Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /, 1 octobre 1907, octobre
BULLETIN DES RECHERCHES HISTORIQUES VOL 13 OCTOBRE 1907 'No 10 LE CHAPITRE DE LA CATHÉDRALE DE QUÉBEC ET SES DELEGUES EN FRAM E.LETTRES DES CHANOINES PIERRE GAZEUR DE L’ORME ET JEAN MAIME DE LA CORNE.-1723-1773— (Suitr ) Impossible de publier en son entier la lettre que les chanoines écrivirent en 1724 à leur agent M.Ile L’Orme.Ils commencent par lui exprimer leur reconnaissance et la joie qu’ils ont eue de ses succès.Satisfaits de pouvoir toucher chaque année les cinq mille francs de plus que le roi a bien voulu leur accorder, ils ne veulent pas les échanger contre une abbaye, à cause des frais à encourir pour l’obtention des bulles et pour les réparations à faire aux bâtiments.“ M.l’évcque de Québec nous assure qu’autrefois son abbaye de Rénovent lui rapportait quinze mille livres de rente, toutes charges payées, et aujourd’hui à peine lui en rend-elle cinq mille.Ce qui prouve que les dépenses qu'il faut faire pour l'entretien de res sortes de fonds absorbent presque toujours entièrement les fonds.Le fonds de notre abbaye de Maubec avec ses dépendances était autrefois d’un revenu tiès considérable, et nous voyons qu’à présent nous avons peine d’en retirer quatre mille livres.Il eu est des autres ordinairement comme de celle-là.” Après avoir parlé des procès la Brosse, de la vente des — 290 bois, des casernes, d’autres articles mentionnés dans la let' tre de M.De L’Orme, les chanoines insistent sur leur droit de nomination aux cures de leur abbaye.“Vous recevrez ci-jointe une procuration en forme pour la nomination des curés de notre dépendance.Monseigneur de Québec dit qu’il ne faudrait se donner pour cela aucun mouvement et qu’il a abandonné la nomination des cures de son abbaye, mais nous en jugeons un peu différemment et nous vous prions de bien tenir la main à ce que personne n’empiète, comme vous dites, sur nos droits.” Vient ensuite la grande question qui sera longtemps la source féconde de difficultés entre les chanoines et leur agent : celui-ci ne trouvant presque jamais ses appointements suffisants, ceux-là se plaignant de ses dépenses et du peu de revenus qu’ils retirent de leur abbaye.“ Vous vous récriez bien fort contre les 000 francs que nous vous accordâmes, l’année dernière, suivant que vous le désiriez dans votre lettre, afin que vous prissiez sur cette somme de quoi fournir à vos dépenses extraordinaires, comme voyages, séjour à Versailles, ports de lettres, etc., et vous nous dites là-dessus que les moindres commis de Versailles ont mille et douze cents livres d’appointements.Sur quoi nous vous prions de remarquer que nous ne vous avons jamais regardé sur le pied d'un commis, mais bien d’un confière destiné pour procurer le bien commun de tout le chapitre ; nous n’avons donc eu garde de vous proposer des gages ou des appointements.Ces GOO livres ne vous ont été offertes que pour vous indemniser de vos frais quelqu’ils puissent être.N’ayez cepen- dant point d’inquiétude à ce sujet, nous vous accordons très volontiers les 900 francs que vous demandez, auxquels nous ne voulons pas donner le nom odieux d’appointements.C est une gratification à M.De L’Orme pour ses bons et agréables services et non pas au procureur du chapitre.Ainsi ne serait-il pas criant qu’un procu- reur qui serait nourri à Maubecq aux dépens de l’abbaye, qui y aurait un petit carrosse pour ses voyages de plaisir ou de nécessité, qui y terait aussi nourrir sou valet, eût une gratification de 900 francs seulement pour sa charge de procureur, sans y comprendre son canonicat et toutes les dépenses extraordinaires de voyages ?Vous voyez bien que cela serait dune conséquence infinie.Il y en a des pages sur ce ton, tout un mémoire ! Le chapitre consent volontiers à ce que l'on établisse un hôpital général dans l’abbaye de Maubec, niais û la condition qu’il n aura pas à en payer les frais.Il termine sa lettre en disant qu’il renvoie les comptes de M.De L’Orme approuvés et signés ‘ sans les avoir môme voulu examiner.Nous nous en rapportons tellement à votre bonne foi, que nous n’avons pas cru cette formalite nécessaire.” Mais ces beaux sentiments ne devaient pas durer.Avant longtemps on examinera les comptes à la loupe, ou en discutera chaque item, on coupera un cheveu eu quatre.M.De L’Orme était homme à se défendre et pas une ligne des lettres de ses confrères, pas une de leurs critiques ne restait sans iéponse.Aussi est il impossible de tout citer et faut-il choisir les passages qui paraissent les plus intéressants.Voici ce que l’on peut extraire de meilleur de sa lettre annuelle du 1er mai 179.1.