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Titre :
Le Canada musical : revue artistique et littéraire
Canada musical rapporte des nouvelles du domaine de la musique en provenance du Canada et de la France. Elle met particulièrement en valeur la carrière de jeunes musiciens tels Emma Albani, Frantz Jehin-Prume, François Boucher et Oscar Martel.
Éditeur :
  • Montréal :A.J. Boucher,1866-1881
Contenu spécifique :
dimanche 1 février 1880
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeur :
  • Boucher et Pratte's musical journal
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Références

Le Canada musical : revue artistique et littéraire, 1880-02, Collections de BAnQ.

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liif.'» > ' L «4ili||l>.iuk.i «HJ .-'m.;iî 1:^11,.Mu i!v|l|l:!i||.' i,i,ii|.i’ & Rêvas Artistique et Littéraire PARAISSANT LE PREMIER DE CHAQUE MOIS.U11 Morceau de .Musique accompagne chaque Numéro 6e.Année.IMo.10.1er Février 1880 A.J.BOTJCHKK litlileur-I’niiii'iclaire No.280, Pue Notre-Dame MONT RE A L.-•iiililwi'M il; 1 Om- '.1 : ¦ ¦ _ ¦¦¦ ¦ ; ______________:_______i_ü|.llivi ViM lrilwiT/.\iîlîli'.rri^.i'H lr*viir^i .ilVlin'JïivCiU'lWî i • 1 i I liTi V i.'i Ii'l Vi vi i t i' ! lilitilVllIji i i)ii J liinil'1 iliiirilliliiïii'1J Vil 1 iiii Ji,ll,l wmn SOMMA II» K.—Calendrier et Guide de» Organistes et Directeurs île CIncurs pour le mois de Février-Mai's, lîoberfc Schumann.Wagner jugé par Jacques Ollcnbach.Impressions d’une cantatrice, Concerto.L'Orgue de Saint-Nicolas à Fribourg.Concerts de chambre.Musique : L'Ehm tht cwnr, caprice élégant par C» Kolling.[Fin.] Notices biographiques concernant divers musiciens célèbres: Thtlow, (flans Guido De' lhissine.Correspondance de fjuéhee.Nouvelles artistiques Canadiennes.Plaisanteries.Naissance.Décès.Abonnements rwuis dans b cours, du mois.Orgues-Harmoniums de la Puissance.Pllj'iji |||!||||||l|il|l||; Abonnement : $7.00 par an, payable d’avance.70 et s.le numéro séparé.Imprimé par la “ Montreal Printing Co., 245, Rue St.Jacques, Montréal.3959602466 LE CANADA MUSICAL.116 Calendrier Mensuel Hit Guide des Organistes et Directeurs de Chœurs, pour les Offices des DIMANCHES ET FETES.FEVRIER.—(Continué.).DATES.VÊTES RELIGIEUSES.ÉPIIÉMÉUIDES .MUSICALES ET NATIONALES.10 11 12 13 1-1 M.; Ste.Scholastique.(40 h.College de TAs-M.Les Cendres.[somption.) J.J St.Ildcphonse.(40 h.67.Damien.) V.Ste.Couronne d’Epincs.S.Couv.de St.Paul.( 10 h.Sic.Croix.Sien m I Grises.)* Première représentation du Cagliostro, de Ad.Adam, à Paris, 1S Naissance de A.E.M.Grétry, à Liège, 1741, Constitution du Bas-Canada suspendue, 1838.Naissance de J.L.Terry, à Liège, 1810.Naissance de C.W.Von Gluck, à Wiedenwang, 1712.44.15.D.1 du Careme.Semi-double.(02.) Messe du Careme, sans orgue.Vêpres de St.Jean-Chryso.stômc, (380.) Supremos.Mémoire du Dimanche, Eccc, (12 b.) v.Angelis, (125.) 10 L.17 M.1S M.19 J.20 V.21 S.St.Jean Ohrysostônic, (40 b.Si.Patrice St.Ignace, Ev.et M.[de Iinwdon.) 4 Temps.St.Siméon.(40 h.Ste.ScJiolas-St.Jean de Matlia.[tique.) 4 Temps.St.Euclier.(40 b.Purification 4 Temps.Ste.Geneviève, [de Repcntigny.) Première représentation de l'Etoile du Nord, de Meyerbeer, à Paris, 1854.Naissance de Henri Vicuxtcinps, à Venders, 1820.Naissance de N.Paganini, à Gênes, 1784.Naissance d'Adélina Patti, à Madrid, 1843.Naissance de C.A.DcBériot, à Louvain, 1802.Naissance de Carl Czerny, à Vienne, 1791.22.D.Il du Careme.(40 h.Sacré-Cœur de Montréal.) Semi-double.(70.) Messe du Carems sans orgue.1res de St, Pierre Damien, (320.) Mémoire du Dimanche, Visioncm, (128,) v.Angclia, (125.) 23 L.St.Pierre Damien.24 M.Chaire de St.Pierre à Antioche (40 h.Con- 25 M.St.Mathias, Apôtre, [rersion de St.Paul.) 20 J.Ste.Marguerite de Crotone.(40 h.St.Jo- 27 V.St.Léandrc.(seph de Sold anges.) 2S S.SS.Martyrs Japonais.(40 h.Asile des Sourdi s-Muet tes.) Naissance de E.F.Ilændcl, à Halle, 1085.Première représentation de le Roman d’Eldrc, de A.Thomas, à Paris, 1800.Première représentation du Faust de Gounod, à Bruxelles, ISO 1.Mort de G.Tartini, à Padouc, 1770.Naissance de llcicha, 1770.Première représentation de Joeonde, de Nieolo, 1S14.29.D.III du Careme.Semi-double.(73.) Messe du Careme, sans orgue.Vêpres du Dimanche, (130.) Suffrage, 51, 331 et 52.Consacre a St.Joseph.MARS.Ce mois a 31 jours.Mars, primitivement le premier mois, institué par Ilomulus qui prétendait descendre du dieu Mars auquel il consacra ce mois.1 2 3 4 5 0 L.M.M.J.V.S.St.Aubin.(40 h.St.Louis de Terrebonne) Naissance de Frédéric Chopin, à Zalazowawola, 1S09.St.Charles, M.Naissance du célèbre flûtiste Giidio Briccialdi, ISIS.Ste.Cuuégondc.