Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /, 1 décembre 1911, décembre
TAHU; DES MATIERES Actes du Frère Didace Pelletier,.54, 87, 119, 140, 170, 203 Baie des Ha! Ha!, La Seigneurie de la.239 Baillairgé, L’abbé Jean F.-X.321 Beaupré et ses habitants, La côte de.324 Belleau, Antoine-Joseph.j'j jqQ Bibliographie des ouvrages sur la Tempérance.23, 48, 76, Bi.T .111, 152, 179,210,’ 247 ¦Bic, La seigneurie du.244 Boishébert, Louis-Henri Deschainps de.152, 179 210 247 Boisseau Nicolas.’ ’ T.,8 Bueind’ Mgr J',°.130> 1C1> 197 — Alexander.lnn Button, Les îles.” 7g Cangnan, Les officiers du régiment de.193 Cliche, Le récollet Didace.Vpn 101 Closse, Lambert.^ Cochard, M.le chanoine.„, Denis, Le Père Joseph.— Acte de mariage de Marie-Charlotte.43 — Contrat de mariage de Marie-Charlotte.’ 40 Fo?,806’ L H».I**», 170, 203 Fournier, Lettres du curé.^ Francs-Maçons régénérés, La secte des.96 Gagnon, U Famill.„.ZZ », 324 — Origine du nom._.¦lugement de M.Phélypeaux, intendant de Paris.".’"’.36 Birke, L orthographe du nom.9fi Lacorne, Louis de.jg 72 - 383 — Lettre d’un curé du Canada.3, 64 Mandements de Mgr de Saint-Vallier.160 Marin, Joseph.123 Mattawa, Le nom.75 Morin, Macaronée sur la mort de Michel.159 Noms hébraïques de la côte du Labrador.64 Notes sur les seigneuries du district de Rimouski.237 257,331 Perche, Notes sur la province du .273 Pelletier, Les actes du Frère Didace.54, 87, 119, 140, 170, 203 Prêtres nés à Saint-Jacques de l'Achigan.286 Ramezay, Acte de mariage de Claude de.43 — Charles François-Roch de.35,105,106 — Charlotte-Marguerite de.34, 106, 109 — Claude de.36 — Contrat de mariage de Claude de.40 — François de.17, 70 — Françoise-Louise de.18,71,104 — Françoise-Ursule de.17,70,71 — Jean-Baptiste de.36, 108, 109 — Jean-Baptiste-Nicolas-Roch de.18,74,103 — Joseph Joachim de.35, 107 — Louise-Geneviève.16, 67, 68, 69 — Louise-Hyacinthe.35,108 — Madeleine-Angélique.17, 69 — Marie-Elizabeth.18,72 — Marie-Marguerite-Louise.18,73,74 — Pierre-Roch de.35, 106, 107 — Pierre-Tliimothé de.16, 67 Récollets à l’Isle Percé, Les.339 Régiment de Carignan, Les officiers du.193 Rivière Rouge.75 Rousseau, Edmond.27 Saint-Barnabé, L’origine du noin.263 Saint-Jacques de l’Acadie, Prêtres nés à.286 Saint-Vallier, Les mandements de Mgr de.160 — 384 — Seigneuries du district de Rimouski, Les.237, 331 — la Baie du Ha ! lia.239 — du Bic.244 — de Lessard.267 — de Rimouski.257 — de Saint-Barnabé.265 Souvenirs d’un voyage en Bretagne.130, 161,197 Tempérance, Bibliographie des ouvrages sur la.23, 48, 76 111,152,179,210,247 lêtu, La famille jgy — et les raiders de Saint-Alban, David.225 Tonnancour, Louise Godefroy de.234 Traduttore, Traditore.65 Villeneuve, Le docteur George.25 1102103200 BULLETIN DES RECHERCHES HISTORIQUES Vol.XVII LEVIS—DÉCEMBRE 1911 So.12 NOTES SUE LES SEIGNEURIES DU DISTRICT DE RIMOUSKI (Suite) En 1810, Joseph Drapeau était élu représentant à la Chambre ci’Assemblée pour le comté de Charlevoix qui faisait alors partie de la grande division électorale de Northumberland.Il ne siégea qu’une session et mourut à la fin de la même année, laissant sa fortune et ses nombreuses seigneuries à sa femme Marie-Geneviève Noël, et à ses six filles.