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Titre :
Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /
Éditeur :
  • Lévis :Pierre-Georges Roy,1895-1968
Contenu spécifique :
février
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
quatre fois par année
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Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /, 1905-02, Collections de BAnQ.

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B U L L E T IN DES R E ( J11E R CUES HiSTOPvI Q U E S VOL.XI FÉVRIER 1905 No 2 Oraison funèbre de Mgr Henri-Marie Dubreil de Pont-briand, évêque de Québec, prononcée dans Véglise paroissiale de Montréal le 25 juin 1760, par l’abbé Louis Joli cet.(Suite et fin) DEUXIÈME POINT b il suffisait pour être saint, (le tirer son origine de personnes illustres en sainteté,je vous ferais voir, MM., la vertu, comme héréditaire dans la famille de M.de Pontbriand.Un père vertueux mourant comme il a vécu, dans les beaux sentiments de la religion, une pieuse mere dont la mémoire est en bénédiction dans la Bretagne et dont la vie sainte se lit avec édification dans les ferventes communautés, une sainte dame dont l’heureuse fécondité a donné à l’Eglise un grand nombre de vertueux enfants qui ont fait honneur à l’état ecclésiastique et à la profession religieuse.Je vous ferais voir un trère distingué parmi les plus vertueux ecclésiastiques de Paris, connu par ses pieux ouvrages sur la religion et parson zèle à procurer à ses dépens des instructions chrétiennes aux jeunes savoyards et aux domestiques de cette grande ville ; je vous rappellerais le fameux château de la Garaye changé en un hôpital public dont ses vertueux parents se sont — 34 — faits eux-mêmeB les fondateurs, les administrateurs, le» serviteurs et les domestiques des pauvres que leur charité y retire et y entretient depuis plus de quarante ans et où notre digne prélat lui-même a exercé les premières fonctions de son zèle et consacré les essais de son sacerdoce.11 suffirait encore, pour être saint, de répondre d’abord avec fidélité à une éducation chrétienne.Vous verriez notre illustre défunt place dès sa jeunesse dans de saintes maisons, y faire la consolation do ses maîtres par ses vertus et l’édification de ses condisciples par les pieuses industries de son zèle, les gagner à Dieu.Conduit de là dans un séminaire distingué parsa ferveur et sa régularité, s’y distinguer lui-même par sa piété autant que par sa science.Mais je sais, MM., cpi’il n’en est pas de la sainteté comme de la noblesse qui coule avec le sang, et (pie l’on voit souvent une vertu soutenue dans la retraite, s’éclipser au plus grand jour,semblable à ces fleurs qui répandent à l’ombre une odeur douce et agréable,mais qu’un soleil ardent flétrit, dessèche en ponde temps : aussi, MM., ne pretens-je vous produire ici d’autres sujets de l’éloge de notre illustre prélat, que ceux de sa vertu, qui lui sont personnels, et c’est sur le chandelier de l’église où la main de Dieu l’avait placé que je me propose de vous le montrer comme un soleil éclatant «pii non seulement a éclairé cette hémisphère par l’éclat de sa science, mais encore qui l’a embrasée pâlies ardeurs de son zèle et de sa charité : Quasi sol re-fulgens, sic ille effulsit in templo Dei.A peine a-t-on appris en France la vacance du siège de Québec que le cardinal de Fleury, instruit du grand zèle avec lequel M.de Pontbriand travaillait dans le diocèse de St-Malo, jeta les yeux sur lui pour occuper une place si difficile à remplir dignement.11 lui écrit - 35 — «le la part du Roi que les intentions de sa Majesté sont de le nommer bientôt à quelque évêché de ' France ; que celui du Canada vacant par la mort de Mgr de Lauberivière lui paraissait plus propre qu’aucun autre au gout qu’il faisait paraître pour les missions ; qu’au reste s’il ne l’était pas à ses inclinations, il pouvait lui marquer ses sentiments avec confiance, sans craindre de rien diminuer de l’estime que la Cour faisait de son mérite, ni perdre des grâces qu’elle lui préparait.L’Evêché du Canada n’a pas beaucoup de quoi flatter l’orgueil de l’homme de mérite et de la protection qu’avait M.de l’ontbriand.Il faut pour le Canada un évêque détaché de sa famille et delà Cour, qui aime la pauvreté et méprise les honneurs, dur au travail et fait à la fatigue, (pii, outre toutes les qualités (pie saint Paul exige d’un évêque,.eût assez de zèle pour entreprendre de longs et pénibles voyages, assez de force et de courage pour en soutenir la fatigue : un évêque, en un mot digne de la primitive Eglise, qui ne cherche eu tout qttu la [>lus grande gloire de Pieu et le salut des âmes.Tel était M*.de Pontbriand, et ce rut encore le motif qui lui dicta la réponse qu’il lit au ministre que tout indigne qu’il se reconnaissait de l’Episcopat, si on lui laissait le choix, parmi les évêchés de France, il donnerait volontiers la prétéretice à celui de Québec, parcequ’il paraissait y avoir plus à travailler pour la gloire de Dieu.Il s’exprime dans les mêmes termes à l’un des messieurs ses frères qui était venu l’accompagner jusqu'à Larochellc : “ Quand je serais sûr, lui dit-il, en le quittant de trouver des millionsonarrivant à Québec rien ne serait capable de me faire embarquer tant est grande la répugnance que j’ai pour la mer ; mais il est question de la gloire de Dieu et du salut des âmes, rien ne me retardera.” Il part en disant ces dernières paroles et toute la conduite qu’il a tenue — 36 pendant son épiscopat nous a été une preuve continuelle qu elles n’étaient que l’interprète des sentiments de son coeur.Que! zèie en effet n’a point fait paraître notre illustre prélat dans les différentes fonctions do son ministère : Persuadé que le premier devoir d’un pasteur est de connaître son troupeau et de pourvoir à ses besoins, il entreprend dès la'première année, une visite u-éné-rale dans son diocèse, dans laquelle il s’appliqua à connaître l’état des paroisses, à instruire et