Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /, 1 septembre 1925, septembre
f{ LE BULLETIN DES es Historiques VOL.XXXI X.I).DE LEVIS -SEPTEMBRE 1925 No 9 UN EPISODE DE L’HISTOIRE DU CAP SAINT- IGNACE La paroisse de Saint-Ignace du Cap-Saint-Ignace est composée du fief Vincelotte (concédé à Geneviève de Chavi-gny, veuve Charles Amyot, le 3 novembre 1Ô72), du lief Ga-mache ou Gagné (concédé aux sieurs Gamache et Belleavan-ce le 3 novembre 1672), du fief Sainte-Claire (concédé à René Lepage le 17 mars 1693), du fief Lafrenaye (démembré du fief Gamache ou Gagné) et du fief Fournier ou Saint-Joseph (concédé au sieur Fournier le 13 novembre 1672).La première chapelle ou église du Cap Saint-Ignace fut construite dans le fief Gamache en 1683.Elle eut une courte existence et fut remplacée par une église en pierre qui, vers 174-L s’éboula, avec la côte, dans le fleuve Saint-Laurent.Louis Gamache, propriétaire du fief Gamache, donna alors à la paroisse du Cap Saint-Ignace un terrain de deux arpents de front sur trois de profondeur, à une douzaine d’arpents du site de l’ancienne église, pour y élever le nouveau temple.Cette donation fut acceptée par le curé Dol-bec, le 25 février 1744.Mais le sieur Amyot, propriétaire du fief Vincelotte, avait obtenu de l’évêque de Québec la promesse que la nouvelle église du Cap Saint-Ignace serait élevée dans son fief.Le 10 mars 1745, Mgr de Pontbriand ordonnait de construi- 7994 re le presbytère du Cap Saint-Ignace sur le terrain du seigneur Amyot.Par son ordonnance du 26 mars 1745, l’intendant Hocquart nommait les sieurs Louis Lemieux père» Jacques Bernier, Jacques Rodrigue et Augustin Bernier syndics pour la construction du presbytère projeté.Un mois plus tard, le 22 avril 1745, les états estimatifs et de répartition dressés par les syndics étaient approuvés par l'intendant et les syndics recevaient en même temps le droit de poursuivre les habitants dépendants de la paroisse du Cap Saint-Ignace qui refuseraient de payer leur répartition.Les habitants du fief Gamache qui voulaient conserver chez eux !'église du Cap Saint-Ignace avaient déjà commencé la construction d’un presbytère en pierre qui, dans leur idée, devait servir d’église temporaire.Le mandement de Mgr de Pontbriand et l’ordonnance de l’intendant Hocquart n’eurent aucune influence sur eux.L’abbé Curot, qui avait remplacé M.Dolbec à la cure du Cap Saint-Ignace, refusa d habiter le presbytère du fief Gamache et d’y célébrer la messe.Les habitants du fief Gamache, de leur côté, refusèrent de fréquenter le presbytère du fief Vincelotte où le curé Curot faisait les offices religieux pour toute la paroisse.Bien plus, douze adultes et enfants qui habitaient le fief Gamache et les environs, décédés au cours de l’année 1748, furent enterrés dans 1 ancien cimetière sans service ni cérémonie reli- gieuse.L intendant Bigot, informé du grave manquement des habitants du fief Gamache aux lois religieuses et civiles, se décida à sévir.Le 21 décembre 1748, par la commission suivante, il chargeait le sieur Henry Hiché.procureur du Roi à la Prévôté de Québec, de faire une enquête sur les lieux mêmes : Sur ce que nous avons esté informé que quelques ha-bitans du fief de Gamache, près le Cap St-Ignace, ont eft la témérité d enterrer des personnes mortes au nombre de sept 1 J1 huit sans avertir le missionnaire de la paroisse du dit Cap t-Jgnace et sans aucune cérémonie, que, par conséquent, leur mort n est point constaté, n’y ayant rien d’écrit sur le îegistre de la paroisse ; estant nécessaire de remedier à un — 3^3 — abus aussi considérable qui est contre le bon ordre et la religion, nous avons nommé et commis Mr.Henry Hiché, procureur du Roy