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Titre :
Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /
Éditeur :
  • Lévis :Pierre-Georges Roy,1895-1968
Contenu spécifique :
juin
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
quatre fois par année
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Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /, 1898-06, Collections de BAnQ.

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•‘i~ r .-1 e ?IS* mm y&i fcpaa |§J|i2É| c;i.:: HCHEBTER, LORD DORCHESTER BULLETIN DES Reche-rch.es Historiques Yol.4 JUIN 1898 No 6 SAINTE-SOPHIE DE LEVRARD Sainte-Sophie de Lévrard rappelle le souvenir de l’ancien propriétaire de la seigneurie de Saint-Pierre les Becquets, Louis Lévrard.maître-canonnier, de Québec, Elle avait d’abord été concédée à Romain Becquet, notaire, mais comme il était mort sans remplir les conditions de.la concession, elle fut anuulée et concédée de nouveau à ses deux filles, Marie-Louise et Catherine-Angélique.Cette dernière devint la femme de Louis Lévrard.Saint-Sophie de Lévrard fut longtemps considérée comme mission desservie par le curé de Saint-Pierre les Becquets.Ce fut dans la maison de Jérémie Demers, demeurant près de la route du Sème rang, que, le 30 septembre 185G, M.Bailey, curé de Saint-Pierre les Becquets, y célébra la première messe.La chapelle actuelle date de 1874.Elle fut bénite le 18 octobre de la même année par M.E.-A.Gau-vreau, premier curé de cette nouvelle paroisse.Cette chapelle a 71 pieds de lougueur.En 1873, il y avait dans la paroisse 100 feux et 655 âmes, dont 420 communiants Le recensement de 1875 a donné 690 âmes dont 440 communiants.Donc déjà une augmentation de 65 âmes dans l’espace de deux années.La population actuelle est de 1260 âmes.Curés : MM.E.-A.Gauvreau, 1874 ; J.-U.Tessier, 1874-1886 ; P.-G.Brunelle, curé actuel.Phooor —3162:— "T'Td IA PREMIERE MESSE EX LA NOUVELLE-FRANCE Pour être plus précis, je pourrais dire—sans toutefois l’affirmer—que la première messe fut célébrée du temps de Jacques Cartier.Les textes, dira-t-on, sont obscurs, et les noms des aumôniers que l’on rencontre sur le rôle des équipages du navigateur malouin, prêtent le ilauc à la discussion des paléographes.Et puis, était-ce bien la coutume, à cette époque, de recruter des prêtres pour ces voyages de découvertes ?Après bien des recherches, j’ai pu constater que, le 23 mars 1549, c’est-à-dire à l’époque où vécut le découvreur du Canada, Jacobo de Ibaceta, patron d’un navire équipé pour la pêche des terres neuves, demandait des ornements destinés au prêtre qui se trouvait à son bord, afin qu’il pût célébrer la messe au cours du voyage.(1) Nous lisons, eu outre, dans les Exerpta Historica que, le 3 avril 1504, un ministre anglais recevait une gratification de deux livres sterling, au moment de s’embarquer pour l'île nouvelle, c’est-à-dire Terre-Neuve.Il suit donc de là que, du temps de Cartier, les équipages avaient quelquefois leurs aumôniers, et si le capitaine était un bon catholique, il ne pouvait négliger la présence d’un homme de Dieu pour affronter avec plus de confiance les périls de la mer.Mais n’insistons pas davantage sur cette époque très reculée, car c’est de la première messe du temps (1) Collection Vargas Ponce, cité par M.Duro dans son Area de Noé. — 163 — de Champlain dont je veux entretenir les lecteurs des Recherches Historiques.' *¦** Si l’on s’en rapporte au texte même des Voyages de Champlain, il est assez juste de conclure que la première messe fut dite par un Récollet, sur les bords de la rivière des Prairies.Or, l’autorité de Champlain en la matière est la plus concluante, puisqu’il parle d’un fait dont il a été témoin.Cependant il ne dit pas que la messe fut chantée sur la pointe orientale de Plie de Montréal, le 24 juin 1615 ; mais, après avoir tout d’abord constaté ce qui eut lieu à cette occasion, après avoir rapporté l’admiration des sauvages pour les cérémonies du culte et les ornements sacerdotaux, il n’arrive qu'en second lieu à narrer ce qui se passe à Québec, les travaux relatifs à la petite chapelle provisoire du Père d’Olbeau et du Frère Pacifique du Plessis.Ce témoignage ne suffirait pas toutefois à rassurer la foi des gens à conviction difficile.Ayons donc recours aux text- s, afin d’arriver à un résultat plus satisfaisant.Le Frère Sagard dit.