Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /, 1 février 1934, février
LE BULLETIN DES H E CHERCHES III STORK} l'ES VOL.XV LEVIS.FEVRIER 1934 No.2 LA FAMILLE YOU DE LA DECOUVERTE Pierre You était tils de Pierre You et de Marie-Renée Turrot, de Saint-Sauveur, évêché de La Rochelle 11 se joignit à Cavelier de La Salle pour son expédition de la Louisiane.11 est un des signataires de l’acte de prise de possession du pays des Akansas, faite au nom du roi de France les 13 et 14 mars 1682.M.You prit à partir de 1682 le litre de sieur de la Découverte.L’abbé Faillon suppose qu’il adopta ce nom en velu des privilèges accordés par le monarque aux découvreurs.Cette explication n’est guère satisfaisante.You n’était pas.le commandant de l’expédition et il n’avait sûrement aucun droit ou privilège à se donner le titre de découvreur.M.You servit ensuite dans les troupes de la marine comme enseigne.• Tl fit en même temps la traite et établit un poste à l’extrémité ouest de l’île de Montréal qui lui facilita singulièrement ses opérations avec les Sauvages ou les traiteurs en marge de la loi.M.You de la Découverte décéda à Montréal le 28 août 1718.Tl avait épousé, en 1697.Madeleine Just, originaire de Brèves, en Bourgogne, qui lui donna quatre enfants: 1° Pierre You, décédé en bas âge.2° Philippe You né le 3 novembre 1699.3° François-Madeleine You, qui continua la lignée. 4 Joseph-Paschal, qui décéda en bas âge.François-Madeleine d’You né à Montréal le 24 novembre 1700, prit le nom d’You d’Youville.11 épousa, à Montréal.le 12 août 1722, Marie-Marguerite Dufros de la Jem-merais, fille de Christophe Dufros de la Jemmerais et de Ma-rie-Renée Gaultier.M.l’abbé Paillon dit au sujet du ménage d’Youville la Jemmerais: “ Si la beauté du corps et les autres avantages extérieurs pouvaient procurer le bonheur ici-bas, il eut été difficile de trouver une famille plus heureuse que celle de ces deux époux, car M.d’Youville ne le cédait pas sous ce rapport à Mlle de la Jemmerais, étant regardé, à son tour, comme un des plus beaux hommes du pays.” Toutefois, le bonheur de la jeune épouse ne fut pas de longue durée.M.d’Youville dissipa tout son bien et celui apporté par sa femme.M.d’Youville décéda le 4 juillet 1720, à l’âge de 31 ans, à la suite d’une fausse pleurésie.Des six enfants nés de son mariage, quatre moururent en bas âge.On sait que Mme d’Youville, après la mort de son mari, se livra aux oeuvres de charité, et devint la fondatrice des Soeurs (irises ou Soeurs de la Charité, sous le nom de Mère Marguerite d’Youville.bdle décéda a Montréal le 23 décembre 1771.Ses deux fils furent prêtres: L’aîné, Joseph-François, connu sous le nom d’Youville, né le 22 septembre L24.Ordonné prêtre le 23 septembre 1747, il devint curé de Saint-Ours.Décédé le 10 avril 1778, il lut inhumé a 1 Hôpital général de Montréal, à côté des restes vénérés de sa mère.Le cadet, Charles-Marie-Madeleine, connu sous le nom de Dufros, ordonné prêtre le 26 août 1752.fut curé de Saint-Joseph de Levis puis de Boucherville.11 décéda dans cette dernière paroisse le 7 mars 1790.L’abbé Dufros avait écrit une biographie de sa mère.Elle a été publiée en 1930. — 67 — L’HONORABLE M.E.-G.-A.CHARTIER DE LOTBI- NIERE (1) Les préliminaires du traité d’Aix-la-Chapelle, qui devait mettre fin a la guerre de la succession d’Autriche, furent rédigés a la hate et signés le 11 avril 1748, et la paix générale lut rétablie le 30 octobre de la même année.La France restituait toutes les places prises et les pays occupés, rendait Madias, et recouvrait Louisbourg et 1 Acadie, mais la question des limites de cette dernière, indécises depuis 1713, restait en suspens.Deux grandes puissances, l’Autriche et la France, longtemps ennemies, sortaient matériellement amoindries et moralement humiliées de la lutte.La ville de Paris éleva au roi une stakie en face des Tuileries, où la Pompadour le fit représenter sur un char triomphant, délaissant les attributs de Mars pour ceux de Thémis.Et la voix populaire trouva ce dicton: “ Bête comme