, par deux fois, Bertrand de la Tour dans ses Mémoires sur la vie de M.de L evai.Cologne, 1761.On y lit en effet, p.171 « La cure de Québe: mérite une attention particulière.Ce ne fut d'abord qu’une petite chapelle bâtie par M.de Champlain, vers l’an 1615, dédiée à la Conception Immaculée de la Sainte Viergj, et desservie par les Récollets jusqu’à l'année 1629, que les Anglais s’emparèrent de Québec .» ; et p.196 : « On bâtit une chapelle, que ces Pères (les Récollcts;, selon l’erprit de leur Ordre, dédièrent sous le nom de l’Immaculée-Con-ception de la Sainte Vierge ; c’est aujourd’hui la paroisse ».En 1620-1621, les Récollets se construisirent, à une demi lieue environ de Y Habitation, là même où Champlain projetait d’ériger la capitale de la Nouvelle-France, un couvent et une église, dont Notre-Dame des Anges a toujours été considérée comme le véritable titulaire.Or, voici que, d’après le R.P.Hugolin Lemay (1), (1) Au moment où nous songions à faire paraître la présente étude, et alors que nous croyions notre très estimé confrère, le R P.Hugolin Lemay, plein de vie et poursuivant avec ardeur ses importants travaux de bibliographie et d'histoire, la nouvelle de sa mort est venue nous surprendre amèrement et nous affecter profondément.Cette mort inopinée nous enlève un ami de vieille date et prive la Province franciscaine du Canada d'un sujet qui lui faisait honneur. 258 saint Charles Borromée aurait été le titulaire de la chapelle de 1615 et peut-être aussi celui de l’église conventuelle des Récollets (2).Le R.P.est tellement persuadé d’avoir découvert en saint Charles le titulaire de la chapelle de 1615, qu’il accuse Bertrand de la Tour d’avoir confondu le titulaire de cette chapelle « avec celui postérieur, de la paroisse de Québec » (3).Pour reprocher à la Tour une telle confusion, il faut être persuadé en effet que ces titulaires furent dissemblables, et la même condition est nécessaire pour affirmer que le titulaire de la paroisse de Québec est postérieur à celui de la chapelle de 1615 ; si le vocable de cette chapelle et, plus tard, de la paroisse, fut l’Immaculée-Conception, comme le dit Bertrand de la Tour, celui-ci n’aurait rien confondu, et il ne saurait être question de postériorité Si le R.P.Hugolin Lemay avait réellement démontré que saint Charles Borromée fut le titulaire de la chapelle de 1615, nous serions très heureux de Ten féliciter, car il nous est toujours agréable d’apprendre que tel ou tel point obscur de 1 Histoire canadienne est enfin pleinement éclairci ; mais il y a lieu de croire que notre confrère, malgré sa bonne foi et sa conviction, n’a pas atteint ce but Dire pourquoi est d’autant plus opportun que l’opinion émise et soutenue par le R.P.Hugolin Lemay parait s’accréditer.Dans un entrefilet sur « le titulaire de la première chapelle de Québec », paru sous la rubrique « A travers le vieux Québec », dans L'Action Catholique du 8 février 1938, p.4, on a pu lire : « Voilà que le R.P.Hugolin Lemay .a trouvé la preuve que M.de la Tour s'est trompé.» Après avoir essayé de démontrer que la chapelle de 1615 fut dédiée à saint Charles, notre estimé confrère a ouvert une fâcheuse discussion sur le titulaire de l’église conventuelle de 1621.En se basant sur un texte, d’ailleurs connu, il a cherché à faire entendre que saint Charles encore plutôt que Notre-Dame des Anges, pourrait avoir été ce titulaire ; puis laissant irrésolu le problème ainsi créé par lui, il s est cru en droit de conclure : « la question .reste ouverte et appelle de nouvelles recherches ».