Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /, 1 octobre 1921, octobre
BULLETIN DES RECHERCHES HISTORIQUES VOL.XXVII BEAllCEVILLE - OCTOBRE 1021 Ko 10 NOTES SUR LA CULTURE ET L’USAGE DU TABAC DANS LA NOUVELLE.FRANCE Au Canada, l’histoire du tabac date de l°in ; eUe re-fnonte à Jacques Cartier et c’est a Montreal, en 1535, que le célèbre explorateur fit connaissance avec la plante destinée à conquérir une vogue étonnante.L’anecdote a sa place ici et nous la cueillons dans le principal ouvrage de l’abbe Paillon qui, lui-nieme, rcs c le récit du découvreur.LA PREMIERE PIPEE DE CARTIER Parmi les coutumes des Sauvages, celle qui frappa le nlus Jacques Cartier, par sa nouveauté et sa singulantu, fut l’usage de la pipe à fumer entièrement inconnue alors Voici dans son style naïf, la description qu il en fa lui-même ’• “Les sauvages ont une lierbe dont ils font grand amas,L durant l’été, pour l’hiver laquelle!s et en usent, les hommes seulement, en la façon qui suit .Ils la font sécher au soleil, et la portent a leur col, renfe -mée en une Petite peau de bête, au lieu de sac, avec un cor' ^t de nSou de bois.Puis à toute heure, ils tout poudre de la dite herbe et la mettent h un bout du cornet, puis 1 s - 290 — mettent nn charbon de feu dessus et par l’autre bout,'il soufflent tant qu’ils s’emplissent le-corps de fumée, telle ment qu’elle leur sort par la bouche et les nasilles, comme par un tuyau de cheminée.Us disent que cela les tient sains et chaudement et ne vont jamais sans les dites chose.-Nous avons expérimenté la dite fumée et après l’avoir mise dans notre bouche, il semblait y avoir de la poudre de poivre tant elle était chaude” (1).Il est évident que Cartier n’a pas apprécié sa première pipée, mais s’il avait séjourné au pays, qui sait s’il ne serait pas devenu un adepte du calumet, tant d’autres- par la suite ont succombé au charme de l’herbe.LES PREMIERS PIONNIERS FUMAIENT-ILS ?i Il nous paraît que les Français qui vinrent coloniser le Canada, au 17e siècle, n’étaient guère adonnés à l’usage du tabac, mais bientôt le besoin de distraction, le climat, le 'contact avec les Sauvages, l’exemple surtout leur tirent acquérir-1 ’habitude de fumer.La plus ancienne mention de tabac qui soit dans les archives de Montréal date de 1652.Elle se rencontre dans l’inventaire d’Antoine Rouault ou Roos, un flamand qui, à Ville-Marie, exerçait l’occupation de vacher.Après que cet humble domestique eut été assassiné par les Iroquois (26 mai 1652) le tabellion Gastineau Duplessis dresse un état des biens du malheureux et il note qu’il possédait l/2 lbs de petun (sic).Dix-ans plus tard, dans l’inventaire du fameux Lambert Closse, flamand lui aussi, on trouve également du petun en pain de 2 lbs (Basset 8 fév.1662).( 'es deux colons fumaient-ils?Ou n’avaient-ils du petun que pour trafiquer avec les Sauvages?Cela çst fort possible, car les indigènes du nord ne cultivaient pas le tabac quoiqu’ils en fissent grand usage.LA VOGUE COMMENCE On aperçoit que le tabac était entré dans les coutumes (1) Faillon, Hist, de la col.franc., vol.I, p.20. — 291 — populaires en 1672, puisque le 4 mai dé cette année, Colbert écrivait : “Sa Majesté ne veut pas que l’on sème de tabac, d’autant que cela n’apporterait aucun avantage au pays qui a beaucoup plus besoin de tout ce qui peut porter les habitants au commerce et à la navigation, aux pêches sédentaires et aux manufactures et que la culture de cette herbe serait préférable aux îles d’Amérique”.^ Mais quelle puissance était capable d’empêcher l’usage de se propager parmi des colons qui pouvaient obtenir des pelleteries des Sauvages en leur fournissant du tabac 4 Aussi constate-t-on que les administrateurs sont bientôt forcés de légiférer à ce sujet.Dans la première coditica-tion des règlements de police, qui date du 11 mai 1676,1 ai-ticle 10 défend de prendre du tabac dans les rues.En 1679, au cours d’un procès pour vol de vin, dans la maison de M.de Hautmesnil, on rapporte qu’un des deux serviteurs accusés s’était rendu malade a fumer.Le tabac et le vin avaient fait connaissance.CULTURE DU TABAC A l’époque où Colbert cherchait à détourner les Canadiens de la culture du tabac (1672), le peuple était pourtant loin d’en planter pour la peine Nous ne trouvons pas mention de “tabac du pays”, a Montreal, avant le .7 juillet 1678 et c’est, dans l’inventaire du nomme h îllas- treau., ,, Par la suite, l’expression “tabac du pays” ne se rencontre que de ci, de là, ce qui laisserait présumer que les colons en récoltaient peu.Pourquoi ?arce qu ils l’importaient de France et surtout parce qu’ils 1 obtenaient facilement des, Sauvages établis au sud des grands lacs ou encore des colonies anglaises d’Amérique, ce qui choquait le 10C’est à partir de 1735 que la France cherche à intéresser le Canada à la culture du tabac.En cette année le sieur Cugnet, directeur du domaine du roi en la Nouvelle-France, reçut l’ordre d’envoyer des échantillons des ditto-rentes sortes de tabac récolté dans la colonie et il en expe- dia 600 livres.Après examen et essai on le jugea impropre à la consommation en France, mais on remarqua en même temps qu’avec “plus d’attention on pouvait aisément le perfectionner” et on demande au sieur Cugnet de nouveaux échantillons cueillis principalement à l’ile d’Orléans, à l’île du Pas et dans les environs de Montréal, parce que la qualité du tabac planté en ces localités a paru supérieure.