Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /, 1 août 1929, août
LE BULLETIN DES Recherches Historiques VOL.XXXV AOUT 1929 No 8 LE VOYAGEUR KALM El' LES CLOITRES DE QUEBEC De tous les voyageurs qui ont publié leurs impressions sur Québec, le naturaliste suédois Peter Kalin est celui qui nous a donné le récit le plus vivant, le plus intéressant et, ajoutons, le plus vrai.Ceci ne veut pas dire, toutefois, qüe Peter Kalm n’a pas commis d’erreurs sur le compte de la vieille capitale.L’étranger ne fait que passer dans la ville qu’il visite.Malgré sa bonne volonté et les précautions dont il s’entoure, il ne peut tout voir et tout comprendre.Ses observations sont donc forcément superficielles.Pour le moment, nous ne voulons relever qu’une erreur du voyageur Kalm.Elle est, au fond, bien peu importante et si Kalm n’avait pas une réputation établie d homme sérieux nous serions porté à qualifier cette erreur de boutade.Mais comme son assertion est de nature à jeter un peu de ridicule sur les admirables femmes qui habitaient les cloîtres de Québec lors de son passage dans notre pays, il n’est peut-être pas hors de propos de la discuter.Le 8 août 1749, Peter Kalm visitait l’Hôtel-Dieu de Québec en compagnie du médecin du roi Gaultier.Ce dernier était le médecin de la maison.11 avait obtenu de l’évêque de Québec la permission de conduire Kalm dans tous les — 450 batiments de l'Hôtel-Dieu, même dans le cloître.Kalm était luthérien et M.Gaultier, probablement, voulait lui prouver rûlé, tandis que M.Coté ne craignait rien vu qu alors il n’était pas question d’annexion de la Rivière-a-\ eillette a la nouvelle paroisse.Lorsque la division de Ste-Anne fut décidée, M.Morin donne le change à M.Coté et travailla au dénombrement de Ste-Geneviève.Ils se trouvèrent à gagner chacun un point.Le morceau de terre en face de l’église, qui était en bois debout, fut acheté par Augustin Massicotte et payé a\ec 1 argent souscrit par les paroissiens.Ce morceau de terre appartenait a Pierre Ivon et comportait \]/2 arpent s«r 3 arpents.Cette terre a été payée $80.00.Le "vendeur s était i éserve le droit d enlever le hois et s'engageait à reprendre la terre au même prix si l’église n'était pas bâtie.Augustin Massicotte a acheté aussi de Michel Massicotte.avec l'argent souscrit, un terrain de 1JA arpent sur 3 de profondeur pour la somme de $100.00.C’est since teiiain que sont 1 église, presbytère et dépendance et le cimetière.Un autre terrain a été acheté de Flavien Gravel l)A de front sur 2]A de profondeur, pour $80.00 par F.-X.Trudel (père de feu le sénateur Trudel) avec aussi l’argent souscrit.Quand la fabrique a été établie, tout a été cédé à la dite fabrique.Le desservant, M.Caron, se retirait à un mille du village chez le capitaine Augustin Massicotte.On voit encore cet ancien presbytère.Cette maison, en pierre, belle et grande bâtisse, est occupée actuellement par C.Cloutier.Elle est bien remarquable.M.Augustin Massicotte, qui était cultivateur et horloger, avait mis dans la grosse lucarne de sa maison un magnifique cadran en cuivre, qui marche encore quand on veut le remonter.M.Augustin Massicotte avait une maison sur le chemin de front et faisant face a la route de Ste-Anne.t )n voit dans les registres ce qui suit : Augustin Massicotte Ecr Sr Syndic, autorisé par une assemblée de paroisse à retirer lés argents de la fabrique pendant les années 1849, 50, 51, 52.le dit sieur Augustin Massicotte a été déchargé des erreurs qui se trouvent dans ses comptes en reconnaissance des services qu il a rendus a la paroisse, et aussi en reconnaissance du don d’une maison que le curé occupe à la charge seulement par la paroisse de fournir une somme de $50.00.L’intérieur de l'église fini en 1852 — pour la somme de £77.15.0 — La sacristie pour £40.0.0.La 1ère criée des bancs donna £53.2jA.0.Il y avait 300 communiants.Le chemin de croix actuel a été érigé le 1er octobre 1850 par M.Chs.-Ol.Caron.M.le grand vicaire Cooke a planté la croix et fixa la place de l'église.La 1ère cloche, qui est aujourd’hui notre petite cloche, a été bénite par il.le grand vicaire Cooke, de Trois-Rivières, (pii devint ensuite le premier évêque de Trois- Rivières., .Voici l’acte ou la copie : Le quinze janvier mil huit cent cinquante et un, Nous, \ icaire General soussigné, avons béni pour cette paroisse, sous le nom de Thomas, René.Rose, une cloche pesant trois cent quatre vingts livres, sortie de la fonderie de Louis Dupuis, des Trois-Ri- vières, présentée à l’église par René Cadotte Ecr.et Dame Rose Cadieux son épouse, en présence de toute la paroisse assemblée et de plusieurs Messieurs du clergé qui ont signé avec nous.F.-X.Côté, ptre — F.-G.Loranger, ptre — W.-T.Fréchette, ptre — Nap.Kéroack, ptre — P.Patrv, ptre — Chs.-Ol.Caron, ptre — L.Tourigny, ptre — T.Cooke, ptre, Y.G.Ee 4 juillet 1853 — Mgr Cooke, 1er évêque des Trois-Rivières, fait ici sa première visite pastorale.C’est messire Chs-Félix Cazeau (|ui vint vérifier les requêtes demandant l’érection canonique de la paroisse (Décret d’érection canonique).Le 24 juillet 1873 eurent lieu dans cette paroisse trois cérémonies religieuses.\ oici ce que disent nos annales.11 y eut d’abord l’érection flu S.-Rosaire, érigé par M.le grand vicaire Caron, ancien curé de cette paroisse.Il présida ensuite à la bénédiction d’une magnifique cloche, due pour la plus grande partie du montant à la générosité des paroissiens et destinée a l’usage de la paroisse.Cette cloche, sortie de l’établissement de MM.Jones, des Etats-Unis, pèse 1224 livres.Elle reçut au baptême les noms de Marie-Joseph-Prosper.Les parrains furent : Augustin Massicotte.Les syndics nommés pour voir a la bâtisse de l’église, par la paroisse sans curé, furent : Augustin Massicotte, Louis Gagnon, Joseph Ebacher, Pierre Jacob, François-Xavier Trudcl (père de l’ex-sénateur Trudel).Assemblée du 22 mars 1848.Dans 1 après-midi eut lieu la bénédiction d'une grande croix sur la montagne.Cette croix est de 45 pieds de hauteur et recouverte en fer blanc.M.Xavier Cloutier, ptie, enfant de la paroisse (Mgr Cloutier) et professeur au collège des 1 rois-Rivières, fit le sermon de circonstance.Il parla de la puissance de la croix et sut impressionner la foule immense des fidèles venue de toutes les paroisses environnantes.M.Augustin Massicotte dont il est question plus haut, a un frère, Jean, encore vivant.Il a 99 ans et voit — 457 — la cinquième génération en se comptant.Je ne crois pas qu’on voit cela dans le cointé et pas ailleurs peut-être.La maison, donnée par le capitaine Augustin Massi-cotte pour servir d’habitation au curé, avait été rapprochée de l’église et recouverte en briques.Les granges et dépendances donnaient le long du chemin de front.En 1895, le presbytère actuel a été bâti, les granges et dépendances transportées en arrière du presbytère actuel et le vieux presbytère a été démoli.La cheminée, côté nord, du nouveau presbytère a été faite avec de la brique du lambris du vieux presbytère.En 1901, on démolit l’ancienne sacristie et l’on en fit une autre ; on y lit aussi un chemin couvert, le tout en pierre.Le premier acte de baptême de la paroisse fut fait le 23 décembre 1849, c’est celui de Etienne Lacoursière.Le premier baptême pour lequel la première cloche sonna fut celui de Jean Erigon, tils de Joseph et de I len-riette Cloutier, tante de Mgr Cloutier.Le premier service anniversaire pour lequel la grosse cloche a sonné fut celui du père de Jean Erigon, oncle de Mgr Cloutier.Le 22 septembre 1897, grande démonstration en cette paroisse, à l’occasion des noces d’argent de prêtrise de M.E.