“ Le P.d’Olbeau y (à Québec) dit la première messe le 25 jour de juin de la même année (1615) et nos autres Religieux ensuite.’’ Ce témoignage résout la question pour Québec, mais il ne prouve rien au sujet de la messe chantée à la rivière des Prairies.Le P.d’Olbeau adressait, vers ce temps-là, une lettre à sou ami le Père Didace David, dans laquelle il disait : Le 25 de juin, en l’absence du R.P.Commis- — 164 saire, j’aijcélébré la sainte messe, la première qui ait été dite en ce pays.” (1) Le Mémoire des Récollets de 1637 dit formellement que “la première messe qui fut jamais dite en la Nouvelle-France, fut célébrée par eux à la rivière des Prairies, et la seconde à Québec.” (2) Comme ou le voit, le Mémoire contredit l’assertion du Père d’Olbeau, qui devait pourtant être bien renseigné.Cependant le bon Père a pu négliger ce détail, qui alors n’avait pas toute la valeur ni l’intérêt qu’on lui porte aujourd’hui._ , La meilleure solution, d’après moi.se tire de l’analyse et de la confrontation des textes précités Prenant comme fait certain que la première messe fut célébrée à Québec le 25 juin 1615, nous sommes d’accord avec le Père d’Olbeau et le Frère Sagard.Mais reste le témoignage de Champlain et le Mémoire des Récollets.Suivons bien Champlain dans son récit.Après avoir raconté la cérémonie de la messe chantée à la rivière des Prairies, à laquelle il assistait à côté des Pères Jamet et le Caron, il dit qu’il partit pour Québec et y arriva le 26 juin.Or, comme la descente du fleuve de Montréal à Québec requérait au moins deux jours, il s’ensuit que la messe qu’il venait d’entendre avait dû être célébrée avant le 25 juin.(1) Lettre citée par le Père LeClercq, Premier Etablissement de la Foi, I, 62-05.(2) Archives de Versailles. — 165 - Nous croyons qu’il est difficile d’arriver à une conclusion différente C’est aussi l’opinion de M.l’abbé Laverdière qui s’en rapporte plutôt au Mémoire de 1637 qu’à la lettre du Père d’Olbeau : “ Il est vrai, dit-il, que le P.d’Olbeau affirme de son côté avoir dit à Québec la première messe qui ait été dite en ce pays, et il avait bien quelque raison de le croire, puisqu’il y avait si peu d’apparence que le P.le Caron fût rendu au Saut, on qu’il se fût arrêté en chemin pour la dire.Cependant, tout bien considéré, il semble que le Mémoire a raison, et que la première messe dite en ce pays, depuis l’époque de Jacques Cartier, fut célébrée à la rivière des Prairies par le P.Commissaire, selon toutes les apparences, et la seconde à Québec, par le P.d’Olbeau.” (1) N.-E.Dionne (1) Voyages de Champlain, édition canadienne III, p.10, n.4.UNE PRÉDICTION MYSTÉRIEUSE “ En face de l’tle aux Gruea, est un petit îlot appelé île au Canot.Là habitait seul, au commencement du siècle, un jeune et pauvre ménage.Une nuit que le mari était abseut, la femme tut réveillée par les cri9 de son plus jeune enfant.Elle se lève, le prend dans ses bras, l’appaise en lui donnant son sein, et s'assit sur son lit en attendant qu’ il s’endorme.La nuit était sombre ; la tempête grondait.Ses jeunes enfants dormaient d’un paisible sommeil ; elle seule veillait au milieu des ténèbres.L’isolement dans lequel elle vivait, l’abandon où elle se trouvait, le triste avenir de sa nombreuse famille, se présentant alors à son esprit, elle sesent.it le cœur pénétré de douleur et elle donna un libre cours à ses larmes.Tout à coup, une voix se fit entendre, et lui dit : Console*toi, deux de tes enfants seront prêtres, et l’un de ces deux prêtres sera évêque.' ’ La prédiction mystérieuse s’accomplit car T un des fils de la pauvre femme, Mgr Charles-François Baillargeon, mourut archevêque de Québec, un autre, M.Etienne Baillargeon, mourut curé de Saint-Nicolas.Un troisième, l’honorable Pierre Baillargeon, fut sénateur de la puissance du Canada.P.G.R. — 166 LA MESSE DU REVENANT (1) J’ai déjà dit quelque part combien l’on remarquait de points de rapprochement entre nous et les Bretons de la Loire Supérieure, ceux que les Bretons