(1) L’extrait suivant d’un contrat de concession passé devant Mtre Joseph Ouellet “ et son confrère notaire Pierre Laforce, le 25 juillet 1825, donne une idée exacte des seigneuries du district de Rimouski : *< .furent présents Augustin Trudel, Ecuyer, Ma- jor de Milice et Juge à Paix, pour le District de Québec, demeurant en la paroisse ou lieu de Rimousky, comté de Cornwallis, au nom et comme Procureur fondé de Dame Marie-Geneviève Noël, veuve de feu Joseph Drapeau, Ecuyer, Tutrice à Louise-Angèle, sa fille mi- (1) Testament de Joseph Drapeau, devant Louis Bourdage, le 20 février 1805.Mario-Geneviève Noël était tille du seigneur de Saint-Antoine de Tdly, comté de Lotbinière. — 354 — neure, Jean-Baptiste d’Estimauville, écuyer, Josephte Drapeau, son épouse, Demoiselles Angélique Flavie Drapeau, Marguerite-Josephte Drapeau, Luce-Gertrude Drapeau et Marie-Adélaïde Drapeau, filles majeures, sei- gneuresses des fiefs et seigneuries.” En 1834, les concessions étaient consenties par “mademoiselle ’’ Luce-Gertrude Drapeau “ agissant tant pour elle-même et son dit époux, (Thomas Casault, notaire à Kamouraska), que comme procureur de Dame Marie-Joseph Drapeau, veuve de Jean-Baptiste d’Estimauville (officier de Les Voltigeurs, en 1812, résidait à Montréal), des Demoiselles Flavie Angélique et Louise-Angèle Drapeau (mortes célibataires), Josephte-Mar-guerite Drapeau, épouse de Pierre Garon, Ecuyer, Notaire, et Dame Adélaïde Drapeau, veuve de feu Augustin Kelly, seigneuresses pour chacune un sixième des fiefs et seigneuries de.” Madame Drapeau-Casault a administré durant plus de quarante ans les biens patrimoniaux de Ilimouski.Fille, épouse et veuve, son administration a toujours été marquée au coin de la plus saine justice ; tous ceux qui l’ont connue—et j’ai eu cet honneur durant les dernières années de son existence—ont pû remarquer sa haute intelligence, son esprit pratique.De nature généreuse et toujours prête à rendre service, ce n’est point exagérer que de dire qu’elle a été la Providence de son censitaire.Un exemple, entre cent, que je me permets citer: La paroisse de Sainte-Luce venait d’élever l’une des plus belles églises en pierre que Ton pouvait alors voir dans nos campagnes, et pour témoigner de l’estime que ses habitants portaient à leur dame suzeraine, avaient demandé que l’église qu’ils avaient édifiée au prix de nombreux sacrifices, fut placée sous le vocable de sainte Luce.Madame Casault répondit à cette délicate attention par le don d’un superbe tableau, dû au pinceau de l’un des meilleurs artistes que le Canada ait produits : — 355 Antoine Plamondon.Voici la description qu’en donne l’auteur du Dictionnaire Généalogique, cueillie dans un registre conservédans les archives curiale de Sainte-Luce : (1) “ Le tableau ci-dessus mentionné, représentant sainte “ Luce en prière avec sa mère sur le tombeau de sainte " Agathe, qui apparatt alors à la sainte et lui promet la “ guérison de sa mère, est un Tableau que la paroisse “ doit è la générosité de madame Luce G.Drapeau, “ Veuve de Thomas Casault, Ecuyer, Seigneuresse de “ Saiute-Luce.Il a été exposé pour la première fois à “ la vénération des fidèles de la paroisse le jour de la “ Dédicace, huit juillet mil huit cent quarante-trois.“ Cyp.Tangüay, Ptre Desservant.” Du mariage de Marguerite-Adélaïde, fille cadette de Joseph Drapeau, avec Augustin Kelly, naquit une fille, nommée comme sa mère, Marguerite-Adélaïde, qui se maria avec l’honorable juge Ulnc Tessier.C’est de cette alliance que les héritiers de ce dernier —parmi lesquels sont l’honorable Jules Tessier, MM.Ulric et Auguste Tessier, avocats, sont devenus, je ne dirai pas les détenteurs des seigneuries de Kimouski, puisque depuis le mois de décembre 1854 il n’y a plus dans notre belle province de seigneurie proprement dite, mais seulement des Kentes Constituées, sur les fonds jusqu’alors inféodés.