(Corr.Génér.Arch.Canad.) En même temps on envoya des instructions sur la façon de préparer le tabac pour l’exportation et les fermiers généraux de France se déclaraient prêts à acheter tout le tabac à un prix fixe assez peu élevé cependant.Nous en parlons plus loin.De son côté pour stimuler la production et l’amélioration du tabac, l’intendant Hocquart aide des particuliers à faire des plantations à Chambly, à Beauport et Québec ; sous sa direction on récolte 30-000 pieds d’un tabac qui a 30 pouces de long sur 20 pouces de large et il se propose de faire des essais encore plus considérables l’année suivante.QUELQUES OBSTACLES Comme le clergé s’opposait plus ou moins ouvertement à la culture du tabac parce que cela diminuait ses revenus, on songea à lui permettre de prendre la dîme sur le tabac aussi bien que sur les grains et l’obstacle se trouva levé.Cependant, les plantations ne se firent pas sur une grande échelle parce que le prix payé par les importateurs de France n’était pas jugé assez rémunérateur, en plus, parce que des vers s’attaquaient aux racines des jeunes plants et causaient souvent des dommages irréparables (2).TOUT LE MONDE FUME Toutefois, si la culture du tabac pour l’exportation ne faisait pas beaucoup de progrès, il est certain que la plupart des habitants en plantaient pour leur propre usage.(2) Encore aujourd'hui, les planteurs doivent avoir recours à.certains procédés pour empêcher les vers d'attuciuer les racines du tabac. 293 — Par exemple, nous voyons dans l’étude du notaire C oron, 25 février 1747, que François Baudouin et sa femme donnent leurs biens à leur tils Pierre, mais qu ils se rese -vent un coin de terre dans le jardin pour taire du tabac .Nous avons en plus le témoignage du savant Suédois, Pierre Kalm, qui note, au cours de son voyage au Canada, en 1749 : “Chaque fermier plante près de sa maison une quantité de tabac plus ou moins considerable, suivant que sa famille est plus ou moins nombreuse.H tapt bien que les paysans s’adonnent à la culture du tabac, ; il est dm» usage universel parmi les gens du peuple.^ On voit des gamins de 10 à 12 ans courir les rues, la pipe a la bouche, imitant l’exemple de leurs aînés.Des personnes au-dessus du vulgaire ne dédaignent pas de fumer une pipe par-ci.parla ; dans les parties les plus septentrionales du Canada on fume généralement le petun sans melange Ma s ans le sud et aux environs de Montreal on y nude 1 eooice intérieure du cornouiller sanguin pour le rendre P*™ La tabatière est aussi fort a la mode.1 îesque tout le ta bac qui se consomme ici, est produit dans le pays et certains amateurs le préfèrent au tabac de Virginie ; mais ceux qui se prétendent des connaisseurs emettent une opinion tout à fait contraire.Chose curieuse ! Tandis que beaucoup de nations imitent les coutumes françaises- je remarque, qu ici, ce sont des Français qui, à maints égards, suivent les coutumes des Indiens^ Ils fument dans des pipes indiennes, un tabac préparé à l’indienne, se chaussent à l’indienne, et portent jarretières et ceintures comme les Indiens .foj LES TABACS ETRANGERS Plaçons à côté des notes du savant Suédois, un extrait de l’ouvrage du canonnier Bonnefons qui vécut au C anad.durant la dernière décade du régime français.“Le tabac vient fort bien aux environs de 1 Ohio, surtout dans la Virginie, la Caroline et le Maryland ou le ter- (3) Kalm, 12 sept.1749, page 193. 1 — 294 — lain lui est favorable et rend sa qualité supérieure, aussi , " Plusieurs fumeurs avaient de la predilection pour des boîtes en métal ayant l’apparence d’une tabatière.y TABAC A PRISER ET TABATIERE , , Prisait-on ?Certes, et le sieur Kalm le remarque : “la tabatière aussi est fort à la mode ” (page 193 ).D’ailleurs au dix-huitieme siecle, le tabac à priser était l’objet d’un engouement qui s étendait aux colonies.EnlTSS, jerelève la mention “une livre de tabac lajK; et dans 1 inventaire de l’officier d’infanterie P F cartoiî'donTune JT™1* 175?)> celle-ci : Deux tabatières de caiton dont une a femme valant ensemble 20 sols”.o ¥°^ca^m devait être un priseur, car il prend la neine S!o7Îer ( ai!s llne (le ses lettres que le tabac à priSr se Sç2afsf(5ar ° liVre’daUS ICS dera‘ères (B) Montcalm en Canada, page 311. .297 -.Nous n’avons pas ici à faire l’éloge du tabac, ni a van-tèr l’agrément qu’éprouvent les fumeurs “en taisant envoler dans l’air les volutes bleuâtres de leur bonne pipe de tabac canadien”; contentons-nous de signaler que la presse canadienne a commenté avec satisfaction’ récemment un rapport du ministère de l’agriculture dans lequel on lisait que1 dans le Dominion, c’est Québec qui produisait le plus de tabac et le meilleur., Au cours de l’anné 1920, notre province en a récolté 26,400,000 livres.Ce rapport nous «ppiT’n'l en oji nb qm epvHinps esnèces entrent maintenant dans la fabrication des dSresTdes dgaMtcs; enfin, qu’il y a là une source SB de revenus pour les planteurs canadiens, particulièrement pour les nôtres.E.-Z.MASSICOTTE QUESTIONS Dans un travail lu par Andrew Stuart devant la Société Littéraire et Historique de Québec vers 1820, il est question de chefs sauvages du MiSissipT qui vinrent visiter sir George Prévost à Québec peu avant a guerre de 1812.Ces chefs sauvages avaient, para.t-il, amène avec eu mie soeur du fameux chef Tecumseh, immortalisé par I arkman U trouverais-je des renseignements sur le séjour de ces Indiens a Quebec.QUEBEC rz- S£ r > “ .e cisions à ce sujet?.CURAM — 298 — LETTRES INEDITES DU GOUVERNEUR D’ARGENSON DOUBLE DES AD VIS QUE J’AY ENVOYE A MRS DU CONSEIL (1658) Selon l’ordre que j’ay reçu de S.M.par l’arrêt du conseil du 7 mars lb07J ,i" "'Présenter les avantages ou les inconveniens qui pourroyent arriver dans 1 execution du d.ct arrest et voyant que par l’exposition qu’on en a faite on a eu en pensée de rétablir la traite qui est entièrement avilie et de rendre h communauté capable de soustenir les grandes charges à quoy elle est obligee et de sortir des debtes dans lesquelles elle s’engage tous les jours, pour a quoy réussir on aurait ordonné que toutes les marchandises fussent nnses par les marchands dans les magasins pour après en estre departy la moitié aux liabitans pour estre traitée à l’ordinaire en payant le quart au magasin et l’autre moitié estre réservée dans les maua-sins pour estre traitée au profit du magasin, voyant grande