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Titre :
Le Canada musical : revue artistique et littéraire
Canada musical rapporte des nouvelles du domaine de la musique en provenance du Canada et de la France. Elle met particulièrement en valeur la carrière de jeunes musiciens tels Emma Albani, Frantz Jehin-Prume, François Boucher et Oscar Martel.
Éditeur :
  • Montréal :A.J. Boucher,1866-1881
Contenu spécifique :
lundi 1 décembre 1879
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeur :
  • Boucher et Pratte's musical journal
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Références

Le Canada musical : revue artistique et littéraire, 1879-12, Collections de BAnQ.

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iu.;‘.-wi-i».i.i:-ii.v|iil,i»-.[P •' -¦> 111 1 asSiiaaas ii.¦ - ¦ H'MMi MHNw LB CANADA MUSICAL Revue Artistique et Littéraire PARAISSANT LE PREMIER DE CHAQUE MOIS.6e.Année.No.8 ' "" 1 ' • ' : ¦ ' ' 1 Un Morceau de Musique accompagne chaque Numéro.«SlBUffl 1er Décembre 1879.m m A.J.BOUCHER Editcnr-Proprictnire No.280, Rue Notre-Dame MONTREAL.i-;; i ! JH .m | .ii.'v'j ' II11 i'/l ^i'I ''y' ¦ " lll'.i mjl.ll,!! I Itfl |I'|,, „ jj; ,, , k SOMMAIRE._____Calendrier et Guide des Organistes et Directeurs de Chœurs pour le mois de Décembre-Janvier.Festival Gounod à Anvers.Pinafore en miniature : Coup (Vieil derrière la scène—Formation de la troupe Murphy.LaStc.Cécile à Montréal.Musique: VArbre de Nord, légende, musique île L.Clapisson.Le Chansonnier des Ecoles, deuxième édition.Notices biographiques concernant divers musiciens célèbres : Jiœhm, Boieldieu, Eordèsc, Bouleau, Xcldy, Braga, Brahms, Brassin, Brie, Briccialdi.Correspondance de Québec.Nouvelles artistiques canadiennes.Naissances.Décès.Abonnements reçus dans le corns du mois.Orgues Alexandre.tFSKff» Abonnement: $1.00 par an, payable (Vavance./Ocls.le numéro séparé.Imprimé par J.137 Lai-lante, 245, Rue St- Jacques, Montréal. 114 LE CANADA MUSICAL.Et Guide de Calendrier Mensuel Organistes et Directeurs cle Ghceurs, pour les Offices des DIMANCHES ET FETES.DECEMBRE.— ( Cou tin m’.) DATES.FÊTES RELIGIEUSES.ÉPHÉMÉRIDES MUSICALES ET NATIONALES.10 M.Ste.Kulalic.(40 b.St.Ambroise.) Première représentation de la Dump Blanche de Boièldicu, à Paris, 18 i5.11 J.St.Damasc.Naissance de Berlioz, à Côte St.André, 1805.Première représentation de Maître Pathelin, do Bazin, 1856.12 V.St.Corentin.(40 b.Laeliine.) 13 S.Stc.Lucie.Début de Madame Catalani à l’Opéra Italien, 1S09.14.D.|||e de l’Avent.(40 b.Asile Si- Joseph de Montréal.) Semi-double.(17.) Messe de l’Avent, avec orgue.1res.Vêpres de l'Octave de l'immaculée Conception, (282.) Mémoire du Dimanche, Beata, (75,) v.Borate, (67) 15 L.St.Valérieu.Grand festival musical, à la Salle St.Patrice, Montréal, par des amateurs j Canadiens-Français, à l’occasion du centenaire do Beethoven, 1870.16 M.St.Eusèbe.(40 b.St.Félix île Valois.) Naissance de Boieldieu, 1775.17 M.St.Lazare.Naissance de G.II.1 louer, à St.Denis, 1815.18 J.Expectation tic la B.Y.M.(40 h.Pointeaux- trembles.) Naissance de Cari Maria von Weuer, 1786.19 V.St, Némèse.Première représentation du Chalet, d'Adolphe Adam, à Bruxelles, 1834.20 S.St.Dominique,Ev.(40 b.Coteau St.Louis) Naissance de Léopold de Meyer, à Vienne, 1816.21.D.Ve de l’Avant, Semi-double.(17.) Messe de PAvent, sans orgue.1res Vêpres de St Thomas.(290.) Mémoire du Dimanche, O Oriens, (77,) v.Borate, (G7.) 99 L.St.Thomas, Ap, (40 h.St.Télesphorc.) Naissance de Franz Abt, à Eilenburg, 1819.23 M.Ste.Victoire.Première représentation de la.Juive.d'Halevy, à Bruxelles, 1835.24 M.¦ Ste.Tarsille.(40 h.Ecole Normale de Montréal.) Naissance de Sir Jules Benedict, î\ Stuttgart 1804.# ‘ 25 J.Noel.D'obligation.Ire classe, avec octave.(29 et 32.) Messe Royale harmonisée, ou Messe de Noel du Révérend M.Perreault.2des Vêpres du jour, (87.) Mémoire de St.Etienne, Stephanas, v.Gloria, (91.) Alma, v.Post partum.Bénédiction.20 V.St.Etienne.(40 h.St.Antoine Abbé.) Naissance d’Albert Grisar, à Anvers, 1808.27 S.St.Jean, Evangéliste et Apôtre.Premier concert de Liszt, à Berlin, 1841.Naissance de Mozart,à Salzbourg, 1756 28.D.Les Sts.Innocents.(40 h.Chertse//.) 2de.classe.(38.) Messe de Seconde Classe.Vêpres indiquées 95 et 96.Mémoire do St.Thomas, Iste Sanctus, v.Gloria, (504.) Puis les autres Mémoires de Noël, (St.Etienne et St.Jean, indiqués 97.) Bénédiction.29 L.St.Thomas de Cantorbéry.Naissance de D.F.E.Auber, à Caen, 17S2.30 M.Ste.Barbe.(40 h.Ste.Melanie.) •Naissance de Etienne Soubrc, à Liège, 1713.31 M.St.Sylvestre.Naissance de Madame Miolan—Carvalho, à Marseille, 1827.1880.Consacre a la Sainte Enfance de Jesus.JANVIER.• Janvier à été ainsi nommé du nom do .faints Ce mois a 31 jours.!.J.La Circoncision de N.S.J.C.D'obligation, (40 b.Noviciat île &it.Yiateur.) 2dc.classe.(44.) Avant la messe, chant chant du Veni Creator.Messe du Second Ton harmonisée.2des Vêpres du jour, (102.) Mémoire de St.Etienne, Stephanas, (91,) v.Stephanas, (1(1)5.) Bénédiction.2 V.St.Adélard.“ La Fantasque ” saisi à Québec, 1838.3 S.Stc.Geneviève.(40 h.Sém.de Stc.Thérèse.) Naissance de G.B.Pcrgolèse, 1710.4.D.Octave des SS.Innocents.Double-majeur.(44 ou 38.) Messe des Doubles-majeurs.2des, Vêpres du jour, (107.) Mémoires indiqués 108 et 109.L.St.Siméon Stylitc.(40 b.Coll.Bourget, Inauguration du nouvel Opéra, à Paris, (Charles Garnier, architecte,) 1875.Rigaml.) 6.M.L’Epiphanie D’obligation.1ère.classe, avec octave.(45.) Messe Royale.2dcs.Vêpres du jour, (113.) Bénédiction.Naissauce de Sigismond Thalberg, à Genève, 1812.Naissance de Hans de Bulow, à Dresde, 1830.Première représentation de Jocondc, de Nicolo, à Bruxelles, 1S15.7 1 M.St.Lucien le Syrien.(40 b.Berliner.) S ! J.1 Ste.Gudulc.9 | V.j St.Julien (40 b.St.Laurent.) m Musical.Le Canada VOL.G.] MONTREAL, 1er DECEMBRE 1879.[No.8.Le prompt règlement de l'abonnement au “Canada Musical" pour l’année courante, (Mai 1879-80,) échu le 1er Mai écoulé, nous obligera.Ed.C.M.FESTIVAL GOUNOD A ANVERS.Cette solenmité artistique est et restera l’événement musical le plus brillant rie l'année 1879 en Belgique.Rarement, nous n’hésitons pas à le «lire, nous avons assisté dans notre pays à une i’ête plus intéressante et mieux réussie.C’est un succès sur toute la ligne.Parlons-en avec quelques détails.*** Et d’abord demandons-nous d’où est venue l’idée de célébrer dans notre métropole commerciale la fête patronymique de l’illustre compositeur dis.Gounod ?C’est la conséquence de l’alïection véritablement populaire qui entoure le grand maestro dans tous les rangs de la population anversoise.Chacun sait que son Polyeucle 11’a pas obtenu à Paris un triomphe complet.Le sujet de l’opéra était trop déiste, tranchons le mot, trop chrétien.Voir mourir en scène un martyr de la Foi catholique à une époque comme la nôtre, où le sensualisme trône en maitre souverain dans Paris, cela ne pouvait plaire au public de cette ville; et M, Gounod a eu beau y intercaler un ballet des plus provaricateurs, rien 11’y a lait.Polyeucle n’a été qu’un demi-succès.Nous 11e rappelerons pas dans quelles circonstances l’opéra a été mis en scène à Anvers, ni comment, poulie bonheur des nombreux dilellanli que renferme cette cité, le Néron de Rubinstein, œuvre à colossales prétentions, mais plus bruyante que mélodique, a fait place à la partition de M.Gounod.Bornons-nous à constater que le Polyeucle a parfaitement réussi sur les bords de l’Escaut, qu’il est parvenu à empoigner les masses, comme on dit en style de grande musique, et que l’auteur s’y est vu acclamé et couronné de lauriers comme il ne l’avait jamais été dans sa propre patrie.De là, la promesse faite il y a un an, de la part de la Société royale de la Grande-Harmonie d’Anvers, et de celle de la Société de musique, de prêter leur concours complet à un festival que M.Gounod viendrait diriger lui-même et dont la date, d’un avis commun, fut fixée, dix mois d’avance, à la Saint-Charles, 4 du mois de novembre, fête de l’auteur.Un mot maintenant des organisateurs de la fête.Bien que Bruxelles et Anvers soient distantes à peine d’une heure de chemin de fer, j’étonnerai beaucoup d’habitants de notre capitale en leur apprenant que Y Harmonie Royale d’Anvers possède non pas une, mais trois salles de concerts, dont la plus grande surpasse en dimensions toutes celles du pays.Le nombre ! des sociétaires s'élève à plusieurs milliers, et, ce qui est digne d’éloges; c’est que la politique est exclue de la Société que les locaux d’hiver comme celui d'été cons- tituent des terrains neutres sur lesquels toutes les opinions peuvent loyalement se donner la main.Bravo, messieurs les Anversois ! Que 11’en est-il dans toute la Belgique comme chez vous ! Vous donnez un grand exemple, sur lequel je serais bien heureux de m’étendre dans cet article, si je 11e craignais déjà de l’allonger outre mesure.L’Harmonie d’Anvers, continuant les excellentes traditions musicales Belges de 1830 à 1840, possède en-coie bon nombre d’amateurs dans les rangs de ses exécutants, pour l’harmonie, pour la symphonie et pour les chœurs.Nommer M.Alphonse Le Maire, son excellent chef d'orchestre, c’est rappeler les nombreuses médailles d’honneur que ses vaillants choristes ont remportées dans les concours d’exécution de France et de Belgique.Le président de la Société est M.le Notaire D’Ha-nis, d’Anvers (1) Mais la phalange artistique a son président spécial pour elle, M.Van Hal, l'amateur distingué à qui M.Gomiod vient de dédier un Andante pour grand orchestre.A côté des éléments artistiques fournis par la So-ciélé Royale de VHarmonie sont venus se grouper ceux organisés par la Société de Musique.La renommée de celle-ci n’est plus à faire.Bruxelles la connaît pour l’avoir entendue et applaudie dans ses murs.A Anvers, depuis plusieurs années, elle a monté des exécutions dont le retentissement s'est fait bien au-delà des frontières de notre Belgique.Le comité organisateur se composait de M.Charles Gounod, président d’honneur, Mme.L.De Wael, présidente, M.Ford.Van Hal, président, et de six autres membres.Un comité spécial de dames comptait IG dames et un comité de Messieurs, 19 membres, parmi lesquels MM.Pierre Benoît et Alphonse Le Maire.Ces deux artistes avaient pour répétiteurs, en sous ordre, MM.Gustave Huberti et Henri Possoz.Voici les noms des solistes : Soprano : Mlle.A.Biemans.Contralti : Mmes, de Give et Amanda Schnitzlér- Selb.Ténor : M.Du Chesne, de l’Opéra-Coinique de Paris.Baryton : M.John Bonhivers.5 dames pianistes remplaçant les harpistes qui faisaient défaut.Pianiste accompagnateur : M.Mordach.Nombre total des sopranis, 17G.Alti : 114.Tenori : 63.Bassi : 105.Premiers violons : 20.Seconds violons : 20.Violes : 15.Violoncelles et basses : 30.Ensemble, avec tous les instruments de bois et de cuivre dont l’énumération serait trop longue, G00 exécutants. 