(40 h.Ste.Famille de Naissance de Ad.Nourrit, à Montpellier, 1802.St.Casimir.[Boucherville.) Première représentation de ïIlcrcu/auum, do Félicien David, à Paris, 1859.St.Phocas.(40 h.St.dander.) Naissance de Alfred Juëll, à Trieste, 1833.Ste.Nicole.Première représentation des Diamants de la Couronne, d’Auber, 1841.7.D.Solennité de St.Joseph.(40 h.St.Patrice de Montréal.) Ire classe.(251.) Messe Royale.2dcs Vêpres du jour, (329.) Mémoires de St.Jean de Dieu, Similabo, v.Amavit, (530,)—et du LVo Dimanche du Carême, (132.) Bénédiction.8 L.9 M.St.Jean de Dieu.Ste.Françoise Romaine.Naissance de Jenny Lind, 1S20.Naissance de Félicien David, 1S10.(40 h.St.Naissance de M.G.H.Lecudcrs, à Venloo, 1833.[ Etienne.) m Le Canada Musical.VOL.G.] MONTREAL, 1er FEVRIER lbSO.[No.10.ROBERT SCHUMANN.l.Il csi peu de ligures plus intéressantes que celle de Robert Schumann ; il est également peu de talents aussi contestés et peu de réformateurs dont l’œuvre ait produit des résultats aussi incertains.Personne n’oserait affirmer qu’il occupe pleinement et triomphalement la postérité, ni qu’il soit sûr de posséder jamais une gloire sans réserves, un rayonnement sans ombre ; et cependant il n’est indifférent à personne ; ceux-là mêmes qui ont cru le combattre au nom de la saine raison et des vrais principes ont apporté à cette lutte une certaine partialité inconsciente, une fougue d'injustice dont l’outrance même est un hommage.Heureux les artistes qui ont le privilège de soulever ainsi, et de leur vivant, et longtemps après leur mort, des passions, sinon des haines, des rencontres, sinon des mêlées d’écoles.On peut être certain qu’à défaut de cette sage pondération de toutes les forces intellectuelles, de ce rare et puissant équilibre qui produit les œuvres parfaites, les monuments historiques, les modèles immuables de l’humanité pensante, ils ont eu du moins quelques étincelles géniales.Ils ont ouvert des voies nouArellcs ; leurs écoles buissonnières ont, elles-mêmes, laissé une trace lumineuse ; leurs œuvres ont été des commencements d’initiation, des embryons de visions supérieures, de rapides aperceptions de l’idéal.On les corrige, on les complète, on les dépasse : ils n’en restent pas moins, dans leurs échecs comme dans leurs succès, dans la fraction périmée comme dans la partie maintenue de leurs œuvres, de véritables précurseurs, dont le nom demeure indéfiniment attaché à l'histoire des progrès de l’art.Robert Schumann est un de ces rares privilégiés, dont les talents de mi-côte, valant surtout par un ensemble de qualités moyennes, envient souvent, quand ils sont sincères, les brillantes échappées, les éclairs passagers mais sublimes.Je 11e sais pas de nom qui soit en plus complète opposition avec toute idée d’ordre, de régularité, d’équilibre.Et pourtant cet halluciné, cet aveugle, dont les mains 11e se sont posées que pour ainsi dire à tâtons sur le sublime, ce déshérité de la nature, qui est mort fou et qui peut-être a vécu de même, mérite une place à part, art premier rang des créateurs.Il a trouvé une ilore nouvelle, et si sa moisson est mêlée, il appartient aux modernes d’y séparer le bon grain de l’ivraie.Comme beaucoup de réformateurs, Schumann a préconisé des hérésies ; mais il est plus facile de corriger des exagérations et de limiter des emportements que de découvrir un filon nouveau.La grande école musicale du xixe siècle n'a eu qu’à choisir dans l’héritage de Schumann, et toujours elle a été payée de ses peines ! Robert Schumann, l’un des apôtres de la ré formation de la musique allemande, le précurseur de l’école dont Richard Wagner est aujourd’hui le pontife reconnu, naquit à Zwickau en Saxe, le 8 juin 1810.Il était le plus jeune de cinq enfants, et le préféré de ses parents qui ne le destinaient en aucune façon aux étu-1 des musicales.Son père, commerçant-libraire, et.sa mère rêvaient pour lui une carrière moins iourmentéc, plus conforme à leurs traditions de stabilité professionnelle.11 ne semble pas davantage que la première enfance de Robert Schumann ait été marquée par aucun de ces symptômes caractéristiques qui donnent pour ainsi dire le diagnostic des “petits prodiges.” Beaucoup de goût pour les récréations bruyantes, une certaine aversion pour l’étude, l’amour du tapage, en un mot une turbulence dissipée, tels sont les seuls détails de cette enfance qui aient frappé les biographes contemporains de Schumann.Quand son père, suivant en cela les excellentes traditions de l’éducation allemande, lui fit apprendre