Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /, 1 mai 1911, mai
BULLETIN DES RECHERCHES HISTORIQUES Vol.XVII LEVIS—MAI 1911 So.5 LAMBERT CLOSSE Ce brave homme et homme brave e9t souvent qualifié du titre de major, depuis son arrivée à Montréal en ] 642 jusqu’à sa mort vingt ans après.Voyons l’état des choses.Montréal commença avec une quarantaine d’hommes, mais pas un soldat.\ers 1660, il vint de France quelques colons, mais pas un soldat.En 1662 Closse est tué.Il est évident que les gens de Montréal se transformaient en miliciens mais n’étaient guère nombreux, ils se groupaient en escouades d’une dizaine de fusils, chacune commandée par un caporal.Deux ou trois escouades réunies étaient sous les ordres d’un sergent.Closse était le sergent-major.Au moment où il mourut, des renforts arrivaient de France.En 1663 on comptait cent quarante hommes à Montréal.Cette fois il était possible d’avoir trois capitaines dont le gouverneur était le chef—mais cela n’exigea pas un major.11 a dû s’écouler dix ans après la mort de Closse avant que l’on ne songeât au grade de major—et j’ose affirmer qu’il n’y a aucune trace de ce grade avant 1700.Donc, sergent-major il était.Benjamin Sulte 130 — SOUVENIRS D’UN VOYAGE EN BRETAGNE PlÉIUN, LIEU I)E U AISANCE DE Mgr BRIAND —Da MAISON PATERNELLE.—LE PORTRAIT DE L’ÉVÊQUE.— Gauthier du Mottay.— M.le chanoine de Yillekabel.—Familles Saulnier et Briand,— Notes biographiques.—Mémoires de famille par Catherine Briand.—Les Filles du St-Esprit.— Portrait du chanoine Allenoue de la Ville-Angevin.— Lettres de Mgr Briand.Dans Y Annuaire de 1858, de la ville de Saint-Brieux, M.Gauthier du Mottay consacre douze pages à la mémoire de Mgr J.O.Briand, né au village de Saint-Eloi dans la paroisse de Plérin.“ Au chevet de cette chapelle, (de St-Eloi) dit-il, le chemin que l’on suit commence à se creuser.à mesure que l’on s’approche de la mer.Vers le milieu de ce chemin et dans sa partie la plus encaissée, se trouve, à gauche, une maison de cultivateurs, assez peu remarquable du reste, mais portant dans sa construction tous les caractères des édifices de ce genre bâtis au XVIIème siècle.Si l’on traverse la cour qui précède cette maison et si l’on y entre un moment sur l’invitation de ses habitants hospitaliers, on est tout surplis en examinant la vaste pièce dans laquelle on se trouve, de voir placé dans l’endroit le plus honorable de l'appartement, autant qu’ont pu le faire les meubles et les instruments aratoires, auprès d’un crucifix et de la bonne Vierge en plâtre si chère à nos laboureurs, un beau portrait au pastel représentant, en buste, un vénérable évêque, revêtu du camail et des autres insignes de sa dignité., “ Cet éveque est un enfant de la maison ; c’est sous son toit îustique, en effet, qu’est né le 23 janvier 1715, — 131 — celui dont il perpétue les traits, Jean-Olivier Briand, fils de François Briand et de Jeanne Burel.A mon tour, au mois de septembre de l’année dernière, je suis entré dans cette maison de la famille Briand ; mais après l’avoir visitée en compagnie de M.le chanoine Cabaret, curé de Plérin, et avoir interrogé quelques membres de la famille Saulnier qui l’habitent actuellement, j’en suis venu à la conclusion que ce n’est pas dans cette maison que Mgr Briand était né, mais dans une autre plus ancienne et plus petite, couverte en chaume, située tout à côté et qui fait actuellement partie des dépendances.Comme cette dernière était fermée à clef, et que les personnes présentes ne pouvaient l’ouvrir, nous ne pûmes y entrer et y voir le portrait dont parle M.Gauthier du Mottay, car c’est là qu’on l’a relégué.Il faut avouer que les membres de cette famille, apparentée aux Briand, ne se distinguent ni par l’intelligence, ni par le bon goût, ni par la propreté.Attachés à la terre, ils vivent misérablement sans souci d’aucun confort, et semblent s’appliquer uniquement à accroître leurs revenus pour agrandir leur domaine, eu achetant celui du voisin.Après avoir visité quelques familles de ce genre, on se dit qu’après tout la vie aisée de nos Canadiens vaut mieux que la vie parcimonieuse de bien des Bretons.La première me sembla plus conforme, somme toute, aux préceptes de l’Evangile.Le luxe est condamnable ; il consiste surtout à vivre au-delà de ses moyens ; alors grand nombre de Canadiens sont coupables.Mais il ne faut pas oublier que c’est l’avarice, pas le luxe, qui est l’un des sept péchés capitaux, et que s’il est défendu de dépenser plus qu’il n’est raisonnable, il l’est encore plus de vouloir amasser sans cesse et d’attacher son âme aux biens périssables de la terre.Quoiqu’il en soit, la grande maison en pierre a été construite par les soins de Mgr Briand lui-même qui, avant de quitter définitivement et pour toujours sa — 132 — bonne mère, le 23 janvier 1766, voulut lui donner une nouvelle preuve d’affection en lui procurant une demeure convenable.Au-dessus de la porte d’entrée et gravée sur une pierre, M.Cabaret et moi avons déchiffré l’inscription suivante : “ Jean-Olivier Briand, Evêque de Québec, 1766”.Cela, avec la tradition de famille, règle à tout jamais la question de savoir l’endroit exact où était né le prélat ; car à mon passage à Plérin et au dire de l’excellent et aimable recteur, l’on n’était pas encore définitivement fixé là-dessus.D’après M.le chanoine de la Villerabel (1), le portrait dont parle M.Gauthier du Mottay se trouvait, eu 1898, chez M, l’abbé Saulnier, recteur de