Le Canada musical : revue artistique et littéraire, 1 juin 1867, samedi 1 juin 1867
REVUE ARTISTIQUE ET LITTERAIRE PARAISSANT LE 1er DE CHAQUE MOIS.F-:Tï Vol.I.MONTREAL, 1er.JUIN, 1867.No.10 LE CANADA MUSICAL, Publié le 1er de chaque mois Par ADELARD J.BOUCHER, Editeur- Propriétaire.Bureau, à Montréal,.Rue Notre Dame, l\'o.260.ABONNEMENT, avec PRIME, $1.00 par année, Rigoureusement payable d’avance.10 centins le .Numéro.PRIME EXCEPTIONELLE présentée aux Abonnés du OA-HNTiVDA MITSICÜ-Ij.SOMMAIRE.—Première exécution du Stabat Mater de Possini, (suite et jin) par Adolphe Adam.—Mozait et l’accordeur, (suite), par Charles Barbara.—Description générale de l'orgue (suite.).—Avis du bureau de rédaction.Nouveau magasin de musique à Montreal.—Petite Revue par Franz Lieben.Mr.Moïse Saucier et ses-élèves.—Camillo Sivori, par Léon Escudier.—Exposition universelle de 1867 : des f es'ivals et concours orphéoniques.—Correspondance québecquoise.—Liste d'abonnés au Canada musical, (suite).—Faits Divers.—Conseils de Robert Schumann aux jeunes musiciens, (suite).—Nouvelles publications musicales choisies —Calendrier.—Annonces.PREMIERE EXECUTION DU STABAT MATER DE ROSSINI.(Suite et fin.) Chaque abonné, en acquittant le montant de son abonnement, ($1.00 par année,) aura droit de reprendre,en morceauxde musique désignés ci-dessous, a son choix,—pour la valeur d’une piastre,—montant snlier de son abonnement.-o- lorceaux offerts au choix des abonnés, La Mascarade Quadrille .Dorémus.50 cts, Jacques Cartier Quadrille.De Terlac .50 “ Hippocrate Quadrille.Valade .50 “ Les Acadiens Quadrille.Desjardins .50 “ Les Canotiers du St.Laurent.Boucher.60 “ La Confédération Quadrille .Casorti.60 « Platon Polichinelle Quadrille.Legendre.50 “ lioberval Quadrille.De Terlac .50 “ Russian Carriage Song Galop.Relié.50 “ La Couronne dé lauriers .Lavallée.75 “ Souvenir de Sabatier, Valses.Boucher.50 “ L’oiseau-mouche.Lavallée.50 “ The Bonnie Blue Flag.Southern.50 “ Lœtitia—Caprice de Salon.Casorti .35 “ Notre Religion, (Chant naiional)01ivier‘.30 “ 11 me l’avait promis, Romance.Henrion,.30 “ Dieu, mon enfant,.Robillard .30 “ Jolly dogs Galop.Boucher.30 “ Rosée amère, Romance.Abt.25 “ Le Dr.Grégoire, Chansonnette.Nadaud.25 “ Petite Alouette, Romance.-Peltier.25 “ Grande Marche Canadienne.Sabatier.25 ‘‘ Mazurka dos Etudiants.,____Mignault,_____15 “ Les abonnés de la campagne devront inclure un imble ,1e poste de .05 centinr., pou, payer Je poit ces morceaux qu’ils choisiront et qui leur seront •xpédiég, par le 'staur de la malts.Mettez des paroles latines sous la prière de Moïse, et dites-moi s’il existe au monde un morceau de musique d'église où le sentiment religieux soit plus divinement exprimé.Ou me demande si j’ai jamais ouï parler des -ivres d’Allegri, de Palestrina et de Marcello.J ai fait plus que d’en entendre parler; car, ayant commencé ma carrière de couipositeur par être organiste, j’ai .-beaucoup étudié les auteurs classiques et surtout les auteurs anciens.Je commencerai par Palestrina, comme le premier en date : .Palestrina fit uue révolution dans la musique, d’église, où l’abus des moyens scientifiques causait un tel scandale,que le pape Marcel II, qui régnait en lf)55, était sur le point de la proscrire des temples religieux.‘ Palestrina demanda au pape la permission de lui faire entendre une messe de sa composition.Marcel en fut si enchanté, que non-seulement il renonça à son projet, mais encore il chargea Palestrina de composer un grand nombre d'autres ouvrages du même genre pour sa chapelle.1 Cette messe existe et est connue sous le nom de messe du pape Marcel.On comprend qiie, voulant faire une revolution,Palestrina devait s'appliquer à s'éloigner autant que possible du genre qu’il voulait détruire ; aussi ses premières compositions sont elles d’une extrême simplicité d’harmonie; plus tard, les effets y devinrent plus compliqués.Toutes scs compositions sont pour les voix sans •LU C.accompagnements ; ce ne fut que pria d’un pièele plus tard, que Carissimi introduisit, le premier l'accompagnement de la musique instrumentale aux motets.J’ai beaucoup lu, mais très-peu entendu de musique de Palestrina.Elle a un effet tout particulier, qui tient surtout it l’absence de certains accords qui n’étaient pas encore eu usage, et à un enchaînement de modulations étranger à touto la musique que nous connaissons et qui tient beaucoup â l’époque où vivait Palestrina.Ce compositeur est un des plus grands génies musicaux qui aient existé ; mais je ne crois pas que sou style soit le style religieux par excellence, et celui qui voudrait composer de la musique uniquement dans ce dernier système, me paraîtrait a'ussi ridicule que celui qui affecterait de dédaigner notre langue pour adopter le français qu’un parlait au Xlle siècle.Je ne connais d’Allegri que son Miserere, et dussé-je profondément affliger celui qui 1 oflrc comme modèle, je déclare que cette composition me parait excessivement médiocre.Les psaumes de Mahcelio sont, au contraire, de la plus grande beauté ; mais si on me les propose comme type du style religieux, jo dirai qu’il faudra alors adopter comme tel toutes les compositions madrigalesqucs de ses eontempoiaius, où ton ne trouve pas, à la vérité, la même hauteur de pensée qui est particulière à l’homme, mais où le style et la couleur août parfaitement semblables.Il n’y a donc pas de style religieux, ansolument parlant; la musique d’église, ainsi que toute autre, ü du suivre les progrès constants que l’art n’a cessé de faire.ÿi vous admettez que le style de tel auteur soit le modèle par excellence, il s ousuivra que vous donnerez tort a ceux qui l’auront précédé ou suivi.Ainsi, si les messes de Palestrina sont le vrai type du style religieux, celles de Mozart sont anti-religieuses , car rieu ne se ressemble moins comme style, comme pensée, comme forme et comme tournure, que Mozart et Palestrina.Si vous donnez la palme ù Mozart, que peuserez-voub de Cherubini, dont la manière n’est nullement celle do Mozart ?et de Lesucur qui s’eu éloigna encore bien plus '( Êse ttisous donc pas de comparaisons impossibles entre ces deux auteurs d’époques si différentes ; convenons que si Palestrina était le premier musicien de sou "temps, Rossini est aussi le plus grand compositeur de Dotre siècle, et avouez franchement que s’il vous eût donné une composition à la Palestrina, vous l’auriez, renvoyé à l’école où l’on fait de ces sortes de tFavaux, et que vous lui auriez justement reprouhé de ne paB parler la langue de sou siècle.tjuunt uu reproche banal et qui ne peut être .-.ppuyé sur aucuue preuve, que la musique de sou nouveau àtabat convienne aussi bien au théâtre tjifâ, l’église, saehez que de tout temps ce reproche été lait aux compositeurs qui ont égalemcut \ut aille pour l’église et pour le théâtre, et q-ù ce défaut ne vous apparaît pas dans les compositions anciennes, c’est que les œuvres sacrées ont survécu aux œuvres profanes presque entièrement oubliées.Peut-être serez-vous surpris d’apprendre qu’uiï des contemporains de Bergolêse, le père Martini, lui reprochait, à propos aussi de sou Stabat d’avoir lait une musique peu appropriée au sujet,et ressemblant entièrement à Celle de la Servapadronii.Effectivement, on trouve un système d'accompagnement tout à fait identique dans le verset lu-tiammatus et uccettsus, et un air de la Serva pu-drona, Stizzoso mto stizzoso.Ici, le reproche est plus grave que celui qu'on adresse à Rossini,eu qui vous trouveriez fout au plus une conformité de stylo entre le Stabat et Moine ou Guillaume Tell, ou tel atftre de ses ouvrages les plus sérieux ; mais on ne s'est pas encore avjsè de comparer sou Stabat au Barbier de Séville ou * 1 ‘‘Italienne à Alger, tandis qu’un contemporain de Pergulèse établissait uu parallèle entre son Stubut et un intermède bouffa Lu Stabat de Pergolêsc renferme sans doute quelques belles parties ; mais, en général, cette composition m’a toujours paru fort au-dessous de sa réputation.Le premier verset, qui est peut-être le meilleur, n'est qu’une formule harmonique qui n’était déjà plus neuve à l’époque où Pergolèse écrivait ce morceau ( ! 