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Titre :
Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /
Éditeur :
  • Lévis :Pierre-Georges Roy,1895-1968
Contenu spécifique :
juillet
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
quatre fois par année
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Références

Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /, 1934-07, Collections de BAnQ.

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LE BULLETIN DES Recherches Historiques VOL.XL LÏvÎsTjUILLET 1034 .LA FAMILLE MARSOLET DE SATNT-AIGNAN “Honorable homme" Nicolas Marsolet, ainsi que le désignent certains documents contemporains, était, dit-on, originaire de Rouen.Une fois seigneur, Marsolet ajouta à son nom celui de Saint-Aignan.Marsolet ne serait-il pas né dans la petite commune de Saint-Aignan-sur-Ry, située à vingt kilomètres de Rouen ?En quelle année Marsolet passa-t-il dans la Nouvelle-h rance ?Parlant de Marsolet et de Etienne Brûlé, Champlain dit qu’ils vinrent ici “petits garçons".L’abbé Laverdière, commentateur des Voyages de Champlain, écrit à ce sujet: “S’il fallait prendre cette expression à la lettre.Marsolet et Brûlé seraient venus en Canada dès 1603, puisque d’après les registres de Notre-Dame de Québec, Marsolet, en 1603, était déjà âgé de seize ans, et Etienne Brûlé parait avoir été à peu près du même âge.Mais il semble qu’il faut tenir compte de l’indignation que soulevait dans l’esprit de l’auteur ia mauvaise conduite de ces deux interprètes, surtout si l’on se rappelle ce qu’il dit ci-dessus ( p.244-5), qu’ils étaient venus avec lui il y avait plus de quinze à seize ans, c’est-à-dire, quelques années avant 1613.En prenant un moyen terme entre ces deux données, qui ne sont évidem-qu’approximatives, on peut affirmer avec assez de vraisemblance, que Marsolet et Brûlé étaient déjà employés, dès l’âge de 18 à 20 ans, dans les voyages de traite et de découverte à l’époque de la fondation de Québec, c’est-à-dire, vers 1608.” 386 — Nous pouvons donc présumer que Marsolet accompa gna Champlain à Québec dès 1608.Marsolet devint interprète en langues montagnaise et algonquine.En 1629, Marsolet fut un des rares Français qui restèrent au pays.Champlain, d’ordinaire si mesuré dans son langage, parle avec beaucoup d’amertume de la conduite de Marsolet et Brûlé en 1629.Le fondateur de Québec, retournant en France dans un des vaisseaux de Kirke, rencontra Etienne Brûlé et Marsolet à Tadoussac, vers le 1er août 1629."Je vis, dit-il, Etienne Brûlé, truchement des Hurons, qui s’était mis au service de l’Anglais, et Marsolet, auxquels je fis une remontrance touchant leur infidélité, tant envers le Roi qu’à leur patrie; ils me dirent qu’ils avaient été pris par force, c’est ce qui n’est pas croyable, car en ces choses prendre un homme par force ce serait plutôt espérer de service (sic) qu’une fidélité, leur disant: “Vous dites qu’ils vous ont donné à chacun cent pistoles et- quelque pratique et leur ayant ainsi promis toute fidélité vous demeurez sans religion, mangeant chair vendredi et samedi, vous licenciant en des débauches et libertinages désordonnés, souvenez-vous que Dieu vous punira si vous ne vous amendez, il n’y a parent ni ami qui ne vous dise de même, ce sont ceux qui accourront plutôt a faire faire votre procès: que si vous saviez que ce que vous faites est désagréable à Dieu et au monde, vous auriez horreur de vous-même, encore vous qui avez été élevés petits garçons en ces lieux, vendant maintenant ceux qui vous ont mis le pain a la main; pensez-vous être prisés de cette nation J.Non, assurez-vous, car ils ne s’en servent que pour la nécessité, en veillant toujours sur vos actions, sachant que quand un autre vous offrira plus d’argent qu’ils ne font, vous les vendriez encore plutôt que votre nation, et ayant connaissance du pays ils vous chasseront, car on se seit des perfides pour un temps, vous perdez votre honneur, on vous montrera au doigt de toutes parts, en quelque lieu que vous soyez, disant: voilà ceux (pii ont trahi leur roi et vendu leur patrie, et vaudrait mieux pour vous mourir que vivre de la façon au monde, car quelque chose qui arrive vous aurez toujours un ver qui vous rongera la conscience, et en suite plusieurs autres discours à ce sujet.Ils me disaient: nous savons très bien que si l’on nous tenait en France qu’on nous pendrait, nous sommes bien fâchés de cela, mais la chose est faite, il faut boire le calice puisque nous y sommes et nous résoudre de jamais ne retourner en France: l’on ne laissera pas de vivre, ô pauvres excusés, que si on vous at-traj>e vous qui êtes sujets à voyager, vous courez fortune d'être pris et châtiés”.Un peu plus loin, Champlain raconte longuement que ce fut par la ruse de Marsolet auprès de Kirke que celui-ci lui refusa d’amener en France, les trois petites sauvagesses qu’il avait adoptées et nommées, Foi, Espérance et Charité.Tl cite même tout au long la lettre mensongère écrite par Marsolet à Kirke pour arriver à ses fins.Champlain donne également le discours de la petite sau-vagesse de douze ans, Espérance, au traître Marsolet, phi-lippique qui se terminait ainsi : “Ah ! perfide, tu es cause de ma ruine, te pourrais-je bien voir sans pleurer, voyant celui qui a causé mon malheur; un chien a le naturel meilleur que toi, il suit celui qui lui donne la vie, mais toi tu détruis ceux qui t’ont donné la tienne sans reconnaissance (le bon naturel envers tes frères que tu as vendus aux Anglais.Penses-tu que c’était bien fait ])our de l’argent vendre ainsi ta nation ?Tu ne te contentes pas de cela en nous perdant aussi, et nous empêchant d’apprendre à adorer le Dieu que tu mécréais, qui te fera mourir, s’il y a de la justice pour les méchants”.A son retour à Québec, en 1632, Champlain pouvait faire arrêter Marsolet et le renvoyer en France où la justice du Roi n’aurait pas manqué de le punir sévèrement.Mais le fondateur de Québec avait l’âme trop haute pair songer à se venger de ceux qui l’avaient si lâchement trahi.Marsolet ne s’amenda pas tout de suite.Le Père Le Jeune, Jésuite, dans la Relation de 1632-1633, se plaint de lui.“L’on n’a jamais rien pu tirer de l’interprète Marsolet, dit-il; il disait pour excuse qu’il avait juré de ne donner rien du langage des Sauvages à qui que ce fût.” Sous M.de Montmagny et ses successeurs, Marsolet rendit d’excellents services comme interprète et comme am- 388 — baladeur auprès des Sauvages.On lui en d >nne ?:r.:hre:e.c*.j it ri- > I" rl Teller it> Ttr-t « Mere satif de Mi .Fans.Mme Mirs let file i'b:o:r*- .-• .•; X ; Mrr> -le: tr.it Mme Le Firbêer Ses Fere Ï-: ‘ .i-i ._ r CCCitrterri .¦ .v.- •'.*> : : ctser.: Let x> s-oenBeleEasst mariés 4- ¦- e • _> e c*.-' M:csr It Lirs.c Gicver- .-'y.'.- - - > : ft-.e-ichiL y.' charrier ecc ¦ MHWBt it L i st Mmwbt (Omet*tr.17 v., — ct it L’Asitst.- it N: 5' Le ?X c '-.nr: x.cv i ec Its cerervcrcs riiraires it UE-i s; .A «: : ;t Me :e; .• e fit r : Mr.'- - ;i ;• t 1 _*"n LeFiriitr si ferme Mr Firm M ; : - M t; r ec si mat L.:cyse CjofEan ferme it M.'¦ it rrvtrr tut Lxrat ¦ mtr- St >x» Lsm-rs ~ it L&'djz Msrs&t 1 r MM* le_ : cr cr« 1 r55 i.xts xiaiiic fâe it tries ¦ .i' •.f.' • : : : “ r ; II s'escirr rrirrré ic- 1 .• m—: ~se .1-ner- re 'em t Mire ils 5e ' 1:- ~r: ~r ¦¦: r : L' „rr er it tarcisst it 5c-* rtr .: L c" «c Mirs -cr Lie it lor Ins Mr- .t: 1 ; *•: • • it .i :,ir L-.se it Imectk.: irtre -re - i izz i.rat trr rassa crtBserEeEJcar *ar t»- ¦ - t: -*:ss- ' .> Tv.cn>:- v:;~S .V _ ZZL ,7" ~ 7 L .- 7 - ' - ' .' 1 : :c: 7 - ' - .