“11 parait que vous n’êtes pas tout û fait mécontents de la députation, que vous avez faite en France, d’une personne du corps du chapitre pour gérer les différentes affaires qui le regardent, par l’heureux succès que la divine Providence u donné à tout ce qu’il a entrepris .Plus je vais en avant et plus je suis surpris de la promptitude avec laquelle les choses ont été terminées pour l’avantage de notre chapitre, pendant que plusieurs personnes infiniment plus en crédit que je ne suis, qui postulent depuis dix ou douze ans à la cour, ne peuvent rien obtenir ; il en faut bénir Dieu et tâcher de faire uu bon usage des grâces qui nous sont accordées. “ Vous me marquez de vous envoyer en effets l’argent qui proviendra tant de la coupe des bois que du procès de la Brosse ; il ne faut compter sur les choses que quand elles sont entièrement finies et terminées.Or aucune de ces deux affaires ne sont achevées : la coupe des bois est différée.et le procès de la Brosse ne sera peut-être pas encore conclu dans le cours de cette aimée.Je ne sais qui a pu vous mander que le chapitre ne peut espérer un moindre remboursement (pie de 10,000 livres ; il y a lieu à rabattre, puisque le procès qui a été jugé en première instance à Issoudun, ne condamne notre partie adverse.qu’à 350 livres d’amende envers le roi, à 350 livres de dommages envers nous, et à tous les frais qui se montent déjà à piès de 2,500 livres.Il est vrai que je n’ai point élé content du jugement; pour cela j'en ai rappelé à l’aris, aussi bien que ma partie adverse.Tout ce (pii dépend des hommes est toujours fort incertain ; si vous avez des piocès, ils sont prolongés par les avocats et les procureurs ; si vous avez des affaires à la Cour, l’on vous renvoie souvent d'un tribunal à un autre.“ En voici la preuve dans les bois des casernes, sur lesquels vous comptiez, vous et moi, l’année dernière ; il a fallu plus de tourments, plus de voyages, plus de sollicitations, et à quoi toutes ces démarches se sont-elles terminées ?à nous rendre à la vérité les bois dont grande partie a été volée, et 1 argent qui en proviendra mis dans un fonds au profit de l’abbaye.Je n’eu ai pas encore la décision en forme.Tous ces renversements causent un dommage extraordinaire dans mes affaires; car je me trouve très emlurrassé pour payer : lo.deux mille cinq cents livres que j’ai empruntées dès Tannée dernière, 2e huit cents livres encore dont j'ai eu besoin desquelles il faudra payer le retardement, 3e huit cents livres à quoi je suis condamné par anêt du conseil d’Etat, que M.le duc d’Antin a obtenues pour faire le recurement de la rivière de Maubecq, à quoi sont tenus également tous les sujets de l’abbaye, chacun pour leur quote part.Cet arrêt ruine une grande partie de nos tenanciers.Toutes ces dépenses ne tendent qu'à donner de l'eau pour faire marcher la forge de M.le duc d’Antin, cela est criant pour les pauvres malheureux.“ Si vous pensez que j’ai de l’argent de reste entre les main3, vous vous trompez très fort.Quand vous aurez examiné mes comptes, vous trouverez que je suis en avance considérablement pour le chapitre.Voilà près de 2,500 livres que j’ai déjà déboursées pour le procès de la Brosse, sans compter ce qu’il faudra encore y mettre avant qu’il soit jugé-.Il est vrai que si nous gagnons notre procès, cet urgent nous sera remboursé.11 faut de l’argent pour les réparations, il en faut pour me meubler.Il faut que les affaires commencées finissent : jusqu’à ce temps-là, vous lie pourrez jouir de votre revenu dans son entier.“ Le nouvel archevêque de Tours ne m’a pas encore parlé de rien au sujet de la foi et hommage.