7iH).(Jette marche de seconde se trouve textuellement avec la même busse dans uu intermède de Lully, composé en' 1669.Et savez-vous de qui sont les paroks de cet intermède ?De Molière.Et quelles sont ces paroles '! C’est le Bunu di, que viennent souhaiter a M.de Pourceauguac les deux médecins qui lui' conseillent ce geure de rafraîchissement pour lequel il avait Bi peu de goût.Ainsi donc, le debut d’un morceau religieux se trouve être le même que celui d’uu duo grotesque.11 est plus que certain que Pergolèse ignorait entièrement 1’ intermède de Lully, mais cela prouve que la formule harmonique qui compose tout le premier morceau de son stabat.«était loiu d’être^nouvellc à l'époque où il l'employa.Le verset Quœ mœiebat est d’nn rhythme sautillant qui ne s’accorde guère avec les paroles.L’avant dernier verset Quando corpus morictur est d'un beau caraotére ; il me semble cependant que le sens des paroles : Qoando corpus morietur, Fac ut anirnæ donetur Paradisi gloria.n’exigeait pas une couleur aussi triste, qui n'est applicable qu’au premier vers.Rossini me paraît avoir beaucoup mieux saisi la pensée de.cette strophe, par l’éclat de voix qui signale les tuots Paradisi gloria.La fugue du Stabat de Pergolèse a le défaut de commencer pur une succession de quatre quintes entre le sujet ot le contre-sujet, et loi développements sont peu intéressants.li Uie seuibls imp ssibl'e la mettre' en’ parallèle 147 LE CANADA MUSICAL les ijfoux Stabat, même en faisant réserve du siècle ; de la fugue, il arrête tout d’un coup l’élan du mor-d'iùtervallc qui sépare ces deux compositions.| ceau lancé vers la conclusion, ,pour reprendre les Les quatre morceaux qui me restent, à examiner | premières,mesures du début du.premier morceau, sent les nos.2, 3, 4, et 10 du Stabut.| et après c“ tepos d'un mouvement lent, il attaque Le no 2 " cujus animant est un air de ténor en ! uue vigoureuse strette qui termine brillamment ce la bémol.Le motif chanté d’abord a l’uuissou ; verset.chaleureux, et,reproduisant avec toutes les avec les violons et les violoncelles, soutenus par puissances de l'orchestre une des phrases priucipales une harmonie plaquée, est ensuite répété à pleine ! de la première strophe.voix avec toutes les puissances de l’orchestre, peu-, dant que les deuxièmes violons, les altos et les basses promèneut des arpèges en triolets sous la mélodie.La coda se termine par une pédale qui s’éteint pianissimo.Le no.3 “ Quis est homo est un délicieux duo entre soprano et contralto.Sa phrase principale est constamment accompagnée par un dessin de notes répétées dans les premiers violons qui sdit toutes les allures de la voix, sans que le chant soit jamais gêné par cet accompagnement obligé.La mélodie en est d’une grâce enchanteresse et d’une élégance extrême.Le no.4 *• Propeccatis" est jin air de basse en la mineur.J’ai déjà parlé de la difficulté de donner une idée d'un morceau de musique sans citer la note écrite.J'ai cependant vu souvent des auteurs d’articles de musique, d’ailleurs fort bien faits, s’évertuer à analyser des modulations en faisant la nomenclature des accords et en indiquant leur succession.J'ai remarqué que les gens du monde sautaient à pieds joints par-dessus ces descriptions, craignant de ne pas les comprendre, et que les musiciens se repentaient de n’en avoir pas fait autant,vu qu’ils n’y comprenaient pas d’avantage.Je ne m'efforcerai dor.c pas de vous faire l’analyse fort p u claire d’une ravissante modulation qui, partant de la naturel, arrive en ré bénvol, et retourne au ton primitif en moins de six mesures, sans que l’oreille soit le moins du monde ëhoquée de cette brusque transition,, qui est sauvée avec tant d'art, qu’on croirait entendre la chose la plus naturelle et la plus usitée.La phrase Voici donc achevé cet œuvre admirable, dont le mérite n’est peut-être quemiçu} attesté,par la vivacité de quelques critiques} dont il a été l’objet.Certes, le droit de blâme appartient t\ chacun, et je ne comprendrais guère un auteur qui se fâcherait sérieusement de, l’opinion,.quelqge sévère qu’elle fût que l’on aurait pu émettre s.ur sa composition.Mais ce que je ne saurais tolérer, c’est, que le droit de rendre justice au génie fût méconnu; et je répondrai à ce|ui qui n u pas craint de m’accuser d’une admiration hypocrite, que lorsqu’il s'agit d’un homme comme itossini, l’admiration doit paraître trop naturelle pour pouvoir .être taxée d’une hypocrisie dont;, au reste, le but m’échapperait entièrement ; et, j’ai trop bonne opinion du goût,et de l’esprit de celui qui m’a adressé ça reproche, pour ne pas penser qu’il est beaucoup moins sincère dans sa critique que je ne l’ai été dans mes louanges.Itossini me paraît avoir été, dans son Stabat, plus mélodique que tous ceux, sans exception aucune, qui ont écrit de la musique religieuse, sans que le ,style fût pour cela moins élevé et moins approprié au sujet.Et ce n’est pas un mince mérité que celui de n’avoir employé qu’ac-cessoirement les ressources de l’art, qui ne manquent jamais de fournir à ceux oui savent s'en servir la sévérité de couleur qù’ils recherchent, et d’être arrivé à ce.but par des moyens d'invention et des mélodies,.ée qui se trouve beaucoup plus, difficilement que des combinaisons d’harmonie et de contre-point, quelque intéressantes quelles, puissent être, Rossini a, du reste, prouvé, dans majeure qui sépare les deux reprises du moi if est de -on dernier mo q u i, pouvait faire do la la plus graude suavité.Cet air ma paru ^ I science aussi bien que, tout autre; et sans l'in-dos meilleurs morceaux du Stabat.fluence de son génie qui, malgré lui, perce, encore Le no.10 est Amen portant la iugue que ^ havers l’aridilé de la fugue,ce morceau aurait pu Posstni s est cru obligé de faire comme tous «Mjdevenir R8sez seo e) aS8CZ .^thématique pour devanciers, Peut-etre un si puissant gen.e aurait-1 contehter pleinement ceux qui ne, cpnsidèrcnt l’in-il dû se mettre au-dessus de 1 usage, et ne pas vention et inspiration que comme inférieure au se mettre au-dessus de l'usage, et ne pas sacrifier au préjugé qui impose l’obligation de faire une luguc, le moins religieux de tous les morceaux ; mais peut-être aussi a-tril voulu répondre en une fois et pour toutes à ceux qui préten-(jent qu'il n’est pas savant, et leur prouver qu’il n’a dédaigné le titre d'homme de science que parce qü’il préférait celui d'homme de génie.Car tl est assez singulier qu’en musique le titre de savant s’accorde généralement moins à ceux qui le sont véritablement qü’à ceux qui font abus de la âciëhcé., Quoiqu'il en soit, la fugue du Stabat .est irréprochable Comme régularité ; mais Rossini n’a pu résister,’après cette concession, au désir dé revenir lüî-même, et après la pédale, suivie des strettes et savoir., , A ceux-là.je rccommendcrai l’étude des maîtres de l’école flamande, parfaitement oubliée aujourd’hui ; qu’ils lisent les œuvres des Jacques.Des-prçs, des Claude Goudimcl, des Okenheim, des Mouton, des Orlando Lassus,; ccs œuvres sont des prodiges de sdience dont peuvent approcher les compositions de ceux qu'ils ont précédés dans la carrière._ , Eh bien ! c’est précisément l’excès de leur science qui amena ce scandale qui, sous Palestrina faisait à jamais proscrire la musique des églises: Et si un jour à venir, quelque Marcel futur voulait renouveler celte réforme dans la musique IUl*UicLUC| Cu d|HLO Id pcudlCj OUI» IC Uvo onwvwu v | ^ # .