la paix” (2).En Amérique, les Anglais occupaient le territoire entre les Alleghanies et l’Atlantique: tandis que la France qui contrôlait le Canada et l’Acadie, ainsi que les deux grandes voies d eau, le St-Laurent et le Mississippi, s’implanta aux embouchures de ce dernier, et afin de contenir les Anglais, en L 40.la Oalissonière, le futur vainnueur de Bvng à Minor-nuo ( 1750V envovait M.Céloron de Rlainville revendiquer les prétentions de la France dans la vallée de l’Ohio, où les colons de la Virginie, se faufilant à travers les défilés des Mléghanies, commençaient à pénétrer et entraver le contrôle du commerce de la fourrure.Et pour relier par une chaîne continue le St-Laurent et le Mississippi, on multiplia les postes fortifiés dans les vallées de ces deux fleuves.Ce fut donc en pleine mise en scène de la guerre de Septus que naquit à Québec, le 31 août 1748, Michel-Eustache-Gaspard Alain Chartier de Lotbinière.du mariage de Michel Chartier de Lotbinière et de Louise Madeleine Chaussegros de Léry.Tl fut baptisé le lendemain et eût pour parrain son O) Conférence donnée devant la Société Historique de Ripaud, le 10 novembre à l’oeension de la célébration du troisième centenaire de la concession de la seipneurie de, Tiipaud.(2) Lavisse et Raimbaud, Histoire Qtntrnlr, tome 7, p.208. 68 — grand'père Joseph-Gaspard Chaussegros de Léry, ingénieur en chef de la Nouvelle-France et chevalier de St-Louis.Il y a lieu de croire qu'il passa ses" premières années à Québec et fréquenta le collège clés Jésuites.Tout ce temps, la vie à Québec était très mouvementée, puisque le siège du gouvernement, toute l’organisation civile et militaire y était centralisée.Le départ de contingents pour l’Ouest, l’arrivée de troupes nouvelles de France, le recrutement des troupes coloniales, l’allée et venue de sauvages alliés, devaient exciter la jeunesse et rendre l’application aux pensums plus que moins difficile.Cette atmosphère de lutte, d’anxiété, influera sur le caractère du jeune Lotbinière, dont toute la parenté tant paternelle que maternelle était dans l’administration ou civile ou militaire.Mais le plan formidable de Pitt pour la conquête du Canada se développait: la France avait à faire face a 1 ennemi en Europe comme en Amérique.Si les troupes anglaises n’eurent pas sur le continent les succès qu’ils espéraient, leurs alliés prussiens battaient les Français à Eossbach, comme les Autrichiens le faisaient à Leuthen.En 17aX, les brançais étaient chassés du Hanovre, où ils perdaient 1 1,000 prisonniers, tandis que dans la prise de Cherbourg.les Anglais détruisirent les forts, et brûlèrent 27 vaisseaux, et en Afrique, ils s’emparaient du Sénégal.Pitt tourna alors son attention vers l’Amérique: son plan, la prise de Louisbourg, dénommée la Dunkerque d’Amérique, comme un lias vers Québec: ensuite, celle de Carillon et du fort Duquesne ( 1 ).Il ii entre pas dans le cadre de ce travail de développer ici les péripéties de ces campagnes; mais Oswego, en 1756, et surtout Carillon, en 17r7, en couvrant des lau-riei s de la victoire les armes françaises et canadiennes, por-tèi eut a lem comble 1 excitation et l’enthousiasme fie la jeu-nessr a Québec.En 1/58, Louisbourg dut capituler, laissant 5637 officiers et soldats aux mains des vainqueurs; et M.de Ligne iis a\ait du évacuer le fort Duquesne, non sans avoir infligé de sérieuses pertes à l’ennemi.(1).f Bougainville arrive de France avec la nouvelle qu une imposante flotte anglaise était sur les mers en desti- (1) Purkman, Wolfe and Montcalm, vol.2, pp.232, 281 et 3G9. — 69 — nation de Québec (1).La consternation fut à son comble; et l'histoire nous dit que l’ardeur de la population était telle que les enfants de 15 ans et les vieillards de 80 envahissaient le camp.Si chez cette jeunesse, la valeur n’attendit pas le nombre des années, ne pourrait-on pas dire que la vieillesse ne réussit pas à refroidir l’ardeur des aînés?Vint le siège de Québec avec ses inquiétantes phases.Wolfe avait élevé une batterie à Lévis.T,es citoyens