116 LE CANADA MUSICAL.Pendant plusieurs mois, bien que M.Gounod n’eût choisi aucun texte flamand pour devenir le canevas de ses inspirations musicales, M.Benoît a consenti à préparer ces grandes masses avec le concours habile et dévoué de M.Alphonse Le Maire.Nos lecteurs le savent, le programme, divisé en deux parties, se composait : lo.De la Messe du Sacré-Cœur, sans graduel ni offertoire, mais précédée d’une Marche religieuse et suivie d’une adaptation chorale et symphonique au 1er prélude pour orgue de J.J.Bach ; 2o.Un entr’acte symphonique de Philemon et Baucis, un duo et une simple mélodie avec orchestre, deux morceaux symphoniques(andanle, dédié à M.Yan Hal, et Marche funèbre d'une Marionette) ; enfin une mélodie, le Vallon, très connue en Belgique, et le troisième acte et le finale du premier acte de Sapho.Ce programme doit être étudié à deux points de ; vire, à celui de la composition et à celui de l’interpré- j tation.Commençons par le premier.La Marche religieuse \ a un caractère sévère et imposant.Nous en préférons, ! mélodiquement parlant, le trio.Cependant, nous ne ! le cacherons pas, il y a dans ce trio plus de religiosité i que d’onction vraie.M.Gounod s’est involontaire- j ment représenté qu’il écrivait, en ce passage, irn effet de marche religieuse pour le théâtre.Donc, prise en soi, là mélodie en la b est suave, caressante, produite par ; ce bel élan d'inspiration qui est familier à l’auteur de Faust.Mais, pour l'Eglise, quand on se rappelle les formes acceptées de l’art sacré, on trouve que le commencement et la fin de la marche valent mieux que le milieu.Somme toute, nous mettons en plus haute ligne la Marche nationale de Pie IX, dans laquelle un souffle plus chaud, plus relevé, se révèle du commencement à la fin.Mais où est-il ce beau temps où les musiques pontificales, toutes réunies sur la place de Saint-Pierre du Vatican, entonnaient leur hymne patriotique devant le grand Pontife de l’immaculée Conception, en présence de cinquante mille fidèles prosternés sous la bénédiction du successeur de Pierre ! ! ! Gounod y fut présent.Ce splendide souvenir n’est, point sorti de son âme ! .Te ne m’étonne point de ce que la Marche de Pie IX soit plus belle que celle qite nous venons d’entendre à Anvers.Arrivons à h.Messe du Sacré-Cœur.L’auteur ne cache à personne que cette messe est un ex-voto.Il s’était brisé le bras.11 a cru, comme la France catho- 1 lique le croit, qu’une œuvre composée en l’honneur du ; Sacré-Cœur serait efficace pour le guérir de son accident.Il l’a cru, et nous l’avons vu dirigeant sa messe de ce bras, aujourd’hui guéri, dont il avait tant désespéré il y a quelques années.C'est que Charles Gounod est un franc et loyal catholique, et qu’il ose proclamer hautement ses convictions.Et cette franchise l’honore, et en Belgique, comme en Angleterre, elle lui vaut l’estime môme de ceux qui n’ont pas le don de notre foi.La Messe du Sacré-Cœur réalise un programme que bien des compositeurs qualifieraient d’insoluble.A part le quartette du Benediclus, elle ne contient ni solo, ni duo, ni effet quelconque de virtuosité.Au xive et air xve siècles, à supposer que latransitoniede Monteverde et, après elle, la richesse de la facture symphonique eussent été découvertes, on l’eût décorée du titre de canonique, c’est-à-dire de correcte au point de vue de la liturgie.En effet, elle ne procède guère que par des effets de chœur et d’ensemble.Et aujourd’hui même, en Angleterre, où certains rigoristes proscrivent tout solo, sans savoir qu’il y a six cents ans les fameux groupes neumatiques eussent été impossibles en chœur, ce chœur, fût-il même chanté en unisson, aujourd’hui à Londres, dis-je, la Messe du¦ Sacré-Cœur sera doublement admiré par les catholiques à cause de la qualité dont je A'iens de parler.Le Kyrie a une forme un peu pastorale, un peu légendaire.Pour nous, gens du Nord, l’effet de ce morceau eût gagné si M.Gounod, en le dirigeant, lui avait donné un mouvement plus lent, plus solennel.Le Gloria, dont le rhythme initial en trois temps a été plus grave au concert qu’à la répétition de dimanche dernier, commence en conformité absolue avec les traditions du Nouveau Testament.Oui, c’est bien là le chant doux, suave, céleste des anges venant entonner au-dessus de la Crèche de Bethléem : Gloria in excelsis Deo ! Fax hominibus Bonœ voluntatis.Toute cette composition, inférieure cependant à d’autres semblables du même maître, a un cachet de spiritualisme bien accentué, de conscience dans l’œuvre, de contraste et de gradation, de grandeur vraie.Elle sort des brisées ordinaire de l’école et des formes un peu trop acceptées commes définitives.Le passage Domine Jili uni genite devra toujours être interprété avec prudence, sans précipiter le mouvement, sous peine de friser le rhythme du pas redoublé, ce que ne manqueraient pas d’adopter les orchestres de province peu disciplinés ou peu pénétrés de la majesté du lieu saint.Le Miserere nobis ne nous a pas paru musicalement se rattacher à la phrase à laquelle il appartient, liturgi-quement parlant.La fugue finale non sur le Cnm Sjiiriti, mais sur le in Gloria Dei Patris, est solennelle, pas trop longue, imposante.Elle conclut bien.Peut-être gagnerait-elle encore à être dite dans un mouvement un peu moins lent.Somme toute, le Gloria est fort beau.Traité comme il l’est, sans un seul chant solo, ni duo, ni trio, il prouve les ressources magiques que le génie de l’auteur a constamment à sa disposition.Pour nous, le Credo est le chef-d’œuvre de la messe et l'une des plus belles choses qui soient sorties de la plume de l’auteur.Il commence, après une phrase en style de plain-chant harmonisé, par un effet énergique qui continue s'en désemparer jusqu’à la partie descriptive du Symbole.Nous n’y objecterons qu’une chose.Pourquoi en effet piano, quasi, pianissimo, sur les paroles et invisibilium, dont la phrase musicale est déjà posée en forte sur les deux mots qui précèdent?Tout ce qui suit alors est écrit en notes, pour ne pas dire en lettres d’or.L'incarnat-us, Y homo factus, le Crucifixus sortent d’une plume éminemment croyante, pleine de la vérité de nos mystères sacrés, et qui épanche les sentiments de son âme dans les cœurs des fidèles avec une onction, une pureté dignes de Fra Angelico ou du divin Marcello.La partie dogmatique qui termine le texte sacré du Credo reprend ensuite le cachet de grandeur du commencement et conduit à une conclusion toute différente de celle adoptée par la plupart des maîtres. LE CANADA MUSICAL.117 L’œuvre se termine morendo, doucement, finement, sans fugue, ni effet d’imitation, pour aboutir au fragment de plain chant dont nous parlions plus haut.Ici la phrase gagnerait en effet et en brio si M.Gounod transposait toutes les mesures à une quarte plus haut.L’accord finale serait alors dans la dominante générale de la partition.Au mot Confiteor l’auteur a eu une distraction prosodique.L’accent tonique doit porter sur la syllabe fi et non sur celle te qui suit.Au témoignage cle tous les compositeurs, un bon Credo est le morceau le plus difficile à écrire en matière de musique religieuse.M.Gounod en est sorti cette fois avec gloire.D’après nous, son Credo peut être donné comme modèle à tous ceux qui voudront sérieusement s’essayer dans l’art sacré.L’abondance des matières nous force à condenser notre travail.Le commencement du Sanctus est loin de valoir celui de la Messe de sainte Cécité.Cependant aux mots Pteni sunt Cœli, une phrase caractéristique vient subjuguer l’auditeur.On y reconnaît de suite la griffe du maître.Le quartette du Benediclus, dialogué avec le chœur, est un petit bijou.Il est d’une finesse et d’une élégance ' attiques.Il a ravi le public.Après cela le Hosannah est travaillé d’une manière neuve et tranche admirable- ! ment avec les Hosa?mah bruyants et tapageurs de la plupart des messes modernes.L'Agnus Dei rappelle un peir trop celui également j à unisson que Verdi a écrit pour la messe funèbre du i poète Manzoni.L’épilogue de la communion est une page orchestrale d’une rare distinction.Mais elle a le tort de ne pas se trouver à sa place dans une messe avec la- j quelle ni Jiturgiquement parlant ni mélodiquement elle n’a rien de commun.C’est un petit chef-d’œuvre de religiosité, mais ce n’est pas religieux dans le sens I du mot.Disons enfin que la Messe du Sacré-Cœur ne portera dignement son nom que lorsque M.Gounod l’aura complétée par un Graduel .et un Offertoire propres.L’auteur a.reconnu, du reste, que ces deux numéros manquent encore au parachèvement de sa partition.Avec le Prélude de Bach, transformé cette fois en médiations pour chœurs et orchestre, mais que nous préférons soirs la forme première dAve Maria en sextuor pour soprano et instruments par M.Gounod, s’est terminée la première partie du concert.Nous nous occuperons plus loin de l’interprétation, tant de la première que de la deuxième partie du programme.