• - e i_r~es :70) Aujourd’hui en la présence et compagnie de Pierre Du-quet nore Royal en la Nouvelle-France résident à Quebecq et des témoins enfin nommez, noble homme Nicolas Marsolet seigneur du fief Marsollet s’est transporté au Couvent des Révérends Pères Jésuites scis en la haucte ville de Quebecq et cà la principalle porte et entrée dud.lieu ou estant led.sieur Marsolet auroit sonné une petite clochette ou seroit survenu le frère Guillaume Lozier religieux de la Compagnie de lé-sus portier dud.lieu auquel led.sieur Marsollet auroit demandé si le Révérend Père François Le Mercier supérieur des missions de lad.Compagnie de Jésus estoit aud.couvent ou personne pour luy avant charge de recepvoir les vassaux a la foy hommage a quov led.frère Lozier auroit répondu qu’il alloit présentement advertir led.Révérend Père lequel au mesme instant seroit comparu, et estant led.sieur Marsollet, sans espée nv espérons nud teste, un genouil en terre auroit dit aud.Révérend Père qu'il luv fai soi t et portoit la foy et hommage qu’il est tenu de luv faire et porter à cause de sa terre et seigneurie de Marsollet relevante en plain fief, foy et hommage dud.Révérend Père.Lequel fief appartient aud.sieur Marsolet par tiltre de concession que luy en a donné led.Révérend Père le ving troisie jour de décembre dernier requérant led.Reverend Pere quil luv plaize de Recevoir à sad.foy et hommage à laquelle lesd.Rd.Père la receu et reçoit par ces pûtes à la charge de bailler son adveu et des-nombrement suivant la coustume.Ce fut fait et passé à lad.principalle porte et entrée dud.Couvent le septie jour de janvier Gby( sepante en présence de Charles Terrier et Nicolas — 405 — Gauvereau tesmoins qui ont signé à ccs présentes avecq led.Révérend Père led.sieur Marsolet et le nore François Le Mercier Marsolet Nicolas Gauvereau Charles Terrier Duquet not.Acte de concession de la seigneurie de Marsolet < Loibinière) par Jean Talon à Nicolas Marsolet ( 3 novembre 1672 ) Jean Talon, conseiller du roy en ses conseils d’estat et privé, intendant de la justice, police et finances de la Nouvelle-France, Isle de Terre-Neuve, Acadie et autres pays de la France Septentrionnalle.A tous ceux qui ces présentes lettres verront, salut: Eçavoir faisons, quen vertu du pouvoir à nous donné par Sa Majesté, nous avons accordé, donné et concédé, accordons, donnons et concédons au sieur Marsollet, habitant, demye lieue de front sur une lieue et demye de profondeur, à prendre sur le fleuve St-Laurens, depuis la rivière aux jusques aux terres non concédées, tirant vers la terre Ste.Foyx; pour jouir de la dite terre en fief et seigneurie.luy, ses hoirs et ayans cause, à la charge de la toy et hommage que le dit Marsolet, ses hoirs, et ayans cause, seront tenus porter au chasteau de St.Lotiys de Quebec, duquel il relèvera aux droixts et redevances accoutumez, et au désir de la Coutume de la prevosté et vicomté de Paris, qui sera suivie à cet esgard par provision et en attendant quil en soit ordonné par Sa Majesté, à la charge quil continuera de tenir ou faire tenir feu et lieu sur la dite seigneurie, et quil stipulera dans les contracts quil fera à ses tenanciers quilz seront tenus de résider dans lan et tenir feu et lieu sur les concessions quil leur accordera ou leur aura accordé, et qua faute de ce faire il rentrera de plain droict en possession des dites terres; que le dit sieur Marsollet conservera les bois de ches-nes qui se trouveront sur la terre quil se sera reservée pour taire son principal manoir, mesme quil fera la reserve des dits chesnes dans lestendue des concessions particulières faites et à faire à ses tenanciers qui seront propres à la cons- 406 — traction des vaisseaux; pareillement, quil donnera incessa-ment advis au roy ou à la compagnie royalle des Indes-Oc-cidentalles des mines, minières ou minéraux sy aucuns se trouvent dans lestendue du dit fief, à la charge de laisser les chemins ou passages necessaires; le tout sous le bon plaisir de Sa Majesté, de laquelle il sera tenu premise la confirmation des présentes dans un an du jour dicelles.En tesmoing de quoy nous avons signé ces présentes, à icelles fait apposer le cachet de nos armes et contresigner par nostre secretaire.A Quebec ce trois novembre mil-six-cent-soixante-et-douze.Talon \rarnier Pièces notairccs et autres relatives à la famille Marsolct Prise de possession de la seigneurie de Bellechasse par Nicolas Marsolet, acte de Jean Guitet (6 octobre 1637).\ ente de René Malien à Nicolas Marsolet d’une concession de terre à la côte Sainte-Geneviève, près Québec, acte de Martial Piraube, ( 20 novembre 1640).Concession de la Compagnie de la Nouvelle-France à Nicolas M; irsolet d’un fief et seigneurie, acte de Henry Ban-cheron, ( 16 avril 1647).Attestation de Nicolas Marsolet au sujet du décès de Charles Goiré, acte de Claude Lecoustre, (1er juillet 1647).Concession de la Compagnie de la Nouvelle-France à Nicolas Marsolet de 71 arpents de terre en la côte Sainte-Geneviève, joignant d’un côté Henry Pinguet et de l’autre Noël Pinguet, (29 mars 1649).Concession de M.d Ailleboust, gouverneur de la Nou-velle-brance, à Nicolas Marsolet de seize arpents de terre en superficie sur le bord de la rivière Saint-Charles, (10 février 1651).Mariage de Mathieu Damours des Chauffours avec Marie Marsolet, fille de Nicolas Marsolet de Saint-Aignan et de Marie Le Barbier, acte de Roland Godet, (16 mars 1652).Mariage de Jean Lemire et de Louise Marsolet, acte de Pierre Duquet, (19 juillet 1653). 407 — Ratification par la Compagnie de la Nouvelle-France de la concession de terre faite le 10 février U>51 par M.d'Ail-leboust à Nicolas Marsolet, (28 avril 1662).Mariage de Michel Guyon de Rouvray et de Geneviève Marsolet, acte de Guillaume Audouart, (2Ô août 16(>2).Mariage de François Guyon Després à Madeleine Marsolet, acte de Guillaume Audouart, (20 août 1662).Vente par Nicolas Bonhomme à Nicolas Marsolet, acte de Pierre Duquet, (12 octobre 1664).Vente de Nicolas Marsolet et de Marie Le Barbier, sa femme, a Nos Seigneurs du Conseil Souverain d’une maison pour loger le maître des hautes oeuvres, acte de Michel Fil-lion, (17 janvier 1665).Don mutuel entre Nicolas Marsolet et Marie Le Barbier, sa femme, acte de Pierre Duquet, (20 avril 1665).Acte de procuration de Marie Le Barbier à son mari, Nicolas Marsolet, acte de Pierre Duquet, ( 1(> octobre 1667).Déclaration de Nicolas Marsolet à la Cie des Indes Occidentales pour 71 arpents de terre sise en la côte Sainte-Geneviève, (16 novembre 1667).Déclaration de Nicolas Marsolet à la Cie des Indes Occidentales pour 1() arpents de terre en superficie qu'il possède sur le bord de la rivière Saint-Charles, ( 16 novembre 1667 ).Arrêt du Conseil Souverain dans une cause entre Nicolas Marsolet et Jean Bourdon au sujet d’une concession de terre faite au dit Marsolet, le 10 février 1661 par M.d’Ail-leboust, ( 19 décembre 1667).Déclaration de Nicolas Marsolet à la Cie des Indes Occidentales au sujet d’un jugement du Conseil Souverain rendu en sa faveur le 19 décembre 1667, (12 janvier 1668).Vente de Nicolas Marsolet à Mgr de Laval de certains terrains destinés aux Pauvres de l’Ilôtel-Dieu de Québec, acte de Gilles Rageot, (21 avril 1668).Création d’une rente par l’IIôtel-Dieu de Québec en faveur de Nicolas Marsolet, etc., acte de Gilles Rageot, (21 avril 1668).Révocation par Nicolas Marsolet d'un acte de vente par lui consenti le 21 avril 1668 en faveur de Mgr de Laval, ac- — 408 — quéreur pour et au nom des Pauvres de l’Hôtel-Dieu de Québec, acte de Gilles Rageot, (12 octobre 1668).Vente de Nicolas Marsolet au sieur Le Wallon, acte de Pierre 1 biquet, (26 novembre 1669).Acte de foi et hommage de Nicolas Marsolet aux RR.PP.Jésuites pour son arrière-fief, acte de Pierre Duquet, ( 7 janvier 1670 ).Concession de Nicolas Marsolet à Michel Guyon du Rouvrav, acte de Pierre Duquet, (17 janvier 1670).Vente de Nicolas Marsolet au sieur Le Walon.acte de Pierre Duquet, (26 janvier 1670).Concession de Nicolas Marsolet à Michel Guyon du Rouvrav, acte de Pierre Duquet, (27 mai 1670).Vente de Nicolas Marsolet et de Marie Le Barbier, sa femme, au sieur Pelletier de la Prade de tous leurs droits dans un fief et seigneurie accordé au dit Marsolet, acte de Gilles Rageot.