du Morbihan—la vraie Bretagne bretonnante, celle-là—nomment avec une nuance de mépris les “ Gallos Un de ces points de rapprochement, c’est une similitude frappante, dans les récits populaires, entre leurs légendes et quelques-unes des nôtres.Il n’y a pas à s’y tromper, elles portent évidemment le cachet d'une origine commune.Tout le monde a lu dans le numéro unique d’une feuille publiée à Québec à l’occasion du congrès national de 1880, une vieille légende, racontée en vers par mou regretté confrère, M.Chauveau.C’est celle d’un curé d’une de nos plus anciennes paroisses, mort depuis cent ans passés, et revenant tous les soirs, au coup de minuit, en habits sacerdotaux, pour dire une messe omise de son vivant, et forcé de remettre sans cesse au lendemain l’accomplissement de sa pénitence, faute de servant pour réciter les répons.« Une nuit, le hasard veut qu’un individu quelconque couche dans l’église et soit témoin de l’apparition.Frappé de stupeur, il s’empresse d’aller rapporter le fait au curé de la paroisse qui le conjure de s’en* (1) III, VII, 334. — 167 — fermer de nouveau dans l’église, et d'avoir le courage de dire les répons de cette messe macabre.L’homme se dévoue, et sauve le malheureux prêtre des flammes du purgatoire.Cette histoire, comme je viens de le dire, est populaire dans nos campagnes.On conuait la paroisse où elle est censée être arrivée, et l’on cite même le nom des héros qui y ont pris part.Eh bien, laissez-moi vous répéter maintenant ce que j’ai entendu raconter en Bretagne.A une demi-heure de marche du Pellerin, petit bourg situé sur la rive gauche de la Loire, à cinq lieues de Nantes, à peu près, se trouve une ancienne chapelle qu’on nomme la chapelle de Béthléein.C’est une petite bâtisse carrée appartenant au style gothique de la première époque, et dont on fait remonter la fondation au temps des Croisés.Elle est sise au bord de la graud’route qui circule ici en plein bois, entre un coteau couronné de grandes futaies, et un ravin qui se creuse en face, mystérieux et solitaire.Au mur latéral du petit temple, dans une niche grillée, au-dessus d’une fontaine tarie, ou a placé une madone en plâtre, devant laquelle les paysannes et les chevrières du voisinage ne manquent jamais de se signer en passant.Sous l’ogive de la porte principale, il y a une claire voie qui permet de voir vaguement ce qui peut se passer à l’intérieur.Dans le siècle dernier, le chemin royal ne suivait pas cette direction ; et c’est sa position isolée au mi- 168 — lieu d’un bois, qui, sous la révolution, sauva l’humble sanctuaire du sort qu’on fit subir à toutes les églises des environs.Ou prétend que cette chapelle fut construite par quelque châtelain ou châtelaine de l’endroit, au temps des Croisades, en accomplissement d’un vœu quelconque.Vous concevez que l’imagination populaire n’a pas manqué de broder un peu là-dessus.Il existe même un roman qui porte ce titre : La chapelle de Béthléem.L’auteur, Mme d’Isole, me contait en riant que des antiquaires ou archéologues de Nantes s’étaient passionnés pour ce récit, étaient allés faire des fouilles sur les lieux, et prétendaient avoir retrouvé des restes de tombeaux et les traces d’un château qui n’avaient existé que dans le cerveau du romancier.Et remarquez que ces savants tenaient l’auteur lui-même au courant de leurs découvertes avec un empressement.et des détails.Si bien que l’écrivain finit par se demander un jour—comme le Marseillais qui avait annoncé l’apparition de la fameuse baleine—si par hasard il n’avait pas deviné juste.Mais revenons à ma légende.Voici ce qu’on m’a raconté : Un certain jour de la Toussaint, une dame du Pellerin, qui voulait se trouver à Nantes de très bonne heure, le lendemain, pour faire ses dévotions du jour des morts, avait donné ordre à un cocher de venir la prendre à la pointe du jour. ï 169 — Or il n’était pas encore minuit, que tous deux trottaient dans la direction do Nantes.Le cocher avait pris les vagues clartés de la lune levante pour les premières lueuis du jour.J1 avait éveillé la dame, et ils s’étaient mis en route.De telle sorte qu’ils se trouvèrent à passer devant la chapelle de Béthléem à minuit juste.A leur grande surprise, la chapelle était éclairée.Qu’est-ce que cela signifiait ?On n’était pas entré là depuis des années ; il y avait du mystère pour sûr.