obtinrent de Vaudreuil la permission de l’attaquer: donc, le 12 juillet 1759, le capitaine Dumas traversa le fleuve à la tête de 1200 à 1500 citoyens, quelques indiens, une centaine de soldats des troupes régulières comme volontaires et quelques élèves du Séminaire.L’histoire ne le dit pas, mais il serait permis de croire que le jeune Lotbinière ne tira pas de l’arrière.L’expédition nocturne de nos preux n’eut pas le succès que l’on attendait, vu le manque d’entraînement et le défaut de coordination; mais elle montre au moins que nos pères ne manquaient pas de patriotisme.Cet échec ne suffit pas pour calmer l’ardeur belliqueuse de notre jeune patriote, puisque, après la prise de Québec, le roi signait à Versailles, le 7 février 1760, la commission suivante : “ r>n par T,F.Roy Sa Majesté ayant fait choix du Sr de Lotbinière pour servir dans la seconde compagnie de canoniers bombardiers établie en Canada, elle veut et ordonne qu’il v remplisse l’enseigne en second vacante par l’avancement du Sr Danseville.Mande au gouverneur, son lieutenant général de la Nouvelle-France, de le recevoir et de le faire connaître en ladite qualité d’enseigne en second de tous ceux et ainsi qu’il appartiendra.” Tl avait alors 11 ans et 7 mois.Et ce ne fut pas ses dernières armes.En 1760, le drapeau blanc replia son aile pour repasser les mers et Lotbinière dût passer en France avec son père, où son éducation fut confiée à un M.Berthaud.Tl y resta deux ans et quelques mois.Pendant cette séparation de son fils chéri et de son époux, Madame de Lotbinière était aux Trois- (1) Parkman, Wolfe mid Montcalm, vol.3, pp.IG et 38. 70 — Rivières, doù elle expédia à son enfant une longue lettre en date du 18 septembre 1761, laquelle lui arriva vers février 1762, en ces termes: “ Aux Trois-Rivières, le 18 septembre 1761.“ Mon petit garçon, ._ 11 m reçu (ju une lettre de toi depuis ton départ.Tu min annonces plusieurs et je n’en reçois pas; j’aurai pourtant bien de la consolation d’avoir de tes nouvelles; je compte que ton père ta mis chez des maître pour faire tes exercices u te mettre en état d apprendre ton métier.Si tu as autant d empressement de me revoir que moi, tu feras ton possible pom piolitci des leçons de ceux qui sont proposés pour te monti ei.lâche, mon cher enfant, de bien apprendre car c est le seul moyen de faire ton avancement.Tu as envie de servir dans la cavalerie; si ton père peut t’y placer à la bon-lu in .mais il faut être content dans le métier qu’on prend car ''ans cela on ne réussit jamais si on se dégoûte de celui dans lequel la Providence nous a mis, il faut faire ton possible pour te rendre habile dans l’état où tu te trouveras, c’est le sud moyen de te faire estimer de tous tes camarades.Tu me parais avoir trouvé des spectacles beaux, il faut, mon cher ami, n \ point tant prendre de plaisir; c’est assez souvent la peite des jeunes gens, et tu es dans un pais où tu peux te per-die bien vite si tu te laisses aller à tous les plaisirs; il faut que lu te serves de toute ta raison pour ne point te laisser aller à tout ce qui te paraît si beau car tu serais bientôt dans le cas (le te repentir de t’v être livré et il ne serait plus tems de t’en tu-er.profite donc de ton esprit pour ne l’employer qu’à chose mu puisse te faire honneur.vSois toujours sur tes gardes; ne te livre point a personne qu'il ne soit bien connu et surtout évite la compagnie des jeunes gens qui se livrent à tous les plaisirs et qui te feraient faire des sottises dont tu te repentirais toute la vie, mais d ne serait plus tems lorsque tu te serais donne une mauvaise réputation ; je te crois trop d’esprit pour craindre que tu te donnes au jeu; et à faire de la dépense mal a piopos; tu dois voir que je me prive de tout ce qui pourrait me faire plaisir pour te mettre plus à même de te soutenir ainsi profites-en pour devenir un homme estimable; que j’au- — 71 — rai de plaisir lorsque j apprendrai que tu te conduis comme il laut et que ton père n est pas dans le cas de se repentir de toute la