*** Sur la deuxième partie nous pourrons être sobre de j détails.Nos lecteurs connaissent le programme.Presque tous les numéros sont connus des artistes et des amateurs.Faisons, le plus grand éloge d'un charmant duo Par une belle nuit, pour soprano et contralto avec orchestre.C’est ravissant de simplicité, de fraîcheur et d’élégance.L 'Andante orchestral dédié à M.Van Hal n’est pas le chef-d’œuvre du maître, mais il prouve son habileté dans l’art d’écrire et l’expérience qu’il a des bonnes traditions classiques.La Marche funèbre d'une Marionette est une fantai- | sie des mieux réussies et que le public a accueillie de telle façon que M.Gounod a eu la gracieuseté’ de la répéter, au grand plaisir de l’auditoire.Le Vallon, mélodie accompagnée au piano par M.Gounod lui-même, et le Soir, transcription d’un superbe fragment de la partition de Sa/dio, sont sur le pupitre de tous les chanteurs belges.Cos œuvres sont tellement populaires chez nous, qu’il est inutile de nous y arrêter.Le 3e acte et le finale du 1er acte de Sa/dio ont terminé le concert.Il y a là des pages sublimes d’une grandeur dantesque et dont l'effet ne pouvait manquer d’être immense.Nous ne regrettons qu'une chose, c’est que pas le moindre fragment du Tribut de Zamora ne soit venu surprendre le public anversois et le préparer au succès que ce nouvel opéra semble promettre à l’auteur de Faust, de Roméo et de la Reine de Saba.L’exécution de tous les morceaux du festival a été splendide et nous nous sommes senti fier d'etre Belge en présence d'une pareille valeur dans le monde des artistes et des amateurs anversois.Du reste, au concert même avaient disparues certaines petites imperfections que la répétition générale de dimanche dernier avait mises en évidence.Parmi les solistes, après avoir rappelé les mérites brillants de Mlle.Biemans et de Mme.De Give, dont maintes fois nous avons déjà eu à faire l'éloge, citons avant tout Mme.Schnitzler-Selb, dont lu talent exceptionnel, c’est le mot, égale la voix brillante, aussi unie qu’étendue.Pianiste de premier ordre, cette dame vient de se révéler comme cantatrice hors ligne.Nous n’hésitons pas à dire que c’est une artiste accom-, plie.M.Duchesne,de l’Opéra comique de Paris, n'a pas du tout la note classique.Son organe est fort beau, mais nous nous demandons pourquoi, avec ces dons naturels, il faut en diminuer les mérites par des chevrotements et des tremblements que nous considérons comme l’antipode du sentiment vrai.Félicitons M.Bonhivers sur sa • belle voix de baryton et sur le parti qu’il en tire.Disons qu’en somme les solistes ont justement mérité les bravos que le public leur a prodigués.Et maintenant addrcssons toutes nos félicitations aux chœurs et à l’orchestre.Nuances, justesse, aplomb, ensemble, tout y était, et MM.Benoit, Le Maire, Huberti et l’ossoz doivent être liers des masses qu’ils sont parvenus à si bien discipliner.Un seul petit regret : pourquoi ne pas avoir tenté l’impossible pour s’assurer au moins deux ou trois harpistes ?Il nous semble que la chose était réalisable et l’elfet musical y eût grandement gagné.*** A une solennité de cette importance, et dont l'éclat rejaillira à l’étranger non moins sur la Belgique que sur l’illustre Gounod, il fallait un épilogue digne de tout le reste.A l’issue du concert M.Gounod a été gratifié du don de son portrait, peint par M.Verlat.d’Anvers, de plusieurs couronnes et d’une splendide cassette contenant une adresse des sociétés organisatrices, imprimée en caractères du musée Plantin-Moretus.D’autre part, la veille du concert, le conseil 118 LE CANADA MUSICAL.communal, réuni d’urgence, avait décider de donner le nom de Gounod à l’une des nouvelles rues de la ville.Enfin, mie société de bienfaisance sera créée à Anvers pour un hospice au profit des artistes musiciens malheureux ou infirmes.Une deuxième exécution du concert aura lieu dimanche prochain.M.Gounod la dirigera encore lui-même, et le produit total de la recette servira, comme l’a dit l'illustre maestro, de première fondation à l’édification de l’hospice.*** Heureux artiste, objet de tant et de si justes éloges ! Heureuse Belgique ! Heureuse ville d’Anvers surtout, où tant de choses artistiques savent s’accomplir avec de l’Union et de ta Force.Pourquoi faut-il que demain nous rentrions dans le terre-à-terre de nos tristes luttes religieuses et politiques, quand il suffirait, de la volonté de quelques-uns pour nous laisser un peu de calme et nous permettre de prouver en 1880 ce que fi s Belges peuvent réaliser quand ils le veulent bieu ! ! ! d'X.Pintifore en miniature.Coup d'œil derrière la scène—Formation de la troupe “ Murphy." (Traduit pour le Canada Munirai.) “ J’attendais le convoi pour me rendre à Cleveland, le printemps dernier, lorsque me vint l’idée d’organiser avec des enfants une troupe Pinafore," dit M.Murphy, ces jours derniers, à l’un des reporters du Star.“Ayant été directeur de théâtre pendant trente ans et plus, mon expérience me dirigea vers Boston, où je savais que l’on enseignait le chant dans les écoles publiques,—puis, ayant cherché et découvert un sur-intendant musical, je l’engageai pendant trois ou quatre semaines, de 4à5 heures de l'après-midi; je me mis ensuite à la recherche des enfants.” “ Comment avez-vous pu agir ainsi sans laisser percer votre idée ?” “Ah! voilà.Sachant bien qu’il y avait à Boston grand nombre de directeurs entreprenants qui ne manqueraient pas de me couper l’herbe sous le pied, j’insérai une annonce dans le Poston Herald demandant des enfants pour chanter à un festival ; à l’heure dite, 300 enfants se présentèrent.A la suite de diverses epreuy es plus ou moins heureuses et de nombreuses classifications, nous en choisîmes enfin cinquante.” “ Avez-vous rencontré parmi ce nombre vos principaux sujets ?” Xon, pas tous.J en choisis mon Contre-maître, lui trouvant une tournure vaillante.La petite Corinne me fut amenée par sa maman, et je ne l'eus pas plus tôt entendu déclamer que je l’acceptai pour ma Buttercup.Je fis la rencontre de ma Joséphine et de mon Ralph dans un concert où tous deux chantaient.Ayant ainsi notre troupe à peu près formée, il ne restait plus qu’à l’annoncer.” “ Et comment vous y êtes-vous pris V” En affichant d’abord en grosses lettres, par tous les coins de la ville, ma marque de commerce, O.P.M.M., -rien de plus.Cet étrange placard fit jaser, et quand en lin arriva le moment d’annoncer en toutes lettres Y Opéra Pinafore en Miniature de Murphy, le public était prêt a nous entendre.Notre début eut lieu au Musée, un lundi après-midi, et produisit une recette de §90, qui augmenta sensiblement tous les soirs jusqu’à la fin de la semaine.Le succès était assuré ; on nous entendit cent six fois avant d’en avoir assez.” “ Avez-vous bieu réussi à Montréal ?” “ Nous avons passablement bien réussi ici, cependant je dois avouer que la recette a été plus mince à Montréal que partout ailleurs.A St.Jean l’exposition provinciale avait lieu, et je craignais fort que cela ne nous lut funeste ; mais, tout au contraire, nous avons menacé d’anéantir l’exposition, à tel point, qu’après notre départ, le conseil de ville a passé une loi prohibant tout spectacle pendant la semaine de l’exposition.A Halifax nous avons eu une réception magnifique, ayant été accueillis princièrement par l’Amiral, à bord du “Bellérophon.” “ N’avez vous pas parfois beaucoup de difficulté à conduire une troupe d’enfants aussi nombreuse ?” ‘‘Oui, cela requiert de grandes précautions, il faut si peu pour altérer la A'oix.Un des articles du contrat me réserve spécialement le droit de fixer l’heure du coucher et du lever.Ces enfants sont cependant très dociles, et si je veux les effrayer je n’ai qu’à dire “vous retournerez chez vous, la semaine prochaine,”— cela suffit.C’est surtout en voyage qu’il me faut redoubler de précautions.J’ai constamment le soin d’accoster le vendeur de noix et de friandises à la porte de notre char privé, car s’il y pénétrait il occasionnerait d’épouvantables dégâts, attendu que nos enfants ont toujours sur eux, quelqu’argent.Une fois cependant le marchand de nanans me devança, et, quand j’entrai chaque enfant s’était payé le luxe d’un cornet de bonbons.Je me rendis à la première petite fille, je lui enlevai tranquillement son cornet en lui demandant.