(2) la Revue franciscain, Montréal, octobre 1936 et juillet 1937.(3) Timidement exprimé dans le 1er article, loco cit., p.470, ce reproche est catégoriquement formule dans le second, loc.cit., p.324.t 6 — 259 Le texte, base de cette discussion, n’est pas le seul de son espèce.Nous constaterons que les deux témoignages, exploités par le R.P.Hugolin Lemay pour faire de saint Charles le vocable de la chapelle de 1615, concernent plutôt 1 église conventuelle des Récollets ; mais nous verrons aussi que ces mêmes témoignages, tout en exprimant un fait concret, n indiquent pas le titulaire réel de cette église, lequel fut Notre-Dame des Anges.C est évidemment avec la louable intention de servir la noble cause de l’histoire que notre confrère a publié ses deux articles sur ces titulaires des deux premières églises du Canada.Que n’a-t-il creusé davantage et élargi le champ de sés investigations ! Il aurait alors fourni une étude historique vraiment substantielle ; il n’aurait pas attribué à saint Charles des rôles qu’il n’a pas remplis et il nous aurait épargné la très désagréable tâche de contredire ses conclusions.1° Saint Charles et la chapelle de 1615 Personnellement, quand l’occasion s'en est présentée, nous avons enregistré, tel quel, le témoignage de B.de la Tour, parce que nous ne lui connaissons pas de contradicteurs, parce que nous n’avons pas de raisons sérieuses de le suspecter, pareequ’enfin, de la part des Récollets, le choix de l’immaculée Conception, pour titulaire de la première chapelle de Québec, nous paraît tout naturel, l'Ordre des Frères Mineurs, dont ces religieux faisaient partie, professant envers la Vierge Immaculée dans sa conception un culte tout spécial et très ardent.Comme nous le R.P.Hugolin Lemay admet la convenance de ce dernier motif.Pas plus que nous il n’a découvert de preuves, puisqu’il n’en donne pas, contre la valeur intrinsèque du témoignage de B.de la Tour ; tout au plus, suppose-t-il, avant même d’avoir essayé d’établir que saint Charles fut le titulaire de la chapelle de 1615, que la Tour a pu confondre le titulaire reconnu à la paroisse de Québec, lors de son érection canonique, avec le titulaire de la chapelle de 1615- Cette supposition repose sur une pétition de principe ; tant qu’il ne sera pas prouvé que le vocable de la chapelle 260 — de 1615, ne fut pas, comme celui de la paroisse, l’immaculée Conception, il n’y aura pas lieu de supposer que B.de la Tour ait pu les confondre.• Mais le R.P.Hugolin Lemay croit avoir découvert deux témoignages contraires à celui de B.de la Tour ; le premier qu'il nous présente est du Père Hyacinthe Lefebvre, Récollet.Le P.Lefebvre publia en 1677 une histoire chronologique de la Province de Saint-Denys (4).Ouvrage devenu rare ; la Bibliothèque Nationale de Paris en possède un exemplaire (5) que l'abbé Verreau, en Europe en 1873, dut consulter ; il le cite dans son étude sur Les commencements de l'figlise du Canada (6).Le P.Lefebvre a intitulé le chapitre XXII de son volume « Des Missions (des Récollets de sa Province) dans les pays étrangers » ; à la première période, 1615-1629, de la mission canadienne, il a consacré cinq pages et demie dont trois sont remplies par le texte des lettres que le Nonce et le roi délivrèrent aux Récollets en 1618 ; le P.Lefebvre a donc condensé en deux pages les autres détails qu’il a cru devoir donner sur cette période.Ayant dit, p.131, que les Récollets arrivèrent à Ta-doussac le 25 mai 1615, le Père Lefebvre ajoute : « Le R.P.Jean Dolbeau se rendit à Québec où il disposa une chapelle sous le nom de Saint Charles ».Pour faire valoir ce témoignage, le R.P.Hugolin Lemay l’accompagne des réflexions que nous allons citer et apprécier.