‘ Je vous suis très obligé des appointements que vous m'accordez dans la lettre commune : ce terme d’appointements n'a jamais paru odieux en France, comme vous le prétendez.Si cela était, aucun olticier, non pas même les princes et autres seigneurs ne s’en serviraient quand il s’agit de toucher ce que le roi leur doit.Je vous re- mercie, messieurs, du don que vous me faites d’un petit carrosse pour mes voyages de plaisir ou de nécessité ; je ne l’avais point encore porté dans mes comptes ; je ne manquerai pas de le faire c¦ tte année, puisque vous le souhaitez.Cette voiture ne mérite pas cepeudant le nom de carrosse ; l’on peut se contenter de la nommer une chaise, telle à peu près que sont celles dont on se sert en Canada, des plus simples et des plus modiques ; le prix vous en fera juger.” Il y aensuite plusieurs pages concernant l'all'aire Pépin, les marchés et les baux des fermiers, les plantations des — 294 — bois, et enfin “la distribution de 8,000 livres que le roi nous a accordées sur le domaine.le suis satisfait du partage que vous avez fait entre nous.Cependant, suivant 1 usage établi dans tous les chapitres, le doyen doit toujours avoir double prébende, c’est-à-dire que si un chanoine est pourvu de 500 francs, le doyen en doit avoir 1000.Je parle en cela contre moi.(')” Lagent du chapitre était évidemment de mauvaise humeur et il voulait faire payer clmr à ses confrères leur mesquinerie et leur manque de confiance en ses lumières.Il leur signifie de ne pas lui adresser des lettres de change a payer, car il n’aura pas les moyens de le faire.Il ajoute : “Le mal ordinaire des communautés vient de ce qu elles souhaiteraient que les idées et les projets que l’on propose fussent rnis a exécution aussi promptement que 1 on les a inventés.Ce sont des choses impossibles.il faut prendre le temps et la commodité de ceux qui sont établis pour les régler.le crois, messieurs, sauf meilleur avis, que vous devez vous opposer formellement à la nomination qui pourra etre farte a la cure de Québec d’un nouveau curé par les messieurs du Séminaire de Québec, qui sont déchus de ce drort pat l acté de partage autorise par ttu arrêt du conseil qui a été fart entre Mgr 1 evêque de Québec et le chapitre.' acfe est, ‘Ie 1 < 1 - : il est dit positivement que la cure de Quebec fera partie du revenu du Chapitre.(-).” Nouvelle lettre des chanoines en 1725.Les dernières lettres (pie vous deviez nous écrire par le Unimmu étant péries dans le naufrage qu’a fait ce »r,^!ur r rT r-rr 1 « * P»- -m aVr crjïftïïs Mii* — 295 — vaisseau (‘).nous sommes privés des connaissances et des éclaircissements que nous attendions sur bien des effets qu’il est cependant nécessaire que nous n’ignorions pas, afin que nous puissions déterminer quelque chose de positif pour ce qui regarde l’état de nos revenus du côté de la France.“ Nous vous avons, ce semble, déjà marqué notre reconnaissance des soins que vous vous êtes donnés pour nos affaires, et quoique c’ait été une occasion favorable pour vous d’y conduire les vôtres avec autant d’honneur et de succès, nous ne vous avons cependant pas moins d’obligation, que si toutes vos démarches et tous vos pas avaient été uniquement employés à notre service.Nous souhaitons même avec ardeur, qu’en meme temps que vous nous procurerez des avantages considérables, vous soyiez assez heureux pour avancer votre forîune particulière, parce que nous sommes persuadés que vous en ferez un usage saint qui fournira toujours au bien de l’Etat et à celui de l’Eglise.” Suivent les plus pressantes recommandations au sujet des ûOOU francs donnés par le roi et dont il s’agit d'assurer à tout jamais la permanence, sur l’obtention d'une autre abbaye, sur le procès la llrosse qu’il faut terminer sans autre poursuite et sans autres frais, sur 1 opportunité de ne rien risquer et de voir au présent plutôt qu’à l’avenir.