* * * La Seigneurie de Métis comprend une étendue de territoire de deux lieues de front courant nord-est à partir de l’embouchure de la rivière Métis, sur deux (1) Les vocables de Sainte-Luce et de Sainte-Angèle de Mérici ont été également donnés à ces deux paroisses on mémoire des deux soeurs de madame Casault, mesdemoiselles Flavie et Angèle. — 256 — lieues de profondeur.Elle fut concédée par le comte de Frontenac, à Jean-Baptiste de Peiras (ou Depeyras), “conseiller du Roy, ” le 6 mai 1675, c’est-à-dire le même jour que fut concédée la seigneurie du Bic au sieur de Vitré.Le seigneur concessionnaire de Métis était le dernier des trois enfants de Jean de Peiras," conseiller du Roy en l’élection de Paris, ” (1) et de Denise Marion.L’une de ses sœurs, Marie-Madeleine (l’aînée), se maria à Paul Denys, sieur de Saint-Simon, “ Grand Prévost de la Maréchaussée, ” un frère du seigneur du Bic ; son autre sœur, Denise, épousa Joseph Giffard, seigneur de Beau-port.Si l’on s’en rapporte aux dates données par Mgr Tanguay dans son Dictionnaire Généalogique des Familles Canadiennes, le premier seigneur de Métis aurait été baptisé en 1686 et se serait marié à Québec (avec Anne Tiremont) le 10 août 1671, c’est-à-dire à quinze ans !.On ne connait pas l’âge qu’avait l’aînée de ses sœurs, Marie-Madeleine, quand elle épousa le sieur de Saint-Simon ; mais son autre sœur, Denise, n’avait pas été si pressée que lui à s’engager dans les liens de l’Hyménée, puisque, toujours au dire de Mgr Tanguay, elle aurait 49 ans bien sonnés lorsqu’elle épousa le seigneur de Beauport, qui, lui en avait 55—et “ revolait ” pour la seconde fois, comme disait Brantôme.M.Eugène Kouillard, dans son intéressante étude sur la “ Colonisation dans les comtés de Témiscouata, Rimouski, Matane, Bonaventure et Gaspé ’’ publiée sous la direction de l’hon.Adélard Turgeon, en 1899, vient en contradiction avec l’auteur du “ Dictionnaire Généalogique ” quant à la durée de la vie du seigneur de Métis.Monsieur Rouillard dit que Jean-Baptiste de Peiras céda son fief de Métis “ et Isles Saint-Barnabé, ” (1) Tanguay; Dictionnaire Généalogique. — 357 — en 1723, à sa fille aînée, Elizabeth, veuve depuis quelques mois de Nicolas Pinguet de Targis, alors que suivant Mgr Tanguay il était mort depuis 22 ans ! Quoiqu’il en soit la seigneurie de Métis était encore entre les mains des héritiers directs de son concessionnaire eu 1802, puisque c’est cette année-là que l’une de ses petites filles, Madeleine Pinguet de Targis, mariée à Antoine Jobin-Boisvert, la vendit à Matthew McNider, un riche Ecossais de Québec.Matthew McNider, aussitôt en possession de son domaine des Métis, entreprit d’y créer une colonie de ses compatriotes, “ imported from the Land O’Cakes, numbering about 100 families, ” nous dit Sir James Le Moyne dans ses Maples Leaves (1889).Les dépenses considérables qu’il fit pour mener à bonne fin ses plans de colonisation firent sombrer sa fortune ; eu 1807, sa seigneurie fut vendue par le shérif et adjugée à un autre écossais, John McNider.Un autre écossais encore, James Shepherd, en devient acquéreur en 1821, enfin, en 1850, la seigneurie de Métis concédée par un Français du premier régime, passait pour la quatrième fois entre les mains de deux autres Ecossais, les frères Archibald et David lergu-son, de Montréal.Quelques années plus tard, les co-seigncurs se partagèrent leur domaine en deux parties égale : Archibald garda pour lui la partie ouest, ou Grand Métis, et David la partie est, ou le Petit Métis, Celui-ci, la même année, acheta de son oncle Archibald la partie ouest ou du Grand Métis, et, par là se trouva unique “ seigneur suzerain ” ou “ souverain, ” de la seigneurie des deux Métis.Quelques mois plus tard, il en céda une certaine étendue à la droite de la rivière Métis à George Stephens.Singulière coïncidence à noter : en même temps que George Stephens acquérait pour bonne et valable considération cette partie de la seigneurie de Métis, il se voyait appeler