à édifier son peuple avec un zèle vraiment apostolique.Pasteur bien différent de ees faux pasteurs, vraies idoles du temple, qui semblent n’être faits que pour représenter, qui croient honorer beaucoup les vêtements sacrés dont ils sont revêtus quand ils paraissent dans une cérémonie éclatante de religion où on les couronne avec pompe des lauriers que les autres ont cueilli avec bien de la peine._ On voyait notre zélé prélat h la tête de ses ouvriers évangéliques travailler lui seul plus qu’aucun autie, lasser les plus robustes, prêcher régulièrement quatre ou cinq fois le jour et toujours avec force et action, administrer les sacrements de confirmation à une multitude de peuples, faire des conférences publiques également instructives et édifiantes, écouter avec-bonté tous ceux qui s’adressaient ù lui, se porter lui-même pour médiateurentre les ennemis,terminer lesdifférents, pacifier les troubles, corriger les scandales, reformer les abus, en un mot, mettre tout en usage pour la conversion des pécheurs et la sanctification des âmes confiées à ses soins, tels étaient les travaux de notre illustre prélat dans les visites de son diocèse qui ont fait sa principale occupation pendant les jours de son épiscopat.Mais c est surtout, MM., au temps du dernier jubilé qu ont paru avec plus d’éclat les travaux et fe zè.e de notre vertueux pontife, soit dans les missions — 37 — qu il fit à Montréal et dans les bourgs voisins, pour distribuer a son peuple avec plus d’abondance les trésors et les faveurs de 1 hglise, soit dans les retraites qu’il donna aux-communautés religieuses en répandant la parole de Dieu avec une sainte profusion, sur ces terres non préparées,il les rendait fécondes en fruits de grâce et de sainteté.Que j’aime à me le représenter sur les bords du fleuve bt-Laurent, comme un autre saint Jean-Baptiste sur !es bords du Jourdain, tout occupé à préparer au Seigneur un peuple parfait, allant de paroisse en paroisse prêcher I évangile de la paix et annoncer les vérités ' 11 su ut ,la'is C(iS contrées éloignées, ramasser jusque dans les cabanes sauvages les brebis dispersées de I i maison d’Israël.Qu’il est beau de le voir animé d’un saint zèle dans le voyage qu’il fit à la Présentation, malgré la répugnance naturelle qu il avait pour l’eau, qu’augmentaient encore les dangers des rapides qui vous sont assez connus, malgré les difficultés des chemins et tout ce qu'on put dire pour l’eu détourner : marcherai! milieu des ronces et des épines, tantôt dans des bourbiers tantôt sur des pointes de rochers, arriver après bien des fatigues et montrer un évêque à cas nations infidèles qui n’en avaient jamais vu -, annoncer les vérités de la religion avec une onction qui touchait jusqu’aux larmes les coeurs des barbares, baptiser de sa main cent trente-deux adultes, donner la bénédiction nuptiale à ceux qui n’avaient d’autres liens de leur mariage que ceux delà nature ; administrer le sacrement de confii mation a tous ceux qui étaient régénérés dans les eaux du baptême, les exhortations à persévérer dans la fidélité qu’il doivent à Dieu et au Roi, enfin passer dans cette mission des jours entiers dans les fonctions d un veritable apostolat 1 No sont-ce poiut là MM., autant de preuves éclatantes du grand zèle de notre vertueux prélat capable de tout entreprendre et de tout exécuter, toujours prêt â sacrifier son repos, sa saute, sa vie meme pour le salut des âmes qui lui sont confiées.J’en appelle a votre témoignage, dignes coopérateurs de son zele qui 1 avez suivi dans ses courses apostoliques, combien de fois l’a\ez vous vu dans de longs et pénibles voyages porter sans murmurer le poids de la chaleur du jour, taire bien des lieues pied, dans de très mauvais chemins, dans l’eau quelquefois jusqu’aux genoux, arriver tout en sueur et hors d’haleine ; d’autres fois surpris par le mauvais temps,obligé de se retirer dans de pauvres chaumières, tout transi de froid et tout couvert de neige, obligé de couchersur la dur; se contenter d’un peu de pain et, d’eau qu’il trouvait chez les pauvres gens ! Combien de fois l’avez vous engagé a ménager sa santé, à partager davantage, les travaux et les fatigues de son apostolat, sans pouvoir rien diminuer de l’intensité de son zèle.En vain les plus vertueux ecclesiastiques et les plus fervents religieux de Québec, mettent tout en usage pour le détourner de la dernière visite qu’il fit en bas dans les dernières paroisses de son diocèse.En vain les médecins lui représentaient-ils qu'il ne pouvait l’entreprendre sans altérer sa santé.Quelle réponse fait-il à toutes ces représentations et à leurs conseils ?Point d’autres que les belles paroles de l’apôtre saint Paul que l’on peut dire avoir été sa devise : que rien n’était plus capable de l’arrêter dans la carrière qu’il avait à fournir qu il n estimait pas sa vie plus que son devoir et que, quand il en devrait mourir il ne pouvait point souhaiter une mort plus sainte ni plus glorieuse: Ail vereor : nec.Jacio animam meant pretiosiorem quant me dammodo oonsummcm cursum meum, et ministerium, — 39 — Verbi ; W°d accept a Domino Jem.Ne sont-ce point encore les memes sentiments qu’il a fait paraître dans les différentes occasions qui ee sont présentées dé signaler son zélé ! Combien de fois, ville infortunée de Quebec, I avez-vous entendu, comme un autre Moïse dans des temps de calamité, s’offrir au Seigneur en hostie de propitiation pour les [léchés de son p -mile demander Dieu dans la sincérité de son coeur do frapper le pasteur et d’épargner le troupeau.Dhnitte ris Dîne noxam, aut si non facts, dele me de.hbro vitae.Avec quelle charité a-t-on vu ce bon pasteur exposer su vie pour ses brebis, dans le temps de maladies contagieuses qui désolaient la ville de Québec, aller lui-même en personne non seulement à tour de rôle faire le service de 1 hôpital, mais encore suppléer aux absents, visiter régulièrement tous les jours ces pauvres malades, passer au milieu des souffles de mort