“ Combien as-tu payé ceci ?” “ Bien, voici tes cinq centins,” et je jetai son cornet par la fenêtre, en lui disant qu’elle ne devait pas se bourrer de sucreries, que cela la rendrait bien malade.J’en fis autant à tous les autres.Mais ce sont d’excellents enfants : du reste, un médecin voyage constamment avec nous ; il veille sur eux avec la plus grande attention.Enfin, je crois qu’ils se trouvent parfaitement heureux.” A la suite de ces renseignements intéressants notre reporter se retira après avoir courtoisement remercié l’habile directeur ; et, désirant s'assurer par lui-même de l’exactitude de son dernier avancé, il se rendit à l’étage supérieur de l’Hôtel Ottawa, où les petits étaient logés, afin de constater personnellement s’ils étaient vraiment heureux de leur sort.Le premier coup-d’œil suffit pour le satisfaire sur ce point.Les longs corridors retentissaient d’un joyeux carillon de rires et d’acclamations bruyantes.En tournant un coin du passage, notre reporter fut assailli par une brassée de bambins jouant à la tag ; de tous côtés il rencontra les marques les plus évidentes de satisfaction et de bonne santé.Dans le cabinet de lecture, il vit toute une fourmilière de petits enfants se ruant sur un homme de six pieds, trois, (un des membres de la troupe,) qu’ils réussirent enfin à intéresser à leurs gambades.ha, Joséphine de la troupe était tranquillement assise dans sa chambre, avec deux autresjeunes demoiselles, occupées à des ouvrages de fantaisie.Mlle.Ida Mulle est extrêmement gracieuse et gentille; elle est petite pour son âge (quinze ans) et elle possède déjà autant de LE CANADA MUSICAL.119 présence d’esprit en conversation privée que sur la scène ; elle est d’origine allemande et est née à Charlestown,Mass —son père a lait partie de l’orchestre du Boston Muséum pendant quinze ans.Son salaire est de $70 par semaine, toutes dépenses payés.Elle dit qu’elle était enchantée de son rôle, et lorsque notre reporter l’interrogea relativement à M.Murphy, elle ne put trouver pour lui d’expressions assez "bienveillantes : “ Mais, monsieur,” dit-elle, “il est comme un père au milieu d’une grande famille ; nous l’aimons de tout notre cœur, il est si bon pour nous.” En poursuivant ses recherches, le reporter découvrit la petite Buttercup avec sa mère, au No, 70: il engagea la conversation avec celle-ci, sans que l’enfant y prêtât la moindre attention.La petite Corinne aura six ans le 25 décembre prochain.Il a bien fallu quelque temps pour lui enseigner son rôle, mais elle apprend et retient facilement.Elle semble comprendre qu’elle est chargée de représenter le rôle d'une vieille femme, car jamais elle ne sourit.Ses compagnes l’appellent Dulcine {Sweetie.) En s’entendant nommer, Buttercup, qui jouait “à la poupée,” sur une valise, avec son cousin, un des petits de la troupe, s’approcha de sa mère, et nous pûmes juger de ce qu’elle est hors de la scène.Charmante enfant, grande pour son âge, de beaux yeux remplis d’expression, les traits réguliers, les cheveux bruns, des manières engageantes,—tel est le portrait abrégé de la petite merveille.Elle reçoit un salaire de $150 par semaine, plus les dépenses payées de la mère et de l’enfant.Le Capitaine S.Corcoran est le lils du régisseur de la scène du Boston Museum ; il est âgé de 13 ans.Dic/c Deadeye était enfant de chœur dans une des églises Catholiques de Boston; il a JO ans.Le Contre-maître, âgé de 12 ans, est le fils d’un bedeau d’une église de Boston.Ralph Rackstraw, un jeune Monsieur Lee, est natif de Brooklyn, mais a été élevé à Boston.L’engagement actuel de la troupe comprend trente-six semaines et s’étend aux Etats de la Nouvelle Angleterre et de l’Ouest.La Ste.Cécile a Montreal.Stimulé par le noble exemple de Québec et de Trois-Rivières, Montréal s’est enfin réveillé de son assoupissement, et n’a pas voulu laisser passer, cette année, la fête de l’illustre patronne des musiciens—Ste.Cécile—sans une démonstration artistique digne de la circonstance.Depuis plus de deux mois les principaux amateurs, chantres et musiciens, de la ville, au nombre de cent environ, se préparaient par des répétitions bien suivies et fréquentes, à s’acquitter convenablement de la tâche qu’ils s’étaient imposée cou amore Le succès du splendide festival du 22 novembre dernier dit assez tout le zèle et le généreux dévouement que nos musiciens ont apportés à l’accomplissement de ce devoir.Dès les huit heures du soir, la vaste Salle des Artisans était complètement envahie par un auditoire d’élite; les survenants durent-se contenter _de stationer dans les allées ou dans les rares recoins inoccupés.Parmi les nombreux artistes accourus comme auditeurs à cette belle fête, nous avons remarqué MM.F.Jéhin-Prume, Letondal, Couture, Ducharme, Fowler, Labelle, Martel, Desève, Lavigne, Moreau, Pepin, Ecchorn, et plusieurs autres dont les noms nous échappent.A huit heures précises commença l’exécution du programme, à la fois brillant et classique, que nous reproduisons ici : PREMIERE PARTIE.1.Marche du Sacre,du Prophète.Meyerbeer.Orchestre.2.“Le Nozze di Figaro,” Ouverture.Mozart.Orchestre.3.“ Les Chants Lyriques de Saiil,” Chœur sans accom- gnement.Oevaert.L'Orphéon Canadien.4.“ Scherzo,” du Songe d'une Nuit d'Eté.MENDELSSOHN.Orchestre.5.Quatuor de “ Rigoletto.”.Verdi.Mesdames Finn et Leblanc, MM.R.1 Indou et J.A.Finn.Avec accompagnement d Orchestre.6.Chaeone.Durand.Orchestre.7.“ Marie,’ Mélodie, (Violon obligato, M.F.Boucher,) M.P.Gagnon.Berré 8.“Concert Stiicke,” Op.79.Weber.M.Moïse Saucier, avec accompagnement de Quatuor.9.“L'été,” chœur pour voix de femmes seules.Soubre.Avec accompagnement (/'Orchestre.10.“ Martha,” Ouverture.Flotow.DEUXIEME PARTIE.GALLIA (lamentation) de GOUNOD.Soli, Chu'ur et Orchestre.1.“La voilà, seule,” introduction et Chœur.Gounod.2.“ Ses Tribus Plaintives,” Canlilène.“ Madame C.L.Leblanc.3.“ O mes Frères ! ”.“ Solo, Melle.Cécile Boucher, et Clm ur.4.“ Jerusalem ! Jerusalem ! ” Finale.“ Solo, Madame A.J.Boucher, et Clm ur.Ayant été personnellement concerné dans l’exécution de ce programme il nous appartient guère d’en juger l’interprétation.Toutefois, sans prétendre à une perfection qu’il est impossible d’atteindre avec les ressources artistiques insuffisantes que présente Montréal, nous devons cependant croire, s’il est permis d’accepter comme indice du sentiment populaire l’expression unanime de la presse, tant française qu'anglaise, de la ville, que le public musical a été très satisiait de la soirée.Ce n’est que justice du reste, d’attribuer la plus large part de cet éclatant succès aux beautés de premier ordre que présente la sublime partition de C allia, de M.Charles Gounod.Cette ouvre splendide, que l'on entendait pour la première fois au Canada au grand complet et interprétée dans les conditions qu'exige sa large facture, a vivement impressionné l’auditoire appréciateur et a ravi d’admiration les musiciens chargés de la rendre : aussi les solistes, Mesdames Leblanc et; Boucher et Mlle.Cécile Boucher ont-elles obtenu un franc succès.Nous devons également une mention honorable à Mlle.Joséphine Boucher, qui a tenu le piano pendant le concert et qui, dans son modeste rôle il'accompagnatrice, notamment dans le brillant et difficile Scherzo de Mendelssohn, s'est montrée à la hauteur de sa tâche ardue et a de nouveau piaillement justifié la récente collation du diplôme que lui a décerné l’Académie de Musique de Québec. 120 LE CANADA MUSICAL.IPI Paroles F.de COURCY.Axidanlino mosso.PIANO.ritrï= dvlce 4^4- S d=4 4*- ZEGEJV'ÏÏE.Musique de L.CLAPISSON r- Z&rJL U—• r- * ^0 F PP | P Fin.?zz: ritenuto voi-ci No - ël Comme ici »bas: c’est fête au ciel ! aempre dolce soir, mon enfant, dit la sœur ai - né - e, On prend ses sou-liers, sans bruit, à la main, Afin que No- Et puis, on les met dans la chemi - né LE CANADA MUSICAL.121 quasi pariante s—s • -S| t3 a—a - ël pense à nous: de-main.sans pè - re ni mè - re, Qui se trouvait ¦0- *—*—¦K d’un air tout con fus moi, dans ma chaumiè - re Faire comme vous, car a tempo ^T\ rail.j’ai les pieds nus.voi- ci No - ël ge dans le ciel.a tempo Couplets- 2.Les pieds nus, l’hiver! Aussi-tôt, s’é - cri-e L’enfant du château, que de loin, Dieu voit.Tiens, prends 3.Voi - là qu’à minuit, des lu-mières blanches, Un bel in-con - nu, les ré - veillent tous, De - vant q , : ¦ -fr-j -1-3-^ * L \ -&zh.:pL^= 1 f : ?ï] ~4-Mr4 ! iV -P-p c ' ¦ * * « s -1-4 i ! 1 1 -0000 Gu mes souliers, siNo-ël m’ou-bli-e, Toi, Pierre, du moins, tu n’auras puis froid.Bien, reprend la sœur, comme lui gui-l’arbre vert, qui porte àses branches, Pour fleurs des bonbons, pour frirts des i nijoux An pauvre orphe- lin moitié fut don- -, 0 0 •! r1 i L eu g* » =»=; —„—« -»- *4 G -j -j-.' kJ S> 0.* -Vi 0 — / j jl & m «s Sr HH—£ -(—W-V r 63) & & i 0 0 w J u * * - dé - e Vers tout ce qui souffre et pleure i-ci-bas, Va dormir mon frère, et j’ai dans l’i - dé - e Que No-ël, de- né - e ; Mais cet in-connu?No-ël, en-trenous, A-vait fait la part de la sœur ai - ‘né - e Car pour elle é- - rail._ ^ ^ rail._ h.-i—K—^ ï s: -ri iz -Gh =£4 ~m -0T-0- U-v- - main, ne t’oublie - ra pas.No-ël, No-ël, voi-ci No-ël Dont l’arbre vert fleu-rit au ci-el ! - taient les plus beaux bi - joux No-ël, No-ël, voi-ci No-ël Fête i - ci bas tout comme au ci-el! 122 LE CANADA MUSICAL.DEUXIÈME EDITION.AUGMENTEE DE 22 PAGES.LE CHANSONNIER DES ECOLES RECUEIL DE ROMANCES CHOISIES ET NOTÉES (PAROLES FRANÇAISES ET ANGLAISES,) PRÉCÉDÉES DE NOMBREUX EXERCICES ÉLÉMENTAIRES DE SOLFÈG-E, A L’USAGE DES ÉCOLES, ACADÉMIES, PENSIONNATS, COUVENTS ET COLLÈGES.Ouvrage autorisé par MM.les Commissaires d’Ecoles Catholiques Romains de la Cité de Montréal, pour les Ecoles sous leur contrôle.PRIX, Relié en Toile : 25 Cents, NET.A Montreal, chez A.J.BOUCHER^ Rue Notre-Dame.TABLE DES MATIÈRES CONTENUES DANS LA DEUXIEME ÉDITION.SOLFEGE.Page.Signes musicaux.I Gamme de Do, avec des Rondes.Il Extension de trois Notes, au-dessus de la Gamme de Do.II Une Ronde suivie de deux Blanches.Il Intervalles.III Intervalle de Tierce.III Exercice sur des Rondes et des Blanches.IV Gamme de Do, avec des Noires et des Rondes.IV Blanches et Noires.V Exercice sur des Rondes et deà Noires.V Exercices sur des Noires.V Intervalle de Quinte : Rondes, Blanehes et Noires.VI Intervalle de Sixte .VI Résumé des Intervalles de Quinte et de Sixte.VII Gamme de Do, avec des Blanches et des Croahes.VIII Exercice sur des Blanches et des Croches.VIII Intervalle de Septième.IX Exemse sur des Rondes, Blanches, Noi*es et Croches.X Blanches, suivies de Noires et de Croches.X Intervalle d’Octave.XI Octaves directes.XI Exercice sur l’intervalle d’Octave, avec des Noires.XII Récapitulation des Intarvalles.XII ROMANCES FRANÇAISES.A bas les paresseux !.1 A la claire fontaine.34 Amitié, 1’.,.37 A Saint Malo.36 Barque de Pierre, la.