je ne sais — 358 — exactement pour quelles considérations, à la pairie anglaise, ce qui lui conférait le titre de lordship terme qui au piopre, comme chacun sait, signifie seigneur, double hochet qui lui vaut depuis le titre de Lord Mount Stephens.Une chose certaine, c’est que le grand financier canadien qui a un pied dans Métis peut sans aucune exagération répondre comme le fit Zamet, simple cordonnier à Lacques est plus tard l’un des plus grands financiers de France, au notaire qui lui demandait les titres qu’il voulait prendre dans un contrat : “ mettez seigneur de dix-sept mille écus ! ” Une autre remarque avant de laisser Métis.On lit ce passage dans la Topographie qu’à publiée Bou- chette en 1815 : “ .la surface de cette seigneurie (de Peiras ou Métis) est généralement montagneuse et hérissée le long du front, et offre peu de terrain propre à l’agriculture Si le célèbre arpenteur était encore de ce monde, je lui conseillerais de payer une visite à la paroisse de Saint-Octave de Métis, que la seigneurie de ce nom enclave toute entière.Je voudrais que cette visite eut lieu un beau dimanche du mois d’août ou de septembre, par exemple.A la porte de l’église catholique ou de ses deux temples protestants, il verrait à la sortie des services religieux la presque totalité d’une population dépassant de quelques centaines ses deux mille âmes, respirant par tous les pores, la santé et le contentement; grands et petits, mis avec recherche, prendre place dans de jolies voitures traînées par des vigoureux chevaux luxieusement enharnachés.Dans les rangs, partout, il verrait de coquettes habitations, de superbes jardins, de gras pâturages, des champs poussant à pleines clôtures les diverses semences qu’on leur a confiées.Comme parfois l’on se trompe dans nos appréciations ! MIIMII * • • — 359 — La Seigneurie de Matane fut accordée le 8 novembre 1672, par l’intendant Talon,à Mathieu Damours, originaire de Paris, fils de Louis Damours, conseiller au Châtelet, petit-fils de Pierre Damours, “chevalier, sieur au Serin, conseiller de Sa Majesté en tous ses Conseils d’F.tat et privé, et Surintendant de la justice et police de Troyes (1), ” et lui-même membre du Conseil Souverain de Québec (2).Quelle est l’étendue exacte de cette seigneurie ?M.Chs.-A.Gauvreau dit dans sa monographie de la paroisse de Trois-Pistoles que “ Les Damours sont venus au Canada, vers 1665 C’est en reculer la date d’au moins 13 ans.Le “premier Damours” un Da-mour, ou d’Amours, car l’on a orthographié ce mon de différentes manières) qui soit venu au Canada est le seigneur concessionnaire de Matane et l’on a une preuve incontestable qu’il était à Québec eD 1652, (3) puisque c’est le 30 avril de cette année qu’il se maria avec Marie Marsolet, dont le père, Nicolas Marsolet, était venu y établir ses pénates lors du voyage de Champlain en 1613.De cette union, naquirent 14 enfants, dont 10 garçons et 4 filles.Avec pareille progéniture, le premier seigneur avait droit d’espérer voir son nom se maintenir dans son pays d’adoption, c’est ce qui n’a pas manqué d’arriver, et la paroisse de Trois*Pistoles surtout est là pour en témoigner—les Damours y étant (1) Dictionnaire Généalogique.(2) Les Seigneurs concessionnaires de Matane, de Métis et du Bic, les sieurs Damours, de Payras et de Vitré faisaient partie avec le sieur de Tilly (Pierre le üardeur) du tribunal érigé par le comte de Frontenac, gouverneur-général, pour juger le gouverneur de Montréal, Perrot, de l'accusation d'avoir fait la traite de l’eau de feu avec les sauvages.