“Il nous importe fort peu que dans cinquante ans les chanoines de Quebec aient de très gros biens, si aujourd -hui nous manquons du nécessaire.C'est ainsique raisonnent ceux qui avec 500 livres sont obligés de se nourrir et entietenir dans un pays aussi dur que le Canada, et c’est ainsi que vous raisonneriez vous-même si vous n a- m " ou avait préparé, cette année, en France, un chargement assez considerable pour le Canada.Le ( *«.»«.«.>aisseau du roi avait revu plusieurs officiers de la colonie et une forte cargaison .apres une navigation assez heureuse, il donna, dans la nuit du vingt-sept au vingt-huit a.ii sur un rocher, a deux lieues et demie de l-niiisboorg, et lut complètement perdu .M.de Chazel, qui venait relever'M.Hegnn comme intendant du Canada M.Louwgn.v, M.Hamesav de la i.esse, fils du gnu-vemeurde Montreal plusieurs .cures officiers de la colonie, des ecc élastiques, vies Jésuite-, y périrent ave Mut l'équi|iage.” Histoire du Canada, èerlaml. — 206 viez pas de plus forts appointements.” Les bons chanoines demandent ensuite un plan de leur abbaye et bien des renseignements au sujet des dépenses extraordinaires faites par leur agent, en particulier de celles qui semblent lui etre personnelles et quil aurait placées dans les dépenses générales.Ils objectent sur trois items, l’un de 538 francs pour frais de carrosses et voyages, un autre de 30!) livres pour pension au Séminaire des Missions étrangères, et un troisième de “ 1250 livres que vous ont coûté les tapisseries, lits garnis etc, que vous avez mis dans vos chambres de Maubec.( e sont des choses qui vous regardent uniquement.Ce sont des meubles propres pour votre usage particulier dont vous pourrez disposer quand il vous plaira ; et nous sommes bien persuadés que vous n avez jamais prétendu charger notre compte de cette Sorte de dépense dans laquelle il serait ridicule de nous voir entrer.\ ous etes libre de vous meubler comme vous le jugerez a propos : nous ne le trouverons jamais mauvais que lorsque vous le feriez à nos dépens.Pour lors, nous se-îions obligés de vous marquer que nous n’avons besoin que d un procureur en France, qui gère bien nos affaires, et non pas d un homme qui y dépense le pm de revenus que nous y devons toucher.Mais nous ne serons jamais obligés de vous parler sur ce ton ; la conduite que vous tenez, 1 économie que vous observez et l’application que vous apportez a augmenter nos revenus, nous prouvent tous les jours de plus en plus que nous n'aurions jamais pu contiei 1 administration de nos affaires à une personne qui 1 entende mieux et qui les prenne plus à cœur”.Pour moi, cette page est ravissante, et ce qui me ravit davantage, c est que les chanoines n’en ont pas fini, car ils ajoutent : “il y aurait encore quelque chose à déduire, mais nous laissons cela à faire pour l’année prochaine.” Lutin ils terminent eu annonçant la mort de leur doyen ¦> “ Vous avez aPP«s par M.Priât (') la perte que noua (Il Sulpicien retourne en France en I72f>. avons faite en la personne 'le M.( llandelet mort au mois de juillet dernier, et nous pensons que vous n’avez pas oublié de dire sept messes pour le repos de son âme, comme tous les chanoines y sont obligés.Il a été universellement regretté et est mort comme il avait vécu, c’est-à-dire dans des sentiments qui nous font aisément croire qu’il est allé recueillir le fruit de ses travaux et partager la gloire que Dieu réserve à ceux qui l'ont servi avec autant de zèle et de fidélité qu’il l’a fait pendant tout le cour de sa vie.” M.Glandelet méritait certainement ce bel éloge.C’était un homme de Dieu.Après la mort de M.de lierniè-res, premier doyen du chapitre, il lui avait succédé et il continua de présider les assemblées du chapitre jusqu’au 1er novembre 1722.Le 15 septembre 1721!, les procès-verbaux le disent “ absent pour ses infirmités ”, 11 était alors chez les l’rsulines des Trois-llivières où il mourut le 1er juillet 1725, (') à l'âge de quatre-vingts ans.Le doyenné demeura vacaut jusqu’en 172!).M.De L’Orme ne manqua pas de prendre part au deuil de ses confreres et, dans sa lettre de 1720, il fait à son tour l’éloge du vénérable défunt.Mais je renonce même à résumer tous les points contenus dans les dix pages infolio écrites par la plume féconde du chanoine.