qu exhalaient de toutes parts ces hommes pestiférés, pour ecouter les pénitents, consoler les affligés, donner les onctions saintes aux malades, porter le pain de vie aux mourants, procurer la sépulture aux morts! Ët n\st ce pas une chose connue dp tout le monde, que c’est dans cet exercice héroïque qu’il a contracté’cette longue maladie qui lui a tait trainer,une vie languissante et enfin conduit au tombeau ?Avec quelfe ardeur n’a-t-il puis travaillé au rétablissement de l’IIôpi-tal des Trois-Kivières et de celui do Québec ravagés tous deux par les incendies ?Il se faisait lui-même tout à la foi le promoteur de cet ouvrage, le conducteur et l’architecte, le piqueur et le manoeuvre, contribuant de sa bourse à la plus grande partie de la dépense, fournissant au reste par les aumônes des fidèles qu’il avait soin d’exciter.Ne sont-ce pas autant de monuments subsistant de — 40 — sa charité, qui font beaucoup mieux son éloge que les langues les plus éloquentes ne sauraient le faire?Lau-'lent eum in porlis opéra ejns.Que le tern]>s ne me permet-il de vous remettre devant les yeux toutes les autres vertus dont notre illustre pontife nous a donné pendant sa vie des exemples si édifiants : une humilité qui le portait à se mettre sous les pieds de tout le monde jusqu’à obliger ses inferieurs a lui (aire les reproches les plus durs, à lui «lire les choses les plus humiliantes, à lui faire remarquer jusqu’au moindre défaut qui aurait pu échapper a sa vigilance?Sa chasteté qu’il a conservée pure,sans tache comme un lys entre les épines, au milieu d’une Bubylono corrompue, se rendant exact jusqu’au scrupule a toutes les régies que l’Eglise présente à ses mi-nistr« s, par lesquelles il a été exempt non seulement de tout reproche mais même du moindre soupçon sur cette matière ! Sa charité envers le prochain qui le rendait aflable aux plus petits, toujours prêt à obliger tout le monde, ingénieux à excuser dans autrui des défauts qui offensaient les yeux de tous les autres ! Sa tendresse pour l’Eglise son épouse, à laquelle il a demeuré fidèle jusqu’à la mort sans jamais s’éloigner d elle malgré les instantes sollicitations de ses proches et de quelques puissants seigneurs de la Cour qui l’engage,aient à repasser en France, soit pour les affaires de son diocese, soit pour le rétablissement de sa santé, soit pour s épargner la misère des temps fâcheux où il s’est trouvé, aimant mieux,à l’exemple de Moïse, partager a vec son peuple les souffrances et les humiliations que le Seigneur lui envoyait, que de goûter sans lut les délices de la vie et les honneurs de lu cour! Son amour pour la pauvreté qu’il a témoigné pendant sa vie par la noble simplicité qui a paru dans son palais, ses meubles, ses habits,son train et tout son extérieur, — 41 — a la mort pauvre et dénué de tout, comme il le disait lui-même au dépositaire de ses dernières volontés : Vous direz aux pauvres que je ne leur laisse rien en mourant parce que je meurs moi-même plus pauvre qu’eux.Il a aimé les pauvres pendant sa vie, il les aime à sa mort en se faisant leur égal ; au-delà du tombeau, témoignant le désir qu’il avait d’être enterré comme pauvre, sans pompe et sans appareil dans ses funérailles.8a mortification d’autant plus solide qu’elle était intérieure, s’appliquant principalement à retenir ses sens, mortifier son esprit, à se refuser à ses désirs, à ses inclinations, ingénieux à mortifier son corps pendant qu’il était en santé, dans la chose la plus naturelle et la plus nécessaire à l’homme qui est le sommeil, l’assujétissant pendant la maladie, l’ordre des médecins, sans vouloir rien accorder à ses désirs ni à son goût ; sa patience au milieu de la longueur et des ennuis d’une maladie de plus de dix-huit mois, où il ne goûtait presque pas les douceurs du sommeil, connaissant tous les dangers de son mal sans s’inquiéter, exposant naturellement sa situation sans en désirer une meilleure, acceptant les remèdes qu’on lui donnait sans en demander d’autres, également content de ce • - • ¦ • et de ce qu’on lui refusait, soumis en tout à la volonté île Dieu dans les événements les plus fâcheux de la colonie et les plus sensibles à son bon cœur ; dans la maladie comme dans la santé, dans l’adversité comme dans la piospérité.Le Seigneur, disait-il quelquefois, me fait des grandes grâces en mourant : Je meurs sans souffrir des douleurs bien aigues ; il ménage ma faiblesse, ma sensibilité ; je meurs dans un temps où les affaires de la colonie sont dans un bien mauvais état, il épargne à mon cœur une croix qui lui serait bien rude.” Heureux le pasteur qui ne verra point les maux qui doivent dé- B8^49C 42 — soler son troupeau, mais plus heureux encore celui qui fait la volonté du Seigneur ! Il meurt ce digne pontife, et dans ce dernier moment la force de son esprit et la grandeur de 6a religion se manifestent tout entières ; il meurt non point comme les lâches ont coutume de mourir, dit l’Ecriture, mais il meurt en chrétien, en héros de la religion, en évêque et en saint, touché du repentir le plus amère de ses fautes et du scandale qu’il croit avoir donné et dont il demande pardon publiquement ; d’une foi pure et vive, d’une espérance ferme qui ne craint point d’être confondue, d’une charité parfaite et d’une entière conformité à la volonté de Dieu qu’il adore du plus profond de son coeur.Il meurt en héros de la religion, tout couvert des blessures qu’il a reçues dans les combats de la milice chrétienne et tracé des traits meme de sa charité, ne respirant que la gloire de Dieu et le salut des âmes confiées â ses soins, désirant si les forces lui permettaient d’aller la Louisiane, visiter le reBte de son troupeau et y répandre l’abondance de ses bénédictions.Il meurt en évêque plein de tendresse pour son église, qu’il recommande à ses prêtres comme autrefois Jésus-Christ recommandait à ses apôtres l’église qu’il venait fonder sur la terre, ramassant ce qui lui reste de force dans un corps mourant pour