difficulté pour cette distribution de marchandises aux liabitans qui avec cela ne manquement pas d avilir aussy la traite donnant toujours à l’envi les uns des autres aux sauvages à l’appétit d’un petit guain et sur l’autre article ne doutant point que la communauté ne trouvast l’avantage qu’elle cherche pour payer les charges et acquitter ses debtes en faisant la moitié de la r: ! S°7 f Tnt le qUiirt de Pautre moitié ma pensée est d’o-ger tous les marchands a mettre leurs marchandises dans les magasins pour estre traitées sans en sortir, moitié au proffit de la communauté et autre moitié au profht des liabitans en payant le quart sans être obligée d en faire la distribution, faisant deffenses à tous liabitans de traiter en I< i îcuher et parce qu’il n’est pas juste que les liabitans soyent tous traités •sga ement, on ferait des classes conformément aux arrests cy devant rendus, dans lesquelles on réglerait les prétentions des liabitans, les marchands memes nauroyent aucun sujet de plaintes leurs marchandises ne de‘la traite h 1 '‘"n11"1''' ¦ " Cast°r qui feroit Ieur P^^ens au mesme temps e a traite ou celles qui ne seraient pas traitées demeureroyent en nature dans les magasins pour être traitées.J’adjoute ceci pour plus de lumières ; ht parce que les marchands vous feraient difficulté de remettre leurs marchandises dans le magasin alléguant qu’ils n’en recevront le payement — 299 — que bien tard on pourra obliger les habitans de satisfaire aux marchands pour la part dont un chacun aura pouvoir d’entrer dans la traite.Si les marchands font difficulté pour les marchandises qui se traiteront au proffit de la communauté et qu’ils allèguent qu’ils n’en, auront point d’assurance.On leur pourra respondre qu’ils auront préférance après les charges et je ne pense pas que ces difficultés naissent si on fait un traité particulier avec une compagnie de marchands qui trafique-roient en ce pays exclusivement à tous autres, mais qui seroient obligés de me demander la ratification du traité qu’ils auroient fait afin que je peusse cognoistre s’ils seront avantageux ou désavantageux au pays.Il faut ajouster que les habitans s’adonneroient d’avantage à l’esta-blissement du pays et à la culture des terres n’estant pas divertis par la traite qu’ils font en particulier et recevant le proffit qui auroit esté traité par eux au magasin pour subvenir aux frais qu’ils sont obligés de faire et parcequc la distribution des habitans dans les classes peut avoir ses difficultés chacun s’estimant plus qu’il n’est on pourrait scavoir de combien chacun y veut entrer et s’ils excedoyent les regler.DOUBLE DE LA LETTRE ENVOYEE PAR LE VAISSEAU DU SR.GAIGNEUR DU 5 SEPT.1658 Monsieur, Vous m’avez fait l’honneur de me témoigner si souvent que vous souetier, (sic) d’aprendre les choses qui se passoient dans nostre nouveau pais que’ je n’ay garde de manquer à vous en faire le récit à vous en rendre compte des choses qui se sont passées depuis mon arrivée premièrement le pays est en guerre et desjà j’ay faict quelques courses pour empêcher les Iroquois de s’aprocher si près, mais les hois que nous avons tout auprès de Québec leur donnent tant de retraites qu’il nous est impossible de les joindre sur un advis qui nous vint des ennemis j’allay jusques aux trois-rivières a dessein d’aller jusques a Montréal mais trouvant toujours les Vents contraires et pressé de la récolté auquel temps il fault estre plus sur ses gardes pour la favoriser je fus obligé de retourner, après vous avoir parlé de la guerre suit un autre fléau aussy dangereux que celuy, la qui est la pauvreté et sans lequel nous ne craindrions guère la guerre car si nous avions de quoy entretenir quelques hommes je ferais couper touts les bois les plus proches et qui empeschent la communication de plusieurs habitations cette pauvreté procède en partie de l’avilissement de la traicte què .300 — les habitants ont reduict à un tel point qu’à peine recoivent-ils des sauvages le prix de leurs marchandises et c’est un désordre auquel il faut absolument remédier en obligeant de faire la traicte en commun et faisant défense à touts les particuliers de traicter.Il serait aussy à propos de préférer une compagnie de marchands et exclure tout nos petits mar-chandeaux de venir en ce pais parce que ceux n’ayant aucun fonds devant eux ils acheptent chèrement leurs marchandises et nous les vendent de mesme de plus estant de retour en France.Ils sont pressés de leurs créanciers de vendre leurs effects et vendent leurs castors à vil pris pour ne pouvoir atteindre le temps de la vente.C’est à vous, Monsieur, qui avés une cognoissance parfaite de toutes ces choses de decider.J’uy esté un peu surpris après avoir entendu les petites contrariétés qui s’estoient passées entre les 1?.K.P.P.Jesuittes et Mr.l’abbé de Que-lus de trouver l’Eglise entièrement paisible et les Eglises bien remplies de peuple chacun accomplissant son ministère avec beaucoup de douceur et déférence de part et d’autre jusques à quelques jours avant le despart de Mr.1 abbé pour Montréal ou il crut devoir s’opposer au mandat de Mr de Kouen mais comme j’avois peur que la chose n’eut quelque suittes fâcheuses je le priay d obéir au mandat ce qu’il a fait.Après vous avoir entretenu de tout le pais il fault que je vous entretienne des choses qui me regardent et que je vous dise que je prévoy une grande difficulté de pouvoir subsister en ce pais et que je ne m’étonne nullement de la grande économie qu on a attribué a Mr.de Lauzon puisque sans que je sois chargé d’une grande famille comme il estoit il m’est impossible d’aller bien loing avec mes appointemens.Feu Mr de Montmagny a esté le seul qui aye pu,réussir parceque outre l’entretien de sa maison et les gages de ses domestiques il touchoit mil éeus tous les ans et présentement je ne reçoy que deux mil escus pour toute ma dépense les deux autres mil escus estant