—Voudriez-vous aller voir ce qu’il y a ?demanda la dame à son cocher —Ah ! dame, oui ! —Vous n’avez pas peur?—Ah ! dame, non ! En Bretagne on 11e dit jamais ni oui ni non, sans le faire précéder du mot “dame”.C’est de rigueur.Toujours est-il que le cocher, en homme qui n’avait pas froid aux yeux, descendit de voiture, et se dirigea droit vers la porte de la chapelle, d’où—je l’ai dit plus haut—on pouvait inspecter l’intérieur.Mais à peine avait-il collé pour quelques instants son œil à la vitre, que le pauvre homme tombait à genoux, puis remontait précipitamment en voiture en disant : —Sauvons-nous ! Voici ce qu’il avait vu et entendu : Au premier coup d'œil, à la lueur des cierges allumés sur l’autel, il avait aperçu un prêtre en chasu- — 170 — ble, debout aux pieds des degrés, et qui disait d’une voix plaintive et lugubre : —“ Introibo ad altare Dei ! ”.Trois ibis le prêtre répéta ces premières paroles du service divin, en faisant une longue pose à chaque reprise.La troisième ibis, il attendit un peu plus longtemps, la tête penchée en avant comme sous le coup d’un accablement désespéré ; puis il se retourna lentement pour regarder autour de lui.C’est à ce inoment-là que le cocher était tombé à genoux, les cheveux dressés d’épouvante.Ce prêtre avait une tête de mort ! En une seconde, la vision avait disparu, et l’intérieur de la chapelle était rentré dans les ténèbres.Comme dans la légende canadienne, de retour chez lui, le cocher, tout abasourdi, alla rapporter à son curé ce dont il avait été témoin.Le prêtre devint pensif.—Aurais-tu le courage d’y retourner ?demanda-t-il après un instant de silence.—Y retourner ?.ah ! mon Dieu ! —Pour sauver une âme du purgatoire ?— Quand ?— L'année prochaine, à pareille date et à pareille heure.—Malheur !.et pourquoi faire ?—Pour sauver cette âme en disant les répons de la messe.— Je ne les sais pas.—Je te les enseignerai. - 171 — Le pauvre homme accepta courageusement sa mission de dévoûment.L année suivante, le soir de la Toussaint, à minuit, il était là, seul, debout dans la porte de la chapelle solitaire, tremblant de tous ses membres, mais résolu à tout braver pour l’amour de Dieu et du devoir.Tout à coup la chapelle s éclaira, le prêtre fantôme apparût dans la porte de la sacristie, et, le calice à la main, vint se placer en l'ace de l'autel.—“ Introibo ad altare Dei ! ” dit-il de sa voix lugubre.—“ Ad Deum qui lætifieat juveututem meam ”, répondit une voix qui venait du fond de la chapelle.C était le brave cocher qui, dominant la pour, répondait courageusement à cette voix de l’autre monde.Les deux voix alternèrent longtemps.—“Domiuus vobiscum ! ” disait le prêtre en tournant vers la nef sa bouche sans lèvres et ses yeux sans orbites.—“ fit cum spiritu tuo ! ” répondait l’autre voix toute tremblante d’émotion.fit la messe continua ainsi jusqu’au bout.Au moment de la bénédiction, le fantôme se retourna une dernière fois ; la tète de mort hagarde et grimaçante avait disparu pour faire place à une figure vaguement lumineuse et empreinte d’un ineffable sourire.El le cocher, à genoux, entendit une voix aux intonations célestes, qui disait : —.T’étais condamné à venir ici tous les ans dans - m — la nuit de la Toussaint, jusqu’à ce qu’il se trouvât une âme charitable pour m’aider à dire une mesBe négligée par moi lorsque j’étais sur la terre.Il y a six cents ans cette nuit que mou châtiment dure.Qui que vous soyez, je vous dois mon salut, soyez béni, vous et les vôtres, jusqu’à la septième génération ! Et faisant de la main une grande croix dans le vide, le prêtre ajouta : 4 —“ Benedicat vos omnipotens Deus, Pater et Pilius et Spiritus Sanctus ! ” Et, le dernier Evangile récité, la vision disparut.Or, depuis cette époque, dit en concluant la personne qui me faisait ce récit, suivant la promesse du prêtre, la bénédiction du ciel a paru s’attacher tout spécialement à cette famille.Tous ses membres ont prospéré d’une façon particulière.Maintenant croira qui voudra à cette légende.En la racontant dans ses détails, j’ai voulu seulement signaler la curieuse ressemblance qui existe entre le récit breton et celui de M.Chauveau, ressemblance qui démontre que tous les deux, malgré leur localisation si différente, ont évidemment la même origiue.Louis Fréchette UNE SUGGESTION Depuis quelques semaines, les portraits de tous les maires et conseillers qui ont successivement administré la chos qui s’était étudié à perfec- nnïb «if°î lff10T.rauça18 à '’étranger, et qui remarquait nos fautes frequentes de langage : “Vous vou- dÜïk^îïr votre langue, mai, apprenez d,.