les exhorter à exercer les fonctions de leur zèle, à persévérer dans la prière et à réparer les fautes qu’il disait avoir commises dans les fonctions de son ministère.11 meurt en saint dans le baiser du Seigneur, plein de vertus et de mérites, suivi île toutes les bonnes œuvres qu’il a pratiquées pendant sa vie et précédé des âmes qu’il a gagnées k Jésus-Christ, lesquelles comme autant de témoignages de sa fidélité et de ses vertus, sollicitent hautement auprès du Souverain Juge la couronne de justice que Dieu dont les paroles ne passeront jamais a promis à ceux qui auront légitimement combattu pour sa gloire.Bonuin certainen certavi,cursum con sum ma vi.Jidem serva ci.In reliqun re-posita est mihi corona justitiae quam reddet mi là Dominas in ilia die jus tus judex.Il est mort, ce grand prélat, digne d’une pluslongue vie, si nous avions été nous-mêmes digne de le posséder plus longtemps et si lui même n’en avait abrégé le cours par les pieux excès de son zèleet de sa charité.11 est mort.Ici, MM., mon ministère est achevé ; les paroles me manquent pour vous exprimer la grandeur de la parte que nous faisons.Vos larmes, vos soupirs, vos sanglots doivent suppléer au défaut de ma langue et achever son éloge.Pleurez, Eglise de la Nouvelle-France, si longtemps désolée par l’absence de vos premiers pasteurs, consolée pendant quelque temps par la présence île celui-ci, qui avait essuyé les larmes d’une longue viduité ; pleurez et livrez vous à la douleur ; vos lar-meB ne seront jamais plus justes et mieux placées ; ou si quelque chose est capable de vous consoler dans votre affliction, que ce soit la confiance où vous devez être d’avoir engendré au ciel celui que vous avez perdu sur la terre : Plunge quasi virga accincta sacco super virum pubenatis suae.Pleurez, prêtres, faites retentir de vos cris la voûte de ce temple, ministres des autels, parce que vous avez perdu celui qui faisait votre gloire, votre consolation et votre soutien : Plangite sacerdotes, ululate mi- nistri altaris, pleurez, parceque le grand prêtre qui donnait des sacrifications à Juda, étant mort, les offrandes saintes vont diminuer sur nos autels \quoniam interiit de domo Dei vestri sacrificium et libatio ; pleurez, infortunée colonie, parceque, le pasteur frappé, vous avez lieu de craindre de voir bientôt le troupeau dispersé, et d’être, comme des brebis etrantes, sans pas- — 44 — teur et sans guide exposées à la fureur (les loups : de-populata est regio ; pleurez, terre féconde en fruits de grâce et de salut, cultivée de ses mains et arrosée (le ses sueurs, luxit humus ; pleurez dans la erainte de voir bientôt le froment des élus ravagé par les incursions des méchants ou étouffé par les mauvaises herbes que l’homme ennemi y fera croître en abondance : luxit humus quoniam devastatum est triticum ; pleurez, vierges sages consacrées à Dieu, la perte de la vigne qui donnait nos âmes ce vin délicieux qui entretenait la ferveur parmi vous et y faisait germer la grâce et la pureté virginale : Confâsum est vmum.Pleurez jeunes lévites, la mort de l’olivier qui devaitfaire couler sur vos tètes l’onction sainte propre à les consacrer et à vous faire répandre parmi les fidèles la bonne odeur de Jésus-Christ : Elanguit oleum ; pleurons tous, MM., une perte qui nous est commune à tous.Nous p(rdons dans Mgr de l’ontbriand, un vrai citoyen et un ami sincère et fidèle, un pasteur affectionné à son troupeau, un père tendre et compatissant aux besoins île son peuple ; pleurons, mais que notre douleur ne soit point stérile et infructueuse.Souvenons-nous, devant le Seigneur de celui qui a si souvent porté au pied de son trône, nos prières et nos vœux.Si les restes de la fragilité humaine ou quelque négligence commise dans un ministère aussi pénible que le sien le rendaient encore redevable â Injustice divine, abrégeons le cours de sa pénitence par nos prières et nos bonnes oeuvres ; remontez à l’autel, ministres sacrés, faites violence à votre douleur, prêtres vénérables, dépositaires de ses dernières volontés, comme vous l’aviez été (le sa confiance et de son autorité pendant sa vie : arrosez ses cendres précieuses du sang de l’Agneau sans tache, afin que, sorti glorieux des ténèbres et des ombres de la mort, il entre dans la terre des vivants et le séjour de la gloire éternelle.Ainsi soit-il. — 45 LE PAYS DES HURON'S Les amateurs de l’hi&oire des temps héroïque^ de la colonie doivent s’intéresser à tout effort tenté pour jeter de la lumière sur la topographie de l’ancien pays des Hurons ; aujourd’hui surtout que l’on s’occupe activement de la béatification de quelques-uns de nos anciens missionnaires.C’est pourquoi nous devons savoir gré à M.Benjamin Suite d’avoir dressé le tableau • les distances entre les anciennes missions huronnes.[Bulletin, vol.X, p.341).Mais s’il est utile de dresser un tableau desdistances respectives des lieux oùles missionnaires travaillaient en vue de “ faciliter la lecture des Relation»,” il est surtout important d’être aussi précis que possible dans les indications qui doivent servir à cette fin ; autrement, on s’expose à égarer les esprits, et à accroître la confusion qui existe déjà à cause du petit nombre de données et souvent aussi de l’ambiguité de la phrase incidente où on les trouve enchevêtrées.Car il ne faut pas oublier que les missionnaires n’écrivaient pas dans le but de faciliter la reconstruction de la topographie de l’Huronia par des cartes deux siècles et demi postérieurs à l’occupation de la contrée.Ils se doutaient peu, en effet, que ces terres, parsemées alors de bourgs et de villages, devaient rester pays désert jusqu’à nos jours.C’est donc dans le but annoncé par M.Suite, et non pas par esprit de critique, que je me permets do rectifier quelques erreurs qui, vu la difficulté du Bujet, ont pu se glisser dans les renseignements donnés si obligeamment par M.Suite.Je prierais en même temps ceux qui sont {dus au fait de me remettre sur la voie si je