pour la garnison et vous prandrez le peyne de considérer que je cours les risques de la mer, de l’aller et du retour.Il est vray que Mrs de la Compagnie m’ont faict cognoistre que je pouvais obliger la communauté de me faire toucher mes apointemens en France au pris que les castors si vendent, mais pour cela il fauldroit que je prisse tout le fonds du magasin pour moy seul puisqu’il n’y a pas un seul marchand qui me veuille faire toucher de 1 argent en b rance a trente pour cent en le payant ici en castors.Par la vous jugerez que mes appointemens sont diminués d’un tiers, do ne scay si se sont les grandes dépenses que j’ay faict ces deux années passées qui me donnent l’appréhension des suivantes, mais je vous prie de - 301 — considérer qu’il est bien fâcheux à une personne qui vient ici suns aucun motif de gain de se voir endebter insensiblement comme je le suis déjà .S demande Compagnie * *.-U écus.Te est avec tout le respect possible, Monsieur, Vostre très humble et très Obéissant Serviteur P.DE VOYER D’ARGENSON.Monsieur de Morangé.Au dos ““tonlieu, ige de vous prier d’avoir la bonté de faire ordonner par le conseil que mes appomtemens et le fret seront payés en France sans courir la risque ny souffrir la diminution des Castors.4 La traite a été avilie a un tel point que les habitans sont touts dans une très grande pauvreté ils sont tous.insolvables aux marchands qui leur ont preste e c’est une chose à quoy il faut travailler uniquement que dé la rétablir et de les obliger à traiter en commun afin queues particuliers ” rr -f» » .n.l’ont jli'h aussy eloigner de ce pays une quantité de petits marchands à qui on vent oh rement dans les lieux d’ou ils partent parce qu’ils prennent t u à ZI 17", *"* Jaiter - « w» » proportion et de pta L qu ils sont retournés en France pressés de vendre leurs effets par les creance,, sont obligé, * donner leu, ea.tor à vil pri* p„„ VpL attendre le temp, de le vente de, ee.tor, Pour eel, U e,t eb.olZnt né' — 307 — cessai re de lier une compagnie de marchands laquelle nous pourroit faire quelque avantage au magasin et mesme s’obligeront de passer et les hommes et les tonneaux de marchandises à un prix plus raisonnable que n’en usent les marchands à présent je vous demande pardon de vous escrire ces choses, mais parce que vous aymes le pais je pense que vous voulez que je vous dise ma pensée.Je vous envoyé mes faibles advis que je doibts donner au conseil sur l’arrest donné en 1657 vous commanderez qu’on y mette l’inscription qui qui y sera necessaire j’ay si peu coutume de donner advis à des gens sages que je ne scais comme il fault comencer mais je scay bien comme il fault finir en parlant à une personne de vostre mérite que j’honore parfaitement c’est par une protestation tout entière que je vous faicts de mes très humbles obéissances.P.DE VOYER D’ARGENSON NOTE—Dette lettre n’a pas d’adresse mais au bas je vois ces 4 initiales M.D.L.M.cela me porte à penser qu’elle a été écrite à Mr.Delà Marguerie.DOUBLE DE LA LETTRE ESCRITE PAR LE VAISSEAU DU SR.GAIGNEUR DU 5 sept.1658 Monsieur, Tant de personnes vous écriront ce qui s’est passé entre les II.P.P.Jésuites et Monsieur l’abbé de Quelus que je me retiendré sur les choses les plus essentielles et que je crois que vous serez bien aize d’aprendre de moy.Je trouvé l’Eglise en grande union en arrivant à Quebecq quoique quelque temps auparavant il y avoit eu procès pour la maison des P.P.Jésuittes et lequel avoit esté bientost terminé, les marquilliers plustost que Mr.l’abbé ayant emeu une querelle qu’ils n’avoient pu soubtenir depuis ce temps après mon arrivée le Père supérieur me dit qu’il avoit un mandat de Mr.de Rouen qui renvoioit Mr.l’abbé à Montréal.Je lui dis.que le P.Lalemant m’en avoit escrit mais qu’afin que toutes choses se passassent plus doucement je pensois à propos d’attendre le vaisseau chargé en partie pour Montréal et qui portoit les lettres à Mr.l’abbé, ce qu’il me promit le vaisseau de Tadourneau ne fut pas plustost arrivé que le perre sup.me diet qu’il estoit temps que je luy fis response que j’en parlerais à Mr.l’abbe lequel me témoigna qu’il ne debvoit pas abandonner facilement sur cette — 308 — response je dis au P.sup.qu’il vit les voyes qu’il debvoit tenir qui fut de signifier ses lettres à Mr.l’abbé auxquelles le dit Sr.Abbé s’opposa et fit response, mais parce que je voyais que ces eommancemens pouvoient amener des suittes fâcheuse je priay Mr.l’abbé de cesser ses poursuittes puis-qu il me paroissoit un mandat que vostre compagnie avoit agrée ce qu’il a fort embrassé et revenant d’une petite course ou je pensois trouver les ennemis, je le rene*ntray qui montoit la rivière pour Montréal j’ay eu beaucoup de déplaisir de ne le pouvoir accompagner mes nos ennemis et nos récoltés en sont la cause, 11 vous pourra témoigner que je n’ay point eu d’affection pour Quebecq plus que pour Montréal et que les hommes et les vivres qui leür ont esté nécessaires et dont Mr.d’Ailleboust m’a diet avoir besoin, je luy aî donné puisque nous sommes sur le chapitre de Mr.d Ailleboust, il fault que je vous dise ce qui s’est passé entre nous.Premièrement en mon absence il n’a jamais pris la qualité de mon lieutenant.sestoit emparé de la pluspart de mes meubles et agissoit comme une personne qui nem’attendoit plus et mesme avoit touché touts mes ap-poiiitemens.Vous ne vous imaginez pas après cette exposition de qu’elle maniéré j’ay agi : j’ai l'aict peu d’estime qu’il ne voulut pas agir en qualité de mon lieutenant, je luy ay laissé mes apointemens de tout le temps qu’il a servi l’obligeant seulement d’entretenir la garnison jusques à la fin de i annee et reprenant mes meubles que j’ay trouvé en nature, je l’ay prié de me dire en quoy je pourois le servir en ce pays, je l’avois mesme estably directeur dans le conseil et sans la pauvreté du magasin nous luy aurions donne quelque apointement