dépense qu'il a faite pour toi ; quelle consolation pour 1 un et 1 autre d avoir un enfant dont on chante les louanges partout; tu es à même de nous donner ce plaisir lorsque tu voudras si tu veux mettre à profit les talents que tu as et suivre les conseils de ton père qui je crois t’aime toujours avec la même tendresse qu’il t’aimait ici.Souviens-toi de bien servir Dieu, c’est le plus grand bien que tu puisses avoir dans le monde puisque nous n'y sommes que pour bien peu de tems et qu’il y a une éternité après pour laquelle nous devons travailler toute notre vie pour nous la rendre heureuse ; car que te servirait, mon cher enfant, d’être heureux dans ce monde si tu étais malheureux dans l’autre; tu es à même de l’être dans l’un et l’autre si tu sers Dieu de tout ton coeur, tu tu seras un honnête homme car c’est le moyen de l’être que d’avoir de la religion; sans cela on fait les plus grandes sottises du monde et on est méprisé de tous ceux de qui on a tant d’intérêt d’avoir l’estime; car qu’est-ce que l’homme sans religion, c’est un monstre dans la nature, réprouvé de Dieu et méprisé des hommes; je te parle, mon cher enfant, comme une mère qui n’est occupée que de ton bonheur pour le tems et pour l’Eternité; ne prends point tout ce que je te marque pour des leçons, je ne t’en donne point; je te parle comme la meilleure amie que tu puisses avoir dans le monde; tu n’en auras jamais qui t’aime aussi tendrement que ta grosse maman qui n’a satisfaction que lorsqu'elle pense à son cher Bignon et aux progrès qu’il fait en sagesse.Je t’entends dire à ton père Maman me prêche tau jours et pourquoi tant d’avis; c’est qu’à ton âge, on n’en saurait trop recevoir; tu es dans le tems où on en a le plus besoin ; je me flatte, mon cher fils, que tu mettes tous ceux qu’on te donne à profit et que je te verrai revenir tel que je te désire.Juge de toute ma satisfaction lorsque je pourrai t’embrasser; je le ferai de grand coeur, je t’assure, et je crois que tu n’en doutes pas.Adieu, mon petit garçon; porte-toi bien et aime-moi toujours comme je t’aime et me crois la plus tendre de toutes les mères.Léry de Dotbinière — 72 — P.S.Fais souvenir ton père de m’apporter ton portrait; ta petite soeur se porte bien; elle est très jolie; Lisette t’embrasse; mesdemoiselles Duplessis et Gatineau t’embrassent; elles se portent bien toutes.” Le fils fit la notature suivante sur cette lettre: “ Cette lettre ère.pour les 'onrniessu".K,, -, ’ ,Sap01r : ^a.moit,e "idivise des seigneuries de Vau-luml et Rigaud du marquis de Vaudreuil pour 14 00011 tournois et 1 autre moitié des dites seigneuries, avec celle de a Nouvelle Reauce, de Mr de Rigaud pour 19,400.» tournois, A ! ts extracts d achapts passés par Nau et Mouette, Nres n -U, r C ° Pans.le?2 & 12 avril 1763’ Pnur lesquels capitaux 1 acquereur etoit chargé de certaines rentes et pen- M"us viagères paiables aux dits sieurs marquis et marquise ' \ audreuil et sieur et dame de Rigaud, ainsi qu’il est mentionne aux actes cy joints, cottés No.1er et No.2a nue nar k’u-M P7biéiP7^Le r™61 Ct SOn confrère Nres a Montréal 1 fie / 1771 le cht Michel Chartier Chevalier de Lot- — 92 — binière père & son épousé firent cession & abandon à votre supliant, leur fils, des dits biens, à la charge par le dernier de paier à Mr Fleury Deschambault connue procureur du M18 de Vaudreuil et sieur & dame de Rigaud une somme de seize mil livres tournois pour solde des arrérages de rentes et pensions viagères à eux dus en vertu des actes cy devant mentionnés & de continuer & paier les dites rentes & pensions par la suite au marquis de \ audreuil.sieur & dame de Rigaud de la maniéré enoncee aux dits actes.Lu outre a la charge de paier à Mlle Demuis 40011 de vingt coppres de rente viagère, laquelle rente avoit été créée par le M18 de \ audreuil, qui en avoit chargé le père de votre supliant.Que de plus votre su-pliant fut chargé par la dite cession de paier 1500" livres de vingt coppres de rente viagère a ses père & mere.Que votre supliant a fidèlement rempli & acquitté toutes les charges du contract passé entre ses père & mère & lui le 14 de 7bre 1771.Cotte No.3eme.Qu’en l’année 1781 votre supliant rendit foy & hommage pour les héritages cy dessus entre les mains de Sii hiéde-rick Haldiman, alors gouverneur en chef de cette province & qu’il fournit ses aveux & dénombrement, Qu’en l’année 1798 le receveur général de Sa Majesté en cette province demande à votre supliant le paiement des droits de Quint dus sur les dites seigneuries de Vaudreuil & Rigaud, tant du chef de son père, que du chef de votre supliant.lequel paia immédiatement les droits de Quint dus par son père pour son acquisition des- Messieurs de Vaudreuil, ainsi qu’il appert par le compte — Le compte & les reçus du receveur général Cottes Nos.4 & 5êrae.Qu’en le tems votre supliant ne croiant pas devoir de droits de Quint pour la cession que lui avoit fait ses père & mère, le receveur général consulta Mr l’avocat & procureur général d’alors.Son opinion du 26 avril 1798 est que le quint est du sur cet acte de cession excepté sur les 16.00011 tournois qui étaient dus pour les arrérages des rentes viagères.Qu’en vertu de cette décision votre supliant a paié en entier le dit droit de quint à l’exception de £: 102-17-1-1/2, & que pour faire le paiement votre supliant fut obligé d’emprunter des sommes d’argent à intérêt & qu’il en doit encore la plus grau- — 93 — île partie.Que depuis quelque tenis, votre supliant auroit été avise par plusieurs gens de loy qui lui ont assuré qu’il y avoit eu une erreur de commise à son sujet & qu’il ne devoit rien aucun quint a Sa Majesté sur l’acte de cession de ses père et mere a lui, parce que c’étoit une anticipation de leur succession & parce que c’étoit le premier arrangement qui avoit eu lieu dans la famille de votre supliant.Qu’en ce moment votre supliant se trouve être père d’une famille naissante & qu il croit de son devoir indispensable de prendre de nouvelles informations sur le sujet.Que cependant, votre supliant est bien persuadé de l’avantage dont un particulier vis à vis d’un aune particulier pourrait se prévaloir en semblable cas, par ( e que le droit de quint est en partie paié; mais qu’il est convaincu qu d n en sera pas de même vis à vis du gouvernement de ba Majesté qui ne voudra pas tirer avantage d’une erreur involontaire & commise de bonne foy de part & d’autre & qui, sous 1 administration bienfaisante de votre Excellence_vo- tre Excellence de vouloir bien soumettre à la décision des iu-tice & d’équité.C est pourquoi, votre supliant ose humblement prier votre Excellence de vouloir bien soumettre à a décision des juges du Banc du Roy de Québec le contract de la cession que les pere & mère du supliant lui ont fais le 14 de 71,ro 1771, à laquelle décision, votie supliant 1 oblige de s'en rapporter entièrement.& votre supliant ne cessera de prier pour le bonheur & pour la conservation des jours précieux de votre Excellence.A Québec le 3° de may 1809.Chartier de Lotbinikre En guerre de 1812 l’arracha encore de ses paisibles oc-i upations de cultivateur: le 3 novembre de cette année, il recevait l’ordre de se tenir prêt à marcher (T).Il éleva des retranchements sur la grande île de Beauharnois, où il aurait reçu le choc des envahisseurs américains si de Salaberrv ne les eût arrêtés à Chateauguay.Le 21 octobre 1813, il écrivait a sa femme (la seconde, Mlle Munroe) en ces termes: f1) 11 était ;l,ors colonel commandant la division de milice de Vau- „ comprenant les bataillons de Vaudrefuil et de la Rivière-du-Chêne— /rapport Ou Col.Edward Bay ne à Sir George Prévost, 30 mal 1813 \ivh pub.du Canada, série C„ vol.678, p.317. — 94 — Du camp, au sud du haut de la longue isle de Beauharnois, le 21 octobre 1813, midi.Ma chère bonne petite femme, J’ai reçu avec toute la joie de mon coeur tes deux lettres du 17 et 18 octobre et avait eu bien avant celle du 11.Je vois ma chère amie que tu envisage les objets comme une épouse tendre et comme une mère très sensible.Cela fait honneur à ton âme et de semblables