î Canadien errant, un.36 Chanteur, le.4 Otoyen, le.5 Deux gendarmes, ou Pandore, les.41 Page.Drapeau de Carillon, le.38 En roulant ma houle.35 France est belle, la.8 Hirondelle d’hiver, 1’.8 Hop ! hep !.10 Je chanterai.6 Jeune conscrit, le.40 Mon âme à Dieu, mon cœur à toi.11 L’OrpheHne.13 Par derrier’ chez mon père.34 Peines d’un petit écolier, les.12 Rhin Allemand, le.16 Soldat, le .14 Vieillard et Tonneau, le.39 Vieux Caporal, le.14 Vive la Canadienne.84 ENGLISH SONGS.Baby mine.29 Birdies’ hall.17 British lion, the.18 Charity.20 Come, birdie come .20 [Dear little shamrock of Ireland, the.30 Cod save the Queen !.19 Grandfather’s clock.31 Hail ! glorious Apostle.22 LittSe ones at home, the.32 Maltese boatman’s song.23 March of the Men of Harlech.24 Merry little birds arc we.25 Mother, oh ! sing me to rest.26 Nobody’s child.33 Vow I lay me down to sleep.27 Oh ! give me a home by the sea.28 On trouve également au Magasin de Musique de A.J.Boucher, VAbécédaire Musical de Smith, 30 cts.— Y Abécédaire Musical d’Aerts, 30 cts.—le Catéchisme Musical de .Tousse, 25 cts.—le Catéchisme Musical d’Aerts, 50 cts.—le Petit Solfège de Le Carpentier, 60 cts.—le Solfège gradué d’Aerts, 75 cts.—et le Traité complet d’IIar- monte, de Oatel, $1.00. LE CANADA MUSICAL.123 NOTICES BIOGRAPHIQUES (Extraites du Supplément à la Biographie universelle des Musiciens de F.J.Fétis,-—Par M.Arthur Pougin,) CONCERNANT DIVES MUSICIENS CELEBRES QUI ONT VISITÉ L’AMÉRIQUE, OU DONT LA RÉPUTATION, OU LES ŒUVRES SONT PLUS PARTICULIÈREMENT CONNUES ET ESTIMÉES A il Canada.BŒIiM (Joseph), violoniste, est né à I’esth, non en 1808, mais le 4 mars 1795.11 est mort à Vienne le 28 mars 1870.Joseph Bœhm, dont l’enseignement était très-réputé, avait formé un grand nombre d’élèves, parmi lesquels il faut surtout citer Ernst et M.Joachim.BOIELDIEU (François-Adrien).La date exacte de la naissance de ce grand artiste, est le 16 et non le 15 décembre 1775, ainsi qu’en fait loi son acte de baptême, que j’ai publié dans le livre intitulé: Boiehlieu, sa vie, ses œuvres, son caractère, sa correspondance.Je renvoie à cet ouvrage important et rempli de renseigne- | monts nouveaux, le lecteur désireux de s’instruire d’une façon exacte et complète sur l'existence et la carrière de Boieldieu.En 1875, Boieldieu a été l’objet d’un honneur j inusité jusqu'ici en France ; les 12.13, 14 et 15 juin de cette année de grandes fêtes musicales ont eu lieu à Rouen pour célébrer le centième anniversaire de sa ! naissance ; ces fêtes dont l’auteur de la présente notice | avait le premier conçu la pensée, se sont produites avec un grand éclat, et le Centenaire de Boieldieu avait attiré dans l’ancienne capitale de la Normandie une immense ailluence d’étrangers.Un grand concours orphéonique, une représentation de gala donné au Théâtre des Arts, composée du Nouveau Seigneur de Villai/e, des deux premiers actes de la Dame Blanche, joués par les premiers artistes de Paris, et d’une pièce de vers de M.Frédéric Deschamps, un grand festival donné dans la salle du cirque de Saint-Sever et dont le programme comprenait des morceaux exclusivement tirés des œuvres du maître, l’exécution d’une cantate expressément écrite par M.Ambroise Thomas sur des paroles de l’auteur de cette notice, voilà quels étaient les principaux éléments de ces fêtes vraiment artistiques et nationales, qui rappelaient celles de ce genre qu’on célèbre fréquemment en Angleterre et en Allemagne, ! et.dont on avait encore aucune idée en France.BORDÈSE (Luigi).Fixé à Paris depuis sa jeunesse, cet artiste a fini par renoncer complètement au théâtre, où il n’avait pu rencontrer un succès, pour se livrer à l’enseignement et se consacrer à la composition en dehors de la scène.Ce qu’il a écrit depuis vingt-cinq ans est incalculable, et la liste de ses œuvres en tous genres, couvrirait plusieurs pages de ce recueil.M.Bordèse continue d’avoir beaucoup de succès auprès des éditeurs, ce qui prouve que le public est avec lui.BOULEAU-NELDY (.compositeur de mu- sique religieuse, organiste de l’église Notre-Dame de Nantilly à Sanmur, s’est fait connaître par la publication d’un assez grand nombre de compositions sacrées parmi lesquelles on remarque un Stabat Mater considéré comme une œuvre distinguée, plusieurs messes, des motets, etc.Cet artiste modeste et méritant a rem- porté le prix dans le concours ouvert en 1S03, par la Société de Sainte-Cécile, de Bordeaux, pour la compo-j sition d’une ouverture de concert.On a publié aussi ! de M.Bouleau-Neldy environ quarante morceaux de j genre pour le piano, et quelques transcriptions on eom-! positions originales pour violon ou violoncelle et orgue, j entre autres un Ave Maria, une rêverie intitulée Voix ¦ du Ciel, un Andante de Mozart, etc., etc.BRAGA (Gaétano), violoncelliste et compositeur ! dramatique, est né à Giulianuova dans les Abruzzes, le 9 juin 1829.Destiné d’abord à l’état ecclésiastique, les dispositions qu’il montra de bonne heure pour la musique engagèrent ses parents, malgré leur pauvreté, à l’envoyer à Naples, où, après quelques études préparatoires, il fut admis au Conservatoire.On voulut d’abord lui faire travailler le chant, mais bientôt il se prit de passion pour le violoncelle, devint l’élève de Gaetano Ciaudelli pour cet instrument, de l’ai;isi pour l’harmonie accompagnée, de Francesco liuggi puis de Carlos Conti pour le contre-point, et enlin de Mercadante pour la composition.Après s’être exercé sous la conduite de ce grand maître, à écrire beaucoup et dans tons les genres, après avoir, entre autres, composé une cantate intitulée Saul et une messe a 4 voix et orchestre.M.Braga quitta le Conservatoire en 1852, et dès l’année suivante faisait représenter au théâtre du Foiulo son premier ouvrage dramatique, Alina.Mais le jeune musicien voulait entreprendre un voyage artistique.Il quitta bientôt Naples dans ce but.partit pour Florence, donna dans cette ville son premier concert, puis se rendit à Vienne, où il connut Mayseder et lit pendant plusieurs mois la partie de violoncelle dans ses quatuors, se familiarisant ainsi avec les chefs-d’œuvre de la musique allemande.De retour à Florence, il n’y resta pas longtemps et vint bientôt à Paris, où il arriva en 1855.Là, il commença sa véritable carrière de virtuose se faisant entendre chaque jour dans les théâtres, dans les concerts, et dans les salons particuliers, et faisant apprécier un talent lin et délicat.Mais M.Braga songeait aussi à se produire comme compositeur.Bientôt il lit représenter à Vienne (1857)_un opéra sérieux en 2 actes, Eslella di San-Germano, alla écrire à Naples un petit ouvrage, U Rilratlo, que le comte de Syracuse lui avait demandé pour l’inauguration du théâtre de son palais (1858), puis revint à Paris, où il se livra à l’enseignement du chant, et où il composa un opéra sérieux en 3 actes Marghé-rila la Mendican/e, qui fut donné sans succès à notre Théâtre-Italien, le 2 janvier 1800, malgré la présence de Mme.Borghi-Mamo.qui remplissait le rôle principal.On ne trouva dans cet ouvrage qu’un ou deux morceaux dignes d’éloges et d’attention ; le reste n’était qu’une imitation fâcheuse du style de M.Verdi.En 1862, M.Braga s’en allait donner au théâtre de la Scala, de Milan, un opéra lugubre en 3 actes, Mormile, qui eut moins de succès encore.Depuis lors, il a fait représenter à Lecco un ouvrage intitulé RegineHa, qui a été mieux accueilli, et il a donné au théâtre San-Carlos, de Lisbonne un drame lyrique Caligola, dont j’ignore la valeur.M.Braga a encore en portefeuille deux opéras complètement achevés, Ruy-Blas et Don Cesar de Buzau (peut-être bien les deux n’en font-ils qu’un seul sons deux titres différents) qui n'ont pas encore été livrés au public.J’allais oublier de mentionner un ouvrage semi-sérieux, gli-Avvenlurieri, dédié par l’auteur à Ros- 124 LE CANADA MUSICAL.sini, et qui a été représenté en 1867 au théâtre Sancta-Radégonda de Milan.BRAHMS (Johannes), compositeur, directeur de la chapelle impériale de Vienne, est devenu l’un des artistes les plus remarquables de l’Allemagne contemporaine, et est considéré dans sa patrie comme le plus noble représentant de l’art en dehors du théâtre, qu’il n’a jamais abordé.Dès 1853, alors que M.Brahms était à peine âgé de vingt ans, Robert Schumann écrivait à son ami Maurice Strakergan : “.Nous avons aussi en ce moment, à Düsseldorf, un jeune homme de Hambourg, nommé Johannes Brahms, d’un talent si puissant et si original, qu'il me semble dépasser de beaucoup tous les jeunes artistes de ce temps-ci.Ses œuvres si remarquables, particulièrement ses mélodies, ne tarderont pas sans doute à parvenir jusqu’à vous.” L’admiration de Schumann pour le jeune compositeur fut telle qu’il le prit bientôt pour élève, lui donna tous ses soins, et que l’année suivante, il le qualifiait un “ garçon de génie.” Enfin, le jeune musicien a justifié les prévisions de son maître, il est devenu un grand artiste.Sans partager absolument l’enthousiasme de Schumann, je reconnais volontiers que M.Brahms est un compositeur doué de rares facultés, inégal et fantasque parfois, mais parfois aussi véritablement inspiré et animé d’un grand souffle.Il semble qu’il ait gardé de son maître une certaine incohérence de forme qui se remarque dans quelques-unes de ses œuvres, mais il a le style plus constamment élevé, la pensée plus soutenue et lorsqu’il le veut, une décision et une netteté que n’a jamais connu l’auteur de Manfred et des Amours d'une rose.Moins poète peut-être, moins rêveur, moins souverainement idéaliste, il est plus foncièrement musicien, et l’emporte sur lui par la solidité du plan de ses morceaux et par la façon dont il manie l’orchestre.Il m’est difficile assurément de porter un jugement absolu sur M.Brahms, dont je ne connais pas toutes les œuvres, mais si je remarque qu’il a la grandeur, la puissance et l’éclat, comme on peut s’en rendre compte à l’audition de certaines pages de son