(3) De toute sa famille, seule une de ses sœurs est venue s’établir au Canada, accompagnée de son mari, Louis-Théan-dre Chartier de Lotbinière, qui fut lieutenant-général de la Prévôté do Québec. — 360 — aussi nombreux que les Lepage à Rimouski, ce qui n’est pas peu dire.Comme les Lepage, aussi, les Damours avaient un faible très-prononcé pour les titres nobiliaires ; les fils du seigneur de Matane qui, lui-même s'intitulait “ Seigneur des Chaufours, de la Morandière”, se faisaient appeler, à tort ou à raison, sieurs de Jemsec, de Fres-neuse, de Clignancour, de Lauvrières, de Plaine, etc.Rien à dire; alors comme aujourd’hui c’est à qui pourra s’appeler de titres plus ou moins ronflants, les gouvernements les vendent à beaux deniers comptants et trouvent toujours des preneurs pour une marchandise qui peut bien, comme toute autre, subir des baisses de prix, mais qui n’en conserve pas moins une valeur intrinsèque.Mais revenons à notre seigneurie de Matane.Quelle est l’étendue exacte de cette seigneurie ?C’est là une question complexe, fort débattue pour ainsi dire à chaque mutation et que la Cour Supérieure du district de Rimouski fut appelée à résoudre en octobre 1871 (1).Il n’entre pas dans le cadre que je me suis tracé d’entrer dans les détails de cette dispute de terre-à-terre (sans calembourg) entre seigneurs et censitaires ; ici, comme je l’ai fait dans le cours de cette étude, je noterai les mutations essentielles telles que les ai puissées aux sources officielles.Le titre de concession de 1672 comporte que cette seigneurie a une lieue de front s’étendant par moitié de chaque côté du centre de l’embouchure de la rivière Matane sur une profondeur d’une lieue et demie.Le 6 juin 1677, l’intendant Duchesneau confirma ce titre en faveur de Damours et lui octroya le même jour une autre lieue de front sur la même profondeur “ à prendre du côté de la rivière Métis, avec le droit de pêcher (1) Voir C.S.No 498, P.J.Taschereau et al., Demandeurs ?s.P.Muré, Défendeur. sur le dit fleuve St-Laurent, pour en jouir.à titre de Fief et Seigneurie.aux droits et redevances ac- coutumés suivant la coutume de la prévôté et vicomté de Paris Cela donnait, comme on voit, deux lieues de front sur le fleuve.Mais chose difficile à expliquer, les héritiers Damours vendirent le domaine paternel de Matane comme contenant deux lieues et demie de front à un néo-écossais, Donald McKinnon, et celui-ci, le 12 janvier 1781, “ rendait foi et hommage ” pour seulement deux lieues et quart ! Le nouveau seigneur mourut peu de temps après qu’il eût fait son acquisition ; le curateur des biens de succession, Laghlan Smith, la seigneurie fut saisie et vendue par le shérif du district le 8 août 1793.Un autre néo-écossais.Simon Fraser, s’en porta adjudicataire pour le prix de “ sixty-six pounds, current money of Lower Canada ”, dit le titre officiel qui fut passé à cet effet le 12 octobre suivant, et dans lequel on voit répétée la théorie de Sganarelle: “ .containing in the whole two and half leagues in front by one and half league in depth, to wit : half a league on this side and two leagues beyond the River Matane.’’, c’est- à-dire que les intendants Français avaient concédé une demi-lieue à l’est de cette même rivière, une lieue, puis une autre lieu à l’ouest.et le bon shérif de Qué- bec changeait tout cela.Au texte anglais que je viens de citer, suivaient immédiatement ces mots, mais en français : “ with haute, moyenne et basse justice ”.Pour “ soixante-six louis, argent courant du Bas-Canada ”, admettons que ce n’est pas mal ! Le 8 mars 1824, le comte de Dalhousie, alors gouverneur-général, concéda à Jane McCallum et à ses enfants issus de son mariage avec feu Simon Fraser une autre lieue de front sur la même profondeur.Les Lettres Patentes qui en furent délivrées, énoncent que cette lieue