les éléments de la musique vocale et le mit au piano, il n’accepta ce surcroît de travail que fort à contre-cœur et par esprit de soumission à la volonté paternelle.Si quelque Allemand fanatique attendait alors la venue d'un messie destiné à réformer l’art germanique, ce 11’est assurément pas dans le prosaïque ménage Schumann qu’il serait allé le chercher.La Providence veillait, et se réservait de faire éclore subitement le grand musicien dans cet esprit insouciant et dissipé.Moschelès donna en 1810 des concerts à Carlsbad.La famille Schumann eut plusieurs fois occasion d’entendre le célèbre pianiste, et à partir de cette époque, une véritable transformation s’opéra chez Robert Schumann.La lumière s’était faite en lui, et la vocation apparaissait.Pour regagner le temps perdu, il activa ses études musicales avec une.telle ardeur qu’il put bientôt se faire entendre dans sa ville natale de Zwickau.Cette bifurcation subite contrariait les idées paternelles ; cependant le libraire ' Schumann n’essaya pas de combattre une passion artistique aussi développée ; il céda lui-même à l’entrainement de son fils et rendit justice à sa prompte virtuosité.Il lui permit même (l’organiser des concerts de famille avec un orchestre en miniature.Le jeune I Schumann s’y essayait dans des arrangements de cantiques et psaumes dénotant non seulement un goût très prononcé pour l'art musical, mais aussi un instinct très 1 juste de la science harmonique.En homme de sens, le père de Schumann voulut diriger vers un but sérieux les aspirations de son enfant et confier son éducation spéciale à Charles-Marie de Weber.Cet excellent projet 11e put malheureusement ; se réaliser, et Robert Schumann, abandonné aux seules ressources de son instinct artistique, continua ses études littéraires tout en cultivant la musique avec passion ; mais si l’élève musicien, privé de conseils et de guide, ne pouvait marcher dans la voie du progrès d’un pas assuré, le penseur, l’écrivain même se formaient par la lecture des grands poètes et par celle des philosophes.A l'âge de seize ans.en 1820, Robert Schumann eut la douleur de perdre son père ; cédant aux prières instantes de sa mère, il se fit inscrire à l’université de Leipsick, comme étudiant en droit, ut promit de renoncer à la carrière musicale, dont les ressources parais- 148 LE CANADA MUSICAL.saient trop lentes et trop lointaines pour les exigences pratiques de la vie.Mais cette promesse ne devait p as être tenue longtemps; il faut même ajouter qu’elle Jut observée en pure perte.Il ne semble pas en effet que, comme juriste, Robert Schumann ait beaucoup profité de l’université de Loipsiek (où il trouva du moins les excellentes leçons de piano de Wieck.) Quant à l'université de Heidelberg, il se contenta d'y laisser la réputation d'un étudiant plus que dissipé, toujours en partie de plaisir ou même en voyage.La devise des étudiants “ gnmleamns ” était surtout mise en ouvre par le jnrisconsrdte insoumis.Il y a là une période de trois années absolument perdues pour la science musicale.Tout à coup Robert Schumann rompit avec ses habitudes de plaisir, et, renonçant à la vie brayante des tavernes d’étudiants, il revint à sa vocation artistique en fréquentant assidûment la société des littérateurs et, des dilettantes- Cette fois les études de jurisprudence, poursuivies d’ailleurs si longtemps et d’une façon si stérile, se trouvaient sérieusement compromises ; la mère de Schumann dut ratifier le retour de son fils à ses premières préférences et lui permettre de quitter i l’université d’Heidelberg.Fort de cette autorisation, il vint prendre pension chez Wieck, son maître de prédilection, et s’y livra à l’étude du piano avec une ; ardeur touchant à la frénésie.En outre des leçons de Wieck, il faisait aussi de sérieuses études d’harmonie et de contrepoint avec un musicien très distingué, Dorn, chef d’orchestre du Théâtre de Leipsick.Mais ce retour et cette fièvre musicale n’avaient pas un but purement abstrait ; Robert Schumann obéissait à un entraînement plus immédiat.S’il avait rompu brusquement avec les dissipations de sa vie d’étudiant à Heidelberg, c’est à l’admiration et à l’amour que lui inspirait 1.x fille de son maître, Mlle.Clara Wieck, qu’il faut attribuer en grande partie cette métamorphose soudaine, ce retour de l’enfant prodigue sous la tutelle de son maître.Ces | grandes et nobles passions exercent ixne salutaire influence sur la carrière des véritables artistes.Ils j puisent dans leur amour même le désir et souvent la puissance de s’élever, pour se rendre