(23 octobre 1671 ).Obligation de Nicolas Baudin, sieur Duclos Dubocq, à Nicolas Marsolet de Saint-Aignan, acte de Gilles Rageot, (28 août 1672).Vente de Raymond Page Querry à Nicolas Marsolet, acte de Gilles Rageot, (9 octobre 1672).Quittance de Raymond Page Querry à Nicolas Marsolet, acte de Gilles Rageot, (22 octobre 1(>72).Démission de Nicolas Marsolet en faveur de tous ses droits dans le fief et seigneurie de Bellechasse, acte de Pierre Duquet, (15 novembre 1672).Jugement du Conseil Souverain qui déboute Nicolas Marsolet de sa demande contre Catherine Leneuf, procuratrice de Pierre Denys de la Ronde, (20 février 1673).Convention entre Nicolas Marsolet et Michel Pelletier de Laprade, acte de Gilles Rageot, (5 octobre 1674).Quittance de Nicolas Marsolet à Louis Pinault, acte de Pierre Duquet, ( 10 août 1676).Concession de Nicolas Marsolet à François Couillard, acte de Pierre Duquet (22 octobre 1676).Quittance de Marie Le Barbier, veuve Nicolas Marsolet, à Guillaume Julien, acte de Gilles Rageot, (25 avril 1677).Mariage de Jean Marsolet et de Marguerite Couture, acte de Pierre Duquet, (19 février 1680). — 409 — Vente de François Gttyon Després à Jean Marsolet, acte de Pierre Duquet, (15 juillet 1680).Mariage de Denis Lemaistre, veuf de Aurore Dsjar-dins, à Marie Le Barbier, veuve de Nicolas Marsolet de Saint-Aignan, acte de Gilles Rageot, (28 avril 1681).Transaction entre François Guyon et Jean Marsolet, acte de Pierre Duquet, (1er décembre 1681).Vente de Jean Marsolet à Georges Haince, acte de Pierre Duquet, (28 mars 1683 ).Procès criminel intenté à la demande de Anne Metru, femme de Jacques Samson, contre Marguerite Couture, épouse de Jean Marsolet, (1685).Vente de François Guyon Després à Jean Marsolet, acte de Pierre Duquet, ( 15 juin 1686 ).Inventaire des biens de Jean Marsolet et Marguerite Couture, sa femme, acte de Gilles Rageot, (3 avril 1687).Retrocession de René Rancher à Jean Marsolet.acte de Gilles Rageot, (21 mai 1 87).Vente de rente par Jean Marsolet à Charles Couture, acte de Gilles Rageot, (6 octobre 1687).Quittance de Marie Le Barbier, veuve de Nicolas Marsolet à M.Gaultier de Comporté, acte de Gilles Rageot, (12 octobre 1687).Bail à ferme de Louise Marsolet, veuve Jean Lemire, à Charles Ransin, acte de Gilles Rageot, (11 janvier 1688).Procès entre Jean Marsolet et Yves Le Roy, (1694).Vente de Jean Marsolet; Louise Marsolet, veuve de Jean Lemire; Geneviève Marsolet, femme du sieur Guyon de Rouvray; et Marie-Madeleine Marsolet, femme de François Guyon Després, à René (sic) de Catalogne, lieutenant réformé, de leurs droits en la seigneurie des Prairies Marsolet, etc., acte de François Genaple, (3 juin 1696).Requête de Marie Marsolet, veuve Mathieu Damours, pour élection de tuteurs à ses mineurs, (27 septembre 1699).Requête de Michel Guyon de Rouvray, veuf de Geneviève Marsolet, pour élection de tuteur à ses enfants mineurs, (1703).Ordonnance de Jacques Raudot, intehdant de la Nouvelle-France, pour régler un procès entre Jean Marsolet et Charles Couture, (30 octobre 1708). — 410 L’APPORT DE CARTIER ET DE JEAN ALFONSE DANS L’ONOMASTIQUE DE LA GASPESIE Une curiosité tout à fait spontanée chez le voyageur en pays nouveau, c’est le sens et l’origine des noms de lieux.La Gaspésie offre à ce sujet une ample matière à des pourquoi fort légitimes qui insistent pour être satisfaits.Aucune partie de la province ne possède un ensemble de noms géographiques plus imprégnés de saveur primitive et fleurant davantage le terroir.11 y aurait beaucoup à dire sur la vie de ces noms de lieux.Plusieurs ont pris naissance pour dis-paraitre presque aussitôt; d’autres ont subi les secousses historiques sans perdre leur droit de cité; quelques-uns, nui méritaient.certes, une existence glorieuse, sont tombés dans un parfait oubli ; il en est dont la vulgarité n’a rien d’attirant, qui ont résisté à toutes les épreuves et jouissent encore d’une singulière vitalité.Cette évolution ou ces transformations obéissent sans doute à des lois obscures que les spécialistes en cette humble branche du savoir semblent définir avec des précisions trop accusées.Négligeons les considérations théoriques, plus ou moins arbitraires et contestables, pour n’examiner que le fait qui commande actuellement notre attention.Duels sont les noms gaspésiens qui datent de l’époque de la découverte?Que des pêcheurs de diverses nationalités aient pris connaissance du golfe et d’une partie de ses côtes, dès le commencement du 16e siècle, la chose peut être difficilement mise en doute.11 n’en reste pas moins vrai que le premier explorateur avec un mandat officiel, celui qui.en tète de la liste, a laissé le récit détaillé de ses recherches et des résultats obtenus, c’est Jacques Cartier.C’est lui le découvreur, qui n’a guère besoin d’être présenté à personne.Il fit un premier voyage, en 1534, un deuxième, en 1535-36, et un troisième, en 1541-42.Certains documents portent à croire qu’il vint lui-même à la rescousse de Roherval, en 1543; mais le fait est contesté.* La relation du troisième voyage n’est qu’un rapport fragmentaire qui nous est parvenu seulement par la traduc- — 411 — lion anglaise de Hakluyt, (1600).Il ne s’v trouve rien concernant la Gaspésie.La relation du deuxième vovage a été publiée, à Paris, en 1545, on 1 appelle le Bref Récit, d après les deux premiers mots de 1 en-tête.L ne seule copie en a été conservée, qui se trouve au British Museum et que la librairie Tross a rééditée, en 1863.Cependant, la Bibliothèque nationale, à Paris, possède trois manuscrits de cette relation, dont un a dû servir à l’édition du Bref Récit.Au point de vue gaspésien, la relation du premier vova-ge est de beaucoup la plus importante.Elle fut d’abord connue du public, en 1556, par la traduction italienne de Ramti-sio: puis, Raphaël de Petit Val fit paraître, à Rouen, en 1598, une version française de l’italien, tandis que Hakluvt, vers le même temps, en donnait une traduction anglaise.C’est tout ce que 1 on possède jusqu en 18f>7.alors qu'on découvrit, à la Bibliothèque impériale de Paris, un manuscrit français qui fut imprimé aussitôt, sous le titre: Relation originale du voyage de Jacques Cartier au Canada, en 1534.Ce manuscrit paraît être de la main d'un ou de plusieurs copistes: les critiques reconnaissent, toutefois, qu’il remonte à la première moitié du seizième siècle, qu’il a plus de garantie d'exactitude qu’une double traduction, que son texte, en général, peut être préféré à tout autre.11 a été photographié en entier et reproduit dans le beau livre de Baxter: A memoir of Cartier.Jean Alfonse, saintongeois, fut le “ pilote très expert” de Roberval dans sa trop fameuse expédition de 1542-43.Que.par commission de son chef, il ait fait un voyage d’exploration vers le Labrador, comme l’affirment Champlain(l) et Chrestien Le Clercq (2), les documents contemporains manquent pour en déterminer l’époque et le parcours.Sa Cosmographie, gardée en manuscrit, à la Bibliothèque nationale de Paris, a été publiée, en 1904, par Georges Musset.Monsieur Riggar, dans sa précieuse et indispensable édition des oeuvres de Cartier, reproduit, en appendice, la partie qui a trait à l’Amérique, après l’avoir de nouveau collationnée sur (1) Laverdière.Oeuvres île Champlain, p.092.(pagination continue).