%£»* tj , •• de tout ce qui amène ordinairement le péroraison i sacrée, qu on Yui lasrt entendre lé Struat a& Roi* 148 LE CANADA MUSICAL sini, et bien certainement la musique rentrera en grâce auprès du chef de l’Eglise.Adolphk Adam.(Fin) MOZART ET L’ACCORDEUR.IV Avec quelques uns de ses amis à qui il avait donné le mot, Mozart, le lendemain, gagna le faubourg et monta chez Fischer.Tout y était bouleversé.Les meubles et les instruments y avaient été, le long des murs, empilés les uns sur les autres.Dans cette salle ainsi dégagée pouvait se mouvoir un nombreux public.A quelques pas de la fenêtre du milieu,se dressait une table autour de laquelle étaient assis plusieurs hommes.Devant cette table ne cessaient de grossir, du côté de la porte, des groupes de marchands et de revendeurs, ou encore le nombre des gens qu’attirait le spectacle assez rare d’une telle vente Près de la fenêtre de droite, se tenait l’accordeur dans une sombre immobilité.A peine aperçut-il le jeune maître fendant la foule, qu’il alla à lui et l’entraîna dans une chambre où précisément la pauvre M me Fischer cachait sa honte et pleurait toutes ses larmes.— Je voüs attendais de meilleure lipuré, dit vivement Fischer â Mozart.N’importe! voici votre caisse telle que vous me l’aviez confiée.Vuus vous êtes sans doute fait accompagner de quelqu’un pour la porter chez vous?— Oui, oui, dit Mozart, et même de plusieurs personnes.Mais, reprit-il, qu’est-ce donc que tous ces gens que je viens de voir dans la salle à côté ?— Ces gens! fit l’accordeur en détournant la tète d’un air de confusion.— Oui, ces gens.Et pourquoi cette bonne Mme.Fischer semble-t-elle si désolée?Fischer roula autour de lui des regards farouches et répliqua: — Ma femme I Elle vient d’apprendre la mort d’un parent.Ces gens.ce sont des curieux que j'ai invités à voir certaines expériences.Mozart regarda l’accordeur entre les deux yeux.— Voyons, monsieur Fischer, voyons réporidez-moi franchement : ne puis-je rien pour vous ?— Hein ! plait-il ?fit le vieillard en se redressant.Pour moi ! Que voulez-vous dire ?Rien, maître, absolument rien.Mozart reprit : — Ma fantaisie et mes plaisirs sont un gouffre où je vais aller verser en pure perte l’argent de ccttc cassette.Ne vaudrait-il pas mieux le confier à un brave homme pour l’aider dans ses affaires et le mettre en état d’assurer le pain de ses vieux jours ?Qu’en pensez-vous ?— Ce que j’en pense ! fit rudement le vieil accordeur.Vous êtes prince par le génie et.vous devez vivre en mince.Si grande que soit votre fortune, elle n’atteindrà jamais à celle .vous méritez.Quant à moi, continua Fischer, mon sort est réglé.Je suis, j’en conviens, bourru, orgueilleux, sauvage, tout ce qu’on voudra, mais aussi trop vieux pour changer maintenant d’humeur et de caractère, et, ne vous en offensez pas, maître, vous semeriez en aumônes tous les ducats de cette cai.dans la rue, que je subirais la mort avant de les ramasser.Sur le visage du vieillard éclatait eu caractères' de feu l’inflexible résolution de ne pas avouer sa misère, de repousser la compassion d’autrui, de rester sourd ù toutes offres de service II y avait même lieu de croire qu’en insistant on ne ferait qu’affermir le furieux dans sa volonté inexorable.Aussi Mozart, résolu à le sauver quand meme, songea-t-il à quelque autre moyen pou.\ parvenir.tie résignant à emporter la cassette, ii sortit par une porte qui ouvrait sur l’escalier, fit mine de gagner la rue, et îvntra peu après dans la grande salle, où derrière la foule, l’attendaient ses amis.Le vieil accordeur ue disait pas une parole légèrement.Il avait annoncé qu’il voudrait son lit, et, en effet, ce fut le premier objet que les commissaires-priseurs mirent en vente.— Un lit en vieux chêne, à baldaquin, avec matelas, coussins, couvertures et courtines 1 On peut le visiter dans la chambre à gauche.Deux ducats Plusieurs revendeurs, qui s’entendaient comme larrons en foire, renchérirent fort discrètement.— Et trois florins ! fit un premier.— Deux ducats et trois florins ! — Trois ducats ! fit un deuxième.— Trois ducats 1 Ue peu d’empressement n’indiquait, rieu de bon.On pouvait parler à coup sûr que le lit serait adjugé par surprise à un prix Sien inférieur à celui qu'il avait.Une voix qui fit dresser toutes les têtes s’écria tout à coup du milieu de la tonie : — Dix ducats ! Les marchands stupéfaits cherchèrent des yeux l’auteur do cette folle enchète- Apercevant un groupe de jeunes gens qui riaient et semblaient chercher l’ombre,ils crurent a une trame d’écoliers, et l’un d’eux lesïgourmanda de venir s’amuser en pareil lieu.— Qui parje de plaisanterie ?demanda Mozart.— Et l’on paye comptant ! ajouta le trouble-fête.Qu’à cela ne tienne ! dit Mozart en puisant dans la cassette.L’un de ses amis prit une poignée d’or, se fît faire place, approcha de la table, y déposa dix ducats, glissa un nom dans l’oreille du receveur, et s en retourna avec quittance délivrée à ce nom.(1) T.c ducat, on le sait., vaut environ dix francs et le florin le quart du ducat. LE CANADA MUSICAL.H9 Fischer avait suivi cette enchère au milieu de véritables angoisses.Quand il se vit dix ducats assurés, il respira à pleins poumons, parut tout heureux et se frottant les mains, balbutia entre ses dents : — Maintenant vendez, vendez comme vous l'entendrez, tout ce que vous voudrez.Feu m’importe 1 j’aurai mon piano ! • Ensuite, comme il savait parle tableau de vente que le piano ne serait vendu qu’en dernier, il alla attendre cet instant dans la chambre où était sa femme, ne voulant pas avoir la mortification de voir sous ces yeux, adjuger au plus offrant ses Instruments et "ses meubles.La séance continua.Distraits, quoi qu’ils en fussent, de l’incident qui venait d’avoir lieu par de n'ouveaux intérêts, les marchands ne songèrent plus qu’à se disputer à •vil prix les dépouilles du malheureux Fischer.Un buffet de chêne massif, parfaitement sculpté était particulièrement l'objet de leurs convoitises.La mise à prix ne fut que de trois florins.Il monta rapidement à trois, quatre, cinq ducats, et ii allait appartenir à celui qui en offrait quelques florins de plus, quand une* voix cria, cette même voix qui déjà leur avait causé une si cruelle décep-lion : — Neuf ducats ! Dans leur camp l’alarme fut vive, Comme précédemment, ils voulurent douter que ce fût sérieux et se flattèrent un instant de voir l’enchérisseur, faute de pouvoir payer, couvert de confusion.Mais le même jeune homme qui une première fois .était allé au bureau, y alla une deuxième fois compter ses ducats et retirer sa quittance.Néanmoins ils tinrent bon encore.Dans leur conviction, ces folles enchères ne pouvaient manquer d’avoir un terme.En supposant l’extravagance de ces jeunes gens inépuisable, il ne devait pas en être de même de leur bourse, et il était probable qu’à force d’y puiser ils finiraient par en trouver le fond.Il n’ep fut rien.A chaque mise en vente nouvelle, la même scène se renouvela.Tous les meubles, tous les lots d’instruments furent successivement adjugés au même inconnu qui, le sourire aux lèvres, perça la foule et alla au bureau y ranger ses pièces d'or, Inscn.-ibiement, parmi les revendeurs, s’étaient élevés des cris d’indignation et de colère.Quelques-uns avaient déserté la salle.D’autres n’avaient pas craint de dire: — Ces jeunes gens sont fous.Ils ont été .trop, tôt émancipés.Il faudra que la justice s’en mêle.Leur mauvaise humeur n'avait pas empêché lu vente de suivre son cours, et les piles de ducats de se multiplier sur la tabic.C’était fabuleux.Chaque objet avait été payé en moyenne trois fois plue qu’il ne valait.On arriva au piano.Fischer, qu’on alla prévenir, aceourut comme un fou.Dans sa préoccupation, il ne vit rien, ni que le bureau était chargé d’argent et d’or, ni que dans la salle,où se pressait la foule une heure auparavant il ne restait plus çà et là que quelques personnes.Ne songeant qu’à l’enchère qui allait avoir lieu, il prit un siège et s’y tint immobile.