-X.Cloutier, curé des Trois-Rivières, chanoine et enfant de la paroisse.Mgr Laflèche y a prêché sur le sacerdoce.Un grand nombre de prêtres y assistaient.Le premier août 1899, grande démonstration à l'occasion de la première visite de Mgr Cloutier en sa paroisse de St-Prosper.Ses soeurs, religieuses, et un grand nombre de prêtres y étaient.Le soir, feu d artifice magnifique tiré par un connaisseur de Montréal.Il est sorti de cette paroisse environ 55 religieuses, 33 frères du Sacré-Coeur, 8 prêtres et un évêque : Mgr Cloutier, évêque des Trois-Rivières.Dans sa famille, il y a huit religieuses, deux prêtres et un évêque.Dans une famille Gagnon, il y a cinq religieuses, dans une autre famille Gagnon, il y a cinq frères du Sacré-Coeur.Nous avons, dans notre sacristie, les portraits en grand buste de tous les curés qui sont passés ici. 458 M.l’abbé Gérin, lorsqu’il était missionnaire agricole, a dit dans une de ses conférences à la banlieue des Trois-Rivières : “ De toutes les paroisses que j’ai visitées, celle que j’ai trouvée la plus avancée en agriculture est la paroisse de St.-Prosper.Ayant relevé tous les noms de “ Cloutier ” dans nos registres, j’en ai compté trois cents.La famille Cloutier et la famille Gravel viennent du Château-Richer, près de Québec.Ont été élus marguilliers en exercice les 5 marguil-liers suivants : Jean-Baptiste Lefebvre, Jean Massicotte, Joseph Désaulniers.Le même jour, le 9 décembre 1856, ont été élus les anciens marguilliers suivants : Augustin Massicotte, Joseph Ebacher, Pierre Jacob et Louis Gagnon.Outre la dîme ordinaire, les paroissiens de St-Pros-per s’étaient engagés pour trois ans, à payer la dîme de patates, 1200 bottes de foin, le bois de chauffage et une certaine somme en argent au curé.Pour l’église, on s’engageait à donner tant de journées de corvée, tant de planches, de pierre, d’autres matériaux.Nous avons encore de ces listes de souscription et d’engagement.Il y a maintenant 240 familles, 880 communiants, 395 non communiants, 139 cultivateurs, 101 non cultivateurs, ce qui forme une population totale d’environ 1270 âmes.Un témoin oculaire me raconta hier ce qui suit : Lorsque le grand vicaire Cook vint de Trois-Rivières, autorisé par l’évêque de Québec pour localiser la future église, il se retira chez Augustin Massicotte, à un mille de l’église.Lorsque vint le temps de partir avec la croix qui devait être plantée à l’endroit où est l’église actuelle, il s’adressa aux gens qui s’étaient rendus là pour aller en procession de voiture jusqu'au terrain.M.Cook, qui avait instruction de Mgr de Québec, de donner à la nouvelle paroisse le nom de St-Prosper à cause de la prospérité de cette jeune paroisse, regarde les gens, leur dit : est-ce qu'il n’y a personne qui s’appelle Prosper ici ; on cherche et on lui amène un petit garçon d’une douzaine d’années.Alors il le fait monter en voiture avec lui - 459 et M.Augustin Massicotte, le petit garçon étant debout en avant de la voiture et tenant la croix qui devait marquer l’emplacement de l’église.Ce garçon était Prosper Cloutier, iils de Placide, frère d'Hubert, il est mort en Californie.(Notes anonymes, provenant des archives de la paroisse de St-Prosper et remises à H.-Z.Massicotte, vers 1902).LES DISPARUS L'abbc Antonio Ihiot — Né à Québec le 22 mars 1877, du mariage de Emmanuel Huot et de Caroline Belleau.Ordonné prêtre à Québec le 24 septembre 1899, il s'en alla à Rome pour étudier à la Propagande.Déjà docteur en théologie, il conquit là-bas son doctorat en philosophie.A son retour à Québec, l'abbé Huot fut nommé professeur de philosophie au séminaire de Québec.A peine un an plus tard, la maladie le forçait à renoncer au professorat.En 1901, M.l’abbé Huot devenait l’aumônier de la famille du docteur Jo-sué Pinault qui passait les mois d’été à Minneapolis, et le reste de l’année à Pass Christian, sur les bords du Mississipi.Plus-tard, la famille Pinault vint s’établir à Québec, et l’abbé Huot resta avec elle jusqu’à sa mort.Lors de la fondation de YAction Catholique en 1907, l’abbé Huot fut appelé à y collaborer.Il y travailla pendant plusieurs années et signa des chroniques, des études, des articles toujours remarqués.En 1913.il succédait au chanoine Huard comme directeur de la Semaine Religieuse de Québec.Pendant plusieurs années, l’abbé Huot remplit avec zèle les fonctions de chapelain des Zouaves Pontificaux.Il fut ensuite aumônier des Artisans Canadiens français de Québec.Il décéda subitement à Québec le 7 avril 1929.Nous avons de l’abbé Huot: Le fléau maçonnique ( 1906) ; Le foison maçonnique (1911); Le Bien Paternel (1912), sous le pseudonyme Jean Duterroir; La question juive; quelques observations sur la question du meurtre rituel (1914); L’oeuvre de la reconstruction (1919) ; France et Italie, impressions de voyage (1924); La question juive ehcc-nous (1926); The Jewish Question in Quebec (1926). — 460 — LES SPIRITAINS EN ACADTE Les deux grands missionnaires de l’Acadie, au XVIIle siècle, furent MM.Maillard et Le Loutre, qui ont droit, l’un et l’autre, à une notice spéciale.Après eux viennent MM.Bourg, Allain et Le Jamtel, ainsi que M.Vizieu, dont il fut déjà parlé.On se contentera ici de signaler, en passant, quelques autres Spiritains, qui ont apporté leur concours à l’oeuvre commune, durant la période du Grand Dérangement : MM.Le Guerne, Perronnel, Le Maire, Daudin, Biscarat et Coquart.M.François Le Guerne, arrivé à Québec en 1750, fut chargé de desservir les Acadiens dispersés le long des rivières de Chipoudy, Petcondiac et Memramcouck, avec les pouvoirs de Vicaire Général.“ Il est difficile, dit Mgr Gagnon, d’imaginer un missionnaire plus dévoué à son peuple, plus prudent dans les mesures qu’il propose pour les sauver, plus tenace et plus fort dans la lutte contre les adversités qui pieu-vent de tous côtés.” Il écrivait lui-même à MM.de Drucour et Prévost, le 10 mars 1750: “ La première qualité d’un missionnaire, s’il est digne de ce nom, c’est d’être un honnête homme, et le premier devoir d’un honnête homme c’est une fidélité inviolable à la patrie.” Après le désastre de Beauséjour (1755), M.Le Guerne continua sa tâche de libérateur au péril de sa vie.Il sut déjouer toutes les ruses de l’ennemi, écarter les promesses fallacieuses et réussit a entraîner les habitants au milieu des bois, en attendant le secours de Québec.Sur ses indications, de nombreuses familles purent échapper à la déportation, en se retirant sur le Cap de Cocagne, à proximité du camp de M.de Boishébert.C’est grâce à lui que ces Acadiens sont demeurés français.Il n abandonna la partie qu’à l’extrême limite, après le rappel des troupes.Les Acadiens refluèrent alors sur Québec, et la première démarche de 