(2) Chrestien Le Clerq.Etablissement de la Foi, I, pp.12-13. — 412 — l’original.Jean Alfonse y manifeste une connaissance personnelle du golfe et du fleuve Saint-Laurent.Tandis que Cartier, le plus souvent, déclare sans équivoque qu’il impose des noms aux lieux qu’il visite: “ Nous nommâmes ce cap”, “nous nommâmes la dite baie ”, etc., Jean Alfonse, à l’encontre, semble se servir de la nomenclature déjà en usage.Rien n’indique qu’il ait baptisé lui-même quelque endroit.D’ailleurs, son onomastique est peu différente de celle de Cartier.Ce dernier avait laissé, avec ses écrits, des cartes que nous 11e retrouverons probablement jamais, mais qui existaient encore, en 1587, au témoignage de Jacques Noël, son neveu.Ceux qui prenaient un vif intérêt aux explorations nouvelles n’ont pas ignoré les cartes de Cartier.11 est évident, en effet, que la cartographie du golfe et du fleuve jusqu’à Champlain dérive de lui et que ces tracés n’ont pu être faits d’après le seul texte de ses récits.On y rencontre certains noms géographiques que les relations ne mentionnent pas: ou bien ils figuraient sur les cartes originales, ou bien ils ont été transmis de vive voix par des marins plus ou moins en rapport avec le découvreur.Il peut se faire aussi que l’imagination des cartographes se soit donné, en certains cas, un trop libre cours (3).Quoi qu’il en soit, nous nous en tenons, présentement, à l’onomastique qu’on trouve dans les textes connus de Cartier et de Jean Alfonse, son contemporain.La haie des Chaleurs “ Nous nommâmes la dite baye La baye de Chaleur.” (Relation originale, au dix juillet 1534).Rien de plus explicite.Le singulier a été conservé jusqu’à Lescarbot, (1609), de Laët, (1630), et Champlain, (1612, 1613.1632), qui (3) Sur Cartier et les Relation*, sur Jean Alfonse e< lu Cuxmotira-phle, on peut consulter avec profit : Baxter.A memoir of Cartier, Biggar.The Voyages of Jacques Cartier.Biggar.The «arh trading companies of New France Ganong.Jacques Cartier's first voyage.Transactions (le la Société Royale, 1887.II, p.131, Ganong.The Carthography of the Gulf of Saint- Lawrence Trans.1889.IT, p.17 — 413 — écrit : “ Baye de Chaleu.” Le pluriel parait sur la carte de Samson, (1656), et a prévalu par la suite, (Denys, 1671; Jumeau, 1685; de l’Isle, 1703; Bellin, 1744, etc.) Le singulier se rencontra encore, cependant, à l’état d’exception, (d’Anville, 1746).Le changement du singulier au pluriel a dû s'effectuer inconsciemment par l’usage spontané et irréfléchi.La Commission de Géographie du Canada (4) voudrait remettre le singulier en honneur.Est-il vraiment possible de corriger une habitude aussi invétérée?Après trois siècles, ne pouvons-nous par regarder l’usage du pluriel comme “ solidement établi " (5), bien qu’il fasse dévier un tant soit peu le sens originel et incline davantage à faire accréditer la méprise de Lescarbot?Le père Jumeau semble avoir fait une tentative infructueuse pour en changer le nom: “Bave des Chaleurs ou de Sainte-Catherine”, écrit-il.sur sa carte de 1685.Jeffervs, (1755), l’appelle “Sterling Bav ”, probablement en souvenir de sir William Alexander, (lord Sterling), qui, sur sa carte de 1624 où il remplaçait les noms français par des noms écossais, avait omis de la désigner.Nous ne pensons pas qu’il faille ajouter beaucoup d’importance à l’expression “ Chaudière”, dont les Anglais ont fait “ Chaudire ”, et par laciuel-le on représente soit la baie des Chaleurs elle-même, soit la baie ou la rivière Ristigouche, soit un cap du côté du sud, (Dalhousie?) ; (Boisseau, 1643: la carte apocryphe de De-nvs; Moll, 1715; the English Pilot, 1702).Une mauvaise lecture ou une confusion en fut probablement le point de départ et l’on cessa complètement d’en faire usage après le premier quart du 18e siècle (6 b Pourquoi cette appellation: baie de Chaleur?Lescarbot, qui suivait la version de Petit Val, où il est écrit: “Leur pays est plus chaud que celui d’Espagne”, s’est permis d’épiloguer (4) 18e rapport, 1927, p.3.(5) 18e rapport, p.12, règle 3.¦ (6) C’est à tort qu’on a prétendu que .Tenn Alphonse employait le pluriel.Le manuscrit de la CostHopruphU', au folio 179.porte très nettement: “Haye de Chaleur’’, au singulier.La traduction île Québec (1843), qui fut faite sur le texte anglais de Hakluyt., est fautive, ef.Bulletin de la Société tie Géographie tie Québec, 1922 p.143, note 2 >.Les notes generales annexées à la Kclation orlgiimlr, ne sont qu’un décalque de Charlevoix. 414 à ce sujet: “ En quoi je ne le croirai volontiers, dit-il, jusqu’à ce qu’il y ait fait un autre voyage, attendu le climat.Mais il se peut faire que par accident il y faisait fort chaud quand il y fut, qui était au mois de juillet ” (7 ).Et encore: “ Tout ce que je doute, en l’histoire des voyages d’icelui Cartier, est quand il parle de la baye de Chaleur et dit qu’il y fait plus chaud qu’en Espagne.A quoi je réponds que connue une seule hirondelle ne fait pas le printemps: aussi que pour avoir fait chaud une fois en cette bave, ce n'est pas coutume” (8).Les remarques espiègles de Lescarbot ont fait leur chemin.N’est-ce pas sur son témoignage que s’est formé le jugement du Père Charlevoix.“ (Cartier), dit-il, entra dans une baie fort profonde où il souffrit beaucoup du chaud, ce qui la lui fit nommer la baie des Chaleurs ” (9).On regarde encore la chose comme un fait acquis et indiscutable.Est-ce bien exact?La Relation orù/inale dit, au contraire: “ Leur terre est en chaleur plus tempérée que la terre d’Espagne”.Rien, dans le reste du texte, n’incite à croire qu’il v eût une température exceptionnellement élevée pendant les huit jours que Cartier passa dans la baie.Depuis deux mois qu’il voyageait dans l'humide et pénétrante fraîcheur particulière aux larges étendues du golfe, surtout à l’époque du printemps toujours tardif, voilà qu’il trouve enfin un climat confortable, tempéré, une chaleur en rapport avec la saison.Le contraste était frappant.Il en est fort aise: il décrit avec complaisance ce pays agréable à voir et si fertile que, partout où la forêt n’envahit pas trop, il y a abondance de blé, de pois et de fruits sauvages.Franchement, n’éprouvons-nous pas nous-mêmes la même sensation de bien-être et le même contentement ingénu lorsque, par bonheur, nous tombons, en juillet, sur ces rives ensoleillées et hospitalières?C’est la douce chaleur estivale qui, dilatant le coeur et l’âme, les dispose à la joie de vivre.Cartier n’a donc fait que traduire une impression de détente que, peut-être, ses compagnons lui suggéraient en répétant: “Il fait bon être ici ! ” (7) The Champlain Society edition, tome IT.p.391.(8) Ibidem, pp.175-176.(9) Histoire et description générale de la Nouvelle-France.Paris, chez Ilollin, 1744, Livre II, p.13. — 415 — Un nom de lieu, qui en caractérise le climat, fût-ce un nom de langue sauvage, a plutôt trait à un état habituel qu’à des cas accidentels.Le fait que les Micmacs appellent Port-Daniel, “Epségeneg”, "où l'on se chauffe”, signifie qu’on y est généralement bien et non pas qu’on y brûle parfois.Comment en a-t-on pu induire que juillet, 1534, fut trè$ chaud dans la région ( 10) ?Bayfield, qui parcourut le golfe avec soin, en scruta tous les ports et y fit des observations minutieuses, dit.dans le Saint Laurence Pilot : " Le climat est plus chaud et le temps de beaucoup plus beau dans la baie des Chaleurs qu’à l’extérieur dans les parties adjacentes du golfe (11)." Voilà ce qui justifiait Cartier de lui attribuer le nom de baie c'e Chaleur, par comparaison avec ce qu’il avait expérimenté jusque-là, sans qu’il soit nécessaire de recourir à l’hvpothèse toute gratuite d’une température tropicale par trop exceptionnelle.La baie des Morues “ La baie des Morues est à quarante-huit degrés de la hauteur du pôle arctique; et la côte git nord et sud, et prend un quart de nord-est et sud-ouest jusques à la baie de Chaleur.” (Jean Alfonse).Ce nom qui désigne l’harmonieuse et vaste baie fermée, d’un côté, par les rouges falaises de Percé et, de l’autre, par les verdures diverses de la pointe Saint-Pierre, n’a pas fie date précise.Il tire sans doute son origine du langage des nombreux pêcheurs qui, en toute probabilité, depuis le commencement du 16e siècle, en toute certitude, depuis Cartier, fréquentaient ces lieux fortunés.L’expression ne se trouve pas dans les relations ni dans l’esquisse partielle qui accompagnent le texte de Jean Alfonse.Lescarbot (1609), connaissait cette baie des Morues par le livre Des Sauvaqes de Champlain, (1603), oû il est dit: “ Puis nous vîmes une autre baie que l’on appelle la baie des Morues laquelle peut tenir quelques trois lieues de long, autant de large à son enfin) Bulletin île in Société de (léographie de Québec, 1922 p.143, note, 25.