sentiments sont bien appréciés par ton mari ; mais ma respectable Charlotte, les choses ne sont pas aussi mal qu’on peut vous le dire à Montréal.Nous ne sommes pas encore à la Broche et je ne crois pas même que les Américains nous y mettent cet automne, tu dois donc être tranquille.Ne te tourmente pas et tu voiras qu’avec l’aide, de Dieu, ton mari retournera à toi et à nos enfants en bonne san-et avec son caractère respectable.Sois sure, ma chère amie que je vois tout ce qui sc passe comme toi, mais en ce moment critique, l'honneur trace ma carrière et je ne dois pas en dévier.C’est l'Iionncur seul qui me fait endurer ce que je souffre de misère en ce moment.Ce n'est pas l’envie d’avoir une place — Je n’en veux aucune.Ce n’est pas l’argent, car ma paie ne paiera pas mes dépenses et ce que je fais pour rendre le sort de mes miliciens plus confortables.C’est donc l’idée de ce que je dois à MM.Roy et à mon pais, qui me fait coucher sur la terre, qui m’expose aux nuits froides et qui me fais soutenir toutes les privations que j’éprouve en ce moment.Les motifs sont trop respectables pour que je n’en ai pas la récompense et la seule que je demande à Dieu est de calmer tes inquiétudes et d’avoir le bonheur de te retrouver bien portante ainsi que mes chères petites filles.Je les embrasse de tout mon coeur, ainsi que Marie Mlle Morer?et dis bien des choses au reste de la maison.J’ignore encore le moment de mon retour, mais comme je suis très jaloux de paier mes deptes tu acquitteras les comptes de Wilson, de Russell et Wilkinson.Tu dois avoir plusieurs bills de 25 piastres dans le coffrefort et il y a bien plus d’argent qu’il n’en faut pour cela et si tu as besoin de papiers tu pourras en emprunter chez les MM.Dumas oti chez Lefaivre. — 95 — Mon respectable ami Richardson (1) devait me donner 4 plastre® en Plastres au commencement du mois d’octobre tu pourras les toucher et lui donnera ton reçu en acompte de ce qui m est du par la succession de Alex.Ellice Esq.sur la seigneurie de Beauharnois - avec cela tu auras de quoi vi-ue 11 serait bien necessaire que je pus aller à Lotbinière! C ette campagne actuelle me fait tort de plus de £ 400_En fin que puis-je y faire?Le Col.1 ûlion.(2) embrasse sa chère Adelle — il est actuellement avec moi et te fais ses respects et ses amitiés à toutes nos cheres petites., J„Î'S ailf.her Du Chesnaye que j’ai reçu sa lettre amicale 1 h Elle est très éloquente et ses arguments sont très justes et très forts, mais le vin est tiré et il faut le boire.Te lui fais mes plus sincères amitiés.ns kesom de voir tes plus respectables connaissances 'Ians 1 état ou tu es, ainsi je te recommande de voir M.a'UtrÂS Messrs- dn Séminaire, Mmes Richardson et Metii 11 (nee Charlotte Guillimin — veuve des Rivières?) lais leur mes respects sincères, ainsi qu’à Mde.Robertson son pere, dis bien des choses à M.et Mde.Roy, AT.et Mde St-George, etc., etc.Je suis ma chère petite femme, Ton meilleur ami et bon mari, Chartier de Lotbinière J.S.La garde avancée du Col.Deschambeau (Le Lt.Col.Louis-Joseph Deschambault, quartier maître général de la milice sous sir George Prévost, en 1812) est sur Beauhar-nois et vis à vis moi, commandé par le major McKenzie depuis 2 jours.Le colonel est à une lieue 1/2 plus bas — il sc porte bien ainsi que le.major Mondelet.McKensey est venu iK'i sur.l isle et m’a dis cela.Nous attendons le gouverneur oepiiis hier matin, tous mes 130 hommes sont heureux et con- (1) John Richardson, 1er député do Montréal-Est.Celui qui avait TXT,, ,iL"T193 Suivant 1 archiviste M.Barthe, dans un acte du notaiie Tiottain.en date du 2 juillet 1693, se trouve “ un bénitier de faience.” 1708 L inventaire des biens laissés par feu Paul Le Moyne de Maricourt ne fut dressé qu’au mois d’août 1708 (Adhémar) et il y est fait mention de: — 11 crucifix, — 2 croix sans Christ.