1 abbe Le Guerne fut d’écrire — 461 — à M.de Vaudrenil, pour recommander à sa haute bienveillance l’infortune des rescapés.Ce vaillant missionnaire était un esprit cultivé.Le Séminaire de Québec lui a dédié cette inscription: A la mémoire du premier professeur de Rhétorique du Petit Séminaire de Québec F.Le Guerne poète et philosophe Né 1724 — Décédé 1789 De fait, il était né en 1725, à Kergrist, Moëlon, près de Rostreney.11 mourut dans sa petite paroisse de St-François, à l’Ile d’Orléans, âgé de 64 ans.En 1725, l’abbé de l’Isle-Dieu fit partir pour la Nouvelle-France deux jeunes prêtres du Séminaire du Saint-Esprit: MM.Le Maire et Perronnel.François Le Maire, curé de Pisiguit et de la Rivière-aux-Canards, ne put résister aux tracasseries des Anglais.Malade de corps et d’esprit, il fut déporté, en 1755, en même temps que MM.Daudin et Le Chauvreulx.M.Perronnel (Jean-Marc), débarqué à l’Isle Saint-Jean, desservit les paroisses de Saint-Louis du Nord-Est et de St-Pierre du Nord.Epuisé de fatigue, il dut rentrer en France, à la fin de 1755, et décéda à l’Hôtel-Dieu de La Rochelle quelques années plus tard, vers 1758.Le plus actif collaborateur de M.Le Loutre fut son ancien camarade de séminaire, Henry Daudin, qu’il avait amené de France, en 1753.Agréé par Hopson pour la cure d’Annapolis, Daudin correspondait subrepticement avec l’abbé Le Loutre et le tenait au courant de tout ce qui se passait dans les territoires envahis.En dépit de toutes les instructions qu’il avait reçues “ sur la manière de se conduire vis-à-vis du gouvernement anglais, pour ne point se commettre et, en même temps, ne pas s’écarter des vues et des intérêts de la Cour ”, M.Daudin ne tarda point à devenir suspect, et pour cause: “ Ma présence commence à nuire — écrit-il à M.Le Loutre, 10 août 1754, — je suis trop aimé des habitants, surtout depuis que j’ai désobéi aux trois or- 462 — (1res que j’ai eu d’Halifax de prendre des permissions, je suis résolu à tenir bon et les habitudes ne sont nullement de me laisser amarrer.Vous devez apprendre de mes nouvelles qui doivent vous certifier que vous n’avez pas amené de France un homme de paille.” Daudin répondait amplement aux espérances qu'avait fondées sur lui l’abbé de l’Isle-Dieu, disant: “ C’est un homme fait et formé, qui a du zèle, de l’esprit, de l’expérience, capable d’entrer dans les vues de la Cour et de les bien remplir.” Henry Daudin avait assurément toutes les qualités requises pour mener à bien la mission délicate dont il était chargé: servir discrètement d’intermédiaire entre les autorités françaises et les malheureux Acadiens, retenus par la violence et par la ruse sous la domination des Bostonnais.11 remplissait son rôle en conscience, avec autant de souplesse que de fine diplomatie : mais le bouillant abbé était loin de se douter qu’il donnait de lui-même dans un piège.Toutes les lettres qu’il adressait confidentiellement à M.Le Loutre, passaient sous les yeux du traître Pichon, qui s’empressait de les transmettre à ses bons amis d’Halifax, et bientôt avis fut donné au capitaine Murray d’avoir l’oeil sur Daudin.A la suite d’incidents survenus entre le commandant du Fort Edward et les habitants de Pisiguit, pour la fourniture du bois de chauffage, le missionnaire, qui avait pris, avec une certaine vivacité, la défense des Acadiens odieusement brimés, fut incarcéré à l’ile Saint-Georges d’Halifax, puis relâché peu de temps après, sur les instances de ses paroissiens.Arrêté de nouveau le 1er août 1755, il fut embarqué à destination de l’Angleterre, après deux mois de détention, et put finalement regagner la France, le 8 décembre.Il mourut vers le milieu de l’année suivante, au moment où il se préparait à repasser en Canada.C’était, au dire de l’abbé de l’Isle-Dieu, “un prêtre d’une intelligence fort distinguée et d’un courage à toute épreuve.” Ses anciens paroissiens de Port-Royal et de Pisiguit ne l’avaient point oublié; ils le priaient, en 1756, de faire connaître au roi leur fidélité." La pauvreté, l’exil et tous les malheurs (au péché près) — écrivaient ces braves Acadiens — ne sont pas capa- blés de nous faire changer de sentiments.Nous sommes français et nous roulons mourir français! ” C’est à ce jK»int (]tie le missionnaire avait su, au cours de deux années seulement de ministère, affermir le patriotisme des infortunés colons de la terre acadienne, à l'heure meme où la France se voyait contrainte de les abandonner à leur malheureux sort.Le 8 juillet 1755, partaient de La Rochelle trois nouveaux Spiritains: MM.Biscarat, Kudo et Coquart.Nous connaissons déjà M.Undo, qui administra, pendant vingt-cinq ans, la paroisse de la Sainte-Famille, à F1 le d’Orléans.à/.Jean Biscarat, curé de St-Pierre du Nord, à F Isle Saint-Jean, fut pris par les Anglais, en 1758 et déporté avec ses paroissiens.Il mourut à son arrivée, dans un port d’Angleterre, épuisé par les privations et par les mauvais traitements.il/.Guillaume Coquart, après avoir missionné quelque temps à F Isle Saint-Jean, put rejoindre le P.Germain, chez les Abcnaquis de la rivière Saint-Jean et desservit le Fort de Mcnayouech.En 1759, il prêta serment d'allégeance entre les mains du général Monckton; ce (pii n’empêcha point les Anglais de le déporter, quelques mois plus tard.Rentré en France, au début de 17(>1, il devint curé de St-Mathieu de Morlain.A.David, S.Si*.LES DISPARUS Mgr François-Norbert Blanchct — Né à Saint-Pierre de la Rivière-du-Sud le 3 septembre 1795, il fut ordonné prêtre le 18 juillet 1819.En 1838, il quittait la province de Québec pour les lointaines missions de la Colombie Anglaise Sacré évêque de l’Orégon le 25 juillet 18-I5, il fut.en 1850, promu archevêque.Il décéda le 18 juin 1883.Mgr Blanchct est Fauteur d’un petit ouvrage anonyme Historical Sketches of /lie Catholic Church in Oregon.11 composa aussi tin résumé de l’histoire et de la doctrine catholique en images qu’il appela F Echelle Catholique et (pii eut un grand succès chez les Sauvages qu’il évangélisait. — 404 UN MANTELET PROTESTANT Le notaire Ferdinand Filteau résida à Sainte-Gene-viève-de-liatiscan, de 1836 à 1891.Très actif, il ne se contenta pas de dresser des minutes.A son étude de notaire, il adjoignit un magasin général.En plus, à des époques déterminées, il se faisait tabellion ambulant et parcourait, pendant quatre à six semaines, les campagnes environnantes, rédigeant sur place des contrats, des quittances, des testaments et des donations que les gens, vu les distances et l’état des chemins, n’avaient pu aller faire écrire par un homme de loi.Mais ses occupations nombreuses n’empêchaient pas le notaire Filteau de s’accorder des distractions intellectuelles.Jusqu’à ses derniers jours ce fut un grand liseur.Il aimait surtout les ouvrages qui traitaient d'astronomie, science qui l'attirait beaucoup.Enfin, il causait plaisamment et racontait volontiers une foule d’anecdotes dès qu’on voulait bien prêter l’oreille et paraître s’intéresser.De ces anecdotes je n’en ai conservé que deux et les voici: “ b ne fois, on m'appela pour rédiger le testament d’une dame brigon, de la Rivière-à-Veillet, au nord de la paroisse Sainte-Geneviève-de-Batiscan.Par la même occasion, on ni avait recommandé de choisir {jour la pauvre v ieille mourante un mantelet de la meilleure indienne que j’avais.Croyant faire un bon coup, dès mon arrivée à la maison Frigon, je me rends au lit de la malade et, en homme sûr de son affaire, je l'interpelle: — 1 enez, madame Frigon, je vous apporte un mantelet de ma plus belle indienne anglaise.