« Ce texte est antérieur de 64 années (7) à celui de Bertrand de la Tour.» C'est une présomption favorable, rien de plus.« Il est d'un Récollet qui fut presque toute sa vie dans les plus hautes charges de la Province, surtout Ministre provincial.» La mention du genre de vie est opportune, mais l’allusion aux charges diverses et quasi incessantes du P.Lefebvre servirait plutôt, s’il y a lieu, à excuser ses erreurs d’historien.Le P.Lefebvre « avait sous les yeux les archives des Récollets ».Bon argument, si cette phrase, à portée trop (4) Histoire chronologique de la Province des Récollets de Paris, sous le titre de Saint Denys en France, depuis 1612 quelle fut érigée jusqu'en l'année 1673.Paris 1677, in-4°.(5) Le P.Marcellin de Civbzza, dans Saggio di bibliografia .Sanfrancescana.Prato 1879, p.309, a recensé cet exemplaire ; il dit en avoir vu un autre à la Bibliothèque municipale de Bordeaux.(6) Mémoires de la Société royale du Canada.1884, sect.I, p.63 et ss.(7) L ouvrage du P.Lefebvre étant de 1677 et celui de B.de la Tour de 1761, il faut dire 84 ans au lieu de 64. — 261 indécise, pouvait légitimement signifier que le P.Lefebvre a compulsé les documents relatifs à la première période de la mission canadienne des Récollets.Mais, soit qu’il n’ait pas cru nécessaire de consulter ces documents, soit qu’il n ait pas eu assez de loisirs pour cela, le P.Lefebvre s’est contenté de copier les détails, qu'il donne sur cette période de la mission canadienne, dans un ouvrage du P.Placide Gallemant et dans l'Histoire du Canada, du Fr.Sagard.Par le premier, très pauvre d'ailleurs en renseignements sur l’apostolat des Récollets en Nouvelle France, il a appris qu’en 1615 fut bâtie « une chapelle sous le nom de Saint Charles ».S’il n’indique pas ses sources, le P.Lefebvre nous permet cependant de les reconnaître formellement par la ressemblance de son texte avec ceux de ses devanciers.Pour illustrer ce fait nous allons citer en note deux textes de Sagard accompagnés des textes correspondants du P.Lefebvre (8).Nous en ferons autant plus loin au sujet du P.Gallemant, car nous aurons à apprécier son témoignage, unique base de celui du P.Lefebvre.Le P.Lefebvre, continue le R.P.Hugolin Lcmay, « avait sous les yeux .les ouvrages de Sagard ».Pour faire valoir le témoignage du P.Lefebvre en faveur du vocable Saint-Charles, il est parfaitement inutile de faire allusion aux ouvrages de Sagard, puisque cet historien ne désigne nulle part le titulaire de la chapelle de 1615.« Il (Lefebvre) avait en outre connu ces deux religieux et le P.Le Clerq vivait encore.» Le typographe aura passé quelques mots.Peut-être faut-il lire : « Lefebvre avait sous les yeux les ouvrages de Sagard auxquels allaient s ajouter ceux du P.Le Clerq.Il avait en outre connu ces deux religieux et le P.Le Clerq vivait encore.» (8) Sagard, Hist, du Canada, p.11-12 : « Furent nommés pour U mission, le R.P-Denys Jarmet pour commissaire, le P Jean Dolbeau pour successeur en cas de mort, le P-Joseph de Caron et le Frère Pacifique Duplessis, qui furent les quatre premiers religieux qui ont passé la mer pour la conversion du Canada.» Lefebvre, Hist, chronologique, p.127 : « Le T.R.P.Provincial fit choix du R.P.Dcnys Garnet pour commissaire de toute la mission, avec le P.Jean Dolbeau pour successeur en cas de mort, le P.Joseph Le Caron et le Frère Pacifique Duplessis, qui sont les quatre premiers religieux qui ont passe la mer pour la conversion des Canadiens.» Sagard, p.29 « Tout ce qu'il (de Caron) put faire en ce premier voyage (chez les Hurons) fut .d'apprendre passablement leur langue et (de) les disposer à une vie plus honnête et civile ».’ Lefebvre, p.131 : « Il (de Caron) apprit en partie leur langue et les disposa à mener une vie plus honnête et plus civile.» 262 Jeune religieux, Lefebvre a pu connaître Sagard.Et puis ?Sagard vivait-il encore lorsque Lefebvre conçut le projet d écrire l’Histoire chronologique ?Aurait-il pu lui apprendre ce que précisément il parait avoir ignoré, puis-qu il n’indique pas dans ses écrits le titulaire de la chapelle de 1615 ?Quant à Le Clerq, de la Province de Saint-Antoine-en-Artois, Lefebvre l'a bien connu, il a même été son Provincial de 1671 à 1674 ; il l'a connu jeune prêtre et peut-être l’a-t-il dirigé vers l'apostolat en Nouvelle France, où Le Clerq arriva en 1675- Et celui-ci était auprès de ses Sauvages Gaspésiens, quand, deux ans plus tard, parut l’Histoire chronologique.Ce n'est certainement pas Le Clerq qui aurait pu renseigner Lefebvre ; le contraire serait beaucoup plus vraisemblable.« On peut avec raison penser, je crois, que c'est précisément parce qu'il QLefebvrej constate que Sagard avait oublié ou négligé de mentionner le titulaire de ta chapelle (1615), qu'il l'inscrit dans son histoire de la province.» Que le P.Lefebvre ait fait ou n’ait pas fait cette constatation, peu importe ; mais avant de taxer Sagard d'oubli ou de négligence, il faudrait établir que cet historien a su quel a été le titulaire de la première chapelle de Québec.Dernière réflexion du R.P.Hugolin Lemay : « Ce livre (1 Histoire chronologique) est tout entier substance : des faits, des noms, des dates.» Ce livre est avant tout une compilation ; il peut donc renfermer beaucoup de faits, de noms, de^ dates ; mais 1 abondance des détails n’est pas par elle-même une preuve d’exactitude.Notre confrere clôt son premier article par une allusion aux raisons qui auraient fait choisir Saint Charles pour titulaire de la chapelle de 1615- Nous en tiendrons compte quand nous aurons examiné le second témoignage invoqué par le R.P.Hugolin Lemay contre celui de B.de la Tour.Pour 1 instant il faut nous occuper du livre du P.Gallemant d où le P.Lefebvre a tiré son texte sur le vocable Saint Charles (9).D S9lPr°ïmÀaJami DwnSui tratrum Minorum tccolUctorum in Gallia.A Vencrando Fadrc riacido Oa lemant, ejusdem provincial Diffinitore —Catalauni, 1649, in-12, 250 pages.Ouvrage difficile à trouver dit le P.Marcellin de Civczza, of.cil., p.201 ; le seul exemplaire qu 1 en ait vu est celui de la Bibliothèque Nationale de Paris, lequel porte une dédicace écrite et signée par le P.Gallemant. — 263 — Nous allons retracer l’intéressante genèse de ce petit volume en résumant l’avis au lecteur; nous donnerons ensuite une idée générale de cet ouvrage ; nous constaterons alors que le P.Lefebvre l’a bien connu et largement exploité ; enfin nous signalerons les quelques détails que renferme ce livre sur la mission canadienne des Récollets, ce qui nous fournira 1 occasion d indiquer sur quoi s'est basé le P.Gallemant pour voir en Saint Charles le titulaire de la chapelle de 1615- Le P.Jean Mazzara, de Naples, (élu Ministre général des Frères Mineurs le 3 juin 1645) (10), voulut reprendre et mettre à jour le grand ouvrage de l’un de ses prédécesseurs (11) ; à cette fin il prescrivit à tous les Ministres provinciaux de lui fournir un bref mais fidèle rapport historique sur leur province respective.Le P.Gallemant, (élu définiteur au Chapitre provincial tenu à Paris