ainsy je pense qu’il n’aura pas subject de se plaindre de moy.11 a désiré s’en aller à Montréal, j’en suis fort satis- Il faut a present que je vous parle des choses qui me regardent et que je vous disse que je ne m’étonne nullement si aucuns des gouverneurs qui ont suivi Monsieur de Montmagny n’ont pas receu toute l’aprobation qu ils pouvoient esperer par la difficulté qu’ils ont trouvé à y subsister Les despences sont horribles et les risques de la mer fort considérables outre les avaris des marchandises, je ne vous diray rien de ces choses plus en particulier de peur de vous ennuyer, mais seulement je vous diray qu’il est absolument necessaire que j’aye dessoubs moy quelque personne à qui je laisse le commandement lorsque je suis obligé de quitter quebecq, pour her de joindre les Ennemis comme cela arrivera fort souvent si la guerre continue et mesme L’envoyer lorsqu’il ni a nouvelles que de petites troupes un apointement de 1000 livres suffira pour cela, lequel je divi- — 309 — seray en deux ; je l’aurois bien pu faire mais nostre magasin est si fort endebté que voyant nostre misère, j’ayme mieux atendre un arrest du conseil, j’é destiné un de ses deux pour commander en mon absence Monsieur de Musseaux et l’autre ce serait pour demeurer dans le tort, je vous dis cecy sans ancore luy en avoir rien communiqué afin que si ses affaires changent de face qu’il n’en aye point le mal de coeur.Vous vous souvenez bien que j’avois parlé que je debvois toucher mes apointemens en France à cause de la diminution des castors a quoy le conseil de Quebecq a fort consenty n’estant pas juste que je ne touchass pas ce que le Roy ordonne, mais il souhoiteroit que le conseil du Roy j attribuât à moy seul afin que ceux qui touchent quelques apointemens d communauté ne demandassent point la mesme chose ainsi Monsieur je vous 8uplie de le faire ordoner.¦ C’est Monsieur, Vostre très humble et très obéissant serviteur I>.DE VOYER D’ARGENSON.Au dos de la lettre à Monsieur : Monsieur le Baron de Fancan près des Carmes au faubourg Str Germain.(La fin dans la prochaine livraison) .REPONSK La houille blanche (Vol.XXVII.P.»^cé l'expression "houille blanche"?Je crois pouvoir répondre a cette question.Cette expression a été employée, tout d^ord^expos ^on ^ gavole.0n Par M.Bergès, l'un des d ^nité de cette heureuse métaphore désignant la ££ veau tombante des torrents et des ri- fcygfggRR a* •“ “• “ * remonte à une quinzaine d années.hleue” l’énergie Depuis le même temps on désigne Par l'expression houille bleue 1 énergi qui peut être engendrée par les moulins h marée.EMILE MILLER — 310 — LES ARMOIRIES DE LA COMPAGNIE DES INDES La plupart de nos histoires du Canada et de nos petits dictionnaires historiques ne nous renseignent pas suffisamment sur les deux compagnies des Indes qui, à quarante ans d’intervalle, au 17ème et au 18ème siècle, monopolisèrent le commerce du Canada, en tout ou en partie.Souvent même on ne donne pas à ces compagnies leurs noms exacts.La première se nommait compagnie des Indes occidentales.Constituée par l’édit du 28 mai 1064, elle contrôlait le commerce sur le littoral africain dans les Indes occidentales et dans l’Amérique du Nord.On la supprima en 1674.(E.& O.IL, I, 40 et 74).Au mois d août 1.17, des lettres patentes royales donnaient naissance a la compagnie d Occident a qui on accordait les privilèges de commerce détenus auparavant par le sieur Crozat pour la Louisiane, et par les sieurs Aubert, xVeret et Gayot pour le Canada.(E.& O.IL, I, 377).Deux ans plus tard le fameux Law obtenait la formation d’une compagnie qui fusionnait : (a) la compagnie d’Occident, (b) la compagnie des Indes orientales (c) la compagnie de Chine.Ce puissant merger prit le nom de compagnie, des Indes, sans plus de mots.C’est cette dernière qui exerça ses privilèges en la Nouvelle-France jusqu’à la conquête, car la liquidation du système Law en 1721-23 n’affecta pas l’existence de la compagnie en ce qui nous concerne, du moins.Arrivons maintenant au sujet de notre article.Dans les lettres établissant la compagnie d’Occident se lisait le passage suivant : “Pourra la dite compagnie prendre pour ses armes un écusson de sinople à la pointe ornée d’argent sur laquelle sera couché un fleuve au naturel, appuyé sur une corne d’abondance, d’or ; au chef d’azur semé de fleurs de lis d’or, soutenu d’une face en demie aussi d’or ; ayant deux sauvages pour support et une couronne trefflée ; lesquelles armes nous lui accordons pour s’en servir dans les sceaux et cachets et que nous lui permettons de laire mettre et apposer à ses édifices, vaisseaux, canons et partout ailleurs où elle jugera à propos.” (E.& O.IL, I, p.377, art.LIV des lettres, pat.d’août 1717). — 311 — En absorbant la compagnie d’Oceident, la nouvelle compagnie des Indes fit siennes les armoiries de la défunte et les apposa, suivant son droit, t notamment en 1741 lorsqu’elle fit ce curieux et intéressant recensement des marchandises d’origine étrangère qui se trouvaient dans les logements de Montréal.En cette circonstance toutes les marchandises venues en contrebande et possédées par des particuliers, reçurent l’empreinte du sceau de la compagnie et chacun fut avisé de ne plus avoir de tissus prohibés sous peine d’amende et de confiscation.De ce sceau aux armes jolies et parlantes, les Archives de Montréal possèdent une empreinte sur cire rouge et fort bien conservée qui est fixee sur un document du 1er mars 1728.E.-Z.MASSICOTTE REPONSE ' Femme noble mariée à un roturier (Vol.XXVII, p.282.)—Sous l’ancien régime français, une femme noble qui épousait un roturier perdait-elle le privilège de noblesse ?Lange dans sa Nouvelle pratique civile, criminelle et bénéficiale ou Le nouveau praticien français réformé suivant les nouvelles ordonnances, répond ainsi à cette question : “Oui : tout ainsi qu’une femme roturière épousant un homme noble devient noble ; de même une femme noble épousant un roturier, devient roturière, et suit la condition de son mari ; mais si après le décès de son mari elle déclare en justice, qu’elle entend dorénavant vivre noblement, elle recouvre sa qualité et son privilège de noblesse, pourvu que derechef elle ne se remarie point à un homme roturier.