(Il) Bayfield.The Saint-T.uwrenoe Pilot, 6e édition, Tl, p.20. — 416 — tree ” ( 12).Champlain l’indique en toutes lettres, sur sa carte de 1632.Boisseau et Samson la reproduisirent, en 1643 et 1656, et le nom devint d’un usage courant, aux 17e et 18e siècles.Jumeau, cependant, lui substitue la baie de Saint-François, par une préoccupation évidente de faire figurer des noms franciscains.Quelques cartes, dont une de 1754( ?), d’un auteur inconnu à qui les lieux étaient familiers, l’appelle: “ baiejJe Force Morues ”.Celle fort curieuse de Visscher, (vers 16/0), où les mots sont parfois traduits, souvent modifiés, et qui ressemble à une gageure, contient Moines Bay.Laverdière est d’avis que les Anglais en ont fait d’abord Moines Bay, puis Malbay (13).Un fait curieux à noter, c’est que les premières mentions de Mal Baie se trouvent, en 1724 et en 1727, sur deux cartes de l’Hermite, cartographe du roi de France.Les pêcheurs anglais ont pu y être pour quelque chose, toutefois.Quoi qu’il en soit, l’ancien nom demeure toujours, bien que dénaturé, pour rappeler l’étonnement joyeux de ceux qui, les premiers, puisèrent dans ce réservoir fécond de la richesse gaspésienne.Les monts Notre-Dame La crête blanche qui couronne les terrasses élevées du centre de la péninsule, a été connue sous ce nom de très bonne heure.Clarke, d’ordinaire mieux informé, a tort d’en attribuer la paternité à Champlain (14).Wytfliet, (1597), Belleforest, (1577), Ortelius, (1570), et Mercator, (1569)’ le connaissaient; on le lit plusieurs fois dans la Cosmoç/ra-phic de Jean Alfonse, (1542) : " Et depuis la baie de Chaleur, dit-il, jusques à passer les monts Notre-Dame sont toutes terres hautes, bien bonnes : et sont toutes couvertes d’arbres de diverses sortes, jusques au bord de la mer.” L’expression, absente du texte des relations, paraissait-elle sur les cartes qui les accompagnaient ou bien a-t-elle eu cours seulement dans la conversation, après les découvertes du second voyage?Que Cartier en ait été l’auteur, au moment où il contempla, pour la première fois, cette fascinante terre du (12) The Works of Samuel de Champlain.The Champlain Society edition, tome I, p.167.(13) Laverdière.Oeuvres de Champlain, p.1085, en note.(14) Clarke.The Heart of Gnspé.p.2G0. — 417 — sud, c’est bien ce que la seconde Relation fait entendre.Le 15 août 1535, après s’être rendu compte de l’insularité de 1’Anticosti, qu’il appelle Pile de l’Assomption, il ajoute: “(Nous) eûmes connaissance de terres qui nous demeuraient vers le sud, qui est une terre à hautes montagnes à merveilles; dont le cap susdit de la dite île.et un cap des dites hautes terres gisent est-nord-est et ouest-sud-ouest; et il v a entre eux vingt-cinq lieues.” Sept ans seulement après le passage de Cartier, Jean Alfonse parle des monts Notre-Dame comme d’une chose déjà connue; ces montagnes ayant été aperçues le jour de Notre Dame d’août, 1535, le rapprochement est suffisant pour faire remonter l’appellation au découvreur lui-même.Un cap a attiré son attention.11 n’en donne aucune de-cription et ne fournit aucun point de repère pour le localiser, excepté la distance et la direction qui sans doute sont approximatives: vingt-cinq lieues, à l’ouest-sud-ouest de la pointe nord-ouest de l’Anticosti.D'après les études comparatives de Dawson (15), la lieue de Cartier par rapport à celle de l’amirauté anglaise est de deux milles et demi, à peu de chose près.Pope (16), de son côté, a fort justement observé que les distances contenues dans les relations sont plutôt exagérées.Il ne faut pas perdre de vue, par ailleurs, que jusqu’à Champlain, on suivait exclusivement le méridien magnétique sans se soucier d’en établir le rapport avec le vrai méridien.Ganong (17) a calculé, après un examen soigné des cartes du 16e siècle qui ne représentent les découvertes de Cartier, que la déviation magnétique était alors de 14 degrés environ, au milieu du golfe, tandis qu’elle est aujourd’hui de 28 degrés ouest, presque le double.Ce que dit la seconde Relation de la baie Saint-Laurent (aujourd’hui la baie Sainte-Geneviève) en relation avec la pointe nord-ouest de l’île de l’Assomption répond parfaitement à ces observations.Champlain en confirme la justesse, lorsqu’il dit: “(L’Anticosti) gît est-sud-est et ouest- (15) Dawson.The SainH,awrenoe, p.123.(16) Pope.Jacques Cartier, traduction française, p.39, note 17.’ (17) Dans Biggar.The Voyages of Jacques Cartier.Appendix VII, pp.315-316. — 418 nord-ouest selon le vrai méridien de ce lieu, et au compas de la plupart des navigateurs sud-est et nord-ouest” (18).Al-fonse, en effet, n'affirme-t-il pas: “La dite île est assise nord-ouest et sud-est”?La différence est suffisamment approximative de celle proposée par Ganong.Comme on ne peut tout de même pas pratiquement partager l’étoile des directions en parties infinitésimales, une fraction de plus de la moitié d’un côté ou de l’autre suffit pour déterminer une orientation différente.Partant de ces principes, nous sommes amenés à conclure que le cap des monts Notre-Dame est le mont Saint-Pierre.dont la distance exacte avec l’Anticosti serait de 2d 1-5 lieues.Les Pères du Creux et Jumeau ont sûrement médité les textes avant de dessiner leurs cartes de 1660 et de 1685.Le “ promontorium montium ” du père du Creux et le “cap des monts Notre-Dame” du père Jumeau sont indubitablement placés dans la région du mont Saint-Pierre et du mont Louis.L’anse du mont Saint-Pierre, profonde et parfaitement découpée, produit, vue du large, un majestueux effet.Les montantes de 1800 pieds, qui enserrent cette échancrure béante, semblent surgir des flots et dominent tous les sommets d’alentour.Jean Alfonse qui, vraisemblablement, a recueilli dans le vocabulaire des marins de l’époque l’expression Cap des monts Notre-Dame, semble, de prime abord, le localiser ailleurs.On sait (iue les caps ne manquent pas en pays gaspé-sien et que, de loin, il est facile de prendre l'un pour l’autre.“Le cap de Pile du côté du nord-ouest, dit-il, et le cap des monts Notre-Dame sont nord-est et sud-ouest et il v a de l’un à l’autre vingt lieues.Ht est le dit cap à quarante et neuf degrés de la hauteur du pôle arctique, et est le dit cap haute montagne.” T,a distance est de cinq lieues moindre que celle donnée par Cartier et la direction d’ouest-sud-ouest devient tout simplement sud-ouest.Cela nous conduit vers la Madeleine, à 18 lieues de l’Anticosti.Le père Coronelli subit peut-être l’influence de ce passage dans la traduction fautive de Jean Alfonse par Hakluyt, qui réduit la distance à 15 lieues ( 1 S) Laverdière.Oe.uvres dp Champlain, p.10: — 419 — seulement, pour placer le cap des monts Notre-Dame à la Madeleine, sur sa carte de 1690.11 est vrai que cette langue de terre apparaît singulièrement frappante lorsqu’on remonte le fleuve; elle avance dans la nier plu s que tout autre point du rivage sur un assez long parcours et les collines, dont elle n’est qu'une plus humble projection, ne le cèdent en apparence à aucune de celles qui rendent si impressionnante toute la côte nord de la péninsule.Niais Jean Alfonse ne s en tient pas la.11 fournit une autre indication qui ne cadre pas avec la précédente, ce qui nous incline à croire qu’il y a quelque part un détail inexact dans le texte: “Les Sept-Isles et le cap des monts Notre-Dame, dit-il, sont nord et sud et il y a de l’un à l’autre vingt-cinq lieues.” La ligne nord et sud porte directement sur le mont Saint-Pierre, qu’Alfonse devait aussi avoir en vue plus haut puisqu’il spécifiait: “Et est le dit cap haute nu ntagne.” La pointe de la Madeleine, en effet, n’a iris cent pieds d’altitude et le terrain s'élève doucement pendant un mille avant ,v t-teindre les premiers contreforts de la montagne, tandis qu’au mont Saint-Pierre le Cap, avec une sauvage grandeur, plonge ses pentes à pic dans les eaux du fleuve.Parmi les nombreuses indications fournies par Jean Alfonse.il