< ju’il suffise de dire qu'il refuse carrément de retrancher quoi que ce soit des comptes de l’année précédente et qu’il répond aux arguments du chapitre.Citons cependant le passage qui concerne le troisième item contesté.“ 3e 1250 livres et 13 s.-—Il est inouï qu’un procureur en quelque endroit qu'on l’ait envoyé pour demeurer ait été obligé de se bâtir des maisons, de se meubler, et de s’acheter tout ce qui lui est non pas superflu, mais absolument nécessaire, le tout à scs dépens.C'est cependant, messieurs, ce que vous exigez de moi ; aujourd’hui vous (l) Archives du Séminaire de Quel».Tanguay et d’autres historiens le font mourir en juin.C'eut une erreur, l/acte de sépulture n’existe plus, les régistres des Uriulines des Trois-Rivières ayant < v d- ruita dans l’incendie de — 298 — voulez que je paye les portes, les fenêtres, les verrous, fer-lures, le carlage, la tuile, la chaux, les lits, la batterie de cuisine, etc., qui ont été choses essentielles et indispensables pour pouvoir loger dans l’abbaye de Maubecq que J ai trouvée absolument denuée de tout.Même les ouvriers qui y ont travaillé, tout est entré dans la somme de 1250 frs et 13 s.\ ous êtes trop raisonnables pour exiger cela de moi.\ ous prétendez que je serai maître de vendre lorsque vous jugerez à propos d'envoyer une personne pour me relever.Serai-je en droit de vendre des portes, des fenêtres, des vitres, des serrures, ferrures, lits, tapisseries qui ne sont que tiès peu de chose, en un mot toute la dépense ci-dessus marquée '—(Je serait une chose ridicule et qui ne pourrait pas tomber sous le sens de qui que ce soit.Ces sortes de dépenses se font une fois pour toutes, et cela reste à perpétuité dans l’endroit où elles ont été faites.\ oila, messieurs, ce qui se pratique partout.M.de Mon-tlSIiy> qui u été envoyé procureur à Home, de la part des messieurs des Missions Ktrangères, y a bien fait d’autres dépenses pour louer une maison, pour s’y meubler, etc., sans duc jamais 1 on se soit avisé de lui vouloir faire payer.il y en a à présent un autre à sa place, qui jouit de a maison, des meubles et autres travaux qu’il y a fait Iniro ” jj Le 8 octobre 172G, le chapitre prend un ton solennel pour répondre a son agent, et il lui signifie qu’il ne peut approuver les chillies de son rapport annuel ; puis il ajoute.“Le chapitre.compte que dans le cours de cette année et de la suivante, vous terminerez tout ce qui peut demander la présence d’un député en France, et que pendant ce temps vous retirerez toutes les dettes et mettrez enfin 1 abbaye entêtât d’épargner au chapitre ce que cette dcper.se bd coûte tous les ans, en donnant trois ou quatre cents livres à un procureur que vous choisirez pour entretenir ce que vous aurez établi .Il espère qu'a- — 299 — pre3 ce terme de deux ans qu’il vous donne pour achever ce que vous avez commencé, il aura le plaisir de vous voir partager avec lui en ce pays le fruit de vos peines et de vos soins.” M.De L’Orme avait des amis dans le chapitre.Son frère Ilazeur, et MM.de Tonnancour, Maufils, Hamel et Lepage re hâtèrent de lui écrire une lettre particulière pour le consoler et le tranquilliser.“ La lettre que le chapitre vous a écrite par le vaisseau du roi pour servir de réponse à la vôtre a été si peu de notre goût que,quoique nous ayons été pour ainsi dire forcés de la signer, ou plutôt que nous Payions signée par une espèce de politique, nous ne pouvons en particulier nous empêcher de vous marquer la peine que nous ressentons du peu de justice que l’on vous a rendue, dans l’assemldée où cette lettre a été composée.I/ne partie des chanoines étaient pour lors absents, et l’autre partie n’a pas été autrement libre de suivre les véritables sentiments dans lesquels nous sommes tous à votre sujet.Vous savez qu’il y a d*s cas où l’on se trouve bien empêché, parce que ceux qui président et qui ont toute autorité en maius ne nous écoutent pas .