™!?T V” de» principaux de notre instruction publique ?P -B.Casgrain — 183 La trahison de Denonville.(IV, III, 424.)—Ou a beaucoup épilogue sur la trahison du gouverneur Denonville et de l'intendant Champiguy qui, en 1687, après avoir invité les Iroquois à un grand banquet au fort Frontenac, les firent prisonniers et les envoyèrent servir sur les galères du roi en France.Mais en agissant ainsi Denonville et Champigny n'étaient-ils pas les humbles exécuteurs des ordres reçus de France même ?Je n’ai pas lu les lettres de Louis XIV ou de son ministre à Denonville et à Champigny, leur ordonnant de faire des prisonniers iroquois.T’ai cependant devant moi eu ce moment copie d’une lettre inédite de Louis XIV au gouverneur de la Barre lui enjoignant de s’emparer d’autant d’Iroquois que possible pour servir sur ses galères.Lisez plutôt: “ Comme il importe au bien de mon service de diminuer autant qu’il se pourra le nombre des Iroquois, et que d’ailleurs ces sauvages qui sont forts et robustes serviront utilement sur mes galères, je veux que vous fassiez tout ce qui sera possible pour en faire un grand nombre prisonniers de guerre, et que vous les fassiez embarquer par toutes les occasions qui se présenteront pour les faire passer en France.” Ce que Louis XIV ordonnait au gouverneur de la Barre n’aurait-il pas pu le commander également à son successeur, le marquis de Denonville ?R.P.Le lieu des séances du Conseil Souverain.(IV, IV, 432.)—Chacun sait que le Palais de Justice de Québec est érigé sur un terrain occupé autrefois par la Sénéchaussée.Il est bon cependant de faire remarquer que l’antique tribunal judiciaire que ce dernier nom rappelle ne fut pas tout d’abord installé A cet endroit.D’après une carte intitulée : “ Plan du - 184 — haut et du bas de Québec en 1660,” il appert que la Sénéchaussée était, à cette date, (1660), au pied du “ Mont Carmel ” vers la partie nord-est du jardin du Fort actuel.Ce ne fut qu’un peu plus tard que la Sénéchaussée fut transferrée dans un bâtiment érigé sur l’emplacement occupé aujourd’hui par le Palais de Justice.Le Conseil Souverain, crée par édit royal du mois d’avril 1663, fut établi à Québec le 18 septembre de la même année.Où ses premières réunions furent-elles tenues ?On voit par les délibérations du 5 décembre de l’année 1663, que le Conseil siégeait alors dans une chambre fournie par Jean Le Vasseur, huissier “la maison dicte le Pallais” étant en réparation.On lit aussi ce qui suit dans les délibérations du Conseil Souverain du 25 juin 1665 : “ Le Conseil, attendu que le Pallais est réservé et qu’on y travaille incessamment pour loger Monseigneur de Tracy, a ordonné qu’afli-ches seront, mises pour faire savoir à tous que le Conseil se tiendra aux jours ordinaires dans la maison de Lavigne, huissier, où il se tenait cy-devant.” M.Chauveau, après avoir fait mention de cette délibération du 25 juin 1665, ajoute: “.Quel était ce palais ?Où était-il situé ?” (Notice sur la publication dru registres du Conseil Souverain et du Conseil Supérieur de Québec.) Je trouve la réponse à cette dernière question dans une carte de Québec conservée à l’Université Laval, et intitulée: “ Véritable plan de Québec, comme il est en 1664, et la fortification que l’on puisse y faire.” Le Palais y est indiqué comme étant érigé sur l’emplacement situé à l’encoignure de la Place d’Armes et de la rue Saint-Louis, l’emplacement du Palais de Justice actuel, par conséquent.On sait que, sous le premier gouvernement du comte de Frontenac, la “ brasserie ” établie par — 185 — Jean Talon, et terminée en 1671, au pied du coteau