(Néanmoins par arret de la Cour des Aydes du 17 janvier 1G76, au rapport de M.Goureau de la Prouftiere, la veuve de maître Jacques du Boulay, prévôt de Mondidier, a été condamnée de payer la taille pour trois années, depuis sa viduité, jusqu’à l’obtention de ses lettres de réhabilitation.¦ Mais nous observons que celle qui a épousé un homme qui a vécu noblement, comme un officier de judicature, ou de maison royale, un avocat ou un médecin, doit jouir des privilèges de noblesse saris aucunes lettres de réhabilitation.) (Et la jurisprudence de la Cour des Aydes est à présent qu’un femme noble, veuve d’un roturier qui ne faisait point de profession dérogeante a noblesse, n a pas besoin de lettres de réhabilitation) . — 312 — LETTRE DE M.DE SALABERRY PERE à son fils pour le féliciter d’avoir gagné la bataille de Châteauguay (1er décembre 1812) A Beauport, 1er Décembre 1812 Mon très cher fils, Je viens de voir les Ordres Généraux, il ne se peut rien de plus flatteur, pour toi, et conséquemment pour moi.Reçois, mon enfant, les félicitations de ton père après ( elle de ton Général.Je suis pénétré d’une indicible satisfaction.Elle est bien partagée par ta-mère et toute la famille.On te rend une justice qui t’est bien due : malgré cela j’éprouve un sentiment de reconnaissance pour Sir George, de te l’avoir rendue d’une manière aussi honorable.Tu as eu bien du tourment, bien des peines : eh bien t’en voilà payé.Tu reçois le prix le plus pTécieux pour le bon militaire et l’homme d’honneur.L’un et l’autre se trouvent éminemment en toi, et jamais personne ne le fut d’avantage.Le bonheur que tu mérites en ses deux qualités et aussi comme un si bon fils, t’accompagnera toujours si mes voeux sont exaucés.Je te souhaite toutes les bénédictions que l’Etre-Suprème puisse répandre sur les humains.Je t’assure, mon enfant, qu’un des plus heureux instants de ma vie a été celui où j’ai vu l’Ordre-Général qui te désigne si honorablement.Eu effet que peut-on avoir dans la vie de plus agréable que de voir un fils qu’on aime et qu’on estime, signalé à l’estime publique, et recevoir le tribut d’honneur à la tète des troupes par le Général-en-Chef.Je félicite notre chère aimable Marie-Anne sur ces circonstances si flatteuses pour son mari et conséquemment bien précieuse- pour elle.Assure là de notre tendre attachement, de toute la famille qui se joint aussi à tous les sentiments que je viens de t’exprimer.Tu penses aisément que tout celà vient du coeur.Ainsi en est-il du parfait attachement de ton bon père et ami.L.DE SALABERRY (1) (1) Cette lettre est aujourd’hui en la possession de l’hon.juge Archer, de Montréal. — 313 — MANDEMENT DU LIEUTENANT-GENERAL DE LTSLE DE FRANCE POUIl LE TE DEUM ET LES REJOUISSANCES A CELEBRER EN FRANCE A L’OCCASION DE LA VICTOIRE DU MARQUIS DE MONTCALM A CARILLON, PRES DU LAC CHAMPLAIN ET DE L’AVANTAGE REMPORTE SUR LES ANGLOIS AU PORT DE ST-MALO LE 11 SEPTEMBRE 1758 (1)”.“Messieurs, les avantages remportés par les troupes du Roy au nombre de quatre mille (hommes) sous les ordres de Monsieur le Marquis de Montcalm, proche le lac Champeïain où ils ont été attaqués par vingt deux mille Anglois, le nombre de disproportion n’a contribué qu’à combler les François de gloire, qui ont taillé en pièces leur ennemis, leur ont tue plus de six mille hommes ; les Anglois non contents de troubler les possessions d’outre mer du Roy ont fait des efforts prodigieux pour equiper de nombreuses flottes pour venir infester les costes ; comptant trouver celle ^ (le Saint-Malo peu garnye de troupes, ils y sont descendus, mais l’activité de Monsieur le Duc d’Aiguillon à donner ses ordres, la vigilance des Troupes à les exécuter, l’ardeur de la noblesse bretonne à montrer son zèle ont rendu leur tentative inutile ; malgré la fatigue causée par les marches forcées ils ont été les attaquer le unze du mois dernier ; comme ils alloient se rembarquer, le nombre des François fut remplacé par une valeur invincible ; les Anglois soutinrent une heure et demy le chocq, leur feu ainsy que celuy de leur flotte fut violent, mais ils furent forcés de fuir ; trois ou quatre mille sont restés sur la place ou noyez ; l’artillerie ayant coulé trois de leur vaisseaux à fonds chargés de soldats il a été fait plus de huit cents prisonniers parmy lesquels plusieurs officiers de la première distinction ; le roy pénétré de la plus vive reconnoissance, à vue des marques les plus signalez des faveurs de la Providence, veut luy rendre grace et écrit à Messieurs les „> eu, p“v»;Tv;,EKhLv?,“pu“'2T."X.«t; ÏSSJ'^.ÎÜîÆS.ou L.T.C M.U, „a, *¦ M».«- vetlland. — 314 — E~fqpis itrui Fêteadue da gouvernement de Fisk de France dont je suis eutenaat gemeral de faire chanté le Te Deum ; noos vous mandons d’y üKsîirT en ratwaooie et de donner les ordres necessaires am habitans et '-T".i te ia vite de Poissy pour faire tirer le canon et allumer k feu de / J * dans la : due oedtnaire avec les marques de rejouissance publique et u •• -atumé* en pareille occasion.“Je suis.Messieurs, votre affectionné serviteur.! Signé) “le marquis de GIRONDE (2)."Par Monseigneur, MIGXEAUX” (3).1 Victor-Mai», marnai* de Gironde, né le 58 mai 17Î5, était alors tïeu-.esiiac-géabml pear le ni au gouvernement de "Isle-de-France.dont il avait 4ci jocrra.fitr ai rttfiMimiiuo de son père, au mets de Juillet 1757.1 Pièce tirée de* archives de Seme-et-Oise.France.A PROPOS DE PIERRE MORTREL «’> > .:ia quelques notes Pierre Mortre! que M.P.