le 17 août 1647), accepta de préparer le rapport sur sa province, tout en se déclarant incompétant (12).Il employa quelques mois (13) à faire ce travail qui fut examiné et approuvé par le Définitoire, le 20 septembre 1648 (14).Sur ces entrefaites, le Ministre Général mourut (15), et son projet n’eut pas de suite, affirme le P.Gallemant, 3ui, du même coup, vit son propre travail perdre sa raison ’être ; mais, heureusement, le Définitoire en permit l’impression.Le P.Gallemant a divisé son ouvrage en deux parties.Dans la première il traite de l’origine des Récollets en France, de leur groupement en trois custodies, puis en province, sous le titre de Saint-Denys, de leurs travaux apostoliques et de leur dévouement aux pestiférés ; il fait l’éloge des religieux qui se distinguèrent dans le gouvernement des custodies d’abord, de la province ensuite, et des religieux éminents en vertu ; enfin il signale quelques ouvrages publiés par les Récollets de sa province.Dans la seconde partie, la plus étendue, le P.Gallemant fait l’historique des couvents de la province et donne la liste de leurs supérieurs respectifs, (10) Holzapfbl.Manuals historia Ordinis Fratrum Minorum, p.621.(11) Francise.Gonzaga.Dr ori&int Seraphica Rtliçionis Franciscanx Roma:, 1587.1364 pages in folio, plus les index.(12) « Ccssit inibi quamvis impari hoc onus.» (13) « Per menses aliquot.» (14) Cette approbation est textuellement reproduite dans le livre du P.Gallemant.(15) Le 26 septembre 1648.Cf.Holzapfbl, op.at., p.621. 264 — depuis la fondation jusqua l’année 1648 inclusivement 11 fait aussi l'historique des monastères de religieuses placées sous la direction des Récollets de la province de Saint-Denys.Suivent quatre appendices ; le premier concerne certains couvents de l’Artois ; le deuxième contient la liste des chapitres de la province de Saint-Denys ; le troisième donne le nombre des religieux de cette province ; le quatrième rappelle quelques tertiaires.Un nouvel appendice postérieur d’un an à l'impression du livre, renferme les éloges du P.Alexandre Pocquelin, ancien Provincial, décédé le 27 décembre 1649, et du PÏ Philippe Cordier, Ministre Provincial actuel, décédé le 19 juin 1650, et la table capitulaire du Chapitre provincial célébré à Paris le 14 août 1650.Si l’on compare le travail du P.Gallemant à celui du P.Lefebvre, on ne peut pas s’empêcher de reconnaître que le premier a inspiré le second ; plus que cela, on découvre que la matière des deux ouvrages est spécifiquement identique et distribuée, le plus souvent, sous les mêmes titres ; on constate même que le volume du P.Gallemant est devenu partie intégrante de Y Histoire chronologique, le P.Lefebvre ayant simplement traduit, en très grande part, le livre de son devancier, pour se l’approprier.En somme Y Histoire chronologique, c est le rapport du P.Gallemant copié, complete et prolongé jusqu en 1676 et même jusqu’en 1687 en tenant compte des additions faites par l’auteur.d ^°nC ^ -b^bvre a bien connu l’ouvrage du Gallemant et 1 a exploité copieusement.La traduction pat fois banale, rarement infidèle, est d’ordinaire littérale ou peu s en faut.Pour justifier, dans une certaine mesure, ces diverses constatations, nous reproduisons en note trois textes du P Gallemant, suivis de leur traduction par le P.Lefebvre (16).appie™f ReTp^’rf M ' * Et c’0 (auISouvent Nevers) .sancto Dei spiritu impulsi Pê£ l e P n MarCUS a Sancto-Dionysio », etc.- Lefebvre, p.35 : « Les Rév- de Neîts »dc Saint'Dcnvs> etc" sc rendirent par inspiration du Sa.m Esprit dans le couvent Gallemant, p.40 : « V.P.Antonius Dcnan, ex pratbvtero seculari factus est reaula- celh dalVt«i>smlh n°rmaV Nlh'! 