— Quoi! de l’indienne anglaise?—Non, non, je n’en veux pas.Ce n’est pas à la veille de mourir que je vais me mettre un mantelet “ protestant ” sur le dos.La mère Frigon pensait évidemment que porter un vêtement fabriqué par des Anglais qu’elle n’aimait pas, c’était comme si elle eût changé de religion.E11 voici une autre: — 465 — “ Un jour (iue je venais de terminer la rédaction d’un contrat de mariage, je me levai soudainement et suivant la coutume j’embrassai la demoiselle qui s avançait pour signer., Le futur fut tellement outragé qu'il me mit à la porte et refusa net de me laisser terminer le contrat.Ce futur avait-il obéi à un simple mouvement de jalousie, ou bien, comme je n’étais pas beau, me jugeait-il indigne cl’exercer un privilège que l’on concéderait volontiers alors aux tabellions?Je n’ai jamais pu le savoir au juste.” Le notaire Filteau dont la carrière fut longue, mourut le 29 juillet 1891, âgé de 78 ans.E.-Z.Massicotte LE SIEUR DE SAINTE-THERESE DE LANGLOI- SERIE Brevet d’enseigne pour le sieur de Sainte-Thérèse de Langloiserie : Nous Commissaires du Con.el députez par le Roy pour la Régie des Affaires de la Compagnie des Indes, en conséquence de 1’Arrest du Conseil du 15 avril 1721.Sur les bons témoignages qui nous ont esté rendus de la valeur et bonne conduite du Sr de Ste-Thérèse de Langloiserie, nous l’avons nomme, commis et estably, nommons, commettons et establissons, enseigne d’une compagnie d’infanterie à la Louisiane en vertu du pouvoir accordé par le Roy a la Compagnie des Indes par les lettres patentes cle Sa Majesté du mois d’aoust 1717, pour en lad.qualité faire les fonctions de lad.charge et en jouir aux appointemens qui luy seront ordonnez par les estats de dépense de lad.compagnie ; mandons au Sr Le Moyne de Bienville, commandant général de la province de la Louisiane, de faire recevoir et recon-naistre led.S.Ste-1 herèse de Langloiserie en qualité d enseigne de tous ceux et ainsy qu’il appartiendra.Fait à Paris le 19 may 1722.(Signé) Fagon, de Ma-chault, Fontanieu (1).(1) Archives de la province de Québec. LETTRE CIRCULAIRE SUR LA MORT DE SOEUR GENEVIEVE-AGNES SKANND’HARON, DITE DE TOUS LES SAINTS, RELIGIEUSE 11URONNE Mes révérendes mères et très chères soeurs, La paix et l’amour de Jésus en la sainte Croix.Il semble que! N.S.se plaise au choix que nous faisons des filles du pays, puisqu’il en veut tirer les prémices nous les ravissant pour le ciel.Le 23e mars 1657, notre petite communauté y donna la première fille religieuse native du pays, et le 3e novembre de la même année, la première sauvagesse.Ceux qui connaissent l’humeur inconstante et libertine des Sauvages auront de la peine à se persuader qu’une jeune fille ait voulu se captiver aux exercices de la religion, et a garder la clôture.Mais la grace, qui fait trouver de la douceur et facilité dans les choses les plus répugnantes à la nature, a trouvé tant d entrée dans le coeur de cette chère fille, que nous avons toutes admiré les aimables conduites de Dieu sur elle.Elle nous fut donné le mois de mai 1650, âgée de huit a neuf ans ; elle était Idle d’un des principaux capitaines luirons, ses père et mère étaient excellents chrétiens, et elle était la première enfant née de mariage légitime.Si tôt quelle fut avec nous, elle s’appliqua fortement à apprendre la langue française, et y réussit si bien qu avant un an, elle la savait toute : elle apprit à lire et éciiie, et surpassait toutes ses compagnes françaises.Nous avons souvent admiré qu’une sauvagesse nourrie et élevée dans les bois pût si tôt et si facilement comprendre des choses si éloignées de leur façon de faire.Son esprit ne tenait rien du sauvage et son naturel était excellent.Elle ne savait de* quelle couleur était le vice, et si parfois elle faisait quelque petite faute, elle ne cherchait point d’excuse pour la couvrir, mais incontinent elle s’en accusait.Sa grande sincérité était une marque de la bonté de son coeur.La maîtresse des pensionnaires les iepienant, si elle croyait avoir failli, elle excusait incontinent les autres, et mettait tout le tort sur elle, ne — 467 — pouvant souffrir qu’on accusât ses compagnes, aussi l’aimaient-elles uniquement.Après qu'elle sut lire et écrire, on la mit à la cuisine pour la tenir toujours dans un esprit de soumission, elle s’y comporta avec tant de ferveur et d’humilité, que cela nous donnait à toutes de l’étonnement ; jamais on ne l’a vue se plaindre ou murmurer.Si deux ou trois lui commandaient diverses choses à la fois, elle ne s’en fâchait point, mais avec une grande douceur faisait, autant qu’elle pouvait, tout ce qui lui était commandé.11 y avait du plaisir à la voir quitter des cinq ou six fois une chose pour en faire une autre, ce qu’elle faisait avec autant de gaîté, que si on lui eût laissé faire tout ce qu’elle eût souhaité.Le grand désir qu’elle avait d’être religieuse ne lui faisait trouver rien de difficile, quoiqu’à raison de l'humeur inconstante et libertine des sauvages on l’éprouva par toutes sortes de moyens, sans toutefois que pendant sept années qu’elle a été avec nous, nous ayons pu remarquer aucun changement dans son esprit.Elle appréhendait plus que la mort de retourner avec ses parents.Et un jour, autant pour l’éprouver que pour faute qu’elle avait faite, on la fît venir au réfectoire devant toute la communauté, et l'ayant reprise assez sérieusement, on lui donna le choix de sortir ou de recevoir correction de toutes.Cette pauvre innocente n’eut pas plutôt oui le mot' de sortir, que de grosses larmes lui coulèrent des yeux, et joignant les mains, elle nous pria de ne la point mettre dehors, et qu’elle était prête de recevoir telle correction qu’on voudrait.A même temps elle commença à s’y disposer ; on n’avait garde de passer outre.C’est une chose si peu usitée parmi les Sauvages d’être réprimé de quoi que ce soit, qu’un enfant arracherait les yeux â sa mère, qu’on ne lui en dirait jamais rien, on ne sait ce (pie c’est de les contrarier ; ils font absolument leurs volontés en tout.Or il est assuré qu’il fallait une grâce toute extraordinaire en cette âme innocente pour la résoudre â ce qu’elle appréhendait très fort naturellement.Les parents lui ont donné beaucoup d’attaques pour l’obliger â sortir, mais elle a toujours été ferme comme - 468 un rocher.Tant de résolutions ont été suivies de beaucoup de grâces ; entre lesquelles celle d’avoir été reçue au noviciat n’est pas la moins considérable.Ce fut le jour de l’Annonciation de la très sainte Vierge de l’année 1(>57 ( 1 ), qu’elle commença à faire les fonctions de la religion avec autant d’exactitude qu’une ancienne professe.Elle donnait beaucoup d’édification par son humilité, sa sincérité et sa dévotion, surtout à la sacrée mère de Dieu qu’elle aimait d’une tendresse