v en a d’une approximation douteuse, et le texte n’est pas toujours clair.Dans le dédale des directions et des distances multipliées à plaisir, il serait bien extraordinaire qu’il n’y eût pas des incorrections.Tout n'a pas été mesuré au cordeau et les fractions dans l’orientation des points cardinaux ne sont pas toujours exposées.Mais il v a des points indiscutables qui peuvent servir de hase.La baie de Gaspé.avec une déviation magnétique de 14 degrés, est bien nord-nord-ouest et sud-sud-est et la position de l’Anticosti.sud-est et nord-ouest: la pointe des Monts par rapport aux Sept-Isles se trouve sud-ouest et nord-est; l’Anticosti et les Sept-Isles sont est-sud-est et ouest-nord-ouest.Si ces données de la Cosmographie sont exactes, et elles le sont d’après les principes déjà énoncés et le témoignage de Champlain, le sud par rapport aux Sept-Isles est logiquement le mont Saint-Pierre.Ce qui concerne la latitude ne peut guère nous aider.En fait, la Madeleine et le mopt Saint-Pierre sont au 49 l-4e de- — 420 gré.Le seul endroit de la côte qui soit au 49e degré exactement est la Rivière-aux-Renards, dont il ne peut être ici question.Si les latitudes de Champlain (19) ne sont pas absolument au point, à cause surtout des méthodes imparfaites d’alors pour les établir, à plus forte raison.Jean Alfonse, cinquante ans plus tôt, ne pouvait obtenir une précision indiscutable.En tout état de cause, le cap des monts Notre-Dame ne peut être identifié avec la pointe à la Renommée, malgré les dires de plusieurs auteurs (20).Se trouvant presque au sud de la pointe nord-ouest de 1’Anticosti, elle ne répond pas aux exigences des textes cités plus haut.La falaise y est forte sans cloute, mais elle n’est pas l’aboutissant de montagnes comparables à celles qui sont plus à l'ouest sur les hauts plateaux gaspésiens.Ce que Cartier a admiré et appelé les monts Notre-Dame, ce sont les Shickshocks: “Une terre à hautes montagnes à merveilles.” A l’est de la Madeleine, le terrain central s’affaisse de mille pieds et décline encore plus loin pour se terminer au cap Gaspé.Il v a une différence de 3000 pieds peut-être entre l’arrière-plan de la pointe à la Renommée et la chaîne magnifique, à l’intérieur du mont Saint-Pierre et du cap Chat.Or, le cap dont parle le découvreur est dans la région principale des Shickshocks: “Un cap des dites hautes terres, ” affirme-t-il.En regardant le mont Saint-Pierre de 1’Anticosti, l’oeil porte directement sur les plus hauts sommets gaspésiens, à 4200 pieds d’altitude.Jean Alfonse, passant aux Sept-Isles, en détermine la position par rapport aux lieux déjà mentionnés et à quelques autres assez caractéristiques pour servir de points de repères aux navigateurs.Pouvait-il signaler la pointe à la Renommée.très éloignée et inférieure à bien des endroits par l’élévation et le pittoresque, et passer sous silence tout le reste de la rive sud, lorsque, en face de lui.se dressait, provocante, avec ses pics tourmentés et la superbe dentelure de ses gorges, la partie la plus en saillie de toute cette côte: l'Anse-Plettreuse, le Mont-Louis, la Rivière-à-Pierre, la Rivière-à- (19) The Works of Samuel de Champlain.The Champlain Society Edition, tome il, p.199.(20) Biggar.The Voyages of Jacques Cartier.Appendix TT.p.291, note 1.Grant.Leseurbot.The Champlain Society Edition, vol.II, p.71. — 421 — Claude ?D ailleurs, quand Jean Alfonse parle du cap des monts Notre-Dame, on ne peut concéder qu’il ait en vue la pointe à la Renommée, à moins d’accorder à ses directions, contrairement à ce que nous apprennent les cartes anciennes, une déviation magnétique de 28 degrés au lieu de 14, ce qui créerait des difficultés considérables en d’autres parties de son texte.Nous croyons donc que le cap des monts Notre-Dame, c’est toute la proéminence rocheuse entre l’anse du mont Louis et celle du mont Saint-Pierre ; ce dernier, portant au flanc la sanglante blessure de ses ccorchis, en est le point culminant.De très loin et de biais, on a de ces quatre milles de montagnes une vue ramassée, que l’encerclement des deux baies met davantage en relief.C’est un cap peu ordinaire.Après tout, n’est-il pas futile de vouloir fixer avec la dernière exactitude ce que les écrits ne déterminent que vaguement?Ne suffit-il pas de savoir que les premiers explorateurs ont été éblouis, comme nous, par l’aspect grandiose du pays et sa très particulière beauté?Honyuâdo et Gaspc Les traditions plutôt confuses des peuplades américaines ne permettent pas de suivre leurs migrations avant l’arrivée des blancs.Les sauvages que Cartier rencontra à Gaspé, en 1534, étaient des Hurons-Iroquois.Le découvreur note lui-même leurs différences avec ceux de la baie des Chaleurs : “ Ils ne sont pas, dit-il, de la nature, ni langue des premiers que nous avons trouvés.” Bien qu’ils regardassent cette terre comme leur ressortissant, il ne semble pas qu’ils l’aient habituellement habitée, s’v trouvant en excursion de pêche pour la saison : “ Tls étaient venus sur la dite rivière pour pêcher des maquereaux, desquels il y a grande abondance.” Aussi, désignaient-ils le territoire par un vocable spécial à leur nation : “Honquédo”.(La seconde Relation, au 15 août 1535).Si Jean Alfonse ne prit pas lui-même contact avec des membres de la même tribu, ce dont nous n’avons aucune preuve positive, il fit du moins état des observations de ses prédécesseurs.Dans le corps de sa Casino- — 4 22 graphie, il se sert du terme Onguédo lorsque, sur sa carte, il l’écrit sous la forme Unguédor.L’expression “ Terre d’Unguédor ” couvre presque tout l’espace entre Percé et le fleuve, ce qui prouve qu’on entendait par là, comme par le nom qui le supplantera plus tard, non un point unique, mais un district assez étendu.Frappé par les particularités du cap et de la baie, il en donne une fort intéressante description qu’il termine par ces mots : “ Au dedans de cette baie, il y a deux rivières, l’une qui va au nord et l’autre qui va à l’ouest-sud-ouest ; et entre les deux il y a une haute montagne.” Qui ne reconnaîtrait le site du village actuel de Gaspé ?Honguédo a figuré sur les cartes du 16e siècle, avec une orthographe plus ou moins déformée, jusqu’à Les-carbot qui l’emploie concurremment avec Gaspé, ne voulant pas sacrifier l’appellation traditionnelle, à une époque où elle était tombée en désuétude.“ Les sauvages de Gaspé ”, dont parle Champlain (21).qui vont parfois faire la guerre sur la côte nord et.à cet effet, touchent à l’Anticosti ; “ les sauvages canadiens”, qui traversent la péninsule par la rivière Matane et la rivière Matapédia pour se rendre à Percé et à Mi-ramichi (221 ; “les Canadiens”, localisés, sur sa carte de 1612.entre la baie des Chaleurs et la baie de Gasné, sont évidemment une portion de la grande tribu des Micmacs, qui paraissent, à ce moment, être les maîtres incontestés du pays, mais qui, à l’époque de la découverte.étaient encore relégués plus au sud.Un peu plus tard, on les appellera des Gaspésiens.C’est au commencement du 17e siècle que le mot Gaspé devint d’un usage courant.En 1603.Champlain écrivait “ Gachepé ” (ou Gachepey), mais, à partir de 1613.il lui donna la forme qui est restée, bien que, plus tard, il en ait parfois modifié la finale.L’opinion du père Pacifique, appuyée sur l’autorité de l’abbé Maillard, semble indiscutable (23).Gcspcg est un mot micmac qui a le sens de finistère.Il n’v a rien d’étonnant qu’on lui ait (21) Laverdière.Otiuvres (le Champlain, p.1088.(22) The Champlain Society Edition, tome T.pp.108-109.