dignes de la femme aimée.Il n’est pas douteux que la passion de Robert Schumann pour Clara Wieck doive être mise au rang de ces incidents heureux qui sont une date lumineuse dans la vie des grands artistes.Mais le tempérament mal équilibré du fils du libraire de Zwickau allait bientôt se révéler par de fâcheuses complications.Impatient d’acquérir une virtuosité exceptionnelle, Robert Schumann eu la malheureuse idée d’astreindre ses doigts à une gymnastique tout à fait anormale et qui prouve le danger des procédés mécaniques pratiqués sans modération et sans une extrême réserve.Schumann avait imaginé d’exercer quatre doigts de chaque main, et de contraindre le cinquième à l’inaction en l’attachant à un point fixe ; il produisit ainsi graduellement une telle fatigue des muscles que | l’énervement dégénéra en paralysie partielle.Sehu- ! manu dut renoncer complètement à l’étude du piano.¦ Ses doigts ankylosés, inertes, refusaient tout service.Il se voua dès lors exclusivement aux études d’harmonie, de contrepoint et de composition.L’esprit cultivé et la science esthétique de Schumann semblaient le prédestiner à la critique musicale, et en effet il ne tarda pas à tourner ses vues de ce côté.Passionné, partial, injuste même, dans ses appréciations sur le mérite de ses contemporains, Robert Schumann n’en acquit que plus d’autorité.La vaillance de sa plume, l’initiative audacieuse de ses doctrines groupèrent bientôt une écolo.Un ensemble d’adeptes se forma, comprenant les champions de l’école romantique, décidés comme Schumann à rompre avec les traditions des vieux mai très ; enthousiastes généreux, mais téméraires, dont les audaces théoriques valaient mieux que les œuvres.Quand on juge de sang-froid, avec l’impartialité facile de l’heure actuelle, ces réformateurs réunis en un petit cénacle, où Schumann s’était multiplié lui-même, sous plusieurs signatures fictives, de façon à donner l’illusion d’un groupe déjà nombreux, on aperçoit aisément ses côtés faibles, le vagabondage de l’inspiration, l’impuissance et la stérilité des rêveries trop prolongées, les aspirations flottantes vers un idéal mal défini, essayant en vain de se substituer aux lois éternelles et simples du beau.Ce fut en 1834 que Robert Schumann fonda sa revue sous le titre de Nouvel écrit périodique sur la musique.11 obtint d’abord un succès de curiosité grâce à sa polémique hardie et à la bruyante audace de ses attaques contre les anciennes formules scolastiques.Remarquons, à ce propos, que Schumann, grand admirateur des œuvres de Mendelssohn, s’est au contraire montré injuste et sévère pour les ouvrages dramatiques de Meyerbeer.Les compositions de la troisième manière de Beethoven avaient toutes ses préférences, et, à part quelques légères restrictions, il témoignait une vive sympathie aux compositions pour piano et aux œuvres vocales de Schubert.Les productions de Chopin et celles de Stephen Heller occupaient aussi une place à part dans ses préférences.Ajoutons que si la nature bizarre, le tempérament inégal de Schumann ont laissé des traces profondes dans l'œuvre de l’esthéticien, la sincérité de ses convictions n’a jamais été mise en doute; s’il s’est trompé, c’est toujours de bonne foi.Robert Schumann ne tarda pas à être atteint de crises nerveuses, combattues d’abord avec succès, mais oui devaient s’accuser avec une intensité plus vive, à j quelques années de distance.Cette prédisposition morbide, résultat d'un travail excessif et d’une tension trop grande de la pensée, réagit fortement sur le cer-veau du compositeur.L’esprit s’affaiblit à tel point que l’ancien étudiant d’Heidelberg, le philosophe ’ sceptique finit par accorder toute créance à la folie des tables tournantes et des esprits frappeurs.Véritable halluciné, Schumann prétendait, dans les dernières années de sa vie, se trouver en communication directe avec les esprits de Mendelssohn et de Schubert, et écrire sous leur inspiration les compositions tourmentées de sa seconde manière.Au milieu de l’année 1851, les crises nerveuses et les douleurs cérébrales dont souffrait depuis longtemps Robert Schumann devinrent plus fréquentes et plus violentes.Comme Beethoven, Schumann fut atteint d’un commencement de surdité ; sa parole devint embarrassée et pâteuse, et en 1853, Mme Schumann, espérant un résultat heureux des distractions d’un voyage, ! visita la Hollande avec son mari.Tous deux y furent accueillis avec une vive sympathie.Schumann reçut LE CANADA MUSICAL.149 l’hospitalité d’un compositeur hollandais, Verhulst (1), artiste de grande valeur, très