en la Prevosté de cette ville, nôtre subdelegué, pour se transporter incessamment accompagné du Sr.Louet, greffier de la commission, et d’un huissier, en la de.paroisse du Cap St-Ignace et au iïef de Gamache où il informera du fait en question, constatera les noms et qualités des personnes ainsi induement enterrées, les jours de leurs décès et en-terremens et des particuliers qui auront fait lesd.enterre-mens clandestins ou y auront aidé ou participé, recevra en tant que de besoin les declarations des Srs curé et capitaine et autres officiers de milice dud.Cap St-Ignace, dont et du tout il dressera procès verbal en forme.” Le procès-verbal de l’information faite par M.Hiché au Cap Saint-Ignace en décembre 174X et janvier 1749 n’a pas été conservé, mais l’ordonnance de l’intendant P>igot, rendue à la suite de cette enquête nous donne toutes les précisions voulues sur cette triste affaire.Nous reproduisons ici cette ordonnance qui est en date du 10 janvier 1749 : “Vît la commission par nous donnée le vingt un décembre der.pour informer contre quelques habitans du fief de Gamache et Cap St-Tgnace, accusés d’avoir eu la témérité d’enterrer plusieurs personnes mortes sans avertir le missionnaire de la paroisse du d.Cap St-Ignace, nous aurions nommé et commis Mr.Henry Hiché, procureur du Roy en la Prévôté de cette ville, notre subdélégué, pour se transporter accompagné du S.Louet, greffier de la Commission, et d’un huissier, en la paroisse du d.Cap St-Ignace, et au fief de Gamache, pour constater les noms et qualités des personnes ainsy induement enterrées, les jours de leur deceds et enterrement, et des particuliers qui auroient fait les d.en* terremens clandestins, ou y auroient aydé ou participé, et recevoir en tant que de besoin les déclarations des Srs.curé et capitaine et autres officiers de milice du d Cap St-Ignace, dont et du tout il dresseroit procès verbal en forme.“Le procès verbal dressé par nôtre d.subdélégué au d.lieu du Cap St-Ignace.le vingt neuf du d.mois de décembre et jours suivans, contenant les déclarations par forme d’information tant du S.Curot missionnaire, et du S.François — 324 — Caron, capitaine du d.Cap St-Ignace, que de plusieurs autres officiers et habitans du d.Cap et du fief de Gamache, par lesquelles déclarations il est constaté que les habitans du d.Cap St-Ignace, du fief de Gamache et de l’Isle aux Grues ont enterré dans le cimetière cy devant pratiqué sur le d.fief ( dans l’église duquel on avoit cessé de célébrer le service divin) douze personnes tant hommes, femmes qu’enfants, sça-voir : "Anne Gamache, âgée de 59 ans, femme de Jean Richard, habitant du d.Cap, morte le 15 8bre suivant, et enterrée le lendemain."Genevieve Pélagie Pelletier, âgée d’environ et demy, fille de Louis Pelletier, habitant de l'Isle morte led.jour 15.8bre.deux mois aux Grues, “Charles Chamberlan, âgé de deux mois, fils de Jean Chamberlan, habitant de lad.Isle, mort le même jour."Jean Gamache, habitant du Cap St-Ignace, âgé de quarante cinq ans, mort le 15 9b.suivant.( “Joseph Caron, âgé d’environ un mois, fils de François Caron fils, habitant dud.Cap, mort le 3 Nbre dernier._ "Elisabeth Cloutier, âgée de 28 ans, femme dud.François Caron fils, morte le 13 du même mois.“Pierre Ouabert, âgé de 15 ans, fils de Joseph Ouabert, habitant dud.Cap St-Ignace.“Pierre Langlois, âgé de 15 ans, fils de Joseph Langlois, habitant dud.lieu.Marie Salomé Richard, âgée de 7 mois, fille de Joseph Richard, aussy habitant dud.lieu.^ “Prisque Fournier, âgé de deux mois, fils d’Augustin Fournier, aussy habitant dud.Cap.