Pleine-Haute.Ce qui est sûr, c’est que moi j’en ai vu un excellent chez M.François Briand qui demeure près de l’église et dans le village de Plérin.Et je suis heureux de dire que ce portrait est à la place d’honneur dans la maison et non dans un hangar.M.Briand était absent, mais sa femme, bonne catholique, nous reçut parfaitement, nous fit voir la maison, et le portrait placé au premier étage, à la tête du lit familial.M.l’abbé Cabaret a eu la bonté de le faire photographier pour moi et à mon tour, je le fais reproduire en peinture à l’huile.Il sera certainement un ornement pour le palais épiscopal où il fera meilleure figure que celui que nous avons déjà, et au sujet duquel M.Gravé, V.G., écrivait, le 11 février 1788, à Mgr Hubert : “ La coutume est venue à Québec de se faire peindre.Le portrait (1) Un Breton nu Canada.—Monseigneur Briand, évêque de Québec.—Saint-Brieux, 1897.Intéressante notice de 40 pages.L’auteur, M.du Bois de la Villerabel, secrétaire général de l'Evêché de Saint-Brieuc et Fréguier, dit qu’il a composé cette biographie avec des documents bretons et canadiens.Il a pris les bretons danB les mémoires dont nous parlerons plus loin de la Sœur Catherine Briand ; les canadiens dans les Evêques de Québec où l'on trouve 100 pages sur l'illuBtre prélat. — 133 — du curé (1) est très vrai.J’ai fait consentir Mgr l’Ancien (Mgr Briand) à se faire tirer, il n’est pas si bien."(2) Il faut dire cependant que les deux portraits ont des traits de ressemblance et que les différences s’expliquent facilement, l’un ayant été fait vingt-trois ans après l’autre ; le prélat avait cinquante ans dans le premier et soixante et treize dans le second.De retour de Plérin à Saint-Brieuc —trajet d’une heure et demie par une route magnifique et un paysage de toute beauté, —j’eus la bonne fortune de trouver chez les Filles du Saint-Esprit, dont j’avais vu la première maison à Plérin, un autre excellent portrait, celui de M.Allenoue de la Ville-Angevin, regardé comme le second fondateur de la Communauté, et qui devint chonoine de la cathédrale de Québec.(3) Mais les bonnes sœurs ont poussé plus loin leur générosité, car elles m’ont adressé une copie des douze pages écrites par M.Gauthier du Mottay dans Y Annuaire de Saint-Brieuc, et d’un livre de raison rédigé par une des sœurs de l’évêque de Québec, Catherine-Anne-Marie Briand, qui fut, de 1779 à 1804, supérieure générale des Filles du Saint-Esprit.C’est dans ces mémoires |de famille que M.Gauthier avait puisé ses renseignements pour sa courte (1) M.David Hubert.(2) Dans son livre sur Monseigneur de Pontbriand, Paris, 1910, M.le vicomte du Breil de Pontbriand parle ainsi des portraits de nos évêques : “ Si nous voulons achever de nous le représenter au physique et au moral, un peintre canadien nous a conservé ses traits dans un portrait qui n’est pas d’un grand artiste, quoiqu’il puisse passer pour un chef-d'œuvre dans la galerie des autres évêques de Québec, assemblage à vrai dire, des plus déplorables caricatures.” Ce jugement est un peu sévère, M.le vicomte n’a pas visité notre salon, et n'a pu former son opinion qu’avec des photogravures qui laissent à désirer.(3) Voir Bulletin des Recherches Historiques 1908, pages 202, 263, 358, et 1909, pages 68.79. — 134 — notice du prélat.(1) M.le chanoine de Villerabel affirme que Catherine Briand avait accompagné son frère au Canada et que c’est à son retour qu’elle était entrée chez les Sœurs du Saint-Esprit.Mais il n’y a ici aucun souvenir de son séjour à Québec et il semble que les mémoires devraient en parler, ce qu’ils ne font pas.Alors et jusqu’à preuve du contraire, il est permis de croire que Mgr Briand vint seul au Canada, en 1741 d’abord, et ensuite en 176t>, et que Catherine, son illustre sœur, ne traversa jamais la mer avec lui.Et que trouve-t-nn dans le Journal de Catherine-Anne-Marie Briand ?Rien de nouveau, rien que nous ne connaissions pas déjà à Québec et mieux, et davantage, au point de vue historique.Mais pour ce qui regarde les vertus, la sainteté de vue de l’évêque, il y a des détails touchants et bons à recueillir.La bonne sœur Catherine commence ainsi son mémoire : “ A iua très chère mère Jeanne Burel “ Vous m’avez souvent dit que rien ne pouvait mieux vous désennuyer de l’absence de mon frère de Québec que de vous en parler.Pour votre con.-olation, je vais (1) Tout n'est pas exact dans cette biographie.Ainsi il écrit : “ Le Canada, avant sa réunion à l’Angleterre, possédait plusieurs hôpitaux placés dans les villes et les centres de population les plus importants.Ces hôpitaux, dévastés à l’époque des guerres, tombaient en ruines.Mgr Briand usa activement de la bienveillance que lui accordait le gouverneur pour les rétablir et les augmenter ; en peu d’années ils furent pourvus de tout ce qui était nécessaire.Ils étaient dirigés et administrés par des religieuses que son vénérable prédécesseur Mgr do Pontbriand avait fait venir de France.” Il faut rappeler que l’Hôtel-Dieu et l’Hôpital-Général de Québec avaient été fondés, l’un en 1639, l'autre en 1693, et que ces communautés étaient gouvernées tantôt par des supérieures françaises tantôt par des canadiennes.On ne voit nulle part que je sache que Mgr de Pontbriand ait fait venir des religieuses de France pour les administrer. — 335 — vous rappeler son départ et, en abrégé, ce qui lui est arrivé depuis.