Requiem, je suis obligé de constater aussi qu’il est parfois sombre jusqu’à l’obscurité, fatiguant à suivre et difficilement compréhensible, comme dans la plus grande partie de son Üchicksalslied dont le sens général est très abstrait, quoique l’œuvre soit écrite avec vigueur et avec un rare talent.Cette inégalité de conception et de pensée se fait jour aussi dans ses compositions de musique de chambre ; car on pourrait citer telles d’entre elles qui sont d’une audition difficile d’un caractère plus tourmenté que de raison, tandis que d’autres, les deux sextuors par exemple, se distinguent au contraire par la clarté, l’ordre et la logique des développements.Ces réflexions ne sauraient m’empêcher de rendre à M.Brahms la justice qui lui est dire, et de le considérer comme un artiste d’un ordre supérieur.Est-ce véritablement un homme de génie, comme l’affirmait prématurément Schumann?Sur ce point, je l’avoue, je ne saurais me prononcer.M.Brahms, dont la quarante-troisième année est à peine accomplie est dans toute la force de l’âge et du talent, et je ne vois pas, néanmoins, qu’il ait donné jusqu’ici ce qu’on peut réellement appeler un chef-d’œuvre, une de ces productions parfaites et accomplies qui classent un artiste et lui donnent, comme disait Weber droit de classicité dans le domaine de l’art.M.Brahms a abordé tous les genres, hormis celui du théâtre.Il a composé de la musique de piano, un nombre assez considérable d’œuvres de musique de chambre, quelques morceaux pour orchestre, plusieurs cantates pour soli, chœurs et orchestre, beaucoup de lieder dont on vante le sentiment et le charme et enfin diverses œuvres religieuses.On ne saurait nier le mérite réel de ces compositions, qui se distinguent surtout par le style général, la grandeur et la hardiesse de la conception, des qualités de détail souvent très-heureuses, mais auxquelles, à mon sens, manquent cette originalité suprême et ce fluide lumineux sans lesquels il n’est pas de véritables chefs-d’œuvre.Fixé à Tienne depuis longues années, M.Brahms y occupe une situation artistique des plus considérables, et remplit les fonctions de maître de chapelle de la cour impériale.BRASSIN (Louis,) pianiste et compositeur dont le nom véritable est de Brassine est né le 24 juin 1836, à Aix-la-chapelle, d'une famille d’origine liégeoise.Son père et sa mère étaient deux chanteurs dramatiques, et Louis Brassin fut l’ainé des trois enfants qui survécurent, sur sept issus de leur mariage.Elevé dans un atmosphère purement musical, les dispositions artistiques des trois frères se développèrent avec rapidité.Lejeune Louis, qui reçut ses premières leçons de piano d’une amie de sa famille se fit surtout remarquer par ses aptitudes, et devint bientôt le maître et le guide de ses deux frères Léopold et Gférhard.Tout jeune encore, il fit ses débuts de virtuose dans une représentation donné au théâtre Thalia à Hambourg et obtint un grand succès ; deux ans après, dans un concert qu’il donnait à Stade, il se fit doublement applaudir, comme exécutant et comme professeur en produisant un élève qui n’était autre que son frère Léopold alors âgé de cinq ans.En 1847 M.Brassin père était engagé au théâtre de Leipzig, son fils Louis Jentra au Conservatoire de cette ville, l’un des plus fameux de L’Allemagne, et y devint l’élève de Moschelès.11 n’en sortit qu’au bout de cinq ans, après avoir obtenu toutes les récompenses, et s’être fait entendre avec succès aux concerts de cet établissement.Après avoir quitté Leipzig, M.Brassin fit quelques temps à Cologne, il se rendit en Belgique, se produisit dans plusieurs concerts à Anvers et à Bruxelles, alla passer ensuite une année à Berlin, comme professeur au Conservatoire, et enfin, revint se fixer définitivement à Bruxelles, qu’il n’a plus quitté que pour faire quelques voyages artistiques dans les provinces où à l’étranger.Professeur excellent, musicien consommé, virtuose des plus remarquables, M.Brassin, qui, depuis 1869 est à la tête d’une classe de piano pour hommes au Conservatoire de Bruxelles, s’est l'ait connaître avantageusement comme compositeur pour son instrument.—Des deux frères de M.Louis Brassin, l’un, Léopold, est pianiste du duc de Saxe-Cobourg et professeur de musique à l’Académie de Berne ; le second, Gférhard, est violoniste et maître de concert à Gothembourg.Le fameux flûtiste Drouet était l’oncle de ces trois artistes.BREE ( Jean-Bernard Tan,) auteur de plusieurs messes à voix d’hommes, chantées dans les principales églises de Montréal.Cet artiste distingué fonda en 1840 LE CANADA MUSICAL.125 la société pour l’association des artistes musiciens Cœ-cilia, la meilleure société symphonique des Pays-Bas, et celle qui se distingue par la plus belle exécution des œuvres des anciens maîtres.Il était directeur de l’école de musique de la Société pour Vencouragement de l'art musical à Amsterdam, et dirigeait les concerts de cette compagnie artistique.BRICCIALDI (Jules) Ce virtuose n’a pas seulement fait apprécier en Europe son remarquable talent de flûtiste, il a traversé les mers et a parcouru la plus grande partie de l’Amérique.On assure que c’est à lui qu’est due l’adaptation à la flûte du système Bœlim, qui a transformé et amélioré le mécanisme de cet instrument.M.Briccialdi s’èst produit une fois comme compositeur dramatique en faisant représenter au théâtre Carcano de Milan, un opéra sérieux intitulé Léonora de Medici.Correspondance de Quebec.Québec, le 24 novembre, 1870.Le premier eoucert de MM.Prume efc Lavallée a eu lieu le 30 octobre dernier.Mdc.Prume, que le publie Québccquois désirait vivement entendre, n’a pu remplir les parties du programme (pii lui étaient assignées; elle souffrait encore d’une indisposition-qui avait déjà fait retarder considérablement la date du concert.Cette absence a causé un désappointement évident à l’auditoire.Le concert n’eu a pas moins été un succès.MM.Prume et Lavallée ont été, comme toujours, à la hauteur de leur réputation ; le premier a plu davantage dans l’interprétation de la “ Romance sans paroles ” de Simon et ensuite, en donnant “ La Berceuse ” pour remplir un des vides dans le programme.Le “ Capriccio Concertant ” de Mendelssohn et la finale delà “Sonate appassionata” de Beethoven, nous out permis d’admirer une fois de plus, la brillante exécution de M.Lavallée.M.A.D’Eschambault, du Quatuor vocal de Québec, a chanté “ La Reine du Matin ” de Gounod, et une romance “ Enfants et Fleurs; il a été vivement applaudi.Nous croyons cependant qu’il aurait pu faire un autre choix de morceaux, plus propres à faire ressortir les riches qualités de sa voix.N’oublions pas le premier numéro du programme, celui qui a été peut-être le mieux goûté.“ Chanson d’amour ” de ïaubert et “Romanesca” de Lulli, exécutés par un quatuor instrumental composé de MM.Prume, Lavigne, Paré et Gauvreau ; ces MM.ont dû se rendre à un rappel enthousiaste.M.E.A.Bishop, organiste de la Cathédrale Anglaise, a donné à la fin du mois dernier son premier “ recital," lequel doit être suivi de plusieurs autres dans le cours de l’hiver.Il avait le concours de Mlle.Morrison-Fiset de New-York, depuis quelques semaines à Québec, qui possède une voix de soprano très-puissante et bien cultivée, fl donne ses concerts de chambre dans les salles de M.Morgan, marchand de musique.Nous avons à enregistrer aujourd’hui un évènement qui a fait sensation, non-seulement dans les cercles musicaux, mais aussi parmi toute la population de notre ville.Après treize années de service au jubé de l'orgue de l’Eglise St.Jean, l’Union Musicale de Québec s’est trouvée dans l'obligation de donner sa démission, et d’abandonner, non sans regrets, le théâtre de ses travaux ; les circonstances ont été trop fortes pour elle, et elle a dû céder.Ceci a eu lieu quelques jours avant la Toussaint.Fondée le 14 octobre 1806, dans le but -principal de fêter la patronne des musiciens tous les ans, elle a accompli sa mission avec une régularité parfaite et toujours d’une manière artistique et c’est au moment où olle se préparait à fêter la Stc.Cécile pour la I4me fois, avec un éclat inaccoutumé, qu’elle a vu se briser tous ses projets.Nous prévoyions depuis quelque temps, ce résultat, amené par la position délicate qui était faite à nos amis de L’Union Musicale.Après le départ de la société, M.le Curé de St.Jean annonça dans la presse, que les difficultés étaient entre l’Union Musicale et lui-même, et non entre l’organiste et la Société, tel qu’il eu avait été rumeur.Tout en admettant ce fait, nous sommes libre de dire, que nous savons que des personnes qui ont été et (pii devraient être encore des amis de l’Union Musicale, n’ont pas été étrangères aux évènements qui éloignent aujourd’hui cette dernière de l’Eglise St.Jean.L'éloignement de l’Union Musicale c'est l’éloignement de la musique de St.Jean, car cette société ne pourra être remplacée facilement.Quoique le choc fut violent, l’Union Musicale l'a subi courageusement, et elle est bien décidée à se maintenir et conserver sa haute réputation.Elle possède une bibliothèque très-considérable, et de plus, une fanfare de 20 à 22instruments.Son président actuel est M.Ephrem Bugal qui est l'un de ses fondateurs et qui l'a toujours présidée, à l’exception d’une année seulement, depuis qu’elle existe.L'Union Musicale a nos vives sympathies dans l'épreuve qu’elle traverse, et nos meilleurs souhaits de succès pour ses travaux futurs.Le jour de la Toussaint, la Société Ste.Cécile a chanté à St.Eoch le “ Kyrie ” et le “ Gloria ” de Weber, le “ Sanctus ” de la 12me de Mozart, et “ 1'Agnus Dei ” de la 2mc de Haydn.A l'offertoire Mlle.V.Lemclin et M.II.A.Bédard ont chanté le duo “ O Salutaris” dé Cherubini.A la Basilique, M.G.Gagnon a l'ait exécuter la 12mc