“ N’ayez point d’inquiétude, monsieur, au sujet de vos comptes, nous les trouvons parfaitement dans l’ordre.Soyez aussi tranquille sur l’ordre anticipé que I on vous donne de revenir dans deux ans au pay*.On ne voulait pas même donner à votre retour un terme plus long que l’année prochaine.Mais vivez parfaitement en repas de ce côté, et travaillez comme si \ous aviez cent ans à y vivre.Nous serions charmés de voii3 voir au milieu de nous ; cependant nous consentons volontiers que vous ne nous donniez pas cette satisfaction, tant que vous croirez votre presence nécessaire à nos biens dans les lieux où vou3 êtes.” Nous n’avons pas le pnxvs-verbal de l’assemblée où l’on avait fulminé contre M.De L’Orme, de sorte qu’il est difficile de dire exactement quels avaient été ses adver- — 300 — saires.Il est permis de croire que c’était d’abord et surtout Mgr de St-Vallier lui-même, puis M.Chartier de Lotbinicre.Les autres clianoiues étaient MM.Plante, Boullard, Fornel, Poulin et Leclair.Ces deux derniers étaient très probablement dans leurs cures respectives.Quant aux sentiments de Mgr de Saint-Vallier, ils sont bien connus, car il écrivait au ministre : “ On dira peut-é-rre qu’on devrait renvoyer leur procureur de France pour faire ici son devoir en assistant ft l’olfice, au lieu de dépenser tous les ans cinq cents écus, sans lien faire pour le chapitre, mais travaillant uniquement à chercher quelque moyen de s’avancer et de faire fortune : paroles qui ne sont que tion véritables, n’ayant point d’autre motif de son séjour en France que celui-là.” (') Le prélat se montre ici trop sévère ; il était évidemment mal informé1.Si M.De L’Orme travaillait à ses intérêts personnels, il ne laissait pas que de se dépenser aussi pour ceux du chapitre.M.l’abbé Auguste < losselin qui cite ce passagedaus Henri Je Her nier ex le fait précéder des indexions suivantes : 1' L un de ces deux frères chanoines, qui s’intitulait H tueur de L’< >rme, trouva moyen de passer une partie de son temps en France, vivant aux dépens du chapitre, dont il était censé le procureur.Mgr do Saint-Valln-r, qui souffrait sans doute de voir un de ses prêtres mener une vie si facile, tandis que d’autres étaient à la peine, crut devoir un jour éciire au ministre à son sujet.” Quoiqu'il en soit, Ilazeur De L’Orme était bien et dûment l’agent du chapitre et il gagnait sa vie honorablement, tout autant que ses confrères de Québec, travaillant beaucoup plus que la plupart d’entre eux.Le 1er mai 1727, il répond à la lettre commune, solennelle et sévère du 14 octobre 172G, et en même tempi à celle plus aimable de ses amis, en date du 2ü du même mois.Si la première était de nature à l’attrister, l’autre éLait remplie de consolation : il exhorte les uns et les autres à vivre dans 11) Documents * le Paris.—Copie aux archives de l'arche vCché. — 301 — la paix et la tranquillité, leur donne de nouvelles explications sur ses dépenses, se défend très habilement, et prouve de même que sa présence est nécessaire en France.Si bien que le chapitre, revenu à des sentiments plus hienveillants à son égard, lui écrit de rester en France tant qu’il voudra.On lui oiïre même de lui envoyer un aide : “ Si vous pensez qu’un autre doive partager avec vous les soins et les inquiétudes qui sout inséparables de la condition d’un procureur, il ne tiendra qu’à vous de nous avertir.” Fit plus loin : “Monseigneur qui serait charmé de vous avoir ici près de sa personne, aurait souhaité, l’année dernière, qu’on vous eût rappelé ; quelques uns avaient même paru d’abord entrer dans ses sentiments ; mais toutes rétlexions faites, le chapitre fut d’avis de vous prier de continuer, tant que votre santé pourra le permettre, de gérer nos affaires.Nous sommes tous encore, cette année, de même avis.