“ Vous savez qu’il est votre aîné, qu’il vînt au monde à Plérin, le 23 janvier 1715.Parrain, oncle paternel, Olivier Desbois ; marraine, tante maternelle, Jacquette Quémar.Il a reçu ses premiers principes, de Messire Jean-Joseph Briand, recteur de Pleven.J’ai omis qu’il fut nommé Jean-Olivier.Vous convenez qu’il a toujours bien fait ses classes.”.La sœur parle ensuite de son ordination, de son départ pour Québec avec M.de la Ville-Angevin et Mgr de Pontbriand, de sa vie et de ses travaux à Québec, de son choix comme évêque, de son voyage à Londres pour se faire accepter, puis elle continue : “ Les choses étant bien arrangées, il passa en France, mais n’eut la permission qu’à cause de vous, ma chère mère, et mon oncle le recteur.On ne voulait pas qu’il passât en France, mais il fut envoyé se faire sacrer dans les Flandres Autrichiennes (1) : c’est ce qu’il nous a assuré quand nous avons eu la consolation et le plaisir de le voir chez nous où il arriva le 19 décembre 1765.Je n’oublierai jamais le plaisir, la joie et la tendresse avec laquelle vous vous embrassâtes, l’un l’autre, et nous tous frères et sœurs.Nous l’avons trouvé toujours le même, bon fils, bon frère, doux, humble, s’humiliant et se reconnaissant indigne, méprisant les grandeurs et dignités ; point d’ambition pour les richesses ; si ce n’était qu’il craignait de s’opposer aux desseins de Dieu et au soutien de la religion, il eut préféré de demeurer caché et inconnu dans la petite famille.Toutes ses bonnes dispositions qu’il vous a souvent marquées devant moi doivent vous consoler de son absence et espérer qu’il fera un jour un saint, qu’il fera votre gloire et votre couronne dans le ciel où j’espère par ses bonnes œuvres, prières, que nous le verrons tous un jour.(1) En fait, Mgr Briand fut sacré à Paris. — 186 — “ Voua saurez vous rappeler tout ce qu’il nous a dit du mépris qu’il faisait des bénéfices, richesses et dignités pendant les quatre ou cinq semaines qu’il resta avec nous à Saint-Eloi où la joie et la tristesse suivirent de près, par le second sacrifice qu’il nous fallut faire de lui le 23 janvier 1766, jour de son baptême, qu’il sortit de Saint-Brieuc pour se rendre à Paris où il a été sacré le 16 mars 1766, jour de sa première messe (ce qu’il vous fit remarquer) par Mgr de Blois, assisté des évêques de Rodez et de Saintes.Je reviens à son retour en Canada en 1766.Il passa, arrivant de Paris ù Londres, environ un mois et fut reçu avec toutes les marques d’estime et de respect.Le Roi, la Cour de Londres ont écrit et ordonné au gouvernement anglais du Canada de lui rendre tous les respects et honneurs dus à son caractère : ce qu’il a reçu et reçoit toujours, grâce à Dieu.Il a fait des visites dans son diocèse, vous l’avez su par ses lettres et celles des Dames Religieuses hospitalières de là.“ Il dit, et elles aussi, qu’il a été 39 jouis en visites, sans aucun jour de congé, a prêché et confessé tous les jours, ne pouvant avoir le temps de manger depuis son lever à cinq heures jusqu’à midi et une heure, où il se trouvait tout en sueur, chemise, veste, soutane, rochet et camail, qu’à la fin il n’en pouvait plus, qu’il passa 15 jours à l’Hôpital Général pour se délasser et se faire traiter.“ Ces Dames m’assurent qu’il s’y est bien remis, grâce à Dieu.Il a été enchanté de la ferveur et dévotion des peuples, les hommes et les garçons allaient le prendre d’une paioisse à l’autre, tous montés à cheval.Les femmes et filles, même les enfants à la mamelle bordaient les chemins par où il passait, pour recevoir la bénédiction.“ Lui et les prêtres en pleuraient de joie, en voyant la dévotion des peuples qui faisaient, pendant la visite, leurs dévotions comme à un jubilé ; et ceux qui ne — 137 — pouvaient les faire tous ensemble dans leurs paroisses, passaient le lendemain à une autre où il était.Il marque dans sa lettre à M.de Plérin que les prêtres et lui ont refait des confessions de 10, 20, 30, 40, 50 et 60 ans.Jugez de leurs fatigues.Il me marque que cette année 1768, au printemps, il fera l’autre partie de son diocèse.“Je reviens à mon frère.Je lui marque que je bénissais Dieu de ce qu’il le bénissait dans ses travaux et dans ses sentiments sur le mépris des richesses, mais que je me gênais cependant de le voir sans biens et sans bénéfices parmi tant de peuples et de sollicitudes.Il me fait sur cela de fortes réprimandes et croit que j’aime les biens de ce monde ; que pour lui il n’en désire pas et qu’il a fait peut-être plus de bien que bien d’autres avec de grands bénéfices, qu’il ne changerait pas son évêché avec un de 50,000 livres de revenu, qu’il n’a pas peur d’en manquer, et qu’il n’en désire qu’en autant que Dieu lui eu veut pour les répandre entre les mains des pauvres, que l’argent entre les mains des prêtres et évêques n’est argent qu’entre les mains des pauvres.Il me dit sur cela bien des choses édifiantes qui me font plaisir, car j’aime mieux le savoir saint, que possédant des biens et des dignités sur la terre.Sa défiance de lui-même m’édifie, il a même peur de ne pas assez craindre, et qu’après avoir prêché les autres il ne soit réprouvé lui-même.Il me gronda de ce qu’il croit que je désire des biens temporels à mes parents ; pour lui, il m’assure que s’ils aiment et servent Dieu comme ils doivent, ils ne manqueront de rien, qu’il les aime tous bien tendrement, mais qu’ils n’aient pas à attendre sur lui pour Us biens de ce monde.Ce qu’il a fait, il l’a fait de tout son cœur, après avoir prié Dieu et consulté ses supérieurs, pour leur départir le peu