Messe de Mozart par les élèves du séminaire, sous la direction de M.l'abbé Fraser.Mlle.A.Dessane a chanté un “ Ave Maria ” le même jour, à St.Jean.Nous apprenons que M.A.E.Lefebvre a été nommé organiste à l’Ancienne Lorcttc, ou l’on doit poser un orgue prochainement.M.Lefebvre est l'un des musiciens qui ont laissé le corps de musique de la Galissonnièrc, quand cette frégate était dans notre rade ; il y était engagé en qualité de premier cornet.Il est actuellement directeur de la Fanfare de St.Rocli, que M.J.A.Paré essaie d’organiser depuis quelques années.Deux ou trois jours après la démission de l'Union Musicale, un nouveau chœur était formé à l’Eglise St.Jean.Organisé par AI.le Curé, lui-même, il est «ous sa surveillance immédiate.Il est composé en grandes parties des membres de l’Association Musicale, qui n’existe que de nom depuis un an ou deux.Ses officiers sont MM.Dr.Ed.Morin, Prés., S.J.Demers, Vice-Prés., Geo.Hébert, Dir., A.E.Demers Sec., Clis.Cloutier, Très.,, et Moïse Fiset, Bibliothécaire.Pour peu que cela continue, la Société Musicale Ste.Cécile de Québec, qui fait le service à l’Eglise St.Eoch, promet de devenir bientôt la Société-Mère de nombreuses organisations musicales, portant son nom, et fondée par scs membres dans divers endroits de la Province.Il y a deux ans, un de scs officiers, M.F.X.Rivard, allait s’établir à Trois-Rivières ; il y fonda, peu de temps après, la Société Ste.Cécile de Trois-Rivières, (pii a fait depuis, assez de progrès pour interpréter des messes de Haydn.Elle recevait encore tout récemment, une communication de son ex-président, M.L, P.Bilodeau, l’informant qu’il venait de fonder la Société Musicale do Ste.Cécile de Dcschambault, dont il avait été élu Président.Enfin nous apprenons aujourd’hui qu’un autre de ses membres, M.A, Boisjoli, a donné le nom à la Société Musicale de Ste.Cécile de la Rivière-du-Loup (en Bas) qui vient d’être formée.Ces faits prouvent non-seulement les capacités musicales des membres de notre Société à Québec, mais démontrent aussi l’esprit, d’initiative (pii a toujours présidé à l’administration de celle-ci.La Société Ste.Cécile de St.Eoch doit s’énorgucillir d’avoir produits de si beaux résultats Samedi, le 22 novembre, jour de la Stc.Cécile, le chœur de l’Eglise St.Jean a célébré la fête patronale des musiciens par la messe du second ton, de Dumont, harmonisée.Le peu de temps qu’a eu la nouvelle société depuis son organisation ne lui a sans 126 LE CANADA MUSICAL.doute pas permis de préparer autre chose ; mais ce n on est pas moins malheureux qu'on doive avoir recours au plain-chant, pous célébrer une fête aussi solennelle, et à laquelle tous les musiciens, artistes comme amateurs, aiment tant à participer.Toutefois la messe a été très-bien exécutée.Le chœur comprenait, outre le personnel de la nouvelle société, un nombre considérable d’enfants des frères, et le chœur de St.Sauveur; des instruments de cuivre appuyaient chaque partie.M.Bishop a joué l’entrée et la sortie, sur l’orgue.A l’offertoire, Mlle.A.Dessanc a interprété cette jolie mélodie de Lebouc, “ La Vision de Ste.Cécile.” Mlle.Morrison-Fiset a chanté avec beaucoup d’expression, à 1 Elévation, un “O Salutaris” de Cherubini.Le même jour, le choeur de la St.Patrice a exécuté eu l’honneur de la fête, la 1ère messe de Mozart.26 novembre 1S79.La célébration artistique de la Fête Ste.Cécile a eu lieu hier soir à la Salle Victoria.L'Union Musicale, qui a solcnuisé ce jour avec tant de succès pendant 13 ans, u’a pas voulu malgré ses difficultés récentes abandonner une aussi belle coutume.La Messe de Ste.Cécile de Gounod a été donnée par un choeur de plus de cent voix avec grand orchestre, piano et harmonium, sous la direction de M.C.Lavallée.Il nous a été rarement donné d'entendre une œuvre aussi "belle, exécutée avec autant d’expression et de précision.Les solistes étaient Mlle.Lcmelin et Mde.Cauldwell, MM.H.A.Bédard, ténor, et Eiigèue Belleau, basse.Mlle.Lemelin a obtenu beaucoup de succès dans l’interprétation de “l’Attente” de Kiwalski, que M.Lavigne accompagnait sur le violon.Mlle.Lemelin est toujours bien accueilli du public et celui-ci serait désireux de l’applaudir plus souvent.Le corps de musique de la Batterie B.qui a généreusement prêté son concours sans renumération, a joué l’ouverture “Kubezahl” de Flotow, et “ Nabuchodouosor,” fantaisie de Verdi.Ces deux morceaux (pii renferment beaucoup de difficultés, ont été enlevés.Le chœur final de la cantate de M.Lavallée, chanté avec un entrain admirable, a terminé le programme.La soirée a été un grand succès artistique ; ce u’est pas cependant lé seul résultat que nous y avons constaté.Nous avons remarqué avec un vif plaisir que cette célébration de la Ste.Cécile servait encore hier, comme jadis à l’Eglise St.Jean, de point de ralliement à tous les bons éléments de Québec.Pas moins de huit organisations musicales étaient représentées parmi les exécutants ; de telles démarches vont à prouver la bonne entente qui existe parmi tous nos musiciens, et la syrnpa-pathie qu’ils portent à l’Union Musicale.Nouvelles Artistiques Canadiennes.—Premier concert “Prume” à Montréal, mardi le 2 décembre, à la Salle des Artisans.—Premier concert de la saison de la Société Philharmonique, sous la nouvelle direction de M.F.Lucy-Barnes, jeudi, le 18 décembre prochain.—Le corps de musique “du Grand Tronc” vient de s’incorporer avec “les Ingénieurs de Montréal,” et portera désormais l’uniforme de cette compagnie.—Le Star du 27 novembre annonce que Madame F.E.Lucy-Barnes, ci-devant de Montréal, a accepté un engagement opératique à New-York.—L’Union des Commis-marchands a lait, ces jours derniers, l’acquisition d’un magnifique piano, qui a été placé dans la salle de réunion, dans la bâtisse du Cabinet de Lecture Paroissial.—M.A.T.Boucher offre en vente un excellent petit orgue à tuyaux, de deux jeux, de la manufacture de Warren, pour le prix nominal de $125 comptant.L’instrument est en parfait ordre, et a coûté, neuf, $375.—Nous attirons l’attention de nos lecteurs musiciens à la charmante romance “ de saison ” l'Arbre île Noël, de Clapisson que nous leur présentons dans la présente livraison.* —L’importante Maison Schott, représentée au Canada par la Maison A.J.Boucher, vient de recevoir une médaille, d’or, pour l’excellence de ses publications musicales, à l’exposition industrielle tenue récemment à Offenbach.—A une soirée organisée par le Club Cartier et qui doit avoir lieu à la Salle Nordheimer, jeudi, le 4 du courant, la partie musicale de la séance a été confiée à M.et Madame J.A.Finn et à MM.Desève, Vilbon, Bienvenu et Leblanc.—Les amateurs anglais de cette ville ont donné, sous la direction de M.Maclagan et avec le concours de Mlle Zippora Monteilh, soprano, de New-York, six représentations du populaire opéra Pinafore, à l’Académie de Musique, du 25 au 29 novembre derniers.Auditoires nombreux et fructueuses recettes, parait-il.—Succès non interrompu de la deuxième édition du Répertoire de l'Organiste de J.B.Labelle, ainsi que de la deuxième édition du populaire Chansonnier des Ecoles.Ces ouvrages sont, l’un et l’autre, très-bien appropriés comme étreunes pour la prochaine saison des fêtes.—Notts apprenons le retour au pays, la semaine dernière, d’un voyage en Europe, de M.Claver Casavant, facteur d’orgue, de St.Hyacinthe.De passage à Liège, M.Casavant a eu le plaisir d'y saluer notre compatriote M.Alcibiade Béïque, depuis quelque temps élève du Conservatoire Ecyal de Musique de cette ville.—Ait nombre des musiciens composant l’orchestre du récent concert de la Ste.Cécile à Montréal, nous avons remarqué—chose assez rare—parmi les 2nds.violons, une jeune fille de treize ans (élève de M.François Boucher,) qui exécutait sa partie avec une précision et une intelligence parfaites.—Le magnifique programme de la fête Ste.Cécile, célébrée à Trois-Rivières, mercredi le 26 novembre dernier, comprenait l’exécution, à la Cathédrale, de la brillante Messe Impériale de Haydn, et le soir une représentation dramatique, entremêlée de musique, à l’Hôtel de Ville.—En dépit d’un local dont l’aconstiquf est détestable, notre pianiste Canadien, M.Calixa Lavallée, à obtenu un éclatant succès à l’intéressant récital qu’il a donné, à la Salle Nordheimer, le 29 octobre dernier.La sonate Clair de lune de Beethoven, le Rondo capric-cioso de Mendelssohn, et son étincelant Papillon ont surtout été acclamés.—Le Musical Times de New-York, qui fait loi en matière d’art, consacre toute une de ses grandes colonnes à la description de l’importante manufacture d’Orgues de la Puissance, de Bowinanville, Ontario,— louant hautement l’esprit d’entrepiise et les succès des promoteurs ainsi que la supériorité de leurs instruments.—Les élèves, membres des Sociétés Ste.Cécile du Collège Ste.Marie de Montréal, du Petit Séminaire de Québec, et de plusieurs autres maisons d’éducation du pays, ainsi que les jeunes musiciens de “la Réforme” de cette ville, ont dignement célébré la récente fête de la Patronne des musiciens, par des offices religieux de circonstance et d’intéressantes soirées musicales. LE CANADA MUSICAL.127 —A l’occasion du jour de l’an, on ne saurait offrir de cadeau plus acceptable et en même temps, pins utile à un élève diligent, à une aimable jeune musicienne, voire même à son professeur, ou à sa maîtresse dévouée qu’un superbe métronome.La Maison A.,T.Boucher vient d’en recevoir d’Europe une magnilique collection, en acajou et en palissandre,—avec ou sans cloche.—La fête de la Toussaint le chœur dp Gfésu a exécuté la messe brève, en ut, à trois voix d’hommes, de Gounod, avec le Credo de sa deuxième messe des Orphéonistes ;—le chœur de Notre-Dame a exécuté ia messe de Farmer, avec accompagnement d’orchestre ;— le chœur de St.Jacques, celle “ du Sacre,” de Chéru-bini ;—et celui de St.Patrice,celle dite “de Ste.Thérèse,” de Lahache.