— 45 Agnus Dei et — 6 petites “ croix de femmes ” “ ou croix de cou ”, , “ pour la traite ”., 0,1 prétend que l’on donnait alors le nom à’Agnus Dci, a (les reliquaires et aussi à de petites images de piété enfermées dans un médaillon. — 119 — 1719 Lors de l’inventaire des biens de la communauté des Frères Charron, après la mort de son fondateur, le notaire Raimbault prit note des articles suivants : — Un petit tableau du Sacré-Coeur.— Un tableau du Bon Pasteur en miniature.-—Une boîte pleine d’Agnus Dei et de reliquaires.Lu plus, le frère Antoine Girardière avait des paquets d'images et des chapelets.11 est possible que les Frères Charron aient fabriqué des chapelets tout comme le firent les Récollets.(B.R.H., 1896, p.103).1721—L’inventaire des biens du cultivateur Deneau des Taillis (Barette, 20-1-1721) fait mention “d’une image dans un cadre de bois de prunier.” 1726—Par un document judiciaire du 15 juillet 1726 (greffe de Montréal) il appert que Philippe de Rigaud de Vaudreuil possédait deux portraits: un du Roi et un de la Reine.1731 — Le B.R.H., 1933, p.346, pose une question, au cours de laquelle il est dit qu’un M.de Courval (probablement Louis-Jean Poulin de Courval, seigneur de Nicolet), avait un portrait du Roy et que, par une “ étrangeté rare ”, le dit sieur de Courval avait aussi une fillette dont la ressemblance était grande avec l’effigie du “ bien-aimé ” Louis XV.Le père du phénomène jugea qu’il pouvait tirer parti de ce hasard et il ne manqua pas d’en informer les autorités.Celles-ci s’émurent si bien, qu’il en résulta une grave correspondance officielle dont le résumé, sinon le texte complet, est aux archives d’Ottawa.1742 — Charles Robidou, cordonnier du faubourg Saint Joseph, à Montréal, avait un crucifix en cerisier de France qui devint par suite de profanation, " un objet de procession ” (B.R.H., 1933, p.455).1748—Le fameux édit douanier de 1748, fixe comme suit le droit d’entrée en la Nouvelle-France des articles dont nous nous occupons: — Tableaux communs avec cadres en bois, 3 sols pièce.— Tableaux de prix, avec cadres enrichis d’or, d’argent ou de cuivre doré.Droit établi selon la valeur. — 120 — 1755 — En cette année, est célébré, à Montréal, le mariage de Benoit Jacquet " tabletier en nacre de perle.” Les tabletiers fabriquaient non seulement “ des ouvrages analogues à ceux des ébénistes, ” mais aussi des crucifix, des statuettes, des tabatières et des bibelots.1750 — L'officier Sarrobert, à sa mort, laissait: — Un petit Christ d’os, à cadre, sur fond de panne.— Un bénitier de cristal.— Trois petites images avec leurs cadres.(Danré de Blanzy, 8-1-1756).1757 — Dans un inventaire du 27 septembre 1757, on mentionne " un crucifix à cadre doré sur fond de velours noir ”.1760 — L’inventaire des biens de Paul Tessier (Blanzy, 2 juin 1760) nous apprend qu’il avait: — Un tableau de la sainte Vierge avec cadre en bois noir.— Un crucifix à cadre doré, avec fond en velours noir.— Un crucifix en papier.* * * Après 1760 les mentions de cadres, portraits, images sont de plus en plus nombreuses.E.-Z.Massicotte A N TO IX E J K )XCI I If ETIEN 11 était officier de la garnison du fort de Québec, dit son acte de sépulture: “ Le dix-neufviesme jour du mois de janvier de l’an mil sept cent trois a été inhumé au cimetière de cette paroisse, Antoine Bon-Chrétien, oit icier de la garnison du fort de Québec, âgé de trente-cinq ans, après avoir reçu les sacrements de pénitence, viatique et extrême-onction, en présence de Jean Dubreuil, Jean Brassard et autres témoins.” Cet acte de sépulture est signé par François Dupré, curé de Québec. — 121 — LETTRE DU MINISTRE PREVOT A A M.DE LA GESTIERE, EONTENAY t A Versailles le 11 avril 1730 J'ay vu.Monsieur, par la lettre que vous m’avés écrit le 24 du mois dernier que le nommé Louis Brossart, accusé d assassinat et de vol sur les grands chemins, a esté condam-ik pcévostallement a servir a perpétuité dans les colonies, le K’ny ayant réglé qu’il n’y seroit point envoyé de gens de cette espèce, non plus que d’autres criminels, soit pour désertion 1 ‘Uitiement dont la peine seroit commuée, à cause des dé-snolu s que ceux qui ont esté envoyés précédemment y ont cause.Je n ay aucun ordre a vous