“L’afïaire que vous avez terminée avec M.Douault vous fait honneur comme toutes les autres.” Cet heureux changement survenu dans les idées des chanoines avait été amené non pas seulement pir la lettre de M.Hazeitr De L’Orme, rrrais aussi et surtout par le rapport que venait de leur faire le chanoine Joachim Fornel qui revenait de Paris M.Fornel qui par lui-même, écrivent les membres du chapitre h leur agent, dans le peu de temps qu’il a éié auprès de vous, a pu juger des mouvements qu’il faut se donner pour obtenir ce que l’on souhaite, nous en a fait une peinture qui nous effraie et nous donne lieu de craindre que vous ne puissiez soutenir longtemps de si pénibles travaux.” Ce témoignage de l’abbé Fornel mettait à néant l’accusation de négligence portée par quelques uns contre son confrère et prouvait que la vie né-tait pas après tout si facile et si agréable h ce dernier.A cette époque, 1720-1727, Mgr de Saint-Vallier songeait à avoir un autre successeur que Mgr de Mornay, lequel ne pouvait se décider à traverser la mer.Il s’oc- cupait aussi de faire nommer par la cour un doyen pour remplacer M.Glandelet mort l’année précédente.Il est assez curieux de lire à ce sujet la lettre qu’il écrivait au ministre, le 10 septembre 1726 : “ .Quand je vous ai demandé par mes deruières lettres de l’année passée, un doyen pour la cathédrale de Québec qui fût de l’ancienne France, et non pas du Canada, ça été par le conseil de M.Bégon, notre ancien intendant, qui connait aussi bien que moi la disposition de leurs esprits (des prêtres canadiens) peu portés à se soumettre et à reconnaître leurs supérieurs temporels aussi bien que les spirituels sans en excepter l’ecclésiastique qui est en France ('), qui trouve trÔ3 mauvais qu’on ne le fasse pas doyen.Nous avons compris, M.Bégon et moi, qu’en le nommant pour cette dignité, vous donneriez à mes successeurs évêques un égal et un compagnon plume qu’un inférieur, qui leur résisterait et leur disputerait le terrain.11 e^t bien éloigné par les lettres qu’il a écrites de France ici, de donner l’exemple de la soumission et de l’obéissauce.Ce n’est pas pour faire avoir cette place de doyen à M.de Yarenues, (pii est mort, que je m’explique ainsi, mais pour vous engager à faire demander à M.l’abb.de Saint-Aubin, (-) un prêtre de qualité et de mérite qui pût être doyen et mériter par ses bonnes qualités de remplir ma place que je lui céderai bientôt, étant âgé de 73 ans.Monsieur de Mornay, oadjuteur de Québec, qui est en France, ayant plus de soixante ans, ne viendra pas assurément la remplir après ma mort.” bans cette mrine lettre, l'évêque de Québec parle de l’incapacité des llécollets qui ne l’ont jamais contenté depuis leur établissement à Louisbourg.11 anuouce qu’il ôte au supérieur tous ses pouvoirs et qu’il envoie deux ecclésiastiques pour le remplacer : c étaient MM.Forneletde lirault ; le premier était nommé grand vicaire et official, (Il L« prélat parle évidemment ici de M.liazeur De L’Orme et sa lettre montre la haute opinion qu’il avait de lui.(2) .Supérieur du Séminaire de St-Sulpiee de Pari». — m — le second grand vicaire et promoteur de l’officialité.M.Cornel ne séjourna pas longtemps sur l’Isle Loyale, puisque nous le trouvons en France quelques mois après sa nomination et qu’il est de retour à Québec, l’année suivante (1727).Ce qui est certain, c'est que le chanoine Fornel se rendit à Louisbourg, mais qu’il ne put remplir sa mission en étant empêché par le gouverneur de la ville, M.de Brouillan.Celui-ci écrit, le 31 octobre 1720, au provincial des Récollets en Bretagne : “je vais vous apprendre une nouvelle de ce pays-ci qui sans doute vous surprendra un peu.l’our moi je l’ai été beaucoup de voir arriver ici un chanoine de (Québec, envoyé par Mgr l’K-vesque pour prendre possession de la cure de Louisbourg, ce qu’il aurait fait sans l’opposition de la part du roy que nous lui avons faite.”(') De son côté, le ministre M de Maurepas éeiit à Mgr de Saint-Vallier, le 13 mai 1727 : “ J’ai rejr d?Local.ir ors t ut en ceuvre pour taire manquer cette prise de po»s.s-ion et pour jeter le ridicule .-nr M.tie Lo binière, voilà que les chanoines s’assemblent pour prote.-ter et div.s-er procès-verbal à leur tour.Je ne puis résister au plaisi de citer cette pièce inédite et solennelle : “ Le dix neuvième sept mbie de l’année mil ,-e.it cent vingt huit, le cliapnr- de Québec s’ot assemblé au son de la cloche en la manièie accoutumée où ont a -i-té Mes-sit urs Thierry Mazcur l, and pénitent i r, gran t vi aire du diocese, pre>ident de ladite a^-emblee eu l’ihsence de Messieurs le Doyen ('), (îraud chantre, (Q, Archidiacre, (1) Le» Evêque» de Québec, page le
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