“Et un enfant appartenant à Claude Cahouet, habitant dud.lieu.Paroist en outre par led.procès verbal, que le 30: 7bre.der.Augustin Bernier, cy devant dénommé, auroit esté trouver le S.Curot, missionnaire de lad.Paroisse du Cap St-Ignace, desservant aussy led.fief de Gamache, pour le prier d enterrer sa fille, soit dans le cimetière dud.fief ou dans l’église dud.lieu, offrant de luy payer les droits ordinaires, ce que led.S.Curot auroit refusé de faire, le luy estant defifen-du, et auroit dit and.Bernier que s’il vouloit la faire trans- porter dans I endroit ordonné par M.l'évêque, il l’enterreroit volontiers, à quoy led.Bernier aurait répondu qu’il ne la fe-roit point transporter au lieu qu'il luy proposoit, mais qu'il l’alloit faire enterrer dans le cimetière du fief de Gamache, ce que led.Bernier auroit exécuté en faisant enterrer le lendemain sa fille dans le cimetière dud.fief, que c’est le nommé François Guinion, major de milice dud.Cap, qui a porté cet enfant en terre, accompagné de Louis Dion, habitant tant dud.Cap, que de Gamache.“Que le 15.81>re suivant la femme de Jean Richard estant morte, ce dernier pria Joseph Gerberl d’aller chez led.S.Curot pour l’engager à la venir enterrer dans le nouveau cimetiere qui est attenant le nouveau presbyterre qui a esté construit sur le fief de Gamache, ou l’enterrer dans l’église dud.lieu, ce que led.S.Curot auroit également refusé de faire par les raisons cy dessus, (pie led.Jean Richard auroit neantmoins fait enterrer sa femme dans le cimetiere dud.fief de Gamache ; que Thomas Cahouet, Pierre Richard, beaufrère de la defifunte, Pierre Gamache, Claude Cahouet, tous habitans dud.Cap, uuroient assisté and.enterrement, que led.Louis Dion, Louis Lemieux fils, Philippe Fortin, habitans de Gamache, y auroient aussy assisté, ainsy que Piètre Fortin, habitant dud.Cap, qui en faisoit les cérémonies.“Que lesd.Augustin Bernier, Thomas’Cahouet, Philippe et Pierre Fortin, Louis Lemieux fils et Pierre Richard auroient aussy assisté a 1 enterremt.d’FJisabeth Cloutier, femme de François Caron fils, ainsy que les nommés Després Guy, Louis Gagné père et Vital Gagné fils, habitans de Gamache.et Joseph Guvmon fils, habitant dud.Cap.“Que lesd.Augustin Bernier et François Guimont fils auroient également assisté à celuy de Joseph Caron, fils dud.François Caron.“Que led.Pierre Richard se seroit trouvé tant à celuy de Jean Gamache, qu’à celuy de Marie Salomée Richard, sa petite fille.“Que led.Philippe Fortin a encore assisté à celuy de Pierre Langlois.“Ht enfin que François Gamache et François Lemieux, habitans dud.Cap, ont porté en terre les enfants desd.Louis Pelletier et Jean Chamberlan, ce der.présent. "Tout considéré et estant de la dre.conséquence de remédier aux désordres commis par les habitans cy dessus dénommés (jui ont fait lesd.enterremens clandestins dans le cimetière du lief de Gamache (dans l'église duquel on a cessé de célébrer l’office divin depuis le mois de septembre der.) au lieu de faire faire lesd.enterremens avec les cérémonies ordinaires dans celuy du Cap St-Ignace, où il a esté construit un presbytère en exécution de l’ordonnance de Mr.Hocquart cy devant intendant en ce pais, en datte du 26 mars 17-4-5» dans lequel presbytère le S.Curot, cy devant etably aud.fief de Gamache célèbre à présent l’office divin, dessert tant led.Cap.que led.fief Gamache et y fait les autres fonctions curiales."Nous ordonnons que les onze personnes cy devant dénommées induement enterrées dans le cimetière du fief de Gamache seront exhumées par les parens des deffunts, et par ceux qui ont particle et assisté auxd.enterremens, et transportées au presbytère du Cap St-Ignace, pour leur estre fait par led.S.Curot les cérémonies ordinaires, et ensuitte inhumées dans le cimetiere dud.lieu, le tout en présence