(22) Bulletin de la Société de Géographie de Québec, 1928, p.177. — 4 23 — trouvé de la similitude avec certaines expressions abé-naquises (24) ; on sait que la plupart des tribus de l’est venaient d un fond algonquin commun et que leurs langues étaient plus ou moins apparentées.On ne saurait dire quand les Micmacs, dans un mouvement d’expansion pacifique ou de conquête, prirent possession de l’extrémité de la péninsule.11 peut se faire que ce fût peu de temps après les voyages de Cartier.En tout cas, ils y étaient définitivement installés, à la fin du siècle.Lorsque leur domaine se limitait, du côté du nord, aux rives de la baie des Chaleurs, à Paspébiac et à Tracadigash, et même auparavant, quand ils étaient encore confinés à l’île du Cap-Breton et aux côtes avoisinantes, ces éternels nomades ne pouvaient ignorer l’existence de la pointe orientale qui sépare le golfe du fleuve Saint-Laurent, et ils la nommaient à leur manière.Bien que Gaspé ne paraisse pas dans les écrits de Cartier et de Jean Al-fonse, il pourrait bien être le nom le plus ancien de la côte gaspésienne ; Honguédo et Gaspé sont les vocables de tribus contemporaines, fort différentes par la langue et le caractère, pour désigner un même point géographique.Le mot n’a pas attendu l’occupation du territoire par les Micmacs pour prendre naissance.Et il était connu avant Champlain.Ce dernier fit sa première apparition dans le pays, en 1603.Or.en 1599 et 1600, Richard Hakluyt, qui ne traversa jamais l’océan, traduisait une partie de la Cosmographie et la publiait dans une nouvelle édition de ses Principall Navigations.Tl inséra le mot Gaspé dans le texte de Jean Alfonse (25).C’est le premier témoignage écrit, aujourd’hui connu.Depuis plus de vingt ans, Hakluyt était à l’affût de (24) Romillard.Noms géogrnph'ques, pp.34-35 au mot Gaspé.(25) Texte de Hakluyt, dans Baxter.A memoir of Cartier p.251.On ne pout affirmer hvpo i listes se : “Jean Alfons" est le premier a le mentionner”.(Roy.Gaspé depuis Cartier, p.1fi).T,e nom ne se trouve pas dans le texte de Jean Alfonse, mais seulement dans la traduction an-gla'se de Hakluyt, et dans la version français-'1 air Tfakluvt que oublia la Société Historique de Québec, en 1844.Hakluyt traduisait très librement; il ajoutait ou retranchait à son gré.Il a ajouté “Gaspé".comme synonyme de “baie des Morues” et non pas comme synonyme de “Opguédo”.l’as la moindre couleur du mot Gaspé dans la Coxmogriiphir, (cf.liiggar.I lie Voyages of Jacques Cartier.Appendix II.) 424 — toutes les nouvelles concernant les découvertes de l’ouest.Il a dû entendre bien des histoires et des anecdotes mises en circulation par les pêcheurs qui fréquentaient les eaux de Terre-Neuve et le golfe.Il eut connaissance du voyage de ces Anglais de Londres qui, en 1597, remontèrent la rivière de Canada et touchèrent aux lieux que Cartier avait découverts (26).Un fait certain, c’est qu’il avait entendu parler de Gaspé puisqu’il écrivait : “ La baie des Morues ou Gaspé.’’ Il manifestait par là que si le nom lui était connu, il n’en saississait guère le sens.Dès le commencement, l’expression a dû avoir la même signification que par la suite : le cap, pan de muraille naturelle, bout extrême des chaînons subitement rompus, qui a suggéré le mot ; la baie, si attirante par son étendue et ses horizons ; le bassin, refuge idéal contre toutes les bourrasques, d’où qu’elles viennent ; le poste ou le village des sauvages, secrètement et pratiquement situé sur la grande route des eaux, vers l’ouest par le fleuve, vers le sud par le golfe, vers l’intérieur par la baie des Chaleurs ; le district avoisinant, fécond en ressources variées pour la chasse et la pêche.Champlain, qui ne pouvait ignorer le terme dont se servaient les Hurons-Iroquois pour désigner le Gespcg des Micmacs, le laisse délibérément de côté ; en effet, Honguédo n’avait plus de raison d’être, puisque la nation à laquelle il appartenait ne fréquentait plus ces lieux et que la tribu souriquoise avait établi, à Gaspé, un de ses postes importants.Que le mot Gaspé ait été entendu, pour la première fois, par des européens, aux environs de Percé, à Gaspé même ou ailleurs, la chose est impossible à déterminer et importe peu.Dès l’origine, il a été prononcé avec intérêt et curiosité, il a éveillé dans les esprits des images pittoresques et séduisantes.Le cap de Pratto Le douze de juillet, 1534, Cartier, convaincu qu’il n’y avait pas de passage vers l’ouest par la baie des Cha- (26) Dnwson.The Snint-LnwTenee, pp.224-227. — 425 — leurs, laisse la couche Saint-Martin pour aller explorer en dehors de cette baie ; il se dirige donc vers l’est, le long de la cote, dit la Relation oru/inalc, " environ dix-huit lieues, jusques au cap de Pratto.Et là trouvâmes une merveilleuse marée et petit fond, et la mer fort malle.” 11 fut alors forcé de mouiller l’ancre, “entre le dit cap et une île qui est a l'est d’icelui environ une lieue ”, pour passer la nuit.Le lendemain, il essaya de continuer sa route pour “ ranger la dite côte, qui gît nord-nord-est ”, mais un vent contraire l’obligea de revenir au lieu d'où il était parti.La carte du Dauphin (1546), et Belleforest (1577), écrivent cap du Pré (ou prey) ainsi que l’édition de Petit Val que suivait Lescarbot.Ce dernier, cependant, s’exprime comme le Bref Récit, au retour de Cartier à son second voyage : ” Et fîmes courir jusques le travers du cap de Prato, qui est le commencement de la baie de Chaleur ” (27).Quelle leçon choisir ?(28) Cap de Pratto (ou Prato) se rencontre dans tous les manuscrits et imprimés de la deuxième relation, de même que dans le seul manuscrit que nous avons de la première relation, et dans la traduction italienne.Tl est logique de conclure que cap de Pratto se trouvait dans l’original et que cap du Pré (27) The Champlain Society Edition, livre ITT, chapitre XXVII, p.468.(28) On trouve Pratto on Pratn: lo—Dans la deuxième relation (Rrrf Ri'rit).qui remonte il 1545.2o—Dans les manuscrits encore existants fie la relation du deuxieme voyage.2o—Dans cette deuxième relation, telle que donnée par Lescarbot.en 1609.(C’est d’ailleurs la leçon d’un des manuscrits de la Bibliothèque national 1 4o—Dans la première relation (Rotation originale), manuscrit de la première moitié fin 16e siècle.5o—Dans lîamusio, traduction italienne de la première et de la deuxième reintion.On trouve Pri': lo—Dans l’édition de Petit Val.version faite sur l’italien de Ramu-sio et publiée en 1598.2o—Dans cette même première relation, telle que donnée par Lesear-bot.Il est évident, d'ailleurs, que ce dernier suivait l’édition de Petit Val.3o—Dans Belleforest, (1577), qui devait utiliser l’italien de Ramusio.4o—Dans la carte du Dauphin, (1546), qui écrit prêt/, et l’a pris on ne sait où. — 426 — n’est venu 4.), deux pag'as du manuscrit ont été omises par accident. — 431 — LE MARQUIS DE CRISAFY.SEIGNEUR 1)K LA COTE-DES-NEIGES La carrière des deux aristocrates italiens, Thomas et Antoine de Crisafy, obligés, au X\ 11e siècle, de quitter leur pays d’origine pour émigrer en France et de là au Canada, peut facilement s’établir par le Bulletin des Recherches Historiques, par l’ouvrage de R.-G.Roy sur les officiers d’état major et par le dictionnaire du R.P.Lejeune, mais il y a une chose, mentionnée nulle part, qui attire l’attention des fervents de la petite histoire montréalaise.* * Laissons de côté le chevalier Thomas, car nous n’avons à parler c|ite de son frère Antoine, le marquis.Pourquoi ne rappelle-t-on pas que cet excellent officier, durant son séjour à Montréal, se vit attribuer un fief dans une localité particulièrement à la mode, depuis que le fameux oratoire Saint-Joseph y amène, chaque jour, de nombreux pèlerins ?Comme on le sait, le marquis de Crisafy fut nommé, le 13 février 1697, lieutenant de roi à Montréal, c’est-u-dire gouverneur suppléant et, le 19 juin 1698, on lui remettait la croix de Saint-Louis, décoration très recherchée alors.Afin de l’attacher davantage au pays, semble-t-il, les seigneurs de Montréal, au mois d’octobre suivant, lui accordent un fief à la Côte-des-Neiges.Et c’est ce document peu connu, s’il n’est pas inédit, que nous résumons.Le 30 octobre 1698, tnessire François Dollier de Casson, supérieur du séminaire de Ville-Marie, assisté de maître Jean-François Donnay, procureur des seigneurs, concèdent à titre de fief noble, sans justice, a Antoine, marquis de Crisafy, baron de Fucellin et Galats, seigneur de Alessy et autres lieux, lieutenant de Roy a Montréal, à ce présent et acceptant pour lui et scs successeurs en ligne directe, quatre arpents de terre fie front sur vingt-cinq arpents de profondeur, à la côte des Neiges moyennant la foi et hommage dont le dit marquis est 432 déchargé après qu'il s’est mis en état de vassal ” Au cas où les dites terres en fief passeraient en d’autres mains que celles du marquis ou de ses successeurs en ligne directe, elles tomberont en roture et ceux qui les posséderont devront passer contrat avec les Seigneurs Par le même acte, le marquis de Crisafy obtient “ sur le chemin qui va de la ville à Lachine ”, un emplacement tenant d'un côté au terrain des Sieurs et Demoiselle de la Découverte et, d’autre part, au terrain de Ma-thurin Guilhet.Cet emplacement se trouvait dans cette partie de Montréal qui s’appela le faubourg Sainte-Anne.