Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /, 1 mai 1921, mai
BULLETIN DES RECHERCHES HISTORIQUES VOL.XXVII BEAUCEVILLE - MAI 1121 No 5 LES CENSITAIRES DU COTEAU SAINTE-GENEVIEVE (BANLIEUE DE QUEBEC) DE 1636 A 1800 (Suite) il (1668-1740) Nous venons de compulser la liste des propriétaires terriens dn coteau Sainte-Genevièvre, de l’origine de la colonie à venir à l’année 1668.Si nous reportons maintenant à l’époque compris entre les années 1723 et 1740, pendant lequel laps de temps eurent lieux les aveux et dénombrements, sous les intendants Begon, Dupuy et Hocquart, nous verrons (pie la plupart des censitaires primitifs ont disparu, et que leurs propriétés ont subi diverses mutations.En recommençant notre parcours a la rue Claire-Fontaine, nous constatons en 1739, que la grande étendue de terrain concédé à Pierre LeGardeur de Repent igny, en 1636, appartenait depuis longtemps aux religieuses de l’Hôtel-Dieu de Québec (22).(22) Aveux et dénombrements des soeurs Hospitalières de Québec Papier terrier.Vol.II.fol.068 et suiv. — 130 — Marie Favery, veuve de Pierre LeGardeur de Repen-tigny, et tutrice de Ignace LeGardeur Duponceau et de (’liarles LeGardeur de Villiers, avait vendu aux Hospitalières, le ‘27 septembre 1072 (greffe de Becquet) toute cette étendue de terre qui était maintenant “partie en terres labourables et partie en bois et fredoches”.La terre voisine qui était celle de Sainte-Marie, appartenait aussi aux religieuses de l’IIûtel-Dieu, elle était “toute en terre labourable, sans aucun bastiment”.> Les religieuses Hospitalières se trouvaient donc a posséder en 1739, toute l’étendue de terrain, comyrtseauiour-ddiui entre les rues Claire-Fontaine, 1 lougamvdre, 'la Grande-Allée, et la cime du coteau Sainte-Geneviève.Un petit bois recouvrait le penchant du coteau, a partir de la rue Saint-Cyrille actuelle, jusqu’à la cime du cap.On constate, d’après les divers plans de la bataille des Plaines, et de célle de Sainte-Foy, que ce bois existait encore en 1759.Les religieuses Ursulilies possédaient encore le fief Saint-Joseph (23) sur lequel elles avaient fait bâtir une “maison de pièces sur pièces, cheminée de pierre, de vingt “pieds de long sur huit de large.” Il y avait de plus sur cette propriété “une vieille grange de vingt pieds en quar-“ré, le tout (la maison et la grange) couvert en planches ; “environ vingt cinq arpents de terre labourable, le reste en “(laçage”.Cette maison située au pied de l’avenue des Erables actuelle, devait servir de résidence au fermier.Les religieuses Ursulines avaient acheté, de Noël Pin-guet et de Madeleine Dupont, son épouse, le 20 avril 1678, le morceau de terre.d’un arpent et demi de front, sur douze de profondeur, qui s’étendait jusqu’à une ligne située à mi-distance entre la Grande-Allée et le chemin Saint-Jean.Cependant les Pinguet avaient gardé les vingt-cinq arpents en superficie que Noël Pinguet avait acquis de Chartier de Lotbinière, en 1658, et qui embrassaient une étendue de quatre arpents de front de chaque côté du chemin Saint- (23) Cf.Aveux et dénombrements (28 Mal 1728) Vol.II.fol.548 et suiv. —131 — Jean.Ce morceau de terre était alors partagé entre les héritiers Pinguet.Jacques Pinguet de Vaueourt, Elizabeth Depeiras, veuve de Nicolas Pinguet, et Elizabeth Pinguet Detargis, mariée à Louis Lambert, en 1723.De plus les religieuses Prsulines avaient acquis de Louis Rouer de Villerav, sieur d’Artigny, le 30 avril 1727, les anciennes prairies de Marsolet, excepté toute fois la partie située au nord du chemin Saint-Jean ; le tout était “en terre labourable, sans bâstiment”.M.d’Artigny avait acheté ce terrain le 23 janvier 1685 de Marie le Barbier, veuve de Nicolas Marsolet, et’épouse en secondes noces de Denis LeMaître, (greffe de François < lenaple).Marie le Barbier lui avait cédé tout le terrain concédé'à son mari en 1637, moins seize arpents touchant au chemin Saint-Louis, que ce dernier avait vendu à Thierry de Lestre, sieur du Vallon.Les religieuses Ursulines se trouvaient donc à posséder en 1728, tout le terrain qui s’étend entre l’avenue Bouga-uW+Jie et l’avenue Murray, moins les vingt-cinq arpents enclavés entre le fief Saint-Joseph et l’ancienne terre de Marsolet, le long du chemin Saint-Jean, et appartenant aux héritiers Pinguet.Cependant ces mêmes héritiers avaient vendu, le 25 septembre 1723 (greffe de Rageot), à Simon Chainberland et à son épouse Elizabeth Rondeau, la partie sud du terrain appartenant autrefois à leur grand-père Henri, située à l’ouest des prairies de Marsolet, entre l’avenue Murray et l’avenue Lévis.Ils avaient déjà vendu en 1705, à Jehan La violette, maître tanneur, la partie située au nord du