dud.S.Hiché, notre subdélégué, qui se transportera de nouveau, accompagné comme cy devant and Cap St-Ignace, desquelles inhumations il sera dressé des actes pour chaque personne par notre d.subdélégué, conjointement avec led.S.Curot, sur les registres de lad.paroisse du Cap St-Ignace, dans lesquels actes il sera fait mention des noms, surnoms, qualités et âges des deffunts, et autant qu’il sera possible, des jours de leur mort, en la maniéré ordinaire."Et pour avoir par led.Augustin Bernier commencé a faire ces sortes d’enterremens clandestins, nous l’avons condamné en trois cent livres d’amende."Led.Pierre Fortin, pour avoir esté le moteur de la plus grande partie desd.Enterremens et avoir assisté à deux chiceux, le condamnons en deux cent cinquante livres aussy d’amende.“A l'égard des autres habitans dud.Cap St-Ignace, du fief de Gamache et de l’Isle aux Grues cy devant dénommés, qui ont avdé, participé ou assisté auxd.enterremens clandestins, et des pères ou parens qui y ont donné leur consente- — 3-7 — ment, les avons aussy condamné pareillement aux amendes cv après SC A VOIR • “Philippe Fortin, en cent cinquente livres.“François Guymon père, cent livres.“Jean Richard, cent livres.“François Lemieux, soixante livres.“François Gamache, soixante livres.“Thomas Cahouet, cinquente livres.“Pierre Richard père, cinquente livres.“Pierre Gamache, cinquente livres.“Claude Cahouet, cinquente livres.“Louis Lemieux, cinquente livres.“Joseph Guimon fils, cinquente livres.“Joseph Gerbert, cinquente livres.“Després Guy, cinquente livres.“Louis Gagné père, cinquente livres.“Vital Gagné fils, cinquente livres.“François Caron fils, cinquente livres.“Joseph Ouabert, cinquente livres.“Joseph Langlois, cinquente livres.“Joseph Richard père, cinquente livres.“Augustin Fournier, cinquente livres.“Louis Dion, trente livres.“Et Jean Chamberlant, dix livres.“Toutes lesquelles amendes cy dessus prononcées seront payées sans déport entre les mains de nôtre d subdélé-gîué, et applicables aux hôpitaux de cette ville, sur le total desquelles seront neantmoins déduits tant les frais funéraires desd.deffunts, suivant l’estât qui en sera donné par led.S.Curot, de luy certifié, que les autres frais de voyages occasionnés pour l’affaire en question, dont il sera pareillement dressé un estât par nôtre d.subdélégué, et par nous arresté.“Faisons très expresses inhibitions et deffenses aux habitans tant dud.Cap St-Ignace, du fief de Gamache, que de lad.isle aux Grues, de faire ou faire faire à l’avenir aucuns enterremens dans le cimetiere dud.fief de Gamache, leur ordonnons de les faire faire avec les cérémonies ordinaires dans celuv du Cap St-Ignace, auquel lieu on célébré le service divin, à peine contre les contrevenans de punition corporelle ; et sera nôtre présente ordonnance lue et publiée par trois dimanches consecutifs, aud.Cap St-Ignace, issue de grande messe paroissiale, par le S.Caron, Capne.de milice duel.Cap.auquel nous enjoignons de le faire, ou par celuv qui sera par luv commis, afin que lesd.habitans tant dud.lieu, que de Camacho et isle aux Crues n’en puissent prétendre cause d’ignorance.“Mandons and.S.Caron, Capne.de tenir exactement la main à l’execution de notre d.ordonnance, et de nous avertir des contraventions qui pouroient y estre faites, à peine d'en repondre” ( i ).I,'ordonnance de l'intendant Bigiot fit cesser les inhumations dans le cimetière du fief Gamache mais les malheureuses difficultés au sujet du site de l’église du Cap Saint-Ignace se perpétuèrent encore une vingtaine d’années.P.-G.R.UNE CHANSON DE NOS GRAND’M ER ES Ee l’iiiletiu des Recherches Historiques donnait en sa livraison d’avril dernier une chanson au titre ci-haut.Le dernier vers du refrain allait comme suit : Ali ! Inissez-moi planter mes pois ! Ce vers est évidemment une variation de l’original.Un ami, M.J.