nonpareille : elle a toujours continué dans ces dispositions, et nous donnait de grandes espérances pour le futur ; mais Notre-Sei-gneur qui est le maître absolu de ses créatures, en a disposé autrement, car au commencement de cette course, il 1 a ravie à la terre pour le ciel, lui envoyant une maladie Propre des Sauvages, qui est une langueur jointe à une fièvre lente, qui les consume peu à peu.Ce fut pendant ce temps-là, qu’elle montra que sa vertu était aussi forte pour 1 animer a la patience, qu'elle avait paru paisible dans sa parfaite santé ; car elle ne laissait pas de travailler autant et plus que ses forces le lui permettaient, et se trouver à toutes les observances.Que si elle avait du temps, elle l’employait à visiter le très Saint-Sacrement avec une dévotion nonpareille.Le mal s’augmentant, elle se rangea à l’infirmerie le 4e octobre, et aussitôt elle demanda un crucifix, qu’elle ne quitta jamais et qui faisait son plus ordinaire entretien i elle n omit aucune de ses petites devotions, quoi-qu elle eût une oppression violente.Si quelquefois l’infirmière lui disait de cesser à dire son chapelet, elle obéissait doucement un peu après elle lui assurait que ce lui était un divertissement.Le naturel sauvage pousse à une liberté sans retenue et vouloir absolument tout ce qu’il lui plaît, ou fuir ce qui lui déplaît.Elle avait parfaitement dompte ce monstre sauvage, en sorte que si elle s était laissée emporter a quelque légère impatience, vous la voyiez en un moment revenir, et nous en demander mille fois pai don.Son innocence était telle que plusieurs fois lui dé- ni on a voulu sans doute écrire 1650.Et pourtant elle est entrée au noviciat en 1657.On corrigerait tout, en ôtant le mot ‘dernière”. — 469 — mandant si elle voulait aller en confesse, elle me disait: ‘ Mon Dieu, que dirai-je?car je n’ai quoi que ce soit à dire depuis ma dernière confession, ” et puis, se mettant à pleurer, elle me disait: “ Ma mère, je n’ai point d’esprit, c’est mon aveuglement qui m’empêche de connaître mes péchés, je vous prie, faites-m’en souvenir.’’ Jamais, quelque faible quelle fût elle ne se put résoudre à communier dans son lit : elle alla toujours au choeur jusqu'à trois jours avant de mourir.Des dispositions si rares dans une âme sauvagesse donnèrent pour ainsi dire jusqu’au coeur de Dieu, lequel voulut promptement cueillir ce fruit mûr.M .apercevant qu elle abaissait beaucoup, et voyant que depuis longtemps elle souhaitait le saint habit, après en avoir conféré avec Mr 1 abbé de Quélus pour lors notre supérieur et avec la communauté, il fut résolu que cette grâce lui serait accordée le jour de Tous les Saints, ce qui fut fait avec toutes les cérémonies que sa maladie pût permettre.Si jamais (j'ai) vu la joie dépeinte sur un visage, ce fut sur celui de cette chère soeur : elle fit toutes les demandes avec une présence d’esprit admirable.Après qu’elle eût reçu le saint habit, Air l’abbé lui donna le saint Viatique, et peu de temps après elle lui demanda le nom de tous les Saints, ce qu’il lui accorda.Nous ne pouvions nous lasser de bénir Notre-Seigneur des grâces qu’il versait dans cette âme innocente, et depuis ce jour-là jusqu’à sa mort, elle ne se contenait de joie, se voyant religieuse hospitalière, et la première sauvagesse de ces contrées, à qui Dieu ait accordé cette grâce.Nous ne l’avons possédée que très peu sur terre, et son mal croissant, je fis appeler notre supérieur, lequel lui administra le saint sacrement de l’extrême onction, quelle reçut avec une tiès singulière présence d’esprit.Et depuis ce temps-là elle s occupa continuellement à former des actes d amour et de confiance en Dieu, et de résignation à sa sainte volonté.Le samedi, 3e novembre, je lui demandai si elle ne voulait point faire les voeux: " Ô ma chère mère, me dit-elle, tout à l’heure, s'il vous plait : n attendons plus, je mourrai bientôt.” Je fis appeler toute la communauté, et en présence de toutes, elle prononça ses voeux, et après, faisant mille beaux colloques à Notre-Seigneur et a sa Sainte Mère,’ elle — 470 — sentit les approches de la mort.Elle demanda la dernière absolution que monsieur le Béy notre chapelain lui donna.Après quoi priant actuellement pour madame notre fondatrice, pour monsieur et madame Bodeau, de Paris, qui l’avaient adoptée pour leur fille, et pour la conversion de ses compatriotes, elle rendit son esprit à celui qui l’avait créé pour sa gloire le 3e novembre, âgée de quinze ans.Je vous prie, mes chères mères, de lui accorder les sufi rages que vos charités lin croient devoir, afin de satisfaire à la justice divine, s il lui restait quelque chose à payer.Je vous en conjure et de me croire Mes Rdes Mères et très Chères Soeurs, A °tre très humble soeur et servante en N.S.Al.de St Bonaventure de Jésus, Supre.indigne.Entree au noviciat de soeur Geneviève Agnès Skannd’haron dite de Tons les Saints Le -Mme mars 1657, Soeur Geneviève Agnès Skannd’-liaron, native d un bourg appelé de La Conception au pays (JCS Lirons âgée de 14 ans 4 mois, fille de Pierre Ondâkion et de Jeanne Osenrâquehaon, ses père et mère, (ils étaient des lers chrétiens de la dite nation, e* la 1ère famille qui se soient unis ensemble par le sacrement de mariage en face d’Eglise) a été admise en qualité de postulante, par la Rde M.Marie de St.Bonaventure de Jésus, Supre de ce monastère des Rses hospitalières établies en l’hôtel Dieu de ICebec pays de la nouvelle b rance, de l’avis et consentement de la Comté des dites Rses soubs l’autorité du Rd P.Jean de Quen, Supr des missions de la Comp.de Jésus en ces contrées et grand vicai-i e de Monseig1 l’Archevêque de Rouen nre Prélat et Supr I our y etre Rse de choeur si elle en est jugée capable par la dite Rde M.Supre et Comte des dites Rses après avoir reconnu en la dite Sr Geneviève Agnès, les marques d’une bonne vocation pour etre Rse hospre du consentement de ses parents, elle a été reçue et Monsieur et Madame Bodeau, bourgs’ r a"S, y ,demeurant ont promis payer pour sa dote oüUU livres a la façon du pays, ayant adopté par une charité vraiment chrétienne la dite Sr Geneviève Agnès pour fille et désirant de contribuer au salut des âmes des pauvres sauvages — 471 — de Canada ont payé par avance sur la dite somme de 3000 livres la valeur de 800 livres en plusieurs fois, combien qu’indé-pendamment de toute dot, la dite Rde M.Supre et comté des dites Rses auraient reçu en leur monastère la dite Sr Geneviève Agnès au nom de l’adorable famille de Jésus.Et afin de contribuer par ce moyen à ramasser le Sang précieux de J.