qu’il avait et dont il pouvait disposer.Les Religieuses me marquent qu’on lui a donné une aile de la maison (au Séminaire), où il a une chambre basse — 138 — et cabinet, une pour son secrétaire et une autre pour son domestique qu’il a seul, de 15 à 16 ans, et qui lui coûte bien par an 500 livres avec sa pension.On a meublé décemment ses appartements, mais pas autant qu’on l’aurait voulu, parce qu’il n’a pas voulu le permettre et que les Messieurs du Séminaire l’aiment et lui font tout ce qu’ils peuvent pour ne pas le laisser manquer de rien.Les Religieuses hospitalières ont soin de son linge et par ailleurs lui rendent tous les services possibles.Ce sont les bonnes Religieuses qui m’assurent qu’il est l’exemple de tous.Tous les matins levé et assistant à l’oraison.travaillant toujours avec zèle pour le bien de son diocèse dont il est comme adoré.Bénissons Dieu.et souffrons son absence pour Dieu et en pénitence de nos péchés.Voilà le fruit du bon exemple et de la bonne éducation que vous lui avez donnés.“ Mon frère de Québec et nous tous n’avons pas moins d’obligation à notre cher oncle, Messire Jean-Joseph Briand, Recteur de l’léven,qui lui a donné ses premiers principes pour les sciences et qui l'a si bien guidé parson savoir et sa vertu dans le chemin de la vertu et de la science des saints.Tl a toujours passé pour un homme distingué en mérite.Je rapprelle encore pour mémoire sa mort, le 20 avril 1707, âgé de 80 ans, 2 mois et quelques jours.“ Quand je saurai quelques nouvelles de mon cher frère, je vous en ferai part ici et je vous adresserai mon cahier pour y faire mettre par mes frères ou sœurs, qui pourront écrire ici après moi les particularités qu’on pourra apprendre de ce cher et respectable frère qui est sacrifié à la gloire de Dieu et au salut des âmes, et qui m’assure ne craindre ni la vie, ni la mort, ni la pauvreté, mais seulement Dieu et le péché.’’.Plus loin, l’annaliste consacre à M.de la Ville-Angevin les quelques lignes suivantes : “ Quimper, le 26 juin 1768.Vous serez bien aise que je vous — 139 parle de M.l'abbé de la Ville-AngeviD, Recteur de Plérin et notre saint Fondateur, qui vous avait enlevé, par ses bons conseils et son zèle, mon frère pour en faire avec lui un bon missionnaire.Vous l’aimiez et respectiez tout comme vous l’avez dit souvent, que malgré la douleur et le chagrin qu’il vous avait causés de vous enlever mon frère, vous avez toujours conservé la même estime, le même respect que vous aviez pour lui ; vous avez bien fait, il le méritait à tous égards.Il vivait en saint et est mort de même ; mon frère me l’a marqué au temps de la mort où il l’assista avec courage malgré l’extrême douleur qu il ressentait de le perdre.Il me marque sa mort le 16 novembre 1653, âgé d’environ 70 ans, épuisé de travaux et de mérites.Cependant ne l’oublions pas devant Dieu.“ 1768, j’ai reçu en janvier des nouvelles de mon frère de Québec bien amples et consolantes.Il a fait le reste de ses visites dans son diocèse, point d’endroit habité où il n’aît été.Il a encore érigé plusieurs paroisses.Les anglais le soutiennent et l’aiment.Le gouverneur anglais le regarde comme son plus grand ami du Canada et passe souvent bien du temps avec lui.Mon frère me marque qu’il a été tout à coup occupé de la pensée de la mort de ma chère mère et justement Dieu en disposa la même année, et mon beau-frère Olivier Duchène en 1769, morts qui l’ont bien sensiblement touché, 1770.La mort de mon frère Yves Briand, le 22 janvier, sa femme au mois de mars suivant.Mon frère de Québec a été touché de ces morts comme je ne peux l’exprimer.Il m’encourage à supporter cette croix; moi-même je vais aux portes de la mort.Au mois de mars et d’avril, il m’écrit peu de chose, me croyant morte.28 juillet 1770 : Il continue à soutenir la religion.“ adieu, dit-il encore, ma chère Catherine et tendre sœur, je prie le Seigneur de vous conserver à ma consolation, à condition cependant que — 140 — cela ne soit point contraire à votre salut, car pour votre bonheur éternel je sacrifierai tout.Nous nous aimons fortement comme frère et sœur, aimons-nous davantage comme les enfants du même Dieu.Soyons unis dans le cœur de J.-C.” (à suivre) Mgr Henri Têtu ETUDE HISTORIQUE ET CRITIQUE SUR Les actes du Frère Didace Pelletier RÉCOLLET (Suite) Voici un écrit très sérieux de sa nature, dans lequel sont rapportés des faits intéressant au plus haut point la Religion ; un écrit ou tout est précisé, les dates, les noms, les lieux ; un écrit composé là même où les faits se sont accomplis ; un écrit dont le contenu concerne des personnes ou qui est certifié par des témoins dont plusieurs vivaient encore vers 1740: tels M.François Chèze, sulpicien, Marie-Anne-Geneviève-Angélique de Bécancour, épouse de Charles Legardeur De Croisille, René Godefroy de Tonnancour, Marguerite Ameau son épouse, leur fils le chanoine Charles-Antoine Godefroy de Tonnancour, les docteurs Jordan Lajus et François Grégoire, l’Ursuline Louise de Lanaudière, dite Rose de Ste Catherine; un écrit dont plusieurs des pièces qu’il renferme sont accompagnées des signatures de personnages alors éminents dans la société, tels, avec — 141 _ ceux que nous venons de nommer, Michel Godefroy de Linctot, Godefroy de St Paul, Perine Picoté de Beles-tre, Jean Lechasseur, lieutenant-général des Trois-Rivières, le marquis Antoine de Crisafy, gouverneur de la même ville ; un écrit composé en majeure partie de procès-verbaux, faits selon