— Un piano en acajou, dit le commissaire-priseur, à cinq octaves et demie, deux cordes, deux pédales.trois ducats ! —Quatre ducats ! dit aussitôt Fischer.— Quatre ducats ! Se tenant caché derrière ses amis et déguisant sa voix, Mozart dit à son tour : — Cinq ducats I — Cinq ducats ! Lo vieil accordeur, qui ignorait absolument ce qui s’était passé, ne ressentit encore auoune inquiétude.__Six ducats ! dit-il d’un air triomphant.L’instrument ne valait pas cela, et il ne pouvait croire qu’un enchériseur serait assez fou pour en donner d’avantage.Aussi sa stupeur fut-elle grande quand il entendit crier : — Huit ducats ! Il tressaillit, la sueur lui vint au front, il trembla de tous ses membres.— Neuf ducats ! balbutia-t-il.Et avant même que l’autre voix se fit entendre, dans sa crainte folle de se voir enlever l’instrument, jil ajouta ne sachant plus ce qu’il faisait, renchérissant sur lui-même : — Dix ducats ! — Dix ducats.11 se fit un grand silence, un silence solennel.Fischer ne respirait plus, il étouffait, il se sentit défaillir.Qu’on juge de son émotion, quand cette enchère retentit à ses oreilles : — Quitize ducats ! Il jeta un cri étouffé, ferma les yeux, s’affaissa sur le dossier de sa chaise et y resta anéanti.Pendant qu’on s’empressait autour de lui et qu’ou s’assurait qu’il n’y avait rien de grave dans son état, Mozart avait de nouveau recours à.sa cassette, se faisait délivrer quittance, donnait 1’ ordre de porter l’instrument chez lui et s’échappait au moment même où le vieillard rouvrait les yeux.Le premier souvenir qui se dégagea du cerveau troublé de Fischer fut celui du piano.Il le chercha des yeux, et ne le voyant plus, retomba sous le poids d’un muet et sombre désespoir.Sa femme, la victime résignée de scs passions et do son orgueil, lui prit les mains, essaya de le ranimer.Elle savait déjà le chiffre surprenant auquel avait atteint la vente.Charles Barbara.(à continuer.') 15.0 .LJ?CANADA MUSICAL DESCRIPTION GENERALE DE L’ORGUE.tt: CHAPITRE V.DXS JEUX.Les principaux jeux de l’orgue sont : La montre.—C’est un des jeux de fondo les plus essentiels de l’orgue, et il se trouve habituellement placé en vue dans- le buffet, de là son nom.Les tuyaux sont cylindriques et en - métal On fait des montres de huit, de seize et de trente-deux pieds.Les montres de seize et de trente-deux pieds sont en métal ou en bois, elles parlent une ou deux octaves plus bas que la montre de huit pieds, elles ne se trouvent que dans les grandes orgues qui ont au moins cinquante jeux et- correspondent principalement aux pédales.Le bourdon.—Les tuyaux de ce jeu sont généralement faits en bois, tet bouchés à leur extrémité, souvent dans leur partie supérieure, ils sont faits en métal.Ils sont de seize et de huit pieds.; Le prestant.—Ce jeu est accordé une octave plus haut que la montre de huit pieds.IV est ouvert et en métal, La doublctte.—Ce jeu est accordé une octave plus haut que le prestant, et l’?' • n ¦ En ajoutant cés divers jeux aux jeux de fonds existants, en joignant au grand orgue le cornet, et aux pédales la bombarde dti'seize pieds,en ouvrant la boîte du récit expressif, et en -accouplant les claviers on obtient le grand choeur-.La trompette du récit se traite eu jeu de solo, et, comme tous ces jeux, elle se joue avec le bourdon ou le prestant, et s’accompagne avec une flûte ou lin bourdon.Le hautbois exige un accompagnement plus doux, et se combine souvent avec le bourdon de huit ou une flûte de qu atre.Le clairon peut être traité en jeu de solo.Les flûtes se jouent ensemble.La montre peut être traitée comme une flûte.La gambe se combine avec le salicioml et la dulciana.1 Le bourdon de huit avec la dulciana de quatre fait bon effet.Le krumhorn, combiné avec le prestant, ou renforcé, par le bourdon de huit, est également bon.Souveut les jeux d’anches solos ont besoin d’être nourris par un jeu de fond, le plus souvent par le bourdon de huit qui leur ôte le tranchant et leur donne du moelleux.Le nasard peut se combiner avec la flûte de huit ou le bourdon de huit pour exécuter des traits assez vifs.La douillette, soit avec le bourdon de seize ou de huit, est très-propre aux passages arpégés.Le cymbale, le clairon et le basson, mêlés ensemble, produisent un timbre assez distinct, soit en les jouant en solo, soit en se servant de ces jeux pour accompagner; toutefois l’accompagnement ne doit pas dépasser le medium.On exécute des duos, en disposant deux claviers avec des jeux de solo différents ; pour obtenir une grande variété de timbre, on y ajoute, de temps à autre, un jeu de quatre pieds.La voix humaine se joue rarement toute seule, on a soin d’y ajouter un jeu de fond de huit et même de quatre pieds pour lui donner plus de rondeur.On y ajoute le tremblant, et on l’acrempagnc d’un jeu assez distinct en accords brisés.(à continuer.) NOS ABONNES RETARDATAIRES.Un petit nombre de nos abonnés de la ville et de lu campagne n’ont pas encore tenu compte de nos conditions d abonnement,- -i faciles pourtant puisqu’outre le journal qu’ils reçoivent, ils ont encore droit de reprendre, comme prime, en morceaux de musique désignés sur la première page du Canada Musical, à leur choix, pour la valeur du dollar que nous réclamons d’eux.Les faibles ressources de notre petit journal, auxquelles du reste notre imprimeur fait, et de droit,''une légitime violence,' chaque mois, nous engagent à prier de nouveau nos amis en retard de nous prêter secours en nous faisant parvenir, sans plus de délai, la piastre d’abonnement.Nous ne pensons pas avoir encore' importuné personne et nous espérons que l'empro,moment avec lequel on voudra bien se rendre a cet appel nous dispensera de le faire. LE CANADA MUSICAL.153 NOUVEAU MAGASIN DE MUSIQUE A MONTREAL Nous avous le plaisir d’informer nos lecteurs et ;es amateurs de musique en général, que nous 'avons fait l’acquisition, dans le courant du mois dernier, du vaste fonds du magasin de musique de MM.Gould et Hill (ci-devant maison Nordhei-mer) et que nous l’avons transporté vis-à-vis la salle Nordheimer, au No.130 Grande rue St.Reçues, dans la nouvelle et élégante bâtisse que vient d'ériger M.Jos.Tiffin.MM.Gould et Hill nous ayant cédé avec leur fondsentier la bienveillante olientelle de leur établissement,ils sé proposent de continuer,àleur ancien magasin ,sur une échelle très-étendue,l’importation et le commerce de pianos, d’harmoniums, d’orgues de salou, etc.Le fonds de musique que nous avons ainsi acquis est, de beaucoup, le plus considérable et le plus varié de ce pays.Il comprend, outre le plupart des plus excellentes publications du jour une collection remarquable de musique classique, -—surtout des compositions de Handel, Mozart, Haydn, Beethoven, Mendelssohn, Chopin, Heller, etc., et les méthodes, exercices et études des meilleurs auteurs en très-grande variété.Déjà, depuis notre acquisition, cc foilds a été considérablement augmenté par l’importation directe d’Europe, de New-York et de Boston, de plusieurs caisses de musique qui en complètent l’assortiment.Pour la commodité de notre nombreuse clientèle Canadienne-Française nous continufcrons en même temps, sous la direction immédiate de M.Alphonse Gosselin, (dont la prévenance et l’urbanité ont été déjà appréciées par les habitués de notre établissement), le magasin de la rue Notre Dame,(No.260 vis-à-vis Musseil), On y trouvera, comme par le passé, un assortiment c -m’plet de musique1 