-Rug.Larose, qui connaît une quantité prodigieuse de ces vieux chants canadiens, me faisait remarquer que d abord on ne plante pas des pois, mais qu’on les plâtre, et d après lui.il faudrait dire comme il l'a entendu chanter : Ah ! laissez-moi pintrer mes pois ! Il nous semble aussi avoir ouï cette chanson, avec un couplet commençant : Nicolas, demain ma fête Viendras-tu in’tirer reunion.Peut-on compléter cette partie ?Régis Roy (1) Ordonnances des Intendants, cahier ,‘tC. LES GARDES-MAGASINS DE MONTREAL Le plus ancien ou le premier garde-magasin de Montréal est certainement le fameux Charles Le Moyne D’après les auteurs de l'histoire de Longueuil c’est en 1651 que le valeureux interprète de Ville-Marie fut "promu à la place de garde-magasin” par M.de Maisonneuve” (1).Combien de temps occupa-t-il cette charge, nous n’en savons rien.Sans aucun doute il n’était qu’à l’emploi des seigneurs de Montréal, puisqu’il devait sa nomination au gouverneur.Migeon de Branssat qui apparaît ensuite dans cette charge au recensement de 1666, devait-il lui aussi sa charge aux seigneurs ?On n’a pas lieu d'en douter (2).Après lui, cependant, ii semble y avoir eu un garde-magasin du roi, mais nous n’avons pu savoir qui il était.En 1686, ce garde-magasin fut remplacé par Louis Tantouin de La Touche.Celui-ci fut nommé par l’intendant de Champigny.On trouvera des notes biographiques sur Louis Tantouin de La Touche, dans le Bulletin des Recherches Historiques, vol.XXI, p.218.En 1692, Tantouin de La Touche fut remplacé par Etienne Kocbert de la Morandière, et c’est le premier garde-magasin de Montréal nommé par le roi.Il servit en cette qualité jusqu’à 1731, où il prit sa retraite sans même recevoir de demi-solde.Sur kocbert de la Morandière on peut consulter la famille Rocbert de la Morandière de Pierre-Georges Roy, p.3.Etienne Rocbert de la Morandière fut remplacé par son fils, Louis-Joseph-Marie-Rocbert de la Morandière.Son brevet du roi est en date du 15 mai 1731.Il décéda dans cette charge à Montréal le 19 octobre 1743.Pour notes biographiques voir la famille Rocbert de la Morandière, par Pierre-Georges Roy, p.14.Le successeur de M.Rocbert de la Morandière fut Jean-Baptiste Grégoire Martel de Saint-Antoine.Possesseur du titre en 1743, il ne reçut son brevet du roi qu’au mois (1) ,1 «doi 11 et Vincent, histoire de Longueuil, p.12.(2) Sur Migeon, voir le Bulletin des Recherches Historiques, 1915, pp.232 et 303 ; 1010, p.03. de mars 1744.Martel fut un des amis de l’intendant Bigot.Kn 175b, sentant que l'orage grondait autour de lui.Martel donnait sa démission comme garde-magasin.Au mois de novembre 1761, ce personnage fut jeté à la Bastille pour ses vols.Kn même temps que Bigot et ses compères, le 10 décembre 1763, il fut condamné à être adomonesté en la chambre, à b livres d’aumône et à 100,000 livres de restitution.” Le 1er janvier 1757, l'intendant Bigot donnait une commission de garde-magasin à Montréal, à Jean-Pierre La Barthe, pour remplacer, en attendant le plaisir du Roi, le sieur Martel.Le sieur La Barthe remplit cette charge par intérim, jusqu’en janvier 1759 ( 1 ).Lui aussi fut jeté à la Bastille en 1761, mais il fut mis hors de cour.Kn février 1759, Nicolas de Fayolle, écrivain de la Marine au Canada depuis 1755* recevait le brevet de garde-magasin a Montréal (J).En 17b!.AL de hayolle, comme ses deux prédécesseurs immédiats.Martel et La Barthe, fut jeté a la Bastille, mais il fut déchargé de l’accusation.E.