—Samedi, 22 novembre dernier, fête de Ste.Cécile, avait lieu à St.Barthélemy l’inauguration d’un nouvel orgue construit pour cette paroisse, par M.Louis Mitchell, de Montréal.Mgr.Lallèche, Evêque de Trois-Rivières, honorait la fête de sa présence, et M.Octave Pelletier prêtait son concours à cette intéressante cérémonie, et fit habilement valoir les nombreuses ressources et les qualités supérieures de ce magnifique instrument.¦—Le 15 novembre, veille de la fête de St.Edmond, les membres du corps de musique de “ la Réforme” ont présenté à leur zélé conducteur, M.le Dr.Edmond Mount, une magnifique cassette à tabac, abondamment pourvue des accessoires nécessaires Ce joli cadeau était accompagné d’une adresse appropriée, exprimant la vive reconnaissance des jeunes musiciens envers leur dévoué et habile directeur.—A la suite de certaines diflicultées survenues entre les autorités de l’Eglise St.Joseph de cette ville et les membres du chœur de chant de cette église, relativement au déplacement de l’orgue, depuis longtemps promis et toujours différé, ces derniers se sont mis en grève et se sont dirigés, corps, gosiers et directeur, vers les voûtes hospitalières de l’Eglise St.Gabriel, qui bénéficie pour le quart d’heure de leur présence avantageuse.—Ce que c’est qu’un Tonologue ?Un Tonologue est un ingénieux petit instrument, que l’on peut porter dans son gousset de veste, et qui nous apprend, d’une manière parfaitement claire, le ton et le mode—majeur ou mineur—de tout morceau de musique.Fabriqué par la Maison Durand, Schœnewerk et Cie., à Paris, il a été introduit à Montréal par la Maison A.J.Boucher, où on le trouve en vente :—prix, 25 cents, —La troupe d’opéra anglais “Emma Abbott” a donné à Montréal les représentations suivantes : lundi, le 10 novembre, Paul et Virginie,—mardi, le 11, Mignon,—mercredi, le 12, à la matinée, les Cloches de Corneville,—le soir, la Bohémienne,—jeudi, le 13.Faust, —et vendredi, le 14, le Trouvère.Ces représentations, assez indifférentes en général, ont cependant attiré des auditeurs nombreux qui se sont laissés complaisamment taxer sur le pied de $1.50 pour les premières.—Nous apprenons la destructioirtotale, par le feu, de la Salle d’Opéra de Toronto, arrivée vers les trois heures du matin du 29 novembre dernier.Le nommé Wright, gardien de la bâtisse, sa femme et sa petite fille âgée de cinq ans, y ont malheureusement perdu la vie.La perte matérielle est considérable,—le tragédien Bandmann perdant à lui seul pour $25,000 (125,000 francs) de costumes qu’il y avait fait transporter la veille.—Un auditoire d’élite—quoique moins nombreux que semblait le promettre l’excellence du programme— assistait au concert de M.G.Couture, donné avec le concours de Mlle.Crompton, soprano, de MM.A.Bertrand et P.Gagnon, ténors, de M.Lavoie, basse, et du chœur de l’Eglise St.Jacques, à la Salle Nordheimer, le G novembre, dernier, L’orchestre était un des mieux composés que nous ayons entendus à Montréal, et s’il n’a pas produit un effet plus marqué, cela tient surtout aux défauts acoustiques de la salle.Le trio et chœur de Y El incarnatus est et l’Offertoire de la Messe de “ Ste.Cécile ” de Gounod, et la Marche Religieuse de Y Alceste de Gluck sont les numéros du programme qui nous ont le plus favorablement impressionné.—L’assortiment d’orgues-harmoniums actuellement I exposés en vente air magasin de musique de A.J.Boucher, est le plus considérable et le plus varié que ; l’on puisse rencontrer dans toute la Puissance, en de-; hors des grandes manufactures.Il comprend les magnifiques orgues transpositeurs d’Alexandre, de Paris, les orgues renommés d’Estey, des Etats-Unis,—enfin les célèbres instruments dits “ Dominion Organs,’’ qui ont remporté les plus hautes distinctions et récompenses ! aux grandes expositions successives de Londres, Sidney, (Australie,) Philadelphie, Paris et Toronto.Les visiteurs ont le choix entre une vingtaine de modèles, tous différents, et variant de prix de $50 à $1000.11 peut aussi être accordé aux acheteurs de grandes facilités de paiement.—Nos remerciments à M.le Chevalier Van Elewyck, Maître de Chapelle de la Collégiale de St.Pierre de Louvain, pour l'obligeant envoi du Journal de Bruxelles du G novembre, auquel nous empruntons l’intéressant compte-rendu du récent “ Festival Gounod,” à Anvers, que nous publions en tête de la présente livraison.Qu’il est rare, aujourd’hui, de rencontrer sous la plume des critiques artistiques Européens une appréciation aussi juste que celle-ci ! Basé sur l’idéal catholique, : le plus élevé et le plus pur en fait d’art, ce compterendu n’en sera que plus acceptable à nos lecteurs musiciens du Canada, auprès desquels l’illustre objet, de ces splendides fêtes artistiques—M.Charles Gounod— jouit de la plus haute considération et provoque, par ; ses œuvres remarquables, l’admiration la plus sympathique.—L'orgue-harmonium “de la Puissance” qui a valu aux excellents facteurs de Bowmanville le premier prix à l’Exposition Provinciale tenue à Toronto le mois dernier, est le même instrument qui a également obtenu le prix à l’Exposition Internationale de Paris en 1873, à celle de Sidney, Australie, en 1877, ainsi qu’au Centenaire de Philadelphie, en 187G.Voilà assurément des distinctions bien confirmées et qu’il serait impossible de contester.Rien d’étonnant par conséquent, que cet instrument si parfait ait attiré l’attention toute spéciale de Son Altesse Royale la Princesse Louise, (excellent juge en matière d’art,) lors de la récente Exposition de Toronto.A sa demande, l'instrument lui a été joué pendant près de vingt minutes, et Son Altesse s’est déclaré enchantée des admirables qualités artistiques de cet orgue. 128 LE CANADA MUSICAL.—Le patriotisme et le bon goût se rencontrent par- I lois jusque dans nos salles d’encan.Au commencement do novembre dernier, un encanteur anglais bien connu de cette ville offrait en vente, à sa salle, rue St.Jacques, plusieurs orgues-harmoniums qui, à en juger d’après l’extérieur, devaient rapporter de §150 à §200 chacun.Pendant qu’il énumérait les nombreuses qualités musicales que ces instruments devaient posséder, plusieurs acheteurs interrompent pour demander “ Are these Dominion organs ?” Poussé au pied du mur, l’encanteur dut reconnaître que sa clientelle avait affaire à de la marchandise américaine.Conséquence— l’encantenr reçut un offre de §40, lorsqu’un orgue “ de la Puissance ” eut été payé volontiers $150.On ajoute même qu’un organiste d’une de nos principales églises qui se trouvait présent, refusa d’exhiber les qualités douteuses de cette marchandise étrangère.—Mazurette est ce que nos “ cousins ” Américains appellent un live musician.Professeur air Couvent des RR.Sœurs des Sts.Noms de Jésus, et de Marie, à Windsor, il cultive en même temps une nombreuse clientelle au Détroit, touche l’orgue et dirige le chœur d’une des principales églises de cette ville, remplit la charge de jury musical à l’exposition du Michigan, adresse de fréquentes correspondances à la presse artistique du pays, et au milieu de ces occupations si multiples, il trouve encore le temps de donner d'intéressants concerts qui ne font qu’ajouter à la haute renommée artistique dont il jouit à si bon titre dans les Etats de l’Ouest.Yoici le magnifique programme qu’il exécutait, avec son succès accoutumé, à sés concerts du 4 et du 5 novembre dernier : Premier Scherzo, Op.20, Chopin,—le Roi des Aulnes, Liszt,—Grande paraphrase de concert sur la Juive, Liszt,—la Danse Macabre, Saint-Saëns,—et la Suite, en si bémol majeur, Op.204, Joachim | Raff.A Montréal, le 16 novembre, la Dame de M.S.Aubin, (professeur à l’Ecole Normale Jacques Cartier), un fils.En cette ville, Dimanche, le 30 novembre, la Dame de M.F.X.P.Demers, une fille.DECES.A .Toliette, au commencement de novembre dernier, M.l’Abbé J.O.Maynard, C.S.V., assistant-directeur de musique au collège de cette ville.Abonnements reçus dans le cours du mois.Pour Mai 1878-70—Mlle.Brodeur.Pour Mai 1879-80—Mde.Gérard,—Rév.M.M.Beandry, (6 mois)—Frères de Sorel, (6 mois)—MM.Oct.S.Delisle, (6 mois)—Ed.Rodier, (6 mois)—P.Jo-bin, (6 mois)—Daurais, E.Dugal, E.Favreau, E.Massi-cotte, (6 mois)—O.E.Gauvreau, (6 mois)—A.Drolet, (6 mois)—E.Dionne, C.Casavant.ORGUES “ ALEXANDRE ” (de Paris) et HARMONIUMS “ESTEY” Actuellement en vente chez A, CT.BOUCHER, No.280.Rue Notre-Dame, MONTREAL.No.1 Orgue-Harmonium “ALEXANDRE.” Caisse on palissandre Trauspositeur.14 jeu.6 REGISTRES.Cor anglais.Expression.Flûte.Sourdine.Céleste.Trémolo.Prix : S200 net, comptant.-: O :- No.2.Orgue-Harmonium “ALEXANDRE” Caisse en palissandre Trauspositeur.44 jeux.Geuouillùre.14 REGISTRES.Cor.anglais.Expression.Flûte.Bourdon.'.Clarinette.Clairon.Fifre.Basson.Hautbois.Forte.Céleste.Sourdine .Forte.Trémolo.Prix : §325 net, comptant.-: O :- No.3.Orgue-Harmonium “ ALEXANDRE ” Caisse en palissandre Transpositeur.54 jeux.Genouillère 15 REGISTRES.Cor anglais.Expression.Flûte.Bourdon.Clarinette.Clairon.Fifre.Bassou .Hautbois.Forte.Musette.Sourdiue.Céleste.Trémolo.Forte.Prix : §350 net, comptant.-: o :- No.4.Orguc-IIannonium “ ALEXANDRE.” Caisse en palissandre Trauspositeur.6 jeux.Genouillère.17 REGISTRES.Cor anglais.Expression.Flûte.Bourdon .Clarinette.Clairon.Fifre.Basson.Hautbois.Voix Humaine.Voix céleste.2e.Bourdon.Vlusette.Forte.Forte.Sourdine .Trémolo.Prix : §400 net, comptant.-: o :- No.5.Harmonium “ ESTEY ” Caisse en Noyer noire, 2 genouillères, 3 jeux et 9 registres, Melodia.Vox bumana.Diapason.Viola.Flûte.Violetta.Voix jubilante, Forte.Forte.Expression du grand jeu.Prix : § L50 net, comptant.
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