les formes canoniques, sur l’ordre de la plus haute autorité religieuse du pays, l’évêque de Québec, Mgr de Saint-Vallier, rédigés par deux grands vicaires du même évêque, Messieurs Glan-delet et Geoffroy, et dans lesquels procès-verbaux figurent des prêtres, des religieux en grand nombre, des religieuses et des personnages de tous les rangs de la société, (1) dont l’existence nous est par ailleurs connue, un écrit enfin dont le principal personnage, le héros vers lequel tout converge, nous est parfaitement connu par d’autres sources, dont la sainteté en particulier, mise en relief par les Actes, nous est révélée par d’autres écrits, plus sobrement il est vrai, tels que l’histoire chronologique de Dieppe par François Thomas, (2), le témoignage de Mgr de Saint-Vallier, aux archives de l’archevêché de Québec, et dont nous avons parlé précédemment, le témoignage de Guillaume Morel, aux archives de Sainte-Anne de Beaupré (3), les deux portraits du héros ; un tel écrit, disons-nous, ne peut pas être mis en doute en ce qui concerne sa véracité histo- (1) Nous donnons à la tin de cette étude la liste des personnes qui figurent dans les Actes.(2) Histoire chronologique de Dieppe, par François Thomas, contrôleur du poisson à Dieppe, écrite en 1770.Manuscrit gros in-4°, déposé en 1893 à la bibliothèque de la maison d’arrêt du Pollet, à Dieppe.(3) Guillaume Morel était beau-frère du Frère Didace.Dans un document intitulé : « Discution des biens immeubles de feux Georges Pelletier et de Catherine Vannier son épouse», il écrit : « Claude Pelletier dit Frère Didace très dévot religieux de l’Ordre de Saint François, mort en odeur de sainteté, l’an 1699, le 21 février, s — 142 — rique ; il porte en lui des preuves qui ne le permettent pas.Mais à part ces preuves tirées de la nature même des Actes, il y a d’autres témoignages de la véracité historique des faits relatés dans les Actes.Ainsi nous savons et par la commission de Mgr de Saint-Vallier à son grand vicaire, l’autorisant à faire des enquêtes et par l’histoire manuscrite de Dieppe, que des procès-verbaux furent faits touchant les miracles attribués au Frère Didace.Nous avons déjà cité le premier de ces documents ; voici ce que nous lisons dans l’histoire chronologique de Dieppe, par François Thomas : “ Il se fit plusieurs miracles à son tombeau et dans la ville de Québec.Aussi l’évêque de la Nouvelle-France, Messire de Saint-Vallin (sic) et les religieux de l’Ordre ont envoyé en cour de Rome plusieurs procès-verbaux de divers miracles et des informations de la vie pénitente et humble du Frère Didace Peltier, avec espérance qu’on travaillera un jour à sa canonisation ”.De plus nous avons un exemplaire, parfaitement authentique, d’un document renfermé dans les Actes, c’est le témoignage de Mgr de Saint-Vallier, conservé aux archives de l’archevêché de Québec (1).Enfin, aux archives du Séminaire de Québec, se tiou-vent les brouillons de deux procès-verbaux des Actes, nous en parlerons plus loin, et une liste de faits miraculeux attribués au Frère Didace.Cette liste fournit a la thèse de la véracité historique des faits rapportés dans les Actes plusieurs preuves importantes.Nous devons remarquer d’abord que cette liste est faite sans apprêts, un peu à la hate même ; les phrases en sont concises et quelques-unes incomplètes.On voit aisément que son auteur a voulu simplement jeter sur le papier quelques renseignements capables de guider celui qui fera les enquêtes demandées sur (1) Registre C.fol.121, verso. — 143 — les faits proposés : ceux-ci sont au nombre de dix Nous allons cier de cet écrit les passages qui cousti-.tuent les preuves dont nous avons parlé.Le document débute ainsi : Monsieur Glandelet est très humblement prié de vouloir bien examiner et faire des procès-verbaux selon que lui permet Mgr de Québec sur tout ce qui s’est passé depuis les derniers (1) faits par Mr Geoffroy.” Ces premières lignes nous apprennent donc que M.Geoffroy avait fait des procès-verbaux, nous les retrouvons dans les Actes ; que M.Glandelet était appelé à en faire d’autres avec l’autorisation de l’évêque, et c’est bien ce que les Actes nous apprennent aussi.Après ce préambule, l’auteur de la liste passe au premier fait à examiner.Il demande à M.Glandelet “ de lire (et savoir si) le certificat que M.Lemattre nous a donné au sujet de la pluie et de son foin est vray et comme il est mort, interroger sa femme et ses filles pour savoir comme la chose s’est passé.”(2) Ouvrons le manuscrit des Acte s, et nous y trouverons le récit de Pierre Lemattre, rédigé le 17 novembre 1704, sous forme de certificat, signé par le Père Joseph Denis, Commissaire Provincial, et par quatre autres Kécollets.Dans ce certificat, il est justement question du foin de Pierre Lemattre et de la pluie qui faillit le gâter, n’eut été la visible protection du Frère Didace.Ce certificat est suivi du procès-verbal dressé par Glandelet le 13 juillet 1717.A cette enquête “ a comparu Marie-Anne Chenay veuve de feu M.Pierre Lemaître mentionné eu l’autre part, ’’ c’est-à-dire dans le certificat.Elle atteste la vérité des faits qui y sont rapportés.L’auteur de la liste continue : “ S’il (M.Glandelet) passe à la pointe aux trembles de sçavoir des parents (1) Il faut sous-entendre procès-verbaux.