Américaine et étrangère, et notamment une collection variée de près de 2000 romances, chants comiques, cantates, et extraits d’opéras Français,—-aussi de musique d’orgue et de chants sacrés.Nous profitons de l’occasion pour remercier le public musical de la ville et des campagnes du patronage libéral qu’il a bien voulu nous accorder jusqu’à ce jour.Cc généreux encouragement.nous engage à redoubler do prévenances et d’attentions afin de servir à souhait les personnes qui voudront bien honorer d’une visite notre établissement soit de la rue Notre-Dame ou de la Grande rue St.Jacques.Nous ferons remarquer que la réunion de deux maisons aussi considérables, offre, par la variété, la quantité et l’excellence, de leurs fonds respectifs, des facilités exceptionnelles pour l’exécution la plus complète possible des commandes que l’on voudra bien nous confier.PETITE REVUE, %* % Décision prise toute nouve Jlement par les directeurs de l’Opéra-Comique, du théâtre Lyrique.Un concours annuel serait ouvert entre les compositions qui n’ont pas encore pu aborder < es deux scènes, afin d’y représenter l’œuvre qui remporterait les suffrages, C’est un progrès, et il ne nous reste qu’à espérer que tous les autres théâtres en feront autant : l’Expcsition produit décidément son effet- Don Carlos a fourni à M.Azevedo l’occasion de lancer de nouveaux anathèmes sur Richard Wagner, et il s’en est donné à cœur joie.J’ai lu à peu près tout ce qu’on a écrit sur la dernière œuvre de Verdi, et j’avoue que cela m’a bien amusé ; la différence d’avis est telle qu’on ne croirait jamais qu’il s’agit du même ouvrage : c’est une vraie confusion, non pas des langues, mais des opinions.Le plus court moyen, lorsqu’on veut savoir la valeur d’un ouvrage, est bien, à ce que je vois d’aller prendre un billet et d’entendre soi-même, ce qui n’est guère facile en ce moment à l’Opéra, à cause de la foule.j.*.L’excellente’Musique des guides,dirigée par M.Cressonnois, joue maintenant à l’établissement Besselièvre,aux Champs-Elysées, et ces concerts très-intéressants sont fert suivis.C’est le cas de demander pourquoi les musiques militaires do la garde et autres ne donneraient pas même en hiver des concerts publics réguliers dans un endroit affecté spécialement à cet usage, comme cela se pratique en Autriche ét en Prusse ?Ce serait un moyen d’exciter l’amour propre des corps de musique et d’amener d’excellents résultats.Fbanz Lies en.M.MOÏSE SAUCIER ET SES ELEVES.M.Moïse Saucier se propose de donner prochainement à la Salle de concert Boucher, (130 Grande Rue St-Jacques) des auditions publiques de plusieurs de ses élèves les plus distingués, à l’instar des auditions de même genre, données par Mannontel et autres professeurs distingués du Conservatoire Impérial de Paris.Dans la seconde partie de la séance M.Saucier exécutera quelques morceaux classiques de Wéber, Chopin, Thalberg et des études de concert de Stamaty.Il sera de plus assisté par plusieurs amateurs distingués de cette ville.Cc nouveau genre de soirées musicales promet d’être très-profitable aux’élèves qui se feront entendre et non moins agréable aqx nombreux assistants qui désirent témoigner de leur appréciation des talents distingués de M.Saucier. LE CANADA MUSICAL.CAMILLO SIY0RI.(Suite.) Cette espèce de moisson se fait d'ordinaire en Angleterre entre le printemps et l'été.Un appelle pc la le saison ; et, ep effet, g’pst la saison par excellence.Sivori »e trouva e\ bien de sa première récolte, qu’il voulut I11 renouyeler trois lois.Quand on prend des guindés on u'ep saurait trop, prendre.Après trois ans de séjour en Angleterre et uu petit palcul arithmétique que Suyon lit en vidant son portefeuille, il pensa qu’il n’est pas si bon terrain qui, après trois ans de récoltes abondante», u’ait besoin de çe reposer, et s’eq alla en Hollande.Il Iui venait de ces côtes comme des bouffées de ipil-ïon rancç ; il désira sayqjr à quoi s'en tenir sur la richesse de messieurs les |hollandais, et surtout sur Jeur goût pour la musique.Il eut à s’applaudir fie cette bonne résolutjqjj.De là, il passa eu Belgique,y donna des concerts, puis il s’orienta pour savoir où diriger ses pus.Il avait vu, après l'Italie, la France et l’Angletorre, l’Allemagpeet la Russie,la Belgique et lqlfollaqde presque toqte l’Europe en un mot.Il résolut de traverser l’Océan et de s’en idler voir ijn peu le nouveau continent.C’était naturel dfi’ la part d’uu concitoyen de Chriptoglfe Colomb.Qnan,d qoqg disons un j>eu, nous ne sommes pas pjyajjts, II.resta sept on huit ans en Amérique.Il pat vrai qu'il yisita.soigantc-sept villes- ' C’est yoqp dire que son archet ne se reposa pas trop.Cher les Américains d'ailleurs, l'activité et la lo-pomotion sont à l'ordre du jour.Jl est encore une chose à l’ordre du, jour des Américains, c’est l’enthousiasme.Quand les Yankett aiment un artiste,, ils, en, raffolent ils le pouvrent de dollars et de fleurs, ils l’assomment de Sérénades et d’auhades, i]s lp mangeraiept tout pyu pour lui prouver, comme Ugolin, qu’ils ont des entrailles, et, pour mieux lé Ipi proqypr, ils les lui feraient visiter.Netre ami Siyori ne fut pas mangé par messieurs lea Yankees, mais-il ne tint qu’à un cheveu qu’il ne servit de pâtqr® auI poissons.Voici comment: ' En traversant l’isthme de Paqpma, il dqt passer une rivière dans une barque conduite par quatre nègres.Le trajet, sans être trop long, manquait de gaieté.Pour se distraire, sivori eut la malencontreuse idée d’essayer de l’effet que produit le son du violon sur lee noirs.Aussitôt pensé, aussitôt fait Il-tire l’instrument de son étui, et, pours mou archet 1 Au commencement les choses ne vont pas trop mal.Les nègres cessent de ramer et écoutent de toutes leurs oreilles- Mais bientôt ils se mettent à pousser des cris de feu, auxquels succèdent des ohuchotemcpts fort inquiétants.Impossible à Bivpri de comprendre oe qu’ils se disent eritnc eux probablement ils parlent nègre.Mais i! le devine à quelques gestes significatifs.Ces étranges rameurs l’ont priB pour un sorcier, pour le diable lui-même peut-êtrp, et ils se mettent d’accord sup la façon la pluB prompte de s'en débarrasser.Sivori s'empresse de rangaîner sa fantaisie et son violon, et tâche de les persuader de son mieux qu’il est un simple mortel, r-on éloquence n’atteindrait pas le but, si clip n’était pas consolidée par un paquet de cigaros et une bouteille d'eau-de-vie, Eepuis ce moqiept, quand Sivori voit qn nègre sur l’un des trottoirs, il se dépêche de prendre le trottoir opposé- U ne donne pas la main $ M.Alexandre Dumas sans une certaine appréhension.De Panama, Sivoyi se rendit au Pérou, qui justifia pour lui les quajités financières qu'on attache à.son nom.Puis il passa nu Chili, à Valparaiso, où upe frégate le prit à son bord, et voulut lui faire jiouuuage du prix de transport jusqu’j Rio-Janeiro.Majs Sivori, l'ingrat ! pe rappelle eette gracieuseté qp’avec un sentiment de profonde amertume.C’est' peut-être à cause de l’attaque de fièvre jaune qui faillit l’enlever dans cotte belle capitale de l’empire brésilien.Timm JJanqas et douait-rentes} répondit Sivori, qui n'avait pas perdu son latin,quand un nouveau navire lui offrit un nouyçpu passade.l^tons-nou* cependant d’ajouter qu’à la fipvre jàuup près, Sivori a gardé les meilleurs souvenirs du gracieux socueil qu'il reçut à Rio Janeiro.Il préféra donc obei^r le moment, et partir, en paynpt son billet de steamer, pour Buenos-Ayrea dont le nom lui parut de bon aügure.Il ne s'était pas trompé.En effet, entre les chaleureuses ovations qu’il obtint dans cette ville,—ce qui ne dqt pas l’étoquer, si modeste qu’il soit,—il fit une rencontre qtÿ l’étonna vivement, ou plutôt qui lui causa ube bien agréable surprise- 11 se trouve