11,0 siraPlicius.n'hil humiliusk mitiusque.Cui chorus, P li Tu v yre °n'rvICCtUS ’ .°ratl°- ,rcfatio ' lab°G recreatio.» - Lefebvre u , ?Antoine Denan, prêtre séculier ayant fait profession (!) Jamais on ne di l^uteTnson rUenosUmrn “ P US ^ qUC lui j lc chœur étau sa cellule ; 1CJ marchepied de l autel, son repos , 1 oraison, sa réfection, et le travail, sa récréation » c i r c i ter* an uos T sua fund îfon ^"^no ï" 1™“."}:.*P°“ “ -cm.c • • • anno • ¦ ¦ 1600 .die.juin 14, vera in ipsum intro. — 265 — Dans le petit volume de son devancier, le P.Lefebvre n'a pu relever que très peu de détails sur la mission canadienne des Récollets, c’est pourquoi il a eu recours à Sagard pour donner de cette mission une idée plus avantageuse ; mais parmi ces rares détails, il a vu et noté la mention de Saint Charles comme titulaire de la chapelle de 1615- C’est au paragraphe (17) sur les travaux apostoliques des Récollets de sa province que le P.Gallemant traite, p.11, de la mission canadienne.Il nomme les quatre premiers Récollets envoyés au Canada en 1615 ; il mentionne la construction d’une chapelle sous le nom de Saint-Charles (18), et la célébration de la première messe, dite à Québec ; il dit, sans entrer dans aucun détail, que les Récollets s’employèrent au service spirituel des Français et à l’évangélisation des Sauvages ; qu’à la suite des premiers missionnaires, d’autres Récollets, qu'il ne nomme pas, allèrent au Canada, dont certains montèrent chez les Hurons, et qu’en 1629, ils furent tous expulsés de la Nouvelle-France par les Anglais.Pour donner de la mission canadienne cette idée vague et sommaire le P.Gallemant n’eut pas besoin d’interroger les archives ; il dut en apprendre davantage sur cette mission au cours de son noviciat (19) et de ses études de philosophie et de théologie, le contraire étonnerait.Quant au titulaire de la chapelle de 1615, nous dirons tout à l’heure pourquoi il a cru le voir en Saint Charles.Après avoir rappelé la mission canadienne, le P.Galle-mam fait allusion aux tentatives des Récollets pour la reprendre et à leur insuccès, quoique ces religieux eussent là-bas, dit-il, plus de dix arpents de terrain pour la construction d’une église et d’un couvent (20).Aux tentatives des Récollets et à leur insuccès, le P.ducta est reformatio, sub auspiciis Rcvercndissimi Patris Bonavcnturz a Calat'agironc .ministri gcneralis .Rem omnem mira solicitudine promovente peragenteque felicitLcr R.P.Florentio Boulanger, quem sancti hujus monasterii patrem et reparatorem optimum jure possim appellare.» — Lefebvre, p.149 : « Mais environ 300 ans après la fondation (de ce monastère), è savoir le 14 juillet de l'an 1600, la réforme y fut introduite par l'autorité du Révérendissime Pcrc Calatagironc, ministre général, établie, maintenue et conservée par ra piété et le zèle du R.P.Florent Boulanger, qu'on peut à juste titre appeler le père de cette éforme et le restaurateur de ce monastère.» (17) Le P.Gallemant a divisé la matière de son livre par paragraphes seulement.(18) « Ibiquccle saellum sub nomine Sancti Caroli exstruentes.# (19) Le P.Gallemant, op.cit., p.49, nous apprend qu'il était novice en 1622.