serait attenante à la demi-lieue ouest de la — 362 — rivière, ce qui rétablissait les concessions faites par les intendants Talon et Duchesneau à Damours du coté de l’ouest de la rivière, et en même temps lui en laissait une de plus du côté de l’est.A la mort de la veuve de Simon Fraser, son fils, Dugald, devint le chef de la seigneurie.C’est, à proprement parler, le dernier seigneur de Matane.En 1870, le domaine de Matane était en possession de Thomas-Jacques Taschereau, shérif de la Beauce, pour un quart indivis ; de Madame Charles Pentland (née Zoé Taschereau) et de Madame veuve James Douglas (née Jane Fraseï), de Québec, chacune pour un quart; de Madame veuve John Douglas (née Davina McGibbon) ; Madame veuve Alexander Hart (née Mary-Aima Douglas), Miss Isabella-Thomsom Douglas, David Douglas, James Douglas et Kobei t Douglas, tous de Montréal, propriétaire de l’autre quart.Madame Joséphine Verrault, la digne épouse de mon très-excellent ami le notaire A.-E.Guay, ancien régis-trateur de Matane et aujourd’hui fixé à Ville-Marie (Lac Témiscamingue), termine la nomenclature des seigneurs et co-seigneurs qui se sont succédés dans la seigneurie concédée à Mathieu Damours.Les deux-quarts indivis appartenant à T.-J.Taschereau et à Madame O.Pentland sont devenus la propriété de Madame Guay par acte d’achat passé à Québec devant Mtre Cloutier, notaire, le 25 septembre 1886.La seigneurie de Matane est la dernière du district de Iiimouski qui soit bornée en front au fleuve St-Laurent.On en compte deux autres dans ce district : la seigneurie du Lac-Métis et celle du Lac Métapédia (1).(1) Les belles et florissantes paroisses de Saint-Ulric de la Rivière-Blanche et de Notre Dame de l'Assomption de Mc-Nider occupent l'espuce qui sépare les seigneuries de Matane et du Métis.Le territoire qui forme la première de ses pa- — 363 — La seigneurie du Lac-Métis, qui confine le canton Massé du côté de l’ouest, et les cantons Awantjish et Nantayé du côté de l’est, en arrière des paroisses de Sainte-Angèle de Mérici et de Saint-Octave de Métis, fut accordée en 1693 à Augustin Rouer de la Cordonnière, seigneur concessionnaire de Rimouski.M.Eugène Rouillard dit dans son étude sur la Colonisation déjà citée que le fief du Lac Métis passa en 1725, à Nicolas Lanouillier qui l’avait acquis de Louise Le Gardeur, veuve de Augustin Rouer ”, Je ne conteste pas cette date de 1725 qui vit s’opérer le changement de mains de ce fief, qui ne devait jamais avoir des “ vassaux ” dans son enclave ; mais il me sera bien roisses eat sous le régime allodial, fut érigé en “ township ” f>ar Proclamation (tel qu’établi par l’acte lôVict.chap.159), e 15 décembre 1832.Lors de son érection canonique, on lui donna pour vocable le nom de baptême de l’hon.Juge Ulric Tessier en reconnaissance de l'octroi gratuit qu'il fit du terrain sur lequel fut construite, l'Eglise : le département des Postes, de son côté, a donné le nom ue famille de ce monsieur au bureau de la poste de cet endroit : Tessierville, Le territoire qui renferme l’opulente paroisse de Notre-Dame de l’Assomption de McNider, qui pour abréger, on nomme communément Sandyliay, est aussi en “ franc-alleu et commun saccage ” fut octroyé à James McNider et érigés en “ township ” par Lettres Patentes le 23 avril 1842.Un membre distingué du clergé du diocèse de Rimouski, me fournit la note suivante : “ Un bon nombre de Scripts fu- “ rent accordés dans un Township aux miliciens de 1812-13 et “ 14.Le notaire Clark de Montréal les a presque tous “ achetés.Le lot sur lequel est construite l’Eglise de l’As-“ somption lui appartenait, ses héritiers ont laissé sans pro-
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