venais moi meme à m’égarer.V 46 — Dans mes remarques, je suivrai exactement l’ordre adopté dans les notes sur “ Le pava des Durons ” pour les distances respectives des différents villages, et je renverrai en même temps aux sources où j’ai puisé mes renseignements.Distance d’Ihonatiria ou Saint-Joseph I.A Saint-Michel ou Scanonacvrat.Je n’ai trouvé aucune indication dans les Relations ou autres écrits du temps, sur la distance directe entre Ihonatiria ou Saint-Joseph I.et le bourg de Saint-Michel,autrement Scanonaenrat ; mais la distance d’Ihonatiria à Teanaostaiaé, Saint-Joseph II., est donnée comme de sept à huit lieues, et celle de ce dernier bourg à Saint-Michel^ tirant sur le côté d’Ihonatiria, est marquée comme étant d’une lieue un quart.Le P.de Brébeut écrit d’Ihonatiria le 27 mai 1635 (Relation de 1635, p.41, Edit, Québec, 1858): “Le dix-neutiesme Janvier,ie partis pour aller en la maison de Louys de Saincte Foy, distante de nostre village de sept ou huit lieues (même Relation p.39, 1ère col.).Ce Louis était de Teanaostaiaé, ou Saint-Joseph IL D’après la Relation de 1637 (pp.106, 107) il est certain que son père v demeurait.Mais une lettre écrite en 1638 parle P.Charles Garnier à son père en France contient ce passage : “ Nous sommes sur le point de transporter la résidence de Saint-Joseph (I.) du petit village où elle est, nommé Ihonatiria, au plus gros bourg de ce pays, nommé Teanaustayaé.C’est d’où était natif Louis de Ste Foy, que vous avez pu voir en France il y a neuf ou dix ans.” D’un autre côté Saint-Michel était à une lieue ou une lieue un quart de Teanaostaiaé : “ Le bourg sur lequel d’abord on ietta les yeux fut celuy de Scanona- - 47 - entât.parcequ’il n’est esloignée que de cinq quarts de lieues de la Résidence de Saint-Joseph (If.)(voir Rel.1637, p.72, 1 col.).Le P.Dut ’erou pensa cependant que la distance entre Saint-Michel et Teanaostaiaé (St-JoReph II.) était moindre que celle donnée dans ce»e Relation du P.Jérôme Lalemant : “ Nos Pères (partis d’Ossossané) étant arrivés à 4 heures du soir au lieu de la mission nommé St-Michel.se mirent en chemin pour prendre quelque advis de nos Pères de St-Joseph, éloignés de là d’une lieue.” (Lettre datée de la Conception, 27 avril 1639,voir Carayon, Première mission, etc, Paris, 1864, p.180.) Mettons que la distance entre Ihonatiria ou Saint-Joseph I., et Teanaostaiaé ou Saint-Joseph II.ne fut que de sept lieues (la distance la plus courte donnée par les Relations, tandis que M.Suite met neuf lieues) et que celle entre Saint-Michel et Saint-Joseph IL fut d’une lieue et un quart,il est géométriquement impossible que la distance entre Ihonatiria ou Saint-Joseph I.et Saint-Michel ne soit aussi que d’une lieue et un quart soit que Saint-Michel se trouvât sur la même ligne joignant Ihonatiria à Saint-Joseph IL, soit qu’il fût placé en dehors de cette droite.Avec les chiffres que je viens de rapporter la simple soustraction nous donne cinq lieues trois quarts.M.Benjamin Suite a probablement,par inadvertance, supposé que “ la Résidence de Saint-Joseph, ” mentionnée dans la Relation de 1639, p.72, 1 col., se rapportait à Ihonatiria ou Saint-Joseph L, tandis qu’il s’agit là de Teanaostaiaé ou Saint-Joseph II.La résidence des Pères, sous le nom de Saint-Joseph (I.) était encore à Ihonatiria le 9 juin 1638 (Rel.1638,p.59, 1 et 2 cols.).Mais le changement à Teanaostaiaé, ou Saint-Joseph IL s’était effectué avant le 7 juin 1639 (vr.date, Rel.1639, p 49, 2 col.). A Ocbnrio.La distance donnée par M.Suite est correcte comme nous pouvons le voir dans la Relation de 1637, p.137, 1 col.A Arontaen.M.Suite est encore d’accord avec les Relations en mettant deux lieues entre ces deux villages (voir Rel.1636,[>.133,1 col.et Rel.1637, p.110,1 col.) Dans cette dernière relation il est dit environ deux lieues.A Anonatka.Une lieue, c’est la distance indiquée dans la Relation de 1637, p.141, 1 col.A Sainte-Marii I.Si cette distance de trois lieues est donnée dans les Relations ou autres écrits du temps elle m’a échappée.Le village d’Ihonatiria ou Saint-Joseph L, comme nous l’avons vu, fut complètement abandonné avant le 7juin 1630 (Rel.1639, p.49, 2 col.) Sainte-Marie L ne fut établie qu’au milieu de l’automne de 1639 quand la résidence d’Ossossané y fut transportée.Celle de Teanaostaiaé y fut également transférée, mais seulement au printemps de 1640 (Rel.1640, p.63, 2 col.).Ces deux habitations n’existaient pas, par conséquent, simultanément.Du site d’Ihonatiria ou Saint-Joseph I., près de Todd’s Point, aux ruines de Sainte-Marie, qui se voient encore, il y a en droite ligne à peu près trois lieues et deux tiers., A Ossossané.M.Suite nous dit que Ossossané était éloigné d’Ihonatiria de “ cinq lieues un quart ; ” les Relations mettent k quatre lieues.Ceux qui prennent part à la fête des morts “ vont à petites journées ; nostre V iliage (Ihonatiria) fut trois iours faire quatre lieues, et a aller à Ossossané, que nous appelons Larochelle, où 6e dévoient faire les cérémonies ” (Rel.1636, p.134, 1 col.).Et ailleurs : “Le9 le Père Supérieur retourna (d’Ihonatiria, vr.Rel.1637, p.137,1 col.et p.138, 1 col.) k Ossossané avec le Père Pierre Chastellain et Simon Baron.Je ne mande rien icy k nostre Reverence de la difficulté des chemins.ie diray seulement qu’il n’estoit question que de quatre lieues, et cependant la iournée ne se trouuoit gueres trop longue pour en venir à bout ” (Bel.1637, p.139.col.).De tait un des sites d Ossossané, près de la Pointe \ arwood se trouve précisément à quatre lieues de la Pointe Todd, emplacement d’Ihonatiria.A Saint-Joseph il.i.e.Teanaostaiaé.M.Suite le met a neut lieues de Ihonatiria.Nous avons vu plus haut que le P.de Drébeuf lui en donnait sept ou huit.La vraie distance de Todd’s Point, site de Ihonatiria à la terre de M.Flanagan (moitié ouest du lot 7, con cession IV, canton de Medonté), plus vraisemblablement que toute autre le site de Saint Joseph II, ou 1 eanaostaiaé, où le Père Daniel fut massacré, est, en ligne droite, de sept lieues et sept huitièmes.Distances de Sainte-Marie I.A Saint-Jean.L’estime de M.Suite est aussi correcte que possible,c.