-G.Roy a fait con-ua-tre aux lecteurs du Bt et in en août dernier : elles sont empruntées à .eu r uiiêas Gagnon a la metn : ire duquel nous en donnons tout le crédit.M astral dut arriver au pays au plus tard à l’été de 1663, ear le S sep: 1 'Sîte innée il achetait t - ran Picner une terre en File et seigneurie ** ^-Lre- contrat fut passé par Auber.Ce fut le même notaire qui i: le contrat de mariage de M.rtral avec Adrienne De Last re, le 31 octobre Ib’ôô : Pierre MortreL y lit-on.gis de Guillaume et de Marie Hérisson, paroisse :e ru Sieur * k Rouen, n'est-ce pas plutôt S.Sever ?>, épouse Aérienne Piastre.fiUe de X.o’.as et de Crette Havry de b paroisse PEsteréoeuf en Picardie, évêché d’Amiens._____________ AM.GOSSELIN, Ptre.’ - • :œ 3a.ni;-7.Recherchai Hisi :rùjmes.vol XXVII.p.iZi. — 315 — LE SIEUR DE LA HOUSSAYE FUT-IL LE DOYEN DES ETUDIANTS EN MEDECINE SOUS LE REGIME FRANÇAIS?A quel heureux mortel peut-on décerner le titre de doyen des etudiants en médecine, avant la conquête ?Nous mettons sur les rangs, le sieur de la Houssaye qui, en 1756, avoue 37 étés et, par la même occasion, déclare qu’il étudie l’art de guérir.L’âge respectable de notre candidat nous laisse croire qu’on ne lui opposera aucun candidat sérieux et, puisqu’il a de grandes chances d’occuper le premier rang, nous essayons de lui arranger une petite notice.* * * par devant Pierre Lalanne, notaire de Laprairie, à l’automne de 1 .•>(>, comparaît pour son contrat de mariage, un colon gratifié d’une kyrielle de noms et de titres difficiles à démêler, parce que le notaire écrit en cette circonstance beaucoup plus mal que d’habitude ; sa plume crache , la feuille s’émaille de taches et le papier est si mince que l’écriture du verso se confond avec celle du recto.Pour comble, le tabellion estropie et “fricotte” de lamentable façon les noms patronymiques et territoriaux de son client ainsi que ceux de ses père et mère.Comment expliquer le trouble du notaire ?Faut-il le mettre sur le compte de l’éblouissement que lui cause la présence du gentilhomme ?Ou bien, la bonne fortune qui échoit au fringant escholier de 37 ans, à la veille d’épouser une sage beauté de 15 ans, éveille-t-elle son admiration ?Ou plutôt, sans médire de Pierre Lalanne, dont la réputation est excellente, n’a -t-il pu, en une circonstance exceptionnelle, céder à de pressantes sollicitations et ingurgiter quelques rasades d’une liqueur émotionnante ?N’insistons pas et extrayons le mieux possible, du document notarié, le passage qui désigne le professionnel que nous mettons en lumière : 316 — “2 novembre 1756.Jean-Charles-François de Chabau de la “Houssaiey, chevallier, seigneur de Runiat ( 1 ) Ettruale (2) et autres lieux, gouv.vicomte de Maricourt, baron de Neuvillette, âgé de 37 ans, “étudiant en médecine, fils de François de la Houssay (3), chevallier et “seigneur.et de dame Marie-Louise-Angelique de la Houssay, de l’é-“vêché d’Amiens, en Picardie.Quant à la future, appelée Marie-Hypolite Boyer, âgée, à peine, de 15 ans, elle est de famille roturière et semble n’avoir que sa fraîche jeunesse pour tout bien et tout titre.On avait donc jugé que les uns valaient les autres.Cependant, les conventions matrimoniales arrêtées, rien ne va plus ; le mariage n’a pas lieu et l’étudiant quitte Laprairie.* * * Grâce à Mgr Tanguay on retrace bientôt notre personnage.Le voilà rendu au-dessous de Québec et il réussit enfin à pénétrer dans le conjungo.Cette fois, il attaque une pimpante veuve de 24 ans qui a déjà eu deux maris.Reproduisons les renseignements du Dictionnaire généalogique : 17511 (9 février) St-Michel (de Bellechasse).—de la Iloussaye, Jean-Charles-François, fils de François-Antoine (sieur Davault) et de Louise-Angélique de Chabot de Notre-Dame de Méricourt, diocèse d’Amiens, en Picardie.Gautron dite la Rochelle, Marie-Elisabeth, née en 1735, veuve en 2e noces de Michel-François Magnac (1757) et en le noces de Pierre-François Rousselot (1755).Ce fait accompli, le noble colon prit racine dans la région où il avait trouvé femme, car Mgr Tanguay note que M.de la Houssaye “sieur d’E-treval” était encore à Berthier (en bas), le 2 septembre 1767.* * * Et pour n’oublier personne ajoutons un mot sur le sort de la fillette Boyer.Au mois d’octobre 1760, ayant atteint ses 18 ans, elle épousa Ga-briel-Amable Guérini E.-Z.MASSICOTTE (1) * Ce doit être ,ce nom qui.à l'intitulé devient "Kermel".(2) Tanguay, que nous citons plus loin, a relevé "Etreval” à Berthier.(3) On peut lire Houssaiey, Houssay, Houssoy, et Houssolr. LES ANCETRES DE SIR EVARISTE LEBLANC L’ex-lieutenant gouverneur de la province de Québec était-il d’origine acadienne ?A cette question que l’on vient de nous poser, nous avons répondu : non, car nous croyons, avec l’aide du Dictionnaire de Mgr lan-guay et des archives de Montréal, pouvoir établir la généalogie de cette famille comme suit : 1.—LEBLANC (Jacques), né en 1636, fils d’Antoine Leblanc et de Marguerite Boucher, de Saint-Pierre du Pont l’Evêque (1) fut inhumé à Charlesbourg, le 15 avril 1710 ; il avait épousé à Montréal, le 6 juin 1666, Anne-Suzanne Eousselin, née en 1644, fille de Philibert Bousselin et d’Hé-lcne Martin, de Saint-Jacques à Mouate.D’après Tanguay, elle aurait été enterrée à Charlesbourg, le 19 avril, 1710, quatre jours après les funérailles de son mari.jj —LEBLANC (Julien), bap.à Montréal le 21 mars 1667, inhumé K Montréal le 20 février 1756, épousa à Charlesbourg, le 9 février 1690, Anne Vannier, née en 1673, fille de Guillaume Vannier et de Madeleine Bailly, dont la sépulture eut lieu à Montréal le 7 février, 17 ,>0.jjj__LEBLANC (Pierre-Louis), bap.à Charlesbourg le 2 mars 1707 ; sép.à Montréal le 10 juillet 1749 ; marié à Saint-Laurent de Montréal le 27 juillet 1734, à Elisabeth le Meilleur, née en 1714, fille de Jean Meilleur et d’Elisabeth Verret.jV.