donner pour le faire transferer attendu qu’il ne seroit point reçu sur aucun Vau.et que 1 intention de Sa Ma1*, n'est point qu’il y soit envoyé (1).L’EMIGRATION AUX ETATS-UNIS TL Y A 40 ANS ET PLUS même PARTIE) Paroisse Saint-Sévérin, comté de Champlain.Population en 1891: 1068.Relevé des personnes de cette localité que l’on disait parties pour les Etats-Unis, le 4 septembre 1892 (1).Ayotte (Chrvsostôme) parti en 1892, pour le Michigan.Bordeleau (Amédée) en 1892, avec sa faniile pour Lowell.Erète (Albert) parti en 1887 pour le Michigan.Erouillette (Onésime) en 1892.avec sa famille pour Lowell.Crète (Léon) en 1890, avec sa famille pour le Michigan.Dery (Norbert) en 1889, pour le Michigan.Gauthier (Wm) en 1892, pour le Michigan.Jobot (Joseph) en 1890.avec sa famille pour Lowell.I rudel (Ernest) en 1880, avec sa famille.N.B.Telles sont les seules informations que nous avons pu obtenir lors de notre passage, en cet endroit, en 1892.E.-Z.Massicotte (1) Archives du Canada. — 122 — LA FAMILLE AL AVOINE On ne trouve nulle part dans nos anciennes paroisses l’acte de mariage de Charles Alavoine avec Marie-Thérèse Machard.Les actes de naissance de leurs enfants Françoise, Marguerite-Charlotte et Charles sont également absents de nos registres.Ce qui veut dire que Charles Alavoine arriva ici avec sa femme et ses trois enfants.Charles Alavoine, qui était marchand, décéda à Montréal le 11 mai 1740.Sa femme, Marie-Thérèse Machard, était décédée douze ans avant lui, le 10 octobre 1728.Françoise, l’aînée de leurs enfants, née aux environs de 1690, se maria, le 8 avril 1909, avec Jean-Baptiste Chevalier.Elle décéda à Montréal le 20 mars 1756.Marguerite-Charlotte, la deuxième, se maria, le 18 mars 1721, à Théophile Barthe.Charles, qui continua la lignée, étudia la chirurgie et exerça d'abord son état à Québec.Il s’établit ensuite aux I rois-kivières.Le roi lui donnait 75 livres par année.Dans leur lettre du 25 octobre 1729, MM.de Beauharnois et Hoc-quart demandaient au ministre de porter ses appointements à 300 livres par année.Ce ne fut que le 1er février 1758 que M.Alavoine obtint son brevet de chirurgien des troupes aux Trois-Rivières.Le docteur Alavoine fut le premier chirurgien de l’hôpital des 1 rois-Rivières.11 fut aussi pendant près d’un quart de siècle le maître-chantre de 1 église paroissiale.A plusieurs î éprises, les paroissiens lui décernèrent des éloges et des remerciements pour les services qu il leur rendait et pour sa bonne volonté et son assiduité à servir gratuitement la paroisse.Le chirurgien Alavoine décéda aux Trois-Rivières le 9 juillet 1764.De son mariage avec Marie-Anne Lefebvre de Lassiseraie (27 avril 1722), il avait eu dix-neuf enfants.I rois de ces entants seulement survécurent à leurs parents: Jacques-Marie Alavoine, né à Montréal le 12 octobre 1724, embrassa la même profession que son père.Le 1er mai 1749, il entrait à l’Hôtel-Dieu de Québec comme chirur- — 123 — gun résidant.Il décéda dans cette maison le 12 novembre 1/àO.François Alavoine, né aux Trois-Rivières le 4 novembre 1/-0, fut lui aussi chirurgien.11 avait précédé son frère comme chirurgien résidant à l’Hôtel-Dieu de Québec et v était mort le 16 juin 1747, à l’âge de 22 ans.I rançoise-Chai lotte Alavoine, née aux Trois-Rivières le 13 mars 1738.tut mariée, le 23 janvier 1738, à Charles d’Ailleboust, veuf de Josephte Bertrand.D’après M.Aegi-gKlms Tauteux, lors du mariage.M.d’Ailleboust était dans sa /Oe année, et Françoise-Charlotte Alavoine n’avait que “° ans; Mme d’Ailleboust passa en France à la Conquête et umnt la légataire universelle du dernier gouverneur de Vati-dmiil.Elle était la filleule de sa femme.Mme d’Aillebous* vivait encore en 1783.Elle résidait à Paris.CHARLES CADIEUX DE CQURVILLE 1 -n îla'leS ^ac^eux c^c Courville était déjà à Québec avant I" 1 .Le Journal des Jésuites nous apprend que le 10 novem-,re MM.de Courville, Simon Guyon et Lespinay partirent en canot pour la chasse des loups marins vers Tadous-s,u\ ^
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