(2) Les mots entre parenthèses sont de nous. — 144 — mêmes ce qui est contenu dans la lettre de M, Basset.” Cette lettre de M.Basset, nous la trouvons dans les Actes, datée du 1er novembre 1704, et relatant la guérison de Julien Constantineau, fils de Pierre.Quant à M.Basset, nous savons, par les registres paroissiaux de la Pointe-aux-Trembles, qu’il était curé de cette paroisse en 1704.En troisième lieu, M.Glandelet est prié de faire enquête sur le fait suivant: “ Aux trois-Ilivières de sçavoir de Mad.Poitier meme si ce que son marie a escrit au P.Joseph est vray touchant la guairison dont elle a été favorisé par l’intercession du bon frère Didace et si sa fille a été guairy de sa teigne par l’intercession de ce bon frère ’’.En réponse nous trouvons dans les Acte s le procès-verbal du 13 juillet 1717, dans lequel on lit : “ a comparu Marie Beauvais veuve du Sieur Jean- Baptiste Poitiers nottaire et greffier en la ville des Trois-Rivières laquelle.a attesté que le contenu en la dite (lettre) ci-jointe et attachée, que led.Sieur Poitiers son défunt mari a écrit au Révérend père Joseph Denis Récollet Commissaire Provincial des Récollete.est conforme à la pure vérité et de plus elle a attesté qu’une de ses deux filles âgée pour lors de 15 ans a esté guérie par l’intercession dud.frère Didace d’une teigne horrible qu’elle avait à la teste du depuis dix ans.” Ce procès-verbal est accompagné de la lettre dont il est question à l’enquête et sur la liste que nous étudions, lettre dans laquelle Jean-Baptiste Pottier raconte en effet la maladie de sa femme, et sa guérison obtenue par l’intercession du “ bon Frère Didace.ce parfait enfant de Saint-François ”.Il y a encore sept autres faits miraculeux portés sur la même liste ; (1) nous n’en trouvons pas les procès- (1) Les voici tels que mentionnés sur cette liste, sauf l’orthographe : “ Interroger Mad.Lafavry pour l’abcès dont elle a été guérie par le bon Frère Didace. — 145 — verbaux dans les Actes ; mais la mention même, qui en est faite à la liste des faits à examiner, est encore une contribution à notre thèse de la véracité des Actes, par l’appoint qu’elle donne à l’affirmation que nous trouvons dans la lettre du Père Joseph au procureur des Récollets : “ Il y en a quantité d’autres (miracles) dans le païs et dans des endroits où ils (les grands vicaires) n’auraient pu aller sans dépenses La confrontation des faits indiqués sur la liste que nous venons d’étudier, avec les mêmes faits relatés dans les Actes, établit la véracité de ceux-ci.La preuve en sera encore plus complète lorsque nous aurons fait connaître et l’auteur et la date de rédaction de cette liste.L’auteur est d’abord quelqu’un qui s’intéresse beaucoup à ce que des enquêtes soient faites et des procès-verbaux dressés canoniquement.Or qui, plus que les Récollets, pouvait s’intéresser à cette œuvre, toute à l’honneur du Récollet Didace Pelletier?D’ailleurs il ne fait aucun doute, d’après le document lui-même, que l’auteur est un Récollet.On demande à M.Glandelet de “ lire le certificat que M.Lemaître nous a donné ”.Et qui donc a reçu la déposition de Lemaître ?D’après les Actes, c’est le P.Joseph Denis, assisté de quatre autres Récollets.Ces considérations nous induisent déjà à croire que l’auteur de cette liste est non seule- “ Il faut tâcher (le faire venir la fille de Benoît si elle est parfaitement guérie de son abcès que l’on nomme empyème, comme elle l’a paru être après sa neuvaine.“ Il serait besoin de tâcher de voir Cantara ou sa femme pour la guérison de son fils malade depuis dix-huit mois.“ Interroger M.et Mad.de St-Paul pour leur petit garçon.“ Pour ce qui regarde le Frère Noël (phrase incomplète).“ Il faut voir M.de St-Paul et M.de Vieuxpont sur la balle applatie et du danger où ils se sont trouvés en traversant devant les Trois-Rivieres.“ La femme de Auger sur sa maladie.“ Mad.Lafavry sur les douleurs qu’elle souffrait ” — 146 — ment un Eécollet, mais encore le Père Joseph Denis lui-même.Que le Père Joseph Denis soit l’auteur de cette liste, c’est ce qui -nous paraît certain pour deux autres raisons que nous trouvons encore daus ce document.D’abord l’auteur veut savoir “de Mad.Poitier même si ce que son marie luy a escrit ” est vrai ; mais il se reprend en effaçant le mot luy pour mettre : a escrit au P.Joseph.” Ce mot luy sous la plume de l’auteur désigne celui-ci ; le fait de raturer ce mot pour y substituer le nom du Père Joseph , nous révèle le nom de l’auteur ; et, ce qui confirme le tout, le procès-verbal du 13 juillet 1717, dont nous avons parlé, nous apprend que le mari de Mde Pottier avait écrit au Père Joseph Denis.La deuxième raison qui nous fait attribuer cette liste au Père Joseph est la ressemblance de l’écriture de ce document avec l’écriture du Père Joseph que nous connaissons bien pour l’avoir vue et étudiée surtout dans les régistres paroissiaux des Trois-Rivières.Un des arguments les plus topiques tirés de la calligraphie de cette pièce originale, est le nom même du Père Joseph, calque exact de sa signature autographe, que nous reproduisons ici.A quelle date ce document fut-il écrit?Ce ne fut pas après 1717, puisque son auteur demande des enquêtes qui eurent lieu en 1717 ; ce ne fut pas avant 1711, puisque ce même document mentionne M.Lemaître comme décédé ; or celui-ci fut en effet inhumé aux Trois-Rivières le 13 août 1711.Enfin, l’auteurde ce document demande à M.Glandelet de faire des enquêtes, “ selon que luy permet Mgr de Québec, ” cest-a-dire Mgr de Saint-Vallier.Or celui-ci, passé en France en 1700, ne revint au Canada qu’en 1713.Et si, dans la permission de l’évêque, il faut voir, ce qui nous paraît très probable, l’ordonnance de Mgr de Saint- — 147 - Vallier donnant pouvoir à son grand vicaire, en date du 25 mai 1717, de prendre des informations sur des miracles attribués au Frère Didace, il faudra conclure que la liste en question fut rédigée par le Père Joseph Denis après le 25 mai 1717, et avant le 13 juillet de la même année, puisque ce jour-là M.Glandelet, déjà rendu aux Trois-Rivières, dresse un procès-verbal sur un des faits contenus dans la liste.Il nous semble permis de conclure, après tout ce que nous venons de dire sur la véracité historique des faits contenus dans les Actes, que cette véracité est appuyée sur de bonnes preuves.Il nous reste à parler de l’exactitude de la copie que nous possédons, et de sa conformité avec l’original.