__LEBLANC (Jean dit Jean-Baptiste), bap.au Sault-au-Bécol- let le 12 octobre 1742 ; marié au même endroit le 25 janvier 1768, a Marie-Victoire Labelle, fille de Jean Labelle et de Marie-Marguerite Dazé.m Actuellement il existe deux localités portant ce nom en France.L’un, est dans le département ,1e Calvados, l'autre dans celui de 1 Oise. 318 — V.—LEBLANC (Joseph), né à Saint-Martin, île Jésus, le 8 juillet 1785, marié au même endroit, le 9 février 1807, à Marie-Louise Bergeron, tille d’Antoine Bergeron et de Marie Marcotte.L’acte de mariage n’indique pas les noms des père et mère de l’époux, mais on les relève dans le contrat de mariage dressé par Constantin, le 7 février 1807.VI.—LEBLANC (Joseph), bap.à Saint-Martin, I.J., le 11 ^avril 1808 ; marié en premières noces à Saint-Martin I.J., le 12 février 1828, à Marie-Claire Gravel, fille de Joseph Gravel et de Marie-Louise Prévost ; sép.à Saint-Martin I.J., le premier octobre 1845 ; et, en secondes noces, à Sainte-Thérèse de Dlainville, le 17 juillet 1849, à Adèle Bélanger, fille d’André Bélanger et de Pélagie Hardy.VIL—LEBLANC (Pierre-Laurent-Damase-Evariste).bap.à Saint-Martin, I.J., le 10 août 1853 ; marié à Saint-Jacques de Montréal, le 12 janvier 188(1 à M.Joséphine-Hermine Beaudry, fille de Théodore Beaudry et de M.Catherine Vallée.Admis au barreau en 1879.Député de Laval de 1882 à 1908.Président de l’assemblée législative, à plusieurs reprises.Lieutenant-gouverneur de la province du 9 février 1915 au 18 octobre 1918, date de son décès.Il avait été créé chevalier le 3 juin 1916.E.-Z.MASSICOTTE QUESTION i-n iSs-, M.Le ruvouilly, propriétaire de l'ancienne maison seigneuriale dr Jacques Cartier, connue aujourd’hui sous le nom de Portes-Cartier et située proche de St-Malo, en Fiance, a donné à M.J.-A.Chicoyne, avocat, de Sherbrooke, un petit vitrail provenant de cette maison.Ce vitrail-souvenir se trouve actuellement au séminaire de Sherbrooke.Plus tard, Mme de Ferron, fille de M.Le Tavoullly, a donné ù son tour un deuxième vitrail de la même provenance à M.le général de Charette pour être transmis aux Canadiens.M.le général H.de Ferron, le propriétaire actuel de I ortes-Cartier.désirerait savoir oil ce dernier vitrail a été placé.P.-A.BEGIN, Ptre. •=— 319 — REPONSE Ronald MacDonald .—Où est né Ronald MacDonald qui fut d’abord instituteur, puis rédacteur de la Gazette de Québec et du Canadien ! Ronald MacDonald entré au Petit Séminaire de Québec en octobre 1812, est inscrit comme venant de l’île Saint-Jean, (Ile du Prince-Edouard).Dans son ouvrage intitulé : “The Early History of the Catholic Church in Prince Edward Island”, le Rév.John C.MacMillan précise en écrivant, p.189: “Ronald MacDonald of Priest Pond, King’s Co.” D’après nos listes, Ronald MacDonald aurait eu 15 ans lors de son entrée au Séminaire.Il serait donc né en ou vers 1797.MacDonald avait un talent extrêmement facile.Entré en dernière classe ou 8e en oct.1812, ne sachant pas-un mot de français, il fit des progrès si rapides qu’on le jugea capable de passer en 5e l’année suivante où il arriva bon premier.De la 5e a la seconde il ne fit qu un pas et garda la tête de sa classe.11 en fut de même-en rhétorique qu’il termina à l’été de 181(i.Après une seule année de philosophie, il entra au grand séminaire à l’automne de 1817.11 n’y demeura pas longtemps, une année, je crois, deux au plus.En 1822, il est étudiant en droit et traducteur français.Il demeure alors rue St-Jean, numéro 15, tout près de Thomas Levallée, épicier, no 45, son futur beau-père peut-être.On dit que Ronald MacDonald fut d’abord ifistituteur.On trouve un MacDonald enseignant a 1 Ecole Anglo-C atholique de Saint-Roch, en 1822.De 1824 à 1830 au moins, Kirouaque et MacDonald tiennent une école rue Ste-Ürsule.S’agit-il, dans ces deux cas, de notre Ronald MacDonald ?Notre correspondant le sait mieux que nous probablement.AMEDEE GOSSELIN Ptre. — 320 PIERRE MORTREL (1) A J,roP°s 1,11 premier bienfaiteur de l’HÔpital-Général de Québec, dans la dernière livraison du Bulletin, P.-G.H.nous prévenait ainsi: Ne prenez pas la peine de chercher le nom de Pierre Mortrel dans le Dictionnaire.de Mgr Tanguay.Vos recherches seraient vaines.Le Dictionnaire généalogique ne fait, en effet, aucune mention de Pierre Mortrel, non plus que de Adrienne de Lastre, sa femme.” P.-G.K.a la réputation méritée de n’avancer pour ainsi dire rien dont il ne soit personnellement sûr et c’est pourquoi, j’en suis convaincu, bien peu de personnes, après la lecture de l’avis précité, auront été tentées de chercher après lui ce qu’il n’avait pas trouvé.J’aurais suivi de même, comme à mon (mbittid, mais je me suis rappelé que l’auteur de Mgr Voilier '7.,l> 1 flôpiUil-Céncnd avait d’abord constaté lui-même (p.214) ]a meme lacune dans Tanguay et je me suis demandé si P.-G.K., dérogeant pour une fois à ses habitudes de vérification personnelle, ne s’était pas contenté d’accepter l’affirmation de l’annaliste de l’Hôpital.C’est ce qui me paraît bien être arrivé et, effet, car il n’est pat?exact de dire que Mgr l anguay a oublié dans son Dictionnaire le ménage Mortrel-De Lastre.¦Si Mgi I anguay est coupable, il ne l’est qu’à demi; tout son tort consiste a avoir un peu estropié le nom de Mortrel et à l’avoir, par suite, placé au mauvais endroit, dans l’ordre alphabétique.Si I on lélêre a la page 114 du vol.1 du Dictionnaire, l’on y trouve mention de Pierre Martelle, de Rouen, marié à Adrienne de l’Astre, d lylboeuf, évêché d’Amiens, en Picardie.Bien plus, Mgr Tanguay y releve la date de leur mariage, le 1(1 novembre 1(1(55, à Château Richer.L auteur du Dictionnaire généalogique désappointe si souvent les chercheurs que nous sommes souvent portés à oublier les immenses services Tl II nous rend, pour ne penser qu’à ses imperfections et à ses erreurs.Je suis heureux, pour ma part, d’avoir contribué à décharger ses épaules d une faute au moins qu’il n’aura pas commise.' ________ AEGIDIUS FAUTEUX U) Voir Bulletin des Recherches Historiques, vol.XXVII, p.225.
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.