-C.répandu pour le salut de ces peuples; en la personne de la dite Sr suivant le 1er dessein de l’établissement de ce dit hôtel Dieu.En foi de quoi le présent acte a été signé par la dite Rde M.et Comté selon la constitution d’icelle.Marie de St Bona venture de Jésus Anne de St Bernard Marie de St Joachim Catherine de St Joseph Marie Renée de la Nativité Jeanne de Ste Agnès Marie Catherine de St Augustin Vcturc religieuse de Soeur Gcnezncz'c Agnes Skanndharon Le 1er jour de novembre 1657 soeur Geneviève Skanndharon de naissance, âgée de 15 ans moins de 6 semaines, fille de Pierre Ondàkion, et de Jeanne Osenrûkehaon ses père et mère excellents chrétiens après avoir été exercée depuis sept mois qu’elle est entrée au noviciat de ce monastère des Rses hospres de Kébec pays de la nouvelle France et ensuite demandé plusieurs fois à 'la Comté des dites Rses la grâce d’en porter l’habit ; ce qui lui fut accordé suivant l’ordre de la Constitution établie dans l’institut de la dite Coin**; étant actuellement malade et en péril de mort elle a été revêtue du St habit de la religion en qualité de Rse de choeur par Mons1' l’abbé de Queylus ayant pour assistante le R'1 Père Bartlemi Vimont et Mons1’ Le Béy prêtre et chapelain du dit monastère; ayant comme il a été dit pouvoir légitime.Etant Supre de la dite Comté la Mère Marie de St Bonaventure de Jésus, elle y étant présente avec la dite Comté en foi de quoi elle a signé avec les vocales le dit acte : La dite Sr Geneviève ayant quitté son nom du monde on lui a donné celui de Sr Geneviève Agnès de Tous les Saints. — 472 — Marie de St Bonaventure de Jésus — Marie de St Joachim — Catherine Marie de Ste Agnès — Jeanne Agnès de St Paul — Anne de St Bernard — Marie Renée de la Nativité — Catherine de St Joseph — Marie Catherine de St Augustin — Marie de la Conception.Archives de l'Hôtel-Dieu du Précieux Sang, à Québec ( 1 ).LE MARIAGE CHEZ LES SAUVAGES L'est le Père Lejeune qui tient ici la plume: \ oici une façon gentille de terminer un procès.Un Sauvage s’étant éloigné du pays pour je ne sais quel sujet, sa femme, se voyant recherchée dans son absence, en épouse un autre.Quelques mois après ces secondes noces, le premier mari retourne et veut ravoir sa femme; l’autre ne la voulant pas rendre, les voila en procès.Le père de cette femme jugea ce différend en dernier ressort.Il prend un bâton, le porte un peu loin, le fiche en terre, puis s’adressant aux plaideurs, leur dit: Celui qui rapportera le premier ce bâton aura ma fille.Eux de courir.La femme fut adjugée à celui qui av ait meilleures jambes, et le procès fut tellement éteint, qu il n en fut plus parlé que pour rire.” Et le Père Lejeune ajoute mélancoliquement: “Le lien si sert é qui tient 1 homme et la femme sous un même joug, aura bien de la peine d’y arrêter les Sauvages.” QUESTION Quel est ce sieur de Cannanville qui, de Tadoussac, informait M.Provost, major de Québec, en 1690, qu’une flotte d une trentaine de vaisseaux anglais remontait le Saint-Laurent pour venir faire le siège de Québec?Tad.(1) L'abbé Lindsay, Notre-Dame de Lorette en la Nouvelle-France. — 473 UN MOT RECALCITRANT Le chanoine Charles Bellemare, prêtre vénéré dont le souvenir reste impérissable, fut un chercheur et un fervent de la petite histoire, très érudit encore (pie très modeste.Alors qu’il était curé de Sainte-Geneviève-de-Batis-can, il accueillait avec une large hospitalité tous ceux qui, à un titre quelconque, s’occupaient de littérature, de fouilles historiques, voire de coutumes et de traditions.Par un soir de l'été 1905, cet excellent curé recevait à sa table Louis Fréchette, le poète lauréat, F.-L.Désaul-niers, le copieux généalogiste de la région d'Yamachi-che, quelques curés du comté de Champlain et votre serviteur en villégiature au pays de ses ancêtres.A l’issue du repas, les convives tirèrent une touche de ce vrai tabac canadien, dont le chanoine qui était connaisseur avait toujours une ample provision et, dans la douce quiétude d’une veillée amicale, la conversation s'é-mailla d’anecdotes et de souvenirs pittoresques.Fréchette était un causeur sans pareil.Sa phrase abondante, bien tournée, pleine de finesse et parfois de malice charmait les auditeurs.Ajoutons qu’il avait la voix agréable, une diction nette et qu’il gesticulait et mimait avec un art que bien des comédiens lui auraient envié.Ce soir-là, notre éminent compatriote était plus en verve (pie jamais et des salves d’éclats de rire saluaient ses traits d’esprit.Tout à coup, le narrateur s’arrête, ayant à mentionner un nom de ville, en Angleterre, un nom qu’il savait depuis sa jeunesse, une ville qu’il avait traversée, visitée maintes fois .et le mot ne s’offrait pas.Il concentra toute sa volonté, implora l’aide des auditeurs, impossible de saisir le vocable récalcitrant.Cet incident troubla la réunion si joyeuse jusque là, à cause de la souffrance qu’elle provoqua chez le poète visiblement affecté par l’effort qu’il avait fait.Le mot cherché ne lui revint que le lendemain, comme il quittait le presbytère.c était Liverpool. — 474 — A cette époque, Fréchette subissait les atteintes du mal qui devait le terrasser et il lui arriva de perdre complètement la mémoire en divers temps.Louis Fréchette, né en 1839, mourut à Montréal en 1908.Il fut le plus grand poète canadien de son époque et un de nos prosateurs très estimés.F.-Z.MassiCOTTE SAINTE-CECILE DU 11 IC Le Lie est situé sur la rive sud du Saint-Laurent, dans le comté de Rimouski, à une distance approximative de cent cinquante milles de Québec et de onze milles de la ville de Rimouski.La paroisse de Sainte-Cécile du Bic est formée de toute la seigneurie du même nom et d’une partie de celle des Lepage de Saint-Barnabé.La superficie de cette paroisse est d'environ trente-trois milles, soit onze milles de front sur trois de profondeur.L’histoire du Bic a été publiée par un de ses fils, M.l’abbé Joseph-D.Michaud.Le premier volume paru en 1925 porte pour titre: Le Bic: les étapes d'une paroisse.1ère partie : Au temps des découvertes et sous la tenure seigneuriale; le second volume publié en 1926 a pour titre: Le Bic : les étapes d'une paroisse.2e partie, un siècle de vie paroissiale.L’ILE AUX OIES L’ile aux Oies se trouve dans le Saint-Laurent, par le travers de la paroisse du Cap-Saint-Ignace, à environ douze lieues en aval de Québec.Elle a plus d’une lieue et demie de longueur et trente arpents dans sa plus grandt largeur, sans comprendre les battîmes à foin, qui s’étendent fort loin.Sa superficie est de plus de cinq mille arpents.Dans son ouvrage, Sainte-Anne de la Pocatièrc, 16721910, publié en 1910, feu le docteur N.-E.Dionne, donne une excellente monographie de l’île aux Oies. 475 — L'OEUVRE CANADIENNE DU CHANOINE BERTRAND DE LA TOUR Notons, comme il est juste, ce que doit notre histoire à Bertrand de la Tour.Quand il partit en 1731, il emportait une copie manuscrite des Annales de l’Hôtel-Dieu de Québec, rédigées par la Mère Juchereau de St.-Ignace.Il la publia en 1751, comme l’annonçait une lettre écrite en 1750 à l’Hôpital général : “ J’envoie, disait-il, trois volumes de la seconde édition de mes ouvrages, qui seront suivis de plusieurs autres que j’enverrai à mesure qu’ils paraîtront.Il y en a un pour vous, un pour les Ursulines et un pour F Hôtel-Dieu.Vous vous les communiquerez mutuellement.Vous verrez, l’année prochaine, deux ouvrages que je vais imprimer : le premier tome de la Vie de M.de Laval et les Annales de l’Hôtel-Dieu.Si vous voulez m’envoyer des mémoires sur votre communauté ou sur M.de Saint-Vallier, j’en ferai usage dans ce qui me reste (à écrire) de la vie de Mgr de Laval.J’en suis à présent au temps de l’élection de son successeur ; ainsi tout ce que vous me communiquerez pourra trouver place dans le second ou troisième volume” (1).Le vénérable auteur, les Anglais ont “authoress”, qui cite cette lettre intéressante, nous avertit dans une note que les religieuses de l’Hôtel-Dieu avaient confié à M.de la Tour l’ouvrage de la Mère Juchereau de Saint-Ignace.