nés à, nos avec Kestauo, son premier maître de violon, le prophète de sa gloire.JFe vous donne à penser si j étreinte fut cordiale.Le maître et l’él ève faillirent s’étou^r mutuellement.Sivori, tpujoure pressé par la rage de la locomotion, serait passé en Chine, mais il soupesa soq magot, et s.’pn étant trouvé satisfait, il s’eii revint dans sa ville natale.Il aurait Pu 56 reposer et vivre tranquillement de ses revenus, mais une circonstance fatale et hâtons-nous de le déolarer—tout à fait indépendante de sa- volonté, lui fit perdre la fortune qu'il avait amassée si honorablement.Sivori no se découragea pas.C’était une carrière à recommencer.Et comme il se souvint fort à propos¦ ce Ra première moisson, il retourna vite en- Angleterre.Après huit ans le terrain avait dû-ec bouifier.11 resta trois ans-cette seconde foisf ches nos voisins- d’out re-M anche, le même tempe qu’il y.avait paBsé'la première fois, et les ovations ne lui tirent défaut pas plus que lee gainées.L’Eooese et l’Irlande se cotisèrent pour J’applaudir et pour réparer la brèche fi cruellement faite à sa fortuue. LE CANADA MUSICAL.155 Ceux qui ont été à Londres à l'époque de la première grande Exposition doivent sc souvenir de son brillant séjour.Mais il n’est pas de beau pays dent tôt ou tard on ne se lasse, surtout quand ou descend, religion à part, du Juif-Errant.tjivori vit un jour unecarte de la Suisse, Ce fut un trait de lumière —Eh parbleu ! s’éeria-t-il, et la Suisse que j’oubliais ! Vite, partons, j’ai hâte de visiter la patrie de Guillaume Tell et du Sun-derbund.Il se dirigea sur Genève.Mais sa chaise de poste versa, et il sc fractura le poignet dé la main gauche ! Sans M.Lafontaine,ce vajllant disciple de Mesmer, nous serions forcé d’arrêter ici la biographie du célèbre violoniste génois.' Après deux mois d’angoisses, car il croyait à jamais brisée sa carrière, trivori essaya de nouveau ce poignet si précieux sur son magnifique Guar-nerius.Les doigts, sauf une défaillance provenant d’un repos, trop prolongé, n’àvaient rien perdu de leur souplesse.‘Il les mit bravement en exercice et bientôt après il fit les délices de treize cantons.La majorité lui parut suffisante au sujet 'de la Confédérat.kiu, et il retourna en Italie.Tl revit Florence, cette fois à la Pergola, retrouva sa Gênes chérie, où il joua pour l’inauguratiou d?un nouveau théâtre ; puis il passa à Marseille, où il eut un succès d’enthousiasme, et d’un enthousiasme méridional, ce qui double la valeur du mot.M.E.Bénédit écrivit en cette occasion une re-marquablé ‘rnoii ographie de tiivori ; ‘ il raconta les principales péripéties de cette existence si mouvementée, et fit une appréciation fort judicieuse de Bon talent.“ Sivori, dit il, est de tous les violonistes célèbres de notre temps.celui qui rappelle le mieux son maître et son illustre modèle Paganini, dotii l’école éminemment originale a produit de nombreux imitateurs.Comme d’habitude, la plupart de ces instrumentistes ont pris le côté le plus’ excentrique du grand artiste génois, sans avoir en eux ces puissantes ressources ; d’où il suit’ que le jeu pèçhp constamment sous lo rapport de là justesse et delà précision, oivori, lui, malgré bon goût pour la fantaisie et l’originalité, remplit toutes des conditions du violoniste, au gré des plus sévères connaisseurs, fussent-ils disciples dé Viotti ou de Baillot, En conservant de Paganini lea traditions les plus bizarres, lés plus hardies, il perpétue également ses meilleure?qualités, c’est-a-direla justesse, l'utnpleur, la grâce et l’expression.Il porte même pluS loin que Paganini cette dernière faculté, à notre avis la plus belle de' toutes, comme on a pu'lô voir à l’air final de Lucie.Dans be morceau tout rempli de sentiment et de’larmes, Sivori vous impressionne à l’égal des plus grands chanteurs Rubihi et Duprez.Les vibrations pé-j bétrantes qu’il tire de ses cordes sont-moins l’effet J d’un caïeu» aitistiqué quo le résultat de l’inspira- i tion et d'une sensibilité profonde.Toujours égal, : joujours purement expressif, Sivori dit d'un bout j a j'uptpe petfp belle mélodie de Donizetti avec des accents d’une éloquence inoqïc, et de plus avec une sobriété d’orneinentp, qui dépèle chez l’artiste le sentiment du goût le plus pqr.J/Adagio et le rondeau de la Clochette, de J’aganini, redoutable composition que bien ppu de violonistes jouent d’une manière irréprochable, est pour S-ivori un jeu u’ curant.La légèreté, Ip galbe dp son archet'et l’insouciance aimable avec laquelle il attaque le motif du rondeau jettent sur ce débuf qn charme inexprimable, auquel vient sc joindre que surprise non moins grande lorsqu’il imite sur la i hanterelle le tintement d'une petite clochette avec tant d’éclat et' de pureté métallique que l’on a peine à distinguer le timbre du violon.De Marseille, notre violoniste passa à Lyon, à Bordeaux ; il visita la plupart de nos grandes villes départementales.Et là, comme partout et toujours, la Renommée l a précédé, le succès l’a suivi L’année dernière (1862), on proposa à Sivori de prêter le concours de son talent à un concert donné au bénéfice des pauvres, sops le patronage de M.lé comte Waleytski; la même proposition avait été faite au violoniste Alard.Sivori, après quelques sages observations, crut dévoir céder aux instances qui Ipi étaient laites.Alard se présenta la premier devant lp public pour exécuter un concerfo de Mendelssohn.Il fup accueilli avec une prédilection marquée, notamment par l’orchestre et les choeurs.C'était naturel.Il est apprécié et aimé de ‘tous les artistes.' Il jpua d’un façon très-remarquable son concerto, dont tous les morceaux furent fort applaudis.Le concert continqa, et ce ne fut qu’à onze heures, lorsqpe le public était déjà fatigué, que Sivori se présenta à spn tour.11 fut bien‘accueilli par le public, froidepicnt par les musiciens, qui crurent faire tort à Alard en montrant de la sympathie pour Sivori.Ils ne connaissent pas Alard 1 ' Sivori attaqua le-formidable tutti d’up eoncerto en st bémol de'Faganini.L'auditoire était éveillé.Le solo inimitable qui le suif, suffit à le charmer.Les applaudissements éclatèrent de tous leB points de ]a s'ulle,et se changèrent en trépignements,lorsque le solo" se,termina sur une ondèpee véritablement diabolique qui transporta l’aqditoire.Jamais triomphe qe fut plus complet.Quatre mille personnes, qui' frappent des mains et crient bravo ! o’était à 'çfavenir sourd ou à souhaiter de l'être.Camille! Sivori a toute la verve et le brio des Italiens'; il en a aussi la délicatesse et la passion.Quand il joue les Quatuors, on' dirait ud grave Allemand' ; quand 11 joue un de ses Carnavals, celui de Cuba, celui du Chili ou le Carnaval Américain (car il à trop d’esprit pour jouer l’éter-Çamdval de Veriite.que tous lea enfante prodigea et jusqu’aux serins de nos volières savent par cœur), Sivori ressemble à un enfant Vésuve ; c'est une tuyentule musicale.'' Enfin, ' quand il fait èhanlàr à son violon un andante mélancolique, il vous touche jusqu’aux larmes.1 Le violon dont il so sert d’habitude est un sou- 156 LE CANADA MUSICAL, venir ou plutôt une relique tie Pagnnini.C’est un j Joseph Guernerius.qui était peut-être trop grand, ! même pour lo premier possesseur ; imaginez ce , qu’il doit être entre les mains île Sivori, dont la- j taille ne dépasse pas la jambe d’un ceut-garde.Sivori est un artiste très-rangé, très-économe j il parle plusieurs langues ; mais, en réalité, il ne i parle bien que la sienne.Il est plein d'humour.