lié avec Mendelssohn.Mais ce voyage ne fut qu’un court repos.De 1853 à 1854 l’état de Schumann ne lit que s’aggraver.L’exaltation fébrile, les surexcitations mentales devinrent si aiguës qu’il fallut le soumettre à une surveillance de chaque jour.Ses idées inclinaient visiblement à la folie et à la monomanie dir suicide.On évitait de laisser des couteaux entre ses mains ; on l’empêchait de rester seul auprès des fenêtres.Ces accès de délire intermittent se terminèrent par une catastrophe.Dans la nuit du 7 février 1854, Robert Schumann sortit de chez lui en robe de chambre pour aller se précipiter dans le Rhin.Sauvé par des bateliers, il ne devait plus retrouver la raison, paralysée avec le corps.Conduit dans une maison de santé près de Bonn, il y mourut fou le 29 juillet 1856.Il laissait après lui une admiration ardente et zélée, et de toirtes la ]1lus dévouée, celle de Mme Robert Schumann.* Cfrâce à elle, on peut dire que l’influence du compositeur et du réformateur s’est perpétuée sans interruption.Il faut honorer cette foi vivace, cette conviction profonde, cette fidélité par delà le tombeau.Clara Wieck, jeune fille, avait déterminé la vocation de Schumann ; devenue sa femme, elle a exalté son œuvre et l’a fait en quelque sorte survivre à lui-même.J’ai eu l’honneur de recevoir la visite de Mme Schumann lors de son dernier voyage à Paris, et je lui ai entendu exécuter chez Erard, Kreisleriana, les scènes de carnaval, et quelques autres pièces de son mari.La vogue n’était pas encore aux audaces harmoniques.Mme Schumann ne produisit pas tout l’effet qu’elle était en droit d’espérer.La faute en était peut-être au choix des morceaux, peut-être aussi au caractère particulier de l’interprétation.Comme virtuose, Mme Schumann réalisait le type le plus accusé de l’école de Mme Farreuc : précision, fermeté, accentuation sobrement colorée, mais par contre absence d’imprévu, manque de puissance communicative.Les portraits de Robert Schumann donnent l’impression d’une nature énergique.La tête est forte, les traits vigoureusement accusés n’ont rien de l’idéal rêveur et fantastique auquel font songer ses compositions.Le front développé, les yeux* au regard ferme affirment un penseur.Le menton à fossettes, la bouche grande, le nez aquilin, la lace entièrement rasée, complètent cet ensemble qui tient à la fois du philosophe, du rhéteur et du ministre protestant.Mabmontel.W A « AT K It JUGÉ PAR JACQUES OFFENBACH.Ce n’est pas impunément que les musiciens parlent musique.Rien n’est pour eux aussi difficile et aussi dangereux.Leurs nerfs délicats à l’extrême s’irritent de peu.On ne saurait croire combien il est aisé de froisser Pierre, Paul.et même Jacques.Que de fois n’ai-je pas vu Adolphe Adam qui faisait i en 1854, la critique musicale dans l'Assemblée nationale, ! (1) Mlle.Verhulst, pianiste d’une virtuosité transcendante, a été la pensionnaire de Sa Majesté Néerlandaise, à Paris, et j’ai « u l’honneur de la compter parmi mes élèves.se morfondre, à bout d'expédients, pour éviter de blesser ses confrères.“ Voilà où noxrs en sommes ! ” me dit-il un jour.Hier, je rends compte d’un opéra-comique, je comble l’auteur de louanges, et je termine mon article par ces mots C’est presque un chef-d’œuvre.” 11 m’écrit ce matin : “Votre article est parfait.Il n’y a qu’un mot de trop.” “ Vous croyez que c’était le mot chef-dVnvre?Ah! bien oui ! c’était le mot presque." Aussi me garderais-je de critiquer eu quoi que ce soit nos jeunes maîtres.Quelques-uns ont un' très-réel talent.Combien ils en auraient d’avantage s’ils avaient plus conliance dans leurs propres ailes ! Tous sont paralysés par cette tète de Méduse qui leur sert d’objectif: celle de Richard Wagner.Ils prennent pour un chef d’école cette individualité puissante.Les procédés nés avec lui mourront avec lui.11 ne procède de personne ; personne ne vivra de lui.Exemple merveilleux de génération spontanée : Richard Wagner, inscrit sur l’état civil du mont Par-! nasse “ père et mère inconnus,” n’aura pas de descendance.C’est une aurore boréale que l’on a prise poulie soleil.Ce noA'ateur est pétri dans un limon absolument I classique.Il commit à fond les anciens, lés maîtres ! féconds : les Hændel, les Bach, et surtout G luck.Je l’en félicite.Sans leur rien prendre, il s’est imprégné I d’eux.Wagner et ses adeptes représentent, nous dit-on, “la musique de l’avenir.” A quelle échéance placez-vous cet avenir?Voilà bientôt trente-cinq ans que Tanuhauser el le Lohengrin oui ou leur légitime succès.Où donc est leur progéniture ?Qu’ont-ils engendré ?Si Wagner était un chef d’école, son école serait en pleine splendeur.Je vois bien des compositeurs qu’il a troublés ; je n’en vois pas qu’il ait inspirés.Non, Wagner n’est pas un chef d’école.Depuis bien des années, on a représenté sur les principales scènes de l’Allemagne de soi-disant opéras “à la Wagner.” Demandez au public quels sont les titres de ces opéras, quels sont les noms île leurs compositeurs.On a fait exécuter à Munich, à Berlin, à Vienne quelques opéras de Wagner autres que ceux que j’ai nommés plus haut.Chaque tentative s’est laite au son des fanfares.Le triomphe a précédé l'œuvre ; il ne l’a pas suivi.Don Juan a été, lui aussi, froidement accueilli lorsqu'on l'a représenté pour la première lois a Vienne.L’empereur Joseph II dit à Mozart : “Votre opéra est sublime, mais ce n’est pas une pâture qui convienne aux dents de nos Viennois.” —“ Laissons-leur le temps de mâcher, Sire,” répondit le maître immortel.Un mois après, Don Juan lut acclamé.Je doute fort que le public, eut jamais les dents assez solides pour mâcher les œuvres tombées de la.plume de Wagner depuis une vingtaine d’années.Rossini avait un véritable culte pour Mozart.“Maître, lui demandait-on un jour, que pensez-vous de Beethoven ?—C’est le premier de tous les musiciens.—Et Mozart ?,—C’est le seul.” 150 LE CANADA MUSICAL.Je n’ose pas penser à la place que Eossini eût donnée à Wagner ; celle sans doute que Wagner donne à Rossini.Auber faisait un jour ses compliments à un musicien (que j’ai mes raisons de ne pas nommer), et sur ses succès et sur ses facilités.“ Que voulez-vous, lui répondit le compositeur; je siris forcé de payer comptant.Je n’ai pas le droit de tirer sur le public à trois mois de date.” La jeune école affecte un grand dédain pour les compositeurs français, pour tous les maîtres chanteurs, les mélodistes de tous les pays qui payent comptant leur popularité.C’est faire le procès de Don Juan, de Freyschutz, du Pré aux Clercs, de la Juive, de la Dame Blanche, de la Muette, des Huguenots de Guillaume Tell, etc.C'est condamner les adorables symphonies de Haydn, de Mendelssohn, les symphonies sublimes de Beethoven, dans lesquelles la mélodie déborde.11 se peut, puisqu’on l’assure, que tous ces grands maîtres, ne soient pas les musiciens de l’avenir.” Toujours est-il que depuis plus de soixante ans ces éphémères sont debout, toujouis acclamés, plus grands que jamais, grâce aux contrastes, grâce surtout à ce feu divin auquel Prométhée s’est brûlé les doigts, et que l’on appelle tout simplement le génie.Paris-Murcie.Impressions d’une Cantatrice, Citer Monsieur : Yotre demande m’embarrasse fort.Vous voulez que je vous dise immédiatement et dans une vingtaine de lignes ce que j’éprouve en chantant 1 Si vous m'accordiez l’espace de quelques années et d’une vingtaine de volumes, j’y parviendrais peut-être et encore n’en suis-je pas bien sûre ! Car je ne me suis jamais bien rendu compte de mes émotions dans ces moments-lù.Te sais seulement que quand mon nom est sur l'affiche je suis dès le matin très-préoccupée, nerveuse et agitée ; qu’au fur et à mesure que l’heure fatale de la représentation s’approche, la lièvre de rampe me gagne de plus en plus, et qu’au dernier moment, quand je m’apprête â quitter ma loge pour entrer en scène, il n’y a qu'un sentiment qui me domine : une peur affreuse.Les émotions pendant la représentation même échappent à mon analyse.Elles sont selon le rôle, selon le concours des artistes et de l’entourage, de nature si variée qu’il me serait impossible de vous les décrire.Il faudrait entrer dans des détails minutieux qui, si futiles qu’ils soient nous impressionnent néanmoins parfois très-fortement.Mais quand tout va bien, je sens, pour citer les vers charmants de l’Agnès, je sens : Des choses que jamais rien ne peut égaler Et dont, toutes les ibis que j'en entends parler, La douceur me chatouille, et là dedans remue Certain je ne sais quoi, dont je suis tout émue.Ah ! que c’est bien cela ! Parfois je ne sais plus ce que je suis, où,"comme notre librettiste de Mozart le fait dire au petit Chérubin.Non so piu cosa son, eosa faecio Or di foco, ora sono di ghiaccio.Si je pouvais vous chanter cela au lieu de vous l’écrire, vous me comprendriez bien mieux, cher mon- sieur ; car sans être présomptueuse, je crois pouvoir atous affirmer que je manie plus aisément et un peu mieux la voix que la plume.Agréez, cher monsieur, mes sentiments bien distingués.Adélina Patti.COIsTGEBTO.