“ Non pas toutefois avec l’intention de le livrer à la publicité.” Est-ce bien probable ?Est-il même vraisemblable que de la Tour, s’il n’était pas autorisé à faire cette publication, eût averti un an d’avance qu’il allait la faire ?En tout cas, si faute il y eut, tous les amis de notre histoire seront d’accord pour redire : Felix culpa, heureuse faute ! L’ouvrage est en effet très précieux pour l’étude des origines du pays.(1) Cité dans Mgr de Saint-Valier et l’Hôpital-üénéral de Québec, Québec 1882, a.297. — 476 Les Mémoires sur la vie de M.de Laval, que mentionne la même lettre, le sont encore davantage.Pour nous c’est l’oeuvre capitale de Bertrand de la Tour, et n’eût-il écrit que ce petit livre, son nom parmi les Canadiens serait encore digne d’éternelle mémoire.Il le publia à Cologne en 1761.L’ouvrage s’arrête malheureusement à 1694, alors qu'il restait encore à Mgr de Laval quatorze ans de vie.On ne saurait trop regretter que le second et même le troisième volume dont parle notre lettre n’aient jamais paru.Une période fort importante de l’épiscopat de Mgr de Saint-\ allier y aurait été comprise.Les Annales des Ursulines et de l’Hôpital général s'accordent à dire que le second volume ne parut pas parce que l’impression en fut empêchée par la famille de Saint-\ allier.C’est assez reconnaître que la mémoire de notre deuxième évêque ne devait pas y être flattée outre mesure.¦ Quant à la valeur du volume paru, l’annaliste des Ursulines écrit que l’ouvrage valut à Bertrand de la Tour “ presque autant de blâme que d’éloges.” Elle ajoute : “ Quoi qu’il en soit de son autorité comme historien, on ne peut nier qu’il ne fût un homme distingué et un bon orateur de la tribune sacrée.” Parkman a tenu cette oeuvre en médiocre estime, parce qu'elle n’est pas d’un contemporain et surtout parce que l’admiration qu’on y professe pour Mgr de Laval ne cadrait guère avec ses propres sentiments.M.Paillon y relève quelques erreurs au sujet du nombre des maisons et des membres de la Congrégation de Notre-Dame.Il n’en est pas moins heureux de citer l’éloge que l'auteur fait de cette communauté.En général les historiens de nos affaires ecclésiastiques ont témoigné de leur confiance en Bertrand de la Tour par les nombreux emprunts qu’ils lui ont faits.Ils ont eu raison.S’il n’est pas contemporain, il n’est pas très éloigné des choses qu’il raconte, et, pendant son séjour à Québec, il a été admirablement bien placé pour en être informé.De plus il nous en avertit dans sa préface : ‘‘ C’est sur de bons — 477 — mémoires et sur le rapport d’un grand nombre de personnes qui avaient connu le saint évêque, que l'auteur, pendant son séjour à Québec, a rassemblé les divers faits dont il rend compte au public.” D’après M.Kaillon, les bons mémoires, dont il est ici question, étaient " quelques écrits de M.Glandelet ”, prédécesseur de B.de la Tour dans la charge de doyen.Or, M.Glandelet, arrivé au pays en 1675, et mort en 1725, vicaire général, supérieur du Séminaire, doyen du chapitre, avait été le compagnon de Mgr de Laval pendant plus de trente ans, le témoin de ses vertus et de ses oeuvres.On sait, du reste, que notre auteur ne négligeait pas de s'informer en bon lieu.Dans la lettre citée plus haut on l’entend demander à l’Hôpital général des renseignements sur Mgr de Saint-Vallicr pour continuer son travail.“ Nous ne saurions dire, écrit l’auteur, si nos mères se sont rendues en cela au désir de l’excellent abbé.” Nous ne le savons pas davantage.Mais il est clair (>).Récit de ce qui s'est passé au voyage que M.de Courcelles, gouverneur de la Nouvelle-France, a fait au lac Ontario, (vol.1, p.169).Voyage du comte de Frontenac au lac Ontario, en 1673 (vol.1, p.195).Lettre du Père jésuite Bruyas écrite de Tionnonto-guen au gouverneur Frontenac, 12 juin 1673 (vol.I, 1>- 238).Lettre du Père jésuite Gravier écrite de Tsonnontouan au gouverneur de Frontenac, 10 juillet 1673 (vol.I, p.239).Lettre de Cavelier de La Salle au gouverneur de Frontenac, écrite de Techirogen, le 10 août 1673 (vol.I, 1».240).” 1 Lettre du Père Bruyas, jésuite, au gouverneur de Frontenac, écrite des Armiez, le 1er septembre 1673 (vol.I, p.241 ).Lettre du Père de Lamberville, jésuite, au gouverneur Frontenac, écrite de Techiroguen.le 9 septembre 1673 (vol.I, p.242).Lettre du .gouverneur de Frontenac au ministre de Québec, le 13 novembre 1673 (vol.I, p.243).Lettre du gouverneur de Frontenac au ministre Colbert, du 2 novembre 1672 (vol.I, P- 247).Lettre de Colbert au gouverneur Frontenac (extraits), du 17 mai 1674 (vol.I, P- 249).Lettre de Colbert au gouverneur Frontenac (extraits), du 17 mai 1674 (vol.I, p.249). — 5 06 Lettre du gouverneur Frontenac au ministre Colbert (extraits), du 14 novembre 1874 (vol.I, p.250).Lettre du Roi au gouverneur Frontenac (extraits), du 22 avril 16/5 (vol.I, p.251).Lettre de Colbert au gouverneur Frontenac (extraits), du 17 mai 1674 (vol.I, p.256).Lettre de Frontenac au ministre Colbert (extraits), du 11 novembre 1674 ( vol.I, p.257).Détails sur le voyage de Louis Jolliet pour la découverte du Mississipi (vol.1, p.259).Relation de la découverte de plusieurs pays situez au midi de la Nouvelle-France, faite en 1673 (vol.I, p.262).Lettre du gouverneur de Frontenac au ministre Colbert (extraits), du 12 novembre 1674 (vol.1, p.273).Lettre du gouverneur Frontenac à Colbert lui recommandant Cavelier de La Salle qui passe en France (extraits), 14 novembre 1674 (vol.I, p.277).Lettre du Roi au gouverneur Frontenac approuvant l’établissement du fort Frontenac (extraits), 22 avril 1675 (vol.1.]).278).Proposition que fait Cavelier de La Salle pour l’entretien du fort Frontenac (vol.I, P- 278).Pillet de 1148 livres consenti par Cavelier de La Salle à son beau-frère Nicolas Crevel, greffier de la ville de Rouen, 5 avril 1675.Arrêt qui accepte les offres faites par Robert Cavelier de La Salle, en vue d’obtenir la concession du fort Frontenac, 13 mai 1675 (vol.I, P- 281).Lettres patentes de concession du fort de Frontenac et terres adjacentes au profit du sieur Cavelier de La Salle, données à Compiègne, le 13 mai 1675 (vol.I, p.283).Lettres de noblesse pour le sieur Cavelier de La Salle, données à Compiègne, le 13 mars 1675 (vol.I, p.286).Mémoire de 1 abbé Jean Cavelier présenté à Louis XV sous la régence du duc d’Orléans (vol.I, p.291). Réception de Cavelier de La Salle au gouvernement du fort de Frontenac, 12 octobre 1675 (vol.I, p.292).Etat de la dépense faite par Cavelier de La Salle, gouverneur du fort de Frontenac, tant pour le remboursement des frais faits à la construction du dit fort que pour les fortifications nouvelles, défrichements et ouvrages qu’il y a fait faire, y compris le payement et la nourriture des officiers, soldats et travailleurs du dit fort (vol.I, p.293).Extrait de la revue faite au fort de Frontenac par le gouverneur Frontenac, le 7 septembre 