-Z.Massicotte QUESTIONS Dans la délibération des marguilliers de Saint-Roch de Québec, à la date du 30 avril 1837, il est dit : “Le marguil-lieij en charge est autorisé à faire faire un autel des parfums a 1 usage de l’église.” Qu'entendait-on en 1837 Par 1111 autel des parfums ?PtrE Est-il bien vrai que les Espagnols ayant eu vent du premier voyage de Cartier envoyèrent en France dans l’autom-11e de 1535 des espions pour s’informer secrètement du but de la deuxième expédition que préparait le capitaine mal min ,J Dans le cas où le roi de France tenterait d’établir une colonie aux l erres-Neuves une flotte espagnole devait la détruire.C est feu 1 abbé Casgrain qui a affirmé ces faits, je crois, vers 1876 ou 1877._________ G.A.C.(li l.c s janvier 1 < •>!>.il (liait présent, il Notre-Dame, au mariage (le irançois (Joiteux avec demoiselle lilau.(-1 Voir Tanguay, vol.IV, p.1S. — 33i — LA FAMILLE DE GANNES (Suite et fin) XI Louis-Joseph Je Cannes de Falaise, baptisé à Port-Royal le 29 mars 1704.Tanguay (III, 275) fait marier Louis-Joseph cle Garnies, né en 1704, fils de Louis de Cannes et de Marguerite Leneuf, avec Catherine Amable Ménard, née en 1732 et il place le mariage à la date du 4 octobre 1751 à Ste-Anne du Bout-de-l’Ile.Celui cpii épousa Catherine* Amable Ménard au Bout-de-l’Ile le 4 octobre 1751, au lieu de convoler à 47 ans avec un tendron de 19 ans, n’était age f|ue de 23 ans, étant né à Longueuil le 2(> avril 1728, et il s appelait Joseph Degane, il appartenait à une famille appelée d’abord DeGame et qui n’a jamais rien eu à voir avec les de Cannes de Falaise.Il était Ids de ce François HeGane qui épousa en deuxièmes noces Marie Lamoureux et que nous avons déjà vu que Tanguay avait confondu avec François de Garnies, le lieutenant de roi des Trois-Rivières.Notre Louis-Joseph ne se maria pas, pour la bonne raison qu’il fut religieux de l’ordre des Récollets.Il prit en religion le nom de Bernardin, à l’exemple sans doute de son oncle le R.P.Bernardin Leneuf qui était aussi Récollet, lonsuié le iG mars 1726, il reçut Fonction sacerdotale le 24 septembre 1729, des mains de Mgr Dos94, à Jean Marcoux.Anne Migné, baptisée à Québec le 26 mai 1679 ; sépulture à Charlesbourg le 9 décembre 1687.Marie Migné, baptisée à Québec le 4 mars 1681 ; mariée à Charlesbourg, le 2 novembre 1690, à Nicolas Bélanger.Jacques Magnan, baptisé à Charlesbourg le 5 janvier 1694 ; sépulture à Charlesbourg le 23 novembre 1694.Comme on le constate par la liste des enfants de Jacques Mignier, la variation de l’orthographe des noms a été très fréquente.A quoi est due cette altération ?Probablement à la mauvaise prononciation des témoins qui se présentaient devant le curé pour les baptêmes et les mariages.Il faut bien croire aussi que les missionnaires écrivaient les noms au son, c’est-à-dire tels qu’on les prononçait.C’est de cette façon que le nom de Jacques Mignier a été écrit de fa çon si différente à la naissance de chacun de ses enfants, puis, plus tard, à leur mariage, comme on le constate par les registres de la paroisse de Notre-Dame de Québec et de Charlesbourg.De 1670 à 1800 nous relevons dix épellations différentes de ce nom: Mignier, Meignay, Aligné, Mai-gnan, Meignian, Magnier, Mignay, Alagnian, Magnant et finalement Magnan. D’ailleurs, ce fait d'un nom dont l'orthographe varie suivant les individus ou les registres, ne doit étonner personne, Tous ceux qui ont eu à chercher dans les registres de paroisses ou à s’occuper de généalogie, ont constaté plus d’une fois des variations d’orthographe parfois étonnantes.En 1884, M.Benjamin Suite consacrait tout un article, dans les Nouvelles Soirées Canadiennes, pour faire remarquer quatorze formes d’orthographe appliquées au nom de la Véren-drye.Dans son livre sur la famille Décarie, M.E.