(20) * Cum interim ibi terra: jugera decem et amplius zdificandz ecclesiz et coi ve tui sint attributa.R — 266 Gallemant pouvait aisément faire allusion, toute sa province les connaissait, mais il allègue contre l’injustice faite à ces religieux, en les empêchant de retourner au Canada, un motif trop faible , il commet en plus une erreur et montre par là qu'il ignorait un fait important.Le motif se réduit à la possession d'un terrain acquis sans bourse délier ; l’erreur est d'affirmer que sur ce terrain une église et un couvent étaient à construire ; il aurait fallu dire que sur ce terrain avaient été bâtis une église et un couvent ; c’est ce que le P.Gallemant a ignoré, ainsi qu’en témoigne son texte.Pour avoir ignoré que les Récollets se construisirent en 1620-1621 un couvent et une église, le P.Gallemant est tombé dans une autre erreur, celle de voir en Saint Charles le titulaire de la chapelle de 1615.Pour plus de clarté, il faut signaler ici un fait que nous exposerons dans la seconde partie de cette étude, à savoir qu à partir de 1621, il fut de mode et d’usage courant de dire dans les écrits, et sans aucun doiüte dans les conversations, le couvent Saint-Charles, l’église Saint-Charles, pour désigner le couvent et l’église de Notre-Dame-desAnges.Revenons au P.Gallemant.Celui-ci donne les notices élogieuses des Récollets de sa province éminents en vertu, p.33 à 47 de son petit volume.Ce sont de belles pages empruntées évidemment au necrologe.On n’est pas surpris d’y retrouver les notices du P.Nicolas Viel, du P.Joseph Le Caron et du Fr.Pacifique Duplessis.Arrêtons-nous à celle du P.Viel, p.37 (21).On sait que le corps du premier martyr du Canada fut inhumé dans 1 église conventuelle des Récollets.Dans la notice repro* duite par le P.Gallemant, la même église est indiquée, mais sous le nom de Saint-Charles : « Son corps (du P.Viel) fut inhumé dans notre église Saint-Charles de Québec » (22).Ignorant 1 existence de cette église conventuelle, le P.Gallemant a nécessairement pris cette église et son fictif vocable Saint-Charles pour la chapelle de 1615 et le titulaire de celle-ci., l?es l°rs il ne peut être question de s’appuyer sur le témoignage du P.Gallemant pour prétendre que saint de Québec^11 V°'' CCttC not‘cc> en français, dans le MortuoJo^c.Archiv.du Séminaire (22) « Corpus ejus .scpultum est in sacello nostro S.Caroli de Quebec.» — 267 — Charles fut le titulaire de la première chapelle de Québec, et l'affirmation du P.Lefebvre, n'étant que la réplique de celle du P.Gallemant, s’avère par le fait également sans valeur.Voyons à présent l’autre témoignage invoqué par le R.P.Hugolin Lemay contre l’opinion de B.de la Tour ; notre confrère a tenté de le faire valoir dans son second article (23)- Notons que l’objet de cet article est double ; il y est question en effet du titulaire de la chapelle de 1615 et du titulaire de l’église conventuelle des Récollets.Le R.P.Hugolin Lemay commence par rappeler son précédent article et réaffirme son entière foi au témoignage du P.Lefebvre sur le vocable de la première chapelle de Québec.Puis il ajoute : « J’apporte aujourd’hui sur ce point d’histoire un supplément d information, et en même temps je me permets de poser un nouveau point d'interrogation (24) devant le titulaire de la seconde église des Récollets à Québec, celle de leur premier couvent de Notre-Dame-des-Anges, car ils en eurent successivement deux de ce nom : le premier construit en 1620, le second bâti entre 1670 et 1675.» Pourquoi le R.P.Hugolin Lemay tient-il à ce qu'on sache bien que les Récollets eurent successivement deux couvents dénommés Notre-Dame-des-Anges ?Parce que en temps opportun, il se servira de cette identité de nom pour tenter de déprécier une assertion de Le Clerq qui rend inutile le nouveau point d'interrogation.Pourquoi tient-il à faire remarquer qu’il qualifie de seconde église