-à-d.deux lieues un quart :“.le Père Pijar (qui était alors à Saint-Jean) s’en estant, retourné le incarne ionr à Saint-Joseph (III.), éloigné de deux bonnes lieues” (Brl.1Ü40, p.72.2 col.).Il est à remarquei que le “ Saint-Joseph ” mentionné ici n’est autre que la résidence de Sainte-Marie I., dont la chapelle bâtie plus tard, fut dédiée à saint Joseph (voir p.63,2 col.et p.04,1 col.,même Relation).Le bref original de Urbain VII J, en date du 4 février 1044, préservé aux archives du collège Ste-Marie, Montréal, accorde certaines indulgences à ceux qui visitent l’église de Saint-Joseph à Sainte-Marie dans le pays des Durons.A Saint-Louis.Une lieue dit M.Suite.L’expression des Relations est “ ce bourg de St-Louys n’estant pas esloigné de noue plus d’une lieue” (Rel.1649.p.1IT 1 col.).Le P.Breesani écrit : “ Le nuage de fumée «pie noue apercevions de notre résidence (Ste-Marie), située seulement deux milles de là (St-Louie), noue avertit d’abord do ce désastre.” Traduction du Pèie Martin p.*254).Toutefois, les deux milles italiens équivalent à 3704 métrés.A Saint Ignace IL C’est cinq milles que M.Suite met entre Sainte-Marie et ce bourg qui fut témoin de la mort des pères de Brébeuf et Lalernant.Nous ve nons de voir que de Sainte-Marie à Saint-Louis il n’y avait pas plus d’une lieue : les Relations en font foi : ‘* Ils reconnurent de nnict l’estât de la première place sur laquelle ils auoient dessein etc.” et plus bas, même colonne, ” ce premier bourg estoit celuy que nous nommions de Sainct-Ignace, lequel, etc.” {Rel.1640, [».10, 1 col.).Et immédiatement avant cette dernière phrase il est «lit : “ Trois hommes.portèrent l’a- larme et l’épouvante à un autre bourg (Saint-Louis) plus prochain, éloigné environ d’une lieue.” Lu même fait est raconté plus clairement et avec plus de précision par le P.Bressani : *• Le 16 mars, avant d’avoir été aperçus ils (les Iroquois) se montrèrent, aux portes du premier village des durons, nommé St-Ignace.Son site et les fortifications, «pie nous y avions fait faire, le rendaient imprenable,du moins pour les Sauvages: mais comme, etc.Trois personnes, à moitié nues,parvinrent seules à s’échapper,et allèrent donner avisait village voisin, celui de St-Louis, à 3 milles seulement de distance (i.e.3 milles italiens 5556 mètres.Traduction «lu P.Martin, pp.252,253).Si donc ces trois bourgs, St-Ignace, St-Louis et Ste-Marie se trouvaient sur la même droite nous aurions la distance de Ste-Marie à Saint-Ignace II, mais seulement d’une manière approximative car la première - 51 — quantité ne dépasserait pas une lieue et la 'seconde serait d’environ une lieue, et la somme à peu près deux lieues.Il y a bien la lettre du 1’.Charles Garnier du 25 avril 1649, à son trère Henri, mais son appréciation de la distance entre St-Ignace et St-Louis n’est pas plus précise ; il dit “ une lieue de là ou environ.” Pour avoir la distance directe de Sainte-Marie à Saint-Ignace II., il tant donc la chercher ailleurs.Dans la lettre circulaire écrite a la mort du Frère François Malherbe il est rapporté qu’il eut la dévotion et.la charité de transporter sur son dos les corps grillés et rôtis des deux mai tyrs (les H’, de B ré he ut et Calcinant) l’espace de deux lieues.(1) En effet, ces corps turent ainsi tiansportés de St-lgnacu II.à Sainte-Marie 1.par deux ilonnés, François Malherbe et Christophe Régnant, qui devinrent plus tard frères coadjuteurs dans la compagnie île Jésus.A Saint-Joseph It.M.Suite met quatre lieues un quart entre ces deux places.Les Relations en mettent davantage.I n vieillard de Saint-Joseph II.{Rel.1646, ji.79, 1 col.) alla de ce bourg à Sainte-Marie I., “ un chemin de cinq ou six lieues ” (Id.ibid, plus bas).Et ailleurs.“ les Chrétiens qui so ht morts tant au bourg de la Conception qu'au bourg de Sainct-Joseph (II.) à cinq lieues de nostre Maison, ont désiré estre enterrez chez nous.” (Rel.1644, p.76, 2 col.).Le chapitre où se trouve les paroles citées, a pour titre “ De la Maison et Mission de Saincte Marie ” (Id.p.74).Malgré ces données, je suis d’avis que M.Suite est (1) Voir la Semaine Religieuse du Québec, 9 juin ISH!i, ]>.Ml, et Canadian Archives Jh/iort, Douglass Itryiuncr, IFç l.p.XV.Le Frère Hegnaul, dans su lettre de 1U78 e’crit : .nous allastnes sur la place, chercher le re*te de leurs corps, au lion ou iis auoiont este fait mour r”.Mè n Rapport do 1884, p.i.xtv.ARCHIVES DE LA ProttiKe de QtiSfcec ) — 52 — plus près de la vérité, s’il s’agit de la ligue droite cpii unities deux points.Du site de Sainte-Marie I., il ne peut y avoir de doute ; les ruines sont 1;\ pour attester qu’il fut situé sur le lot 16, concession IH, canton de Tay.Quant au site de Teanaostaiaé ou Saint-Joseph II, tout me porte à croire que c’est sur la terre de M.Flanagan qu’il faut le chercher, c’est-à-dire dans le canton de Medonté, lot 7, concession IV.L’élévation du terrain,sa position non loin des sources de la rivière Cold-water, telle que marquée sur la carte de Ducreux, et la nature des trouvailles (1) qu’on y a faites sur une-assez vaste étendue de surtace semblent confirmer la chose.Quelles furent les sinuosités du vieux sentier des Sauvages, et combien elles ajoutèrent à la longeur du chemin, il est difficile de le dire ; mais la distance en ligne droite entre les deux sites serait à peu près de quatre lieues un quart.A Ossossank.Les six lieues de M.Suite excède d’une moitié la distance.Il y a environ trois lieues des ruines de Sainte-Marie 1.à la pointe Varwood près de laquelle se trouvaient à différentes époques les trois sites d’Ossossané mentionnés dans les Relations.Joseph Chihouatenhoua était de ce bourg ( Rel.1638r p.46, 48 50.Voir titre du chapitre V ; Rel.1641, p.63, 1 col ; aussi la lettre du P.Charles Garnier du 2o juin 1641).