“ "Y oyez-vous, me dit mon cousin pendant que je cherchais un coin commode dans la loge pour m’y asseoir, moi, j’adore la musique descriptive.Chaque fois que j’assiste à ces Concerts populaires, je me garde bien de demander au programme le nom du compositeur ou le titre des morceaux.Je ferme les yeux, j’ouvre les oreilles, et je laisse mon imagination évoquer les scènes«décrites et contées par l’orchestre.C’est le vrai moyen de jinfer sans parti pris.Essayez de mon système et vous vous en trouverez bien.***11 se tut,j’écoutai curieusement pendant les premières mesures.C’étaient des arpèges clairs, sonores.Cela représentait à ne s’y pas tromper, un “ village au soleil levant.” Même, à certaines notes légères qui s’envolaient, je reconnus distinctement les brumes du matin bleuissant les lointains boisés.Ce fut l'alto qui commença de sa voix grave.11 avait l’air d’un chantre soûl.11 se dodelinait le long du chemin vert, branlant son triple menton en cadence et dodu comme une oie de Noël.Oh ! les beaux ronflements qu'il faisait ! Il avait l’air content de lui, le gaillard ! Mais le voilà qui rencontre le violoncelle.Oc dernier se met incontinent à lui pleurnicher quelque chose en sourdine.Ça devait être bien triste, car l’autre avait l’air tout matagrabolisé, mais quand ils se mirent à geindre à f unisson, je devinai tout de suite qu’il s’agissait d’une querelle de mécage.Je ne me trompais pas.Voilà cette pimbêche de clarinette qui vient s’en mêler, et qui se met à parler du nez comme une commère normande.Elle envenime la querelle de son mieux.Us causent tous trois ensemble, puis le violoncelle à l’air de l’envoyer promener ; mais elle s’obstine.Tout à coup une note de cor s’élève.—Est-ce une chasse qui débouche ?Non.C’est mon voisin qui se mouche.Ce n’est pas dans la partition.Rayons cette note de nos impressions.Je ne sais ce qui s’est passé pendant que je faisais cette réflexion, mais la petite llûte a l’air vexé.C’est bien l'instrument le plus taquin ! La voilà qui commence à narguer le premier violon.Elle répète tout ce qu'il dit, seulement elle part deux mesures en retard pour l’embrouiller.Cela dure comme ça une bonne minute, puis la contre-basse se met à grogner qu’elle en a assez.Il va encore y avoir du grabago ! La petite llûte est rageuse.Elle ne veut pas en démordre.Elle jacasse à tort et à travers.Heureusement tous les violons lui tombent dessus à la fois avec des huées.—On dirait des rafales de vent.Décidément ça se gâte.Plus moyen de s’entendre.Tout à coup dzing ! ! ! Ce sont les cymbales qui éclatent comme le tonnerre.Il se fait un grand silence.Je me dis: enfin, ils ont I trouvé leur maître ! Nous verrons bien si un seul { osera protester ! LE CANADA MUSICAL.151 .L’orage passé, comme un lapin tapi qui montre une oreille et risque un coup cl’n il, voilà cette enragée de petite ilûte qui essaie de filer un son,—mais on voit qu’elle n'en mène //as large.Elle fait: “ Tiou, tiou ! puis se tait.“ Dzing !—Nouveau coup de tonnerre des cym-lales, comme pour dire : “ qui ôse élever la voix ici ?” Nouveau silence.—Nouveau “ tiou, tiou ” de la petite flûte qui s’enhardit.“Dzing !•—tiou, tiou !—Dzing !—Tiou.tiou”—Ah çà ! est-ce qu’ils ne vont pas bientôt finir ?Quelle entêtée que cette petite flûte ! Elle tient à dire le dernier mot.Les cymliales qui sont les plus fortes, devraient être les plus raisonnables et céder à ce roquet là.—Mais pas du tout.Voilà que le mauvais exemple gagne les autres instruments.Ils protestent timidement d’abord.Puis ça va crescendo.Ils ont l’air de dire aux cymbales : “ A bas ce tyran, qui veut nous faire taire ! Il voudrait qu’il n’y en eut que pour lui !” Les cymbales s’obstinent.Tout à coup le chef d'orchestre fait un grand geste, comme un génie puissant qui donnerait le signal d’une conflagration générale.Les voilà tous qui se mettent à hurler, sillier, tonner comme ces malheureuses cymbales, (’os dernières cognent à tour de bras.Tous les sons de 1 orchestre semblent se ruer contre elles : les violons ont la danse de Saint-Guy, le chef d’orchestre est piqué de la tarentule, le saxophone mugit comme un troupeau de bumfs.Us s’encouragent l'un l’autre: “A bas les cymbales ! Courage ! Elles céderont ! Les pauvres cymbales essaient de tenir bon pendant une minute, mais à la lin elles prennent la partie d’aller se coucher, et le calme se rétablit au milieu des applaudissements de la salle entière.C’est très drôle,cette petite machine là, dis-je à mon voisin, qui paraissait tout.ému.Comment ç s’appelle-t-il ?” —Ça me répondit-il,d’une voix grave c’est L'IIi/mne à la douleur de Mendelssohn, et ce n’est pas très-drôle c’est Très Beau.Mossieu ! *4,.