* * * Par original on entend le manuscrit primitif, tel que rédigé, écrit et signé par son auteur.La copie des Actes, conservée aux archives du Séminaire de Québec, n’a pu être faite directement sur l’original ainsi compris.11 paraît hors de doute que le recueil emporté en France par le Père Joseph Denis se composait des pièces originales.C’est ce que nous pouvons conclure du certificat que renferment les Actes et que nous avons déjà cité.Ce certificat fut fait à Versailles le 2 février 1719, pour déclarer une copie des Actes conforme à l’original ; on avait donc l’original à Versailles; le Père Joseph l’y avait donc apporté.Quand nous disons que le Père Joseph avait apporté les pièces originales, nous le disons pour toutes les pièces à l’exception d’une, la première, c’est-à-dire le procès-verbal fait chez les Ursulines de Québec, par M.Glandelet, le 22 octobre 1699, et approuvé par Mgr de Saint-Vallier deux jours après, le 24 octobre.L’évêque ou son grand vicaire voulurent-ils garder ce document, nous l’ignoions, en tous cas les Récollets en firent faire — 148 — immédiatement une copie, et le 26 octobre 1699, cette copie, comprenant le procès-verbal et son approbation par l’évêque, fut authentiquée et déclarée conforme à l’original par les Pères Olivier Goyer Commissaire Provincial, Julien Guesdron, supérieur du couvent de Québec, et Joseph Denis.A son retour de Prance, le Père Joseph Denis rapporta une copie certifiée conforme à l’original, à Versailles, le 2 février 1719, par le secrétaire de la Province de Saint-Denis, le Père Hyacinthe Berrier; le fait est évident par suite de la présence de ce certificat dans le manuscrit que nous étudions.A cette copie, ayant force d’original, le Père Joseph joignit un exemplaire de sa lettre au procureur des Kécollets à Rome, la lettre de Du Belloy et les trois documents qui terminent le manuscrit des Actes, savoir : la lettre de M.Chèze, celle de M.Je Belmont, qui devaient être les originaux, et un court certificat de guérison, sans date, et qui était une copie authentiquée le 17 octobre 1704, à Québec, par les Pères Joseph Denis, Commissaire Provincial, Luc Filiastre, supérieur du couvent de Québec, Dominique de la Marche, lecteur de théologie, et Daniel Desmoulins, vicaire.Essayons maintenant d’établir que le manuscrit des Actes, conservé aux archives du Séminaire de Québec, doit être conforme à l’original.Cette conformité peut se prouver par trois principales raisons, dont la dernière ne laisse pas de doute.Tout d abord, on peut considérer à bon droit comme un certificat 9), furent introduits des amendements pour favoriser la tempérance.[1908] 187.Un point d’honneur || (Extrait de 1 ’Action Sociale du 30 nov.1908).Feuille volante 1 Oi x 53 pcs, blanche au verso.C’est un appel aux femmes-électeurs de Lévis à voter aux élections municipales, afin de favoriser l’élection d’échevins opposés aux licences.[1907] 188.(S.t.) Requête.“ Les soussignés, électeurs du quartier.connaissant vos capacités et étant convaincus que vous conformerez votre ligne de conduite dans la question des licences à la requête des citoyens, vous prient de les représenter au conseil de ville en qualité d’échevin du quartier.S.l.n.d.Feuille volante in-fol.avec blanc pour les signatures.C’est des candidatures à l’échevinage de Lévis pour 1909 qu’il s’agit.Les candidats qui eurent l’honneur de recevoir cette requête furent MM.Alphonse Bernier, maire, Pierre Ferland, Achille Carrier, Joseph Gosselin et Louis Lachance.Ils furent tous élus. — 156 — [1909] 18».Aux électeurs municipaux || du || Quartier Notre-Dame.|| S.I.n.d.(Publié le 23 janvier 1909).Feuille volante in-fol.à quatre colonnes, recto et verso.(Imp.Emile Bégin, Saint-David de l’Auberi-vière).Reproduction d’articulets parus dans VAction Sociale les semaines précédentes.[1909] 19°* Le Loup devenu berger || Feuille publiée dans 1 intérêt de la cause de la tempérance à l’élection des écbevins de Lévis, le 1er février 1909.[1909] 191* (S.t.) Lettre des cinq candidats de la tempérance aux élections municipales de Lévis en 1909.“Lévis, 28 janvier 1909.Monsieur, Nous avons l’honneur de solliciter votre vote à l’élection municipale de lundi, le 1er février prochain.[1909] 1»9.Aux électeurs municipaux || du || quartier Notre-Dame.|| S.I n.d.(Publié le 30 janvier 1909).Feuille volante in-fol.à quatre — 157 colonnes, recto et verso.(Imp.E.Bégin, Saint-David de Lauberivière).Comme le précédent, reproduction d’articulets parus dans Y Action Sociale.193.No 427 || Règlement || Concernant la vente des liqueurs enivrantes dans les || magasins de liqueurs de'détail || S.I.(Québec, 1909).Feuille vol.in-8.