“.Il estoit venu en nostre maison (Sainte-Marie : Rel.1640, p.70, 1 col.), éloignée maintenant de la sienne d’environ trois lieues ” (llel.1640T p.103, 1 col).(1) Entr'autres choses trouvées sur le terrain il y a une pièce angulaire de la base carrée d’un chandelier ou d’un crucifix comme on en voit sur nos autels.L’état de cot objet en laiton à moitié fondu montre qu’il a.été soumis à un feu très intense. A Sainte-Anne.M.Suite dit “ près d’une lieue.” Les Relations lui donnent raison.Ce village fut le premier affligé par la maladie (Rel.1040, p.70, 1 col).Le premier huron atteint fut porté à son bourg “ éloigné de nous d’environ une lieue.puis le mal se répandit.de bourg en bourg ’’ (Id.p.54, 2 col.).A Saint-Denis.M.Suite dit “un peu plus de cinq milles.” Avec Sainte- Anne, Saint-Louis et Saint* -Tean il formait un groupe, qui, comme missions, dépendaient de Sainte-Marie (Rel.1040, p.70, 1 col.),et le prenant conjointement avec ces deux derniers, la Relation «lit “ un peu plus éloignez ” que ne l’était Sainte-Anne mentionnée dans la première colonne (Id.p.70.2 col.) qui était à environ une lieue de distance tandis (pie Saint-Jean était éloigné de deux bonnes lieues.Des ruines de Sainte-Marie ù la moitié ouest du troisième lot.concession V du canton Tay, où on a trouvé des indices certains d’un village huron, qu’on a tout lieu de croite être celui de Saint-Denis, il y a une lieue deux tiers.La distance donnée par M.Suite est par conséquent correcte.A Saint-Miciiei,.M.Suite est encore ici d’accord avec les Relations qui donnent pour distance trois lieues, lin huron chrétien, Michel Exouaendaen de nom, demeurait au bourg Saint-Michel (Rel.1646, p.77, 2 col.).Pour être guéri de ses infirmités, il fait un pèlerinage ù Sainte-Marie pour vénérer l’image de la Sainte-Vierge (Id.p.78, 1 col.).“ Il sort de son bourg, et se traisne le mieux qu’il peut, tantost à quatre pattes, tantost sur îles potences.Enfin il arri- ve chez nous, ayant employé plus de quinze heures à faire trois lieues de chemin ” (Id.p.78, 2 col.).' Distances d’Ossossané ou La Conception A Saint-Joseph II, ou Teanaostaiaé.La distance de la pointe Varwood, près de laquelle était situé — 54 — Ossossané, à hi ferme »le M.Flanagan, site supposé de Teanaostaiaé ou Saint-Joseph II.est d’un peu plus de cinq lieues.M.Suite met cinq, et le F.François Du-l’eron cinq ou six.Ce dernier dans une lettre à son frère, daté de La Conception.27 avril 1039, écrit : “ Nous sommes icy des Nôtres dix, en deux Résidences l’une de la Conception de Notre Ramé, l’autre de Saint-Joseph : elles sont éloignées l’une de l’autre de cinq à six lieues” (Carayon, Première mission, q te., p.172).Il ressort du titre du chap.Y, p.00 de la Relation de 1639 ainsi conçu *• De la Résidence de St-Joseph au bourg de Teanaustayé, etc ” que lu résidence de Saint-Joseph, ;ci mentionnée n’était autre cette année U que celle de Teanaostaiaé.A Saint-Joseph I ou Jhonatiria.La distance donnée par M.Suite est de cinq lieues un quart.Je l’ai déjà discutée à l’article rl’Ihonatiria.Nous avons vu.quelle excédait d’une lieue un quart la distance donnée dans les Pelotions, et de la même longueur la distance réelle entre la pointe Todd et la pointe Var-wood.A Angoutenc.Le site de ce bourg est un partie sur la terre d’Alexandre Santirno (corruption de St-Amand), et en partie sur celle d’André Parent,quarts nord-ouest et nord-est du onzième lot, concession X du canton Tiny.Les vestiges qui indiquent l’emplacement de ce village sont situés sur le bord d’un courant autrefois assez impétueux, mais maintenant presqu’à sec en été, et à une distance d’un peu plus de trois quarts de lieue à 1 est du site d Ossossané.“ La mortalité estait partout dit la fielutioii de 1638,1’ mais surtout au bourg d’Angoutenc, qui n’estoit qu’à trois quarts de lieue de nous, ” c’est-à-dire d’Ossossané (voir pp.43 etJj9, et aussi Rel, 1637, p.178, 2 col.).C’est cette même distance queM.Suite met entre les deuxbourcs O * — 55 — Distance dk Saint-Louis A Sain 1-Ignace.Une lieue.J’en ai déjà parlé plus haut.r Distance de Saint-Jean-Baptiste A Saint-Ignace II.M.Suite dit environ six lieues, et il so peut qu’il soit parfaitement exact dans son appreciation de cette distance ; ruais, si je ne me trompe, ni les Relations, ni les autres écrits du temps n’en disent mot.Il est vrai que dans la Relation de lti44 (plus correctement 1643), pane 96, nous lisons au commencement du chapitre VII, intitulé “ De la Mission du Sainct Jean Baptiste aux Arendaronnons ” ce qui suit : “ Le Père Antoine Daniel a continué dans le soin de cette Mission, qui cette année a eu dans son ressort les bourgs de 8.Jean Baptiste et de S.Joachim, et vu troisiesme esloigné d’environ six lieues,qui porte1 le nom de S.Ignace.Mais ici il s’agit certainement pas de Saint-Ignace IL.mais de Taenhatentaron ou Saint-Ignace I.La raison en est claire, Saint-Ignace II ne fut commencé comme village qu’en 1648 : *• Cette perte fut suivie d’une plus grande fort peu de iours apres.ce qui depuis a obligé ceux de ce bourg de Saint-Ignace (I.) à s’approcher «le nous et se mettre plus à l’abrv qu’ils n’estoient des incursions de 1 ennemy (Rel.1648, p.50, 2 col).Ce changement de site eut lieu avant le 16 avril (voir date de la Relation, p.45, 1 col).La difficulté dans le cas présent c’est que l’on ne s’accorde pas sur le site de Saint-Jean-Baptiste.Park-man l’a placé à cinq milles à l’ouest de Washago, tandis que le Père Martin croyait qu’il devait se trouver tout près de la ville d’Orillia un peu au sud vers Shingle Bay.Tout en m’inclinant devant des autorités si respectables, j’ose croire que ce bourg était situé dans le voisinage immédiat de la petite ville de Hawkstone, moitié chemin entre Barrie et Orillia.D’un autre côté on ne s’accorde pa> davantage sur la position de Saint-Ignace I.ou Taenhatentarou.Mais si les “trois lieues ou environ ” de la Relation de 1642,p.81, 2 col.se rapporte ù Saint-Ignace elle doit se trouver près de “ The Old