-Z.Massicot te signale une dizaine de manières d’orthographer ce nom et il remarque avec raison que "de tout cela il faut conclure que le souci de l'orthographe n’a jamais troublé le sommeil de nos ancêtres (Notes extraites d’un récent ouvrage de M.Hormisdas Magnan intitulé : La famille Matjnan établie à Charlesbourg en 1665—-Quelques notes sur l'a famille Magnan établie à Saint-Cuthbcrt en 1775, puis à Sainte-Ursule en 1852).QUESTIONS Sir Robert Falconer, président de l’université de Toronto, a donné des conférences sur l’histoire du Canada à ( )xford, il v a quelques mois.I f’après un journal de Québec, sir Robert Falconer aurait rappelé dans une de ces conférences le projet de Carleton, plus tard lord Dorchester, d’entourer les treize états américains primitifs d’une chaîne de noyaux canadiens-! rangais."Cette politique, dans l’esprit de son auteur, était capable de garder la colonie à la Grande-Bretagne, en opposant a la mentalité américaine en passe de s infiltrer partout, la solide digue canadienne-française.” Où et quand Carleton a-t-il formulé ce projet ?CUR QU1 ,nc donnera des renseignements sur le docteur De Donne qui, apiès avoir été gradué en luirope, fut médecin de 1 1 Intel-Dieu de Montréal et engagé par le gouvernement Pour traiter les patients attaqués du mal dit de la Malbaie ?M.D. — 347 — L’HONORABLE GABRIEL ROY La vie de ce fils de jardinier qui atteint la fortune et s’élève au Conseil législatif offre quelques traits qui ne manquent pas de relief.Nous résumons ici les notes abondantes que l’on peut cueillir dans les archives sur ce Montréalais d’antan.Son père, Guillaume Roy, originaire de Maguy, diocèse de Baveux, en Normandie, épousa à Montréal, le 5 novembre 1764, Marie-Anne Blais, dite Saint-Martin.De ce mariage, naquirent neuf enfants.Le colon Roy cultivait un lopin de terre qui aujourd'hui se trouve en plein quartier Saint-Laurent.Il avait pour voisin Etienne Dumeyniou, marchand français qui avait marié une Canadienne, Marie-Louise Claveau, et qui fit des affaires assez volumineuses en société avec John McKindlav.Tout près de ces gens, vivait M.Jean Sabrevois de Bleurv, marié en secondes noces avec une demoiselle Claveau, soeur de Mme Dumeyniou.M.de Bleurv étant décédé en 1784 et sa femme en 1785, Mlle Rosalie de Bleurv, leur fille unique fut recueillie par sa tante.En 1798, le sieur Dumeyniou s’éteignit et sa veuve ainsi que demoiselle de Bleurv restèrent seules pour diriger l'exploitation de leurs propriétés.Comme elles étaient embarrassées, Gabriel Roy, fils de Guillaume, offrit son aide.Intelligent, actif, intéressé, il devint indispensable.Aussi, le 5 avril 1799, Mme Dumeyniou.faisait don “à son voisin qui lui rend service” de la jouissance de huit arpents de terre, tenant aux propriétés de MM.Frobisher, Du-rocher, Dubrcuil et Roy puis, quatre jours après, elle lui accordait sa main.Les époux n’étaient pas tout à fait du même âge.La femme dépassait la cinquantaine et le mari avait à peine 29 ans.Cependant le hasard voulut accentuer l’anomalie car par distraction, l’officiant rajeunit le marié de sept ans ( 1 ).Par son mariage, Gabriel Roy devenait administrateur des biens de sa femme et de ceux de sa nièce.Et ils étaient ( 1 ) UelevAiis un passage de l’acte : Gabriel Itoy, Agé de 22 ans, lient nie d'affaires de Mme Dumeyniou, et I.oulse Claveau, Agée de "dl aïo.Veuve. tous passés à son nom lorsque sa femme mourut le 3 novembre 1810, âgée de 64 ans.L’année suivante, le sieur Roy fait son testament.Il donne scs biens à ses frères, soeurs, neveux et nièces, assure 1 existence de Mlle de Bleury, qui ne l’a pas abandonné, puis le 25 novembre 1811, il convole.Cette fois, il choisit