* * Malgré sa très apparente intention de s’établir à Montréal, le marquis de Crisafy ne vécut pas longtemps dans notre région.Au printemps de 1699, il était promu lieutenant de roi à Québec et, peu après, il y épousait Marie-Claire Ruette d’Auteuil.Au mois de juin 1703, il devenait gouverneur des Trois-Rivières et il décédait en 1709.* * Que devint le fief Crisafy.à la Côte-des-Neiges ?De 19 juillet 1702, Philippe de Rigaud, marquis de \ audreuij, pour lors gouverneur de Montréal, se faisait donner une terre de soixante arpents, voisine du fief Crisafy : puis, en 1704, il se rendait acquéreur du susdit fief.Par la suite, ee coin de terre historique appartint au sieur Duplessis-Faber (1706), à Maurice Pdondeau (1715) et au sieur de Linctot (1750).Kn 1/62, I homas Dufy Desaulniers en possédera une lai ge tranche, mais au XIXe siècle tout sera la propriété de nos concitoyens de langue anglaise : Tohn O’Gilvav (1811); Colin Robertson (1844), etc.Ht * Nous arrêtons ici cette esquisse rapide, croyant qu elle suffit a indiquer que sur la Côte-des-Neiges, comme sur tous les quartiers de Montréal, un historien pourrait trouver la matière de bien des pages E.-Z.Massicotte — 433 — LES SHERIFS DE QUEBEC Les shérifs en Angleterre La charge de shérif dans l’organisation judiciaire a pris naissance en Angleterre.Dès avant l’an 900.le royaume d’Angleterre fut divisé en comtés, qui, eux-mêmes, furent constitués en cités, villes et bourgs.Le shérif était l’officier du comte chargé de maintenir la paix dans son comté.Madox, dans son histoire de l’Echiquier, donne l’origine de l’office de shérif et explique pourquoi on nomme cet officier de justice shérif : “le sheiif tient la place du comte dans les cours où le comte, en raison de sa dignité, partage l’autorité avec le roi, et il semble qu’il tire de là son nom de shérif.Plus tard, les comtes perdirent de leurs prérogatives et le shérif devint plutôt le serviteur ou le représentant du roi lui-même.” La charge de shérif avait une grande importance puisqu’elle fut confiée à l’origine à la noblesse et même aux princes du royaume.Richard, comte de Devonshire, fut shérif du comté du même nom, sous Henri IL Saint Patrice, comte de Salisbury, fut, lui aussi, shérif sous le même roi.Edouard, l’aîné des fils de Henri III, qui devint lui-même roi d’Angleterre, fut aussi shérif.L’office de shérif de Westmoreland était héréditaire dans la famille des comtes de Thavet.On vit aussi plusieurs évêques exercer la charge de shérif.En Angleterre, à cause des responsabilités de ses fonctions, le shérif devait fournir une certaine qualification foncière.James Shepherd ; > D’où venait James vShepherd ?Aucun document ne le dit.Célibataire, M.Shepherd s’enregigtra peu dans les registres de l’état civil, sources si précieuses de renseignements.Tout ce que nous savons sur M.Shepherd antérieurement à son entrée au service du gouvernement du Canada c’est qu’il était déjà établi à Québec en 1764.Peut-être avait-il été inscrit au barreau en Angleterre 434 — avant de passer au Canada, mais il est certain que s’il était avocat il n’exerça jamais sa profession dans la colonie.Le 13 mai 1765, M.Shepherd était nommé greffier de la paix pour le district de Québec.11 remplaçait Jere-my-Condy Russell, décédé deux jours auparavant, et qui avait tenu son office quelques semaines seulement.M.Shepherd conserva la charge de greffier de la paix pendant douze ans, soit jusqu’à sa nomination au poste de shérif.Le jour même de sa nomination au poste de greffier de la paix (13 mai 1765), M.Shepherd recevait une commission de notaire public signée par le général Murray.11 semble que M.Shepherd n’a jamais exercé la profession de notaire.Peut-être le général Murray ne lui donna-t-il cette commission de notaire que pour recevoir les affidavits, assermenter les déclarations, etc, etc.En 1776, le gouverneur Carleton, agissant d’après des instructions venues du gouvernement métropolitain, décidait de nommer des shérifs dans les deux districts judiciaires de Québec et de Montréal.M.Shepherd fut nommé shérif du district de Québec par lettres patentes du 1er mai 1776.Ces lettres, édictées au nom du roi George III, disaient : “ A tous ceux qui les présentes lettres verront, salut.Sachez que, nous reposant sur la confiance que nous entretenons de la loyauté, la prudence et l’intégrité de notre fidèle sujet James Shepherd, Ecuier, de notre cité de Québec, dans notre province de Québec, dans l’Amérique du Nord, avons nommé, commis et appointé, et, par ces présentes, nommons.commettons et appointons le dit William Shepherd pour être notre shérif de notre district de Québec, dans notre province de Québec, pour avoir et tenir le dit office de shérif de notre district de Québec, susdit, avec »v pleins pouvoir et autorité de tenir, exercer et jouir de tous les pouvoirs, juridiction et autorité quelconques qui appartiennent à cet office, et ce durant notre bon plaisir, lui enjoignant de remettre à nous et à nos successeurs nos justes droits, et tout ce qui pourra nous appartenir, et — 435 — nous ordonnons à tous nos officiers, ministres et tous autres fidèles et loyaux sujets de lui porter aide et assistance dans l’exécution de son office de shérif et de lui porter obéissance, en toute chose qu'il conviendra, sous les peines de loi et à leurs risques et périls.” C est M.Shepherd qui, le 16 avril 1800, en sa qualité de shérif du district de Québec, eut l’honneur de saisir les biens mobiliers du Père Casov, dernier survivant de l’Or-die des Jésuites.Le Père Casot était décédé le 16 mars précédent.M.Shepherd dressa un inventaire très détaillé de tous les objets saisis.Il mentionne tout ce qui se trouvait dans 1 ancien collège de Québec : ornements sacrés, argenterie, linge, livres, cahiers divers sur les seigneuries possédées par les Jésuites, lettres, comptes, meubles, ustensiles de cuisine, argent, etc., etc.M.Shepherd, agissant sur les instructions du gouverneur, remit à Mgr Plessis, coadjuteur de l’évêque, et curé de Québec, les vases sacrés, ornements d’église, peintures, statues, etc, etc (1).-M.Shepherd exerça la charge de shérif du district de Québec pendant quarante ans.En mai 1816, devenu impotent, il offrit sa démission au gouvernement.M.Shepherd décéda à Québec le 10 janvier 1822.Son acte de sépulture nous dit qu’il était âgé de 91 ans.L’ancien shérif de Québec, qui ne s’était pas marié, n’ayant aucun parent au Canada, avait légué tous ses biens à sa ménagère, Marguerite Pouliot, veuve de Honoré Salger.Celle-ci fit un noble usage de la petite fortune que lui avait laissée M.Shepherd puisqu’elle est inscrite au nombre des bienfaiteurs insignes du séminaire de Québec.Elle décéda à Québec le 14 juin 1840.Philippe-Joseph Aubert de Gaspé Philippe-Joseph Aubert de Gaspé, né à Québec le 30 octobre 1786, était le fils de l’honorable Pierre-Ignace Aubert de Gaspé et de Catherine Tarieu de Lanaudière.(1) R’inventairo dressf1 par le slif-rif Shepherd a
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