Fox Farm, ” lot 20, concession X, canton de Médonté.Car cette terre est ù deux lieues de Saint-Joseph II.autrement Teanaostaiaé (Rel.1639, p.74, 2 col., vr.aussi titre du chapitre) et cinq lieues et demie du bord du laeSimcoe en face de Hawkstone où on a trouvé des restes considérables d’un village huron, qui formait, je suis porté à le croire, le port de Saint-Jean-Baptiste, lui-même situé sur les hauteurs en arrière du village.Les Relations cependant exigent si:2 lieues, connue nous avons vu, entre Saint Jean-Baptiste et Saint-Ignace J.Distance de Sainte-Anne A Ouenrio.M.Suite dit une “ demie lieue.” Quoique la distance ne soit donnée nulle part, dans les Relations ou autres écrits, autant que j’ai pu le constater.j’ose dire que la chose n’est guère possible.Ouenrio était à une lieue d’Ilionatiria (Rel.1(537, p.137, 1 col.).Sainte-Anne, que l’on a continué de confondre avec Ivaontia, était aune lieue environ île Sainte-Marie (Rel.1640, p 70, I col.et p.54, 2 col.), et dans une direction presque opposée.Trois lieues deux tiers seraient le minimum de la distance à mon avis.Distance d’Akontaen A Tondachka.M.Suite en donnant une lieue est en parfait accord avec la Relation de 1637 : “ Kt puis il fallut partir pour aller à Tondachra, qui est à une lieue d’Arontacn ” (p.112, 1 col.).A.-E.Jones S.J. M Cil MILES AUBERT DE LA OU ES N-AYE (Voir Bulletin, I, p.171 : [[F, p.6 ; IV.pp 38, 10").) — 58 — REPONSES Le “ double shuffle.” (X, VIII, 1030.)-Si je de-mandiiis à mes lecteurs quel souvenir l’expression '* double shnftle ” éveille eu eux, la plupart me répondraient.sans doute qu’elle n’en éveille aucun.Et pourtant, ces mots ont eu une immense signification et ont fait grand tapage dans notre, monde politique, il y a quelque quarante ans.Voici à quel incident ils se rattachent.En 1858, le gouvernement Macdonald-Cartier donnait sa démission, à la suite d’une vote de la Chambre (pii blâmait le choix d’Ottawa comme capitale.Le gouverneur-général, sir Edmund Head, après avoir appelé d abord M.Galt, confia à M.George Brown la tâche de former l’administration nouvelle.M.Brown se mit A l’œuvre et réussit.Son cabinet su composait comme suit : Haut-Canada—George Brown, inspecteur-general, John A.Macdonald, procureur-général ; dames Morris, président du Conseil Législatif ; M.Il Foley, maître-général des postes ; Oliver Mow at, secretaire provincial ; S.Connor, solliciteur-général : Bas-Canada—A.A.Dorion.commissaire des terres ; L.F.Drummond, procureur-général ; L.IL I loi ton, commissaire des travaux publics ; François Lemieux, receveur-général ; I.C.Thibaudeau, président du Conseil executif ; Charles Laberge, solliciteur-général.Le chef du nouveau cabinet, M.Brown, était l’incarnation du fanatisme anti-catholique et anti-français.II agitait depuis des années le Haut-Canada au cri dé " No popery, no french domination ”.Son nom était •m abomination dans le Bas-Canada.Sou ministère ne pouvait donc être accueilli avec faveur par les re- présentants de cette province.Aussi, ;'t peine le personnel de l’administration fut-il annoncé en chambre qu’un vote do non-confiance tut adopté; M.Bureau ayant soumis une motion demandant l’émission d’un bref d’élection pour la cité de Montréal, que M.Dorion avait jusque-là représenté, M.Langevin proposa d’ajouter cet amendement : “ Que tout en ordonnant l’émission du dit “ writ ”, cette Chambre reconnaît qu’il est de son devoir de déclarer que l’administration qui a été formée ne possède pas la confiance de cette Chambre, ni celle du pavs Le procédé était inusité et énergique.Voter non confiance dans un gouvernement dont les membres ne pouvaient encore siéger en chambre, parce que la loi leur imposait une réélection, c’était un fait sans précédent.Mais la présence de M.Brown à la tête du gouvernement était une provocation trop forte.Et l’amendement fut adopté par soixante et onze voix contre trente et une.Tous les députés du Bas-Canada présents, moins quatre,votèrent pour la motion Langevin.En face d’une marque d’hostilité si évidente de la part de l’Assemblée Législative, M.Brown demanda au gouverneur une dissolution et des élections générales.Mais sir Edmund Head refusa en motivant fortement sa décision.Il ne restait plus au nouveau cabinet qu’à démissionner.Et c’est ce qu’il fit après*avoir vécu quarante-huit heures seulement.Ce fut M.Cartier (pii fut chargé de former le nouveau ministère.Nous disons nouveau pour la forme, car les anciens membres du gouvernement Macdonald-Cartier, à l’exception de deux, tirent partie du gouvernement Cartier-Macdonald, C’étaient MM.Cartier,N.F.Belleau,Sicotte, Alleyn, pour le Bas-Canada ; J.A.Macdonald, Vankoughnet, — (30 — S Smith, .fohn Ross, pour lo Haut-Canada.MM.Cuyli'v et Loranger,membres de l’ancienne administration.s’effacèrent pour laisser entrer dans le cabinet MM.Galt et Sherwood.N nus arrivons maintenant à l’incident mentionné par nous au début de cet article.L’acte relatif à l’indépendance du parlement adopté en 1857 contenait la danse suivante : “ Lorsqu’une personne occupant la charge tie receveur-général, d’inspecteur-général, de secrétaire delà province,de commissaire des terres, d'orateur du Conseil Legislatif, de président du Conseil Executif, de ministre de l’Agriculture ou de maître-genoral dos postes, et étant en même temps un membre de 1 Assemblée Législative ou un membre élu du Conseil Législatif, résignera sa fonction, et, dans le demi d’un mois après sa résignation, acceptera ” une autre des dites charges, elle ne rendra pas par là vacant son siege à la Chambre ou an Conseil.” D après la lettre de cette clause, si les ministres démissionnaires reprenaient “ le même ” portefeuille, on pouvait prétendre qu’ils devaient se faire réélire.La question était douteuse, et des autorités considérables soutenaient que, même dans ce cas, ils n’étaient pas soumis a la réélection.Mais on résolut de se conformer au texte même
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