*J’en ris encore comme une petite folle.L’Orgue (le Saint-Nicolas a Fribourg.- .I La musique de l’orgue de Saint-Nicolas est connue aujourd’hui de millions de touristes.Cet instrument, le chef d’œuvre de Mooser.compte soixante-quatorze registres et près de huit mille tuyaux, dont quelques uns ont dix mètres de longueur ; sa supériorité incontestable est dans l’art consommé avec lequel il imite le bruit de la tempête et les voix humaines.Achevé en mil huit cent trente-quatre, il a pu saluer de sa grau- ! diose harmonie la pompeuse inauguration de la voix aérienne qui, à la même date, reliait les deux collines de Fribourg.Tous ceux qui, à la tombée de la nuit, sous les voûtes à demi obscures de la ne! fantastique, j ont entendu résonner ces puissants soulllets de metal, en garderont une ineffaçable impression.Ecoutez : c’est d'abord le train de vie d’une paisible vallée où, sous la houlette des pâtres songeurs, paissent les troupeaux aux clochettes argentines; les sources murmurent les oiseaux gazouillent, cl une douce brise vous envoie au visage ses ellluves odorants.Puis, peu a peu, le feuillage s’agite ; les bêtes de 1 air se mettent a voleter d’un air effaré;-les vaches inquiètes aspirent le vent, ¦ comme c’est leur coutume à l’approche d’un danger.Le berger se réveille de son rêve paresseux au bruissement sinistre qui emplit la vallée ; des tourbillons de poussière, avant coureurs de la tourmente, s’élèvent sur les chemins.Déjà les bouleaux s’inclinent sous le souille d'orage ; un instant après les grands sapins craquent et se brisent au sommet de la montagne.L’ouragan se déchaîne dans toute sa furie; les éclairs jaillissent des lourds nuages, le tonnerre gronde : il vous semble que la tempête vous atteint, que les sitllements du vent et les éclats redoublés de la foudre circulent sous les arceaux mystérieux de la cathédrale ébranlée et tremblante.Malgré soi, on frissonne et on courbe la tête comme pour laisser passer la tempête.Quel est donc le Borée qui souille de telles choses dans sa grande machine ?La terre, les mers, tout lui appartient.Le voici qui fait mugir les vagues, comme il a lait hurler les forêts ; c’est bien le.vaste océan en courroux ; vous en reconnaissez le verbe formidable.Puis, sur un signe de ce même organiste qui régit là-haut les quatre éléments, la tempête décroit ; alors d’une chapelle isolée, au bord de quelque lac helvétique, s élève un chœur de voix féminines qui supplient le ciel d a-paiser ses colères.( >h ! les suaves accords que ceux qu’à ce moment perçoivent vos oreilles.Quelle expression nette dans cet hymne de détresse, et qu il serait facile de l'écrive ! Ea nature s’émeut à ces accents ; le tonnerre s’éloigne de plus en plus ; bientôt, il a cesse ses menaces.La lumière revient, tout se rassérène, et sous le branchage, d’on parlent les dernières gouttes de pluie, les oisillons se remettent a chanter.Lyre d Or-{ pliée, c’étaient là de tes miracles.JUMCS GoUKDAUIiT.CONCERTS DE CHAMBRE.A lin de propager le goût de la musique et.de donner à ceux qui se consacrent a 1 étude de 1 art musical, l’occasion d’entendre dans les meilleures conditions possibles, les œuvres des grands maîtres, j’ai conçu l’idée d'organiser une série de trois Concerts composés des chef-dVeuvres des compositeurs les plus illustres.Ne voulant rien épargner pour assurer le succès de ces Concerts, j’ai réussi à obtenir le concours de Mous.C.Lavallée, de plusieurs artistes distingués de cette ville pour la partie vocale et instrumentale et d'un Violoncelliste de Boston, afin de pouvoir rendre les œuvres suivantes : 4nu* Trio, Piano, Violon «‘t \ iolomvllc.Trio **n nt mineur, do .Quintette, Piano, 2 Violons, Alto et N iolonecllc.Quatuor, *2 Violons, Alto et Violoneolle.Ott.tto, I Violons, 2 Alto» et 2 Violoneolle»- Ottetto, (No.3,) do Concerto pour Violon.Concerto “ .Concerto 44 .ltuff.Mnuklssohn.Schumann.,.Schulrrl.Mcwlclssithn.h, S j toh r.,.Jiathovcn.,.Mar J! ru ch.M' inlclssohn Ces concerts auront lieu très prochainement à la Salle Nordheimcr, à deux semaines d'intervalle entre chaque.Le prix de l'abonnement à la série est de $2.75 pour un siège réservée.$5.00 pour deux sièges réservés, $8.00 pour quatre sièges réservés, pour les trois Concerts.Si vous êtes disposé à encourager cette entreprise, 152 LE CANADA MUSICAL, ¦e—?1=q=3 H—.» fc=e 0—» -Xb-IA *5 ifcE*3 ! ••-•?« Ézt-V •t^#-rj; a-ai-ii V— cress.j£j£5r: I*—* a^jgs LE CANADA MUSICAL.153 ¦:—o -a> -! *___ *-« T± 1 S ÿt?f TT tp- «—0— ¦y g: * j»;' *-**-
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