\ malicieux comme uq Génois, dans la bonne acception du mot: il a laissé partout où il a passé des amis sincères, et il peqt montrer q sa boutonnière bon norqbrc de rubans.Quant aq compositeur, nous nqus contenterons d’énumérer ses oeuvres.Les voici : 1 et 2.Deux concertos pour le violon avec, orchestre.3.Fantaisie caprice en mi majeur, avec orchestre ou piano.4 et 5.Duos concertants pour violon.6.Tarentelle napolitaine, à, grand orchestre ou piano.7.Fleurs de Naples, grande Fantaisie, idem, idem.8.Variations sur le théine : Nel ccrpiù non mi sento, idem.9.Variations sur le Pirate, idem, idem.10.Var.ations sur la 4e corde, sur la Somnam- bule, idem, idem.11.Fantaisie sur la Somnambule et les Puri- tains, idem, idem.12.Fantaisie sur le Zuqxiteodo de Cadix,idem, idem.13.Les Folies espagnoles, morceau de genre imitatif.14.Carnaval de Cuba, idem, idem.15.Carnaval du Chili, avec quatuor ou piano.16.Carnaval américain, violon solo.17.Trois romances sans paroles, acc.de piano.18.Réminiscences sur Norma, acc.de quatuor ou de piano.19.Fantaisie sur.le Ballo in Maschera, idem, idem.20.Fantaisie sur le Trovatore, idem, idem, .Leon Escudier.(Fin.) EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1867.AVIS DE LA COMMISSION IMPERIALE.COMITE DE L’EXECUTION MUSICALE.2e.section.— Festivals et concours, orphéoniques.Les principales Sodiétés chorales des diverses nations sont appelées à prendre part à un concours international qui aura lieu it Paris, le 8 juillet 1867, dans la grande nef du palais de l’Industrie, (Champs Elysées).Chaque Société chantera dans sa langue nationale deux chœurs sans accompagnements.L’adjonction do chanteurs”étrangers aux Sociétés concurrentes est exprésaement interdite.Un exemplaire de ces deux chœurs sera remis aux membres du jury.Le jury sera composé des piembrçs des trois comités de l’exposition.Le prix décerné à la meilleure exécution consistera en une somme de 5000 francs et une médaille de vermeil.Les demandas d’inscription pour le concours international doivent être adressées à M.le conseiller d’Etat, commissaire général, au pavillon du commissariat général (avenue Bourdonnaye), Paris le 27 mars, 1867.Ambroise Thomas, membre de l’Institut, président ; marquis DE Bethisy ; Boîeldieu; Jules Cohen; Léon Fkret ; George Hainl; Laurent de Rillé secrétaire.*** Les festivals et concours organisés sous le patronage du Gouvernement et par les soins de la Commission dureront quatre jours aux dates indiquées ci-dessous.Vendredi 5 juillet : premier festival.Samedi b juillet : Concours des Orphéons français de toutes les divisions.Dimanche, 7 Juillet : second festival.Lundi, 8 Juillet : Concours, international des divisions d'excellence.Mardi, 9 Juillet: Distribution des récompenses.A ces ^festivals seront exécutés !e« douze morceaux suivants : Domine Salvumen la, à quatre voix ; l’Enclume d'A, Adam ; fablia des Deux Nuits, Boîeldieu ; l’invocation de Fél.David; l’Hymne à la nuit, de Rameau ; la Noce du Village, de Laurent de Rillé ; le chœur des soldats de Jaguarita, d’Halévy; le chœur des matelots de VAfricaine, de Meyerbeer; les Traîneaux, d’Ambroise Thomas; le Vin des Gaulois, do Ch.Gounod ; les martyrs aux arènes, de Laurent de Rillé ; et le Temple de la Paix d’Ambroise Thomas.CORRESPONDANCE.Quebec, 4 juin, 1867.Monsieur l'Editeur, Le mois dernier a commencé pour nous par une série de fêtes qui auraient été très-brillantes si la pluie n’eût été constamment de la partie.Comment un orateur peut-il Être éloquent dans une salle humide, imprégnée de l’odeur des vêtements mouillés ?Comment les femmes peuvent-elles rire ou applaudir de bon cœur lorsqu’elles ont dû laisser à la maison îa nouvelle toilette préparée avec LE CANADA MUSICAL.157 ,ant de soin ?Et puis 'qhei désastre de chante- j relies rompues et de gosiers enrhumés ! j Eu dépit delà pluie, ’Cependant.MM :mvi-gueur, Pfefficr, Piambn : ; , Legendre, Mercier,, Thibault et Turcotte ont su îcmpcrtcr uc beaux ! succès, musicaux et oratoires.J’ai dit adieu à M.Prume Véndr ’ soir.Il j est maintenant en pleine mer.Nous attendons ici avec impatience une cer'aine madame Paiépa, cantatrice, qui ne paraît pas se; presser d’arriver.Son portrait est.exposé dans la vitrine de Morgan.Ce portrait île m’entihanto pas précisément, ce qui n’cmpôchera liés la cantatrice de m’enchanter, ou tout, au moûts de m’en chanter lorsqu’elle séra parmi nous.Encore un nouveau journal qui paraît à l’horizon.Le nouveau-ué s'appellera t Echo du Golfe et se publiera à Rimouski.A en juger par le nombre croissant de nos journaux, on serait tenté de croire que la classe lisante grossit considérablement: Il n’en est rien cependant.Les lecteurs de Y Echo du Golfe seront les mêmes que les lecteurs du Courier du Canada et de Y Evènement : c’est toujours la vieille liste d’abonnés du Canadien et du Journal de Quebec.Au revoir, X.LISTE D’ABONNES AU CANADA MUSICAL QUI ONT ACQUITTE LEUS ABONNEMENT (.Suite.) M.l’abbé Marsolais.;.St.Urbain Mr, Valois* .Montréal M.l’abbé Arraud* .do Couvent de SL lvaeh, Cong;, N.D.Québec 11.P.Dédehint.;.Montréal Mr.Gouin .;.:.Sorcl M.le Dr.Léméri.tsto.btholastique Collège Ste.Marie*.Montréal Frères des Ecoles Chrétiennes*.(.do Hon, M.Dessaulles*.do Mr.Eusèbe Brodeur.St.U jacinthe Hon.Mr.Chauveau.Montréal Mr.l’abbé O’Farrell.do Mr.l’abbé Leelairc*.do Mdlle.Burns* .i.Trois-Rivières Mr.Rivet.Montréal Les abonnes dont les noms sont sains d’un* ont droit a la /’rim» qu’ils n'ont pas roolamoo.(à continuer.) FAITS DIVERS, „* Le concert d’adieu donné par M.Prume,le 19 Mai dernier, a eu un éclatant succès.L’élite de notre société artistique s’était donné rendezvous à rebrousser chemin faute de pouvoir trouver à s’y placer.M.PrUine que l’on désirait surtout entendre, après un silence regrettable de plusieurs mois, sut ravir mieux que jamais sou auditoire enchanté.Il exécuta, avec son entrain habituel et le goûl exquis qui le caractérise, le Trouvère de Sivori, l’Air militaire composé par son oncle, et— pour ia première fois à Montréal, la Marche et Romance d Othello de Ernst et la célèbre Légende de U ieniuwski.Ce dernier morceau rem-poit.i h s honneurs de la soirée, et à la demande enthousiast.de son amlitoiie M.Prume dût le répéter.M.‘>Viu.Bohrcr qui exécuta sur le piano la A or ma de Juëll vt le Mouvement perpétuel de V obt-r, f t ! ' i accueilli du public.Nous devons aussi mentionner fadmirable vocalisation de Mdlle.\ ictoria de Angells qui abordait pour la première lois en public la musique dramatique.Mdlle.Eugenia de Angelis a aussi accompagné avec précision et un goût remarquable la fantaisie difficile du Trouvère et l’Air militaire de Prume.(On trouvera en vente chez A.J.Bouclier la Légende de Wieniawski pour violon et piano, —prix : 81 00 ; aussi la Berceuse de lleher, execulée par Pr ne,et transcrite pour piano seul; prix: 50cts.— et vu excellent portrait photographié de F.Jebin-Frume ; prix : g5 cts.Mdine, Parepa, accompagnée du violoniste Rosa, du Ténor Habclman et du Basso Farranti doit se faire entendre à Montréal, vers lé 17 Juin M.Torrington organise pour Jeudi le 20 J Bin prochain à l’occasion de la convention des délégués Canadiens et Américains de la “ Young Men’s Christian Association,” un concert monstre de musique sacrée, qui aura lieu au “ Victoria Skating Rink.” On doit exécuter des extraits choisis des œuvres de Handel, Mozart, Mendelssohn et Costa ; et, à en juger par les nombreuses répétitions qui ont déjà eu lieu, l'affaire promet d’être splendide.L’orchestre comprend, outre de nombreux amateurs, la bande du 25e.Regiment, et le chœur se compose de près de 200 voix.,*.Les journaux français et anglais de Québec mentionne très-avantageusement le début, en cette ville, au dernier concert Prume, de M.Mayerliuffer, pianiste distingué de cette ville.On’ sait qu’il n’y a que peu de temps que ce Monsieur se livre à l'étude du piano et les progrès rapides qu'il a faits et qui lui permettent d’aborder avec uu véritable succès les œuvres les plus difficiles de Beethoven, Weber, Mendelssohn-e t autres auteurs classiques, sont vraiement étonnants et parlent hautement en faveur de son applh cation sérieuse et persévérante.Ces mêmes journaux décernent des éloges bion mérités à notre aimable concitoyen d’autres^ fois M.Napoléon Legendre, qui a aussi pris part au concert l’rume. 158 Le canàda musical.MUSIQUE COPIEE ET TRANSPOSEE au magasin de musique «'’A., ar.BOUOHBrij 260, Rue Notre Dame.CONSfe DS ROBERT SCHUMAÎÎW AUX JEUNES MUSICIENS, TADUITS PAR L’ABBK FRANÇOIS LISZT.