Sainte-Geneviève (extrémité nord-est de la rue Saint-Vallier), servit à diverses fins du gouvernement civil de la colonie L’intendant en fit son habitation, et le Conseil Supérieur y tint ses séances.Ce bâtiment fut détruit par un incendie au mois de janvier 1713 (dans la nuit du 5 au 6), et ce fut sur ses ruines que l’on érigea l’édifice somptueux du Palais de l’intendant, qui fut presque entièrement démoli et brûlé dans le bombardement de 1759.C’est dans ce palais qu’était administrée la justice à Québec durant la dernière période du régime français.Le peu qui reste aujourd’hui de l’ancien Palais de l’Intendant est occupé par une brasserie (établissement Boswell) : l'emplacement du célèbre édifice est donc retourné à sa destination primitive.Ernest Gagnon La dernière baronnie canadienne.(IV, IV, 436.)—M.Charles-Colmore Grant descend des barons de Longueuil du Canada C’est à ce titre qu’il est encore aujourd’hui propriétaire des rentes seigneuriales de la baronnie de Longueuil.Son fondé de pouvoir à Montréal est M.Marier, N.P.La barounie de Longueuil fut érigée par lettres patentes du 26 janvier 1700, et le titre de baron fut conféré, à cette même date, à Charles LeMoyne de Longueuil.Cette famille avait été antérieurement anoblie, en 1668.Ses titres furent enregistrés au Conseil Supérieur de Québec, le 26 février 1725.Ces lettres patentes étaient accordées “ à Charles LeMoyne, à ses enfants, successeurs, ayans-cause, et les descendants d’iceux en légitime mariage’’.Voici la filiation des droits à la barounie de Lou-gueuil après les LeMoyne.Charles LeMoyne, dernier baron canadien de ce nom, mourut sur le champ de bataille en 1755, et - 186 — quelques mois après, sa femme donna naissance à deux filles jumelles.Marie Joseph-Charles, l’alnée, hérita du titre de son père.Le frère puîné du dernier baron revendiqua le titre pour lui-même, mais après consultation avec les plus fortes lumières du barreau de Paris, la poursuite fut abandonnée, et la fille aînée du baron défunt conserva le titre de baronne de Longueuil.En 1781, Marie-Joseph-Charles LeMoyne, baronne de Longueuil, épousa à Québec, David-Alexander Grant, capitaine au 84ième Régiment de Sa Majesté.De ce mariage naquit un fils Charles-William Grant, qui engendra James-Irvine Grant, lequel engendra Charles-Colmore Grant dont il est maintenant question.Le père de ce dernier mourut à Pau, France, le 26 février 1879.On l’appelait généralement le baron Grant tout court.Les faits ci-dessus ayant été prouvés à la satisfaction du gouvernement britannique, la Reine arecon-nu le droit de M Charles-Colmore Grant au titre de baron de Longueuil.La Gazette du Canada nous l’apprenait en ces termes, en janvier 1881 : “ H n gracieusement plû à la Reine de reconnaître le droit de Charles-Colmore Grant, Ecuyer, au titre de Baron de Longueuil, dans la Province de Québec, Canada.“ Ce titre lut conféré à son ancêtre, Charles Le-Moyne, par lettres patentes de noblesse, datées par le roi Louis XIY en l’année 1700”.Cet avis n’a pas été formulé pour flatter beaucoup M.Charles-Colmore Grant ; toutefois il a sa valeur pour nous, étant la reconnaissance de services rendus à la France et à notre colonie, par sou ancêtre Charles LeMoyne de Longueuil, services que Louis XIV récompensa par la création et la concession - 187 - d’une baronnie canadienne, avec titre de baron, en sa faveur.Ce titre et cette reconnaissance n’étaient pas des clefs pour ouvrir les portes de la chambre des lords à M.Charles-Colmore Grant.M.Grant a toujours été plus ou moins étranger à la province de Québec.Il demeurait à Kingston, Ontario, avant d aller résider en Angleterre.Ses frères sont établis à Pau, France, depuis longtemps.Plusieurs instances avaient été faites auprès du gouvernement anglais, par le père et le fils pour faire reconnaître ce titre.Plusieurs avocats s’y étaient intéressés sans succès.Je crois que le dernier fut feu 1honorable juge Thomas-J.-J.Loranger qui a réussi.C’est un droit basé sur les conditions du traité de cession.Raphael Bellemare Outaoua, (IV, IV, 437.)