“ Il est ordonné et statué par le Conseil Municipal de la Cité de Québec, et le dit Conseil ordonne et statue comme suit: “ 1° Après sept heures du soir de chaque samedi, il est défendu, à qui que ce soit, de vendre des liqueurs enivrantes dans une maison licenciée ou magasin de liqueurs en détail, dans la Cité de Québec, sous peine d’une amende n’excédant pas cinquante dollars pour chaque offense, et à défaut de paiement de la dite amende, d’un emprisonnement n’excédant pas trois mois.“ 2° Le présent règlement viendra en force le premier de mai prochain 1909 [1909] 194.No 427 || City of Quebec || A By-law || Concerning the sale of Intoxicating Liquors in || Retail Liquor Stores.|| S.1.(Québec, 1909).Feuille vol.in-8.Version anglaise du No précédent.[1909] 195.Chap.132 || Loi constituant en Corpo- — 158 — ration la Ligue antialcoolique de || Québec.|| [Sanctionnée le 7 mai 1909].Pag.de 405 à 407.In-8 royal.Québec, 1909.R.P.Hugolin, o.f.m.' A suivre) Macaronée sur la mort de Michel Morin “ MICHELI MORINI ” Grandissimi et awplissimi viri, funestissimus trepassus (Texte original) Est juxta nostrum grandissitnus ormus eglisain.Plebs paysan» suos ibi plaidatura processus Convertit, ut ounctas deinelet Mairus afairas.Illic, activis etiam brûlante diebus Sole, ramassati juvenes quois primula mento Jam jam barba frisât, relevât» veste, reponunt Herbibus in verdis fessas, largo que sub ormo In vastum tournant ronduin ; cliarmautia vina Incertis ludunt oartis, gagnataque lœti Ebibunt “ a tirlariea ” petulantis Tæohi Munera ; doii, hilares, violone sonante, gavotas Gaillardis trépignant pedibus, tapotant que frequenti Saltu tremblantum lourdo sub pondéré terrain.Ormi in supremo nidum pia garrula bouto Percharat Dominum Curitum hoec diablessa perchantum 1 roublabat caqueto : quiu et fuit ausa jugeantis Ora Mairi onluris operire, atque ora clientum.SoBpe avidos etiam trompuvit fœda bibrones, Dum calidu et blanclia remplissat pocula tient».Tandem, derniero numéros» cohua dimancho Assemblât», tâchât perchissi, forte tapantes, Enfuyare piam taciant, nidumque détruisent: Arduum opus ! Michelus, nam soli fata Morino I riste reservabant decus, hurlatnunta criantum Audiit, et totis, ut cervus, currit iambis ; Pan, paiapan, resonat sabotato sub pedo tellus : — 159 — “ 0 ! criât, o socii ! quce vos furiosa prenavit “ Stultitia, ut nostrum fracassetis pcrchibus oriauui ?“ Omnis homo cherchandus erat qui, grandia tantum “ Entreprenans, posait mesonas abatare voluerutn.“ Quis vestrum cum terriblo bona vina Morino “ Audebit pariaro quod, banc uiontatus in arbram, “ Babillardarum ruinabit tecta piarum ?” Diœerat, et chopinam, sina barguignare, trognatus Grancolaus pariat.Tune vaillantissimus héros, Sub chapotum troussans crines,sabotos quo decbaussans, Sese déshabillât, grandi signât cruce frontem, Tu manibus crachat, dato pede grimpât in ormum.Intereahue curetus magna oum voce cucurrit : “ Omnis homo ! quo jam tua te vuillantia portât?“ Quid statuis ?certain quid quæris in arbore mortem ?'• Ego voce non plus resonabit eglisa “ Voûta nec ad nostrum cantahis aol, fa, pupitrum ?“ Quia post bac agreabilibus, diiidirlididcndon, “ Clocharum sonibus nostras cliarmabit oreillas?“ Siste, ergo, atque meis te redda, Morino pueris.Proh Deus ! ad qua non mortalia pectora poussât Semiboteilla meri! Cureti paroloque preces que Avietare ipsum nequeunt, verum ocius audax Per branchas ormi pergeus grimpare, sometum Empognat, ac toti victor sapereminet arbra.Tune solita entieras subvertero dextra foretas lîarripiens nidulum déchirât, sobolesque piarum Envoyât ad diablum.Statuant sed l'ata quod illas Suivabit- Michelus branebatum forte sedebat Rongeata a vomis ; tune ilia, crac: ecce Morinus De brancha in brancham dégringolât, atque facit pouf.Hurlât: bol ho! paysana cohors, junctisque priantes In ccelum récriant manibus, sed frusta! Morini Tombati caput etcocurum tribouillantur, ejusque Tota rabotoso fracassantur membra paveto.Ce texte fut publié en 1878 par l’Api» romana, de La Rochelle, 3e série, tome I.Ce recueil, si plein d’intérêt pour les collèges classiques, incline à croire le dijonnais La Monnaye l’auteur de ce petit poème macaronique, lequel, par conséquent, serait déjà assez ancien.P.C. — 160 — QUESTION Depuis bien longtemps je savais que Mgr de Saint' allier avait fait imprimer en France pour son diocèse dans la Nouvelle-France: Catéchisme, Rituels, (deux éditions) et Statuts, Ordonnances, etc., en 1702 et 1703.J’étais sous l'impression que tous les Mandements, selon les besoins qui se présentaient d’une année à l’autre, durant le régime français, étaient communiqués aux curés et aux fidèles par les évêques de Québec, en manuscrit.Or, je viens de voir plusieurs mandements imprimés de Mgr de Saint-Vallier, tels qu’ils ont été distribués dans le temps, (1686 à 1713), dans le diocèse de Québec, sur des feuillets de 2 à 4 pages.Ensuite, ce que je ne puis m’expliquer, c’est le fait d’un mandement imprimé en date du 22 octobre 1686 (2 pages in-4), alors que Mgr de Saint-Vallier était à Québec et non eu Europe.Je comprends, bien que j’ignorasse la chose avant aujourd’hui, que cet évêque durant ses quatre séjours en Europe ait pu faire imprimer ses mandements, pour le3 envoyer à son diocèse ; mais commenta-t-il pu faire imprimer ses mandements étant à Québec ?Y avait-il, même en 1686, une petite imprimerie it Québec ?N.D.
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