1677 (vol.I, p.296).Donation de Cavelier de La Salle aux Pères Récollets, 22 mars 1677 (vol.T, p.298).Lettre du gouverneur Frontenac au ministre Colbert, 1677 (vol.' 1.p.301).Lettre de Colbert à l’intendant Duchesneau (extraits), 28 avril 1677 (vol.I, p.329).Mémoire sur le projet du sieur de La Salle pour la découverte de la partie occidentale de l’Amérique septentrionale entre la Nouvelle-France, la Floride et le Mexique (vol.I, p.329).Lettres patentes données à Saint-Germain-en-Laye le 12 mai 1678 qui donnent permission au sieur de La Salle de découvrir la partie occidentale de la Nouvelle-France (vol.1, P- 337).Extorsions commises par le sieur Bellinzani sur M.de La Salle, pour maintenir celui-ci dans ses droits et lui remettre sa commission (vol.I, p.338).Opposition mise sur les biens de Bellinzani, au nom de Cavelier de La Salle (vol.I, P- 341).Opposition de François Plet sur la créance de Cavelier de La Salle contre le sieur Bellinzani (vol.I, p- 342).Entretiens de Cavelier de La Salle avec un ami de l’abbé de Gallinée sur ses onze premières années en Ca^ nada (vol.I, P- 345).Histoire de Cavelier de La Salle (vol.I, p.376).Procès-verbal de l’assemblée tenue au château Saint-Louis à Québec, le 10 octobre 1678 et jours suivants, au — 508 — sujet des boissons enivrantes que l'on traite aux Sauvages ( vol.I, j).405).Obligation de Robert Cavelier de La Salle envers le sieur François Plet, marchand bourgeois de Paris, de 16,076 livres, 28 juin 1678 (vol.I, p.425).Emprunts de Cavelier de La Salle pour son entreprise (vol.I, p.427).Relation des découvertes et des voyages du sieur de La Salle, seigneur et gouverneur du fort de Frontenac, au delà des grands lacs de la Nouvelle-France, faits par l’ordre de Mgr Colbert, 1679, 1680, 1681 (vol.I, p.435).Récit fait par Nicolas de La Salle de la découverte que Robert Cavelier de La Salle a faite de la rivière Mis-sissipi en 1682, et de son retour jusqu’à Québec (vol.I, p.547).Relation écrite de Québec, le 14 novembre 1684, par Henri de Tontv, des entreprises de Cavelier de La Salle de 1678 à 1683 (vol.I, p.573).Dessein de Cavelier de La Salle de former un entrepôt à Hie Percée (vol.II, p.3).^ Lettre de M.Lamotte de Lussière sur l’arrivée de Cavelier de La Salle en Canada et des services que lui, Lamotte de Lussière, lui a rendus à Cataracouk, à Niagara et chez les Sonnontouans (vol.Il, p.8).Lettre de Cavelier de La Salle à Lamotte de Lus-sière, Niagara, 27 janvier 1679 (vol.Il, p.9).Dépenses faites par Cavelier de La Salle de 1675 à 1684, au fort Frontenac et au poste établi par lui à l'embouchure de la rivière de Niagara (vol.II, p.10)., , Acte de concession par Robert Cavelier de La Salle à.François Daupin, sieur de la Forest, de File Belle-Isle, située à l’embouchure du lac Frontenac, 10 juin 1679 (vol.I T, p.20).Société formée par Cavelier de La Salle pour l’exploitation de son privilège ; ordonnance du Conseil Souverain obligeant Cavelier de La Salle à payer l’abbé Cavelier, son frère (vol.II, p.25).Lettîe de Alassiac de Sainte-Colombe, ingénieur de la marine, a Nicolas 1 hoynard où il lui apprend la perte — 509 — du navire le Saint-Pierre où Cavelier de La Salle avait des pelleteries, Brest, 4 décembre 1679 (vol.II, p.26).Lettre de Cabart de Villermont à M.Labèce, avocat en Parlement, pour s’informer des succès de l’entreprise de Cavelier de La Salle (vol.II, p.28).Lettre de Cavelier de La Salle à un de ses associés sur son entreprise des Illinois, 29 septembre 1680 (vol.II, p.32).V^oyage de Cavelier de La Salle à la rivière Missis-sipi, 9 novembre 1680, vol.II, p.93).Déclaration de Cavelier de La Salle au sujet de ses désertans, juillet 1680 (vol.II, p.103).Déclaration faite pardevant l’intendant Duches-neau, par Moyse Hillaret, charpentier de barque, ci-devant au service du sieur Cavelier de La Salle, au sujet de la désertion de plusieurs des hommes du dit sieur de La Salle, 17 août 1680 (vol.Il, p.108).Ordonnance de l’intendant Duchesneau portant permission à François Plet, marchand de Paris, créancier de Cavelier de La Salle, de faire construire à ses dépens une barque au fort Frontenac et d'y faire porter des marchandises pour y être traitées avec les Sauvages, 31 octo-tobre 1680 (vol.II, p.110).Lettre de Cavelier de La Salle relatant son voyage du 22 août 1680 à l’automne de 1681 (vol.II, p.115).Testament fait par Cavelier de La Salle avant de repartir pour achever sa découverte, 11 août 1682 (vol.II, p.163).Lettre de Cavelier de La Salle où il raconte son arrivée aux Illinois, et décrit le pays jusqu’à la rencontre du Missouri avec le fleuve Mississipi qu’il a nommé Colbert (vol, II, p.164).Procès-verbal de la prise de possession des pays situés le long de l’Ohio ou fleuve Saint-Louis et du Mississipi ou fleuve Colbert, signé par Cavelier de La Salle et autres, 13 et 14 mars 1682 (vol.II, p.181).Procès-verbal de prise de possession de la Louisiane, à l’embouchure de la mer ou golfe du Mexique, signé par Cavelier de La Salle et autres, 9 avril 1682 (vol.II, p.186). — 510 Ordonnance de l’intendant Duchesneau qui maintient le sieur Plet, créancier de Cavelier de La Salle, dans le privilège à lui accordé de traiter seul des marchandises au fort Frontenac, 14 juillet 1682 (vol.II, p.193).Description partielle de la main de Cavelier de La Salle des rivières et peuplades découvertes par lui (vol.II, p.196).Lettre du Père Zénobe Membré où il relate son voyage avec Cavelier de La Salle, 3 juin 1682 (vol.II, p.206).Lettre de Cavelier de La Salle, fort Frontenac, 22 août 1682 (vol.Il, p.212).Lettre de l’intendant Duchesneau au ministre accusant Cavelier de La Salle de faire la traite sous prétexte de découverte (résumé), 13 novembre 1680 (vol.Il, p.265).Lettre du Roi au gouverneur Frontenac où il se plaint du peu de succès de l’entreprise de Cavelier de La Salle (résumé), 30 avril 1681 (vol.Il, p.266).Mémoire de l’intendant Duchesneau au ministre où il porte des accusations contre Cavelier de La Salle, 13 novembre 1681 (vol.II, p.266).Lettres de M.Tronson, supérieur de Saint-Sulpice, au sujet du Mississipi, 30 mai 1681, 1er juin 1681, 2 juillet 1682 (vol.Il, p.275).Mémoire pour Mgr le marquis de Seignelay sur les découvertes du sieur Cavelier de La Salle, au sud et à 1 ouest des grands lacs de la Nouvelle-France (vol.Il, p.277).Lettre de Cavelier de La Salle à un de ses amis où il lui montre les avantages de ses découvertes, qui lui ont coûté plus de 200,000 livres, et où il réfute les accusations portées contre lui, octobre 1682 (vol.Il, p.288).Lettre du gouverneur de La Barre à Colbert au sujet de la découverte de l’embouchure du Mississipi par Cavelier de La Salle, 12 novembre 1682 (vol.Il, p.302).Lettre du gouverneur de La Barre cà Colbert où il accuse Cavelier de La Salle d avoir allumé la guerre avec les Iroquois, 14 novembre 1680 (vol.Il, p.303). — 511 — Lettre de M.Tronson à M.de Belmont au sujet du livre du Père Hennepin, 13 mars 1683 (vol.II, p.305).Lettre du Père Louis Hennepin à l’abbé Renaudau où il se plaint de l’abbé Bernou (vol.Il, p.305).Lettre du Roi au gouverneur de La Barre où il juge
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.