-Ceux qui ont inventé l’orthographe Outaouais ne se sont pas donné la peine d’étudier les auteurs du dix-septième siècle, familiers avec la nation des Outaouas et les peuples qui l’entouraient.Les Relation* des Jésuites, le Journal de ces Pères, le Conseil Souverain de Québec, la Mère de l’Incarnation, Nicolas Perrot, Dollier de Casson, La Tothe-rie mettent : Ondataouaonat, Outaouak, Ondata8a8-ak, BtaSak, 8ta8at, 8ta8au, Outaouak, Outaoua, ce qui enlève toute idée d’une terminaison eu “ ais.” * La première trace qui je rencontre de l’épellation Outaouais parait avoir été inspirée par M.Jacques Viger.Il n’a rien à nous montrer pour justifier cette manière de prononcer le sou final du nom On-dataouat.Ondataouat signifie, en langue huronne : les Gens des Bois, parce que les sauvages en question demeuraient dans un pays de forêts, tandis que les Hurons 188 — plaçaient leurs villages dans les plaines défrichées.La nation des Outaouas parlait l’algonquin.Nous ne savons pas comment elle se nommait elle-même.Champlain les appelle Cheveux-Relevés à cause de la façon d’arranger leur chevelure.Cela n’a aucun rapport avec le sens du terme Ondataouat, Ondata-houat, Outaoua, Outaouak.Ottawa est incorrect puisqu’il faut Outaoua.Benjamin Sulte Les premiers francs-maçons canadiens.(IV, IV, 441.)-J’ai eu la bonne fortune, en feuilletant de vieux almanachs canadiens, de retrouver sinon les premières traces du moins les commencements de cette formidable société secrète dont les tendances ont si justement alarmé l’Eglise catholique, qui devait plus tard la condamner en termes si formels.Je veux parler de la franc-maçonuerie.Il est même fait mention de cette secte dans le premier numéro de la série des almanachs de Brown—ce qui ne veut pas dire toutefois que l’installation de cette société dans notre pays ne remonte pas au délà de cette date.La franc-maçonnerie est d’importation anglaise et ce sont les régiments anglais venus ici après la cession du Canada qui ont dû l’y transplanter.En 1780, l’organisation de cette société était déjà quasi parfaite, et comptait un état-major assez considérable.Brown en fait le relevé qui suit : “ The ancient and honorable Society of Free and Accepted Masons in Canada : Grand officer : the Honorable Brother John Collins, Esq., Grand Master ; Brother Thomas Aylwiu, Esq., Deputy Gr.M.; Brother .Tames Thompson, Brother II.-A.Kennedy, Grand Wardens ; Brother Chs Grant, Esq., Brother Lauchlin Smith, Grand Treasurers ; Brother James Tauswell, Grand Secre- 189 - tary ; Brother John Ross.Brother W.Ritchie, Grand Deacons ; Brother John Hill, Grand Sword bearer ; Rev.Brother Geo.Henry, Grand Chapelain ; Brother Richard McNeil, Deputy Grand Master at Montreal.La Grande Loge se réunissait le 1er lundi de mars, juin, septembre et décembre à la maison de Frère Bacon.Les autres loges étaient : Merchants Lodge No 1 ; St.Andrew’s Lodge, No.2 ; St-Patrick’s Lodge, No.3; Anbalt Zum Temple Lodge, No.12; St-Paul Lodge, No.10, à Montréal ; King’s Lodge.No.8, dans le 8e régiment ; Union Lodge, No.1, à Détroit ; St-George Lodge, No.108, dans le 31e régiment ; Lodge, No.195, dans le 8e régiment ; Lodge, No.236, dans le 53e régiment.Jusqu’en 1819, des noms anglais seulement Figurent dans la liste des officiers, mais à partir de cette date, bon nombre de nos nationaux se font inscrire sur les registres des loges et arrivent même à remplir les fonctions les plus importantes.La franc-maçonnerie était-elle considérée au pays, à l’époque dont nous nous occupons, comme une simple institution de bienfaisance, ou possédait-elle déjà le caractère anti-religieux qui devait amener sa condamnation, c’est que je ne saurais affirmer.L’almanach de Brown se renferme sur ce point, dans une réserve qui ne laisse place à aucune supposition.Ce qui est mieux établi c’est que la franc-maçonnerie avait un pied à terre à Québec et c'est probablement ici que se trouvait son principal champ d’opérations.Voici, au reste, les noms des Canadiens-français qui occupaient les plus hauts degrés dans la Grande Loge du Bas-Canada : Le Très-Vénérable Claude Dénéchau ; Jos.-Frs.