chemin Saint-Jean, trois arpents de front, jusqu’à une ligne située à cinq arpents environ entre le bas du coteau Sainte-Geneviève et la rivière Saint-Charles.A la requête de Pierre Asselin, tuteur des enfants mineurs de Jehan Laviolette, ce morceau de terre, fut mis aux enchères et adjugé le 1er mars 1712, à Charles Perthuis “avec la “maison, tannerie, moulin à tan, cuir, peaux de moutons, “peaux de vache-marine, de loup-marin, poesle, chaudière, “marmitte, four, étable, et autres ustensiles, circonstances —132 — “et dépendances” le tout cédé avec l’obligation “de laisser “jouir le daines religieuses de l’Hôpital Général du fossé “qui traverse la dite terre, d’entretenir le pont qui est sur “le ruisseau qui traverse le grand chemin Saint-Michel.” (24) , Tous ces détails sont à remarquer ; ils nous serviront bientôt à identifier le véritable site de la maison Borgia et du moulin Dumont.Retenons pour le moment, que le terrain vendu à M.Perthuis est justement celui où se trouve aujourd’hui le monument des Braves, et qu’il y avait déjà en cet endroit une tannerie et un moulin.Nous verrons plus tard comment il passa entre les mains de M.Dumont, (pii en était possesseur lors de la bataille de Sainte-Foy, en 1760.Le fief Saint-Jean avait aussi changé de propriétaire.Jean Bourdon était mort au mois de janvier 1668, laissant comme héritiers ses deux (ils, Jean Bourdon, sieur de Dom-hourg, et Jacques Bourdon, sieur d’Autray.Le 28 août 1678 (greffe de Becquet) le sieur de Dom-hourg, vendait à Charles Bazire, receveur-général des droits et domaines du roi, la moitié par indivis du fief Saint-Jean, “consistant en maison, grange, étable, cour, “jardin, moulin à vent.avec environ cent trente ar- “pents de terre, plus ou moins, dont la plus grande partie “est en valeur, tant en terres labourables, prairies que pa-“ cages”.Bazire n’était ici qu’en prête-nom ; le véritable acquéreur du fief, était Charles Aubert de Lachenaye.Le sieur de Dombourg, n’habitait plus Québec, à cette date.Devenu capitaine de navire, il voyageait entre Québec et Larochelle on demeurait sa femme, Jeanne Jaunie- (24) Cahier des emplacements.A.1.Titre des concessions en roture, fol.10 V. 133 — re, et scs enfants (25).Quant au sieur d’Autrûy, il avait suivi M.de la Salle, dans les expéditions que ce dernier avait entreprises dans l’Ouest.Il fut tué par les Iroquois au printemps de 1688, comme il revenait de Oataracoui (26).Le sieur de Don ’ g, décéda à Laroclielle en 1690.D’après les régistres de la Prévôté, nous voyons que Jeanne Jeannière vint à Québec*, dans l’été do 1692, pour régler les affaires de la succession de son époux ; l’année suivante, elle épousa en secondes noces Simon Pierre Denys, sieur de Bonaventure, capitaine de frégate et lieutenant du roi, en Acadie.Jean-François avait laissé plusieurs enfants ; en 1720, nous voyons dans les registres de la Prévôté, que François Bourdon, écuyer, sieur de la Pinaudière, capitaine du navire la “Marie Joseph”, reclame au nom et connue pro cureur de dame Jeanne Jannière, veuve en secondes noces de Simon Pierre Denys, sieur de Bonaventure, le fief de Sainte-Anne, à la pointe de Lévis, donné aux Frsulines.en 1660 par Jean Bourdon, comme dot pour sa fille Anne Bourdon.Aubert de la Clienave, avait déjà acquis les propriétés voisines, à l’ouest du fief Saint-Jeap.Il avait acheté, le 28 septembre 1675, (greffe de Becquet) la terre des héritiers Sédillot ; le 1er octobre de la même année (greffe de Becquet), il achetait celle de Noël Morin ; enfin il possédait (25) ,“Le capitaine Dombourg, (le la Rochelle, qui commande le vaisseau "Saint-François Xavier de 300 tonneaux, sur lequel j'ai passé qui est fort “honnête homme et fort expérimenté, s’est offert d'amener sur son bord 300 “soldats avec les munitions et tout ce que vous jugerez à propos.Il s'est “encore offert de trouver un vaisseau pour amener un pareil nombre de sol-“dats et de partir le 15 mars, pourvu qu'il soit averti au commencement de “février, bien, si vous envoyez un des vaisseaus du roi, qu’il l'accompagne “dans toute la route et particulièrement dans la rivière, il y aura beaucoup “de sûreté à faire cette navigation avec lui parce qu'il l’a faite trente fois “connaît fort bien la rivière Saint-Laurent".M.de Champlgny au Ministre, 10 Novembre 1686.Manuscrit (1e la N.-F.2ième Sérié Vol.5 fol.2932.(26) Jugements et délibérations du Conseil Souverain.Tome III p.249.—11 Octobre 1688.72 134 — depuis 1659, l’ancienne terre de Robert Caron, acquise de M.d’Ailleboust 1 «'st «lit «iue le chevalier de l'hampigny, frère cadet de l’intendant, était enseigne au Canada en 1 (»!*
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