des Récollets leur église conventuelle de 1621 ?Parce qu'il attribue, mais gratuitement, à ces missionnairçs la propriété de la chapelle de 1615- Dès son premier article, notre confrère a dénommé celle-ci première chapelle des Récollets ; il a intitulé son second article : « Les deux premières églises des Récollets de (à) Québec et leurs titulaires », et il vient de qualifier l'église conventuelle de 1621, de seconde église des Récollets Tout cela est facile à dire ; il est aisé d'avancer que la chapelle de 1615 appartint aux Récollets, au même titre que leur église conventuelle ; mais il ne suffit pas de l’énon- (23) Cf.La Revue Franciscaine, Montréal, juillet 1937, p.320-325.(24) Nouveau, sans doute, parce qu'un premier point d'interrogation accompagne le titre du premier article sur le vocable de la chapelle de 1615- — 268 — cer, il faut le prouver, car ce n’est pas un fait acquis, loin de là.Si les Récollets avaient fait les frais de la chapelle de 1615, laquelle serait ainsi devenue leur première chapelle, ils n'auraient pas manqué de s’en prévaloir, et à juste titre, lorsqu’ils furent contraints de défendre leurs droits sur la mission canadienne, après la violente interruption de celle-ci par les Anglais.Or, en rappelant les dépenses défrayées par eux au Canada, ils ne mentionnèrent pas le coût de la chapelle de 1615, mais les grands frais occasionnés par là construction de leur couvent et de son église et par le défrichement des terres avoisinantes (25).Le R.P.Hugolin Lemay continue : « C’est de cette chapelle (de 1615) que j'ai écrit que le titulaire fut saint Charles Borromee.Or du bien-fondé de cette assertion, voici encore une preuve, elle non plus jamais produite (26)’ et de 1635 ! Cette année le Ministre provincial des Récollets de Saint-Denys, le P.Vincent Moret, dans un mémoire du Pape Urbain VIII sur la mission des Récollets en Nouvelle-France, dit expressément que saint Charles Borro-mée fut le titulaire donné à leur première église.» Effectivement, le P.Moret adressa un mémoire au Pape, pour faire sanctionner par l’autorité pontificale le retour, qu’il croyait proche, des Récollets au Canada ; il fit porter à Rome ce mémoire par le P.Antonin Baudron (27).Ce mémoire n’est pas de 1635 mais de 1634.Le 18 décembre de cette année, le secrétaire de la Propagande, écrivant au P.Moret, lui dit avoir pris connaissance, avec grande satisfaction, de son mémoire qu il aura soin de lire au cours de la prochaine réunion de cette Congrégation en présence au Pape (28).Ce mémoire, précédé d’une courte lettre du P.Moret a Urbain VIII, ne fut pas « commencé en latin et continué (25) Mémorial de la mission des PP.Récollcts en la Nouvelle-France Scinc-ct-Oise.Scnc H., fonds : Récollcts.Archiv.de (26) Dans son premier article, le R.P.a dit la même chose de la preuve qu'il a cru découvrir dans le texte du P.Lefebvre.Si la nouvelle preuve qu'il annonce s'avère aussi inété produire' * préCC nomenclatures.Cette fois, avant d'aborder a liste des vetements jadis à la mode, liste qui surprendra nous signalons en quelques mots, la présence dansée pou’ • • uuiii tous les noms que nous avons nous n en citerons que quelques-uns.4 ’ 11 y eut des tailleurs «i Adontréa.1 Hpq î/cc?i* en 1677 Pierre'ChSTT *** ^ tailleurs' Par exemple,’ « * ** * qui serait né enS 1 Quant a FranS°ls Audouin, François Audouin exerçai! S°m,?es.PerPlexe.Un taillem et Mgr Tanguay S ï professlün a Montréal en 1741 -trfr 4 Terrebonne £ curieux ùuxdc l'histoire de Montrai m°rt d Un fils dr taill
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