-Xavier Perrault, Grand Warden ; Pierre Doucet, - 190 — Grand Trésorier ; Louis Plamondon ; Chs.Chevalier de Tounancour; Thomas-C.Oliva.La même loge renfermait onze Anglais, ayant divers grades.Au-dessous de cette loge et sous sa juridiction se trouvait vingt-cinq autres loges disséminées dans le pays.Québec avait pour son compte deux loges placées sous la dépendance de la Grande Loge : la loge Sussex et celle des Frlres Canadiens.m Eugene Rouillakd Lord Howick.(IV, V, 449.)—La naroisse, ou plu- • tôt le canton de Howick, dans le comté de Château-guay, lut nommé ainsi en l’honneur de lord Howick, sous-secrétaire d’Etat pour les colonies en 1830.C est lord Howick qui lit adopter par les Communes d Angleterre l’acte qui accordait à l’Assemblée Législative du Bas-Canada, le contrôle de ses revenus.P.G.R.Le “ Voyage en Angleterre et en France” de F.-X.Garneau.(IV, V, 451.)—Le récit du voyage tait par notre historien national, F.-X.Garneau, en Angleterre et en France, dans les années 1831, 1832 et 1833, parut d’abord dans le Journal de Québec.En ^855, Garneau le reproduisit dans un petit volume de 250 pages ; mais dans un accès de découragement il fit]détruire presque toute l’édition.Il n’en resta que sept on huit exemplaires.Le Foyer Canadien en a reproduit une partie.Bibaud, dans sou Panthéon Canailien, dit : “ Garneau publia un’récit de ses voyages en Angleterre et en France dans les années 183L 1832 et 1833.Cet qu-vrage publié à Québec en 1855 fut supprimé après l’impression.” J ai dans ma bibliothèque un petit volume intitulé : l oyages de F.-X.Garneau.Il a été publié en 1881 par l’éditeur Léger Brousseau, de Québec.L’abbê Chs-E.Mailhot —-191[— jjrtf QUESTIONS 464— M de Gaspé nous apprend, dans ses Anciens Canadiens, que l’abbé Louis de Beaujea, qui fut confesseur ordinaire de l’infortuné Louis XVI, était le frère du héros de la Monongahéla.D’uu autre côté, dans son Dictionnaire généalogique, Mgr Tanguay ne nous parle que d’uu Louis de Beaujeu et il le fait mourir très jeune.M.de Oaspé ne se serait-il pas trompé ?Abb.465— Le traité de 1763 nous garantit-il l’usage officiel de la langue française ?P.466— Quelle est l’origiue du drapeau étoilé des Etats-Unis ?R.467— L.P.Aubry ou Aubéry, chanté par Chateaubriand, dans son Atala, n’était-il pas Canadien ?Rom.468— Pouvez-vous me donner la liste des lieutenants-gouverneurs du Ilaut-Cauada depuis 1791 jusqu’à la Confédération ?Ont.469— Depuis que la guerre est déclarée entre l’Espagne et les Etats-Unis on a souvent parlé de la doctrine Monroe.Quelle est cette fameuse doctrine du président Monroe ?Amer.470— Sait-on d’une manière certaine où et à quelle date est né le père jésuite Jean de Brébeuf, martyrisé par les Iroquois en 1649.Les historiens du martyr varient beaucoup sur ces sujets ?XXX 471— Y a-t-il eu deux missionnaires du nom de Dolbeau dans la Nouvelle-France ?En 1615, le père Jean Dolbeau, récollet, arrive à Québec.En — 192 1643, un père Dolbeau périt en se rendant de Mis-cou en France.XXX.472 —Dans le recensement de 1851-52, nous voyons que le grain est mesuré par boisseau.Ces boisseaux ne seraient-ils pas plutôt des minots ?Si non, les chitfres sont souvent loin d’être aussi élevés qu’ils le devraient être.Nos cultivateurs, même alors, devaient bien plus connaître le minot que le boisseau.Ageb.473— René Rohault, fondateur du collège des Jésuites de Québec, est-il venu dans la Nouvelle-France ?S-J.474— Connait-on le nom de baptême du capitaine Paradis qui , en 1711, sauva l’amiral Hovenden "Walker du naufrage?Etait-il Canadien ou Français?Cub.475— Où fut inhumé le traître Jacques Michel, vice-amiral de la Hotte de Kerth, qui mourut à Ta-doussac en 1629.à la suite d’une orgie ?R.476— Le P.Biard, premier missionnaire jésuite de l’Acadie, est-il le P.Pierre Biard bien connu en France par ses nombreux ouvrages ?C.R.477— Le 13 novembre 1681, l’intendant Duches-neau, se plaignant de Frontenac, écrivait : “ Il a fait subir la prison à mon fils écolier de seize à dix-sept ans, pendant un mois, sans avoir eu la liberté de prendre l’air dans la cour du Fort, où il était détenu, ce qui a paru si rude et si injuste, que tout le pays en a été dans le dernier étonnement.” Peut-on me dire pourquoi Frontenac avait emprisonné le fils de l’intendant Duchesueau ?Cubieux
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