(.Suite.) LA BERCEUSE DE REBER, ielfe qu'exécutée par Prume, Transcrite pour piano ____.50 cts- 0 MA CHERE STTRIE.Mélodie ravissante et facile.—Ne jugez pas du mérite d’une composition aprê» l’avoir entendue une seule fois ; ce qui vous plait au premier apergu/peut n’être' ras le meilleur.Les maîtres veulent être étudiés.Bien des choses ne ?ous paraîtront éldires que dans l’âge mûr.-^Erf jugeant les compositions nouvelles, discernez d’abord si ce sont des œuvres d’art, ou si elles n’uf pour But d’amuser les amateurs- Défendez les premièrés niais Ae vous irritez pas à l’égard des autres".— La rnélodie : tel èst le cri de guerré ded' amateurs.Assurément, il d'est pas de müSiquô' sans ifa'éioclÎA, Mais' Sachez bien que, ce que ces personnes entendent par et niot, sont de» motifs faciles à retenir rhythmiqües et agréables- Il en est pourtant d’eitras qui ne leur ressemblent guère et qui, quand vous feuilletez Bach, Mozart,Beethoven, vous'apparaissent bien différents de ceux-ci.Vou* serez, je l’espère, bientôt dégoûté de là monotonie de ce qu’on nomme mélodie dans les opéras italiens.NOUVELLES PUBLICATIONS MUSICALES CHOISIES, E^ghart^ .65 cts.PADDLÊ TOUR- (fWN ÉlNOE WALTZ,' Depuis quelques jours seulêment.plusieurs centaines de copies de cette composition populaire ont été écoulées: .'.v .î.30 cts EE TROT DU CAVALIER- , - C Apnée MartiàL - 'c Ôpindlèr:' .cù.(Ce châriiiàhf morceau est atisLi afrdrigé poûif 4’ mains: prix’$1.00.) FLEURS DE MAI.Petit morceau de salon.Krug.60 cts.ItMA 6AL0P.Trèsgâi, pas"difficile.30 ctsV LTT CANADA MUSICAL.159 Calendrier Mensuel et guide des Organistes et Chantres pour les Offices defc Dimanches et Fetes.Consacre au Cicur de Jésus.JUIN.Ce mois a 30 jours.Juin.—Junius est probablement .-l’abrégé de Junenius, mois âùtrefois consacré à Jun'oft.Fêtes Relliiieuses.ÉPUÉMÉRIDES MÜSICAIiEfï ET NATIONALES.-f — ,______________ '(If 2) Arrifde à Québec des premiers Récollets, 1615.1| S |St.Jdvenee.‘I.1».dans l'octave de f’Ascension.Messe des *> imancUes do l’arifnee.Sfdes Vêpres du jour.Hymne: Sdlutis hunianæ Sator.Mémoires de l'Octave.3 4.5 6 7 b LjSte.Clothilde.iPreuiière apparition de Paganini en Angleterre/ 1831.M St.Frs.Carracciolo.La nouvelle Ecosse cédée aux anglais, 1755.M St.Boniface.j Mort de Paisiello, 1810.J ;St.Robert.Première exécution de la Finie enchantée de Mozart en' Angleterre, 1311.V St.Norbert.Début dé Mdwe.Mali&ran au théàtru deSa Majesté.1825.S [ft.Maximin.'(le 9) Mort de Garcia [père de .VIdîne.Malibran, 1832ï ta.O.I>;i l'en le co te.Première classe, avec octave, Veni Creator uprèe le Vidi aquam Messe Royale.Prune: Vetii, Sancte, Spiritüs.2d«s Vêpres de la Pentecôte!' Hymne: Vtni Cieatur.Pas de mémoire.10 L Ste.Marguerite.11 M St.Baruabé, Ap.12 M St: Jean de Facond.13 J St: Ant.do Padoue.14 V St.Basile.15 S St- Modeste.L'acte constitutionel du' lias Canada reçoit U sanction l'oyale, 179*1.Le Robert le diable de Meyerbeer exécutée pour la première fois au thé â-Les Rit.PP; Jésuites Mas»e et Biard arrivent[tre de Sa Majesté, 1832.Mcrt du violoniste Mort, 1839, [au Port Royal, en Acadie 1611.Arbres fruitiers encore sans feuilles, dans lé Bas-Uanadtf, 1810.Le roi Jean octroie la Grande Charte, 1215.- JH l>.La Sainte Trinité.Seconde classé.Messe de Seconde Classe.2dea Vêpres de la Sainte Trinité.Hymne: Jam sol reccdit igneus.Mémoires dé St.Barnabé (le 11) et du I Dimanche après le Pentecôte.St.Avit.St.Marcellin, Ste.Julienne.(le 18) Première exécution de ‘-la Jessondo” de Spehr, en Angleterre.1840 Premier concert de Thalberg à Montréal, 1857, Les RR.PP.Lalleinant, Brébcoufet d’Ailltfn arrivent à.Québec, 1625.iO.J.La Fete-DIeu.Ire classe, avec octave, (d’obligation/) Mess© Royale.Prose: Lauda Sion.2des Vêpres de la Fête-Dieu.Hymne: Fange lingua.Mémoire dé St.Louis de Gonzague.St.Louis de Gonz.St.Paulin.Liszt, enfant, donne son premier concord en Angleterre, 1824.Les Français sous Laudonnière, arrivent en Floride, 1564.51S IX.il après le Pentecôte.Semi-Double.Vêpres du suivant, Hymne : Ut queant Iaxis.Messe des Dimanches de l’annee.Mémoire de l'Octave seulement.1res.24 L jp*.J.Baptiste, t.Guillaume.SS.Jean et Paul.St.Crescence-Sacré Cœur de J.Grande fête musicale a l’Abbaye de Westminster, J834.[York, 1851.L’Elisée de Mendelssohn exécuté par la Société Harmonique de New-Mort de Rouget de l'isle, compositeur de la Marseillaise, 1832.(le 30) Mort de Signor Sapio, maître dé muaiqutf de Marie-Antoinette, Grand incendie à Québec, 1315 bâtisses détruite^ 1845: [1828.ai).S.SS.Pierre et Paul Ap.’ Protnière classe avec octave.(d’obligation.) Itoyaie, 2des Vêpres du jour.Hymne: Decora Lux.Meirtoire déc Dimanche.Messe SO.».Solennité de St.Jean Baptiste.Première classe.Mésse Etétyalë.2des.Vêpres de St.Jean Baptiste.Hymne: Ut queant Iaxis.Mémoire»! de* 8S.- ApôtréAt'dùIÏI Dimanche après la Peutecôte.~ m -r ' 'r " ' 1 n " v l 160 LE CANADA MUSICAL.ADRESSES DES PROFESSEURS DE MUSIQUE, CARTES D’AFFAIRES, ETC.FRANÇOIS BENOIT.Directeur des Orphéonistes, Rue Ste.Marie, 510.JEAN BRAUNE1S, Professeur de Musique, 2, Place Jamaica, Rue des Allemands, 37.JAMES P.CRAIG, Facteur de Pianos brevetés, Rue St.Laurent, 122 et 124.GAETANO DeANGELIS, Professeur de chant, Avenue de l’Union, 28.JOSEPH A.FOWLER, Professeur de Piano.Rue Montcalm, 139.ERNEST GAGNON, Organiste de la Cathédrale, Rue Couiüard, 14, Québec.GUSTAVE GAGNON, Organiste dé l'Eglise St.Jean, Rue Couillàrd, 14, Qubec.JULES HONE, Prof, de Violon, Harmonie • Contre-point, Rue Lagauchétière, No.527 .J.BTE.LABELLE, Ôrganiite de VEglise Paroissiale; Rue Notre Dame, 247, LAURENT, LAFORCE & CIE.Import, de.Pianos et de musique, Rue Notre Dame, 233.' AUG.LAVALLEc., Réparateur d'instruments, Côte St.Lambert, 32 PAUL LETONDAL, .Professeur de Musique, Rue Laganchetière, 378.GEORGES' MAILLOUX, Professeur de Piano, Rue St.Constant, 47.SALOMON MAZUREfTE, Professeur de Piano, Rue St.Laurent, 232.LOUIS MITCHELL, Facteur d?Orgues.Fue S» Antoine.No.106.RICHARD RENAUD.Directeur de musique d'orchestre, Carré Chaboillez, No.10.MOÏSE SAUCIER, Professeur de Musique, Rue des Allemands, No.41.HENRI GAUTHIER, Professeur de Musique, Rue Dorchester, No 414.Dans l’intérêt de l’art musical, la rédaction du Canada Musir l-informe respectueusement M.M.les Curés et antres intéressés qu’" elle publiera volontiers et gratis toutes annonces relatives à des situations vacantes d’Crganistes, de Chantres ou de Directeurs de chœurs.'On se charge aussi de recommander d habiles professeurs de musique aux familles et aux Directeurs d’écoles ou d’institutious qui en auraient besoin.Les plus recentes publications musicale sont : La d’argent, .Prix.60 cts Clirislabcl,.Amorosa.La pluie de corail,.Cœcilia, Maiden’s love,.La voix du ciel, .Lœtitia- .¦ .« • i i i i • 40 ctS.60 cts* 60 ct3 • 30 ctS.60 CIS.75 ctS.35 ctS* Les morceaux de danse de la saison sont : Orphee aux enfers Quadrille,.46 ct«.Hippocrate Quadrille.50 ot ¦ Jolly Dogs Galop,.; .30 ot*.Queen of Hearts Polka,.36 cls- Les romances favorites sont : Ou voiliez vousAIler.50 cts.Mes Trois Cousins.25 et* SI Tous n’avez îrién a lue.dire, .35 et# Ce jugement du diable,.^ ***' Pourquoi garder ton eoeur, 3ê eiSt ^998
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