une femme encore mineure, et fille de Phinéas Bagg, hôtelier._ Dés lors, il va habiter Saint-Laurent où il est élu commissaire d’école le 26 novembre 1829.Le 16 juin 1830, il est nomme commissaire pour 1 amélioration des chemins reliant Saint-Laurent au Sault-au-Récollet.Le 4 juillet 1831, on le charge de l’amélioration de la route entre la Côte des Neiges et Saint-Laurent.Le 28 juillet 1837, il est devenu magistrat (1).Durant les troubles de 1837-38, il paraît être resté neutre.Grand propriétaire, personnage en vue, il décide de se porter candidat aux élections de mars-avril 1841, les premières sous l’Acte d’Union.Son adversaire, Alexandre Maurice De Lisle, ancien greffier de la paix à Montréal, qui était soutenu par lord Sydenham, trouva moyen d’élimi-ncr le sieur Roy.Lui avait-on fait des promesses ?En tout cas, Gain iel koy se retira de la lutte et, le 14 juin suivant il était nommée conseiller législatif.Il conserva ce poste jusqu a son décès survenu le 17 décembre 1848.11 était alors âgé de 78 ans.A ses funérailles nombre de personnes marquantes assistèrent et dans le registre de Saint-Laurent on relève les signatures de l’honorable A -N Morin, de Jacques Viger et des abbés Bar dey, Aubry Cre-vier, Saint-Pierre, Vinet, Duranceau et Saint-Germain.E.-Z.MASSICOTTg QUESTION , Quelle opuIaircs du Panada, par Marius Barbeau \rmand Pandry premier député acadien au Nouveau-I"unswick, par I lacide Gaudet (novembre 1923).Pes barons de Portneuf, par Régis Roy’(novembre 1)• Su- lames Stuart, par F.-J.Audet (janvier 1924) I9J4‘ Alllnay de Chamisay, par D.-T.Robichaud (janvier Pts lits aux Oiseaux, par C.-H.Carbonneau (janvier màrsC,i(V'3 ), S’ aV" ’ "ia1, •IUin’ -iui,let Janvier, février et Pa notion historique, par Edgar Boutet (février 1024) Ja,nes y,OI1P- Par F.-J.Audet (février 1924) Cs Sauvages du Labrador, par Pascal Poirier (mars J.unes keid, par F.-J.Audet (mars 1924).Pes explorations françaises en Amérique, par Gustave Ranctot (mars 1924).1 Pe mirade çanadien, par F.-J.Audet (avril 1924).' H Ut v ullivan, par P.-J.Audet (avril 1924).d,t.r;m7Wî: King Bal).Mgr David Gosselin écrit au sujet de ce Pierre Dorionne : "Il est le premier ancêtre canadien de toutes les familles Dorion.Arrive a Quebec en 1684 d acquit une terre dans le deuxieme rang du fief d’Orsainville, Charlesbourg, et, une 'H '’- A '1 -tse par Margry, vol.lor, p.315. i683i à Pierre Maillou des Moulins.Il faut croire que cette tene portait malheur puisque Maillou la remit, à son tour le - octobre 1087 (O (J.-Edmond Roy, Histoire de la seigneurie de Lançon, vol.1er, p.287).N O BEE ET ROTURIER .^0lus-M;îrie de La Voye, mon trisaïeul, naquit à la Pe-1 e-Kiviere, le 16 octobre 1757.Comme son père, il ern- èmioï 1 T" pCre cU,Vnarin\ et suivit sa famille lorsqu’elle I e -„L etlte-R,vlere a Kamouraska, puis à Rimouski.rie c"enevièvbC *75’ loms:M*rïe dc La Voye épousa Ma-ne-Uncvieve Guimont, originaire du Cap Saint-Ignace Le n une joui, une des soeurs de Marie-Geneviève Guimont ce'Vieichcllr\T ThT danS 1Y'slise du CaP Saint-Igna-cc, Michel Morel de la Durantaye.1 ,, d! la 1 )ura,;taye étaient de noble extraction.Abu ce line ('!!! , Canadlen dc.celui Qu’épousait Marie- » iiniont avait ete officier au régiment de Cari S; ?TeUr -Ie K‘™'-a^a et de la DuCaye et con-' S® c 1 (ronsei1 Supérieur de la colonie.Quoique’ déchue O*“"«« - souvenait delon cotîtaiJiS aSx ~ zz: 7Jtumhu rt:in^ « SïWsr z .-vUl UUIIU, le tandis que sa soei^ AhnJ r ^ de porter une fontange, fier, dût sèn r u'leVC; (Jui épousait un roUi- moeurs du temps a été rKU|Pait ,q)lsode’ C1U1 Pcint bie» les tiens de la anûlle ?Lfidd?ent conservé da”s les tradi-
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